0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
89 vues14 pages

Publication 7101

Transféré par

yakhlefanas
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
89 vues14 pages

Publication 7101

Transféré par

yakhlefanas
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Découvrez plus de documents

accessibles gratuitement dans Archimer

LE CHALUT SÉLECTIF DEVISMES


POUR LA PÊCHE DES CREVETTES

Etude d'une modification du dispositif de sélectivité

par Jean-Claude BRABANT

- La réglementation des pêches interdit le chalutiage en deçà de 3 milles des côtes afin de
protéger les poissons immatures d'espèces commerciales. Il existe cependant des dérogations et
celle qui est accordée aux crevettiers est l'une des plus néfaste pour la conservation des stocks
de poissons du fait que le maillage minimum autorisé est de 12 mm (côté de maille). =
Dans plusieurs pays, des recherches ont été entreprises pour limiter la destruction opérée
par ce type de chalut et pour faciliter le tri. O r un pêcheur du Crotoy a inventé, il y a quelques

nappe abouture corde


selective de dos

2 baddes
d*alèze en V mailles
FIG.1 . - Coupe longitudinal du chalut montrant le dispositif de sélectivité en position de travail.

années, puis perfectionné, un système de sélectivité qui tient compte des comportements différents
des crevettes et des poissons lorsqu'ils se trouvent en présence d'une nappe de filet. Celle-ci est
située obliquement dans le chalut et le divise en deux compartiments dans le sens horizontal.
Ainsi, les crevettes sollicitées par le bourrelet, sautent, franchissent la nappe et se retrouvent dans
la partie supérieure du chalut tandis que les poissons de fond ont plutôt tendance à passer sous
la nappe et restent dans la partie inférieure, chaque parcours se terminant dans une poche (fig. 1 ).

Science et Pêche, Bull. Instr. Pêches marit., no 236 mai 1974.


Si plusieurs études traitant ce sujet ont déjà été publiées ('), le présent travail rend compte
des résultats obtenus à la mer avec un chalut modifié et amélioré, d'essais en bassin d'une maquette
de celui-ci et des possibilités d'adaptation d'une nappe sélective sur différents types de chaluts
à crevettes.

A. - Principe de fonctionnement et plan du chalut dlectif.


1. Le chaXut et son gréement.
Le chalut sur lequel est adapté le système de sélectivité a été conCu par M. DEVISMES et réa-
lisé entièrement en mailles de l l mm (fig. 2 ) . Il a 8,50 m de corde de dos pour 10,lO m de
bourrelet et peut être remorqué par un bateau d e 80 CV.
Le corps ,est coupé selon le processus 3 p 1 m et le bord intérieur des ailes du dos suivant
un processus 1 p 1 mf. La largeur de la face supérieure augmentée de 12 mailles donne du mou
dans le dos et en favorise le gonflement.
Les grandes mailles situées en avant de l'abouture des ailes sur le ventre sont destinées à
laisser passer les crevettes qui ne sautent qu'après le passage du bourrelet.
Le bourrelet est fait d'une chaine et pèse environ 25 kg. La flottabilité est assurée par une
trentaine de flotteurs (de 100 g environ de flottabilité) dont une moitié est répartie le long de la
corde de dos et l'autre sur le dos, lui permettant ainsi de se décoller de la nappe sélective.
Les panneaux de 1,20 m de long utilisés lors des essais en mer ont été mis au point par M.
DEVISMES ; de construction entièrement métallique avec une large semelle, ils présentent en outre
une légère courbure. La liaison au chalut se fait par de courtes entremises de 1,50 m.
2. La nappe sélective.
La partie antérieure de la nappe sélective dont le maillage est de 25 mm est aboutée juste en
arrière du grand dos. Les bords latéraux sont d'abord pris dans les coutures de côté, puis cousus
sur le ventre suivant deux lignes toutes pattes qui ne se rejoignent pas, ménageant ainsi un cou-
loir d'évacuation pour les poissons et les déchets divers (fig. 2).
Afin que les mailles de cette pièce soient ouvertes au maximum, le sens du filet est, contraire-
ment à l'habitude, disposé perpendiculairement à l'axe du chalut. Les mailles de côté sont donc rem-
placées par des mailles franches et inversement ; une coupe 3 p 1 m devient alors 3 p 1 mf.
Ce montage implique que les nombres de mailles en hauteur et en largeur ne sont pas dans le
rapport des maillages de la nappe et du chalut lui-même et c'est en tenant compte de cette particularité
que nous décrirons ci-après une méthode de calcul permettant l'adaptation d'une nappe sélective à
un chalut quelconque.
3. Fonctionnement.
Pour jouer pleinement son rôle, la nappe sélective ne doit pas être entraînée à l'horizontale
sous l'effet du courant d'eau ni se plaquer contre le dos du chalut, mais au contraire travailler oblique-
ment entre le << ventre >> et le << dos >>.Pour y parvenir, on peut lester la nappe avec des tresses
plombées, comme cela était pratiqué sur les premiers modèles du chalut sélectif ; il est possible
également de maintenir la nappe en position adéquate par d'intermédiaire de deux bandes rectan-

KURC(G.) 1964. - Science ef Pêche, Bull. Insf. Pêches marit., no 127.


(1)
- 1969. - F.A.O., Fish. Rep., no 62 - vol. I I , p. 297.
KURC(G.) FAURE
et (L.), 1965. - I.C.E.S., comité des pêches comparées, no 56.
(L.) et LAURENT
KURC (G.), FAURE (T.), 1%5. - Science ef Pêche, Bull. Insf. Pêches marit., no 136 .
- 1965. - Rev. Trav. Insf. Pêches marit., 29 (2). p. 137-161.
(C.),
NWELEC 1964. - Insf. Pêches marit., M.S.
gulaires d'alèze dont les côtés les plus longs sont cousus l'un sur le ventre, l'autre sur la nappe,
en formant dans le plan horizontal un V dont la pointe est dirigée vers l'avant.
Cette amélioration apportée par M. DEVISMES justifiait la reprise d'une nouvelle étude sur
le dispositif de sélectivité.

B. - Les observations en mer.


Principe.
1.
Deux sorties en mer ont eu lieu le 9 décembre 1970 et le 21 avril 1971, dans le nord de la
baie de Sommes, entre Quend et la pointe de Saint-Quentin, à peu de distance de la côte par des
fonds d'une dizaine de mètres.

c o r d e d e dos bourrelet
8,50 m 1 0,1 0 m

135 Ilmm
3330111kg
-sensdu
filet

50
trn

FIG.2. - Plan du chalut sélectif à crevettes de M . DEVISMES.

Durant ]:expérience, il était évidemment nécessaire de monter les deux poches en petit maillage
afin de récupérer la totalité des crevettes et des petits poissons capturés.
En utilisation normale, la poche inférieure peut être supprimée ou constituée d'une nappe d'un
maillage réglementaire (70 mm étiré) ce qui permet aux poissons hors taille de s'échapper et facilite
l'évacuation d'une grande partie des invertébrés du fond qui constituent habituellement le rebut.
L'estimation du taux de passage au travers de la nappe peut être faite séparément pour
les crevettes et pour les poissons : on établit alors les pourcentages des différentes espèces, soit
en poids, soit en nombre d'individus, récoltées respectivement dans chaque poche.
D'autres traicts effectués après suppression de la poche inférieure en petites mailles nous ont
permis de constater que la présence de cette dernière n'avait modifié ni la composition, ni l'abon-
dance de la pêche (tabl. 1).

Le 9 décembre 1970
avec les 2 poches 99 kg en 2 h 55 = 34 kg à l'heure
avec la poche 83 kg en 2 h 32 = 32,3 kg à l'heure
supérieure seule

Le 21 avril 1971
avec les 2 poches 28,9 kg en 3 h 18 = 8,8 kg à l'heure

avec la poche 25 kg en 3 h 15 = 7,6 kg à l'heure


supérieure seule
TABL.1. - Rendement horaire en crevettes.
2. Résultats des essais.
a) Sélectivitb des crevettes.
Nous avons calculé le pourcentage de crevettes trouvées dans la poche inférieure par rapport
à la pêche totale exprimée en poids de crevettes non triées (,tabl. 2 ) .
Le 9 décembre, pour 4 traits procurant 105 kg de crevettes en 3 heures, les résultats furent
les suivants : 4,2%-8,8 %-7,9 % et 1,1 76, soit en moyenne 5,5 O/o de crevettes dans la poche
inférieure.

Poche supérieure Poche inférieure


Pêche
Durée totale
(mn) Poids total Poids total (kg
kg % kg %

Le 9-12-1970
40 46 95.8 2.0 42 48,O
50 25 91,2 22 8,8 27,2
45 19 92,l 1,5 7,9 20,5
40 9 98,9 O. 1 1,l 9,l
Le 21-4-1971
73 7,8 72,O 3,O 28,O 10,8
60 9.1 94,O 0,5 6,O 9,6
65 12 95,2 0,6 4.8 12.6

2. -
TABL, Répartition des crevettes entre les 2 poches pour chaque traicf.

Le 21 avril, les pourcentages furent de 28 76-6 % et 4,8%, soit 12,9 % en moyenne pour une
pêche totale de 33 kg en 3 h 15 mn.
O n peut estimer que ce dernier résultat est faussé par la quantité de petites méduses qui a rempli
les deux poches (une centaine de kg). Il est cependant intéressant de noter que les pêcheurs de
Dunkerque utilisent le chalut sélectif principalement lorsque les méduses abondent, mais ils sup-
priment alors la poche inférieurle afin de faciliter leur écoulement hors du chalut.
Sur l'ensemble des deux expériences, le pourcentage moyen de crevettes trouvées dans la poche
inférieure est donc de 7,2 % mais il se réduit à 5,5 % si nous excluons le trait anormal du 21 avril.
La sélectivité de la nappe vis-à-vis des crevettes est donc de 94,5 %, ce qui nous paraît satisfaisant.
b) Observations sur les crevettes.
Deux lots de crevettes provenant respectivement des poches inférieure et supérieure ont éte
mesurés. La distribution des tailles (fig. 3 ) n'indique aucune différence entre les deux poches. Ce-
pendant, leur pesée montre que, dans une même catégorie de taille, les crevettes de la poche inférieure
sont légèrement plus lourdes. Ceci n'est pas surprenant et peut s'expliquer par une proportion
différente de femelles œuvrées. L'utilisation d'un cul en maillage de 70 mm leur aurait donc permis
de s'échapper et de participer à la reproduction.
c) Sélectivité des poissons.
Les poissons récoltés au cours des deux expériences et qui présentent un intérêt économique
sont des jeunes soles et carrelets sur lesquels ont porté les o b s e ~ a t i o n s ,quelques sprats et de
rares turbots de taille marchande. Les autres espèces telles que liparis, callionymes, trigles et lam-
proies n'ayant aucune valeur marchande n'ont pas été étudiées.
1 poche supè[Link]

FIG. 3. - Fréquence des failles de crevetfes dans les 2 poches. Les failles sont mesurées du rostk au
felson et groupées en classes. Seul le centre des classes est mentionné.

Les poissons plats.


Sur l'ensemble des traicts, la répartition en poids des poissons entre les deux poches (tabl. 3 )
s'établit à 64 O/o en faveur de la poche inférieure mais comme la taille moyenne des poissons qu'on
y trouve est plus élevée que celle enregistrée dans la poche supérieure, il était intéressant d'étudier
la répartition en nombre dans chacune d'elles.
Les pourcentages sont alors inversés puis,que 65 O/o d'individus passent dans la poche supé-
rieure et seulement 35 % réagissent à la présence de la nappe.
La protection des immatures semble donc peu efficace pour la population rencontrée en baie
de Somme, aux périodes de l'expérience. Cependant, en raison de la mortalité naturelle qui affecte
chaque classe d'âge de poissons, à un nombre donné d'immatures, correspond toujours un nombre
inférieur d'adultes. D'après des travaux antérieurs (WIMPENNY, 1953), le taux de mortalité des
carrelets est d'environ 10 à 20 % entre 1 et 2 ans ; pour plus de simplicité, nous appliquerons
également un taux moyen de 15 % aux soles capturées en même temps que les carrelets. La tai!:e
moyenne, pour les individus retenus dans la poche supérieure, est de 8,2 cm ce qui correspond
à des poissons d'un an, quant à ceux de la poche inférieure, atteignant 11,7 cm, ils sont âgés de
2 ans (fig. 4 ) .

Poche supérieure Poche inférieure

Poids des poissons Poids des poissons


kg Y0 (kg
l
-
1 33 2,O 67
1,5 38 2,5 62
1,6 44 2,O 56
OS 50 0,5 50
1,5 30 3,5 70
1,8 38 3,O 62
0,8 20 3.2 80

% moyen en poids 36 % 64 %

Répartition pour
100 g pêchés 36 g 64

Poids moyen
d'un individu 6 9 20 Ll

Nbre d'individus 36 64
pour 100 g de pêche - = 6 - = 3,2
6 20

% moyen en nbre 6 X 100 32 X 100


d'individus -- - = 35%
92 92
65 %

TABL.
3. - Répartition des poissorîs plats (en poids, en nombre).

Ainsi, pour 100 carrelets ou soles pêcliés, 011 peut considérer que 65 capturés dans la poche
supérieure et âgés d'un an environ, 55 seulement subsisteront l'année suivante. La protection s'exerce
donc sur les 35 qui passent dans la partie inférieure du chalut et représentent en fait 40 % des
poissons atteignant 2 ans.
En ce qui concerne les autres espèces, notons que les lançons se retrouvent en quantités
égales dans les deux poches tandis que les liparis, les trigles et les collionymes sont plus fréquents
dans la poche inférieure.
Les crabes, dans leur majorité, suivent le trajet des poissons mais passent également dans la
poche supérieure; sans doute, lorsqu'ils sont nombreux, peuvent-ils franchir la nappe dans sa
partie terminale rétrécie en couloir.
Au terme de cette étude portant sur la sélectivité du chalut DEVISMES, il est intéressant de
comparer nos résultats avec ceux obtenus précédemment (KURC G., FAURE L., LAURENT T., 1964).
La perte moyenne des crevettes avait alors été estimée à 18 % environ, celle-ci est réduite à 5,5 %
grâce à l'amélioration du dispositif de sélectivité. Il semble donc que ce système apporte un net
progrès d a m le tamisage des crevettes à travers la nappe.
Pour les jeunes soles, si en 1964 au Mont Saint-Michel 93 % en poids passaient dans la poche
supérieure, en d'autres lieux ce pourcentage variait de 4 à 60 % (moyenne 39 % ). Par contre, durant
nos essais, elles s'y rtetrouvaient en totalité.

frèq ence

i'
m p o c h e supérieure
carrelets
poche i n f é r i e u r e

.......................

poche superieure

FIG.4. -Fréquence de tailles des carrelets et des soles dans les poches supérieure et inférieure.

En 1964, tous les carrelets furent récoltés dans la poche à poissons, alors que nous n'en avons
plus trouvé que 64 % ; ceci peut s'expliquer par leur taille moindre dans le lieu et à l'époque de
l'expérience.
Au vu des résultats que nous avons obtenus, le perfectionnement du système de sélectivité
paraît n'apporter aucune amélioration à la protection des immature. L'augmentation du passage
des crevettes v,ers la poche supérieure semble entraîner corrélativement celle des poissons de petite
taille ; autrement dit, l'accroissement du taux de sélectivité pour les crevettes .qui constitue un réel
progrès, provoque malheureusement une diminution de la protection des immatures encore que cette
protection ne soit pas négligeable.
C. - Observation d'une maquette en bassin d'essais.
Une maquette au 1/6" du chalut, utilisé lors des ess,ais en mer, a été réalisée et observée au
bassin d'essais de Boulogne-sur-Mer. Cette maquette avait pour gréement l'équivalent de panneaux
de 1150 x 0,75 m et de deux entremises de 1,50 m de long, maillées à l'arrière du panneau.

FIG.5. - V u e d e côté, où l'on voit la nappe sélective en position de travail.

L'observation de l'écartement des ailes par les panneaux et de la tension de la partie antérieure
de I'alèze du dos, permet de contrôler le fonctionnement correct du chalut. La nappe sélective bien
tendue en largeur est maintenue vers le bas par les deux bandes d'alèze disposées en V aux-
quelles on peut ajouter quelques chaînettes de lestage sur les côtés (fig. 5 ) . Du dessus (fig. 6 ) , on
distingue nettement les grandes mailles en avant du carré de ventre, l'emplacement du V et la diffé-
rence d'ouverture entre les mailles de la nappe sélective et celles du corps du chalut.

FIG. 6. - V u e du dessus de la maquette d u chalut sélectif.

Comme suite aux observations effectuées au bassin, il semble possible d'améliorer encore ce dis,
positif en avançant l'abouture de la nappe sur le dos ce qui rapprocherait le barrage de la nappe de
l'endroit o ù les crevettes sautent dès le passage du bourrelet. Une analyse identique a amené
M. DEVISMES à adopter cette disposition sur les derniers chaluts qu'il a confectionnés.
D'autre part, si l'on considèrep~e-iescEveEëTpassent au travers de la partie antérieure de la
nappe, il apparaît que sa partie postérieure pourrait avantageusement être faite d'un maillage plus
petit c a r celui de 25 mm laisse retomber, sans aucun doute, certaines crevettes dans la poche infé-
rieure. Par ailleurs, quelques poissons peuvent par un comportement inverse, remonter vers la poche
supérieure.

D. - CaEcul et montage d'une nappe sélective.


Afin de permettre l'adaptation d'une nappe sélective à différents types de chalut, on trouvera
ci-après les principes de réalisation de ce système, un exemple de fixation sur un chalut de Grave-
lines et quelques recommandations pratiques de montage.
1. Principes de calcul.
Les dimensions, en nombre de mailles, de la nappe sélective sont chaque fois déterminées en
fonction de celles du chalut sur lequel elle est installée. Mais comme les mailles de la nappe sont
ouvertes différemment de celles du chalut, les longueurs d'alèze étirée montées sur une même ra-
lingue, sont également différentes. Cependant il est possible de calculer un coefficient de corres-
pondance égal au rapport entre la longueur d'alèze étirée de la nappe et celle du chalut. Précisons
que ce coefficient n'est pas le même pour les hauteurs et pour les largeurs,
a) Calcul des coefficients.
Une longueur montée sur le chalut fini correspond en alèze étirée:
a ) poiur la nappe sélective
côté de maille (C) X 2
longueur montée X
Diagonale de la maille ouverte au carré
b) pour le chalut
côté de maille (C) X 2
longueur montée X
Diagonale de la maille ouverte à 10 %
Notons que pour une maille ouverte au carré, les deux diagonales sont obtenues en multipliant
le côté de maille (C) par 1,41. Pour une maille ouverte à 10 % , la grande diagonale est égale à 1,8 C
(soit 90 % de la maille étirée) et la petite à 0,87 C.
En hauteur, les longueurs d'alèze étirée sont :
2C
a ) pour la nappe sdective: longueur montée X --- (1
1,41 C
2C
b) pour le chaluf: longueur montée X --- (2)
1,8 C
longueur d'alèze étirée de la nappe
Nous pouvons alors calculer le rapport - à l'aide des équa-
longueur d'alèze étirée du chalut
bions (1 ) et (2). soit :
longueur montée X 2 C X 1,8 C
(3)
longueur montée X 1,41 C X 2 C
ce qui donne, en simplifiant :
longueur d'alèze étirée de la nappe 1,8
- --
-
- 1,27 (4)
longueur d'alèze étirée du chalut 1.41
En largeur, nous avons :
2C
a) pour la nappe sélective : longueur montée X - (5)
1,41 C
2C
b ) pour le chalut: longueur montée X - (6
0,87 C
longueur d'alèze étirée de la nappe
et le rapport ,en utilisant les notations des équations (5) et (6)
longueur d'alèze étirée du chalut
s'exprime ainsi :
longueur montée X 2 C X 0.87 C
(7)
longueur montée X 1,41 C X 2 C
0,87
ce qui donne en simplifiant : - - 0,62 (8)
1,41
Les deux coefficients obtenus 1,27 (4) et 0,62 (8) permettent de calculer respectivement la
hauteur et la largeur de la nappe sélective en fonction des dimensions du chalut sur lequel on
veut l'adapter et ceci, quels que soient les maillages utilisés puisque les calculs se font sur des
longueurs d'alèze étirée.

2. Calcul d'une nappe sélective type DEVISMES adaptée à un chalut Grave1,ines 10,80/
13,10 pour bateau de 80 cv.

a) Calcul hauteur totale et plus grande largeur de la nappe.


Si l'abouture de la nappe est placée 10 mailles en arrière de celle du grand dos et du petit
dos, comme cela était jusqu'à présent le cas, nous trouvons en largeur 330 mailles de 16 mm qui
équivalent à 10,56 m (16 mm X 2 X 330) d'alèze étirée. Tenant compte du coefficient précé-
demment calculé, il faut pour la nappe 6,58 m (10,56 m X 0,62) d'alèze étirée, soit 131 mailles de
25 mm.
En hauteur, la nappe est installée sur 20 mailles de 16 mm et 200 mailles de 14 mm, soit
6,24 m (0,64 +
5,60). La longueur totale (en alèze étirée) est donc de 7,92 m (6,24 X 1,27) qui
correspond à 158 maiIIes de 25 mm (I,27 étant le coefficient de conversion pour les hauteurs).
La nappe est donc taillée dans une pièce de 131 mailles de largeur maximum et de 158
mailles de haut. Cette dernière comprend la hauteur, prise avec la ralingue de côté, celle cousue
suivant une ligne << toutes pattes >> $ur le ventre ainsi que le « couloir >> qui conduit les poissons
vers la poche inférieure.
b) Détermination hauteur de la nappe cousue avec ralingue d e côté.
La hauteur d'alèze étirée nécessaire qui représente la partie frontale de la nappe doit être,
estime-t-on, environ le triple de l'ouverture verticale du chalut. Celle-ci étant égale, dans ce type
de chalut, à la hauteur du panneau (0,80 m ) , nous devons prendre 2,40 m d'alèze, mit 48 à 50
mailles de 25 mm équivalent sur le chalut à 1,90 m (2,40/1,27) soit 20 mailles de 16 mm et 47
mailles de 14 mm. La largeur à ce niveau est de 263 mailles de 14 mm, soit 91 ou 92 mailles de
25 mm pour la nappe. Celle-ci a, dans cette partie, la forme d'un trapèze dont les bases ont 131
et 91 mailles pour une hauteur de 50 mailles ; la diminution de 40 mailles est obtenue à l'aide
d'un processus de coupe 4p 3m.
c) Coutume de la nappe sur le ventre et confection du couloir.
Diminuée des 50 mailles prises avec la ralingue de côté, la hauteur restante de la nappe,
soit 108 mailles de 25 mm, est à répartir entre la fraction cousue sur le ventre et celle cons-
tituant le couloir.
Le trajet de cette couture obéit aux impératifs suivants :
a) largeur au départ de 263 mailles de 14 mm (91 mailles de 25 mm) ;

b ) largeur à l'arrivée correspondant à celle du couloir qui doit être comprise entre la moitié
et le tiers de celle de la poche, soit 49 mailles de 14 mm (17 mailles dle 25 mm).
-
La diminution totale étant de 214 mailles (263 49) selon une coupe toutes pattes, la couture
de la nappe est donc faite sur 107 mailles (214/2) du ventre. Il reste alors 46 mailles (153-107)
de 14 mm en hauteur pour le couloir. Les 107 mailles cousues toutes pattes et les 46 mailles du
couloir correspondent respectivement à 74 et 34 mailles de 25 mm ; nous pouvons ainsi vérifier
que la hauteur totale de la nappe est bien de 158 mailles: 50 mailles dans la ralingue de côté
+ 74 mail'les cousues toutes pattes +
34 mailles de couloir, comme nous l'avions calculé.
La coupe à faire en bordure de la nappe se déduit des dimensions trouvées : la diminution de 74
mailles (91-17) sur un,e hauteur de 74 mailles est obtenue par une coupe 2p 1 mf ; le couiloir, large
de 17 mailles, est coupé en mailles franches sur une hauteur de 34 mailles.

Remarques.
Ni les coefficients, ni les proportions de la nappe n'ont à être respectés de façon rigoureuse
mais il est souhaitable de s'en rapprocher et, en ajustant à une ou deux maillles près, d'obtenir des
rapports de coupe simples.
Pour maintenir la différence d'ouverture entre les mailles de la nappe et celles du chalut, on
remarque qu'aux processus de coupe 3p lm, 2p lm et tp sur le chalut correspondent respecti-
vement sur la nappe des processus 6p 7mf, 2p 3mf et 2p 1 mf, c'est-à-dire que pour une même
hauteur, da diminution est deux fois plus faible sur cette dernière que sur le chalut.
Dans notre exemple, la nappe devrait donc être coupée selon un processus 2p 3m et non
4p 3m correspondant à la coupe 2p lm du chalut. Mais l'abouture entr,e les mailles de 16 mm
et de 14 mm, réalisée maillle à maille, ajoute une diminution supplémentaire à celle produite par la
coupe 2p lm. 11 en résulte une diminution globale équivalant à celle obtenue par une coupe 8p
lm (fig. 7 ) .

d) Calcul des pièces fonmant le V.

Le V est formé de deux ilongues pièces en maillage de 14 mm dont les bords sont coupés en
pattes sur une longueur de 50 mailles et sur une largeur d'environ 12 mailles. Une des longueurs
de chaque pièce est cousue selon une ligne de diminution 2p lm sur la nappe et l'autre sur le ventre
suivant la ligne des pattes. La pointe du V doit se situer à quelques mailles en avant du début de
la couture de la nappe sur le ventre.

e) Calcul de la longueur des ralingues au niveau du ventre.


Pour maintenir l'ouverture des mailles du chalut à environ 10 % il1 est nécessaire de donner un
peu de mou dans l'alèze en la montant sur une ralingue dont la longueur sera inférieure à celle
du filet. Ce mou variable suivant les coupes est pratiquement nuil pour une coupe toutes pattes
et atteint 10 % pour une coupe toutes mailles de côté ; pour les coupes intermédiaires les pourcen-
tages varient entre ces deux valeurs. Ainsi pour 2p lm il est de 6 à 7 %.
Compte tenu de leur coupe, nous pouvons donc calculer les longueurs de montage des diffé-
rentes pièces en fonction de leur hauteur et de leur maillage :
- 20 mailles de 16 mm = 0,64 m - 0,04 m = 0,60 m,
- 47 mailles de 14 mm = 1,32 m - 0,17 m = 1,25 m,
- 153 mailles de 14 mm = 4,28 m - 0,28 m = 4,00 m
La ralingue de côté, au niveau du ventre, a donc une longueur de 5,85 m.
La partie de la nappe sdective prise avec la ralingue de côté est montée sur 1,85 m (0,60 m
+ 1,25 m ) , quant à la portion qui suit une ligne toutes pattes sur le ventre, sa longueur est
de 2,95 ni (107 mailles de 14 mm soit 214 côtés de mailles). Le couloir est établi sur une hauteur
de 1,20 m qui correspond à la hauteur en mailles de la pièce multipliée par la diagonale d'une
maille de 25 mm ouverte au carré (34 X 35,4 mm).
La longueur totale de la bordure de la nappe est donc de 6,00 m (1,85 2!95 + +
1,20). Il
faut remarquer que cette dernière doit toujours être supérieure à cellle de la ralingue de côté car
elle suit un trajet moins direct.

FIG.7 . - Plan du chalut du fype Gravelines avec ntippe sélective.

3. Méthode de montage de la nappe sélective.


a) Préparation de la nappe.

Il est recommandé de préparer et de mettre en place la nappe avant l'assemblage des deux
faces du chalut ; ainsi pour plus de facilité et pour assurer une ouverture correcte des mailles, les
côtés sont montés sur une petite ralingue dont la longueur est égale aux dimensions de la bordure
déterminés salon la méthode de calcul exposée dans le paragraphe précédent.
b) Mise en place de la nappe et assemblage des faces.
Les pièces en V sont tout d'abord cousues sur la nappe suivant une ligne 2p 1 mf à une qua-
rantaine de mailles en arrière de sa plus grande largeur, puis transfilées sur le ventre, au même
niveau, selon une direction toutes pattes. La nappe est ensuite fixée sur le petit dos à 10 mailles
en arrière de I'abouture de cdui-ci avec le grand dos. Puis, après avoir correctement mis en
place la nappe sur le ventre, on coud de chaque côté les bords du ventre et de la nappe en
les prenant ensemble sur 1.85 m, puis, indépendamment, ce~lui de la nappe sur le ventre suivant
une ligne toutes pattes et enfin toutes mailles de côté.
Le montage du chalut se termine par l'assemblage des 2 faces.

4. Abouture des deux poches.

Rappelons que la poche supérieure, réalisée en petit maillage, est destinée à retenir les crevettes
Sa face supérieure est cousue avec celle du chalur, tandis que sa face inférieure est unie, en son
milieu, à l'extrémité du couloir et sur ses côtés au ventre.
La poche inférieure, quand elle existe, doit être en maillage réglementaire (70 mm étiré) afin
de permettre l'échappement des immatures. Sa face supérieure est prise en même temps que la face
inférieure de la poche en petit maillage et la face inférieure est cousue entièrement sur le ventre.
O n peut schématiser par une coupe au niveau de I'abouture des poches la disposition des
différentes nappes d'alèze (fig. 8 ) .

Remarque.
La description qui vient d'être faite permet l'adaptation et le montage d'une nappe sélective
sur différents types de chalut à deux faces. Par ailleurs, si l'on désire installer ce dispositif sur un
chalut à 4 faces, les bords latéraux de la nappe doivent être tout d'abord cousus suivant une ligne
toutes pattes sur les faces de côté sur une longueur égale à deux côtés de maille multipliés par le
nombre de mailles en largeur de ces faces. Cette longueur, divisée par la diagonale d'une maille (côté

corps
du

FIG. 8. - Coupe transversale au niveau d e I'abouture des poches.

de maille x 1,41) de la nappe sélective donne le nombre de mailles qui sont prises dans cette couture.
La largeur de la nappe à I'abouture sur le dos et au commencement de sa couture sur le ventre, est
alors déterminée par rapport aux largeurs aux mêmes niveaux des faces supérieure et inférieure du
chalut, de la même façon que dans l'exemple précédent.
Conclusion.
Deux critères principaux permettent de juger le chalut sélectif.
Le premier de ceux-ci est la proportion de crevettes qui s'échappent en même temps que les
poissons. C e critère conditionne l'adoption du système par les professimnels.
Nos expériences faites en adaptant deux poches en petit maillage ont permis de mesurer ce
pourcentage qui est égal à 5,5 %. Cette valeur paraît suffisamment basse pour qu'elle ne puisse
pas constituer un prétexte à refuser ce système. Nous pensons que l'amélioration apportée par
rapport au modèle étudié en 1964 lève définitivement l'objection du manque d'efficacité.
Le deuxième critère, le plus important, qui justifie, en réalité, l'existence de ce type de chalut
est ceilui de la qualité de la protection des poissons immatures. Parmi ceux-ci, seuls les plats sont
réellement en cause dans la région où nous avons travaillé et les plus gros d'entre eux, réagissant
effectivement à la présence de la nappe, peuvent s'échapper en bénéficiant de da sdectivité du
maillage de la poche ou de son absence. La protection des plus petits, dont les capacités de nage
sont moindres, est moins bien assurée mais est encore appréciable.
S'il semble difficile de concilier parfaitement efficacité et protection dans le chalut tal qu'il
est conçu, il est par contre possible d'améliorer cette dernière, soit par l'utilisation, pour le tri, d'un
tamis rotatif qui ne blesse pas les poissons immatures (comme cela se pratique en HoIllande) soit
peut-être par l'application de l'électricité aux chaluts à crevettes.
Nolus tenons à exprimer nos remerciements A M. DEVISMES qui nolus a permis d'examiner son
matériel e t del I'essayer et facilité la réalisation, à son bord, des expériences décrites.

Laboratoire I.S.T.P.M.
BOULOGNE-SUR-MER

Vous aimerez peut-être aussi