LA FISCALITÉ
INTERNATIONALE : LES
PRINCIPES
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
Objet du droit fiscal international
Le droit fiscal international détermine les conditions d'imposition des opérations internationales,
c'est-à-dire
- Les opérations faites par un résident d'un État sur le territoire d'un autre État
- Les opérations faites par un résident d’un Etat avec un résident d’un autre Etat
Et fixe les règles relatives à l'imposition des biens ou du capital par un résident d'un État sur le
territoire d'un autre État.
Les Etats utilisent également de plus en plus le droit fiscal international comme un instrument de
lutte contre la fraude et l'évasion fiscale internationale notamment grâce au mécanisme
d'échange d'informations.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
Sources du droit fiscal international
Le droit fiscal international repose principalement sur deux sources :
1. Le droit interne des Etats dans ses incidences internationales
2. Les conventions fiscales tendant à l'élimination des doubles impositions
A noter : en l’absence de convention fiscale, chacun des Etats concernés
applique sans réserve son propre droit interne.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
Les conventions fiscales
La très grande majorité des Etats utilisent les modèles OCDE des conventions
fiscales.
L’OCDE a publié des commentaires en annexe de ces modèles qui sont destinés à
éclairer le sens et à en préciser la portée.
MAIS les commentaires n’ont aucune portée normative : il s’agit seulement
d’explications et indications.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
Comment lire une convention internationale ?
3 questions à se poser dès lors qu’on est en présence d’éléments d’extranéité :
1. La convention fiscale s’applique-t-elle ?
2. Comment la convention fiscale qualifie-t-elle le revenu ?
3. Quelles règles d’imposition la convention fiscale prévoit-elle pour ce revenu ?
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
Comment lire une convention internationale ?
1. La convention fiscale s’applique-t-elle ?
1ère étape : vérifier la date d’entrée en vigueur de la convention fiscale
2ème étape : vérifier que la personne concernée est résidente d’un Etat contractant (ou des 2 Etats contractants)
selon les critères du droit interne. En cas de double résidence, la convention précise les critères permettant de
résoudre le conflit de domicile fiscal.
3ème étape : vérifier que l’impôt en cause est bien visé par la convention fiscale
4ème étape : vérifier que le contribuable est bien une « personne » au sens de la convention fiscale
➔ La question peut se poser pour les sociétés de personnes, les partnerships, les groupements d’intérêt économique …
5ème étape : Vérifier que la résidence fiscale du contribuable est bien située dans le champ d’application
géographique de la convention
➔ Attention : certains territoires ne font pas partie de la France sur le plan fiscal : Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, la
Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, les Terres Australes et Antarctiques françaises, Saint-Barthélémy et Saint-Martin
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
Comment lire une convention internationale ?
2. Comment la convention fiscale qualifie-t-elle le revenu ?
Les articles de la convention précisent en général ce qu’il faut entendre par revenus immobilier, dividendes, intérêts,
redevances.
Lorsqu’un revenu n’est pas visé dans la convention, il suit la règle d’imposition réservée aux « revenus non
dénommés » (article 21 du modèle OCDE : en général, le revenu est imposé dans l’Etat de résidence du bénéficiaire).
Exemples de difficultés :
- Les revenus de parts de sociétés immobilières sont-ils considérés comme des revenus immobiliers ?
- Les transferts de bénéfices entre entreprises associées doivent-ils être traités comme des dividendes ?
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
Comment lire une convention internationale ?
3. Quelles règles d’imposition la convention fiscale prévoit-elle pour ce revenu ?
Pour chaque type de revenu visé dans la convention, il est précisé quel Etat a le droit d’imposer.
Si le revenu est imposable dans les 2 Etats, la convention précise les modalités pour éliminer la
double imposition.
➔ Chaque article déterminant une règle d’imposition doit être lu en parallèle avec
l’article traitant de l’élimination des doubles impositions
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
L’élimination des doubles impositions par les conventions fiscales
Il existe plusieurs méthodes selon les conventions :
• Exemption
• Crédit d’impôt
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
L’élimination des doubles impositions par les conventions fiscales
• Exemption
Selon ce principe, l'État de résidence n'assujettit pas les revenus imposables dans l'État de la
source soit :
- en exemptant intégralement ces revenus
- en les exemptant avec progressivité c'est à dire en n'imposant pas ces revenus mais en
conservant toutefois le droit de les prendre en considération lorsqu'il fixe l'impôt à percevoir
sur le reste du revenu ➔ taux effectif
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
L’élimination des doubles impositions par les conventions fiscales
• Exemption : la méthode du taux effectif
La méthode du taux effectif, également appelée "exemption avec progressivité", est une technique utilisée pour
maintenir la progressivité de l'impôt dans l'État de résidence tout en évitant la double imposition.
Calcul de l’impôt exigible :
1. Détermination de la cotisation de base qui est l'impôt correspondant à l'ensemble des revenus qui seraient
imposables en France en l'absence de disposition spéciale exonérant certains d'entre eux
2. Liquidation de l'impôt exigible en multipliant la cotisation de base par le rapport existant entre le montant
des revenus effectivement imposables en France et le montant total des revenus sur lesquels la cotisation
de base a été calculée
3. Calcul de l'impôt effectivement dû après imputation éventuelle de la décote, des réductions d'impôt, des
retenues à la source non libératoires et des crédits d'impôt.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE : LES PRINCIPES
L’élimination des doubles impositions par les conventions fiscales
• Crédit d’impôt
2 méthodes d'élimination de la double imposition sont envisagées :
- méthode 1 : l'octroi d'un crédit d'impôt égal au montant de l'impôt payé dans l'autre État à raison des
revenus de source étrangère dont le résident de France est le bénéficiaire. Dans ce cas, l'impôt étranger doit
avoir été établi conformément aux principes de la convention applicable et le crédit d'impôt sera limité au
montant de l'impôt français calculé à raison des mêmes revenus ;
- méthode 2 : l'octroi d'un crédit d'impôt égal au montant de l'impôt français correspondant aux revenus de
source étrangère dont le résident de France est le bénéficiaire, sous réserve que le revenu ait été
effectivement imposé dans l'autre État, quel que soit toutefois le montant de l'impôt effectivement perçu
dans l’État étranger concerné. Dans ce cas, la méthode de l'imputation conduit à l'exemption des revenus de
source étrangère.
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LA FISCALITÉ
INTERNATIONALE DES
PERSONNES PHYSIQUES
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La territorialité de l’IR
Les personnes physiques dont le domicile fiscal est situé en France sont passibles de l'impôt à
raison de l'ensemble de leurs revenus, que ceux-ci soient de source française ou étrangère, alors
que celle dont le domicile fiscal est situé hors de France ne sont passible de l'impôt qu'à raison de
leurs seuls revenus de source française.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
Définition de la France
Pour l'application de l'impôt sur le revenu, la France s'entend exclusivement de la France
continentale, des îles du littoral et de la Corse et des départements d'outre-mer (Guadeloupe,
Martinique, Guyane, Mayotte et réunions).
Ne font pas partie de la France, au sens fiscal, les collectivités d'outre-mer qui sont soumises à une
souveraineté fiscale distinctes et qui ont chacune un budget propre et un régime fiscal spécifique, à
savoir : Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis et Futuna, la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, les
terres australes et antarctiques françaises, l’île de Saint Barthélémy et la partie française de l'île Saint-
Martin.
Ces territoires n'appartiennent pas à la « France fiscale » mais peuvent être reliés à la France par des
accords fiscaux qu'il s'agisse de conventions fiscales ou d'accords fiscaux particuliers.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La résidence fiscale – Les critères de droit interne
Article 4 B du CGI : une personne est considérée comme ayant son domicile fiscal en France si
elle remplit l’un des critères suivants :
1. Foyer en France
2. Lieu de séjour principal en France
3. Exercice d’une activité professionnelle en France
4. Centre des intérêts économiques en France
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La résidence fiscale – Les critères de droit interne
1. Foyer en France
Le foyer est défini comme le lieu où la personne ou sa famille habite normalement, c'est-à-dire
le lieu de la résidence habituelle. Cette résidence doit avoir un caractère permanent.
Il n’est pas tenu compte des séjours effectués temporairement ailleurs en raison des nécessités
de la profession ou de circonstances exceptionnelles.
Le foyer inclut le conjoint, les enfants mineurs, ou le concubin(e), mais pas les autres proches
comme les parents ou les frères et sœurs.
Pour un contribuable célibataire sans charge de famille, le foyer est déterminé par le lieu où il
habite normalement en dehors de ses déplacements professionnels et où il a le centre de sa vie
personnelle.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La résidence fiscale – Les critères de droit interne
2. Lieu de séjour principal en France
Ce critère est rempli si une personne a séjourné en France plus de 183 jours au cours d'une
même année. Il s'agit du lieu de séjour de la personne elle-même, indépendamment du lieu de
séjour de sa famille.
Contrairement au premier critère, on retient uniquement ici le lieu de séjour de la personne elle-
même (quelles que soient les conditions de ce séjour : vie à l'hôtel, par exemple), sans s'attacher
au lieu de séjour de sa famille.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La résidence fiscale – Les critères de droit interne
3. Activité professionnelle principale en France
Ce critère s'applique aux personnes qui exercent en France une activité professionnelle, salariée
ou non, à moins qu'elles ne justifient que cette activité est exercée à titre accessoire.
Les dirigeants des entreprises dont le siège est en France et qui réalisent un chiffre d'affaires
annuel supérieur à 250 millions d'euros sont présumés exercer leur activité principale en France.
Sont visés le président du conseil d'administration, lorsqu'il assume la direction générale de la
société, le directeur général, les directeurs généraux délégués, le président et les membres du
directoire, les gérants et autres dirigeants ayant des fonctions analogues.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La résidence fiscale – Les critères de droit interne
4. Centre des intérêts économiques en France
Il s'agit du lieu où le contribuable a effectué ses principaux investissements, où il possède le siège
de ses affaires, d'où il administre ses biens, ou d'où il tire la majeure partie de ses revenus. Ce
critère est souvent délicat à apprécier et nécessite une comparaison entre les avoirs et les revenus
français et étrangers.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La résidence fiscale – Les critères conventionnels
Conflit de résidence : lorsqu’une personne est résidente fiscale de 2 Etats en application du droit
interne de chaque Etat.
Application de critères successifs pour déterminer la résidence fiscale (article 4, modèle OCDE) :
1. Foyer d’habitation permanent
2. Centre des intérêts vitaux
3. Séjour habituel
4. Nationalité
Chaque critère est examiné dans l’ordre.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La résidence fiscale – Les critères conventionnels
1. Foyer d’habitation permanent
Le premier critère est celui du foyer d'habitation permanent. Ce critère se réfère à toute forme
d'habitation dont le contribuable dispose de manière durable, qu'il en soit propriétaire ou
locataire. La résidence doit être à la disposition de l'individu de manière continue et non
occasionnelle.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La résidence fiscale – Les critères conventionnels
2. Centre des intérêts vitaux
Si le critère du foyer d'habitation permanent ne permet pas de trancher, on examine le centre des
intérêts vitaux. Ce critère prend en compte les relations familiales et sociales, les occupations, les
activités politiques et culturelles, ainsi que le siège des affaires et le lieu d'administration des
biens.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La résidence fiscale – Les critères conventionnels
3. Séjour habituel
Le critère du séjour habituel est utilisé lorsque les deux premiers critères ne sont pas concluants.
Il s'agit de déterminer où l'individu passe la majorité de son temps au cours d'une année donnée.
En règle générale, un séjour de plus de six mois dans un pays est considéré comme un séjour
habituel.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
La résidence fiscale – Les critères conventionnels
4. Nationalité
Enfin, si les critères précédents ne permettent toujours pas de déterminer la résidence fiscale, la
nationalité de l'individu peut être prise en compte. Ce critère est souvent utilisé en dernier
recours et peut être déterminant dans certaines conventions fiscales internationales
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
Modalités d’imposition des résidents français
Les personnes physiques qui ont en France leur domicile fiscal sont assujettis à l'impôt sur le revenu
dans les conditions de droit commun à raison de l'ensemble de leurs revenus, que ceux-ci soient de
source française ou étrangère (sous réserve des conventions fiscales). Le montant imposable des
revenus étrangers est déterminé de la même manière que pour les revenus de source française.
Les revenus réalisés à l'étranger sont imposables en France même s'ils n'ont pas été transférés sur
le territoire français.
Exemple : un salarié domicilié en France qui se ferait verser une partie de son revenu à l'étranger
resterait imposable en France, sous réserve des conventions fiscales, même sur la partie étrangère de
sa rémunération.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
Modalités d’imposition des non-résidents
Il s'agit des personnes qui ne peuvent pas être considérés comme domiciliée en France en vertu des
règles posées par l'article 4 B du CGI ou des personnes qui seraient domiciliées en France en s'en
tenant au droit interne français, mais qui perd de cette qualité par le jeu des conventions fiscales
internationales.
Les personnes domiciliées hors de France ne sont soumises qu'à une obligation fiscale limitée : elle ne
transposable qu'à raison de leurs seuls revenus de source française, limitativement énumérées par la
loi (sous réserve de l'application des conventions fiscales).
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
Modalités d’imposition des non-résidents
Les revenus de source française sont :
- les revenus de biens ou droits situés en France ou tirés d'une activité exercée en France
- les revenus versés par un débiteur domicilié ou établie en France
L'impôt sur le revenu dû par les personnes domiciliées hors de France sur leurs revenus de source
française ne peut être inférieur à 20 % du revenu net imposable, ou à 14,4 % pour les revenus ayant
leur source dans les départements d'outre-mer.
Exception : Le taux moyen d'imposition est appliqué lorsque le contribuable justifie que le taux
moyen qui résulterait de l'imposition en France de l'ensemble de ses revenus de source française et
étrangère serait inférieur au taux minimum de 20 % ou 14,4 %. Dans ce cas, c'est ce taux moyen qui
est retenu pour le calcul de l'impôt exigible sur les revenus de source française.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
Exemples d’imposition des revenus selon le modèle OCDE
• Dividendes
L'article 10 du modèle de convention OCDE prévoit que le pouvoir d'imposer les dividendes revient
concurremment aux deux États, mais que l'impôt établi dans l'État de la source ne peut
normalement excéder une fraction fixée à 15 % du montant brut des dividendes.
• Traitements et salaires
Selon l'article 15 du modèle OCDE, le droit d'imposer les traitements, salaires et autres rémunérations
similaires est attribué à l'État où l'activité est exercée. Par exception, les salaires versés à un non-
résident pour une mission temporaire peuvent être imposables uniquement dans l'État de résidence
si certaines conditions sont remplies
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
Le régime des impatriés
Le régime des impatriés en France permet aux salariés et dirigeants venant de l'étranger de
bénéficier d'une exonération partielle d'impôt sur le revenu.
Ce dispositif s'applique pendant 8 ans à partir de la prise de fonctions en France, à condition que la
personne n'ait pas été fiscalement domiciliée en France durant les cinq années précédentes.
L'exonération concerne une partie de la rémunération liée à l'activité en France et à l'étranger, ainsi
que certains revenus de source étrangère.
Les impatriés doivent déclarer ces revenus de manière spécifique pour bénéficier de ces avantages
fiscaux.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES PHYSIQUES
L’exit tax
L'Exit Tax est un dispositif fiscal mis en place pour éviter que des contribuables ne quittent la France afin de réaliser
des plus-values sur des actifs mobiliers sans être imposés en France. Ce dispositif s'applique aux contribuables qui
transfèrent leur domicile fiscal hors de France et qui ont été fiscalement domiciliés en France pendant au
moins six des dix années précédant le transfert.
Actifs concernés : Les plus-values latentes sur droits sociaux, valeurs, titres ou droits, ainsi que les créances issues
d'une clause de complément de prix et certaines plus-values en report d'imposition sont imposables lors du
transfert du domicile fiscal hors de France.
Le contribuable peut bénéficier d'un sursis de paiement automatique lorsqu'il transfère son domicile fiscal dans un
État membre de l'Union européenne ou dans un État ayant conclu avec la France une convention d'assistance
administrative. Dans les autres cas, le sursis est accordé sur demande expresse, sous réserve de constituer des
garanties pour le recouvrement de l'impôt.
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LA FISCALITÉ
INTERNATIONALE DES
PERSONNES MORALES
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
Territorialité de l’IS – Critères internes
L’impôt sur les sociétés ne frappe que les bénéfices réalisés par des entreprises exploitées en France, sous réserve
des conventions fiscales. Cela signifie que les bénéfices générés par des activités menées à l'étranger ne sont pas
soumis à l'IS en France.
Pour les entreprises ayant leur siège en France, les bénéfices réalisés à l'étranger échappent à l'IS français, à condition
qu'ils proviennent d'un établissement stable ou d'un cycle commercial complet à l'étranger. Les entreprises françaises
ne peuvent pas déduire les pertes ou les frais liés à des opérations effectuées à l'étranger de leurs résultats
imposables en France, sauf dans certains cas spécifiques prévus par la législation ou les conventions fiscales.
Les entreprises étrangères sont imposables en France, sous réserve des conventions, si elles y exploitent un
établissement autonome, effectuent des opérations par l’intermédiaire d’un représentant en France ou réalisent des
opérations formant un cycle commercial complet.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
Etablissement autonome
Il s’agit :
- d'un organisme professionnel ;
- dont l'installation présente un certain caractère de permanence ;
- et qui possède une autonomie propre.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
Etablissement autonome : exemples
Les exemples typiques d'établissements incluent :
• le siège de la direction d'une entreprise
• une usine ou un atelier de fabrication
• un bureau, un comptoir d'achat ou de vente
• une succursale, un magasin, une agence
• une mine, carrière ou tout autre lieu d'extraction de ressources naturelles
• un chantier nécessitant des travaux importants, continus, de longue durée ainsi que la prise de
décisions techniques par des responsables se trouvant sur ce chantier.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
Représentants en France
Lorsque les « représentants » ont une personnalité professionnelle indépendante (commissionnaires,
courtiers et d'une manière générale, tous intermédiaires à statut indépendant), l'entreprise qui
effectue des opérations par leur entremise dans un pays étranger doit être considérée comme
n'exerçant personnellement aucune activité dans ce pays. Elle doit être regardée comme n'exploitant
qu'une seule entreprise et elle est par suite imposable dans son propre pays à raison de l'ensemble
des bénéfices afférents à cette entreprise.
➔ les commissionnaires, courtiers et représentants indépendants demeurent personnellement
imposables à raison des profits qu'ils réalisent dans le cadre de leur activité professionnelle.
Lorsqu'au contraire, les « représentants » n'ont pas de personnalité professionnelle indépendante
de celle de l'entreprise qui les emploie, agissent pour son compte et apparaissent en fait comme ses
préposés (représentants permanents par exemple), l'entreprise doit être considérée comme
exerçant directement et personnellement dans le pays en cause une activité imposable.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
Cycle commercial complet
Un cycle complet correspond généralement à une série d'opérations commerciales, industrielles ou
artisanales dirigées vers un but déterminé et dont l'ensemble forme un tout cohérent.
L'exemple le plus caractéristique du cycle complet est celui des opérations d'achat de marchandises
suivies de leur revente.
Peuvent également constituer un cycle commercial complet les opérations d'extraction, de
transformation, de lotissement de terrain, de prestations de services ou les opérations financières, dès
lors qu'elles correspondent à l'exercice habituel d'une activité distincte.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
Critères conventionnels
Les conventions internationales signées par la France retiennent la notion d'établissement stable
comme critère de rattachement territorial des bénéfices.
Par conséquent :
- les entreprises étrangères sont imposables en France sur les bénéfices provenant d'opérations
effectuées dans des « établissements stables » situés en France ;
- les entreprises françaises ne sont pas imposables en France sur les bénéfices provenant
d'opérations effectuées dans des « établissements stables » situés dans le pays étranger.
Chaque convention fournit en principe une définition de l'établissement stable.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
L’établissement stable
L'expression « établissement stable » désigne une installation fixe d'affaires par l'intermédiaire de
laquelle une entreprise exerce tout ou partie de son activité (article 5 du modèle OCDE). Cette
définition implique la réunion de plusieurs critères :
- l'existence d'une installation d'affaires, c'est-à-dire d'une installation telle que des locaux, des
machines, un outillage, etc. ;
- cette installation d'affaires doit être fixe, c'est-à-dire établie en un lieu précis avec un certain
degré de permanence ;
- l'exercice des activités de l'entreprise par l'intermédiaire de cette installation fixe.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
L’établissement stable
Le modèle OCDE donne une liste non limitative d'établissements stables généralement retenus dans
les conventions : siège de direction, succursale, bureau, usine, atelier, lieu d'extraction de ressources
naturelles, chantier de construction.
Par exception, les installations fixes d'affaires utilisées pour l'exercice d'activités préparatoires ou
auxiliaires ne sont pas considérées comme des établissements stables. Une liste de ces activités
figure généralement dans les conventions. Ainsi ne constituent pas un établissement stable les
installations utilisées uniquement pour stocker, exposer ou livrer des marchandises appartenant à
l'entreprise ou des installations utilisées uniquement pour acheter des marchandises ou recueillir des
informations pour l'entreprise.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
Bénéfices réalisés en France par des établissements étrangers
Les bénéfices réalisés en France par les sociétés étrangères y exerçant une activité sont présumés
distribués à des associés n'ayant pas leur domicile fiscal ou leur siège social en France. Par suite,
ils sont en principe passibles de la retenue à la source prévue à l'égard des distributions faites par les
sociétés françaises à des non-résidents.
Cependant :
- une dispense de retenue est prévue pour les bénéfices réalisés en France par les sociétés
étrangères qui ont leur siège dans un État membre de l'Union européenne, ou en Islande, en
Norvège ou au Liechtenstein, et qui y sont passibles de l'IS, sans possibilité d'option et sans en
être exonérées (et sans bénéficier d'une exonération spécifique sur les bénéfices) ;
- les conventions internationales limitent parfois le champ d'application de la retenue et son
montant ou même la suppriment totalement
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
L’implantation à l’étranger : la succursale
Une succursale est un simple établissement de l’entreprise française. Elle n’a pas de personnalité
morale, il s’agit d’une simple extension de la société française à l’étranger sur le plan juridique.
Sur le plan fiscal, la succursale est considérée comme une entité à part entière. Son résultat est
imposable dans l’Etat dans lequel elle se situe. La succursale n’a pas de personnalité juridique propre,
ses résultats sont donc immédiatement et automatiquement appréhendés par la société française.
La plupart des Etats prélèvent une branch tax (en plus de l’impôt sur les sociétés) sur les résultats
réalisés par la succursale sur leurs territoires. Si une convention fiscale existe entre l’Etat de situation de
la succursale et la France, la branch tax donne lieu à un crédit d’impôt en France.
La société française ne peut pas imputer les éventuelles pertes de la succursale sur son propre résultat.
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LA FISCALITÉ INTERNATIONALE DES PERSONNES MORALES
L’implantation à l’étranger : la filiale
La filiale est une société à part entière, qui est détenue en partie ou intégralement par la société située
en France. Les résultats de la filiale remontent vers la société mère par voie de distributions de
dividendes. Il peut également y avoir des intérêts en cas de prêt ou encore des redevances en cas de
prestations de services intragroupes. Les dividendes, intérêts et redevances versés à la société mère
font généralement l’objet d’une retenue à la source dans l’Etat de situation de la filiale.
La distribution de dividendes, le versement des intérêts et des redevances à la société mère sont
imposables en France, au taux normal de l’IS.
La France a signé des conventions fiscales avec de nombreux Etats afin de limiter le taux des retenues
à la source et d’éviter la double d’imposition grâce à des crédits d’impôts.
Par ailleurs, il existe des exonérations de retenues à la source lorsque les distributions ont lieu entre
sociétés situées dans des pays membres de l’UE.
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