VERS LE SOLEIL DE DIEU 29
16.06.96
LE DÉLIRE VERBAL ET L'ABUS PSY
LE DIABLE ET LA MÉMOIRE-FICTION
Afin de ne pas outrepasser les limites sacrées de l'enseignement
du Christ, l'épistolier nous avertit : « Prenez garde à vous-mê-
mes afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre tra-
vaif'J». Comme il y a les insuffisances du "pas assez", il y a les
excès du "trop" : trop loin, trop fort, toujours plus. Et pour
votre monde surtout, trop de bavardages ...
L'épistolier nous en livre le résultat : « Celui-ci n'a point
Dieu(2)». Sont ainsi visés les enseignements faux, les théologies
erronées, mais aussi - et ce n'est pas sans rapport -, l'exaltation
spirituelle sans amour du prochain, le défaut de maîtrise de soi
en religion car, Je le redis, n'est pas François d'Assise qui veut!
Mais cela est aussi vrai pour toutes les activités humaines
faussées par l'orgueil. Et lorsque activités profanes et vie spiri-
tuelle conjuguent leurs excès, naît le délire verbal le plus re-
doutable.
Nous craignons que votre monde n'y entre de plain-pied et
que, dans les années à venir, ce ne soit le déferlement si personne,
ni nation, ni institution, ne maîtrise le phénomène. Les gouverne-
ments ;ux-mêmes se verront dépassés. Et c'est ainsi que, dans les
états les plus "avancés", l'Amérique pourrait être la première at-
teinte. t
Il faut prendre donc garde au passé personnel artifi-
ciellement recomposé : une personne, par exemple, est convaincue
d'avoir subi à tort des événements épouvantables et traumatisants ;
s'ensuivent scandales et drames ... C'est ainsi que vous découvrirez,
stupéfaits, la "mémoire-fiction", comme il existe la science-fic-
tion, à la différence près que la seconde se sait fruit de l'imagina-
tion, mais que la première l'ignore. La maladie n'est pas nouvelle
mais son l'ampleur l'est. La manifestation en fait ressemble à la
réincarnation dont elle suggère parfois l'idée.
<1>(2 Jn 8)
<2> (2 Jn 9)
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L'origine est identique. Le Diable n'a même pas besoin de repré-
senter à des hommes et à des femmes, jeunes généralement, des
événements réels, mais seulement de leur distiller des faux par
l'intermédiaire de médiums, célestes ou terrestres, c'est-à-dire
par n'importe qui. Il faut se méfier à la fois de la peur excessive
de Satan tout comme d'ailleurs de la négation obstinée de sa
puissance:
- En votre heure la peur de Satan éloigne de Dieu au
lieu de l'en approcher, erreur fatale des croyants ! Dieu et
Diable sont inséparables sur terre et, plus on redoute le second,
plus il faut s'en remettre au premier ; plus on aime le premier, plus
il faut craindre les attaques du second.
- D'autre part la "mort" du Diable chez les croyants ne
signifie-t-elle pas la mort de la foi ? Attention au délire verbal
et à l'abus "psy" confondus, réunissant soi-disant guérisseurs
et vrais malades. Ce délire et cet abus sont un paravent - un de
plus pour le Diable - et la foi se trouve entraînée dans ce fleuve. Le
Verbe s'est fait chair, il ne s'est pas fait délire verbal. L'Esprlt
pousse plus au silence qu'au bavardage, plus à la maîtrise qu'à
l'exaltation, plus à l'amour qu'à l'épanchement spirituel. Votre
effondrement spirituel sera peut-être dû à une folie collective "psy"
et verbeuse, dans les mondés profanes comme spirituels, le
christianisme "travaillé" de l'intérieur y participant également. A
certains égards, le spirite se révèle plus prudent parce que,
comme le patineur, il connaît la minceur et la fragilité de son
support. Il sait donc quel gouffre peut s'ouvrir sous lui, le
chrétien l'a oublié.
***
Alors dites-vous : comment sauver les meubles de la
maison de Dieu car - et ce n'est pas rien! - c'est de cela qu'il
s'agit ! Je vais tenter de vous répondre en vous abreuvant de
citations, n'est-ce pas un bon étanchement ?
Je commencerai par vous rappeler l'avertissement pré-
liminaire de ce message. Si vous lisez bien ce que recèle ce texte
discret et rarement développé, invitant à la modestie, si vous ad-
mettez qu'il est comme un doigt pointé vers les plus grands maux
de votre temps, vous comprendrez qu'il ne faut jamais en faire
plus que Dieu nous le demande, ce que l'apôtre Pierre
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confirme : « Si quelqu'un veut servir Dieu, qu'il le fasse selon la
force qu'il lui communique m». Ainsi se vérifie la justesse de l'ex-
pression populaire à l'égard de ceux qui en "font trop".
Deuxièmement ne confondez pas les grâces divines et
vos facultés personnelles, réelles ou illusoires : « Si tu savais le
don de Dieu'4'» lance Jésus à la Samaritaine. Il s'agit d'un avertisse-
ment qu'il faut interpréter plus sévèrement que vous le faites. Le
tableau séduit, mais la signification profonde est refusée : Dieu
seul donne, nous ne faisons que transmettre, nous n'avons créé
ni l'eau de la soif, ni "l'eau vive de l'ime". L'homme creuse un
puits, s'admire dedans, boit, s'en va, satisfait de lui, négligeant
l'essentiel par orgueil ...
Enfin je conclurai avec Jacques qui résume la conduite à
tenir entre les écueils du "pas assez" et du "trop" et l'inconstance
molle : « Ne vous trompez pas, mes frères bien-aimés, toute grâce
excellente, tout don parfait, descendent d'En Haut, du Père
créateur des lumières chez lequel il n y a ni changement ni
l'ombre d'une variation»'''».
Arnaud et les goélands prient pour tous les pères du monde.<61
<3>(I P 4,11)
<4>(Jn 4, 10)
<5>(Je 1, 16-17)
16>Jour de la Fête des Pères