Philosophie Liberté - Conscience
PBQ : L’homme possède – t- il le libre arbitre ?
Distinction entre deux thèses :
Libre arbitre : faculté de choisir sans être déterminé. Une personne qui a le libre arbitre fait de
véritables choix.
Déterminisme : idée selon laquelle on est toujours déterminé par des causes extérieures. Nos
choix sont toujours influencés ou déterminés.
Accroche : Au supermarché, il semble que nous ayons le choix. Cependant, nous sommes aussi
influencés par les promotions, la publicité, la bouche à oreille … Ainsi, on peut se demander si
nos choix nous appartiennent toujours.
Pourquoi est-ce important ?
Ce qui est en jeu, c’est le fait qu’on soit manipulable ou pas. Il est important de déterminer si on
est acteur de sa propre vie. On pourrait suggérer qu’il y a des limites dans notre liberté.
I/ Il possède le libre – arbitre
L'homme possède le libre arbitre, ou alors les conseils, les exhortations, les préceptes, les interdictions, les
récompenses et les châtiments seraient vains. Pour établir la preuve de la liberté, considérons d'abord que
certains êtres agissent sans aucun jugement, comme la pierre qui tombe vers le bas, et tous les êtres qui n'ont
pas la connaissance. D'autres êtres agissent d'après un certain jugement, mais qui n'est pas libre. Ainsi les
animaux telle la brebis qui, voyant le loup, juge, qu'il faut le fuir ; c'est un jugement naturel, non pas libre, car
elle ne juge pas en rassemblant des données, mais par un instinct naturel. Et il en va de même pour le
jugement des animaux. Mais l'homme agit d'après un jugement; car, par sa faculté de connaissance, il juge
qu'il faut fuir quelque chose ou le poursuivre. Cependant, ce jugement n'est pas l'effet d'un instinct naturel
s'appliquant à une action particulière, mais d'un rapprochement de données opéré par la raison. C'est
pourquoi l'homme agit selon un jugement libre, car il a la faculté de se porter à divers objets. En effet, dans le
domaine du contingent, la raison peut suivre des directions opposées, comme on le voit dans les syllogismes
dialectiques et les arguments de la rhétorique. Or, les actions particulières sont contingentes; par suite, le
jugement rationnel qui porte sur elles peut aller dans un sens ou dans l'autre, et n'est pas déterminé à une
seule chose. En conséquence, il est nécessaire que l'homme ait le libre arbitre, par le fait même qu'il est doué
de raison.
Thomas d’Aquin, Somme théologique
• Contingent : ce qui peut ne pas être
• Nécessaire : ce qui ne peut pas ne pas être
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Ève est un tableau réalisé par le peintre français Henri Rousseau en 1906-1907.
Dans la Bible, il est écrit qu’Eve était libre de manger le fruit défendu ou pas. Elle avait le
libre arbitre. Le pêché est lié au libre arbitre.
Pierre Brebis Homme
Agit-elle avec un NON (Elle n’est pas OUI – le OUI – jugement
jugement ? Si oui, de vivante) « jugement rationnel
quel type ? naturel »
→ Instinct
Est-elle/il libre ? NON NON OUI
Exemple d’une action nécessaire dans le texte ?
Quand la brebis fuit le loup
Exemple d’une action contingente dans le texte ?
L’homme qui fuit ou poursuit quelque chose
Pourquoi « les interdictions » et « les récompenses » n’auraient – elles pas de sens sans liberté ?
Donnez un exemple
Le libre arbitre part du principe qu’on est libre de choisir le bien ou le mal. Il est libre de
suivre des conseils ou pas. Idem pour les interdictions. Le vol est interdit, on part donc
principe qu’on est libre de voler ou pas.
Thèse implicite : (à ne pas formuler sous forme de questions), l’homme est toujours, sans
exception, plus rationnel qu’une brebis.
Plus on est rationnel, plus on est libre. Il est possible de prouver l’existence du libre-arbitre.
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II/ Nos choix ne sont pas libres
La pierre, sous prétexte qu’elle obtient une conscience s’imagine qu’elle a le libre-arbitre.
A quel principe physique Spinoza fait-il allusion quand il évoque la pierre qui continue de se
mouvoir ?
Inertie
Entre l’homme et la pierre, y-a-t-il une réelle différence ?
Non, les deux sont soumis aux lois naturelles. Cependant, l’homme a une conscience.
D’où vient la croyance au libre-arbitre ?
Voir dernière phrase du texte, l’indétermination (le libre-arbitre) illusoire de l’homme, est en
réalité l’ignorance des causes qui le pousse à agir.
Illusion/erreur : Une illusion n'est pas la même chose qu'une erreur, une illusion n'est pas non
plus nécessairement une erreur. L'opinion d'Aristote, d'après laquelle la vermine serait
engendrée par l'ordure - opinion qui est encore celle du peuple ignorant -, était une erreur ;
[...] alors que c'était une illusion de la part de Christophe Colomb, quand il croyait avoir
trouvé une nouvelle route maritime des Indes. La part de désir que comportait cette erreur est
manifeste. [...] Ce qui caractérise l'illusion, c'est d'être dérivée des désirs humains. Ainsi nous
appelons illusion une croyance quand, dans la motivation de celle-ci, la réalisation d'un désir
est prévalente, et nous ne tenons pas compte. ce faisant, des rapports de cette croyance à la
réalité, tout comme l'illusion elle-même renonce à être confirmée par le réel.
Sigmund FREUD, L'Avenir d'une illusion
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Quelles sont les causes qui nous déterminent ?
Autrui, nos actes passées nous engagent
Expérience réalisée en 1983 par le neurophysiologiste américain Benjamin Libet :
Un sujet dont le cerveau était relié à des électrodes devait plier volontairement un doigt et
indiquer par ailleurs à quel moment il prenait la décision d'accomplir un tel mouvement.
1. On a constaté un écart de 0,2 seconde entre l'annonce de la décision et le mouvement du
muscle concerné, ce qui est normal: il y a toujours un décalage de nature physiologique entre
le moment de la prise de la décision et celui du mouvement effectif, un peu comme un temps
de réaction pour des sprinteurs.
2. Mais on a également mesuré un délai de 0,5 seconde entre la stimulation cérébrale et la
prise de conscience par le sujet. Or ce délai étonnamment long incite à penser que la décision
consciente est largement postérieure à l'activation cérébrale, comme si au moment où le sujet
avait l'impression de décider d'appuyer sur le bouton son cerveau avait déjà agi.
En quoi l’expérience de Benjamin Libet s’oppose au libre arbitre ?
On a pas la main sur nos actions. Elles sont déjà pré-définies. Le cerveau a déjà pris la
décision par lui-même.
Transition : Après avoir vu que l’homme ne possédait pas le libre arbitre. Nous allons voir
que nous faisons comme si l’homme avait le libre arbitre.
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III/ On fait comme si l’homme avait le libre arbitre
Qu'on prenne un acte volontaire, par exemple un mensonge pernicieux, par lequel un homme
a introduit un certain désordre dans la Société, dont on recherche d'abord les raisons
déterminantes, qui lui ont donné naissance, pour juger ensuite comment il peut lui être
imputé avec toutes ses conséquences. Sous le premier point de vue, on pénètre le caractère
empirique de cet homme jusque dans ses sources, que l'on recherche dans la mauvaise
éducation, dans les mauvaises fréquentations, en partie aussi dans la méchanceté d'un naturel
insensible à la honte, qu'on attribue en partie la légèreté et à l'inconsidération, sans négliger
les circonstances tout à fait occasionnelles qui ont pu influer. Dans tout cela, on procède
comme on le tait, en général dans la recherche de la série des causes déterminantes d'un effet
naturel donné.
Or, bien que l'on croie que l'action soit déterminée par là, on n'en blâme pas moins l'auteur et
cela, non pas à cause de son mauvais naturel, non pas à cause des circonstances qui ont
influé sur lui, et non pas même à cause de sa conduite passée; car on suppose qu'on peut
laisser tout à tait de côté ce qu'a été cette conduite et regarder la série écoulée des conditions
comme non avenue, et cette action comme entièrement inconditionnée par rapport à l'état
antérieur, comme si l'auteur commençait absolument avec elle une série de conséquences. Ce
blâme se fonde sur une loi de la raison où l'on regarde celle-ci comme une cause qui a pu et a
dû déterminer autrement la conduite de l'homme, indépendamment de toutes les conditions
empiriques nommées. Et on n'envisage pas la causalité de la raison, pour ainsi dire,
simplement comme concomitante, mais au contraire, comme complète en soi, quand bien
même les mobiles sensibles ne seraient pas du tout en sa faveur et qu'ils lui seraient tout fait
contraires; l'action est attribuée au caractère intelligible de l'auteur : il est entièrement
coupable à l'instant où il ment; par conséquent, malgré toutes les conditions empiriques de
l'action la raison était pleinement libre, et cet acte doit être attribué entièrement à sa
négligence.
Kant, Critique de la Raison pure
• Concomitante : qui accompagne un autre fait, simultané
• Caractère intelligible : opposé au caractère sensible des phénomènes, seul objet que l’homme puisse
connaitre. Il concerne le « monde en soi », « derrière », le monde des phénomènes. Purement rationnel,
on peut seulement le postuler sans jamais faire l’expérience.
Termes du texte qui relèvent du déterminisme : raisons déterminantes, tous les mots en
mauvais dans le texte : ce sont les causes qui déterminent, circonstances
Termes du texte qui relèvent du libre arbitre : volontaire, inconditionnée, négligence
Pourquoi les deux logiques sont-elles requises pour un jugement à propos de la responsabilité ?
On a la devoir de ne pas se laisser trop influencer par les circonstances. Nous sommes donc
responsables malgré le déterminisme.
La responsabilité est liée à notre liberté. Si on est responsable ça veut dire qu’on savait ce
qu’on faisait.
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Conclusion :
Pour commencer, nous avons vu que l’homme possédait le libre arbitre. Ensuite, nous avons
étudié que nos choix n’étaient pas libres. Enfin, nous avons constaté comme si on avait le
libre arbitre. Ainsi, l’homme ne possède pas totalement le libre-arbitre.