ESSE04MI
ESSE04MI
ESSEC MATHÉMATIQUES I
Dans la correction j’évite les identifications et je rectifie les quelques erreurs...
Dans la suite, si H est une matrice de Mn (R), nous noterons fH l’endomorphisme de Rn dont la matrice dans la
base canonique B0 de Rn est H ; nous dirons que fH est l’endomorphisme canoniquement associé à H.
Pour moi < ., . > est le produit scalaire canonique de Mn,1 (R) et k.k est la norme associée. Dans la suite je note
< ., . >Rn le produit scalaire canonique de Rn .
cn
a) C appartient à Mn,1 (R) et t C est un élément de M1,n (R). Ainsi C t C est un élément de Mn (R).
Soient i et j deux éléments de [[1, n]]. La ième ligne de C est (ci ) ( !) et la j ème colonne de t C est (cj ).
C t C est diagonalisable.
2
b) Notons que t CC = kCk2 . Alors C t C = (C t C)(C t C) = C(t CC)t C = C kCk2 t C = kCk2 C t C.
2
C tC = kCk2 C t C.
(C t C)X = 0Mn,1 (R) ⇐⇒ C(t CX) = 0Mn,1 (R) ⇐⇒ C(< C, X >) = 0Mn,1 (R) ⇐⇒< C, X > C = 0Mn,1 (R) .
⊥
Rappelons que C n’est pas nulle. Ainsi : (C t C)X = 0Mn,1 (R) ⇐⇒< C, X >= 0 ⇐⇒ X ∈ (Vect(C)) .
⊥
Comme Vect(C) est une droite vectorielle de Mn,1 (R) et que n > 2, (Vect(C)) est un sous-espace vectoriel de
Mn,1 (R) de dimension n − 1 non nulle. Ainsi :
0 est valeur propre de C t C et le sous-espace propre associé est l’orthogonal de la droite vectorielle
engendrée par C.
2
En fait il n’y a aucun calcul à faire. C t C est une matrice diagonalisable de Mn (R), 0 en est une valeur propre et le
sous-espace propre de C t C associé à 0 est de dimension n − 1. Nécessairement C t C possède une seconde valeur propre
(mais pas plus) dont le sous-espace propre associé a pour dimension 1.
Nous avons vu que les seules valeurs propres possibles de C t C sont 0 et kCk2 . Par conséquent kCk2 est la seconde
valeur propre de C t C.
Le sous-espace propre associé SEP C t C, kCk2 est un supplémentaire de SEP (C t C, 0).
Mieux, comme C t C est symétrique, SEP C t C, kCk2 et SEP (C t C, 0) sont orthogonaux.
Ils sont donc supplémentaires et orthogonaux. On peut alors dire que SEP C t C, kCk2 est le supplémentaire orthog-
⊥
onal de SEP (C t C, 0) = (Vect(C)) ; c’est donc Vect(C).
En particulier : C t CC = kCk2 C ! !
C t CC = kCk2 C, kCk2 est une valeur propre de C t C et le sous espace propre associé est la droite
vectorielle engendrée par C.
Remarque Si n vaut 1, kCk2 est la seule valeur propre de C t C et le sous-espace propre associé est toujours Vect(C) !
e) Rappelons que l’on note fC t C l’endomorphisme canoniquement associé à C t C, c’est à dire l’endomorphisme de Rn
dont la matrice dans la base canonique B0 est C t C.
Supposons C unitaire et notons c l’élément de Rn de matrice C dans la base canonique de Rn . c est unitaire.
Ainsi ∀x ∈ Rn , fC t C (x) =< c, x >Rn c. Comme c est unitaire, fC t C est la projection orthogonale sur la droite
vectorielle engendrée par c.
t
2
XY = t Y X t
XAY =< X, AY >=< AX, Y > t
XY = t X(Y t Y )X = t Y (X t X)Y
b) A est une matrice symétrique de Mn (R) donc il existe une base orthonormale (U1 , U2 , . . . , Un ) de Mn,1 (R) con-
stituée de vecteurs propres de A.
Alors pour tout élément i de [[1, n]], il existe un réel λi tel que AUi = λi Ui .
Il existe une base orthonormale de vecteurs U1 , U2 , ..., Un de Mn,1 (R) pour lesquels existent des réels
λ1 , λ2 , ..., λn tels que AU1 = λ1 U1 , AU2 = λ2 U2 , ..., AUn = λn Un .
c) Soit X un élément de Mn,1 (R) et (α1 , α2 , . . . , αn ) les coordonnées de X dans la base orthonormale (U1 , U2 , . . . , Un ).
3
n
X n n
P P
X= αk Uk . ∀i ∈ [[1, n]], < Ui , X >=< Ui , αk Uk >= αk < Ui , Uk > = αi .
k=1 k=1 k=1
n
X n
X
Ainsi X = < Ui , X > Ui . De même AX = < Ui , AX > Ui .
i=1 i=1
n
X n
X
∀X ∈ Mn,1 (R), X = < Ui , X > Ui et AX = < Ui , AX > Ui .
i=1 i=1
(U1 , U2 , . . . , Un ) est une base orthonormale de Mn,1 (R). Les deux égalités précédentes donnent alors :
v v
u n u n
uX uX
∀X ∈ Mn,1 (R), kXk = t 2
< Ui , X > et kAXk = t < Ui , AX >2 .
i=1 i=1
n
X n
X n
X n
X
Observons que AX = < Ui , AX > Ui = < AUi , X > Ui = < λi Ui , X > Ui = λi < Ui , X > Ui .
i=1 i=1 i=1 i=1
On a alors :
v
n
X
u n 2
uX
∀X ∈ Mn,1 (R), AX = λi < Ui , X > Ui et kAXk = t λi < Ui , X > .
i=1 i=1
n n
X
P
X= < Ui , X > Ui , AX = λi < Ui , X > Ui et (U1 , U2 , . . . , Un ) est une base orthonormale.
i=1 i=1
n
X
Alors < X, AX >= < Ui , X > × λi < Ui , X > . Finalement :
i=1
n
X
∀X ∈ Mn,1 (R), < X, AX >= λi < Ui , X >2 .
i=1
n
X n
X
d) Posons, pour simplifier les écritures, R = Ui t Ui et S = λi Ui t Ui .
i=1 i=1
n
X n
X n
X
Rappelons que : ∀X ∈ Mn,1 (R), X = < Ui , X > Ui et AX = < Ui , AX > Ui = λi < Ui , X > Ui .
i=1 i=1 i=1
n
X n
X n
X
t
∀X ∈ Mn,1 (R), RX = Ui Ui X = Ui < Ui , X > = < Ui , X > Ui = X = IX.
i=1 i=1 i=1
Soit i un élément de [[1, n]]. Notons, pour simplifier, pi l’endomorphisme canoniquement associé à Ui t Ui . Notons ui
l’élément de Rn de matrice Ui dans B0 . ui est unitaire car kUi k = 1.
4
Pour tout élément i de [[1, n]], l’endomorphisme canoniquement associé à Ui t Ui est la projection orthogonale sur la
droite vectorielle engendrée par le vecteur de Rn de matrice Ui dans la base canonique.
∀X ∈ Mn,1 (R), Min (λi ) kXk2 6 < X, AX > 6 Max (λi )kXk2 .
16i6n 16i6n
Remarque Notons que si X est un vecteur propre de A associé à la plus grande (resp. petite) des valeurs propres
de A alors < X, AX >= Max (λi ) kXk2 (resp. < X, AX >= Min (λi ) kXk2 ).
16i6n 16i6n
t t
XAX XAX
Ou Max t XX
= Max λi et Min t XX
= Min λi .
X∈Mn,1 (R)−{0Mn,1 (R) } 16i6n X∈Mn,1 (R)−{0Mn,1 (R) } 16i6n
4 −1 0 ··· 0
.. .. ..
−1 4 . . .
.. .. ..
f ) Notons que A =
0 . . . 0 est une matrice symétrique de Mn (R).
. .. .. ..
..
. . . −1
0 ··· 0 −1 4
x1
x2
.
Soit X = .. un élément de Mn,1 (R).
x
n−1
xn
4 −1 0 ··· 0
x1
4 x1 − x2
.. .. ..
−1 4 . . . x2 −x1 + 4 x2 − x3
t
.. .. .. . ..
XAX = (x1 x2 . . . xn−1 xn )
0 . . .
. 0 . = (x1 x2 . . . xn−1 xn )
.
.
. .. .. ..
.. . −1 xn−1 −xn−2 + 4 xn−1 − xn
. .
0 ··· 0 −1 4 xn −xn−1 + 4 xn
n−1
X n
X n
X n−1
X
t
XAX = 4 x21 − x1 x2 + xi (−xi−1 + 4 xi − xi+1 ) − xn xn−1 + 4 x2n =4 x2i − xi xi−1 − xi xi+1 .
i=2 i=1 i=2 i=1
n
X n−1
X
t
Un petite translation d’indice dans la deuxième somme donne alors XAX = 4 x2i − 2 xi xi+1 .
i=1 i=1
∀i ∈ [[1, n − 1]], x2i + 2 xi xi+1 + x2i+1 = (xi + xi+1 )2 > 0 et x2i − 2 xi xi+1 + x2i+1 = (xi − xi+1 )2 > 0.
n−1
X n
X n−1
X n−1
X n
X
Ce qui donne encore : − x2i − x2i 6 −2 xi xi+1 6 x2i + x2i .
i=1 i=2 i=1 i=1 i=2
n
X n−1
X n
X n−1
X n−1
X n
X n
X
Mais alors : −2 x2i 6− x2i − x2i 6 −2 xi xi+1 6 x2i + x2i 62 x2i .
i=1 i=1 i=2 i=1 i=1 i=2 i=1
n
X n−1
X n
X n
X
Finalement : −2 x2i 6 −2 xi xi+1 6 2 x2i . En ajoutant 4 x2i il vient :
i=1 i=1 i=1 i=1
n
X n
X n
X n−1
X n
X n
X
2kXk2 = 4 x2i − 2 x2i 6 t XAX = 4 x2i − 2 xi xi+1 6 4 x2i + 2 x2i = 6 kXk2 .
i=1 i=1 i=1 i=1 i=1 i=1
2 t 2
Donc 2 kXk 6 XAX =< X, AX >6 6 kXk .
< X, AX >=< X, λ X >= λ < X, X >= λ kXk2 . Donc 2 kXk2 6< X, AX >= λ kXk2 6 6 kXk2 .
n
X
kXk2 = < X, Ui >2 , ∀i ∈ [[1, n]], 0 6 |λi | 6 ρ(A) et ∀i ∈ [[1, n]], < X, Ui >2 > 0.
i=1
n n n 2
Alors kAXk2 = λ2i < X, Ui >2 6 ρ(A)2 < X, Ui >2 = ρ(A)2 < X, Ui >2 = ρ(A) kXk .
P P P
i=1 i=1 i=1
Ainsi kAXk 6 ρ(A) kXk car kAXk et ρ(A) kXk sont des réels positifs ou nuls.
Il existe un élément i0 de [[1, n]] tel que |λi0 | = Max |λi | = ρ(A).
16i6n
Si i0 est un élément de [[1, n]] tel que |λi0 | = Max |λi | = ρ(A), alors tout vecteur propre Ui0 de A, associé à la
16i6n
valeur propre λi0 , est un élément non nul de Mn,1 (R) qui vérifie : kAUi0 k = ρ(A) kUi0 k.
6
b) I Supposons i. c’est à dire que pour tout élément X de Mn,1 (R), la suite (Ap X) tend vers 0 quand p tend vers
+∞.
Il existe un élément i0 de [[1, n]] tel que |λi0 | = Max |λi | = ρ(A).
16i6n
Par hypothèse la suite (Ap X) tend vers zéro. Il en est alors de même la suite (λp X).
Soit X un élément de Mn,1 (R). Montrons que la suite (Ap X) tend vers 0.
p
Montrons par récurrence que : ∀p ∈ N∗ , kAp Xk 6 ρ(A) kXk.
C’est vrai pour p = 1 d’après a). Supposons l’inégalité vraie pour un élément p de N∗ et montrons la pour p + 1.
p
kAp+1 Xk = kA(Ap X)k 6 ρ(A) kAp Xk. L’hypothèse de récurrence donne : kAp Xk 6 ρ(A) kXk.
p p+1
Ainsi kAp+1 Xk 6 ρ(A) kAp Xk 6 ρ(A) ρ(A) kXk = ρ(A) kXk.
p+1
kAp+1 Xk 6 ρ(A) kXk et la récurrence s’achève.
p p
∀p ∈ N∗ , 0 6 kAp Xk 6 ρ(A) kXk. Or 0 6 ρ(A) < 1 donc lim ρ(A) = 0.
p→+∞
p
Il vient alors par encadrement : lim kA Xk = 0. La suite (Ap X) tend vers 0 quand p tend vers +∞.
p→+∞
Remarque ρ(A) est le rayon spectral de la matrice A. Le résultat précédent vaut en fait pour une matrice quelconque
de Mn (K) (K étant R ou C).
Remarque Soit f une fonction numérique continue sur un segment [b, c] de R (b < c).
|f | est également continue sur le segment [b, c] donc |f | possède un maximum sur [b, c] que nous noterons Max |f (t)|.
t∈[b,c]
Alors la partie {|f (t)|/b 6 t 6 c} possède un plus grand élément donc une borne supérieure que l’on note usuellement
Sup |f (t)|.
t∈[b,c]
Retenons que Sup{|f (t)|/b 6 t 6 c} = Sup |f (t)| = Max |f (t)| (... dans la mesure où f est continue sur le segment
t∈[b,c] t∈[b,c]
[b, c]).
Dans la suite nous appellerons un max un max ( !) et nous utiliserons le plus souvent la notation Max |f (t)| de
t∈[b,c]
préférence à Sup{|f (t)|/b 6 t 6 c} ; sauf dans quelques conclusions et ceci pour être agréable au concepteur.
Q1 a) Montrons à l’aide d’une récurrence “d’ordre 2” que, pour tout élément p de N, Tp est une fonction polynôme
de degré p.
Tp est une fonction polynôme de degré p donc t → 2 t Tp (t) est une fonction polynôme de degré p + 1. Comme Tp−1
est une fonction polynôme de degré p − 1, Tp+1 : t → 2 t Tp (t) − Tp−1 (t) est alors une fonction polynôme de degré p + 1
et la récurrence s’achève.
Soit p un élément de N∗ . Le coefficient de tp+1 dans Tp+1 : t → 2 t Tp (t) − Tp−1 (t) est le coefficient de tp+1 dans
t → 2 t Tp (t) car Tp−1 est de degré p − 1.
Par conséquent ∀p ∈ N∗ , γp+1 = 2 γp . (γp )p∈N∗ est une suite géométrique de raison 2 et de premier terme 1.
Ainsi ∀p ∈ N∗ , γp = 2p−1 .
b) Montrons à l’aide d’une récurrence “d’ordre 2” que, pour tout élément p de N et pour tout réel θ, Tp (cos θ) = cos(p θ).
Alors ∀θ ∈ R, Tp+1 (cos θ) = 2 cos θ Tp (cos θ) − Tp−1 (cos θ) = 2 cos θ cos(p θ) − cos((p − 1)θ).
Alors ∀θ ∈ R, Tp+1 (cos θ) = cos θ cos(p θ) − sin(p θ) sin(θ) = cos(p θ + θ) = cos((p + 1) θ).
c) Soit p un élément de N. |Tp | est continue sur le segment [−1, 1] donc possède un maximum sur ce segment que nous
noterons Max |Tp (t)|.
t∈[−1,1]
L’image du segment [0, π] par la fonction cos est le segment [−1, 1].
Ainsi Max |Tp (t)| = Max |Tp (cos θ)| = Max | cos(p θ)|.
t∈[−1,1] θ∈[0,π] θ∈[0,π]
Or ∀θ ∈ [0, π], | cos(p θ)| 6 1 = | cos(p 0)|. Alors Max |Tp (t)| = Max | cos(p θ)| = 1.
t∈[−1,1] θ∈[0,π]
Soit p un élément de N∗ . Si x est un élément de [−1, 1] il existe un unique élément θ dans [0, π] tel que x = cos θ.
Il est alors légitime de chercher les zéros de Tp dans [−1, 1] sous la forme cos θ avec θ dans [0, π].
0 < θ0 < θ1 < · · · < θp−1 < π et la fonction cosinus est strictement décroissante sur [0, π].
Alors 1 > cos θ0 > cos θ1 > · · · > cos θp−1 > −1 ou 1 > z0 > z1 > · · · > zp−1 > −1.
Ainsi z0 , z1 , ..., zp−1 sont les p zéros distincts de Tp dans [−1, 1].
Notons que z0 , z1 , ..., zp−1 sont tous les zéros de Tp car Tp est de degré p.
En particulier Tp n’a pas de zéro dans R − [−1, 1].
∗ π 3π (2 p − 1) π
Si p est dans N , Tp admet dans [−1, 1], p zéros distincts qui sont : cos , cos , ..., cos .
2p 2p 2p
p−1
Y
(2 k + 1) π
Notons que ∀p ∈ N∗ , Tp = 2p−1 X − cos .
2p
k=0
Remarque Soit p un élément de N∗ . On peut de la même manière trouver tous les éléments de [−1, 1] qui réalisent
le maximum de |Tp | sur [−1, 1].
Soit x un élément de [−1, 1]. Il existe un unique élément θ de [0, π] tel que x = cos θ.
|Tp (x)| = Max |Tp (t)| ⇐⇒ |Tp (x)| = 1 ⇐⇒ |Tp (cos θ)| = 1 ⇐⇒ | cos(p θ)| = 1 ⇐⇒ cos(p θ) = 1 et cos(p θ) = −1.
t∈[−1,1]
π jπ
|Tp (x)| = Max |Tp (t)| ⇐⇒ p θ ≡ 0 [π] ⇐⇒ θ ≡ 0 ⇐⇒ ∃j ∈ Z, θ = ·
t∈[−1,1] p p
jπ
Or θ appartient à [0, π] donc : |Tp (x)| = Max |Tp (t)| ⇐⇒ ∃j ∈ [[0, p]], θ = ·
t∈[−1,1] p
xréalise le maximum de |Tp | sur [−1, 1] si et seulement si il existe un élément j de [[0, p]] tel que
Finalement
jπ
x = cos ·
p
Q2 Avant de commencer éclairons le problème avec quelques remarques.
N Soit p un élément de N∗ . |a| > 1 donc Tp (a) n’est pas nul. La définition de Sp est légitime.
C’est encore le cas pour p = 0 car T0 (a) = 1.
N Soit p un élément de N. Notons Lp l’ensemble des éléments de Rp [X] prenant la valeur 1 en a.
Lp = {Q ∈ Rp [X] | Q(a) = 1} .
1 Tp
Dans cette question on cherche à montrer que Min Max |Q(t)| existe, vaut et que Sp = est le
Q∈Lp t∈[−1,1] |Tp (a)| Tp (a)
seul élément de Lp qui réalise ce minimum.
a) Supposons donc qu’il existe une fonction polynôme P de Rp [X] telle que P (a) = 1 et telle que
1
Max |P (t)| < ·
t∈[−1,1] |Tp (a)|
1 1 1
Alors ∀t ∈ [−1, 1], |P (t)| < · Ainsi ∀t ∈ [−1, 1], − < P (t) < ·
|Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)|
1 1
Par conséquent ∀t ∈ [−1, 1], − P (t) > 0 et − − P (t) < 0·
|Tp (a)| |Tp (a)|
1 1
Alors pour tout élément j de [[0, p]] : − P (xj ) > 0 et − − P (xj ) < 0.
|Tp (a)| |Tp (a)|
Soit j un élément de [[0, p]].
(−1)j
jπ 1 jπ 1 jπ 1
Sp (xj ) = Sp cos = Tp cos = cos p = cos(j π) = ·
p Tp (a) p Tp (a) p Tp (a) Tp (a)
(−1)j
Ainsi Sp (xj ) − P (xj ) = − P (xj ).
Tp (a)
1
Si (−1)j Tp (a) est strictement positif : Sp (xj ) − P (xj ) = − P (xj ) > 0.
|Tp (a)|
1
Si (−1)j Tp (a) est strictement négatif : Sp (xj ) − P (xj ) = − − P (xj ) < 0.
|Tp (a)|
jπ jπ
Pour tout élément j de [[0, p]], Sp cos − P cos est strictement positif (resp. strictement négatif)
p p
si (−1)j Tp (a) est strictement positif (resp. strictement négatif).
Ainsi pour tout élément j de [[0, p]], (Sp − P )(xj ) est strictement positif si (−1)j Tp (a) > 0 et strictement négatif si
(−1)j Tp (a) < 0.
Soit j un élément de [[0, p − 1]]. j et j + 1 sont de parités différentes donc (Sp − P )(xj ) (Sp − P )(xj+1 ) < 0.
Comme Sp − P est une fonction continue sur l’intervalle [xj+1 , xj ], le théorème des valeurs intermédiaires montre
l’existence d’au moins un réel yj appartenant à ]xj+1 , xj [ tel que (Sp − P )(yj ) = 0.
Sp − P est alors un élément de Rp [X] (comme différence de deux éléments de Rp [X]) ayant au moins p + 1 racines
réelles distinctes donc Sp − P est la fonction polynôme nulle.
1
Alors P = Sp . Or Max |P (t)| < = Max |Sp (t)|. Ceci induit une légère contradiction !
t∈[−1,1] |Tp (a)| t∈[−1,1]
1
Il n’existe pas d’élément P de Rp [X] prenant la valeur 1 en a tel que Max |P (t)| < ·
t∈[−1,1] |Tp (a)|
1
b) Ce qui précède montre donc que si P est un élément de Lp = {Q ∈ Rp [X] | Q(a) = 1} alors Max |P (t)| > ·
t∈[−1,1] |Tp (a)|
1
Comme Sp est un élément de Lp tel que Max |Sp (t)| = on peut alors dire que :
t∈[−1,1] |Tp (a)|
10
1
“ Sup{|Q(t)|/ − 1 6 t 6 1} où Q décrit Rp [X] et vérifie Q(a) = 1 est minimal pour Sp et vaut ”
|Tp (a)|
En clair
Si Lp = {Q ∈ Rp [X] | Q(a) = 1} :
1
1. Min Max |Q(t)| existe et vaut ·
Q∈Lp t∈[−1,1] |Tp (a)|
2. Sp est un élément de Lp qui réalise ce minimum.
1
Ne “reste” plus qu’à montrer que Sp est le seul élément de Lp tel que Max |Sp (t)| = ·
t∈[−1,1] |Tp (a)|
1
c) On suppose donc que P est une fonction polynôme de Rp [X] telle que P (a) = 1 et Max |P (t)| = ·
t∈[−1,1] |Tp (a)|
1
On se propose de montrer que P + Sp a encore ces qualités.
2
1
P et Sp sont deux éléments de Rp [X] donc P + Sp appartient également à Rp [X].
2
1
P (a) = Sp (a) = 1 donc P + Sp (a) = 1.
2
1 1
P + Sp est un élément de Rp [X] qui prend la valeur 1 en a. Donc P + Sp est un élément de Lp .
2 2
1 1
Q2 b) permet déjà de dire que Max P + Sp (t) > ·
t∈[−1,1] 2 |Tp (a)|
1 1 1
Rappelons que Max |P (t)| = Max |Sp (t)| = · Donc ∀t ∈ [−1, 1], |P (t)| 6 et |Sp (t)| 6 ·
t∈[−1,1] t∈[−1,1] |Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)|
1 1 1 1 1
1
Ainsi ∀t ∈ [−1, 1], P + Sp (t) 6 |P (t)| + |Sp (t)| 6 + = ·
2 2 2 |Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)|
1 1
Donc Max P + Sp (t) 6 ·
t∈[−1,1] 2 |Tp (a)|
1 1 1 1 1
Finalement : 6 Max P + Sp (t) 6 · Ainsi Max P + Sp (t) = ·
|Tp (a)| t∈[−1,1] 2 |Tp (a)| t∈[−1,1] 2 |Tp (a)|
1
Si P est un polynôme satisfaisant au problème de minimisation de b) il en est de même de P + Sp .
2
1
En clair si P est un élément de Lp qui réalise Min Max |Q(t)| alors il en est de même de P + Sp .
Q∈Lp t∈[−1,1] 2
FFF Ici il y a visiblement une erreur de conception car il n’est pas simple de montrer que pour tout élément j de
j π j π
1 1
[[0, p]] : P cos + Sp cos = ·
2 p p |Tp (a)|
Voici une démonstration standard dans ce type de question.
Dans ce qui suit k.k∞ est la norme infinie dans l’espace vectoriel des fonctions numériques continues sur [−1, 1].
Ainsi si f est une fonction numérique continue sur [−1, 1], kf k∞ = Sup |f (x)| = Max |f (x)|.
[−1,1] x∈[−1,1]
1 1
Posons U = Sp + P . kSp k∞ = kP k∞ = kU k∞ = d’après ce qui précède.
2 |Tp (a)|
j π 1
L’objectif est de montrer que ∀j ∈ [[0, p]], U cos = |U (xj )| = = kU k∞ .
p |Tp (a)|
11
2 1 1 2
= 2 |U (b)| = |Sp (b) + P (b)| 6 |Sp (b)| + |P (b)| 6 + = ·
|Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)| |Tp (a)|
1
Nécessairement |Sp (b)| = |P (b)| = ·
|Tp (a)|
j0 π
En particulier |Tp (b)| = 1 = Max |Tp (t)| et ainsi il existe j0 dans [[0, p]] tel que b = cos = xj0 .
t∈[−1,1] p
Donc |U | ne réalise son maximum sur [−1, 1] qu’en des points de l’ensemble {x0 , x1 , . . . , xp }.
1
Pour montrer que ∀j ∈ [[0, p]], |U (xj )| = il ne reste plus alors qu’à montrer que |U | réalise son maximum sur
|Tp (a)|
[−1, 1] en au moins p + 1 points de [−1, 1] (qui seront nécessairement x0 , x1 , ..., xp ).
Supposons qu’il n’en soit pas ainsi. Alors |U | réalise son maximum sur [−1, 1] qu’en exactement k points a1 , a2 , ...,
ak de [−1, 1] avec a1 < a2 < · · · < ak et k 6 p.
L’interpolation de Lagrange assure l’existence (et l’unicité) d’un polynôme H de degré au plus k tel que H(a1 ) =
H(a2 ) = · · · = H(ak ) = 0 et H(a) = 1 (a1 , a2 , ..., ak , a sont k + 1 réels deux à deux distincts...).
1
Remarque Si L = (X − a1 )(X − a2 ) · · · (X − ak ), H = L convient.
L(a)
Notons que H est un élément de Rp [X] et que H(a) = 1.
Soit ε un réel strictement positif. La continuité et la nullité de H en a1 , a2 , ..., ak permet d’obtenir l’existence d’un
réel α strictement positif tel que ∀i ∈ [[1, k]], ∀x ∈ [−1, 1]∩]ai − α, ai + α[, |H(x)| < ε.
[
Posons Ωε = ]ai − α, ai + α[. Ωε est un ouvert de R comme réunion de k ouverts de R.
i∈[[1,k]]
|U | est continue sur le fermé borné (ok ?) [−1, 1] − Ωε donc |U | possède un maximum Mε sur [−1, 1] − Ωε .
Observons que Mε < kU k∞ car [−1, 1] − Ωε est contenu dans [−1, 1] et les seuls point où |U | prend la valeur kU k∞
sont a1 , a2 , ..., ak qui n’appartiennent pas à [−1, 1] − Ωε .
Comme Mε < kU k∞ il est possible de trouver un élément t0 de ]0, 1[ tel que Mε + t0 kU − Hk∞ < kU k∞ (en effet
lim Mε + t kU − Hk∞ = Mε < kU k∞ ).
t→0
1
Ainsi u est une bijection de R sur R. Un calcul simple montre que ∀t ∈ R, u−1 (t) = (β − α) t + α + β .
2
u étant continue et croissante sur [α, β], u([α, β]) = [u(α), u(β)] = [−1, 1]. Alors u−1 ([−1, 1]) = [α, β].
α+β
Posons alors a = u(0) = et Lp = {Q ∈ Rp [X] | Q(a) = 1}.
α−β
β+α β+α
α > −α car α est strictement positif. Alors β + α > β − α > 0. Ceci donne > 1. Ainsi a = < −1.
β−α α−β
1
Par conséquent |a| > 1. Q2 montre que Min Max |Q(t)| existe et vaut ·
Q∈Lp t∈[−1,1] |Tp (a)|
Tp
De plus Sp = est le seul élément de Lp qui réalise ce minimum.
Tp (a)
Posons ∀Q ∈ Lp , ∀t ∈ R, ϕ(Q)(t) = Q u(t) et ∀Q ∈ L0p , ∀t ∈ R, ψ(Q)(t) = Q u−1 (t) .
Soit Q un élément de Lp . Q appartient à Rp [X] et u est un élément de R1 [X] donc ϕ(Q) = Q ◦ u est clairement un
élément de Rp [X]. De plus ϕ(Q)(0) = Q u(0) = Q(a) = 1. Par conséquent ϕ(Q) est un élément de L0p .
Ainsi ϕ est une application de Lp dans L0p . On montre de même que ψ est une application de L0p dans Lp .
∀Q ∈ Lp , ∀t ∈ R, ψ ϕ(Q) (t) = ϕ(Q) u−1 (t) = Q u u−1 (t) = Q(t). Ainsi ∀Q ∈ Lp , ψ ϕ(Q) = Q.
1
ψ(Q) est un élément de Lp tel que Max |ψ(Q)(x)| = · Ainsi ψ(Q) = Sp . Donc Q = ϕ(Sp ).
x∈[−1,1] |Tp (a)|
Tp 2 t−α−β
Tp u(t) β−α
∀t ∈ R, Q(t) = ϕ(Sp )(t) = Sp u(t) = = ·
Tp (a) Tp α−βα+β
Tp 2 t−α−β
β−α
Min Max |Q(t)| existe. Ce minimum est réalisé pour le seul élément t → de
Q∈{P ∈Rp [X]|P (0)=1} t∈[α,β] α+β
Tp α−β
1
l’ensemble {P ∈ Rp [X] | P (0) = 1} et il vaut ·
α+β
Tp α−β
p−1
Y
∗ p−1 (2 k + 1) π
Remarque Soit p un élément de N . Rappelons que : Tp = 2 X − cos .
2p
k=0
p−1
Y
p−1 2t − α − β (2 k + 1) π
2 − cos
Tp 2 t−α−β
β−α β−α 2p p−1
Y
2 t−α−β
β−α − cos (2 k+1)2p
π
k=0
Soit t un réel. =
p−1
= .
α+β α+β (2 k+1) π
Tp α−β α+β (2 k + 1) π k=0 α−β − cos
Y
2p−1 − cos 2p
α−β 2p
k=0
(2 k+1) π
Tp 2 t−α−β
β−α
p−1
Y −2 t + α + β − (α − β) cos 2p
p−1
Y 2
= = 1 − t.
α+β (2 k+1) π (2 k+1) π
Tp α−β k=0 α + β − (α − β) cos 2p k=0 α + β − (α − β) cos 2p
2 t−α−β p−1
Tp β−α Y 2
∀p ∈ N∗ , ∀t ∈ R, = 1 − t.
α+β (2 k+1) π
Tp α−β k=0 α + β + (β − α) cos 2p
Q1 a) Soit p un élément de N∗ .
Xp+1 −X ∗ = Xp +α (B−AXp )−X ∗ = α (AX ∗ −AXp )+(Xp −X ∗ ) = −α A(Xp −X ∗ )+(Xp −X ∗ ) = (I −α A)(Xp −X ∗ ).
Ainsi : ∀p ∈ N, Xp+1 − X ∗ = (I − α A)(Xp − X ∗ ).
Une récurrence simple donne alors ∀p ∈ N, Xp − X ∗ = (I − α A)p (X0 − X ∗ ).
∀p ∈ N, Xp − X ∗ = (I − α A)p (X0 − X ∗ ).
b) A est symétrique et réelle donc A est il existe une matrice inversible P de Mn (R) telle que
diagonalisable. Mieux
λ1 0 · · · 0
.. .. .
0 . . ..
−1
P AP soit la matrice diagonale D = . . .
.. .. ... 0
0 · · · 0 λn
14
2
1 − α λ1 si α 6
λn + λ1
ρ(I − α A) = .
2
α λn − 1 si α >
λn + λ1
2
f : t → ρ(I − α A) est donc affine et strictement décroissante sur 0, et affine et strictement croissante sur
λn + λ1
2
, +∞ . Le tracé de la courbe représentative ne pose pas franchement de problème...
λn + λ1
2
Notons que f possède un minimum sur ]0, +∞[ atteint en le seul point ·
λn + λ1
2 2 λn − λ1 λn − λ1
f =1− λ1 = donc le minimum de f : t → ρ(I − α A) sur ]0, +∞[ est donc ·
λn + λ1 λn + λ 1 λn + λ1 λn + λ1
c) F Si X0 = X ∗ , ∀p ∈ N, Xp = X ∗ . La suite (Xp )p∈N converge alors clairement vers X ∗ et ceci pour toute valeur
de α. Il convient donc de reformuler la question. F
2
Montrons que la suite (Xp )p∈N converge vers X ∗ pour tout choix de X0 dans Mn,1 (R) si et seulement si α < ·
λn
Pour cela nous allons utiliser I Q3 b). Remarquons d’abord que I − α A est une matrice symétrique de Mn (R).
15
Ainsi la suite (Xp )p∈N converge vers X ∗ pour tout choix de X0 dans Mn,1 (R) si et seulement si ρ(I − α A) < 1.
2
Si α ∈ 0, , ρ(I − α A) = f (α) = 1 − α λ1 < 1.
λn + λ1
2 2
Si α ∈ , +∞ : f (α) = ρ(I − α A) < 1 ⇐⇒ α λn − 1 < 1 ⇐⇒ α < ·
λn + λ1 λn
2 2 2
En remarquant que < on peut dire que ρ(I − α A) < 1 si et seulement si α < · Finalement :
λn + λ1 λn λn
2
La suite (Xp )p∈N converge vers X ∗ pour tout choix de X0 dans Mn,1 (R) si et seulement si α < ·
λn
I − α A est une matrice symétrique de Mn (R) donc, d’après I 3 a) ∀X ∈ Mn,1 (R), k(I − α A)Xk 6 ρ(I − α A) kXk.
Alors la convergence est d’autant plus “rapide” que ρ(I − α A) est “petit”.
2
Ainsi la convergence est optimale si ρ(I − α A) = f (α) est minimum donc si α = comme nous l’avons vu plus
λn + λ1
haut.
p
λn − λ1 λn − λ1
Dans ce cas ρ(I − α A) = f (α) = et ∀p ∈ N, kXp − X ∗ k 6 kX0 − X ∗ k.
λn + λ1 λn + λ1
p
2 λn − λ1
La convergence est optimale si α = · Dans ce cas ∀p ∈ N, kXp − X ∗ k 6 kX0 − X ∗ k.
λn + λ1 λn + λ1
Remarque Notons que la majoration (♣) est la meilleure possible pour α fixé dans R+ ∗ et X0 quelconque.
Nous allons le montrer en trouvant un X0 qui transforme cette inégalité en une égalité.
Soit k un élément de [[1, n]] tel que |µk | = Max |µi | = ρ(I − α A) et Z un vecteur propre de I − α A associé à la valeur
16i6n
propre µk .
Q2 a) Soit p un élément de N∗ . Rappelons qu’il existe une matrice inversible P de Mn (R) telle que P −1 AP soit la
λ1 0 ··· 0
.. .. .
0 . . ..
matrice diagonale D = . .. .. . D = P −1 AP donc A = P DP −1 .
.. . . 0
0 ··· 0 λn
Alors ∀i ∈ [[0, p − 1]], I − αi A = I − αi P DP −1 = P IP −1 − αi P DP −1 = P (I − αi D)P −1 .
Par conséquent Pp (A) est semblable à Pp (D). Ces deux matrices ont alors les mêmes valeurs propres.
λ1 0 ··· 0
.. .. .
0 . . ..
De plus comme D est la matrice diagonale . .. .. il est aisé de montrer que Pp (D) est la matrice
.. . . 0
0 · · · 0 λn
Pp (λ1 ) 0 · · · 0
.. .. ..
. .
diagonale 0. .
.
.. .. ..
. . 0
0 · · · 0 Pp (λn )
Les valeurs propres de Pp (D) sont donc Pp (λ1 ), Pp (λ2 ), ..., Pp (λn ). Finalement :
Posons ∀i ∈ [[1, n]], νi = Pp (λi ). ∀i ∈ [[1, n]], λ1 6 λi 6 λn donc ∀i ∈ [[1, n]], |νi | = |Pp (λi )| 6 Max |Pp (t)|.
t∈[λ1 ,λn ]
b) Soit p un élément de N∗ .
Xp+1 − X ∗ = (I − αp A)(Xp − X ∗ ).
∀p ∈ N∗ , Xp − X ∗ = Pp (A)(X0 − X ∗ ).
Soit p un élément de N∗ . A est une matrice symétrique donc pour tout élément k de N, Ak est une matrice symétrique.
Ainsi Pp (A) est une matrice symétrique de Mn (R) comme combinaison linéaire de matrices symétriques de Mn (R).
Alors I Q3 a) permet de dire que ∀X ∈ Mn,1 (R), kPp (A)Xk 6 ρ Pp (A) kXk.
Ainsi ∀p ∈ N∗ , kXp − X ∗ k = kPp (A)(X0 − X ∗ )k 6 ρ Pp (A) kX0 − X ∗ k 6 Max |Pp (t)| kX0 − X ∗ k.
t∈[λ1 ,λn ]
Fixons p dans N∗ . Observons que Pp est un élément de Rp [X] tel que Pp (0) = 1.
17
En appliquant II Q3 nous pouvons dire que Min Max |Q(t)| existe et que ce minimum est réalisé
Q∈{P ∈Rp [X]|P (0)=1} t∈[λ1 ,λn ]
1 −λn
Tp 2 t−λλn −λ1
pour le seul élément Hp : t → ·
Tp λλ11 −λ
+λn
n
p−1
Y 2
Nous avons également montré que : ∀t ∈ R, Hp (t) = 1 − t.
(2 k+1) π
k=0 λ 1 + λ n + (λ n − λ 1 ) cos 2p
(2 k + 1) π
Observons que cos > −1 et λn − λ1 > 0.
2p
(2 k + 1) π
Donc λn + λ1 + (λn − λ1 ) cos > λn + λ1 − (λn − λ1 ) = 2 λ1 > 0.
2p
2
Dès lors en posant : ∀k ∈ [[0, p − 1]], αk = on a ∀k ∈ [[0, p − 1]], αk > 0 et Pp = Hp .
(2 k+1) π
λ1 + λn + (λn − λ1 ) cos 2p
Ainsi Max |Pp (t)| est minimum.
t∈[λ1 ,λn ]
2
On rend Max |Pp (t)| minimum en posant : ∀j ∈ [[0, p − 1]], αj = ·
t∈[λ1 ,λn ] (2 j+1) π
λ1 + λn + (λn − λ1 ) cos 2p
2
Supposons ∀j ∈ [[0, p − 1]], αj = ·
(2 j+1) π
λ1 + λn + (λn − λ1 ) cos 2p
1
Max |Pp (t)| = Max |Hp (t)| = · b) permet alors de dire que :
t∈[λ1 ,λn ] t∈[λ1 ,λn ] λn +λ1
Tp λn −λ1
1
kXp − X ∗ k 6 kX0 − X ∗ k.
λn +λ1
Tp λn −λ1
Posons ∀p ∈ N, up = Tp (x).
(up )p∈N est une suite définie par une récurrence linéaire d’ordre 2 d’équation caractéristique z ∈ C et z 2 − 2 x z + 1 = 0.
√ √
Cette équation admet deux racines réelles distinctes x + x2 − 1 et x − x2 − 1.
√ p √ p
Alors il existe deux réels γ et δ tels que : ∀p ∈ N, up = γ x + x2 − 1 + δ x − x2 − 1 .
√ √ √ √
1 = u0 = γ + δ et x = u1 = γ x + x2 − 1 + δ x − x2 − 1 = (γ + δ) x + (γ − δ) x2 − 1 = x + (γ − δ) x2 − 1.
√ √ 1
Alors γ + δ = 1 et (γ − δ) x2 − 1 = 0. Comme x2 − 1 n’est pas nul : γ + δ = 1 et γ − δ = 0. Ainsi γ = δ = ·
2
1 p p 1 p p
∀p ∈ N, Tp (x) = up = x + x2 − 1 + x − x2 − 1 .
2 2
1 p p 1
Remarque En fait pour tout réel x tel que |x| > 1 on a encore ∀p ∈ N, Tp (x) = x + x2 − 1 + x−
p p 2 2
x2 − 1 ... et même pour |x| = 1. A titre d’exercice on pourra traiter le cas où |x| < 1.
18
√ √ !p !
√ √ x − x 2−1 x − x2−1
0 < x − x2 − 1 < x + x2 − 1 donc 0 < √ < 1. Alors lim 1+ √ = 1.
x + x2 − 1 p→+∞ x + x2 − 1
√ !p !
1 p p x − x2 − 1 1 p p
Or ∀p ∈ N, up = x+ x −12 1+ √ . Ainsi up ∼ x + x2 − 1 .
2 x + x2 − 1 p→+∞ 2
2
(λn + λ1 )2 − (λn − λ1 )2
λn + λ1 2 λn + λ1 4 λn λ1
x= donc x − 1 = −1= = ·
λn − λ1 λn − λ1 (λn − λ1 )2 (λn − λ1 )2
√ √ 2 √ √ 2
√ √ λ + λ λ + λ1 √ √
p λn + λ1 2 λ n λ1 n 1 n λn + λ1
√ = √λ − √λ ·
2
Alors x + x − 1 = + = = √
λn − λ1 λn − λ1 λn − λ1 √ √
λn + λ1 λ n − λ1 n 1
√ √ p
1 λ n + λ1
Alors up ∼ √ √ . Par conséquent :
p→+∞ 2 λ n − λ1
√ √ p √ √ p
λn + λ1 1 λ n + λ1 λn + λ1 1 λ n + λ1
Tp ∼ √ √ et Tp ∼ √ √ ·
λn − λ1 p→+∞ 2 λ n − λ1 λn − λ1 p→+∞ 2 λ n − λ1
√ √ p
1 1 λn − λ1
Notons que ∼ √ √ .
Tp λn +λ1 p→+∞ 2
λn −λ1
λn + λ1
p
λn − λ1
Dans Q1 un bon choix de α donne : ∀p ∈ N, kXp − X ∗ k 6 kX0 − X ∗ k.
λn + λ1
1
Dans Q2, pour p fixé dans N∗ un bon choix de α1 , α2 , ..., αp−1 donne : kXp − X ∗ k 6 kX0 − X ∗ k.
λn +λ1
Tp λn −λ1
p
1 λn − λ 1
Comparons donc les suites de termes généraux et ou les suites de termes généraux et
Tp λλnn −λ
+λ1 λn + λ1
1
√ √ p p √ √ p
1 λn − λ1 λn − λ1 1 1 λ n − λ1
√ √ et car ∼ √ √ ·
2 λn + λ1 λn + λ1 Tp λn +λ1 p→+∞ 2 λ n + λ1
λn −λ1
√ √
√λn −√λ1
√ √ √
λn + λ1 ( λn − λ1 )(λn + λ1 ) λn + λ1 λn + λ1 2 λn λ1
λn −λ1
= √ √ = √ √ = √ =1− √ < 1.
λn +λ1 ( λn + λ1 )(λn − λ1 ) ( λn + λ1 )2 λn + λ1 + 2 λn λ 1 λn + λ1 + 2 λ n λ 1
√ √ p √ √ p
√λn −√λ1
1 √λn −√λ1
λn + λ1 2 λ + λ
Ainsi lim λn −λ1
= 0. Alors lim n p1 = 0.
p→+∞ p→+∞ λn −λ1
λn +λ1 λn +λ1
√ √ p p
1 λn − λ1 λn − λ1
La suite de terme général √ √ est négligeable devant la suite de terme général donc la
2 λn + λ1 p λ n + λ 1
1 λn − λ1
suite de terme général est négligeable devant la suite de terme général .
λn +λ1
Tp λn −λ1 λ n + λ1
La méthode itérative optimale développée dans cette question laisse donc espérer une convergence plus rapide que
la méthode itérative optimale à α constant développée dans la question 1.
19
jπ
Dans cette partie p est un élément de N∗ . On pose ∀j ∈ [[0, p]], xj = cos .
p
Dans la suite si f est une fonction numérique continue sur [−1, 1], on note kf k∞ le réel Sup |f (x)| = Max |f (x)|.
x∈[−1,1] x∈[−1,1]
1
On se propose de montrer que Sp est le seul élément de Rp [X] qui prend la valeur 1 en a et qui vérifie kSp k∞ = ·
|Tp (a)|
1
On considère alors un élément P de Rp [X] qui prend la valeur 1 en a et qui vérifie kP k∞ = ·
|Tp (a)|
1
Q1 Montrer que U = P + Sp a les mêmes qualités que P .
2
Q2 Soit b un élément de [−1, 1].
1
a) Montrer que |Sp (b)| = si et seulement il existe un élément j de [[0, p]] tel que : b = xj .
|Tp (a)|
1
b) Montrer que si |U (b)| = alors il existe un élément j0 de [[0, p]] tel que : b = xj0 .
|Tp (a)|
1
Q3 Ici on veut montrer que ∀j ∈ [[0, p]], |U (xj )| = · D’après ce qui précède il suffit de montrer que |U | réalise
|Tp (a)|
son maximum sur [−1, 1] en au moins p + 1 points de [−1, 1] (qui seront nécessairement x0 , x1 , ..., xp ).
On raisonne par l’absurde et on suppose que |U | réalise son maximum sur [−1, 1] en exactement k points a1 , a2 , ...,
ak de [−1, 1] avec a1 < a2 < · · · < ak et 1 6 k 6 p.
a) Montrer qu’il existe un polynôme H de degré au plus k tel que H(a1 ) = H(a2 ) = · · · = H(ak ) = 0 et H(a) = 1. H
est ainsi un élément de Rp [X] qui prend la valeur 1 en a.
b) Soit ε un réel strictement positif et strictement inférieur à kU k∞ .
Montrer qu’il existe un réel α strictement positif tel que : ∀i ∈ [[1, k]], ∀x ∈ [−1, 1]∩]ai − α, ai + α[, |H(x)| < ε.
[
On pose : Ωε = ]ai − α, ai + α[. Ωε est un ouvert de R.
i∈[[1,k]]