DECRET N° 2005-145 DU 2 MARS 2005 PORTANT
REGLEMENTATION DES ETABLISSEMENTS D’HEBERGEMENT
TOURISTIQUE.
RAPPORT DE PRESENTATION
Le développement de l’activité hôtelière, et para hôtelière au Sénégal continue de susciter de
nombreuses vocations aussi bien chez les nationaux que chez les étrangers.
Cette activité, quelle que soit son importance pour l’essor de l’industrie touristique est
caractérisée par une réglementation incomplète, inexistante voire obsolète.
En effet, aucun texte ne régit les conditions d’ouverture et d’exploitation des établissements
d’hébergement touristique, à l’exception des normes juridiques relatives au classement des
hôtels et des restaurants de tourisme. Du fait de l’inexistence de texte dans ce domaine, il a été
constaté la création anarchique d’établissements touristiques dans beaucoup de régions du
pays et l’intervention de plusieurs autorités administratives qui délivrent des autorisations de
natures diverses, permettant à certaines personnes de s’installer et d’exploiter des
établissements d’hébergement touristique. Désormais, ces établissements doivent respecter le
schéma d’aménagement touristique défini par le Ministre chargé du Tourisme et mis en œuvre
par la SAPCO, devenue Société d’Aménagement de la Petite Côte et des zones touristiques,
dont les compétences ont été élargies à l’ensemble du territoire national.
Compte tenu des nouvelles techniques de gestion et d’exploitation des établissements
d’hébergement touristique et des normes de classement au niveau de la sous région, il est
apparu nécessaire d’élaborer une réglementation nouvelle pour permettre au pays de disposer
d’infrastructures hôtelières de qualité, offrant les meilleures prestations dans des conditions de
sécurité appropriées.
Telle est l’économie du présent projet de décret.
Le Président de la République,
Vu la Constitution, notamment en son article 43 ;
Vu la loi n° 94-69 du 22 août 1994 fixant le régime d’exercice des activités économiques ;
Vu le Règlement C-REG-14/12/99 du 7 décembre 1999 portant adoption des normes de
classement et des conditions d’homologation des hôtels, auberges et motels de tourisme ;
Vu l’ordonnance n° 91-41 du 3 septembre 1991 instituant la taxe parafiscale dénommée taxe
de promotion touristique ;
Vu le décret n° 92-736 du 4 mai 1992 fixant les modalités de gestion de la taxe de promotion
touristique ;
Vu le décret n° 2004-1211 du 6 septembre 2004 portant création et fixant les règles
d’organisation et de fonctionnement de l’Agence nationale touristique ;
Vu le décret n° 71-1172 du 2 novembre 1971 relatif au classement des hôtels ;
Vu le décret n° 73-1107 du 11 décembre 1973 relatif au classement des restaurants de
tourisme ;
Vu le décret n° 2004-103 du 6 février 2004 portant organisation du Ministère du Tourisme ;
Vu le décret n° 2004-579 du 30 avril 2004 relatif aux attributions du Ministre du Tourisme et
des Transports aériens ;
Vu le décret n° 2004-1406 du 4 novembre 2004 portant répartition des services de l’Etat et du
Contrôle des établissements publics, des sociétés nationales et des sociétés à participation
publique, entre la Présidence de la République, la Primature et les ministères, modifié ;
DECRETE :
Chapitre premier. - Dispositions générales.
Article premier. - Est considérée, au titre du présent décret, comme établissement
d’hébergement touristique, toute entreprise commerciale offrant à une clientèle
principalement touristique l’hébergement, la restauration et/ou l’organisation de loisirs.
Sont notamment des établissements d’hébergement touristique : les hôtels, les motels, les
villages de vacance, les auberges, les campements villageois, les résidences hôtelières et les
appartements meublés.
Art. 2. - Les restaurants de tourisme ne sont pas régis par les dispositions du présent décret.
Art. 3. - Les conditions d’hygiène dans les établissements d’hébergement touristique,
l’aménagement et l’équipement des locaux sont fixés par arrêté conjoint du Ministre chargé
du Tourisme et du Ministre chargé de l’Hygiène publique.
Art. 4. - L’aménagement des établissements d’hébergement touristique ainsi que leur
exploitation sont régis par les dispositions du présent décret.
Chapitre II. - Agrément des Etablissements d’hébergement touristiques
Art. 5. - Toute personne physique ou morale qui se propose d’aménager un établissement
d’hébergement touristique est tenue d’adresser au Ministre chargé du Tourisme une demande
d’agrément accompagnée d’un dossier technique et financier.
Art. 6. - Le dossier technique et financier comprend les pièces et documents suivants :
1. une demande adressée au Ministre chargé du Tourisme indiquant :
- l’enseigne, l’adresse et la localisation exacte de l’établissement
- les nom et prénom, adresse du propriétaire du fonds de commerce
- les nom, prénom et adresse de l’exploitant ou du responsable de l’établissement
- la forme juridique de l’établissement.
2. un budget prévisionnel d’exploitation sur trois ans ;
3. une demande de classement comprenant :
- le plan détaillé de l’établissement projeté conforme aux normes de classement établies par
les lois et règlements en vigueur ;
- la description des prestations à fournir précisant la capacité d’hébergement et/ou de
restauration de l’établissement et des activités annexes s’il y a lieu.
Art. 7. - L’agrément est accordé par arrêté du Ministre chargé du Tourisme après avis de la
commission nationale d’agrément et de classement des établissements d’hébergement
touristique.
Toutefois, des autorisations temporaires peuvent être accordées aux promoteurs afin de leur
permettre d’établir leur projet et d’en obtenir l’agrément. Ces autorisations ne peuvent
excéder six mois.
L’agrément ne dispense pas les bénéficiaires des autorisations et certificats imposés par les
lois et règlements en vigueur notamment l’autorisation d’installation et d’inscription au
registre de commerce et du crédit mobilier, l’autorisation de construire, l’obligation du respect
des normes d’architecture, d’urbanisme, d’hygiène et de sécurité.
Art. 8. - La concession ou la location de terrains domaniaux à des fins d’exploitation
touristique ne peut être accordée qu’à des opérateurs ayant reçu l’agrément du Ministre chargé
du Tourisme.
Art. 9. - Tout refus d’agrément doit être motivé et notifié par voie administrative au
demandeur.
Chapitre III. - Classement des établissements d’hébergement touristique
Art. 10. - Les établissements d’hébergement touristique bénéficient d’un classement qui leur
permet de traiter la clientèle et d’afficher un panonceau d’identification.
A cet effet, ils sont obligatoirement classés en catégories qui portent attribution d’étoiles selon
les normes en vigueur au Sénégal :
1 - Les hôtels et les résidences meublées sont classés en cinq catégories :
- catégorie luxe : 5 étoiles (*****)
- première catégorie : 4 étoiles (****)
- deuxième catégorie : 3 étoiles (***)
- troisième catégorie : 2 étoiles (**)
- quatrième catégorie : 1 étoile (*)
2 - Les auberges, les villages de vacance, les campements touristiques, les motels et
appartements meublés sont classés en trois catégories :
- catégorie A : 3 étoiles (***)
- catégorie B : 2 étoiles (**)
- catégorie C : 1 étoile (*)
Art. 11. - Le classement est prononcé par arrêté du Ministre chargé du Tourisme après avis de
la commission nationale de classement et d’agrément des établissements d’hébergement
touristique.
Art. 12. - Il est créé une commission nationale de classement et d’agrément des
établissements d’hébergement touristique chargée d’étudier les dossiers de demande
d’agrément et de classement.
Art. 13. - La commission nationale d’agrément et de classement est composée comme suit :
Président :
- le Directeur de la Réglementation et du Contrôle Membres :
- un représentant de la Primature ;
- un représentant du Ministère de l’Intérieur ;
- un représentant du Ministère de la Santé ;
- un représentant du Ministère du Commerce ;
- un représentant du Ministère de l’Habitat et de la Construction ;
- un représentant du Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature ;
- un représentant du Syndicat national des Industries hôtelières du Sénégal ;
- un représentant du Syndicat national des Agences de Voyages, de Tourisme et de
Transports touristiques.
Art. 14. - La commission peut s’adjoindre de toutes autres compétences dont l’expertise
s’avère nécessaire.
Art. 15. - La commission se réunit sur convocation de son président au moins une fois tous
les deux mois.
Art. 16. - Des commissions régionales de classement peuvent être créées par arrêté du
Ministre chargé du Tourisme.
Elles communiquent le résultat de leurs travaux à la commission nationale de classement et
d’agrément.
Art. 17. - Les établissements d’hébergement touristiques classés sont astreints à la pose sur
leur façade principale d’un panonceau indiquant la catégorie de l’établissement.
Les caractéristiques du panonceau sont déterminées par arrêté du Ministre chargé du
Tourisme.
Art. 18. - Le déclassement d’un établissement peut être prononcé par arrêté du Ministre
chargé du Tourisme sur proposition de la Commission nationale de Classement lorsque :
- son exploitation ne répond plus aux normes exigées pour la catégorie à laquelle il a
été initialement classé ;
- et dans tous les cas où son exploitation cesse d’être assurée dans les conditions
satisfaisantes de moralité et de compétence professionnelle.
Art. 19. - Toute documentation publicitaire concernant un établissement d’hébergement
touristique doit obligatoirement mentionner la catégorie à laquelle cet établissement a été
officiellement classé.
Chapitre IV. - Exploitation des établissements d’hébergement touristique
Art. 20. - Nul ne peut être autorisé à gérer un établissement d’hébergement touristique, s’il ne
remplit pas les conditions ci-après :
1. n’avoir subi aucune condamnation pour faits contraires à la probité et aux bonnes mœurs ;
2. fournir une attestation de police d’assurance responsabilité civile.
Art. 21. - Il est interdit à tout exploitant d’établissement d’hébergement touristique de :
1. s’engager pour des prestations qu’il n’est pas en mesure de fournir ;
2. fournir des prestations de qualité inférieure à celles correspondant à la catégorie à laquelle
l’établissement a été classé ;
3. annoncer dans la documentation publicitaire mise à la disposition du public des prestations
qui ne sont pas effectivement fournies à la clientèle dans les conditions requises.
Art. 22. - Tout exploitant d’établissement d’hébergement touristique doit tenir à jour des
statistiques ainsi que tous les documents comptables et financiers sur les activités de son
établissement et les communiquer aux services publics compétents conformément aux lois et
règlements en vigueur.
Art. 23. - L’accès aux établissements d’hébergement touristique est libre et ouvert au public.
Toute pratique discriminatoire ou toute interdiction abusive est sanctionnée selon les lois et
règlements en vigueur.
Cependant cet accès est interdit aux mineurs non accompagnés et aux adultes qui ne
respectent pas les règles de l’ordre public et des bonnes mœurs.
Art. 24. - Des inspections sont périodiquement effectuées dans les établissements
d’hébergement touristique par les services compétents du Ministère du Tourisme pour
contrôler l’application des dispositions du présent décret, notamment :
1. l’état des locaux et l’environnement de l’établissement ;
2. l’étendue des activités et la qualité des prestations ;
3. la qualification et la bonne tenue du personnel.
Art. 25. - Les établissements d’hébergement touristique sont tenus de contribuer à la
promotion du tourisme conformément au décret portant création du fonds de promotion
touristique.
Chapitre V. - Dispositions finales
Art. 26. - Toute infraction commise par l’exploitant dans l’exercice de ses activités est punie
conformément aux lois et règlements en vigueur.
Art. 27. - Les modalités d’application du présent décret seront fixées par arrêté du Ministre
chargé du Tourisme.
Art. 28. - Sont abrogées toutes dispositions contraires au présent décret notamment le décret
n° 71-1172 du 2 novembre 1971 relatif au classement des hôtels.
Art. 29. - Le Ministre du Tourisme et des Transports aériens est chargé de l’exécution du
présent décret qui sera publié au Journal officiel.
Fait à Dakar, le 2 mars 2005.
Par le président de la République :
Abdoulaye WADE
Le Premier Ministre,
Macky SALL.