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1

Une correction toute personnelle d’ESSEC MI

Jean-François COSSUTTA. Marcelin Berthelot Saint Maur 94. [Link]@[Link]

ESSEC MATHÉMATIQUES I
Dans la correction j’évite les identifications et je rectifie les quelques erreurs...

Dans la suite, si H est une matrice de Mn (R), nous noterons fH l’endomorphisme de Rn dont la matrice dans la
base canonique B0 de Rn est H ; nous dirons que fH est l’endomorphisme canoniquement associé à H.
Pour moi < ., . > est le produit scalaire canonique de Mn,1 (R) et k.k est la norme associée. Dans la suite je note
< ., . >Rn le produit scalaire canonique de Rn .

Partie I : Etude d’une suite de vecteurs.


c1
 
 c2 
Q1 Soit C =  ...  un élément non nul de Mn,1 (R).

cn
a) C appartient à Mn,1 (R) et t C est un élément de M1,n (R). Ainsi C t C est un élément de Mn (R).

Soient i et j deux éléments de [[1, n]]. La ième ligne de C est (ci ) ( !) et la j ème colonne de t C est (cj ).

Ainsi l’élément de C t C situé à l’intersection de sa ième ligne et de sa j ème colonne est ci cj .

C t C est une matrice de Mn (R) et C t C = (ci cj ).


t
 
C t C = t t C t C = C t C. Ainsi C t C est une matrice symétrique et réelle de Mn (R). Alors :

C t C est diagonalisable.
2 
b) Notons que t CC = kCk2 . Alors C t C = (C t C)(C t C) = C(t CC)t C = C kCk2 t C = kCk2 C t C.
2
C tC = kCk2 C t C.

c) Considérons le polynôme P = X 2 − kCk2 X. P (C t C) = (C t C)2 − kCk2 C t C = 0Mn (R) .

P est un polynôme annulateur de C t C et les racines de P sont 0 et kCk2 . Ainsi :

toute valeur propre de C t C est égale à 0 ou à kCk2 .

d) F Ici nous supposerons n supérieur ou égal à 2 F .

Montrons que 0 est valeur propre de C t C et déterminons le sous-espace propre associé.

Soit X un élément de Mn,1 (R). Notons que t CX =< C, X >.

(C t C)X = 0Mn,1 (R) ⇐⇒ C(t CX) = 0Mn,1 (R) ⇐⇒ C(< C, X >) = 0Mn,1 (R) ⇐⇒< C, X > C = 0Mn,1 (R) .

Rappelons que C n’est pas nulle. Ainsi : (C t C)X = 0Mn,1 (R) ⇐⇒< C, X >= 0 ⇐⇒ X ∈ (Vect(C)) .

Comme Vect(C) est une droite vectorielle de Mn,1 (R) et que n > 2, (Vect(C)) est un sous-espace vectoriel de
Mn,1 (R) de dimension n − 1 non nulle. Ainsi :

0 est valeur propre de C t C et le sous-espace propre associé est l’orthogonal de la droite vectorielle
engendrée par C.
2

Remarque Si n est égal à 1, 0 n’est pas valeur propre de t CC.

En fait il n’y a aucun calcul à faire. C t C est une matrice diagonalisable de Mn (R), 0 en est une valeur propre et le
sous-espace propre de C t C associé à 0 est de dimension n − 1. Nécessairement C t C possède une seconde valeur propre
(mais pas plus) dont le sous-espace propre associé a pour dimension 1.

Nous avons vu que les seules valeurs propres possibles de C t C sont 0 et kCk2 . Par conséquent kCk2 est la seconde
valeur propre de C t C.

Le sous-espace propre associé SEP C t C, kCk2 est un supplémentaire de SEP (C t C, 0).

Mieux, comme C t C est symétrique, SEP C t C, kCk2 et SEP (C t C, 0) sont orthogonaux.

Ils sont donc supplémentaires et orthogonaux. On peut alors dire que SEP C t C, kCk2 est le supplémentaire orthog-

onal de SEP (C t C, 0) = (Vect(C)) ; c’est donc Vect(C).

En particulier : C t CC = kCk2 C ! !

C t CC = kCk2 C, kCk2 est une valeur propre de C t C et le sous espace propre associé est la droite
vectorielle engendrée par C.

Remarque Si n vaut 1, kCk2 est la seule valeur propre de C t C et le sous-espace propre associé est toujours Vect(C) !

e) Rappelons que l’on note fC t C l’endomorphisme canoniquement associé à C t C, c’est à dire l’endomorphisme de Rn
dont la matrice dans la base canonique B0 est C t C.

C t C est symétrique et B0 est une base orthonormale de Rn donc :

l’endomorphisme canoniquement associé à C t C est un endomorphisme symétrique.

Supposons C unitaire et notons c l’élément de Rn de matrice C dans la base canonique de Rn . c est unitaire.

∀X ∈ Mn,1 (R), C t C X = C(t C X) = C < C, X >=< C, X > C.

Ainsi ∀x ∈ Rn , fC t C (x) =< c, x >Rn c. Comme c est unitaire, fC t C est la projection orthogonale sur la droite
vectorielle engendrée par c.

Si C est unitaire, l’endomorphisme canoniquement associé à C t C est une projection orthogonale.

Q2 a) Soient X et Y deux éléments de Mn,1 (R).


t
XY =< X, Y >=< Y, X >= t Y X. Rappelons que A est symétrique ; alors :
t
XAY =< X, AY >=< AY , X >= t (AY )X = t Y t AX = t Y AX =< Y, AX >=< AX, Y >.
t
2
XY = t Y X donc : t XY = (t XY )(t XY ) = (t XY )(t Y X) = t X(Y t Y )X.
2
De même t XY = (t XY )(t XY ) = (t Y X)(t XY ) = t Y (X t X)Y .

t
2
XY = t Y X t
XAY =< X, AY >=< AX, Y > t
XY = t X(Y t Y )X = t Y (X t X)Y

b) A est une matrice symétrique de Mn (R) donc il existe une base orthonormale (U1 , U2 , . . . , Un ) de Mn,1 (R) con-
stituée de vecteurs propres de A.

Alors pour tout élément i de [[1, n]], il existe un réel λi tel que AUi = λi Ui .

Concluons dans les termes de la question ( ! !).

Il existe une base orthonormale de vecteurs U1 , U2 , ..., Un de Mn,1 (R) pour lesquels existent des réels
λ1 , λ2 , ..., λn tels que AU1 = λ1 U1 , AU2 = λ2 U2 , ..., AUn = λn Un .

c) Soit X un élément de Mn,1 (R) et (α1 , α2 , . . . , αn ) les coordonnées de X dans la base orthonormale (U1 , U2 , . . . , Un ).
3
n
X n n
P P
X= αk Uk . ∀i ∈ [[1, n]], < Ui , X >=< Ui , αk Uk >= αk < Ui , Uk > = αi .
k=1 k=1 k=1

n
X n
X
Ainsi X = < Ui , X > Ui . De même AX = < Ui , AX > Ui .
i=1 i=1

n
X n
X
∀X ∈ Mn,1 (R), X = < Ui , X > Ui et AX = < Ui , AX > Ui .
i=1 i=1

(U1 , U2 , . . . , Un ) est une base orthonormale de Mn,1 (R). Les deux égalités précédentes donnent alors :
v v
u n u n
uX uX
∀X ∈ Mn,1 (R), kXk = t 2
< Ui , X > et kAXk = t < Ui , AX >2 .
i=1 i=1

n
X n
X n
X n
X
Observons que AX = < Ui , AX > Ui = < AUi , X > Ui = < λi Ui , X > Ui = λi < Ui , X > Ui .
i=1 i=1 i=1 i=1

On a alors :
v
n
X
u n  2
uX
∀X ∈ Mn,1 (R), AX = λi < Ui , X > Ui et kAXk = t λi < Ui , X > .
i=1 i=1

n n
X
P
X= < Ui , X > Ui , AX = λi < Ui , X > Ui et (U1 , U2 , . . . , Un ) est une base orthonormale.
i=1 i=1
n 
X  
Alors < X, AX >= < Ui , X > × λi < Ui , X > . Finalement :
i=1

n
X
∀X ∈ Mn,1 (R), < X, AX >= λi < Ui , X >2 .
i=1

n
X n
X
d) Posons, pour simplifier les écritures, R = Ui t Ui et S = λi Ui t Ui .
i=1 i=1
n
X n
X n
X
Rappelons que : ∀X ∈ Mn,1 (R), X = < Ui , X > Ui et AX = < Ui , AX > Ui = λi < Ui , X > Ui .
i=1 i=1 i=1
n
X n
X n
X
t
∀X ∈ Mn,1 (R), RX = Ui Ui X = Ui < Ui , X > = < Ui , X > Ui = X = IX.
i=1 i=1 i=1

Ainsi : ∀X ∈ Mn,1 (R), RX = IX. Alors ∀x ∈ Rn , fR (x) = fI (x).


Par conséquent les endomorphismes fR et fI = IdRn sont égaux.
Leurs matrices dans la base canonique B0 de Rn sont également égales. Donc R = I.
n
X n
X n
X
∀X ∈ Mn,1 (R), SX = λi Ui t Ui X = λi Ui < Ui , X > = λi < Ui , X > Ui = AX.
i=1 i=1 i=1

Ainsi : ∀X ∈ Mn,1 (R), SX = AX.


Un raisonnement anologue à celui fait plus haut donne alors A = S.
n n
Ui t Ui et A = λi Ui t Ui .
P P
I=
i=1 i=1

Soit i un élément de [[1, n]]. Notons, pour simplifier, pi l’endomorphisme canoniquement associé à Ui t Ui . Notons ui
l’élément de Rn de matrice Ui dans B0 . ui est unitaire car kUi k = 1.
4

∀X ∈ Mn,1 (R), Ui t Ui X = Ui < Ui , X >=< Ui , X > Ui . Donc ∀x ∈ Rn , pi (x) =< ui , x >Rn ui .

pi est alors la projection orthogonale de Rn sur la droite vectorielle engendrée par ui .

Pour tout élément i de [[1, n]], l’endomorphisme canoniquement associé à Ui t Ui est la projection orthogonale sur la
droite vectorielle engendrée par le vecteur de Rn de matrice Ui dans la base canonique.

e) Posons m = Min (λi ) et M = Max (λi ).


16i6n 16i6n
2
Soit X un élément de Mn,1 (R). ∀i ∈ [[1, n]], m 6 λi 6 M et < Ui , X > > 0.
2 2 2
Ainsi ∀i ∈ [[1, n]], m < Ui , X > 6 λi < Ui , X > 6 M < Ui , X > .
n n n
X 2 X 2 X 2
En sommant il vient : m < Ui , X > 6 λi < Ui , X > 6M < Ui , X > .
i=1 i=1 i=1

Alors m kXk2 6 < X, AX > 6 M kXk2 . Finalement :

∀X ∈ Mn,1 (R), Min (λi ) kXk2 6 < X, AX > 6 Max (λi )kXk2 .
16i6n 16i6n

Remarque Notons que si X est un vecteur propre de A associé à la plus grande (resp. petite) des valeurs propres
de A alors < X, AX >= Max (λi ) kXk2 (resp. < X, AX >= Min (λi ) kXk2 ).
16i6n 16i6n

< X, AX > < X, AX >


Ainsi Max = Max λi et Min = Min λi .
X∈Mn,1 (R)−{0Mn,1 (R) } kXk2 16i6n X∈Mn,1 (R)−{0Mn,1 (R) } kXk2 16i6n

t t
XAX XAX
Ou Max t XX
= Max λi et Min t XX
= Min λi .
X∈Mn,1 (R)−{0Mn,1 (R) } 16i6n X∈Mn,1 (R)−{0Mn,1 (R) } 16i6n
 
4 −1 0 ··· 0
.. .. .. 
 −1 4 . . . 

 .. .. .. 
f ) Notons que A = 
 0 . . . 0   est une matrice symétrique de Mn (R).
 . .. .. ..
 ..

. . . −1 
0 ··· 0 −1 4
x1
 
 x2 
 . 
Soit X =  ..  un élément de Mn,1 (R).

x 
n−1
xn
 
4 −1 0 ··· 0 
x1
 
4 x1 − x2

.. .. .. 
 −1 4 . . .   x2   −x1 + 4 x2 − x3 

t
 .. .. ..  .   .. 
XAX = (x1 x2 . . . xn−1 xn ) 
 0 . .   .
. 0   .  = (x1 x2 . . . xn−1 xn ) 

 .
.

 . .. .. ..
 .. . −1  xn−1 −xn−2 + 4 xn−1 − xn 
   
. .
0 ··· 0 −1 4 xn −xn−1 + 4 xn
n−1
X n
X n
X n−1
X
t
XAX = 4 x21 − x1 x2 + xi (−xi−1 + 4 xi − xi+1 ) − xn xn−1 + 4 x2n =4 x2i − xi xi−1 − xi xi+1 .
i=2 i=1 i=2 i=1

n
X n−1
X
t
Un petite translation d’indice dans la deuxième somme donne alors XAX = 4 x2i − 2 xi xi+1 .
i=1 i=1

∀i ∈ [[1, n − 1]], x2i + 2 xi xi+1 + x2i+1 = (xi + xi+1 )2 > 0 et x2i − 2 xi xi+1 + x2i+1 = (xi − xi+1 )2 > 0.

Alors ∀i ∈ [[1, n − 1]], −x2i − x2i+1 6 −2 xi xi+1 6 x2i + x2i+1 .


5
n−1
X n−1
X n−1
X n−1
X n−1
X
En sommant on obtient : − x2i − x2i+1 6 −2 xi xi+1 6 x2i + x2i+1 .
i=1 i=1 i=1 i=1 i=1

n−1
X n
X n−1
X n−1
X n
X
Ce qui donne encore : − x2i − x2i 6 −2 xi xi+1 6 x2i + x2i .
i=1 i=2 i=1 i=1 i=2

n
X n−1
X n
X n−1
X n−1
X n
X n
X
Mais alors : −2 x2i 6− x2i − x2i 6 −2 xi xi+1 6 x2i + x2i 62 x2i .
i=1 i=1 i=2 i=1 i=1 i=2 i=1

n
X n−1
X n
X n
X
Finalement : −2 x2i 6 −2 xi xi+1 6 2 x2i . En ajoutant 4 x2i il vient :
i=1 i=1 i=1 i=1

n
X n
X n
X n−1
X n
X n
X
2kXk2 = 4 x2i − 2 x2i 6 t XAX = 4 x2i − 2 xi xi+1 6 4 x2i + 2 x2i = 6 kXk2 .
i=1 i=1 i=1 i=1 i=1 i=1
2 t 2
Donc 2 kXk 6 XAX =< X, AX >6 6 kXk .

∀X ∈ Mn,1 (R), 2 kXk2 6 t XAX =< X, AX >6 6 kXk2 .

Soit λ une valeur propre de A et X un vecteur associé.

< X, AX >=< X, λ X >= λ < X, X >= λ kXk2 . Donc 2 kXk2 6< X, AX >= λ kXk2 6 6 kXk2 .

En divisant par kXk2 qui est un réel strictement positif on obtient : 2 6 λ 6 6.


 
4 −1 0 ··· 0
.. .. .. 
 −1 4 . . . 

Les valeurs propres de A = 


 .. .. .. 
 0 . . . 0   sont dans l’intervalle [2, 6].
 . . .. ..
. .

 . . . . −1 
0 ··· 0 −1 4

Q3 a) Soit X un élément de Mn,1 (R).


n
X
Nous avons vu plus haut que AX = λi < X, Ui > Ui .
i=1

Comme (U1 , U2 , . . . , Un ) est une base orthonormale de Mn,1 (R) :


n
X
∀X ∈ Mn,1 (R), kAXk2 = λ2i < X, Ui >2 .
i=1

n
X
kXk2 = < X, Ui >2 , ∀i ∈ [[1, n]], 0 6 |λi | 6 ρ(A) et ∀i ∈ [[1, n]], < X, Ui >2 > 0.
i=1
n n n 2
Alors kAXk2 = λ2i < X, Ui >2 6 ρ(A)2 < X, Ui >2 = ρ(A)2 < X, Ui >2 = ρ(A) kXk .
P P P
i=1 i=1 i=1

Ainsi kAXk 6 ρ(A) kXk car kAXk et ρ(A) kXk sont des réels positifs ou nuls.

∀X ∈ Mn,1 (R), kAXk 6 ρ(A) kXk.

Il existe un élément i0 de [[1, n]] tel que |λi0 | = Max |λi | = ρ(A).
16i6n

kAUi0 k = kλi0 Ui0 k = |λi0 | kUi0 k = ρ(A) kUi0 k.

Si i0 est un élément de [[1, n]] tel que |λi0 | = Max |λi | = ρ(A), alors tout vecteur propre Ui0 de A, associé à la
16i6n
valeur propre λi0 , est un élément non nul de Mn,1 (R) qui vérifie : kAUi0 k = ρ(A) kUi0 k.
6

b) I Supposons i. c’est à dire que pour tout élément X de Mn,1 (R), la suite (Ap X) tend vers 0 quand p tend vers
+∞.

Il existe un élément i0 de [[1, n]] tel que |λi0 | = Max |λi | = ρ(A).
16i6n

Posons X = Ui0 et λ = λi0 . AX = λ X. Une récurrence simple donne alors ∀p ∈ N, Ap X = λp X.

Par hypothèse la suite (Ap X) tend vers zéro. Il en est alors de même la suite (λp X).

Ainsi on a : 0 = lim kλp Xk = lim |λp | kXk = lim |λ|p kXk .


 
p→+∞ p→+∞ p→+∞
p
Or kXk n’est pas nul(le) donc lim |λ| = 0 ce qui exige |λ| < 1. Or |λ| = |λi0 | = ρ(A). Par conséquent ρ(A) < 1.
p→+∞

I Supposons ii. c’est à dire que ρ(A) < 1. Montrons ii.

Soit X un élément de Mn,1 (R). Montrons que la suite (Ap X) tend vers 0.
p
Montrons par récurrence que : ∀p ∈ N∗ , kAp Xk 6 ρ(A) kXk.


C’est vrai pour p = 1 d’après a). Supposons l’inégalité vraie pour un élément p de N∗ et montrons la pour p + 1.
 p
kAp+1 Xk = kA(Ap X)k 6 ρ(A) kAp Xk. L’hypothèse de récurrence donne : kAp Xk 6 ρ(A) kXk.
 p  p+1
Ainsi kAp+1 Xk 6 ρ(A) kAp Xk 6 ρ(A) ρ(A) kXk = ρ(A) kXk.
 p+1
kAp+1 Xk 6 ρ(A) kXk et la récurrence s’achève.
p p
∀p ∈ N∗ , 0 6 kAp Xk 6 ρ(A) kXk. Or 0 6 ρ(A) < 1 donc lim ρ(A) = 0.
 
p→+∞
p
Il vient alors par encadrement : lim kA Xk = 0. La suite (Ap X) tend vers 0 quand p tend vers +∞.
p→+∞

Les deux propositions suivantes sont équivalentes :


i. Pour tout élément X de Mn,1 (R), la suite (Ap X) tend vers 0 quand p tend vers +∞.
ii. ρ(A) < 1.

Remarque ρ(A) est le rayon spectral de la matrice A. Le résultat précédent vaut en fait pour une matrice quelconque
de Mn (K) (K étant R ou C).

Partie II : Un problème de minimisation.

Remarque Soit f une fonction numérique continue sur un segment [b, c] de R (b < c).

|f | est également continue sur le segment [b, c] donc |f | possède un maximum sur [b, c] que nous noterons Max |f (t)|.
t∈[b,c]

Alors la partie {|f (t)|/b 6 t 6 c} possède un plus grand élément donc une borne supérieure que l’on note usuellement
Sup |f (t)|.
t∈[b,c]

Retenons que Sup{|f (t)|/b 6 t 6 c} = Sup |f (t)| = Max |f (t)| (... dans la mesure où f est continue sur le segment
t∈[b,c] t∈[b,c]
[b, c]).

Dans la suite nous appellerons un max un max ( !) et nous utiliserons le plus souvent la notation Max |f (t)| de
t∈[b,c]
préférence à Sup{|f (t)|/b 6 t 6 c} ; sauf dans quelques conclusions et ceci pour être agréable au concepteur.

Q1 a) Montrons à l’aide d’une récurrence “d’ordre 2” que, pour tout élément p de N, Tp est une fonction polynôme
de degré p.

• La propriété est vraie pour p = 0 et p = 1 car ∀t ∈ R, T0 (t) = 1 et T1 (t) = t.

• Soit p un élément de N∗ . Supposons la propriété vraie pour p − 1 et pour p. Montrons la pour p + 1.


7

Tp est une fonction polynôme de degré p donc t → 2 t Tp (t) est une fonction polynôme de degré p + 1. Comme Tp−1
est une fonction polynôme de degré p − 1, Tp+1 : t → 2 t Tp (t) − Tp−1 (t) est alors une fonction polynôme de degré p + 1
et la récurrence s’achève.

Pour tout élément p de N, Tp est une fonction polynôme de degré p.

Pour tout élément p de N, notons γp le coefficient de tp dans Tp . Notons que γ0 = γ1 = 1.

Soit p un élément de N∗ . Le coefficient de tp+1 dans Tp+1 : t → 2 t Tp (t) − Tp−1 (t) est le coefficient de tp+1 dans
t → 2 t Tp (t) car Tp−1 est de degré p − 1.

Ainsi le coefficient de tp+1 dans Tp+1 est 2 γp .

Par conséquent ∀p ∈ N∗ , γp+1 = 2 γp . (γp )p∈N∗ est une suite géométrique de raison 2 et de premier terme 1.

Ainsi ∀p ∈ N∗ , γp = 2p−1 .

Pour tout élément p de N∗ , le coefficient de tp dans Tp est 2p−1 .

b) Montrons à l’aide d’une récurrence “d’ordre 2” que, pour tout élément p de N et pour tout réel θ, Tp (cos θ) = cos(p θ).

• ∀θ ∈ R, T0 (cos θ) = 1 = cos(0 θ) et ∀θ ∈ R, T1 (cos θ) = cos(θ). La propriété est donc vraie pour p = 0 et p = 1.

• Soit p un élément de N∗ . Supposons la propriété vraie pour p − 1 et pour p. Montrons la pour p + 1.

∀θ ∈ R, Tp (cos θ) = cos(p θ) et ∀θ ∈ R, Tp−1 (cos θ) = cos((p − 1)θ).

Alors ∀θ ∈ R, Tp+1 (cos θ) = 2 cos θ Tp (cos θ) − Tp−1 (cos θ) = 2 cos θ cos(p θ) − cos((p − 1)θ).

Or ∀θ ∈ R, cos((p − 1) θ) = cos(p θ) cos(θ) + sin(p θ) sin(θ).

Alors ∀θ ∈ R, Tp+1 (cos θ) = cos θ cos(p θ) − sin(p θ) sin(θ) = cos(p θ + θ) = cos((p + 1) θ).

Ceci achève la récurrence.

Pour tout élément p de N et pour tout réel θ, Tp (cos θ) = cos(p θ).

c) Soit p un élément de N. |Tp | est continue sur le segment [−1, 1] donc possède un maximum sur ce segment que nous
noterons Max |Tp (t)|.
t∈[−1,1]

L’image du segment [0, π] par la fonction cos est le segment [−1, 1].

Ainsi Max |Tp (t)| = Max |Tp (cos θ)| = Max | cos(p θ)|.
t∈[−1,1] θ∈[0,π] θ∈[0,π]

Or ∀θ ∈ [0, π], | cos(p θ)| 6 1 = | cos(p 0)|. Alors Max |Tp (t)| = Max | cos(p θ)| = 1.
t∈[−1,1] θ∈[0,π]

∀p ∈ N, Max |Tp (t)| = 1. A fortiori ∀p ∈ N, Sup{|Tp (t)|/ − 1 6 t 6 1} = 1.


t∈[−1,1]

Soit p un élément de N∗ . Si x est un élément de [−1, 1] il existe un unique élément θ dans [0, π] tel que x = cos θ.

Il est alors légitime de chercher les zéros de Tp dans [−1, 1] sous la forme cos θ avec θ dans [0, π].

Soit θ un élément de [0, π].


π π π kπ
Tp (cos θ) = 0 ⇐⇒ cos(p θ) = 0 ⇐⇒ p θ ≡ [π] ⇐⇒ ∃k ∈ Z, p θ = + k π ⇐⇒ ∃k ∈ Z, θ = + ·
2 2 2p p
π kπ
Or θ appartient à [0, π]. Par conséquent Tp (cos θ) = 0 ⇐⇒ ∃k ∈ [[0, p − 1]], θ = + ·
2p p
π kπ (2 k + 1) π
Dès lors posons ∀k ∈ [[0, p − 1]], θk = + = et zk = cos θk .
2p p 2p
z0 , z1 , ..., zp−1 sont les zéros de Tp dans [−1, 1]. Montrons qu’ils sont distincts.
8

0 < θ0 < θ1 < · · · < θp−1 < π et la fonction cosinus est strictement décroissante sur [0, π].
Alors 1 > cos θ0 > cos θ1 > · · · > cos θp−1 > −1 ou 1 > z0 > z1 > · · · > zp−1 > −1.
Ainsi z0 , z1 , ..., zp−1 sont les p zéros distincts de Tp dans [−1, 1].
Notons que z0 , z1 , ..., zp−1 sont tous les zéros de Tp car Tp est de degré p.
En particulier Tp n’a pas de zéro dans R − [−1, 1].
     
∗ π 3π (2 p − 1) π
Si p est dans N , Tp admet dans [−1, 1], p zéros distincts qui sont : cos , cos , ..., cos .
2p 2p 2p

p−1
Y  
(2 k + 1) π
Notons que ∀p ∈ N∗ , Tp = 2p−1 X − cos .
2p
k=0

Remarque Soit p un élément de N∗ . On peut de la même manière trouver tous les éléments de [−1, 1] qui réalisent
le maximum de |Tp | sur [−1, 1].
Soit x un élément de [−1, 1]. Il existe un unique élément θ de [0, π] tel que x = cos θ.
|Tp (x)| = Max |Tp (t)| ⇐⇒ |Tp (x)| = 1 ⇐⇒ |Tp (cos θ)| = 1 ⇐⇒ | cos(p θ)| = 1 ⇐⇒ cos(p θ) = 1 et cos(p θ) = −1.
t∈[−1,1]
 
π jπ
|Tp (x)| = Max |Tp (t)| ⇐⇒ p θ ≡ 0 [π] ⇐⇒ θ ≡ 0 ⇐⇒ ∃j ∈ Z, θ = ·
t∈[−1,1] p p

Or θ appartient à [0, π] donc : |Tp (x)| = Max |Tp (t)| ⇐⇒ ∃j ∈ [[0, p]], θ = ·
t∈[−1,1] p

 xréalise le maximum de |Tp | sur [−1, 1] si et seulement si il existe un élément j de [[0, p]] tel que
Finalement

x = cos ·
p
Q2 Avant de commencer éclairons le problème avec quelques remarques.
N Soit p un élément de N∗ . |a| > 1 donc Tp (a) n’est pas nul. La définition de Sp est légitime.
C’est encore le cas pour p = 0 car T0 (a) = 1.
N Soit p un élément de N. Notons Lp l’ensemble des éléments de Rp [X] prenant la valeur 1 en a.
Lp = {Q ∈ Rp [X] | Q(a) = 1} .
 
1 Tp
Dans cette question on cherche à montrer que Min Max |Q(t)| existe, vaut et que Sp = est le
Q∈Lp t∈[−1,1] |Tp (a)| Tp (a)
seul élément de Lp qui réalise ce minimum.

N Réglons d’abord le cas où p vaut 0. ∀t ∈ R, T0 (t) = S0 (t) = 1.


Notons que S0 est le seul élément de R0 [X] qui prend la valeur 1 en a ; ainsi L0 = {S0 }.
 
1
Alors Min Max |Q(t)| existe, vaut 1 = et S0 est le seul élément de L0 qui réalise ce minimum !
Q∈L0 t∈[−1,1] |T0 (a)|
Dans toute la suite de cette question nous supposerons que p est un élément de N∗ .
Tp
N Observons encore que Sp = est un élément de Rp [X] tel que Sp (a) = 1 ; donc Sp ∈ Lp .
Tp (a)
1 1
De plus Max |Sp (t)| = Max |Tp (t)| = car Max |Tp (t)| = 1 d’après Q1 c).
t∈[−1,1] |Tp (a)| t∈[−1,1] |Tp (a)| t∈[−1,1]
 

Pour faciliter les écritures dans la suite, posons : ∀j ∈ [[0, p]], xj = cos .
p
9

Notons que 1 = x0 > x1 > · · · > xp−1 > xp = −1.

a) Supposons donc qu’il existe une fonction polynôme P de Rp [X] telle que P (a) = 1 et telle que
1
Max |P (t)| < ·
t∈[−1,1] |Tp (a)|
1 1 1
Alors ∀t ∈ [−1, 1], |P (t)| < · Ainsi ∀t ∈ [−1, 1], − < P (t) < ·
|Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)|
1 1
Par conséquent ∀t ∈ [−1, 1], − P (t) > 0 et − − P (t) < 0·
|Tp (a)| |Tp (a)|
1 1
Alors pour tout élément j de [[0, p]] : − P (xj ) > 0 et − − P (xj ) < 0.
|Tp (a)| |Tp (a)|
Soit j un élément de [[0, p]].
(−1)j
       
jπ 1 jπ 1 jπ 1
Sp (xj ) = Sp cos = Tp cos = cos p = cos(j π) = ·
p Tp (a) p Tp (a) p Tp (a) Tp (a)
(−1)j
Ainsi Sp (xj ) − P (xj ) = − P (xj ).
Tp (a)
1
Si (−1)j Tp (a) est strictement positif : Sp (xj ) − P (xj ) = − P (xj ) > 0.
|Tp (a)|
1
Si (−1)j Tp (a) est strictement négatif : Sp (xj ) − P (xj ) = − − P (xj ) < 0.
|Tp (a)|
     
jπ jπ
Pour tout élément j de [[0, p]], Sp cos − P cos est strictement positif (resp. strictement négatif)
p p
si (−1)j Tp (a) est strictement positif (resp. strictement négatif).

Ainsi pour tout élément j de [[0, p]], (Sp − P )(xj ) est strictement positif si (−1)j Tp (a) > 0 et strictement négatif si
(−1)j Tp (a) < 0.

Soit j un élément de [[0, p − 1]]. j et j + 1 sont de parités différentes donc (Sp − P )(xj ) (Sp − P )(xj+1 ) < 0.

Comme Sp − P est une fonction continue sur l’intervalle [xj+1 , xj ], le théorème des valeurs intermédiaires montre
l’existence d’au moins un réel yj appartenant à ]xj+1 , xj [ tel que (Sp − P )(yj ) = 0.

Ainsi y0 , y1 , ..., yp−1 sont p racines distinctes de Sp − P appartenant à l’intervalle ] − 1, 1[.

(Sp − P )(a) = Sp (a) − P (a) = 1 − 1 = 0 et a n’appartient pas à ] − 1, 1[ car |a| > 1.

Ainsi y0 , y1 , ..., yp−1 , a sont p + 1 racines réelles distinctes de Sp − P .

Sp − P a au moins p + 1 racines réelles distinctes.

Sp − P est alors un élément de Rp [X] (comme différence de deux éléments de Rp [X]) ayant au moins p + 1 racines
réelles distinctes donc Sp − P est la fonction polynôme nulle.
1
Alors P = Sp . Or Max |P (t)| < = Max |Sp (t)|. Ceci induit une légère contradiction !
t∈[−1,1] |Tp (a)| t∈[−1,1]

1
Il n’existe pas d’élément P de Rp [X] prenant la valeur 1 en a tel que Max |P (t)| < ·
t∈[−1,1] |Tp (a)|

1
b) Ce qui précède montre donc que si P est un élément de Lp = {Q ∈ Rp [X] | Q(a) = 1} alors Max |P (t)| > ·
t∈[−1,1] |Tp (a)|
1
Comme Sp est un élément de Lp tel que Max |Sp (t)| = on peut alors dire que :
t∈[−1,1] |Tp (a)|
10

1
“ Sup{|Q(t)|/ − 1 6 t 6 1} où Q décrit Rp [X] et vérifie Q(a) = 1 est minimal pour Sp et vaut ”
|Tp (a)|

En clair

Si Lp = {Q ∈ Rp [X] | Q(a) = 1} :
 
1
1. Min Max |Q(t)| existe et vaut ·
Q∈Lp t∈[−1,1] |Tp (a)|
2. Sp est un élément de Lp qui réalise ce minimum.

1
Ne “reste” plus qu’à montrer que Sp est le seul élément de Lp tel que Max |Sp (t)| = ·
t∈[−1,1] |Tp (a)|
1
c) On suppose donc que P est une fonction polynôme de Rp [X] telle que P (a) = 1 et Max |P (t)| = ·
t∈[−1,1] |Tp (a)|
1 
On se propose de montrer que P + Sp a encore ces qualités.
2
1 
P et Sp sont deux éléments de Rp [X] donc P + Sp appartient également à Rp [X].
2
1 
P (a) = Sp (a) = 1 donc P + Sp (a) = 1.
2
1  1 
P + Sp est un élément de Rp [X] qui prend la valeur 1 en a. Donc P + Sp est un élément de Lp .
2 2
1   1
Q2 b) permet déjà de dire que Max P + Sp (t) > ·
t∈[−1,1] 2 |Tp (a)|
1 1 1
Rappelons que Max |P (t)| = Max |Sp (t)| = · Donc ∀t ∈ [−1, 1], |P (t)| 6 et |Sp (t)| 6 ·
t∈[−1,1] t∈[−1,1] |Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)|
1  1  1  1 1

1
Ainsi ∀t ∈ [−1, 1], P + Sp (t) 6 |P (t)| + |Sp (t)| 6 + = ·
2 2 2 |Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)|
1  1
Donc Max P + Sp (t) 6 ·
t∈[−1,1] 2 |Tp (a)|
1 1  1 1  1
Finalement : 6 Max P + Sp (t) 6 · Ainsi Max P + Sp (t) = ·
|Tp (a)| t∈[−1,1] 2 |Tp (a)| t∈[−1,1] 2 |Tp (a)|
1 
Si P est un polynôme satisfaisant au problème de minimisation de b) il en est de même de P + Sp .
2
 
1 
En clair si P est un élément de Lp qui réalise Min Max |Q(t)| alors il en est de même de P + Sp .
Q∈Lp t∈[−1,1] 2

FFF Ici il y a visiblement une erreur de conception car il n’est pas simple de montrer que pour tout élément j de
  j π    j π 
1 1
[[0, p]] : P cos + Sp cos = ·
2 p p |Tp (a)|
Voici une démonstration standard dans ce type de question.

Dans ce qui suit k.k∞ est la norme infinie dans l’espace vectoriel des fonctions numériques continues sur [−1, 1].

Ainsi si f est une fonction numérique continue sur [−1, 1], kf k∞ = Sup |f (x)| = Max |f (x)|.
[−1,1] x∈[−1,1]

1  1
Posons U = Sp + P . kSp k∞ = kP k∞ = kU k∞ = d’après ce qui précède.
2 |Tp (a)|
  j π  1
L’objectif est de montrer que ∀j ∈ [[0, p]], U cos = |U (xj )| = = kU k∞ .
p |Tp (a)|
11

Soit b un élément de [−1, 1] tel que |U (b)| = Max |U (x)| = kU k∞ .


x∈[−1,1]

2 1 1 2
= 2 |U (b)| = |Sp (b) + P (b)| 6 |Sp (b)| + |P (b)| 6 + = ·
|Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)|
1
Nécessairement |Sp (b)| = |P (b)| = ·
|Tp (a)|
 
j0 π
En particulier |Tp (b)| = 1 = Max |Tp (t)| et ainsi il existe j0 dans [[0, p]] tel que b = cos = xj0 .
t∈[−1,1] p
Donc |U | ne réalise son maximum sur [−1, 1] qu’en des points de l’ensemble {x0 , x1 , . . . , xp }.
1
Pour montrer que ∀j ∈ [[0, p]], |U (xj )| = il ne reste plus alors qu’à montrer que |U | réalise son maximum sur
|Tp (a)|
[−1, 1] en au moins p + 1 points de [−1, 1] (qui seront nécessairement x0 , x1 , ..., xp ).

Supposons qu’il n’en soit pas ainsi. Alors |U | réalise son maximum sur [−1, 1] qu’en exactement k points a1 , a2 , ...,
ak de [−1, 1] avec a1 < a2 < · · · < ak et k 6 p.

L’interpolation de Lagrange assure l’existence (et l’unicité) d’un polynôme H de degré au plus k tel que H(a1 ) =
H(a2 ) = · · · = H(ak ) = 0 et H(a) = 1 (a1 , a2 , ..., ak , a sont k + 1 réels deux à deux distincts...).
1
Remarque Si L = (X − a1 )(X − a2 ) · · · (X − ak ), H = L convient.
L(a)
Notons que H est un élément de Rp [X] et que H(a) = 1.

Soit ε un réel strictement positif. La continuité et la nullité de H en a1 , a2 , ..., ak permet d’obtenir l’existence d’un
réel α strictement positif tel que ∀i ∈ [[1, k]], ∀x ∈ [−1, 1]∩]ai − α, ai + α[, |H(x)| < ε.
[
Posons Ωε = ]ai − α, ai + α[. Ωε est un ouvert de R comme réunion de k ouverts de R.
i∈[[1,k]]

Soit t un élément de ]0, 1[. Posons Ut = (1 − t) U + t H.


1
Ut est un élément de Rp [X] tel que U (a) = 1 donc kUt k∞ > = kU k∞ .
|Tp (a)|
• Si x appartient à Ωε ∩ [−1, 1], |Ut (x)| = |(1 − t) U (x) + t H(x)| 6 (1 − t) |U (x)| + t |H(x)| 6 (1 − t) kU k∞ + t ε.

• Soit x un élément de [−1, 1] − Ωε , |Ut (x)| = |U (x) + t (H(x) − U (x))| 6 |U (x)| + t kH − U k∞ .

|U | est continue sur le fermé borné (ok ?) [−1, 1] − Ωε donc |U | possède un maximum Mε sur [−1, 1] − Ωε .

Alors |Ut (x)| 6 Mε + t kH − U k∞ .

Observons que Mε < kU k∞ car [−1, 1] − Ωε est contenu dans [−1, 1] et les seuls point où |U | prend la valeur kU k∞
sont a1 , a2 , ..., ak qui n’appartiennent pas à [−1, 1] − Ωε .

Dès lors choisissons ε strictement positif et strictement inférieur à kU k∞ .

Comme Mε < kU k∞ il est possible de trouver un élément t0 de ]0, 1[ tel que Mε + t0 kU − Hk∞ < kU k∞ (en effet

lim Mε + t kU − Hk∞ = Mε < kU k∞ ).
t→0

Nous avons alors : ∀x ∈ [−1, 1] − Ωε , |Ut0 (x)| < kU k∞ .

De plus : ∀x ∈ Ωε ∩ [−1, 1], |Ut0 (x)| 6 (1 − t0 ) kU k∞ + t0 ε < (1 − t0 ) kU k∞ + t0 kU k∞ = kU k∞ .


1
Donc ∀x ∈ [−1, 1], |Ut0 (x)| < kU k∞ . Ainsi kUt0 k∞ < kU k∞ = ce qui donne une contradiction car Ut0 est un
|Tp (a)|
élément de Rp [X] qui prend la valeur 1 en a.
1
Ainsi U réalise son maximum en x0 , x1 , ..., xp . FFF
|Tp (a)|
12
  j π 
  j π 
1 1
∀j ∈ [[0, p]], P cos + Sp cos = ·
2 p p |Tp (a)|
1 1 1  1 1 1  1
Soit j un élément de [[0, p]]. = P (xj ) + Sp (xj ) 6 |P (xj )| + |Sp (xj )| 6 + = ·
|Tp (a)| 2 2 2 |Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)|
1
Ceci exige |P (xj ) + Sp (xj )| = |P (xj )| + |Sp (xj )| et |P (xj )| = |Sp (xj )| = ·
|Tp (a)|
Rappelons que si a et b sont deux réels, |a + b| = |a| + |b| si et seulement si ab > 0.
Alors |P (xj )| = |Sp (xj )| et P (xj ) Sp (xj ) > 0 donc P (xj ) = Sp (xj ). Ainsi (P − Sp )(xj ) = 0.
∀j ∈ [[0, p]], (P − Sp )(xj ) = 0. P − Sp est donc un élément de Rp [X] ayant au moins p + 1 racines distinctes donc
P − Sp est le polynôme nul et :
P = Sp
 
Sp est l’unique élément de Lp = {Q ∈ Rp [X] | Q(a) = 1} qui réalise Min Max |Q(t)| .
Q∈Lp t∈[−1,1]
 
Q3 Posons L0p = {Q ∈ Rp [X] | Q(0) = 1}. On cherche à montrer que Min0 Max |Q(t)| existe et que ce minimum
Q∈Lp t∈[α,β]
 
2 t−α−β
Tp β−α
est réalisé pour le seul élément t →   de L0p .
α+β
Tp α−β
2t − α − β
Nous allons pour ce faire utiliser Q2 en remarquant que t → applique [α, β] sur [−1, 1].
β−α
2t − α − β
posons ∀t ∈ R, u(t) = · u est continue et strictement croissante sur R. De plus lim u(t) = +∞ et
β−α t→+∞
lim u(t) = −∞.
t→−∞

1 
Ainsi u est une bijection de R sur R. Un calcul simple montre que ∀t ∈ R, u−1 (t) = (β − α) t + α + β .
2
u étant continue et croissante sur [α, β], u([α, β]) = [u(α), u(β)] = [−1, 1]. Alors u−1 ([−1, 1]) = [α, β].
α+β
Posons alors a = u(0) = et Lp = {Q ∈ Rp [X] | Q(a) = 1}.
α−β
β+α β+α
α > −α car α est strictement positif. Alors β + α > β − α > 0. Ceci donne > 1. Ainsi a = < −1.
β−α α−β
 
1
Par conséquent |a| > 1. Q2 montre que Min Max |Q(t)| existe et vaut ·
Q∈Lp t∈[−1,1] |Tp (a)|
Tp
De plus Sp = est le seul élément de Lp qui réalise ce minimum.
Tp (a)
Posons ∀Q ∈ Lp , ∀t ∈ R, ϕ(Q)(t) = Q u(t) et ∀Q ∈ L0p , ∀t ∈ R, ψ(Q)(t) = Q u−1 (t) .
 

Soit Q un élément de Lp . Q appartient à Rp [X] et u est un élément de R1 [X] donc ϕ(Q) = Q ◦ u est clairement un
élément de Rp [X]. De plus ϕ(Q)(0) = Q u(0) = Q(a) = 1. Par conséquent ϕ(Q) est un élément de L0p .


Ainsi ϕ est une application de Lp dans L0p . On montre de même que ψ est une application de L0p dans Lp .

∀Q ∈ Lp , ∀t ∈ R, ψ ϕ(Q) (t) = ϕ(Q) u−1 (t) = Q u u−1 (t) = Q(t). Ainsi ∀Q ∈ Lp , ψ ϕ(Q) = Q.
   

Alors ψ ◦ ϕ = IdLp . On montre de même que ϕ ◦ ψ = IdL0p .


ϕ (resp ψ) est alors une bijection de Lp (resp. L0p ) sur L0p (resp. Lp ) et ϕ−1 = ψ (resp. ψ −1 = ϕ).

Rappelons que u([α, β]) = [−1, 1]. Donc ∀Q ∈ Lp , Max |ϕ(Q)(t)| = Max |Q u(t) | = Max |Q(x)|.
t∈[α,β] t∈[α,β] x∈[−1,1]
13
   
1 1
Comme Min Max |Q(t)| existe et vaut , Min Max |ϕ(Q)(t)| existe et vaut également ·
Q∈Lp t∈[−1,1] |Tp (a)| Q∈Lp t∈[α,β] |Tp (a)|
 
1
Or L0p = {ϕ(Q); Q ∈ Lp }, donc Min0 Max |Q(t)| existe et vaut ·
Q∈Lp t∈[α,β] |Tp (a)|
Supposons que Q soit un élément de L0p qui réalise ce minimum. Rappelons que u−1 ([−1, 1]) = [α, β].
1
= Max |Q(t)| = Max |Q u−1 (x) | = Max |ψ(Q)(x)|.

|Tp (a)| t∈[α,β] x∈[−1,1] x∈[−1,1]

1
ψ(Q) est un élément de Lp tel que Max |ψ(Q)(x)| = · Ainsi ψ(Q) = Sp . Donc Q = ϕ(Sp ).
x∈[−1,1] |Tp (a)|
 
Tp 2 t−α−β

 Tp u(t) β−α
∀t ∈ R, Q(t) = ϕ(Sp )(t) = Sp u(t) = =   ·
Tp (a) Tp α−βα+β

 
  Tp 2 t−α−β
β−α
Min Max |Q(t)| existe. Ce minimum est réalisé pour le seul élément t →   de
Q∈{P ∈Rp [X]|P (0)=1} t∈[α,β] α+β
Tp α−β
1
l’ensemble {P ∈ Rp [X] | P (0) = 1} et il vaut   ·
α+β
Tp α−β

p−1
Y  
∗ p−1 (2 k + 1) π
Remarque Soit p un élément de N . Rappelons que : Tp = 2 X − cos .
2p
k=0
p−1
Y  
p−1 2t − α − β (2 k + 1) π
  2 − cos   
Tp 2 t−α−β
β−α β−α 2p p−1
Y
2 t−α−β
β−α − cos (2 k+1)2p
π
k=0
Soit t un réel.   =
p−1
=    .
α+β    α+β (2 k+1) π
Tp α−β α+β (2 k + 1) π k=0 α−β − cos
Y
2p−1 − cos 2p
α−β 2p
k=0
      
(2 k+1) π
Tp 2 t−α−β
β−α
p−1
Y −2 t + α + β − (α − β) cos 2p
p−1
Y 2
  =    = 1 −   t.
α+β (2 k+1) π (2 k+1) π
Tp α−β k=0 α + β − (α − β) cos 2p k=0 α + β − (α − β) cos 2p
   
2 t−α−β p−1
Tp β−α Y 2
∀p ∈ N∗ , ∀t ∈ R,   = 1 −   t.
α+β (2 k+1) π
Tp α−β k=0 α + β + (β − α) cos 2p

PARTIE III : Résolution itérative d’un système AX = B.


0 n’est pas valeur propre de A donc A est inversible. Ainsi :
il existe un unique élément X ∗ de Mn,1 (R) tel que AX ∗ = B ; X ∗ = A−1 B.

Q1 a) Soit p un élément de N∗ .
Xp+1 −X ∗ = Xp +α (B−AXp )−X ∗ = α (AX ∗ −AXp )+(Xp −X ∗ ) = −α A(Xp −X ∗ )+(Xp −X ∗ ) = (I −α A)(Xp −X ∗ ).
Ainsi : ∀p ∈ N, Xp+1 − X ∗ = (I − α A)(Xp − X ∗ ).
Une récurrence simple donne alors ∀p ∈ N, Xp − X ∗ = (I − α A)p (X0 − X ∗ ).
∀p ∈ N, Xp − X ∗ = (I − α A)p (X0 − X ∗ ).
b) A est symétrique et réelle donc A est  il existe une matrice inversible P de Mn (R) telle que
 diagonalisable. Mieux
λ1 0 · · · 0
.. .. . 
 0 . . .. 

−1
P AP soit la matrice diagonale D =  . . .
 .. .. ... 0 
0 · · · 0 λn
14

D = P −1 AP donc A = P DP −1 . Alors I − α A = I − α P DP −1 = P IP −1 − α P DP −1 = P (I − α D)P −1 .


1 − α λ1 0 · · · 0
 
.. .. ..
0 . . .
 
Ainsi I − α A est semblable à I − α D =  .
 
.. .. ..
 . . . 0 
0 · · · 0 1 − α λn
Alors les valeurs propres de I − α A sont les valeurs propres de la matrice diagonale I − α D. Ainsi
les valeurs propres de I − α A sont 1 − α λ1 , 1 − α λ2 , ..., 1 − α λn .
Posons ∀i ∈ [[1, n]], µi = 1 − α λi . λ1 6 λ2 6 · · · 6 λn et α > 0 donc µ1 > µ2 > · · · > µn .
Alors ∀i ∈ [[1, n]], −|µn | 6 µn 6 µi 6 µ1 6 |µ1 |. donc ∀i ∈ [[1, n]], − Max(|µ1 |, |µn |) 6 µi 6 Max(|µ1 |, |µn |).
Ainsi ∀i ∈ [[1, n]], |µi | 6 Max(|µ1 |, |µn |). Par conséquent : ρ(I − α A) = Max |µi | = Max(|µ1 |, |µn |).
16i6n

ρ(I − α A) = Max(|1 − α λ1 |, |1 − α λn |).


Précisons encore en supposant pour commencer que λ1 < λn .
|1 − α λ1 | 6 |1 − α λn | ⇐⇒ (1 − α λ1 )2 6 (1 − α λn )2 ⇐⇒ 1 − 2 α λ1 + α2 λ21 6 1 − 2 α λn + α2 λ2n .
 
2
|1 − α λ1 | 6 |1 − α λn | ⇐⇒ 0 6 −2α (λn − λ1 ) + α2 (λn + λ1 )(λn − λ1 ) ⇐⇒ 0 6 α (λn − λ1 )(λn + λ1 ) α − ·
λ1 + λ n
2
Or α (λn − λ1 )(λn + λ1 ) est strictement positif donc |1 − α λ1 | 6 |1 − α λn | ⇐⇒ α > ·
λ1 + λ n
2 2
Ainsi ρ(I − α A) = |1 − α λn | si α > et ρ(I − α A) = |1 − α λ1 | si α 6 ·
λ 1 + λn λ 1 + λn
1 2 1 1 1
Observons que 6 6 , que |1 − α λ1 | = 1 − α λ1 si α 6 et que |1 − α λn | = α λn − 1 si α > ·
λn λn + λ1 λ1 λ1 λn
2 2
Alors ρ(I − α A) = 1 − α λ1 si α 6 et ρ(I − α A) = α λn − 1 si α > ·
λ1 + λ n λ1 + λ n
2 1
Notons que ceci vaut encore pour λ1 = λn car dans ce cas = et ρ(I − α A) = |1 − α λ1 | = |1 − α λn |.
λ1 + λn λ1
Finalement :

2

 1 − α λ1 si α 6


λn + λ1
ρ(I − α A) = .
 2
 α λn − 1 si α >

λn + λ1
 
2
f : t → ρ(I − α A) est donc affine et strictement décroissante sur 0, et affine et strictement croissante sur
  λn + λ1
2
, +∞ . Le tracé de la courbe représentative ne pose pas franchement de problème...
λn + λ1
2
Notons que f possède un minimum sur ]0, +∞[ atteint en le seul point ·
λn + λ1
 
2 2 λn − λ1 λn − λ1
f =1− λ1 = donc le minimum de f : t → ρ(I − α A) sur ]0, +∞[ est donc ·
λn + λ1 λn + λ 1 λn + λ1 λn + λ1
c) F Si X0 = X ∗ , ∀p ∈ N, Xp = X ∗ . La suite (Xp )p∈N converge alors clairement vers X ∗ et ceci pour toute valeur
de α. Il convient donc de reformuler la question. F
2
Montrons que la suite (Xp )p∈N converge vers X ∗ pour tout choix de X0 dans Mn,1 (R) si et seulement si α < ·
λn
Pour cela nous allons utiliser I Q3 b). Remarquons d’abord que I − α A est une matrice symétrique de Mn (R).
15

Rappelons que ∀p ∈ N, Xp − X ∗ = (I − α A)p (X0 − X ∗ ).



Par
 conséquent la suite  (Xp )p∈N converge vers X pour tout choix de X0 dans Mn,1 (R) si et seulement si la suite
(I − α A)p (X0 − X ∗ ) converge vers 0Mn,1 (R) pour tout choix de X0 dans Mn,1 (R).
p∈N
 
Or dire que suite (I − α A)p (X0 − X ∗ ) converge vers 0Mn,1 (R) pour tout choix de X0 dans Mn,1 (R) équivaut à
  p∈N
dire que la suite (I − α A)p X converge vers 0Mn,1 (R) pour tout choix de X dans Mn,1 (R).
p∈N

D’après I Q3 b ceci équivaut à dire que ρ(I − α A) < 1.

Ainsi la suite (Xp )p∈N converge vers X ∗ pour tout choix de X0 dans Mn,1 (R) si et seulement si ρ(I − α A) < 1.
 
2
Si α ∈ 0, , ρ(I − α A) = f (α) = 1 − α λ1 < 1.
λn + λ1
 
2 2
Si α ∈ , +∞ : f (α) = ρ(I − α A) < 1 ⇐⇒ α λn − 1 < 1 ⇐⇒ α < ·
λn + λ1 λn
2 2 2
En remarquant que < on peut dire que ρ(I − α A) < 1 si et seulement si α < · Finalement :
λn + λ1 λn λn
2
La suite (Xp )p∈N converge vers X ∗ pour tout choix de X0 dans Mn,1 (R) si et seulement si α < ·
λn

I − α A est une matrice symétrique de Mn (R) donc, d’après I 3 a) ∀X ∈ Mn,1 (R), k(I − α A)Xk 6 ρ(I − α A) kXk.

Alors ∀p ∈ N, kXp+1 − X ∗ k = k(I − α A)(Xp − X ∗ )k 6 ρ(I − α A) kXp − X ∗ k.


p
Une récurrence simple donne ∀p ∈ N, kXp − X ∗ k 6 ρ(I − α A) kX0 − X ∗ k. (♣)

Alors la convergence est d’autant plus “rapide” que ρ(I − α A) est “petit”.
2
Ainsi la convergence est optimale si ρ(I − α A) = f (α) est minimum donc si α = comme nous l’avons vu plus
λn + λ1
haut.
 p
λn − λ1 λn − λ1
Dans ce cas ρ(I − α A) = f (α) = et ∀p ∈ N, kXp − X ∗ k 6 kX0 − X ∗ k.
λn + λ1 λn + λ1
 p
2 λn − λ1
La convergence est optimale si α = · Dans ce cas ∀p ∈ N, kXp − X ∗ k 6 kX0 − X ∗ k.
λn + λ1 λn + λ1

Remarque Notons que la majoration (♣) est la meilleure possible pour α fixé dans R+ ∗ et X0 quelconque.

Nous allons le montrer en trouvant un X0 qui transforme cette inégalité en une égalité.

Soit k un élément de [[1, n]] tel que |µk | = Max |µi | = ρ(I − α A) et Z un vecteur propre de I − α A associé à la valeur
16i6n
propre µk .

(I − α A) Z = µk Z. Une récurrence simple donne ∀p ∈ N, (I − α A)p Z = µpk Z.

Considérons la suite (Xp )p∈N définie par X0 = Z + X ∗ et ∀p ∈ N, Xp+1 = Xp + α (B − AXp ).

∀p ∈ N, Xp − X ∗ = (I − α A)p (X0 − X ∗ ) = (I − α A)p Z = µpk Z = µpk (X0 − X ∗ ).


p
Alors ∀p ∈ N, kXp − X ∗ k = kµpk (X0 − X ∗ )k = |µpk | kX0 − X ∗ k = |µk |p kX0 − X ∗ k = ρ(I − α A) kX0 − X ∗ k.
p
Alors ∀p ∈ N, kXp − X ∗ k = ρ(I − α A) kX0 − X ∗ k et (♣) est une égalité...

Cela rend également optimale la majoration obtenue juste plus haut.


16

Q2 a) Soit p un élément de N∗ . Rappelons qu’il existe une matrice inversible P de Mn (R) telle que P −1 AP soit la
λ1 0 ··· 0
 
.. .. . 
 0 . . .. 

matrice diagonale D =  . .. .. . D = P −1 AP donc A = P DP −1 .
 .. . . 0 
0 ··· 0 λn
Alors ∀i ∈ [[0, p − 1]], I − αi A = I − αi P DP −1 = P IP −1 − αi P DP −1 = P (I − αi D)P −1 .

Ainsi Pp (A) = (I − α0 A)(I − α1 A) · · · (I − αp−1 A) = P (I − α0 D)P −1 P (I − α1 D)P −1 · · · P (I − αp−1 D)P −1 .

Donc Pp (A) = P (I − α0 D)(I − α1 D) · · · (I − αp−1 D)P −1 = P Pp (D)P −1 .

Par conséquent Pp (A) est semblable à Pp (D). Ces deux matrices ont alors les mêmes valeurs propres.
λ1 0 ··· 0
 
.. .. . 
 0 . . .. 

De plus comme D est la matrice diagonale  . .. ..  il est aisé de montrer que Pp (D) est la matrice
 .. . . 0 
0 · · · 0 λn
Pp (λ1 ) 0 · · · 0
 
.. .. ..
. .
 
diagonale  0. .
.
 
 .. .. ..
. . 0 
0 · · · 0 Pp (λn )
Les valeurs propres de Pp (D) sont donc Pp (λ1 ), Pp (λ2 ), ..., Pp (λn ). Finalement :

les valeurs propres de Pp (A) sont Pp (λ1 ), Pp (λ2 ), ..., Pp (λn ).

Posons ∀i ∈ [[1, n]], νi = Pp (λi ). ∀i ∈ [[1, n]], λ1 6 λi 6 λn donc ∀i ∈ [[1, n]], |νi | = |Pp (λi )| 6 Max |Pp (t)|.
t∈[λ1 ,λn ]

Par conséquent Max |νi | 6 Max |Pp (t)|. Ainsi :


16i6n t∈[λ1 ,λn ]

ρ Pp (A) 6 Max |Pp (t)|.
t∈[λ1 ,λn ]

b) Soit p un élément de N∗ .

Xp+1 − X ∗ = Xp + αp (B − AXp ) − X ∗ = αp (AX ∗ − AXp ) + (Xp − X ∗ ) = −αp A(Xp − X ∗ ) + (Xp − X ∗ ).

Xp+1 − X ∗ = (I − αp A)(Xp − X ∗ ).

∀p ∈ N∗ , Xp+1 − X ∗ = (I − αp A)(Xp − X ∗ ). Une récurrence très simple montre alors que :

∀p ∈ N∗ , Xp − X ∗ = Pp (A)(X0 − X ∗ ).

Soit p un élément de N∗ . A est une matrice symétrique donc pour tout élément k de N, Ak est une matrice symétrique.

Ainsi Pp (A) est une matrice symétrique de Mn (R) comme combinaison linéaire de matrices symétriques de Mn (R).

Alors I Q3 a) permet de dire que ∀X ∈ Mn,1 (R), kPp (A)Xk 6 ρ Pp (A) kXk.

En particulier kPp (A)(X0 − X ∗ )k 6 ρ Pp (A) kX0 − X ∗ k.




Ainsi ∀p ∈ N∗ , kXp − X ∗ k = kPp (A)(X0 − X ∗ )k 6 ρ Pp (A) kX0 − X ∗ k 6 Max |Pp (t)| kX0 − X ∗ k.

t∈[λ1 ,λn ]

∀p ∈ N∗ , kXp − X ∗ k 6 Max |Pp (t)| kX0 − X ∗ k.


t∈[λ1 ,λn ]

c) F Nous supposerons dans la suite que λ1 < λn F

Fixons p dans N∗ . Observons que Pp est un élément de Rp [X] tel que Pp (0) = 1.
17
 
En appliquant II Q3 nous pouvons dire que Min Max |Q(t)| existe et que ce minimum est réalisé
 Q∈{P ∈Rp [X]|P (0)=1} t∈[λ1 ,λn ]
1 −λn
Tp 2 t−λλn −λ1
pour le seul élément Hp : t →   ·
Tp λλ11 −λ
+λn
n
 
p−1
Y 2
Nous avons également montré que : ∀t ∈ R, Hp (t) = 1 −   t.
(2 k+1) π
k=0 λ 1 + λ n + (λ n − λ 1 ) cos 2p
 
(2 k + 1) π
Observons que cos > −1 et λn − λ1 > 0.
2p
 
(2 k + 1) π
Donc λn + λ1 + (λn − λ1 ) cos > λn + λ1 − (λn − λ1 ) = 2 λ1 > 0.
2p
2
Dès lors en posant : ∀k ∈ [[0, p − 1]], αk =   on a ∀k ∈ [[0, p − 1]], αk > 0 et Pp = Hp .
(2 k+1) π
λ1 + λn + (λn − λ1 ) cos 2p
Ainsi Max |Pp (t)| est minimum.
t∈[λ1 ,λn ]

2
On rend Max |Pp (t)| minimum en posant : ∀j ∈ [[0, p − 1]], αj =  ·
t∈[λ1 ,λn ] (2 j+1) π
λ1 + λn + (λn − λ1 ) cos 2p

2
Supposons ∀j ∈ [[0, p − 1]], αj =  ·
(2 j+1) π
λ1 + λn + (λn − λ1 ) cos 2p

1
Max |Pp (t)| = Max |Hp (t)| =   · b) permet alors de dire que :
t∈[λ1 ,λn ] t∈[λ1 ,λn ] λn +λ1
Tp λn −λ1

1
kXp − X ∗ k 6   kX0 − X ∗ k.
λn +λ1
Tp λn −λ1

FFF L’équivalent proposé est faux. Cherchons le bon ! ! FFF


λn + λ1
Posons x = · Comme ici λn > λ1 > 0, λn + λ1 > λn − λ1 > 0. Ainsi x est un réel strictement supérieur à 1.
λn − λ1
Nous allons calculer Tp (x) pour tout élément p de N.

Posons ∀p ∈ N, up = Tp (x).

u0 = T0 (x) = 1, u1 = T1 (x) = x et ∀p ∈ N∗ , up+1 = Tp+1 (x) = 2 x Tp (x) − Tp−1 (x) = 2 x up − up−1 .

(up )p∈N est une suite définie par une récurrence linéaire d’ordre 2 d’équation caractéristique z ∈ C et z 2 − 2 x z + 1 = 0.
√ √
Cette équation admet deux racines réelles distinctes x + x2 − 1 et x − x2 − 1.
 √ p  √ p
Alors il existe deux réels γ et δ tels que : ∀p ∈ N, up = γ x + x2 − 1 + δ x − x2 − 1 .
 √   √  √ √
1 = u0 = γ + δ et x = u1 = γ x + x2 − 1 + δ x − x2 − 1 = (γ + δ) x + (γ − δ) x2 − 1 = x + (γ − δ) x2 − 1.
√ √ 1
Alors γ + δ = 1 et (γ − δ) x2 − 1 = 0. Comme x2 − 1 n’est pas nul : γ + δ = 1 et γ − δ = 0. Ainsi γ = δ = ·
2
1 p p 1  p p
∀p ∈ N, Tp (x) = up = x + x2 − 1 + x − x2 − 1 .
2 2
1 p p 1
Remarque En fait pour tout réel x tel que |x| > 1 on a encore ∀p ∈ N, Tp (x) = x + x2 − 1 + x−
p p 2 2
x2 − 1 ... et même pour |x| = 1. A titre d’exercice on pourra traiter le cas où |x| < 1.
18
√ √ !p !
√ √ x − x 2−1 x − x2−1
0 < x − x2 − 1 < x + x2 − 1 donc 0 < √ < 1. Alors lim 1+ √ = 1.
x + x2 − 1 p→+∞ x + x2 − 1
√ !p !
1 p p x − x2 − 1 1 p p
Or ∀p ∈ N, up = x+ x −12 1+ √ . Ainsi up ∼ x + x2 − 1 .
2 x + x2 − 1 p→+∞ 2

2
(λn + λ1 )2 − (λn − λ1 )2

λn + λ1 2 λn + λ1 4 λn λ1
x= donc x − 1 = −1= = ·
λn − λ1 λn − λ1 (λn − λ1 )2 (λn − λ1 )2
√ √ 2 √ √ 2
√ √ λ + λ λ + λ1 √ √
p λn + λ1 2 λ n λ1 n 1 n λn + λ1
√  = √λ − √λ ·
2
Alors x + x − 1 = + = = √
λn − λ1 λn − λ1 λn − λ1 √ √
λn + λ1 λ n − λ1 n 1

√ √ p
1 λ n + λ1
Alors up ∼ √ √ . Par conséquent :
p→+∞ 2 λ n − λ1
  √ √ p   √ √ p
λn + λ1 1 λ n + λ1 λn + λ1 1 λ n + λ1
Tp ∼ √ √ et Tp ∼ √ √ ·
λn − λ1 p→+∞ 2 λ n − λ1 λn − λ1 p→+∞ 2 λ n − λ1
√ √ p
1 1 λn − λ1
Notons que   ∼ √ √ .
Tp λn +λ1 p→+∞ 2
λn −λ1
λn + λ1
 p
λn − λ1
Dans Q1 un bon choix de α donne : ∀p ∈ N, kXp − X ∗ k 6 kX0 − X ∗ k.
λn + λ1
1
Dans Q2, pour p fixé dans N∗ un bon choix de α1 , α2 , ..., αp−1 donne : kXp − X ∗ k 6   kX0 − X ∗ k.
λn +λ1
Tp λn −λ1
p 
1 λn − λ 1
Comparons donc les suites de termes généraux   et ou les suites de termes généraux et
Tp λλnn −λ
+λ1 λn + λ1
1
√ √ p  p √ √ p
1 λn − λ1 λn − λ1 1 1 λ n − λ1
√ √ et car   ∼ √ √ ·
2 λn + λ1 λn + λ1 Tp λn +λ1 p→+∞ 2 λ n + λ1
λn −λ1
√ √
√λn −√λ1
√ √ √
λn + λ1 ( λn − λ1 )(λn + λ1 ) λn + λ1 λn + λ1 2 λn λ1
λn −λ1
= √ √ = √ √ = √ =1− √ < 1.
λn +λ1 ( λn + λ1 )(λn − λ1 ) ( λn + λ1 )2 λn + λ1 + 2 λn λ 1 λn + λ1 + 2 λ n λ 1
√ √ p √ √ p
√λn −√λ1
1 √λn −√λ1
λn + λ1 2 λ + λ
Ainsi lim  λn −λ1
 = 0. Alors lim  n p1 = 0.
p→+∞ p→+∞ λn −λ1
λn +λ1 λn +λ1
√ √ p  p
1 λn − λ1 λn − λ1
La suite de terme général √ √ est négligeable devant la suite de terme général donc la
2 λn + λ1  p λ n + λ 1
1 λn − λ1
suite de terme général   est négligeable devant la suite de terme général .
λn +λ1
Tp λn −λ1 λ n + λ1

La méthode itérative optimale développée dans cette question laisse donc espérer une convergence plus rapide que
la méthode itérative optimale à α constant développée dans la question 1.
19

Je propose de modifier le texte de la manière suivante.


• On fait passer la partie III en partie IV en donnant le bon équivalent (et une petite indication pour l’obtenir).
• On supprime II Q2 c) et on supprime le mot unique dans Q3. On crée alors une partie III montrant l’unicité dans
le problème de minimisation (que l’on peut rendre facultative pour les élèves qui ont des difficultés).
Cette partie III pourrait être la suivante.

PARTIE III : De l’unicité dans le problème de minimisation

 

Dans cette partie p est un élément de N∗ . On pose ∀j ∈ [[0, p]], xj = cos .
p
Dans la suite si f est une fonction numérique continue sur [−1, 1], on note kf k∞ le réel Sup |f (x)| = Max |f (x)|.
x∈[−1,1] x∈[−1,1]

1
On se propose de montrer que Sp est le seul élément de Rp [X] qui prend la valeur 1 en a et qui vérifie kSp k∞ = ·
|Tp (a)|
1
On considère alors un élément P de Rp [X] qui prend la valeur 1 en a et qui vérifie kP k∞ = ·
|Tp (a)|
1 
Q1 Montrer que U = P + Sp a les mêmes qualités que P .
2
Q2 Soit b un élément de [−1, 1].
1
a) Montrer que |Sp (b)| = si et seulement il existe un élément j de [[0, p]] tel que : b = xj .
|Tp (a)|
1
b) Montrer que si |U (b)| = alors il existe un élément j0 de [[0, p]] tel que : b = xj0 .
|Tp (a)|
1
Q3 Ici on veut montrer que ∀j ∈ [[0, p]], |U (xj )| = · D’après ce qui précède il suffit de montrer que |U | réalise
|Tp (a)|
son maximum sur [−1, 1] en au moins p + 1 points de [−1, 1] (qui seront nécessairement x0 , x1 , ..., xp ).
On raisonne par l’absurde et on suppose que |U | réalise son maximum sur [−1, 1] en exactement k points a1 , a2 , ...,
ak de [−1, 1] avec a1 < a2 < · · · < ak et 1 6 k 6 p.
a) Montrer qu’il existe un polynôme H de degré au plus k tel que H(a1 ) = H(a2 ) = · · · = H(ak ) = 0 et H(a) = 1. H
est ainsi un élément de Rp [X] qui prend la valeur 1 en a.
b) Soit ε un réel strictement positif et strictement inférieur à kU k∞ .
Montrer qu’il existe un réel α strictement positif tel que : ∀i ∈ [[1, k]], ∀x ∈ [−1, 1]∩]ai − α, ai + α[, |H(x)| < ε.
[
On pose : Ωε = ]ai − α, ai + α[. Ωε est un ouvert de R.
i∈[[1,k]]

c) Soit t un élément de ]0, 1[. On pose Ut = (1 − t) U + t H.


Montrer que |U | possède un maximum sur [−1, 1] − Ωε , que nous noterons Mε , et que ce maximum est strictement
inférieur à kU k∞ .
Montrer que ∀x ∈ Ωε ∩ [−1, 1], |Ut (x)| < kU k∞ et que ∀x ∈ [−1, 1] − Ωε , |Ut (x)| 6 Mε + t kH − U k∞ .
d) Montrer que l’on peut trouver t0 dans ]0, 1[ tel que kUt0 k < kU k∞ et en déduire une contradiction.
1
Q4 Dès lors ∀j ∈ [[0, p]], |U (xj )| = · Montrer que ∀j ∈ [[0, p]], (P − Sp )(xj ) = 0 et en déduire que P = Sp .
|Tp (a)|
Q5 Que dire du polynôme de II Q3 ?

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