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Droit des sociétés
Les sociétés sont omniprésentes dans nos vies et dans la Société moderne. D’abord, les sociétés
procurent les biens et les services utilisés tous les jours. Ensuite on entend le mot dans un cadre
financier pour les scandales. Par ailleurs, les sociétés cherchent à attirer afin d’acquérir le pouvoir
d’achat.
D’abord le droit des sociétés se situe dans le sillage de droit précédant car le droit des sociétés fait
lien avec le droit des obligations. En effet, il est le droit du contrat spécial des contrats. Cependant il
est un droit spécifique en particulier de part la qualité des personnalités morales et non physiques.
Qu’est-ce qu’une personne morale ? Une personne morale est un groupement ou une entité autre
qu’une personne physique qui est reconnue comme sujet de droit. Les personnes morales sont des
fictions juridictions, on reconnait leur existence pour les besoins du droit, du classement juridique.
Même si les sociétés agissent sur la scène juridique, elles ne sont pas des personnes au sens classique
du terme. Ainsi Léon Duguit disait « Je n’ai jamais déjeuné avec une personne morale ».
La notion de personne morale est plus large que celle de société. On peut avoir la personnalité
morale sans être une société, ex une association. Aujourd’hui il existe plus de 3 millions de sociétés.
SECTION I/ La notion de société :
Pour identifier à quoi renvoie cette notion il faut se poser 2 questions : qu’est-ce qu’une société (le
contenu) ? A quoi sert une société (fonction) ? Les différentes classifications de sociétés.
1) La définition de la notion de société :
A. La définition positive de la notion de société :
La notion de société est multiple. D’abord dans un sens courant la notion de société sert à désigner
un groupe social formé de personnes qui se réunissent pour une activité ou des intérêts communs. Il
faut se détourner des définitions générales pour se tourner vers des définitions juridiques.
Cependant il faut faire attention car la notion de société n’appartient pas seulement au droit privé.
On peut constater qu’il y a 2 sens affecter à la notion de société dans le droit privé :
- Dans un premier sens, la notion sert à désigner le contrat par lequel des personnes
conviennent de constituer une société (approche contractuelle de la société, acte juridique à
l’origine de l’institution de la société).
- Dans un second sens, la notion sert à désigner la personne morale qui est investie de la
capacité juridique d’agir au nom et dans l’intérêt des associés (conception institutionnelle).
Cette approche mixte de la société se retrouve dans le Code civil avec notamment l’article 1832 du
Code civil ainsi que l’article 1842.
Remarques sur l’art. 1832 :
- En tant qu’acte juridique la société peut revêtir deux formes : elle peut être un contrat
(société pluripersonnelle, forme de droit commun la plus répandue) ou un acte unilatéral
(société unipersonnelle, exception)
o L’art. 1832 montre que la société en tant qu’acte juridique peut être instituée par
une ou plusieurs personnes. Les sociétés instituées par deux ou plusieurs personnes
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sont au plus grand nombre, il y a alors accord de volonté. On parle alors de société
pluripersonnelle qui regroupe plusieurs associés.
o La loi de 1985 est venue créer la société unipersonnelle, la société devient alors
l’émanation d’une volonté unilatérale. Les sociétés unipersonnelles sont encore
rares, car la loi de 1985 n’avait prévu que le régime de la société UNRL. La loi du 12
juillet 1889 a institué la société SASU. Il faut qu’un texte autorise expressément la
constitution d’une société unipersonnelle, à défaut il faut la rencontre de la volonté
de plusieurs personnes.
- La notion de société implique généralement la création d’une personne morale, la société
n’est pas qu’un acte juridique, elle est aussi une personne morale dotée de la personnalité
juridique. La personnalité juridique s’acquiert par immatriculation (art. 1842 du Code Civil).
La reconnaissance de la personnalité morale emporte octroie de la capacité juridique,
l’aptitude à être titulaire de droit et d’obligation, la société va se voir attribuer un patrimoine
propre.
o Une société en participation est une forme particulière qui ne correspond pas à une
institution mais à un contrat (sans immatriculation), la personnalité morale n’est
donc pas présente ce qui entraine un manque de capacité juridique et de patrimoine
propre. Les associés contractent en leur nom personnel et sont les seuls à s’engager
envers les tiers. L’avantage de cette forme sociale tient dans la simplicité de sa
création et la flexibilité de sa gestion.
- La société est un groupement à but lucratif dont la finalité est la recherche d’un profit
économique.
La société est toujours un acte juridique même si elle peut prendre la forme tantôt d’un contrat
tantôt d’un acte juridique unilatéral et est la plupart du temps une personne morale.
B. La définition négative :
1- Société et entreprise :
La notion de société ne doit pas être confondue avec la notion d’entreprise. D’abord, la notion
d’entreprise n’est pas une notion juridique mais plutôt économique qui désigne la réunion de
moyens humains et matériels en vue de l’exercice d’une activité économique. La notion de société
renvoie à la structure juridique d’une activité.
Premièrement une entreprise peut se structurer en société mais ce n’est pas systématiquement le
cas. Une entreprise peut être exploitée sans qu’une société en soit le support, c’est le cas de l’EIRL
qui est un statut créé par la loi du 15 juin 2010 et qui permet à un entrepreneur de monter une
entreprise sans supporter la création d’une société.
L’article L.526-6 alinéa 1 du Code du Commerce prévoit que tout entrepreneur individuel peut
affecter à son activité professionnelle un patrimoine séparé de son patrimoine personnel sans
création d’une personne morale.
Toutefois la loi du 14 février 2022 en faveur de l’activité individuelle indépendante a supprimé ce
statut pour créer celui d’EI. Dorénavant le principe est que tout entrepreneur individuel est par
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principe titulaire de 2 patrimoines : un patrimoine professionnel et un patrimoine personnel et
aucune formalité n’est requise. Tous les statuts d’EIRL créés avant le 16 février 2022 peuvent
cependant poursuivre leur activité sous ce statut.
A l’inverse, toute société n’exploite pas forcément une entreprise. D’autres finalités peuvent être
poursuivies par une société, ex : développer un partenariat, gérer un patrimoine.
La société est une structure juridique d’accueil possible de l’entreprise et lorsque l’entreprise est
exploitée sous la forme d’une société alors la société devient propriétaire de l’entreprise et des
moyens de production.
2- Société et groupement d’intérêt économique (GIE) :
Les GIE ont été créés dans le but de doter les entreprises françaises de techniques d’organisation de
coopération pour lutter contre les entreprises européennes lors de l’ouverture au marché européen.
Les GIE sont des contrats conclus entre deux ou plusieurs personnes physiques ou morales afin de
faciliter ou développper l’activité économique de ses membres.
Le GIE vise à faciliter la coopération entre plusieurs entreprises qui existent déjà, l’activité du
groupement se rattache à celle de ses membres. Le GIE a une activité accessoire au comportement
de d’autres entreprises qui préexistent. Il n’a pas vocation à réaliser et à partager des bénéfices pour
lui-même (ex : GIE carte bancaire).
3- Société et association :
Une association est un groupement de personnes qui vont s’unir pour un but déterminé en vertu et
dans les limites du droit d’association sachant que ce droit est régi par la loi du 1 er juillet 1901.
L’article 1 de la loi du 1 er juillet 1901 définit l’association comme une convention par laquelle deux ou
plusieurs personnes mettent en commun leur connaissance ou leur activité dans un but autre que de
partager des bénéfices. Les sociétaires n’agissent jamais dans un but lucratif.
Le critère de la lucrativité connait quelques tempéraments. En réalité, les associations peuvent
générer des profits, on ne parle alors pas de bénéfice mais d’excédent en réalisant une activité
économique. La nuance tient au fait que les associations peuvent avoir des activités lucratives mais
pas un but lucratif. Engendrer du profit ne peut pas être l’objectif pour lequel s’est constituée
l’association (ex : financer une activité). De plus, l’association ne peut en aucun cas répartir les
excédents aux sociétaires.
4- Société et fondation :
Une fondation est l’acte par lequel une ou plusieurs personnes physiques ou morales décident de
l’affectation irrévocable de bien de droit ou de ressource à la réalisation d’une œuvre d’intérêt
général et dans un but non lucratif (art.18 de la loi du 23 juillet 1987).
La fondation a un objet plus restrictif que l’association. Son objectif relève forcément d’un but
d’intérêt général (ex : fondation Louis Vuitton pour l’accès à l’art).
Comme les associations, les fondations ne réalisent pas une activité à but lucratif.
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2) Les fonctions de la société :
Une société sert toujours à organiser mais elle peut organiser des objets différents.
A. La société comme technique d’organisation :
La société est une technique d’organisation aux mains des associés. Elle sert à structurer l’activité
que les associés réalisent ensembles qui représente l’objet de leur engagement.
Le Professeur Paul Didier a été le premier à qualifier le contrat d’organisation.
Il n’y a pas d’échange dans une société, juste une mise en commun des compétences. Chaque associé
ne gagne pas ce que l’autre perd.
B. L’activité dont la société permet l’organisation : les objets de l’organisation.
3 grandes vocations organisationnelles :
1- L’organisation d’un partenariat :
La société peut permettre de structurer des rapports entre deux ou plusieurs personnes qui
exercent la même activité.
L’organisation d’un partenariat au moyen d’une société repose sur la confiance qui est établie entre
chacun des associés, ce qui montre que l’intuitu personae est très important car ce sont les qualités
essentielles personnelles qui sont importantes (ex : avocat, infirmier…).
Sans aller jusqu’à la mise en commun des compétences, les professionnels peuvent plus simplement
créer une société pour mettre en commun des moyens d’exploitation, on appelle cela des SCM
(société civil de moyen).
2- L’organisation d’un patrimoine :
Certaines sociétés n’ont que cet intérêt, abriter des biens au sein d’une même société. Le
regroupement de bien au sein d’une société a 2 intérêts principaux :
- Optimisation de la gestion du patrimoine des biens car cela facilite leur gestion (bien
immeuble -SCI- ou meuble -société holding, société de portefeuille-).
- Faciliter sa transmission par voie successorale car il est plus simple de transmettre des titres
de société que des biens s’ils ne sont pas mis en société.
3- L’organisation d’une entreprise :
Fonction la plus importante car la plus répandue.
Le choix de l’entrepreneur de se constituer en société peut être dû à un ensemble de paramètre :
- Des intérêts juridiques : dissociation des patrimoines. Principe : indivisibilité du patrimoine
mais n’est pas absolu et la création d’une société permet de le renverser. En cas de société,
le patrimoine professionnel est distinct du patrimoine personnel.
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- Des intérêts financiers : permet la croissance économique en permettant d’ouvrir le capital à
d’autres actionnaires, obtenir plus facilement des crédits bancaires, une entreprise
constituée en société pourra aller sur un marché boursier.
- Des intérêts fiscaux : la constitution d’une société permet généralement d’alléger la fiscalité
d’une entreprise.
3) Les classifications de société :
A. Les distinctions traditionnelles :
Il y a 2 classifications traditionnelles :
- La première distingue les sociétés civiles et les sociétés commerciales.
o Les sociétés civiles sont le principe et les sociétés commerciales sont l’exception qui
découle de l’art. 1845 du Code Civil.
o Art. L.210-1 du Code de Commerce énonce que le caractère commercial du société
est déterminé par sa forme ou par son objet.
Les sociétés commerciales par leurs formes : peu importe la nature de
l’activité économique développée par la société, tout groupement qui se
structure par une des formes visées par le texte est une société
commerciale.
SNC, SCS, SARL, EURL, SA, SAS, SASU, SCA, SE.
Les sociétés commerciales par leur objet : du fait de la nature de l’activité
que la société entreprend et qui est donc commerciale même si elle adopte
la forme d’une société civile.
o Une société est civile si son objet est civil et qu’elle n’a pas adopté une forme
commerciale. Les sociétés civiles sont nombreuses dans le domaine immobilier
(SCM : mise en commun de service, ex : secrétariat ou compta ; SCP).
Il y a des différences : tribunal compétent (société civile JJ ; société commerciale tribunal
commercial), clause de compétence dérogatoire (permise qu’aux sociétés commerciales), la preuve
(libre en commerciale, écrite en civile). La distinction s’efface de plus en plus, ex : clause
compromissoire.
- La seconde distingue les sociétés de personne des sociétés de capitaux
o Les sociétés commerciales peuvent être des sociétés de personnes, de capitaux voire
les deux à la fois.
o Les sociétés civiles sont des sociétés de personnes.
o Les sociétés de personne sont des sociétés dans lesquelles la personne de l’associé
est très importante. Les associés vont s’unir en considération de la qualité des
autres personnes. Le rôle de l’intuitu personae va ressortir sur le régime, des règles
applicables. Par exemple, la cession de parts sociales est conditionnée par le
consentement des autres associés. Les associées vont être responsable de manière
solidaire. On parle de sociétés fermées.
o Les sociétés de capitaux sont indifférentes à la qualité propre des associés, seules les
actions compte. Les droits des associés sont facilement cessibles. On parle de
sociétés ouvertes. Par ailleurs, la responsabilité est limitée à leur apport.
Ex : SA, SAS, SCA, SE.
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o Société mixte : emprunte aux sociétés de personnes et de capitaux.
Par la volonté de la loi (SARL, EURL). Ex : Responsabilité limitée à hauteur de
l’apport mais les parts sociales ne sont pas négociables.
Par la volonté des associés ; dans une société de personne, limite de la
qualité des associés. A l’inverse agrément à la cession d’actions dans les
sociétés de capitaux.
B. Les autres distinctions :
- Les sociétés par intérêt ou les sociétés par action
- Les sociétés qui ont ou non la personnalité morale
- Les sociétés de droit public ou de droit privé
- Les sociétés françaises et étrangères
- Sociétés de droit commun et à statut spécial
- Sociétés professionnels et patrimoniales (gestion d’un patrimoine)