CHAPITRE I : LES PRODUITS CHIMIQUES
I.1. LA CHIMIE
I.1.1. Définition
La chimie est la science qui étudie la matière et ses transformations. Elle s’intéresse
précisément :
aux éléments chimiques à l'état libre, atomes ou ions atomiques. Elle étudie également
leurs associations par liaisons chimiques qui engendrent notamment des composés
moléculaires stables ou des intermédiaires plus ou moins instables. Ces entités de matière
peuvent être caractérisées par une identité reliée à des caractéristiques quantiques et des
propriétés précises;
aux processus qui changent ou modifient l'identité de ces particules ou molécules de
matière, dénommés réaction chimique, transformation, interaction, etc.;
aux mécanismes réactionnels intervenant dans les processus chimiques ou les
équilibres physiques entre deux formes, qui permettent d'interpréter des observations et
d'envisager de nouvelles réactions;
aux phénomènes fondamentaux observables en rapport avec les forces de la nature qui
jouent un rôle chimique, favorisant les réactions ou synthèses, addition, combinaison ou
décomposition, séparation de phases ou extraction. L’analyse permet de découvrir les
compositions, le marquage sélectif ouvre la voie à un schéma réactionnel cohérent dans
des mélanges complexes.
La chimie est une science centrale. En effet, elle entretient des liens très forts avec d’autres
sciences telles que la biologie, la physique, la médecine, la pharmacie, l’informatique le génie
des procédés, etc.
I.1.2. Eléments chimiques
L'hydrogène, le carbone, l’azote, l’oxygène, le fer, le cuivre, l’argent, l’or, l’aluminium, etc.
sont des éléments chimiques. Chacun est conventionnellement désigné par un symbole.
Nom Hydrogène Carbone Azote Oxygène Fer Cuivre Argent
Symbole H C N O Fe Cu Ag
Nom Or Aluminium Fluor Chlore Sodium Potassium Nickel
Symbole Au Al F Cl Na K Ni
Au total, 118 éléments chimiques ont été observés à ce jour, de numéro atomique 1 à 118.
Parmi eux, 94 éléments ont été identifiés sur Terre dans le milieu naturel. Ces éléments sont
regroupés dans le Tableau de Mendeleïev ou Tableau périodique des éléments.
I.1.3. Réactions chimiques
Les éléments chimiques peuvent se combiner entre eux au cours de transformations pour
former d’innombrables composés. Ce sont des réactions chimiques. Ainsi, l’eau résulte de la
combinaison d’oxygène et d’hydrogène en molécules de formule chimique H2O (deux atomes
d’Hydrogène se combinent à un atome d’Oxygène). Dans des conditions opératoires
différentes, l'oxygène et l'hydrogène pourront donner des composés différents, par exemple du
peroxyde d’hydrogène ou eau oxygénée, de formule H2O2 (deux atomes d'hydrogène et deux
atomes d'oxygène se combinent). Réciproquement, chaque composé chimique peut être
décomposé en éléments chimiques distincts, par exemple l'eau peut être électrolysée en
oxygène et en hydrogène.
Autrement dit, une réaction chimique est définie comme une transformation au cours de
laquelle des corps disparaissent et de nouveaux corps apparaissent. Ainsi, quand nous brûlons
du charbon, nous réalisons une réaction chimique. Le carbone (C) constituant essentiel du
charbon de bois, au contact de l’oxygène et en présence de chaleur suffisante, s’oxyde en
dioxyde de carbone (gaz carbonique) selon le bilan :
Carbone Oxygène Dioxyde de carbone
C O2 CO2
I.2. LES PRODUITS CHIMIQUES
I.2.1. Définition de composé chimique
Un composé chimique est une substance issue de l'assemblage de plusieurs types d'atomes
issus d'éléments chimiques différents dans des proportions définies. Exemple l’eau H2O est un
produit chimique.
Les produits chimiques constituent la base de tout ce qui existe sur Terre, vivant ou non. Tout
ce qui nous entoure est fait de produits chimiques.
L’industrie chimique invente presque 1 000 nouveaux produits chaque année. De tous ces
produits, 90% n’ont jamais fait l’objet de tests. Les substances synthétiques artificielles
n’existent pas dans la nature, elles ne sont donc pas biodégradables ou le sont difficilement.
Ce sont ces produits qui donnent la mauvaise réputation aux « produits chimiques ».
I.2.2. Corps purs et mélanges
I.2.2.1. Corps purs
Un corps pur n'est constitué que d'une seule espèce moléculaire. Ainsi, on a les corps purs
simples et les corps purs composés. L’ozone est un corps pur simple car constitué uniquement
de molécules d’ozone ( O3 ), elles-mêmes faites de 3 atomes d’oxygène. Par contre, l'eau pure
(par exemple l'eau distillée ou la glace se condensant sur les parois froides d'un réfrigérateur)
n'est constituée que de molécules d'eau, elles-mêmes constituées de 2 atomes d’hydrogène et
d’un atome d’oxygène. C’est un corps pur composé.
I.2.2.2. Mélanges
Par contre, on peut mettre ensemble divers corps purs. On obtient tout simplement un
mélange. Les solutions sont, entre autres, des mélanges. Lorsque deux corps purs sont
miscibles, ils constituent un mélange homogène ; c'est le cas, par exemple, du sel de cuisine
dans l'eau. Une fois solubilisé, le sel de cuisine le restera indéfiniment sauf en évaporant
l’eau. Par contre, lorsque deux liquides ne sont pas miscibles, ils finissent toujours par se
séparer, même si, temporairement, on a créé une solution apparente (du moins à l'œil nu, mais
pas au microscope) en fractionnant très fort les gouttelettes des deux liquides. Dans ce cas, on
parle d'un mélange hétérogène. Par exemple, l'eau et l'huile végétale ne sont pas miscibles,
mais en les « battant » violemment, on obtient une émulsion d'huile dans l'eau, comme l'est la
mayonnaise. Mais si on laisse une mayonnaise au repos suffisamment longtemps, les
gouttelettes d'huile se rassemblent et l'huile se sépare de l'eau. On dit que "la mayonnaise
tourne".
Un mélange est constitué de plusieurs espèces moléculaires.
I.2.3. Les produits chimiques
Qu’appelle-t-on produit chimique ? La réponse à cette question n’est pas simple. Il faut partir
des 112 éléments du tableau de Mendeleïev. Tout ce qui existe ou vit sur cette terre : le monde
minéral, le monde organique, les êtres vivants, sont formés à partir de ces éléments. Il s’agit
d’atomes, eux-mêmes constitués de protons, de neutrons, d’électrons. Ces atomes se
combinent pour former des molécules, certaines fort simples comme l’eau ou l’oxygène,
d’autres beaucoup plus complexes comme l’ADN. On en vient ensuite aux substances, aux
matériaux, aux composés chimiques, qui sont des agglomérats de molécules. Enfin vient
s’ajouter la notion de produits chimiques. Les mots ; « substances », « composés »,
« produits » ont à peu près tous le même sens, mais ce dernier mot a pris une connotation
particulière et fait référence à quelque chose qui a été artificiellement fabriqué ou créé. L’eau
est bien un composé chimique, mais elle ne sera jamais considérée comme un produit
chimique. Dans ce document nous n’aborderons donc que les composés qui ont été fabriqués,
soit par la nature, on les appelle alors plus volontiers substances, soit par l’homme, on les
appelle alors produits. En général, ils sont tous bons ; tout dépend de l’utilisation qu’on en fait
et surtout si celle-ci se fait de façon abusive.
I.2.3.1. Historique
Lors de la formation de la Terre des molécules simples comme le méthane, le gaz carbonique,
l’ammoniac, la vapeur d’eau ont constitué son atmosphère. Cette atmosphère, riche en eau et
en gaz carbonique, a généré un puissant effet de serre, créant des conditions favorables à
l’apparition de la vie que nous connaissons aujourd’hui et qui a pu s’épanouir, synthétisant
pour ses propres besoins une infinité de substances chimiques telles que les acides aminés, les
sucres, les chlorophylles…, elles-mêmes faisant des êtres vivants, dont l’homme, de véritables
« réacteurs chimiques ».
Les besoins de plus en plus variés de l’homme, auxquels le développement de son intelligence
lui a permis d’apporter des réponses, l’ont conduit à tirer profit des ressources qui étaient à sa
portée. Ce furent d’abord les minéraux pour la production de métaux, pour la fabrication de
poteries, puis des substances issues du monde végétal ou animal, pour concevoir des encres,
des colorants, des drogues destinées à guérir… ou à tuer. Observant la nature, l’on a cherché à
la reproduire, puis à la transformer. L’homme développa des recherches et accumula des
découvertes dont nous bénéficions encore aujourd’hui. Dès le 18ième siècle, l’industrie a pris le
relais avec la fabrication de poudre à canon, d’acide sulfurique, de soude pour produire du
savon. Avec l’exploitation du charbon, puis du pétrole, que la chimie s’est véritablement
industrialisée, conduisant à tous les produits qui nous sont familiers aujourd’hui et que nous
côtoyons souvent sans en être conscients.
II.2.3.2. Dangers liés aux produits chimiques
Les produits chimiques présentent des dangers pour les personnes, les installations ou
l'environnement : intoxications aiguës, asphyxie, incendie, explosion, pollution… Ils peuvent
aussi provoquer des effets plus insidieux, après des années d’exposition du travailleur à de
faibles doses, voire plusieurs années après la fin de l’exposition. Ces dangers immédiats et
différés doivent être pris en compte dans le cadre d’une même démarche de prévention des
risques chimiques.
La chimie est une activité à risques, personne ne le niera, mais l’occurrence des accidents
reste faible et en décroissance régulière. Le risque existe tant au niveau de la fabrication des
produits que de leur transport, de leur utilisation ou de leur élimination. Mais, d’un autre côté,
certains produits chimiques contribuent aussi à réduire des risques : extincteurs d’incendie,
antibiotiques, etc. Il n’est pas inutile de rappeler aussi que le taux de fréquence des accidents
dans l’industrie chimique est nettement plus faible que dans d’autres industries et que les
accidents domestiques liés à l’utilisation des produits chimiques sont moins fréquents que
ceux liés à l’électricité et moins graves que ceux liés au gaz.
I.2.4. La chimie verte
La chimie verte, aussi appelée la chimie renouvelable, est une philosophie de la recherche
chimique et du génie chimique qui encourage la conception des produits et des processus
chimiques qui diminuent l'utilisation et la production de substances dangereuses. Tandis que
l’écologie est la chimie de l'environnement naturel, s'intéressant surtout aux polluants
chimiques présents dans la nature, la chimie verte cherche à réduire et à éviter la pollution
depuis sa source.
Comme une philosophie chimique, la chimie verte s'applique à toutes les formes de chimie,
entre autres la chimie organique, la chimie inorganique, la biochimie, la chimie analytique et
même à la physico-chimie. Bien que la chimie verte semble se concentrer principalement sur
les pratiques industrielles, elle peut s'appliquer à diverses applications chimiques. L'objectif
est de minimiser, au mieux, le danger et d'augmenter considérablement l'efficacité de
certaines pratiques chimiques. Elle se distingue donc de l’écologie pour laquelle les objectifs
sont axés sur les phénomènes chimiques dans l'environnement.
CHAPITRE II : LA POLLUTION
II.1. LA POLLUTION
II.1.1. Notion de pollution
La pollution est définie comme la dégradation d’un milieu naturel par des substances
extérieures, introduites de manière directe ou indirecte. Ces substances peuvent affecter et
modifier parfois de façon durable la santé humaine, la qualité des écosystèmes et la
biodiversité aquatiques ou terrestre. On parlera de pollution lorsqu'un écosystème ne peut pas
ou plus dégrader les substances introduites dans son milieu. Kaklauskas et Zavadskas la
définit comme toute substance présente dans l'eau, le sol ou l'air susceptible de dégrader la
qualité naturelle de l'environnement, les sens de la vue, le goût, l’ouïe et l’odorat.
Ainsi la pollution pourrait être caractérisée par un phénomène ou élément
perturbateur d'un équilibre établi et plus particulièrement si cet élément est nuisible à la vie.
Aussi définit-on le polluant comme un altérateur ou altéragène. Il peut être biologique,
physique ou chimique, qui au-delà d'un certain seuil, et parfois dans certaines conditions
développe des impacts négatifs sur tout ou une partie de l'environnement.
II.1.2. Types de pollution
Il existe plusieurs méthodes de classement de la pollution. Suivant la nature du
polluant, la pollution peut être classée en trois catégories : la pollution chimique, la pollution
physique et la pollution biologique.
II.1.2.1. Pollution chimique
Elle est due aux composés chimiques aussi bien organiques (eaux usées ou eaux de
ruissellement chargées en azote, en phosphore ou en dérivés du pétrole) qu’inorganiques
(NOx, SO2 ou ions métalliques, etc.). Elle se produit lors des déversements de rejets
industriels apportant de grandes quantités de substances chimiques dont certaines sont
dégradables (hydrocarbures, matières plastiques, pesticides, détersifs, composés organiques
de synthèse divers etc.)
II.1.2.2. Pollution physique
L'état physique est un autre paramètre permettant de distinguer différents polluants.
En effet, certains polluants se trouvent sous forme solide, tels que les débris de plastique, mais
aussi les restes de boues dans les usines, les entreprises métallurgiques, mécaniques, etc. ils
peuvent être sous la forme de cendre, de métaux lourds adhérant aux particules de poussière
ou sous la forme de gaz (composés volatils).
Par ailleurs, le milieu pollué peut être modifié dans sa structure physique par divers
facteurs, entre autre, la pollution mécanique (effluents solides), la pollution thermique
(réchauffement de l’eau par des usines, eaux de refroidissement) et la pollution atomique
(résidus des usines atomiques et accident nucléaires).
II.1.2.3. Pollution biologique
La pollution microbiologique se développe conjointement à la pollution organique
par une prolifération de germes d'origine humaine ou animale dont certains sont très
pathogènes ainsi que les micro-organismes (bactéries fécales, virus, parasites).
II.1.3. Origines de la pollution
Les origines de la pollution sont diverses. Elles peuvent être anthropique ou non. En
effet, les principales sources de pollution de l’environnement proviennent particulièrement de
la production et l’utilisation des diverses sources d’énergie, des activités industrielles, de
l’agriculture et voire des activités domestiques. Initialement naturelle, de plus en plus,
l’homme, de par ses activités agricoles, mais également industrielles et domestiques,
contribue à diversifier et à amplifier la pollution. Cependant, la pollution peut se faire
également par les protéines d’origine animale ou végétale qui libèrent par hydrolyse ou
biodégradation certains acides aminés, dont la phénylalanine. Leur caractère ionique les rend
très solubles en milieu aqueux.
II.1.3.1. Origine agricole
Ce sont principalement les pesticides, principaux polluants environnementaux. Ils se
dispersent dans l'air, l'eau et les sols où ils persistent plus ou moins longtemps selon la nature
du produit et les conditions du milieu. C’est pourquoi les pesticides rencontrés dans les eaux
sont d’origine agricole. L’eau est le principal vecteur de migration des produits
phytosanitaires. A ce transport par l’eau, se greffent des processus d’adsorption/désorption et
des processus de dégradation, qui peuvent freiner ou parfois accélérer la migration. Si le
principe de la dose juste au bon moment n’est pas respecté, et si les sols n’ont pas une
capacité de rétention suffisante, il est admis que les pesticides ont une grande probabilité
d’être entraînés par les eaux pluviales vers les cours d’eau et les nappes d’eau souterraine. En
effet, les méthodes modernes de défense des cultures sont basées sur l’emploi des produits
phytosanitaires. Leur forte utilisation est considérée comme un préalable à la réussite d’une
stratégie de développement agricole. Ces produits phytosanitaires, utilisés pour combattre
toutes espèces nuisibles ou concurrençant les cultures, sont apportés dans l’environnement par
les grandes cultures, par le maraîchage agricole, par le traitement des forêts, par le traitement
sur plans d’eau, par les traitements en zone urbaine (espaces verts, jardins, trottoirs, rues), par
certains rejets industriels de conditionnement ou de fabrication, par le traitement des routes et
des voies de chemin de fer.
II.1.3.2. Origine industrielle et pharmaceutique
Les polluants organiques d’origine industrielle et pharmaceutique sont nombreux et
de constitutions diverses. On peut citer entre autres les composés aliphatiques aminés et
nitrés. Ce sont essentiellement les esters de l’acide nitrique utilisés comme explosifs et les
esters de l’acide nitreux utilisés comme agents thérapeutiques. Il y a également comme
polluant industrielle, les colorants. Ce sont principalement les composés aromatiques nitrés,
aminés et/ou azoïques. Selon Lauwerys et al., les composés aromatiques nitrés ou aminés sont
utilisés pour la synthèse de matières colorantes, comme colorant organique dans l’industrie
textile, dans l’industrie pharmaceutique pour la synthèse d’antipyrétique et d’analgésiques.
Ces composés sont également utilisés comme accélérateurs et antioxydants dans l’industrie du
caoutchouc, dans l’industrie des matières plastiques, par exemple le 4,4’-
diaminodiphénylméthane utilisé comme durcisseur des résines époxy et comme intermédiaire
chimique pour la synthèse de diisocyanates et le 4,4’-diamino-3,3’-dichlorodiphénylméthane.
Les composés organiques azotés sont également utilisés dans la parfumerie (nitrobenzène),
pour la fabrication d’explosifs et de munitions (dinitrobenzène, trinitrobenzène,
dinitrotoluène, hexogène).
II.1.4. Effets de la pollution
Selon les conditions d’emploi, les pesticides, engrais, colorants et autres résidus
peuvent être présents dans les eaux. Ils sont susceptibles de provoquer d’importantes
perturbations sur les écosystèmes et sur l’homme. .En effet, l’eau est lui-même un canal
privilégié de pollution car pendant son déplacement dans le sol ou à la surface de la terre, elle
se charge d’impuretés en suspension ou dissoutes, la rendant inutilisable pour la
consommation humaine. Ainsi, les risques sanitaires liés à l’utilisation de ces matières
résultent la majeure partie du temps du transfert vers les cultures (résidus dans
l’alimentation), vers les eaux souterraines ou vers les eaux de surface.
Certains composés tels que le jaune-de-beurre (diméthylaminoazobenbène) et le O-
aminoazotoluène sont reconnus cancérogènes. D’autres comme l’acide phénylazo-2-naphtol-
6,8-disulfonique (orange C) peuvent exercer une action methémoglobinisante et hémolytique.
Certains auteurs affirment que par contact avec la peau, des composés aromatiques peuvent
engendrer des dermatites, des conjonctivites oculaires, des lésions de la cornée, ainsi que,
suite à une absorption orale, des coliques douloureuses et des diarrhées. Ils soutiennent que
chez l’homme, la toxicité chromique est surtout caractérisée par l’apparition de lésions
hépatiques et une coloration caractéristique de la peau et des ongles (jaune) ainsi que des
cheveux (brun-rouge). Stahlmann et al. disent que les humains peuvent être exposés à des
colorants azoïques par le biais de la consommation d'eau ou de contact avec la peau et les
métabolites actifs générées dans les cellules exposées, soit par l'action des micro-organismes
dans la flore intestinale due à des bactéries ou des activités dans la peau de l'homme. Selon
Tsuboy et al., plusieurs colorants aromatiques aminoazoïques sont mutagènes pour les
salmonelles et leurs puissances dépendent de la nature et la position des substituants sur les
cycles aromatiques et de l’atome d'azote aminé. Par exemple, ils disent que la 3-méthoxy-4-
aminoazobenzène est un puissant hépatocarcinogène chez le rat et un agent mutagène chez les
bactéries, alors que le 2-méthoxy-4-aminoazobenzène est apparemment non carcinogène et un
faible mutagène pour les bactéries.
CHAPITRE III : POLLUTION DE L’AIR OU POLLUTION
ATMOSPHERIQUE
III.1. DEFINITION
La pollution de l'air (ou pollution atmosphérique) est une altération de la qualité et de la
pureté de l'air, par une ou plusieurs substances ou particules présentes à des concentrations et
durant des temps suffisants pour créer un effet toxique ou écotoxique.
On compte aujourd'hui des dizaines de milliers de molécules différentes. Ce sont des
polluants qui pour beaucoup agissent entre eux et avec d'autres paramètres (UV solaire,
Ozone, humidité de l'air, acides, etc.).
La pollution peut être locale (les voitures, les aéroports et le transport aérien, les usines, etc.),
globale (effet du dioxyde de carbone sur l'effet de serre), ponctuelle dans le temps ou
chronique.
III.2. SOURCES DE POLLUTION
La pollution atmosphérique résulte principalement des gaz et particules rejetés dans l’air par
les véhicules à moteur, les installations de chauffage, les centrales thermiques et les
installations industrielles (usines). Les particules rejetées sont les oxydes de carbone, les
oxydes de soufre, les oxydes d’azote, les poussières, les particules radioactives, etc. La
pollution est souvent aussi d’origine naturelle (les volcans, l’érosion éolienne, les émissions
naturelles de méthane ou d'ozone).
III.2.1. Véhicules à moteur
Les véhicules à moteur, de plus en plus nombreux, rejettent des gaz toxiques (gaz carbonique,
monoxyde de carbone, …) jusque dans la haute atmosphère avec les avions et les fusées. La
plupart des moteurs font appel aux énergies fossiles (pétrole, houille, gaz naturel). Ces
énergies sont à l'origine d'une pollution qui s’est considérablement aggravée dans le monde
depuis le 20ième siècle.
III.2.2. Production d’énergie
Les besoins en énergie augmentent et leur satisfaction entraîne une pollution croissante sur la
planète, notamment en Chine qui en 2006 est devenu le pays le plus émetteur de dioxyde de
carbone (CO2) avec la délocalisation d'une grande partie de la production des pays riches (la
chine utilise à 69 % le charbon pour sa production énergétique, ce qui est un taux 42 fois plus
élevé que la moyenne mondiale). La Chine reste cependant derrière les USA en termes
d’émission de CO2 par habitants.
III.2.3. Industries
La fabrication de la plupart des articles domestiques entraîne la libération de substances
chimiques toxiques, dans l’atmosphère. C’est le cas, notamment pour la fabrication d’objets
en matières plastiques. Par ailleurs, l’alimentation de ces industries en énergie constitue à elle-
seule une source de pollution.
III.3. PRODUITS POLLUANTS
III.3.1. Ozone
L'ozone est un polluant secondaire. En effet, il n'est pas émis directement dans l'air mais
résulte d'une réaction photochimique impliquant d’autres molécules. Il est une des causes du
smog (brume brunâtre épaisse, provenant d'un mélange de polluants atmosphériques, qui
limite la visibilité dans l'atmosphère). L'ozone se développe plus intensément en période de
temps chaud et ensoleillé. Ses concentrations sont ainsi plus élevées durant la période estivale.
En effet, les oxydes d’azote et les composés organiques volatils (COV) réagissent dans la
troposphère, sous l’effet du rayonnement solaire, pour former des polluants photochimiques.
Le principal polluant photochimique est l’ozone.
III.3.2. Oxydes d’azote
Les oxydes d'azote, notés d'une façon générale par le sigle NOx, regroupent le monoxyde
d'azote (NO), le dioxyde d'azote (NO2).
Ils sont essentiellement produits par l'Homme. Toutes les combustions à haute température et
à haute pression, surtout les moteurs des automobiles, en particulier les moteurs diesel qui, du
fait de leur fonctionnement à plus haute pression, émettent 2 à 3 fois plus des NOx que les
moteurs à essence. La pollution par les NOx des voitures est réglementée en Europe. Un avion
qui décolle produit en moyenne 14 kg d'oxyde d'azote, l'équivalent de 2000 voitures diesel qui
font 25 km. (norme euro 2004)
Lors de pics de pollution, les NOx occasionnent des troubles respiratoires, l’inflammation et
l’obstruction des voies aériennes et l'augmentation de la sensibilité aux attaques microbiennes.
III.3.3. Composés organiques
Les composés organiques volatils sont des hydrocarbures qui peuvent être émis par les
activités humaines (production d'essence, émanation de solvant) et aussi par la végétation.
III.4. GAZ A EFFET DE SERRE
Ce sont les gaz responsables du réchauffement de la Planète. Ils retiennent une partie du
rayonnement infrarouge émis par la Terre (comme une serre).
L’effet de serre est un phénomène, avant tout naturel, de piégeage par l’atmosphère du
rayonnement de chaleur émis par la terre sous l’effet des rayons solaires. Il permet une
température sur Terre bien supérieure à celle qui régnerait en son absence. Le groupe de gaz
responsables de ce phénomène est présent dans l’atmosphère à l’état de traces ; il s’agit, pour
l’essentiel, de la vapeur d’eau, du gaz carbonique (CO2), du méthane (CH4) et du protoxyde
d’azote (N2O). C’est parce que les teneurs atmosphériques de ces gaz sont naturellement très
faibles que les émissions dues aux activités humaines sont en mesure de les modifier
sensiblement, entraînant, a priori, un renforcement de l’effet de serre, et par suite, des
modifications possibles du climat.
La vapeur d’eau est le plus important gaz à effet de serre. En effet les contributions
approximatives à l'effet de serre des principaux gaz sont données comme suit :
vapeur d'eau : 60 %
dioxyde de carbone : 26 %
ozone : 8 %
méthane et oxyde nitreux : 6 %
Bien que la vapeur d’eau constitue le plus important gaz à effet de serre, les activités
humaines n’influent pas de façon sensible sur sa concentration atmosphérique, qui est
naturellement très variable. En revanche, des études ont montré que les concentrations en
CO2, CH4, et N2O ont augmenté fortement par rapport à leurs niveaux de l’ère préindustrielle.
L’homme, par ailleurs, a introduit de nouveaux gaz à effet de serre très puissants dans
l’atmosphère : les chlorofluorocarbones (CFC) également responsables de la destruction de la
couche d’ozone. Enfin, on sait désormais que l’ozone troposphérique, formé à partir des
émissions d’oxydes d’azote (NOx) et de Composés Organiques Volatils (COV) joue
également un rôle important.
Les principales substances émises considérées pour leur impact sur l’effet de serre sont donc :
CO2, CH4, N2O, HFC (dont spéciation selon 8 composés), PFC (dont spéciation selon 5
composés), SF6.
Pour permettre de comparer entre eux les effets des différents gaz, les experts utilise le
"Potentiel de Réchauffement Global" (PRG) qui est le rapport du forçage radiatif d’un gaz à
celui du CO2. Par construction, le PRG du CO2 est donc 1. Le PRG du CH4 est évalué à 21,
celui du N2O à 320, ceux de certains gaz du groupe des CFC dépassent 5 000... Bien que le
CO2 soit le moins puissant des gaz à effet de serre, sa contribution se révèle toutefois la plus
forte, du fait de l’ampleur des émissions. En effectuant la somme des émissions de gaz à effet
de serre, pondérée par leur PRG, on obtient une évaluation de l’impact global des activités
humaines sur l’effet de serre, exprimé en unité CO2-eq. Le forçage radiatif est l’unité
permettant d’estimer l’ampleur du mécanisme susceptible de conduire à un changement
climatique. Il représente la perturbation du bilan énergétique du système sol-atmosphère.
La pondération par le PRG permet de prendre en compte le temps de résidence dans
l’atmosphère ainsi que la capacité d’absorption des différents gaz. Les coefficients de
conversion dépendent du temps d’intégration pris en compte pour évaluer le changement
climatique. En général, on évalue le calcul se fait à 100 ans. Les PRG (Tonnes équivalents
CO2) de ces différents gaz tels que définis par le GIEC sont ceux de 1995.
III.4.1. CFC et assimilés
Dès les années 1980, il a été démontré que les chlorofluorocarbones (CFC, dits « fréons ») ont
des effets potentiellement négatifs ; destruction de la couche d'ozone dans la stratosphère ainsi
qu'importante contribution à l'effet de serre. Le protocole de Montréal mis un terme à la
production de la grande majorité de ces produits.
Ils sont utilisés dans les systèmes de réfrigération et de climatisation pour leur fort pouvoir
caloriporteur, ils s'en échappent à l'occasion de fuites des appareils ou sont libérés lors de la
destruction des appareils hors d'usage. Ils sont également utilisés comme propulseur dans les
bombes aérosols, une partie est libérée à chaque utilisation. Depuis leur interdiction, les
bombes aérosols utilisent désormais comme gaz de propulsion de l'air comprimé, ou du
dioxyde de carbone (CO2).
III.4.2. Dioxyde de carbone (CO2)
Ce gaz n’est pas toxique en soi. Il favorise en fait la croissance des plantes. Cependant, les
environnementalistes ont mis en évidence dans les années 1990 que l'excès de dioxyde de
carbone est une forme de pollution, en raison de son action dans le processus de
réchauffement climatique (voir gaz à effet de serre). C'est notamment pourquoi le Protocole
de Kyoto de 1999 a établi un calendrier de réduction des émissions de ce gaz.
III.4.3. Méthane
Le méthane est nuisible par sa grande contribution à l'effet de serre. Il a un potentiel de retenir
la chaleur de près de 300 fois celle du CO2.
III.4.4. Monoxyde de carbone (CO)
Il est issu de la combustion incomplète. Il est dangereux pour les animaux car il se fixe sur
l'hémoglobine du sang, empêchant le transport d'oxygène dans l'organisme.
De plus, il est inodore, le temps de ressentir un léger mal de tête et il est déjà trop tard sans
intervention extérieure. Il se dilue très facilement dans l'air ambiant, mais en milieu fermé, sa
concentration le rend toxique, voire mortel. Chaque année, on relève des dizaines de cas
d'intoxication mortelle, à cause d'appareil de combustion placés dans une pièce mal aérée
(manque de dioxygène entrant, absence de sortie pour le monoxyde de carbone).
III.4.5. Dioxyde de soufre (SO2)
C'est l'un des principaux déchets rejetés lors de la combustion d'origine fossile. Ces origines
peuvent être anthropiques (chauffage domestique, transports, industrie, métallurgie) mais
également naturelles (marécages, océans, volcans). Il est un agent irritant du tractus
respiratoire. Le dioxyde de soufre est aussi un composant de la formation des pluies acides,
nuisibles aux écosystèmes tels que les forêts et les lacs.
III.4.6. Particules
Les particules solides en suspension dans l'air sont principalement constituées :
- de poussière (provenant de l'érosion des sols ou d'activité volcanique),
- de pollen (à certaines périodes de l'année),
- de résidus de combustion incomplète (dues aux moteurs Diesel, à l'activité
industrielle, au chauffage au bois résidentiel, par exemple),
- des procédés industriels, comme le sciage du bois d'œuvre.
Le poids de ces particules et leur taille, de l'ordre du micromètre à la centaine de micromètres
de diamètre, leur permet de se diffuser au gré des vents. Une fois émises, elles peuvent rester
en suspension pendant des heures et même des jours. Elles peuvent pénétrer profondément
dans les poumons des animaux, d'autant plus que leur taille est réduite, (particules fines, plus
petites que 2,5 μm).
Dépendant de leur constitution (mélange comprenant plusieurs éléments), de leur
concentration et des durées d'exposition, les particules peuvent causer des allergies, des
difficultés respiratoires ou encore des lésions pouvant entraîner des cancers dans certains cas.
La pluie en lessivant l'atmosphère ramène de nombreux polluants au sol. Mais une partie
pourra une fois déshydratées repartir dans l'air. Certains polluants plus légers que l'eau ou
liposolubles sont provisoirement fixés par les océans mais ils peuvent repasser dans le
compartiment atmosphérique par évaporation ou via les embruns emportés par le vent à des
dizaines à centaines de kilomètres lors des tempêtes.
III.4.7. Effets des activités humaines
La plupart des gaz à effet de serre (GES) sont d'origine naturelle. Mais certains d'entre eux
sont uniquement dus à l'activité humaine ou bien leur concentration dans l'atmosphère
augmente en raison de cette activité. C'est le cas en particulier de l'ozone (O3), du dioxyde de
carbone (CO2) et du méthane (CH4). La preuve que l'augmentation du CO2 atmosphérique est
d'origine humaine se fait par analyse isotopique. Par contre, ce dernier gaz rejeté dans
l'atmosphère ne participe que pour 40 % à l'effet de serre additionnel provenant de l'activité
humaine.
Répartition des gaz à effet de serre anthropiques (dus aux activités humaines) :
Nom Formule Impact relatif sur le climat Équivalent CO2 Durée de vie
Dioxyde de carbone CO2 76,7 % 1× 100 ans
Méthane CH4 14,3 % 20 × 12 ans
Protoxyde d'azote N2O 7,9 % 200 × 5 000 ans
Hexafluorure de soufre SF6 1,1 % 2 000 × 50 000 ans
L'ozone est fourni en grande quantité par l'activité industrielle humaine, alors que les CFC
encore largement utilisés détruisent, eux, l'ozone, ce qui fait que l'on peut constater un double
phénomène :
une accumulation d'ozone dans la troposphère au-dessus des régions industrielles ;
une destruction de l'ozone dans la stratosphère au-dessus des pôles.
III.4.8. Transport aérien et changement climatique
L’impact du trafic aérien à haute altitude (au-delà de 900 mètres) est double, à savoir un
réchauffement du climat et une perturbation de la couche d’ozone. Le réchauffement est dû
aux émissions de gaz à effet de serre dans la basse atmosphère (jusqu’à 12 km d’altitude)
d’une façon directe (CO2, vapeur d’eau) ou indirecte à cause de l’ozone (O3) troposphérique
formée à partir du NOx et des COV émis en altitude. Les gaz à effet de serre, rejetés par les
avions, et localisés dans les hautes couches de la troposphère, font que la terre garde une
grande partie du rayonnement solaire, d’où une participation au réchauffement de la planète.
Les avions produisent du CO2 (environ 2% du CO2 d’origine humaine), mais ils émettent
aussi des oxydes d’azote, qui ont deux effets majeurs sur la haute atmosphère : ils forment de
l’ozone et détruisent le méthane. La durée de vie de l’ozone étant courte, sa formation est un
processus local et temporaire. En 1992, il y avait 6% de plus d’ozone dans les couloirs aériens
que dans les zones sans avions. Ce chiffre pourrait monter à 12% en 2050. La diminution du
méthane en altitude (environ -2% en 1992, -5% en 2050) est plus répartie sur le globe et
s’étend au-delà des couloirs aériens. L’ozone que les avions produisent indirectement et le
méthane qu’ils détruisent sont tous deux des gaz à effet de serre. A l’échelle du globe, ces
deux effets s’annulent quasiment. Mais dans l’hémisphère Nord, le réchauffement du à la
formation de l’ozone dans les couloirs aériens dépasse le refroidissement causé par la
diminution du méthane.
Les avions émettent des gaz entre la troposphère et la stratosphère, près de la tropopause, où
les températures sont très basses. L’air froid ne pouvant contenir que peu d’eau sous forme de
vapeur, celle-ci se condense très facilement dans cette zone. Dans la queue des avions se
forment des traînées de condensation, appelées contrails. Ce sont des nuages composés de
cristaux de glace qui évoluent ensuite pour former des nuages de type cirrus (genre de nuage
présent dans la couche supérieure de la troposphère formé de cristaux de glace. Ces nuages
ont l'apparence de filaments blancs et ne causent pas de précipitations). Les contrails, tout
comme les cirrus, induisent un effet de serre, puisqu’ils bloquent les rayons du soleil et qu’ils
retiennent davantage le rayonnement infrarouge réémis par la Terre. Les émissions de carbone
et de sulfates favoriseraient en plus la condensation de cirrus supplémentaires, augmentant cet
effet. Minnis/2003/ et ses collègues estiment que l’augmentation de 1% tous les dix ans de la
couverture nuageuse de type cirrus au-dessus des Etats-Unis est causée par le trafic aérien.
De nombreux spécialistes s’accordent à dire que la contribution du trafic aérien au
changement climatique et à la diminution de la couche d’ozone est encore faible (3.5% en
1992) par rapport aux autres sources d’émission. Par contre, on s’interroge beaucoup sur ce
que pourrait devenir cette contribution à l’avenir. Certains la prévoient entre 10% et 15% en
2050. De plus, les incertitudes restent encore très importantes quant au rôle de l’aviation dans
le changement climatique (IPPC-Report on Aviation/1999/), en particulier sur la contribution
des traînées de condensation à la formation de cirrus. Il est en particulier difficile d’estimer la
part de cirrus dont l’origine serait liée aux traînées des avions.
III.4.9. Destruction de la couche d’ozone : échelle mondiale
La Couche d’ozone localisée dans la stratosphère filtre à l’extérieur les rayonnements dans la
partie ultra-violette (UV) du spectre qui est préjudiciable aux cellules. Sans ozone, la vie sur
Terre ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. La découverte d’un trou dans la couche d’ozone
au-dessus de l’Antarctique et son association avec les CFCs synthétiques a amené le monde à
agir pour protéger la couche d’ozone (protocole de Montréal en 1979). La destruction de la
couche d’ozone se produit quand l’équilibre naturel entre la production et la destruction de
l’ozone stratosphérique est incliné en faveur de la destruction. Bien que les phénomènes
naturels puissent causer la perte provisoire de l’ozone, le chlore et le brome libérés des
composés synthétiques tels que les CFCs sont maintenant considérés comme cause principale
de cet amincissement. Les émissions de CFCs représentent environ 80% de l’amincissement
total de l’ozone stratosphérique. Les autres substances responsables de la réduction de la
couche d’ozone sont le tétrachlorure de carbone, le méthyle chloroforme, les halons (produits
extincteurs), le bromure de méthyle, les HCFC (potentiels d’amoindrissement de la couche
très inférieur aux CFC). C’est seulement à partir de la période 2000-2005 (protocole de
Montréal respecté) que l’on voit dans la stratosphère une diminution des produits
responsables de la destruction de l’ozone. La diminution de la couche d’ozone devrait donc se
poursuivre encore quelques années : d’après les modèles, le déficit d’ozone sous nos latitudes
serait alors de 10 % environ et ne pourrait pas être comblé avant une cinquantaine d’années.
Cette restauration de la couche d’ozone pourrait être retardée ou menacée si quelques pays,
notamment les grands pays en développement (Chine, Inde, Brésil...), ne respectaient pas
totalement les accords internationaux de limitation des produits chimiques incriminés.
Néanmoins, la destruction de la couche d’ozone, compte tenu de la réduction des émissions de
CFC, n’apparaît plus comme un problème environnemental prioritaire à l’heure actuelle.
III.5. ACIDIFICATION, EUTROPHISATION ET POLLUTION PHOTOCHIMIQUE
III.5.1. Acidification
L'acidification est l'augmentation de l'acidité d'un sol, d'un cours d'eau ou de l'air en raison
des activités humaines. Ce phénomène peut modifier les équilibres chimiques et biologiques
et affecter gravement les écosystèmes. L'augmentation de l'acidité de l'air est principalement
due aux émissions de SO2, NOx et HCl, lesquels, par oxydation, donnent les acides HNO3 et
H2SO4. Les pluies acides qui en résultent ont un pH voisin de 4 à 4,5
III.5.2. Eutrophisation
L'eutrophisation correspond à une perturbation de l'équilibre biologique des sols et des eaux
due à un excès d'azote et de phosphore par rapport à la capacité d'absorption des écosystèmes.
Il se manifeste par la présence de plantes (lotus, etc.) dans les cours d’eau.
III.5.3. Pollution photochimique
Elle fait intervenir des phénomènes catalytiques, liées aux ultraviolets solaires, sources de
molécules dites « super oxydantes », telles que l'ozone, lesquelles peuvent interagir avec
d'autres polluants pour par exemple et notamment contribuer aux phénomènes dits de « pluie
de mercure ».
III.6. TOXICITE CHEZ L’HOMME
III.6.1. Appareil respiratoire
La pollution de l'air entraîne une augmentation des maladies respiratoires (comme asthme,
angines ou insuffisance respiratoire ou bronchiolite) et cardiovasculaires. Elle est source de
surmortalité. Principalement à cause des particules fines, elle fait 348 000 décès prématurés
par an en Europe dans la population de plus de 30. Chaque hausse de 10 μg de
microparticules par mètre cube d'air (μg/m3) entraîne une augmentation de 6 % du risque de
mortalité par maladies chroniques.
III.6.2. Appareil cardiovasculaire
L'exposition chronique à un taux important de microparticules dans l'air accroît sensiblement
le nombre de maladies cardio-vasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires
cérébraux, angine de poitrine). Cette exposition est associée à un risque accru de décès et
d'infarctus fatal. Une étude nord américaine récente a conclu qu'une augmentation de
l'exposition aux microparticules de 10 μg/m3 en moyenne sur un an, se traduit par une
augmentation de 16 % du taux de mortalité global et un accroissement de 43 % du taux de
mortalité par infarctus (le tabagisme et l'excès de poids étant deux facteurs aggravant le risque
de mortalité) , plus encore chez la femme ménopausée
III.6.3. Santé reproductive
Les pesticides respirés à faible dose mais de manière chronique sont suspectés d'affecter la
santé, notamment reproductive de l'Homme (et d'un nombre croissant d'espèces animales et
végétales).
On connaissait déjà les effets délétères pour la reproduction de nombreux métaux lourds ou de
produits chimiques qualifiés de leurres hormonaux ou mimétiques hormonaux. Il semble aussi
que les polluants les plus courants puissent avoir des effets sur la fertilité.
Selon une méta-analyse récente d'études internationales (de Pologne, République tchèque,
Brésil, États-Unis), les polluants communs de l'air auraient aussi un impact sur différentes
étapes de la reproduction humaine masculine et féminine (gamétogénèse, conception,
développement intra-utérin, naissance).
III.6.4. Santé de l'enfant
Les microparticules inhalées par la femme enceinte diminuent le poids de son bébé à la
naissance En France, des études ont montré que 45 % des cas d'hypotrophie seraient
imputables aux particules fines, soit environ 8 300 cas par an. L'hypotrophie entraine souvent
des séquelles d'ordre neurologique (retards de langage, problèmes de coordination motrice
fine, difficultés d'apprentissage et scolaires), et dans les cas les plus sévères, une déficience
intellectuelle globale se traduisant par un score anormalement bas aux tests de quotient
intellectuel