Introduction :
En 399 avant J.-C., à l'issue d'un procès expéditif. Socrate est condamné à mort. 1l est accusé
d'impiété et de tentative de corruption de la jeunesse. Son élève et ami, Platon. rapporte dans cette
"apologie" les temps forts de cet événement constitué pour l'essentiel du dialogue opposant Socrate
à ses accusateurs. Mais n'est-ce pas la philosophie elle-même qui, à travers la figure de Socrate, est
mise ici en accusation ?
L'heure est grave, Socrate risque l'exil, voire la peine de mort. Selon la tradition, c'est à lui de se
défendre après le plaidoyer de ses accusateurs. C’est cette défense de Socrate par lui-même que
raconte Platon dans son Apologie de Socrate (apologie signifie « défense » en grec. Le terme sera
repris en contexte chrétien pour désigner les traités de défense du christianisme contre les païens
[durant l'ère romaine] et contre les athées et libertins [à l'époque moderne.
Tel est donc le véritable enjeu de ce texte bouleversant qui forme la première pierre de tout l'édifice
de notre culture. La religion, la vérité, la justice en constituent les axes décisifs.
I. Biographie de Socrate
Socrate est sans doute la figure la plus mystérieuse de la philosophie occidentale. Il est à la fois le
plus connu des philosophes et celui dont on ignore presque tout. Mentor de Platon, sa place dans les
dialogues de ce dernier est centrale, notamment dans la République
De sa biographie, on peut retenir qu'il est né à Attique en -470 et qu'il est mort à Athènes en -399,
suite à sa condamnation à mort. Son père était sculpteur et sa mère sage-femme. Il n'a rien écrit, ses
pensées nous ont été retransmises par son élève Platon. On représente toujours Socrate en train de
discuter, vêtu d'un manteau grossier, parcourant les rues pieds nus. De son physique, on sait qu'il
était extrêmement robuste et laid. Comparé aux sophistes, généralement riches, ou aux sages
classiques, qui occupent souvent des fonctions importantes dans la Cité, Socrate apparaît comme un
marginal, sans fonction ni attraits extérieurs. Socrate se rencontre partout où se massait les citoyens,
se présentant comme celui "qui ne sait rien", interrogeant les gens sur ce qu'ils croient savoir et
détruisant leurs illusions et fausses connaissances, les poussant à penser par eux-mêmes.
Par exemple, il démontrera au héros Lachès qu'il ignore ce qu'est le courage ou aux hommes
politiques qu'ils méconnaissent l'essence du politique. On parle ainsi de l'ironie socratique, dans la
mesure ou Socrate cherche à éveiller,ou accoucher les âmes comme il l'affirme lui-même.
II. Etude de la première partie de l'ceuvre
1. Le début de la plaidoirie de Socrate
Socrate est âgé de soixante-dix ans quand il paraît devant le tribunal. Il est accusé de corrompre la
jeunesse, de ne pas reconnaître les dieux de la Cité et de vouloir en introduire de nouveaux.
« III. Reprenons donc depuis le début, et voyons de quelle accusation se sont inspirées les calomnies
dirigées contre moi, accusation sur laquelle, je suppose, s'est fondé Mélètos quand il m'a intenté ce
procès. Eh bien ! Que disaient mes accusateurs pour me calomnier ? Faisons comme s'il s'agissait
d'une accusation en règle ; il faut donc donner lecture de leur déclaration sous serment : « Socrate
est coupable, il n'a pas à rechercher ce qui se passe sous terre et dans le ciel. À faire de l'argument le
plus faible, l'argument le plus fort [19c], et, à enseigner à d'autres d'en faire autant » — voilà, en
substance, ce qu'il en est. » (p. 33-34). Ou, « Socrate est coupable de corrompre la jeunesse, [24c) de
ne pas reconnaître les dieux que reconnait la cité, mais de leur substituer d'autres divinités,
nouvelles celles-là. Tel est le chef d'accusation. » (p. 41).
Il présente ses arguments de défense. Socrate explique que ces accusations viennent de personnes
qu'il s'est mises à dos parce qu'il a refusé de reconnaître leur supposée sagesse. Parmi ces personnes
qui le haïssent, figure un homme politique.
«J’ allais trouver l'un de ceux qui passent pour avoir le plus de sagesse (2/c), dans l'idée que ce serait
l'occasion ou jamais de réfuter la réponse de l'oracle et de lui montrer ce qu'il en était : « cet
homme-là est plus sage que moi, or, toi, tu as dit que c'était moi le plus sage ! » J'examinai donc
minutieusement l'homme en question - point n'est besoin de le nommer, disons que c'était l'un de
nos hommes politiques.
Et à l'issue de l'examen auquel je le soumis et du dialogue que j'ai eu avec lui, voilà à peu près
l'impression qu'il me fit, hommes d'Athènes: il me sembla que cet homme-là semblait sage à
beaucoup d'hommes à commencer par lui-même - mais il ne l'était point. Puis j'essayai de lui
démontrer qu'il se croyait sage, [21d] mais qu'il ne l'était point. À la suite de quoi je m'attirai sa
haine, ainsi que celle de beaucoup d'hommes qui avaient assisté à la scène.
Et, tout en m'en allant, je me fis ces réflexions : « Je suis plus sage que cet homme-là. Il est possible,
en effet, que nous ne sachions ni l'un ni l'autre rien de beau ni de bon, mais lui croit savoir quelque
chose bien qu'il ne sache rien, tandis que moi, de même que je ne sais rien, je ne crois pas non plus
que je sache. En tout cas, j'ai l'air plus sage que lui, au moins sur ce point, si limité soit-il: ce que je ne
sais pas, je ne crois pas non plus le savoir. » À la suite de quoi j'allai trouver un autre homme. [2 le)
un de ceux qui passaient pour plus sage encore que le précédent, et la situation me semblait
identique. Là encore, je m'attirai la haine de cet homme-là, ainsi que celle de beaucoup d'autres
personnes.» (p. 37).
Dans sa plaidoirie. Socrate se livre à une accusation de ses accusateurs quand il affirme : « au cours
de l'enquête que je menais conformément à la parole du dieu, ceux qui avaient la meilleure
réputation me semblèrent, à quelques exceptions près. les plus démunis, tandis que d'autres, à qui
l'on accordait peu de valeur, s'avéraient avoir l'esprit plus juste. » (p. 38).
Ne s'agit-il pas là d'une plaidoirie opposée à la dialectique socratique coutumière ? En effet, la
distinction entre l'homme sage et celui qui l'est moins ou pas se transforme en une compétition sur
l'échelle de la sagesse, à savoir « qui » est le plus sage.
Or il faut s'éloigner de cette première impression et observer la manière dont Socrate ose se
défendre, car, au bout du compte, sa dialectique demeure bienprésente : il recense les divisions
sociales et exerce une comparaison de manière à déterminer qui est « apte » et qui est « inapte » à la
sagesse.
Bien entendu, celle en cause s'éloigne d'un absolu recherché, puisque l'humain imparfait est passé
sous la loupe, ce qui ne signifie point toutefois son inaptitude en la matière. Il faut posséder certaines
vertus pour devenir sage, notamment être humble et reconnaitre ses propres limites.
2. Le taon dans la cité
Le passage le plus saisissant et probablement le plus émouvant également c'est quand Socrate
avance ceci :
« [...] à supposer, donc, que vous m'acquittiez, [...] voici ce que je vous dirais »« Hommes d'Athènes,
je suis attaché à vous, j'ai pour vous de l'affection, mais j'écouterai le dieu plutôt que vous : jusqu'à
mon dernier soufflet tant que j'en serai capable, ne vous attendez pas à ce que je cesse de
philosopher, de vous exhorter, de faire voir le vrai à tous ceux d'entre vous que j'aurai l'occasion de
rencontrer en disant à ma manière habituelle : « Toile meilleur des hommes, toi qui es Athénien et
qui appartient à la cité la plus grande et la plus renommée pour sa sagesse et à sa puissance, n'as-tu
pas honte de te soucier de ta fortune, des moyens de l'accroitre le plus possible, de ta réputation et
des honneurs, tandis que la pensée, la vérité, ton âme et les moyens de la rendre meilleure, tu ne
t'en soucies pas et tu n’y songes même pas ? » (p, 49-50). [..] Voyez-vous, si vous me condamnez à
mort, vous ne trouverez pas facilement un autre homme qui, comme moi ('ose cette formule, si
ridicule soit-elle), ait été attaché à la cité par le dieu, comme à un cheval puissant et de bonne race,
mais que sa taille alourdit plus ou moins et qui a besoin d'être réveillé par une espèce de taon. C'est
dans un tel esprit, me semble-t-il, que le dieu m'a attaché à la cité, moi qui réveille chacun de vous un
à un, le stimule, lui fait des reproches [31 a] et qui jamais ne cesse de vous tourner autour, du matin
jusqu'au soir. Un homme comme moi, citoyens, il ne vous sera pas facile d'en trouver un autre: si
vous m'en croyez, vous m'épargnerez. » (p. 51).
Voilà aussi une apologie en faveur de la Cité, c'est-à-dire une Cité unie par Dieu et par ses lois. Si le
but de l'existence consiste à l'élévation de l'âme par la sagesse, comment oserions-nous nous
opposer à cette quête qui nous dépasse ? Car être sage implique évidemment de surpasser l'individu
pour participer à un projet collectif rassembleur : car être sage conjecture une obligation de partager
le fruit de ses réflexions avec autrui en vue d'élever la Cité, non par intérêts particuliers ou égoïstes.
Mais envisager un but différent revient à renier la sagesse et à persécuter ses hérauts.
3. La défense de Socrate
Socrate affirme qu'il est entièrement ignorant de la façon dont il faut parler devant les tribunaux. Il se
contentera donc de dire la vérité en parlant comme il le fait habituellement. Il indique ensuite les
deux grandes divisions de son propos: il répondra d'abord aux attaques anciennes propagées depuis
longtemps contre lui ; il examinera ensuite les plaintes récentes de ses accusateurs.
On l'accuse depuis des années de remettre en cause les croyances religieuses, on l'accuse aussi de
renverser les valeurs de la société et d'enseigner aux jeunes à le faire aussi/ En effet, le philosophe
puisqu'il pose des questions à tendance à questionner les traditions et à les mettre en danger. Son
activité ne plaît donc pas à ceux qui veulent que les traditions perdurent sans se demander si elles
sont bonnes.
D'où viennent donc ces rumeurs qui se sont propagées sur son compte ? C'est qu'un jour, ayant été
proclamé le plus sage des hommes par l'oracle de Delphes, il a voulu vérifier ce qui lui avait été
révélé. Il se mit alors à interroger les concitoyens qui étaient considérés comme les plus sages: les
hommes d'Etat, les poètes, puis les artisans. Il a découvert que ces personnes prétendaient avoir des
connaissances mais que finalement ils étaient aussi ignorants que lui. Il a ainsi reconnu qu'il était plus
sage qu'eux puisqu' il ne croyait pas savoir ce qu'il ignorait. C'est pour cela que l'on attribue à Socrate
cette phrase devenue symbole du philosophe « je sais que je ne sais pas ». Les différents
interlocuteurs de Socrate se sont sentis « ridiculisés » et ils sont à l'origine de la mauvaise réputation
de Socrate.
Socrate se défend ensuite contre les accusations récentes de Mélétos, Anytos et Lycon. Il entreprend
de faire voir aux juges qu'il ne s'est jamais préoccupé de l'éducation de la jeunesse, Il montre ensuite
que Mélétos se contredit quand il l'accuse d'athéisme. Socrate procède alors comme à son habitude
en posant des questions habiles qui poussent son adversaire à se contredire.
Il apparaît alors que cette façon qu'a Socrate de poser des questions et donc de faire de la
philosophie le met en danger. Néanmoins il continue à poser des questions et à remettre en question
les opinions reçues car il s'est donné comme mission d'aider ses concitoyens à s'améliorer sur le plan
moral. Il se compare à un « taon » qui pique les Athéniens pour les inciter à réfléchir.
Cependant lui demande-t-on s'il veut servir les intérêts de ses concitoyens. pour quelle raison ne fait-
il pas de la politique ? Socrate répond que sa conscience l'en a détourné, et avec raison : car avec sa
franchise et son attachement aux lois, il n'aurait pas vécu longtemps.
Socrate a dit ce qu'il avait à dire pour sa défense. Il n'en dira pas plus : il ne recourra pas, comme les
autres accusés, à des supplications qui sont indignes de lui et indignes des juges, lesquels ne doivent
pas céder à la pitié, mais n'écouter que la justice et leur raison. Il s'en remet donc aux juges et à Dieu
pour décider ce qu'il y a de mieux pour eux et pour lui.
Conclusion :
Sans doute peut-on voir en Socrate est-il un homme rusé, pour ne pas dire retors, qui abuse les juges
d'Athènes, et en fait les instruments de son propre sacrifice. Mais ces critiques ne sont pas
pertinentes si l'on comprend l'enseignement de Socrate. La justice est la valeur suprême qui peut
justifier le sacrifice de notre propre vie. Seule la recherche de la justice constitue une vie acceptable.
Aucune autre occupation ne présente un intérêt théorique ou pratique plus pressant, plus immédiat
ni plus évident. Socrate ne peut pas changer de conduite, même sous la menace de la mort.
Voilà comme un terrible avertissement : souvent, au bout de la route du juste, se dresse un échafaud
ou une coupe de ciguë, un peloton d'exécution ou une guillotine. Ainsi l'enseignement de Socrate est
de nous montrer que la loi n'est pas nécessairement la justice et que c'est le rôle du philosophe que
de démontrer aux hommes de son temps cette différence. Si on peut dire sans exagération que
l'Apologie de Socrate constitue l'œuvre inaugurale de la philosophie occidentale et qu'en lisant ce
texte, les philosophes ou les apprentis philosophes remontent à la source originelle de leur discipline,
c'est qu'avec elle, commence le chemin compliqué du rapport de la loi à la libre pensée et la réflexion
sur la distance qui existe entre le légal et le légitime. En mourant Socrate témoignait de ses
convictions et de la valeur de son témoignage... Si l'on en croit Platon, il fallait que Socrate meure
pour que vive la philosophie...
REPUBLIQUE DU SENEGAL
MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE
Un Peuple- Un But- Une Foi
EXPOSE DE PHILOSOPHIE
THEME : L’APOLOGIE DE SOCRATE.
PLAN: NOMS DES
EXPOSANTS !
INTRODUCTION
MOUHAMADOU BARO SYLLA
I- Biographie de Socrate
SERIGNE DAME FAYE
II- Etude de la première NOGAYE SECK
partie de l'ceuvre
MOUHAMADOU MBAYE
1- Le début de la
plaidoirie de Socrate MAME MAREME FALL SENE
2- Le taon dans la cité MAMAN FATOU WAGNE
3- La défense de AMY DIOBA SAKHO
Socrate
RAMA DIOP
CONCLUSION
MOUHAMED SECK
CLASSE: TL2A PROF : M. SARR