Creative commons : Paternité - Pas d’Utilisation
Commerciale - Pas de Modification 2.0 France (CC BY-
NC-ND 2.0)
[Link]
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
Université Claude Bernard Lyon 1
Institut des Sciences et Techniques de la Réadaptation
Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie
NOM : BARBASTE
Prénom : Samuel
Formation : Masso-Kinésithérapie – 3ème année
Prise en charge kinésithérapique
d’un patient parkinsonien en phase de lune de miel
Travail écrit de fin d’étude : étude clinique
Année universitaire 2010-2011
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
Résumé :
M.M est atteint de la maladie de Parkinson depuis quatre ans. Il bénéficie d’un suivi
kinésithérapique depuis maintenant trois années, mais celui-ci ne se fait dans le cabinet où j’ai
effectué mon stage que depuis un an et demi .Le patient avait été déçu par sa précédente prise
en charge.
M.M est dans une très bonne forme physique. Il possède une forte volonté de progresser,
est dynamique et à l’écoute de tous conseils susceptibles de le faire progresser. Cependant
M.M est angoissé par sa maladie et a des antécédents de dépression.
Les bilans révèlent de nombreux signes cliniques. Ils sont néanmoins peu marqués,
montrant ainsi clairement que la maladie n’en est qu’à ses débuts .La personnalité
extrêmement sportive et exigeante de M.M a été un facteur prépondérant dans le choix d’une
rééducation dynamique, para-sportive et préventive.
Au final, le patient a bien adhéré au projet thérapeutique, sans montrer de signes de
lassitude ou de mécontentement. Il y a trouvé de réels bienfaits et a montré quelques discrets
signes de progression, malheureusement difficiles à quantifier en raison du peu de temps dont
j’ai bénéficié et du caractère variable des signes.
Mots clés :
- Maladie de Parkinson
- Rééducation para-sportive et globale
- Dépression
- Phase de lune de miel
- Prévention
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
Abstract :
M.M is suffered from the Parkinson’s diseases since four year. He has a physiotherapist
from three year, but only from a year and half in the office where I made my work experience.
The patient was disappointed by his post rehabilitation.
M.M is in really good physical mood. He wants to progress, he is dynamic and he listen
the advice which can made progress him. But M.M is stressed by his disease and have
depression case history.
The balances show a large number of clinical signs. They are less mark, and show clearly
that the disease is at the beginning. M.M is a sport and exigent man that’s why we made the
choice of a dynamic, par sportive and preventive rehabilitation.
Finally, the patient was agreeing with the therapeutics project. He didn’t show signs of
disagreement or weariness and find real benefit. He shows few signs of progression.
Unfortunately with the few time which I dispose and the variable character of the sign, we
can’t quantify his progress.
Key words:
- Parkinson’s disease
- Global and par sportive rehabilitation
- Depression
- Honey moon phase
- Prevention
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
Sommaire
1. Introduction p.1
2. Présentation p.4
2.1. Anamnèse p.4
2.1.1. Présentation p.4
2.1.2. Antécédents médicaux et chirurgicaux p.5
2.1.3. Histoire de la maladie p.5
2.1.4. Traitements p.6
2.2. Bilans p.6
2.2.1. Bilan de la douleur p.6
2.2.2. Bilan cutanée trophique vasculaire p.6
2.2.3. Bilan de la sensibilité p.6
2.2.4. Bilan articulaire p.7
2.2.5. Bilan moteur p.7
2.2.6. Bilan musculaire p.9
2.2.7. Bilan orthopédique p.10
2.2.8. Bilan de la déglutition p.10
2.2.9. Bilan respiratoire p.10
2.2.10. Bilan fonctionnel p.11
2.2.11. Bilan vésico-sphinctérien p.11
2.2.12. Bilan psychologique p.12
3. Bilan diagnostic kinésithérapique p.12
3.1. Déficiences p.12
3.2. Limitation d’activités p.13
3.3. Restriction de participation p.13
4. Planification p.13
4.1. Objectifs p.13
4.2. Principes rééducatifs p.14
4.3. Rééducation p.14
4.3.1. Prise de contact p.14
4.3.2. Massages p.14
4.3.3. Etirements musculaires p.15
4.3.4. Mobilisations manuelles passives p.15
4.3.5. Rééducation posturale p.16
4.3.6. Correction et prévention des troubles de la marche p.16
4.3.7. Travail de prévention des chutes et des troubles respiratoires p.18
4.3.8. Préparation physique et rééducation para-sportive p.18
4.3.9. Gymnastique collective p.19
4.3.10. Conseils et exercices pour le domicile p.20
4.4. Bilans finaux p.21
5. Discussion p.21
6. Conclusion p.24
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
1. Introduction
Ce mémoire a été réalisé dans un cabinet libéral situé à Lyon dans le quartier de
Monplaisir. La structure comprend trois kinésithérapeutes exerçant à temps plein en libéral.
L’activité est essentiellement composée de patients venant consulter pour des problèmes uro -
gynécologique, rhumatologique et traumatique.
En ma qualité de stagiaire masseur-kinésithérapeute, j’ai été amené à prendre en charge
M.M. Ce patient est atteint de la maladie de Parkinson depuis maintenant quatre ans .Il est
actuellement sous traitement médical quotidien. Il ne bénéficie d’une prise en charge
kinésithérapique que depuis trois ans, et depuis un an et demi dans ce cabinet .M.M avait été
préalablement suivi dans un autre cabinet. Cela s’était mal passé en raison d’une prise en
charge qu’il jugeait trop incomplète, peu performante et surtout pas assez stimulante et en
accord avec ses objectifs. Je me suis tout de suite intéressé au cas de M.M, pour plusieurs
raisons :
- le côté inhabituel de cette prise en charge au milieu de soins plus classiques ;
- une volonté de mieux connaitre une maladie qui est la plus fréquente en pathologie
dégénérative neurologique, très présente sur la scène médiatique et bien connue du
grand public ;
- la personnalité du patient ;
- le challenge que représentait le fait de rendre sa rééducation attractive et en adéquation
avec son potentiel physique et intellectuel ;
- pour des raisons personnelles ;
- aspect polymorphe de la maladie.
La prise en charge s’est déroulée sur une durée de trois semaines, à raison d’une séance
individuelle par semaine et d’une séance hebdomadaire de gymnastique en groupe.
Généralement les séances individuelles étaient effectuées par moi-même et la gymnastique de
groupe par le kinésithérapeute référent de M.M avec ma participation physique.
La maladie de Parkinson est l’affection dégénérative la plus présente en pathologie
neurologique .Sa fréquence est discrètement plus élevée chez les hommes que chez les
femmes : 2/1000 dans la population générale et 2/100 chez les plus de soixante cinq ans.
Les deux tiers des sujets présentent leurs premiers signes entre cinquante et soixante neuf
ans [12].Cependant, il existe également des formes juvéniles (trente ans) sur prédisposition
génétique. Elle est répandue sur toute la surface du globe et présente quelques faibles
BARBASTE
1
(CC BY-NC-ND 2.0)
Figure 1 : schéma des mécanismes neurophysiologiques [11]
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
variations régionales ; un seul foyer est décrit en Inde. Elle est la deuxième cause de handicap
moteur chez le sujet âgé.
La maladie se traduit par une perte progressive des neurones dopaminergiques nigrostriés
[11]. Les voies extrapyramidales fonctionnent en boucle fermée avec une balance d’activité
inverse faisant intervenir comme neuromédiateur la dopamine et l’acétylcholine. Ces voies
sont branchées sur le faisceau pyramidal. Au cours de la maladie, on remarque une raréfaction
des neurones du locus Niger. De fait, on va constater une diminution de l’inhibition par les
neurones dopaminergiques et un sur-emballement du système cholinergique (fig.1). Le
traitement médical principal va donc consister à compenser le manque de dopamine. Le
système extrapyramidal possède un rôle moteur controlatéral : il intervient dans le contrôle
de la motricité automatique (marche, vélo) et agit dans l’initiation et le déroulement des
programmes et des plans moteurs préétablis (contractions segmentaires, précision du geste,
inhibition tonique sur les mécanismes du mouvement lors du maintien de la position d’un
membre). La dégénérescence progressive des cellules du locus Niger caractérise la maladie de
Parkinson. Elle entraine la rupture de l’équilibre dopamine/acétylcholine, traduite par un
hypofonctionnement dopaminergique et une hyperactivité cholinergique. Actuellement, il
n’existe aucun traitement curatif. Le traitement médical de référence reste la L-Dopa même si
les agonistes dopaminergiques jouent un rôle thérapeutique croissant [13].
Les causes de la maladie de Parkinson restent inconnues. Cependant deux catégories de
facteurs [12] se détachent :
- les facteurs environnementaux d’origine toxique. Cette hypothèse a été avancée dans
le cas du patient en raison de son travail de chimiste dans les biocides ;
- la génétique, spécialement pour les formes juvéniles.
Le syndrome parkinsonien s’individualise des autres syndromes extrapyramidaux par
l’association d’une triade caractéristiques [13] :
- le tremblement de repos : prédomine aux extrémités, lent, de trois à six cycles par
seconde, régulier, augmente aux émotions et au calcul mental ;
- akinésie ou perte des mouvements automatiques : lenteur des gestes, disparition de la
mimique ou faciès figé ;
- hypertonie plastique : homogène, en tuyau de plomb, roue dentée.
BARBASTE
2
(CC BY-NC-ND 2.0)
Figure 2 : pourcentage de patients déprimés dans les dernières études [11]
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
L’apparition d’un tremblement de repos est le signe le plus fréquent (70 /100 des patients
pour Mjones et Hoehn et Yahr) au début, associé généralement à une micrographie et une
perte du ballant d’un bras. Cependant des signes moins spécifiques, comme la dysphagie, les
crises sudorales, la diplopie, un état dépressif avec un ralentissement moteur important, des
douleurs d’épaule qui résistent aux traitements habituels peuvent être rencontrés au départ.
Pour la dépression, son apparition est si fréquente que de plus en plus d’auteurs la considèrent
comme le quatrième signe de la maladie (fig.2). Son apparition peut avoir des conséquences
sur le timing du diagnostic et son affirmation .En effet il est parfois difficile de différencier le
ralentissement dépressif de l’akinésie. Dans le cas de M.M, la dépression a précédé le
diagnostic. Se pose aujourd’hui la question de savoir si celle-ci n’a pas masqué le début de la
maladie. Il faut également souligner l’importance de la variabilité des signes qui caractérise
cette pathologie. En effet, d’un jour à l’autre, les signes peuvent significativement varier. Les
émotions, le froid, le calcul mental influent sur leurs expressions, pouvant aller jusqu’à leur
disparition durant une courte période, notamment sur le coup d’une forte émotion. La
médication ne fait qu’accentuer un phénomène déjà présent auparavant.
L’évolution de la maladie comprend trois phases :
- la phase de lune de miel ;
- la phase d’état ;
- la phase de déclin moteur.
La phase de lune de miel fait suite à une période de découragement suivant l’annonce du
diagnostic. Le patient, bouleversé par la nouvelle, vit souvent une période de profonde
démoralisation. Cette première phase dure entre trois et huit ans et se caractérise par une
pleine efficacité du traitement médical [12]. Les conséquences de la maladie sur la motricité
sont minimes et le patient conserve intact, ou presque, son potentiel physique. On observe
habituellement peu de symptômes: légère dépression, perte du ballant d’un bras, fatigabilité et
lenteur des mouvements.
Généralement, la rééducation ne s’impose pas sauf dans quelques cas spécifiques : si le
patient est peu habitué à l’exercice physique, si les manifestations touchent de façon
prématurée l’axe rachidien et perturbent ainsi les activités fonctionnelles, ou s’il s’agit de
formes douloureuses. M.M ne rentre dans aucune de ces catégories. Il s’agit d’un sujet encore
particulièrement autonome, possédant des capacités physiques, motrices et intellectuelles
extrêmement importantes pour son âge et au vu du diagnostic qui lui a été donné. Après ce
tableau très positif, on peut être en droit de se demander pourquoi M.M bénéficie
BARBASTE
3
(CC BY-NC-ND 2.0)
actuellement d’une rééducation. Son haut niveau physique en est la raison principale. En effet,
le patient, très actif, ressent d’autant plus les déficiences qui sont en train de s’installer et vit
très mal le fait d’être limité, ceci étant un important facteur de stress et d’angoisse. Beaucoup
d’auteurs considèrent qu’en phase de lune de miel, l’angoisse [2] est l’un des facteurs les plus
importants à surveiller et prendre en compte au vu du rôle qu’il peut tenir dans la majoration
des symptômes. M.M est satisfait de pouvoir bénéficier d’un encadrement auprès de
professionnels. En outre, certains signes déjà présents (raideur musculaire, hypercyphose
thoracique) ou en train d’émerger (ralentissement moteur, amimie) peuvent justifier une prise
en charge rééducative. Face à cela, nous nous sommes posé la question suivante : « Comment
proposer une rééducation préventive, palliative, positive, adaptée à la maladie de Parkinson,
en accord avec la personnalité extrêmement sportive du patient, lui permettant de retrouver
un réel plaisir dans sa rééducation tout en en retirant des bénéfices physiques et psychiques ?
». Afin de répondre à ces objectifs, nous avons proposé une rééducation sous forme ludique
ou para-sportive dans le but de développer le potentiel physique et moteur, sans oublier de
prendre en compte les premiers signes cliniques pouvant être handicapants, notamment
l’amimie ayant un réel impact sur la vie sociale et de couple, et en anticipant la survenue des
troubles futurs.
2. Présentation de l’étude
[Link]èse
2.1.1. Présentation du patient :
Mr M, né le 09 mars 1946, a actuellement 64 ans. Il pèse 62 kg, et mesure 1m70. Il est
droitier.
Mr M est retraité depuis la fin de l’année 2003. Il était chimiste dans les biocides. Il est
marié et vit seul avec sa femme, dans un appartement au 5ème étage avec ascenseur. Il
déclare les monter à pied environ dix fois par semaine.
Il a 2 enfants : un garçon de 39 ans vivant en Espagne, et une fille de 36 ans vivant en
Allemagne. Sa femme est également retraitée.
Les loisirs de Mr M. sont :
- des conférences à l’Université pour tous, environ deux fois par semaine ;
- du jardinage ;
- il est membre actif de l’association « Parkinson France » ;
BARBASTE
4
(CC BY-NC-ND 2.0)
- il fait du vélo : en 2011, il a parcouru 850 kms dans l’année (annexe 3) ;
- il marche tous les jours au minimum 1 heure. Les deux tiers du temps, ses marches
sont supérieures à 1h30 ; et il déclare effectuer au moins une fois par semaine une
marche de 5h ;
- tourisme ;
- spectacles ;
- repas entre amis, environ une fois par semaine.
2.1.2. Antécédents médicaux et chirurgicaux
Les antécédents chirurgicaux sont :
- 2004 : varices droite et gauche ;
- 2008 : hernie inguinale droite.
Les antécédents médicaux sont :
- 2004 : chute de vélo avec fracture déplacée de l’omoplate gauche et multiples fractures
de côtes ;
- 2005 : dépression durant un an avec grosse perte de poids (chute à 50 kg).
2.1.3. Histoire de la maladie
Les premiers signes observés l’ont été par sa femme :
- ralentissement moteur ;
- difficulté de concentration ;
- moindre envie générale ;
- tremblement de la main gauche et de la jambe gauche ;
- visage moins expressif.
Le diagnostic a été posé, alors que Mr M. avait 61 ans, le 19 mars 2007. Il fut difficile à
établir, compte tenu de l’état dépressif du patient et de la similitude de certains symptômes.
Actuellement, les principaux signes sont :
- tremblement de repos au niveau de l’hémicorps gauche ;
- ralentissement moteur ;
- amimie ;
- asthénie ;
BARBASTE
5
(CC BY-NC-ND 2.0)
- raideur ;
- baisse de l’équilibre dynamique ;
- changements comportementaux observés : indifférence, irritabilité, impatience.
2.1.4. Traitement
Le traitement médical se compose actuellement de :
- Effexor® : un comprimé le matin ;
- Sifrol® : un comprimé matin, midi et soir.
Outre le traitement médical, le patient bénéficie d’une prise en charge kinésithérapique
depuis 3 ans, une fois par semaine. Il effectue également une séance de gymnastique une fois
par semaine.
[Link]
2.2.1. Bilan de la douleur
Le patient ne souffre d’aucune douleur nocturne, ni diurne au repos (EVA à 0).
Il se plaint de douleur à l’activité au niveau du bord externe de l’humérus, principalement
au niveau du tiers supérieur. Ces douleurs peuvent irradier jusqu’au niveau du tiers inférieur
du bras. Elles sont accentuées par le froid et sont présentes même à la marche (EVA à 3).
2.2.2. Bilan cutanée trophique vasculaire
Le patient ne présente pas d’œdème, ni de signe algoneurodystrophique .Il ne souffre pas
d’hypotension orthostatique, ni d’hyper séborrhée, ni d’hyper sialorrhée.
En revanche, on observe une forte tendance à l’hypersudation.
De plus, on constate, au niveau de la main gauche, une cyanose quasi permanente.
2.2.3. Bilan de la sensibilité
Sensibilité objective :
- lemniscale : l’arthrokinesthesie et la sensibilité discriminative ne présentent aucune
anomalie. La pallesthésie n’a pas pu être testée faute de matériel à disposition ;
- extra-lemniscale : les sensibilités thermiques et algiques sont bonnes ;
- TINEL : Le test s’est avéré négatif.
BARBASTE
6
(CC BY-NC-ND 2.0)
Sensibilité subjective : le sujet ne présente pas de crampes, pas de sensation de douleur en
torsion ou broiement, pas d’impression de brûlure ni de fourmillement. Néanmoins les
crampes et les courbatures arrivent plus vite qu’avant lors des activités sportives.
2.2.4. Bilan articulaire
Il est observé une raideur globale de l’épaule gauche en flexion, rotation interne, rotation
externe (annexe 9). Cette raideur est ancienne et persiste toujours aujourd’hui avec une légère
gêne fonctionnelle à l’activité physique.
Les doigts présentent un très discret enraidissement bilatéral mais sans aucune
conséquence fonctionnelle (annexe 9). Les dix points de la course de Duparc sont réalisés côté
droit et côté gauche.
Au niveau des membres inférieurs aucun déficit notable n’est observé .La griffe des orteils
est réalisée dans toute son amplitude côté droit et côté gauche.
Pour les cervicales nous notons une rotation droite de 45°, et une rotation gauche de 50°.
La suite de l’évaluation de la mobilité cervicale est à apprécier dans le bilan
orthopédique.
2.2.5. Bilan moteur
Hypertonie :
- il n’y a pas de phénomène de roue dentée ;
- il n’y a pas d’exagération du réflexe d’étirement caractérisé par la manœuvre de
Froment, mobilisation du patient en flexion d’épaule tout en y associant une extension
de coude. Il n’est pas observé de mobilité involontaire controlatérale ;
- le patient ne se plaint ni de crampes spontanées ni de myalgies ;
- le tonus abdominal est bon ;
- à la palpation, il est remarqué des contractures permanentes para vertébrales,
trapézoïdales, et des contractures intermittentes sur les ischio-jambiers, les quadriceps
et les triceps suraux.
Tremblements :
- les tremblements de repos sont permanents au niveau de l’hémicorps gauche. Ils sont
cotés à 3 sur Unified Parkinson’s Disease Rating Scale (UPDRS) [6] (annexe 4) ;
- ils sont majorés par les émotions, la fatigue, et le stress. En revanche, le calcul mental
n’affecte en rien leur intensité ;
BARBASTE
7
(CC BY-NC-ND 2.0)
- aux dires du patient, ces tremblements s’arrêtent environ 3 à 4 fois par jour et pendant
quelques minutes ;
- il n’est observé aucun tremblement côté droit.
Mouvements dystoniques :
- M.M ne présente aucun mouvement dystonique (annexe 4).
Akinésie :
- Parole :
o elle est cotée à 1 sur l’échelle UPRDS [6] (annexe 4) : baisse légère de
l’intonation et du volume ;
o l’élocution est bonne mais le rythme monotone ;
o les propos ne sont pas coupés par des pauses involontaires supérieures à 1
seconde au milieu des phrases ;
o on n’observe ni dysphonie ni dysoprodie ;
o M.M présente une amimie qui lui confère un aspect figé et insensible,
particulièrement perturbant dans sa vie sociale et affective.
- Ecriture :
o le patient s’entraine quotidiennement ;
o elle est très légèrement ralentie ;
o aucun blocage ne vient perturber l’initiation de l’écriture ;
o il ne présente pas de micrographie.
- Marche :
o le patient ne présente aucun freezing. La marche est ralentie avec une longueur
de pas diminuée et une forte tendance à l’accrochage. Le ballant des bras est
inexistant ;
o en revanche, on ne constate aucune festination [8]. M.M est réactif aux
consignes de changement de direction et ne présente aucun déséquilibre dans
leur réalisation ;
o la marche se fait sans aide technique ;
o au test du « marcher et parler », aucun signe ne se surajoute ou ne se majore ;
o M. M est un grand marcheur (annexe 3) et cette activité apparaît essentielle à
son bien-être physique. Son périmètre de marche est supérieur à 10
kilomètres ;
BARBASTE
8
(CC BY-NC-ND 2.0)
Figure 3 : Echelle de Columbia
Ǧ 1 : Aucune
Ǧ 2 : Ralentissement minime donnant un caractère mesuré au mouvement
Ǧ 3 : Ralentissement et rareté des mouvements modérés, lenteur pathologique
Ǧ 4 : Ralentissement modéré avec parfois hésitation à l’initiation du mouvement et arrêt au
cours du mouvement
Ǧ 5 : Sévère ralentissement et rareté du mouvement avec blocages fréquents et long, retard à
la mise en route.
Tableau 1 : mesure des périmètres musculaires
Figure 4 : sit-up test
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
o M.M monte et descend parfaitement bien les escaliers, même si on note une
gêne à la descente due à une appréhension grandissante du risque de chute ;
o la marche arrière se fait plus lentement et avec une certaine appréhension qui
n’influe pas sur la réalisation de l’exercice ;
o le patient marche sur les talons sur un périmètre d’environ 3 mètres sans
déséquilibre ;
- Gestuelle :
o la bradykinésie est évaluée à 2 sur l’échelle de Columbia (fig.3) :
ralentissement minime donnant un caractère mesuré aux mouvements ;
o le patient ne présente aucun tremblement d’action. Les gestes sont coordonnés.
Aucun mouvement dystonique ne vient perturber les activités. Au test « doigt-
nez », on observe aucune dysmétrie ni dyschronométrie. Cependant, le
ralentissement général est toujours présent. Evaluée au test des
« marionnettes », la diadococinésie ne présente aucun déficit.
2.2.6. Bilan musculaire
Force :
- Les tests effectués et la mesure des périmètres musculaires (tab.1) montrent une perte
de force par semi ou sous utilisation. Néanmoins, aucun déficit majeur n’est relevé, à
l’exception du membre supérieur gauche en abduction fonctionnelle, rotation médiale
et flexion de poignet.
- M.M se plaint d’être plus sujet aux crampes et aux myalgies post effort qu’auparavant.
- L’évaluation des abdominaux se fait avec le « sit-up test » (fig.4). Ce dernier est
effectué sans le blocage des pieds. Le patient a réalisé 7 répétitions, témoins d’une
bonne tonicité abdominale. M.M ne souffre d’aucune constipation chronique depuis
son diagnostic.
Muscles de la face :
Il s’agit surtout de tester des fonctions (annexe 8). Globalement tous les mouvements sont
possibles mais avec des amplitudes et une intensité limitées. La défaillance principale est
notée pour le muscle occipito-frontal innervé par le nerf facial 7. Les sourcils ne présentent
pratiquement pas de mobilité mais une ébauche de mouvement. Quand le patient hausse les
sourcils aucune ride frontale n’apparait.
BARBASTE
9
(CC BY-NC-ND 2.0)
Figure 5 : attitude spontanée debout
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
2.2.7. Bilan orthopédique
Morpho-statique :
- Debout : se dessinent une hyper- cyphose dorsale avec une légère extension cervicale
compensatrice, et une forte ante-projection de la tête. En position spontanée contre le
mur (fig.5), la distance occiput-mur est de 9 cm. Néanmoins, cette cyphose est
partiellement réductible car en extension axiale active, elle se réduit à 7 cm. De plus,
sa posture témoigne d’un enroulement antéro-interne bilatéral des épaules, témoin
d’une rétraction pectorale. Les bras sont collés le long du corps avec les avant bras en
flexion-pronation. Le patient présente une discrète attitude générale en flexion [11].
- Assis : aucun signe ne s’ajoute ou ne se majore.
- Couché : le « signe de l’oreiller » est présent, témoignant de l’existence d’une
hypertonie. La distance occiput- table est de 8 cm à 0 minute, et de 6 cm à 1 minute.
On observe un enroulement antérieur des épaules. La distance acromion-table est de 3
cm. Il n’y a pas d’amélioration significative après relâchement musculaire. On note
des flexums de genoux et de hanches bilatéraux :
o genou droit et gauche : 10° ;
o hanche droite et gauche : 5°.
Ces amplitudes sont réversibles en actif.
Morpho-dynamique :
Les tests effectués (annexe 10) montre un enraidissement global du tronc, des cervicales et
des membres inférieur.
2.2.8. Bilan de la déglutition
M.M ne se plaint d’aucune gêne.
2.2.9. Bilan respiratoire
M.M présente une toux et des accélérations de flux expiratoire (AFE) efficaces. La
ventilation diaphragmatique est acquise.
Mesure sous-mamelonnaire des périmètres thoraciques :
- expiration maximum : 92 cm ;
- inspiration maximum : 97 cm.
L’ampliation thoracique est légèrement limitée.
BARBASTE
10
(CC BY-NC-ND 2.0)
2.2.10. Bilan fonctionnel
Equilibre :
- l’équilibre assis est normal. L’équilibre debout, pieds joints, est satisfaisant. Le patient
est capable de résister à des poussées déséquilibrantes de moyenne intensité ;
- les réactions parachutes sont performantes ;
- l’équilibre unipodal gauche et droit, yeux ouverts, est supérieur à 6’’. En revanche,
yeux fermés, le tenu est inférieur à 5’’, avec un déséquilibre important.
Transfert :
- M.M présente une autonomie complète (annexes 6 et 7).
- M.M présente un risque de chute extrêmement faible (annexe 11). Cependant, selon
ses propres mots, il commence à appréhender les marches longues, les terrains
difficiles, la descente des escaliers. Le test de « relevé du sol » s’est avéré positif.
Activités de la vie quotidienne :
- l’échelle d’évaluation de la vie quotidienne de Schwab et England (annexe 5) montre
que la maladie a actuellement peu d’impact sur la vie quotidienne ;
- la conduite diurne ne pose aucun problème. En revanche, la nuit, la conduite est
devenue très anxiogène, compte tenu des assoupissements impromptus provoqués par
les médicaments. Par ailleurs, de jour comme de nuit, M.M laisse sa femme conduire
le plus souvent possible, par mesure de sécurité ;
- les tâches ménagères sont effectuées. Ces affirmations sont confirmées par son épouse
qui ne remarque aucun changement à cet égard ;
- les loisirs : M.M est très actif aussi bien socialement que physiquement. Cependant, le
temps consacré à certaines activités a diminué, comme la marche par exemple, ainsi
que leurs difficultés.
2.2.11. Bilan vésico-sphinctérien
M.M ne souffre d’aucun antécédent d’infection urinaire. Il se plaint cependant de besoins
mictionnels impérieux lorsqu’il passe la main sous l’eau froide, ceci ayant déjà entrainé
quelques fuites. Ces besoins peuvent traduire le début de fluctuations motrices
caractéristiques de la maladie de Parkinson.
BARBASTE
11
(CC BY-NC-ND 2.0)
Figure 6 : illustration de l’amimie
Neutre Souriant Triste
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
2.2.12. Bilan psychologique
M.M est très motivé pour sa rééducation. Il possède une réelle envie de progresser et est
ouvert aux conseils qu’on peut lui donner. Parallèlement, M.M est aussi extrêmement
exigeant : il n’est pas forcément évident de le faire adhérer au projet s’il n’évalue pas tous les
bénéfices qu’il pourrait en retirer.
De plus, il est très angoissé par sa maladie. Il est donc fondamental d’éviter de le mettre
en situation d’échec, ce qui pourrait entrainer une chute de moral et une majoration des signes
physiques. Il faut aussi garder à l’esprit que son diagnostic a été fait sur un terrain dépressif
assez récent, qui nécessitera une surveillance accrue et sera pris en compte dans l’évaluation
d’éventuels progrès.
Il faut rappeler la prépondérance de l’aspect psychologique sur l’intensité de l’expression
des symptômes physiques et donc l’extrême importance de leur évaluation et de leur
surveillance tout au long de la prise en charge.
3. Bilan diagnostic – Kinésithérapique
3.1.Déficiences
- raideur musculaire ;
- raideur articulaire au niveau du complexe de l’épaule gauche ;
- troubles de la statique ;
- fatigabilité ;
- douleur résistante de l’épaule gauche ;
- amimie (fig.6) ;
- troubles de l’équilibre associés à des troubles de la marche débutants ;
- faible ampliation thoracique ;
- troubles de l’émotion : anxiété, dépression ;
- troubles de l’élocution débutants ;
- tremblements de repos ;
- assoupissements impromptus lors de la conduite nocturne ;
- fonte musculaire débutante ;
- crampes et myalgies post-effort majorées ;
- hypersudation.
BARBASTE
12
(CC BY-NC-ND 2.0)
[Link] d’activités
- appréhension de la descente des escaliers ;
- pas de travail en force du membre supérieur gauche ;
- gêne sociale due aux tremblements et à l’amimie.
[Link] de participation :
- conduite nocturne ;
- marche sur terrain trop accidenté ;
- marche sur de très longues distances ;
- gêne occasionnelle de la vie sociale et affective ;
- kinésithérapie hebdomadaire ;
- médication quotidienne.
4. Planification
[Link]
Patient :
- conservation et entretien des capacités physiques ;
- conscient que sa maladie n’en est qu’à ses débuts, M.M évoque même la volonté de
progrès ponctuels.
Kinésithérapiques :
- entretien des amplitudes articulaires et limitation des raideurs articulaires ;
- amélioration des aptitudes fonctionnelles ;
- renforcement musculaire ciblé et à visée fonctionnelle ;
- donner une image corporelle positive afin que le patient reprenne confiance en lui ;
- rééducation préventive des troubles induits par la maladie de Parkinson ;
- conservation des acquis physiques ;
- adhésion du patient au projet rééducatif.
BARBASTE
13
(CC BY-NC-ND 2.0)
[Link] rééducatifs
- répétition ;
- anticipation ;
- rythme ;
- éducation thérapeutique ;
- rééducation globale et dynamique allant dans le sens de l’ouverture ;
- utilisation au maximum des possibilités physiques pour provoquer une dynamique de
réussite ;
- exercices diversifiés ;
- ne pas mettre le patient face à des situations d’échec.
4.3. Rééducation
Le rythme de la prise en charge se fait sur la base d’une séance individuelle et d’une
séance de gymnastique collective par semaine.
4.3.1. Prise de contact
Les premières séances ont servi à observer le patient dans sa rééducation afin de cibler
les principaux déficits et de permettre de dresser un premier tableau général. Elles ont
également permis d’écouter le patient : son histoire, ses centres d’intérêt, son ressenti face à la
maladie et la rééducation. Cette écoute a permis l’instauration d’une relation de confiance,
indispensable pour le bon déroulement de la prise en charge [1].
4.3.2. Massages
Les massages n’étaient pratiqués que sur demande du patient. Les principales zones à
traiter sont les muscles para-vertébraux, les trapèzes, les quadriceps, les ischio-jambiers et les
triceps suraux dans une optique de détente et de décontraction musculaire. La durée est de 20
minutes.
Un massage/mobilisation du complexe de l’épaule gauche est réalisé à but antalgique, en
raison de douleur tenace.
BARBASTE
14
(CC BY-NC-ND 2.0)
4.3.3. Etirements musculaires
Nous ne décrirons ici que les étirements musculaires passifs réalisés par le
kinésithérapeute, les autres formes d’étirements seront abordées plus loin. Les principaux
groupes musculaires ciblés sont :
- les ischio-jambiers : en décubitus dorsal, posture unilatéral en flexion de hanche à 90°,
puis on met progressivement en extension de genou. Il est intéressant de rajouter une
flexion dorsale de la tibio-tarsienne afin d’agir également sur les triceps suraux ;
- les quadriceps : en décubitus ventral, hanche en position neutre ou avec un léger
coussin sous les épines iliaques antéro supérieurs (EIAS), le kinésithérapeute va
progressivement emmener en flexion de genou ;
- le psoas iliaque et le chef droit antérieur du quadriceps : le sujet est allongé en bord de
table avec les membres inférieurs (MI) en dehors. Le patient plaque contre son thorax
le MI controlatéral en triple flexion. Ensuite le kinésithérapeute va mettre le coté étiré
en extension de hanche, étirement du psoas iliaque, puis petit à petit y associer une
flexion de genou pour un étirement du droit antérieur ;
- les trapèzes : posture en inclinaison controlatéral, rotation homolatéral de la tête
associé à une contre prise homolatéral visant à abaisser l’épaule homolatéral ;
- les grands pectoraux : en décubitus dorsal, posture unilatéral passive, en flexion
abduction rotation externe d’épaules avec contre prise thoracique.
Habituellement ces étirements sont réalisés 2 fois au cours de chaque séance, le temps de
tenu est de 1 minute, avec une mise en tension progressive et sans à coup.
4.3.4. Mobilisations manuelles passives
Les objectifs de ces mobilisations sont l’entretien des amplitudes articulaires, la lutte
contre l’enraidissement et l’antalgie pour la douleur ancienne de l’épaule gauche. Elles se font
dans tous les degrés de liberté possibles et concernent surtout les épaules, hanches, genoux,
chevilles. Elles ont la particularité d’être rapides afin de lutter contre l’hypertonie plastique,
exception faite de l’épaule gauche dont la visée est antalgique. Elles sont infra-douloureuses
et maintenues en bout de course. Malgré le caractère ciblé, les mobilisations se font d’une
manière globale, patient installé sur le dos, accompagné d’une composante de traction
appliquée dans l’axe du membre mobilisé. Au niveau des membres inférieurs, on associera en
plus, des manœuvres de ballotement lentes, rythmiques, pour obtenir une liberté articulaire et
une détente musculaire.
BARBASTE
15
(CC BY-NC-ND 2.0)
4.3.5. Rééducation posturale
1er temps : prise de conscience de l’attitude générale en position spontanée
Le patient se tient debout contre le mur, pieds joints et talons collés au mur. Pour une prise
de conscience des défauts - enroulement des épaules, cyphose thoracique haute,
antéprojection de la tête - nous lui demandons de venir passer sa main dans les espaces entre
le mur et les déformations.
Cette méthode s’est révélée un peu décevante à ses yeux. Nous avons donc réalisé
plusieurs photos. Celles-ci lui sont montrées avec explication des déformations. Ce système
s’est avéré beaucoup plus ludique et parlant pour M.M.
2ème temps : travail de correction
Travail d’extension axiale active. Le patient se positionne pieds joints, talon contre le mur,
genoux en extension plaqués au mur, rétroversion du bassin, bras le long du corps en
supination et rotation externe, omoplates serrées, menton rentré et en stimulant on amène la
tête en arrière et les cervicales en extension. Cet exercice peut être précédé et suivi de petits
étirements analytiques dans l’optique d’obtenir un relâchement musculaire et une détente
générale.
3ème temps : Prise de conscience de la correction avec photos.
Cette étape est très importante pour l’image positive qu’elle renvoie au patient, et qui de
plus, démontre ponctuellement l’efficacité de l’exercice.
4.3.6. Travail et prévention des troubles de la marche
M.M présente principalement un ralentissement, une perte du ballant des bras, un
raccourcissement de la longueur des pas et une appréhension grandissante du risque de chute
dans les escaliers ou les terrains instables. Les grands principes dans ce travail sont :
dynamisme, rythme, consignes variées données systématiquement avant que l’exercice ne
débute afin d’y associer un travail cognitif, utilisation optimale des capacités physiques et
refus d’un travail dans le confort.
Marche analytique :
- marche en avant accélérée en prenant soin d’attaquer avec le talon, d’accentuer la
flexion de hanche, d’exagérer le ballant des bras. En caricaturant, il est demandé au
patient de marcher comme « le militaire à la parade ». De plus cet exercice associe un
BARBASTE
16
(CC BY-NC-ND 2.0)
travail postural qui présente un intérêt dans le cas de M.M car il permet une marche en
position corrigée ;
- marche en arrière en regardant droit devant soi ;
- marche latérale droite et gauche, indispensable pour la réalisation des demi-tours qui
nécessitent toujours un temps de marche latérale ;
- marche en avant avec les yeux fermés.
Pendant tous ces exercices, il est demandé à M.M de raconter quelque chose ou de
répondre à des questions dans l’optique de gérer deux activités en parallèle sans qu’elles
interfèrent l’une sur l’autre.
Afin d’améliorer la vigilance, travailler les changements de direction et rendre plus
performante la sélection des informations au cours de la marche, les consignes (demi tour,
tour complet en progression) sont expliquées préalablement et envoyées à l’aide de signaux
sonores en tapant des pieds ou des mains, et appliquées instantanément par M.M.
Changement de direction et déséquilibre :
- les mêmes exercices que précédemment sont proposés mais avec des modifications :
on rajoute des plots autour desquels le patient tourne, des obstacles à enjamber pour
travailler la hauteur du pas, l’augmentation du temps de phase oscillante. Tout ceci
dans le but de simuler la marche en terrain accidenté ;
- marcher sur une ligne imaginaire ;
- marcher en lançant un ballon et en parlant.
Conseils pour la marche à l’extérieur :
- chaussures fermées et antidérapantes ;
- bâtons pour les deux bras lors de longues marches ;
- marche les bras croisés dans le dos, mais uniquement sur terrain non accidenté pour
éviter un risque de chute. L’objectif est le redressement postural et la prévention de
l’enroulement des épaules ;
- continuer de marcher et surtout être vigilant aux corrections afin qu’elles perdurent et
s’automatisent.
BARBASTE
17
(CC BY-NC-ND 2.0)
Figure 7 : séquence de redressement pour relevé du sol
Figure 8 : renforcement des membres inférieurs sur ergocyclomètre
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
4.3.7. Travail de prévention des chutes et troubles respiratoires
Travail du relevé de sol :
Il est indispensable au préalable de bien expliquer le caractère préventif de cet exercice et
le déroulement des étapes successives. Il faut noter que M.M n’a fait preuve d’aucune
appréhension. Quatre étapes sont nécessaires (fig.7) :
- passage du décubitus au latéro-cubitus en pliant la jambe controlatéral et en tournant la
tête côté controlatéral ;
- passage du latéro-cubitus au procubitus en appui sur les avant bras ;
- passage en quadrupédie genoux pliés et coudes en extension ;
- passage en chevalier servant, et il se hisse en s’appuyant sur un point fixe en avant,
tout en relevant la tête. M.M possède encore des membres inférieurs suffisamment
musclés pour que le point fixe ne soit pas nécessaire.
Travail respiratoire :
Des orientations sont données au patient dans le but d’atténuer les effets de l’akinésie
respiratoire, de conserver une mobilité thoracique satisfaisante et d’augmenter la capacité
vitale. Il est conseillé au patient d’effectuer des exercices d’expiration forcée, prolongée, par
la bouche, dans le but d’entretenir la mobilité diaphragmatique. La ventilation dirigée est
aussi évoquée.
4.3.8. Préparation physique et rééducation para-sportive
M.M est très sportif. Ses activités physiques, un peu en retrait depuis quelque temps, sont
principalement le vélo et la marche. Le patient s’est fixé pour objectif de retrouver une
activité physique plus conséquente. Le temps ne le permettant pas à cette période de l’année,
le mois de novembre, il a été proposé à M.M différentes activités à caractère sportif afin de
préparer au mieux ses futures sorties.
Elles sont au nombre de trois :
- ergocyclomètre (fig.8) : renforcement des quadriceps, programmes prédéfinis par la
machine. Le patient choisit lui-même ses programmes. En général le temps de
pédalage est de vingt minutes environ. Il faut noter aussi son intérêt pour l’entretien
des amplitudes articulaires et le rodage articulaire au niveau des genoux ;
- stepper : renforcement des quadriceps, ischio-jambier, psoas-iliaque et tibial antérieur.
Cela permet un travail de coordination des membres supérieurs et inférieurs ;
BARBASTE
18
(CC BY-NC-ND 2.0)
Figure 9 : exercices de renforcement musculaire spécifique
Figure 10 : travail de l’équilibre statique en unipodal
Figure 11 : étirements musculaires actifs
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
- rameur : renforcement des membres supérieurs, plus spécifiquement des muscles du
dos et notamment des fixateurs d’omoplates. Il permet également un travail des
membres inférieurs en renforcement. Cet exercice permet d’associer renforcement
musculaire et travail de coordination des membres supérieurs et inférieurs. Le patient
doit tirer la corde vers lui en gardant le dos bien droit et en amenant les genoux en
extension. Ensuite il relâche les bras en amenant les coudes en extension. Une fois que
les bras ont dépassé les genoux, le sujet peut alors fléchir les genoux. Une fois que le
patient est revenu à la position de départ, il repart. Il réalise cet exercice pendant dix
minutes et choisit lui-même s’il veut faire ces ateliers. Il est intéressant pendant ces
exercices de le stimuler en lui posant des questions. Cette partie de la rééducation
participe grandement à l’image positive de lui-même que nous devons lui renvoyer. En
effet, la pratique d’une activité corporelle valorisante est un des vecteurs privilégiés
de la lutte contre la dépression.
4.3.9. Gymnastique collective
Elle a lieu une heure par semaine le lundi matin en groupe de six ou sept.
Elle se déroule selon un modèle bien défini avec les dix premières minutes consacrées à
l’échauffement articulaire et musculaire, quarante minutes de travail et les dix dernières
minutes pour les étirements de fin de séance.
Cette gymnastique comprend plusieurs axes de travail :
- renforcement musculaire spécifique (fig.9) ;
- travail de l’équilibre statique (fig.10) ;
- coordination motrice ;
- assouplissement articulaire et étirements musculaires actifs (fig.11) ;
- travail de groupe et socialisation ;
- aide à l’acceptation de la maladie au travers du regard des autres. Cet aspect là est
particulièrement important pour M.M. Persuadé que tous les autres participants
avaient perçu sa maladie, il se culpabilise et se freine dans ses exercices. Après un
rapide sondage fait par le kinésithérapeute référent, il s’est avéré que personne n’a
remarqué quoi que ce soit. La nouvelle fit beaucoup de bien à M.M et ne fit que
l’encourager dans sa démarche de progression et d’amélioration de l’image de soi.
BARBASTE
19
(CC BY-NC-ND 2.0)
4.3.10. Conseils et exercices à faire à la maison
En raison du peu de temps dont nous disposons en libéral pour la prise en charge, il est
intéressant de proposer des axes de travail à intégrer au domicile du patient :
- pour l’entretien des acquis : nous proposons un ensemble d’exercices (annexe 2). Ils
ont pour but l’auto-assouplissement articulaire, la coordination motrice et l’entretien
respiratoire ;
- pour lutter contre l’amimie : nous conseillons au patient de se mettre face à une glace
et d’essayer de réaliser des mimiques [9] telle que la joie, la peur, la tristesse, ou de
faire des exercices plus fonctionnels comme hausser les sourcils, froncer les sourcils,
baisser les paupières, fermer les yeux très fort, montrer les gencives, sourire, siffler,
mastiquer, afin que son visage perde son aspect figé. M.M déclare être gêné
socialement et dans sa vie de couple par cet aspect-là de la maladie ;
- travail de la voix centré sur les différentes intonations, volumes, lecture à voix haute,
vocalises, articulation accentuée. La chorale et le chant sont des activités
recommandées [4]. Ils permettent un travail de la déglutition, de la respiration, de la
posture et sont un stimulant social ;
- travail de l’écriture ;
- éducation de la famille : ne pas faire « à la place de », prévenir un peu à l’avance pour
une demande d’activité, patience… ;
- les conseils d’hygiène de vie :
o conseils pour l’équilibre corporel en prenant soin de ses pieds, mettant des
chaussures confortables, antidérapantes et qui maintiennent bien le pied ;
o conserver un équilibre psychique et intellectuel en développant ses capacités
mnésiques et en conservant une vie sociale active ;
o pour l’équilibre alimentaire : prendre des repas équilibrés et réguliers, au
moins trois fois par jour, en privilégiant l’apport de protéines et de calcium. La
confirmation du médecin est indispensable en raison du risque d’interférence
avec le traitement médical ;
o commencer à sensibiliser le patient sur les possibles aménagements qu’il
pourrait et devra à terme réaliser à son domicile : tapis antidérapant, points
d’appui dans la salle de bain, etc… ;
o prise de douche plusieurs fois par jour pour l’hypersudation ;
BARBASTE
20
(CC BY-NC-ND 2.0)
o conserver son rythme de marche et ne pas hésiter à faire du vélo, mais
toujours avec la prudence nécessaire à son intégrité physique. Des conseils
classiques sur l’hygiène du sportif sont donnés [12] : échauffement préalable,
hydratation conséquente, matériel adéquat, étirement pré et post effort,
alimentation adaptée à base de sucre lent, et plus spécifiquement pour M.M,
d’éviter les situations périlleuses, de ne pas faire de compétition et que sa
pratique sportive soit toujours un plaisir.
[Link] finaux
Les bilans finaux n’ont montré aucune amélioration objective. Cependant aucune
régression n’a été notée. Des progrès ponctuels ont été observés au cours du stage mais la
durée de la prise en charge et un état psychique anormal (baisse de moral ) le jour des bilans
finaux n’ont pas permis de les refléter.
5. Discussion
La première impression que m’a laissée M.M fût celle d’un homme apparemment en
pleine possession de ses moyens, sportif, dynamique, plutôt alerte pour son âge. Je le savais
pourtant malade. J’imaginais donc, à priori, compte tenu de mes connaissances initiales sur la
maladie, une rééducation fondée sur un éventail thérapeutique limité.
Or, les bilans révélèrent une réalité clinique bien différente du ressenti de départ. M.M,
bien qu’au stade débutant de sa maladie, présentait bel et bien un certain nombre de signes,
potentiellement handicapants, et nécessitant une prise en charge plus complète.
Cette prise de conscience permit de projeter une gamme thérapeutique nettement plus
variée, complète et stimulante.
A partir de là, plusieurs objectifs ont été définis. Il s’agissait d’agir, tant au niveau
psychologique (anxiété, plaisir pris à la rééducation et compréhension de ses enjeux, auto-
prise en charge dynamique de sa maladie) que physique pour une correction morphostatique
et le réentrainement à l’effort. Cette double action a pour but de pallier les difficultés actuelles
et de prévenir les troubles futurs.
Dans l’ensemble, ces objectifs ont été globalement atteints, même si les bilans finaux
n’ont pas reflété les progrès effectués.
BARBASTE
21
(CC BY-NC-ND 2.0)
L’état d’esprit de M.M a progressivement évolué. Le patient semble avoir retrouvé un
certain entrain pour sa rééducation. Il a apprécié l’association d’une prise en charge classique
(massage, étirement, travail postural) à des activités para-sportives.
Le travail de groupe l’immergeant parmi des individus sains a été particulièrement
bénéfique sur le plan psychologique, lui permettant de revaloriser son image. La prise en
compte de son désir de retrouver une activité sportive dans les activités proposées (vélo,
stepper, rameur) lui a permis également de renforcer sa motivation. Tout ceci a entrainé un
regain de confiance et une adhésion renforcée au projet thérapeutique. En revanche, l’anxiété
inhérente à sa maladie s’est avérée difficilement surmontable. Néanmoins, ponctuellement, les
réponses proposées ont semblé apporter un certain réconfort.
Sur le plan physique, même si les bilans finaux ne l’ont pas confirmé, M.M a donné
l’impression de réaliser certains progrès : diminution des contractures para-vertébrales,
amélioration de son endurance et de la puissance développées lors des activités para-sportives,
de sa posture avec notamment une diminution discrète de l’hyper cyphose thoracique, de
l’ante-projection de la tête, et de l’enroulement antérieur des épaules.
En outre, M.M a continué d’intégrer l’importance d’une prise en charge personnelle au
domicile, avec la réalisation d’un certain nombre d’exercices à effectuer quotidiennement.
Néanmoins, le travail réalisé présente certaines limites évidentes :
D’une part, la durée du stage effectué empêche tout suivi à long terme. D’autre part, les
spécificités d’une maladie dégénérative rendent illusoire de véritables progrès sur une période
aussi courte.
De plus, la réalité d’une prise en charge en libéral (1 séance de 30 minutes / semaine)
entraine des contraintes fortes : cela peut amener à enfermer la rééducation dans une prise en
charge basique, centrée sur les effets les plus visibles de la maladie, axée sur quelques points
précis, tout en négligeant la prise en compte globale du patient et la diversité des actions
possibles. S’ajoute à cela l’insuffisance possible des moyens mis à disposition, rendant
difficile le renouvellement et la diversité des exercices proposés.
Enfin, il semble clair que l’anxiété et le risque de dépression dont souffre M.M amène
nécessairement à une grande prudence dans les modalités de la prise en charge et les conseils
dispensés. En effet, l’introduction d’exercices au domicile, s’il peut s’avérer extrêmement
bénéfique, comporte aussi le risque de rendre la maladie omniprésente, envahissante,
sclérosante pour le patient, qui, limitant l’image de lui à sa maladie, majore son risque de
dépression. La dépression est le trouble mental le plus fréquent [11] dans la maladie de
Parkinson. Certain auteur la considère comme le quatrième signe de la maladie [12]. Il est
BARBASTE
22
(CC BY-NC-ND 2.0)
donc fondamental d’intégrer ce paramètre dans le protocole de soins [2]. Pour pallier ce
risque, il est indispensable de présenter les exercices pour le domicile comme une véritable
gymnastique quotidienne, ludique et attractive pour le patient.
Avec le recul, il subsiste quelques regrets.
Au delà du manque de temps globalement frustrant, j’aurais aimé pouvoir travailler plus
en profondeur un point particulier : l’amimie. Particulièrement handicapante pour le patient,
elle aurait pu nécessiter un suivi plus spécifique et plus complet. Ce point-là, source
d’isolement social et affectif, d’incompréhension de la part de son entourage, semble être au
cœur des préoccupations du patient.
Les exercices proposés auraient pu être plus divers et plus intenses [5], évitant ainsi une
possible monotonie rééducative et exploitant plus complètement l’étendue des capacités
physiques du patient.
Le travail respiratoire aurait mérité de bénéficier d’un travail spécifique.
Mes recherches bibliographiques m’ont permis de découvrir la signalisation sensorielle
rythmique [10] offrant des possibilités de travail manifestement intéressantes. J’aurais aimé la
mettre en œuvre.
Enfin, mes lectures et mon expérience auprès de M.M m’ont convaincu de l’intérêt
thérapeutique de certaines méthodes préconisées. Il apparait comme intéressant que la
rééducation soit plus intensive, à raison de 3 à 5 séances par semaine [3], centré sur l’activité
physique [5] en raison de ses bénéfices moteurs et de ses effets sur le stress ou la douleur [7].
La prise en charge pluri-disciplinaire me paraît également extrêmement intéressante et
potentiellement bénéfique pour le patient. Elle constitue une stimulation plus efficace en
faisant intervenir des personnes différentes proposant des champs thérapeutiques spécifiques.
Elle apparaît donc plus complète, plus variée et plus agréable pour le patient.
De même l’orientation du patient vers des activités extra-rééducative spécifiques telles
que le chant et le sport apparait comme essentielle dans le bien être psychique du patient [1].
Cependant les points essentiels restent avant tout la continuité de la prise en charge et
l’adaptation permanente aux besoins et attentes du patient.
BARBASTE
23
(CC BY-NC-ND 2.0)
6. Conclusion
Cette expérience me paraît aujourd’hui extrêmement profitable et positive.
Je n’avais jusqu’ici qu’une vision purement théorique et savante de cette maladie. Le
contact avec M.M, la prise de conscience de la réalité vécue de cette pathologie, l’ont
modifiée considérablement. Le courage de M.M face à sa maladie m’a personnellement
touché. Malgré son anxiété et ses tendances dépressives, il est resté toujours volontaire,
dynamique, tendu vers ses objectifs, avec une soif de progression immuable. La dimension
humaine du métier de kinésithérapeute m’est apparue d’autant plus forte au contact de ce
patient. Cela m’a incité à développer ma réflexion, mon imagination, pour proposer la
rééducation la plus diversifiée et la plus efficace possible.
Quelques temps après la fin de mon stage, j’ai eu l’occasion de revoir M.M. Il m’a paru
particulièrement en forme et m’a confié sa satisfaction continue de la prise en charge
kinésithérapique dont il bénéficie.
Ainsi, cette expérience m’a vraiment permis de prendre conscience de l’importance de
l’effort de recherche de variété des exercices proposés. En effet, cette dernière paraît
indispensable à une pleine efficacité rééducative, spécialement dans le contexte d’une maladie
chronique [1].
M.M continue sa prise en charge au cabinet avec les mêmes objectifs que ceux fixés dans
cette étude.
BARBASTE
24
(CC BY-NC-ND 2.0)
Bibliographie
[1]: [Link] Une certaine approche de la rééducation. L’Echo, bulletin trimestriel
(Association France Parkinson) numéro 64 septembre 2000
[2] : [Link] Dépression dans la maladie de Parkinson. La presse Médicale, numéro 6 juin
2009
[3] : [Link], [Link]. Conférence de consensus : Rééducation et réadaptation des
troubles moteurs de la maladie de Parkinson. Revue Neurologique numéro 5, juillet 2000
[4] : J.P Bleton. Actualité en neurologie. Maladie de Parkinson et qualité de vie. Partie un à
trois. Kinésithérapie scientifique numéro 387, 388 et 389, année 1999
[5] : J-M Gracies Neurorééducation des syndromes parkinsoniens. Revue Neurologique
numéro 166, année 2010
[6]: [Link], [Link], [Link]-koang, [Link], [Link]. Evaluation de la
maladie de Parkinson dans le contexte de la médecine physique et de réadaptation. Annales de
réadaptation et de médecine physique, reçu et accepté le 4 avril 20005
[7] : [Link]. L’activité diminue la douleur. Douleur, 2005
[8] : J.P Bleton, [Link]. Place de la rééducation dans le traitement de la maladie de
parkinson. Revue du soignant en gériatrie, numéro 6, Janvier 2004
[9] : [Link]. Place de la rééducation motrice dans le traitement de la maladie de Parkinson
idiopathique. Kinésithérapie la revue, numéro 91, page 17-22, année 2009
BARBASTE
25
(CC BY-NC-ND 2.0)
[10] : Les stimuli rythmiques ou le cueing à domicile pour améliorer la mobilité des
parkinsoniens. Analyse critique produite par l’Australian Journal of Physiotherapie et
copubliée dans Kinésitherapie la Revue, numéro 4-20, page 92-93, année 2009
[11] : [Link]. Maladie de Parkinson et Rééducation. Edition Masson
[12] : [Link], J.P Bleton. La maladie de Parkinson et son traitement. Editions Frison-
Roche
[13] : Conférence de consensus. La Maladie de Parkinson : critères diagnostiques et
thérapeutique. 3 mars 2000
BARBASTE
26
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)
BARBASTE
(CC BY-NC-ND 2.0)