Exercices avec corrigé succinct du chapitre 6
(Remarque : les références ne sont pas gérées dans ce document, par contre les quelques ?? qui
apparaissent dans ce texte sont bien définis dans la version écran complète du chapitre 6)
Exercice VI.1Z n
b X
On note I(f ) = f (t) dt, J(f ) = wi f (ti ).
a i=0
Z b
1. On choisit wi = Li (t) dt, avec Li polynôme de la base de Lagrange associée aux points
a
t0 ,t1 ,...,tn .
Montrer que alors I(p) = J(p), ∀p ∈ Pn .
2. Réciproquement, on suppose que I(p) = J(p), ∀p ∈ Pn , montrer que
Z b
wi = Li (t) dt.
a
3. Si on note {p0 ,p1 ,...,pn } la base canonique de Pn , montrer que
I(p) = J(p), ∀p ∈ Pn ⇔ I(pi ) = J(pi ), i = 0,...,n.
Solution :
n
X
1. Si p ∈ Pn , alors ∀t p(t) = p(ti )Li (t), donc
i=0
Z b n
X Z b n
X
I(p) = p(t) dt = p(ti ) Li (t) dt = wi p(ti ) = J(p).
a i=0 a i=0
2.
I(p) = J(p), ∀p ∈ Pn ⇒ I(Lj ) = J(Lj ),j = 0,...,n,
or Z b n
X
I(Lj ) = Lj (t) dt,J(Lj ) = wi Lj (ti ) = wj ,
a i=0
d’où le résultat.
3. I(p) = J(p), ∀p ∈ Pn ⇒ I(pi ) = J(pi ), i = 0,...,n
Xn
Réciproquement si p ∈ Pn , p = ai pi , donc
i=0
n
X Z b n
X n
X
I(p) = ai pi (t) dt = ai I(pi ) = ai J(pi ).
i=0 a i=0 i=0
D’autre part :
n
X n
X n
X n
X n
X n
X
J(p) = wj p(tj ) = wj ai pi (tj ) = ai wj ai pi (tj ) = ai J(pi ).
j=0 j=0 i=0 i=0 j=0 i=0
Ce qui termine de démontrer l’égalité.
1
Exercice VI.2Z
1
On note I(f ) = f (t) dt, J(f ) = w0 f (−1) + w1 f (0) + w2 f (1).
−1
1. Calculer (wi )i=0,1,2 pour que I(p) = J(p) pour tous les polynômes de Pn , n le plus grand possible.
Quel est ce degré?
Z 2
2. En déduire une formule de quadrature pour f (t) dt.
0
Solution :
1. Si on note pi les polynômes de la base canonique pi (t) = ti , on écrit
R1
I(p0 ) = J(p0 ) ⇔ R−1 dt = w0 + w1 + w2
⇔ w0 + w1 + w2 = 2
1
I(p1 ) = J(p1 ) ⇔ −1 tdt = −w0 + w2 ⇔ w0 − w2 = 0 .
I(p ) = J(p ) ⇔ R 1 2 2
2 2 −1 t dt = w0 + w2 ⇔ w0 + w2 = 3
Pour que ces 3 relations soient vérifiées, il faut que w0 = w2 = 13 ,w1 = 43
Vérifions avec ces coefficients si I(p3 ) = J(p3 ), après calcul, on obtient I(p3 ) = J(p3 ) = 0, on
continue !
On calcule I(p4 ) = 52 ,J(p4 ) = 23 .
La formule construite (qui s’appelle la formule de Simpson) est exacte pour tous les polynômes
de degré inférieur ou égal à 3.
R1
On aurait pu calculer les coefficients wi en écrivant wi = −1 Li (t)dt où Li est le polynôme de la
base de Lagrange.
2. Z 2 Z 1
f (t)dt = f (u + 1)du,où u = t − 1
0 −1
Z 1
Si on pose g(u) = f (u + 1), g(u)du est approchée par
−1
1 4 1 1 4 1
g(−1) + g(0) + g(1) = f (0) + f (1) + f (2)
3 3 3 3 3 3
d’où la formule.
Exercice VI.3
La méthode du point milieu consiste à approcher
Z b
a+b
I(f ) = f (t) dt par J(f ) = (b − a)f (tM ), où tM = .
a 2
1. Vérifier que cette formule est exacte pour les polynômes de degré inférieur ou égal à 1.
2. Quel est l’ordre de cette méthode?
3. En utilisant la formule de Taylor à l’ordre 2, montrer que l’erreur est donnée par :
Z b
(t − tM )2 (b − a)3 00
∃η ∈]a,b[, E(f ) = I(f ) − J(f ) = f 00 (η) dt = f (η).
a 2 24
2
Solution :
b2 − a2
1. On vérifie que I(p0 ) = J(p0 ) = b − a, I(p1 ) = J(p1 ) =
2
2. L’ordre est donc au moins égal à 1, on calcule
2
b3 − a3
a+b
I(p2 ) = , J(p2 ) = (b − a)
3 2
I(p2 ) 6= J(p2 ), donc la formule est d’ordre 1.
3. La formule de Taylor est :
(t − tM )2 00
f (t) = f (tM ) + (t − tM )f 0 (tM ) + f (ct )
2
Z b
J(f ) = (b − a)f (tM ) = f (tM )dt
a
donc
b b
(t − tM )2 00
Z Z
E(f ) = I(f ) − J(f ) = (f (t) − f (tM ))dt = (t − tM )f 0 (tM ) + f (ct )dt
a a 2
Z b
or (t − tM )dt = 0, donc
a
b b
(t − tM )2 00 (t − tM )2 (b − a)3
Z Z
E(f ) = f (ct )dt = f 00 (η) dt = f 00 (η)
a 2 a 2 24
Exercice VI.4 R1
On approche I(ϕ) = −1 ϕ(ξ) dξ par la formule des rectangles J(ϕ) = wϕ(t0 ). Etant donné t0 , calculer
w pour que le degré d’exactitude soit le plus élévé possible. Donner le degré d’exactitude en fonction
de t0 .
Solution : I(p0 ) = 2, J(p0 ) = w, donc il faut que w = 2.
I(p1 ) = 0, J(p1 ) = 2t0 , donc
– si t0 6= 0,I(p1 ) 6= J(p1 ), l’ordre est 0.
2
– si t0 = 0,I(p1 ) = J(p1 ), on a de plus I(p2 ) = ,J(p2 ) = 0, donc l’ordre est 1.
3
Exercice VI.5
Rappeler la formule des trapèzes et donner le degré d’exactitude de cette formule.
Z 1
Solution : On approche I(f ) = f (t)dt par J(f ) = f (−1) + f (1).
−1
On calcule :
I(p0 ) = 2, J(p0 ) = 2,
I(p1 ) = 0, J(p1 ) = 0,
3
2
I(p2 ) = , J(p2 ) = 2,
3
Donc l’ordre est 1.
Exercice VI.6
Calculer les coefficients w0 , w1 , w2 et w3 de la formule de Simpson 3/8 qui approche :
Z 1
I(ϕ) = ϕ(ξ) dξ par J(ϕ) = w0 ϕ(−1) + w1 ϕ(− 13 ) + w2 ϕ( 13 ) + w3 ϕ(1).
−1
Donner le degré d’exactitude de cette formule.
Solution : On calcule
I(p0 ) = 2, J(p0 ) = w0 + w1 + w2 + w3 ,
1 1
I(p1 ) = 0, J(p1 ) = −w0 − w1 + w2 + w3 ,
3 3
2 1 1
I(p2 ) = , J(p2 ) = w0 + w1 + w2 + w3 ,
3 9 9
1 1
I(p3 ) = 0, J(p3 ) = −w0 − w1 + w2 + w3 ,
27 27
On obtient un système de 4 équations à 4 inconnues.
En remplaçant la 4ème équation par la 4ème moins la 2ème, on montre que w1 = w2 .
3
En remplaçant la 3ème équation par la 3ème moins la 1ère, on montre que w1 = w2 = .
4
On résout alors les deux premières équations, on obtient :
1 3
w0 = w3 = , w1 = w2 = .
4 4
On calcule I(p4 ) et J(p4 ), ces deux valeurs sont distinctes, donc l’ordre vaut 3.
Exercice VI.7 Z b
On cherche à approcher f (t) dt à l’aide d’une méthode composée à partir de la méthode de Simpson,
a
b−a
on pose h = ,ti = a + ih. Montrer que
2M
M −1 M −1
!
h X X
J(f ) = f (t0 ) + 4 f (t2i+1 ) + 2 f (t2i ) + f (t2M ) ,
3
i=0 i=1
b − a 4 (4)
E(f ) = − h f (η), η ∈ [a,b].
180
Solution : En applicant la méthode de Simpson sur chacun des intervalles [t2i ,t2i+2 ], on obtient
h
J(f ) = (f (t0 ) + 4f (t1 ) + f (t2 ) + f (t2 ) + 4f (t3 ) + f (t4 ) + ... + f (t2M −2 ) + 4f (t2M −1 ) + f (t2M )) ,
3
ce qui donne le résultat en regroupant. De même en sommant les erreurs, on obtient :
h5 (4)
E(f ) = − f (η1 ) + f (4) (η2 ) + ... + f (4) (ηM ) .
90
4
On applique le théorème de la valeur intermédiaire pour affirmer qu’il existe η tel que
(4) (η ) + f (4) (η ) + ... + f (4) (η )
f 1 2 M
f (4) (η) = .
M
On a donc
h5 h4
E(f ) = − M f (4) (η) = − (b − a)f (4) (η).
90 180
Exercice VI.8
Montrer que les polynômes de Legendre {g0 ,g1 , . . . ,gn } forment une base de Pn .
Solution : Les polynômes gi sont de degré i, ils forment donc une famille libre, en effet notons
n
X
p(t) = λi gi (t), si p est le polynôme nul, alors le coefficient de tn est nul, or ce coefficient vaut
i=0
(2n)!
λn , en effet les polynômes g0 ,g1 ,...,gn−1 sont de degré inférieur ou égal à n − 1. On en déduit
n!
donc que λn = 0.
On fait un raisonnement similaire pour le coefficient de tn−1 , on montre que λn−1 = 0, on recom-
mence et on montre que λn−2 = λn−3 = ... = λ0 = 0.
On vient donc de montrer que :
Xn
λi gi = 0 ⇔ λn = λn−1 = ... = λ0 = 0.
i=0
Donc la famille est {g0 ,g1 ,...,gn } est libre.
La dimension de Pn est égal à n + 1, donc {g0 ,g1 ,...,gn } est une base de Pn .
Exercice VI.9
Construire les formules de Gauss-Legendre à 1, 2 et 3 points. Vérifier le degré d’exactitude de ces
formules.
Solution :
1. Formule à un point :
g1 (t) = 2t, donc ξ1 = 0.
On doit résoudre g0 (ξ1 )w1 = 2 donc w1 = 2.
On retrouve la formule des rectangles avec t0 = 0 vue dans l’exercice ?? :
J(f ) = 2f (0).
On a déja montré que l’ordre est égal à 1.
2. Formule à deux points :
1 1
g2 (t) = 12t2 − 4 = 4(3t2 − 1), donc ξ1 = − √ , ξ2 = √ .
3 3
On doit résoudre :
!
g0 (ξ1 ) g0 (ξ2 ) w1 1 1 w1 2
= 2 2 = .
g1 (ξ1 ) g1 (ξ2 ) w2 − √
3
√
3
w2 0
5
donc w1 = w2 = 1, d’où :
1 1
J(f ) = f −√ +f √ .
3 3
Comme prévu on a I(p0 ) = J(p0 ),I(p1 ) = J(p1 ),I(p2 ) = J(p2 ),I(p3 ) = J(p3 ),
après calculs, on obtient que I(p4 ) 6= J(p4 ), l’ordre est donc égal à 3
3. Formule à trois points : r r
2 3 3
g3 (t) = t(120t − 72), donc ξ1 = − , ξ2 = 0, ξ3 = .
5 5
On doit résoudre :
1q 1 1
g0 (ξ1 ) g0 (ξ2 ) g0 (ξ3 ) w1 q w1 2
g1 (ξ1 ) g1 (ξ2 ) g0 (ξ3 ) w2 = −2 35 0 2 35 w2 = 0 .
g2 (ξ1 ) g2 (ξ2 ) g2 (ξ3 ) w3 16
−4 16 w3 0
5 5
5 8
donc w1 = w3 = ,w2 = , d’où :
9 9
r ! r !
5 3 8 5 3
J(f ) = f − + f (0) + f .
9 5 9 9 5
Comme prévu on a I(p0 ) = J(p0 ),I(p1 ) = J(p1 ),I(p2 ) = J(p2 ),I(p3 ) = J(p3 ),I(p4 ) = J(p4 ),I(p5 ) =
J(p5 ),
après calculs, on obtient que I(p6 ) 6= J(p6 ), l’ordre est donc égal à 5