UNIVERSCIENCES
C. NGÔ
Christian Ngô Christian Ngô
Préface de Bernard Bigot
3e édition
L’ÉNERGIE
Cet ouvrage s’adresse aux étudiants, aux profession-
nels comme aux citoyens désirant avoir une vision
globale et objective sur l’énergie.
CHRISTIAN NGÔ
est délégué général
d’ECRIN, directeur
scientifique au Cabinet
L’énergie
Depuis deux siècles, l'utilisation du charbon, puis du
pétrole et du gaz ont permis un accroissement sans
du haut Commissaire à
l’énergie atomique et
auteur de nombreux
Ressources,
L’ÉNERGIE
précédent du niveau de vie de l’humanité. Depuis
une cinquantaine d’années, la maîtrise de l'atome
nous a donné accès à une source d’énergie encore
ouvrages scientifiques.
technologies
plus concentrée. Enfin, on observe un regain d’inté-
rêt pour les énergies renouvelables, qui ont pendant
et environnement
longtemps dominé l’histoire de l’humanité.
Cette nouvelle édition, entièrement actualisée, fait le
point sur les sources d’énergie d’hier, d’aujourd’hui 3e édition
et de demain ainsi que sur leur utilisation en abor-
dant de multiples aspects (technologiques, écono-
miques, environnementaux…). Chaque source
d’énergie est présentée avec ses avantages et ses MATHÉMATIQUES
inconvénients.
PHYSIQUE
L'ouvrage donne des pistes pour mieux utiliser l’éner- Préface de Bernard Bigot
gie et se libérer peu à peu de la dépendance vis-à- CHIMIE
vis des combustibles fossiles qui s’épuisent et vont
devenir de plus en plus chers. De nombreux tableaux SCIENCES DE L’INGÉNIEUR
et figures permettent au lecteur de comparer les
chiffres relatifs à l'énergie (réserves, consommation, INFORMATIQUE
production…).
SCIENCES DE LA VIE
UniverSciences
SCIENCES DE LA TERRE
6647986
ISBN 978-2-10-051531-8 www.dunod.com
Table des matières
AVANT-PROPOS XI
CHAPITRE 1 • NOTIONS DE BASE 1
1.1 Qu'est-ce que l'énergie ? 2
1.1.1 Unités 4
1.1.2 Équivalences 5
1.2 Énergie et développement 6
1.3 Le soleil 9
1.4 Consommation énergétique 12
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
1.5 L'effet de serre 15
1.6 Conclusion 17
CHAPITRE 2 • LES ÉNERGIES FOSSILES 19
2.1 Le Charbon 20
2.2 Le Pétrole 23
2.3 Le Gaz 26
2.4 L’Effet de serre 28
2.5 Les Réserves de combustibles fossiles 29
2.5.1 Réserves de pétrole 29
2.5.2 Réserves de gaz 33
2.5.3 Réserves de charbon 35
2.6 Conclusion 37
VIII Table des matières
CHAPITRE 3 • LES ÉNERGIES RENOUVELABLES 39
3.1 L'énergie hydraulique 41
3.2 L'énergie solaire 45
3.2.1 Le solaire thermique 46
3.2.2 Le solaire photovoltaïque 48
3.3 L'énergie éolienne 52
3.4 La biomasse 57
3.5 L'énergie géothermale 61
3.6 L'énergie des déchets 64
3.7 Conclusion 66
CHAPITRE 4• L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE 71
4.1 Atomes et noyaux 72
4.2 La Radioactivité 73
4.3 Masse et énergie 76
4.4 La fission 78
4.5 Les Réactions en chaîne 79
4.6 Les Réacteurs nucléaires 80
4.7 Les Réacteurs naturels 82
4.8 Les réacteurs électrogènes 83
4.9 Le combustible 86
4.10 Production d'électricité 88
4.11 Les réacteurs à neutrons rapides 90
4.12 Les déchets 92
4.13 Que faire des déchets ? 94
4.14 Les réserves d'uranium 97
4.15 Conclusion 99
CHAPITRE 5 • UTILISATION ET STOCKAGE 101
5.1 L'électricité 101
5.1.1 Évolution de la consommation 102
5.1.2 Production 102
5.1.3 Courant alternatif ou continu ? 103
5.1.4 Production centralisée ou décentralisée ? 103
5.1.5 Transport 104
5.2 La chaleur 105
5.3 Cogénération et trigénération 106
5.4 Les transports 107
5.5 Le stockage de l'énergie 108
5.5.1 Hydraulique 108
5.5.2 Batteries 108
5.5.3 Supercondensateurs 109
Table des matières IX
5.5.4 Volants d'inertie 110
5.5.5 Air comprimé 110
5.5.6 Stockage de la chaleur 111
5.6 L'hydrogène 112
5.6.1 Production 113
5.6.2 Transport 114
5.6.3 Stockage 115
5.6.4 Utilisations 115
5.6.5 Les dangers 116
5.7 Les piles à combustible 117
5.8 Conclusion 120
CHAPITRE 6 • ÉNERGIE ET ENVIRONNEMENT 123
6.1 L’Effet de serre 124
6.1.1 Un climat toujours en évolution 124
6.1.2 L'environnement 125
6.1.3 L'effet de serre 127
6.2 Les Combustibles fossiles 130
6.3 Les transports 131
6.4 Les énergies renouvelables 133
6.5 L’énergie nucléaire 135
6.5.1 Unités de radioactivité 135
6.5.2 Radioactivité naturelle et artificielle 136
6.5.3 Incidents et accidents 138
6.6 La radioactivité et le vivant 140
6.7 Conclusion 142
CHAPITRE 7 • PERSPECTIVES 145
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
7.1 Les combustibles fossiles 146
7.2 Les Énergies renouvelables 147
7.3 Le nucléaire du futur 149
7.4 L'habitat 152
7.5 Les transports 153
7.6 La fusion thermonucléaire 156
7.7 Le stockage de l'énergie 160
7.8 Les négawattheures 162
7.9 Conclusion 164
BIBLIOGRAPHIE 145
INDEX 151
Unités de mesure
de l’énergie
et facteurs de conversion
Unités
1 calorie 4,186 joules
1 kWh 3,6 × 106 joules
1 thermie 4,186 × 106 joules
1 Btu (British thermal unit) 1,055 × 103 joules
1 quad 1015 Btu
1 baril de pétrole 159 litres
1 U.S. gallon 3,785 litres
Facteurs de conversion [1]
1 tep (PCI) 42 × 109 joules
1 tec (PCI) 29,3 × 109 joules
1 000 m3 gaz naturel (PCI) 36 × 109 joules
1 tonne gaz naturel liquide 46 × 109 joules
1 000 kWh (primaire) 0,0857 tep (hydraulique)
1 000 kWh (primaire) 0,26 tep (nucléaire)
1 tonne uranium naturel (REP) 4,2 × 1014 joules
Préface
L’énergie est, au même titre que l’eau et la nourriture, une ressource
indispensable à la vie. Son abondance relative a contribué de façon
décisive au développement économique et technique au cours des âges.
Celui-ci s’est accéléré dans des proportions exceptionnelles au cours
du XXe siècle, en premier lieu grâce à la découverte de sources d’éner-
gies concentrées et aisément récupérables. L’apparition de l’électricité
au XIXe siècle, et plus encore son développement au XXe, a révolutionné
l’usage de l’énergie dans de nombreux domaines : habitat et vie
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
domestique, circulation et traitement de l’information, transports…
Cependant, malgré les progrès considérables accomplis, les besoins
élémentaires en énergie d’une part encore trop importante de l’huma-
nité ne sont pas satisfaits.
Cette période d’énergie facile et peu coûteuse pour nos pays déve-
loppés pourrait avoir une fin prochaine si nous ne savons pas nous pro-
jeter dans l’avenir et préparer la nouvelle génération de ressources
énergétiques. En effet, alors que quelque 80 % de la production
d’énergie primaire mondiale repose sur la combustion massive des
combustibles fossiles, nous savons désormais qu’au rythme où nous les
consommons, sauf changement radical de nos comportements, nous
allons bouleverser le fonctionnement de la planète à une vitesse et dans
des proportions qu’elle n’avait jamais connu sous le jeu des phénomè-
VI Préface
nes naturels. Et nous rapprocher dangereusement du moment de
l’épuisement de ces ressources. Il nous faut réagir sans délai.
On focalise souvent l’attention du public sur des sources d’énergie
qui ont un potentiel marginal de contribution au bilan énergétique, et
qui plus est sans respecter suffisamment l’environnement, alors qu’on
parle moins de celles qui peuvent dominer ce bilan et offrir des per-
spectives à long terme. En fait, le problème est complexe et aucun
mode de production d’énergie ne peut répondre seul à tous les besoins.
Les solutions dépendent de nombreux paramètres dont l’importance
relative évolue au cours du temps.
Sachant ces enjeux, c’est pour moi un plaisir que de préfacer ce
livre, car il représente une excellente introduction aux questions que
l’on se pose naturellement sur l’énergie. Il donne les bases nécessaires
pour comprendre ce sujet complexe sans privilégier une source plutôt
qu’une autre. Cet ouvrage fournit de nombreux ordres de grandeur uti-
les et pertinents pour l’analyse des problèmes énergétiques. Il offre de
manière simple, claire et fiable les éléments nécessaires pour que le
lecteur se forge une opinion en fonction de ses propres critères et
valeurs.
Après avoir présenté le contexte énergétique et les principales sour-
ces d’énergies (fossiles, renouvelables et nucléaire), ce livre décrit
quelques utilisations de l’énergie et insiste sur son stockage qui est le
point le plus difficile à résoudre. Le problème de l’impact de l’utilisa-
tion de l’énergie sur l’environnement et la santé est ensuite développé
avant de conclure sur quelques perspectives. Cet ouvrage montre de
manière précise que chaque source énergétique a ses avantages et ses
inconvénients, et qu’il n’existe pas d’énergie parfaite permettant de
satisfaire à tous nos besoins, à bas coût et sans impact sur l’environne-
ment et la santé.
Il faut se garder de tout dogmatisme et essayer d’aborder les pro-
blèmes de la façon la plus objective possible. Cet ouvrage va dans ce
sens et j’espère qu’il sera utile à tous ceux intéressés par ce domaine
complexe, mais passionnant.
Bernard Bigot
Haut commissaire à l’énergie atomique
À Benjamin, Laurence et Hélène
Avant-propos
L'énergie est présente partout. Elle apparaît dès qu'il y a une interac-
tion entre des systèmes qu'ils soient vivants ou inertes. C'est le cas de
la puce qui dépense de l'ordre de 10−7 J pour sauter, de l'homme qui a
besoin d'environ 107 J de nourriture par jour, de la chaleur qu'il lui faut
pour se chauffer quand il a froid, de l'énergie mécanique pour décupler
sa force physique. C'est aussi le cas des phénomènes naturels qui peu-
vent mettre en jeu des quantités considérables d'énergie comme un
cyclone dans les Caraïbes (3,8 × 1018 J) [1]. Quel que soit le phéno-
mène, des échanges d'énergie sont nécessaires dans tout comportement
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
dynamique.
Pendant très longtemps l'homme s'est contenté de sa force physique,
de celle des animaux, de l'énergie que l'on peut tirer du bois, du vent
ou de l'eau. Les quantités mises en jeu étaient très faibles et ses condi-
tions de vie ont évolué lentement. L'utilisation massive du charbon a
permis un accroissement considérable de son niveau de vie. Le pétro-
le, le gaz et l'énergie nucléaire ont ensuite amplifié ce phénomène. On
a ainsi constaté que l'énergie joue un rôle essentiel dans le développe-
ment économique. L'élément le plus spectaculaire du progrès étant
sans doute l'augmentation d'un facteur supérieur à deux de l'espérance
de vie en 200 ans.
Ce livre est une initiation à l'énergie. Son objectif est de faire un rapi-
de survol de l'ensemble du domaine. En effet, le sujet est complexe,
XII Avant-propos
multidisciplinaire, et plusieurs aspects doivent être pris en compte :
scientifiques, économiques, politiques, fiscaux, environnementaux, etc.
L'irrationnel s'ajoute aussi au rationnel rendant le problème encore plus
complexe.
Les combustibles fossiles, les énergies renouvelables et le nucléaire
sont présentés après une introduction du contexte énergétique.
Quelques utilisations de l'énergie et son stockage sont ensuite décris
avant d'aborder son impact sur l'environnement car il n'y a pas d'acti-
vité humaine sans nuisance. Quelques perspectives sont enfin présen-
tées dans le dernier chapitre.
Dès que l'on a de gros besoins en énergie, ce qui est le cas pour une
grande partie de la planète même si tout le monde ne peut les satisfai-
re, on s'aperçoit vite qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise énergie.
Il n'y a que des compromis et de multiples solutions sont possibles
pour chaque situation. Loin d'en écarter certaines, il faut au contraire
essayer de trouver le panachage qui permet de mieux répondre aux
contraintes du problème posé qui est spécifique à chaque pays.
Trois acteurs jouent un rôle important en matière de consommation
d’énergie : la technologie qui permet de réduire la consommation à
service égal ou meilleur ; les pouvoirs publics qui, avec des règlemen-
tations, des normes, des taxes... orientent le choix du consommateur
vers telle ou telle source d'énergie ou manière de la consommer ; enfin
le consommateur qui, en bout de chaîne, a un rôle crucial à jouer car
c'est lui qui choisit un appareil gros consommateur d'énergie plutôt
qu'un autre plus économe, par exemple. Il est donc important qu'il ait
tous les éléments pour le guider dans ses choix et protéger notre pla-
nète, tout en assurant son développement économique.
J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce livre car l'énergie est un sujet
passionnant, présent dans la vie de tous les jours. J'espère que le lec-
teur en sera aussi convaincu et que cet ouvrage lui permettra d'élabo-
rer sa propre opinion sur les différentes sources d’énergie et leur utili-
sation.
Remerciements
L'énergie est un sujet vaste et complexe dont on ne peut acquérir une
vue d'ensemble qu'après de multiples interactions avec des gens d'ex-
périence. J'ai eu l'occasion d'en rencontrer beaucoup, de multiples ori-
gines, et je souhaiterai tous les remercier pour les discussions fruc-
tueuses et enrichissantes qu'ils ont eu la gentillesse de m'accorder. Ces
experts appartiennent aux grands organismes de recherche (CEA,
Avant-propos XIII
CNRS, IFP, BRGM…) à l'industrie (EDF, GDF, AREVA…), à
l'ADEME, aux pouvoir publics, etc. Certains sont retraités et sont des
mines de connaissances. Je remercie le club Ecrin-énergie qui est un
lieu de rencontre entre les laboratoires et les industriels où l'on apprend
toujours beaucoup de choses sur le sujet. Enfin, c'est surtout grâce au
CEA que j'ai pu m'investir dans les questions énergétiques ; je souhai-
terais remercier cet organisme d'excellence qui a des activités allant de
la recherche la plus fondamentale à la recherche appliquée la plus
avancée.
Christian Ngô
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Chapitre 1
Notions de base
Sans énergie, pas de vie, pas d'activité économique. L'énergie nous est,
comme l'eau et la nourriture, indispensable. Elle a joué un rôle fonda-
mental dans l'évolution des civilisations. Elle a été source de guerres
entre les peuples qui ont cherché, tout au long de l'histoire, à contrôler
l'accès aux ressources énergétiques. Au XXe siècle, l'accès facile à des
sources d'énergie abondantes, peu chères et concentrées a permis d'ac-
célérer notablement le développement de l'humanité. L'apparition de
l'électricité, vecteur énergétique très commode, a révolutionné l'usage
de l'énergie et une maison moderne peut difficilement se concevoir
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
sans électricité. Toutefois, malgré tous ces progrès, une partie encore
trop importante de l'humanité ne peut malheureusement pas satisfaire
tous ses besoins énergétiques. Depuis les âges les plus reculés, les
besoins de l’être humain en matière d'énergie ont toujours augmenté.
On est dans le règne du « toujours plus ! » même si on sent qu'on
atteint aujourd'hui les limites d'une telle croissance. Il va nous falloir
résoudre la difficile équation de « comment progresser sans consom-
mer plus ».
Si tout le monde a une idée de ce qu'est l'énergie, on s'aperçoit, en y
regardant de plus près que c'est une notion qu'il n'est pas aussi simple
de définir. Ce concept a de multiples facettes et celle qui nous intéres-
se ici en est un aspect particulier que nous allons maintenant préciser.
2 1 • Notions de base
1.1 QU'EST-CE QUE L'ÉNERGIE ?
Les scientifiques ont constaté que les processus élémentaires (phéno-
mènes physiques, réactions chimiques, processus biologiques, etc.) qui
gouvernent notre monde macroscopique (objets et êtres vivants) sont
régis par une loi dans laquelle une quantité, que l'on appelle énergie,
est conservée pour un système isolé. Cette loi à une origine profonde
puisqu'elle est associée à l’uniformité du temps. En termes simples,
cette propriété traduit le fait que les résultats d'une expérience ne
dépendent pas de la date à laquelle elle a été réalisée pour autant que
celle-ci soit faite exactement dans les mêmes conditions1.
Si l'énergie est une quantité physique parfaitement définie pour le
physicien, sa définition est beaucoup moins claire si l'on consulte un
dictionnaire. Pour ce qui nous intéresse ici, disons, de manière prag-
matique, qu'un système ou qu'un corps possède de l'énergie s'il peut
fournir du travail ou de la chaleur.
Selon cette définition, l'essence contient de l'énergie puisque nous
pouvons l'utiliser pour propulser un véhicule. Cette même essence, en
brûlant, peut fournir de la chaleur.
Au niveau microscopique, l'énergie peut exister sous forme organi-
sée ou désorganisée. Dans le premier cas il s'agit de travail, dans le
second on parle de chaleur. La chaleur représente la forme la plus
dégradée de l'énergie car elle est répartie sur tous les degrés de liberté
du système que l'on considère et ceux-ci sont très nombreux2.
La particularité de l'énergie est d'exister sous différentes formes :
mécanique, chimique, chaleur, nucléaire… et l'on doit donc très sou-
vent convertir une forme d'énergie en une autre. Ceci se fait avec un
certain rendement, donc des pertes. Lorsque l'on passe d'une énergie
désorganisée (chaleur) à une énergie organisée comme le travail, le
1. L'espace est aussi homogène et isotrope ce qui conduit respectivement à deux
lois de conservation : celle de l'impulsion et celle du moment cinétique.
L'homogénéité (isotropie) de l'espace traduit le fait qu'une expérience donne le
même résultat si l'on fait une translation (ou une rotation) du système expérimen-
tal.
2. Dans une vingtaine de gramme d'eau, soit un petit verre, le nombre de degrés
de liberté des molécules d'eau est un multiple du nombre d'Avogadro
(N = 6,02 × 1023 ). Il y a donc plus de 1024, i.e. plus d'un million de milliards de
milliards de molécules. La chaleur contenue dans cette eau est partagée entre tous
ces degrés de liberté. Chacun en possède donc très peu.
1.1 Qu’est-ce que l’énergie ? 3
rendement est rarement très bon. C'est au cours des transformations,
d'une forme à une autre, que l'homme récupère une partie qu'il exploi-
te pour ses besoins. Ce n'est donc pas l'énergie contenue dans un corps
qui est intéressante mais celle que l'on récupère lors d'une transforma-
tion.
Toutes les formes d'énergie n'ont donc pas toute la même qualité
pour fournir du travail. Ainsi, une source chaude à 300 °C est bien plus
performante pour fournir du travail qu'une source de chaleur à la tem-
pérature de 50 °C.
L'usage de l'énergie permet d'améliorer le bien être de l'homme en
lui permettant de se nourrir, de se chauffer, etc. On distingue les éner-
gies primaires des énergies finales. Une énergie primaire n'a subi
aucune conversion entre la production et la consommation3. C'est le
cas du pétrole, du charbon, du gaz naturel, de l'hydraulique, du bois,
de l'énergie solaire et de l'énergie éolienne. L'énergie finale, fournie
aux consommateurs, peut être utilisée pour satisfaire des besoins éner-
gétiques ou non énergétiques.
Cette distinction entre primaire et secondaire peut avoir des consé-
quences sur les évaluations et comparaisons entre différentes sources
comme on peut le voir dans la figure 1.1. Ainsi l'énergie nucléaire et
l'hydraulique produisent, au niveau mondial, à peu près la même quan-
tité d'électricité. Pour l'utilisateur ces deux sources ont donc la même
production. Or les statistiques indiquent que l’énergie nucléaire a une
contribution trois fois plus grande que l'hydraulique (figure 1.1). La
raison vient de ce que l'hydraulique est une énergie primaire et l'élec-
tricité est produite avec un rendement proche de 100 %. L'électricité
produite par le nucléaire n'est par contre pas comptabilisée comme
énergie primaire, celle-ci étant l'énergie libérée lors de la fission de
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
l'uranium. Le rendement de production des centrales actuelles étant de
33 %, l'énergie nucléaire contribue donc 3 fois plus que l'hydraulique
si l'on parle d'énergie primaire et au même niveau si l'on parle d'éner-
gie utilisable par le consommateur.
3. Le pétrole brut est une énergie primaire alors que l'essence ou le gasoil obte-
nus par transformation sont des énergies secondaires. L'électricité d'origine hydro-
électrique ou photovoltaique est primaire, celle d'origine nucléaire est secondaire.
Le charbon de bois (énergie secondaire) est obtenu à partir du bois (énergie pri-
maire).
4 1 • Notions de base
Figure 1.1 Consommation
mondiale d'énergie primaire
mondiale en 2004. Les erreurs
d'arrondis font que la somme
n'est pas exactement égale
à100 %.
(Source : IEA, world energy
outlook 2006.)
1.1.1 Unités
L'unité d'énergie dans le système international est le joule (J). Pour des
transformations macroscopiques, elle est très petite aussi utilise-t-on
le kilojoule (kJ) ou le mégajoule (MJ). On a 1 kJ = 1 000 J et
1 MJ = 106 J. Le tableau 1.1 rappelle les principaux préfixes utilisés
devant les unités.
Tableau 1.1 Préfixes utilisés.
Préfixe × par Symbole Préfixe × par Symbole
−24 24
yocto 10 y yotta 10 Y
zepto 10−21 z zetta 1021 Z
−18 18
atto 10 a exa 10 E
femto 10−15 f pecta 1015 P
pico 10−12 p tera 1012 T
−9 9
nano 10 n giga 10 G
micro 10−6 µ mega 106 M
−3 3
milli 10 m kilo 10 k
centi 10−2 c hecto 102 h
déci 10−1 d deca 101 da
1.1 Qu’est-ce que l’énergie ? 5
Pour les énergies mises en jeu au niveau des atomes, des molécules
ou des noyaux, qui sont les entités constituant la matière, on utilise
plutôt l'électronvolt (eV) et ses multiples. On a 1 eV = 1,6 × 10−19 J.
Les énergies mises en jeu dans les réactions chimiques élémentaires
sont de l'ordre de quelques eV, celles dans les réactions nucléaires sont
supérieures au MeV, soit plus d'un million de fois plus. Ces valeurs élé-
mentaires paraissent très petites mais il y a un grand nombre de réac-
tions élémentaires dans les processus qui se font à notre échelle.
Rappelons que 16 grammes de méthane (une mole), constituant essen-
tiel du gaz naturel, contiennent N = 6,02 × 1023 molécules.
La puissance est une quantité d'énergie par unité de temps. L'unité
de base est le watt (1 W = 1 J/s). Dans le domaine de l'énergie on
emploie souvent le mégawatt (1 MW = 106 W), le gigawatt
(1GW = 109 W) et le térawatt (1 TW = 1012 W)4.
Dans le domaine électrique on utilise aussi comme unité d'éner-
gie le watt-heure (Wh) et ses multiples. Le watt-heure représente
une énergie de 1 J/s pendant 1 heure, soit : 1 Wh = 3 600 J et
1 kWh = 3,6 × 106 J. Il ne faut donc pas confondre le kWh qui est une
quantité d'énergie avec le kW qui est une unité de puissance. On
emploie le MWh (1 MWh = 106 Wh), le GWh (1 GWh = 109 Wh) et
le TWh (1 TWh = 1012 Wh).
1.1.2 Équivalences
Pour comparer différentes sources d'énergies, il est d'usage de les rap-
porter à l'énergie fournie par le pétrole brut. Pour cela on utilise une
unité, la tep (tonne équivalent pétrole), dont la valeur est fixée,
par convention, à 1010 calories (1 calorie = 4,18 J) 42 GJ
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
(≈ 11 700 kWh)5 [3]. En fait l'équivalence 42 GJ 11 700 kWh cor-
4. Le cheval vapeur (1 CV = 736 W ) est une vieille unité, introduite par
J.Watt, maintenant abandonnée. Elle était basée sur le travail que peut accomplir
un cheval particulièrement vigoureux si bien que la puissance d'un cheval vapeur
équivaut à peu près à celle de 3 chevaux normaux [2]. Un peu avant le début du
20e siècle, il fallait entretenir 16 500 chevaux pour assurer le fonctionnement des
38 lignes de tramways de Paris. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cheval-vapeur).
5. Nous conseillons au lecteur de se procurer trois petits fascicules relatifs à
l'énergie : Informations utiles, Mémento sur l'énergie et Electronuc, édités par le
CEA. Ils contiennent une mine d'informations et de données sur l'énergie. Ils sont
gratuits et il suffit d'en faire la demande à l'adresse suivante : CEA/DCOM, Service
éditions multimédia/documentation, BP n° 6, Bât.11, Route du Panorama, 92 265
Fontenay-aux-Roses.
6 1 • Notions de base
respond à une conversion directe entre le joule et le kWh, donc avec un
rendement de 100 %. Dans les conversions faites en pratique, on inclus
la notion de rendement de la centrale ce qui conduit à 1 MWh =
0,26 tep lorsque l'électricité est produite par une centrale nucléaire
(rendement 33 %), à 1 MWh = 0,86 tep pour une centrale géother-
mique (rendement de 10 %) et à 1 MWh = 0,086 tep pour l'électricité
produite par une centrale thermique, du photovoltaïque, etc. (rende-
ment de 100 %). C'est ce qui explique que 1 000 kWh d'électricité
représentent 0,0857 tep s'ils sont produits par l'hydraulique et 0,26 tep
s'ils le sont par les réacteurs nucléaires et d’où le facteur 3 dont nous
avons parlé plus haut.
Lorsque l'on parle de combustion, on peut se référer au pouvoir
calorifique inférieur (PCI) ou au pouvoir calorifique supérieur (PCS).
Le PCS inclut la chaleur latente de la vapeur d'eau produite lors de la
combustion alors que le PCI ne l'inclut pas. Comme on ne récupère
habituellement pas cette chaleur latente dans les usages courants, on
parle plutôt de PCI et la tep est définie selon cette convention. Le pou-
voir calorifique du pétrole brut varie légèrement d'un gisement à
l'autre ; il est également différent pour les produits pétroliers raffinés
(1 tonne d'essence = 1,048 tep, 1 tonne GPL = 1,095 tep, 1 tonne de
fioul lourd = 0,952 tep [3]).
Le charbon a un pouvoir calorifique moins élevé que le pétrole,
typiquement compris entre 0,6 à 0,75 tep selon sa qualité (houille,
coke, anthracite, etc.). On définit parfois, par convention, le tec (tonne
équivalent charbon) dont l'équivalence est 1 tec = 0,697 tep [3]. Le gaz
naturel a un pouvoir calorifique légèrement supérieur à celui du pétro-
le puisqu'une tonne de gaz naturel liquide vaut 1,096 tep (1000 m3
valent 0,857 tep) mais 1000 m3 de gaz naturel 0,857 tep.
1.2 ÉNERGIE ET DÉVELOPPEMENT
L'énergie a toujours été un élément majeur dans le développement de
l'humanité. Sa consommation a rapidement augmenté depuis l'ère
industrielle, particulièrement au cours du vingtième siècle. Toutefois,
le développement énergétique a été, dans le passé, un processus lent.
Celui que nous vivons actuellement est singulièrement accéléré com-
paré à celui qu'ont vécu nos ancêtres lors des derniers millénaires.
L'histoire de l'énergie est passée par une succession de découvertes qui
ont progressivement permis d'améliorer la condition humaine jusqu'à
celle que nous connaissons aujourd'hui. Pendant des millénaires
1.2 Énergie et développement 7
l'homme s'est contenté d'une puissance de quelques centaines de watts,
d'abord avec sa seule force physique puis en exploitant celle des ani-
maux. Rappelons-en brièvement les premières étapes [4].
La première consommation énergétique de l'homme est bien sûr la
nourriture. Elle lui permet de vivre et d'assurer ainsi sa descendance.
Ce besoin indispensable doit être complété par d'autres formes d’éner-
gie qui ont pris une part de plus en plus importante au cours de l’évo-
lution de l'humanité.
Il y a 500 000 ans environ, l'homme a découvert et maîtrisé le feu.
Celui-ci lui a fourni la lumière pour voir la nuit et effrayer les animaux,
la chaleur pour lutter contre le froid et faire cuire ses aliments. Pour ali-
menter ce feu de manière plus efficace, l'homme a inventé le charbon
de bois il y a environ 7 000 ans, ce qui lui a permis de développer de
nouvelles techniques : poterie, métallurgie du plomb et du cuivre,
fabrication du plâtre et de la chaux… Puis, il y a environ 3 000 ans, il
a découvert la métallurgie du fer.
Tant que l'homme s'est nourri de chasse et de cueillette, sa seule
force physique, alliée à son intelligence et son habilité, et le feu ont
suffi. Mais, lorsqu'il s'est sédentarisé, de nouveaux besoins énergé-
tiques sont apparus pour travailler la terre de manière plus efficace,
pour moudre le grain… Il a trouvé ces sources d'énergie dans la force
des animaux domestiques et dans celle des esclaves. Ce besoin de main
d'œuvre servile explique les conquêtes de l'empire romain, par exem-
ple. Plus tard, les énergies renouvelables ont en grande partie rempla-
cé les esclaves.
Les transports sont l'autre volet du besoin d'énergie dont ont eu
besoin nos ancêtres. Ils sont au cœur des civilisations d'aujourd'hui.
Les premiers transports se sont fait à dos d'homme et d'animal. Puis, la
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
voile, utilisant l'énergie du vent, est employée dans le transport mariti-
me. Le charbon a permis d'utiliser les locomotives à vapeur et l'essen-
ce les voitures.
Si, pour les pays industrialisés, la demande en énergie, après avoir
fortement augmentée, se stabilise et diminuera sans doute légèrement
grâce à une meilleure efficacité énergétique6, celle des pays en voie de
développement est en pleine croissance. Ces derniers aspirent en effet
à atteindre le niveau économique des pays développés et ont, pour cela,
besoin d'énergie.
6. L'efficacité énergétique est d'autant meilleure que l'on peut faire la même
chose, ou plus, avec moins d'énergie.
8 1 • Notions de base
On estime qu'il y avait 5 millions d'habitants sur la terre – 10 000 ans
avant Jésus-Christ, 250 000 millions en l'an 1. Le premier milliard d'ha-
bitants a été atteint en 1820 et il a fallu seulement 105 ans pour que la
population double et atteigne, en 1925, les deux milliards d'habitants.
Cette progression s'est encore fortement accélérée avec 3 milliards d'ha-
bitants en 1961 et 4 milliards en 1976. Les 6 milliards d'habitants ont été
atteints en l'an 2000 et nous dépassons maintenant les
6,5 milliards d'habitants. Les démographes prévoient, s'il n'y a pas de
catastrophe, que la population de la terre sera de 8 milliards vers
2020-2025. Pour la fin du siècle, les incertitudes sont grandes et la popu-
lation mondiale sera sans doute inférieure à ce qui avait été prévu il y a
une dizaine d'années. Elle pourrait être de l'ordre de 10 milliards d'habi-
tants7. L'augmentation de la population accroît la demande énergétique.
En 2004, la consommation mondiale d'électricité a été de 17 400 TWh
pour une population de 6,4 milliards d'individus. La consommation
moyenne est de 2 700 kWh/habitant/an mais ce chiffre ne reflète pas la
situation réelle dans laquelle plus de 4 milliards de personnes sont au-
dessous de cette valeur. La consommation électrique intérieure de la
France a été, en 2004, de 477 TWh, dont 32 TWh de pertes [5], ce qui
représente (pour une population française d'environ 61 millions d'habi-
tants) une consommation moyenne de l'ordre de 7 800 kWh/habitant/an.
L'espérance de vie semble en partie corrélée à la consommation
d'énergie électrique qui donne un ordre de grandeur du niveau de vie
des pays. Elle chute brusquement (elle peut descendre jusqu’à
36,5 ans) lorsque l'énergie consommée est inférieure à environ
1 600 kWh/habitant/an. À la fin du siècle dernier, 3,5 milliards d'habi-
tants disposaient de moins de 875 kWh/habitant/an dont 2,2 milliards
de moins de 440 kWh/habitant/an et 1 milliard de moins de
260 kWh/habitant/an [6]. Le taux de mortalité infantile augmente aussi
fortement lorsque la puissance consommée, toutes énergies confon-
dues, est inférieure à environ 4 400 kWh/habitant/an [6].
Donnons quelques ordres de grandeur supplémentaires montrant la
conséquence sur l'espérance de vie des inégalités dans l'accès à l'éner-
7. Une population mondiale de 8 milliards en 2020 représente une croissance
moyenne de 1,4 % depuis l'an 2000. Si l'on appliquait ce taux de croissance sur
1 000 ans, par exemple, on trouverait 6,5 millions de milliards d'habitants, ce qui
est, bien sûr, tout à fait irréaliste. Pour atteindre seulement 50 milliards d'habitants
dans 1000 ans, il faudrait un taux de croissance de 0,2 %. Inversement, un taux de
décroissance de 0,2 % aurait pour conséquence de faire passer la population mon-
diale de 6 milliards à 810 millions d'habitants en mille ans.
1.2 Énergie et développement 9
gie. 80 % de l'énergie mondiale est consommée par 20 % des habitants
de la planète : ils ont une espérance de vie supérieure à 75 ans. 60 %
de la population consomme 19 % de l'énergie mondiale et l'espérance
de vie est supérieure à une cinquantaine d'année. Il reste 20 % de la
population mondiale qui consomme 1 % de l'énergie : son espérance
de vie est inférieure à 40 ans.
En 1796, avec 28 millions d'habitants, la France consommait en
moyenne 0,3 tep/habitant/an. En 1996, soit 200 ans plus tard, cette
consommation était de 4,15 tep/habitant/an. Elle a été multipliée par
14 par français et par 28 pour la France car la population a doublé dans
l'intervalle. Ceci correspond à une croissance moyenne de 1,3 %/an et,
pour la France, de 1,75 %/an. Actuellement, la croissance prévue au
niveau mondial est de 2-2,5 %/an. En 200 ans, l'espérance de vie est
passée de 27,5 ans pour les hommes en 1780-89 à 73,5 ans en 1994
alors qu'elle passait de 28,1 ans à 81,8 ans pour les femmes. En 2006,
l'espérance de vie d'un français était de 80 ans.
L'évolution du PIB (produit intérieur brut) par habitant donne une
estimation de la richesse des individus. Il a augmenté de 0,2 % par an
entre 1400 et 1820, ce qui correspond, en 420 ans, à une multiplication
par 2,3 de la richesse. Depuis 1950, cet augmentation est de 2,8 % par
an soit une multiplication par 4 des richesses en 50 ans.
Il ne faut pas gaspiller l'énergie car si elle est bon marché aujour-
d'hui8, il est fort possible que ce ne soit plus le cas demain. Il faut pré-
parer l'avenir en envisageant les différentes sources possibles tout en
tenant compte des aspects économiques, politiques, de sûreté d'appro-
visionnement et environnementaux. Il faut en particulier évoluer vers
un vrai coût de l'énergie qui inclut ce que les économistes appellent les
externalités (pollutions, effet de serre, restauration des sites, etc.).
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Celles-ci ne sont généralement pas prises en compte sauf dans de rares
cas comme l'énergie nucléaire.
1.3 LE SOLEIL
Le soleil est une étoile sphérique qui est source de vie car elle nous
fournit la plus grande partie de l'énergie que nous utilisons. En effet, à
part l'énergie géothermique et l'énergie nucléaire, toutes les énergies
viennent du soleil.
8. Le « baril » de certaines eaux minérales vaut encore environ 140 $ soit 2 fois
plus cher qu'un baril de pétrole à 70 $.
10 1 • Notions de base
Le soleil a un rayon de 696 000 km et une masse de l'ordre de
1,99 × 1030 kg. Sa température en surface est de 5 780 K9. Selon le
« modèle standard solaire », admis par l'ensemble de la communauté
scientifique, elle augmente fortement lorsque l'on s'enfonce dans le
soleil pour atteindre 15,6 millions de degrés au centre. Cette étoile est
formée (en masse) de 71 % d'hydrogène10, 27 % d'hélium et 2 %
d'éléments lourds comme le carbone, l'oxygène et le fer. La densité et
la pression au centre sont respectivement de 148 000 kg/m3 pour la
première et 2,29 × 1016 Pa pour la seconde (2,3 × 1011 fois la pres-
sion atmosphérique).
Le soleil s'est formé il y a 4,55 milliards d'années de la contraction
gravitationnelle d'un nuage constitué d'hydrogène, d'hélium et de tra-
ces d'autres éléments chimiques [7]. Ce processus a été rapide jusqu'à
ce que les atomes du nuage soient ionisés. L'énergie ne pouvait plus
s'échapper de celui-ci et il s'est lentement contracté. La moitié de
l'énergie gravitationnelle libérée a été convertie en radiations et l'autre
moitié a servi à chauffer le nuage. La contraction a continué et le nuage
s'est échauffé. Lorsque la température fut proche du million de
Kelvins, les réactions de fusion thermonucléaire entre l'hydrogène et
les éléments légers, deutérium, lithium, béryllium et bore, s'amorcè-
rent. Comme les éléments légers étaient en faible proportion, la libéra-
tion d'énergie a été limitée mais a permis de former un gaz à très haute
température et d'amorcer des réactions de fusion entre l'hydrogène, ou
plus précisément les protons, qui étaient en grande quantité.
La majorité des réactions thermonucléaires ont lieu au centre du
soleil dans un volume correspondant à celui d'une sphère dont le rayon
n'est que d'environ 20 % de celui du soleil [8]. Elles lui fournissent l'é-
nergie et conduisent à la formation de noyaux d'hélium, 4He, qui est un
élément particulièrement stable. Dans le soleil, l'hydrogène est
consommé dans les réactions de fusion qui font intervenir, dans une
première étape, l'interaction entre deux protons11. Il faut, au total,
9. La valeur de cette température fait qu'une grande part du rayonnement émis se
trouve dans le visible. La puissance rayonnée par le soleil est d'environ 4 × 1026 W.
10. Soit plus de 90 % en nombre d'atomes.
11. Lors des réactions de fusion des neutrinos (νe ) et des photons (γ) sont créés.
La probabilité pour qu'un neutrino formé au centre du soleil sorte de celui-ci sans
interaction est de 10−9 , ce qui signifie qu'un seul neutrino sur un milliard interagit
avant de sortir. Il est par contre beaucoup plus difficile à un photon de sortir du
soleil par suite des interactions successives qu'il va subir. Un photon formé à l'in-
térieur du soleil va mettre environ 50 000 ans pour s'échapper de celui-ci.
1.3 Le soleil 11
4 protons pour conduire à un noyau d'hélium. Ces réactions de fusion
se classent en trois familles. La première12 se produit dans 85 % des
cas et libère 26,2 MeV. La deuxième famille dans 15 % des cas libé-
rant 25,7 MeV. Enfin, une troisième famille de réactions se produit
dans seulement 0,02 % des cas et libère 19,1 MeV.
L'énergie libérée en moyenne par proton lors d'une fusion est de
15 MeV. La première réaction de chacune des familles correspond
à une interaction entre deux protons. La probabilité pour que deux
d'entre-eux réagissent est très faible ; parmi les 3 × 1031 m−3 protons
présents, il n'y en a que 5 × 1013 m−3 /s qui conduisent à la fusion. La
puissance libérée est de 120 W/m3, soit 10 fois moins que la puissance
qu'utilise le corps humain pour se maintenir en vie ( 1 400W/m3) [7].
Lors de la fusion, c'est la première interaction entre deux protons
qui est la plus lente et qui gouverne le processus. Il faut environ 5
milliards d'années pour qu'un proton (1H) fusionne avec un autre
proton [7] pour produire un deuton ( 2H). Il ne faut qu'environ une
seconde pour que le deuton formé lors de cette réaction réagisse avec
un proton pour former un 3He. Il faudra environ 300 000 ans pour que
deux 3He se rencontrent et forment un noyau d'hélium, 4He. Cette fai-
ble probabilité d'interaction a pour conséquence que la densité de puis-
sance émise dans l'espace par le soleil est très faible : 200 nW/g, soit
7 000 fois moins que l'énergie mise en jeu par l'activité métabolique
d'un être humain ( 1,4 mW/g))13.
Pour le soleil, l'hydrogène n'est pas une énergie renouvelable. Ce
carburant s'épuise peu à peu et, dans environ 5 milliards d'années, le
soleil deviendra une « géante rouge ». La partie centrale du cœur se
contractera et s'échauffera jusqu’à ce que la température et la densité
de matière soient suffisamment grandes pour que la fusion thermonu-
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
cléaire de l'hélium démarre. Parallèlement, la partie externe du soleil
sera en expansion pour former une « géante rouge ». La terre sera
détruite au cours de cette expansion [9].
12. 1 H + 1 H −→ 2 H + e+ + νe
1
H + 2 H −→ 3 He + γ
3
He + 3 He −→ 4 He + 2 1 H .
13. Le métabolisme d'un enfant, qui demande plus d'énergie que celui d'un
adulte, est d'environ 3 mW/g. Pour une bactérie il peut atteindre 100 W/g [1].
12 1 • Notions de base
1.4 CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
Les différentes sources d'énergie primaire que nous pouvons utiliser
sont les ressources fossiles et minérales (charbon, pétrole, gaz, ura-
nium…) et les énergies renouvelables (hydraulique, solaire, éolien,
biomasse, géothermie…). Le problème de certaines sources est leur
disponibilité et leur coût.
Il y a seulement 200 ans, les hommes n'utilisaient que des énergies
renouvelables : bois pour le chauffage, traction animale pour les
transports, chutes d'eau et vent pour l'énergie mécanique. Au cours du
XIXe siècle, on utilise le charbon et l'on invente la machine à vapeur.
Au XXe siècle, le pétrole, le gaz et le nucléaire sont exploités.
La consommation totale d'énergie (commerciale et non commer-
ciale) dans le monde a été, en 2004, de 11,2 Gtep. Les combustibles
fossiles (pétrole, charbon, gaz) couvraient plus de 80 % des besoins
(cf. tableau 1.2). L'importance des combustibles fossiles se voit aussi
visuellement sur la figure 1.1.
Au niveau de la France, la figure 1.2 montre la croissance de la
consommation d'énergie primaire entre 1960 et 2000. On voit qu'elle a
triplé entre 1960 et 2000 soit une croissance moyenne pour cette pério-
de de 2,82 %. En 2005, elle était de 276,3 Mtep. Il y a toutefois des
pertes énormes entre l’énergie primaire et l'énergie finale utilisée par
Tableau 1.2 Consommation d'énergie primaire commerciale
dans le monde en 2004. Les erreurs d'arrondis font que la somme
n'est pas exactement égale à 100.
(Source : World energy outlook 2006, IEA).
Énergie Gtep %
Pétrole 3,940 35,2
Gaz 2,302 20,5
Charbon 2,773 24,8
Nucléaire 0,714 6,4
Hydraulique 0,242 2,2
Biomasse et déchets 1,176 10,5
Autres renouvelables 0,057 0,5
Total 11,204 100
1.4 La consommation énergétique 13
250 Consommation d energie
primaire en France
200
Mtep
150
100
1960 1970 1980 1990 2000
Annee
Figure 1.2 Évolution de la consommation d’énergie primaire
en France. [5]
le consommateur. Ainsi, en France en 2005, l'énergie finale était de
160,6 Mtep, soit 68 % de l'énergie primaire. La répartition de la
consommation d'énergie en France, pour les différentes sources, est
indiquée dans le tableau 1.3 pour l'année 2004 [11].
L'électricité est de plus en plus utilisée. La figure 1.3 montre l'évo-
lution de la consommation électrique intérieure en France jusqu'en
2000 [5]. Elle a été multipliée par 6,125 entre 1960 et 2000, soit une
croissance moyenne de 4,64 % par an. Entre 1970 et 2000, la consom-
mation est passée de 140 TWh à 441 TWh (482 TWh en 2005). Il fal-
lait donc, dans les années 70, prévoir de nouveaux moyens de produc-
tion de l'électricité. En 1960, la grande hydraulique produisait 56 % de
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Tableau 1.3 Consommation d'énergie primaire en France pour
l'année 2000. Compte tenu des arrondis, il y a un petit écart
sur les totaux. Source DGEMP [11].
Source Mtep %
Charbon 13 4,7
Pétrole 93 33,6
Gaz naturel 40 14,6
Électricité (nucléaire + renouvelables) 117 42,5
Énergies renouvelables thermiques 13 4,6
Total 276 100
14 1 • Notions de base
Consommation interieure
400 d electricite en France
300
TWh
200
100
1930 1950 1970 1990
Annee
Figure 1.3 Évolution de la consommation intérieure d’électricité
en France [5].
l'électricité française mais les sites possibles étaient pratiquement tous
utilisés. Le charbon et le pétrole ont pris la relève avant que le nucléai-
re ne soit choisi après le choc pétrolier de 1973. Cela a amélioré notre
balance des paiements car il aurait fallu sortir des devises pour payer
les importations de combustible (cela correspondrait à environ 1000 €
par français et par an, pour un prix du baril égal à 80 $, pour acheter le
pétrole nécessaire pour produire l'électricité dans des centrales ther-
miques au fuel).
Le tableau 1.4 montre la répartition de la consommation énergétique
finale corrigée du climat en 2005 pour l'énergie finale totale et l'élec-
Tableau 1.4 Répartition de la consommation d'énergie totale finale
et de l'électricité selon les différents secteurs économiques.
Les erreurs d'arrondis peuvent conduire à une somme totale
légèrement différente. (Source [11] et [5]).
Énergie finale totale Électricité
Secteur Mtep % TWh %
Industrie 37,7 23,4 135,8 32,0
Agriculture 2,9 1,8 3,4 0,8
Résidentiel tertiaire 69,8 43,4 246,4 64,3
Transports 50,4 31,3 10,4 2,8
Total 160,7 100 423,7 100
1.5 L’effet de serre 15
tricité. L'énergie finale totale est de 160,7 Mtep qu'il faut comparer aux
276,2 Mtep d'énergie totale primaire consommée en 2005. L'électricité
représente 42,5 % de l'énergie totale primaire consommée.
Au siècle prochain, le monde sera confronté à deux problèmes prin-
cipaux. Le premier concerne les réserves des énergies fossiles bon
marché ; le second est relatif à l'effet de serre.
1.5 L'EFFET DE SERRE
Sans l'effet de serre, la température moyenne de notre planète serait à
– 18 ◦ C. Grâce à ce phénomène, elle est de 15 ◦ C. Il représente14 en
moyenne 150 W/m2 . Depuis le début de l'ère préindustrielle, l'effet de
serre a augmenté de 2,45 W/m2 , soit de 1 % de l'énergie rayonnée par
notre planète. Ceci a eu pour conséquence d'accroître la température
moyenne, entre 1850 et 1995, d’environ un demi degré. Cette aug-
mentation est préoccupante.
La vapeur d'eau est le gaz qui a la plus grosse influence sur l'effet de
serre (60 à 70 % de l'effet). Néanmoins, la quantité rejetée par l'hom-
14. À l'entrée de l'atmosphère terrestre, perpendiculairement à l'axe terre-soleil,
la puissance reçue du soleil est actuellement en moyenne de 1 367 Wm−2 , quanti-
té que l'on désigne sous le nom de constante solaire. L'intensité moyenne reçue sur
la terre se calcule en remarquant que si la surface de la terre, qui est une sphère de
rayon R, vaut 4πR 2 , le soleil ne voit qu'un disque dont la surface vaut πR 2 . La
puissance moyenne reçue sur la terre est donc égale au quart (πR 2 /4πR 2 = 1/4)
de la constante solaire, soit environ 340 W/m2.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Le bilan radiatif de notre planète, en équilibre avec le soleil, se traduit par le fait
que l'énergie reçue du soleil est égale à celle émise par la terre. Pour calculer cela,
on utilise la loi de Stephan qui dit que l'énergie ε émise par unité de surface d'un
corps porté à la température T vaut ε = σT 4, soit approximativement ε = ( 64,5 T 4
)
−8 −2 −4
W/m , où σ est une constante (σ = 5,674 × 10 Wm K ). Sur les 340 W/m2
2
qui arrivent en moyenne du soleil, près de 30 % sont réfléchis (100 W/m2) vers
l'espace et 240 W/m2 sont absorbés par notre planète (70 %). Sur ces 240 W/m2, 70
W/m2 sont absorbés par l'atmosphère (environ 20 %) qui est réchauffée, et le reste
(170 W/m2 soit 50 %) chauffe le sol continental ou océanique.
Si la température de la terre était de −18 ◦ C, soit 255,16 K, son émission serait
de 240 W/m2. Grâce à l'effet de serre, la température moyenne est de +15 ◦ C ce
qui conduit à une émission de 390 W/m2. Comme 240 W/m2 doivent être émis dans
l'espace pour respecter l'équilibre énergétique terre-soleil, cela signifie que 150
W/m2 sont absorbés par l'atmosphère par l'effet de serre.
16 1 • Notions de base
me ne fait pas varier de façon sensible sa concentration dans l'at-
mosphère et le cycle de l'eau est très rapide [10]. Ce n'est pas le cas
d'autres gaz comme le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et le
protoxyde d'azote (N2O). Les composés halogénés (CFC, halons15...)
sont rejetés en quantité moindre et leur impact est plus faible. En
revanche, leur durée de vie est plus importante. Ces composés halogé-
nés jouent aussi un rôle important dans la destruction de la couche d'o-
zone qui nous protège des rayons ultraviolets nocifs. Des mesures ont
été prises au niveau international pour en limiter l'usage (Convention
de Vienne en 1985, puis protocole de Montréal en 1987). Malgré cel-
les-ci, il faudra encore quelques décennies pour restaurer la couche
d'ozone à son niveau des années 1970.
De manière quantitative, l'augmentation de l'effet de serre se répar-
tit de la façon suivante : 1,56 Wm−2 pour le CO216, 0,5 Wm−2 pour le
CH4, 0,14 Wm−2 pour le N2O et 0,25 Wm−2 pour les CFC. Les com-
bustibles fossiles rejettent tous du CO2 par combustion, puisqu'ils
contiennent du carbone. Une meilleure gestion de la combustion et le
choix du combustible fossile (par exemple, pour une même quantité
d'énergie fournie, la combustion du gaz naturel émet environ deux fois
moins de CO2 que celle du charbon) peut optimiser l'émission de gaz
à effet de serre mais on ne pourra jamais la faire disparaître complète-
ment car la combustion des composés carbonés donne toujours du gaz
carbonique. Les énergies renouvelables et le nucléaire, par contre, ne
contribuent pas, en fonctionnement, à accroître l'effet de serre.
L'augmentation des émissions anthropiques17 de gaz à effet de serre
au rythme actuel pourrait avoir de graves conséquences sur l'environ-
nement comme le prédisent certains modèles [10]. Plusieurs scénarios
ont été proposés pour évaluer la température moyenne en 2100. Ils
conduisent à un réchauffement moyen compris entre 2 ◦ C et 6 ◦ C. Les
valeurs hautes auraient des conséquences dramatiques sur l'environne-
ment avec notamment la montée du niveau de la mer, l'apparition de
15. Les CFC (chlorofluorocarbures) sont des composés carbonés dans lesquels
des atomes d'hydrogène ont été remplacés par des atomes de chlore et/ou de fluor.
Dans les halons, des atomes d'hydrogène ont été remplacés par des atomes de
brome et/ou de fluor.
16. Depuis le début de l'ère industrielle, la concentration en CO2 a augmenté de
28 %, en passant de 280 ppm (parties par million) en volume au début de cette ère
à 358 ppm en 1994 [12]. L'augmentation se fait au rythme de 1,5 ppm par an. À
titre de comparaison, pendant la même période, la concentration atmosphérique de
CH4 a augmenté de 145 % et celle de N2O de 15 % [12].
17. C'est-à-dire dues à l'homme.
1.6 Conclusion 17
maladies tropicales pour certains pays qui n'en n'ont pas aujour-
d'hui...[10]. Le Giec18 prédit ainsi, sur la base de modèles, que le
niveau des mers pourrait s'élever de 15 à 95 cm en 100 ans, que 95 %
des glaciers européens disparaîtraient, que le régime de précipitations
pourrait être modifié (il y aurait de fortes pluies sur l'Europe), que des
perturbations importantes (cyclones, ouragans, tornades...) seraient
plus fréquentes, etc. Ces prédictions sont suffisamment inquiétantes
pour que l'on recherche, au niveau mondial, un accord pour limiter l'é-
mission des gaz à effet de serre. La conférence de Kyoto, en décemb-
re 1997, a permis une amorce dans ce sens, bien que les experts la
jugent encore bien timide.
1.6 CONCLUSION
Deux facteurs concourent à une demande énergétique plus forte dans
l'avenir. Ce sont l'accroissement de la population mondiale et le fait
que les pays en voie de développement souhaitent accroître leur niveau
de vie. En prenant une croissance énergétique annuelle mondiale de
2 à 2,5 % par an, cela revient à doubler la consommation énergétique
de la planète à l'horizon d'une trentaine d'année. Pour satisfaire à ces
besoins supplémentaires, sans pour autant trop accroître l'effet de
serre, il sera nécessaire de développer l'énergie nucléaire et les énergies
renouvelables, qui ne représentent pour le moment que de l'ordre de
20 % de la consommation énergétique mondiale.
Chacune des sources d'énergie a des avantages et des inconvénients, en
terme de coût, de sécurité d'approvisionnement, d'impact sur l'environne-
ment... Il n'y a pas de solution universelle et le panachage permettant d'a-
voir la meilleure solution énergétique est spécifique à chaque pays.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
La consommation d'énergie primaire reste et restera encore, pendant
de nombreuses décennies, largement dominée par les combustibles
fossiles, notamment le pétrole. Ils représentent près de 90 % de l'éner-
gie commerciale (80 % si l’on inclut l’énergie non commerciale) et
rien ne peut encore les remplacer ni quantitativement ni économique-
ment. Entre le début et la fin du XXe siècle, la consommation d'énergie
primaire mondiale est passée d'environ un Gtep à une dizaine de Gtep.
C'est grâce à cela que l'humanité a pu assurer son développement éco-
nomique.
18. Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat.