GEOGRAPHIE
Si la terre est une planète bleue, c'est en partie grâce à la présence des mers et océans
qui recouvrent 71% de sa surface, il parait donc naturel que ces espaces jouent un rôle
essentiel dans la mondialisation à travers le transport de marchandises et les enjeux
géostratégiques entre les grandes puissances.
Les trois documents proposés confirment cette intuition, d'une part en décrivant le rôle des
routes maritimes dans le monde, d'autre part en détaillant les enjeux stratégiques de la
sécurisation de certaines espace maritimes.
Nous étudierons tout d'abord le rôle des mers et des océans dans la multiplication des
échanges mondiaux puis nous expliquerons l'importance de certaines zones stratégiques.
Tous d’abord le document 1 nous présente l’état de la maritimisation (processus
d'accroissement des échanges maritimes) en 2020, on remarque que tous les continents sont
reliés par des routes maritimes majeures. Ces autoroutes maritimes assurent le transport
entre les principaux pôles de l’économie mondiale, principalement autour de l’océan
Pacifique, de l’océan Indien et Atlantique nord. Il existe autour de ces voies, des routes
maritimes spécialisées comme celle des hydrocarbures concentrée dans le Moyen-Orient et
le golfe de Guinée, ou les routes des produits agricoles depuis l’Europe et l’Amérique. Il
existe d'autres routes secondaires plus longues et moins intenses, ces voies commerciales
s’accroissent depuis les années 70 dans le contexte de la mondialisation. En effet, le trafic
maritime mondial est passé de 2,6 milliard de tonnes en 1970 a 11 milliard de tonnes en
2019, soit une croissance deux fois plus rapide que celle de l’économie mondiale.
On peut noter une grande disparité des façades maritimes. En effet, le transport
maritime est inégalement reparti autour des interfaces des principales puissances
économiques mondiales. En Asie, les façades chinoises de la mer Jaune et du Yangzi-Jiang,
la façade malaise ou bien encore japonaise dominent. L’Europe et l’Amérique possèdent une
façade maritime organisée : la Northern Range en Europe, le golfe du Mexique et la
mégalopolis au États-Unis. Ces complexes portuaires s’appuient sur un hinterland puissant
et riche qui produit et consomme. Le Brésil possède lui aussi une façade maritime de niveau
mondial, en revanche les autre espaces, en particulier l’Afrique, sont dépourvus d'une
connexion majeure aux principales routes maritimes.
Cette concentrations du trafic maritime est renforcée par le développement des hubs
autour des grands ports. Le trafic maritime international dans chaque façade maritime se fait
à travers un port principal qui redistribue ensuite le trafic vers des ports secondaires. Pour la
Northern Range, le trafic se concentre a Rotterdam qui redistribue ensuite vers des ports
secondaires comme Anvers, Hambourg ou Dunkerque, ces hubs appartiennent à des
armateurs mondiaux comme Maersk à Rotterdam. On retrouve ces hubs dans le monde
entier comme Ningbo, Shanghai, Singapour, Tianjin, tous situés en Asie.
La prolifération des hubs en Orient est expliquée dans le document 2. tout d'abord,
historiquement les migrations, les échanges commerciaux ont commencé très tôt dans cette
partie du globe pour finir aujourd’hui, par faire de l’océan Indien une zone de trafic majeur
entre Chine, Moyen-Orient, Europe, et États-Unis, cet océan est entouré de nombreux états,
économiquement et culturellement dissemblables, parmi les pays les plus riches on compte
l’Australie, l’Arabie Saoudite, la Chine et l'Inde qui côtoient des pays moins avancés
comme le Mozambique Madagascar et le Cambodge, dans cet espace ce sont les pays les
plus riches qui investissent, et exercent une influence politique importante. Le document 2
nous explique aussi l’existence de grandes routes maritimes internationales dans ce secteur
du globe. En effet, on y retrouve 25% du trafic international, 70% des hydrocarbures du
Moyen-orient allant vers l’Asie. L’océan indien constitue donc à lui seul une plaque
tournante du commerce mondial, on comprend que cet espace soit considéré comme une
zone stratégique par tous les états.
Il est vrai que la navigation s'effectue librement, toute fois les routes maritimes
empruntent des détroit tels que Malacca, Gibraltar ou Ormuz. Ce dernier fais l'objet du
document 3, qui est un article de Libération d’août 2019. il détaille l'importance
commerciale de ce passage, en expliquant entre autre qu'il représente 21% du commerce
mondial des produits pétrolier liquides. C'est donc une artère vitale pour les principaux pays
producteurs et les pays consommateurs d'hydrocarbures, d’autres navires empruntnte ce
passage comme des porte-conteneurs ou des vraquiers. En plus de ces point de passage
naturels, il existe aussi des canaux comme celui de suez et de panama, qui raccourcissent les
routes maritimes et représentent des ressources importantes pour les pays auxquels ils
appartiennent. Face a l’importance économique de ces points de passage, les grandes
puissances maritimes mettent en place des forces navales pour sécuriser le passage des
navires. Ainsi en 2012 une force internationale s'est mise en place pour sécuriser le détroit
de Bab-el-Mandeb dans lequel s’était développé une activité de piraterie depuis la Somalie,
le détroit d'Ormuz quant a lui contrôlé par l’Iran, les Émirats Arabes Unis et Oman est un
lieu de fortes tensions autour des partages économiques de cette zone riche en
hydrocarbures. Ceci explique la présence de puissance étrangère comme les États-Unis la
France et la Grande-Bretagne. Le but est de garantir l'approvisionnement en hydrocarbure
des pays occidentaux. En juin 2019, 2deux navires de commerce, l'un japonais l'autre
Norvégien, ont été attaqués, les États-Unis ont alors accusé l'Iran d’avoir organisé ces
attaques, ce qui a entraîné la monté des tensions. Cette militarisation illustre les enjeux
politiques entre en les pays riverains d'un détroit ou d'un canal et les autre utilisateurs des
routes maritimes, les pays occidentaux fortement dépendants des hydrocarbures craignent le
pouvoirs de blocage des nations locales.
Ils est important de noter également que les flux maritimes commerciaux ne sont pas
les seuls enjeux des océans à l’échelle mondiale. En effet, l'espace maritime accueille non
seulement des flux matériels mais il est aussi un réservoir de ressources abondant.
Tout d'abord les ressource halieutiques. Les océans constituent la plus grande biomasse, et
sont capables de nourrir plus d'un milliard d’individus. Ils fournissent du travail à des
dizaines de millions d’actifs, tant dans la pêche artisanale que dans la pêche industrielle. La
pêche mondiale connaît une augmentation très forte depuis 1950, pour les 2/3 destiné a la
consommation humaine, le tiers restant a des fins industrielles. (huile, farine, colle)
De plus les espace maritime abrite des ressources énergétiques nombreuses et prometteuses.
On pense immédiatement aux hydrocarbures liquides ou gazeux. Les premières
exploitations sont nées au large des cotes californiennes en 1897, pour se moderniser dans le
golfe du Mexique en 1934. les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ajoutés a la volonté des
États-Unis d’être autosuffisants en pétrole et en gaz, amplifient les recherches offshores.
Outre le golf du Mexique, les forages se multiplient en mers du nord (Ecosse, Norvège) qui
devient rapidement la principale zone d'extraction, cette technologie est maintenant utilisée
à travers le monde, même au Moyen-Orient, et représente actuellement plus de 700 stations
offshores en service dans le monde. Outre les hydrocarbures, l’éolien marin est en pleine
expansion, l’éolien offshore ce développe surtout en Europe. D'autres sources d’énergie
marines sont potentiellement exploitables (vague, courent, marré), et le potentiel énergique
renouvelable de l’océan mondiale est énorme.
Ensuite l’océan est aussi un réservoir de ressources minérales.
Enfin, n’oublions pas les flux immatériels, la modernisation des communications dès le
XIXème siècle a utilisé les mers est les océans pour faire passer des câbles sous-marins. Des
câbles télégraphiques jusqu'aux fibres optiques contemporaines, ils traversent les espaces
maritimes. Les communications par câble sont plus rapides plus rentables plus sûres que par
satellite... même si les révélations de l’affaire Snowden on montré l’ampleur des écoutes
opérées par certains services de renseignements sur le réseau de câbles mondiaux. On
comprend alors que la maîtrise de ces réseau sont des enjeux stratégique pour les états dans
le cadre de la concurrence économique et politique mondiale.
Dans le cadre de la mondialisation, les mers et les océans sont devenus des lieux de
circulation intensive aboutissant à la maritimisation de l’économie mondiale, cette
conséquence est symbolisé par des hubs portuaires ultra modernes et des porte-conteneurs
toujours plus grands. Ceci explique les enjeux géopolitiques et géostratégiques de certaines
zones maritimes sensibles. Notons que l’influence des états sur ces routes maritimes
reflètent la hiérarchie de la mondialisation, l’Afrique y est peux présente.
A l'avenir, les changements climatiques actuellement à l'oeuvre ont des conséquences majeures pour
l'espace maritime. Outre la montée des eaux qui devrait conduire à la submersion de certaines
régions comme le delta du Mékong ou celui du Nil, les évolutions environnementales offrent de
nouvelles perspectives au transport maritime. Autour du pôle Nord, la banquise ne cesse de se
réduire, laissant les eaux libres pour la circulation des navires. Auparavant praticable uniquement
l'été, le passage du Nord-Est, proche des côtes russes, a été pour la première fois emprunté par un
porte-conteneurs danois en 2018, réduisant de treize jours le temps nécessaire pour relier la
Northern Range à la façade maritime asiatique par rapport à la route empruntant le canal de Suez.