CHI.
Elasticité
Anne Tanguy Univ. Lyon
Vocabulaire des mécaniciens
+
Interprétation physico-chimique
Elasticité Plasticité Rhéologie Rupture
Qu’est-ce qu’un « Matériau »?
Résultat d’une synthèse entre la matière et l’usage qui en est fait.
Microstructure
Mise en Propriétés
œuvre
Performances
(A. Zaoui)
Al polycristal Dendritic growth in Al:
(Electron Back Scattering Diffraction)
Cu polycristal : cold lamination (70%)/ annealing.
TiO2 metallic foams, prepared with
different aging, and different tensioactif agent:
Si3N4 SiC dense
Qu’est-ce qu’un milieu
« continu » ?
1) Deux éléments proches évoluent de façon similaire
2) En particulier: conservation de la proximité « Champ » = quantité physique moyennée sur un volume
élémentaire = fonction continue de l’espace
3) En pratique: Hypothèse à valider.
A cette échelle, les forces sont de courte portée (forces de surface entre éléments de volume)
En général, valable à des échelles >> échelle caractéristique de la microstructure.
Exemples: cristaux d >> distance interatomique (~ Å )
polycristaux d >> taille des grains (~nm ~μm)
assemblée régulière de grains d >> taille des grains (~ mm)
liquides d >> libre parcours moyen
matériaux désordonnés d >> 100 distances interatomiques (~10nm)
Quels milieux c'est-a-dire: quelle matière et quelles échelles?
• La mécanique des milieux continus s'intéresse aux mouvements de la matière
condensée considérée à l'échelle de l'homme-ingénieur terrien et pour les
applications qui l'intéressent:
• Génie civil, machines, turbomachines, conception automobile, aéronautique, génie
des procédés,
• Conversion de l‘énergie, etc...
• En conséquence on a une aire à trois phases possibles de la matière, soient, par
ordre de densité décroissante
• En général:
• 1. la phase solide, caractérisée par le fait qu'un morceau de matière solide possède
une forme Propre indépendante du support sur lequel il est posé,
• 2. la phase liquide, phase fluide de densité proche de la phase solide,
• 3. la phase gazeuse, phase fluide de densité très inferieure à celle de la phase liquide.
I. Elasticité
A) Concepts en Elasticité Linéaire
B) Interprétation Microscopique
C) Méthodes de mesure
Elasticité
A) Concepts en Elasticité Linéaire
L’étude du comportement mécanique des matériaux a
pour but de connaitre leurs réponses à une sollicitation
donnée. Les variables mises en jeu dans ce domaine
sont :
– Le tenseur des contraintes
– Le tenseur des déformations
Qu'est-ce que l’élasticité ? Dentition
Elasticité = Mécanique des corps solides déformables (par opposition à la mécanique du point ou
des corps indéformables).
Pourquoi étudier l’élasticité ?
Stabilité et instabilité des structures mécaniques
• Pour la construction de ponts, routes, structures en béton (immeubles ...) ! forme d'un profilé, taille maximale
d'un immeuble, ... ,
• Fibres, tissus synthétiques, ... (peau (artificielle ?))
• Comprendre des phénomènes naturels (certains reliefs montagneux, mouvement rapide des végétaux, etc).
La géométrie est importante.
• Exemple des poutres profilées utilisées dans le bâtiment,
• Exemple du caoutchouc = un élastomère préparé en tubes, en rubans, en fines pellicules (vernis, sols), en
câbles, en tissus, ...
Théorie Classique de l’Elasticité:
Le comportement mécanique est entièrement décrit par la donnée du champ de
déplacement:
Elasticité Linéaire: Loi de Hooke
(1635-1703)
1678: Robert Hooke développe sa
“True Theory of Elasticity”
Ut tensio, sic vis (ceiii nosstuv)
“The power of any spring is in the same
proportion with the tension thereof.”
Loi de Hooke: σ = E ε
(contrainte = E x déformaiton)
où E est le MODULE D’YOUNG (RIGIDITE).
Description tensorielle
Résumé : déformations sous contraintes normales et tangentielles
Pour traiter un cas général, on pourrait traiter chaque cas comme une
combinaison de cas particuliers, mais il faudrait définir des forces et
déformation correspondant a chacune des déformations élémentaires, ce qui
aboutirait rapidement a des calculs extrêmement compliqués. Il est en fait
nécessaire de décrire le problème sous forme tensorielle
Tenseur des déformations
On considère un corps qui se déforme (Fig. 1 (a)) : le point M se déplace en M’ au cours
de la déformation. Soit r le vecteur position du point M
Fig.1: (a) vecteur déplacement ; (b) Changement de distance entre 2 points au cours de la déformation.
Propriétés du tenseur des déformations
• Tenseur d'ordre 2 (matrice 3x3) 9 composantes,
• Champ de tenseur : il dépend du point de l'espace autour duquel se fait la déformation :
"(εr) autrement dit
• Symétrique : il n'y a donc que 6 composantes indépendantes, Diagonalisable : en
chaque point, il existe une base dans laquelle seuls les éléments diagonaux de ε sont non nuls.
• Les axes de cette base = axes principaux ou axes propres du tenseur des déformations,
Notes ;
• Les éléments diagonaux du tenseur diagonalise = les valeurs principales, ou valeurs
propres du tenseur des déformations, notées
Machines de traction
Réponse Elasto-Plastique:
S F
u
Lz
vitreloy
F/S
Réponse élastique linéaire:
F/S = E.u/Lz
Contrainte de Déformation ε Ecoulement Plastique
compression σ Elasticité
Module d’élasticité
E
Limite d’élasticité σy u/Lz
Ecoulement Visco-Plastique σflow ( δε/δτ )
1) Contraintes locales: Force par unité de surface
Agissant le long de la direction x,
Sur la face normale à la direction
y.
Expression des forces:
surface
vecteur normal
Unités: Pa (1atm = 105 Pa)
Ordre de Grandeur: MPa =106 Pa
Exemples de tenseurs de contrainte:
F
Traction:
S
Cisaillement:
Pression Hydrostatique:
Par définition, pression
2) Déformations:
2) Déformations:
Exemples de tenseurs de déformation linéarisés:
Traction:
L+u
L-v
u
Cisaillement:
Compression isotrope:
Unités: %. Ordre de Grandeur: élasticité OK si ε<0.1% (métal)
ε<1% (polymère, amorphe)
3) Modules d’élasticité:
21 Modules d’élasticité Cijkl
Cas particulier d’un milieu homogène et isotrope :
2 Modules d’élasticité (λ,μ)
F Traction: Cisaillement simple: Compression hydrostatique:
u P
E, module d’Young μ, Module de Cisaillement
ν, Coefficient de Poisson
χ, compressibilité.
-3
Unités: J.m , ou Pa.
Ordre de Grandeur: -1<ν ≈ 0.33<0.5 et E ≈ GPa ≈ σY/10-3
Développement de Landau de l’énergie mécanique:
Expression générale de l’énergie mécanique par unité de volume:
Pas de dépendance en (invariance par translation)
Pas de dépendance en (invariance par rotation)
Ainsi Loi de Hooke
21 Modules d’élasticité Cαβγδ
dans le cas 3D le plus général.
Symétries du tenseur des Modules d’élasticité:
Symétries générales:
21 modules d’élasticité dans le cas le + général à 3D
+ Symétries spécifiques du cristal:
Operateur de symétrie
Exemple d’un matériau homogène et isotrope :
2 modules d’élasticité
Notation de Voigt:
21 Modules d’élasticité
indépendants
Exemple d’un matériau anisotrope (cristal):
Ex. cobalt Co: HC ↔ FCC T=450°C
Le nombre de Modules d’élasticité
dépend des Symétries
FCC HCP
3 modules 5 modules
C11 C12 C44 C11 C12 C13 C33 C44 C66=(C11-C12)/2
3 modules
(3 axes équivalents)
6 (5) modules
(invariance de rotation autour d’un axe)
3 modules
(3 axes équivalents)
6 (5) modules
(invariance par rotation autour d’un axe)
6 modules
6 modules
(2 axes équivalents de symétrie)
9 modules
(2 plans orthogonaux de symétrie)
13 modules
(1 plan de symétrie)
21 modules
I. Elasticité
A) Concepts en Elasticité Linéaire
B) Interprétation Microscopique
C) Méthodes de mesure
Expression Microscopique
des Modules locaux d’élasticité:
Exemple simple d’un cristal cubique.
Sur chaque liaison:
déformation
contraintes
Modules d’élasticité
Interprétation Microscopique
Introduction
1) Types de liaisons interatomiques
- Liaison covalente
- Liaison ionique
- Liaison métallique
- Liaison de van der Waals
- Liaison Hydrogène
- Forces de solvatation
2) Structure de l’empilement
-Cristaux
-Composites
-Amorphes
-Polymères
Bornes générales pour les modules d’élasticité
macroscopiques d’un solide inhomogène.
Exemple de fibres dans une matrice:
EL,T Module d’Young effectif
Ef Module des fibres
Em , Module de la matrice
Voigt (1889)
E
EL
ET
Reuss (1929) Vf/V
Exemple de matériau hétérogène
N. Teyssier-Doyen et al. (2007)
i gt
Vo
Reuss
I. Elasticité
A) Concepts en Elasticité Linéaire
B) Interprétation Microscopique
C) Méthodes de mesure
Méthodes de Mesure:
-Photoélasticimétrie
-Essais de traction
-Nanomécanique (micro-pilliers, couches
minces..)
-Mesures de déformation: TEM, X-Ray,
Corrélations d’images..
Machines de traction:
Micro-Pilliers
Visualisation des réarrangements plastiques à petite échelle.
Expérimentalement
Spectrométrie Raman
Micro-spectroscopie Raman ~μm2
Raie D2: densification variable selon les verres.
B. Champagnon et coll. (2006)
Bande principale:
relation entre pression et
angle entre tétraèdres
de SiO2 (Si-O-SI)
Changement d’environnement sous contraintes
X-ray diffraction 90keV
Poulsen et al. (2004)
Changement d’environnement local.
(variations de ε sur ~10 Å)
Plasticité?
Axial strain field ε11
resolution 50x200 μm2
η=90°
η=0°
Visualisation directe par MET in situ
Rizza et coll. (2006)
réarrangements locaux
~ 1 nm
Hufnagel et coll. (2002)