Auriculothérapie en odontologie : thèse 2021
Thèmes abordés
Auriculothérapie en odontologie : thèse 2021
Thèmes abordés
Anne-Carole Daney
THESE
Aix-Marseille Université
(Président : Monsieur le Professeur Éric BERTON)
L’auriculothérapie en odontologie.
DANEY Anne-Carole
THESE
Aix-Marseille Université
(Président : Monsieur le Professeur Éric BERTON)
L’auriculothérapie en odontologie.
DANEY Anne-Carole
Mise à jo r sep
Directe rs de Départements
Formation Initiale Professeur Michel RUQUET
Recherche Professeur Anne RASKIN
Formation Continue Professeur Frédéric BUKIET
Charges de missions
Relations Internationales Professeur Hervé TASSERY
Internat et Diplômes d’études spécialisées Professeur Virginie MONNET-CORTI
Affaires générales Docteur Patrick TAVITIAN
BUKIET Frédéric -
FOTI Bruno -
LE GALL Michel -
MONNET-CORTI Virginie -
ORTHLIEB Jean-Daniel -
RASKIN Anne -
RUQUET Michel -
TARDIEU Corinne -
TARDIVO Delphine -
TASSERY Hervé -
ABOUT Imad
BALLESTER Benoît -
BLANCHET Isabelle -
MENSE Chloé -
SILVESTRI Frédéric -
ASSISTANTS HOSPITALIERS ET NI ERSITAIRES
GRINE Ghilès -
HOUVENAEGHEL Brice -
- Den is erie res a ra rice Endodon ie Pro hèses Fonc ion D sfonc ion Imagerie Bioma éria
L’auteur s’engage à respecter les droits des tiers, et notamment les droits de propriété
intellectuelle. Dans l’hypothèse où la thèse comporterait des éléments protégés par un droit
quelconque, l’auteur doit solliciter les autorisations nécessaires à leur utilisation, leur reproduction
et leur représentation auprès du ou des titulaires des droits. L’auteur est responsable du contenu
de sa thèse. Il garantit l’Université contre tout recours. Elle ne pourra en aucun cas être tenue
responsable de l’atteinte aux droits d’un tiers
REMERCIEMENTS
1. Introduction…………………………………………………………………….…………………………….…..…….1
2. Généralités sur l’auriculothérapie…………………………………….……………………….…………….1
2.1 Historique et fondements de l’auriculothérapie ……….……………………….….………...…1
2.2 Définitions………………………………………………………………………….………………..……….......3
2.3 Indications et contre-indications à l’auriculothérapie………….………………………....….4
2.3.1 Indications……………………………………………………………….………………………….….4
2.3.2 Contre-indications et précautions………………………….…………………………….…5
3. Bases scientifiques de l’auriculothérapie……………………………………….……………………....6
3.1 Le pavillon de l’oreille : rappels anatomiques…………………….……………….…..………..6
3.1.1 Anatomie de surface………………………………………………..……………….…..…….…6
3.1.2 Structures anatomiques……………………………….…………………………...…...........7
3.1.3 Innervation et vascularisation…………………………………………………….…..……...9
3.2 Neurophysiologie………………………………………………………………………..……………..……..10
3.2.1 Les phénomènes de convergence sur la substance réticulée…………...….…10
3.2.2 Arcs réflexes impliqués dans la stimulation de l’oreille…….……………..…..…11
3.2.3 La neuromodulation auriculaire……………………………………………..….…….….…12
3.3 Cartographies de l’oreille……………………………………………………………………….………..…12
3.3.1 Les points d’oreille………………………………………………………………………………....12
3.3.2 Différentes cartographies………………………………………………………….………..….14
3.4 L’auriculothérapie en pratique……………………………………………………………….…….……20
3.4.1 La séance d’auriculothérapie…………………………………………………………….……20
3.4.2 Examen clinique et diagnostic…………………………………………………….…….……20
3.4.3 Outils thérapeutiques…………………………………………………….…………..……….…22
3.4.3.1 Physiothérapie auriculaire……………………………………………………..…….…..22
3.4.3.2 La stimulation au laser………………………………………………………………………23
3.4.3.3 Les traitements avec effraction cutanée……………………….……………..…..23
3.4.3.4 La stimulation par cryoponction…………………………………..……………..……24
4. Les applications de l’auriculothérapie dans la pratique de la dentisterie………….……24
4.1 Douleurs dentaires…………………………………………………………………………………..…..……25
4.2 Stress et anxiété liés aux soins dentaires……………………………………….…………………..28
4.3 Xérostomie et hyposialie………………………………………………………………….………..……..30
4.4 Réflexe nauséeux………………………………………………………………………….………….……….32
4.5 Bruxisme……………………………………………………………………………………..………..…..……..33
4.6 Trismus………………………………………………………………………………………..………..…..……..34
4.7 Troubles et dysfonctions des articulations temporo-mandibulaires……..…..……….35
4.8 Sevrage tabagique…………………………………………………………………………..…...…....…….36
5. Cadre légal et formations…………………………………………………………………….………..….……38
5.1 Encadrement légal de l’auriculothérapie…………………………………………….…......…….38
5.2 Formations……………………………………………………………………………………..………...………38
6. Conclusion…………………………………………………………………………………………..……….…..…….39
1. Introduction
Créée dans les années 1950 à Lyon par le Dr Paul Nogier, l’auriculothérapie est une discipline
s’apparentant à de l’acupuncture auriculaire. Elle se base sur l’idée que l’on peut retrouver sur l’oreille
une représentation somatotopique du corps humain, et permet d’obtenir, par la stimulation physique
de points précis au niveau du pavillon de l’oreille, des effets thérapeutiques variés.
Cette pratique est peu connue du public, pourtant, ses applications dans de nombreux et divers
domaines de la médecine ont montré son efficacité.
L’auriculothérapie est une discipline scientifique, basée sur des recherches de plus en plus précises en
neurosciences, qui s’appuie sur des diagnostics précis et une réflexion médicale rigoureuse. Elle est
reconnue et validée par l’OMS depuis 1987.
C’est une thérapeutique dite complémentaire, qui peut se révéler très utile dans la prise en charge des
patients quand elle est utilisée en plus de nos traitements classiques.
Elle n’a pas pour vocation de remplacer la médecine, mais plutôt d’être un outil d’aide efficace
utilisable par les praticiens pour soigner leurs patients de la meilleure manière.
La pratique de l’auriculothérapie par les chirurgiens-dentistes est extrêmement rare car très peu
connue dans notre domaine. Pourtant, on peut lui trouver des applications très intéressantes, qui
seront abordées dans ce travail.
L’oreille étant une zone facilement accessible lors des soins dentaires, cette pratique gagne à être
connue en dentisterie, car elle peut être facilement mise en place, et peut représenter une aide
formidable dans les soins prodigués à nos patients.
Au cours de l’histoire et depuis des millénaires, les Hommes ont utilisé le pavillon de l’oreille dans
diverses situations, aussi bien pour soulager des douleurs que pour diagnostiquer, traiter ou améliorer
des problèmes de santé.
Déjà dans l’Égypte Ancienne, les femmes se faisaient piquer le pavillon de l’oreille à des fins
contraceptives. Au IVème siècle avant J.C., Hippocrate quant à lui décrivait des saignées du pavillon de
l’oreille (incisions des veines rétro-auriculaires) pour agir sur l’impuissance.
1
Dans la Chine Antique, berceau de l’acupuncture traditionnelle, le pavillon de l’oreille est relativement
mis de côté, seuls quelques points cutanés sont décrits. Pendant longtemps, les Chinois n’utiliseront
les points auriculaires que pour lutter contre la fièvre, ainsi qu’en cas de maladies des yeux ou de la
gorge. On retrouve tout de même dans le « Huang Di Nei Jing », plus ancien traité de médecine chinoise
traditionnelle (environ 200 ans avant J.C), les correspondances réflexives entre l’oreille et les différents
organes du corps.
Chez les marins et les pirates, le port traditionnel d’un anneau sur le lobe de l’oreille avait pour but
l’amélioration de la vision pour repérer plus aisément les bateaux ennemis.
Plus tard, en 1717, le médecin italien Valsalva remarqua que certaines douleurs dentaires pouvaient
être soulagées par la cautérisation de la partie postérieure de l’antitragus. Cette technique fut aussi
décrite par des maréchaux-ferrants dans les Flandres en 1740.
La cautérisation auriculaire pour guérir les névralgies sciatiques a aussi été souvent pratiquée au cours
des siècles par de nombreux médecins, qui observaient des résultats souvent très satisfaisants grâce à
cette technique. (1,2)
Ces nombreuses pratiques au cours des siècles et à travers le monde ne se basaient que sur l’intuition
et l’observation, mais n’eurent pendant très longtemps aucun fondement scientifique.
C’est au médecin lyonnais Paul Nogier (1908-1996) que l’on doit la pratique de l’auriculothérapie en
tant que telle. (3)
En 1951, celui-ci constate chez certains de ses patients une étrange marque au niveau de l’oreille. En
se renseignant, il découvre qu’une femme, madame Barrin, pratique avec succès à Marseille la
cautérisation de l’anthélix pour guérir les névralgies sciatiques. Celle-ci n’est ni médecin ni
professionnelle de santé. C’est la répétabilité de cette méthode, ainsi que le fait que la cautérisation
ait été réalisée à chaque fois en un point de l’oreille bien précis, qui pousse Paul Nogier à s’y intéresser
de très près.
La technique de cautérisation lui semblant trop agressive, il s’emploie plutôt à piquer avec une aiguille
cette même zone chez ses patients souffrant de sciatique, et obtient des résultats probants. Il pose
donc en 1953 l’hypothèse selon laquelle ce point, l’anthélix, est relié d’une manière ou d’une autre à
l’articulation lombo-sacrée, zone responsable des névralgies sciatiques.
Il en déduit donc que d’autres points de l’oreille sont reliés aux autres vertèbres, et il lui apparait l’idée
que l’oreille pourrait représenter sommairement l’image d’un embryon inversé : l’anthélix
correspondant à la colonne vertébrale, le lobe figurant la tête (Fig.1).
2
Fig. 1 : représentation schématique de l’oreille et sa corrélation avec la position fœtale (3)
A partir de cette hypothèse, il choisit d’appliquer des micro-courants non perceptibles par ses patients
souffrant de douleurs lombaires, thoraciques ou cervicales, au niveau de points auriculaires précis. Il
obtient des résultats satisfaisants prouvant que la stimulation, même non sensible, de ces points
entraîne un soulagement de ces douleurs. C’est ainsi qu’il réalise ses premières cartographies de
l’oreille et que naît la discipline de l’auriculothérapie.
2.2 Définitions
Ces thérapeutiques sont classées comme réflexothérapies, c’est-à-dire des méthodes consistant à
provoquer des réflexes, par excitation, piqûre ou cautérisation, d’une zone située à distance de celle
qui est atteinte, en utilisant principalement les voies nerveuses et vasculaires.
L’acupuncture, médecine traditionnelle chinoise, consiste à piquer avec des aiguilles la surface du
corps en des points précis afin de soigner des pathologies ou de provoquer un soulagement des
douleurs. (4)
En raison des similitudes entre les deux thérapeutiques, l’auriculothérapie est parfois nommée
acupuncture auriculaire, malgré le fait que celle-ci ne fasse pas partie de la Médecine Traditionnelle
Chinoise, et ait été découverte en France. C’est au Docteur Nogier qu’on doit le terme
d’auriculothérapie. On peut considérer que c’est une vision occidentale et moderne de l’acupuncture
3
auriculaire. Elle fait appel à un diagnostic médical, et utilise aussi bien des aiguilles, que d’autres
procédés de stimulation : laser, aimants, micro-impulsions électriques…
L’auriculopuncture est le terme utilisé par Yves Rouxeville dans ses livres pour désigner les pratiques
se basant sur les règles de l’acupuncture traditionnelle chinoise. (5)
On retrouve également le terme d’auriculomédecine, qui désigne un outil diagnostic se basant sur le
Pouls de Nogier, autrement nommé VAS (Vascular Autonomic Signal) ou RAC (Reflexe Auriculo-
Cardiaque), également découvert par Paul Nogier. Cette méthode consiste à observer la modification
du pouls du patient sous l’effet de diverses micro-stimulations sur des points précis de l’oreille. Ceci
permet au praticien de trouver les points à traiter au niveau de l’oreille. Cette technique n’est pas
utilisée par tous les praticiens. (6)
2.3.1 Indications
Ø Douleurs :
C’est l’indication principale de l’auriculothérapie, qui se révèle efficace pour le soulagement de
plusieurs types d’algies, des plus habituelles aux plus lourdes.
Elle est le plus souvent utilisée dans le cas de douleurs courantes, aigues ou chroniques : migraines,
arthrose, névralgies, traumatismes, zonas… pour lesquelles les praticiens observent fréquemment des
résultats bénéfiques en quelques séances.
Mais son efficacité a été démontrée pour soulager des douleurs plus sévères telles que celles des
patients cancéreux sous chimiothérapie (8) ou celles liées au travail lors de l’accouchement chez les
femmes nullipares. (9)
Des consultations hospitalières d’auriculothérapie sont d’ailleurs souvent proposées comme soins
supports à la prise en charge de la douleur lors de pathologies lourdes, c’est le cas par exemple à
l’Hôpital Européen de Marseille (10).
4
Ø Addictions :
Des effets bénéfiques dans les traitements de conduites addictives ont été observés, malgré tout ils
n’ont à ce jour pas été validé scientifiquement.
L’application la plus connue est le sevrage tabagique, qui a donné de bons résultats chez un grand
nombre de patients, mais elle peut aussi être utilisée pour aider au traitement de l’alcoolo-
dépendance, ou encore de l’addiction aux drogues et aux médicaments. Elle a également été efficace
pour aider à la perte de poids chez certains patients.(11)
Ø Syndromes anxio-dépressifs :
Les troubles anxieux, troubles du sommeil, angoisses, ainsi que le stress et les troubles psycho-
émotionnels peuvent être soulagés par l’auriculothérapie. Les études disponibles dans la littérature
témoignent de l’efficacité de cette pratique sur le stress, l’anxiété et la dépression chez les adultes.(12)
Selon le Dr Paul Nogier (3), c’est le caractère inutile ou nuisible de la stimulation du pavillon auriculaire
qui amènera à poser une contre-indication à la pratique de l’auriculothérapie.
Ainsi, on ne procèdera pas à la stimulation de l’oreille :
- Lorsque d’autres thérapeutiques ayant prouvé leur efficacité sont indiquées ou lorsque l’on
sait par l’observation des lésions que l’auriculothérapie n’a aucune chance de fonctionner
(maladie nécessitant une chirurgie ou des antibiotiques par exemple).
- Lorsqu’aucune approche diagnostique n’a été faite au préalable : en effet, il serait dangereux
de masquer des douleurs qui pourraient être la conséquence d’une maladie nécessitant des
soins médicaux ou chirurgicaux et la laisseraient évoluer jusqu’à un point de non-retour (par
exemple une tumeur).
L’approche diagnostique est donc une obligation primordiale avant tout traitement en
auriculothérapie.
Par ailleurs, certains états physiologiques ou pathologiques des patients amèneront le praticien à
prendre des précautions dans son traitement.
Chez la femme enceinte, il faut être très prudent vis-à-vis des points que l’on choisit de stimuler,
particulièrement à partir du 7ème mois de grossesse. En effet, certains points spécifiques peuvent
déclencher le travail.
5
On évitera chez les patients présentant des troubles de la coagulation ou prenant des médicaments
anticoagulants l’utilisation d’aiguilles afin d’échapper à tout accident hémorragique.
Tous les patients immunodéprimés, présentant un risque infectieux (diabète, valvulopathie cardiaque
ou port d’une prothèse cardiaque…), ou une hygiène défectueuse, feront l’objet d’une désinfection
d’autant plus rigoureuse avant l’utilisation d’aiguilles.
Lorsque la croissance auriculaire n’est pas terminée (enfants de moins de 7 ans), la cartographie
auriculaire n’est pas totalement mise en place. Chez ces petits patients, lors du traitement, on essaiera
d’activer le moins de circuits possibles. (13)
L’oreille est un organe complexe permettant l’audition et l’équilibration. Elle se décompose en trois
parties : l’oreille interne, l’oreille moyenne et l’oreille externe. Cette dernière a pour fonction de capter
et diriger les sons. Elle est formée par l’auricule et le méat acoustique externe.
C’est l’auricule, ou pavillon auriculaire, qui nous intéressera plus particulièrement dans la pratique de
l’auriculothérapie. En effet, c’est au niveau de cette structure faite de chair et de cartilage que le
praticien pourra déterminer des points à stimuler.
Ø L’hélix : elle constitue le rebord postéro-supérieur de l’auricule. Elle prend naissance dans la
conque (racine de l’hélix) et se termine en postérieur en continuité avec le lobule auriculaire.
Dans sa partie postéro-supérieure, on retrouve de manière inconstante le tubercule de
l’auricule, ou tubercule de Darwin.
Ø La conque : c’est la dépression la plus importante et profonde de l’auricule, située dans sa
partie médiane. On trouve en son fond l’ouverture du méat acoustique externe. Elle est
6
séparée par la racine de l’hélix en deux parties : cymba conchae (supérieure) et cavum conchae
(inférieure).
Ø Le tragus : c’est un relief saillant, de forme arrondie ou triangulaire, qu’on retrouve en avant
de la conque. Il protège l’ouverture du conduit auditif externe.
Ø L’antitragus : c’est un relief arrondi se situant en bas de la conque. Il est séparé du tragus par
l’incisure inter-tragique.
Ø L’anthélix : c’est une saillie concentrique à l’hélix, qui se sépare en avant en deux branches
supérieures et inférieures.
Ø La gouttière scaphoïde : c’est le sillon qui sépare l’hélix de l’anthélix.
Ø La fosse triangulaire : c’est la dépression délimitée par les branches supérieure et inférieure
de l’anthélix.
Ø Le lobule : c’est un repli de peau qui délimite la partie inférieure du pavillon.
1. Hélix
2. Branches de l’anthélix
3. Fosse triangulaire
4. Cymba de la conque
5. Branche de l’hélix
6. Incisure antérieure
7. Tragus
8. Incisure inter-tragique
9. Lobule de l’auricule
10. Antitragus
11. Tubercule de l’auricule
12. Gouttière scaphoïde
13. Anthélix
14. Conque
15. Pore acoustique externe
La face médiale de l’auricule forme avec le crâne un angle de 30 degrés en moyenne. Elle se compose
d’une partie libre et d’une partie adhérente séparées par le sillon rétro-auriculaire.
L’armature du pavillon auriculaire est formée par un cartilage fin et élastique, dont la structure est
identique à celle de l’auricule, et qui lui confère sa souplesse. Seul le lobule ne contient pas de cartilage.
Ce cartilage est recouvert par un fin revêtement cutané qui adhère étroitement au périchondre sous-
jacent.
7
On retrouve également des ligaments auriculaires qui sont intrinsèques, assurant la cohésion des
cartilages entre eux, et extrinsèques (ligaments auriculaires antérieur, supérieur et postérieur), fixant
solidement l’auricule au crâne.
Enfin, il existe des muscles auriculaires qui sont assez rudimentaires et peu fonctionnels.
Les muscles extrinsèques servent à l’orientation et la mobilité du pavillon et sont donc très peu utiles
chez l’Homme. Ils sont représentés par les muscles auriculaires supérieur, postérieur et antérieur.
Les muscles intrinsèques relient les différentes structures du pavillon. Ce sont les grand et petit
muscles de l’hélix, le muscle de l’antitragus en antérieur, le muscle transverse et le muscle oblique en
postérieur.
1- Hélix
2- Grand muscle de l’hélix
3- Ligament auriculaire supérieur
4- Épine de l’hélix
5- Ligament auriculaire inférieur
6- Muscle pyramidal
7- Lame du tragus
8- Conque
9- Petit muscle de l’hélix
10- Muscle de l’antitragus
11- Incisure inter-tragique
12- Muscle du tragus
13- Cartilage du méat acoustique externe
8
3.1.3 Innervation et vascularisation.
Le réseau sanguin du pavillon auriculaire est très riche et toutes les artères vascularisant l’auricule
proviennent de l’artère carotide externe. Les veines drainant le sang se jetteront toutes dans la veine
jugulaire externe.
On peut décomposer l’auricule en trois zones principales lorsque l’on s’intéresse à sa vascularisation
et a son innervation sensitive :
L’innervation motrice du pavillon de l’oreille est assurée pour sa part par le nerf facial (VII).
Innervation par le
nerf auriculo-
temporal
Innervation par le
nerf vague
Innervation par le
grand nerf
auriculaire
(branche du
plexus cervical ou
PCS)
9
3.2 Neurophysiologie
La Société Française d’Auriculothérapie explique qu’une cartographie de l’oreille se met en place lors
du développement de l’embryon, puis du fœtus. Celle-ci est identique et assimilable à la cartographie
existante entre le cerveau et le reste du corps. (15)
C’est ainsi que l’oreille peut être considérée comme une sorte d’écran tactile grâce auquel il est
possible d’envoyer des requêtes thérapeutiques au cerveau qui pourra alors à son tour agir sur les
organes concernés.
Selon Jean Bossy (16), trois types de phénomènes permettraient d’expliquer les résultats obtenus lors
de la stimulation des points de l’oreille : les arcs réflexes simples, les phénomènes de convergence sur
la formation réticulée, ainsi que les effets parasympathiques induits par la stimulation du nerf vague.
Jean Bossy insiste sur les phénomènes de convergence sur la formation réticulée pour expliquer
l’auriculothérapie.
La formation réticulée est un ensemble de cellules nerveuses qui sont organisées en réseaux le long
du tronc cérébral. On peut l’imaginer comme une sorte de toile d’araignée qui connecterait entre eux
le tronc cérébral, les centres hypothalamiques et rhinencéphaliques.
Elle joue un rôle important dans les fonctions d’éveil/sommeil, les centres respiratoires et circulatoires,
ou encore le tonus.
Les nerfs sensitifs de l’oreille se projettent sur la substance réticulée : en fait, on peut considérer que
l’oreille est placée en dérivation du tronc cérébral. Ainsi, elle recueille les informations passant par les
nerfs crâniens et la substance réticulée. Sur la substance réticulée convergent à la fois les messages
nerveux provenant de l’ensemble du corps et ceux provenant de l’auricule.
Ainsi, des structures périphériques différentes peuvent se projeter sur la même unité neurale
réticulée.
10
Lorsqu’un organe présente une anomalie, il envoie un signal qui active une unité neurale de la
substance réticulée. En réponse à cela, le point auriculaire se projetant sur la même unité va voir son
seuil de stimulation abaissé. Cela entrainera l’apparition d’un point douloureux (spontané ou
provoqué) au niveau de l’oreille. Ces points pourront être repérés grâce à un palpeur à pression ou un
détecteur de différence de potentiels.
En l’absence d’anomalie périphérique, les points d’oreille ont un seuil de stimulation normal et sont
donc indétectables.
La stimulation du point détecté aura alors un effet spécifique sur l’organe perturbé qui correspond à
la même unité.
Yves Rouxeville décrit l’oreille comme un poste de guet placé en dérivation du tronc cérébral qu’on
pourrait utiliser pour surveiller mais également intervenir sur les interactions entre le cerveau et les
différents organes.
Les arcs réflexes simples cérébro-spinaux et autonomes permettraient d’expliquer les effets directs de
l’auriculothérapie.
L’arc réflexe est un système de base dans le fonctionnement du système nerveux. Une voie afférente
(sensitive) reçoit une information qu’elle transmet à un centre nerveux. Celui-ci intègre cette
information, élabore une réponse, qu’il envoie via une voie efférente (motrice) à un organe qui en
recevant l’ordre produira une réaction adaptée (réflexe).
La stimulation de l’auricule en un point précis diagnostiqué, par une aiguille ou tout autre moyen, est
captée par les récepteurs sensitifs correspondants qui retranscrivent cette information en message
nerveux. Ce dernier est transmis au système nerveux central qui envoie un ordre à l’organe
correspondant. On obtient alors une réponse spécifique.
Ces notions d’arcs reflexes sont d’ailleurs le principe de base de la réflexologie, qui a pour but d’aider
le corps à retrouver son homéostasie par la stimulation de points qui entraînera des réactions à
distance de ces derniers.
11
3.2.3 La neuromodulation auriculaire (17–20)
Des études ont démontré que la stimulation du nerf vague et la stimulation du nerf trijumeau peuvent
avoir des effets thérapeutiques variés : anticonvulsif, antidépresseur, anti-inflammatoire, anti-
nociceptifs. Or le pavillon de l’oreille est une zone très intéressante pour stimuler ces nerfs de manière
non-invasive. On notera d’ailleurs que la conque de l’oreille est la seule zone cutanée (et donc
accessible directement) innervée par le nerf vague.
Les mécanismes liés à ces actions pourraient s’expliquer de la manière suivante. Les nerfs trijumeau et
vague se projettent dans le tronc cérébral au niveau de différents noyaux :
- Le Noyau du Tractus Solitaire qui joue un rôle majeur dans la régulation du système
parasympathique avec des actions sur les fonctions cardiaques, viscérales ou encore
respiratoires.
- Le Locus Coerelus (centre noradrénergique) et le Noyau du Raphe (centre sérotoninergique)
qui agissent pour leur part sur la perception de la douleur, sur l’anxiété, ou encore le cycle
veille-sommeil.
Ces noyaux entretiennent des connexions avec d’autres structures du système nerveux et sont donc
impliqués dans la régulation de l’homéostasie via la sécrétion de nombreuses substances telles que la
noradrénaline, la sérotonine, le glutamate, l’acétylcholine…
Ainsi, par un mécanisme dit de « bottom-up », la stimulation de ces nerfs crâniens entraînera
l’activation des noyaux dans le tronc cérébral qui eux-mêmes permettront de réguler la sécrétion de
nombreux neurotransmetteurs et ainsi engendrer les effets thérapeutiques multiples précédemment
cités : on parlera alors de neuromodulation auriculaire.
Le principe de l’auriculothérapie est de stimuler un point du pavillon auriculaire qui est reconnu
comme anormal par rapport à son environnement immédiat, notamment par une baisse de la valeur
12
de sa résistance électrique. Ce point est la représentation d’un organe du corps qui présente lui-même
une anomalie.
Les points d’acupuncture, au niveau de l’oreille comme du reste du corps, sont une réalité physique.
Le Dr Jacques Niboyet de Marseille a réalisé une étude mesurant méthodiquement leur résistance
électrique, et a démontré que ces points ont une résistance électrique moindre, et cela même sur une
peau désinfectée ou sur un cadavre. (21)
Cette différence de résistance comparée au reste de la surface de la peau suppose la présence d’une
structure histologique particulière en regard de ces points, et en effet, des études ont démontré que
le point existe bien anatomiquement. Au niveau des points de faible résistance, les fibres de collagène
composant le derme sont moins denses et laissent donc passer plus facilement les courants
électriques. Ces zones sont appelées disques dermo-épidermiques, avec une zone centrale d’environ
1mm² ou la résistance est la plus basse.
Sous ce disque on trouve une structure particulière en cheminée, appelée complexe neuro-vasculaire
qui comporte :
- des fibres nerveuses myélinisées et non myélinisées
- des artérioles et des veines capillaires
- un petit vaisseau lymphatique. (1)
On notera tout de même que cette structure n’est pas retrouvée au niveau de tous les points
d’acupuncture ou des points auriculaires.
13
Les points auriculaires ne sont pas constants : ils varient selon les sujets, et peuvent même varier chez
un même sujet au cours de sa vie, ou selon son état physiologique. On recherchera un point dans une
zone préférentielle grâce aux cartographies de l’oreille.
Les cartographies de l’oreille indiquent les zones du pavillon représentant les différents organes du
corps, ou plus précisément l’innervation de ces organes ou territoires.
C’est dans les années 1950 que Paul Nogier a proposé les premières ébauches de cartographies, et au
fil du temps, en continuant ses recherches, il a pu en établir de nouvelles versions perfectionnées.
Elles sont le résultat de longs travaux statistiques. La méthode utilisée par Paul Nogier est celle du
« test de la douleur provoquée », c’est-à-dire qu’il recherche chez ses patients avec une pathologie
déjà connue, des points douloureux à la pression sur le pavillon de l’oreille. Lorsqu’un organe
correspond à une douleur provoquée dans une zone du pavillon chez un grand nombre de patients,
cette zone est validée. Le développement du système de détection électrique des points possédant
une moindre résistance a permis d’autant plus de précisions dans ces recherches.
14
Néanmoins, il est difficile d’établir une cartographie unique et précise de l’oreille.
En effet, le point n’a pas une place précise et constante, il se trouve dans une zone de probabilité. Sa
position varie d’un sujet à un autre, mais peut également se modifier légèrement dans le temps chez
un même patient.
Il existe donc plusieurs cartographies selon les écoles et les différents auteurs.
Face à cette multitude de nomenclatures différentes, aussi bien du côté Chinois qu’occidental, l’OMS
décide de proposer en 1990 la première nomenclature d’auriculothérapie standardisée, dans le but
qu’elle serve de référence internationale (22). Un sigle composé de 4 lettres est attribué à chaque
partie de l’oreille.
Ce sigle commence obligatoirement par MA (pour Microsystème d’Acupuncture) et se termine par les
deux lettres représentant la partie en question de l’oreille (MA-HX pour l’hélix, MA-TG pour tragus…).
Au niveau de la face postérieure, la troisième lettre sera toujours P.
Pour encore plus de précision, on superpose souvent cette nomenclature au sectogramme de Romoli
(Fig.8). C’est un schéma qui comporte 40 secteurs de 9° avec pour centre le point zéro (décrit par Paul
Nogier à la racine de l’hélix).
15
Fig 8 : Sectogramme de Romoli (1)
Ainsi, pour indiquer la localisation d’un point d’oreille, on utilisera son sigle de 4 lettres auquel on
ajoutera un nombre correspondant à un secteur du sectogramme.(1)
Cependant, cette nomenclature peut toujours porter à confusion et sa précision n’est pas encore
optimale. Ce n’est pas la plus utilisée.
En 2017, le Dr Franck Bahr propose « la nouvelle charte d’acupuncture auriculaire » (Fig.9). La surface
de chaque carré délimitant les zones où l’on recherchera les points est très réduite et les coordonnées
de chaque point sont indiquées en dessous du schéma. (2)
En l’utilisant, il semble assez aisé de retrouver un point précis même pour un praticien peu
expérimenté.
16
Fig 9 : « la nouvelle charte d’acupuncture auriculaire » de Bahr (2)
17
Le Dr David Alimi a présenté en 2011 une nomenclature qui est aujourd’hui considérée comme la
référence internationale et la plus utilisée à travers le monde pour l’enseignement, la recherche, et les
publications sur l’auriculothérapie (Fig 10). Elle est simple, donne aux points une position facilement
repérable, et permet de s’adapter à tous les types de morphologies auriculaire. (13)
C’est un segmentogramme applicable à la face latérale et médiale de l’oreille :
- le segmentogramme de la face latérale a pour centre la base du tragus et comporte 189 zones
- le segmentogramme de la face médiale a pour centre le milieu de l’intersection des
représentations des deux hémiconques et comporte 89 zones.
Les coordonnées des points correspondent à une lettre à laquelle s’ajoute un chiffre (chiffre romain
pour la face médiale, chiffre arabe pour la face latérale).
Cette nomenclature a été validée par la WFCMS (World Federation of Chinese Medicine Society).
18
Fig 10.b : tableau des coordonnées cartésiennes des points correspondant aux segmentogrammes
(13)
19
3.4 L’auriculothérapie en pratique
Chez les praticiens ne recherchant pas le VAS (auriculothérapie classique), la consultation durera entre
15 et 20 minutes, contre 20 à 40 minutes chez ceux qui pratiquent l’auriculomédecine et qui
effectueront donc un traitement plus complexe comprenant la recherche du Pouls de Nogier.
Généralement, en une à trois séances, les patients ressentent des effets bénéfiques. Le nombre et
l’espacement des séances dépendra du caractère de la maladie.
Comme toute autre thérapeutique médicale, l’auriculothérapie ne saurait être pratiquée sans avoir
posé au préalable un diagnostic, le plus précis possible.
20
- Les patients souffrant de troubles psychiques pouvant dérégler le fonctionnement des
synapses et donc le cheminement des messages nerveux.
Une fois l’examen clinique mené, le diagnostic posé et l’indication d’un traitement par auriculothérapie
confirmée, le praticien procède à la détection des points auriculaires à stimuler.
Ø Inspection visuelle :
On recherchera la présence de modifications cutanées telles que des varicosités, verrues ou encore
des desquamations. Selon les Chinois, celles-ci peuvent correspondre à des anomalies au niveau de la
zone du corps correspondante.
Ø La palpation :
Dans un premier temps, on cherche les zones douloureuses grâce à la palpation digitale, en pinçant
entre le pouce et l’index les différentes zones de l’oreille (pavillon, conque, tragus, lobule), à la
recherche d’une dermalgie réflexe. La pression exercée doit être équivalente en tous points et la
palpation se réalise de manière bilatérale afin de pouvoir comparer les deux oreilles.
Lorsque la zone douloureuse est repérée, on utilise un palpeur à pression (fig.11) qui possède une tige
d’1,5mm de diamètre pour déterminer un point précis dans la zone. C’est le « signe de la grimace » du
patient lorsque l’on applique une pression sur ce point qui indique la position du point.
C’est la technique la plus simple et efficace pour déterminer les points à neutraliser.
21
Ø La détection électrique par la mesure de l’impédance :
Selon Nogier, plus la baisse de résistance électrique au niveau d’un point d’oreille est importante, plus
le processus pathologique correspondant à ce point est marqué.
On utilise un détecteur différentiel qui mesure la résistance électrique cutanée (impédance) moyenne
au niveau cutané grâce à une électrode que le patient tient dans sa main, et l’impédance au niveau du
point d’oreille (électrode de 1mm²).
On passe le détecteur électrique dans les zones de probabilité et les valeurs d’impédance nous
permettront de repérer le point à traiter.
Oleson et son équipe ont mené une étude portant sur la fiabilité du diagnostic des points auriculaires,
notamment grâce aux méthodes de palpation et de détection électrique. Cette étude, menée en
double aveugle sur 40 patients présentant des douleurs musculo-squelettiques diverses, a montré une
correspondance de 72,5% entre le diagnostic médical établi au préalable et le diagnostic auriculaire.
Ce diagnostic est donc valide même s’il n’est pas infaillible.(27)
Une fois le diagnostic auriculaire effectué, de nombreux moyens sont à notre disposition pour
procéder à la stimulation des points détectés.
L’auriculothérapie peut être pratiquée sans réaliser d’effraction cutanée, et dans ce cas, sa pratique
n’est pas soumise à une réglementation.
22
La méthode la plus simple est l’acupression, base de la réflexothérapie, qui consiste à effectuer des
pressions orientées sur les points concernés grâce à la pulpe des doigts ou d’un outil spécifique
(souvent une canne de verre arrondie). L’avantage de cette technique est qu’elle est très simple à
réaliser et peut être pratiquée en automassage par le patient lui-même.
La mise en place de billes aimantées ou de graines de vaccaria maintenues par un pansement sont
aussi pratiquées, afin de maintenir la stimulation des points entre les séances.
Il est également possible de traiter les points par des impulsions électriques délivrées en percutané
par un détecteur différentiel. Celui-ci agit de manière fréquentielle, en délivrant les impulsions en
fréquence basse (1Hz, effet calmant), haute (73Hz, effet stimulant) ou par balayage fréquentiel (action
générale).
D’autres approches existent, telles que : les stimulations dans l’infrarouge qui nécessitent la recherche
du Pouls de Nogier, les stimulations magnétiques utilisant des champs électromagnétiques ou encore
les stimulations photoniques grâce à des éclairages chromatiques.
L’utilisation des laser médicaux nécessite la mise en place de quelques précautions : protection des
yeux, des pacemakers et de l’utérus de la femme enceinte. Ainsi, leur usage n’est autorisé que par le
corps médical ainsi que par les auxiliaires médicaux ayant reçu une formation adaptée.
En auriculothérapie, on utilise des lasers à faible puissance, et l’action recherchée est un effet
biostimulant sur les cellules, grâce à l’interaction des radiations électromagnétiques avec les tissus.
Ce sont souvent des lasers à gaz, le plus utilisé étant le laser à l’arséniure de Gallium, qui a une longueur
d’onde standardisée de 940 nm, proche de l’infrarouge. (28)
Ces pratiques sont réservées aux membres du corps médical et aux infirmiers diplômés d’état.
Avant toutes chose, plusieurs règles d’hygiène et d’asepsie doivent être respectées, notamment :
- les aiguilles utilisées doivent être stériles et à usage unique
- un lavage et une désinfection soigneuse des mains doivent être réalisés par le praticien,
- une désinfection de la zone à l’alcool à 70 degrés avec séchage à l’air libre pendant 2 minutes
avant la pose des aiguilles.
23
Deux techniques principales existent (1):
Ø Les aiguilles d’acupuncture : ce sont des aiguilles pleines, courtes (15mm) et rigides (0,3mm
de diamètre) en acier inoxydable. Elles sont posées de manière franche, et restent en place en
moyenne 15 minutes en général, sur un patient allongé.
Il est possible d’appliquer sur les aiguilles des faibles courants électriques afin de potentialiser
leur effet.
Ø Les aiguilles semi-permanentes (ASP) : c’est un dispositif voué à rester en place quelques jours
à quelques semaines. Elles ont une forme de petit harpon, ce qui leur permet de pénétrer dans
le derme sur environ 2mm, sans en ressortir trop facilement. Elles peuvent être en Inox, en
titane ou recouvertes d’une fine pellicule d’or. Si elles ne tombent pas d’elles-mêmes, on
procèdera à leur retrait au bout de deux à trois semaines. Cette pratique est à éviter sur les
patients présentant un risque infectieux élevé.
En 2018, le Dr Alimi a mis au point une technique innovante de stimulation des points : la cryo-
auriculothérapie. Les tissus correspondants aux points à stimuler sont directement congelés à l’aide
d’un spray d’azote liquide à -40 degrés.
Tout en conservant les avantages et l’efficacité des aiguilles, cette technique élimine les inconvénients
inhérents à ces dernières : l’acte n’est pas sanglant, quasiment indolore, les risques infectieux
n’existent plus et les tissus ne sont pas du tout lésés. (29)
Les praticiens utilisant cette méthode peuvent procéder de deux manières différentes.
24
Dans certains cas, la problématique du patient sera précisément définie et pourra être traitée
directement par la stimulation de points connus et prédéfinis afin d’obtenir une amélioration des
symptômes.
Souvent, cependant, le praticien devra établir un diagnostic auriculaire précis en recherchant les points
sensibles sur l’oreille afin de définir les causes du trouble et de traiter de manière personnalisée et
globale le patient et sa maladie.
Ø Pré-opératoire :
Les douleurs dentaires sont le premier motif de consultation dans notre profession, elles peuvent être
également un frein à nos soins lorsqu’elles sont trop importantes et non soulagées par nos techniques
d’analgésie conventionnelles. Ces douleurs peuvent être dues à des caries ayant atteint la pulpe ou
non, à une inflammation du péri-apex, ou encore à une infection ou un abcès péri-apical.
Les dents sont innervées par les branches terminales du trijumeau : nerf maxillaire pour les dents
supérieures et mandibulaire pour les dents inférieures.
Lorsqu’un patient consulte en urgence pour une douleur dentaire, l’origine de cette douleur est dans
la majorité des cas due à une atteinte de la pulpe. Que ce soit dans le cas d’une pulpite irréversible ou
d’une parodontite apicale aigüe, ces douleurs peuvent être très intenses, et la seule manière de
solutionner le problème est d’intervenir sur la dent directement.
Cependant, la stimulation de points auriculaires en complément de techniques médicamenteuses peut
permettre un meilleur contrôle de la douleur jusqu’au moment de l’intervention.
Selon Y. Rouxeville (24), l’auriculothérapie est efficace dans le soulagement de douleurs dentaires
aigües, l’objectif étant d’obtenir un soulagement des douleurs dans les 24h. Il préconise :
25
Fig 12a : points à stimuler en 1ère intention en cas de douleurs dentaire selon Rouxeville (24)
- En deuxième intention : les 3 mêmes points qu’en première intention, auxquels on ajoute :
point zéro, système limbique, ATM phase 2, ATM phase 3, vasalva.
Fig 12b : points à stimuler en cas de douleurs dentaires en deuxième intention selon Rouxeville (24)
Les Dr Kiener et Roths quant à eux, ont établi, en collaboration avec le Dr Nogier, une somatotopie
dentaire au niveau de l’oreille, ou chaque dent correspondrait à une plage précise sur le pavillon
auriculaire. (30)
Fig 12 : plages de correspondance entre l’oreille et la localisation dentaire selon Kiener et Roths (30)
26
Selon ces auteurs, lorsqu’un patient se présente au cabinet en urgence avec une douleur vive à une
dent précise et que le praticien ne dispose pas du temps nécessaire pour traiter cette dent, il est
possible de le soulager par la puncture de plusieurs points afin de lui permettre d’attendre jusqu’à un
rendez-vous ultérieur.
Tout d’abord, on cherche sur la zone du pavillon correspondant à la dent le point local grâce au palpeur
à pression : c’est le point précis de projection de la dent sur l’oreille et il sera repéré facilement car
douloureux pour le patient.
Cependant la stimulation de ce point seul peut diminuer la douleur ressentie mais n’est souvent pas
suffisante.
Toujours selon Roths et Kiener, il faudra pour une efficacité optimale ajouter la stimulation :
- du point intermédiaire correspondant au point maxillaire, situé en arrière de l’antitragus
- du point général correspondant au point hypophysaire situé dans l’échancrure intertragienne.
La mise en place rapide de trois Aiguilles Semi Permanentes au niveau de ces trois points permettrait
de temporiser la douleur jusqu’au prochain rendez-vous dans la majorité des cas.
27
Ø Per-opératoire
Afin de réaliser des soins de qualité dans les meilleures conditions, il est indispensable d’obtenir une
anesthésie locale efficace. Certains patients présentent une mauvaise tolérance aux anesthésiques, ce
qui peut compliquer leur bonne prise en charge.
Kiener et Roths (30) indiquent que la mise en place d’une aiguille d’or à chaque oreille avant de réaliser
l’anesthésie et pendant toute la durée de l’intervention peut diminuer ces effets indésirables (par
exemple chez les patients ayant une tendance aux malaises lors des anesthésies locales).
Le point à rechercher est le point au sommet de l’oreille, sous l’ourlet, qui est le plus douloureux à la
pression.
Ø Post-opératoire
Les douleurs post-opératoires en dentisterie sont le plus souvent liées aux suites d’avulsions.
Une étude a été menée dans le but d’évaluer l’efficacité de l’électro-stimulation du pavillon auriculaire
comme méthode antalgique dans les douleurs post avulsion de troisième molaire mandibulaire.
Malheureusement, aucun bénéfice de l’électro-acupuncture n’a pu être mis en évidence. (31)
L’anxiété est une émotion perçue généralement comme une sensation désagréable, qui se traduit par
l’anticipation consciente ou inconsciente d’un danger ou d’un problème à venir, qu’il soit réel ou non.
C’est un phénomène normal présent chez tous les individus. Lorsque celle-ci devient excessive et
incontrôlable, on parle alors de troubles anxieux.
L’odontophobie est un problème très répandu dans la population. Cette forte anxiété liée aux soins
dentaires peut devenir un véritable problème pour les patients concernés, qui évitent à tout prix de
consulter leur chirurgien-dentiste, même en cas de problème ou de douleur, ce qui a des conséquences
notables sur leur santé bucco-dentaire et donc leur qualité de vie.
Une étude randomisée menée par le Dr Matthias Karst (32) a comparé l’utilisation du midazolam par
voie nasale, et l’auriculothérapie pour lutter contre l’anxiété liée à une avulsion dentaire. Les
participants à l’étude étaient divisés en deux groupes :
28
- Le premier groupe recevait un protocole factice d’auriculothérapie 5 jours avant l’intervention
et prenait 15 mg de midazolam 30 minutes avant la chirurgie
- Le deuxième groupe recevait un protocole réel d’auriculothérapie avec la stimulation, 5 jours
en amont de la procédure, de points précis (fig.14). 30 minutes avant l’intervention, on leur
administrait un placebo à la place du midazolam.
Les points auriculaires, réels ou factices, étaient stimulés avec des grains de moutarde fixés à l’aide de
ruban adhésif afin d’obtenir une stimulation sur plusieurs jours.
Les résultats de cette étude démontrent que l’auriculothérapie a une efficacité comparable au
midazolam.
L’auriculothérapie peut donc être un outil très intéressant pour lutter contre le stress lié aux soins sans
passer par la prise de médicaments.
Plusieurs façons de stimuler le pavillon existent afin de lutter contre le stress. Selon Yves Rouxeville
(1), le premier choix de points pour une aide à la relaxation chez un patient sont les points zéro et zéro
prime à droite et à gauche. Grâce à la mise en place d’aiguilles sur ces points pendant une quinzaine
de minutes, on peut obtenir des résultats intéressants, avec un patient qui se sentira déjà plus calme
et détendu.
Fig 15 : Premier choix de points pour aide à la relaxation selon Y.Rouxeville (1)
29
4.3 Xérostomie et hyposialie.
La salive est un liquide composé d’eau à 99%, mais aussi d’éléments organiques et d’ions. Elle est
sécrétée par les glandes salivaires : glandes parotidiennes, sublinguales et sous-mandibulaires.
En moyenne, le volume salivaire quotidien secrété par un individu varie de 750 à 1500 mL par jour.
Lorsque le flux salivaire diminue, on parle d’hyposialie.
La xérostomie correspond à une sensation de bouche sèche, souvent en conséquence à une hyposialie.
Elle provoque un inconfort chez le patient, en rendant très compliqués notamment l’alimentation et
la phonation. De plus, les sujets atteints de xérostomie seront plus facilement sensibles aux caries et
affections diverses de la cavité buccale. Les étiologies sont nombreuses :
- Conséquence d’une irradiation cervico-faciale.
- Effet indésirable liée à une prise de médicaments : anticholinergiques, chimiothérapies, anti-
parkinsoniens, antihypertenseurs, antidépresseurs…
- Symptôme de maladies systémiques : syndrome de Sjögren, VIH, diabète non équilibré…
- Le mode de vie : tabac, alcool, stress, prise de drogues…
La prévalence de la xérostomie augmente avec l’âge et serait plus fréquente chez les femmes.(34)
Les traitements généralement mis en place pour y remédier, quand la suppression de la cause n’est
pas possible, sont des substituts salivaires, chewing-gums, une grande consommation d’eau…
cependant l’efficacité de ces traitements n’est pas toujours optimale, surtout chez les patients irradiés
souffrant de xérostomie sévère.
30
L’auriculothérapie a été étudiée par le Dr Alimi et son équipe sur 60 patients se plaignant d’une
sécheresse buccale suite à une xérostomie post-irradiation. (35)
Le groupe traité par auriculothérapie bénéficiait de trois séances (J0, J28 et J56) au cours desquelles
un praticien stimulait grâce à des ASP six points du pavillon définis par le « protocole Alimi ».
Fig 16 : choix des points stimulés dans selon le « protocole Alimi » (35)
Le groupe témoin suivait le même schéma thérapeutique, mais les points stimulés étaient factices.
Une amélioration significative (66,17%) de la sécheresse buccale a été observée chez les patients
traités par auriculothérapie.
Un article publié par W.M.Morganstein (36) rapporte la mise en pratique d’un protocole développé
par le Dr Niemtsow, consistant en la stimulation de 6 points auriculaires, auquel s’ajoute la stimulation
d’un point d’acupuncture au niveau de chaque index, sur 7 patients souffrant de xérostomie. Ces huit
points ont été stimulés grâce à des aiguilles au cours de 6 à 14 séances (selon les patients) d’environ
45 minutes.
31
Malgré le peu de patients inclus dans cette étude, les résultats obtenus sont prometteurs car les 7
patients ont noté une augmentation de leur flux salivaire et une diminution des symptômes et de
l’inconfort liés à la xérostomie.
Le réflexe nauséeux correspond à une soudaine envie de vomir, c’est un processus normal destiné à
protéger les voies aériennes supérieures lors de l’introduction de corps étrangers trop profondément
dans la cavité buccale, afin d’en éviter une obstruction accidentelle.
Chez certains patients, ce réflexe est exacerbé, et peut rendre les soins dentaires particulièrement
pénibles, voire impossibles.
Fiske et Dickinson ont décrit un point auriculaire « anti réflexe nauséeux », qu’ils ont testé sur 10
patients présentant un réflexe nauséeux sévère les empêchant de recevoir des soins dentaires. (37)
La mise en place d’une aiguille sur ce point au niveau des deux oreilles, juste avant le début des soins,
et laissée en place jusqu’à la fin de la procédure, a permis à ces 10 patients de se laisser soigner.
Pour 8 d’entre eux, le réflexe nauséeux était totalement contrôlé, pour les 2 autres il l’était
partiellement mais a tout de même permis de réaliser les soins nécessaires.
La simple mise en place d’une aiguille en ce point pendant les soins ne prend que quelques minutes,
n’induit pas d’effets secondaires comme certains médicaments que l’on pourrait prescrire, et est de
plus économique. Elle peut donc être une bonne option à tester lorsque l’on se retrouve face à ces
patients qui peuvent se révéler très compliqués à soigner.
32
4.5 Bruxisme
Le bruxisme, du grec « bryxo » qui signifie « grincer des dents », est un trouble inconscient qui se
définit par un serrement ou un grincement involontaire des dents, de jour ou de nuit, pouvant
s’observer chez les enfants comme chez les adultes.
Les étiologies du bruxisme sont complexes, mais le stress et l’anxiété semblent en être la cause la plus
répandue. D’autres facteurs entrent également en compte, tel que les troubles du sommeil, les
troubles psychologiques, ou encore le mode de vie (consommation de psychotropes notamment).
Le bruxisme a des répercussions aussi bien sur les dents (usure prématurée par attrition, fêlures et
fractures, mobilités…) que sur les muscles masticateurs (hypertrophie, contractures) et les ATM.
Pour y remédier, on essaye en priorité d’agir sur les causes, par exemple en identifiant et en travaillant
sur les problèmes psychologiques, en supprimant la consommation de drogues, mais également par la
mise en place d’une gouttière de protection que le patient porte la nuit.
L’auriculothérapie peut être une méthode complémentaire intéressante dans la prise en charge du
bruxisme, en agissant sur des points pouvant réduire l’anxiété ainsi que l’hypertonicité musculaire.
Le Dr Alimi (13) préconise dans un premier temps la stimulation de 4 points, bilatéralement : la triade
de relaxe et le point ATM motrice. La triade de relaxe est représentée par :
- le point cosmonaute : dans la fossette naviculaire de l’hélix :
- le point maitre sensoriel : au centre du lobe
- le point corps calleux : en avant du tragus
En stimulant ces points au cours de plusieurs séances, on peut observer une amélioration notable du
bruxisme chez certains patients.
Scheffelmeier et son équipe ont étudié les effets de l’auriculothérapie sur 12 enfants souffrant de
bruxisme nocturne (39). Les points choisis ont été stimulés pendant trois semaines selon un protocole
33
standardisé. Le niveau de preuve de l’étude est faible et ne permet donc pas de tirer de conclusions,
cependant, il a été observé une amélioration significative du bruxisme chez tous les participants.
Une autre étude portant sur 20 patients souffrant de troubles de l’ATM et de bruxisme a mis en
évidence que l’auriculothérapie, en complément d’un traitement par gouttière, a des effets bénéfiques
en réduisant les douleurs au niveau des muscles masticatoires et de l’articulation, comparé à un
traitement par gouttière seul (40).
4.6 Trismus
Kiener et Roths (30) expliquent dans leur livre que l’ouverture totale de la mandibule n’est pas possible
à obtenir en une seule séance d’auriculothérapie, cependant la stimulation du point maître maxillaire
à l’aide d’une aiguille, puis d’une ASP afin d’obtenir une stimulation continue du point peut apporter
une amélioration progressive de l’amplitude d’ouverture.
Dans leur article dédié à l’auriculothérapie, les Dr.Bandon et Dr.Hoarau rapportent le cas d’une
patiente souffrant d’un trismus avec ouverture buccale de 1 cm depuis 6 mois suite à un traumatisme.
La mise en place d’aiguilles transfixiantes au niveau du point ATM sur les deux oreilles a permis
d’obtenir en quelques minutes une ouverture de 3cm, qui a permis aux praticiens de mettre en place
une gouttière et au kinésithérapeute de pouvoir intervenir. (38)
34
4.7 Troubles et dysfonctions des articulations temporo-mandibulaires (ATM).
L’ATM est une articulation bilatérale complexe qui unit de chaque côté la mandibule aux os temporaux.
Cette articulation est l’une des plus sollicitées du corps humain, elle permet l’ouverture et la fermeture
de la cavité buccale, et joue donc un rôle crucial notamment dans les fonctions de phonation et de
déglutition.
Les patients présentant des troubles des ATM sont rencontrés fréquemment dans notre exercice.
Les étiologies de ces troubles peuvent être nombreuses : dentaire, articulaire, musculaire,
traumatique… et les solutions pour y remédier le sont aussi. Ces patients seront souvent orientés vers
des séances de kinésithérapie, d’ostéopathie, des thérapies cognitives et comportementales… Une
prise en charge médicamenteuse peut également être envisagée grâce à des anti-inflammatoires.
Une fois de plus, des séances d’auriculothérapie peuvent être une thérapie complémentaire à prendre
en compte dans la prise en charge de ces maux.
Iunes et son équipe (41) ont étudié les effets de l’auriculothérapie sur le traitement des troubles de
l’ATM et ont observé les électromyogrammes de 44 sujets. L’étude portait également sur le niveau
d’anxiété de ces patients. L’étude démontre que la stimulation de points spécifiques sur l’oreille, au
cours de 10 séances, a permis une réduction significative des douleurs articulaires. L’EMG a également
montré une diminution de la contraction des muscles temporaux de ces patients. Le niveau d’anxiété
des patients a aussi été significativement réduit.
Fig 21 : Représentation des points auriculaires stimulés lors de l’étude : les ronds correspondent aux points
stimulés pour le groupe traité par auriculothérapie, les triangles représentent les points factices stimulés pour le
groupe témoin. (41)
35
4.8 Sevrage tabagique
En France, le tabagisme est un problème de santé publique majeur. En 2019, 24% des 18-75 ans
consommaient du tabac quotidiennement, et malgré une légère diminution de la prévalence du
tabagisme ces dernières années, celle-ci reste élevée et son coût social très important. En effet, un
fumeur régulier sur deux meurt des conséquences de son tabagisme, et l’espérance de vie de ces
patients est réduite de 20 à 25 ans. (42)
Le chirurgien-dentiste a pour devoir de motiver et d’aider son patient au sevrage tabagique. Il est
primordial de dépister ces patients, d’évaluer leur niveau de dépendance et d’accompagner l’arrêt en
assurant un suivi pour éviter les rechutes.
Les moyens mis en œuvre pour cela sont variés, des simples conseils et discussions aux prescriptions
de substituts nicotiniques permettant de réduire le syndrome de manque lors des premiers temps du
sevrage.
L’utilisation de l’auriculothérapie pour aider les patients à se défaire de cette dépendance est de plus
en plus populaire, seule ou en association avec d’autres méthodes. La stimulation par des aiguilles
provoquerait soit un dégoût du tabac, soit une disparition du besoin de fumer. Elle permettrait d’agir
sur le « circuit du plaisir » entrant en jeu dans les conduites addictives. Rouxeville décrit des points
maîtres prioritaires à traiter pour le sevrage : point zéro prime et zéro bilatéral, point de décussation
et/ou point du PCS et/ou point du Darwin et point d’agressivité (appelé aussi point TSH). (43)
Fig 22 : points maîtres auriculaires prioritaires pour le sevrage du tabac selon Rouxeville (43)
Le Dr Alimi quant à lui préconise la stimulation des points : corps calleux, hypothalamus postérieur,
cosmonaute, TSH, carrefour pharyngo-laryngé et affirme que cette stratégie est efficiente pour un
sevrage tabagique dans plus de 70% des cas, selon son expérience personnelle. (13)
36
Fig 23 : auriculothérapie de base du sevrage tabagique selon Alimi (13)
Toujours selon le Dr Alimi, ce traitement est souvent efficace dès la première séance, mais il peut en
falloir une deuxième, voire trois à quatre séances en tout pour les gros fumeurs.
Leung et son équipe (44) ont étudié les effets de l’auriculothérapie (stimulation des points poumon et
shenmen) et des thérapies comportementales dans le sevrage tabagique. Leurs résultats ont montré
que l’auriculothérapie aide les patients à supporter les premières semaines de sevrage. Cependant, à
plus long terme, cette technique a montré ses limites et les auteurs de l’étude préconisent une
association de l’auriculothérapie pour lutter contre les symptômes de manque des premières
semaines, avec une thérapie comportementale qui aiderait les patients sur l’aspect psychologique et
donc à tenir sur la durée.
Une autre étude sur 78 fumeurs a obtenu des effets intéressants grâce à la stimulation du point
poumon sur chaque oreille pendant une séance grâce à des aiguilles, suivi par la stimulation pendant
2 semaines consécutives du même point par des graines : après 6 mois, 12,5% des patients ayant
bénéficié de l’auriculothérapie étaient non-fumeurs contre 0% du groupe placebo. (45)
37
5. Cadre légal et formation
Sa pratique s’inscrit dans le cadre légal de l’acupuncture car elle est revendiquée par ses praticiens
comme un microsystème de l’acupuncture. Celle-ci est reconnue comme une pratique médicale, ce
qui signifie qu’elle peut être adoptée par les médecins, chirurgiens-dentistes, et sages-femmes, et que
les personnes exerçant l’acupuncture alors qu’elles n’appartiennent pas au corps médical peuvent être
poursuivies en justice et sanctionnées pour exercice illégal de la médecine. (5)
Légalement, les soins par effraction cutanés (donc l’utilisation d’aiguilles) sont réservés au corps
médical et aux infirmiers.
Cependant, les traitements au laser peuvent être pratiqués par les auxiliaires médicaux, et ceux
utilisant de la lumière, de l’électricité percutanée, des fréquences infrarouges, des aimants, ou encore
l’acupression peuvent être pratiqués librement.
L’auriculothérapie est considérée par l’Assurance Maladie comme une technique spécifique de
l’acupuncture, donc peut être cotée par les membres du corps médical selon son code CCAM
« QZRB001 : séance d’acupuncture » à un tarif de 18 euros si :
- Le praticien est titulaire d’un diplôme d’acupuncture reconnu par le Conseil de l’Ordre
- Le traitement est effectué en deuxième intention chez l’adulte (traitement adjuvant)
- Le traitement est pratiqué dans l’une des quatre indications suivantes : nausées et
vomissements, antalgique, syndrome anxio-depressif, sevrage du tabac et de l’alcool. (46)
5.2 Formations
38
D’autre part, plusieurs associations forment à l’auriculothérapie :
- Le Groupe Lyonnais d’Études Médicales (GLEM), fondé par le Dr Paul Nogier, et basé à Lyon.
- L’AASF (Auriculo Sans Frontières) mais également le CIES (Collège International d’Étude de la
Statique) proposent des formations sont réservées aux professionnels de santé.
- L’Institut International d’Auriculothérapie Médicale Scientifique (IIAMS) propose également
aux médecins et chirurgiens-dentistes des formations à l’issue desquelles sera délivré un
Certificat de Compétence en Auriculothérapie Médicale.
De nombreuses autres écoles privées proposent des formations ouvertes à tout public et non pas
seulement aux professionnels de santé.
6. Conclusion
L’auriculothérapie est une discipline scientifique qui s’appuie sur des bases neurophysiologiques
solides, bien que tous ses mécanismes d’action ne soient pas encore expliqués à ce jour.
La stimulation du pavillon de l’oreille à des fins curatives existe depuis des millénaires, mais c’est
depuis les années 1950 que l’auriculothérapie fait l’objet de recherches scientifiques, et les avancées
en neurosciences au fil des années permettent de mieux comprendre son fonctionnement.
On peut déplorer le fait que les études sur le sujet ne soient pas très nombreuses, et donc que la
multitude d’applications possibles dans ce domaine ne soient pas toujours prouvées ou validées
scientifiquement. Les études disponibles incluent souvent trop peu de sujet, et le niveau de preuve de
celles-ci n’est pas toujours optimal.
Cependant, on ne peut pas nier que l’auriculothérapie a fait ses preuves dans de nombreux domaines,
et les praticiens qui l’exercent sont convaincus de son efficacité et de ses bénéfices pour les patients.
En effet, c’est une pratique assez simple, peu coûteuse, peu invasive, qui peut notamment permettre
aux patients d’éviter ou de réduire les prises médicamenteuses et leurs effets secondaires, ou parfois
débloquer des situations où les traitements conventionnels atteignent leurs limites.
En odontologie, l’auriculothérapie est très peu utilisée et gagnerait largement à être connue. La
connaissance et la pratique de cette discipline dans notre quotidien au cabinet représente un outil
formidable à ajouter à notre arsenal thérapeutique.
39
En effet, deux de ses applications principales sont la gestion de la douleur et de l’anxiété, qui sont des
obstacles que nous rencontrons tous les jours dans notre exercice.
Comme nous l’avons vu, elle peut également aider dans la prise en charge des de la xérostomie, des
trismus, du bruxisme, du réflexe nauséeux, des dysfonctions de l’articulation temporo-mandibulaire,
et même de l’addiction au tabac.
Le pavillon de l’oreille est une zone très facile d’accès pour un chirurgien-dentiste, et la mise en place
d’aiguilles ou de tout autre moyen de stimulation des points auriculaires est donc simple à mettre en
œuvre.
Les médecines dites complémentaires, telles que l’auriculothérapie, sont de plus en plus acceptées,
voire même demandées par les patients.
Savoir utiliser cette discipline en tant que chirurgien-dentiste peut faciliter nos prises en charges dans
de nombreuses situations. Cette arme médicale permet de pouvoir proposer des solutions
complémentaires à nos patients lorsque nos traitements classiques atteignent leurs limites.
Ainsi, l’auriculothérapie est une pratique qui gagne à être connue, étudiée et pratiquée dans le
domaine de l’odontologie.
40
BIBLIOGRAPHIE
2. Wirz-Ridolfi A. The History of Ear Acupuncture and Ear Cartography: Why Precise Mapping of
Auricular Points Is Important. Med Acupunct. 2019;31(3):145-56.
6. Gesbert A. Article paru dans le magazine Biocontact N°233 Mars 2013. :4.
7. sofa-7.com Site Auriculothérapie médicale et sa société savante [Internet]. [cité 9 déc 2020].
Disponible sur: https://www.sofa-7.com/auriculotherapie
8. Ruela L de O, Iunes DH, Nogueira DA, Stefanello J, Gradim CVC. Effectiveness of auricular
acupuncture in the treatment of cancer pain: randomized clinical trial. Rev Esc Enferm U P.
2018;52:e03402.
9. Rastegarzade H, Abedi P, Valiani M, Haghighi MH. The effect of auriculotherapy on labor pain
intensity in nulliparous women. Anesthesiol Pain. 2015;6(3):54-63.
10. c.stagiaire. Les soins de support [Internet]. 2019 [cité 18 mai 2021]. Disponible sur:
https://www.hopital-europeen.fr/care/votre-prise-en-charge/les-soins-de-support-
lacupuncture-auriculaire
11. Richards D, Marley J. Stimulation of auricular acupuncture points in weight loss. Aust Fam
Physician. 1998;27 Suppl 2:S73-7.
12. Corrêa HP, Moura C de C, Azevedo C, Bernardes MFVG, Mata LRFP da, Chianca TCM. Effects of
auriculotherapy on stress, anxiety and depression in adults and older adults: a systematic
review. Rev Esc Enferm U P. 2020;54:e03626.
14. Kamina P, Martinet C, Gouazé A. Anatomie clinique. 4e édition. Paris: Maloine; 2013.
15. sofa-7.com Définition de l’auriculothérapie [Internet]. [cité 2 mai 2021]. Disponible sur:
https://www.sofa-7.com/definition
16. Bossy J. Bases neurobiologiques des réflexothérapies. Paris: Masson; 1975. (Collection de
monographies de réflexothérapie appliquée).
17. Mercante B, Ginatempo F, Manca A, Melis F, Enrico P, Deriu F. Anatomo-Physiologic Basis for
Auricular Stimulation. Med Acupunct. 2018;30(3):141-50.
I
18. He W, Wang X, Shi H, Shang H, Li L, Jing X, et al. Auricular acupuncture and vagal regulation.
Evid-Based Complement Altern Med ECAM. 2012;2012:786839.
19. Mercante B, Deriu F, Rangon C-M. Auricular Neuromodulation: The Emerging Concept beyond
the Stimulation of Vagus and Trigeminal Nerves. Medicines. 2018;5(1):10.
21. Rabischong P, Terral C. Scientific Basis of Auriculotherapy: State of the Art. Med Acupunct.
2014;26(2):84-96.
23. Nomenclature OMS 1990 - Points d’auriculothérapie / Auriculotherapy Points [Internet]. [cité
18 mai 2021]. Disponible sur: http://www.earpoints.ovh/spip.php?article569
24. Rouxeville Y. Les clés de l’auriculothérapie: clinique et pratique. Bruxelles: Satas; 2016.
25. Palpeur à pression 250G-PAL250 [Internet]. [cité 22 août 2021]. Disponible sur:
https://www.acushop.fr/pal250-palpeur-a-pression-250g.html
26. Bilan de deux années d’évaluation des tests d’auriculomédecine décrits par Paul Nogier (versus
détection électrique) – ICAMAR [Internet]. [cité 22 août 2021]. Disponible sur:
https://www.icamar.org/bilan-de-deux-annees-d-evaluation-des-tests-dauriculomedecine-
decrits-par-paul-nogier-versus-detection-electrique/
27. Oleson TD, Kroening RJ, Bresler DE. An experimental evaluation of auricular diagnosis: the
somatotopic mapping or musculoskeletal pain at ear acupuncture points. Pain.
1980;8(2):217-29.
28. Round R, Litscher G, Bahr F. Auricular Acupuncture with Laser. Evid Based Complement Alternat
Med. 2013;2013:e984763.
32. Dellovo AG, Souza LMA, de Oliveira JS, Amorim KS, Groppo FC. Effects of auriculotherapy and
midazolam for anxiety control in patients submitted to third molar extraction. Int J Oral
Maxillofac Surg. 2019;48(5):669-74.
34. Nederfors T, Isaksson R, Mörnstad H, Dahlöf C. Prevalence of perceived symptoms of dry mouth
II
in an adult Swedish population--relation to age, sex and pharmacotherapy. Community Dent
Oral Epidemiol. 1997;25(3):211-6.
35. Alimi D, Poulain P, S.Brulé, Véricel R, Cornillot P, Toumelin P. Etude contrôlée randomisée
évaluant l’action de l’auriculothérapie dans la xérostomie induite par la radiothérapie des
tumeurs de la tête et du cou. Rev Odont Stomat. 2012;41:203-31.
36. Morganstein WM. Auricular acupuncture in the treatment of xerostomia. J Chin Med.
2005;79:5-8.
37. Fiske J, Dickinson C. The role of acupuncture in controlling the gagging reflex using a review of
ten cases. Br Dent J. 2001;190(11):611-3.
38. Hoarau P, Bandon D. Auriculothérapie. Rev francoph odonto pédiatr 2020 ;15(2)2:61-65
39. Scheffelmeier B, Moraes BM de, Duarte J, Fraiz FC, Souza JF de. Auriculotherapy for sleep
bruxism in children : a series of cases. Rev Científica CRO-RJ Rio Jan Dent J. 2020;5(1):42-8.
40. Ferreira LA, Grossmann E, Januzzi E, Gonçalves RTRF, Mares FAG, Paula MVQ de, et al. Ear
Acupuncture Therapy for Masticatory Myofascial and Temporomandibular Pain: A Controlled
Clinical Trial. Evid Based Complement Alternat Med. 2015;2015:e342507.
41. Iunes DH, Chaves É de CL, Moura C de C, Côrrea B, Carvalho LC, Silva AM, et al. Role of
Auriculotherapy in the Treatment of Temporomandibular Disorders with Anxiety in University
Students. Evid Based Complement Alternat Med. 2015;2015:e430143.
44. Leung J. Smoking cessation by auricular acupuncture and behavioral therapy. Psychol Int J
Psychol Orient. 1991;34(3):177-87.
45. Waite NR, Clough JB. A single-blind, placebo-controlled trial of a simple acupuncture treatment
in the cessation of smoking. Br J Gen Pract. 1998;48(433):1487-90.
46. CCAM en ligne - [Internet]. [cité 11 déc 2020]. Disponible sur: https://www.ameli.fr/accueil-de-
la-ccam/trouver-un-acte/fiche-abregee.php?code=QZRB001
III
SERMENT MEDICAL
Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma
langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à
corrompre les mœurs ni à favoriser le crime.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Résumé :
Les applications de l’auriculothérapie dans le domaine de l'odontologie font l’objet de
ce travail. Cette pratique est peu connue des chirurgiens-dentistes mais représente un
outil d’aide intéressant dans la prise en charge des patients. Ce travail décrit d’abord
l’historique de l’auriculothérapie, ainsi que ses principales indications et contre-
indications. Après quelques rappels anatomiques, les bases neurophysiologiques sur
lesquelles reposent cette discipline et les cartographies du pavillon de l’oreille sont
abordées. La pratique concrète de l’auriculothérapie est ensuite décrite, notamment le
déroulement d’une séance ainsi que les outils diagnostiques et thérapeutiques utilisés.
La partie suivante étudie les différentes applications de l’auriculothérapie dans le
domaine de l’odontologie : prise en charge de la douleur, de l’anxiété, de la xérostomie et
de l’hyposialie, du réflexe nauséeux, du bruxisme, du trismus, des troubles de l’articulation
temporo-mandibulaire et de l’addiction au tabac. Pour finir, ce travail mentionne la
législation de l’auriculothérapie en France ainsi que les formations existantes.
Abstract:
The applications of auriculotherapy in odontology are the main subject of this work.
This discipline is not much known by dentists but represents an interesting tool that can help
for a better care of patients. This work first describes the history of auriculotherapy, and its
main indications and contraindications. After a few anatomical reminders, the
neurophysiological basis of this discipline and the ear cartographies are approached.
The practice itself of auriculotherapy is described, including the conduct of a session
and the diagnostic and therapeutic tools that are used. The following part studies the
applications of auriculotherapy in odontology : it can help for the treatment of pain,
anxiety, xerostomia and oligoptyalism, gagging reflex, bruxism, trismus, temporo-
mandibular joint disorders, and smoking cessation. The last part this work mentions the
legislation of auriculotherapy in France, and the different trainings that exist in that
discipline.
Challenges in scientifically validating auriculotherapy for addiction treatment include inconsistent methodologies across studies and a lack of large-scale, placebo-controlled trials. While practice has shown positive outcomes in areas like smoking cessation, these results have not been universally validated due to variability in research designs and insufficient sample sizes that fail to conclusively establish efficacy compared to existing medical treatments .
Auriculotherapy shows potential in managing dental conditions such as xerostomia and bruxism by stimulating auricular points related to salivary glands and jaw muscles. Preliminary studies and clinical trials suggest reductions in the symptoms of xerostomia and frequency of bruxism episodes, indicating its effectiveness as a complementary treatment. However, more extensive clinical validation is necessary to establish its role compared to conventional treatments .
Auriculotherapy can be used alongside other treatments to help manage anxiety related to dental care. It involves stimulating specific points on the auricle which are associated with stress and anxiety, offering a complementary approach to traditional methods such as medication. It has been observed to reduce anxiety levels in patients undergoing dental procedures by utilizing these specific auricular points that correspond to the nervous systems .
The WHO's recognition of auriculotherapy underscores its therapeutic legitimacy, facilitating broader acceptance and integration into global medical practices as a complementary treatment. This recognition encourages research, encourages healthcare systems to consider its inclusion, and reassures practitioners about its efficacy and safety, potentially increasing its adoption across diverse clinical settings .
Auriculotherapy addresses temporomandibular joint disorders by targeting specific points on the ear that correspond to jaw tension and pain pathways. Techniques include manual stimulation or electrical detection of points, offering pain relief and improved joint function. Clinical studies report reductions in TMD symptoms, indicating a potentially valuable adjunctive therapy. Full integration into treatment protocols requires further evidence from larger trials .
In France, the legal and educational aspects of auriculotherapy ensure that it is practiced by qualified professionals. Practical training and certification are essential, providing practitioners with the necessary skills while also establishing credibility within the healthcare system. This structured approach helps integrate auriculotherapy into mainstream healthcare by ensuring that its practice is scientifically grounded and that practitioners are accountable, thus facilitating wider acceptance .
The identification of auricular points with lower electrical resistance is based on studies measuring their resistance, which demonstrate that such points have distinct histological structures with lower densities of collagen fibers, facilitating the passage of electrical currents. This phenomenon serves as a scientific foundation for auriculotherapy, allowing the identification and stimulation of precise points that correlate with different bodily functions and ailments. This is crucial because these points guide the practitioners in delivering targeted therapeutic effects .
Historically, ear acupuncture in ancient cultures like Egypt and China was used for purposes such as contraception and treating impotence or fever. These practices laid foundational concepts for modern auriculotherapy, which has evolved by integrating scientific methodologies and understanding the neurophysiological mapping of auricular points. Such cultural practices underscore the longstanding recognition of the ear's therapeutic potential and guide contemporary auriculotherapy techniques .
Auriculotherapy should be avoided when other proven treatments are more appropriate or when the condition requires surgical or antibiotic intervention. It is contraindicated without prior diagnostic evaluation as masking symptoms could allow underlying conditions to progress. Specific precautions are necessary for pregnant women beyond the seventh month, for patients with coagulation disorders, and for immunocompromised individuals to prevent harm and ensure safe practice .
Advancements in neuroimaging, such as functional magnetic resonance imaging (fMRI), enhance understanding of auriculotherapy by visualizing brain activity corresponding to auricular point stimulation. These technologies validate the neuro-somatotopic connections between auricular stimulation and specific cerebral responses, providing empirical support for its therapeutic claims, thereby refining and potentially expanding its clinical applications .