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Économie Internationale : Concepts Clés

Un cour de HECM 2024 en Eco inter

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Martial
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RÉPUBLIQUE DU BENIN

MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

HAUTE ECOLE DU COMMERCE ET DE MANAGEMENT(HECM)

Master professionnel 1

ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE ET
INTERNATIONAL
Par
Dr. Elie A. ADEDODJA
Economiste-chercheur
Tél : (+229) 96503618
: (+ 229) 95536688
Courriel : elieadedodja@[Link]
Janvier 2024

1
OBJECTIFS DU COURS

Ce cours d’Economie Internationale a pour objectif de fournir aux apprenants les


éléments conceptuels et analytiques fondamentaux pouvant leur permettre de
comprendre les fondements des relations commerciales, économiques, monétaires
et financières internationales.

Spécifiquement, ce cours permettra aux apprenants de :


 Comprendre l’évolution des échanges internationaux et les facteurs de son
essor ;
 Apprécier la situation des pays africains par rapport à celle des pays développés
dans le contexte du commerce international ;
 Appréhender les théories et concepts relatifs aux économies internationales aux
plans commercial, monétaire et financier ;
 Maîtriser convenablement le cadre analytique de la balance des paiements ;
 Distinguer les théories traditionnelles du commerce international de celles
modernes ;
 Apprécier les fondements et l’impact de l’ouverture commerciale sur
l’économie nationale ;
 Connaître les différents accords commerciaux régionaux et leur contribution
dans le commerce international ;
 Connaître les généralités sur les grands principes gouvernant les négociations
commerciales à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ;
 Enoncer les fondements théoriques des politiques commerciales ;
 Enoncer les instruments du protectionnisme et connaître ses conséquences sur
l’économie ;
 Acquérir des connaissances nécessaires permettant d’orienter les agents
économiques face aux opérations de change.

2
BIBLIOGRAPHIE
- BIAO, Barthélémy, 2020. Cours de fondements de l’économie internationale,
Licence 2 Economie (FASEG), Université de Parakou.
- De MELO, Jaime et Jean-Marie GRETHER. 1997. Commerce
International. Bruxelles : DeBoeck, collection «Balises», pages 190-238.
- HECKSCHER, E., 1919. « The effect of Foreign Trade on the Distribution of
Income», Ekonomisk Tidskrift, pages 497-512.
- HELPMAN, Elhanan et Paul KRUGMAN. 1985. Market Structure and Foreign
Trade. MIT Press.
- LINDERT P. H. et Pugel T. A., 1997. Economie internationale, Economica,
dixième édition.
- MUCCHIELLI J.-L., 2001. Relations économiques internationales, Hachette,
troisième édition.
- KRUGMAN, Paul & Maurice OBSTFELD. Economie internationale, 7ème édition.
- OHLIN, B., 1933. Interregional and International Trade, Harvard: Harvard
University Press.
- OMC, 2018. Examen statistique du commerce mondial.
- RAINELLI M., 1997. La nouvelle théorie du commerce international, La
Découverte.
- CAVES, Richard E., Jeffrey A ; FRANKEL & Ronald W. JONES. Commerce et
Paiements internationaux, 9ème édition.

3
PLAN DU COURS

CHAPITRE I : LES ECHANGES INTERNATIONAUX


I. L’évolution récente du commerce mondial
II. La structure des échanges internationaux
III. Accords commerciaux régionaux (ACR) et commerce mondial

CHAPITRE II : LA BALANCE DES PAIEMENTS


I. La notion de la balance des paiements et ses composantes
II. Les principes de comptabilisation
III. La notion de solde et de déséquilibre extérieur de la balance des paiements

CHAPITRE III : LES FONDEMENTS THEORIQUES DE L’ECHANGE INTERNATIONAL


I. La théorie traditionnelle du commerce international
II. La théorie moderne du commerce international
III. Les rendements d’échelle croissant et échanges internationaux

CHAPITRE IV : ECONOMIE POLITIQUE OU PROTECTIONNISME


I. Le libre-échange
II. Le protectionnisme
III. Le système commercial multilatéral

CHAPITRE V : MARCHE DE CHANGE ET TRANSACTION INTERNATIOANLE


I. Les mécanismes du marché de change
II. La détermination du taux de change
III. Les mécanismes des marchés internationaux de capitaux

4
INTRODUCTION

La dimension internationale de l’activité économique est aujourd'hui un fait acquis. Le


panier de la ménagère contient des biens produits à l’étranger. Telle firme importe des
matières premières et des produits semi-finis. Telle autre exporte une partie de sa
production. Toutes deux gèrent des avoirs en devises liés à leurs opérations avec
l’extérieur. Il leur arrive de s’endetter ou de faire des placements sur les marchés
financiers internationaux. Les banques interviennent de plus en plus sur ces marchés,
soit comme intermédiaires, soit pour leur propre compte. L’État agit quand il juge bon de
défendre certains secteurs menacés par la concurrence étrangère et quand la situation
des paiements extérieurs et/ou du taux de change lui paraît inquiétante.

Ainsi, l’activité économique de la nation est étroitement dépendante de l'environnement


international. Appréhender les interrelations entre les comportements et les décisions
des agents économiques d’un pays et le contexte extérieur est donc indispensable. En
effet, le cours d’Economie Internationale fournit les éléments de base permettant la
compréhension des mécanismes qui gouvernent l’organisation des relations
économiques internationales.

L’économie internationale est la branche de l’économie qui traite des échanges qui
s’effectuent entre les nations et des effets de celles-ci sur les économies. La
particularité de l’économie internationale est d’étudier les interactions économiques
entre les Etats souverains. Ainsi, elle s’intéresse à l’analyse des échanges
extérieurs, bien entendu, aux interactions entre échanges et développement
économique et social, et enfin elle aborde des questions normatives de politique
commerciale.

En effet, les fondements théoriques du commerce international reposent sur deux


grandes théories : la théorie traditionnelle et la théorie moderne. La première expose le
principe de l’avantage absolu d’Adam SMITH et celui de l’avantage comparatif de David
RICARDO. La principale contribution de cette théorie réside dans le libre-échange entre
diverses nations et prône la spécialisation d’une nation dans la production d’un bien
selon les coûts et/ou les rendements de production.

5
A partir des années 80, la deuxième théorie dite moderne vise à expliquer les
caractéristiques du commerce international contemporain en mettant en exergue la
dotation factorielle.

Mais, si les auteurs d’une façon générale préconisent le libre-échange, la réalité est bien
éloignée de ce cadre théorique car le reflexe des autorités politiques est d’instaurer des
barrières commerciales. Les conséquences des politiques commerciales sur l’économie
constituent un point d’intérêt essentiel de l’étude du commerce international. De même,
les flux échangés en commerce international sont toujours accompagnés des flux
financiers et font intervenir la notion de la balance des paiements. Dans ce contexte,
plusieurs pays à monnaies différentes effectuent des transactions entre eux. Alors, ceci
pose le problème de change de monnaies dont ce cours tentera de résoudre.

6
CHAPITRE I : LES ECHANGES INTERNATIONAUX

L’évolution des échanges internationaux ces dernières décennies est une


conséquence de la réduction générale des mesures protectionnistes sur les
échanges de marchandises et du développement de la région du sud-est
asiatiques. Le libre-échange a donc favorisé cet essor et contribué à l’amélioration de
la croissance économique. Ce chapitre répondra à quelques préoccupations à
savoir : comment les échanges internationaux évoluent-ils ? Le commerce mondial
profite-t-il à tous les pays et zones géographiques de la même façon ? Ainsi, il
comporte trois sections :
 L’évolution récente du commerce mondial;
 La structure des échanges mondiaux ;
 Les accords commerciaux régionaux et le commerce mondial.

I. L’évolution récente du commerce mondial

L’échange de biens et de services entre nations est un phénomène ancien, mais qui
s’est très fortement accentué depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment
expliquer cette croissance ? Quelle est la structure des échanges internationaux ?

A. La croissance des échanges internationaux


1. Les facteurs de croissance du commerce mondial

Malgré des tendances ponctuelles au protectionnisme dans les pays accomplissant


leur révolution industrielle, le commerce mondial n’a pas cessé de se développer
depuis le début du XIX siècle à un rythme supérieur à la croissance de la production.
Ce phénomène s’est fortement accentué depuis 1945. Il s’est traduit par une
interdépendance croissante entre les nations que l’on peut mesurer par le taux
d’ouverture (rapport des exportations au PIB multiplié par 100) et le taux de
dépendance (rapport des importations au PIB multiplié par 100).

En effet, aucune nation ne peut prétendre satisfaire la diversité de ses besoins de


façon autonome, donc vivre en autarcie. L’échange entre les nations est une
nécessité. Néanmoins, historiquement, c’est grâce à l’amélioration progressive
7
des moyens de paiement, à la stabilisation des taux de change, ainsi qu’à la
modernisation des moyens de transport, que les échanges entre nations ont été
stimulés. Mais c’est surtout la diffusion des thèses libre échangistes qui va donner
un coup de fouet au commerce international. En effet, celles-ci inspirent directement
les accords contractés entre les nations afin de libéraliser leurs échanges. On peut
citer notamment : le GATT (Accords généraux sur les tarifs douaniers et le
commerce) créé en 1947 dans le but de supprimer progressivement les barrières
douanières et remplacé en 1995 par l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ;
la CEE (Communauté Economique Européenne) fondée en 1957, puis l’Acte unique
entré en vigueur en 1993, fondateur du marché commun européen la CNUCED
(Conférence des Nations unies pour le Commerce et le Développement) créée en
1964 et au cours de laquelle les pays riches se sont engagés sans contrepartie à
abaisser leurs droits de douanes pour les marchandises provenant du tiers-monde.

D’autre part, le développement du capitalisme a, lui aussi, profondément contribué


à l’expansion du commerce mondial. En effet, la recherche du profit a conduit les «
marchands » à chercher de nouveaux débouchés. De même, la concurrence pousse
les entreprises à réduire leurs coûts en augmentant leur productivité. Cela les amène
à utiliser des équipements plus efficaces, mais généralement plus coûteux. Elles
doivent alors s’agrandir pour produire plus, afin de profiter d’économies d’échelle et
vendre davantage en se positionnant sur des marchés plus vastes que leurs marchés
nationaux.

Par ailleurs, afin de profiter des avantages comparatifs de chaque nation, elles sont
amenées à spécialiser géographiquement (au moins en partie) leur appareil
productif et donc à multiplier les échanges entre leurs filiales. Ce « commerce captif »
(qui désigne la partie des échanges internes aux firmes multinationales) est évalué à
plus de 30% des échanges mondiaux; il constitue aujourd’hui un puissant stimulant
au commerce mondial.

L’amélioration des infrastructures, la qualité des télécommunications, la plus


grande dispersion de la richesse entre les nations, la réduction des mesures
du protectionnisme, le progrès technique, etc. contribuent fortement à la
croissance du commerce mondial.

8
2. La tendance des échanges mondiaux

Selon l’OMC, à partir des années 1950, on observe une augmentation soutenue et
continuelle des exportations et importations qui connaissent toutefois un
ralentissement pendant les deux chocs pétroliers. Mais depuis les années 1980, on
parle de mondialisation car on remarque une très forte progression des échanges de
biens et de services et de mouvements de capitaux sur le plan international. Cette
croissance est supérieure à celle de la production mondiale.

Ainsi, la croissance des exportations mondiales sur la période 1970-2001, montre


que le commerce mondial a cru ces dernières décennies beaucoup plus vite que la
richesse mondiale. Les échanges se sont donc intensifiés et le degré d'ouverture au
commerce de l'économie mondiale a augmenté. Les échanges mondiaux
représentent 10-12 % de la richesse mondiale à la fin des années 1960 contre
52 % en 2020 (OMC, 2023).

Entre 2005-2023, le commerce mondial a enregistré son plus fort taux de croissance,
en volume comme en valeur. Le volume du commerce des marchandises, mesuré
par la moyenne des exportations et des importations, a augmenté de 4,7%, première
hausse annuelle de plus de 6,0% en 2023. La valeur en dollars des exportations de
marchandises a augmenté de 11%. La forte croissance du commerce en volume en
2022 est due principalement à des facteurs cycliques, la croissance mondiale du PIB
aux taux de change du marché ayant atteint plus de 12%, contre - 6% l’année
précédente. L’activité économique a été tirée par l’augmentation des dépenses
d’investissement, en particulier aux États-Unis, et de la consommation, notamment
au Japon. Dans le même temps, la Chine et l’Union européenne ont maintenu
un taux de croissance régulier, ce qui a fourni une base solide à la demande
mondiale (OMC, 2023).

9
a. Commerce mondial des marchandises : Principaux pays importateurs et
exportateurs
Les pays suivants sont les 10 pays principaux exportateurs et importateurs des
marchandises sur le plan mondial entre 2016-2017 selon l’OMC.

Rang Exportateurs Importateurs Exportateurs Importateurs


2016-2017 2020-2022
1 Chine Etats-Unis Chine Etats-Unis
2 Etats-Unis Chine Etats-Unis Chine
3 Allemagne Allemagne Allemagne Allemagne
4 Japon Japon Pays-Bas Pays-Bas
5 Pays-Bas Royaume-Uni Japon Japon
République de Royaume-Uni
6 République de Corée France Corée
7 Hong Kong, Chine Hong Kong, Chine Italie France
Belgique République de
8 France Pays-Bas Corée
9 Italie République de Corée France Inde
10 Royaume-Uni Italie Hong Kong Italie

Source : OMC, examen statistique du commerce mondiale, 2023

Les trois principales nations commerçantes étaient la Chine, les États-Unis et


l’Allemagne en 2017 et en 2022. En effet, parmi les économies en développement, la
Chine, la République de Corée et Hong Kong Chine ont été les principaux
importateurs et exportateurs de marchandises en 2022. Ces économies en
développement ont représenté plus 43% des exportations mondiales de
marchandises en 2020 et 2022

En 2020, en dépit d'une chute de 17 % de ses exportations totales, notamment


textiles, la Chine détrône l'Allemagne et devient le premier exportateur
mondial grâce à une hausse de 17,7 % des commandes en décembre.

10
b. Croissance du commerce des marchandises par région

Source : OMC, examen statistique du commerce mondiale, 2023

En 2022, la valeur des échanges de marchandises a augmenté plus rapidement que


le volume dans le monde entier en partie en raison des prix élevés des produits de
base au niveau mondial.

L’Afrique en 2020, représente 2,8% du commerce mondiale, soit moins de 3%.

B. L’évolution du commerce des Pays les Moins Avancés (PMA)

Selon l’OMC, les exportations de marchandises des pays les moins avancés (PMA)
ont augmenté de 20% en 2022, après trois années de recul. Cela est supérieur à la

11
croissance mondiale de ces exportations, qui était de 11% en 2017. Les exportations
des PMA ont bénéficié en particulier de la hausse des prix de l’énergie, les
combustibles et les produits miniers représentant une part importante de leurs
exportations. Les importations de marchandises des PMA ont augmenté de 12% en
2017.

La part des PMA dans les exportations mondiales de marchandises est restée
inférieure à 1% en 2022, passant à 0,95%, contre 0,93% en 2016. Leur part dans les
importations mondiales de marchandises est restée de 1,4%. Parmi les économies
en développement, la part des PMA est restée de 2,2% pour les exportations et de
3,5% pour les importations.

Parmi les 20 principaux PMA exportateurs (en termes de valeur des


exportations), la plus forte croissance des exportations a été enregistrée par la
République démocratique du Congo (+46%), suivie par le Mozambique (+42%)
et la Guinée (+35%). Ces trois pays appartiennent à la catégorie des
«exportateurs de minéraux autres que les combustibles». Des baisses ont été
enregistrées pour le Tchad (-28%), la Tanzanie (-12%) et le Soudan (-2%). Le
Tchad et le Soudan exportent des combustibles et la Tanzanie des minéraux
autres que les combustibles.

Le déficit commercial des PMA a légèrement augmenté, pour atteindre 83 milliards


de dollars EU (contre 76 milliards en 2016), mais il est resté inférieur au niveau
enregistré en 2015 (89 milliards de dollars EU). Cette détérioration a été due
principalement à la nette augmentation du déficit commercial des PMA exportateurs
de produits manufacturés. Cela s’explique principalement par la forte augmentation
des importations du Bangladesh (18%), en particulier pour les produits agricoles
(sucre, céréales et coton). Tous les autres groupes d’exportateurs ont réduit leur
déficit commercial. Les PMA exportateurs de pétrole ont presque équilibré leur
balance commerciale en 2017, affichant un déficit commercial de seulement 0,9
milliard de dollars EU.

En 2020, les exportations de biens des PMA se sont élevées à 173 milliards de
dollars EU, en repli de 12% par rapport à 2019, tandis que leurs exportations de
services commerciaux se sont établies à 28 milliards de dollars EU, soit une baisse

12
de 35%. Les exportations de biens ont souffert en particulier d’une diminution de 30%
des prix des combustibles, les combustibles et les produits miniers représentant
environ la moitié des exportations de marchandises des PMA. En ce qui concerne les
services, les PMA ont pâti des restrictions liées aux voyages, sachant que les
recettes de voyages constituent leur principale source de recettes d’exportation dans
le secteur des services.

Source : OMC, examen statistique du commerce mondiale, 2021

En somme, la performance des pays les moins avancés notamment du continent


africain à l'export d'octobre 2020 à octobre 2021 qui repose largement sur les
expéditions de matières premières à l'état brute, pose à nouveau la problématique

13
de l'industrialisation du continent érigée en urgence par les agendas de
développement des Nations Unies et de l'Union africaine.

II. La structure des échanges internationaux


A. La structure par produit

Si les produits primaires (produits agricoles, minéraux et combustibles) ont


dominé les échanges internationaux jusqu’au milieu du XXe siècle, ce n’est plus le
cas depuis, car le commerce international des produits manufacturés a progressé
plus rapidement que celui des produits agricoles et des produits miniers. Même la
forte croissance du commerce des services depuis le début des années quatre-vingt
ne parvient pas à détrôner le poids des produits manufacturés dans l’ensemble des
échanges. Le commerce international des services, qui se développe pourtant deux
fois plus vite que celui des marchandises, ne représente que 20 % de l’ensemble des
échanges mondiaux.

L’essor du commerce des biens manufacturés s’est accompagné du développement


des échanges intra branches, c’est-à-dire des échanges croisés de produits
similaires à la fois pour répondre au besoin de diversité des consommateurs, mais
aussi par crainte de nombreux pays de s’engager dans une spécialisation en filières
(spécialisation intersectorielle), la spécialisation en créneaux (présence sur de
multiples secteurs sans véritablement de points forts) apparaissant préférable.

B. La structure géographique

Le commerce international se réalise à plus de 70 % entre pays industrialisés. Trois


grandes zones dominent : l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon réalisent
les quatre cinquièmes des échanges. Cette tripolarisation se double d’une
régionalisation, c’est-à-dire d’une multiplication des échanges entre pays
proches ou intégrés dans une même zone.

Cette tripolarisation est renforcée par les efforts d’intégration régionale : Union
Européenne (UE), ALENA (Association de Libre Echange Nord-Américain), l’ASEAN
pour l’Asie du Sud- Est (Association of South East Asian Nations).

14
Une forme particulière de ces efforts d’intégration se manifeste par la constitution
depuis 2009 du groupe des BRICs (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud)
groupe de pays émergents qui coordonnent leur politique internationale en vue de
renforcer leur poids et faire prévaloir leurs points de vue dans les négociations
économiques internationales (OMC, FMI notamment).

Dans la zone Afrique, nous avons :


- En Afrique de l’Ouest : CEDEAO, UEMOA,
- En Afrique Australe et Orientale, la COMESA
- En Afrique du Nord : Union du Maghreb Arabe
- En Afrique Centrale : CEEAC, CEMAC.

 L’Union Européenne (UE) : Le 25 mars 1957, six pays (Allemagne,


Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas) signent le Traité de Rome qui
crée la Communauté économique européenne (CEE ou Marché commun). Mais ce
n’est qu’en 1968 que l'Union douanière est réalisée entre les six pays. Il convient
aussi de mentionner que l’UE s’est en partie « peuplée » grâce à la défection
des membres d’un autre bloc commercial concurrent, L’Association Européenne de
Libre-échange (AELE) créée en 1960 à l’instigation du Royaume- Uni et bientôt
désertée par lui en 1973, date à laquelle ce pays rejoignit l’UE (qui n’était encore
que la CEE), entraînant avec lui le Danemark. Cependant les pays de l’AELE, à
l’exception de la Suisse, ont formé avec l’UE un Espace Economique Européen en
1994, accord de libre- échange qui recouvre une bonne part des accords entre
pays membres de l’UE (mais de nombreuses différences persistent).

 L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est plus connu sous


son acronyme anglais NAFTA (North American Free Trade Agreement). C’est un
traité créant une zone de libre-échange entre les trois pays d'Amérique du Nord :
le Mexique, les États-Unis et le Canada. Il est entré en vigueur le 1er janvier 1994.
 L’Association des nations de l'Asie du Sud-est (ASEAN) est une
organisation politique, économique et culturelle regroupant 10 pays d'Asie du Sud-
est. Elle a été fondée en 1967 à Bangkok (Thaïlande) par 5 pays (Philippines,
Indonésie, Malaisie, Singapour et Thaïlande) dans le contexte de la guerre froide
pour faire barrage aux mouvements communistes, développer la croissance et le
développement et assurer la stabilité dans la région. Aujourd'hui, l'association a
15
pour but de renforcer la coopération et l'assistance mutuelle entre ses membres,
d'offrir un espace pour régler les problèmes régionaux et peser en commun dans
les négociations internationales. Un sommet est organisé chaque année au
mois de novembre. Son secrétariat général est installé à Jakarta (Indonésie).
Elle comprend plus de 10 pays actuellement.

 La Communauté Économique des Etats d'Afrique Centrale (CEEAC) est


une organisation créée en 1983 dont le but est de promouvoir le libre-échange
et l’intégration économique entre les 10 pays participants qui sont : le Tchad, le
Cameroun, La République Centrafricaine, le Gabon, le Congo, la République
Démocratique du Congo, le Burundi et l’Angola, la République de Guinée
Equatoriale et au large du Gabon, dans le golfe de Guinée, la République
Démocratique de São Tomé et Principe (le Rwanda s’est retiré en 2007).

 La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)


est une organisation internationale régionale. Son but principal est de promouvoir la
coopération et l'intégration avec pour objectif de créer une union économique et
monétaire entre les pays de l’Afrique de l'Ouest. Elle fut créée le 28 mai 1975 et
compte aujourd'hui 15 États membres : Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte
d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria,
Sénégal, Sierra Léone et Togo.

 L'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), crée à Dakar


(Sénégal) est une organisation qui regroupe 8 pays (Bénin, Burkina Faso,
Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mail, Niger, Sénégal et Togo). Elle a pour
mission de réaliser l'intégration économique des États membres, à travers le
renforcement de la compétitivité des activités économiques dans le cadre d'un
« marché ouvert et concurrentiel et d'un environnement juridique rationalisé et
harmonisé ».

 La Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC)


est une organisation internationale créée en juin 1999. Elle a pour mission, entre
autres, de créer un véritable marché commun africain. Elle comprend le Cameroun,

16
le Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Tchad ainsi que São
Tomé et Príncipe.

 Le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (Common Market for


Eastern and Southern Africa) (COMESA) est une organisation internationale à
vocation régionale de l'Est africain, dont 20 états sont membres. Sa vocation est la
coopération économique et la mise en œuvre d’une zone de libre-échange. Les 20
pays sont : l’Angola, le Burundi, les Comores, la République Démocratique du
Congo, Djibouti, l’Egypte, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, la Lybie, Madagascar, le
Malawi, Maurice, l’Ouganda, le Rwanda, les Seychelles, le Soudan, le Swaziland, la
Zambie et le Zimbabwe.

III. Accords commerciaux régionaux (ACR) et commerce mondial


A. Echanges intrarégionaux et interrégionaux dans le commerce mondial

Le développement du commerce international au cours de dernières décennies et la


concurrence accrue des régions du sud-est asiatique pourrait laisser croire
qu'aujourd'hui, la plupart des régions exportent et importent massivement vers les
autres régions du monde. Cette conception de la mondialisation s'avère dans les faits
quelque peu simplistes. En réalité, on observe encore une forte polarisation
géographique des échanges. En 2017, d’après l’OMC (2018), l’Union européenne
(UE) et l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) étaient les ACR dans
lesquels la part des échanges intra-ACR était la plus importante. Dans le cas de
l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), la plupart des échanges
commerciaux se font avec les pays voisins en dehors de l’accord.

En Afrique et en Amérique du Sud, le commerce à l’intérieur des ACR représente


moins de 20% des exportations totales pour ces accords. Le commerce de l’Union
européenne a augmenté en 2017.

L’UE reste l’ACR le plus important, avec 34% du commerce mondial. Ses
exportations ont atteint 5 900 milliards de dollars EU, en augmentation de 10%. Cela
a été dû à la forte croissance de la demande intérieure et extérieure. Les échanges
intra-UE ont augmenté de 10% en 2017, représentant plus de la moitié du commerce
total de l’UE (64%). Les échanges avec les pays hors UE ont rebondi, progressant de

17
10%, après avoir enregistré une croissance modeste depuis 2010. Cette progression
a été stimulée par la reprise des exportations de machines et de matériel de
transport, en hausse de 4% d’après des estimations préliminaires.

Les exportations de l’ALENA ont augmenté de 7% en 2017. Les produits


manufacturés représentaient 72% de leur valeur totale. Environ la moitié des
exportations totales de l’ALENA consistent en biens intermédiaires. Les bons
résultats de l’ALENA ont été dus à la reprise de la demande aux États-Unis à
l’augmentation des exportations de produits manufacturés et à la hausse des prix
des produits de base.

Source : OMC, examen statistique du commerce mondiale, 2018

L’impact des chaînes de valeur mondiales (CVM) pour les produits manufacturés en Chine,
au Japon et dans les nouveaux pays industrialisés (NPI) comme la Corée et la Malaisie
explique en partie la composition du commerce intrarégional en Asie du Sud-Est. Les
exportations des NPI, de la Chine et du Japon ont représenté respectivement 14%, 8% et

18
6% des exportations totales des pays de l’ASEAN. Les exportations de l’ASEAN ont connu
une augmentation de 15%, après des résultats médiocres au cours des quatre années
précédentes. Il a été difficile pour l’Afrique et l’Amérique latine de développer le
commerce intrarégional car ces régions dépendent fortement des exportations mondiales
de produits de base. Les coûts élevés du commerce freinent la diversification de leurs
exportations. Cependant, de nouvelles initiatives, comme la Zone de libre-échange
continentale (ZLEC) africaine, pourraient encourager la création de chaînes de
valeur régionales entre les pays africains.

B. Echanges intrarégionaux et interrégionaux en Afrique

En Afrique, les accords commerciaux régionaux (ACR) concernent surtout la région


subsaharienne. Comptant entre 5 et 14 économies membres, leur composition a tendance
à se chevaucher. Le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) est le
plus vaste ACR en termes de nombre de membres (20 pays), et il représentait 21% des
exportations africaines totales en 2017. En valeur, la Communauté de développement de
l’Afrique australe (SADC) est le premier ACR africain, avec 41% des exportations totales
de l’Afrique en 2017. La hausse des prix des produits de base a permis aux pays membres
d’ACR d’enregistrer une croissance à 2 chiffres de leurs exportations et de leurs
importations en 2017. Cela est dû en partie à la contribution des combustibles et des
produits miniers, qui représentent plus de 50% des exportations totales pour la
Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la
Communauté Economique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Le commerce intrarégional n’est pas très développé entre les ACR africains. Il
représente 2% et 11% des exportations totales, sauf dans le cas de la Communauté de
développement de l’Afrique australe (SADC), où il représente 19%. Parmi les accords,
c’est aussi dans la SADC que la part des exportations de produits manufacturés est la
plus importante.
L’augmentation du commerce intrarégional en Afrique se heurte à des obstacles.
L’insuffisance des infrastructures et les coûts élevés à l’exportation et à
l’importation empêchent les économies africaines de tirer pleinement profit de leur
proximité des marchés. Par rapport aux économies à revenu élevé, le coût des
formalités douanières à l’exportation peut être 3 fois plus élevé pour les membres de
l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), où les coûts du commerce

19
sont les plus faibles parmi tous les ACR africains. Ces coûts peuvent être jusqu’à 7 fois
plus élevés pour les membres de la CEMAC.
Des initiatives comme la Zone de Libre-échange Continentale Africaine (ZLEC), qui vise
à créer un marché unique des biens et des services sur le continent africain, devraient
permettre de réduire les coûts du commerce intrarégional, ce qui encouragerait la
création de chaînes de valeur régionales et la diversification des produits d’exportation.

Source : OMC, examen statistique du commerce mondiale, 2018

En 2019, 54 pays africains ont signé l’Accord sur la Zone de libre-échange


continentale africaine, qui vise à accélérer l’intégration économique de l’Afrique et
à intensifier les échanges à l’intérieur du continent. En 2016, la part des échanges
intra- africains dans le commerce total de l’Afrique est passée à 19,6%, contre 15,2%
en 2014. C’est beaucoup plus que les 10,3% enregistrés en 2008.

C- Les plus gros marchés mondiaux e-commerce : Les 10 pays qui achètent le
plus

Selon e-Marketer, ces pays sont : Chine,USA, royaume unis, japon, corée du sud,
Allemangne, France, Inde, Canada et Espagne.

20
CHAPITRE II : LA BALANCE DES PAIEMENTS

Nous abordons dans ce chapitre trois sections à savoir :


 la notion de la balance des paiements et ses composantes ;
 les principes de comptabilisation ;
 la notion du déséquilibre extérieur

I. La notion de la balance des paiements et ses composantes


A. La notion de la balance des paiements
1. Définition

La balance des paiements est un état statistique qui rassemble et ordonne


sous une forme comptable l’ensemble des transactions économiques et
financières d’une économie, territoire, pays ou zone monétaire avec le reste du
monde au cours d’une période donnée. Les flux économiques et financiers
représentatifs de ces transactions sont répartis en distinguant le compte de
transactions courantes, le compte de capital et le compte financier.

Elle est présentée suivant les règles de la comptabilité en partie double et est
toujours équilibrée. La balance des paiements est un compte de flux et non de stock.
On y retrouve la variation des avoirs et des dettes d’un pays au cours d’une période
donnée et non le montant de ces avoirs et dettes. Il existe en effet à côté de la
balance des paiements un deuxième document statistique dénommé « position
extérieure globale » qui enregistre les stocks d’avoirs et de dettes d’un pays vis à
vis de l’étranger.

2. Objectif

La balance des paiements et la position extérieure permettent d’évaluer l’insertion


d’un pays dans son environnement extérieur, d’identifier l’apparition de déséquilibres,
de comprendre comment ces déséquilibres sont financés par le reste du monde ou
placés auprès du reste du monde (dans le cas inverse). En outre, plusieurs éléments
tirés de la balance des paiements et de la position extérieure contribuent à
l’élaboration des agrégats nationaux : exportations et importations de biens et
services dans le produit intérieur brut (PIB), revenus primaires dans le revenu

21
national brut (RNB), évolution des avoirs et engagements internationaux du pays
dans le compte financier et le compte de patrimoine, par exemple.

3. Cadre conceptuel

Le Fonds monétaire international (FMI) est en charge, selon ses statuts, de veiller au
bon fonctionnement du système monétaire international. Il joue à ce titre un rôle
important dans la normalisation des concepts, des définitions, des classifications et
des conventions. Cette normalisation permet de recueillir, présenter, et comparer
plus facilement les statistiques de balance des paiements, au plan national et
international.

B. Les composantes de la balance des paiements


La balance des paiements comporte deux grandes composantes :
o le compte des transactions courantes ;
o le compte de capital et d’opérations financières.

1. Les comptes de transactions courantes


a. Les opérations sur biens et services
- Les biens

Ce sont des opérations sur marchandises franchissant la frontière d’un pays (au
sens des règles fiscales), en distinguant celles qui font l'objet d'un transfert de
propriété (marchandises générales) de celles qui ne le font pas (travail à façon,
réparations et avitaillement). Bref, il s’agit des exportations et des importations
enregistrées à leur valeur FOB (Free On Board). On parle également de balance
commerciale au sens strict.
- Les services

 transports,

 voyages,

 services de communication,

 services de construction,

 services d'assurances,

 services financiers,

22
 services d'informatiques et d’informations,

 redevances et droits de licences (y compris brevets),

 autres services aux entreprises (négoce international, services


commerciaux, location opérationnelle, services divers aux entreprises),
 services culturels et récréatifs (services audiovisuels, autres services
personnels),
 services des administrations publiques ;
L’ensemble constitué par les biens et services est également appelé balance
commerciale au sens large.
b. Les revenus
 Revenus du travail (salaires)
 Revenus du capital (intérêts, dividendes)

c. Les transferts courants


Les transferts courants constituent la contrepartie de biens et services fournis ou
reçus sans contrepartie, ainsi que les dons monétaires et diverses opérations, en
distinguant entre le secteur des administrations publiques et les autres secteurs (dont
les opérations comprennent notamment les envois de fonds des travailleurs).
Autrement dit, il s’agit de transferts volontaires ou forcés de ressources réelles ou
d’actifs financiers entre résidents et non-résidents qui ne reçoivent pas en échange
une valeur économique, notamment :
 économies sur salaires ;
 autres transferts privés (dons, legs, prix littéraires, etc.) ;
 transferts publics (notamment aide au développement, contribution aux
organismes internationaux, etc.).

2- le compte de capital et d’opérations financières


a. Le compte de capital
Ce compte regroupe :
 les transferts en capital (remises de dettes et pertes sur créances du secteur
bancaire et des administrations publiques, aides à l’investissement des fonds
structurels européens, transferts des migrants),
 les acquisitions d’actifs non financiers.

23
 les transferts de capital :

Ce sont les transferts faisant intervenir le transfert de propriété d’un actif fixe, le
transfert de fonds lié ou subordonné à l’acquisition ou à la cession d’un actif fixe ou la
remise sans contrepartie d’une dette par un créancier.

 les acquisitions et cessions d’actifs non financiers non produits

Ils se rapportent aux avoirs incorporels tels que les brevets, les marques, les contrats
de location et autres contrats transférables.

b) Le compte d’opérations financières


 Investissements directs ;
 Investissements de portefeuille ;
 Autres investissements (notamment crédits commerciaux, prêts à court et à
long terme ;
 Les avoirs de réserve : ils regroupent les transactions portant sur des avoirs
dont disposent les autorités monétaires pour répondre au besoin de
financement de la balance des paiements. C’est ce qu’on désignait
traditionnellement sous l’appellation de capitaux monétaires (or monétaire,
Droits de Tirage Spéciaux (DTS), position de réserve auprès du FMI, avoirs en
devises, etc.).

24
II. Les principes de comptabilisation

L’élaboration de la balance des paiements obéit à des principes généraux qui font
l’objet d’harmonisation sous l’égide du Fonds Monétaire International.

La balance des paiements est un compte tenu en débit et crédit conformément


aux principes de la comptabilité en partie double. Ainsi, même si cela n’apparaît
pas clairement dans le document synthétique que constitue la balance des
paiements, toute opération fait l’objet d’une double inscription de montants égaux et
de signes contraires. La première traduit la nature économique ou financière de la
transaction (exemple : importation ou exportation, investissement direct,
investissement de portefeuille), la seconde traduit le mode de règlement (exemple :
règlement par virement bancaire, crédit commercial, etc.).

Exemple simplifié d’enregistrement des opérations dans la balance des paiements

Rubriques Entrées (crédits) Sorties (débits) Soldes


Opérations sur biens 1250 1100 +150
(X et M)
Réserves officielles 1000 1200 -200

25
Cette règle de comptabilisation en partie double conduit, si les enregistrements
ne comportaient aucune erreur, à une égalité stricte entre débit et crédit. Ainsi
cette égalité n’étant jamais réalisée, il existe en fait une rubrique « erreurs et
omissions » qui assure l’équilibre comptable de la balance des paiements.

En effet, le poste des « Erreurs et omissions nettes » est un poste d’ajustement. Son
existence tient à ce que, à la différence d’un système simple de comptabilisation en
partie double, les enregistrements en débit et crédit dans la balance des paiements
résultent de déclarations ou d’enquêtes provenant de sources différentes. Les
erreurs et omissions traduisent les décalages statistiques issus d’incertitudes dans
les taux de couverture de certaines collectes, de décalages de période, ou encore de
différences de méthode.

III. La notion de solde et de déséquilibre extérieur de la balance des


paiements
A. La notion de solde
 Solde de la balance des transactions (BC) = Exportations- Importations
Elle fait apparaître, s’il est inférieur à zéro le besoin de financement de la nation
dans ses opérations courantes, et s’il est supérieur à zéro la capacité de
financement dégagée dans les opérations avec l’extérieur. A un besoin de
financement X-M <0 correspond une insuffisance de l’épargne interne par
rapport au solde budgétaire. A une capacité de financement X-M>0
correspond une épargne privée supérieure au besoin de financement du
secteur public.
 Le solde de la balance de base (BB) = BC+ solde de capitaux à LT
Lorsque le solde de la balance de base est positif, le taux de change a tendance à
s’accroître.
 Le solde de la balance globale (BG) = BB + solde de capitaux à CT
BG a une influence sur la masse monétaire d’un pays et constitue de ce fait, un
élément essentiel de l’analyse macro-économique et des décisions de politique
économique.

26
B. La notion de déséquilibre extérieur de la balance des paiements

La présentation de la balance des paiements précédemment examinée vise à faire


ressortir une balance globale pour les besoins d’analyse. Il importe donc de cerner la
notion de déséquilibre extérieur. De cette présentation de la balance des paiements
se dégagent les soldes intermédiaires ci-après :

 solde du compte des transactions courantes ou « balance courante » ;


 solde du compte de capital et d’opérations financières ;
 solde global de la balance des paiements ou « balance globale » ;
 solde des avoirs et engagements extérieurs.

Au-delà de l’équilibre comptable de la balance des paiements, l’appréciation du


déséquilibre extérieur suppose que l’on se donne un solde significatif. A cet égard
deux soldes sont généralement considérés : d’une part le solde des transactions
courantes ; d’autre part le solde global de la balance des paiements.

Il convient de souligner que lorsqu’on considère un solde comme significatif du


déséquilibre extérieur, toutes les opérations au-dessus de ce solde sont considérées
comme faites pour elles-mêmes alors que toutes les opérations au-dessous du solde
sont considérées comme des opérations de règlement.

 Problèmes de déséquilibre de la Balance des paiements

Les problèmes déséquilibres de BP sont liés à la situation de la balance des


transactions courantes. Si elle est Excédentaire, cela présente peu d’inconvénients à
savoir : capacité de financement, donc IDE, contrôle d’entreprises étrangères,
tendance de la monnaie à se valoriser, + réserves de change, indépendance et
puissance nationale. Ceci engendre un flux d’investissement et dividendes. Ex :
Japon => 1990 ; Chine.
Si elle Déficitaire, cela pose de problèmes, car elle exige l’entrée massive de
capitaux pour compenser, donc risques de prise de contrôle de l’économie
nationale par l’étranger, d’épuisement des réserves de change, tendance à la
dépréciation de la monnaie, risque de spéculation contre cette monnaie si
anticipation de déficit structurel. Ces risques sont limités aux USA qui peuvent
régler leurs importations incompressibles dans leur propre monnaie.

27
 Interprétation de la BP

Nous retenons trois interprétations de la balance des paiements :

- la compétitivité du pays et ses structures de production. En particulier un


système de production resté industriel ou spécialisé dans la finance.
- Traduit le stade de son développement (pays jeunes déficitaires et
emprunteurs, pays avancés excédentaires et prêteurs, pays mûrs excédentaires ou
déficitaires).
- son attractivité pour les détenteurs de capitaux. Ex : l’Amérique bénéficie
d’importantes entrées de capitaux dus à l’attractivité de son économie et de ses
marchés financiers ; idem pour la Chine

 Comment résorber ou traiter un déficit BC ?


Nous proposer quatre Solutions à court terme :
- attirer des capitaux étrangers, en augmentant les taux d’intérêt, ou
par avantages fiscaux pour financer le déficit, avec le risque de ralentir la
croissance interne et de perdre le contrôle des entreprises nationales
(Ide ou actions) ; seuls les USA peuvent résister à cette situation grâce à l’attrait
du $ et de leur économie dominante. Mais cela aura un terme ;
- dévaluer (laisser se déprécier) la monnaie nationale pour accroître la
compétitivité des exportations (+ volume exportations) ;
- un plan de stabilisation de la croissance pour modérer la demande nationale (-
importations) ; solution inéluctable pour les pays à monnaie faible ;
- solutions autoritaires, instaurer le contrôle des changes (bloquer les sorties
de capitaux ; solution interdite à l’intérieur d’un marché commun) ou le
protectionnisme (contraire aux règles de l’OMC).

28
CHAPITRE III : LES FONDEMENTS THEORIQUES DE L’ECHANGE
INTERNATIONAL

Le commerce international a toujours constitué l’une des préoccupations des


économistes. Ainsi, ils se basent sur la théorie du commerce international également
appelé théorie pure du commerce international pour expliquer les fondements de
l’échange international des biens. Dans ce chapitre, nous cherchons à répondre aux
questions suivantes : faut-il échanger ? Comment échanger ? A qui profite l’échange
international ? A cet effet, trois sections sont développées :
 la théorie traditionnelle du commerce international ;
 la théorie moderne du commerce international ;
 Les rendements d’échelle croissant et échanges internationaux

I. La théorie traditionnelle du commerce international

Les économistes classiques ont été les premiers à étudier les échanges
internationaux, entre la fin du 18 e siècle et le début du 19e siècle. Le but des théories
classiques est de montrer que le libre-échange est un facteur de croissance pour les
pays qui y participent. La doctrine libérale des auteurs classiques se résume dans
l’expression « laisser-faire, laisser-passer ». Chaque économie doit produire les
marchandises dont elle a besoin, exporter les marchandises pour lesquelles elle a un
avantage en termes de coûts de production et importer les marchandises pour
lesquelles elle ne dispose d’aucun avantage. Cette idée qui énonce la norme du libre
échange international sera rigoureusement étudiée et exploitée par d’autres
économistes classiques dont David Ricardo et par les économistes néoclassiques
notamment à travers la théorie Suédoise de HECKSHER et OHLIN.

A. La division internationale du travail (DIT)

Le commerce international est le résultat d’une division du travail qui s’opère à


l’échelle mondial. L’échange international est nécessaire car les pays ne peuvent
produire l’ensemble des biens et des services dont ils ont besoin. Les pays
européens ont ainsi besoin de matières premières qui n’existent pas chez eux tandis

29
que d’autres pays souhaitent obtenir leurs produits de hautes technologie. Chaque
pays peut donc se spécialiser dans la production d’un certain type de biens et
pratiquer des échanges avec les pays disposant d’une autre spécialisation. La
répartition des différentes spécialisations entre tous les pays du monde constitue la
division internationale du travail (DIT). Exemple : La France est spécialisée dans
la production de vin alors que l’Inde est spécialisée dans les services informatiques.

B. Les explications traditionnelles de l’échange international


1. La théorie de l’avantage absolu
Elle est basée sur l’hypothèse de deux pays et deux biens:
Cherchant à défendre l’idée du libre-échange, Adam Smith montre à la fin du 18e
siècle, qu’un pays ne doit pas hésiter à acheter à l’extérieur ce que les producteurs
étrangers peuvent produire à meilleur compte que les producteurs nationaux. Le
pays qui vend ou produit un certain produit moins cher que les autres pays
possèdent ainsi un avantage absolu pour ce produit.

Supposons que le Nigéria et le Bénin produisent du pétrole et du tissu dont les


productivités en tonne par heure (t/h) et en mètre par heure (m/h) ; (ou les coûts de
production en heure de travail) sont :

Coûts
Productivité BENIN NIGERIA (heures) BENIN NIGERIA
Pétrole
Pétrole (t/h) 200 2000 (1000t) 5h 1/2 h
Tissu
Tissu (m/h) 1000 500 (1000m) 1h 2h

Le Bénin dispose d’un avantage absolu dans la production du tissu : 1000m/h contre
500m/h au Nigéria ; 1h de travail contre 2h au Nigéria.
Plus précisément, on dira que :

 Un pays A a l’avantage absolu avant l’ouverture du commerce dans la


production d’un bien x si les coûts de production du bien x sont

30
inférieurs aux coûts de production du bien y en A (le bien y est différent
du bien x).

 Un pays A a l’avantage absolu après l’ouverture du commerce (après


l’échange) dans la production d’un bien x sur un pays B si les coûts de
production du bien x dans le pays A sont inférieurs aux coûts de
production du même bien x dans le pays B.

 Le facteur de spécialisation est l’avantage dont dispose le pays de


façon absolue dans la production des biens, en termes de productivité
ou de coûts.

Remarque :

- Avant l’échange, on s’intéresse à deux biens dans un même pays.


- Après l’échange, on s’intéresse à un même bien dans deux pays différents.

La spécialisation internationale permet à chaque pays d’augmenter la production du


bien pour lequel il se spécialise et conduit à l’augmentation de la production
mondiale. L’inconvénient de la théorie de l’avantage absolu est d’exclure de
l’échange international les nations qui n’ont aucun avantage absolu. Cela fut à
l’origine de la théorie de l’avantage comparatif (ou théorie de l’avantage relatif ou des
coûts relatifs).

2. La théorie de l’avantage comparatif


Pour corriger les insuffisances de la théorie de l’avantage absolu, David Ricardo a
proposé une nouvelle théorie appelée théorie de l’avantage comparatif.

Coûts
Productivité BENIN NIGERIA (heures) BENIN NIGERIA
Pétrole
Pétrole (t/h) 200 2000 (1000t) 5h 1/2 h
Tissu
Tissu (m/h) 1000 1200 (1000m) 1h 5/6h

PCt (B) =Pt(B) / Pt(N) = 1000/1200 = 5/6; PCp (B) =Pp(B) / Pp(N) = 200/2000 = 1/10

31
CCt (B) =Ct(B) / Ct(N) = 1/5/6 = 6/5; CCp (B) =Cp(B) / Cp(N) = 5/1/2=10
PCt (B) > PCp (B) ; CCt (B) < CCp (B), alors le Bénin dispose plus d’avantage
comparatif dans la production du tissu.

On peut retenir que :


 Un pays A a l’avantage comparatif dans la production d’un bien x si le
rapport du coût de production du bien x dans le pays A à celui du même
bien x dans le pays B est inférieur au rapport du coût de production du
bien y dans le pays A à celui du même bien y dans le pays B.

A B
x Coût de Coût de
production de x en production de x en
A : C(x, A) B : C(x, B)
y Coût de Coût de
production de y en production de y en
A : C(y, A) B : C(y, B)

A a l’avantage comparatif dans la production


d’un bien x si C(x, A)/C(x, B) < C(y, A)/C(y, B).

 Avec la théorie de l’avantage comparatif, la spécialisation et le


commerce entre deux pays sont toujours possibles.
Les théories d’Adam Smith et David Ricardo sont des théories classiques du
commerce international. Elles constituent la base des théories modernes du
commerce international notamment celle des dotations factorielles.

II. La théorie moderne du commerce international


A. La loi des dotations de facteurs (théorème d’Hecksher – OHlin)

C’est un approfondissement de la théorie des avantages comparatifs fait par les


économistes Hecksher et OHlin. Selon cette loi, chaque pays exportera le produit
dont le coût relatif est le plus faible, c’est-à-dire dont la production requiert
relativement plus de facteurs le plus abondant ou le moins rare, donc le moins cher.

32
Plus précisément, chaque pays aura intérêt à se spécialiser dans la production du
bien qui requiert une utilisation intensive du facteur de production qu’il possède en
abondance relativement aux autres pays, à l’exporter et à importer les biens qui
renferment beaucoup de facteurs qui lui manquent. Selon les auteurs de cette loi,
l’échange international sera donc indirectement un échange de facteurs abondants
contre les facteurs rares.

B. L’illustration du modèle HOS

L’illustration la plus courante du modèle HOS compare la situation de l’Australie et


celle de l’Angleterre en fonction de l’abondance des terres et de la main-d’œuvre.
L’Australie est un pays qui dispose en abondance de terres. En revanche, la main
d’œuvre est plus rare. Ce pays doit se spécialiser dans une activité qui peut utiliser
ces terres et qui demande moins de main-d’œuvre, comme l’élevage ou l’agriculture.

L’Angleterre est un pays dans lequel la main-d’œuvre est abondante alors que
l’espace cultivable est plus rare. Ce pays doit se spécialiser dans l’industrie qui utilise
beaucoup de travail mais peu de terres.

III. Les rendements d’échelle croissant et échanges internationaux


A. Les raisons du coût d’opportunité croissant

On suppose que chaque pays produit deux types de biens : un bien industriel et un
bien agricole. La frontière des possibilités de production de chaque pays peut être
représentée par une courbe concave par rapport à l'origine, la courbe FF. FF
précise les quantités des biens industriel et agricole qu'une économie peut
techniquement produire en utilisant l'ensemble de ses ressources (plein- emploi
des facteurs de production). La surface rose délimitée par FF et les axes est
dénommée bloc des possibilités de production. Elle représente les quantités de
biens que l'économie peut produire sans nécessairement utiliser la totalité de ses
ressources (sous-emploi des facteurs).

Le point A ou B correspond à une production avec plein-emploi des ressources. En


C, il y a sous-emploi. Enfin, D correspond à une combinaison de produits
techniquement inaccessible pour l'économie en l'absence de nouvelles ressources

33
ou de progrès technique.

La pente de la frontière s'interprète comme un coût lié aux modifications des


productions, c'est- à-dire au remplacement partiel de la production d'un bien par un
autre. Ce coût est appelé le coût d'opportunité. Lorsque la frontière FF est concave
par rapport à l'origine, il est dit croissant. Imaginons que, suite à un changement dans
les goûts des ménages, la production industrielle augmente. Du fait de la rareté des
ressources, la production agricole doit donc diminuer. Cependant, hausse et baisse
des productions ne seront pas proportionnelles. A mesure que l'on glisse de A à B
le long de la frontière FF, chaque unité supplémentaire produite par l'industrie réduit
davantage le nombre d'unités produites par l'agriculture.

Frontière de possibilité

B. Les rendements d’échelle croissants


1. Les différents cas de rendement d’échelle croissant
Alfred Marshall (1879) a été le premier à introduire la distinction fondamentale entre
les économies d’échelle internes et externes à la firme.

34
 Les économies d’échelle internes.

C’est l’augmentation de la taille de l’entreprise, et elle seule qui conduit à ces


économies d’échelle, qui peuvent provenir d’économies réalisées sur l’organisation
interne de la firme ou encore de l’existence de coûts fixes (La fonction de production
présente des rendements d’échelle croissants si f(λK,λL)>λf(K,L) avec λ>1, dans ce
cas la production d’une grande firme est supérieure à la somme des productions
d’entreprises plus petites).

 Les économies d’échelle externes.

Il existe des économies d’échelle externes lorsque l’efficacité d’une firme


quelconque est influencée positivement par la taille du secteur ou du pays.
Lorsque de telles économies existent, toutes les entreprises du secteur, alors qu’elles
gardent la même taille, voient leurs coûts de production diminuer suite à une
augmentation de la production globale. Le coût unitaire de production dépend alors
de la taille du secteur, mais pas de celle de la firme spécifiquement. C’est le cas par
exemple, lorsque les industries sont concentrées dans un lieu donné (cf. Silicon
Valley), ce qui leur permet de bénéficier d’infrastructures plus développées, d’une
offre de services plus appropriée ou encore d’une offre de travail spécialisée plus
compétente et plus productive ainsi que de « retombées en connaissances » plus
importantes (diffusion du savoir et amélioration des connaissances par l’imitation ou
la collaboration).

Il existe des économies d’échelle externes lorsque l’efficacité d’une firme quelconque
est influencée positivement par la taille du secteur ou du pays. Lorsque de telles
économies existent, toutes les entreprises du secteur, alors qu’elles gardent la même
taille, voient leurs coûts de production diminuer suite à une augmentation de la
production globale. Le coût unitaire de production dépend alors de la taille du
secteur, mais pas de celle de la firme spécifiquement. C’est le cas par exemple,
lorsque les industries sont concentrées dans un lieu donné (cf. Silicon Valley), ce qui
leur permet de bénéficier d’infrastructures plus développées, d’une offre de services
plus appropriée ou encore d’une offre de travail spécialisée plus compétente et plus
productive ainsi que de « retombées en connaissances » plus importantes (diffusion
du savoir et amélioration des connaissances par l’imitation ou la collaboration).

35
2. Les rendements croissants : une explication « endogène » de la
spécialisation internationale.
Si l’on prend deux pays semblables en tous points : même niveau technique, même
dotation en facteurs, même taille et les consommateurs y ont les mêmes goûts
variés…Et si l’on prend deux biens fabriqués dans les mêmes conditions mais avec
des rendements croissants dans les deux pays. On montre que malgré la similitude
des coûts comparatifs qui ne justifierait aucun échange entre les deux pays, chaque
pays peut trouver avantage à la spécialisation et au commerce international pour
obtenir plus de biens qu’en autarcie. Le commerce international permet à chaque
pays de produire plus efficacement un registre limité de biens sans sacrifier la variété
des biens consommés. En effet, l’augmentation de la production dans l’un des biens
génère des gains de productivité, grâce aux économies d’échelle, et donc un
avantage comparatif. Mais celui-ci ne résulte pas de différences initiales entre les
deux pays puisque par hypothèse ils étaient parfaitement semblables ; en revanche,
cet avantage comparatif trouve son origine dans la spécialisation elle-même,
recherchée pour bénéficier de rendements croissants. C’est pourquoi on qualifie
cette explication de « théorie endogène » de l’échange international car c’est la
spécialisation et l’échange international qui créent l’avantage comparatif issu
du phénomène d’économies d’échelle.

Echange international →spécialisation →avantage comparatif (économies


d’échelle)

a) Les économies d’échelle externes et les échanges internationaux

Les économies d’échelle externes sont-elles une cause des échanges internationaux
? Si de telles économies existent de manière significative dans la production d’un
bien donné, elles ont pour effet de favoriser, toutes choses égales par ailleurs, les
nations qui produisent des volumes importants de ce bien (Le pays A). Il en découle
que l’entrée sur le marché international de nouveaux exportateurs (Le pays B)
capables potentiellement de produire à des coûts unitaires plus faibles, peut alors
être impossible.

36
Le pays B pourrait approvisionner le marché mondial dans de meilleures conditions
(le point 2) mais son entrée sur le marché est impossible. En effet, un nouveau pays
ne peut d’emblée s’emparer de tout le marché mondial et une production dans le
pays B d’une quantité inférieur à Q* se fait toujours à un coût supérieur à celui atteint
en A, en raison des économies d’échelle externes (Il n’y a pas d’économies d’échelle
au niveau de l’entreprise, l’industrie est composée dans chaque pays de nombreuses
firmes en situation de concurrence parfaite. La concurrence fait donc baisser le prix
au niveau du coût moyen, au coût marginal les firmes feraient des pertes).

b) Les économies d’échelle internes et les échanges internationaux.

Lorsqu’il existe des économies d’échelle internes aux firmes les marchés deviennent
oligopolistiques, voire monopolistiques. Le nombre de firme dépend, pour une
fonction de demande donnée, de la fonction de coût. Si celle-ci présente des
économies d’échelle interne pour l’ensemble des quantités demandées, le marché
est un monopole.

Sur un marché contestable (il n’y a pas de barrières à l’entrée et à la sortie des
marchés, c’est-à-dire qu’il n’existe pas de coûts irrécupérables, les capitaux investis
doivent pouvoir être redéployés dans une autre activité sans que cela implique des
pertes) les firmes installées fixent leur prix à un niveau égal à leur coût moyen. En
effet, si le prix est établi à un niveau supérieur, l’entrée de concurrents potentiels
aura lieu, parce qu’elle est profitable, et le prix sera ramené au coût moyen.

Supposons que la fonction de demande D pour un bien quelconque soit identique


dans deux pays différents (A et B). En revanche, les coûts moyens de production ne

37
sont pas les mêmes, en raison par exemple de dotations factorielles différentes. Le
marché étant contestable, il existe, dans chacun des deux pays, une seule firme en
raison des rendements d’échelle internes croissants ; l’équilibre des deux marchés
peut être représenté sur la même figure.

L’ouverture de l’économie à la concurrence profite donc aux consommateurs sous


forme d’une augmentation des quantités consommées et d’une baisse des prix. En
revanche, le monopoleur du pays A est contraint de cesser son activité avec pour
conséquence immédiate des destructions d’emplois.

38
CHAPITRE IV : ECONOMIE POLITIQUE OU PROTECTIONNISME

Les échanges internationaux sont devenus réels et bénéfiques grâce au libre-


échange. Théoriquement, on suppose que les échanges se font librement alors qu’en
réalité chaque pays intervient dans le fonctionnement du commerce pour protéger
son économie de la concurrence. Le chapitre comprend trois sections :
 le libre-échange
 le protectionnisme
 Le système commercial international

I. Le libre-échange
A. Définition et avantages
1. Définition
Le libre-échange correspond à la libre circulation des biens et des services entre les
pays. Cette doctrine préconise la suppression de toute entrave aux échanges
internationaux. Les obstacles au libre-échange sont toutes les formes de barrières
qui freinent l’entrée d’une marchandise dans un pays ou sa sortie. Les entraves au
libre-échange sont considérées comme de la concurrence déloyale.

2. Les avantages du libre-échange


 La croissance économique
Selon les théoriciens classiques, le libre-échange permet aux pays de se spécialiser
dans les productions pour lesquelles ils disposent d’un avantage en termes de coût
de production. La spécialisation des pays permet une utilisation optimale des
ressources de chaque pays. Le libre-échange est alors source de croissance
économique.
 L’amélioration de la compétitivité
Le libre-échange force les producteurs à être plus compétitifs. La compétitivité est la
capacité d’une nation ou des entreprises à maintenir ou à accroître leurs parts de
marché. Si ces parts de marché sont obtenues en baissant les prix de vente, il s’agit
de compétitivité-prix. Les consommateurs profitent de prix les plus avantageux. Si
c’est la nature des produits, notamment leur qualité ou leur image de marque, qui est
améliorée, il s’agit de compétitivité hors prix.
Exemple : L’Allemagne a la réputation de fabriquer des biens robustes.

39
 L’innovation
La concurrence internationale est aussi un moteur pour stimuler les innovations.
Exemple : Quand Airbus met au point en Europe l’A380, cela encourage l’américain
Boeing à innover dans un avion encore plus performant.
 L’ouverture des pays
Enfin, un pays ne peut vivre en totale autarcie, c’est-a‑dire sans aucun échange avec
les autres pays. Aucun pays ne dispose de toutes les ressources nécessaires pour
faire vivre sa population. Les pays sont donc obligés de s’échanger des biens et des
services.
Exemple : La France ne peut pas fournir tous les biens et services dont les Français
ont besoin. Cependant, une trop grande libéralisation des échanges internationaux
présente aussi des limites.

B. Les limites du libre-échange


 Les conséquences économiques et sociales.
La recherche permanente de compétitivité force les entreprises à baisser leurs coûts
de production, notamment le coût du travail. Certaines sont alors incitées à produire
dans des pays à faible coût de la main-d’œuvre pour augmenter leur compétitivité.
Cela correspond à une délocalisation, c’est-a‑dire à la fermeture d’une entreprise
sur un territoire pour s’implanter dans un autre pays. Si un pays subit un nombre
important de délocalisations, le niveau de sa production diminue et son taux de
chômage augmente. Les délocalisations sont souvent considérées comme un effet
néfaste du libre-échange.
 La dépendance vis-a‑vis de l’extérieur
Le développement du libre-échange et la spécialisation des pays rendent les États
dépendants de la situation économique des autres pays. Un pays spécialisé dans un
domaine est plus sensible à la conjoncture économique internationale et aux volontés
de ses partenaires commerciaux.
Exemple : En France, le secteur touristique est particulièrement sensible aux
décisions des touristes étrangers.
De même, un pays qui est importateur d’un produit subit les variations de production
et de prix du pays auprès duquel il achète ce produit.

40
Exemple : En 1973, les pays industrialisés subissent la forte hausse du prix du
pétrole décidée par les pays exportateurs de pétrole.
 Les inégalités de richesses

Le libre-échange ne profite pas à tous les pays de la même manière. Il est souvent
accusé de creuser les écarts de richesses entre les pays. Les pays les plus riches
sont les plus aptes à échanger avec les autres et deviennent ainsi de plus en plus
riches. Les pays les plus pauvres ont plus de difficultés à participer à ces échanges.

II. Le protectionnisme

Le protectionnisme est une doctrine économique qui repose sur l’application de


mesures visant à favoriser les activités nationales et à pénaliser la concurrence
étrangère. Il ne doit pas être confondu avec le mercantilisme, ni avec l’autarcie.

A. Les raisons de la protection de l’économie nationale

Nous distinguons les raisons économiques et extra économiques

1. Les raisons économiques


a. La protection comme moyen de développement des industries naissantes

Le principal théoricien du protectionnisme fut l’économiste allemand Friedrich List


qui, vers le milieu du XIXème siècle, défendit l’idée d’un protectionnisme temporaire
et limité afin de protéger le développement des « industries naissantes ». Pour lui,
ces industries ne pouvaient lutter à armes égales avec les industries des pays
développés et pour éviter leur blocage ou leur disparition, il était nécessaire de les
mettre à l’abri de la concurrence. Le protectionnisme peut être offensif avec
l’instauration de zones commerciales privilégiées (zones de libre-échange) à
l’intérieur desquelles règne le libre-échange, tandis que le protectionnisme domine
dans les relations économiques de la zone avec l’extérieur.

Les inconvénients du protectionnisme sont toutefois nombreux : caractère


incompressible de certaines importations, que l’on ne peut donc réduire (matières
premières, biens d’équipement), mesures de représailles des pays étrangers,
isolement de l’économie, hausse des prix qui pénalise les consommateurs et les

41
entreprises, retards dans l’introduction des progrès techniques, sclérose et
inefficacité des entreprises trop protégées.

b. La protection comme moyen d’accroître les recettes publiques

Le droit de douane est une taxe qui représente une part importante des recettes
publiques dans les pays en développement. En conséquence, cet instrument de
la protection est utilisé dans un objectif essentiellement budgétaire et financier.

c. La protection comme moyen d’attraction des capitaux étrangers

Cette possibilité existe lorsque les mesures de taxation sont discriminatoires selon
la nature ou le degré de l’élaboration du produit (matière première ou produit fini).
Ces mesures discriminatoires peuvent inciter certaines entreprises étrangères à
installer des filiales ou succursales sur le marché national. Les entreprises qui
s’installent dans ces conditions sont appelées « tariff factories ».

d. La protection comme moyen de lutte contre le déséquilibre extérieur

En décourageant les importations, les mesures protectionnistes permettent de


lutter contre le déséquilibre extérieur autant sur le plan commercial (moins
d’importations, plus d’exportations) que sur le plan financier (économie de
devises). Toutefois, cet effet attendu ne peut se réaliser qu’en l’absence de
représailles de la part des partenaires commerciaux.

2. Les raisons extra économiques


a. La protection comme moyen de garantir l’indépendance et la sécurité
nationales

En cas de conflit avec les Etats étrangers, l’arme économique peut être utilisée
pour compromettre l’indépendance et la sécurité nationales (blocus, embargo). En
conséquence, les pays cherchent à se prémunir contre ces dangers en adoptant
les mesures protectionnistes qui garantissent leur autonomie dans certains
secteurs sensibles (alimentation) ou le développement de certaines activités
fondamentales (industrie d’armement).

42
b. La protection comme moyen de défendre le niveau de vie des travailleurs
nationaux

Cet argument principalement développé par les Etats-Unis à l’encontre du Japon


et des nouveaux pays industrialisés d’Asie. La compétitivité internationale de ces
pays étant influencée par le faible niveau de salaire réel, il en résulte un
désavantage au niveau des pays à niveau de vie élevé, renforcé dans certains cas
par la pratique du dumping (exportation à un prix moins élevé que le coût de
production). Dans ces conditions de concurrence déloyale, les barrières douanières
sont considérées comme un moyen de compenser les différences entre prix
nationaux et prix étrangers afin de garantir les emplois et les niveaux de vie des
travailleurs.

c. La protection comme un moyen de sauvegarder les intérêts de


certaines classes sociales

Les choix de politique économique constituent un enjeu important dans les


luttes pour la conquête et l’exercice du pouvoir politique. Ils constituent le
théâtre de conflits d’intérêt entre différentes classes sociales. Au cours du
processus d’industrialisation, ces conflits opposent d’un côté les partisans de la
protection des industries naissantes et de l’autre le reste de la population et ceux
qui ont intérêt à une politique libre échangiste. Ces conflits sont parfois résolus de
façon violente comme ce fut le cas pour les Etats-Unis où après l’indépendance les
intérêts de la bourgeoisie industrielle du Nord étaient opposés à ceux des classes
rurales du Sud. Ces contradictions ont conduit à la guerre de sécession entre
1861-1866 qui a été remportée par le Nord.

B. Les instruments du protectionnisme

On distingue deux mesures de protectionnisme : mesures tarifaires et les mesures


non tarifaires

1. Les mesures tarifaires

Le principal instrument du protectionnisme est le droit de douane qui est un impôt


prélevé sur une marchandise importée lors de son passage à la frontière. Ces droits

43
peuvent être forfaitaires ou représenter un pourcentage du prix (taxe « ad valorem »).
En rendant plus chers les produits étrangers, cette pratique cherche à décourager la
consommation. Les droits de douane correspondent à une barrière tarifaire. Il existe
aussi des mesures beaucoup plus brutales et directes comme les taxes.

2. Les mesures non tarifaires

Ce sont les prohibitions commerciales, qui sont une véritable interdiction


d’importer (embargo par exemple), les contingentements ou quotas, qui fixent
autoritairement le volume d’importations autorisées. Il existe d’autres formes de
protections indirectes telles que : les normes sanitaires et techniques ; les marchés
publics réservés et les barrières techniques au commerce et les normes et
standards.

44
Instruments du
protectionnisme

Tarifaires non tarifaires


tarifaires

Droits de douane Taxe Contingentements


« ad valorem » forfaitaire ou quotas
Prohibitions

C. Les conséquences du protectionnisme sur le bien-être

Nous allons considérer l’analyse traditionnelle des effets des droits de douanes sur
l’économie nationale en équilibre partiel, c'est-à-dire du point de vue d’un seul
pays. Cette analyse conduit à montrer que la protection produit des effets nets
négatifs sur le bien-être de la nation.

La hausse des prix sur le marché national suite à l’i mposition d’un droit
de douane entraîne des effets économiques sur l’économie nationale
pouvant être considérés tantôt comme un gain, tantôt comme une perte
.Ces effets portent notamment sur :
- la contraction de la demande nationale entraînant un coût
pour les consommateurs;
- la stimulation de la production nationale dont les effets peuvent
être considérés comme un avantage pour les producteurs, mais également
l’économie nationale (effets sur les recettes publiques).

45
- Effet négatif sur les consommateurs : -(a+b+c+d) ; cette baisse de bien –
être est en partie récupérée sous forme de gain à travers l’effet sur la
production national et celui sur les recettes publiques.
- Effet positif sur les producteurs : +a
- Effet positif sur les recettes publiques : +c
Il y a donc une perte nette après compensation des effets positifs et négatifs.
La protection est, du point de vue de cette analyse, une mauvaise politique
car elle conduit à une diminution du bien –être de l’économie nationale.

III. Le système commercial multilatéral


Dans le but de réguler le commerce international, le faire progresser vers une grande
libéralisation et limiter les effets pervers du protectionnisme, la communauté
internationale a mis en place deux stratégies phares :
- une forme libérale avec la mise en place du GATT dont l’action est
actuellement prolongée par l’OMC ; et
- une forme interventionniste et régulatrice avec la CNUCED.

Dans la pratique, malgré les évolutions en matière de régulation du commerce

46
international des produits primaires, l’action de la CNUCED a été de portée plutôt
limitée sur l’évolution du système commercial international. La tendance forte est
celle de la libéralisation des échanges sous l’égide de l’OMC.

A. GATT/OMC et libéralisation du commerce mondial


Nous pouvons noter trois niveaux de libéralisation commerciale : libéralisation
bilatérale, libéralisation régionale, libéralisation multilatérale. L’action du GATT/OMC
porte sur la libéralisation commerciale multilatérale. Depuis 1948, l’ordre du
commerce international libéral est régi par des « règles du jeu » édictées d‟abord
dans le cadre du GATT ensuite dans le cadre de l‟OMC. Les principes généraux
admettent des exceptions et dérogations. Ils ont été mises en œuvre de façon
pragmatiques et les évolutions ont conduit à la transformation du GATT en OMC.

1. Les principes du GATT


Il importe de rappeler les principes du GATT malgré l’avènement de l’OMC parce
qu’à l’analyse la mission de l’OMC est de renforcer et d’approfondir la mise en œuvre
de ces principes. L’objectif essentiel est d’obtenir la libéralisation totale du commerce
mondial sur une base multilatérale et non discriminatoire. Le code de bonne
conduite résultant de cet objectif comporte deux aspects :
 Le principe de non-discrimination et
 L’interdiction des restrictions quantitatives aux échanges.

a. Le principe de non-discrimination

Ce principe implique pour les Etats, les règles de conduite suivantes :


- L’application inconditionnelle de la clause de la nation la plus favorisée. Il s’agit
de l’engagement de chaque partie contractante d’étendre automatiquement à
toutes les autres parties contractantes les tarifs les plus bas ou les conditions
commerciales les plus favorables accordées à l’une quelconque d’entre elles.
- La règle de réciprocité par laquelle chaque pays s’engage à accorder à ses
partenaires des avantages à peu près équivalents à ceux consentis par ce dernier.
Ce principe peut connaître des applications en termes de représailles lorsqu’un pays
estime subir un préjudice du fait du régime commercial d’un autre pays et
qu’aucun arrangement amiable n’a pu être trouvé.
47
- La règle du traitement national ou l’égalité de traitement entre produits
étrangers et produits nationaux.
- Interdiction du dumping et réglementation des subventions à l’exportation.

b. L’interdictiondes restrictions quantitatives aux échanges


Les prohibitions et contingentements sont interdits comme instrument de politique
commerciale nationale. Seul le droit de douane est toléré comme instrument de
protection. Toutefois, le taux ne doit pas être prohibitif et les pays s’engagent à un
abaissement des barrières tarifaires dans le cadre des négociations commerciales
multilatérales. Les principes ainsi énoncés admettent quelques dérogations et
exceptions :
 Régimes commerciaux préférentiels dans le cas des empires coloniaux ;
 Unions douanières et zones de libre-échange ;
 De même, l’interdiction des restrictions quantitatives admet des exceptions
dans les cas suivants :
 Sur les produits agricoles, lorsque ces restrictions sont nécessaires pour
la protection de niveau de vie des agriculteurs nationaux et pour une bonne
application de la politique agricole nationale (la PAC européenne a longtemps
été justifiée par cette politique) ;
 En cas de déficit grave de la balance des paiements, pour ne pas
compromettre le développement du pays.
 Enfin, pour éviter les risques de désorganisation du marché intérieur et de
porter préjudice aux producteurs nationaux (les accords d’autolimitation,
notamment l’Accord Multifibre ont été justifiés par cet argument).

2. Les négociations commerciales multilatérales


Les négociations commerciales multilatérales ont permis de progresser dans la
réalisation des objectifs de libéralisation du commerce mondial et principalement le
désarmement douanier. En effet, en adhérant au GATT, tout Etat doit d’abord
consolider ses droits de douane : c’est-à-dire, s’engager à les maintenir au niveau
atteint à la date d’adhésion et s’abstenir pour toute augmentation ultérieure. Ensuite,
les négociations commerciales multilatérales également appelées « Rounds
» permettent d’obtenir un abaissement progressif des barrières tarifaires sur une

48
base non discriminatoire. Huit (08) négociations commerciales multilatérales ont
jalonné la vie du GATT ; la dernière ayant été l’URUGAY Round 1987 – 1993
et dont l’une des principales résolutions a été la création de l’OMC.

B. L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) est la seule organisation


internationale qui s'occupe des règles régissant le commerce entre les 152 pays
qui en font partie (181 si l’on ajoute les observateurs et/ou les pays candidats à
l’accession). Elle a succédé au GATT en 1995, à la suite des Accords négociés et
signés à Marrakech, au terme d’un cycle de négociation dit « Uruguay Round
[1986-1994] » par la majeure partie des puissances commerciales du monde et
ratifiés par leurs parlements. Le but principal de l’OMC est d'aider, par la
réduction d'obstacles au libre-échange, les producteurs de marchandises et de
services, les exportateurs et les importateurs à mener leurs activités. Le siège de
l'OMC est à Genève.

D’une part, c’est au sein de l’OMC qu’ont lieu les négociations portant sur les
échanges internationaux, les règlements des conflits commerciaux (rôles
juridictionnel pour le règlement des différends commerciaux à travers l’ORD,
Organe de Règlement des Différends); la surveillance des politiques commerciales
et la coopération avec d’autres institutions participant à l’élaboration des politiques
économiques à l’échelle mondiale : FMI et BM.

D’autre part, l’OMC est la principale source de statistiques concernant le commerce


international de biens et de services dans le monde, en coopération avec le Centre
du Commerce International de l’ONU.

C. La CNUCED et le commerce international

La CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le


Développement) a été créée en 1964, sous l’égide de l’ONU, avec pour
objectif d’intégrer les pays en développement dans l´économie mondiale. La
CNUCED :

49
 est un lieu de débats intergouvernementaux, alimenté par des
rapports d’experts ;
 réalise un important travail d’analyse et de recherche en matière
de développement, mais aussi, ainsi que déjà mentionné, s’agissant du suivi
de investissement internationaux et de l’activité des multinationales qui sont
considérées comme l’un des vecteurs principaux de la croissance des pays
en développement ;
 dispense une assistance technique adaptée aux besoins des pays
en développement, une attention particulière étant accordée à ceux des
pays les moins avancés et des pays en transition. S´il y a lieu, la CNUCED
coopère avec d´autres organisations et avec les pays donateurs pour la
prestation de l´assistance technique.
Comparativement au GATT/OMC, l’i mpact de la CNUCED sur l’évolution
effective des relations économiques internationales apparaît limité. Toutefois, son
apport peut être apprécié à travers les problèmes qui sont posés en son sein,
notamment le problème du commerce international des produits primaires.

 Le problème du commerce international des produits


primaires

La principale préoccupation est celle de la stabilisation des prix des matières


premières exportées par les pays en voie de développement et de leurs recettes
d’exportation. Pour réaliser cet objectif, la CNUCED a été le cadre de la
conclusion de différents accords entre producteurs et consommateurs. Il s’agit
d’engagements multilatéraux d’achats et ventes d’un produit, éventuellement doté
d’un stock régulateur, avec pour objectif de maintenir les fluctuations de prix
entre un minimum (prix plancher) et un maximum (prix plafond). Des accords ont
existé et ont fonctionné avec plus ou moins de succès sur des produits comme le
café et le cacao, le caoutchouc naturel, le blé, l’huile d’olive, l’étain, etc.

En second lieu, la CNUCED a élaboré dans les années 1970, Programme


Intégré pour les produits de base (PIPB) qui proposait une conception globale du
problème des matières premières et fixait les voies et moyens pour une gestion
favorable des pays en développement (financements compensatoires pour

50
stabiliser les recettes d’exportation, renforcement du pouvoir des producteurs face
aux consommateurs et aux multinationales, constitution de stocks régulateurs
internationaux). Ce programme a été de portée limitée du fait des besoins
financiers importants qu’il l’i mpliquait et du fait de l’opposition des pays
industrialisés qui s’attachaient plus au fonctionnement libre du marché
international.

Situation de l’économie internationale au seins des relations


économiques internationales

51
CHAPITRE V : MARCHE DE CHANGE ET TRANSACTION
INTERNATIONALE

L’objectif de ce chapitre est essentiellement d’appréhender le rôle du taux de change


dans le commerce international. Il est constitué de trois sections :
 Les mécanismes du marché de change ;
 Les déterminations du taux de change ;
 Les mécanismes des marchés internationaux des capitaux

I. Les mécanismes du marché de change

Nous abord ici les acteurs du marché de change puis les modalités des opérations
de change.

A. Le marché de change et ses acteurs


1. Définition du marché de change
Le change est l’opération qui permet de se procurer contre de la monnaie
nationale des moyens de paiements valables à l’étranger et vice versa. Les
opérations de change donnent lieu à des offres et à des demandes de devise
étrangère qui se rencontrent sur un marché organisé et permettent de déterminer le
taux de change ou cours du change. Les marchés organisés de change (mais aussi
de capitaux) sont appelés places financières.

Le taux de change correspond au prix d’une monnaie exprimée par rapport à une
autre. C’est donc le prix relatif entre deux monnaies. Il peut être coté de deux
façons :
- soit comme le prix en monnaie domestique d’une unité monétaire
étrangère. On parle de la « cotation à l’incertain ». Exemple : 1 USD =
600 f CFA
- soit l’inverse c’est-à-dire le prix en monnaie étrangère d’une unité monétaire
domestique. On parle de la « cotation au certain ». Exemple : 1 FCFA =
0,3 Naira.

52
Dans la plupart des pays, c’est la cotation à l’incertain qui est appliquée. Le taux de
change joue un rôle primordial dans le commerce international puisqu’il permet de
comparer les prix des biens et services qui sont vendus dans différents pays.

2. Les acteurs

Les acteurs du marché sont constitués par les banques commerciales, les
entreprises, les investisseurs institutionnels, les banques centrales et des
intermédiaires spécialisés appelés courtiers (ou « brokers » en anglais).

3. Relation entre le Prix domestiques et Prix étrangers

Il y a un lien direct entre le taux de change et les prix des biens dans un pays.
Dans un pays domestiques, les fluctuations du taux de change ont aussi des
répercutions sur les prix. Si par exemple il existe un bien qui vaut 10$ aux USA
avec un taux de change de 597FCFA le USD, le prix de ce bien sera 5970 FCFA.
Si le taux passe à 500FCFA le USD, le prix de ce bien sera alors plus chers pour
un américain et moins cher pour un béninois. Si le prix passe à 600 FCFA le USD,
le prix de ce bien sera plus cher pour un béninois et moins chers pour un
américain.

Lorsqu’il y a baisse du taux de change, on parlera d’appréciation du FCFA. Et dans le


cas contraire, on parlera d’une dépréciation du Franc CFA.

Pour un bien produit en Bénin destinés à l’exportation, le prix d’exportation sera plus
élevé s’il y a appréciation de FCFA et l’inverse est possible s’il dépréciation.

Pour un bien produit aux USA destinés à l’exportation, si au Bénin, il y a


appréciation du FCFA, cela va stimule l’importation. Et dans le cas de dépréciation,
l’inverse est possible.

 Les implications économiques

L’appréciation et la dépréciation est un fait du marché. Mais par contre, la


dévaluation et la réévaluation est le fait d’une décision politique.

53
 Généralement, la dévaluation permet d’augmenter les exportations et de
diminuer les importations ; et la réévaluation permet de diminuer les
exportations et d’augmenter les importations.
 Les effets attendus d’une dévaluation sont multiples et possèdent un
échelonnement différent. Tout d‘abord, le changement de parité a un effet
mécanique sur les prix relatifs des biens. Cet « effet-prix » se traduit par
une modification du rapport entre les prix internes et les prix étrangers des
biens qui font l’objet d’un échange international.
 Ainsi, doit-on assister à une hausse du prix des importations exprimé en
monnaie nationale et à une baisse du prix des exportations exprimé en
monnaie étrangère. Cette politique a l’avantage d’augmenter le niveau du
tourisme du pays qui l’applique. Les effets de la réévaluation sont aussi
multiples. Ils permettent par exemple au pays qui l’applique d’encourager non
seulement la consommation de la quasi-totalité des biens produits localement
mais aussi d’accroître la consommation des biens étrangers.

B. Les modalités des opérations de change


Deux distinctions peuvent être signalées ici : change manuel / change
scriptural ; change au comptant / change à terme.

1. Distinction Change manuel / change scriptural


La première distinction est relative aux opérations matérielles et oppose
change manuel et change scriptural.

 Le change manuel consiste en la conversion immédiate de la monnaie


nationale en devise étrangère ou inversement, soit au guichet d’une
banque, soit auprès d’agents spécialisés. Il est assez limité et pratiqué par
les voyageurs et touristes.
 Le change scriptural ou change tiré n’entraîne ni manipulation, ni
transfert d’espèces mais échange de monnaies scripturales par débit et
crédit de comptes bancaires.

54
2. Change au comptant / Change à terme
Lorsqu’on considère le délai du déroulement de l’opération, deux compartiments
du marché existent et on distingue les opérations de change au comptant et à
terme.
 Le change au comptant (ou « spot » en anglais) consiste en achats
et ventes de devises au cours du change au comptant (c'est-à-dire au
taux de change au comptant), le règlement devant intervenir au plus tard
dans les 48 heures.
 Le change à terme (ou « forward » en anglais) prend la
forme d’engagement d’achat et de vente de devise, le règlement
devant intervenir à un terme fixé au moment du contrat. Les opérations
de change à terme s’effectuent au taux de change à terme.
 Le swap d’échange correspond à la vente d’une monnaie au
comptant combiné avec son rachat à terme. Le swap est un contrat
d’échange de flux financier entre deux contreparties. Le Swap n’entraine
aucun mouvement en capital, seul la différence entre les intérêts est
échangée. Il y a donc un échange de liquidité à intervalles définis. Un
Swap peut porter sur les taux d’intérêts (échange d’un taux fixe
contre un taux variable).

3. Les acteurs économiques face aux opérations de change


Face aux mécanismes du marché des changes, les agents économiques
adoptent différents comportements en vue de tirer avantage du marché, ou de
se prémunir des incertitudes du marché. Les comportements traditionnels se
manifestent notamment à travers les opérations de couverture, d’arbitrage, de
spéculation, de termaillage. Ils ont été prolongés et affinés à travers diverses
innovations financières (swaps, options et futures).
 La Couverture est donc l’assurance contre le risque de change de la part
d’un agent économique en position de change ouverte, mais non désirée.
En règle générale, la couverture se manifeste par des opérations de
change à terme. A titre d’illustration : un commerçant béninois passe aux
USA une commande payable en dollars dans trois mois. Au cours de
cette période, le cours du dollar est susceptible de varier à la hausse ou à

55
la baisse. Pour ne pas subir les coûts liés à une éventuelle hausse de
dollar, l’i mportateur donnera l’ordre à sa banque ou à un courtier de
change de lui acheter des dollars à terme de trois mois. De ce fait, il est
certain du montant de la facture au moment du dénouement de l’opération.
On dit qu’i l se couvre contre une évolution défavorable du cours de la
devise étrangère.

 L’arbitrage consiste sur la base d’informations disponibles sur le marché,


en achats et ventes simultanés de devises dans le but d’en tirer un profit.
Les opérations d’arbitrage sont rendues possibles par les imperfections du
marché. On distingue :
 L’arbitrage spatial consiste à acheter une devise sur une place et à
la revendre simultanément sur une autre place. Ce type d’arbitrage
est rendu de plus en plus difficile sinon impossible du fait de
l’interconnexion des marchés facilitée par la rapidité des
communications.
 L’arbitrage temporel consiste à différencier les engagements selon
les échéances en vue d’en tirer profit : achat d’une devise au
comptant et revente simultanée à terme.
 L’arbitrage de taux d’intérêt. Il se réalise par transfert des places à
taux d’intérêt faible vers des places à taux d’intérêt élevé. Avec la
théorie de la parité des taux d’intérêt (voir plus loin) on montre les
limites de ce type d’arbitrage.

 La spéculation : Sur le marché des changes, on dit qu’un agent


économique spécule lorsqu’il crée ou maintient délibérément une position
de change déséquilibrée dans le but de tirer profit d’une éventuelle
modification du taux de change. Les comportements spéculatifs
déterminent largement aujourd’hui, les fluctuations des principales
monnaies sur les marchés de change.

 Le termaillage : Il consiste à modifier les échéances du règlement des


transactions internationales dans le but de tirer profit d’une évolution
ultérieure du taux de change.

56
II. La détermination du taux de change
A. Principes

En régime d’économie du marché, l’offre et la demande le déterminent. Le taux de


change résulte de l’interaction des ménages, des entreprises, des Institutions, ou de
l’Etat qui vendent et achètent des monnaies sur le marché des changes. Les
ménages y participent par exemple lorsqu’un touriste achète des monnaies
étrangères au guichet de son hôtel. Cependant ces transactions en espèce
représentent une fraction insignifiante de la totalité des changes en monnaie. Les
Institutions Financières et particulièrement les Banques Commerciales sont au cœur
du marché de change. En effet, presque toutes les transactions internationales d’une
certaine taille impliquent le débit et crédit des comptes courants auprès des banques
commerciales sur les places financières.

Ainsi, la majorité des transactions en monnaie étrangère des entreprises


implique l’échange des dépôts bancaires libellés dans des monnaies différentes.
Les entreprises qui opèrent dans plusieurs pays effectuent et reçoivent des
règlements dans toute sorte de monnaie.

Par ailleurs, les différentes places financières sont devenues chacune un maillon d’un
marché unique mondiale qui fonctionnent 24h/24. Même après la fermeture d’une
place financière donnée, les filiales des banques implantées dans d’autres pays
avec des fuseaux horaires différentes restent actives. Cette intégration des places
financières implique qu’il n’y a pratiquement pas de différences de taux de
change entre les différentes places.

B. Calcul du taux de change


1. Taux de change croisé

Si l’euro s’échange contre 1,45$ à Londres et 1,40$ à New-York. Il est possible de


réaliser un arbitrage c’est-à- dire un profit sans risque et sans mise de fond initial.
L’arbitrage dans ce cas consiste à acheter l’euro bon marché à New-York et à
le revendre plus cher à Londres. En théorie, une transaction sur les taux de
change peut concerner n’importe quel couple de monnaie. Dans la réalité,
cependant, la plupart des transactions concerne des échanges de monnaie contre

57
le USD qui est la monnaie véhiculaire ou monnaie internationale dû au poids
économique des Etats-Unis.

Les achats ou les ventes de dollar américain interviennent même lorsqu’on


souhaite échanger deux monnaies étrangères autres que le dollar. Supposons
qu’un agent économique souhaite vendre des francs CFA et acheter des shekels
israéliens. Dans la plupart des cas, il va d’abord vendre ces francs CFA contre
des dollars et ensuite, va utiliser le dollar pour acheter les shekels. On parle alors
du taux de change croisé. Ce taux peut se calculer comme suit :

FCA FCFA USD


 *
ISL USD ISL

Cette procédure peut sembler compliquée mais dans les faits, elle est moins
couteuse car il est plus difficile de trouver un détenteur de shekel qui souhaiterait
acheter un franc congolais qu’un détenteur de dollar qui voudrait acquérir
des francs ou des shekels. Etant donné que les volumes de transactions
internationaux impliquant le dollar atteignent des niveaux élevés.

2. Taux de change à terme

Taux de change à terme = taux de change défini pour les opérations de change à
terme entre deux devises. Le taux de change à terme (T) est défini à partir du taux au
comptant (E) en fonction de la relation suivante :

'
1 r
T  E*
1 r
où r et r* sont respectivement les taux d'intérêt pour le terme convenu dans chacun
des deux pays.
- Quand r = r*, T = E : il y a parité des deux taux.
- Quand r > r*, T > E : le taux à terme cote un "report".
Soit une banque qui emprunte pour trois mois au taux r des euros pour pouvoir
acheter des dollars de manière à les placer pendant trois mois sur le marché
américain au taux r*: pour éviter que l'opération ne soit déficitaire pour elle, la banque
58
revend à terme ces dollars à un taux -le taux à terme- qui doit être supérieur au taux
au comptant.
- Quand r < r', T < E : le taux à terme cote au contraire un "déport".

III. Les mécanismes des marchés internationaux de capitaux

Ces mécanismes seront examinés en premier lieu en caractérisant les


grandes places financières internationales et en second lieu en précisant les
différents compartiments du marché.

A. Les grandes places financières internationales

Une place financière internationale est un lieu où se réalisent des opérations


financières sur des marchés primaires comme des marchés secondaires avec
des opérateurs nombreux formant une communauté et conférant à la
place, son importance internationale ou son pouvoir d’attraction. L’importance
internationale d’une place est appréciée au moyen de trois indices au moins :
- Le nombre de titres cotés en bourse ;
- Le montant de la capitalisation boursière ;
- Le nombre de banques étrangères opérant sur la place.

Au regard de ces critères, trois catégories de places financières peuvent être


précisées :
 Les grandes places financières traditionnelles auxquelles sont associés des
indices boursiers bien connus. En effet, les principales places
financières internationales disposent d'indices boursiers qui représentent
l'évolution dans le temps des valeurs des principaux titres cotés sur ces
places financières. Quelques exemples : Londres (FTSE 100 ou « Footsie »),
New York (Dow Jones, NASDAQ) ; TOKYO (NIKKEI) ; PARIS (CAC 40),
Francfort (DAX), Shanghai (SSE).
 Les marchés émergents ou places émergentes : il s’agit des places
financières de Nouveaux Pays Industrialisés ou en voie d’industrialisation rapide ;
places qui connaissent une croissance continue de leurs activités (Corée du
sud, Brésil, Argentine, Mexique, Afrique du Sud).

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 Les places « off-shore » où s’exécutent des activités bancaires et financières
caractérisées par leur extraterritorialité, c'est-à-dire s’exécutant en dehors de la
réglementation du pays d’accueil et entretenant des liens limités avec le reste de
l’économie nationale. Exemple : Singapour, Hong Kong, Las Palmas, les îles
Caïman, Panama, etc.

B. Les compartiments du marché


1. Prêts bancaires internationaux
Les ressources au marché des PBI sont constituées par des Euro-devises qui
permettent aux banques d’effectuer des emplois, des prêts sous forme Euro-
crédits.

 Une Euro-devise est une devise déposée hors du pays d’émission de la


monnaie en question. Ex : un compte bancaire en dollar au Bénin ; en Yen
aux USA. A l’origine, dans les années 1950-1960, on a parlé d’euro-dollars
pour désigner les dollars circulant dans des comptes bancaires hors des
Etats-Unis. Par la suite, le préfixe « euro » s’est étendu à toutes les
monnaies.
 Un euro-crédit est un crédit consenti par une banque ou par un
consortium de banques à partir des dépôts en euro-devises. Les Euro-
crédits peuvent être à taux fixe ou à taux variable. Les crédits à taux
variables sont des prêts dont le taux est périodiquement variable par rapport
à un taux de marché auquel s’ajoute une marge.
Deux exemples de taux de référence: London Interbank Offered Rate (LIBOR) ou
Paris Interbank Offered Rate (PIBOR).

2. Les Marchés internationaux des titres

Depuis le début des années 1980 les marchés financiers internationaux ont connu
une forte tendance à la titrisation (“sécurisation”). Les formes classiques
d’émissions sont progressivement supplantées par les euro-émissions et par les
euro-effets.

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a. Les formes classiques d’émissions étrangères

Il s’agit des actions et obligations ou plus généralement des titres internationaux


émis en monnaie nationale. A titre d’illustration on peut considérer le cas d’une
entreprise basée en France et qui émet des actions ou obligations souscrites en
dollars aux Etats-Unis ou en yens au Japon.

b. Les euro-émissions
Il s’agit d’émissions de valeurs mobilières en euro-devises. La forme la
plus répandue est celle de l’euro-obligation. Ex : Une entreprise résidente en
France émet des euro-obligations en dollars sur les places de Londres et de Tokyo.
Ainsi, une euro-obligation est un titre à long terme (5 ans et plus) émis sur une ou
plusieurs places financières situées en dehors du pays de l’emprunteur (ou
émetteur) et libellé en une monnaie différente de celle du pays où l’émission est
faite.

c. Les euro-effets

Il s’agit d’innovations financières intervenues au courant des années 1980 et qui


ont pris deux formes essentielles : l’euro-papier commercial et l’euro-note. L’euro-
papier commercial est un effet de commerce à échéance courte (360 jours
maximum) émis par les entreprises pour couvrir leurs trésoreries dans une monnaie
autre que celle du pays d’émission. L’euro-papier commercial, contrairement
aux euro-notes, n’est pas garanti par les banques. C’est pourquoi l’émission
d’euro- papier commercial exige que la solidité financière de l’entreprise
émettrice ait été attestée par une Agence de Notation ou Agence de “ Rating”.

Les euro-notes sont des titres de courte échéance comparables à l’euro-papier


commercial et dont l’émission est garantie par les banques qui, de ce fait,
consentent une facilité de crédit à moyen terme à l’émetteur.

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