0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
128 vues7 pages

Conciliation Et Reglement Preventif 1

Transféré par

Hamidou Diarra
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
128 vues7 pages

Conciliation Et Reglement Preventif 1

Transféré par

Hamidou Diarra
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Identification des outils de

prévention judiciaire des difficultés


des entreprises
L’acte uniforme portant organisations des procédures
collectives d’apurement du passif révisé consacre
désormais deux procédures préventives nécessitant
une intervention judiciaire. Il s’agit de la procédure de
conciliation et du règlement préventif. Ces deux
procédures trouvent leur fondement dans le titre 2 de
l’acte uniforme et sont destinées à sauvegarder les
entreprises en difficulté et à apurer(clarifier, vérifier)
leur passif avant la cessation des paiements. Pour
mieux expliciter cette première partie de notre travail, il
nous importe d’aborder d’une part la conciliation (A) à
travers ses conditions d’ouverture, son déroulement
suivi éventuellement de son issue. Puis, d’autre part
évoquer le règlement préventif (B) en mettant un
accent particulier sur l’ouverture d’une telle procédure,
son déroulement suivi de son issue, puis ses effets.
A. LA CONCILIATION
1. Ouverture de la conciliation
L’ouverture de la procédure de conciliation est soumise
à des conditions de fonds (1) et de forme (2).
a. Les conditions de fonds : les personnes visées
par la procédure de conciliation
Selon l’article 1-1 de l’AUPCAP, les personnes pouvant
faire l’objet d’une procédure collective sont toute
personne physique exerçant une activité
professionnelle indépendante, civile, commerciale,
artisanale ou agricole, ou toute personne morale de
droit privé, ainsi qu’à toute entreprise publique ayant la
forme d’une personne morale de droit privé.
En revanche, la procédure n’est applicable aux
personnes morales de droit privé qui exercent une
activité soumise à un régime particulier que lorsqu’il
n’en est pas disposé autrement dans la réglementation
spécifique régissant ladite activité.
Avant la réforme de l’acte uniforme, seules les
personnes physiques commerçantes pouvaient faire
l’objet d’une procédure collective. Mais depuis la
réforme le champ d’application des procédures
collectives s’est étendu aux personnes physiques
menant une activité professionnelle indépendante,
civile, artisanale ou agricole.
C’est pourquoi, désormais, même les membres de la
profession libérale ne pourront plus échapper aux
procédures collectives. Le critère ne tient plus à la
commercialité du débiteur, mais plutôt à celui de
l’exercice d’une activité indépendante.
Quant aux personnes morales, la conciliation ne vise
que celles qui connaissent des difficultés avérées ou
prévisibles, mais qui ne sont pas encore dans une
situation de cessation de paiements.
b. Les conditions liées à la procédure
Conformément à l’article 3 de l’AUPCAP, la procédure
de conciliation relève de la compétence du Président de
la juridiction compétente en matière de procédures
collectives. L’article 3-1 ajoute que la juridiction
territorialement compétente est celle dans le ressort de
laquelle le débiteur, personne physique a son principal
établissement, ou le débiteur personne morale a son
siège social. Dans le cas où le principal établissement
ou le siège social est à l’étranger, la procédure se
déroule devant la juridiction dans le ressort de laquelle
se trouve le principal centre d’exploitation du débiteur
personne physique ou personne morale situé sur le
territoire national.
Par ailleurs, l’acte uniforme précise que le Président de
la juridiction compétente doit être saisi par une requête
conjointe du débiteur avec un ou plusieurs de ses
créanciers. On voit donc clairement que les créanciers
ne peuvent pas à eux seuls enclencher la procédure de
conciliation.
Si le Président de la juridiction compétente est
convaincu des difficultés de l’entreprise, il procède à
l’ouverture de la procédure de conciliation. Il prononce
alors une ordonnance par laquelle il désigne le
conciliateur. Cette ordonnance indique la durée de la
mission du conciliateur qui ne peut, en principe,
excéder trois mois, avec une possibilité de prorogation
d’un mois. Si, au terme de ce délai, aucune demande
d’homologation n’a été présentée devant le Président
de la juridiction compétente, la procédure prend fin de
plein droit et aucune autre procédure de même nature
ne peut être ouverte dans les trois qui suivent.

2. Le déroulement et l’issue de la conciliation


La mission principale du conciliateur est de faciliter la
conclusion, entre le débiteur et ses créanciers ainsi que
ses cocontractants, d’un accord amiable destiné à
mettre fin aux difficultés de l’entreprise. Pour ce faire, le
conciliateur a le droit d’exiger du débiteur tous
renseignements utiles.
Le conciliateur doit au cours de sa mission rendre
compte régulièrement au Président de la juridiction
compétente, de l’état d’avancement de sa mission et
formuler toutes observations utiles. En cas de
survenance de la cessation des paiements, le
conciliateur ou le débiteur en informe le Président. Ce
dernier peut à tout moment, s’il a connaissance de la
survenance de l’état de cessation des paiements,
mettre fin à la conciliation et à la mission du
conciliateur, après avoir entendu le débiteur et le
conciliateur.
En cas d’impossibilité de parvenir à un accord, le
conciliateur présente sans délai un rapport écrit au
président. Celui-ci met fin à sa mission et à la
conciliation, après avoir entendu le débiteur.
À tout moment, en l’absence de cessation de
paiements, le débiteur peut demander à ce qu’il soit
mis fin à la mission du conciliateur et à la conciliation,
auquel cas le Président de la juridiction compétente y
met fin sans délai. La décision mettant fin à la
conciliation et à la mission du conciliateur en l’absence
d’accord est notifiée au débiteur, au conciliateur ainsi
qu’aux créanciers et contractants appelés à la
conciliation, sans délai. Elle ne fait l’objet d’aucune
publicité.
La décision homologuant ou exequaturant l’accord n’est
pas susceptible de recours. Elle met fin à la conciliation.
Le cas échéant, la conciliation prend fin par la signature
de l’accord et, en tout état de cause, à l’expiration des
délais prévus à l’alinéa 1 de l’article 5-3.
Par dérogation à l’article 5-10, la décision
d’homologation ou d’exequatur, prise en application du
présent article, est susceptible d’opposition par tout
intéressé dans les 15 jours de sa publication d’avant les
juridictions compétentes. La décision de cette
juridiction peut aussi faire l’objet d’appel dans les 15
jours de son prononcé.
Pendant la durée de son exécution, l’accord interrompt
ou interdit toute action en justice et arrête ou interdit
toute poursuite individuelle, tant sur les meubles que
sur les immeubles du débiteur.
La juridiction ayant connu de la conciliation est la seule
compétente pour connaitre de toute inexécution de
l’accord et pour prononcer la résolution. Pour ce faire,
elle peut être saisie par une des parties à l’accord. Si la
résolution est prononcée, les créanciers recouvrent
l’intégralités de leurs créances, déductions faites des
sommes percutes.
L’ouverture de procédure de règlement préventif, de
redressement judiciaire ou de liquidations des biens
met fin de plein droit à la conciliation et, le cas échéant,
à l’accord.

B. LE REGLEMENT PREVENTIF
A l’instar de la conciliation, le règlement préventif est
une procédure destinée à éviter la cessation des
paiements ou la cessation d’activité de l’entreprise et à
permettre l’apurement de son passif au moyen d’un
concordat préventif. Une fois ouverte (1), la procédure
de règlement préventif connait un déroulement et une
issue (2), puis intervient l’exécution et les effets de la
décision homologuant le concordat préventif (3).
1. L’ouverture du règlement préventif
Selon l’article 6 de l’AUPCAP, le règlement préventif est
ouvert au débiteur qui sans être en état de cessation de
paiement des paiements, présente des difficultés
économiques et financières sérieuses. Il importe de
rappeler que l’ouverture de cette procédure se fait par
voie de requête du débiteur adressée au Président du
tribunal de première instance ou le tribunal de grande
instance pour la plupart des Etats membres de l’OHADA
ou encore le tribunal de commerce comme c’est le cas
au Burkina-Faso. Cette requête doit contenir l’exposé de
la situation économique et financière de l’entreprise,
qui doit être forcément difficile mais non
irrémédiablement comprise, ainsi les perspectives de
redressement de l’entreprise et d’apurement de son
passif.
Les documents ou pièces accompagnant la requête sont
énumérées à l’article 6-1 de L’AUPCAP et doivent dater
de moins de 30 jours.
Si le projet de concordat est sérieux, le Président de la
juridiction compétente ouvre la procédure de règlement
préventif et désigne un expert au règlement préventif
qui satisfait aux critères de conciliateur dans la
procédure de conciliation, lequel est chargé de faire un
rapport sur la situation financière du débiteur et les
perspectives de redressement.
Une innovation majeure consiste dans le pouvoir
conféré au juge saisie d’apprécier le caractère sérieux
du projet de concordat. Ce qui n’était pas le cas sous
l’ancien régime où, dès réception de la requête, le juge
pouvait rendre immédiatement l’ordonnance de
suspension des poursuites individuelles et désigner
l’expert sans devoir examiner la pertinence du projet de
concordat.
La décision d’ouverture du règlement préventif suspend
ou interdit toutes les poursuites individuelles tendant à
obtenir le paiement des créances nées antérieurement
à ladite décision pour une durée maximale de trois
mois, qui peut être prorogée d’un mois d’un mois dans
les conditions prévues à l’article 13 alinéa 2. Cette
suspension des poursuites individuelles concerne aussi
bien les voies d’exécution que les mesures
conservatoires, y compris toute mesure d’exécution
extrajudiciaire.
Elle s’applique à toutes les créances chirographaires et
à celles garanties par un privilège général, un privilège
mobilier spécial, un gage, un nantissement ou une
hypothèque, à l’exception des créances de salaires et
d’aliments.
Elle ne s’applique pas actions tendant à la
reconnaissance des droits ou des créances contestées,
ni aux actions cambiaires dirigées contre les signataires
d’effets de commerce autres que le bénéficiaire de la
suspension des poursuites individuelles.
2. Le déroulement et l’issue de la procédure de
règlement préventif
L’expert au règlement préventif doit remplir sa mission
dans les mêmes conditions que le conciliateur dans la
conciliation. Il rend régulièrement compte au Président
de sa mission et le tient informer de la situation
financière du débiteur.

Vous aimerez peut-être aussi