FLAMBEMENT
INTRODUCTION :
Le flambement est un phénomène mécanique qui désigne l'instabilité d'un élément
structurel, généralement un élément élancé comme une poutre ou une colonne, soumis à
une charge axiale de compression. Lorsque cette charge dépasse une certaine valeur
critique, appelée charge critique de flambement ou charge d'Euler, l'élément perd sa
capacité à rester droit et se déforme latéralement de manière brusque, même si les
matériaux ne dépassent pas leur limite élastique.
Caractéristiques du Flambement:
• Dépendance à la géométrie : Plus un élément est long et mince, plus il est susceptible
de flambement.
• Influence des conditions aux limites : Les conditions d'appui (articulé, encastré, libre)
modifient la valeur critique.
• Rigidité du matériau : Un matériau avec un module d'élasticité élevé résiste mieux au
flambement.
• Type de charge : Le flambement survient sous une compression axiale.
OBJECTIF DU TP :
Déterminer expérimentalement les charges critiques d’Euler pour différentes conditions de
flambement.
Résistance des Matériaux Rapport de TP
ETUDE THEORIQUE :
Résistance des Matériaux Rapport de TP
ETUDE EXPERIMENTALE :
Figure : banc de flambement
L’afficheur numérique de la charge a une capacité de 0 à 2000 N et le comparateur
numérique se déplaçant le long du châssis permet la mesure de la déformation de
la poutre avec une capacité de 0 à 25 mm, précision de 0,01 mm.
Travail Demandé:
Détermination des courbes de flambement en fonction de la charge et de l'influence des
liaisons
Pour cette étude, deux poutres barres en acier sont utilisées avec les caractéristiques
suivantes : longueur L1= 650 mm, L2=550 mm section S = 19 x 3 mm², E=210 GPa
1. Mise en place :
o Installer la poutre et la fixer avec une liaison articulée/articulée.
o Positionner le comparateur au milieu de la poutre.
2. Procédure de mesure :
o Réduire la charge appliquée à zéro et ajuster le cadran du comparateur à zéro.
o Appliquer une charge par incréments successifs et relever les indications du
comparateur pour chaque incrément.
3. Répétition :
o Répéter l'expérience en modifiant les liaisons pour les deux autres
configurations : articulée/encastrée et encastrée/encastrée.
POUTRE 1 (650 mm):
1. Articulée - Articulée :
Conditions d'appui :
• Les deux extrémités de la poutre sont articulées.
Résistance des Matériaux Rapport de TP
• Cela permet une rotation sans moment résistant, tout en empêchant les
déplacements latéraux.
Dans cette configuration, la longueur efficace 𝐿𝑘 est égale à la longueur réelle 𝐿 de la poutre.
Force Déplacement
0 0
50 0,2
65 0,3
80 0,4
90 0,5
115 0,9
125 1
135 1,1
140 1,3
147 1,5
165 1,8
170 2
175 2,8
180 3,3
Résistance des Matériaux Rapport de TP
CHARGE CRITIQUE PRATIQUE : 𝐹𝐶 = 153,12 𝑁
2. Articulée – Encastrée :
Poutre Articulée-Encastée
Conditions d'appui :
• Une extrémité de la poutre est articulée, permettant une rotation sans moment
résistant tout en bloquant les déplacements latéraux.
• L'autre extrémité est encastrée, empêchant à la fois la rotation et les déplacements
linéaires.
Longueur efficace :
Dans cette configuration, la longueur efficace 𝐿𝑘 est égale à 0,7 fois la longueur réelle 𝐿
de la poutre.
Force Déplacement
0 0
95 0,1
165 0,2
230 0,3
270 0,5
280 0,6
330 0,85
360 1,2
380 1,6
395 1,85
405 2,1
410 2,4
420 2,7
425 3
430 3,4
430 3,8
Résistance des Matériaux Rapport de TP
CHARGE CRITIQUE PRATIQUE : 𝐹𝐶 = 411,46 𝑁
POUTRE 2 (550 mm):
1. Articulée - Articulée :
Force Déplacement
0 0
10 0,1
20 0,2
30 0,3
40 0,4
55 0,6
70 0,8
80 1
90 1,1
100 1,4
110 1,6
120 1,85
130 2,2
140 2,4
145 2,6
Résistance des Matériaux Rapport de TP
150 2,85
CHARGE CRITIQUE PRATIQUE : 𝐹𝐶 = 116,25 𝑁
2. Articulée – Encastrée :
Force Déplacement
0 0
50 0,1
145 0,2
195 0,3
220 0,4
265 0,5
345 0,8
370 0,9
380 1
405 1,2
440 1,4
455 1,6
470 1,8
480 2
490 2,2
495 2,4
510 2,7
520 2,9
Résistance des Matériaux Rapport de TP
530 3,2
540 3,7
CHARGE CRITIQUE PRATIQUE : 𝐹𝐶 = 485,42 𝑁
COMPARAISON ET INTERPRETATION :
𝜋2 𝐸𝐼𝐺𝑧
Formule Théorique : 𝐹𝐶 = 𝐿2𝑘
650 mm 550 mm
Articulée - Articulée 209,71 N 292,9 N
Articulée – Encastrée 427,98 N 597,77 N
Commentaire :
La différence observée entre les valeurs théoriques et pratiques peut être attribuée à
plusieurs facteurs. Tout d'abord, les erreurs de mesure des dimensions des poutres et des
outils de mesure, tels que le comparateur, jouent un rôle significatif dans cette divergence.
Ensuite, les déformations initiales présentes dans les poutres utilisées avant le début des
tests peuvent également avoir influencé les résultats pratiques, introduisant des écarts
supplémentaires par rapport aux prévisions théoriques. Ces éléments soulignent
l'importance d'une préparation rigoureuse et de mesures précises dans le cadre des essais
mécaniques.
Résistance des Matériaux Rapport de TP
CONCLUSION :
Dans ce TP, nous avons étudié le phénomène de flambement, un concept essentiel en
Résistance des Matériaux (RDM) appliqué à des structures telles que les ponts et les treillis.
Les écarts observés entre les calculs théoriques et les résultats expérimentaux mettent en
évidence l’influence des différents paramètres sur la charge critique. Ainsi, les calculs
théoriques servent de base pour orienter les essais expérimentaux, garantissant une
analyse fiable, réaliste et minimisant les incertitudes.
Résistance des Matériaux Rapport de TP
FLEXION PURE
INTRODUCTION :
La flexion pure est un concept fondamental en mécanique des structures et en
résistance des matériaux. Elle décrit la déformation d’une poutre soumise à des
moments de flexion constants, sans la présence de forces tranchantes. Dans ce cas,
la poutre subit une courbure uniforme sur une portion donnée, et les contraintes
internes sont principalement dues aux moments appliqués.
Ce phénomène se rencontre fréquemment dans des applications pratiques, telles
que les ponts, les bâtiments ou les structures mécaniques, où les éléments porteurs
sont soumis à des charges engendrant des moments de flexion. La compréhension
de la flexion pure est essentielle pour concevoir des structures capables de résister
aux contraintes tout en garantissant leur stabilité et leur durabilité.
L'étude de la flexion pure repose sur des hypothèses simplificatrices, comme la
linéarité du matériau et l'absence de déformations dues à d'autres sollicitations. Ces
hypothèses permettent de modéliser les contraintes normales dans une section,
d’analyser la répartition des efforts et de prédire le comportement des structures
dans des conditions idéales.
OBJECTIF DU TP :
▪ Déterminer l’évolution de la déformation dans une section de la poutre en fonction
du moment fléchissant appliqué
▪ Déterminer l’évolution de la déformation dans la section en fonction de la position
verticale « y » ; • Identifier la position verticale de la fibre neutre (centroïde)
▪ Déterminer le niveau de déformation maximal (traction maximale) et déformation
minimale (compression maximale)
Résistance des Matériaux Rapport de TP
ETUDE THEORIQUE :
Hypothèses :
▪ La section droite de la poutre est constante
▪ La ligne moyenne de la poutre est rectiligne
▪ La poutre admet un plan de symétrie longitudinal
▪ Les forces extérieures sont appliquées perpendiculairement à la ligne moyenne et
elles sont situées dans le plan de symétrie longitudinale ou réparties
symétriquement par rapport à celui-ci
▪ L’application des hypothèses de la théorie des poutres de Bernoulli (cas de petites
déformations, loi de Hooke, les sections droites restent planes et perpendiculaires à
la ligne moyenne)
DETERMINATION DU TORSEUR DE COHESION :
Résistance des Matériaux Rapport de TP
ETUDE EXPERIMENTALE :
Le banc de flexion est constitué d’une poutre en « T » et de jauges de déformation fixées sur
la section de la poutre. Ces jauges permettent de mesurer la déformation dans la position
où ils sont situés.
Résistance des Matériaux Rapport de TP
Jauges 0N 100 N 200 N 300 N 400 N
1 544 473 399 320 241
2 462 408 357 302 247
3 113 62 12 -44 -100
4 19 9 6 3 0
5 133 132 127 118 113
6 -252 -228 -216 -201 -184
7 -187 192 212 232 253
8 -517 -502 -466 -422 -399
9 -304 -281 -240 -200 -160
TABLEAU 1 : VALEURS DES DÉFORMATIONS LUES SUR L’AFFICHEUR
Jauges 0 17,5 35 52,5 70
1 0 -71 -145 -224 -303
2 0 -54 -105 -160 -215
3 0 -51 -101 -157 -213
Résistance des Matériaux Rapport de TP
4 0 -10 -13 -16 -19
5 0 -1 -6 -15 -20
6 0 24 36 51 68
7 0 379 399 419 440
8 0 15 51 95 118
9 0 23 64 104 144
TABLEAU 2 : VALEURS DES DÉFORMATIONS RÉELLES
LA RELATION ENTRE LE MOMENT FLÉCHISSANT ET LA DÉFORMATION
DANS LES DIFFERENTES POSITIONS :
On a d’après la loi de Hooke : Et puisqu’ on a : ΣX=𝐸. 𝜀𝑥 Σ(𝑌)= (−𝑀𝑓𝑧 /𝐼𝐺𝑍) .𝑌 Alors en
remplaçant la contrainte on obtient : Ɛ𝑥=(−𝑀𝑓𝑧/𝐸.𝐼𝐺𝑍) .𝑌 Donc, on peut alors conclure que
la déformation est directement proportionnelle au moment fléchissant : plus le moment
fléchissant augmente, plus la déformation augmente également.
Observations sur les valeurs de déformation mesurées par les jauges
situées sur les deux côtés opposés d'une section :
Les valeurs de déformation mesurées par les jauges placées sur deux côtés opposés doivent
être identiques. Cela se manifeste par une symétrie dans les courbes des jauges
positionnées en vis-à-vis, telles que les paires (2 et 3), (4 et 5), (6 et 7), et (8 et 9).
Les différences entre les valeurs de déformation mesurées par deux
jauges placées sur des côtés opposés peuvent s'expliquer par :
- le jeu du matériel sur le support de l’expérience.
- La fatigue du matériau due à la répétition de l'expérience. D´où fait le calcul de la
moyenne des mesures pour avoir une estimation approchée.
La courbe de déformation en fonction de la position verticale nominale
des pairs de jauges dans le même graphe :
Résistance des Matériaux Rapport de TP
Le moment quadratique et la position de la fibre neutre centroïde de la
section :
S = 446,72 mm², Les coordonnées du centre d’inertie G :
𝑧𝐺 =19,05 𝑚𝑚 ; 𝑦𝐺 =11,85 𝑚𝑚
On a : 𝐼𝑜𝑦 = 192305.01 𝑚𝑚4 et 𝐼𝑜𝑧 = 120756,8491 𝑚𝑚4 Donc : 𝐼𝐺𝑦 = 𝐼𝑜𝑦 − 𝑆. 𝑍𝐺 ² =
30189,2123 𝑚𝑚4 et 𝐼𝐺𝑧 = 𝐼𝑜𝑧 − 𝑆. 𝑌𝐺 ² = 58027,3099 𝑚𝑚4
Théoriquement, la fibre neutre n'est pas soumise à la déformation, ce qui signifie
que 𝜖 = 0. Elle correspond à la courbe située le plus près de l'axe des abscisses.
Analyse des limites de l’équation de la flexion :
L’équation de la flexion ne permet pas de déterminer avec précision les contraintes
dans une poutre, en raison de plusieurs limitations. En résistance des matériaux
(RDM), les poutres sont souvent idéalisées comme des géométries parfaites.
Résistance des Matériaux Rapport de TP
Cependant, en pratique, elles présentent des défauts tels que des fissures ou des
irrégularités. La section transversale peut varier, et la ligne neutre n’est pas toujours
parfaitement rectiligne. Par ailleurs, les forces appliquées ne sont pas
systématiquement perpendiculaires à cette ligne neutre, ni alignées dans le plan de
symétrie longitudinal, et leur répartition n’est pas toujours symétrique.
De plus, les poutres ne sont pas toujours homogènes ou isotropes, ce qui compromet
l’exactitude des modèles théoriques de la RDM. Ces approximations nous
conduisent à adopter des approches plus avancées, comme la mécanique des
milieux continus ou la mécanique des matériaux, pour une analyse plus précise et
fiable.
CONCLUSION :
Lors de ce TP, nous avons étudié la flexion pure d’une poutre en T et analysé son
comportement sous différentes charges appliquées. Cette expérience a permis
d’explorer les concepts fondamentaux de la résistance des matériaux, en observant
la variation des contraintes internes en fonction du moment fléchissant et de la
position par rapport à l’axe neutre.
Les résultats montrent que les zones périphériques de la poutre subissent les
contraintes maximales, ce qui justifie l’utilisation d’une section en T, renforçant les
zones soumises à des efforts de traction. De même, une section en I serait idéale
pour équilibrer les zones en compression et en traction.
Des écarts entre les valeurs théoriques et expérimentales ont été constatés,
attribués aux erreurs de mesure, aux approximations théoriques et aux
imperfections des poutres ou des conditions expérimentales.
En somme, ce TP a permis de mettre en évidence le comportement mécanique des
poutres, l’impact de la forme de la section sur leur résistance, et les limites des
modèles théoriques face à la réalité pratique.
Résistance des Matériaux Rapport de TP