LA SÛRETÉ DE FONCTIONNEMENT
Le but de la sûreté de fonctionnement (dependability, SdF) est d’évaluer les risques potentiels,
prévoir l’occurrence des défaillances et tenter de minimiser les conséquences des situations
catastrophiques lorsqu’elles se présentent.
Définition de Laprie 89 : la sûreté de fonctionnement d’un système informatique est la propriété qui
permet de placer une confiance justifiée dans le service qu’il délivre.
Définition CEI 50(191) : Aptitude d’une entité à assumer une ou plusieurs fonctions requises dans des
conditions données.
Identifier les défaillances de la manière la plus exhaustive possible.
Prioriser l’importance des risques qu’elles impliquent.
D’un point de vue système il faudra prévoir les défaillances.
Au cours de la vie du système il faudra savoir mesurer les défaillances et capitaliser ces
observations.
Le but final étant bien sûr de maîtriser ces défaillances.
La SdF est ainsi qualifiée parfois de « sciences des défaillances ».
Les défaillances
Définition CEI 50(191) :
La défaillance est la cessation de l’aptitude d’une entité à accomplir une fonction requise.
La défaillance est un événement, elles est donc présente ou non et peut se combiner avec
un ou plusieurs événements.
La définition précédente implique la connaissance de la fonction requise et la définition de
sa cessation
Plusieurs classifications des défaillances sont alors possibles.
Classification des défaillances
Classification des défaillances
Par les effets :
Défaillance mineure : nuit au bon fonctionnement en causant un dommage négligeable au
système ou à son environnement. Pas de risque humain.
Défaillance significative : nuit au bon fonctionnement sans dommage notable. Pas de risque
humain [Link]. Pas de risque humain important.
Défaillance critique : perte de ou des fonctions essentielles du système. Dégâts important
au système ou son environnement. Pas de risque motel ou de blessure pour l’homme.
Défaillance catastrophique : perte de ou des fonctions essentielles du système. Dégâts
important au système ou son environnement. Risque mortel ou de blessures graves pour
l’homme.
Par les causes :
défaillance primaire (ou première) d’une entité: dont la cause directe ou indirecte n'est pas
la défaillance d'une autre entité.
défaillance secondaire (ou seconde) d’une entité : dont la cause directe ou indirecte est la
défaillance d'une autre entité. L'entité devenant alors indisponible (nécessité de réparation)
après disparition devenant alors indisponible (nécessité de réparation) après disparition de la
cause.
défaillance par (de) commande d’une entité: dont la cause directe ou indirecte est la
défaillance d'une autre entité, mais elle redevient disponible après disparition de la cause.
Ceci implique que l’on recherchera la cause de la défaillance
De la faute à la défaillance
Faute : cause interne de la défaillance
Erreur : manifestation interne (signal/état incorrect)
Défaillance : service rendu incorrect
Conséquence : manifestation externe
La faute peut être introduite par le concepteur, l’utilisateur ou l’environnement. Elle rend l’entité
imparfaite.
Classification des fautes
On peut donner quelques critères de classification des fautes :
Accidentelle -Intentionnelle
Physique - Humaine
Interne - Externe
Active (qui produit une erreur) - Dormante
Douce - Dure
Permanente - Temporaire / Transitoire
Opérationnelle - De conception
Les composantes de la SdF
La Fiabilité
Définition CEI 50(191) : la fiabilité est l’aptitude d’une entité à accomplir une fonction
requise, dans des conditions données, pendant un intervalle de temps donné.
Mesure : La fiabilité se mesure par la probabilité qu'une entité a ccomplisse une fonction requise
dans les conditions données pendant l'intervalle de temps [o,t].
Evaluation(s) : opérationnelle (observée), extrapolée, prévisionnelle (conception + fiab. Composant),
intrinsèque (programme d’essai).
Considérons l’instant T d’occurrence de la défaillance ; cette variable aléatoire permet de définir la
notion de fiabilité qui s’interprète comme la probabilité que l’entité considérée ne tombe pas en
panne avant un instant t donné ou bien comme la probabilité qu’elle tombe en panne après l’instant
t.
On peut noter : R ( t ) = P (E non défaillante sur la durée [0, t], en supposant qu’elle n’est pas
défaillante à l’instant t = 0).
Ce qui peut s’exprimer par : R ( t ) = P ( T > t )
L’aptitude contraire est appelée défiabilité, et est définie par :
F(t)= 1 - R (t ) = P( t> T) = F( t)
FIABILITE – MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
I – LE CONCEPT DE FIABILITE
11 – Définition :
Aptitude d'un bien à accomplir une fonction requise dans des conditions données pendant un temps donné
(NF EN 13306) ou « caractéristique d'un bien exprimée par la probabilité qu'il accomplisse une fonction requise
dans des conditions données pendant un temps donné » (NF X 60–500).
La notion de temps peut prendre la forme :
De nombre de cycles effectués machine automatique
De distance parcourue matériel roulant
De tonnage produit équipement de production
12 – Commentaires :
Un équipement est fiable s'il subit peu d'arrêts pour pannes. La notion de fiabilité s'applique :
A du système réparable équipement industriel ou domestique.
A des systèmes non réparables lampes, composants donc jetables
La fiabilité se caractérise par sa courbe R(t) appelée également « loi de survie » (R :
reliability) et son taux de défaillance λ(t).
La fiabilité d'un équipement dépend de nombreux facteurs :
CONCEPTION - RÉALISATION UTILISATION
Qualité des études Qualité des Qualité des FIABILITÉ DE
composants méthodes CONDUITE
Défaillances
Solutions retenues Tests de réception Montage
FIABILITÉ DE FIABILITÉ DES FIABILITÉ DE Interventions
CONCEPTION COMPOSANTS FABRICATION
FIABILITÉ
D'ENTRETIEN
FIABILITÉ
PRÉVISIONNELLE
FIABILITÉ
FIABILITÉ D'EXPLOITATION
OPÉRATIONNELLE
(Sur le terrain)
13 – Le taux de défaillance :
Pour un système réparable, le taux de défaillance se traduit souvent par une courbe mettant en évidence 3 époques :
Jeunesse (mortalité infantile, défaillance précoce) : en état de fonctionnement à l’origine (mise en service),
période de rodage (pré usure), présélection des composants électroniques (déverminage).
Maturité (période vie utile, de défaillances aléatoires) : période de rendement optimal du matériel, taux de
défaillance constant. Les défaillances apparaissent sans dégradations préalables visibles, par des causes
diverses.
Obsolescence (vieillesse, usure). Un mode défaillance prédominant, généralement visible, entraîne une
dégradation accélérée, à taux de défaillance croissant (pour un mécanisme). Souvent on trouve une usure
mécanique, de la fatigue, une érosion ou une corrosion. A un certain seuil de (t), le matériel est « mort ». Il
est alors déclassé, puis rebuté ou parfois reconstruit. La détermination de T (seuil de réforme), est obtenue à
partir de critères technico-économiques.
L’évolution de la durée de vie d’un équipement peut être tracée selon une courbe appelée courbe en baignoire. Selon
que l’équipement, soit de type électronique ou mécanique, les allures du taux de défaillance sont différentes.
FIABILITE – MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
Zone B
Zone A Zone C
Zone A Epoque de jeunesse
Zone B Epoque de maturité, fonctionnement normal, défaillance aléatoire indépendante du temps.
Zone C Epoque d’obsolescence, défaillances d'usure ou pannes de vieillesse.
Le taux de défaillance, noté (t), est un indicateur de la fiabilité. Il représente une proportion de dispositifs
survivants à un instant t.
Sa forme générale est : . Le plus fréquemment, il s’exprime en « pannes / heure ».
Ex : loi de survie d’un moteur électrique Ex : taux de défaillance d’un moteur électrique
FIABILITE – MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
Abscisse : temps ou unité d’usage / Ordonnée :
probabilité de ne pas tomber en panne en %. Abscisse : temps ou unité d’usage cumulés / Ordonnée : taux
de défaillance en panne par temps ou par unité d’usage.
L’allure du taux de défaillance montre que les moteurs sont en période de vieillesse.
14 – Cas particulier de l’époque de maturité :
Dans cette période, le taux de défaillance est sensiblement constant et est égal à l’unité d’usage sur la MTBF. Les
calculs qui suivent ne sont donc valables que pour cette période.
MTBF : Mean Time Between Failure : moyenne des temps de bon fonctionnement entre défaillances consécutives.
(Attention : voir remarques sur les indicateur FMD §V).
Calcul de la MTBF :
Calcul du taux de défaillance λ :
Exemple :
Dans cette partie, on s'intéresse aux temps de bon fonctionnement (TBF) d’une presse. A chaque panne, on associe le
nombre d’heures de bon fonctionnement ayant précédé de cette panne.
Les observations se sont déroulées sur une période de 4 ans et ont donné les résultats suivants :
Rang de la panne 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
TBF ayant précédé la panne (en jours) 55 26 13 80 14 21 124 35 18 26
Calculer au jour près par défaut, le temps moyen de bon fonctionnement entre deux pannes :
FIABILITE – MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
15 – Traitement du taux de défaillance (cf. page suivante) :
Période de jeunesse : le taux de défaillance diminue. Ceci s’explique par le fait que certains composants sont mis
en fonctionnement alors qu’ils sont viciés au départ (en général à cause de malfaçons en fabrication). A titre préventif,
on pratique des contrôles renforcé (contrôles non destructifs) ou on procède à des déverminages (mise en
fonctionnement pendant un certain temps des composants à livrer au client). Ceci a pour effet d’éliminer ceux qui
présentent des faiblesses ; et ainsi ramener le taux de défaillance au niveau de celui de la période de maturité. Dans le
domaine particulier de la mécanique automobile, cette opération est le rodage. Seule la maintenance corrective est
applicable.
Période de maturité : Le taux est constant pour les matériels électroniques dont les défaillances sont de type
catalectique : seule la maintenance corrective est possible. Pour les matériels mécaniques, le taux est légèrement
croissant : une maintenance préventive systématique ou conditionnelle est applicable.
Période de vieillesse : il se produit d’importants phénomènes de dégradation. Le taux redevient fortement
croissant : il faut donc surveiller le matériel. Cette dégradation accélérée correspond à des phénomènes de fatigue et
d’usure en mécanique ou à des problèmes liés au vieillissement des composants électroniques : une maintenance
préventive conditionnelle peut être mise en place.
II – LA MAINTENABILITE :
21 – Définition :
« Dans les conditions d'utilisation données pour lesquelles il a été conçu, la maintenabilité est l’aptitude d'un
bien à être maintenu ou rétabli dans un état dans lequel il peut accomplir une fonction requise, lorsque la
maintenance est accomplie dans des conditions données, avec des procédures et des moyens prescrits. » (NF
EN 13306).
22 – Commentaires :
La maintenabilité caractérise la facilité à remettre ou de maintenir un bien en bon état de fonctionnement. Cette notion
ne peut s'appliquer qu'a du matériel maintenable, donc réparable.
« Les moyens prescrits » englobent des notions très diverses : moyens en personnel, appareillages, outillages, etc.
La maintenabilité d'un équipement dépend de nombreux facteurs :
Facteurs liés à l’ Facteurs liés au Facteurs liés à la
EQUIPEMENT CONSTRUCTEUR MAINTENANCE
- documentation - conception - préparation et formation
- aptitude au démontage - qualité du service après- des personnels
- facilité d'utilisation vente - moyens adéquats
- facilité d'obtention des - études d'améliorations
pièces de rechange (maintenance
- coût des pièces de rechange améliorative)
Remarques : on peut améliorer la maintenabilité en :
Développant les documents d'aide à l'intervention
Améliorant l'aptitude de la machine au démontage (modifications risquant de coûter cher)
Améliorant l'interchangeabilité des pièces et sous ensemble.
23 – Calcul de la maintenabilité :
La maintenabilité peut se caractériser par sa
MTTR (Mean Time To Repair) ou encore
Moyenne des Temps Techniques de Réparation.
(Attention : voir remarques sur les indicateur FMD
§V).
24 – Taux de réparation μ :
FIABILITE – MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
III – LE CONCEPT DE DISPONIBILITE :
FIABILITE – MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
31 – Définition :
Aptitude d'un bien à être en état d'accomplir une fonction requise dans des conditions données, à un instant
donné ou durant un intervalle de temps donné, en supposant que la fourniture des moyens extérieurs
nécessaires est assurée.
Cette aptitude dépend de la combinaison de la fiabilité, de la maintenabilité et de la logistique de maintenance.
Les moyens extérieurs nécessaires autres que la logistique de maintenance n'affectent pas la disponibilité du
bien (NF EN 13306).
32 – Commentaires :
Pour qu'un équipement présente une bonne disponibilité, il doit :
Avoir le moins possible d'arrêts de production
Etre rapidement remis en bon état s'il tombe en panne
La disponibilité d'un équipement dépend de nombreux facteurs :
Facteurs liés à sa CONSTRUCTION Facteurs liés à son UTILISATION
FIABILITÉ MAINTENABILITE MAINTENANCE PRODUCTION
- Facilité de remise - Moyens Organisation Situation de
- Nombre d'arrêts
en état - Méthodes des l'équipement
pour pannes
- Efficacité fabrications Indépendant
-
- Réglages des autres
- Changements - En chaîne
DISPONIBILITÉ CONSTRUCTEUR d'outils liée
- Changement de - En chaîne
séries avec en-cours
- Manque de de production
DISPONIBILITÉ produit
Vue de la
MAINTENANCE ARRÊTS DE PRODUCTION
DISPONIBILITÉ OPÉRATIONNELLE
Constatée sur le terrain
La disponibilité allie donc les notions de fiabilité et de maintenabilité
Augmenter la disponibilité passe par :
L'allongement de la MTBF (action sur la fiabilité)
La notion de le MTTR (action sur la maintenance)
33 – Quantification de la disponibilité :
La disponibilité moyenne sur un intervalle de temps donné peut être évaluée par le rapport :
En l’exprimant par rapport à des temps moyens, la disponibilité moyenne s’écrit :
En anglais : TMD = MUT (Mean Up Time) et TMI = MDT (Mean Down Time).
Ex : dans des équipements de surveillance ou de secours (tels que la surveillance d’un réacteur nucléaire, le pilote
automatique d’un avion, la source d’énergie autonome d’un engin spatial), l’indisponibilité doit être < 10 -5.
34 – Disponibilité intrinsèque Di :
Elle exprime le point de vue FIAdu concepteur
BILITE (cf. figure
– MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
ci-contre). Ce dernier a conçu et fabriqué le produit en
lui donnant un certain nombre de caractéristiques
intrinsèques, c’est à dire des caractéristiques qui
prennent en compte les conditions d’installation,
d’utilisation, de maintenance et d’environnement,
supposées idéales. Ex : un fabricant de contacteur
indique que tel type de contacteur peut supporter 1
million de cycles de manœuvres dans des conditions
d’utilisation bien précises.
Le calcul de la disponibilité intrinsèque Di fait appel à 3
paramètres :
TBF : temps de bon fonctionnement
TTR : temps techniques de réparation
TTE : temps techniques d’exploitation
Ex : Un constructeur d’onduleurs précise que la
moyenne des TBF est de 50000 heures et que la
moyenne des TTR est de 10 heures :
Di = 50000 / (50000 + 10) = 0,998
Ex : un fabricant de machines-outils prévoit en accord
avec son client la disponibilité intrinsèque d’une
machine en prenant compte des conditions idéales
d’exploitation et de maintenance :
Temps d’ouverture mensuel = 400 heures
1 changement de fabrication par mois = 6 heures
Maintenance corrective mensuelle : taux de défaillance = 1 pannes / mois ; TTR estimé = 4 heures
Maintenance préventive mensuelle = 3 heures
TBF = 400 – 6 – 4 – 3 = 387 heures
TTE = 6 heures Di = 387 / (387 + 7 + 6) = 0,9675
TTR = 4 + 3 = 7 heures
35 – Disponibilité opérationnelle Do :
Il s’agit de prendre en compte les conditions réelles d’exploitation et de maintenance. C’est la disponibilité du point
de vue de l’utilisateur.
Le calcul de Do fait appel aux mêmes paramètres TBF, TTR et TTE sauf que ces 3 paramètres ne sont plus basés sur
les conditions idéales de fonctionnement mais sur les conditions réelles (historiques d’exploitation).
Ex : sur la machine outil précédente, une étude d’exploitation sur un mois a conduit aux résultats réels suivants :
Temps d’ouverture mensuel = 400 heures
Changement de production = 6 heures
Manque approvisionnement matière = 3 heures
Maintenance préventive = 3 heures
Maintenance corrective = 8 heures (3 heures d’attente maintenance + 5 heures d’intervention)
TBF = 400 – 6 – 3 – 3 – 8 = 380 heures
TTE = 6 + 3 = 9 heures Di = 380 / (380 + 9 + 11) = 0,95
TTR = 3 + 8 = 11 heures
FIABILITE – MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
IV – NOTIONS TEMPORELLES RELATIVES AUX ETATS D’UNE ENTITE :
La norme NF EN 13306 définit avec précision les différents types d’arrêts associés aux états d’une entité. Elle distingue
le temps effectif de disponibilité du temps de disponibilité, ce dernier incluant les temps d’arrêt pour causes
extérieures.
Ex : un temps d’arrêt dur à une coupure EDF ou une grève du personnel est à considérer comme temps de disponibilité.
Cette décomposition temporelle permet d’y associer plusieurs calculs de disponibilité présentant chacun un intérêt
particulier.
FIABILITE – MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
Etat de fonctionnement : état dans lequel le bien accomplit une fonction requise.
Etat d’attente : état dans lequel le bien, pendant une période requise, est apte à accomplir une fonction requise, mais n’est pas
sollicité.
Etat effectif de disponibilité : état dans lequel l’entité est effectivement apte à accomplir une fonction requise et où la fourniture des
moyens extérieurs éventuellement nécessaire est assurée.
Etat d’incapacité : état dans lequel l’entité est dans l’incapacité d’accomplir une fonction requise pour des causes imputables à
l’entité ou extérieures à celle-ci.
Etat d’incapacité pour causes extérieures : état d’incapacité d’une entité apte à accomplir une fonction requise mais ne pouvant
fonctionner pour des causes extérieures à l’entité (manque d’alimentation, de main d’œuvre, manque ou saturation de pièces, pièces
en amont non conformes, etc.).
Etat d’indisponibilité après défaillance : état dans lequel l’entité est inapte à accomplir une fonction requise à la suite d’une
défaillance et avant remise en service.
Etat d’indisponibilité pour maintenance préventive : état dans lequel l’entité est inapte à accomplir une fonction requise pendant
des opérations de maintenance préventive.
Etat d’indisponibilité pour contraintes d’exploitation : état dans lequel l’entité est inapte à accomplir une fonction requise par
suite d’actions relatives à son exploitation et influençant sa disponibilité (changement d’outil selon les programmes de fabrication,
contrôle sur l’entité du produit fabriqué, etc.).
Etat de disponibilité : état dans lequel l’entité est apte à accomplir une fonction requise, en supposant que la fourniture des moyens
extérieurs éventuellement nécessaires est assurée.
Etat d’indisponibilité : état dans lequel l’entité est inapte à accomplir une fonction requise pour des causes inhérentes à l’entité.
Temps total : période de référence choisie pour l’analyse des temps.
Temps requis : période de temps pendant laquelle l’utilisateur de l’entité exige qu’elle soit en état d’accomplir une fonction requise.
Temps effectif de disponibilité : partie du temps requis correspondant à un état effectif de disponibilité. Ce temps peut comporter
des opérations de maintenance n’entraînant pas l’indisponibilité de l’entité.
Temps de disponibilité : période du temps requis correspondant à un état de disponibilité.
Temps de fonctionnement : partie du temps effectif de disponibilité correspondant à un état de fonctionnement de l’entité. Ce
temps constitue la base de calcul pour déterminer le nombre d’unités d’usage.
Temps d’attente : partie du temps effectif de disponibilité correspondant à un état d’attente de l’entité.
Temps d’incapacité : partie du temps requis correspondant à un état d’incapacité.
Temps d’incapacité pour causes extérieures : partie du temps d’incapacité correspondant à un état d’incapacité pour causes
extérieures.
Temps d’indisponibilité : partie du temps d’incapacité correspondant à un état d’indisponibilité.
Temps d’indisponibilité après défaillance : partie du temps d’indisponibilité correspondant à un état d’indisponibilité après
défaillance.
Temps de non détection de la défaillance : intervalle de temps compris entre l’instant où survient la défaillance et l’instant où elle
est détectée.
Temps d’appel de la maintenance : intervalle de temps compris entre l’instant où la défaillance est détectée et l’instant où la
maintenance est déclenchée.
Temps d’indisponibilité pour maintenance corrective : intervalle de temps correspondant à une intervention corrective sur
l’entité.
Temps de réparation : partie du temps d’indisponibilité pour maintenance corrective pendant laquelle les opérations de
maintenance corrective sont effectivement réalisées sure l’entité. Ce temps comprend le temps de localisation, de diagnostic, de
correction de panne et de contrôles et d’essais finals. Ce temps suppose que la logistique de maintenance soit assurée.
Temps annexes de maintenance corrective : partie du temps d’indisponibilité pour maintenance corrective correspondant aux
délais de mise en œuvre des opérations de maintenance corrective sur l’entité. Il comprend les temps administratifs, les temps
logistiques, les temps techniques et les temps de préparation du travail.
Temps de remise en condition : intervalle de temps nécessaire après les activités de maintenance pour remettre l’entité en
condition de réaliser une fonction requise dans sa configuration de fonctionnement.
Temps d’indisponibilité pour maintenance préventive : partie du temps d’indisponibilité correspondant à un état d’indisponibilité
pour maintenance préventive.
Temps d’indisponibilité pour contraintes d’exploitation : partie du temps d’indisponibilité correspondant à un état d’indisponibilité
pour contraintes d’exploitation.
Temps non requis : période de temps pendant laquelle l’utilisateur de l’entité n’exige pas que l’entité soit en état d’accomplir une
fonction requise.
Temps potentiel de disponibilité : fraction du temps non requis pendant laquelle l’entité est disponible.
Temps potentiel d’indisponibilité : fraction du temps non requis pendant laquelle l’entité serait inapte à accomplir une fonction
requise quelle qu’en soit la cause.
FIABILITE – MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
FIABILITE – MAINTENABILITE – DISPONIBILITE
V – ANALYSE FMD : INDICATEURS OPERATIONNELS :
La figure ci-dessous schématise les états successifs que peut prendre un système réparable :
En fait, les grandeurs portées par le graphe sont des durées (comme les TBF) auxquelles on associe des moyennes
(comme la MTBF) obtenues par exploitations statistiques ou probabilistes des durées constatées et enregistrées. Les
sigles utilisés, d’origine anglo-saxonne, correspondent aux notions suivantes :
MTTF (mean time to [first] failure) : moyenne des temps avant la 1ère défaillance
MTBF (mean time between failures) : moyenne des temps entre 2 défaillances consécutives
MDT (mean down time) : appelé encore MTI, c’est le temps moyen d’indisponibilité ou temps moyen d’arrêt
propre
MUT (mean up time) : temps moyen de disponibilité
MTTR (mean time to repair) : temps moyen de réparation
Ce graphe illustre l’attention qu’il faut porter aux traductions que l’on effectue en français depuis les termes anglo-saxons.
En effet, les abus de langage provoquent parfois des incohérences ou des erreurs de compréhension.
La traduction que l’on fait de la MTBF « moyenne des temps de bon fonctionnement MTBF » correspond en fait au MUT.
La traduction que l’on fait de la MTTR « moyenne des temps techniques de réparation MTTR » correspond en fait au
MDT.
Ces approximations ne sont valables que dans les cas suivants :
Dans de nombreux cas, MDT = MTTR : temps d’attente à la maintenance très faibles
Pour de nombreux systèmes, MDT est faible devant MUT ; et donc la différence entre MUT et MTBF est faible.
Dans les analyses de disponibilité, il faudra donc au préalable définir les termes et abréviations que l’on utilisera.
IV – AMELIORATION DE LA DISPONIBILITE :
Une entité présente des caractéristiques intrinsèques (d’utilisation, de maintenance, de fiabilité, de maintenabilité). Ex :
pour un centre d’usinage, 15s pour un changement d’outil, un graissage par mois pour la maintenance, une panne par
mois pour sa fiabilité et un MTTR de 2 heures pour sa maintenabilité.
Toutes ces caractéristiques confèrent à l’entité une certaine disponibilité intrinsèque à partir de laquelle le service
production peut prévoir des conditions d’utilisation, et le service maintenance peut établir le planning des interventions.
Dans la réalité de l’exploitation de l’entité certains aléas peuvent se produire :
Aléas de production : manque pièces, pièces non conformes, casse d’outillage, etc.
Aléas de maintenance : indisponibilité du personnel de maintenance, manque de pièces de rechange, outillage
de diagnostic défectueux, etc.
Aléas d’environnement : absence de personnel pour cause de grève, manque d’énergie, rupture
d’approvisionnement liée à des conditions climatiques exceptionnelles, etc.
Ces différents aléas confèrent à l’entité une disponibilité opérationnelle que le service maintenance doit améliorer au
moindre coût.