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Charte Africaine de La Statistique

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Thèmes abordés

  • soutien au développement,
  • vulgarisation de la charte,
  • développement économique,
  • engagements des États,
  • définitions statistiques,
  • financement des statistiques,
  • responsabilité des États,
  • qualité des données,
  • données statistiques,
  • plan d'action
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  • définitions statistiques,
  • financement des statistiques,
  • responsabilité des États,
  • qualité des données,
  • données statistiques,
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Charte africaine de la statistique Charte africaine de la

Commission
statistique Charte africaine de la statistique Charte africaine
de l’Union
de la statistique Charte Africaine
africaine de la statistique Charte
africaine de la statistique Charte africaine de la statistique
Charte africaine de la statistique Charte africaine de la
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de la statistique Charte africaine de la statistique Charte
africaine de la statistique Charte africaine de la statistique
Charte africaine de la statistique
CHARTE AFRICAINE Charte
DE LAafricaine de la
STATISTIQUE
statistique Charte africaine de la statistique Charte africaine
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de la statistique Charte africaine de la statistique Charte
africaine de la statistique Charte africaine de la statistique
Avant-propos

Le processus d’intégration du continent entrepris depuis quelques années


par les États africains recommande, pour le suivi de sa mise en œuvre en
vue de l’atteinte de ses objectifs et la mesure des résultats acquis, l’usage de
données statistiques harmonisées et fiables dans tous les domaines d’activi-
tés de la vie politique, socioéconomique et culturelle.

L’information statistique est devenue une ressource vitale et indispensable


dans le processus d’intégration régionale et continentale.

Bien que le système statistique africain ait connu des développements si-
gnificatifs au cours de ces dernières années avec l’avènement de plusieurs
initiatives, il convient de noter l’existence d’un énorme fossé entre l’offre et
la demande en informations statistiques à des fins de développement et de
conduite du processus d’intégration africaine. En effet, les données statis-
tiques de qualité, comparables dans le temps et dans l’espace et produites
par le système statistique africain, sont quasiment inexistantes.

C’est pour remédier à ce déficit préjudiciable au processus d’intégration


et de développement de l’Afrique que les organes de décision de l’Union
africaine ont pris une décision historique demandant l’élaboration d’une
charte africaine de la statistique, instrument juridique pour réguler l’acti-
vité statistique sur le continent, et servir d’outil de plaidoyer pour le déve-
loppement de la statistique en Afrique.

Ce document consensuel, dont l’élaboration a obtenu la pleine participa-


tion de l’ensemble des membres du système statistique africain, des auto-
rités politiques africaines et des partenaires au développement, constitue
un cadre stratégique d’orientation devant permettre l’émergence des sta-
tistiques africaines de référence. Il constitue un cadre déontologique et un
code d’éthique professionnelle et de bonnes pratiques pour le métier du
statisticien africain. A cet égard, la charte invite tous les professionnels de
la statistique en Afrique au respect des principes qui y sont énoncés et des
normes, concepts et standards internationaux en vue d’assurer les compa-
raisons internationales. En outre, elle exhorte les fournisseurs, les produc-
teurs et les utilisateurs de données statistiques, à une collaboration accrue
et effective afin d’assurer la qualité et l’utilité de l’information statistique.

La charte appelle également les décideurs politiques africains à faire de


l’observation des faits, la base de toute formulation, de tout suivi et de
toute évaluation de politiques. En effet, l’information statistique doit être
considérée comme un bien public indispensable dans toute prise de déci-
sion.

The African Statistical Journal, Volume 8, May 2009 69


Etant donné que la mise en œuvre effective et efficace de la charte nécessite
des ressources financières et le renforcement des capacités institutionnelles
du système statistique africain, j’appelle à la responsabilité des Etats afri-
cains à garantir un financement stable et adéquat aux activités statistiques,
et à renforcer l’indépendance et le statut des instituts nationaux de statisti-
que et des services statistiques aux niveaux régional et continental. La mise
en œuvre effective de la charte devra permettre de renforcer la coordina-
tion statistique et le fonctionnement effectif du système statistique africain
et d’éviter les duplications dans les programmes statistiques en Afrique.

J’invite donc tous les États africains à se l’approprier et lance un vibrant ap-
pel à tous les partenaires au développement à apporter leur soutien à cette
initiative d’avant-garde en faveur du développement de l’Afrique.

Jean Ping
Président de la Commission

70 Le Journal statistique africain, numéro 8, mai 2009


PREAMBULE

Nous, Etats Membres de l’Union africaine,:

CONSIDERANT l’Acte constitutif de l’Union africaine adopté le 11


juillet 2000, à Lomé (Togo);

GUIDES par la vision claire et partagée par tous les Etats membres du
Traité instituant la Communauté économique africaine adopté en 1991, à
Abuja (Nigeria), dont le but est de promouvoir le développement écono-
mique, social, culturel et auto entretenu ainsi que l’intégration des écono-
mies africaines ;

CONVAINCUS de la nécessité d’accélérer le processus de mise en œuvre


dudit Traité ;

CONSCIENTS du fait que les décisions et les nouvelles orientations des


politiques de l’Union africaine en faveur de l’accélération du processus
d’intégration de l’Afrique, et les engagements pour la réalisation des pro-
grammes de développement et de lutte contre la pauvreté devraient être
basées sur des faits réels qui requièrent un système statistique performant,
capable de fournir des informations statistiques crédibles, complètes et
harmonisées sur le continent africain;

CONSIDERANT que l’information statistique est nécessaire à la prise de


décision par les diverses composantes de la société, et en particulier celle
des décideurs politiques, des acteurs économiques et sociaux et qu’elle est
par conséquent indispensable pour l’intégration et le développement du-
rable du continent;

CONSCIENTS du besoin de renforcement de la coordination des activi-


tés statistiques sur le continent ;

NOTANT que la confiance du public dans l’information statistique offi-


cielle repose dans une large mesure sur le respect des valeurs et des princi-
pes fondamentaux de la démocratie ;

NOTANT EGALEMENT que la qualité de l’information statistique offi-


cielle mise à la disposition des administrations publiques et des autres sec-
teurs d’activités dépend dans une large mesure de la collaboration effective
entre fournisseurs, producteurs et utilisateurs de données statistiques ;

The African Statistical Journal, Volume 8, May 2009 71


NOTANT EN OUTRE que les responsabilités professionnelle et sociale
des statisticiens africains ainsi que leur crédibilité impliquent, non seule-
ment un savoir-faire et des capacités techniques, mais aussi le respect des
principes fondamentaux de la statistique officielle, de l’éthique profession-
nelle et de bonnes pratiques;

RAPPELANT l’adoption du Plan d’action d’Addis-Abéba pour le déve-


loppement de la statistique en Afrique, par la conférence des ministres
responsables du développement économique et social en mai 1990, à Ad-
dis-Abeba (Ethiopie);

RAPPELANT EGALEMENT la Résolution sur les principes fondamen-


taux de la statistique officielle adoptée en avril 1994 par la Commission
statistique des Nations Unies;

NOUS REFERANT au Code d’éthique professionnelle adopté par l’Ins-


titut international de la statistique (IIS) à l’occasion de sa 45ème session
en août 1985 ;

RAPPELANT que l’adoption et l’application des normes, concepts et


standards internationaux sont indispensables pour permettre les compa-
raisons entre pays et constituent donc un préalable à la production de
statistiques comparables au niveau du continent ;

RAPPELANT également que la majorité des pays ont adhéré au Système


général de diffusion des données (SGDD) du Fonds monétaire interna-
tional (FMI) ou aux Normes spéciales de diffusion des données (NSDD)
et aux normes relatives au Cadre d’évaluation de la qualité des données
(CEQD) définis par le Fonds monétaire international ;

RAPPELANT EN OUTRE la Déclaration sur les bonnes pratiques dans


la coopération technique en matière statistique adoptée par la Commis-
sion statistique des Nations unies au cours de sa session de mars 1999 ;

NOUS REFERANT à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au


développement adoptée en mars 2005 ;

NOUS FELICITANT des initiatives déjà prises par diverses organisations


statistiques aux niveaux national, régional et international pour le dévelop-
pement de la statistique, notamment le renforcement des législations natio-
nales, l’adoption et la mise en œuvre par les Etats de l’approche stratégies
nationales de développement de la statistique (SNDS) pour la conduite

72 Le Journal statistique africain, numéro 8, mai 2009


des activités statistiques, le développement d’outils statistiques harmonisés
par les Communautés économiques régionales (CER), l’adoption en 2007
du Cadre stratégique régional de référence pour le développement de la
statistique en Afrique (CSRR) par les Ministres africains des finances, de
la planification et du développement économique et l’établissement de la
Commission statistique pour l’Afrique (STATCOM-Africa) en 2007 ;

NOUS FELICITANT des mesures qui ont été prises pour renforcer l’indé-
pendance et le statut des instituts de statistique et garantir un financement
stable approprié pour les activités statistiques basé sur la troisième édition
du livret des organisations statistiques des Nations unies adopté en 2003 ;

RAPPELANT les résolutions du Symposium africain pour le développe-


ment de la statistique tenu respectivement en janvier 2006 à Cape Town
(Afrique du Sud) et en janvier 2007 à Kigali (Rwanda);

RAPPELANT la Décision adoptée par le Conseil Exécutif de l’Union afri-


caine en janvier 2007 à Addis Abéba (Ethiopie), relative à l’élaboration de
la Charte africaine de la statistique;

RESOLUS à promouvoir les prises de décisions basées sur les informations


statistiques et à renforcer les capacités statistiques sur le continent ;

RESOLUS à mettre en place un cadre juridique commun pour le dévelop-


pement des statistiques sur le continent africain ;

SOMMES CONVENUS DE CE QUI SUIT :

The African Statistical Journal, Volume 8, May 2009 73


PARTIE I
Dispositions generales

CHAPITRE 1 – DÉFINITIONS

Article 1
Définitions
Aux fins de la présente Charte, on entend par :

«Charte », la Charte africaine de la statistique ;


«Commission », la Commission de l’Union africaine ;
«Conférence », la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement de
l’Union africaine ;
«Conseil exécutif», le Conseil exécutif de l’Union africaine ;
«Cour », la Cour africaine de Justice et des droits de l’homme de l’Union
africaine ;
«Etats Membres », les Etats Membres de l’Union africaine ;
«Etats parties », les Etats membres ayant ratifié ou adhéré la présente
Charte ;
«Statistiques», les Données nécessaires à la production d’informations
statistiques organisées, qu’elles soient obtenues à partir de recensements,
d’enquêtes statistiques ou de l’exploitation de données administratives
recueillies ;
«Information statistique», toute information quantitative et/ou qualitative
organisée, obtenue à partir de données statistiques permettant
notamment la connaissance des phénomènes économiques, politiques,
démographiques, sociaux, environnementaux, culturels, sur le genre et
sur la gouvernance etc. ;
«Méta-données», l’ensemble des informations, en général textuelles,
permettant de comprendre le contexte dans lequel sont collectées,
traitées et analysées les données statistiques, dans le but de créer des
informations statistiques (textes légaux et réglementaires, méthodes
et concepts utilisés à tous les niveaux du traitement, définitions et
nomenclatures, etc.) ;
«Statistiques africaines», l’ensemble des informations statistiques
nécessaires à la formulation, au suivi et à l’évaluation des politiques
et programmes de développement de l’Afrique aux niveaux national,
régional et continental ;

74 Le Journal statistique africain, numéro 8, mai 2009


«Statistiques officielles», l’ensemble des informations statistiques
produites, validées, compilées et diffusées par les autorités statistiques
;
«Autorités statistiques», les instituts nationaux de statistique et/ou autres
organismes statistiques chargés de la production et de la diffusion des
statistiques publiques aux niveaux national, régional et continental ;
«Système statistique africain (SSA)», le Partenariat regroupant les
systèmes statistiques nationaux (fournisseurs, producteurs et utilisateurs
de données, instituts de recherche et de formation statistiques et
organismes de coordination statistique), les unités de statistiques des
Communautés économiques régionales, les organisations régionales de
statistique, les centres régionaux de formation, les unités statistiques
des organisations continentales et les instances de coordination au
niveau continental ;
« Organisations régionales », les Communautés économiques régionales,
les organisations régionales de statistique, les centres régionaux de
formation ;
«Statisticien africain», tout professionnel et chercheur en statistique
contribuant à la collecte, à la production, à l’analyse ou à la publication
des données statistiques au sein du système statistique africain ;

CHAPITRE 2 – objectifs

Article 2
Objectifs

La présente Charte a pour objectifs de:

1. Servir de cadre d’orientation pour le développement de la statistique


africaine, notamment la production, la gestion et la diffusion des
données et de l’information statistique aux niveaux national, régional
et continental.

2. Servir d’instrument et d’outil de plaidoyer pour le développement de


la statistique sur le continent;

3. Contribuer à l’amélioration de la qualité et à la comparabilité des


données statistiques nécessaires pour le suivi du processus d’intégration
économique et sociale de l’Afrique;

The African Statistical Journal, Volume 8, May 2009 75


4. Promouvoir le respect des principes fondamentaux de la production,
du stockage, de la gestion, de l’analyse, de la diffusion et de l’utilisation
de l’information statistique sur le continent africain;

5. Contribuer au renforcement de la coordination des activités statistiques


et des institutions statistiques en Afrique y compris la coordination
des interventions des partenaires aux niveaux national, régional et
continental;

6. Renforcer les capacités institutionnelles des structures statistiques aux


niveaux national, régional et continental en assurant leur autonomie de
fonctionnement et en veillant particulièrement à ce qu’elles disposent
des ressources humaines, matérielles et financières adéquates;

7. Servir de référence pour l’exercice du métier de statisticien africain, de


code d’éthique professionnelle et de bonnes pratiques ;

8. Promouvoir une culture faisant de l’observation des faits la base de la


formulation, du suivi et de l’évaluation des politiques ;

9. Contribuer à l’amélioration et au fonctionnement effectif du système


statistique africain ainsi qu’au partage d’expériences ; et

10.Eviter les duplications dans la mise en œuvre des programmes


statistiques.

CHAPITRE 3 – principes regissant la charte

Article 3
Principes

Les organismes du Système statistique africain (SSA) et les statisticiens


africains ainsi que tous ceux qui travaillent dans le domaine de la statis-
tique aux niveaux national, régional et continental doivent respecter les
principes énoncés dans la Résolution sur les principes fondamentaux de
la statistique officielle adoptée par la Commission de Statistique des Na-
tions Unies en avril 1994, et appliquer les principes de bonnes pratiques
ci-après :

76 Le Journal statistique africain, numéro 8, mai 2009


Principe 1 : Indépendance professionnelle

• indépendance scientifique : les autorités statistiques doivent pouvoir


exercer leurs activités selon le principe de l’indépendance scientifique,
en particulier vis-à-vis du pouvoir politique et de tout groupe d’intérêt
; cela signifie que les méthodes, concepts et nomenclatures utilisés pour
l’exécution d’une opération statistique ne doivent être choisis que par
les autorités statistiques sans aucune influence de quelque forme que ce
soit et dans le respect des règles d’éthique et de bonne conduite.

• impartialité : les autorités statistiques doivent produire, analyser,


diffuser et commenter les statistiques africaines dans le respect de
l’indépendance scientifique et de manière objective, professionnelle et
transparente.

• responsabilité : les autorités statistiques et les statisticiens africains


doivent recourir à des modes de collecte, de traitement, d’analyse et de
présentation des données statistiques claires et pertinentes. De plus, les
autorités statistiques ont le droit et le devoir de faire des observations
sur les interprétations erronées et les usages abusifs de l’information
statistique qu’elles diffusent.

• transparence : pour faciliter une interprétation correcte des données,


les autorités statistiques doivent fournir, en fonction de normes
scientifiques, des informations sur les sources, les méthodes et les
procédures qu’elles utilisent. Le droit interne régissant le fonctionnement
des systèmes statistiques doit être porté à la connaissance du public.

Principe 2 : Qualité

• pertinence : Les statistiques africaines doivent répondre aux besoins


des utilisateurs.

• pérennité : Les statistiques africaines doivent être conservées sous une


forme aussi détaillée que possible afin d’en garantir l’utilisation par les
générations futures, tout en préservant les principes de confidentialité
et de protection des répondants.

• sources de données : Les données utilisées à des fins statistiques


peuvent être tirées de diverses sources, qu´il s´agisse de recensements,
d´enquêtes statistiques et/ou de fichiers administratifs. Les organismes

The African Statistical Journal, Volume 8, May 2009 77


responsables de la statistique doivent choisir leur source en tenant
compte de la qualité des données qu´elle peut fournir, de leur actualité,
particulièrement, la charge qui pèse sur les répondants et les coûts
sur les donateurs. L’utilisation par les autorités statistiques des fichiers
administratifs à des fins statistiques doit être garantie par le droit
positif sous réserve de confidentialité.

• exactitude et fiabilité : Les statistiques africaines doivent refléter la


réalité de façon exacte et fiable.

• continuité : Les autorités statistiques garantissent la continuité et la


comparabilité dans le temps des informations statistiques.

• cohérence et comparabilité : Les statistiques africaines doivent présenter


une cohérence interne dans le temps et permettre la comparaison entre
les régions et les pays. A cette fin, il doit être possible de combiner et
d’utiliser conjointement des données connexes provenant de sources
différentes. Les concepts, classifications, terminologies et méthodes
établis et reconnus au niveau international, doivent être utilisés.

• ponctualité : Les statistiques africaines doivent être diffusées en temps


utile et, dans toute la mesure du possible, selon un calendrier annoncé
à l’avance.

• actualité : Les statistiques africaines doivent prendre en compte les


événements courants et être d’actualité.

• spécificités : Les méthodes de production et d’analyse de l’information


statistique doivent tenir compte des spécificités africaines.

• sensibilisation : Les Etats parties doivent sensibiliser le public, et en


particulier, les fournisseurs des données statistiques sur l’importance
de la statistique.

Principe 3 : Mandat pour la collecte des données et ressources


• mandat : Les autorités statistiques disposent d’un mandat légal clair
les habilitant à collecter des données pour les besoins de la production
des statistiques africaines. A la demande des autorités statistiques,
les administrations publiques, les entreprises, la société civile et les
ménages ainsi que le grand public peuvent être contraints par le droit

78 Le Journal statistique africain, numéro 8, mai 2009


interne à permettre l’accès à des données ou à fournir des données
pour l’établissement de statistiques africaines.

• adéquation des ressources : Dans la mesure du possible, les ressources


dont disposent les autorités statistiques doivent être suffisantes et stables
pour leur permettre de répondre aux besoins de statistiques exigées
aux niveaux national, régional et continental. La mise à disposition de
ces ressources incombe principalement aux gouvernements des Etats
parties.

• rapport coût-efficacité : Les ressources doivent être utilisées de façon


efficiente par les autorités statistiques. Cela suppose, en particulier,
que les opérations doivent, dans toute la mesure du possible, être
programmées de façon optimale. Dans le souci de réduire la charge
qui pèse sur les répondants et d’éviter autant que possible les enquêtes
directes coûteuses, tout doit être mis en œuvre pour améliorer la
production et l’exploitation statistique des fichiers administratifs.

Principe 4 : Diffusion

• accessibilité : Les autorités statistiques garantissent l’accès aux


statistiques africaines. Ce droit d’accès pour tous les utilisateurs, sans
aucune restriction, doit être garanti par le droit interne. Les micro-
données peuvent être mises à la disposition des utilisateurs à condition
que les lois et les procédures clairement définies soient respectées et
que la confidentialité soit maintenue.

• concertation avec les utilisateurs : des mécanismes de concertation


avec l’ensemble des utilisateurs des statistiques africaines, sans
discrimination aucune, doivent être mis en place pour s’assurer de
l’adéquation de l’information statistique à leurs besoins.

• clarté et compréhension : Les statistiques africaines doivent être


présentées sous une forme claire et compréhensible, diffusées d’une
manière pratique et adaptée, disponibles et accessibles pour tous et
accompagnées des méta-données nécessaires et de commentaires
analytiques.

• simultanéité : Les statistiques africaines sont diffusées de manière


à ce que tous les utilisateurs puissent en prendre connaissance
simultanément. Si certaines autorités reçoivent des informations

The African Statistical Journal, Volume 8, May 2009 79


préalables sous embargo afin qu’elles puissent se préparer à répondre à
d’éventuelles questions, la nature des informations ainsi communiquées,
l’identité des destinataires et le délai qui s’écoule avant la diffusion
publique, doivent être annoncés publiquement.

• rectification : Les autorités statistiques doivent rectifier les résultats des


publications entachés d’erreurs significatives en utilisant les pratiques
standards statistiques, ou, dans les cas les plus graves, suspendre la
diffusion, en portant clairement à la connaissance des utilisateurs les
raisons de ces rectifications ou de ces suspensions.

Principe 5: Protection des données individuelles, des sources


d’information et des répondants

• Confidentialité : la protection de la vie privée ou du secret des affaires


des fournisseurs de données (ménages, entreprises, administrations
et autres répondants), la confidentialité des informations qu’ils
communiquent et l’utilisation de celles-ci à des fins strictement
statistiques, doivent être absolument garantis par les autorités
statistiques et les statisticiens africains ainsi que par tous ceux qui
travaillent dans le domaine de la statistique en Afrique.

• Information aux fournisseurs des données : Les personnes physiques


ou morales interrogées lors des enquêtes statistiques sont informées sur
la finalité des questionnements auxquels elles sont soumises ainsi que
sur les mesures adoptées en matière de protection des données qu’elles
fournissent.

• finalité : Les données concernant les personnes physiques ou morales


collectées à des fins statistiques ne peuvent en aucun cas être utilisées
à des fins de répressions ou de poursuites judiciaires et d’une manière
générale, à des mesures administratives relatives à ces personnes.

• Rationalité : Les autorités statistiques ne procéderont à des enquêtes


que si des informations d’origine administrative ne sont pas disponibles
ou si leur qualité n’est pas suffisante au regard des exigences de qualité
de l’information statistique.

80 Le Journal statistique africain, numéro 8, mai 2009


Principe 6: Coordination et coopération

• coordination : La coordination et la collaboration entre les différentes


autorités statistiques d’un même pays sont indispensables pour assurer
la cohérence, l’unicité et la qualité de l’information statistique. De
même, la concertation et le dialogue entre tous les membres du
Système statistique africain (SSA) sont essentiels à l’harmonisation, à
la production et à l’utilisation des statistiques africaines.

• coopération : La coopération bilatérale et multilatérale dans le domaine


de la statistique doit être encouragée pour contribuer à l´amélioration
des systèmes de production des statistiques africaines.

CHAPITRE 4 – engagements des etats parties

Article 4
Engagements des Etats Parties

Les Etats parties acceptent les objectifs et les principes énoncés dans la
présente Charte pour renforcer leurs politiques et systèmes nationaux de
statistiques, et s’engagent à adopter les mesures appropriées, notamment
celles d’ordre législatif et administratif nécessaires pour que leurs lois et
règlements respectifs soient en conformité avec la présente Charte.

CHAPITRE 5 – MECANISMES DE MISE EN ­ŒUVRE,


DE SUIVI ET D’EVALUATION, ET DOMAINES
D’APPLICATION DE LA CHARTE

Article 5
Au niveau national

Les Etats parties veillent à l’application de la présente charte dans leur pays
respectif.

The African Statistical Journal, Volume 8, May 2009 81


Article 6
Au niveau régional

Les Etats parties veillent à ce que les objectifs et principes régissant la sta-
tistique au niveau régional soient en conformité avec la présente charte. A
cette fin, ils sont chargés de suivre les actions des organisations régionales.

Article 7
Au niveau continental

1. La Commission, en collaboration avec l’ensemble des membres du


système statistique africain, mettra en place un mécanisme approprié
de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation de la Charte.

2. La Commission agit en tant qu’organe central de coordination pour la


mise en œuvre de la présente Charte conformément aux dispositions
de l’article 8 et entreprend les actions suivantes:

a) assiste les Etats parties dans la mise en œuvre de la Charte ;


b) coordonne l’évaluation de la mise en œuvre de la présente
Charte ;
c) fait un plaidoyer fort pour le développement de la statistique en
Afrique comme une infrastructure clé pour la renaissance de
l’Afrique ;
d) veille à ce que les Etats parties mettent sur pied un fonds national
pour le développement de la statistique ; et
e) contribue à la promotion de la culture statistique en liaison avec
l’ensemble des membres du système statistique africain.

Article 8
Relations entre les membres du système statistique africain

1. Le système statistique africain constitue un partenariat qui fonctionne


en réseau selon le principe de subsidiarité qui consiste à mener les
actions nécessaires à son fonctionnement au niveau qui leur assureront
la meilleure efficacité. Ses membres veillent, chacun en ce qui le
concerne, à la bonne coordination du système.

2. La mise en œuvre de la Charte doit permettre aux organisations sous-


régionales, régionales et continentales de jouer pleinement leurs rôles

82 Le Journal statistique africain, numéro 8, mai 2009


dans le cadre du développement de l’Afrique dans le respect du principe
de subsidiarité. Elle doit également permettre de mettre des données
statistiques fiables à la disposition des africains et des partenaires
au développement pour un meilleur éclairage sur la situation du
continent.

Article 9
Coopération du système statistique africain
avec les Tierces parties

1. Le système statistique africain peut conclure des accords de coopération


avec des tierces parties ;

2. Dans le cadre de la mise en œuvre de la Charte, le système statistique


africain établit des relations de coopération avec le système statistique
global, notamment les institutions spécialisées des Nations Unies ainsi
qu’avec toute autre organisation internationale.

3. Les organes délibérants de l’Union sont informés des accords de


coopération conclus avec des tierces parties.

Article 10
Domaines d’application de la Charte

La Charte s’applique à toutes les activités statistiques relatives au dévelop-


pement de la statistique notamment à son environnement institutionnel,
aux processus de production statistique et les produits statistiques, et en
particulier aux activités suivantes :

• la législation statistique ;
• le plaidoyer en faveur de la statistique ;
• l’harmonisation des méthodes de collecte, production et de diffusion
statistique ;
• la mobilisation des ressources humaines et financières pour le
développement des activités statistiques et le fonctionnement efficient
du système statistique africain ;
• l’établissement et la mise à jour des définitions, concepts, normes et
standards, nomenclatures et méthodologies ;
• la coordination des activités statistiques ;
• la collecte, le traitement, la gestion et l’archivage des données ;

The African Statistical Journal, Volume 8, May 2009 83


• la diffusion et l’utilisation de l’information statistique ;
• l’analyse et la recherche statistique ; et
• la formation dans le domaine de la statistique et le développement des
ressources humaines.

Article 11
Vulgarisation de la Charte
Les Etats parties prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer la
diffusion la plus large possible de la présente Charte, conformément aux
dispositions et procédures pertinentes de leurs constitutions respectives.

PARTIE II
Dispositions finales

Article 12
Clause de sauvegarde

Les dispositions de la présente Charte n’affectent pas les principes et les


valeurs contenus dans d’autres instruments pertinents de promotion du
développement des statistiques en Afrique.

Article 13
Interprétation

La Cour est saisie de toute question née de l’interprétation ou de l’applica-


tion de la présente Charte. Jusqu’à la mise en place de celle-ci, la question
est soumise à la Conférence.

Article 14
Signature, ratification et adhésion
1. La présente Charte est ouverte à la signature, à la ratification et à
l’adhésion des Etats membres, conformément à leurs procédures
constitutionnelles respectives.

84 Le Journal statistique africain, numéro 8, mai 2009


2. Les instruments de ratification ou d’adhésion sont déposés auprès du
Président de la Commission.

Article 15
Entrée en vigueur
1. La présente Charte entre en vigueur trente (30) jours après le dépôt
des instruments de ratification par quinze (15) Etats membres.

2. A l’égard de chaque Etat membre adhérant à la présente Charte après


son entrée en vigueur, la Charte entre en vigueur à la date du dépôt,
par ledit Etat, de son instrument d’adhésion auprès du Président de la
Commission.

3. Le Président de la Commission notifie aux Etats membres l’entrée en


vigueur de la présente Charte.

Article 16
Amendement et révision

1. Tout Etat partie peut soumettre des propositions d’amendement ou de


révision de la présente Charte.

2. Les propositions d’amendement ou de révision sont soumises, par


écrit, au Président de la Commission qui en communique copies aux
Etats parties dans les trente (30) jours suivant la date de réception.

3. La Conférence, sur avis du Conseil exécutif, examine ces propositions


dans un délai d’un (1) an après leur notification aux Etats parties,
conformément aux dispositions du paragraphe 2 du présent Article.

4. L’amendement ou la révision est adopté par la Conférence et soumis à la


ratification de tous les Etats parties, conformément à leurs procédures
constitutionnelles respectives. Ils entrent en vigueur trente (30) jours
après le dépôt de quinze(15) instruments de ratification.

The African Statistical Journal, Volume 8, May 2009 85


Article 17
Dépositaire

La présente Charte, établie en quatre (4) exemplaires originaux en arabe,


anglais, français, et portugais, les quatre (4) textes faisant également foi, est
déposée auprès du Président de la Commission, qui en transmet une copie
certifiée conforme à chaque Etat membre et leur notifie les dates de dépôt
des instruments de ratification ou d ‘adhésion. Le Président de la Com-
mission enregistre la présente Charte, dès son entrée en vigueur, auprès du
Secrétaire général des Nations Unies.

Adoptée par la 12ième Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat


et de Gouvernement de l’Union africaine tenue à Addis Abéba, Ethiopie,
le 3 février 2009.

86 Le Journal statistique africain, numéro 8, mai 2009


DECISION SUR LA CHARTE AFRICAINE
DE LA STATISTIQUE
Doc. Assembly/AU/12 (XII) b

La Conférence :

1. PREND NOTE des recommandations du Conseil exécutif, relatives


à l’examen et à l’adoption de la Charte africaine de la statistique ;

2. ADOPTE la Charte africaine de la statistique ;

3. DEMANDE aux Etats membres de signer et de ratifier aussi


rapidement que possible la Charte africaine de la statistique pour
permettre son entrée en vigueur et offrir, ainsi, un cadre réglementaire
pour le développement des statistiques sur le continent.

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