Cours d’algèbre 2 pour les AP1
EMSI-Marrakech
Pr. Sabah Kaouri
8 mai 2024
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Table des matières
1 Chapitre 2 5
1 Eespaces vectoriels et sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Les sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2 Bases et dimension d’un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . 7
2.1 Combinaisons linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 Famille génératrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.3 Famille libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.4 Base d’un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.5 Dimension d’un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . 9
3 Espaces vectoriels supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1
Espaces vectoriels
1 Eespaces vectoriels et sous-espaces vectoriels
1.1 Définitions et exemples
Définition 1.1.
Un ensemble E est dit un espace vectoriel sur R lorsqu’il est muni de 2 lois :
— Une loi interne :
+ : E × E −→ E
(u, v) 7−→ u + v
où 0 est son élément neutre.
— Une loi externe :
. : R×E −→ E
(λ, v) 7−→ λ.v
où 1 est son élément neutre.
Ces lois doivent vérifier les 8 axiomes suivants, pour u, v, w ∈ E et λ, β ∈ R :
1. u + v = v + u. [la loi interne est commutative]
2. u + (v + w) = (u + v) + w. la [loi interne est associative]
3. 0+u=u+0=u.
4. ∀u ∈ E, ∃(−u) ∈ E, u + (−u) = 0.
5. 1.u = u.
6. (λ + β).u = λ.u + β.v.
7. λ.(u + v) = λ.u + λ.v.
8. (λβ).u = λ.(β.u).
On dit aussi que (E, +, .) est un R−espace vectoriel.
Notez que 0 doit appartenir à E, ce 0 peut être noté 0E .
Remarque 1. Les éléments de E sont appelés des vecteurs.
Les éléments de R sont appelés des scalaires.
R peut être égal à C, dans ce cas on parle d’un C−espace vectoriel.
6 Chapitre 2
Exemple 1.1. Il y a pas mal d’espaces vectoriels, on peut citer :
— (R, +, .) est un R−espace vectoriel.
— (C, +, .) est un R−espace vectoriel (et aussi un C−espace vectoriel).
— (R2 , +, .) est un R−espace vectoriel.
— (Rn , +, .) est un R−espace vectoriel ∀n ∈ N.
— (Rn [X], +, .) est un R−espace vectoriel ∀n ∈ N.
— (Mm,n (R), +, .) est un R−espace vectoriel ∀m, n ∈ N. ...
Vous pouvez vérifier, très facilement, les 8 axiomes pour chaque exemple.
1.2 Les sous-espaces vectoriels
Lorsqu’un ensemble est inclut dans un des espaces vectoriels cités dans l’exemple
précédent. On peut vérifier s’il s’agit d’un espace vectoriel sans passer par les 8
axiomes mais seulement par 2 conditions. Dans ce cas on parle de sous-espace
vectoriel. On a le résultat suivant :
Définition 1.2.
Soit E un R−espace vectoriel et F ⊂ E.
On dit que F est un sous-space vectoriel de E (sev) si :
1. 0E ∈ F .
2. ∀u, v ∈ F et ∀λ ∈ R, λ.u + v ∈ F .
Exemple 1.2.
Vérifier, à chaque fois, si F est un sous-espace vectoriel de E dans les cas sui-
vants :
1. On prend E = R2 et
F = {u = (u1 , u2 ) ∈ R2 , u1 + 2u2 = 0}.
2. On prend E = R3 et
F = {(x, y, z) ∈ R3 , x + y = 0 et x + 2y − z = 0}.
3. On prend E = M2 (R) et
F = {A ∈ E, tr(A) = 0}.
4. On prend E = Mn (R) et
F = {A ∈ E, det(A) = 1}.
5. On prend E = R2 et
F = {(x, y) ∈ E, x2 + y 2 6 1}.
Remarque 2.
Un sous-espace vectoriel est un espace vectoriel.
2 Bases et dimension d’un espace vectoriel 7
2 Bases et dimension d’un espace vectoriel
2.1 Combinaisons linéaires
Définition 2.1.
Soit E un espace vectoriel et u1 , u2 , . . . , un des vecteurs de E.
On dit que v est une combinaison linéaire de ces vecteurs si :
∃λ1 , λ2 , . . . , λn ∈ R, telles que v = λ1 .u1 + λ2 .u2 + . . . + λn .un
L’ensemble de toutes les combinaisons linéaires possibles des vecteurs u1 , u2 , . . . , un
est noté :
V ect(u1 , u2 , . . . , un ).
Remarque 3.
V ect(u1 , u2 , . . . , un ) est un sous-espace vectoriel de E.
Exemple 2.1.
Soit u1 = (1, 1) et u2 = (2, 0)
Est-ce que u = (61, 1) ∈ V ect(u1 , u2 ) ?
2.2 Famille génératrice
Définition 2.2.
Soit E un espace vectoriel et u1 , u2 , . . . , un des vecteurs de E.
On dit que la famille {u1 , u2 , . . . , un } est une famille génératrice de E si :
E = V ect(u1 , u2 , . . . , un ).
Remarque 4.
En d’autres termes, une famille est génératrice de E si tout élément de E peut
s’écrire comme combinaison linéaires des vecteurs de cette famille. En plus, une
famille génératrice n’est pas unique.
Exercice 2.1.
1. Soit u1 = (1, 0) et u2 = (0, 1)
Vérifier que R2 = V ect(u1 , u2 ).
2. Vérifier ensuite que la famille {(1, 1), (1, 2)} est également une famille
génératrice de R2 .
Exercice 2.2.
Soit
E = {(x, y) ∈ R2 , x + 2y = 0}
Trouver une famille génératrice de E.
8 Chapitre 2
2.3 Famille libre
Définition 2.3.
Soit E un espace vectoriel et u1 , u2 , . . . , un des vecteurs de E.
On dit que la famille {u1 , u2 , . . . , un } est une famille libre si :
∀λ1 , λ2 , . . . , λn ∈ R,
(λ1 .u1 + λ2 .u2 + . . . + λn .un = 0 =⇒ λ1 = λ2 = . . . = λn = 0) .
Remarque 5.
En d’autres termes, la famille est libre si l’équation, d’inconnues λi , suivante
λ1 .u1 + λ2 .u2 + . . . + λn .un = 0
admet une unique solution
λ1 = λ2 = . . . = λn = 0.
Exemple 2.2.
1. Soit u1 = (1, 0) et u2 = (0, 1)
Vérifier que {u1 , u2 } est une famille libre.
2. Vérifier si la famille {(1, 1, 1), (1, 2, 0)} est une famille libre de R3 .
Définition 2.4.
Une famille qui n’est pas libre est dite liée.
2.4 Base d’un espace vectoriel
Définition 2.5.
Soit E un espace vectoriel et u1 , u2 , . . . , un des vecteurs de E.
On dit que la famille {u1 , u2 , . . . , un } est une base de E si elle est génératrice
et libre à la fois.
Exemple 2.3.
Soit u1 = (1, 0) et u2 = (0, 1)
Vérifier que {u1 , u2 } est une base de R2 .
Proposition 2.1.
— Une famille contenant un seul vecteur {u} est libre ssi u 6= 0.
— Toute famille contenant une famille génératrice est génératrice.
— Toute sous-famille d’une famille libre est libre.
— Toute famille contenant le vecteur nul 0 est liée.
— Toute famille contenant une famille liée est liée.
3 Espaces vectoriels supplémentaires 9
2.5 Dimension d’un espace vectoriel
Définition 2.6.
Soit E un espace vectoriel et u1 , u2 , . . . , un des vecteurs de E.
Si la famille {u1 , u2 , . . . , un } est une base de E alors la dimension de E est le
nombre de vecteurs dans sa base. On écrit
dim(E) = card({u1 , u2 , . . . , un }) = n.
Exemple 2.4.
Soit u1 = (1, 0) et u2 = (0, 1)
Sachant que {u1 , u2 } est une base de R2 . Déterminer dim(R2 ).
Exercice 2.3.
Soit
E = {(x, y) ∈ R2 , x + 2y = 0}
Déterminer dim(E).
3 Espaces vectoriels supplémentaires
Définition 3.1.
Soit E un espace vectoriel et F, G ⊂ E.
On dit que F et G sont supplémentaires dans E si :
1. F ∩ G = {0}.
2. dim(F ) + dim(G) = dim(E).
Dans ce cas, on note
E = F ⊕ G.
Exemple 3.1.
Soit
F = {(x, y) ∈ R2 , 4x + y = 0}
2
G = {(x, y) ∈ R , 4y − y = 0}
F et G sont-ils supplémentaires dans R2 ?
Exercice 3.1.
Soit
F = {(x, y, z) ∈ R3 , x + y + z = 0}
G = V ect{(1, 1, 1)}
Montrer que
R3 = F ⊕ G.
10 Chapitre 2
Exercice 3.2.
On considère les ensembles suivants :
F = {(x, y, z) ∈ R3 , x + y + z = 0}
G = V ect(v) avec v = (1, 1, 1)
3
1. Montrer que F est un s.e.v de R .
2. Donner une famille génératrice puis une base de F .
3. Déterminer F ∩ G puis une base de cet ensemble.
4. Montrer que F et G sont supplémentaires dans R3 .
Exercice 3.3.
On considère l’ensembles suivant :
E = {(x, y, z) ∈ R3 , z − 3x = 4y}
1. Définir un s.e.v de R3 .
2. Montrer que E est un s.e.v de R3 .
3. Donner une famille génératrice de E.
4. Donner une base de E.
5. En déduire la dim(E).
6. Soit le s.e.v de R3 défini par
F = {(x, y, z) ∈ R3 , 3x = −z et y = −z}
E et F sont-ils supplémentaires ? Justifier votre réponse.
Exercice 3.4.
On considère l’ensembles suivant :
E = {(x, y, z) ∈ R3 , 4z − y = 3x}
1. Définir un s.e.v de R3 .
2. Montrer que E est un s.e.v de R3 .
3. Donner une famille génératrice de E.
4. Donner une base de E.
5. En déduire la dim(E).
6. Soit le s.e.v de R3 défini par
F = {(x, y, z) ∈ R3 , 4z = y}
E et F sont-ils supplémentaires dans R3 ? Justifier votre réponse.
Exercice 3.5.
On considère l’ensemble suivant :
a b
H={ ∈ M2 (R), a + d = 0}
c d
1. Montrer que H est un s.e.v de M2 (R).
2. Donner une base de M2 (R) et de H.
3. En déduire la dim(H).