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Les Sept Garçons et leur sœur

SÉBILLOT, C. Hte-Bret. II, 151-157, n° 27. Les sept garçons et leur soeur.

Il était une fois un homme et une femme qui avaient sept garçons, et comme ils n'étaient point
riches, ils avaient bien du mal à les nourrir.

Quand ils furent devenus assez grands pour travailler, l'aîné dit à ses frères :

- Ici nous ne gagnons pas grand-chose, et nous sommes à charge à nos parents; si vous voulez,
nous allons partir tous les sept ensemble pour chercher fortune, et si nous réussissons à nous bien
placer, nous enverrons de l'argent à notre père et à notre mère.

Les six autres frères furent de l'avis de leur aîné; ils dirent adieu à leurs parents et se mirent en
route. Ils allèrent loin, bien loin, sans trouver de l'ouvrage, et ils arrivèrent devant un beau
château où ils demandèrent si l'on n'avait pas besoin de serviteurs. Quand la cuisinière les vit tous
les sept, elle leur dit:

- Ah! mes pauvres gars, vous êtes trop nombreux pour que l'on puisse vous trouver à tous de
l'ouvrage.

Elle alla pourtant dans la salle où était sa maîtresse et lui dit:

- Madame, venez donc voir les sept beaux garçons, tous les sept frères, qui sont à la porte du
château.

Quand la dame les eut vus, elle appela son mari qui vint lui aussi voir les sept beaux enfants. Ils
lui plurent beaucoup, et il leur demanda ce qu'ils savaient faire.

- Nous sommes chasseurs, répondit l'aîné, et nous avons quitté nos parents pour ne pas être à leur
charge.

- Hé bien, dit le seigneur, j'ai une grande forêt qui a quarante lieues de tour; au milieu est une
maison où nous allons nous reposer les jours de chasse, vous irez l'habiter et vous ne manquerez
de rien; seulement il faudra que tous les deux jours l'un de vous vienne ici apporter du gibier.

Les sept frères remercièrent le seigneur, ils furent bien contents de s'installer tous ensemble dans
une jolie petite maison où rien ne leur manquait. Ils allaient souvent à la chasse, et tous les deux
jours l'un d'eux venait au château apporter une partie du gibier qu'il avait tué.

Après le départ des sept frères, leurs parents eurent une petite fille; quand elle fut devenue
grande, ses voisins lui disaient souvent :

- Tu as sept frères, sept beaux garçons; ils sont partis et jamais on ne les a revus.
Un jour, elle dit à sa mère :

- Maman, à chaque instant on me parle de mes frères; est-ce que c'est vrai que j'en ai sept? je ne
les ai jamais vus.

- Oui, répondait sa mère, tu as sept frères qui nous ont quittés avant ta naissance, et depuis on n'a
point eu de leurs nouvelles.

- Je les retrouverai bien, dit la petite fille.

- Ah! ma pauvre enfant, tu auras bien du mal à voyager

toute seule, et peut-être ne te reverrons-nous jamais.

- Si, répondit-elle, laissez-moi aller, et je reviendrai avec eux.

La petite fille, qui avait sept ans, se remit en route, et partout sur son chemin elle demandait si
l'on n'avait point eu connaissance de sept frères qui voyageaient ensemble, mais il y avait si
longtemps qu'ils étaient passés, que presque personne ne se souvenait de les avoir vus. Elle finit
pourtant par retrouver leurs traces, et elle arriva au château où ils s'étaient arrêtés. La dame était à
sa fenêtre, et sitôt qu'elle vit la petite fille, elle s'écria :

- Ah! voici la sœur des sept frères! que cherches-tu mon enfant? lui dernanda-t-elle.

- Je suis partie à la recherche de mes sept frères, et, quoique je ne les connaisse pas, je voudrais
bien les trouver.

- Reste avec moi, lui dit la dame; tes frères habitent dans une forêt auprès d'ici, et demain l'un
d'eux doit venir apporter du gibier : ils seront bien aises de te voir.

Le lendemain, l'aîné vint apporter sa chasse, et la dame lui dit:

- Venez donc voir votre petite sœur!

- Je n'en ai point, répondit-il.

- Si, elle est née après votre départ, et rien qu'à la regarder on voit qu'elle est votre sœur.

La petite fille embrassa son frère et lui dit :

- Mon père et ma mère vous regrettent, je suis partie pour vous chercher, et vous emmener chez
eux.

Elle alla avec lui à la petite maison au milieu des bois; ses frères furent bien heureux de la voir si
gentille, et elle demeura avec eux.
Pendant qu'ils étaient à la chasse, tous les jours un homme sauvage sortait de sa caverne, et venait
lui sucer le sang par dessous la porte, de sorte que la petite fille dépérissait à vue d'œil.

- Tu as la mine malade, ma sœur, lui dit l'aîné; qu'est-ce que tu as?

- Ah! répondit-elle, tous les jours un homme sauvage vient, et il suce mon sang par dessous la
porte.

- Demain, dit l'aîné, je le tuerai.

Il se cacha, et au moment où l'homme sauvage se penchait pour sucer le sang de sa sœur, il le tua,
et il l'enterra dans le jardin de la maison. À l'endroit où était sa tombe, il poussa un arbre si beau
que jamais on n'en avait vu un pareil.

Un jour, la petite fille prit des feuilles de cet arbre, et les mit dans la soupe de ses frères; aussitôt
ils furent emmorpbosés (l) en cerfs, car l'homme sauvage était un Fête (2), et l'arbre qui était né
de lui était aussi fée. Quand les frères furent devenus cerfs, ils dirent à leur sœur avant de s'en
aller dans les bois:

- Nous sommes emmorphosés pour quatre ans : au bout de ce temps nous reviendrons, et si tu
nous mets à chacun un mouchoir blanc sur les cornes, nous reprendrons aussitôt notre première
forme.

Les sept cerfs s'enfuirent dans la forêt, et la petite fille resta seule à la maison; mais tous les jours
on venait du château lui apporter à manger.

Un jour, un chasseur qui passait par la forêt vit la petite fille qui était à sa fenêtre; il lui souhaita
le bonjour et lui dit :

- Êtes-vous retenue prisonnière ici?

- Oui, répondit-elle, je ne bougerai pas de cette maison; j'avais sept frères qui, par enchantement,
sont devenus de beaux cerfs, et j'attends que leur temps soit fini pour les délivrer.

- Qui vous apporte à manger?

C'est le seigneur auquel appartient la forêt; c'est lui qui a la clé de la maison.

Le chasseur alla au château et dit au seigneur :

- Je passe souvent par votre forêt, et j'y vois une belle jeune fille qui est dans une maison de terre.

- Oui, répondit le seigneur, c'est elle dont les sept frères ont été emmorphosés en cerfs, et elle doit
rester là à attendre leur retour.

- Je suis amoureux d'elle, dit le chasseur, et je voudrais bien l'épouser.


- En ce cas, répondit le seigneur, nous allons lui demander si elle le veut.

Ils se rendirent tous deux à la petite maison, et le chasseur dit à la petite fille :

- Si vous voulez, je vous épouserai, je suis riche et vous ne manquerez de rien.

- Non, répondit-elle, mes frères doivent rester quatre ans emmorphosés, je veux les attendre.

Le seigneur lui dit :

- Ta position n'est guère agréable, mon enfant, tu as encore près de trois ans à attendre, et peut-
être seront-ils tués d'ici ce temps. À ta place j'accepterais.

La jeune fille consentit à épouser le chasseur; la noce eut lieu, et au moment où on allait se mettre
à table, les sept cerfs arrivèrent et se placèrent parmi les convives. La mariée leur mit des
mouchoirs blancs entre les cornes, et aussitôt, au lieu de sept cerfs on vit sept beaux garçons, les
plus beaux qu'on put voir.

-Ah! mes frères, leur dit-elle, que je suis contente de vous voir! mais qui vous a abrégé ainsi votre
temps?

- C'est, répondirent-ils, une fée qui nous a dit que si nous assistions à ton mariage, elle nous
faisait grâce de deux ans.

Après la noce, la mariée dit:

- Je voudrais bien aller voir mes parents avec mes frères; ils sont vieux, et sans doute ils nous
croient tous morts.

- Je veux bien, répondit son mari, je suis assez riche pour vous tous, et tes frères et tes parents
viendront demeurer avec nous dans mon château.

Quand ils arrivèrent à la maison où demeuraient les vieux parents, ils trouvèrent la porte fermée,
et les voisins leur dirent que le bonhomme était mort, et que la bonne femme était partie à la
recherche de ses enfants, et qu'on ne savait ce qu'elle était devenue.

Ils allèrent consulter une somnambule qui leur dit :

- Votre mère a été prise par les fées : elle est dans leur souterrain où elle file et tricote toute la
journée, et elle n'est guère heureuse; le souterrain est au bord de la mer, auprès d'une falaise, et
au-dessus est la haute tour d'un château; mais il n'est guère facile d'y arriver. Pour y entrer, il faut
parcourir un sentier étroit au soleil levant qui a plus d'un quart de lieue de long, et l'entrée ne peut
laisser passer d'une personne. Il faudra vous munir d'un falot, et quand vous y serez entrés, vous
verrez trois corridors devant vous; c'est au fond de celui de gauche que votre mère assise file et
tricote pour les fées.
Ils cherchèrent le sentier, sans pouvoir le trouver; mais ils virent un homme à qui ils demandèrent
s'il connaissait le chemin de la grotte aux fées.

- Oui, répondit-il, et j'ai souvent essayé d'entrer dans leur trou, mais jamais je n'ai pu.

- Montrez-nous-le, dirent-ils.

Ils arrivèrent à l'entrée de la grotte, et ayant allumé des lumières, ils prirent le corridor de gauche
et virent au fond leur mère qui filait. Ils l'emmenèrent avec eux, mais se gardèrent bien de rien
dire aux fées, car s'ils leur avaient parlé, il leur serait arrivé malheur.

Ils allèrent ensuite dans le château du mari de la jeune femme, et ils y vécurent heureux tous
ensemble.

Conté en 1880, par Jacquemine Nicolas, de Saint-Cast, femme de Julien Gourhan, âgée de 60
ans environ.

"La fille aux sept frères", n° XXVI des Contes populaires de la Haute-Bretagne, a quelque
rapport avec ce conte. Celui qui suit et que j'ai recueilli dans l'Ille-et-Vilaine a plusieurs
épisodes communs avec "les Sept Garçons et leur sœur"; l'épisode du doigt sucé y est plus
motivé, mais la fin en est altérée et écourtée.

(1) Métamorphosés.

(2) Fée mâle.

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