0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
239 vues126 pages

Cours Droit des Affaires OHADA 2022

Un cour de master de HECM

Transféré par

Martial
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
239 vues126 pages

Cours Droit des Affaires OHADA 2022

Un cour de master de HECM

Transféré par

Martial
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Décembre 2022 COURS DU

DROIT DES
AFFAIRES

Chargé du cours : Lionel KADJA, Magistrat.


Cours du des affaires (Master) HECM 2022

DROIT DES AFFAIRES


Droit commercial général
 Droit des sociétés commerciales OHADA

1
Droit des affaires (Master) HECM 2022

SOMMAIRE
LES PARTICIPANTS AUX AFFAIRES_____________________ 14
I- LE COMMERCANT __________________________________ 14
II- Les Obligations Professionnelles du Commerçant _________ 17
LES OPERATIONS COMMERCIALES 20
I- Les critères de définition des actes de commerce __________ 20
II- Classification des actes de commerce __________________ 21
III - Le régime juridique des actes de commerce ____________ 25
LE CONTRAT DE VENTE COMMERCIALE 28
I- Formation du contrat de vente ________________________ 28
II- L’exécution des Contrats ____________________________ 29
III- Effets des Contrats ________________________________ 31
IV- Inexécution des Contrats ___________________________ 33
LE CADRE DE L’ACTIVITE COMMRCIALE 35
Le fonds de commerce ________________________________ 35
I- les éléments constitutifs du fonds de commerce. __________ 35
II- L’EXPLOITATION DU FONDS DE COMMERCE _____________ 39
LE CONTRAT DE LOCATION GERANCE 43
I- ELABORATION DU CONTRAT __________________________ 43
II- EFFETS DE LA LOCATION-GERANCE ___________________ 45
LA VENTE DU FONDS DE COMMERCE 47
I- Les Conditions de la Vente du Fonds de Commerce ________ 47
DROIT DES SOCIETES COMMERCIALES 54
LES SOCIETES COMMERCIALES 55
CHAPITRE I: GENERALITES 56
Section 1- Définition __________________________________ 56
Section 2- Les différents types de sociétés commerciales _____ 56
Section 3- Les éléments constitutifs du contrat de société _____ 61
Section 4- La personnalité morale (ou juridique) ____________ 64
I- Sociétés de personnes et sociétés de capitaux ____________ 66
II- Sociétés commerciales et sociétés civiles _______________ 66
CHAPITRE II: REGLES COMMUNES APPLICABLES A LA CONSTITUTION,
AU FONCTIONNEMENT ET LA DISSOLUTION DES SOCIETES
COMMERCIALES 67
Section 1- Constitution de la société commerciale __________ 67
Section 2- Sanctions des conditions de constitution __________ 70

3
Les Opérations Commerciales HECM 2022

Section 2- Fonctionnement des Sociétés Commerciales ______ 72


Section 3- La dissolution (mort) des Sociétés Commerciales __ 81
DEUXIEME PARTIE : 87
DROIT SPECIFIQUE AUX SOCIETES ET AU GIE 87
CHAPITRE I : LES SOCIETES DE PERSONNES OU A RISQUE ILLIMITE
88
I- La naissance de la SNC _____________________________ 88
II- La vie de la SNC __________________________________ 89
III- La fin de la SNC : la dissolution _____________________ 91
Section 2 : La Société en Commandite Simple (SNC) ________ 92
CHAPITRE. II : LES SOCIETES DE CAPITAUX OU A RISQUE LIMITE : LA
SARL ET LA SA 96
Section 1- Les conditions de constitution de la SA et de la SARL 96
Section 2- Organisations et fonctionnement de la SA et de la SARL
_________________________________________________ 98
CHAPITRE III : LE GROUPEMENT D’INTERET ÉCONOMIQUE 113
Section 1 : La constitution du groupement d'intérêt économique
________________________________________________ 113
Section 2 : Le fonctionnement du groupement d'intérêt
économique _______________________________________ 114
Section 3- La fin du GIE______________________________ 115

4 Cours du droit des affaires


Droit des affaires (Master) HECM 2022

Introduction

Il n’existe pas de société sans règles. Leur absence engendrait


une situation anarchique caractérisée par le désordre et la confusion.
Étudier le droit commande donc, d’abord de définir la notion de droit.
Le droit désigne en premier lieu l’ensemble des règles
obligatoires qui organisent la vie des hommes en société. On parle de
droit objectif ou de règle de droit. En second lieu, le droit peut désigner
les prérogatives individuelles que le droit objectif accorde aux sujets de
droit. A titre d’exemple, on peut citer le droit de propriété.
Le droit objectif présente des caractéristiques spécifiques et doit
être distingué de la morale. En effet, la règle de droit :
 permet de réguler la vie de société

 est générale et abstraite (elle est impersonnelle et


s’applique à tous les individus dans une situation donnée)

 est obligatoire (la règle de droit a vocation à être


appliquée)

 est sanctionnée (il est possible d’exiger l’exécution


de la règle de droit ou de sanctionner son inexécution).

A- Notion de droit des affaires


Pour cerner la notion de droit des affaires, il faut partir de la
distinction entre droit civil et droit commercial et en retracer l’histoire.
Le droit a pris comme premier critère la personne, appréhendée
à travers la personne physique, les personnes immatérielles que sont
les personnes morales. Toutes les personnes ont des activités
domestiques (l’achat pour consommer, l’acte de se loger, etc.) et la
majorité a des activités familiales (mariage, naissance). Elles sont alors
prises comme des personnes civiles, visées par le droit civil. Les
activités concernées sont des activités « obligées » en ce sens que nul
ne peut vivre en société sans les pratiquer, le droit civil protège ces
personnes que leur faiblesse expose. Le droit civil se préoccupe des
personnes ordinaires, des enfants, des contractants, des
consommateurs. On affirme classiquement que le droit civil est « le
droit des faibles ». Mais certaines personnes sont de plus
commerçantes : l’acte de commerce est ainsi principalement l’acte
d’acheter pour vendre. Or, nul n’est jamais obligé de se lancer dans le

5
Les Opérations Commerciales HECM 2022

commerce : celui qui le fait doit assumer le risque corrélé à la


perspective de profit, voire au désir de spéculation. Le droit commercial
va donc laisser une plus grande liberté aux agents, notamment dans
les contrats susceptibles d’être passés, exigera moins de formalisme,
mais sera aussi beaucoup plus dur quant aux conséquences attachées
aux engagements, à travers par exemple une solidarité présumée des
coobligés ou bien un droit de la faillite conçue comme une sanction du
commerçant incapable de faire face à ses dettes. Le droit commercial
est alors dit « le droit des forts ». Enfin, les activités économiques qui
ne consistent pas à acheter pour revendre, notamment les professions
civiles qui supposent un certain art (activités culturelles, toutes les
professions libérales), sont laissées hors du champ du droit
commercial.
Une première évolution intervenue vers les années 1960 a
marqué le passage du droit commercial au droit des affaires. Celui-ci
met davantage l’accent sur l’activité commerciale et les organisations
qui en sont le support, essentiellement l’entreprise. Le centre est ainsi
déplacé de la personne vers l’activité, ce qui conduit à marier des
branches du droit jusqu’ici autonomes. Ainsi, le droit des affaires
regroupe notamment : le droit civil, le droit commercial, le droit fiscal,
le droit social ….
Une seconde évolution a consisté vers les années 1980 à passer
du droit des affaires au droit économique. Il s’agit alors avant tout d’un
droit des organisations, et non plus seulement des organisations au
sein des entreprises, ou encore les organisations entre les entreprises
(les liens capitalistes, les groupes de sociétés) et au-delà des
institutions de l’organisation économique globale. En clair, le droit
économique organise les espaces économiques, non seulement
l’espace de l’entreprise, mais aussi l’espace des relations commerciales
(par exemple, les réseaux de distribution), mais encore l’espace de
confrontation des offres et des demandes par la surveillance des
marchés à travers le droit de la concurrence, voire la construction
juridique des secteurs par le droit de la régulation.

A- Les sources du droit des affaires

Les sources des affaires sont entre autres :

 la Constitution du 11 décembre 1990

6 Cours du droit des affaires


Droit des affaires (Master) HECM 2022

 les traités ; par exemple, la Convention de


Vienne du 11 avril 1980 relative à la vente
internationale de marchandises ;
 la loi ; par exemple, la loi des finances
 la jurisprudence
 les usages et la coutume : les usages et
coutumes constituent des pratiques courantes, qu’un
milieu déterminé, en l’occurrence celui des
commerçants, considèrent comme normales.

B- L’avènement de l’Organisation pour


l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA)

A l’instar d’autres Etats du monde qui ont entrepris des


regroupements politiques et/ou économiques pour faire face à la
mondialisation des réalités économiques, des Etats de la Zone Franc
CFA, rejoints par d’autres1, ont décidé d’harmoniser leur droit des
affaires pour offrir aux opérateurs économiques, étrangers et locaux,
une législation moderne, adaptée aux nouveaux défis de l’économie. Ils
ont pour ce faire créé par le Traité de Port-Louis du 17 octobre 1993
(révisé le 17 octobre 2008 à Québec, Canada), l’Organisation pour
l’harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA).
Le système juridique et judiciaire de l’OHADA vise à garantir la
sécurité juridique des affaires en secrétant un droit commun des
affaires. Le Traité précise ainsi dès son préambule notamment que les
États Parties sont :
- déterminés à accomplir de nouveaux progrès sur la voie de
l'unité africaine et à établir un courant de confiance en faveur
des économies de leur pays en vue de créer un nouveau pôle de
développement en Afrique ;
- convaincus que l'appartenance à la zone franc, facteur de
stabilité économique et monétaire, constitue un atout majeur
pour la réalisation progressive de leur intégration économique et

1
L’OHADA compte aujourd’hui dix-sept membres que sont : le Bénin, le Burkina-Faso, le
Cameroun, la Centrafrique, la Côte d'Ivoire, le Congo, les Comores, le Gabon, la Guinée, la
Guinée-Bissau, la Guinée-Equatoriale, le Mali, le Niger, la République démocratique du
Congo, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

7
Les Opérations Commerciales HECM 2022

que cette intégration doit également être poursuivie dans un


cadre africain plus large ;
- persuadés que la réalisation de ces objectifs suppose la mise en
place dans leurs Etats d'un Droit des Affaires harmonisé, simple,
moderne et adapté, afin de faciliter l'activité des entreprises ;
- conscients qu'il est essentiel que ce droit soit appliqué avec
diligence, dans les conditions propres à garantir la sécurité
juridique des activités économiques, afin de favoriser l'essor de
celles-ci et d'encourager l'investissement ;
- désireux de promouvoir l'arbitrage comme instrument de
règlement des différends contractuels ; etc.

Le siège social de l’OHADA est fixé à Yaoundé (République du


Cameroun) et ses langues de travail sont le français, l'anglais,
l'espagnol et le portugais2.

1- Les institutions de l’OHADA

Pour réaliser ces objectifs, l’OHADA s’est dotée de quatre


institutions (article 3 du Traité tel que révisé à Québec le 17 octobre
2008) : la Conférence des Chefs d’États et de Gouvernement, le Conseil
des Ministres, la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage et le
Secrétariat Permanent. Par ailleurs, il a été institué un établissement
de formation : l’École régionale supérieure de la magistrature
(ERSUMA).

a- La Conférence des Chefs d’États et de


Gouvernement

Le Traité révisé de l’OHADA place au cœur du dispositif


institutionnel, la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement dont
la présidence par un État Partie va de pair avec la présidence du
Conseil des Ministres par cet État. Le champ de compétence matérielle
de cette instance politique suprême de l’OHADA paraît illimité, l’article
27 du Traité prévoyant qu’elle « statue sur tout question relative au
Traité ». Mais comme tous les organes à « physionomie
essentiellement politique », il semble possible de penser que la

2
Article 42 du Traité tel que révisé à Québec le 17 octobre 2008.

8 Cours du droit des affaires


Droit des affaires (Master) HECM 2022

Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement a plus pour rôle de


définir les grandes orientations de la politique d’harmonisation du droit
des affaires, peut-être aussi de veiller au fonctionnement des organes
et institutions de l’OHADA.
Le Traité prévoit la tenue de réunions sans distinguer entre les
sessions ordinaires et les sessions extraordinaires : la Conférence peut
effectivement se réunir « tant que de besoin, sur convocation de son
Président, à son initiative ou à celle du tiers des États parties ». Le
Président détient ainsi, dans le dernier cas, un pouvoir diplomatique
renforcé pour convoquer ses pairs lorsque les circonstances ou
l’urgence le commandent.

b- Le Conseil des Ministres

Cette institution est composée des ministres en charge de la


justice et des finances des États Parties3. Chaque Etat Partie en assure
à tour de rôle la présidence pour une durée d’un an selon une liste
établie par ordre alphabétique. Le Conseil des Ministres a un rôle
essentiellement normatif puisqu’il est chargé d’adopter des règles
harmonisées qui revêtent la forme d’Actes uniformes.
Cet organe a aussi le pouvoir de décision qui peut être
individuelle (par exemple, la nomination du Secrétaire Permanent de
l’OHADA) ou avoir une portée générale (le Conseil des Ministres a par
exemple déterminé par des Règlements l’organisation et le
fonctionnement de la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage).
Le Conseil des Ministres se réunit au moins une fois par an, sur
convocation de son Président, à l'initiative de celui-ci ou du tiers des
États Parties, et ne peut valablement délibérer que si deux tiers au
moins des États Parties sont représentés (art.28 du Traité).
Dans la pratique, le Conseil des Ministres a pris une part
importante à la création dans chaque État Partie, des commissions
nationales. Composées d’experts et de représentants de
l’administration nationale, ces commissions sont chargées dans chaque
État Partie de l’OHADA d’examiner les avant-projets, de formuler des
observations critiques et/ou suggestions venant au soutien de la
position de l’État.

3
Article 27 al.1er du Traité.
9
Les Opérations Commerciales HECM 2022

c- La Cour commune de justice et d’arbitrage


(CCJA)

Composée de neuf (9) juges (élus au scrutin secret par le Conseil


des Ministres sur la liste présentée par le États Parties et comprenant
deux candidats au plus par État, art.32 du Traité), la CCJA est
l’institution judiciaire (non un organe de représentation des États
Parties) de l’OHADA. Les juges y sont élus pour une durée de sept ans
non renouvelable parmi les ressortissants des Etats Parties4. Investie
d’un pouvoir judiciaire autonome, la CCJA est gardienne de
l’interprétation et de l’application uniformes du droit OHADA (le Traité,
les règlements pris pour son application, les Actes uniformes et les
décisions). Elle assure plus précisément une double fonction :
consultative (en rendant des avis lorsqu’elle est sollicitée par un Etat
partie, le Conseil des Ministres ou les juridictions nationales) et
contentieuse (en prononçant des arrêts en cassation contre les
décisions prises par les juridictions nationales en matière de droit
harmonisé, à l’exception des décisions appliquant des sanctions
pénales5.
Enfin, en matière d’arbitrage, la CCJA, assure des attributions
d’administration des arbitrages pour le bon déroulement de l’arbitrage
lorsque le litige est soumis à la procédure d’arbitrage CCJA ; elle est
par ailleurs seule compétente pour accorder ou refuser l’exequatur aux
sentences arbitrales (art.25 du Traité).
Le siège de la CCJA est à Abidjan (Côte d’Ivoire).

d- Le Secrétariat permanent
Le Secrétariat permanent (dirigé par un Secrétaire permanent
nommé par le Conseil des Ministres pour un mandat de 4 ans
renouvelable une fois, art.40 du Traité) est l’organe exécutif de
l’OHADA. Cheville ouvrière de l’Organisation, le Secrétariat permanent
représente l’OHADA et a en charge sur le plan normatif essentiellement
la préparation des projets d’Actes uniformes qui sont ensuite soumis
aux États Parties et à la CCJA pour avis.

4
Article 31 du Traité.
5
Article 14 du Traité.
10 Cours du droit des affaires
Droit des affaires (Master) HECM 2022

Le siège du Secrétariat permanent est fixé à Yaoundé


(Cameroun).

e- L’École régionale supérieure de la magistrature


(ERSUMA)

Le traité6 institue également une école ayant pour mission la


formation, le perfectionnement et la recherche en droit harmonisé.
Dénommée, École régionale supérieure de la magistrature (ERSUMA),
l’établissement est dirigé par un Directeur général nommé par le
Conseil des Ministres pour un mandat de quatre ans, renouvelable une
fois.
L’ERSUMA a son siège à Porto-Novo (Bénin).

2- Les différents actes uniformes

L’Acte uniforme est un texte pris pour l’adoption des règles


communes pour l’harmonisation du droit des affaires dans les Etats
membres de l’OHADA. L’acte uniforme est d’application directe dans
ces Etats.
A la date d’aujourd’hui, neuf (09) actes uniformes sont
applicables. Il s’agit, dans l’ordre chronologique de leur adoption, de :
a) L’Acte uniforme du 17 avril 1997 portant organisation
des sûretés, tel que révisé le 15 décembre 2010. A la faveur de
cette révision, il s’est opéré d’importantes innovations :
l’introduction de nouvelles sûretés, l’institution d’un agent des
suretés, l’introduction de la notion de débiteur professionnel.

b) L’Acte uniforme portant droit commercial général du


17 avril 1997 révisé le 15 décembre 2010. Il traite du statut du
commerçant, du registre du commerce et du crédit mobilier, du
bail à usage professionnel, des intermédiaires de commerce de la
vente commerciale. Il introduit dans ces matières de très
nombreuses innovations et s’innerve d’un certain libéralisme
quant aux conditions d’accès à la profession commerciale.

6
Article 41.
11
Les Opérations Commerciales HECM 2022

c) L’Acte uniforme du 17 avril 1997 relatif au droit des


sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique a
été révisé et adopté le 30/01/2014 à Ouagadougou (Burkina-
Faso) puis publié dans le journal officiel n° Spécial du
04/02/2014. Il est entré en vigueur le 05 mai 2014 pose d’une
part les règles générales applicables à toutes les sociétés, et
d’autre part des règles spécifiques pour chaque type de société.
Le double souci de modernisation et de simplification a conduit
entre autres à la suppression de la société en commandite par
actions et à l’institution de la société anonyme unipersonnelle. De
nombreuses dispositions sont consacrées aux valeurs mobilières
et au droit pénal des sociétés.

d) L’Acte uniforme du 10 avril 1998 portant organisation


des procédures simplifiées de recouvrement et des voies
d’exécution est des plus novateurs. En matière de recouvrement,
il institue deux nouvelles procédures : l’injonction de délivrer et
l’injonction de restituer, assorties de saisies correspondantes. En
matière de voies d’exécution, les innovations portent
essentiellement sur les saisies mobilières qui ont été
profondément remaniées et modernisées, dans le double souci
d’appréhender toutes les situations nouvelles relatives à la
gestion des patrimoines et d’assurer l’efficacité des procédures
d’exécution sans que les droits du débiteur ou des tiers s’en
trouvent hasardés.

e) L’Acte uniforme du 10 avril 1998 portant organisation


des procédures collectives d’apurement du passif traite du
règlement préventif avant cessation des paiements, puis du
redressement judiciaire et de la liquidation des biens après
cessation des paiements. L’accent est mis sur le sauvetage de
l’entreprise plutôt que sur la sanction des errements. L’Acte
uniforme consacre des dispositions spécifiques aux procédures
collectives internationales.

f) L’Acte uniforme du 11 mars 1999 relatif au droit de


l’arbitrage.

g) L’Acte uniforme du 24 mars 2000 portant


harmonisation de la comptabilité des entreprises. Il a édicté des
règles harmonisées applicables à presque toutes les entreprises

12 Cours du droit des affaires


Droit des affaires (Master) HECM 2022

situées en OHADA. Ces règles, fixent dans le détail le mode


d’organisation des comptes, l’obligation de présenter des états
financiers annuels, les règles d’évaluation et de détermination du
résultat, le contrôle des comptes, la publication des informations
comptables, les comptes consolidés et les sanctions pénales en
cas d’infraction.

h) L’Acte uniforme du 22 mars 2003 relatif aux contrats


de transport de marchandises par route s’est très largement
inspiré de la Convention de Genève sur le transport international
de marchandises par route. D’une grande concision, l’Acte traite,
en sus des dispositions générales, de la conclusion et de
l’exécution du contrat de transport, précise les obligations
découlant de la lettre de voiture et aménage les procédures de
règlement des différends pouvant surgir entre les parties au
contrat de transport.

i) L’acte uniforme du 15 décembre 2010 relatif au droit


des sociétés coopératives.

13
LES PARTICIPANTS AUX AFFAIRES

I- LE COMMERCANT
En général, on appelle commerçant tous les agents de l’activité
du système économique. Ce sont les animateurs de la vie économique.
La loi impose à ces agents un statut particulier avec des obligations
propres à leur corporation.
DEFINITION
L’article 2 de l’AU-OHADA portant DCG définit le commerçant
comme « celui qui fait de l’accomplissement d’actes de
commerce par nature sa profession ».
Il résulte de cette définition, les conditions essentielles qu’il faut
remplir pour acquérir la qualité de commerçant.
A- Les conditions d’acquisition de la qualité de
commerçant
Aux termes des dispositions de l’article 2 de l’AU-OHADA/DCG, il
faut :
 faire des actes de commerce ;
 faire ces actes à titre de profession.
La pratique du commerce a consacré une autre condition (le droit
commercial étant un droit prétorien):
 faire les actes de commerce à titre personnel et pour
son propre compte.

1- l’accomplissement d’actes de commerce par


nature
Il s’agit pour le commerçant personne physique de faire des
actes de commerce par nature. Pour les commerçants personnes
morales, il s’agit des actes de commerce par la forme. Ce sont des
actes accomplis au nom de la société par ses représentants légaux (et
pour son compte).
HECM 2022 Les participants aux affaires

2- L’accomplissement des actes à titre de profession


La profession peut être définie comme l’exercice d’une activité
qui procure les moyens de subsistance à celui qui l’exerce. La notion
est importante parce que le revenu seul ne suffit pas. Celui qui perçoit
un revenu sans se livrer à une activité peut être considéré comme
n’exerçant pas une profession. Le caractère de la profession exige que
l’acte soit répété et dans un but clairement lucratif.
Le professionnalisme voulu par la définition suppose la mise en
place d’une organisation, souvent matérielle, l’acquisition d’une
certaine compétence et la poursuite d’un but intéressé ; cette
organisation se matérialise souvent par l’existence d’une entreprise.

3- L’accomplissement de l’acte de commerce par


nature pour le compte personnel du commerçant
Il s’agit d’une indépendance dans l’exercice de l’acte de
commerce.
L’individu devient commerçant s’il fait les actes de commerce par
nature pour son propre compte, il supporte donc les risques liés à sa
profession. En conséquence, ne sont pas commerçants, les personnes
qui concourent à la réalisation d’actes de commerce par nature sans en
supporter les risques, c’est le cas pour les directeurs, les fondés de
pouvoir et plus généralement, les salariés d’une entreprise qui peuvent
être amenés à accomplir des actes de commerce de par leur
profession. C’est également le cas pour les gérants et les
administrateurs des sociétés commerciales qui posent des actes de
commerce, les salariés mandataires.

B- La capacité
On appelle capacité, la faculté reconnue à un individu de jouir
d’un droit ou de l’exercer.
La capacité d’exercice qui nous concerne est le pouvoir de
mettre en œuvre soi-même ses droits et obligations. Pour exercer une
activité commerciale, il faut être un individu capable, il faut jouir de
toutes ses facultés mentales et être en mesure d’exercer par soi-même
ses droits et obligations.

15
Les Participants aux Affaires HECM 2022

Lorsque l’individu ne le peut pas, on dit qu’il est incapable. On


appelle incapacité, l’état d’une personne privée par la loi de la
jouissance ou de l’exercice de certains droits, lorsque c’est le cas,
l’individu ne peut pas exercer une activité commerciale, il ne peut donc
pas être commerçant. Il s’agit des malades mentaux et les mineurs. La
situation de la femme mariée est aujourd’hui améliorée.

C- Les incompatibilités
On entend par incompatibilité, l’interdiction faite à une
personne ou à certaines personnes d’exercer le commerce en raison de
leur fonction ou de leur profession. Par cette interdiction, le législateur
veut mieux assurer l’indépendance de la fonction publique. C’est le cas
pour les fonctionnaires, les magistrats, les militaires. Il peut aussi s’agir
de protéger la dignité de certaines professions libérales comme les
officiers ministériels : notaires, huissiers etc.…
L’incompatibilité existe également pour diverses professions
libérales auxquelles le règlement de l’ordre défend le commerce
(Avocats, architectes, experts-comptables, médecins, conseils
juridiques).

D- Les déchéances
On appelle déchéance, des interdictions prises a posteriori et qui
frappent des personnes ayant déjà fait la preuve de leur indignité. Elles
sont inspirées par le souci général d’assainir la profession commerciale.
La déchéance est la perte d’un droit infligée à titre de sanction en
raison par exemple du non-respect des conditions d’exercice de ce
droit. Aux termes des dispositions de l’art. 10 AU-DCG, il existe trois
(03) cas dans lesquels le commerçant est déchu du droit de faire le
commerce :
 une interdiction prononcée par une juridiction étatique ;
 une interdiction prononcée par une juridiction
professionnelle ;
 une condamnation définitive à la peine privative de
liberté.

16 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Les participants aux affaires

E- Les interdictions
Certaines activités commerciales sont interdites aux particuliers
pour des motifs variés. Certaines personnes ne présentant pas de
garanties suffisantes pour exercer le commerce sont soumises à une
autorisation préalable ou à un contrôle.
L’interdiction est la situation juridique d’une personne qui se
trouve privée de la jouissance ou de l’exercice de ses droits, en totalité
ou en partie, en vertu d’une loi ou d’une décision judiciaire.
II- Les Obligations Professionnelles du Commerçant
Il existe des obligations qui sont dites principales (A) et d’autres
obligations qui ne sont pas principales (B).
A- Les obligations principales
1- L’inscription au Registre de Commerce et du Crédit
Mobilier (R.C.C.M.)
Le commerçant a l’obligation de s’inscrire au registre de
commerce et du crédit mobilier (RCCM). Cette inscription joue d’abord
un rôle de publicité légale des renseignements commerciaux dans
l’intérêt des tiers et du commerçant lui-même. Le RCCM a pour objet
de recevoir l’immatriculation des personnes physiques ayant la qualité
de commerçant et celle des sociétés commerciales, personnes morales.
De même, il enregistre les mentions constatant les modifications
survenues depuis la date de leur immatriculation dans l’état et la
capacité juridique des assujettis [par exemple les Groupements
d’Intérêt Economique-(GIE)]. Le RCCM contient également en annexe
les actes que les personnes morales (sociétés) doivent poser.
Lorsqu’une personne physique s’immatricule au RCCM, elle est
présumée avoir la qualité de commerçant, à défaut, elle ne peut pas se
prévaloir de la qualité de commerçant tant à l’égard des tiers qu’à
l’égard de l’administration publique et elle ne pourra pas se prévaloir de
ce défaut d’inscription pour se soustraire aux obligations et
responsabilités inhérentes à la qualité de commerçant. Pour les
sociétés, l’inscription leur confère la personnalité juridique.
Le défaut d’inscription au RCCM est sanctionné par des sanctions
civiles et pénales.

17
Les Participants aux Affaires HECM 2022

2- La tenue des livres comptables et d’une


comptabilité
La comptabilité a toujours été une nécessité pour le commerçant
pour connaître l’état de ses finances et ses stocks et pour conserver la
mémoire des opérations effectuées. Ces livres ont une grande utilité
pour le Fisc dans l’examen des chiffres d’affaires et des résultats de
l’entreprise pour les différentes impositions. La tenue de la
comptabilité poursuit deux objectifs principaux :
 l’information des tiers et
 l’usage propre du commerçant.

a- Les livres obligatoires.


 Le livre journal
 Le grand livre
 La balance journal des comptes
 Le livre d’inventaire.
b- Les livres facultatifs
Ces livres varient en fonction de l’importance du commerce ; on
peut noter : les journaux ou livres auxiliaires ou les supports en tenant
lieu (les livres brouillards, livres de caisse, livres d’échéance) dont la
tenue des destinée à faciliter l’établissement du livre journal et du
grand-livre, les états financiers annuels.
Ces différents livres encore appelés les livres de commerce sont
prescrits aux commerçants dans leur propre intérêt mais aussi pour des
raisons d’intérêt général (moyen de preuve, souci d’éviter la fraude et
de faciliter la tâche du Fisc).
B- Les autres obligations du commerçant
On peut retenir les obligations imposées pour des motifs d’ordre
fiscal et les motifs de police de la circulation monétaire. Le commerçant
doit porter sur la copie des factures ou sur tous autres documents
comptables le nom, l’adresse du client pour toute vente (en dehors du
détail), toutes prestations de services, de louage etc.…

18 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Les participants aux affaires

Le législateur a imposé à tout commerçant assujetti à


l’immatriculation au RCCM, l’obligation de se faire ouvrir un compte
dans une banque ou un établissement financier assimilé.

19
LES OPERATIONS COMMERCIALES

Les opérations commerciales désignent toutes les opérations


que le commerçant, qu’il soit personne physique ou personne morale,
est amené à accomplir de façon habituelle dans le cadre de ses
activités commerciales. Ces opérations s’appellent globalement les
actes de commerce.
L’Acte Uniforme relatif au Droit Commercial n’a pas défini la
notion d’acte de commerce mais se contente de les énumérer dans les
articles 3 et 4.
Cependant, en se fondant sur la pratique et la jurisprudence, on
peut définir l’acte de commerce comme un acte ou un fait juridique
soumis au droit commercial soit en raison de sa nature, de sa
forme soit en raison de la qualité de commerçant attachée à son
auteur ; c’est aussi une opération d’entremise, de spéculation ou
de circulation de la richesse ou moyen de laquelle le
commerçant, qu’il soit personne physique ou morale exerce son
activité commerciale de façon quotidienne et habituelle.
Une classification traditionnelle des actes de commerce permet
de distinguer plusieurs types d’actes de commerce. Pour mieux
appréhender la notion, il nous faudra analyser successivement, les
différents critères de définition des actes de commerce (I), leur
classification (II), puis leur régime juridique (III).

I- Les critères de définition des actes de commerce


De la définition ci-dessus proposée, on peut relever un certain
nombre de critères qui permettent au mieux de cerner la notion d’acte
de commerce par une approche prétorienne.
On peut relever ainsi que l’acte de commerce est un acte de :
 Circulation de la richesse, et de
 Spéculation.

a- L’acte de commerce est un acte de circulation de


la richesse
L’acte de commerce est un acte au moyen duquel, le
commerçant personne physique ou morale, échange avec les autres
commerçants de même qu’avec ses fournisseurs commerçants.
HECM 2022 Les Opérations Commerciales

C’est un acte qui s’interpose entre l’activité de production, de


transport, de transformation, de distribution des produits et
la consommation.
b- L’acte de commerce est un acte de spéculation
L’acte de commerce est accompli dans le but de réaliser un
profit, un bénéfice. Il s’agit pour le commerçant de pouvoir profiter de
son opération d’achat et de revente. La spéculation est une opération
consistant à acheter des biens ou des valeurs mobilières, en vue de
tirer profit de leur revente ou exploitation ou des fluctuations de leur
cours en cas de revente.
Spéculer, c’est faire des opérations financières ou commerciales
sur des valeurs négociables, afin de tirer profit des variations de leur
cours.
Cette logique de l’acte de commerce exclut le hasard, donc les
actes isolés ; c'est-à-dire les actes accomplis de façon accidentelle et
non professionnelle.
Il faut retenir que l’acte de commerce est accompli dans le cadre
d’une organisation professionnelle, en général, une entreprise ou
accompli par un commerçant tel que défini par l’article 2 de l’Acte
Uniforme relatif au Droit Commercial Général à savoir : « (…), est
commerçant celui qui fait de l’accomplissement d’actes de
commerce par nature sa profession ».

II- Classification des actes de commerce


On peut distinguer les actes qui sont commerciaux en raison de
leur nature propre, les actes commerciaux en raison de leur forme, les
actes mixtes et les actes commerciaux par accessoire.
a- Les actes de commerce par nature
Ils désignent les actes énumérés à l’article 3 de l’AU-DCG, (pour
le contenu de l’article, voir chapitre précédent). Ils peuvent être
accomplis de façon isolée ou dans le cadre d’une entreprise ou société.
Ils sont encore appelés actes de commerce par leur objet.
a-1- les actes accomplis isolément
Ils portent généralement sur les achats des biens meubles ou
immeubles, en vue de leur revente en l’état ou après transformation

21
Les Opérations Commerciales HECM 2022

avec l’idée de spéculation. Il peut s’agir de biens meubles corporels


comme les denrées, des marchandises ou de biens incorporels à savoir
des créances, des valeurs mobilières, des brevets d’inventions etc. Mais
la revente doit être envisagée à titre principal et non à titre accessoire.
Il peut s’agir aussi d’opérations de banque, c'est-à-dire celles qui
portent sur la monnaie, les métaux précieux, les opérations d’escompte
d’effets de commerce, les dépôts de fonds et de titres, les prêts, les
opérations en compte courant.
Les opérations de change portant sur des lettres de change ou
directement sur la monnaie. Les opérations de courtage de
marchandises, d’assurance, de publicité ; les opérations d’assurance et
de transit.
Il y a aussi les contrats conclus entre commerçants pour les
besoins de leurs activités commerciales.
a-2- Les actes de commerce par nature
accomplis dans le cadre d’une entreprise
Ce sont principalement les actes accomplis par les sociétés
commerciales par nature à savoir la société à responsabilité limitée
(Sarl), la société en nom collectif (SNC), la société en commandite
simple (SCS) et la société anonyme (SA).
En définitive, et aux termes de l’article 3 de l’AU-DCG, ces actes
sont :
 L’achat de biens en vue de leur revente par le
commerçant; c’est l’activité classique de négoce. Il s’agit
d’acheter et de revendre avec l’intention de tirer un profit ou
un bénéfice ;
 Les opérations financières; elles concernent les
opérations de bourse, de change, de banque, d’assurance…
 Les opérations de prestation de service ; il s’agit des
locations de meubles, véhicules, matériels professionnels,
informatiques,…
 Les opérations industrielles ; il s’agit des
exploitations industrielles des mines, de carrières, de
gisement…

22 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Les Opérations Commerciales

 Les opérations d’intermédiaires ; il s’agit des


opérations d’intermédiaires de commerce, de courtage, pour
l’achat et la vente de fonds de commerce…
b- Les actes de commerce par leur forme
Ils sont énumérés à l’article 4 de l’Acte Uniforme relatif au Droit
Commercial Général aux termes duquel : « ont également le
caractère d’actes de commerce, et ce, par leur forme, la lettre
de change et le billet à ordre, et le warrant ».
La particularité de ces actes de commerce par la forme réside
dans le fait qu’ils reçoivent cette qualification même s’ils sont effectués
par des non commerçants. L’exemple le plus significatif est la signature
d’une lettre de change.
Depuis l’entrée en vigueur de l’Acte Uniforme relatif au Droit des
Sociétés Commerciales et du Groupement d’Intérêt Economique (GIE),
toutes les sociétés de type commercial sont soumises au régime du
droit commercial.
Aux termes des dispositions de l’article 6 AU-DSC-GIE, « le
caractère commercial de la société est déterminé par sa forme ou par
son objet.
Sont commerciales à raison de leur forme et quel que soit leur
objet, les sociétés en nom collectif, les sociétés en commandite simple,
les sociétés à responsabilité limitée et les sociétés anonymes et les
sociétés par actions simplifiés »7.
La commercialité par l’objet suppose que la société accomplit des
actes de commerce, conformément aux articles 2 (définition du
commerçant) et 3 (énumération des actes de commerce AU-DCG).
La commercialité par la forme est acquise à certains types de
sociétés tels que la Société en nom collectif (SNC), la Société en
commandite simple (SCS), la Société à responsabilité limitée (SARL) et
la Société anonyme (SA) et la société par actions simplifiées ; ces
quatre types de sociétés sont commerciales quelle que soit la nature de
leur objet.

7 Article 6 AU-DSC-GIE Révisé.

23
Les Opérations Commerciales HECM 2022

De même, tous les actes effectués par ces sociétés sont


considérés comme des actes de commerce, car les sociétés sont des
personnes morales commerçantes.
Ces actes sont :
 La lettre de change ; c’est un écrit qui noue une
relation de nature juridique à forme triangulaire, entre le
tireur, le tiré et le bénéficiaire ;
 Le billet à ordre, c’est le titre par lequel une
personne appelée le souscripteur, prend l’engagement de
payer une certaine somme d’argent au profit d’un bénéficiaire
à une date déterminée;
 Le warrant, c’est un titre comparable au billet à ordre
qui constate l’engagement de payer une somme d’argent
garantie par des marchandises, ainsi à l’échéance, si le
bénéficiaire n’est pas payé, le prix dû est prélevé sur le
produit de la vente des marchandises, mises en garantie;
c– les actes mixtes
Les actes mixtes sont ceux qui présentent un caractère
commercial pour une partie et un caractère civil pour l’autre partie. Il
s’agit par exemple d’actes conclus entre commerçants et non
commerçants. Ainsi, un contrat d’assurance sur la vie, par exemple, est
un acte de commerce pour l’assureur et un acte civil pour l’assuré.
Aucun texte du droit commercial ne traite des actes mixtes. C’est la
doctrine et la jurisprudence qui ont construit la théorie.
L’intérêt de la distinction des actes mixtes réside dans la
méthodologie qu’elle offre pour la résolution des difficultés pratiques
que pose l’accomplissement de ces actes. Ces difficultés ont trait
essentiellement à la compétence des tribunaux de commerce et à la
preuve des actes mixtes.
d – Les actes de commerce par accessoire (théorie
de l’accessoire)
Cette catégorie d’actes de commerce n’est pas prévue par le
droit commercial ; c’est une notion qui a été dégagée par la
jurisprudence. Il s’agit d’actes juridiques qui, bien que n’étant pas des
actes de commerce, ni par leur nature ni peur la forme, le deviennent
par le seul fait qu’ils sont effectués par des commerçants pour les

24 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Les Opérations Commerciales

besoins de leur commerce. On applique l’adage, « accessorium


sequitur principale », c'est-à-dire « l’accessoire suit le principal ».
L’application de ce principe aboutit à la commercialité subjective.
C’est ainsi qu’en vertu de la théorie de l’accessoire, certains actes
commerciaux par leur nature deviennent des actes civils, lorsqu’ils sont
accomplis par une personne civile. C’est le cas d’un Médecin de village,
qui vend des médicaments ou du chirurgien-dentiste qui vend des
prothèses à ses clients alors que le médecin exerce une profession
civile.
Il faut toutefois souligner que la théorie de l’accessoire a ses
limites. Elle n’est appliquée que lorsque l’acte accompli concerne le
commerce. Elle ne reçoit pas application lorsque les contrats en jeu
sont étrangers au commerce. Ainsi, lorsqu’un commerçant conclut des
contrats relatifs à sa vie domestique ou familiale (mariage, assurance
sur la vie, partage de succession), on ne peut lui appliquer la théorie
de l’accessoire ; mais lorsque l’acte est accompli par le commerçant
pour les besoins de son commerce, il n’est pas nécessaire que son
cocontractant soit commerçant, l’acte est présumé commercial jusqu’à
preuve de contraire.
III - Le régime juridique des actes de commerce
Les règles juridiques applicables aux actes de commerce sont
spécifiques. Cette spécificité est due à la particularité des actes de
commerce et leurs différences avec les actes civils. Cette spécificité se
caractérise à travers les règles de preuve et de la détermination des
juridictions compétentes pour connaître des litiges relatifs à leur
accomplissement.
Pour ce qui concerne les règles applicables aux actes
mixtes, de manière pratique, on applique les règles civiles à l’égard de
celui qui est civil, et les règles commerciales à celui à l’égard de qui
l’acte est commercial. Les règles commerciales applicables sont les
actes Uniformes de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du
Droit des Affaires (OHADA). A ces Actes Uniformes (AU), il faut
compléter les différentes lois nationales relatives au droit commercial,
dans la limite de ce que l’Acte Uniforme autorise.
Pour ce qui est de la compétence du tribunal, il faut noter
que celle-ci est déterminée en considération de la qualité du
défendeur ; c'est-à-dire, celui qui est assigné en justice. Si le

25
Les Opérations Commerciales HECM 2022

commerçant introduit l’action, c’est le caractère civil de l’acte qui


l’emporte, le tribunal civil est donc compétent. Si au contraire c’est le
cocontractant civil qui assigne le commerçant, il a l’option d’introduire
l’action devant le juge civil ou devant le juge commercial.
Le juge compétent pour trancher les litiges commerciaux
ou relatifs aux commerçants est le juge commercial ; sa juridiction est
le tribunal de commerce du ressort du lieu de situation des
commerçants ; au Bénin, c’est la Chambre commerciale du Tribunal de
Première Instance (TPI) de première classe ou de deuxième classe du
lieu de situation des commerçants qui sont en litige. C’est une
juridiction étatique
Mais la preuve des allégations quant à elle n’est pas faite
en fonction de la juridiction saisie. Elle est plutôt faite en fonction
de la qualité de la personne contre laquelle la preuve doit être faite.
Contre le commerçant, la preuve est libre, même devant le juge civil,
(c’est-à-dire par témoins et par présomptions) ; alors que contre le
cocontractant qui n’a pas la qualité de commerçant la preuve doit être
faite selon les règles du droit civil.
La résolution des différends commerciaux peut se faire
aussi dans le cadre d’un arbitrage. D’ailleurs, le Traité de l’Île
Maurice qui est l’Acte constitutif de l’OHADA, donne la possibilité aux
commerçants des pays membres de l’Organisation, de choisir au
besoin, la voie arbitrale pour la résolution de leurs litiges à caractère
commercial.
L’arbitrage est un mode non juridictionnel de règlement des
litiges par lequel, les parties confient la résolution de leurs différends à
une ou plusieurs personnes appelées arbitre choisi par elles par une
convention d’arbitrage.
La convention d’arbitrage peut être aussi un compromis. Le
compromis st la convention par laquelle les parties à un litige né au
cours de l’exécution d’un contrat commercial, se confient à un arbitre
pour sa résolution.
Si les commerçants veulent régler leurs litiges par voie arbitrale,
ils doivent insérer dans leurs contrats, une clause compromissoire.
On appelle clause compromissoire, un choix volontaire des
parties à un contrat commercial, un engagement pris par les parties de

26 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Les Opérations Commerciales

soumettre à l’arbitrage, les litiges qui vont naître à l’occasion de


l’exécution de leurs contrats commerciaux. La clause compromissoire
est permise et même encouragée pour les actes de commerce. Elle est
interdite pour les actes civil et mixte.
Il existe deux types d’arbitrage : l’arbitrage ad hoc et
l’arbitrage institutionnel.
 L’arbitrage ad hoc consiste à recourir à des arbitres
occasionnels, sans qu’aucune organisation préexistante ne
préside à leur désignation et aux dispositions prises pour
trancher le litige. Ce sont les arbitrages désignés qui mettent
en place ces structures qui disparaissent aussitôt que leur
mission est accomplie. L’arbitrage ad hoc a pour fondement
les règles de l’Acte Uniforme sur l’arbitrage ;
 L’arbitrage institutionnel est un arbitrage qui
s’exécute dans un cadre pré établi et permanent ; il n’arbitre
pas directement mais il administre en disposant d’un
règlement d’arbitrage, d’une liste d’arbitres, donc d’une
organisation permanente qui transcende les différends. Il se
déroule dans le cadre d’une Institution spécialisée : la Cour
Commune de Justice et d’Arbitrage CCJA, son siège
permanent est à Abidjan en Côte d’Ivoire.

27
LE CONTRAT DE VENTE COMMERCIALE

L’Acte Uniforme / DCG a régi la vente commerciale entre


commerçants comprenant la formation du contrat de vente, les
obligations des parties au contrat, l’inexécution et, les effets du
contrat ; mais il n’a pas défini la vente commerciale qui demeure, aux
termes des dispositions de l’article 1582 du Code Civil « une
convention par laquelle l’un s’oblige à livrer une chose, et
l’autre à la payer ». Le législateur de l’OHADA adopte cependant une
conception restrictive de la notion de vente commerciale qui rompt
avec la conception traditionnelle issue du Code Civil.

I- Formation du contrat de vente


D‘abord, la vente est un contrat par lequel une personne appelée
le vendeur, transfère la propriété d’une chose à une autre, l’acheteur,
qui s’oblige à en payer le prix. Le contrat de vente est dit contrat
translatif de propriété parce qu’il opère transfert de propriété de la
chose vendue.

A- La volonté des parties au contrat


Le contrat de vente se forme par la rencontre de deux
volontés concordantes qui se traduit par la rencontre de l’offre et de
l’acceptation. Il faut préciser que l’écrit n’est pas obligatoire.
Aux termes de l’article 210 AU/DCG, le contrat de vente
commerciale est formé lorsqu’une offre est faite par une partie et
acceptée par l’autre et que cette offre désigne les marchandises et,
expressément ou implicitement, fixe la quantité et le prix ou donne les
indications permettant de les déterminer.

B – La forme du contrat de vente commerciale


Le contrat de vente commerciale est un contrat consensuel
qui n’est subordonné à aucune condition de forme. Il peut donc être
conclu soit par écrit, soit par oral. En l’absence d’un écrit, tous les
moyens de preuve peuvent être utilisés afin de démontrer son
existence et son contenu ; article 208 AU/DCG.
HECM 2022 Le cadre de l’Activité Commerciale

C- Le consentement exprimé doit être exempt de


vices
Il s’agit pour le consentement exprimé par les parties au contrat
de ne pas être entaché de vices, défauts qui pourraient l’empêcher
d’être valable. L’acheteur ne doit pas faire erreur sur la matière,
exemple : bracelet en métal argenté pris pour un bracelet en argent,
ou sur les qualités substantielles du produit exemple : copie locale prise
pour une pièce provenant de l’usine dépositaire de la marque.
Le vendeur ne doit pas le tromper par une manœuvre dolosive
(compteur kilométrique truqué pour cacher l’usure d’une voiture).
Enfin, aucune pression ou violence qu’elle soit physique ou
normale ne doit influencer le consentement du consommateur ou
l’acheteur.

D- La capacité des parties


Le vendeur doit être propriétaire de la chose à vendre ;
l’acheteur quant à lui doit être capable d’acquérir la chose et de faire
un paiement. La condition de capacité exclut les mineurs non -
émancipés, les majeurs incapables…
E- L’Objet du contrat
C’est ce sur quoi on s’oblige, cet objet est double et il doit être
licite, il s’agit du prix et de la chose.
S’agissant du prix, il doit être déterminé ou déterminable, il doit
être stipulé en monnaie (généralement en monnaie locale). Il est en
principe librement fixé, mais certains produits font l’objet d’une
réglementation fixant le prix : le pain, le carburant, le gaz, le ciment …

II- L’exécution des Contrats


En matière de vente commerciale, sauf une stipulation contraire
dans le contrat de vente, les parties à une vente commerciale sont
tenues par les usages professionnels observés par les parties à des
contrats de même nature dans la branche commerciale considérée tout
autant que par les dispositions des articles 202 et ss de l’Acte uniforme
régissant la vente commerciale article 207 AU/DCG

29
Le Cadre de l’activité Commerciale HECM 2022

L’exécution du contrat de vente commerciale met des obligations


réciproques à la charge des parties à savoir le vendeur et l’acheteur.

Les obligations s’apprécient tant à l’égard du vendeur qu’à


l’égard de l’acheteur.

A- Obligations du vendeur
Elles se décomposent en obligation de délivrance (1) et en
obligation de garantie contre les vices cachés (2).
1- (Obligation de) délivrance
Par le contrat de vente, le vendeur doit délivrer la chose
conforme par la qualité et la quantité avec les accessoires, en
fournissant tous les renseignements utiles pour son utilisation, à la
date et selon le mode de livraison convenu. Il doit s’il y a lieu, remettre
les documents s’y rapportant (article 219).
Lorsque le contrat ne stipule pas une obligation de livraison en
un lieu particulier, le vendeur doit soit, remettre les marchandises à un
transporteur pour leur livraison à l’acheteur soit, lorsque le contrat ne
prévoit aucun transport, les tenir à la disposition de l’acheteur au lieu
de leur fabrication, ou au lieu de leur stockage, ou encore au lieu du
principal établissement du vendeur, article 220 AU/DCG

2- (Obligation de) garantie contre l’éviction


Le vendeur doit garantir l’acheteur contre les troubles de
jouissance provenant d’un tiers.
Exemple : une action en revendication du bien par un tiers se
prétendant propriétaire ou la survenance de charges non évoqués lors
de la vente constituent des troubles de jouissance.
Cependant, une clause excluant la garantie d’éviction peut être
convenue dans un contrat.

3- (Obligation de) garantie contre les vices cachés


Il s’agit de protéger l’acheteur contre les défauts non apparents
de la chose vendue (au cours de la conclusion du contrat), les défauts

30 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Le cadre de l’Activité Commerciale

dont il s’agit doivent être à la fois non apparents et inconnus, inhérents


à la chose, antérieurs à la vente et relativement importants.
Exemple : Dans le cas d’une machine défectueuse, le vendeur
est présumé de mauvaise foi.
Il a l’obligation de garantir la conformité des marchandises
vendues à l’acheteur, article 224 AU/DCG.
NB : Les clauses d’un contrat qui augmentent la garantie
sont valables : Services après-vente – durée supérieure à un
an…
B- Les obligations de l’acheteur
Ses obligations ne sont pas aussi nombreuses et importantes
que celles du vendeur.

1- (Obligation de) retirement

L’acheteur a l’obligation d’assurer le retirement de l’objet ou


de la chose qu’il a acheté (e). Il doit en prendre livraison, art. 233
AU/DCG.

2- Obligation de paiement
L’acheteur en prenant possession de la chose vendue, doit
en contre partie, payer le prix convenu, article 233 AU/DCG.
NB : Cas particulier d’une vente à exécution successive.

III- Effets des Contrats


Le contrat valablement formé tient lieu de loi entre les parties, et
s’impose aux juges. Contrat translatif de propriété, la vente a, en droit
commun, pour principal effet le transfert de propriété de la chose
vendue à l’acheteur.
Corollaire de ce transfert de propriété, le transfert des risques de
la chose du vendeur à l’acheteur constitue également une des
caractéristiques des effets de la vente.

31
Le Cadre de l’activité Commerciale HECM 2022

A- Le transfert de propriété
Aux termes des dispositions des articles 283 et 284 AU. DCG, le
transfert de propriété s’opère dès la prise de livraison par l’acheteur de
la marchandise sauf convention contraire entre les parties.
Le mode de transfert de propriété retenu par l’AU. DCG consacre
avec évidence l’importance de la détermination précise du moment de
la prise de livraison telle qu’appréhendé par le législateur. Les
créanciers des parties au contrat ont par exemple intérêt à connaître le
moment précis où les biens sortent du patrimoine de leurs débiteurs.
Les parties peuvent choisir entre le moment du retirement de la
marchandise par l’acheteur, celui de la remise au transporteur ou
encore celui de la mise à disposition par le vendeur.
Le transfert de propriété peut être différé par la mise en œuvre
de la clause de réserve de propriété, principal mécanisme envisagé par
le législateur, cependant d’autres formes d’aménagements existent et
sont valables pour autant qu’elles ne contredisent pas les dispositions
légales.
La clause de réserve de propriété permet au vendeur, tout en
vendant la chose, d’en conserver la propriété jusqu’au paiement
complet du prix.
Au titre des autres formes d’aménagements, hormis les ventes
particulières régies par le Code Civil dont la validité n’est pas remise en
cause par l’AU. DCG, il s’agit des clauses de transfert rétroactif et des
clauses de transfert progressif principalement utilisées dans les
relations d’affaires maritimes.
Les marchandises non encore individualisées ne sont réputées
avoir été mises à la disposition de l’acheteur que lorsqu’elles ont été
clairement identifiées aux fins du contrat ; le transfert des risques
n’intervient qu’après cette identification ou individualisation, article
288 AU/DCG

B- Le transfert des risques


Le transfert des risques est un corollaire du transfert de
propriété, ce principe peut cependant faire l’objet d’aménagements. En
conséquence, l’acheteur n’est pas libéré de son obligation de payer le
prix lorsque les marchandises sont perdues ou détériorées après le
transfert des risques, même s’il n’a pas matériellement pris livraison

32 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Le cadre de l’Activité Commerciale

des marchandises, à moins que la perte ou la détérioration ne soit pas


due au fait du vendeur, article 285 AU/DCG.

1- Contenu du principe
En posant que le transfert des risques s’opère lors du transfert de
propriété, le législateur de l’OHADA a lié le transfert des risques à la
prise de livraison de la marchandise. La gestion est en effet intimement
liée à la possession matérielle de celle-ci ou, à tout le moins, sa garde.

2- Les aménagements au principe


Ces aménagements concernent entre autres la charge des
risques lorsque la vente implique le transport des marchandises,
lorsque les marchandises sont vendues en cours de transport ou
lorsque les marchandises objets du contrat de vente n’ont pas été
individualisées lors de la conclusion du contrat. On rattache alors la
possession matérielle de la marchandise ou la garde de cette dernière,
au transfert des risques.
En conséquence, en cas de transfert des marchandises, le
transfert des risques s’opère aux termes de l’article 286 alinéa 1er AU
DCG à partir de la remise des marchandises au premier transporteur.
La conservation par le vendeur des documents relatifs à la marchandise
est sans incidence sur ce transfert de risque.

IV- Inexécution des Contrats


Le principe est l’exécution volontaire et diligente du contrat de la
vente commerciale ; mais il arrive que l’une des parties n’exécute pas
sa part d’obligation. Lorsqu’il apparaît, après la conclusion du contrat
de vente, qu’une des parties n’exécute pas une part essentielle de ses
obligations contractuelles, du fait d’une grave insuffisance dans sa
capacité d’exécution, ou de son insolvabilité, ou encore de la manière
dont elle s’apprête à exécuter le contrat, l’autre partie peut demander
à la juridiction compétente l’autorisation de différer l’exécution de ses
propres obligations (article 245 AU/DCG). Il s’agit d’une exception
d’inexécution.
La résolution judiciaire, s’il est manifeste qu’une partie
commettra un manquement essentiel à ses obligations avant la date

33
Le Cadre de l’activité Commerciale HECM 2022

d’exécution du contrat, l’autre partie peut demander à la juridiction


compétente la résolution du contrat, article 246 AU/DCG. Il s’agit d’un
anéantissement rétroactif du contrat synallagmatique lorsque l’une des
parties n’exécute pas ses obligations.
Exonération de la responsabilité, une partie peut être
exonérée de sa responsabilité si elle prouve que son inexécution est
due à un empêchement indépendant de sa volonté, article 267
AU/DCG ; cependant, il n’y a pas d’exonération lorsque l’inexécution
par l’une des parties résulte du fait d’un tiers chargé par elle d’exécuter
tout ou partie du contrat, article 268 AU/DCG. Une telle exclusion se
justifie dans la mesure où la partie au contrat et le tiers sont liés par un
contrat de mandat.
L’inexécution par le vendeur autorise l’acheteur à demander des
dommages et intérêts article 249 AU/DCG.
Délai supplémentaire
Résolution judiciaire
Prescription : Toute action doit être exercée dans un délai de
deux (02) ans, à l’expiration duquel, elle est prescrite article 274
AU/DCG, ce délai court à compter du jour de l’exigibilité de la créance.
Ce délai peut être interrompu par tout acte judiciaire comme la saisie
par exemple.

34 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Le cadre de l’Activité Commerciale

LE CADRE DE L’ACTIVITE COMMRCIALE

Le fonds de commerce

Il n’y a pas une définition juridique du fonds de commerce ; c’est


à partir de ses éléments constitutifs dont le plus déterminant est la
clientèle qu’on le définit.
Le fonds de commerce est constitué de l’ensemble des biens
mobiliers qu’un commerçant ou un industriel groupe et organise, en
vue de la recherche d’une clientèle.
La notion de fonds de commerce est une création de la pratique
commerciale faire au cours du XIXe Siècle. Le droit s’en est saisi
ensuite sous l’effet de la nécessité d’une double protection :
- protéger le commerçant contre les attaques des
concurrents en raison des investissements intellectuels et
financiers souvent importants réalisés au cours de la création de
l’entreprise ;
- protéger les créances du commerçant contre la
dissipation d’un élément important de son patrimoine qu’est le
fonds de commerce ou son prix en cas de cession.
De cette définition du fonds de commerce, découlent ses
éléments constitutifs.

I- les éléments constitutifs du fonds de commerce.


On distingue dans un fonds de commerce des éléments corporels
et les éléments incorporels.
L’Acte Uniforme OHADA relatif au Droit Commercial (AU-
OHADA/DCG) distingue entre le fonds commercial et les autres
éléments du fonds de commerce.

35
Le Cadre de l’activité Commerciale HECM 2022

A- Le fonds commercial
Le fonds commercial est un nouveau concept introduit par l’AU-
OHADA/DCG pour désigner des éléments particuliers entrant
nécessairement dans la composition du fonds de commerce. Sa
caractéristique principale est d’être exclusivement composée
d’éléments incorporels, la clientèle d’une part, l’enseigne et le nom
commercial d’autre part.

1- La clientèle et l’achalandage
La clientèle peut se défini comme l’ensemble des personnes
attirées par la personnalité propre du commerçant, par exemple ses
qualités d’accueil et de compétence professionnelle.
L’achalandage par contre désigne l’ensemble des personnes
attirées par la location géographique du fonds de commerce.
Il faut noter que l’AU-OHADA/DCG ne parle que de clientèle.
La clientèle peut enfin se définir comme l’ensemble des
personnes qui sont en relations d’affaires avec un commerçant.

2°) Le nom commercial et l’enseigne


Le nom commercial est celui par lequel on désigne l’entreprise
ou le fonds de commerce. C’est la dénomination sous laquelle est
connu et exploité un établissement commercial.
L’enseigne, destinée à attirer le regard des passants peut
consister en un emblème tel qu’un objet, animal, signe ou symbole
quelconque ou en une appellation de fantaisie.
Le nom commercial, du fonds ne se confond pas avec le nom du
propriétaire du fonds.
L’enseigne peut consister comme le nom commercial, en un
nom patronymique. S’il consiste en un emblème, il doit revêtir une
forme et avoir des attributs particuliers pour être suffisamment
arbitraire ; il ne doit pas être de mauvais goût.
Le nom commercial comme l’enseigne se transmettent avec le
fonds. Leur protection est assurée par l’exercice de l’action en
concurrence déloyale sur le fondement des articles 1382 et 1383 du C.
civ. sauf à préciser que le succès de l’action n’exige pas la

36 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Le cadre de l’Activité Commerciale

démonstration de l’existence d’un préjudice déjà réalisé puisqu’il s’agit


de protéger un élément du fonds de commerce.

B- Les autres éléments du fonds de commerce


La liste de ces éléments est fournie par l’article 105 AU. DCG.
On peut les regrouper selon qu’il s’agit des biens incorporels ou au
contraire de biens corporels.

1- Les éléments incorporels du fonds du commerce


Selon l’énumération in fine de l’article 105 AU DCG, il s’agit : du
droit au bail, des licences d’exploitation, des brevets d’invention,
marques de fabrique et de commerce, dessins et modèles et tout autre
droit de propriété intellectuelle ; on peut les regrouper en droit au bail,
en propriétés industrielles et autres éléments incorporels.
a- Le droit au renouvèlement du bail.
Il désigne la créance du locataire commerçant contre le
propriétaire de l’immeuble où le fonds est exploité ; s’il existe, il est
important pour le fonds de commerce. Sa cession peut constituer celle
du fonds lorsqu’elle implique la cession de la clientèle.
b- Les propriétés industrielles.
Ce sont des monopoles d’exploitation. Elles regroupent les
brevets d’invention, les marques de fabrique ou de commerce, les
dessins et modèles industriels.
On assimile aux propriétés industrielles le droit de propriété
littéraire et artistique, les secrets de fabrication, le savoir-faire (Know-
know) et le droit de se prévaloir des récompenses officielles et
médailles obtenues dans l’exercice du commerce.
Les brevets d’invention sont des droits, limités dans le temps,
conférés par l’Etat à l’inventeur d’une création nouvelle. Ils ne sont
valablement protégés au profit des titulaires que s’ils sont exploités.
Les marques de fabrique ou de commerce sont toutes, des
signes visibles utilisés ou que l’on se propose d’utiliser pour
distinguer les produits ou les services d’une entreprise quelconque.

37
Le Cadre de l’activité Commerciale HECM 2022

Les dessins et modèles confèrent comme les brevets, un


monopole d’exploitation mais sur la forme nouvelle donnée à un produit
existant et non sur une découverte (dépôt déclaratif seulement).
Les récompenses industrielles et commerciales et les
médailles obtenues dans l’exercice de la profession témoignent de la
réputation et de la notoriété du professionnel.
Les droits de propriété intellectuelle ou de propriété
littéraire et artistique ou encore droits d’auteur sont également
des monopoles d’exploitation. Ils s’exercent sur des œuvres dont la
durée de protection comprend la vie de l’auteur et cinquante ans après
sa mort.
c- Les licences d’exploitation
Elles sont visées à l’art. 105 AU-OHADA-DCG et sont des
autorisations administratives accordées pour l’exercice d’activités
commerciales dans le cadre de la réglementation de celles-ci.
Ils excluent de leur domaine tous les régimes d’autorisations où
la notion de fonds de commerce n’est pas en cause. Ce domaine est en
réalité fonction, de l’intervention plus ou moins poussée des pouvoirs
publics dans l’économie.
On doit distinguer les autorisations administratives suivant
qu’elles sont accordées en considération des qualités de la personne,
ou en considération du fonds ; si elles sont accordées en
considération des qualités de la personne, elles sont dites personnelles
et comme telles ne peuvent pas faire partie du fonds de commerce. En
cas de cession de celui-ci, elles ne peuvent pas le suivre entre les
mains du cessionnaire.
Dans le cas où elles sont accordées en considération du fonds de
commerce, elles entrent dans les éléments constitutifs du fonds et par
conséquent, se transforment avec lui.

2/ Les éléments corporels du fonds de commerce


En plus du fonds commercial, il y a d’autres éléments constitutifs
du fonds de commerce dits éléments corporels. L’art. 105 de l’AU-
OHADA /DCG retient quelques-uns uns :

38 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Le cadre de l’Activité Commerciale

a- Les installations, aménagements et


agencements
Ces trois éléments évoquent, lorsqu’il s’agit de choses
matérielles, l’idée d’une disposition en un lieu donné pour un temps
plus ou moins long. Ce sont des objets mobiliers servant à l’exploitation
du fonds de commerce.
b- Le matériel et le mobilier
Il s’agit des objets corporels qui servent à l’exploitation du fonds
tels que les machines. S’il y a possession d’un matériel très spécialisé,
elle peut constituer l’élément essentiel du fonds de commerce dans la
mesure où elle est de plus sûr moyen d’attirer et de retenir la
clientèle ; mais le matériel n’est pas toujours la propriété de l’industriel
ou du commerçant. Il est parfois loué seulement ou utilisé en crédit-
bail.
c- Les marchandises en stock
S’il est une distinction à faire entre les éléments corporels
entrant dans la composition du fonds de commerce, c’est bien celle qui
existe entre les m/ses en stock d’une part et tous autres biens
corporels servant à l’exploitation des fonds à l’exception bien entendu,
des immeubles.
Il faut entendre par marchandises en stock, non seulement les
matières premières destinées à être travaillées, mais aussi les produits
destinés à la vente.
Le critère de distinction entre les marchandises et le matériel ou
l’outillage se fonde non sur la nature, mais sur l’affectation de chaque
bien.

II- L’EXPLOITATION DU FONDS DE COMMERCE

Aux termes des dispositions de l’art. 106 de l’AU-OHADA/DCG, le


fonds de commerce peut être exploité par son propriétaire, comme il
peut l’être aussi par une tierce personne. Ces deux modes
d’exploitation du fonds de commerce posent le problème de
l’exploitation du fonds de commerce par le propriétaire et celui de sa
location.

39
Le Cadre de l’activité Commerciale HECM 2022

Lorsque l’exploitation du fonds de commerce es faite par le


propriétaire, on di qu’elle est directe. Il accomplit lui-même toutes les
opérations matérielles et juridiques de gestion. Celui-ci a alors la
qualité de commerçant. Dans le cas d’une société commerciale, ce sont
les organes sociaux qui assurent cette exploitation directe : il s’agit des
gérants dans les sociétés de pers et les sociétés à responsabilité
limitée, et du Conseil d’administration, de l’administrateur général, du
Président Directeur Général (PDG) ou le du directeur général dans les
sociétés Anonymes. Cependant, dans la Société à responsabilité limitée
(SARL) et la Société anonyme (SA), c’est la société, personne morale
propriétaire du fonds, qui a seule la qualité de commerçant sans que
l’on puisse pour autant assimiler les organes sociaux à des gérants
salariés puisqu’ils sont des organes statutaires de la société.
L’exploitation est aussi directe lorsque le propriétaire la confie à
un tiers lié à lui par un contrat de travail (gérant salarié) et dans le cas
où elle serait confiée à un administrateur provisoire par décision de
justice et se définit comme : « une convention par laquelle le
propriétaire du fonds, pers. Physique ou morale, en concède la location
à un gérant, personne Physique ou morale, qui l’exploite à ses risques
et périls ».
Comme tout contrat, il obéit à des conditions de validité ; on
distingue des conditions de fond et des conditions de forme.
1- Les conditions de fond de la location gérance.
Elles se rapportent à la fois à l’objet du contrat et aux parties et
plus spécialement le locataire gérant. L’objet de la location-gérance
doit être un fonds de commerce, disposant par conséquent d’une
clientèle.
Le locataire gérant doit avoir la capacité de faire le commerce
puisque, en louant et en exploitant le fonds de commerce, il devient
commerçant.
Il y a ensuite des conditions spéciales que doit remplir le loueur
de fonds de commerce :
a) Celui-ci doit avoir été pendant deux ans, ou avoir
exercé pendant la même durée les fonctions de gérant ou de
directeur commercial ou technique d’une société ;
b) il doit avoir exploité pendant une année au moins le
fonds mis en gérance ;

40 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Le cadre de l’Activité Commerciale

c) il ne doit pas tomber sous le coup d’une interdiction


ou d’une déchéance d’exercer le commerce.
Ces délais peuvent être modifiés ou annulés supprimés par la
juridiction compétente.
La 1ère condition spéciale connait deux exceptions :
- elles ne s’appliquent pas au cas de locations- gérances
consenties par l’Etat, les collectivités locales et les Ets publics.
- Elles ne s’appliquent pas lorsque la location-gérance
s’impose.
Cette location gérance s’impose dans trois cas selon les
dispositions de l’art. 111 de l’AU-DCG ; lorsqu’on est en présence :
 d’incapables, en ce qui concerne le fonds dont ils
étaient propriétaires avant la survenance de leur incapacité ;
 d’héritiers ou légataires d’un commerçant décédé, en
ce qui concerne le fonds exploité par ce dernier.
 de contrats de location-gérance passés par des
mandataires de justice chargés à un titre quelconque de
l’administration d’un fonds de commerce à condition qu’ils y aient
été autorisés par la juridiction compétente et qu’ils aient satisfait
aux mesures de publicité prévues.
En somme, l’inobservation de ces conditions de fond entraîne au
plan civil la nullité du contrat, qui peut être demandée par chacun des
co-contrats ou par des tiers intéressés.
2- Les conditions de forme de la location-gérance
Elles concernent essentiellement la publicité de la location-
gérance, (art. 107 et 108 AU-DCG). Le contrat doit être publié, dans la
quinzaine de sa date, sous forme d’extraits, dans un journal d’annonces
légales. Si le loueur est un commerçant, il doit procéder à la
modification de son inscription au RCCM. La fin de la location-gérance
donne lieu à la même forme de publicité, (art. 107, 108).
3- Les effets de la location-gérance
Il faut distinguer les effets selon qu’ils se produisent entre les
parties au contrat ou à l’égard des tiers.
Pour ce qui concerne les effets entre les parties au contrat, ils
sont soumis au droit commun et à la liberté contractuelle. Le

41
Le Cadre de l’activité Commerciale HECM 2022

propriétaire ayant les obligations du bailleur ; il ne doit pas troubler le


locataire par son fait personnel en lui faisant concurrence, en
contrepartie, le locataire s’engage à bien exploiter le fonds à ne pas en
modifier la destination et à en payer le loyer convenu selon les termes
du contrat.
Quant aux effets à l’égard des tiers, seuls certains d’entre eux
ont été réglementés par la loi ; ainsi :
a) les créanciers du loueur (bailleur) peuvent demander
au tribunal compétent l’exigibilité des créances. (art. 112).
b) Les créanciers du locataire gérant bénéficient de la
solidarité entre le loueur (bailleur) et le locataire gérant pour le
paiement de leurs créances. Cette solidarité dure tant que la
publicité du contrat n’a pas eu lieu. (art. 113).
c) Les dettes afférentes à l’exploitation du fonds,
contractées par le locataire gérant pendant la gérance sont
immédiatement exigibles à la cession du contrat de location-
gérance. (art.114).

d) Le droit au renouvellement au bail est reconnu au


seul preneur à qui il incombe de demander le renouvellement du
bail, non au locataire gérant, (Com., 8fév. 1949, JCP, 1949, II,
4947, note cohen, 9 mars 1953, D, 1953, 324).

42 Cours du droit des affaires


LE CONTRAT DE LOCATION GERANCE

C’est un contrat par lequel, le propriétaire d’un fonds de


commerce appelé bailleur ou loueur confie, (en vertu d’un contrat de
location), l’exploitation de son fonds à une personne appelée gérant qui
exploite de fonds en son nom, pour son compte et à ses risques et
périls et paie au propriétaire un loyer. Il se peut aussi que ce soit un
contrat aux termes duquel, une société confère le soin de gérer son
fonds de commerce à une autre société qui l’exploite à ses risques et
périls. Il est encore appelé gérance libre et le loyer souvent appelé
redevance.

I- ELABORATION DU CONTRAT

Elle permet de distinguer les conditions de validité (A) et le


contenu du contrat (B).
A- Conditions de validité
Ces conditions tiennent à la forme du contrat et au propriétaire
du fonds.
1- Conditions de forme
La gérance libre ou location-gérance doit faire l’objet d’un contrat
écrit et il s’agit d’un acte authentique ou sous seing privé qui doit être
enregistré et déposé au greffe du tribunal de commerce compétent.

2- Conditions tenant au propriétaire du fonds


Le propriétaire doit avoir exercé pendant deux ans les fonctions
de gérant ou de directeur commercial et technique avant de consentir
une location gérance ; il doit avoir exploité le fonds qu’il met en
gérance pendant un an au moins et remplir toutes les conditions
requises pour exercer l’activité de commerçant.
Il existe des exceptions à ces exigences prévues par la loi ; ces
exceptions visent l’Etat, les collectivités publiques, les incapables ou les
interdits, les administrateurs judiciaires etc.… de même, il existe des
dérogations accordées par décisions judiciaires en cas d’impossibilité
matérielle, pour le propriétaire, de respecter ces conditions.
Le Contrat de Location Gérance HECM 2022

3- Les conditions de publicité


Il faut publier dans un journal d’annonces légales pour informer
les tiers dans les quinze jours de la date du contrat.
Il faut faire mention sur le papier commercial par le locataire
gérant de sa qualité de locataire gérant et son numéro de Registre de
Commerce et du crédit mobilier, ainsi que la désignation du
propriétaire et son numéro de Registre de commerce et du crédit
mobilier.
Il faut enfin une immatriculation au Registre de Commerce et du
crédit mobilier par le propriétaire et le gérant libre parce que ayant la
qualité de commerçant ; il faut aussi l’indication de leur position
respective à l’égard du fonds de commerce exploité : propriétaire ou
gérant.
B- Contenu du contrat
Il doit contenir :
- désignation des parties,
- description du fonds ou de la partie louée,
- origine de la propriété,
- état des sûretés grevant éventuellement le fonds,
- durée de la location-gérance,
- clauses relatives à la propriété des équipements et de
stocks.
Le contrat peut contenir d’autres clauses au nombre
desquelles : la clause interdisant de sous-louer ou de céder le
contrat sans l’accord du propriétaire, la clause relative au
cautionnement garantissant les dettes du locataire gérant envers le
propriétaire, la clause interdisant d’aliéner le fonds et de le donner
en nantissement, les clauses de non-concurrence à condition qu’elle
soit limiter dans le temps, dans l’espace et pour l’activité concernée,
la clause fixant les conditions du renouvellement ; le contrat de
location gérance ne peut être prorogé, ni reconduit tacitement, par
contre il peut être renouvelé.

44 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Le Contrat de Location Gérance

II- EFFETS DE LA LOCATION-GERANCE


Le locataire gérant devient commerçant. Il est indépendant, c’est
lui qui percevra les bénéfices de l’exploitation, il paiera le loyer convenu
et subira les pertes. La location gérance produit des effets entre les
parties (A) et à l’égard des tiers (B).
A Obligations des parties
Elles s’analysent à l’égard du locataire gérant (1) et du
propriétaire (2).

1- Obligations du locataire gérant


Il doit exploiter le fonds en bon père de famille, sans en changer
la destination, il doit payer la redevance de location-gérance.
2- Obligation du propriétaire
Il doit délivrer le fonds, c’est à dire le mettre à la disposition du
locataire, garantir le locataire contre les vices cachés et contre
l’éviction ; ainsi, le propriétaire ne peut faire personnellement
concurrence au locataire.

B La protection des tiers


Les tiers intéressés par le contrat de location-gérance sont les
créanciers du propriétaire et du gérant, ils bénéficient d’une protection
particulière.

1- Protection des créances du propriétaire


Les créances du propriétaire courent un risque : le fonds qui
constitue leur garantie peut perdre de sa valeur si le locataire l’exploite
mal.
La déchéance du terme peut être obtenue sur décision de justice,
en ce qui concerne les dettes du propriétaire au moment de la mise en
gérance, si la mise en gérance met en péril le recouvrement des
créances en question.
Dans tous les cas, la gérance libre, régulièrement publiée, est
opposable au bailleur des locaux commerciaux, et elle ne peut faire

45
Le Contrat de Location Gérance HECM 2022

perdre au propriétaire du fonds le bénéfice du droit au maintien dans


les lieux.

2- Protection des créances du locataire gérant


Leurs garanties sont restreintes dans la mesure où leur débiteur
n’est pas titulaire du fonds.
Il y a une solidarité entre le propriétaire et le gérant à propos des
dettes du gérant, pendant les six (06) mois qui suivent la publication
au Registre de Commerce et du crédit mobilier ou au journal
d’annonces légales.
Cette protection des créanciers ne concerne que les dettes
afférentes à l’exploitation du fonds de commerce loué.

46 Cours du droit des affaires


LA VENTE DU FONDS DE COMMERCE

La vente du fonds de commerce encore appelée cession du fonds


de commerce obéit aux règles générales de la vente commerciale, sous
réserve des dispositions des articles 116 à 136 de l’AU-DCG et des
textes spécifiques de certaines activités commerciales ; l’acte uniforme
exige que la cession du fonds de commerce porte obligatoirement sur
le fonds commercial. Il faut protéger l’acquéreur contre les fraudes
éventuelles du vendeur qui peut être tenté de majorer abusivement le
prix d’une part et contre l’éviction par le vendeur d’autre part et enfin
protéger l’acquéreur contre la concurrence de ce dernier.
La vente du fonds de commerce fait courir des risques à
l’acheteur, au vendeur et à ses créanciers, c’est donc pour assurer la
protection des différentes parties que la loi a institué des conditions de
fond et de forme, de la vente du fonds de commerce de même que ses
effets.

I- Les Conditions de la Vente du Fonds de Commerce


L’art. 115 de l’AU-DCG énonce que la cession du fonds de
commerce obéit aux règles générales sur la vente sous réserve des
dispositions particulières prévues par des textes spécifiques à l’exercice
de certaines activités commerciales. Les conditions de la vente du
fonds de commerce peuvent être regroupées suivant qu’elles se
rapportent au fond, à la forme ou à la publicité du contrat.

A- les conditions de fond


On applique en principe aux parties les règles de capacité
concernant la vente de meubles, puisque la propriété du fonds est une
propriété mobilière. Deux précisions s’imposent :
 la 1ère, l’acquéreur du fonds doit avoir la capacité de
faire le commerce puisque par cette acquisition, il devient
commerçant.
 La 2ème, la vente du fonds de commerce d’un mineur
ne peut être réalisée par le tuteur qu’avec l’autorisation du
conseil de famille et celle d’un fonds commun par
l’administrateur de la communauté qui doit recueillir l’accord
de l’autre époux.
La vente du fonds de commerce étant un contrat, on exige
également que le consentement des parties soit exempt de vice et qu’il
La Vente du Fonds de Commerce HECM 2022

porte sur la chose et le prix. Cette vente est un acte de commerce pour
le vendeur et pour l’acheteur qui doivent avoir nécessairement la
capacité commerciale ; leur consentement doit être exempt de vice : la
vente peut être annulée pour erreur sur la substance, le dol (ou
tromperie) et la violence. Quant à l’objet du contrat, la loi dispose que
la cession du fonds de commerce porte obligatoirement sur le fonds
commercial, c’est à dire la clientèle, le nom et l’enseigne.
Le propriétaire a cependant la faculté d’inclure dans la vente
d’autres éléments, corporels ou incorporels, du fonds, à condition de
les préciser expressément dans l’acte de vente ; dans le silence du
texte, il faut admettre que le prix est stipulé de façon globale.
En outre, la vente peut porter sur des éléments séparés du fonds
de commerce autres que ceux qui forment le fonds commercial. Dans
ce cas, elle ne remet pas en cause la conservation du fonds par le
propriétaire.
Les dispositions de l’article 118 AU-DCG font figurer parmi les
énonciations obligatoires du contrat de vente le prix auquel le fonds est
cédé. Ce prix doit être sincère et sa dissimulation en partie est
fiscalement sanctionnée.
Au plan civil, la convention de dissimulation est sanctionnée par
la nullité, mais cette nullité n’affecte pas l’acte de vente lui-même.
L’indication du prix dans l’acte de vente ne s’entend pas
nécessairement d’un prix liquidé. On estime qu’il suffit que le procédé
de calcul soit définitivement fixé pour considérer qu’il y a indication de
prix, par exemple la participation aux bénéfices accordée au vendeur
pendant un certain nombre d’années.
Le prix de vente doit être fixé, réel, sérieux et sincère ; lorsque le
prix indiqué dans l’acte de vente ne correspond pas à la valeur du
fonds :
 les créanciers peuvent exercer un droit d’opposition
lors de la vente ;
 les créanciers du vendeur disposent d’un droit de
surenchère ;
 l’Etat dispose d’un droit de préemption au cas où il
juge le prix de vente insuffisant.

48 Cours du droit des affaires


HECM 2022 La Vente du Fonds de Commerce

B- Les conditions de forme et de publicité


1- Les conditions de forme
En principe, un écrit ne devrait pas être nécessaire puisque le
contrat de vente est un acte de commerce8, il peut être prouvé par
tous moyens.
Dans la pratique, l’écrit est toujours dressé car, il est nécessaire
pour la publicité, pour l’inscription du privilège du vendeur (dans le cas
où le prix n’est payé comptant) et pour l’inscription de l’acquéreur au
registre de commerce et du crédit mobilier (RCCM). L’art 118 AU-DCG
impose l’insertion de certaines énonciations dans l’acte de vente ; on
peut déduire de cette disposition que la rédaction d’un acte est
devenue indispensable pour la formation du contrat de vente d’un
fonds de commerce. L’acte peut être cependant authentique ou sous
seing privé (art 117 al 1er). L’acte sous seing privé n’est pas soumis à
la formalité du double exemplaire, étant donné le principe de la liberté
des preuves en matière commerciale9. L’exigence de l’art 1325 du code
civil français est satisfaisante si l’exemplaire unique est confié à un
mandataire des parties ; tel qu’un agent d’affaires10.
Il ressort des dispositions de l’art. 117 al.2, que les énonciations
prévues par l’art. 118 doivent figurer dans « tout acte constatant une
cession »… consentie même sous conditions ; entrent par conséquent
dans le champ d'application les énonciations de l'art. 117 : la promesse
synallagmatique de vente, improprement appelée « compromis », la
promesse unilatérale de vente assortie d’un dédit à la charge du
bénéficiaire au cas où il ne lèverait pas l’option. Les énonciations
prévues par l’art 118 visent également les cessions opérées sous la
forme d’un acte, notamment les cessions de parts sociales ou d’actions
réalisant une véritable cession de fonds et les apports de fonds de
commerce en société.

8Com, 19 juin 1972, JCP. 1973, 2, 17356 note Calais-Auloy ; Com., 13 juin 1989, Bull. civ. IV, n°182, 8
juin 1993, R.T.D. Com. 1993, 486, Obs. Derruppé
9 Paris, 5 juil. 1951, Gaz. Pal. 1951. 2. 227
10 Comp. Cass. Civ., 5 mars 1980, Bull ; Cass. 1980, 3, n°52

49
La Vente du Fonds de Commerce HECM 2022

2- Les conditions de publicité


Elles sont instituées dans le but d’informer et de protéger les
créanciers du vendeur pour qui le fonds de commerce constitue un
gage important. Cette publicité permet aux créanciers de s’opposer au
paiement du prix de vente ; la loi organise leur information et prescrit
une double insertion dans un journal d’annonces légales paraissent au
lieu de fonds vendu.
Deux mesures de publicité sont prescrites par l’AU-DCG :
 la 1ère consiste d’une part, dans le dépôt de l’acte de
vente en deux copies certifiées conformes par le vendeur et
l’acheteur au registre de commerce et du crédit mobilier et
d’autre part, dans l’obligation pour les deux parties de
procéder chacune en ce qui la concerne, à la mention
modificative correspondante au registre de commerce et du
crédit mobilier ;
 la 2ème mesure de publicité consiste, à la diligence de
l’acquéreur (acheteur), à faire publier, sous forme d’avis,
l’acte de vente dans un journal habilité à recevoir les annonces
légales paraissant dans le lieu où le vendeur a inscrit au
registre de commerce et du crédit mobilier ;
Cette mesure doit intervenir dans un délai de quinze (15) jours
francs à compter de la date de l’acte de vente.

II- Les Effets de la Vente du Fonds de Commerce


A l’instar de toute vente ; celle du fonds de commerce produit
des effets à l’égard des parties qui s’analyse en rapport avec les
obligations respectives des parties.
A- Les obligations du vendeur du fonds de commerce
Deux obligations principales pèsent sur lui ; la délivrance (1) et
la garantie (2).
1- L’obligation de délivrance
Le vendeur du fonds de commerce est tenu de mettre l’acquéreur
en possession des éléments du fonds cédé à la date prévue dans le
contrat de vente.

50 Cours du droit des affaires


HECM 2022 La Vente du Fonds de Commerce

La mise en œuvre de cette obligation consiste concrètement,


pour le vendeur, à permettre à l’acheteur d’entrer en jouissance du
fonds ou à prendre possession du fonds. Elle se réalise par la remise à
l’acquéreur des clés des locaux où est situé le fonds de commerce
vendu. C’est au niveau de la délivrance de la clientèle que peuvent se
poser des difficultés.

En principe, cette délivrance a lieu par le seul fait de la


vente du fonds de commerce et de l’obligation pour le vendeur
de s’abstenir de se rétablir ; le vendeur doit faciliter à l’acheteur la
prise de possession de la clientèle, par exemple en lui fournissant les
renseignements et documents utiles sur les clients.
Toutefois, si le prix a été stipulé payable au comptant, le vendeur
n’est tenu, sauf convention contraire, de mettre l’acquéreur en
possession du fonds qu’à la date du paiement complet du prix stipulé.
2- L’obligation de garantie
Le vendeur du fonds de commerce est tenu à une double
garantie suivant les règles du droit commun à savoir une garantie des
vices cachés et une garanties contre les évictions émanant d’un tiers.
S’ajoute à cette double garantie du droit commun, une garantie du fait
personnel que souscrit le propriétaire du fonds de commerce en le
vendant. Il ne doit pas troubler l’acquéreur dans l’exploitation du fonds,
par exemple en refusant de renouveler le bail s’il est en même temps
propriétaire du local où le fonds est exploité, ou surtout en se
rétablissant dans le même commerce :
- il pèse donc sur lui une obligation de non -
rétablissement ou de non - concurrence qui est ou peut être
limitée soit dans le temps soit dans l’espace.

B- Les obligations de l’acquéreur


Une 1ère obligation de l’acquéreur, et qui est le corollaire de
l’obligation de délivrance du vendeur, est de prendre livraison du fonds
vendu. Si l’acquéreur s’y refuse, on admet que le vendeur a le choix,
conformément au droit commun, soit de le contraindre à une
exécution forcée, soit de demander la résolution de la vente.

51
La Vente du Fonds de Commerce HECM 2022

L’obligation principale de l’acquéreur reste de payer le prix convenu


pour le fonds au jour et lieu fixés, entre les mains d’un notaire ou d’un
établissement bancaire désigné comme séquestre d’un commun accord
entre les parties au contrat. Dans le cas où le prix ne serait pas payé,
le vendeur bénéficie de trois garanties à l’encontre de l’acquéreur que
soit : un privilège (1), une action résolutoire (2) et un droit
d’opposition (3).
1- Le privilège du vendeur
Réglementé par les articles 73 à 84 de l’Acte Uniforme OHADA
relatif aux Sûretés, le privilège (du vendeur) permet au vendeur, dans
le cas où le fonds serait revendu à l’amiable ou sur décision de justice,
de se faire payer sur le prix de revente par préférence à toute autre
personne.
Pour être opérationnel, le privilège doit avoir été publié par une
inscription au registre du commerce et du crédit mobilier du lieu de
situation du fonds de commerce.
2- L’action résolutoire du vendeur
Le vendeur non payé peut demander la résolution judiciaire du
contrat et obtenir des dommages et intérêts, parce que la résolution
est rétroactive, elle est dangereuse pour les créanciers de l’acquéreur,
surtout ceux qui ont obtenu de lui un nantissement sur le fonds.
3- Le droit d’opposition du vendeur
Le vendeur peut s’opposer à certains actes de l’acquéreur
susceptibles de faire baisser la valeur du fonds et donc diminuer ses
propres garantis. Ainsi, le vendeur non payé peut-il s’opposer au
déplacement du fonds. Si ce déplacement a eu lieu sans son
consentement et s’il en résulte une dépréciation du fonds, la créance
du vendeur peut devenir immédiatement exigible ; il peut de même
s’opposer à la réalisation du bail.

C- Les effets de la vente du fonds de commerce à


l’égard des créanciers du vendeur.
Pour éviter la distraction du prix de la vente du fonds de l’action
des créanciers du vendeur, l’art.125 AU-DCG fait l’obligation à
l’acheteur de le payer entre les mains d’un notaire ou d’un

52 Cours du droit des affaires


HECM 2022 La Vente du Fonds de Commerce

établissement financier désigné comme séquestre d’un commun accord


entre les parties au contrat. Ce séquestre devra le conserver pendant
un délai de trente (30) jours qui court du jour de la parution de la
publicité dans un journal habilité à recevoir les annonces légales.
Informés de la vente, les créanciers du vendeur peuvent, dans un délai
d’un mois à compter, de la date de l’avis de vente, soit faire opposition
au paiement, soit former surenchère du sixième du prix global s’ils
estiment que ce prix est trop bas ou qu’il a été dissimulé en partie.

III- Le Nantissement du Fonds de Commerce


On appelle nantissement, un contrat par lequel, un débiteur
remet une chose mobilière ou immobilière à son créancier en garantie
du paiement de sa dette. Dans le cas d’espèce, le nantissement du
fonds de commerce est le contrat aux termes duquel le propriétaire
d’un fonds de commerce l’offre en garantie du paiement de sa dette.
Ce nantissement peut porter sur le fonds commercial et certains
éléments incorporels principaux du fonds de commerce limitativement
énumérés par la loi à savoir le droit au renouvellement du bail et les
licences d’exploitation. Le nantissement peut aussi porter sur d’autres
éléments incorporels du fonds de commerce tels que les brevets
d’invention, les marques de fabrique ou de commerce, les dessins et
modèles et les autres droits de propriété intellectuelle de même que le
matériel.

53
DROIT DES SOCIETES COMMERCIALES
LES SOCIETES COMMERCIALES

Le droit des sociétés est la branche du droit privé qui régit les
sociétés commerciales. La société est la forme juridique la plus
répandue de l’entreprise.
Pour l’économiste, l’entreprise est l’organisation qui combine les
facteurs de production dans le but de produire des biens et des services
qu’elle vend sur le marché.
En droit, il n’existe pas de définition de l’entreprise. Celle-ci peut
adopter diverses formes juridiques dont la plus simple est l’entreprise
individuelle. Mais cette forme juridique ne convient qu’aux très petites
entreprises. En effet l’entreprise individuelle appartient à une seule
personne : commerçant, artisan, agriculteur, membre d’une profession
libérale etc. Ainsi dans le but de pouvoir créer des entreprises de plus
grande dimension, les entrepreneurs ont eu très tôt l’idée de s’associer
par un contrat de société, regroupant ainsi leurs capitaux, leurs
moyens de production en vue d’accomplir en commun une activité
économique.
Le contrat de société a pour effet de créer une personne juridique
nouvelle : la société.
Les avantages de la forme sociétaire par rapport à l’entreprise
individuelle se situent à plusieurs niveaux. Ainsi par exemple, la société
permet de :
- Réunir des capitaux importants.
- Créer un patrimoine distinct de celui des associés.
Généralités HECM 2022

CHAPITRE I: GENERALITES

Section 1- Définition
«La société commerciale est celle créée par deux ou
plusieurs personnes qui conviennent par un contrat, d’affecter à
une activité des biens en numéraire ou en nature dans le but de
partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en
résulter. Les associés s’engagent à contribuer aux pertes… »11.
Toutefois une société commerciale peut être créée par une seule
personne appelée associé unique, précise l’acte uniforme (art. 5).

Section 2- Les différents types de sociétés commerciales


Le caractère commercial d’une société est déterminé par son
objet ou sa forme. En effet, une société est commerciale :
soit parce qu'elle a pour objet l'accomplissement d'actes de
commerce (voir séminaire sur le droit commercial général);
soit parce qu'elle revêt une forme qui lui confère de plein
droit la commercialité. Sont ainsi commerciale à raison de leur forme et
quel que soit leur objet :
 La SNC (Société en nom collectif) où tous
les associés sont tenus solidairement et indéfiniment
des dettes sociales.
 La SCS (Société en Commandite Simple)
où coexistent un ou plusieurs associés indéfiniment et
solidairement responsables des dettes sociales (associés
commandités) avec un ou plusieurs associés
responsables des dettes dans la limite de leurs apports
(associés commanditaires ou associés en commandites)
dont le capital est divisé en parts sociales.
 La SARL (Société à responsabilité limitée)
où les associés ne sont responsables de la dette sociale

11 Article 4 al.1.

56 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Généralités

qu’à concurrence de leurs apports et dont les droits


sont représentés par des parts sociales.
 La SAS (Société par actions simplifiées)
 La société par actions simplifiées instituée
par un ou plusieurs associés et dont les statuts
prévoient librement l’organisation et le
fonctionnement de la société sous réserve des
règles impératives du présent livre12. Les associés
de la société par actions simplifiée ne sont
responsables des dettes sociales qu’à concurrence
de leurs apports et leurs droits sont représentés
par des actions.
 Lorsque cette société ne comporte qu’une
seule personne, celle-ci est dénommée « associé
unique ». l’associé unique exerce les pouvoirs
dévolus aux associés lorsque le présent livre
prévoit à une prise de décision collective.
 Toutes les décisions prises par l’associé
unique et qui donneraient lieu à publicité légale si
elles étaient prises par une assemblée doivent
être publiées dans les mêmes formes.

Article 853-2
 La société est désignée par une
dénomination sociale qui doit être immédiatement
précédée ou suivie en caractères lisibles des mots
« société par actions simplifiées » ou du sigle
« SAS ».
 Lorsque la société ne comprend qu’un
associé, elle est désignée par une dénomination
sociale qui doit être immédiatement précédée ou

12
Acte uniforme révisé relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement
d’intérêt économique, adopté le 30/01/2014 à Ouagadougou (Burkina-Faso) publié
dans le journal officiel n° Spécial du 04/02/2014 entré en vigueur le 05 mai 2014,
Livre 4-2, article 853-1, p. 200. Disponible sur http://www.ohada.com.
57
Généralités HECM 2022

suivie en caractères lisibles des mots « société


par action simplifiées unipersonnelle » ou du sigle
« SASU ».

Article 853-3

 Dans la mesure où elles sont compatibles


avec les dispositions particulières prévues par
le présent livre, les règles concernant les
sociétés anonymes, à l’exception des articles
387 alinéa 1er, 441 à 561, 690, 751 à 753ci-
dessus, sont applicables à la société par
actions simplifiée. Pour l’application de ces
règles et à défaut de clauses statutaires
spécifiques, les attributions du conseil
d’administration ou de son président sont
exercées par le président de la société par
actions simplifiée ou celui ou ceux de ses
dirigeants que les statuts désignent à cet effet.

Article 853-4
 La société par actions simplifiée ne peut
faire publiquement appel à l’épargne.
Article 853-5
 Le montant du capital social ainsi que
celui du nominal des actions est fixé par les
statuts.
 La société par actions simplifiée peut
émettre des actions inaliénables résultant
d’apport en industrie. Les statuts déterminent
les modalités de souscription et de répartition
de ces actions. Toute délibération prise en
violation du présent article est nulle.
Article 853-7

58 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Généralités

 Les statuts fixent les conditions dans


lesquelles la société est dirigée.

Article 853-8
 La société est représentée à l’égard des
tiers par un président désigné dans les
conditions prévues par les statuts. Le président
est investi des pouvoirs les plus étendus pour
agir en toute circonstance au nom de la société
dans la limite de l’objet social.
 Dans ses rapports avec les tiers, la société
est engagée même par les actes du président
qui ne relèvent pas de l’objet social, dans les
conditions et limites fixées à l’article 122 ci-
dessus.
 Les statuts peuvent prévoir les conditions
dans lesquelles une ou plusieurs personnes
autres que le président, portant le titre de
directeur général ou de directeur général
adjoint, peuvent exercer les pouvoirs confiés à
ce dernier par le présent article.
 Les clauses des statuts, les décisions des
organes sociaux limitant les pouvoirs du
président, du directeur général ou directeur
général adjoint sont inopposables aux tiers.

Article 853-9
 Lorsqu’une personne morale est nommée
président ou dirigeant social d’une société par
actions simplifiée, les dirigeants sociaux de
ladite personne morale sont soumis aux mêmes
conditions et obligations et encourent les
mêmes responsabilités civile et pénale que s’ils
étaient président ou dirigeant social en leur
nom propre, sans préjudice de la responsabilité

59
Généralités HECM 2022

solidaire de la personne morale qu’ils dirigent.


Article 853-10
 Les règles fixant la responsabilité des
membres du conseil d’administration des
sociétés anonymes sont applicables au
président et aux dirigeants de la société par
actions simplifiée.
Article 853-11
 Les statuts déterminent les décisions qui
doivent être prises collectivement par les
associés dans les formes et conditions qu’ils
stipulent. Les décisions prises en violation des
clauses statutaires sont nulles.
 Toutefois, les attributions dévolues aux
assemblées générales extraordinaires et
ordinaires des sociétés, anonymes, en matière
d’augmentation, d’amortissement ou de
réduction de capital, de fusion, de scission,
d’apport partiel d’actif, de dissolution, de
transformation en une société d’une autre
forme, de nomination des commissaires aux
comptes, de comptes annuel et de bénéfices
sont, dans les conditions prévues par les
statuts, exercées collectivement par les
associés. Les décisions prises en violation des
dispositions du présent alinéa sont nulles.
 La SA (Société Anonyme) où les
actionnaires ne sont responsables des dettes qu’à
concurrence de leurs apports et dont les droits sont
représentés par des actions.
En dehors de ces quatre types de sociétés, l’AU en admet deux
autres : il s’agit de la SP (Société en Participation) et de la SF (société
de fait).
 La société en participation (art. 854 AU)
autrefois dénommée « association en participation » a

60 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Généralités

la caractéristique essentielle d’être dépourvue de la


personnalité juridique puisque les associés conviennent
qu’elle ne sera pas immatriculée au Registre de
Commerce et du Crédit Immobilier.
 La « Société de Fait » ou « société
constituée de fait » (art. 864 & 865 AU) lorsque les
associés n’ont pas respecté le formalisme de
constitution prévu pour les sociétés ou lorsque ce
formalisme a été respecté, s’il n’y a pas eu
immatriculation au RCCM et par conséquent, pas
d’acquisition de la personnalité morale.

Section 3- Les éléments constitutifs du contrat de société


Deux éléments constitutifs se dégagent de cette définition :
I- La mise en commun des apports
A- Définition de l’apport en société.
C’est le bien qu’un associé s’engage à mettre à la disposition de
la société en vue de l’exploitation. Il se présente en numéraire, en
nature ou en industrie. S’il n’y avait pas d’apports mais seulement
travail commun, il y’aurait collaboration et non société. Toute société
doit avoir un patrimoine puisqu’elle est une personne morale.

B- Les différents types d’apports


- L’apport en numéraire
- Les apports en nature
- Les apports en industrie L’apport en industrie prend fin au
décès de l’apporteur.
 L’apport en industrie n’est concevable que dans
les sociétés où les associés sont personnellement
responsables du passif social dans la mesure où l’apport en
industrie ne constitue pas un bien saisissable. Seuls
peuvent donc faire un apport en industrie, les associés en

61
Généralités HECM 2022

nom collectif et les membres d’un GIE.


L’apport en industrie peut également prendre la forme d’un
apport de crédit (la réputation de l’apporteur).
C- La réalisation des apports
Les apports en numéraire sont réalisés par le transfert à la
société de la propreté des sommes d’argent que l’associé s’est engagé
à lui apporter. Ils doivent être libérés intégralement lors de la
constitution de la société.
Que se passe-t-il en cas de retard dans le versement des
sommes d’argent que l’associé s’est engagé à apporter ?
En cas de retard dans le versement, les sommes restant dues à
la société portent de plein droit intérêt au taux légal à compter du jour
où le versement devait être effectué (contrairement en droit commun
où les intérêts ne courent que du jour où le débiteur a été mis en
demeure de payer).
De même, outre les intérêts de cette somme à verser,
l’associé même de bonne foi pourra être condamné à payer des
dommages intérêts en compensation du préjudice subi par la société du
fait du retard.
Les apports en nature sont réalisés par le transfert des droits
réels ou personnels correspondant aux biens apportés et par la mise à
la disposition effective de la société des biens sur lesquels portent ces
droits. Ils sont libérés intégralement lors de la constitution de la
société.

L’apport en nature peut être en propriété ou en jouissance.


 L’apport en nature est en propriété
lorsqu’elle s’analyse en une vente.
 L’apport en nature peut également être en
jouissance. Dans ce cas l’apporteur se comporte comme
bailleur et reprendra le bien apporté à la dissolution de la
société.
Les apports en industrie sont réalisés lorsque la prestation
promise est effectuée.

62 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Généralités

II- L’affectio societatis


L’affectio societatis, c'est-à-dire la volonté de collaborer
activement et solidairement ensemble et de partager des bénéfices et
des pertes.

A- La volonté de collaborer
Cela signifie que le travail doit s’effectuer sur un pied
d’égalité et avec esprit d’équipe.
Il s’agit donc d’une volonté de collaborer à l’œuvre commune
sans aucune subordination à l’égard des uns et des autres et de couvrir
ensemble les aléas communs.

B- Une recherche de bénéfices et une contribution


aux pertes
Tout participant à la société doit tirer un avantage des bénéfices
et contribuer également aux pertes.
Le bénéfice est l’élément qui permet de distinguer la société de
certains groupements comme l’association ou le GIE.
* Distinction société et association.
L’association est définie, par l'article l de la loi française du 1 er
juillet 1901, comme «la convention par laquelle deux ou plusieurs
personnes mettent en commun d'une façon permanente leurs
connaissances ou leur activité dans un but autre que de
partager des bénéfices ». Il s’agit donc d’une activité désintéressée.

* Distinction société et GIE


Le GIE est un groupement intermédiaire entre la société et
l’association. La société et le GIE peuvent être constitués dans le seul
but de faire profiter ses membres d'économies résultant de son action.
Cependant, le GIE doit être un prolongement de l'activité économique
de ses membres ce qui limite donc l'étendue de son objet.
Le but d’une société est donc :

63
Généralités HECM 2022

- Le partage des pertes éventuelles


- La prohibition des clauses léonines
Les associés ne peuvent pas supprimer totalement la vocation de
chacun d’entre eux aux bénéfices comme aux pertes par des clauses.
De telles clauses sont qualifiées de léonines.

Section 4- La personnalité morale (ou juridique)


La société a une personnalité juridique distincte de celle de ses
membres.
I- Naissance et disparition de la personnalité
juridique
* La société acquiert la personnalité juridique à dater de son
immatriculation au RCMM. La durée de la personnalité juridique
résulte de la volonté des associés qui dans le pacte social (statuts)
en décident librement. Elle ne peut toutefois pas être
supérieure à 99 ans.
* La personnalité juridique disparaît avec la dissolution de la
société mais en fait et en droit, elle subsiste pour les besoins de la
liquidation c'est-à-dire jusqu’à la clôture des opérations de
liquidation.
* N’ont pas la personnalité morale :
 la société en participation parce qu’elle n’est
pas immatriculée
 la société de fait
II- Conséquence de la personnalité juridique
La personne morale est un être juridique donc un sujet de droits
et d’obligations. Par conséquent, comme tout être juridique, elle est
dotée d’un patrimoine propre, de la capacité et d’un état civil.
A- La société a un patrimoine propre
Le patrimoine de la société comprend tous les apports qui ont
été faits par les associés. En conséquence, les créances et les dettes de
la société sont distinctes de celles des associés.

64 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Généralités

B- La société jouit d’une pleine capacité juridique


Elle a une pleine capacité juridique sous réserve de la règle de la
spécialité selon laquelle la société ne peut agir que dans le cadre de
l’objet social.
C- La société a un état civil
- Elle a un nom :
- Elle a un domicile : c’est le siège social.

- C’est là que se réunissent normalement les organes de la


société.

- En matière d’action en justice, c’est là que la société


défenderesse devra être assignée.

- C’est là que s’effectuent les formalités légales de publicité


(immatriculation au RCCM etc.)

- C’est là enfin où se trouve le domicile fiscal.


Le siège social c’est normalement le lieu que les associés ont
choisi et fixé dans les statuts. Mais il arrive qu’une société ait intérêt à
fixer un siège statutaire qui n’est pas son siège effectif. Dans ce cas
comment déterminer le siège réel ? Qu’est ce qu’un siège fictif ?
NB : Lorsque le siège statutaire ne correspond pas au
siège réel (donc siège fictif), quelles en seront les
conséquences ?
Dans ce cas, les tiers peuvent se prévaloir du siège statutaire
mais celui-ci ne leur est pas opposable par la société si son siège réel
est situé en un autre lieu.
- Elle a une nationalité. Comme toute personne sujet de
droits et d’obligations, la société a une nationalité.
Toutefois la doctrine et la jurisprudence se sont évertuées à
dégager trois critères pour déterminer la nationalité des sociétés. Il
s’agit :
Du critère du centre principal d’exploitation :
Du critère du siège social :
Du critère du contrôle

65
Généralités HECM 2022

Section 5- La classification des sociétés


I- Sociétés de personnes et sociétés de capitaux
Dans la société de personnes les associés s’associent en
considération de la personnalité de chacun d’eux et sont indéfiniment
et solidairement tenues des dettes sociales (SNC, SCS).
Dans les sociétés de capitaux les responsabilités des associés
sont limitées à leurs apports (SA, SARL).
II- Sociétés commerciales et sociétés civiles
* Les sociétés sont commerciales soit par leur forme (SA,
SARL…), soit par leur objet (l’activité consiste à faire du commerce).
* Les sociétés civiles sont les sociétés qui ne sont commerciales
ni par leur forme, ni par leur objet. Ex : des médecins qui s’associent
pour créer un cabinet en commun ou SCP d’avocats, les SC
Immobilières etc.
Dans la société civile, les associés ne sont que des responsables
de deuxième ligne, des responsables de dernier recours ; ils sont dans
la même position subsidiaire que la caution non solidaire vis-à-vis du
débiteur principal ; comme celle-ci, ils peuvent invoquer le bénéfice de
discussion et le bénéfice de division.
 Le bénéfice de discussion oblige le créancier à
s'adresser d'abord à la société ; il doit la mettre en demeure de
payer, agir en justice afin d'obtenir un titre exécutoire, entamer
les procédures de saisie etc. C'est seulement s'il n'obtient pas
satisfaction qu'il pourra se retourner contre chaque associé pris
séparément.
 Le bénéfice de division. Du fait de sa responsabilité
conjointe, chaque associé n'est responsable qu'à proportion de la
part qu'il détient dans le capital social. En conséquence, le
bénéfice de division oblige le créancier à agir contre chacun des
associés et à ne réclamer à chacun qu'une partie de ce qui lui est
dû. En définitive, c'est seulement en cas d'insolvabilité judiciaire
prouvée de la société que les créanciers pourront se retourner,
en divisant leur recours, contre chacun des associés.

66 Cours du droit des affaires


CHAPITRE II: REGLES COMMUNES APPLICABLES A LA
CONSTITUTION, AU FONCTIONNEMENT ET LA DISSOLUTION
DES SOCIETES COMMERCIALES

Section 1- Constitution de la société commerciale


I- Les Conditions de fond
A- Le consentement des associés
C’est l’adhésion des associés à la cause de la société en création.
C’est aussi l’accord de volontés libre et conscient des associés.
B- La capacité
C’est l’aptitude juridique des associés à pouvoir agir en tant
qu’associé et à assumer les conséquences juridiques qui s’en découlent.
a- Les règles générales
On distingue selon que les associés sont personnellement tenus
du passif social ou qu’ils sont tenus dans la limite de leurs apports.
*Lorsque les associés sont tenus personnellement du
passif social (associés des SNC), dans ce cas la société fait le
commerce en usant d’une raison sociale composée de leurs noms.
Ils doivent alors avoir la capacité de faire le commerce.
* Lorsque les associés sont tenus dans la limite de leurs
apports (associés des SA et des SARL), dans ce cas la société est
commerciale, elle ne fait pas le commerce au nom des associés et
les associés ne sont pas des commerçants. La capacité de faire le
commerce n’est donc pas nécessaire pour eux.
b- Les sociétés entre époux
Ils peuvent par exemple être seuls associés ou avec d’autres
dans une SA ou une SARL. Toutefois, l’article 9 de l’acte
uniforme apporte relativise en édictant que : « deux époux ne peuvent
être associés d’une société dans laquelle ils seraient tenus des dettes
sociales indéfiniment ou solidairement ».
C- L’objet social
L'objet de la société, c'est-à-dire l'ensemble des activités
déterminées par le pacte social et que la société entend exercer, doit
être à la fois déterminé, possible et licite.
Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la HECM 2022
Dissolution des sociétés commerciales

II- Les conditions de forme ou formalités de constitution


de la société

Le contrat de société est un contrat solennel qui met en jeu des


intérêts considérables. Il obéit ainsi à un certain nombre de formalités.
Il s’agit de la rédaction des statuts, de la publicité, de la déclaration de
régularité et de conformité et de l’immatriculation au RCCM.

A- La rédaction des statuts


Les statuts contiennent les règles essentielles de fonctionnement
de la société ainsi que les énonciations particulières qui la caractérisent
(apports de chaque associé, la forme, l’objet, l’appellation, le siège
social, la durée de la société).
La rédaction des statuts doit tenir compte des évolutions
possibles de la société. Tout changement par la suite nécessitera la
réunion d’une AG extraordinaire.
NB : L’absence de statuts n’est pas une cause de nullité, mais
elle entraîne une conséquence grave qui est la non immatriculation
donc, l’absence de personnalité morale aussi longtemps que les statuts
ne seront pas rédigés.
Les statuts doivent contenir les mentions ci-après :
1°) La forme de la société ;
2°) Sa dénomination, suivie le cas échéant de son sigle ;
3°) La nature et le domaine de son activité, qui forme son objet
social ;
4°) Son siège ;
5°) Sa durée ;
6°) L’identité des apporteurs en numéraire, avec pour chacun
d’eux, le montant des apports, le nombre et la valeur des titres sociaux
remis en contrepartie de chaque apport ;

68 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la
Dissolution des sociétés commerciales

7°) L’identité des apporteurs en nature, la nature et l’évaluation


de l’apport effectué par chacun d’eux, le nombre et la valeur des titres
sociaux remis en contrepartie de chaque apport ;
8°) L’identité des bénéficiaires des avantages particuliers et la
nature de ceux-ci ;
9°) Le montant du capital social ;
10°) Le nombre et la valeur des titres sociaux émis, en
distinguant, le cas échéant, les différentes catégories de titres créées ;
11°) Les stipulations relatives à la répartition du résultat, à la
constitution des réserves, et à la répartition du boni de liquidation ;
12°) Les modalités de son fonctionnement.

B- La publicité de la société
Les sociétés sont destinées à être connues du public et sont
astreintes à des formalités de publicité particulières. Cette publicité
consiste en deux formalités :
* La publicité par le dépôt des actes de société ou de
pièces au greffe du tribunal régional en annexe du RCCM. Les
statuts doivent être rédigés en autant d’exemplaires que
nécessaires. Il faut aussi l’acte de nomination des dirigeants.
* La publicité dans un journal d’Annonces Légales.

C- La déclaration de régularité et de conformité


C’est l’affirmation que la constitution de la société a été réalisée
en conformité avec les lois et règlements. Elle doit être déposée au
greffe du tribunal.
A défaut de déclaration de conformité, la sanction c’est le rejet
de l’immatriculation au RCCM.
D- L’immatriculation au RCCM
La demande est faite par les dirigeants ou les mandataires dans
le mois de constitution. Ils doivent justifier de l’accomplissement des

69
Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la HECM 2022
Dissolution des sociétés commerciales

formalités prévues à l’article 25 de l’acte uniforme sur le droit


commercial général.
La société en participation n’est pas immatriculée.
Section 2- Sanctions des conditions de constitution
Il existe deux types de sanctions : la nullité et les responsabilités
civile ou pénale des fondateurs et dirigeants.
I- Les nullités
Lorsque l’un des éléments constitutifs de la société fait défaut, la
société est théoriquement nulle. Mais puisque la société est plus qu’un
contrat : elle donne naissance à une personne ; son annulation vaut
donc condamnation à mort d’un être vivant prononcée par un juge.
C’est donc compte tenu des nombreux inconvénients liés à cette
situation, que le législateur a réduit autant que possible les cas
d’annulation pour ne retenir que ceux prévus par des textes.
A- Les causes de nullité
Il n’y a pas de nullité sans texte.
1- Les causes de nullité résultant de l’Acte
uniforme
Il n’y a pratiquement qu’une seule hypothèse : la nullité de la
constitution des SNC et des SCS si les formalités de publicité ne sont
pas accomplies. Cependant dans la pratique le risque est écarté ou
réduit par la formalité de déclaration de conformité. En tout état de
cause la nullité n'est pas encourue si le tribunal ne constate aucune
fraude.
2- Les causes de nullité résultant du droit des
contrats
* Il y’a la nullité de la société pour objet illicite, immoral, ou
frauduleux.
* Il y’a également la nullité pour non respect des dispositions
civiles sur le consentement et la capacité. Le principe de cette nullité
est appliqué de façon stricte dans les SNC et les SCS. Par contre
pour les SA et les SARL, il résulte de l’Acte uniforme que : « la
nullité ne peut résulter d’un vice du consentement ni de l’incapacité

70 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la
Dissolution des sociétés commerciales

d’un associé à moins que celle-ci n’atteigne tous les associés


fondateurs ».
3- Les causes de nullité résultant du contrat de société
Elles visent :
* la Société crée avec un seul associé qui est nulle à
l’exception de la SAU et de la SURL,
* L’apport inexistant ou fictif,
* L’inexistence d'affectio societatis notamment lorsque la
société n’est pas constituée dans l’intérêt commun des associés.
Toutefois les clauses léonines sont uniquement réputées non
écrites : elles n’entraînent pas l’annulation de la société.
B- Les effets de la nullité
Si la nullité est prononcée (le tribunal a la faculté de ne pas la
prononcer si aucune fraude n’est constatée), elle met fin sans
rétroactivité, à l’exécution du contrat. Il s’agit là d’une exception au
droit commun des nullités.
Il est alors procédé à la dissolution de la société et pour ce qui
concerne les sociétés pluripersonnelles à leur liquidation. L’Acte
uniforme consacre ainsi la théorie de la société de fait.

II- Les cas de responsabilités dans la constitution


des sociétés commerciales
L’atténuation des nullités de sociétés est largement compensée
par le renforcement des responsabilités de ceux qui interviennent dans
leur constitution. La responsabilité peut être civile ou pénale.
A- Les cas de responsabilité civile
- Les premières responsabilités pèsent sur les premiers associés,
les fondateurs et les premiers dirigeants sociaux (membres des
organes de gestion, de direction ou d’administration). Ils sont
solidairement responsables du préjudice causé soit par le défaut
d’une mention obligatoire dans les statuts, soit par l’omission ou

71
Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la HECM 2022
Dissolution des sociétés commerciales

l’accomplissement irrégulier d’une formalité prescrite pour la


constitution de la société (article 78 de l’Acte).
- Les membres des organes de gestion, de direction ou
d’administration en fonction encourent les mêmes responsabilités en
cas de modification des statuts.
Il s’agit d’une responsabilité pour faute.
 L’action en responsabilité se prescrit dans les
deux cas par cinq ans à compter du jour de l’immatriculation
de la société, soit de la publication de l’acte modifiant les statuts.
 L’action en responsabilité fondée sur
l’annulation de la société ou des actes et délibérations
postérieurs à sa constitution se prescrit par trois ans à
compter du jour où la décision d’annulation est passée en force
de chose jugée.
- S’agissant des apports en nature, les associés peuvent engager
leur responsabilité solidaire lorsqu’ils procèdent eux-mêmes à leur
évaluation.
B- Les cas de responsabilité pénale
Aux termes des articles 886 et suivants de l’Acte uniforme, les
infractions relatives à la constitution des sociétés sont sanctionnées
pénalement. Il en va ainsi de l’émission d’actions avant
l’immatriculation ou à n’importe quelle époque lorsque l’immatriculation
est obtenue par fraude ou que la société est irrégulièrement constituée.

Section 2- Fonctionnement des Sociétés Commerciales


S’il est vrai qu’il existe une diversité de sociétés commerciales, il
est toutefois possible de dégager un certain nombre de règles qui leur
sont communes en ce qui concerne leur fonctionnement (I) et les
sanctions qui sont encourues en cas de non-respect de ces règles de
fonctionnement (II).

72 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la
Dissolution des sociétés commerciales

I- Les règles communes de fonctionnement des


sociétés
Il existe des principes généraux en matière de fonctionnement
des sociétés commerciales.
A- Les organes qui interviennent dans le
fonctionnement des sociétés
Le fonctionnement d’une société implique l’intervention de trois
types d’organes : l’organe de décision, l’organe de gestion et l’organe
de contrôle.
1- L’organe de décision
L’organe de décision est constitué de la collectivité des associés.
Ces derniers jouissent de beaucoup de prérogatives dans la société.
Selon l’Acte uniforme, les titres sociaux confèrent à leurs titulaires :
- Un droit sur les bénéfices réalisés par la société lorsque leur
distribution a été décidée ;
- Un droit sur les actifs nets de la société lors de leur
répartition, à sa dissolution ou à l’occasion d’une réduction de son
capital ;
- Le droit de participer et de voter aux décisions collectives
des associés, à moins que l’Acte uniforme en dispose autrement
pour certaines catégories de titres sociaux (on parle également de
droit politique). Par l’expression de ce droit, les associés se
regroupent au sein des assemblées ; mais ils peuvent être consultés
par écrit dans les conditions déterminées par l’Acte uniforme
(articles 134 à 136). Le droit de vote de chaque associé est
proportionnel à sa participation au capital de la société à moins qu’il
n’en soit disposé autrement par l’Acte uniforme. L’abus de droit de
vote est sanctionné. Sont principalement visé par l’Acte, l’abus de
majorité et l’abus de minorité.
2- L’organe de gestion
Les organes de gestion sont divers et leur composition peut
varier d’une société à une autre. C’est ainsi que la société peut être
dirigée par un ou plusieurs gérants (SNC, SCS, SARL) ou un ou

73
Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la HECM 2022
Dissolution des sociétés commerciales

plusieurs administrateurs (SA). L’accès aux fonctions de dirigeant d’une


société est libre et toute personne peut être désignée.
A l’exception des SARL, une personne morale peut être désignée
gérante (SNC, SCS) ou administrateur (SA) ; elle est alors soumise aux
mêmes conditions et obligations et encourt les mêmes responsabilités
civiles et pénales que si elle était gérante ou administrateur en son
nom propre sans préjudice de la responsabilité solidaire de la personne
morale qu’elle représente.
- Les fonctions des dirigeants de la société commencent à leur
désignation par les associés et cessent soit par l’arrivée du terme du
mandat, soit par suite de décès, d’incapacité, d’interdiction ou
d’incompatibilité, soit encore en cas de démission ou de révocation. Les
tiers doivent être informés de la nomination, de la révocation,
démission et cessation de fonction des dirigeants. Cette publicité est
faite par inscription au RCCM.
- Les gérants et les administrateurs sont chargés de faire
marcher la société. Ils ont la signature sociale ; ils agissent donc pour
le compte de la société.
La société peut enfin être engagée à l’égard des tiers pour les
fautes de gestion des dirigeants. Il s’agit là d’une responsabilité pour
faute. En effet, s’il est vrai que les dirigeants ont des pouvoirs très
étendus, il n’en demeure pas moins qu’ils sont soumis à un régime
sévère de responsabilité. Ainsi sur le plan civil, leur responsabilité
personnelle peut être engagée dans plusieurs hypothèses. Il en sera
ainsi pour les fautes et infractions commises dans l’exercice de leurs
fonctions.
La responsabilité des dirigeants peut également être engagée sur
le plan pénal.
3- L’organe de contrôle
Le contrôle d’une société est une prérogative des associés
découlant de l’affectio societatis. Il se manifeste de plusieurs
manières :
- A travers l’information : tout associé peut poser par écrit au
gérant, au PDG, au DG, ou à l’administrateur général, deux fois par
exercice, des questions sur tout fait de nature à compromettre la

74 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la
Dissolution des sociétés commerciales

continuité de l’exploitation. Les destinataires de ces questions


doivent lui répondre par écrit dans le mois qui suit. Les associés ont
un droit permanent sur les affaires sociales. Ils ont le droit à partir
du quinzième jour précédant l’AGO annuelle, de poser par écrit des
questions à la gérance qui doit y apporter des réponses, au cours de
l’assemblée ;
- Par l’approbation des comptes qui est de la compétence
exclusive de l’AG ;
- Par la faculté de déclencher une procédure d’alerte lorsque
les associés à l’occasion d’un contrôle de gestion découvrent des
faits de nature à compromettre la continuité de l’exploitation ;
- Par la demande d’une expertise de gestion ;
- Par le contrôle de certaines conventions conclues entre la
société et les dirigeants.
- Dans certains types de sociétés, des organes extérieurs
indépendants, sont spécialement chargé du contrôle de la société (SA,
SARL). Il s’agit des commissaires aux comptes. Leur mission est
essentiellement et traditionnellement une mission de contrôle des
comptes. De manière plus ponctuelle, le commissaire aux comptes est
appelé à exercer deux types de contrôle :
 certifier la régularité la sincérité et la fidélité
des états financiers de synthèses ;
 vérifier le respect de l’égalité entre associés.
Dans l’exercice de ses missions, le commissaire aux comptes est
obligé de porter à la connaissance des dirigeants sociaux et des
associés les faits découverts au cours de ses investigations. Il doit
dénoncer au ministère public les faits délictueux découverts. Il peut
être amené lorsque la situation de la société lui semble périlleuse sur le
plan financier, à déclencher la procédure d’alerte.
Le commissaire aux comptes peuvent engager leur responsabilité
notamment sur le plan civil tant à l’égard de la société que des tiers s’il
a commis des fautes et négligences dans l’exercice de ses fonctions.

75
Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la HECM 2022
Dissolution des sociétés commerciales

B- Les règles de fonctionnement normal


Elles sont à la fois relatives à la gestion ordinaire et à la gestion
extraordinaire.
ss1.- Les règles de gestion ordinaire
Elles ont trait pour l’essentiel aux obligations comptables et à la
répartition des bénéfices.
a- Les obligations comptables
Elles sont régies pour l’essentiel par l’Acte uniforme et par le
SYSCOA.
Les gérants sociaux sont astreints à des obligations comptables
et financières. Ainsi aux termes de la loi, la société commerciale doit,
par l’intermédiaire de ses dirigeants, tenir obligatoirement un livre
journal de toute opération effectuée, conserver les documents
justificatifs, faire un inventaire annuel pour faire ressortir son bilan et
compte « pertes et profits ».
b - La répartition des bénéfices
Le bénéfice qui est visé ici c’est le bénéfice comptable. Il s’agit de
déterminer les conditions dans lesquelles les bénéfices peuvent être
distribués aux associés.
2- Les règles de gestion extraordinaire
La société peut connaître d’importantes modifications de
structures (changement complet de l’objet social, augmentation du
capital social, etc.). Ces événements extraordinaires qui nécessitent la
convocation d’une AGE font l’objet de réglementation différente selon
les types de sociétés mais on peut noter deux groupes de règles
communes : la transformation et la concentration des sociétés
commerciales.

a- La transformation de la société
C’est l’opération par laquelle une société change de forme
juridique par décision des associés. Il n’y a transformation que s’il y a

76 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la
Dissolution des sociétés commerciales

changement de forme. Ce n’est pas le cas, par exemple, lorsqu’une


SARL se transforme en SURL, car la SURL n’est que la forme
unipersonnelle de la SARL.
En revanche, on va au-delà de la transformation visée par les
textes en changeant totalement de catégorie, par exemple en
transformant une société en GIE ou en association. Dans ce cas, il y a
rupture de la personnalité morale.
La transformation régulière consiste donc, par exemple, à
transformer une SARL en SA, ou une SNC en SARL.
Les parties sont totalement libres de décider de cette
transformation mais ce principe connaît deux exceptions.
- Dans certains cas, la transformation est rendue obligatoire
par la loi. Ainsi, par exemple, en cas de réduction du capital social à
un montant inférieur au minimum légal pour les SA ou bien encore,
dans le cas où le nombre des associés d’une SARL viendrait à être
supérieur à 50.
- D’autres fois, la transformation est au contraire impossible :
une société anonyme ne peut se transformer qu’après
l’établissement et l’approbation du bilan des deux premiers
exercices.
L’intérêt pratique de la transformation, c’est d’éviter à la société
une dissolution suivie de la création d’une nouvelle société. Selon l’Acte
uniforme, en effet, la transformation ne constitue qu’une modification
des statuts et est soumise aux mêmes conditions de forme et de délai
que celle-ci. Ainsi ce sont les associés qui avaient opté pour une forme
donnée ; ce sont eux et non les dirigeants qui vont prendre la décision
de transformation. Ils se réunissent en assemblée générale pour
arrêter le principe et les conditions de la décision de transformation.
Une telle décision impose alors une majorité qualifiée qui varie en
fonction du type de société, mais aussi de la nouvelle forme souhaitée.
La transformation prend effet à compter du jour où la décision la
constatant est prise. Cependant, elle ne devient opposable aux tiers
qu’après achèvement des formalités de publicité et ne produit point
d’effet rétroactif.

77
Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la HECM 2022
Dissolution des sociétés commerciales

La transformation régulière d’une société n’entraîne pas la


création d’une personne morale nouvelle. Ainsi la protection des tiers
est assurée.

b- La concentration des sociétés commerciales


Elle se nourrit de toutes les situations économiques et peut se
traduire par des fusions ou des opérations assimilées permettant la
restructuration ou le rapprochement des entreprises (participation dans
le capital d’une autre société et constitution d’un groupe).
- Fusion et scission
Il existe deux formes de fusions : la fusion « absorption » et la
fusion « combinaison ».
 Dans le premier cas, une société transmet son
patrimoine à une société existante qui l’absorbe ;
 Dans le second cas, deux sociétés transmettent leur
patrimoine à une nouvelle société qu’elles constituent en se
combinant.

- Le groupe de sociétés.
C’est un ensemble formé par des sociétés unies entre elles par
des liens divers qui permettent à l’une de contrôler les autres (on parle
de groupe sociétaire). Il y a également groupe de sociétés lorsqu’une
personne physique contrôle plusieurs sociétés (on parle de groupe
personnel).
Le groupe de sociétés n’a pas d’existence juridique. Chaque
société d’un groupe conserve son autonomie juridique même si la
société mère possède 100% du capital de la société filiale.
- La prise de participation dans le capital d’une autre
société
Lorsqu’une société possède dans une autre société une fraction
du capital égale ou supérieure à 10%, la première est considérée
comme ayant une participation dans la seconde.

78 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la
Dissolution des sociétés commerciales

+ Société mère -Filiale


Une des figures de base d’un groupe de sociétés est celle qui
présente d’un côté une société dominante et de l’autre une société
dominée. Tel est le cas de la société mère et de sa filiale.
La société mère est définie comme étant celle qui possède plus
de la moitié du capital d’une autre société. Cette dernière est alors la
filiale de la première.
Une société peut même être une filiale commune de plusieurs
sociétés mères. Il en est ainsi lorsque son capital est possédé par les
dites sociétés mères, qui doivent :
 Posséder dans la filiale commune, séparément,
directement ou indirectement par l’intermédiaire de personnes
morales, une participation financière suffisante pour qu’aucune
décision extraordinaire ne puisse être prise sans leur accord ;
 Participer à la gestion de la société filiale commune.
Ainsi sur le plan juridique, la filiale est simplement une société
sous la dépendance ou le contrôle d’une autre.
- L’apport partiel d’actif
L’apport partiel d’actif est l’opération par laquelle une société
apporte à une autre société une partie de son patrimoine et reçoit en
contrepartie des parts ou actions.
L’apport partiel d’actif ressemble à une fusion ou à une scission
dans la mesure où la société qui apporte, apporte à la fois un actif et
un passif. Elle s’en distingue cependant en ce que la société qui apporte
n’est pas dissoute. D’un autre côté, elle s’apparente à un apport en
nature à titre onéreux, dans la mesure où elle comporte une
contrepartie sous forme de droits sociaux et une autre sous forme de
prise en charge du passif.

B- Les règles de fonctionnement en période de crise :


l’administration provisoire
Il arrive que le fonctionnement d’une société soit émaillé de
dissensions internes allant jusqu’à mettre en péril l’intérêt social (par

79
Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la HECM 2022
Dissolution des sociétés commerciales

exemple une mésentente entre associés ayant conduit à un blocage,


absence de majorité dans une AG, conflit dans un Conseil
d’Administration etc.). Ainsi les cas graves de crise conduisent bien
souvent à la dissolution. C’est donc dans le souci de protéger la société
que le juge est amené à s’immiscer dans sa gestion lorsque sa survie
est en cause, en désignant un administrateur provisoire.
1- Le champ d’application de l’administration provisoire
La nomination d’un administrateur provisoire ne se conçoit qu’en
cas de crise grave mettant en péril la survie même de la société.
Certains auteurs l’assimilent ainsi à une assistance à personne en
danger. Ainsi pour la nomination de l’administrateur provisoire, il est
fait appel en principe à la procédure des référés : il faut apporter la
preuve qu’il y’a urgence et péril imminent relativement aux intérêts de
la société.
2- Les pouvoirs de l’administrateur provisoire
C’est le juge qui définit par ordonnance l’étendue des pouvoirs de
l’administrateur provisoire. La question est dès lors de savoir
jusqu’où peut aller l’administrateur provisoire ?
En règle générale on admet que sa mission devrait être
cantonnée dans la gestion des affaires courantes.

II- Les responsabilités liées au fonctionnement de la


société
Il s’agit principalement de la responsabilité des organes de
gestion, d’administration ou de direction de la société. Cette
responsabilité peut être civile ou pénale.

A- La responsabilité civile liée au fonctionnement de


la société
Il existe deux types d’action en responsabilité : l’action
individuelle et l’action sociale
1- L’action individuelle vise la réparation du dommage subi
par un tiers ou par un associé personnellement (dommage distinct

80 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la
Dissolution des sociétés commerciales

du dommage subi par la société). Il s’agit donc d’une action qui


appartient à la personne qui a subi le dommage. Elle se prescrit par
trois ans sauf si le fait dommageable est constitutif de crime auquel
cas la prescription est allongée à dix ans. Il faut noter que la
responsabilité est solidaire si plusieurs dirigeants ont participé aux
mêmes faits.
2- L’action sociale vise la réparation du dommage subi par
la société. Ainsi chaque dirigeant est responsable individuellement
envers la société des fautes qu’il commet dans l’exercice de ses
fonctions. L’action appartient aux organes sociaux et est intentée
par le biais des dirigeants. En cas d’inaction de ses derniers, un ou
plusieurs associés, pourront intenter l’action sociale à condition
qu’ils aient mis au préalable en demeure les dirigeants sans
succès et ce, dans un délai de trente jour. Elle se prescrit par
trois ans sauf si le sauf si le fait dommageable est constitutif de
crime auquel cas la prescription est allongée à dix ans. Cette
responsabilité est également solidaire si plusieurs dirigeants ont
contribué aux mêmes faits.

B- La responsabilité pénale liée au fonctionnement


de la société
Les infractions de nature à engager la responsabilité pénale des
personnes qui interviennent dans le fonctionnement de l’entreprise sont
énumérées dans les articles 889 à 895 de l’Acte uniforme (il s’agit par
exemple de l’inventaire frauduleux, états financiers de synthèse de
fantaisie, abus de biens sociaux etc.).
Les infractions visées sont relatives à la gérance, à
l’administration et à la direction des sociétés mais aussi aux AG.

Section 3- La dissolution (mort) des Sociétés


Commerciales
C’est l’acte qui constate ou prononce la disparition de l’être social
et qui entraîne la liquidation du patrimoine.

81
Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la HECM 2022
Dissolution des sociétés commerciales

I- Les causes de dissolution


Il convient de distinguer les causes contractuelles de dissolution,
c’est-à-dire celles qui résultent de la mise en œuvre d’une disposition
statutaire, de l’hypothèse de la dissolution judiciaire.
A- Les causes contractuelles de dissolution.
On peut en dénombrer cinq.
1- L’arrivée du terme
Un an au moins avant l’arrivée du terme, les associés doivent
être consultés sur une éventuelle prorogation. Si l’assemblée n’est pas
réunie à cette fin, tout associé peut demander au Président du tribunal
compétent sur requête de désigner un mandataire de justice qui
provoquera cette consultation. La décision de prorogation ou de refus
de prorogation sera prise à l’unanimité des associés ou, si les statuts le
prévoient, à la majorité nécessaire pour leur modification.
Si la prorogation n’est pas décidée avant le terme, la société sera
dissoute. La prorogation n’entraîne pas la création d’une personne
morale nouvelle.
Si la société continue à fonctionner après le terme et sans qu’une
prorogation soit intervenue, elle sera considérée comme une société
créée de fait.

2- L’extinction ou disparition de l’objet social


Il en est ainsi lorsque l’objet social devient impossible ou illicite.
Mais en réalité l’hypothèse est assez rare compte tenu de la façon dont
la clause relative à l’objet est habituellement rédigée, mais si elle
survient, elle est irrémédiable ; la régularisation n’est pas possible.

3- La dissolution par décision des associés


Les associés peuvent toujours, dans les conditions prévues pour
la modification des statuts, décider la dissolution anticipée de la
société.

82 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la
Dissolution des sociétés commerciales

Pour les SNC il faut l’unanimité, pour les SARL, ¾ du capital


social et pour les SA, 2/3 des actionnaires.

4- La dissolution pour toute autre cause prévue


par les statuts
Les statuts peuvent prévoir par exemple la dissolution si un
associé décède ou encore, s’il y’a trois exercices consécutifs
déficitaires.

5- La dissolution par l’annulation du contrat de


société
Elle est prévue notamment lorsque la nullité du contrat est
prononcée.

B- Les causes de dissolution judiciaire


La tendance générale est de ne pas favoriser la dissolution et de
la soumettre à des conditions assez strictes. Ainsi nous avons :
1- La dissolution pour justes motifs
La dissolution peut être demandée par un ou plusieurs associés
pour « justes motifs ». Ce pourra être la cas en cas d’inexécution de
ses obligations par un associé ou, plus fréquemment, en cas de
mésintelligence entre associés conduisant à la paralysie du
fonctionnement de la société (disparition de l’affectio societatis).

2- La réunion de toutes les parts en une seule


main
C’était jadis (avant qu’existent les sociétés unipersonnelles) une
cause générale de dissolution particulièrement dangereuse car la
situation pouvait naître d’évènements involontaires et incontrôlables
(par exemple le décès d’un associé aboutissant à la réunion de toutes
les parts entre les mains de son héritier). Aujourd’hui, cette dissolution

83
Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la HECM 2022
Dissolution des sociétés commerciales

est expressément écartée lorsqu’une société unipersonnelle peut


exister (c’est par exemple le cas pour les SURL ou SAU.
Même dans les autres cas, la réunion des parts en une seule
main n’entraine plus la dissolution de plein droit de la société.
Simplement, l’associé unique peut, à tout moment, dissoudre la société
par déclaration au greffe du tribunal. De même, tout intéressé peut
demander cette dissolution si la situation n’a pas été régularisée dans
le délai d’un an.

II- Les effets de la dissolution : la liquidation


La conséquence normale de la dissolution c’est la liquidation et le
partage de l’actif social.
La dissolution de la société entraîne normalement sa liquidation.
Cette conséquence de la dissolution intéresse évidemment au premier
chef les tiers et particulièrement les créanciers sociaux.
En tout état de cause, le nom de la société devra être suivi de la
mention « en liquidation » dans tous les actes et documents destinés
aux tiers.
A- Nomination et pouvoirs du liquidateur
- Le liquidateur est nommé conformément aux statuts et peut
être une personne physique ou morale (un ou plusieurs liquidateurs
peuvent être nommés). La nomination n’est opposable aux tiers qu’à
compter de sa publication, qui doit intervenir dans le délai d’un mois
dans un journal d’annonces légales.
- La désignation entraîne la cessation des fonctions des organes
de direction, d’administration et de gestion de la société. C’est le
liquidateur qui est désormais le représentant de la personne morale en
voie de liquidation. En revanche, les organes de contrôle, de
surveillance et les assemblées continuent d’exercer leurs missions.
- Le liquidateur peut être révoqué et remplacé selon les formes
prévues pour sa nomination (parallélisme des formes). Là encore, les
décisions doivent être publiées et ne sont opposables aux tiers qu’à
compter de cette publication.

84 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la
Dissolution des sociétés commerciales

- En principe, la durée du mandat du liquidateur est de trois ans


maximum avec possibilité de renouvèlement sous contrôle judiciaire.
- Il peut engager sa responsabilité civile ou pénale s’il commet
des fautes dans l’exercice de sa mission.

B- Le principe de survie de la personnalité morale


pour les besoins de la liquidation
- La société continue de survivre en tant que sujet de droit
jusqu’à la clôture des opérations de liquidation. Elle conserve donc son
patrimoine et sa capacité juridique (et donc judiciaire). Le liquidateur
peut prendre, au nom de la société, tous les engagements utiles à la
liquidation.
Toutefois, cette survie n’est prévue que « pour les besoins de la
liquidation ». La société en liquidation ne peut donc pas engager de
nouvelles opérations sans lien avec la liquidation, à peine de nullité de
l’opération ou de qualification de société créée de fait entraînant la
responsabilité de tous les associés.
C- Les opérations de liquidation et de partage
- Le liquidateur a pour mission de faire l’inventaire des droits et
des obligations, des créances et des dettes sociales, pour faire exécuter
et recouvrir les uns et payer les autres, afin de parvenir à un solde net
qui fera l’objet d’un partage entre les associés.
- Le liquidateur peut parfaitement vendre des éléments d’actif,
mais ces opérations sont encadrées par la loi.
 Ainsi, dans les sociétés commerciales, la cession
d’actifs au liquidateur lui-même, à ses employés, ascendants ou
descendants est interdite.
 De même, la cession d’actifs à des personnes ayant
exercé des fonctions de direction d’administration ou de
surveillance n’est possible qu’avec l’accord unanime des
associés.
- En tout état de cause, le liquidateur doit rendre compte de sa
mission aux associés dans les conditions prévues dans l’acte de

85
Règles Communes Applicables à la Constitution, au Fonctionnement et la HECM 2022
Dissolution des sociétés commerciales

nomination ou, à défaut de précisions, au moins une fois par an sous


forme d’un rapport écrit.
Quand le compte définitif de liquidation est établi, le liquidateur
doit à nouveau réunir une assemblée qui devra adopter ce compte,
donner un quitus de gestion au liquidateur et prononcer la clôture des
opérations de liquidation.
 Si l’assemblée refuse d’approuver les comptes ou si
elle ne peut être réunie (dans cette phase, les associés se
désintéressent parfois totalement de la société), c’est le tribunal
compétent qui devra statuer sur ces points.
 Les comptes définitifs, la décision d’approbation et de
clôture ou la décision de justice sont déposés au greffe du
tribunal.
- Après publication d’un avis de clôture, la société est radiée du
RCCM. Le partage peut alors intervenir.

86 Cours du droit des affaires


DEUXIEME PARTIE :
DROIT SPECIFIQUE AUX SOCIETES ET AU GIE
CHAPITRE I : LES SOCIETES DE PERSONNES OU A RISQUE
ILLIMITE

On distingue deux sociétés commerciales de ce type :


- La SNC
- La SCS
Section 1 : La Société en Noms Collectifs (SNC)
C’est une société commerciale par la forme. Elle ne peut être
constituée que par au moins deux personnes.

I- La naissance de la SNC
A- Conditions de fond
- Les associés au nombre de deux au moins, sont tous des
commerçants et sont solidairement et indéfiniment responsables des
dettes sociales.
- Le capital social est divisé en parts sociales de même valeur
nominale et aucun minimum n’est exigé.
- La cession des parts par un des associés n’est possible
qu’avec le consentement unanime de tous les associés (elles ont un
caractère intuitus personae).
- Elle doit être constatée par écrit mais pour qu’elle soit
opposable à la société, elle doit en outre remplir les conditions
suivantes :

- Une signification par exploit d’huissier (acte


d’huissier)

- Une acceptation par la société dans un acte


authentique

- Un dépôt d’un original de l’acte de cession au siège


social contre remise par le gérant d’une attestation de dépôt.
- Pour qu’elle soit également opposable aux tiers, il faut :

- Une signification par exploit d’huissier (acte


d’huissier)

- Une acceptation par la société dans un acte


authentique

- Un dépôt d’un original de l’acte de cession au siège


HECM 2022 Les Sociétés de Personnes ou à Risque Illimité

social contre remise par le gérant d’une attestation de dépôt.

- Une publication de la cession en annexe au


RCCM.
- La réunion entre les mains d’un seul associé, des parts
n’entraîne pas la dissolution de plein droit, mais oblige à régularisation.

B- Les conditions de forme


Ce sont les statuts qui organisent la gérance de la société.
Voir les formalités de constitution des sociétés
commerciales en général (1ère partie).
Il faut noter que la publicité est requise à peine de nullité.

II- La vie de la SNC


La SNC fonctionne à travers des organes qui prennent des
décisions qui font l’objet de contrôle.

A- Le gérant de la SNC
La SNC est gérée par une ou plusieurs personnes physiques ou
morales, associées ou non.

1- En ce qui concerne sa nomination : il est désigné dans les


statuts ou dans un acte ultérieur. Il peut être associé ou non.
- Une personne morale peut être gérante mais dans ce cas, les
dirigeants de la personne morale sont soumis aux mêmes conditions et
obligations et encourent les mêmes responsabilités civiles et pénales
que s’ils étaient gérants en leur nom propre, sans préjudice de la
responsabilité solidaire de la personne morale.
 En cas silence des statuts, tous les associés sont
réputés gérants.
2- En ce qui concerne sa révocation
Lorsque tous les associés sont gérants, la révocation de l’un
d’eux ne peut être faite qu’à l’unanimité des autres.

89
Les Sociétés de Personnes ou à Risques Illimité HECM 2022

De même, la révocation d’un gérant associé statutaire


(nommé par les statuts) ne peut se faire qu’à l’unanimité des
autres.
Pour un gérant non statutaire, elle se fera à la majorité en
nombre et en capital des associés.
- La révocation entraine la dissolution de la société, à moins que
la continuation ne soit prévue par les statuts ou que les autres associés
ne la décident à l’unanimité.
3- En ce qui concerne ses pouvoirs : ils sont déterminés par
les statuts. Le gérant engage la société par tous les actes entrant dans
l’objet social : les clauses statutaires limitant ses pouvoirs sont
inopposables aux tiers. Les tiers devront avant de contracter avec une
SNC vérifier la qualité et l’étendue des pouvoirs du gérant.
- Lorsqu’il y a plusieurs gérants, chacun tient les mêmes pouvoirs
que s’il était seul gérant de la société.

B- Les décisions collectives


- Elles sont prises en Assemblée Générale. Les réunions en
Assemblée sont obligatoires dans deux hypothèses :
Une fois par an dans les six mois de la clôture de l’exercice
pour l’approbation des comptes (AG annuelles) ;
Lorsque la réunion est demandée par l’un des associés.
- En dehors des réunions en AG, les associés ont la possibilité de
faire des consultations écrites notamment lorsque le gérant excède ses
pouvoirs statutaires.
C- Le contrôle de la SNC
1- Le contrôle par les commissaires aux comptes
Les SNC n’ont pas l’obligation de désigner un commissaire aux
comptes, mais rien ne leur interdit d’en nommer.
2- Le contrôle par les associés
Ils ont un droit de communication biannuelle et un droit de
communication annuelle.
Le droit de communication biannuelle : c’est un droit de
contrôle couvrant l’ensemble des pièces comptables, procès-verbaux

90 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Les Sociétés de Personnes ou à Risque Illimité

des délibérations et des décisions collectives; il s’exerce deux fois


par an au siège de la société. L’associé doit avertir le gérant 15
jours au moins à l’avance.
Le droit de communication annuelle : c’est un droit de
communication temporaire qui ne s’exerce qu’à la veille de l’AG
annuelle, portant sur le rapport de gestion, l’inventaire et les états
financiers de synthèse, et le cas échéant, le rapport du commissaire
aux comptes.

III- La fin de la SNC : la dissolution


Hormis les causes de dissolution communes, la SNC est dissoute
pour les raisons suivantes :
A- Le décès d’un associé, sauf si les statuts prévoient la
continuation de la société ;
B- L’intervention d’une mesure invalidante.
Les mesures invalidantes peuvent être :
- La liquidation des biens ou la faillite
- Une mesure d’incapacité et l’interdiction d’exercer le
commerce, prononcées à l’encontre d’un associé.
Toutefois, si la continuation n’est pas prévue aux statuts, les
associés peuvent, cette fois-ci, le décider (a posteriori) à l’unanimité.
C- La révocation d’un gérant statutaire, sauf continuation
prévue aux statuts ou décidée à l’unanimité par les autres associés.

91
Les Sociétés de Personnes ou à Risques Illimité HECM 2022

Section 2 : La Société en Commandite Simple (SNC)


I- La naissance de la SCS
A- Les conditions de fond
1- En ce qui concerne la qualité des associés, il y a deux
types d’associés : les commandités et les commanditaires.
Les commandités : ils ont obligatoirement la qualité de
commerçant et sont donc solidairement et indéfiniment tenus des
dettes sociales.
Les commanditaires : ils n’ont pas la qualité de commerçant
et sont donc responsables dans la limite de leurs apports.
Cependant si le nom des commanditaires est incorporé dans la
dénomination sociale de la SNC, la conséquence sera qu’ils seront
également responsables indéfiniment et solidairement des dettes
sociales.
NB- Comme dans la SNC, les associés de la SCS doivent être au
nombre de deux au moins (condition identique à la SNC).
2- En ce qui concerne le capital social : il est divisé en parts
sociales de même valeur nominale et aucun minimum n’est exigé.
- La cession des parts sociales ne peut se faire qu’avec le
consentement unanime des associés en raison de leur caractère
intuitus personae.
- La cession des parts des commanditaires ou des commandités à
des tiers étrangers nécessite le consentement unanime des associés
commandités et la majorité en nombre et en capital des associés
commanditaires.
- La cession des parts obéit aux mêmes règles que celle de la
SNC.

B- Les conditions de forme


Outre les conditions communes et les 12 mentions obligatoires
de l’article 13 de l’Acte uniforme sur les sociétés commerciales, les
statuts de la SCS doivent nécessairement contenir les indications
suivantes :
1- Le montant ou la valeur des apports de tous les
associés ;

92 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Les Sociétés de Personnes ou à Risque Illimité

2- La part dans ce montant de cette valeur de chaque


associé commandité ou commanditaire ;
3- La part globale des associés commandités et la part
de chaque associé commanditaire dans la répartition des
bénéfices et dans la répartition des bénéfices et dans le boni (ou
produit de la liquidation).
NB : Voir les 12 mentions à la page 9.

II- Le fonctionnement (vie) de la SCS


La SCS comme la SNC fonctionne à travers des organes de
décision et de contrôle.
A- La gérance de la SCS
1- La SCS est gérée par tous les associés commandités.
Toutefois, on peut désigner un ou plusieurs gérants parmi ceux-ci dans
statuts ou par un acte postérieur. Dans le 1er cas de nomination, il est
révoqué l’unanimité, et dans le 2nd cas, à la majorité en nombre et en
capital
2- Les commanditaires sont exclus de la gestion externe
(représentation). Ils ne peuvent faire donc faire aucun acte de gestion
même en vertu d’une procuration. Mais ils peuvent quand même
formuler des avis et conseils, faire des actes de contrôle et de
surveillance qui ne les engagent cependant pas (gestion interne).
Toute violation de cette interdiction entraîne leur responsabilité
indéfinie et solidaire du moins pour les actes de gestion qu’ils ont faits,
soit pour leur totalité, soit pour quelques-uns seulement.
3- Les pouvoirs du gérant sont déterminés par les statuts.
4- La cession des parts sociales. Celles-ci sont cessibles dans
les conditions prévues par la loi.

B- Les décisions collectives


Il s’agit des décisions relevant des pouvoirs souverains des
associés. Elles sont prises soit en Assemblée, soit par le biais de
consultations écrites.

93
Les Sociétés de Personnes ou à Risques Illimité HECM 2022

1- L’AG annuelle est tenue obligatoirement dans les six mois qui
suivent la clôture des comptes. Elle est convoquée à l’effet d’approuver
le rapport de gestion, l’inventaire et les états financiers de synthèse
établis par les gérants.
2- L’AG annuelle ne peut valablement se tenir que si elle réunit
une majorité d’associés représentant la moitié du capital social. Elle est
présidée par l’associé représentant par lui-même ou comme
mandataire le plus grand nombre de parts sociales.
3- Elle est convoquée par l’un des gérants associés ou par le
quart en nombre et en capital des associés commanditaires.
3- Les consultations écrites constituent une autre forme de prise
des décisions par les associés quand celles-ci excèdent les pouvoirs du
gérant.

C- Le contrôle de la SCS
1- Il peut être effectué par un commissaire aux comptes. En
effet, rien n’interdit la nomination d’un commissaire pour ce type de
société.
2- Le principal contrôle est effectué par les associés. Ils ont un
droit de communication bisannuelle portant sur le rapport de gestion,
l’inventaire et les états financiers de synthèse établis par les gérants.
Ils doivent l’exercer avant la tenue de l’assemblée.
Ils ont également un droit de communication annuelle.

III- La fin de la SCS


Outre les causes de dissolution communes à toutes les sociétés,
la SCS prend fin notamment :
- En cas de décès d’un des associés commandités, sauf si les
statuts prévoient la continuation de la société avec les héritiers
qui, s’ils sont mineurs non émancipés, deviennent des associés
commanditaires (car le mineur non émancipé ne peut être
commerçant) ;
- En cas de décès de l’associé unique commandité, s’il n’est
pas pourvu à son remplacement par un nouvel associé

94 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Les Sociétés de Personnes ou à Risque Illimité

commandité ou à la transformation de la société dans le délai d’un


an à compter du décès.

95
CHAPITRE. II : LES SOCIETES DE CAPITAUX OU A RISQUE
LIMITE : LA SARL ET LA SA

Dans ces types de sociétés, c’est l’apport de capitaux que


l’associé fait qui copte et non sa personnalité. On y entre comme on y
sort librement. Les associés ne sont pas personnellement responsables
du passif. Ils ne répondent des dettes sociales qu’à concurrence de leur
apport.
Pour des raisons de commodité, nous ferons une
présentation comparée d’elles suivant les conditions de leur
constitution, leur fonctionnement et leur dissolution.

Section 1- Les conditions de constitution de la SA et de la


SARL
I- Les conditions de fond
A- En ce qui concerne le capital social
* Dans la SA, le minimum légal est de 10 millions, mais sera
de 100 millions si elle fait appel public à l’épargne. Le capital social
est divisé en parts appelées actions d’un montant nominal de 10
000 F CFA.
Ces actions sont soit nominatives ou au porteur.
* Dans la SARL, le minimum légal est de 1 million. Le
capital social est divisé en parts sociales de valeur nominale de 5 000 F
CFA.
B- En ce qui concerne la libération des fonds lors de
la souscription
1- Dans la SA,
 Les apports en numéraire doivent être
obligatoirement libérés du quart au moins de leur montant ; le
surplus devant être libéré dans les 3 ans suivant
l’immatriculation au RCCM ou l’augmentation du capital ;
 Les apports en nature doivent toujours être libérés à
la souscription ;
 Les apports en nature ainsi que les avantages
particuliers doivent, quelle que soit leur valeur, être vérifiés par
un commissaire aux apports.
HECM 2022 Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA

2- Dans la SARL,
 Les apports doivent être entièrement libérés au
moment de la constitution.
 Les fonds libérant les apports en numéraire doivent
être obligatoirement déposés chez un notaire ou en banque, sur
un compte bloqué jusqu’à l’immatriculation au RCCM.
 Les apports en nature d’une valeur globale
supérieure à 5 millions doivent obligatoirement être évalués par
un commissaire aux apports, choisi sur la liste des commissaires
aux comptes.

II- Les conditions de forme


1- Dans la SA, les statuts doivent être rédigés conformément à
l’article 10 de l’Acte uniforme, par acte notarié ou par tout acte offrant
des garanties d’authenticité déposé avec reconnaissances de d’écritures
et de signatures par toutes les parties au rang des minutes d’un
notaire. Ils ne peuvent être modifiés qu’en la même forme.
- Ils doivent en outre indiquer :
1°) le mode d’administration et de direction retenu ;
2°) selon le cas, soit les nom, prénoms, adresse, profession et
nationalité des personnes physiques membres du premier conseil
d’administration de la société ou représentants permanents des
personnes morales membres du conseil d’administration, soit ceux de
l’administrateur général ainsi que ceux du premier commissaire aux
comptes et de son suppléant ;
3°) la dénomination sociale, le montant du capital et la forme
sociale des personnes morales membres du conseil d’administration ;
4°) la forme des actions émises ;
5°) les stipulations relatives à la composition, au fonctionnement
et aux pouvoirs des organes de la société ;
6°) le cas échéant, les restrictions à la libre négociabilité et à la
libre cession des actions, ainsi que les modalités de l’agrément et de la
préemption des actions.

97
Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA HECM 2022

- Les statuts sont signés par tous les souscripteurs en personne


ou par mandataire spécialement habilité à cet effet, après la
déclaration de souscription et de versement.
2- Dans la SARL, les statuts doivent être rédigés. Les mentions
devant figurer dans les statuts sont celles énoncées dans l’article 13 de
l’Acte uniforme (voir infra).
- De même selon l’article 315 de l’Acte uniforme, « l’associé ou
les associés doivent tous à peine de nullité, intervenir à l’acte
constitutif de la société, en personne ou par mandataire justifiant d’un
pouvoir spécial »

Section 2- Organisations et fonctionnement de la SA et de


la SARL
I- L’organe de gestion et d’administration
A- Dans la SARL, il s’agit d’un ou plusieurs gérants, personnes
physiques associés ou non. Ils sont nommés par les statuts ou par une
décision collective et sont révocables à la majorité simple du capital
social. La révocation ‘sans justes motifs’ peut donner lieu à des
dommages et intérêts en faveur du gérant révoqué.
B- Dans la SA, il s’agit d’un ou plusieurs administrateurs, pris
parmi les actionnaires. Ils sont nommés par les statuts ou par une
décision collective et sont révocables « ad nutum » sur décision de
l’AG. Un juste motif de révocation n’est donc pas nécessaire.
Les actionnaires d’une SA ont le choix entre deux modes
d’administration : la SA avec conseil d’administration et la SA
avec administrateur général.
* La SA avec conseil d’administration est dirigée par un
président directeur général (PDG) ou un directeur général (DG)
distinct du président du conseil d’administration (PCA).
 Le conseil d’Administration est composé de 3 à
12 membres. Le conseil d’administration peut comprendre
des membres qui ne sont pas actionnaires. Le nombre de
ces derniers ne peut cependant pas dépasser le tiers des
membres du conseil.
 Les premiers administrateurs sont désignés
par les statuts ou l’AG constitutive (dans ce cas leur

98 Cours du droit des affaires


HECM 2022 Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA

mandat ne pourra pas dépasser 2 ans). En cours de vie


sociale, les administrateurs sont désignés par l’AG
Ordinaire (dans ce cas leur mandat ne pourra pas dépasser
6 ans). Ils sont rééligibles en principe sauf stipulations
contraires des statuts.
 Lorsqu’un administrateur est une personne morale
(Etat du Sénégal dans la société ICS), elle désigne un
représentant permanent actionnaire ou non, pour la durée
de son mandat. Lors de chaque renouvèlement de son
mandat, elle doit indiquer si elle maintient ou non la
personne physique précédemment désignée.
 La désignation des administrateurs doit être
publiée au RCCM.
 Le Président Directeur Général (PDG) est
nommé parmi les membres du Conseil d’Administration. Il
est nécessairement une personne physique et la durée de
son mandat ne peut excéder celle de son mandat
d’administrateur.
* La SA avec Administrateur général. Cette possibilité est
offerte aux SA comprenant un nombre d’actionnaires égal ou
inférieur à 3. Ici, la direction sera assurée par cet Administrateur
général.
 Le premier Administrateur Général est désigné
dans les statuts ou l’AG constitutive (dans ce cas leur
mandat ne pourra pas dépasser 2 ans). En cours de vie
sociale, les administrateurs sont désignés par l’AG
Ordinaire (dans ce cas leur mandat ne pourra pas dépasser
6 ans).
 L’Administrateur Général est investi des pouvoirs
les plus étendus. Il est quasiment seul maitre à bord.

II- Les modalités de cession et de transmission des


parts
A- Dans la SARL, en principe, les cessions de parts sont libres
entre les associés, tandis que les cessions au profit de tiers, doivent
être autorisées par la majorité des associés non cédants représentant

99
Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA HECM 2022

au moins les trois quarts des parts sociales, déduction faite de celle du
cédant.
Toutefois, les statuts peuvent prévoir des modalités de cession
différentes.
* En cas de refus d’autorisation de cession, les associés non
cédants sont tenus solidairement et indéfiniment d’acquérir les parts
du cédant, dans les 3 mois, à moins que dans ce délai, ce ne soit la
société elle-même qui rachète les parts en réduisant son capital
social.
B- Dans la SA, des clauses statutaires peuvent restreindre la
liberté de transmission des actions nominatives, sauf toutefois entre
actionnaires et en cas de succession, de liquidation de communauté
entre époux, et de cession à un conjoint, à un ascendant ou à un
descendant.
* Le refus d’agrément d’un cessionnaire proposé, entraine
pour la société l’obligation de racheter ou de faire racheter les titres
dans les trois mois.
III- Les principales décisions collectives
A- Les décisions ordinaires concernent :
 L’approbation des comptes annuels ;

 La nomination et le remplacement des membres


des organes d’administration de même que la fixation de
leur rémunération ;
 L’affectation et la répartition des résultats ;
 Généralement toutes décisions n’entrainant
pas la modification des statuts.
* Les décisions ordinaires sont prises à la majorité du
capital social sur première consultation et à la majorité des
votes émis sur deuxième consultation dans les SARL, et à la
majorité des voix des actionnaires présents ou représentés
dans les SA.
* Les décisions extraordinaires concernent :
 L’augmentation ou la réduction du capital social ;

10 Cours du droit des affaires

0
HECM 2022 Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA

 La modification de la durée de l’exercice social ;

 Le transfert du siège ;

 La modification des modalités d’administration ;

 La décision de dissolution anticipée ;

 En général toutes les décisions entrainant une


modification des statuts.
- Les décisions extraordinaires sont prises à la
majorité des trois quarts du capital social dans les SARL, et à la
majorité des deux tiers des voix des actionnaires présents ou
représentés dans les SA.

IV- L’organe de contrôle dans la SA et la SARL


A- Dans la SARL, un commissaire aux comptes est
obligatoirement nommé pour trois ans renouvelables dans les sociétés
dépassant l’un des trois seuils :
 Capital social supérieur à 10 millions ;
 Chiffre d’affaires annuel supérieur à 250 millions ;
 Effectif permanent supérieur à 50 personnes.
Dans le cas contraire, un conseil de surveillance pourra être
chargé de vérifier les comptes et bilan annuels.
B- Dans la SA, un commissaire aux comptes titulaire et un
commissaire aux comptes suppléant sont obligatoirement nommés
pour six exercices (deux seulement à la constitution).
NB: Les S.A. faisant appel public à l’épargne, doivent
désigner deux commissaires aux comptes titulaires et deux
suppléants.
- Rôle des commissaires aux comptes
La mission essentielle des Commissaires aux Comptes (ou du
conseil de surveillance) est de surveiller et de contrôler les comptes
de la société. A cet effet,

10
1
Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA HECM 2022

* Ils disposent d’un droit permanent de vérification portant


notamment sur les livres comptables, la caisse, le portefeuille et les
valeurs de la société ;
* Ils doivent être convoqués à toutes les assemblées
générales et à toutes les délibérations des organes d’administration
;
* Ils doivent émettre sur les comptes, un rapport de
certification ou à défaut, indiquer les motifs de réserves émises ou
du refus de certification ;
* Ils sont tenus de faire des contrôles et des rapports dans
certaines circonstances (vente de biens par un actionnaire de la
société, réduction du capital, suppression de droit préférentiel de
souscription, transformation…)
Ils rendent compte de leur mission dans un rapport général
présenté à

V- Droits des associés et des actionnaires


A- Dans la SARL, les associés reçoivent des parts en
contrepartie de leurs apports.
B- Dans la SA, Les actionnaires reçoivent des actions. Il y a
plusieurs types d’actions dont :
 Les actions de numéraire, émises en
contrepartie de l’apport en espèces. Elles doivent être
libérées du ¼ au moins de leur valeur nominale lors de la
constitution de la société.
 Les actions d’apport, émises en contrepartie
d’apports en nature. Elles sont obligatoirement
nominatives et doivent être intégralement libérées à la
constitution. Elles ne sont pas librement négociables.
NB- Outre ces droits, les associés et les actionnaires ont :
* Un droit à l’information :
 par le droitde communication des documents
comptables de la société,

10 Cours du droit des affaires

2
HECM 2022 Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA

 par la présentation de rapports des organes


d’administration et de contrôle.
* Un droit de participation à la gestion sociale :
 droit de devenir administrateur (pour les
actionnaires dans les S.A.)
 droit de devenir gérant (pour les associés dans la
S.A.R.L.)
* Droits de vote aux assemblées : l’influence de
l’actionnaire par exemple, dépend du nombre d’actions détenus.
* Droits pécuniaires : droit au partage sur les profits
réalisés par la société. Il s’agit des dividendes distribués, du boni de
liquidation en cas de dissolution-liquidation de la société.

Attention : La responsabilité des actionnaires et des


associés face aux dettes sociales est limitée. En cas de perte, ils
ne les supportent qu’à concurrence du montant de leur mise
dans le capital social.

VI- La dissolution de la SARL et de la SA


A- Les causes de dissolution
Outre les causes communes, il y a des causes qui sont
spécifiques à la SARL et à la SA.
1- Dans la SARL, la perte des capitaux propres devenant
inférieurs à la ½ du capital social est une cause de dissolution.
2- Dans la SA, il y a :
 La perte d’actifs net représentant plus de
la ½ du capital social. En effet si du fait des pertes
constatées dans les états financiers de synthèse, les
capitaux propres de la société deviennent inférieurs à la ½
du capital, le Conseil d’Administration ou l’administrateur
général selon le cas, est tenu de provoquer la réunion de
l’AG extraordinaire,
 La réduction du capital social au-dessous

10
3
Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA HECM 2022

du minimum légal.
B- Les effets de la dissolution
Lors de la dissolution des sociétés, la volonté se manifeste dans
les statuts lorsque les associés ont prévu dans le statut un terme pour
la dissolution de la société ou dans les conventions conclues par les
associés. Il n’existe donc pas de procédure administrative ou judiciaire
par laquelle les pouvoirs publics peuvent mettre fin directement aux
activités d’une société lorsqu’elles sont jugées indésirables.
Lorsqu’on se base sur l’article 2 de l’Acte Uniforme relatif au droit
des sociétés commerciales et GIE qui stipule que : « les dispositions du
présent Acte Uniforme sont d’ordre public, sauf dans les cas où il
autorise expressément l’associé unique ou les associés, soit à
substituer les dispositions dont ils sont convenus à celles du présent
Acte Uniforme, soit à compléter par leurs dispositions celles du présent
Acte Uniforme », on constate que les exceptions au caractère impératif
des règles de cet Acte sont enfermées dans des conditions bien
déterminées. Il faut reconnaître que comme l’article 6 du code civil,
« on ne peut déroger, par des conventions particulières, aux lois qui
intéressent l’ordre public et les bonnes mœurs ». C’est une règle
cardinale empêchant que la volonté privée soit toute puissante, preuve
que dans l’esprit des codificateurs de 1804 il y avait bien entendu une
limite naturelle à la liberté contractuelle13. Néanmoins, chacun connaît
les difficultés qu’il y a, à définir l’ordre public, notion qui a provoqué un
véritable « concert de lamentations »14. L’ordre public est
classiquement analysé comme un standard du droit, c’est-à-dire une
norme à texture ouverte, une notion à contenu variable15. L’ordre
public étant une notion indomptable, qui se dérobe dès qu’on croit la
dominer16, d’abord les exceptions doivent être expressément prévues
par le législateur, ensuite elles doivent être portées par les clauses
statutaires ou par la déclaration de l’associé unique, enfin les
exceptions statutaires ne peuvent consister en substitution des

13 Pascale DEUMIER, Thierry REVET, V° « Ordre public », in Dictionnaire de la culture juridique, Paris,
PUF, 2003.
14 Jean-Baptiste RACINE, La diversité de l’ordre public, In Mélanges Jerry Sainte-Rose, La diversité du

droit, sous la (dir.) Catherine PUIGELIER, Bruxelles, Bruylant, 2003, p. 1201.


15 Jacques GHESTIN, « L’ordre public, notion à contenu variable, en droit privé français », Travaux du

centre national de recherches de logique, In Les notions à contenu variable en droit, Chaïm PERELMAN
et Raymond VANDER EST (dir.), Bruxelles, Bruylant, 1984, p. 77.
16 Jean-Baptiste RACINE, La diversité de l’ordre public, In Mélanges Jerry Sainte-Rose, La diversité du

droit, sous la (dir.) Catherine PUIGELIER, Bruxelles, Bruylant, 2003, p. 1201.

10 Cours du droit des affaires

4
HECM 2022 Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA

dispositions statutaires aux dispositions légales ou en complément des


dispositions légales17.
A côté des exceptions statutaires prévues par l’article 2, le
législateur a admis des exceptions légales.
A l’analyse de la manifestation de la volonté dans la société, il
ressort que la volonté ne crée pas à partir du néant, de façon
autonome, mais qu’elle aménage les rapports d’interdépendance
existant entre les associés dans le cadre de la loi et dans la mesure où
la loi le permet d’une part. D’autre part, l’orientation de l’économie a
pour but de canaliser la volonté afin qu’elle ne dégénère pas en
anarchie. Ce qui conduit à un accroissement des lois impératives et à
un formalisme développé.
A cette allure, la société commerciale est dominée par les normes
impératives. Sur 920 articles de l’Acte Uniforme relatif aux sociétés
commerciales et GIE, le nombre des dispositions qui consacrent la
liberté contractuelle est bien faible18. Il est urgent, de penser à
favoriser la liberté d’entreprendre dans le but de permettre un meilleur
fonctionnement des sociétés puisque l’économie repose sur cette liberté
indispensable à la vie des affaires. D’autant que même pour les
nécessités de la société, le juge ne peut le créer complètement puisqu’il
ne doit la « fondée sur ses propres convictions personnelles, politiques,
morales, économiques »19.
La dissolution peut être provoquée soit par la volonté des
associés soit par une intervention judiciaire20. La dissolution est la
disparition de la société. Le droit commun ainsi que l’acte uniforme
relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique prévoient plusieurs causes de dissolution des sociétés21.

17 Joseph ISSA SAYEGH, Le caractère d’ordre public des dispositions de l’acte uniforme relatif au droit
des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique, in Penant revue trimestrielle de droit
africain, N° 869, Octobre Décembre 2009, p. 394.
18 Joseph ISSA SAYEGH, Le caractère d’ordre public des dispositions de l’Acte Uniforme relatif au droit

des sociétés commerciales et du Groupement d’Intérêt Economique in Penant N° 869, Octobre-Décembre


2009, p. 396.
19 François TERRE, Philippe SIMLER, Yves LEQUETTE, Droit Civil, les obligations, 10e édition Dalloz,

Paris, 2009, n° 375, p. 391.


20 Paul-Gérard POUGOUE, (sous la direction de.), Encyclopédie du droit OHADA, sous la présidence

d’honneur de M. ABDOU DIOUF, préface de Barthélémy MERCADAL et l’avant-propos de Jacques DAVID,


éditions Lamy, Paris, 2011, p. 1391.
21 Jean YADO TOE, Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace

OHADA, Collection Précis de droit burkinabé, PADEG, 2007, p. 83.

10
5
Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA HECM 2022

Dissolution voulue par les associés. Dissolution décidée aux


conditions d’une modification des statuts. Dans ce cas, la société prend
fin par décision des associés aux conditions prévues pour modifier les
statuts. Il s’agit d’une dissolution anticipée qui impose de réunir le
consentement nécessaire pour une modification des statuts22. Pour les
sociétés de personnes, le principe demeure l’unanimité tandis que dans
les sociétés de capitaux, il faut une majorité qualifiée variable selon le
type de société. La décision relève dans tous les cas de la compétence
de l’assemblée générale extraordinaire dans les sociétés de capitaux.
Cette majorité se calcule par rapport au capital social23.
Les causes communes de dissolution de sociétés sont applicables
aux sociétés de personnes. Mais en raison de leur caractère intuitu
personae très marqué, celles-ci sont dissoutes de plein droit dans les
cas suivants : le décès d’un associé ou son absence ; la dissolution
d’une personne morale associée ; la révocation des gérants
statutaires ; la faillite d’un associé, son interdiction ou son incapacité
de faire le commerce. Il est néanmoins possible, dans tous ces cas,
d’éviter la dissolution automatique de la société, soit par une clause
appropriée insérée dans les statuts, soit par une décision prise par les
associés à l’unanimité24. On rappelle que la survenance de ces
événements à des associés n’ayant pas la qualité de commerçant n’est
pas une cause de dissolution automatique de la société.
La société étant un contrat, les associés peuvent donc fixer un
terme auquel elle doit prendre fin, de même qu’ils peuvent décider à
tout moment de l’interrompre25.
Les conventions conclues au moment de la dissolution
interviennent après les stipulations statutaires car les statuts ne sont
plus tellement en vigueur du fait de la dissolution de la société. La
liquidation et le partage sont des opérations irréversibles. Les associés
et les créanciers se trouvent dans l’impossibilité d’exercer un recours

22 Paul-Gérard POUGOUE, (sous la direction de.), Encyclopédie du droit OHADA, sous la présidence
d’honneur de M. ABDOU DIOUF, préface de Barthélémy MERCADAL et l’avant propos de Jacques DAVID,
éditions Lamy, Paris, 2011, p. 1391.
23 Paul-Gérard POUGOUE, (sous la direction de.), Encyclopédie du droit OHADA, sous la présidence

d’honneur de M. ABDOU DIOUF, préface de Barthélémy MERCADAL et l’avant propos de Jacques DAVID,
éditions Lamy, Paris, 2011, p. 1391.
24 Article 290 et 291 AUDSC-GIE pour la SNC, article 308, al. 3 AUDSC-GIE pour la SCS ; article 862

AUDSC-GIE pour la société en participation.


25 Jean YADO TOE, Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace

OHADA, Collection Précis de droit burkinabé, PADEG, 2007, p. 83.

10 Cours du droit des affaires

6
HECM 2022 Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA

contre la société à la fin de ces opérations. Il n’est pas de leur pouvoir


de décider ni de la réalisation des deux opérations ni de la désignation
du liquidateur.
Les accords entre associés leur permettent d’aménager librement
les modalités de la liquidation et celle du partage des actifs sociaux. Il
existe des pactes relatifs à la liquidation.
Le terme « pacte », qui souvent utilisé de préférence à celui de
convention, contrat, accord ou stipulation, n’a pas de signification
précise26.
Il sert généralement à désigner une convention solennelle,
complexe et destinée à établir des relations durables entre de
nombreuses parties. Mais le terme pacte a aussi une connotation
péjorative. Il désigne des accords dont la validité est douteuse27.
La mort d’un associé n’est pas en principe une cause légale de
dissolution de la SARL. Mais une clause des statuts peut en disposer
ainsi28.
La vie de la société en nom collectif est intimement liée à celle de
chacun des associés. Ce lien est tel que le décès d’un associé entraîne
la dissolution de la société. Celle-ci, se produit de plein droit. C’est là
une des grandes faiblesses de la société en nom collectif. Il faut tout de
même signaler que « la dissolution qui résulte du décès d’un associé
expose la société en nom collectif à une redoutable précarité » 29.
La liquidation est une « opération intervenant à la dissolution de
la personne morale, qui a pour fonction d’organiser les conséquences
patrimoniales de cette dissolution et qui se déroule en trois étapes
successives : apurement du passif par remplacement des créanciers
grâce au patrimoine de la personne morale dissoute ; remboursement
du capital social c'est-à-dire reprise des apports par les associés, en
nature ou par équivalent suivant le cas ; et le cas échéant partage
entre les associés de la masse patrimoniale résiduelle appelée boni de

26 Gérard CORNU, Vocabulaire juridique, H. CAPITANT, V° Pacte, p..


27 Yves GUYON, Les sociétés, Aménagements statutaires et conventions entre associés, 4e édition,
Librairie générale de droit et de jurisprudence, EJA, 1999 31, rue Falguière 75741 Paris Cedex 15, p. 288.
28 François ANOUKAHA, Abdoullah CISSE, N’diaw DIOUF, Josette NGUEBOU TOUKAM, Paul-Gérard

POUGOUE et Moussa SAMB, OHADA Société commerciales et G.I.E, Bruylant, Bruxelles 2002, p. 400.
29 Pierre CATALA, Le sort des parts sociales au décès de l’associé », In Etudes de droit commercial à la

mémoire de Henry CABRILLAC, LGDJ, Paris, 1968, p. 59.

10
7
Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA HECM 2022

liquidation.»30. La liquidation est une phase obligatoire qui suit la


dissolution d’une société à l’exception de deux cas prévus par le
législateur. Il prévoit dans les articles 189 et suivants de l’Acte
uniforme que « une société même en liquidation, peut être absorbée
par une autre société ou participer à la constitution d’une société
nouvelle, par voie de fusion.
La liquidation qui suit la dissolution de la société doit être
distinguée de la liquidation faisant suite aux difficultés de la société, et
qui relève de l’acte uniforme portant organisation des procédures
collectives d’apurement du passif. La liquidation peut être organisée à
l’amiable conformément aux statuts, ou être ordonnée par décision de
justice. La liquidation à l’amiable devra être soigneusement prévue par
les statuts31.
La dissolution de la société entraîne sa liquidation, hormis les cas
prévus à l’article 1844-4 à savoir en liquidation et au troisième alinéa
de l’article 1844-5. La liquidation est donc la conséquence normale de
la dissolution. Et il n’est pas possible pour les associés de faire
dissolution32. Les associés, même unanimement, ne peuvent pas
décider de ne pas procéder à la liquidation et au partage de la société
dissoute33. Elle peut aussi transmettre son patrimoine par voie de
scission à des sociétés existantes ou à des sociétés nouvelle. Ces
opérations peuvent intervenir entre des sociétés de formes différentes.
Elles sont décidées par chacune des sociétés intéressées dans des
conditions requises pour la modification de ses statuts. Si l’opération
comporte la création de sociétés nouvelles, chacune de celles-ci est
constituée selon les règles propres à la forme de société adoptée ».
L’article 201 alinéa 4 prévoit quant à lui que la procédure de liquidation
est inutile lorsque « l’associé unique » hérite du patrimoine de la
société.

30 Sabine DANA-DEMARET, Yves REINHART, Lexique de droit des sociétés et des groupements d’affaires,
Dalloz, Paris, 1993, p. 57.
31 Préambule, Code OHADA.
32 CA Paris, 3e ch., 20 décembre 1948, JCP éd. Cl 1949, II, n° 5080, note Sarraute et Tager ; CA Amiens, 6

janvier 1969, Rosemberg, Carrance et Cie La Providence, D. 1969, jur., p. 266.


33 Jacques MESTRE, Dominique VELARDOCCHIO, Christine BLANCHARD-SEBASTIEN, Carole

ABOUY, Lamy Sociétés, Paris, 2003, p. 645.

10 Cours du droit des affaires

8
HECM 2022 Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA

La liquidation peut être amiable ou judiciaire. Elle est amiable


lorsqu’elle est décidée et organisée par les associés. Elle est judiciaire
lorsqu’elle est prononcée par le juge34.
Le principe de base c’est le maintien de la personnalité morale
pour les besoins de la liquidation et la désignation du liquidateur35 car
la dissolution met fin aux fonctions des organes de gestion et de
représentation. En pratique, la liquidation est souvent réglée par les
statuts sous réserves des dispositions d’ordre public contenues dans
l’Acte uniforme. Ainsi la société dès sa dissolution jouit d’une liberté
plus grande qu’au cours de son fonctionnement.
De ce fait, le liquidateur est nommé et révoqué conformément
aux dispositions statutaires. Lorsque les statuts ne le prévoient pas et
au cas où la liquidation est décidée par les associés le liquidateur est
nommé par ceux-ci dans les conditions variables selon les formes de
société36. Dans les SNC, il est nommé à l’unanimité ; dans les SCS, il
est nommé à l’unanimité des commandités et à la majorité en capital
des commanditaires. Le liquidateur est nommé dans les SARL à la
majorité en capital des associés et dans les SA aux conditions de
quorum et de majorité prévues pour les assemblées générales
extraordinaires. Il est révoqué dans les mêmes formes37. Lorsque les
associés n’ont pas pu désigner un liquidateur, ce dernier est désigné
par décision de justice à la demande de tout intéressé dans les
conditions prévues par les articles 226 et 227 de l’Acte uniforme38.
Aussi certaines règles peuvent être écartées par une décision
unanime des associés. Ainsi les cessions d’actifs sociaux à un ancien
associé en nom collectif ou à un ancien dirigeant doivent être
autorisées par le tribunal à moins que les associés n’y consentent à
l’unanimité39.
Enfin les dispositions qui s’appliquent aux liquidations judiciaires
régissent les liquidations amiables à titre supplétif, c'est-à-dire en

34 Article 223 de l’AUSC-GIE.


35 Alioune DIEYE, Régime juridique des sociétés commerciales et du GIE dans l’espace OHADA, 3e
édition, cabinet AZIZ DIEYE, 2008, p. 114 et 115. Yves GUYON, Traité des contrats, les sociétés,
aménagements statutaires et conventions entre associés, 4e édition, LGDJ, 1999, p. 418.
36 Article 206 et suivants de l’AUSC-GIE.
37 Article 211 de l’AUSC-GIE.
38 Article 208 de l’AUSC-GIE.
39 Yves GUYON.

10
9
Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA HECM 2022

l’absence de clause statutaire ou de convention expresse entre les


parties.
La société en liquidation conserve le droit d’agir en justice,
représentée par son liquidateur. Les associés n’ont pas à être mis en
cause. Ils ne peuvent pas non plus se substituer au liquidateur pour
exercer en justice une action réservée à la société40. Cependant, la
personnalité morale de la société subsiste pour les besoins de la
liquidation jusqu’à la publication de la clôture de celle-ci41. Ainsi, une
société en liquidation peut faire l’objet d’une procédure collective sans
qu’il y ait lieu de distinguer selon que la cessation des paiements a
précédé ou suivi la décision de dissolution42.
Outre les pactes sur la liquidation, les associés procède au
partage de ce qui reste de leur société.
Un dispositif organise rigoureusement le déroulement de la
liquidation, notamment par le paiement des dettes, le recouvrement
des créances et le partage du boni de liquidation43. La liquidation
s’entend de l’opération consistant à payer le passif sur les éléments
d’actifs, à convertir en argent liquide tout ou partie de ces éléments
afin que le partage puisse être effectué44. Sauf clause contraire des
statuts, le partage des capitaux propres subsistant après
remboursement du nominal des actions ou des parts sociales est
effectué entre les associés dans les mêmes proportions que leur
participation au capital social45.
Le partage de la société intervient, en principe, après la clôture
de la liquidation46. Il porte, soit sur l’actif restant, en nature ou en
espèce, après extinction totale du passif, soit, lorsqu’il s’agit d’une
société dans laquelle les associés sont tenus indéfiniment des dettes

40 Cass. Com., 2 mai 1968, n° 65-12.993, Bull. civ. IV, n° 144, p. 129. Cass. Com., 1 Février 2000, n° 97-
17.952, Dr Sociétés, 2000, n° 86, Obs. Bonneau.
41 A. BOUILLOUX, La survie de la personnalité morale pour les besoins de la liquidation, Revue des

sociétés, 1994, p. 393.


42 Elise Du PONTAVICE, Jacques DUPICHOT, Les sociétés, 2e partie, Sociétés par actions, SARL,

Montchrestien, Paris, 1982, n° 493. Jean HEMARD, François TERRE, Pierre MABILAT, Sociétés
commerciales, Dalloz, 1978, tome 2, n° 1147.
43 Encyclopédie,
44 Lexique des termes juridiques,
45 François ANOUKAHA, Abdoullah CISSE, N’Diaw DIOUF, Josette NGUEBOU TOUKAM, Paul-Gérard

POUGOUE, Moussa SAMB, OHADA Société commerciales et G.I.E, Bruylant, Bruxelles, 2002, p. 222.
46 Jean YADO TOE, Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace

OHADA, Collection Précis de droit burkinabé, PADEG, 2007, p. 88.

11 Cours du droit des affaires

0
HECM 2022 Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA

sociales, sur le passif restant après réalisation totale de l’actif47. Le


partage de société n’est règlementé ni par le code de commerce, ni par
aucune des lois sur les sociétés commerciales48. C’est seulement
l’article 1872 du code civil qui lui rend applicables « les règles
concernant le partage des successions, la forme de ce partage, et les
obligations qui en résultent entre les cohéritiers ». Ce texte implique
que la dissolution de la société entraîne le partage entre les associés.
Mais, il faut préciser que le partage n’est que l’opération ultime de la
liquidation d’une société. La fin de l’exécution du contrat de société
provoque en principe la disparition de la personne morale. La
liquidation aura donc pour objet de rassembler son patrimoine qui est
dispersé ; il s’agit concrètement de mettre en œuvre toutes les
opérations nécessaires pour terminer les affaires dans lesquelles la
société est engagée, pour réunir les éléments de son actif, pour
éteindre son passif et pour en faire ressortir l’actif éventuel qui pourra
être distribué entre les associés. Pour l’essentiel, la liquidation de la
société entraine la liquidation du patrimoine social et le partage entre
les associés49.
La personnalité de la société en dissolution ne survit que pour les
besoins de la liquidation. Ce principe est logique : si la personnalité
morale de la société dissoute survit, c’est essentiellement pour des
raisons pratiques, parce qu’il reste des créanciers à payer, des dettes à
recouvrer, éventuellement des contrats à exécuter et un actif à
partager entre les associés, et que la disparition immédiate de la
personnalité morale compromettrait la réalisation de ces opérations50.
L’objectif ultime étant la liquidation, alors serait nulle toute
convention contredisant l’idée même de la liquidation51. Ainsi, tout
pacte sur le partage ne pourrait avoir pour but la transformation de la
société.
Le partage des successions est désormais réglementé par les
articles 822 et suivants du code des personnes et de la famille du code

47 Jean YADO TOE, Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace
OHADA, Collection Précis de droit burkinabé, PADEG, 2007, p. 88.
48 Jean YADO TOE, Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace

OHADA, Collection Précis de droit burkinabé, PADEG, 2007, p. 88.


49 Françoise ANOUKAHA, Abdoullah CISSE, N’Diaw DIOUF, Josette NGUEBOU TOUKAM, Paul-Gérard

POUGOUE et Moussa SAMB, OHADA : Sociétés commerciales et G.I.E. Bruxelles, Bruylant, 2002, p. 217.
50 Yves GUYON, Droit des affaires, op. cit., n° 212.
51 Christian GAVALDA, La personnalité morale des sociétés en voie de liquidation, in Mélanges HAMEL,

1961, p. 265.

11
1
Les Sociétés de capitaux ou à risque limité : le SARL et la SA HECM 2022

burkinabé. Il se fait en principe à l’amiable52. Mais il peut y être


procédé judiciairement, soit que, parmi les héritiers, figurent des
incapables ou des non présents, soit qu’il n’y a pas d’accord entre les
héritiers capables et présents53.
Dans le partage de société, après règlement du passif, la somme
restante à partager sert d’abord à rembourser les actions non
amorties54. Le reliquat, s’il y a lieu, et qui est le boni de liquidation, est
réparti entre les associés en proportion de leurs droits dans le capital
social55. Tout comme le partage successoral, le partage de société, a un
effet déclaratif, c’est-à-dire que chaque associé est censé succéder
immédiatement, à la société pour tous les biens dont il est attributaire,
et n’avoir jamais eu aucun droit sur ceux attribués aux autres
associés56. L’effet déclaratif du partage se produit à la date de la
clôture de la liquidation57. C’est à cette date en effet que la
personnalité morale de la société disparaît pour faire place à une
indivision entre les associés58.

52 Article 833 du CPF du code burkinabé.


53 Article 837 du CPF du code burkinabé.
54 Jean YADO TOE, Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace
OHADA, Collection Précis de droit burkinabé, PADEG, 2007, p. 88.
55 Jean YADO TOE, Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace
OHADA, Collection Précis de droit burkinabé, PADEG, 2007, p. 88.
56 Jean YADO TOE, Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace
OHADA, Collection Précis de droit burkinabé, PADEG, 2007, p. 88.
57 Jean YADO TOE, Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace
OHADA, Collection Précis de droit burkinabé, PADEG, 2007, p. 88.
58 Jean YADO TOE, Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique dans l’espace
OHADA, Collection Précis de droit burkinabé, PADEG, 2007, p. 88.

11 Cours du droit des affaires

2
CHAPITRE III : LE GROUPEMENT D’INTERET ÉCONOMIQUE

Le GIE est une structure ayant exclusivement pour but de mettre


en œuvre, pour une durée déterminée, tous les moyens propres à
faciliter ou à développer l’activité économique de ses membres ainsi
qu’à améliorer ou accroitre les résultats de cette activité.

Section 1 : La constitution du groupement d'intérêt


économique

I- Les conditions de fond


A- L'objet
- Le GIE doit être dans le prolongement de l'activité de ses
membres (différent des sociétés). Son but est de faciliter ou de
développer l'activité économique de ses membres, d'améliorer ou
d'accroître les résultats de cette activité et non pas de réaliser des
bénéfices pour lui-même. Son activité doit se rattacher à l'activité
économique de ses membres et ne peut avoir qu'un caractère auxiliaire
par rapport a celle-ci.
- Le GIE a un but économique : production, distribution et
consommation (même activité libérale)
- Le GIE ne peut émettre d'obligations que s'il est
exclusivement composé de sociétés pouvant le faire.
- L'objet peut être civil ou commercial bien que le GIE
doive être immatricule au RCCM.
- L'objet doit être rédigé de façon précise : les dirigeants
ont d'important pouvoirs pour les actes entrant dans l'objet.
- Il doit être licite.
B- Les membres du groupement
Ils sont au moins au nombre de deux personnes physiques ou
morales, ayant la pleine capacité juridique.
Les membres sont indéfiniment et solidairement responsables
(sans pour autant être nécessairement des commerçants).
C- Le Capital
- Le GIE n'a pas besoin de capital pour être constitué mais ses
membres sont solidairement et indéfiniment responsables sur leurs
patrimoine propres.
HECM 2022

Les apports en numéraire, en nature et en industrie sont


possibles.
D- Personnalité morale
- Le GIE a la personnalité morale à compter de son
immatriculation et la pleine capacité juridique.
- Il a un patrimoine, un siège, une nationalité et une
dénomination qui doit être suivie du terme “GIE".

II- Les conditions de forme


Le contrat de GIE doit être fait par acte écrit, sous seing prive ou
authentique, avec des indications sur sa dénomination, ses membres,
sa durée, son objet, son adresse et en plus les règles de
fonctionnement (qui peuvent être complétés par le règlement intérieur)

Section 2 : Le fonctionnement du groupement d'intérêt


économique
I- L'administration
Le GIE est administré par une ou plusieurs personnes physiques
ou morales, qui vis-à-vis, des tiers, disposent de tous pouvoirs pour
agir en son nom dans la limite de son objet.
Le contrat constitutif de GIE fixe librement les règles de
fonctionnement concernant notamment les organes de gestion
(nomination, révocation, rémunération, attributions et pouvoirs des
administrateurs), les décisions collectives (conditions de réunion, de
délibération, de quorum et de majorité) et les décisions prises à
l’unanimité (à défaut de précision).

II- Droits et obligations des membres


A- Droits
* Ils ont un droit de participation à la vie sociale par le vote ;
* Un droit de participation aux résultats.

11 Cours du droit des affaires

4
HECM 2022 Le Groupement d’Intérêt Economique

B- Obligations.
Vis-à-vis des tiers ils ont une responsabilité indéfinie et solidaire
des dettes du GIE.

Section 3- La fin du GIE


Le GIE prend fin :
* Par l’arrivée du terme ;
* Par la réalisation ou l’extinction de l’objet ;
* Par la volonté des membres ;
* Par décision de justice ;
* Par décès (personne physique) ou dissolution (personne
morale) ou incapacité d’un des membres (sauf clause contraire).

11
5
DROIT DU TRAVAIL
Droit des affaires HECM 2022

TABLE DES MATIERES


LES PARTICIPANTS AUX AFFAIRES 14
I- LE COMMERCANT ____________________________________ 14
A- Les conditions d’acquisition de la qualité de commerçant _________ 14
1- l’accomplissement d’actes de commerce par nature ____________ 14
2- L’accomplissement des actes à titre de profession _____________ 15
3- L’accomplissement de l’acte de commerce par nature pour le compte
personnel du commerçant __________________________________ 15
B- La capacité _____________________________________________ 15
C- Les incompatibilités _____________________________________ 16
D- Les déchéances _________________________________________ 16
E- Les interdictions _________________________________________ 17
II- Les Obligations Professionnelles du Commerçant __________ 17
A- Les obligations principales _________________________________ 17
1- L’inscription au Registre de Commerce et du Crédit Mobilier
(R.C.C.M.) ______________________________________________ 17
2- La tenue des livres comptables et d’une comptabilité___________ 18
a- Les livres obligatoires. _________________________________ 18
b- Les livres facultatifs ___________________________________ 18
B- Les autres obligations du commerçant _______________________ 18
LES OPERATIONS COMMERCIALES 20
I- Les critères de définition des actes de commerce ___________ 20
a- L’acte de commerce est un acte de circulation de la richesse _____ 20
b- L’acte de commerce est un acte de spéculation _______________ 21
II- Classification des actes de commerce ___________________ 21
a- Les actes de commerce par nature _________________________ 21
a-1- les actes accomplis isolément __________________________ 21
a-2- Les actes de commerce par nature accomplis dans le cadre d’une
entreprise _____________________________________________ 22
c– les actes mixtes _______________________________________ 24
d – Les actes de commerce par accessoire (théorie de l’accessoire) _ 24
III - Le régime juridique des actes de commerce _____________ 25
LE CONTRAT DE VENTE COMMERCIALE 28
I- Formation du contrat de vente__________________________ 28
A- La volonté des parties au contrat ___________________________ 28
B – La forme du contrat de vente commerciale ___________________ 28
HECM 2022

C- Le consentement exprimé doit être exempt de vices _____________ 29


D- La capacité des parties____________________________________ 29
E- L’Objet du contrat________________________________________ 29
II- L’exécution des Contrats _____________________________ 29
A- Obligations du vendeur ___________________________________ 30
1- (Obligation de) délivrance ________________________________ 30
2- (Obligation de) garantie contre l’éviction ____________________ 30
3- (Obligation de) garantie contre les vices cachés _______________ 30
B- Les obligations de l’acheteur _______________________________ 31
1- (Obligation de) retirement ________________________________ 31
2- Obligation de paiement __________________________________ 31
III- Effets des Contrats _________________________________ 31
A- Le transfert de propriété __________________________________ 32
B- Le transfert des risques ___________________________________ 32
1- Contenu du principe _____________________________________ 33
2- Les aménagements au principe ____________________________ 33
IV- Inexécution des Contrats _____________________________ 33
LE CADRE DE L’ACTIVITE COMMRCIALE 35
Le fonds de commerce __________________________________ 35
I- les éléments constitutifs du fonds de commerce. ___________ 35
A- Le fonds commercial _____________________________________ 36
1- La clientèle et l’achalandage ______________________________ 36
2°) Le nom commercial et l’enseigne __________________________ 36
1- Les éléments incorporels du fonds du commerce ______________ 37
a- Le droit au renouvellement du bail. _______________________ 37
b- Les propriétés industrielles. _____________________________ 37
c- Les licences d’exploitation _______________________________ 38
a- Les installations, aménagements et agencements ____________ 39
b- Le matériel et le mobilier _______________________________ 39
c- Les marchandises en stock ______________________________ 39
II- L’EXPLOITATION DU FONDS DE COMMERCE _______________ 39
1- Les conditions de fond de la location gérance. ________________ 40
2- Les conditions de forme de la location-gérance________________ 41
3- Les effets de la location-gérance ___________________________ 41

11
9
Droit des affaires HECM 2022

LE CONTRAT DE LOCATION GERANCE 43


I- ELABORATION DU CONTRAT ___________________________ 43
A- Conditions de validité ____________________________________ 43
1- Conditions de forme ____________________________________ 43
2- Conditions tenant au propriétaire du fonds ___________________ 43
3- Les conditions de publicité _______________________________ 44
B- Contenu du contrat ______________________________________ 44
II- EFFETS DE LA LOCATION-GERANCE _____________________ 45
A Obligations des parties ____________________________________ 45
1- Obligations du locataire gérant ____________________________ 45
2- Obligation du propriétaire ________________________________ 45
B La protection des tiers_____________________________________ 45
1- Protection des créances du propriétaire _____________________ 45
2- Protection des créances du locataire gérant __________________ 46
LA VENTE DU FONDS DE COMMERCE 47
I- Les Conditions de la Vente du Fonds de Commerce __________ 47
A- les conditions de fond ____________________________________ 47
B- Les conditions de forme et de publicité _______________________ 49
1- Les conditions de forme _________________________________ 49
2- Les conditions de publicité _______________________________ 50
A- Les obligations du vendeur du fonds de commerce ______________ 50
1- L’obligation de délivrance ________________________________ 50
2- L’obligation de garantie __________________________________ 51
B- Les obligations de l’acquéreur ______________________________ 51
1- Le privilège du vendeur __________________________________ 52
2- L’action résolutoire du vendeur ____________________________ 52
3- Le droit d’opposition du vendeur ___________________________ 52
C- Les effets de la vente du fonds de commerce à l’égard des créanciers
du vendeur. ______________________________________________ 52
LES SOCIETES COMMERCIALES 55
CHAPITRE I: GENERALITES 56
Section 1- Définition ___________________________________ 56
Section 2- Les différents types de sociétés commerciales _______ 56
Section 3- Les éléments constitutifs du contrat de société ______ 61
I- La mise en commun des apports ____________________________ 61
A- Définition de l’apport en société. __________________________ 61
HECM 2022

B- Les différents types d’apports _____________________________ 61


C- La réalisation des apports ________________________________ 62
II- L’affectio societatis ______________________________________ 63
A- La volonté de collaborer _________________________________ 63
B- Une recherche de bénéfices et une contribution aux pertes ______ 63
Section 4- La personnalité morale (ou juridique) _____________ 64
I- Naissance et disparition de la personnalité juridique _____________ 64
II- Conséquence de la personnalité juridique _____________________ 64
A- La société a un patrimoine propre __________________________ 64
B- La société jouit d’une pleine capacité juridique ________________ 65
C- La société a un état civil _________________________________ 65
I- Sociétés de personnes et sociétés de capitaux _____________ 66
II- Sociétés commerciales et sociétés civiles ________________ 66
CHAPITRE II: REGLES COMMUNES APPLICABLES A LA CONSTITUTION, AU
FONCTIONNEMENT ET LA DISSOLUTION DES SOCIETES COsMMERCIALES
67
Section 1- Constitution de la société commerciale ___________ 67
I- Les Conditions de fond ____________________________________ 67
A- Le consentement des associés_____________________________ 67
B- La capacité____________________________________________ 67
a- Les règles générales ___________________________________ 67
b- Les sociétés entre époux ________________________________ 67
B- La publicité de la société _________________________________ 69
C- La déclaration de régularité et de conformité _________________ 69
D- L’immatriculation au RCCM _______________________________ 69
Section 2- Sanctions des conditions de constitution ___________ 70
I- Les nullités _____________________________________________ 70
A- Les causes de nullité ____________________________________ 70
1- Les causes de nullité résultant de l’Acte uniforme ____________ 70
2- Les causes de nullité résultant du droit des contrats __________ 70
B- Les effets de la nullité __________________________________ 71
II- Les cas de responsabilités dans la constitution des sociétés
commerciales _____________________________________________ 71
A- Les cas de responsabilité civile ____________________________ 71

12
1
Droit des affaires HECM 2022

Section 2- Fonctionnement des Sociétés Commerciales ________ 72


I- Les règles communes de fonctionnement des sociétés ___________ 73
A- Les organes qui interviennent dans le fonctionnement des sociétés 73
1- L’organe de décision ___________________________________ 73
2- L’organe de gestion ___________________________________ 73
3- L’organe de contrôle ___________________________________ 74
B- Les règles de fonctionnement en période de crise : l’administration
provisoire _______________________________________________ 79
II- Les responsabilités liées au fonctionnement de la société ________ 80
A- La responsabilité civile liée au fonctionnement de la société _____ 80
B- La responsabilité pénale liée au fonctionnement de la société ____ 81
Section 3- La dissolution (mort) des Sociétés Commerciales ____ 81
I- Les causes de dissolution __________________________________ 82
A- Les causes contractuelles de dissolution. ____________________ 82
1- L’arrivée du terme ____________________________________ 82
2- L’extinction ou disparition de l’objet social __________________ 82
3- La dissolution par décision des associés ____________________ 82
4- La dissolution pour toute autre cause prévue par les statuts ____ 83
5- La dissolution par l’annulation du contrat de société __________ 83
B- Les causes de dissolution judiciaire ________________________ 83
1- La dissolution pour justes motifs _________________________ 83
2- La réunion de toutes les parts en une seule main ____________ 83
II- Les effets de la dissolution : la liquidation ____________________ 84
A- Nomination et pouvoirs du liquidateur ______________________ 84
B- Le principe de survie de la personnalité morale pour les besoins de la
liquidation ______________________________________________ 85
C- Les opérations de liquidation et de partage __________________ 85
DEUXIEME PARTIE : 87
DROIT SPECIFIQUE AUX SOCIETES ET AU GIE 87
CHAPITRE I : LES SOCIETES DE PERSONNES OU A RISQUE ILLIMITE 88
I- La naissance de la SNC________________________________ 88
A- Conditions de fond _______________________________________ 88
B- Les conditions de forme ___________________________________ 89
II- La vie de la SNC ____________________________________ 89
A- Le gérant de la SNC ______________________________________ 89
2- En ce qui concerne sa révocation __________________________ 89
3- En ce qui concerne ses pouvoirs ___________________________ 90
HECM 2022

B- Les décisions collectives ___________________________________ 90


C- Le contrôle de la SNC _____________________________________ 90
1- Le contrôle par les commissaires aux comptes ________________ 90
2- Le contrôle par les associés _______________________________ 90
III- La fin de la SNC : la dissolution ________________________ 91
Section 2 : La Société en Commandite Simple (SNC) ___________ 92
I- La naissance de la SCS ____________________________________ 92
A- Les conditions de fond ___________________________________ 92
B- Les conditions de forme __________________________________ 92
II- Le fonctionnement (vie) de la SCS __________________________ 93
A- La gérance de la SCS ____________________________________ 93
B- Les décisions collectives _________________________________ 93
C- Le contrôle de la SCS ___________________________________ 94
III- La fin de la SCS ________________________________________ 94
CHAPITRE. II : LES SOCIETES DE CAPITAUX OU A RISQUE LIMITE : LA SARL
ET LA SA 96
Section 1- Les conditions de constitution de la SA et de la SARL__ 96
I- Les conditions de fond ____________________________________ 96
A- En ce qui concerne le capital social _________________________ 96
B- En ce qui concerne la libération des fonds lors de la souscription __ 96
1- Dans la SA, __________________________________________ 96
2- Dans la SARL, ________________________________________ 97
Section 2- Organisations et fonctionnement de la SA et de la SARL
____________________________________________________ 98
I- L’organe de gestion et d’administration _______________________ 98
II- Les modalités de cession et de transmission des parts ___________ 99
III- Les principales décisions collectives ________________________ 100
A- Les décisions ordinaires concernent : ______________________ 100
IV- L’organe de contrôle dans la SA et la SARL __________________ 101
V- Droits des associés et des actionnaires ______________________ 102
VI- La dissolution de la SARL et de la SA ______________________ 103
A- Les causes de dissolution _______________________________ 103
B- Les effets de la dissolution ______________________________ 104
CHAPITRE III : LE GROUPEMENT D’INTERET ÉCONOMIQUE______113

12
3
Droit des affaires HECM 2022

Section 1 : La constitution du groupement d'intérêt économique 113


I- Les conditions de fond ___________________________________ 113
A- L'objet _____________________________________________ 113
B- Les membres du groupement ____________________________ 113
C- Le Capital ___________________________________________ 113
D- Personnalité morale ___________________________________ 114
II- Les conditions de forme _________________________________ 114
Section 2 : Le fonctionnement du groupement d'intérêt économique
___________________________________________________ 114
I- L'administration ________________________________________ 114
II- Droits et obligations des membres _________________________ 114
A- Droits ______________________________________________ 114
B- Obligations. __________________________________________ 115
Section 3- La fin du GIE ________________________________ 115

Vous aimerez peut-être aussi