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PREMIÈRE PARTIE : LA CRITIQUE DE L'IMPÉRIALISME

INTRODUCTION PARTIELLE

KWAME NKRUMAH dans : Le néo-colonialime comme dernier stade de


l'impérialisme (1973) et AMILCAR CABRAL dans son ouvrage: L'Arme de la
Théorie (1975), pensent que, de nos jours le néo-colonialime constitue le dernier
stade de l'impérialisme et même le plus dangereux. Pour eux, la colonisation à
l'ancienne mode n'a pas totalement disparue et qu'elle constitue un problème
pour les sociétés africaines dans la mesure où , une fois qu'un territoire a reçu son
indépendance il n'est plus possible pour lui de rentrer en arrière comme dans les
siècles passés. De plus, il n'est plus possible de créer une nouvelle colonie et au
lieu du colonialisme, le néo-colonialime est l'instrument principal de
l'impérialisme. L'essence même du néo-colonialime est que les États assujettis
sont théoriquement indépendants tout en possédant les traits de la souveraineté
sur le plan international. À cet effet, son économie et sa politique sont
manipulées par les grandes puissances extérieures. Face à cette situation ils se
proposent d'examiner la position actuelle de l'Afrique en montrant comment le
néo-colonialime maintient l'Afrique dans la pauvreté, tout en dénonçant les
mécanismes du néo-colonialime sur le plan économique, politique et
socioculturel.
CHAPITRE I : LA CRITIQUE DE L'IMPÉRIALISME SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE

KWAME NKRUMAH ET AMILCAR CABRAL, dans leurs pratiques philosophiques,


abordent une reformulation profonde du débat philosophique autour de la
question d'autonomie des sociétés africaines. Jusqu'ici, le développement et
l'autonomie des sociétés africaines restent toujours d'actualité et constituent une
préoccupation philosophique dans les sociétés africaines. KWAME NKRUMAH ET
AMILCAR CABRAL, dans ce chapitre, entreprennent de présenter les mécanismes
par lesquels les grands monopoles internationaux assurent la continuité du
système impérialiste au sein des sociétés africaines sur le plan économique.

I. L'EXPLOITATION DES RESSOURCES DE L'AFRIQUE

L'Afrique est l'un des continents les plus riches en ressources naturelles dans
le monde. Elle possède de nombreuses richesses qui ne sont pas encore
exploitées, elle couvre environ 8% de la population du globe. Ses richesses sont
estimées à 1/3 de minerai deux fois supérieures à celles de l'Amérique et L'URSS,
mais on se rend compte que ces richesses ne sont pas utilisées pour le
développement de l'Afrique mais plutôt au développement de ceux qui
contribuent à son appauvrissement. D'où cette affirmation : << sa terre est riche,
pourtant les produits qui viennent de son sol et sous-sol vont enrichir non pas les
africains mais des individus et des groupes qui travaillent à l'appauvrissement de
l'Afrique >> ( KWAME NKRUMAH, 1973 : 19). De plus, L'Afrique serait placée
parmi les continents développés si ses ressources étaient utilisées au profit de son
développement, mais elles ont été utilisées pour les intérêts étrangers et le sont
encore de nos jours.

Selon notre auteur, en 1957 l'Afrique a fourni d'importante ressource aux pays
étrangers tels que, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, mais elle reste
moins avancée dans le domaine industriel et économiques malgré les ressources
naturelles qu'elle dispose. Allant dans ce sens il affirme que : << Bien qu'elle
possède cinquante-trois des minerais et métaux industriels les plus importants,
l'Afrique reste à la traîne des autres en ce qui concerne le développement
industriel >> (KWAME NKRUMAH, 1973: 20). De plus , l'installation des industries
extractives sont beaucoup plus bénéfique pour les pays développés que pour les
pays africains dans la mesure où elles contribuent plutôt à l'appauvrissement des
pays africains que de les aider à améliorer leurs situations économiques. << Dans
les zones d'exploitation l'industrie minière introduit un niveau de vie plus élevé >>
( KWAME NKRUMAH, 1973 : 22). En effet, les ressources de l'Afrique sont
exploitées et mises à profit dans les usines des pays développés au détriment des
pays d'origine, ce qui entraîne un retard de développement économique et un
niveau de vie élevé, médiocre dans les pays africains.

Bien plus, les ressources de l'Afrique sont transférées dans les usines et
industries étrangères afin d'améliorer la qualité de leurs productions, satisfaire
leurs demandes en besoin de matière première, combler les pénuries dans les
industries, tout ceci dans le but d'accroître leurs économies. Pendant ce temps,
dans les sociétés africaines leurs économies restent stationnaires et leurs sols ne
font que se vider de plus en plus de ses ressources au profit du développement
économique d'une autre partie du monde. De plus, il estime que le retard
économique de l'Afrique est dû au trafic d'esclave et l'exploitation impérialistes
qui ont plutôt contribués au développement de l'économie d'une autre partie du
globe qui est l'Europe d'où cette déclaration de l'auteur : << Mais chaque fois
qu'un pas a été accompli dans le perfectionnement des méthodes de production
et que les profits tirés d'investissement de plus en plus habiles en équipement
industriel et en production de matière première se sont accrues, le fossé entre les
continents s'est élargi par à-coups >> (KWAME NKRUMAH, 1973: 24).

Le management de la production de matière première, l'amélioration du


commerce et l'exploitation des ressources constituent une perte pour l'Afrique et
un avantage pour les pays impérialistes. De fait, les matières premières sont
transformées et exploités en Afrique pour enrichir les banques des pays
impérialistes. À ce sujet, il écrit : << ceci aiderait les réserves monétaires, le dollar
et la livre >> Pourquoi ? Parce qu'étant liés à ces devises << Les producteurs de
matières premières accumuleraient les surplus en sterling et dollars >> (KWAME
NKRUMAH, 1973: 26). De plus, il soutient que dans les années 1949-1950, les pays
africains ont eu une importante production agricole au point de les importées
dans des pays développés, mais ils n'ont pas tiré profit de ce développement
agricole puisque le prix de ces produits sont fixés par les monopoles
internationaux sur le marché mondial. Allant dans le même ordre d'idée, KWAME
NKRUMAH écrit : << Mais, même si l'Afrique pouvait imposer le prix de ses
produits, ceci ne suffirait pas à lui assurer l'équilibre économique indispensable à
son développement >> (KWAME NKRUMAH, 1973: 28). Cette pensée révèle que,
malgré la forte productivité agricole dans certains pays africains, ils sont
vulnérable aux chocs économiques externes puisque l'Afrique est souvent
dépendante de l'exportation de quelques produits primaires, qui sont soumis à
des fluctuations de prix sur le marché mondial.

Toujours dans le même sens, les usines, raffineries sont des investissements
étrangers en Afrique. Par conséquent, les exploitations ministères deviennent
rentables pour l'économie des pays développés que celle de l'Afrique. A cet effet
il affirme : << D'une façon générale, en dépit du coût de la prospection, qui de
toute façon échappe à la taxation et est remboursé des dizaines de fois par les
bénéfices éventuels, l'exploitation minière s'est révélée extrêmement rentable
pour l'investissement étranger en Afrique >>(KWAME NKRUMAH, 1973 : 30).

Pour conclure cette pensée, l'auteur souligne que les matières premières
extraites du sous-sol africain sont vendues à un prix bas et servent plutôt à
ravitailler les usines et les industries étrangères. De plus, ces matières premières
sont également destinées aux constructions, fabrication des machines et rails
favorisant ainsi les moyens de transports pour exploiter d'autres minerais
destinés aux exploiteurs impérialistes. À ce sujet, l'auteur écrit : << Seule la
balkanisation de l'Afrique permet une exploitation de cette nature. >> (KWAME
NKRUMAH, 1973 : 31).

En effet, les ressources naturelles africaines sont souvent extraites et


exportées sans que les pays africains ne bénéficient réellement de leur valeur.
Cela entraîne des pertes importantes de revenus et de richesses pour les pays
africains. De plus, l'exploitation des ressources naturelles peut également
entraîner des dommages environnementaux importants. Les multinationales et
les pays étrangers bénéficient souvent de la plupart des bénéfices de
l'exploitation des ressources africaines. Cette situation perpétue les inégalités
économiques et les déséquilibres dans les pays africains.

A l'instar de KWAME NKRUMAH, AMILCAR CABRAL explore également la


question de l'impérialisme sur le plan économique, en mettant en évidence que,
L'Afrique dispose d'une terre très riche pour l'agriculture, des bétails et son sous-
sol renferme d'énormes richesses. Mais, malgré ces richesses de l'Afrique, la
population africaine ne parvient pas à avoir une vie moyenne parce que ses
ressources sont exploités et pillés par les impérialistes. Pour lui, la traite des
esclaves, la quête armée et les guerres coloniales ont complètement détruit les
structures sociales et économiques des sociétés africaines. Ce qui l'amène à dire
que : << En dépit de la présence de ces richesses naturelles, dont certaines sont
exploitées par les colonialistes, les Africains ont un niveau de vie inférieur au
minimum vital. >> ( AMILCAR CABRAL, 1975 : 75).

L'envahissement des sociétés africaines par les occidentaux a entraîne les


pertes de terres fertiles par les africains dans leurs propres territoires, la
discrimination et la non possibilité de pouvoir jouir des droits humains les plus
élémentaires. Après la Charte des Nations Unies, les portugais ont changés le nom
de leurs colonies en territoire d'outre-mer afin d'avoir une main mise sur ses
colonies. De fait, cette situation d'envahissement, d'exploitation des ressources
naturelles et humaines a générée dans les sociétés africaines ce qu'il nomme la
Misère Économique. Allant dans ce sens, il écrit : << Tout cela était et est toujours
pratiqué au nom de la << civilisation et de la chrétienté >> par le plus rétrograde
des systèmes coloniaux. >> ( AMILCAR CABRAL, 1975: 76-77).

Bien plus, en abordant la question de la misère économique en Afrique et plus


particulièrement en Guinée et dans les Îles du Cap-Vert, AMILCAR CABRAL
souligne que, les lois coloniales empêchent les Africains de posséder les biens
ruraux ou urbains, les terres cultivables n'appartenaient pas aux africains. De
plus, les zones fertiles sont occupées par les européens, Au Mozambique par
exemple, les grandes plantations appartenaient aux Européens, les hectares de
terres étaient réservés aux fermiers Européens et un bon nombre d'africains ont
été chassé de leurs terres pour laisser la place aux fermiers du Portugal. Tous ces
stratégies utilisées par le Portugal avaient pour objectif principal de nuire, stopper
la possibilité de création d'une économie stable en Afrique et exploiter leurs
richesses pour accroître de développement économique et industriel des pays
d'Europe. À ce sujet, il déclare : << Dans l'île de Sao Tomé, la quasi-totalité de la
Terre cultivée (cacao et café) est entre les mains des Européens, ayant été prise
illégalement par la violence des colons et des autorités coloniales. >> (AMILCAR
CABRAL, 1975: 79).

En 1957, l'auteur souligne que les africains devaient payer les produits
portugais à des prix élevés, payer les taxes et les impôts d'indigènes pour
permettre à l'économie du Portugal de croître son projet de transformation des
pays africains en colonies, afin d'exploiter au mieux les ressources de ces pays
ainsi que la main d'œuvre, d'où cette affirmation : << Le Portugal voudrait
transformer ces colonies, particulièrement l'Angola et le Mozambique, en
d'autres Afrique du Sud, ce qui lui permettrait d'exploiter encore mieux leurs
ressources et le travail des africains.>> ( AMILCAR CABRAL, 1975: 80-81). En
outre, Le retard économique du Portugal se reflète bien dans la vie économique
et financière de ses colonies. Le Portugal n'a jamais pu et ne pourra jamais créer
les bases nécessaires au développement économique de ses colonies, par
conséquent, ces colonies se trouvent actuellement confrontées à une crise
économique que le Portugal est incapable de résoudre. Donc, on comprend avec
notre auteur que le Portugal a créé des crises économiques dans toutes les
colonies où il a existé.

En excédent, CABRAL souligne que, un bon nombre de la population africaine


est soumis aux travaux forcés. De fait, en Angola on enregistre vingt mille
travailleurs dont quatre mille travaillent douze heures par jour dans les fermes,
plantation et même dans les mines,tout ceci ne reflète que non seulement l'usage
des ressources de l'Afrique, mais aussi sa main d'œuvre par les puissances
extérieures dans but d'améliorer les activités économiques et industrielles. La
seule façon pour eux d'échapper aux travaux forcés c'est la mort d'où cette
affirmation : << Ce commerce du travail forcé fournit au Portugal une des sources
les plus stables de devises étrangères. >> ( AMILCAR CABRAL, 1957 : 83).
En effet, ces travaux forcés sont fournis par les enfants et adolescents qui
bénéficaient souvent d'un maigre salaire, d'une assistance médicale et d'un droit
à la nourriture. De fait, les travailleurs assimilado pour lutter contre la menace
permanente du chômage se trouvent, en train de faire les travaux pénibles
comme, gérer les plantations et travailler dans les mines par contre, ils sont privés
des métiers comme, être chauffeur, vendeur et serveurs. De plus, ils n'avaient pas
de droit mais plutôt des obligations. A ce sujet, CABRAL affirme : << une grande
partie du travail forcé est fournie par des enfants et adolescents. En plus du
travail agricole, les colons se servent aussi des Africains << non civilisés >> pour
les travaux les plus pénibles et comme boys. >> ( AMILCAR CABRAL, 1975 : 84).

Pour finir, AMILCAR CABRAL soutient que, la colonisation constitue un


obstacle au progrès économique des sociétés africaines dans la mesure où elle a
favorisée une exploitation plus accrue à la fois des main-d'œuvre mais aussi les
richesses du sous-sol du continent africain. Cette situation a créé des troubles au
sein des sociétés africaines parmi lesquels nous pouvons citer : ( la faim, le
chômage, la crise économique, l'insécurité et la violence.). Pendant ce temps que
les africains étaient dépossédés de leurs propriétés, les compagnies coloniales
possédaient des propriétés qui excedaient parfois des centaines d'hectares.
Tandis que les africains vivaient dans la misère les compagnies coloniales et les
colons accumulaient des richesses et capitaux dont la plus grande partie allaient
hors des colonies

II. LA BALKANISATION

Le terme balkanisation désigne généralement la fragmentation d'un territoire


en plusieurs entités politique ou ethnique. Dans le contexte du continent africain,
ce concept fait référence au processus de division qui affaiblissent les états
africains. De fait , pour l'auteur, 'le parcellement de l'Afrique en des petites
entités ethniques ou territoriales n'est rien d'autre qu'une arme au service du
néo-colonialisme au lendemain des indépendances des pays africains, une
stratégie qui vise à maintenir le contrôle de puissances occidentales sur
l'économie du continent africain. En effet, cette fragmentation des Etats africains
(la balkanisation) a un pouvoir d'affaiblir les nations africaines et les rendre de
plus en plus vulnérable à la domination extérieur.

Pour notre auteur, l'Afrique ne connaîtra jamais le progrès aussi longtemps


qu'elle sera fragmenté en des petites entités ( balkanisée ). Pour soutenir
davantage cette pensée, il s'appuie sur l'Afrique occidentale pour nous décrire
clairement la réalité pratique de cette politique qui se vit en Afrique . De fait, pour
lui l'Afrique occidentale était subdivisée en un bon nombre des petits états très
vulnérable devant la politique de domination. A ce sujet de Nkrumah cite La
commission des nations unies pour l'Afrique que avait déclaré en 1962 que « rare
sont les régions du globe où l'on trouve une telle profusion de petits Etats tant
par la population que par la production. La seule région de quelque importance
qui soit est l'Amérique centrale . » ( Kwame Nkrumah, 1973 : 33 ) et il pense que
c'est la raison capitale qui fait qu'elle demeure sous le contrôle parfait de deux
puissances : l'Espagne et le Portugal. Il poursuit en disant que la quasi totalité des
Etats africains sont manipulés par les puissances extérieures, grâce à cette
politique qui consistait à diviser le continent africain en des petites entités
politiques, économiques et socioculturelles capables d'être dominé et assujettis
par les puissances. La balkanisation pour Nkrumah n'est qu'une politique qui 'a
pour finalité d'empêcher toute forme de planification nécessaire au
développement du continent africain sur les plans, c' est dans ce sens qu'il affirme
: « la constitution imposée au Nigeria lors de son accession à l'indépendance,
diviser le pays en trois régions (qui maintient sont au nombre de quatre) uni en
une fédération assez lâche, doté chacune de pouvoir suffisant pour empêcher
toute planification efficace d'ensemble.» (Kwame Nkrumah, 1973 : 33).

Bien plus, la balkanisation du Nigeria par exemple a une visée purement


économique selon l'auteur , il distingue cette forme de balkanisation de autres
formes de balkanisation dans les autres Etats d'Afriques occidentales . Il donne
cette précision dans ces termes : « si les autres Etats d'Afriques occidentales sont
des exemples de la balkanisation politique, le Nigéria est un exemple de la
balkanisation économique» . Nkrumah pense qu'avec la balkanisation, l'Afrique
demeure faible devant la domination économique, car étant très vulnérable dans
la division, très affaibli par cette politique , l'économie africaine soufre de manière
continue de la domination extérieur. Pour lui, cette politique est plus nuisible,
plus dangereuse pour le progrès économique de l'Afrique, elle farise les pays
impérialistes à maintenir l'économie africaine sous la manipulation extérieur.
Avec la balkanisation, l'Afrique ne peut prétendre avoir son indépendance
économique, elle demeure non seulement contrôlée par l'extérieur mais aussi et
surtout au service du développement de ses anciennes puissances

Cette politique de domination néo-coloniale , la balkanisation est une


imposition des Etats impérialistes , la France en occurrence. Cette dernière va
instaurer une constitution dans l'idée de contrôler le système gouvernemental de
ses anciens colonies . Nkrumah dans son texte nous montre comment la France
avec la « la loi-cadre » de 1956 , celle à l'origine de la formation des Etats
francophone aujourd'hui, arrive à fonder la politique de la balkanisation . Il
affirme « quand la France se vit dans l'obligation d'admettre une forme
quelconque d'indépendance, ou tout au moins d'autonomie pour les territoires
de l'ancienne fédération d'Afrique occidentale française ou d'Afrique équatoriale,
elle prie une série de mesures de balkanisation. La loi-cadre de 1956 détermina
les frontières des Etats francophones d'aujourd'hui » ( Kwame Nkrumah, 1973 :
34 ). La loi-cadre que Nkrumah évoque plus précisément dans la page 34 de son
ouvrage, est une loi française qui fait généralement fait référence à des lois qui
établissent un cadre juridique pour des domaines spécifiques, permettant ensuite
l'adoption des mesures plus détaillées pour des textes ultérieures . Plus
particulièrement en Afrique, cette loi de 1956 a été une législation importante qui
a accordé une certaine autonomie aux colonis françaises en Afrique tout en
maintenant le contrôle de la métropole des aspects essentiels.

La politique de balkanisation ici représente pour notre auteur une raison


fondamentale de critiquer l'indépendance que la France accorde à ses anciennes
colonies. Il va convoquer dans son texte la pensée de Teresa Hayter, le chargé de
recherche au British Overseas Developement Institute dans le numéro d'avril
1965 du journal British Royal Institute of International Affairs qu'il cite : « Singhor
en particulier, a amèrement reproché France d'avoir balkaniser l'Afrique par la
Loi-cadre » ( Kwame Nkrumah , 1973 : 34) . De fait, pour Nkrumah, derrière
l'indépendance que la France accorde à ses anciennes colonies, se cache une
forme de domination encore plus dangereuse que celle du temps de la
colonisation pratique, il se permet dans ce livre de dévoiler les vérités masquées
dans la politique de l'indépendance. Selon l'auteur, au lieu de concevoir
l'indépendance comme la libération du joug du colonialisme, il faut plutôt la
comprendre comme la forme la plus dangereuse de l'impérialisme (le néo-
colonialisme).

Enfin, Pour lui, la balkanisation qui est une politique qui consistante à diviser
l'Afrique en des tout petits États, incapable de se développer chacun, fait de
l'Afrique une proie économique politique pour les puissances extérieures . Parce
que selon Nkrumah, étant séparé l'un de l'autre, l'Afrique manque totalement le
pouvoir de bâtir une économie solide et prospère. Cette imposition de
balkanisation de l'Afrique se manifeste de plusieurs manières dans les pays
africains. Dans ce livre, l'auteur prend l'exemple de la Guinée qui avait eu
l'intention de résister à cette politique française (la balkanisation), elle avait non
seulement manifestée son mécontentement à l'égard de cette, mais a agi contre
cette dernière. L'auteur nous dit alors que, pour pouvoir contraintre cette
dernière à accepter également cette politique, la France nous dit Nkrumah, va
dépouiller la Guinée de tout ce qui avait de la valeur pour elle. Il écrit à propos : «
Craignant de voir l'exemple de la Guinée suivi par d'autres États qui avait décidé
d'entrer dans la communauté, le Gouvernement français retira du territoire
guinéenne tout ce qui avait de la valeur. Administrateurs et professeurs furent
rappelés. On enlèva tout les documents et même les ampoules électriques des
bâtiments gouvernementaux » (Kwame Nkrumah, 1973 : 34) .

En réalité, l'accord de l'indépendance théorique de la France était suivit d'une


contrainte très forte à pouvoir accepter en même temps la balkanisation.
Cependant, pour tout Etat qui sera conscient des conséquences négatives de
cette division étatique, la France trouve un moyen de l'imposer sa vision néo-
coloniale , ceci d'abord pour avoir toujours la mains mise sur son économie, et ne
pas permettre à un Etat africains de pouvoir servir d'exemple à d'autres et faire
comprendre à l'Afrique de manière générale qu'en réalité il n'y a pas un
développement possible étant séparé l'un de l'autre.
Allant dans le même sens que Nkrumah, Amilcar Cabral va également dénigrer
l'esprit de division qui a longtemps animé les africains. Il trouve important de se
tâcher à rappeler aux africains , qu'étant divisé on devient immédiatement
vulnérable devant l'adversité, cela voudrait dire que si nous sommes séparés
entre nous, si nous ne parvenons pas à constituer un bloc pour le développement
général de l'Afrique, nous ne pourrons simplement pas résister devant les
stratégies de domination extérieur. Dans ses écrits, il montre la faiblesse
économique de l'Afrique plus précisément dans le fait que les pays africains se
distingue chacun dans la lutte pour sa liberté, et dans chaque Etat la structure
sociale laisse encore une autre forme de division entre citoyens . Et dans les Etats
africains, Cabral constatait autant des divisions : ethniques, professionnelles etc...
d'après son analyse de la situation sociale guinéenne par exemple l'auteur va
prioritairement distingué deux groupes ethniques quand il affirme : « à la
campagne, nous trouvons d'une part le groupe que nous considérons comme
semi-féodal , représenté par les Foulas , et d'autres part celui des Balantes, que
nous appellerons société «sans Etat » ( Amilcar Cabral, 1975 : 139 ) pour Cabral,
cette forme distinction sur le plan ethnique affaibli la campagne guinéenne dans
la lutte pour sa liberté et son développement économique.

D'après la lecture d'Amilcar Cabral, pour un Etat dans le quel les citoyens sont
séparés entre eux au nom des groupes ethniques, l'économie demeure dans un
état de sous-développement. Il pense qu'on ne peut parvenir à bâtir une industrie
de qualité autant qu'on est subdiviser en d'énormes Etats indépendants l'un de
l'autre , c'est ainsi que parlant de la situation de la Guinée , il déclare « les artisans
jouent un rôle très important dans l'ensemble socio-économique des Foulas et
constitue pour ainsi dire un embryon d'industrie de transformation de matières
premières. (Amilcar Cabral, 1975 : 139) . L'auteur pense les impérialistes profitent
de cette faiblesse de l'Afrique à pouvoir s'unir dans l'idée de solidifier son
économie. C'est dire la Guinée à elle seule et surtout avec une population
subdiviser plusieurs ne parviendrait à se constituer une économie aussi
imbattable sur le plan économique. Décrivant l'Afrique il dit : « Chez les Africains,
un premier groupe se compose de fonctionnaires supérieurs et moyens, et des
professions libérales ; après, les petits fonctionnaires, les employés de commerce
sous contrat. Le petits propriétaires agricoles, appelés par analogie « petit
bourgeoisie africaine » se situe également au niveau de ce groupe » (Amilcar
Cabral, 1975 : 141 ) Cabral pense au vu de situation sociale de l'Afrique qu'à cause
ces classes sociales , l'Afrique au lieu de combattre l'impérialisme, se limite dans
le conflit permanente entre les différents groupes sociaux.

Cabral, conscience de la dangerosité de ce qu'il appelle la « nouvelle phase »


de l'impérialisme (le néo-colonialisme) , nous montre que derrière la division de
l'Afrique en des petits états , le néo-colonialiste trouve toute sa force de
domination sur l'Afrique. Pour lui, le néco-colonialisme est plus dangereuse que le
colonialisme avant, car elle est « une tentative de rationalisation de l'impérialisme
» (Amilcar Cabral, 1975 : 147 ) . Reconnaissant de cela, il va décrire dans se
travaux comment le Portugal profitait la structure sociale capverdienne pour
mieux l'exploiter. Structuré d'après l'auteur comme suit : « 1) les grands
propriétaires foncièrs ; 2) les petits propriétaires foncièrs ; 3) les fermiers
(rendeiros) et métayers (parceiros ou meriros ) .» (Amilcar Cabral, 1975 : 150)
l'Archipel du Cap-Vert demeurait sous la domination portugaise. La stratégie
impérialiste portugaise consistait simplement à créer des conflits entre les
différentes couches ci-dessus.
CHAPITRE II : LA CRITIQUE DE L'IMPÉRIALISME SUR LE PLAN POLITIQUE

Dans ce chapitre, KWAME NKRUMAH ET AMILCAR, mettent en évidence une


critique acérées de l'impérialisme qu'ils considéraient comme un système de
domination non seulement sur le plan économique mais aussi sur le plan
politique, exercé par des grandes puissances occidentales sur les pays africains.
De fait pour ces deux auteurs, l'impérialisme est une forme de néo-colonialime
qui maintient les pays africains dans une situation de dépendance politique et
économiques. Dès lors, par quels moyens, les puissances occidentales s'immiscent
t-elles dans les affaires politiques des sociétés africaines ? La réponse à cette
interrogation sera l'objet de cette partie.

I. LES INDÉPENDANCES

Pour commencer, NKRUMAH souligne que, l'essence du néo-colonialime est


que les États assujettis sont théoriquement indépendants tout en possédant les
traits de la souveraineté sur le plan international. À cet effet, son économie et sa
politique sont manipulées par les grandes puissances extérieures. Cette
manipulation se caractérise par : La Présence des étrangers dans les territoires, le
contrôle économique et monétaire, l'obligation d'achat des produits
manufacturés, et le contrôle de la politique de l'Etat néo-colonialiste à travers
l'introduction des fonctionnaires étrangers dans des postes où ils peuvent dicter
des lois et politiques d'où cette affirmation de l'auteur : << cette manipulation
peut revêtir des aspects divers. Par exemple dans un cas extrême, les troupes de
la puissance impérialistes peuvent être stationné sur le territoire de l'Etat néo-
colonial et contrôler son gouvernement. >> ( KWAME NKRUMAH, 1973: 9).
Le néo-colonialime se fonde sur une politique de morcellement des territoires
coloniaux en des petits territoires faibles, incapables de se prendre en charge lui-
même, nécessitant l'aide des puissances impérialistes pour assurer leur défense
et sécurité intérieure. Cette situation fait en sorte que leurs politiques et
économies soient liées aux puissances dirigeantes comme ce fut le cas de
l'époque coloniale. Dans les territoires néo-coloniaux, le gouvernement local
peut-être substitué par un autre dans la mesure où, si les conditions sociales
imposées par le néo-colonialime suscitaient des révoltes de part et d'autre dans
tous les pays où le néo-colonialime existe. Ils possèdent des armes prêtent pour
menacer les révoltes et oppositions sociales contre ce système. De plus, l'autorité
des dirigeants des États néo-colonialistes ne viennent pas du peuple, mais plutôt
du soutien qu'ils obtiennent de leurs maîtres, par conséquent, ils sont obligé de
mettre sur pied des politiques qui ne sont pas contraires au schéma commercial
et industriel que le néo-colonialime entend préserver, à ce sujet il affirme :<< ils
n'ont guère intérêt à développer l'instruction ou à renforcer le pouvoir de
négociation de leurs ouvriers travaillant pour des firmes étrangères, à faire enfin
la moindre démarche qui pourrait nuire au schéma commercial et industriels que
le néo-colonialime entend préserver. >> (KWAME NKRUMAH, 1973 :13-14).

Cette politique de balkanisation consistait à divisée le continent africain en


plusieurs sous-régions afin d'empêcher toutes formes de planification politiques
et économiques dans l'ensemble du continent africain. De fait, la France continue
son processus de balkanisation en obligeant les territoires de l'Afrique occidentale
française et équatoriale selon la loi-cadre de 1956 de rester séparer s'ils veulent
obtenir de l'indépendance et être un territoire d'outre-mer français, d'où cette
déclaration de l'auteur : << Les territoires devaient prendre leur décision
séparément >> (KWAME NKRUMAH, 1973 :34).

Bien plus, dans l'état actuel des choses, conscient des manquements auxquels
les sociétés africaines sont confrontés, elles sont obligées de rester lié à leur mère
impérialistes afin de bénéficier d'une aide nécessaire pour soudure leurs
problèmes. Ceci donne l'avantage aux puissances impérialistes d'avoir le contrôle
politique des sociétés africaines. De plus, l'objectif du néo-colonialime n'est
simplement pas la domination politique des sociétés africaines, mais aussi, de
transcender cette politique en mettant en œuvre la domination sociale, culturelle
et religieuses. Alors pour mettre fin à ce système il dit ceci : << Seule une Afrique
unie, agissant par un gouvernement d'union de l'Afrique sera capable de le
vaincre. >> (KWAME NKRUMAH, 1973: 52). De plus, l'aide constitue les moyens
les plus sûrs des finances impérialistes d'infiltrer et dominer les pays en voie de
modernisation pour une exploitation plus accrue de leur sous-sol. Cette nouvelle
forme d'invasion des anciennes colonies prend la forme des organisations
fondées sur les industries et les finances. Ils utilisent l'aide comme un moyen de
transformation du secteur étatique en dépendance au capitalisme privé afin de
promouvoir un intérêt pour les donateurs, d'où cette affirmation de l'auteur : <<
La politique de base énoncée par l'Agency for International Development
(anciennement International Corporation Administration) est de se servir de l'aide
des États-Unis de telle façon qu'elle encourage le développement du secteur
d'économie privée. >>(KWAME NKRUMAH, 1973 :70).

Lorsque les anciennes colonies se rebellent, les impérialistes changent de


tactique, ils se débarrassent de leurs drapeaux, de certaines représentations pour
donner l'impression qu'ils leur accordent une indépendance qui sera suivie par
d'une aide financière pour leur développement. Cependant, tout cela ne
représente que les différentes méthodes misent sur pied pour maintenir leurs
dominations et influences sur ces pays, d'où : << c'est l'ensemble de ces
tentatives pour perpétuer le colonialisme sous couvert de << liberté >>que l'on
appelle néo-colonialime. >> (KWAME NKRUMAH, 1973 :245).

Les Etats-Unis dominent le monde à partir d'un gouvernement invisible. Ce


gouvernement est un groupe secret et informel composé des personnes et des
organismes provenant de divers secteurs du gouvernement visible, il inclut des
entreprises privées qui semblent être indépendantes. Il est apparu après la
deuxième guerre mondiale en raison de la montée en puissance des États-Unis et
la menace communiste soviétique. En 1964, ce gouvernement a mit sur pied deux
cent mille personnes pour espionner le monde, à ce sujet il écrit : << En 1964, le
réseau d'espionnage était arrivé à former une sorte d'appareil caché, mais massif,
employant en secret environ 200.000 personnes et dépensant chaque année des
milliards de dollars. >> (KWAME NKRUMAH, 1973 :246).
Le gouvernement invisible exerce une influence importante sur la politique
des pays du monde entier en particulier l'Afrique en agissant de façon opposer à
ce qui est publiquement déclaré. Cet organisme représente le moyen par lequel le
néo-colonialime dirige les organismes d'espionnage et domine sur les territoires
soit par force, soit par persuasion. Il a été impliqué dans les complots des
généraux anti-gaulliste en Alger en 1961, à la crise en Hongrie en 1959, les
émeutes en Allemagne de l'est 1953, et à jouer un rôle les troubles du Congo. Le
meurtre de Lumumba, les événements à Cuba Turquie, à Chype en Grèce et dans
d'autres pays, ainsi que dans les événements mondiaux, d'où cette déclaration de
l'auteur : << Voilà donc, venue de la citadelle même du néo-colonialime une
description de l'appareil qui dirige à présent tous les auteurs organismes
d'espionnage de l'occident, soit par persuasion, soit par force >> (KWAME
NKRUMAH, 1973 :247).

Dans le cadre de la critique de l'impérialisme sur le plan politique, AMILCAR


CABRAL, développe une idée similaire à celle de KWAME NKRUMAH, en affirmant
que, les modifications faites au sein de la constitution juridique et politique en
Guinée et dans les Iles du Cap-Vert après leur indépendance est marquée par les
différentes phases de l'histoire telles que : La quête d'occupation et le réforme de
1951 dont, l'objectif était de voiler les pratiques coloniales qui n'obéissent pas aux
principes imposés par la Charte des Nations Unies dans les colonies portugaises.
En 1961, une nouvelle réforme à été faite en Guinée et dans les colonies
indigènats selon les résolutions de 1914 et 1942 sur la décolonisation d'où : <<
Tous ces changements de la situation constitutionnelle et juridique de la se
justifient à la lumière des diverses phases de l'histoire du territoire. >> ( AMILCAR
CABRAL, 1975: 108).

Parlant du statut politique de la Guinée et du Cap-Vert, il souligne que, les deux


pays étant considérés comme les province du Portugal, ils se trouvent dans une
situation constitutionnelle et juridique fondamentalement dominée. De fait,
pendant cette période, les citoyens étaient exclus de l'adoption et l'élaboration
des lois qui régissent leur vie selon l'article 230, portant sur le statut des
indigènes, à ce sujet il écrit : << En réalité, l'article 230 du statut des indigènes, en
établissant<< que les droits politiques ne sont pas accordés aux indigènes par
rapport à des lois institutions non indigènes. >> ( AMILCAR CABRAL, 1975:108-
109).

Du point de vue de l'organisation politique, Cabral soutient que, la Guinée tout


comme le Cap-Vert, est administrée et contrôlée selon les orientations et le
contrôle du ministère d'outre-mer. Les décideurs de la vie politique, sociale et
économique de ces deux pays sont les chefs d'Etats, l'assemblée Nationale, le
gouvernement et les tribunaux portugais. A ce sujet il déclare : << La Guinée étant
considérée comme une province portugaise, elle est administrée par le
gouvernement du Portugal. >> ( AMILCAR CABRAL, 1975: 110). De plus, le
gouverneur est le plus haut agent et responsable dans les colonies portugaises et
ses compétences portent sur les structures locales de la Guinée et du Cap-Vert.
Malgré l'existence des chefs traditionnels dans ces deux pays, ils sont considérés
comme les agents africains de la domination portugaise et ils ne jouissent d'aucun
droit sauf des obligations. Ils sont utilisés par l'administration comme un moyen
les permettant de dominer et mieux contrôler la politique, d'où : << Les chefs de
canton (regedores) et les chefs indigènes, dont les fonctions << sont normalement
énumérées >>, ne sont rien d'autres que les agents africains de la domination
portugaise. >>( AMILCAR CABRAL, 1975:112).

Pour ce qui est de l'organisation administrative la Guinée, tout comme les Îles
du Cap-Vert, etait confiée entre les mains d'un gouverneur qui est le représentant
de la souveraineté portugaise. Il contrôle tous les services y compris des fonctions
législatives et exécutives. La Guinée, comprenait trois communes et environ
trente-six postes parmi lesquels ont retrouve, l'administration civile, la Douane,
les Finances et la Santé. De fait, le gouverneur dans l'exercice de ses fonctions
était assisté par les autorités civiles, militaires, mais avec tous ces postes et
services cités, on se rend compte qu'il y avait moins des africains à leurs têtes
mais par contre il y avait beaucoup plus des portugais à la tête de ces postes. À ce
sujet, oCabral affirme : << Les administrateurs de cercle, les chefs de postes et les
auxiliaires légaux sont, les plus en contact avec les masses africaines.>>( AMILCAR
CABRAL, 1975: 122-123).
Bien plus, les chefs de poste s'occupaient les fonctions d'agent de police et
d'agent de l'administration du cercle. Les soldats( cipayés), exerçaient les
fonctions de la police générale, forestière et d'élevage. Ils escortaient des
autorités en service et les prisonniers, d'où cette affirmation : << Les cipayes sont
les agents directs de la violence contre l'africain.>>( AMILCAR CABRAL, 1975 :125).
Les autorités traditionnelles de leurs côtés étaient considérées comme les
auxiliaires de l'administration, ils étaient chargés d'imposer les fonctions et tâches
à la population sous le contrôle et la commande des autorités portugais. D'où
cette déclaration de l'auteur : << ils sont les yeux et les oreilles de la domination
portugaise.>> ( AMILCAR CABRAL, 1975: 124-125).

Pour ce qui est de la juridiction en Guinée, Cabral souligne qu'elle comporte


deux à savoir : La <<Comara>> et la juridiction municipale qui comporte en son
sein la juridiction de paix et les cantons. Les differends entre les citoyens
portugais étaient tranchés au tribunal de la Comara, par contre pour les indigènes
se faisaient dans les juridictions municipales et privées. De plus, Cabral souligne
que, les juges étaient nommés par les ministères de d'outre-mer, et aussi en
Guinée, la population ne jouit pas de la vie juridiciaire de son pays, parce qu'elle
était totalement exclue de tout ce qui concerne la juridiction. À ce sujet Cabral
affirme : << l'indigène n'a pas la faculté de juger ou de décider ni des differends
entre indigènes ni des differends entre les indigènes et les non-indigènes.>>
( AMILCAR CABRAL, 1975 : 127).

Enfin, notre auteur conclu en disant que, la situation économique, juridique,


administrative et politique de la Guinée n'est pas semblable à celle d'un pays
autonome, mais plutôt à celle d'un pays dépendant et administré par les
puissances étrangères. De fait, les règlements et les lois appliqués dans ce pays
sont différents de ceux qui sont appliqués au Portugal étant donné qu'elle est
considérée comme une province d'outre-mer du Portugal, il en va de même pour
les Îles du Cap-Vert. A ce sujet il écrit : << loin d'être celle d'une << province du
Portugal >>, est celle d'un pays non autonome, conquis et occupé par la force des
armes, dominé et administré par une puissance étrangère.>>( AMILCAR CABRAL
1975 : 130).
II. L'AIDE ÉCONOMIQUE ET CULTURELLE

Pour commencer, Kwame Nkrumah souligne que, l'utilisation du taux d'intérêt


élevé est l'un des moyens de domination utilisé par le néo-colonialime. De fait, le
prêt donné aux pays en voie de développement apporte aux monopoles un
champ libre d'action plus profitable au pays développés qu'au pays moins
développés. À ce sujet il s'appuie sur le Libéria pour illustrer l'exemple de cette
politique : << le gouvernement liberien encaisse une faiblesse somme mais des
bénéfices extraordinaires furent réalisés par les banques et les établissements de
crédit. >> (KWAME NKRUMAH, 1973 : 93). Ils octroient des prêts aux moins
développés, qui en retour doivent rembourser le triple de la somme reçue
pendant une période de temps très courte. Incapable de payer ces dettes le
gouvernement des pays africains sont obligés de laisser le chaque libre sur
l'exploitation des ressources de leur sol afin de pouvoir compenser ou du moins
rembourser le prêt. A ce sujet notre auteur affirme :<< des chiffres de la world
Bank pour 1962, montrent que 71 pays d'Asie, d'Afrique et de l'Amérique Latine
avaient envers l'étranger des dettes de quelque 27.000 millions de dollars sur
lesquelles elle payent en intérêt et charges environ 5.000 millions de dollars. >>
(KWAME NKRUMAH, 1973 : 247).

L'auteur poursuit en disant que, l'aide économique est un autre système


d'exploitation, une méthode moderne d'exploitation de capital sous un nom plus
seyant, raison pour laquelle certains pays se sont mis à la refuser, d'où cette
déclaration : << Ainsi l'<<aide >> n'est en définitive qu'un autre système
d'exploitation, une méthode moderne d'exploitation de capital sous le nom plus
seyant.>> (KWAME NKRUMAH, 1973 : 248). De plus, cette politique d'aide est
mise sur pied par les organismes internationaux parmi lesquels nous avons la
Banque Mondiale, le Fond monétaire international (World Bank), l'International
Finance Corporation et l'International Development Association. Ces organismes
sont soutenus par les États-Unis, qui obligent les pays
em+237699451689prunteurs à respecter certaines conditions comme : Fournir les
renseignements sur leurs économies, soumettre la politique et les plans d'action à
la Banque Mondiale et accepter le contrôle des prêts,d'où : << tous-et c'est très
significatif-ont comme soutiens des capitaux des États-Unis.>>(KWAME
NKRUMAH, 1973 : 248).

Bien plus, l'auteur ajoute que, l'aide fournie aux pays en voie de
développement ne se fait pas sans conditions puisque, les pays prêteurs imposent
aux pays bénéficiaires un certain nombre de conditions qu'ils doivent respecter et
parmi ces conditions nous avons : Les accords commerciaux, le droit d'intervenir
dans les finances intérieures, protéger les investissements étrangers et biens
d'autres. Ces conditions s'appliquent sur divers secteurs, bref l'aide financière
étrangère à des implications et exigences spécifiques pour les pays qui la
conçoivent. A ce sujet NKRUMAH affirme : << Mais toute l'histoire de l'aide n'est
pas contenue dans ces chiffres, car ils sont assortis de conditions.>>(KWAME
NKRUMAH, 1973 :249). De plus, il souligne que, ces organismes et entreprises ont
été à l'origine de plusieurs troubles en Afrique, Amérique latine et et en Asie.
Parmi ces troubles nous pouvons citer vos Les coups d'Etats, une série
d'assassinat des jeunes leaders pour assurer la domination impérialiste, d'où cette
pensée : << Afin d'assurer le succès de leurs efforts, les impérialistes ont fait
usage étendu et tendancieux des armes culturelles et idéologiques sous forme
d'intrigue de manœuvre et de compagnes de calomnies. >>( KWAME NKRUMAH,
1973 : 251).

Pour finir, NKRUMAH soutient que, le néo-colonialime utilise plusieurs moyens


pour affaiblir notre vigilance et maintenir leurs contrôles sur les anciennes
colonies après leurs départs. Parfois, un certain nombre de droits est demandé
comme par exemple : le droit de prospection de minerais et de pétrole, le droit de
lever des impôts, de s'occuper de l'administration, d'émettre la monnaie, d'être
dispensé des droits de douanes et de taxes sur les entreprises fondées dans le
pays et surtout le droit de fournir des l'aide. En échange de ces privilèges, les néo-
colonialistes offrent de l'aide économique et culturelle qui servent en réalité
comme moyen de maintenir leur influence et contrôler l'avoir des pays moins
développés. À ce sujet l'auteur affirme : << Certaines méthodes utilisées par les
néo-colonialistes pour déjouer notre vigilance doit à présent être examinées. La
première est de conserver, lors du départ des colonialistes, différentes de
privilèges portant atteinte à notre souveraineté.>>(KWAME NKRUMAH, 1973 :
251).

Comme nous l'avons vu avec KWAME NKRUMAH, l'idée de l'aide économique


et culturelle constituent un mécanisme politique par lesquels les puissances
impérialistes maintiennent leur influence et domination sur les sociétés
africaines. AMILCAR CABRAL va développer cette idée encore plus en détail en se
basant beaucoup plus sur l'aide cculturEn conclusion, ce système colonial
imposait une hiérarchie raciale stricte, où les Africains étaient soumis à des règles
oppressives et où leur humanité était constamment remise en question.elle

Pour commencer, AMILCAR CABRAL souligne que, après la deuxième guerre


mondiale l'impérialisme entre dans une nouvelle phase : d'une part il adopte une
nouvelle politique d'aide, c'est à dire qu'il accorde l'indépendance aux pays
occupés et d'autre part il concentre les investissements référentiel en Europe
comme en Afrique. De plus, les arguments avancés par les impérialistes pour la
conquête et la domination des autres sociétés du monde sont : l'action de la
civilisation, l'unité nationale et l'Etat de paix dans le monde. À ce sujet l'auteur
affirme : <<Le colonialisme portugais ne peut produire que de piètres arguments,
dépourvus de toute base humaine ou scientifique pour justifier son existence et
dissimuler ses crimes.>>( AMILCAR CABRAL, 1975 :76-77).

Parlant de la civilisation, l'un des missions des impérialistes en Afrique était


l'alphabétisation de la population africaine considérée comme des non-civilisé.
Pour ce fait ils ont créé les écoles afin d'enseigner aux africains des programmes
scolaires venant du Vatican, considéré comme le monopole de l'éducation. En
1957, pour une population de quatre millions, on enregistrait quarante mille qui
ont suivi les cours. De plus, le programme enseigné par les missionnaires
impérialistes valorisait la culture des puissances étrangères au détriment de la
culture africaine. Pour eux l'homme blanc est l'idée de la perfection et supérieur
aux africains, ce qui constitue une sorte de stigmatisation pour les élèves
africains. A ce sujet Cabral affirme: << Toute l'éducation portugaise déprécie la
culture et la civilisation de l'Africain. Les langues africaines sont interdites à
l'école.>> (AMILCAR CABRAL, 1975 :85).
Notre auteur poursuit en disant que, l'objectif principal du programme éducatif
des sociétés africaines portait sur l'acculturation de ses citoyens. De fait, il fallait
substituer les réalités des sociétés africaines par les réalités des pays impérialistes
et former des gens dans divers domaines pour les assister dans l'exercice de leurs
tâches lors de la demination. Dès que les enfants africains entrent à l'école
primaire dès leurs bas âges, ils acquièrent un complexe d'infériorité, il apprennent
à craindre l'homme blanc et à avoir honte de leur identité. De plus, les
connaissances géographiques, l'historiques et la culturelles des sociétés africaines
ne sont pas enseignées, ce qui fait que l'éducation coloniale consistait dans la
mesure du possible a effacé l'identité africaine en ignorant ou déformant la
géographie, l'histoire et la culture du continent. Les enfants africains sont
contraints d'étudier l'histoire et la géographie du Portugal, ce qui les déracine de
leur propre culture. Cette stratégie vise à faire perpétuer la culture occidentale et
à maintenir la domination impérialiste. D'où cette déclaration de l'auteur :<< La
géographie, l'histoire et la culture de l'Afrique sont passées sous silence, ou
dénaturées, et L'enfant est obligé d'étudier la géographie et l'histoire portugaise.
>> ( AMILCAR CABRAL, 1975 :86).

Bien plus, pour ce qui est de l'unité nationale, l'auteur souligne que l'unité
nationale est un concept que le Portugal a hâtivement introduit dans sa
constitution afin de se dérober aux responsabilités définies dans la Charte des
Nations- Unies. De fait, ce subterfuge honteux contredit toutes réalités
géographiques, historiques, ethniques sociales et culturelles des sociétés
africaines et entre en contradiction avec les lois qui réagissent dans les faits des
relations entre les colonies et les puissances impérialistes après leur
indépendance. À ce sujet il affirme :<< Après la traite des esclaves, la conquête
armée et les guerres coloniales, vint la destruction complète des structures
économiques et sociales de la société africaine. >> (AMILCAR CABRAL, 1975 : 75).

Sur le plan économique, dans la pratique de l'unité nationale, ont se rend


compte que les impérialistes ont plutôt installées les usines sur les sols africains,
et piller les ressources du continent africain au lieu d'unir leur pratique
économique à celle de l'Afrique pour favoriser leur développement. De plus, ils
ont privé les africains de leur propriété et ont imposé des taxes de souveraineté,
obligé les africains de faire la culture de certaine denrée, à côté de cela les
puissances impérialistes ont instaurées les travaux forcés afin de tirer un grand
profit sur leur investissement en Afrique. Ce qui pousse l'auteur à dire que : << La
compagnie agricole et commerciale Mario Cunha ( Angola) possède des
immeubles entiers à Lisbonne, qui valent des centaines de millions d'escudos, et
elle a créé deux fondations humanitaires avec les bénéfices qui proviennent du
travail forcé. >>( AMILCAR CABRAL, 1975 :80)

Enfin sur le plan socioculturel, AMILCAR CABRAL, souligne qu'en raison de


l'Etat de paix, les impérialistes ont fournis de l'aide militaire installées dans les
sociétés africaines, construit des bases aériennes et navales dans les colonies, et
signer les accords politiques et militaires avec d'autres puissances coloniales, dans
le but du maintien de la paix et sécurité des sociétés africaines. Or les accords et
les bases militaires installées avaient pour but de manifester des répression
sévère contre toute forme de mouvement de libération nationale afin de protéger
les intérêts des puissances impérialistes. Elle désigne également les stratégies
implantées par les impérialistes pour avoir le contrôle des activités dans divers
domaines qui se trouvent dans les sociétés africaines, d'où cette affirmation : <<
des stratégies pour la guerre contre les Africains ont été élaborés, et les accords
les accords politiques et militaires conclus avec d'autres puissances coloniales. >>
(AMILCAR CABRAL, 1975 :76).

En effet, le but essentiel de l'aide impérialistes était de créer une fausse


bourgeoisie destinée à freiner la révolution et d'étendre les possibilités de cette
bourgeoisie pour qu'elle se comme neutralisant. Quant aux investissements des
capitaux, ils visaient à développer et à consolider l'aristocratie ouvrières et à
élargir les champs d'action de la petite bourgeoisie avec pour conséquence un <<
retard >>très remarquable de la révolution en Afrique. De plus, l'impérialisme ou
<< capitalisme en putréfaction >>, dans le but de se perpétuer utilisait
l'instrument néo-colonialiste pour faire et défaire les États, ensuite tuait les
fantoches quand ceux-ci étaient devenus inutiles et créait s'il faut un socialisme
que certains se hâteront d'appeler néo-colonialime, d'où cette affirmation :<<
l'impérialisme ou << capitalisme en putréfaction >>, dans le but de se perpétuer,
utilisera l'instrument néo-colonialiste pour faire et défaire les États. >> (AMILCAR
CABRAL, 1975 :147).

CHAPITRE III: LA CRITIQUE DE L'IMPÉRIALISME SUR LE PLAN SOCIOCULTUREL

L'impérialisme, dans ses multiples manifestations, a profondément marqué


l'histoire des nations, en particulier celles du continent africain. Les critiques de ce
phénomène, portées par des figures emblématiques comme Kwame Nkrumah et
Amílcar Cabral, mettent en lumière les dimensions socioculturelles de
l'impérialisme, notamment à travers le prisme des médias et de l'évangélisme,
ainsi que les idéologies impériales et la guerre psychologique. Ces deux leaders,
chacun dans son contexte, ont dénoncé non seulement les effets économiques et
politiques de l'impérialisme, mais aussi ses impacts sur la culture, l'identité et la
psychologie des peuples assujettis par le néo-colonialisme.

I. LES MÉDIAS ET L'ÉVANGÉLISATION

Pour commencer, KWAME NKRUMAH souligne que, parmi les méthodes


utilisées par les impérialistes pour maintenir leurs influence sur le plan
socioculturel en Afrique, on retrouve : Les médias et l'évangélisation. De fait, dans
les médias, on retrouve les scénarios des films d'Holly Woods et le contrôle
d'informations. D'après NKRUMAH, Holly Woods se concentre sur les films de
fiction pour dompter l'esprit des populations des pays en voie de développement,
où l'héritage colonialiste a laissé une grande partie d'illettré. De plus, les
monopoles des médias ont installés des magazines coûteux, élégantes et habiles
pour s'occuper des nouvelles dans chaque pays. Ces magazines contrôlent la
sortie des nouvelles tout en publiant des mauvaises informations. À ce sujet, il
affirme : << Même les scénarios des films d'HollyWood sont des armes. Il suffit
d'écouter les applaudissements des spectateurs africains quand les héros
hollywoodien massacrent les Indiens ou les Asiatiques pour se rendre compte de
la puissance d'un tel moyen.>> (KWAME NKRUMAH, 1973 : 251).

Bien plus, en 1962, une propagande a été organisée par les Américains afin de
lancer l'offensive contre les pays en voie de développement. Pour ce fait, les
États-Unis ont utilisé plusieurs instruments secret parmi lesquels nous avons,
l'USIA ( United States Information Agency). De fait, elle est une vaste organisation
qui comporte plusieurs travailleurs et stations Radio pour faire véhiculer le
dessein du néo-colonialime de façon extraordinaire. En Afrique, cette
organisation a le droit de transmettre environ trente programmes de Radio,
territoriaux et nationaux en faveur des États-Unis tout en rejetant les discrédités
sur les pays qui ont une politique étrangère indépendante. Ce qui fait dire
NKRUMAH que : <<Certaines des attributions de l'USIA montrent encore plus
clairement leur nature d'arme d'espionnage au service des impérialistes
américains.>>(KWAME NKRUMAH, 1973 : 254-255). Afin d'assurer à cette agence
un monopole total de la propagande, de nombreux accords de coopération
économique offert par les États-Unis, amène le gouvernement américain à
exercer une pression directe sur les pays en voie de développement afin de
soutenir L'U.S.I.A.

L'auteur poursuit en disant que, hormis la diffusion des informations, l'USIA


avait d'autres rôles qu'elle assurait pour servir l'intérêt des impérialistes en
Afrique dont, nous allons énumérer : Elle doit premièrement analyser la situation
de chaque pays afin, d'informer son gouvernement sur les changements capables
de faire changer la balance en faveur des impérialistes; organiser un réseau de
moniteur pour les émissions de radio et les conservations téléphoniques tout en
recrutant les informations dans les bureaux du gouvernement pour diffuser de la
propagande; réunir des renseignements secrets relatifs à l'Economie et à la
défense afin d'éléminer ses concurrents sur le plan économique et militaire
international et enfin intègre la presse locale, acheter des hommes politiques, et
fournit en armes toutes les forces anti-neutralistes dans les pays en voie de
développement,d'où cette déclaration de V CHERNYAUSKY dans l'article :
International Affaire, Moscou, janvier 1965, évoquée par l'auteur : <<on ne peut
guère douter que ce corps est une nouvelle organisation des services secrets
américains, créé à l'initiative des monopoles des États-Unis, afin d'utiliser les
grandes affaires pour l'espionnage.>>(KWAME NKRUMAH, 1973 :255-256).

Enfin, pour ce qui concerne l'évangéliste, NKRUMAH souligne que,


l'évangélisme est une méthode insidieuse du néo-colonialime. De fait, après les
mouvements de libération, de nombreuses sectes religieuses américaines ont
envahi les pays moins développés, à l'exemple des Témoins de Jéhovah qui ont
causés des troubles en incitant les citoyens à ne pas saluer leur drapeau, malgré
que cela paraissait faible pour étouffer les protestations. Pour lui, l'évangélisme
est considéré comme un outil de domination néocoloniale en Afrique dans la
mesure où Il pouvait contribuer à l'érosion de l'identité culturelle africaine, en
promouvant des pratiques et des croyances qui ne sont pas ancrées dans la
culture et l'histoire africaines.

De plus, l'évangélisme pouvait contribuer à la division et à la fragmentation des


sociétés africaines, en créant des tensions et des conflits entre les différents
groupes religieux et ethniques, d'où cette affirmation de l'auteur : << Un bon
exemple est fourni par les Témoins de Jehovah, qui récemment ont fomenté des
troubles dans certains pays en voie de développement en enseignant avec ardeur
aux citoyens de ces nations à ne pas saluer leur drapeau. >> (KWAME NKRUMAH,
1973: 252).

Bref, pour notre auteur, les cinémas et l'évangelisme sont les moyens très
larges mis en place par les États-Unis depuis 1961 pour dominer le monde à
travers les moyens de communication comme la presse et la radio ainsi que
l'imposition d'un certain nombre de pratiques culturelles contraire aux sociétés
africaines pour les rendre vulnérable. A ce sujet il affirme : << le prétexte religieux
était trop mince pour étouffer les protestations soulevées par cette action, et une
accalmie temporaire à suivi. Mais le nombre des évangélistes continu de
grossir.>> (KWAME NKRUMAH, 1973 : 252).

En ce qui concerne la critique de l'impérialisme sur le plan socioculturel,


AMILCAR CABRAL, offre une perspective originale qui complète celle de KWAME
NKRUMAH, en montant que, l'une des missions des impérialistes en Afrique était
l'analphabétisation et l'évangélisation de la population africaine considérée
comme des non-civilisées. De fait, les puissances impérialistes ont répandue
plusieurs églises catholiques pour dompter l'esprit de la population africaine tout
en les enseignants les respect, la soumission et l'obéissance en vers les colons. Ce
processus d'évangélisation s'est accompagné avec une politique d'éducation, on
retrouvait en Afrique quelques écoles implanté par les missionnaires dans le but
de permettre aux impérialistes d'atteindre leurs objectifs, en enseignant des
programmes venant du Vatican et du gouvernement. Mais aussi en limitant
l'accès à l'école pour un certain nombre de personnes. À ce sujet il affirme : <<
Selon les accords conclus entre le Portugal et le Vatican, cette éducation doit être
<< en accord avec les principes doctrinaux de la constitution portugaise, et suivre
la ligne des projets et programmes provenant du gouvernement.>> >>(AMILCAR
CABRAL, 1975: 85).

Bien plus, il poursuit en disant que, ils devraient enseigner aux africains (non-
civilisé) les programmes venant du Vatican puisqu'il détient le monopole de
l'éducation. De fait, en 1937,pour une population d'environ quatre millions
d'habitants, on a que quarante mille enfants qui ont suivi les écoles de mission en
Angola. Les écoles étaient beaucoup plus fréquentées par les enfants des colons
que les noirs, puisque ces derniers faisaient face à la misère mais aussi, au
racisme. Donc, seul les plus forts pouvaient poursuivre leur étude jusqu'à la fin.
De plus, le programme éducatif portait sur la valorisation des cultures des pays
impérialistes au détriment de celle des sociétés africaines tout en montrant que
l'homme blanc est la référence, meilleur et supérieur aux africains. Ce qui
constitue une sorte de stigmatisation pour les élèves africains, d'où cette
déclaration de l'auteur : << l'homme blanc est toujours présenté comme un être
supérieur et l'africain comme un être inférieur. Les << conquistadores>>
coloniaux sont dépeint comme des saints et des héros.>> (AMILCAR CABRAL,
1975 :84-85).

En effet, dès que les enfants africains entrent à l'école primaire, ils acquièrent
un complexe d'infériorité, ils apprennent à craindre l'homme blanc et à avoir
honte d'être Africain. En plus de cela, les programmes scolaires tels que la
géographie, l'histoire et la culture de l'Afrique sont passées sous silence, ou
dénaturées et L'enfant était donc obligé d'étudier l'histoire et la géographie de
l'occident. Leur objectif n'était d'éduquer les africains mais plutôt de dresser et
mouler les individus qui seraient soumis aux autorités coloniales et qui
adopteraient les valeurs et les normes de la culture coloniale. Ce qui pousse
AMILCAR CABRAL à dire :<< Toute l'éducation déprécie la culture et la civilisation
de l'Africain. Les langues africaines sont interdites à l'école.>> ( AMILCAR CABRAL,
1975 : 85-86).

Enfin, les puissances occidentales ont développées dans les sociétés africaines
les concepts de discrimination, de racisme et de la non participation des citoyens
africains dans les institutions politiques, économiques et sociales qui réagissent
leur vie. De fait, La discrimination, le racisme et la non-participation des
populations autochtones à leurs institutions politiques, économiques et sociales
constituent une méthode impérialiste dans la mesure où, ils permettent aux
puissances impérialistes de maintenir leur domination sur les populations
autochtones, en les excluant des processus de décision et en les marginalisant. De
plus, l'auteur poursuit en disant que la discrimination et le racisme entraînaient
la perte de l'identité culturelle des populations autochtones, car elles sont forcées
de s'adapter à la culture dominante. Et la non-participation des populations
autochtones à leurs institutions politiques, économiques et sociales les exclut des
processus de décision et les empêche de participer à la gestion de leurs propres
affaires. A ce sujet il affirme : << La souveraineté est donc tout à fait dans les
mains des portugais, à travers des institutions non indigènes, par rapport
auxquelles la presque totalité du peuple de la Guinée-indigène-ne jouit de droits
politiques. >> ( AMILCAR CABRAL, 1975 :110-111).
L'indigène ne jouit pas des droits communs comme : le droit à l'enseignement,
au choix des dirigeants, à l'activité politique et bien d'autres, mais est obligé de
jouir d'un statut spécial selon la loi d'outre-mer comme : un enseignant spécial, le
droit politique spécial et le devoir de se soumettre aux principes et normes
dictées l'administration coloniale selon un certain nombre de lois et articles
établient par l'administration portugaise. Pour ce qui est du cas de la Guinée, d'où
cette affirmation : << En ce qui concerne la minorité d'africains considérés en
principe, comme des citoyens portugais, la jouissance des droits fondamentaux
de l'homme est limitée, et par les barrières et les subterfuges de la
l'administration économique et raciale, et par la nature même de l'Etat
portugais.>> (AMILCAR CABRAL, 1975 : 118,119,120 et 121).

II. LA FORME IDÉOLOGIQUE

Kwame Nkrumah, dans son ouvrage Le Néo-colonialisme , nous montre que le


néo-colonialisme , la « pire forme de l'impérialisme » est manifeste dans presque
tous les domaines. Salon ses recherches, il écrit « les néo-colonialistes n'agissent
pas seulement dans le domaine économique, mais aussi dans les sphères
politique, religieuse, idéologique et culturelle » (Kwame Nkrumah, 1973 : 245) .
Dans sa forme idéologique donc, nous comprenons avec Nkrumah que les
impérialistes , au travers des techniques néo-coloniales maintiennent leur
domination sur l'Afrique formellement indépendante. Dans la sphère idéologique,
Nkrumah identifie plusieurs mécanismes par lesquels les néo-colonialistes
agissent en Afrique indépendante, nous avons entre autres : la création de la
dépendance économique des africains , la formation d'une élite complice en
Afrique, le contrôle des idées et des valeurs africaines ...

Comment les impérialistes arrivent-ils à créer en Afrique un climat de


dépendance vis-à-vis des puissances étrangères ? Nkrumah pense que, en
instaurant un système économique qui favorise la dépendance vis-à-vis des
puissances étrangères, les néo-colonialistes maintiennent un contrôle
idéologique. Les pays en développement peuvent se sentir contraints d'adopter
des politiques qui servent les intérêts de leurs anciens colonisateurs. Nkrumah
critique d'abord l'idéal relation d'aide internation, qui voudrai que le monde
entier puisse parvenir à une sorte d' « État providence » , où toute nation puisse
jouir de sa liberté économique, politique et sociale et améliorer en même temps
sa situation de vie. À l'auteur de dire : « on a soutenu que les nations évoluées
devraient aider les moins développées de façon efficace, et que le monde entier
pourrait devenir ainsi une sorte d' « Etat-providence » pourtant il semble peu
probable que l'on arrive à ce genre de solution.» ( Kwame Nkrumah, 1975 : 17-
19 ) . Pour Nkrumah, cette supposé idéale pensée de développement intégral du
monde, est un prétexte de domination néo-coloniale , cette idée accorde aux
impérialistes plus d'opportunités de se développer d'avantage au détriment des
pays moins développés. Il déconstruit dans ses travaux l'idée qui fait croire à
certains économistes que les projets de partage des richesses par exemple que
propose les impérialistes sont idéalistes . Il nous décrit la pensée de ces
économistes en ces termes : « ils soutiennent que le climat, le peu de
développement des techniques humaines, l'absence de ressources naturelles et
d'autres facteurs - qui ne sont pas seulement la pénurie de capital - retardent le
progrès économique de beaucoup de pays. Ceux-ci manquent de personnel
possédant la formation ou la volonté qui permettraient de façon efficace une aide
accrue. » (Kwame Nkrumah, 1973 : 18 ) mais, Nkrumah viens démentir ce système
de pensée en disant que, l'idée de l'aide internation , sous prétexte de favoriser
un développement mondiale n'est rien d'autre qu'une stratégie idéologiquement
impériale. Il pense que le problème n'est pas au niveau du manquement des
personnels qualifiés pour la bonne gestion de ce don étranger aux pays moins
développés, il faut plutôt comprendre que c'est un facteur de domination néo-
coloniale et non une aide au développement comme on l'entend. Nkrumah
réitère : « Le monde insuffisamment développé n'évoluera pas grâce au bon
vouloir ou à la générosité des puissances industrielles.» (Kwame Nkrumah, 1973 :
18 ).

Par la suite, Nkrumah dévoile aussi le capitalisme de monopoles qui se


dissimule dans sa pratique dans ce qu'il appelle la « confraternité internationale.
» . Dans cette politique de confraternité, l'auteur nous montre que le capitalisme
de monopoles s'infiltre dans la politique de fusions , des accords, des contrats et
bien d'autres. Il pense que les capitalistes pour monopoliser le pouvoir
économique, propose une relation, un accord sous prétexte du développement
unanime aux pays pauvres. Leurs faisant croire que pour réaliser leur
développement, il faudra une relation de confraternité avec les autres nations. Il
souligne à ce niveau : « Le capitalisme de monopoles, grâce à des fusions , des
amalgames, des accords, des contrats, des accords commerciaux, des quota de
production, des fixations de prix et bien d'autres moyens couramment employés,
s'est érigé en confraternité internationale. » ( Kwame Nkrumah, 1973 : 53 ) pour
Nkrumah, c'est une politique de domination néo-coloniale, et non une
confraternité fondée sur une relation d'entraide mutuelle. Il dévoile dans ce
rapport la vraie nature de l'impérialisme , qui encourage le développement inégal
du capitalisme. En réalité, c'est une méthode qui d'après l'auteur appauvri
d'avantage les pays sous-développés au profit des pays impérialistes. Au sujet de
la pratique de cette confraternité internationale, Nkrumah affirme : « la lutte des
monopoles a continué à se poursuivre à l'intérieur des combinaisons
internationale. Les conflits entre les trusts et les combinats financiers et
industriels européens et américains , pour un nouveau partage des ressources et
des matières premières du monde , des marchés pour les produits finis et des
investissements, finir par entraîner la guerre quand ils furent trop violents pour
rester dans les limites de la diplomatie » (Kwame Nkrumah, 1973 : 53-54 ) l'auteur
pense que , derrière cette politique d'union internationale, l'idée de traiter des
accords se cache la politique pour les impérialistes de se partager les richesses
des pays pauvres . Cette politique est une entente entre les impérialistes au sujet
de l'exploitation des ressources des nations sous-développés. Et les impérialistes,
reconnaissants de la puissance de cette politique combattent à fond tout
évolution qui ne prend pas en compte les exigences du capitalisme que Nkrumah
définit en ces termes : « le capitalisme est l'incarnation même de la philosophie
des intérêts particuliers » (Kwame Nkrumah , 1973 : 69 ) . Pour lui, avec le
capitalisme , les puissances impérialistes garantissent leur propre intérêt. L'auteur
va nous dire au sujet de réalité que « Le progrès des nouveaux Etats par des voies
non capitalistes doivent être empêché dans l'intérêt de l'impérialisme occidental .
» ( Kwame Nkrumah, 1973 : 70 ) Les occidentaux avec le capitalisme ,
contraignent les pays sous-développés, car ceux qui voudront évoluer sans se
soumettre à cette politique, iront à l'encontre de leurs objectifs impérialistes.
En outre , Nkrumah note également que les néo-colonialistes imposent des
idéologies qui favorisent leurs intérêts, souvent en promouvant des valeurs
occidentales au détriment des cultures locales. Cela peut se manifester par
l'évangélisation , les médias et la culture populaire, qui véhiculent une vision du
monde alignée sur les intérêts occidentaux. Il avance cet argument en affirmant :
« l'evangelisme et le cinéma ne sont que deux rameaux d'un édifice beaucoup
plus puissant. » ( Kwame Nkrumah, 1973 : 252 ) . Cette citation suggère d'après
Nkrumah que l'évangélisme (la religion en général) et le cinéma ( les arts visuels)
sont deux moyens par lesquels les idées peuvent être diffusées et influencées
dans le monde. Tous deux ont le pouvoir de façonner les croyances, les valeurs et
les comportements d'une société. Dans ce contexte, l'auteur nous amène à
comprendre que ce sont ces deux éléments qui ont efficacement contribué à la
domination néo-coloniale. Pour lui, ces éléments sont venus en renfort à
l'impérialisme sous sa forme idéologique. Il décrit dans ses travaux la manière
dont les les Etats Unis par exemple ce sont servis de ces derniers. Voilà pourquoi il
déclare : « depuis la fin de 1961, les Etats Unis ont mis au point avec ardeur un
plan idéologique de grande envergure pour la pénétration du Tiers monde en
utilisant tout les moyens de la presse et de la radio en faveur du corps de la paix
(peace corps). ( Kwame Nkrumah, 1973 : 252 ) . Le Corps de la paix, ou Peace
Corps en anglais, est idéologiquement une organisation américaine fondée en
1961 ayant pour objectif principal , promouvoir la paix et l'amitié entre les
peuples en envoyant des volontaires dans des pays en développement pour
travailler sur des projets liés à l'éducation, la santé, le développement
économique et l'agriculture . Mai Nkrumah trouve que c'est une politique de
domination extérieur pure et simple. À la suite de Kwame Nkrumah, Amilcar
Cabral va venir en 1975 accentuer cette pensée selon la quelle, l'impérialisme
idéologique ne prend pas fin avec la déclaration formelle de l'indépendance vers
les années 1960 des pays autres fois colonisés . Il pense dans le même ordre
d'idée que, les impérialistes continuent à manipuler les anciennes colonies de
plusieurs façons.

Dans ses travaux, Cabral fait une démonstration profonde des pays colonisés
au temps du colonialisme. Pour lui, avant la résolution de l'ONU sur l'octroi de
l'indépendance aux peuples coloniaux, ces derniers vivaient dans des situations
de domination aussi pénible telles que, le manque de pouvoir politique , pouvoir
économique, et même socioculturel. Il écrit à ce sujet « Les africains n'ont aucun
droit politique, l'ancienne structure de la vie politique africaine a été
complètement détruite par le colonialisme portugais. Les quelques chefferies qui
subsistaient sont passées le contrôle des autorités coloniales, qui se servent des
chefs comme des marionnettes. » (Amilcar Cabral, 1975 : 86) . Cabral commence
par présenté la situation pitoyable de l'Afrique au temps concrète du
colonialisme, où les impérialistes avaient un contrôle total sur l'Afrique. Mais, la
question dans le cadre de travail est de savoir, si après l'octroi formelle de
l'indépendance aux peuples coloniaux d'après la résolution onusienne, les Etats
africains accèdent aussi réellement à leur liberté. La réponse disons est un sujet
d'un long débat, Cabral pour sa part, démontre le contraire dans son
raisonnement. Il nous décrit une forme idéologique de la domination néo-
coloniale pire qu'au temps du colonialisme pratique encore. D'abord , Cabral nous
explique que les néo-colonialistes cherchent à imposer des valeurs et des
croyances occidentales afin de déstabiliser les identités africaines . À lui de dire «
les territoires étant exclusivement dirigés par des institutions non indigènes,
environ 99% de la population totale ou 99,7% de la population africaine ne
participe pas, d'après la loi, au fonctionnement de ces institutions. Seuls les «
citoyens portugais » (européens et africains dits civilisés, parmi lesquels les
autochtones sont en minorité -0'3% de la population africaine) participent, en
principe à ce fonctionnement. » (Amilcar Cabral, 1975 : 110) . Avec le terme
civilisation , dans ce contexte l'auteur comprends l'intégration des valeurs
occidentale par les africains. Pour les impérialistes, la domination peut être
maintenue, une domination dissoute dans la promotion de nouvelles valeurs (la
civilisation) aux africains.

En suite Cabral en retraçant l'histoire de la culture africaines , nous écrire : « le


grigri est un trait caractéristique de l'Afrique » ( Amilcar Cabral, 1975 : 201 ) et
bien d'autres éléments culturels pouvais défandre la liberté de l'Afrique. Mais
nous constatons avec Cabral le contraire en Afrique , pour lui, les impérialistes
apportent d'autres éléments culturelles pour asseoir leur domination idéologique
sur les Etats africains. Il dit dans son texte que « la culture de notre peuple est le
produit de nombreuses cultures d'Afrique ; chacun à sa propre culture, mais tous
ont de base culturelle communes, leurs interprétations du monde et leurs type du
rapport. » ( Amilcar Cabral , 1975 : 198 ) c'est là la réalité culturelle d'Afrique
avant la politique néo-coloniale. Mais les impérialistes viennent par la suite,
propose aux africains le christianisme, l'islam... , ces derniers vont rendre, plus
impuissante les cultures africaines devant leur politique de domination. C'est dans
ce sens que Cabral affirme : « Les populations musulmanes sont au fond aussi
animistes que les Balantes ou d'autres. Elles croient en Allah, mais aussi à l'iran²
et aux djambacosses³ . Elles ont le Coran, mais elles portent des grigris . Le succès
de l'islam dans notre pays, comme dans toute l'Afrique, s'explique parce qu'il est
capable de comprendre, d'accepter la culture des autres. Contrairement aux
catholiques qui veulent en finir avec notre culture, pour nous faire croire à la
Vierge Marie à notre Dame de Fatima et en Dieu, Notre-seigneur Jésus Christ.»
(Amilcar Cabral, 1975 :198 ) Cabral pense que c'est au travers de cette confusion
avec l'introduction des cultures étrangères que l'Afrique se d'avantage affaibli
devant le pouvoir impérialiste.

Relevons aussi, que Cabral critique également dans ses travaux, l'idéologie
politique des impérialistes. En effet, Cabral critique sévèrement l'idée impérialiste
qui consiste pour les puissances néo-coloniales d'imposer les constitutions, de
proposer l'organisation administrative en terre africaine. Selon l'auteur, d'après
l'étude de la domination néo-coloniale Portugaise sur la Guinée, il faut
comprendre que les constitutions établient en Guinée par monopole impérial (le
Portugal envisage arrachées aux Guinéens leur droit et leurs libertés
fondamentales . Il écrit à cet effet : « si la différence entre les situations
constitionnelle et juridique des peuples du Portugal et de la Guinée « portugaise »
démontre une profonde inégalités de droit entre l'homme portugais et l'homme
guinéen en détruisant , à elle seule le mythe de l'unité de la nation portugaise
d'autres part, la division de la population de la Guinée « portugaise » en citoyens
et indigènes consacre , par la loi et dans la pratique sociale, une discrimination
raciale et culturel qui enlève à la presque totalité des hommes guinéens leur droit
inaliénable aux droits fondamentaux de l'homme.» (Amilcar Cabral, 1975 : 118 )
pour lui, autant que la Guinée est gouverné par les constitutions établient pas le
Portugal, elle ne connaîtra jamais sa liberté, le droit de l'homme va rester un
mythe pour les guinéens. Il poursuit en disant que, aussi longtemps que
l'administration des Etats africains sera organisé et contrôler par les puissances
extérieures, l'Afrique demeurera sur la domination néo-coloniale. À lui de dire : «
l'administration de la Guinée en tant que « province portugaise » et « partie du
territoire de la Nation» est confié à un gouverneur qui représente la souveraineté
portugaise « l'orientation supérieure et le contrôle de tout les services, y compris
des fonctions législatives et exécutives reviennent au ministère d'Outre-Mer .»
(Amilcar Cabral, 1975 : 121-122) , le Portugal arrive à prouver au guinéens après
leur accession formelle à l'indépendance qu'ils sont une garantie pour la politique
gouvernementale de la Guinée.

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