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Resume Const 1 Limoh s1 2024

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[Link] M. ABY ZIRIGNON G.F.

LIMOH

DROIT CONSTITUTIONNEL 1 (RESUME DES


THEMES DE TD)
Ceci n’est qu’un bref résumé de quelques thèmes en droit
constitutionnel 1. Par conséquent, il faut lire le cours de droit constitutionnel
1 tout entier afin d’avoir de plus amples informations et consolider vos
connaissances.

THEME 1 : LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’ETAT

L’Etat peut être défini comme une entité politico-juridique disposant d’une
souveraineté, administrant une population installée sur un territoire donné.
De cette définition, l’on peut dégager les éléments constitutifs de l’Etat à
savoir les éléments de fait et les éléments de droit.

I- LES ELEMENTS DE FAIT DE L’ETAT


L’Etat est composé de plusieurs éléments de fait qui sont cumulatifs. On y
trouve le territoire, la population et le gouvernement.
A/ Le territoire
Il est appréhendé comme le socle, la base physique de l’Etat. Il a plusieurs
variantes, dont :
- Le territoire terrestre : qui est le sol et le sous-sol de l’assise physique de
l’Etat. Sur le territoire terrestre, l’Etat exerce une souveraineté pleine et
entière.
- Le territoire maritime : il est composé des eaux intérieures, de la mer
territoriale et de la Zone économique et exclusive. Sur cet espace, l’Etat
exerce une pleine souveraineté sur les eaux intérieures et la mer territoriale.
Quant à la zone économique et exclusive, il ne dispose que de droits
souverains.
- Le territoire aérien : c’est l’espace qui surplombe l’espace terrestre et
l’espace maritime. Son régime juridique est fixé selon l’espace qu’il
surplombe.

1
[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

B/ La population
Elle est perçue comme un ensemble d’individus résidant sur le territoire de
l’Etat. Elle est composée de nationaux et d’étrangers. Les nationaux se distinguent
des étrangers dans la mesure où ils sont rattachés par le lien de nationalité à l’Etat
dans lequel ils vivent ; ce qui n’est pas le cas des étrangers.
Les nationaux sont soumis au « diktat » de l’Etat vu qu’ils y sont rattachés.
Quant aux étrangers, même si le lien qui les unit à l’Etat n’est pas aussi fort qu’il
en est pour les nationaux, ils se doivent de respecter les lois de l’Etat dans lequel
ils résident. Ils bénéficient également de droits (l’Etat doit assurer leur protection
dans tous les sens du terme par exemple).

C/ Le gouvernement
C’est l’autorité politico-juridique qui administre à la fois la population et le
territoire. C’est l’entité qui applique concrètement les lois au sein de l’Etat et
veille à leur respect.
N.B : notons qu’en plus de ces éléments de fait, il y a un élément qui est
considéré comme facultatif à savoir : la reconnaissance (voir votre cours
d’Introduction au Droit Communautaire).

II- LES ELEMENTS DE DROIT


Les éléments de droit d’existence de l’Etat sont au nombre de deux à
savoir : La souveraineté et la personnalité juridique.
A/ La souveraineté
La souveraineté est considérée comme le pouvoir suprême de l’Etat. Grâce
à elle, l’Etat peut agir comme bon lui semble sur son territoire au regard de la
souveraineté interne ; toutefois au niveau international, son pouvoir se trouve
limité au regard de l’existence de d’autres Etats sur la scène internationale.

B/ La personnalité juridique
La personnalité juridique s’entend comme la capacité pour un Etat d’avoir
des droits et de supporter des obligations. Elle a deux variantes : la personnalité
juridique interne et la personnalité juridique internationale. Elle permet à l’Etat

2
[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

d’ester en justice, de porter une réclamation internationale, de contracter,


d’acquérir des biens etc…

THEME 2 : LES FORMES DE L’ETAT


L’Etat a plusieurs formes, plus précisément deux (02) formes dont l’Etat unitaire
et l’Etat composé.

I- L’ETAT UNITAIRE
L’Etat unitaire est perçu comme un Etat un seul centre d’impulsion. Pour son
fonctionnement, il admet généralement deux procédés : les procédés autoritaires
et les procédés non-autoritaires.

A/ Les procédés autoritaires


Pour les procédés autoritaires, on a la concentration et la déconcentration.
- La concentration : c’est un procédé technique dans lequel l’Etat agit
directement sans le bais de relais.
- La déconcentration : c’est un procédé technique dans lequel l’Etat agit par
le biais de relais, mais ces relais n’ont ni une personnalité juridique
différente de celle de l’Etat ni une autonomie financière.

B/ Les procédés non-autoritaires/ les procédés démocratiques


Ici, il s’agit uniquement de la décentralisation, qui est une technique dans laquelle
l’Etat agit par le biais de relais et à la différence de la déconcentration, les entités
décentralisées jouissent d’une autonomie financière ; elles disposent d’une
personnalité juridique distincte de celle de l’Etat ; et leurs autorités sont élues.

II- L’ETAT COMPOSE


Il est perçu comme un Etat ayant plusieurs centres d’impulsion. On en distingue
deux types : l’Etat fédéral et la confédération d’Etats.

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[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

A/ La confédération d’Etats
C’est une association d’Etats, créée par un traité constitutif, dans laquelle chaque
Etat dispose de sa souveraineté vis-à-vis de l’entité confédérale. Les décisions y
sont prises à l’unanimité pour les questions essentielles et à la majorité pour les
questions moins importantes. Elle utilise pour son fonctionnement des techniques
similaires à celles de l’Etat unitaire (décentralisation, déconcentration, et
concentration).

B/ La fédération d’Etats
Elle est appréhendée comme une association d’Etats créée par une constitution
dans laquelle les Etats confèrent une partie de leur souveraineté à l’Etat fédéral.
Les décisions y sont prises à la majorité.
Elle est gouvernée par des principes qui sont nécessaires pour son
fonctionnement. Les principes sont :
- Le principe d’autonomie : chaque entité fédérée dispose d’une sphère de
compétence dans laquelle elle prend des décisions de manière
« souveraine ».
- Le principe de participation : l’avis, le vote de chaque entité fédérée est
requis et obligatoire pour certaines questions cruciales.
- Le principe de superposition : les entités fédérées sont soumises à l’Etat
fédéral, par conséquent l’Etat fédéral a autorité sur les entités fédérées.
- Le principe d’arbitrage : La voix de l’Etat fédéral est cruciale et
importantissime en cas de problèmes majeurs ou de litiges entre différentes
entités fédérées.

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[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

THEME 3 ET 4 : LA THEORIE DE LA SEPARATION DES POUVOIRS ;


LE REGIME PARLEMENTAIRE ET LE REGIME
PRESIENTIEL

I- LA THEORIE DE LA SEPARATION DES POUVOIRS


Elle fut pensée il y a longtemps par plusieurs auteurs. Parmi ces illustres auteurs,
nous pouvons citer Aristote, John Locke, Montesquieu et certains auteurs
contemporains qui y ont ajouté leur grain de sel dans le développement de cette
théorie.
La théorie de la séparation des pouvoirs est appréhendée comme une théorie selon
laquelle les pouvoirs existant au sein d’un Etat (le pouvoir exécutif, législatif et
judicaire) doivent être séparés et indépendants, afin que le pouvoir puisse arrêter
le pouvoir.
Dans son sens moderne, elle semble accepter qu’il y ait une interdépendance entre
les pouvoirs afin que chaque pouvoir puisse agir comme contre-pouvoir face à
l’autre pouvoir selon la théorie des « Checks and Balances ».
Cette théorie de la séparation des pouvoirs se matérialise à travers plusieurs
régimes politiques qui sont : le régime parlementaire et le régime présidentiel.

II- LE REGIME PARLEMENTAIRE


C’est un régime de séparation souple des pouvoirs. C’est un régime qui admet une
forte collaboration entre les différents pouvoirs surtout entre le pouvoir exécutif
et le pouvoir législatif.
- Au niveau du pouvoir exécutif, on assiste à un aspect bicéphale dans la
mesure où il y a en plus du chef de l’Etat, un chef de gouvernement qui
dans la majeure partie des cas dispose de l’essentiel du pouvoir exécutif (on
parle alors de parlementarisme moniste. Tel est le cas de la Grande-
Bretagne). Plus minoritairement, il y a des cas où au niveau du pouvoir
exécutif, le chef du gouvernement ainsi que le chef de l’Etat partagent
l’effectivité du pouvoir exécutif (on parle alors de parlementarisme
dualiste. Tel est le cas de la France dans une certaine mesure).

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[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

- Au niveau du pouvoir législatif, on assiste une « bicaméralité ». C’est-à-


dire que le parlement est divisé en deux chambres : la chambre haute
(Sénat) et la chambre basse (l’Assemblée Nationale).

Ces deux pouvoirs entretiennent des rapports qui peuvent être pacifiques ou
conflictuels.
Au rang des rapports pacifiques, on y trouve par l’élection du chef du
gouvernement dans la mesure où le chef du gouvernement est issu de la
majoritaire parlementaire à l’Assemblée nationale. Ou encore, nous pouvons
prendre le cas du vote du budget qui nécessite un accord entre le gouvernement et
le parlement.
Pour ce qui est des rapports conflictuels, on y trouve plusieurs techniques
encore appelés « moyens de pression » dont chaque pouvoir dispose à l’encontre
de l’autre. On y trouve :
Les moyens que le parlement dispose à l’encontre du gouvernement :
- La question de confiance : elle émane du gouvernement. C’est un procédé
par lequel le gouvernement voulant tester sa légitimité et son poids au sein
du parlement décide d’affronter le parlement. En cas de soutien des
parlementaires, le gouvernement se verra conforter dans son poste et agira
en conséquence. En cas de désaccord avec les parlementaires, le
gouvernement devra rendre le tablier et devra démissionner.

- La motion de censure : elle émane dans ce cas du parlement qui étant


dubitatif quant à la politique du gouvernement le convoque devant lui.
Durant les débats, si le parlement n’est pas convaincu par les arguments du
chef du gouvernement, il pourra voter la chute du gouvernement qui devra
démissionner.

- La question de défiance : c’est le même procédé que celui de la question


de confiance, mais à la différence de celle-ci, elle porte sur un membre du
gouvernement.

- La motion de défiance : c’est le même procédé que celui de la motion de


censure, mais à la différence de celle-ci, elle porte sur un membre du
gouvernement.

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[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

Le moyen que le gouvernement dispose à l’encontre du parlement s’appelle


« le droit de dissolution » A travers le droit de dissolution, le gouvernement peut
anticiper les élections législatives en dissolvant le parlement.
C’est cet équilibre entre les deux pouvoirs dans le régime parlementaire qui a fait
dire à certains auteurs que le régime parlementaire est un « régime d’équilibre de
la terreur ».

III- LE REGIME PRESIDENTIEL


Le régime présidentiel ou régime de séparation rigide des pouvoirs est un
régime caractérisé par une absence de mécanisme de renversement d’un pouvoir
par l’autre. Il n’y a renversement du gouvernement ni dissolution du parlement.
Dans ce régime, chaque pouvoir est indépendant de l’autre et il n’y a en
principe aucun rapport entre les pouvoirs. Mais dans la pratique, nous constatons
une connexion entre les différents pouvoirs.
Les USA sont les Etats qui appliquent dans une certaine mesure le régime
présidentiel avec plus de rigueur.
Il faut aussi noter qu’aux USA, le Congrès peut pousser le Président de la
République à la démission par la procédure de l’« impeachment » (qui est une
procédure par laquelle le Congrès met en accusation le Président de la République
pour HAUTE TRAHISON qui est une notion vague et vaste). De son côté, le
Président de la République dispose d’un véto de poche, qui lui permet de
s’opposer à certaines décisions du Congrès.
En outre, il est bon de savoir aux USA que le pouvoir exécutif et le Congrès
collaborent notamment sur la nomination et l’entrée en fonction des hauts
fonctionnaires.

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[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

THEME 5 : LES MODES DE SCRUTIN


Le vote constitue la pierre angulaire du système démocratique. Le mode de
scrutin peut être défini comme le mécanisme permettant de désigner les élus et il
repose sur le choix d’un principe de décompte des voix permettant l’attribution
des sièges et mandats.
Deux grands modes de scrutin existent : le scrutin majoritaire et le scrutin
proportionnel. Il existe une multitude de variantes pour chacun de ces modes de
scrutin.
- Le scrutin majoritaire repose sur un principe selon lequel le candidat ayant
obtenu le plus grand nombre de voix est élu. L’élection peut être soit à la
majorité relative soit à la majorité absolue. Le scrutin majoritaire peut être
uninominal lorsqu’il y a un seul siège à pourvoir (tel est le cas de l’élection
présidentielle). Il peut être plurinominal lorsqu’il y a plusieurs sièges à
pourvoir (tel est le cas des élections municipales ou législatives). Le scrutin
majoritaire peut aussi être à un tour ou à deux tours.
- Le scrutin proportionnel consiste à attribuer à chaque parti une
représentation sensiblement proportionnée en fonction de son importance
électorale réelle. Il est le plus souvent un scrutin de liste utilisé pour choisir
les représentants au sein d’une assemblée exerçant des fonctions
législatives. Il existe deux types de liste : les listes fermées (les candidats et
l’ordre des candidats ne peuvent être changés) et les listes ouvertes (les
électeurs peuvent changer la place des candidats sur la liste selon le principe
du panachage).

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[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

THEME 6 : NOTION DE CONSTITUTION


La constitution est la loi fondamentale qui fixe l’organisation et le fonctionnement
de l’Etat. C’est un ensemble de textes juridiques qui définit les institutions de
l’Etat et organise leurs relations. C’est la loi fondamentale d’un Etat (La
GRUNDGESETZ).

I- LES PROCEDES D’ETABLISSEMENT DE LA CONSTITUTION


La constitution s’établit à travers divers procédés dont les procédés autoritaires et
les procédés démocratiques.

A/ Les procédés autoritaires


Ce sont des procédés dans lesquels le peuple ne participe de manière active à
l’élaboration de la constitution. On y trouve des techniques telles que : l’octroi et
le pacte constitutionnel.
1. L’octroi
C’est une technique dans laquelle les dirigeants procèdent à l’élaboration de la
constitution et après l’imposent au peuple. Ici, le peuple n’intervient pas du tout
dans le processus d’élaboration de la constitution.

2. Le pacte constitutionnel
C’est une technique dans laquelle les dirigeants, après avoir élaboré la
constitution, convoquent le peuple pour adoption de la constitution.

B/ Les procédés non autoritaires


Ce sont des procédés dans lesquels le participe activement à l’élaboration de la
constitution, et ce pour ce faire il y a deux techniques : la technique de
l’Assemblée constituante souveraine et la technique de l’Assemblée constituante
non souveraine.

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[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

1. La technique de l’Assemblée constituante souveraine


C’est une technique dans laquelle le peuple élit une assemblée qui se chargera de
rédiger matériellement lé constitution et de l’adopter. Ici l’Assemblée est
souveraine car elle rédige et adopte la constitution.

2. La technique de l’Assemblée constituante non souveraine


C’est une technique dans laquelle le peuple élit une Assemblée qui ne se chargera
que de rédiger matériellement la constitution, mais pour ce qui est de l’adoption
de la constitution, ce sera au peuple de la faire.

II- LES ETAPES D’ELABORATION DE LA CONSTITUTION


On distingue trois étapes dans l’élaboration de la constitution à savoir : l’initiative,
la prise en considération et l’adoption.

A/ L’initiative
L’initiative concernant l’élaboration de la constitution peut émaner soit du
Président de la République (dans ce cas, on parle de projet de loi) soit su Parlement
(on parle dans ce cas de proposition de loi).
En effet, lorsqu’il émane du PR, celui-ci nomme un comité d’experts chargé de la
rédaction matérielle de l’avant-projet de constitution. Après rédaction, le comité
d’experts soumettra le rapport au PR pour observation. Après quoi, celui-ci le
soumettra en conseil des ministres pour validation, avant d’être déposé acheminer
devant les parlementaires.

B/ La prise en considération
Cette étape consiste pour les parlementaires à discuter sur le projet de loi qui leur
est soumis. Ainsi, ils pourront amender le texte ou tout simplement le renvoyer au
gouvernement pour réécriture.

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[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

C/ L’adoption
Cette phase consiste à approuver le texte et pour cela il y a deux voies à savoir la
voie parlementaire ou l’adoption parlementaire (le parlement consent par un vote
à la constitution) et la voie référendaire ou l’adoption référendaire (le peuple
approuve par un vote la constitution).

III- LA REVISION DE LA CONSTITUTION


Selon Royer-Collard : « les constitutions ne sont pas des tentes dressées pour le
sommeil ». Autrement dit, la constitution doit évoluer selon les époques et par
conséquent doit être sujette à des modifications.
La révision constitutionnelle connait aussi différentes étapes qui sont plus ou
moins identiques eux étapes de l’élaboration de la constitution. Alors nous verrons
dans cette partie, les limites de la révision constitutionnelle.

 Les limites de la révision constitutionnelle


Chaque Etat ayant ses propres caractéristiques, l’on ne peut analyser d’une
manière générale la révision constitutionnelle. C’est pour cela que nous
analyserons ce point en nous focalisant uniquement sur la constitution de la Côte
d’Ivoire, celle du 8 novembre 2016.
Les limites sont organisées par l’article 178 de la constitution ivoirienne qui est
on ne peut plus clair. Les limites énumérées dans cet article sont les suivantes :
- La limite tenant aux circonstances : on ne procéder à une révision de la
constitution en cas d’atteinte à l’intégrité du territoire.
- La limite tenant à la forme du gouvernement : on ne peut passer par
exemple d’une République à une monarchie ou autre.
- La limite tenant à la laïcité de l’Etat : on ne peut avoir par exemple un Etat
essentiellement islamique ou chrétien ou bouddhiste etc… La laïcité
implique une coexistence de toutes les religions au sein d’un Etat et c’est
le cas pour la Côte d’Ivoire.

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[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

THEME 7 : LA PROTECTION JURIDICTIONNELLE DE LA


CONSTITUTION
La justice constitutionnelle a pour objet d’assurer la suprématie de la constitution
sur les autres normes juridiques à travers un procédé : le contrôle de
constitutionnalité.
Le contrôle de constitutionnalité peut être perçu comme une technique selon
laquelle la loi est contrôlée afin de vérifier sa conformité à la constitution.
Concernant les modèles de justice constitutionnelle, il en existe deux : le modèle
européen et le modèle américain.
Avant d’analyser brièvement les deux modèles, présentons certains termes. Il
existe plusieurs types de contrôle :
- Le contrôle par voie d’action ou a priori : c’est un contrôle qui s’effectue
avant l’entrée en vigueur de la loi dans l’ordonnancement juridique interne
de l’Etat (tel est le cas des lois organiques ou actes internationaux).
- Le contrôle par voie d’exception ou a posteriori : c’est un contrôle qui
s’effectue après l’entrée en vigueur de la loi dans l’ordonnancement
juridique interne de l’Etat (tel est le cas des lois ordinaires).
- Le contrôle obligatoire : c’est un contrôle qui s’effectue nécessairement
avant l’entrée en vigueur de la loi dans l’ordonnancement juridique interne
de l’Etat (il fait allusion au contrôle par voie d’action).
- Le contrôle facultatif : c’est un contrôle qui peut s’effectuer soit avant soit
après l’entrée en vigueur de la loi dans l’ordonnancement juridique interne
de l’Etat (il concerne aussi bien le contrôle par voie d’action que le contrôle
par voie d’exception).

I- LE MODELE EUROPEEN

 Les auteurs de la saisine : dans le modèle européen, n’importe qui ne peut


saisir le juge constitutionnel afin que celui-ci opère un contrôle de
constitutionnalité.
 Le moment de la saisine : à l’occasion d’un procès, lorsque l’une des parties
au litige soulève l’inconstitutionnalité d’une loi au moyen de l’exception
d’inconstitutionnalité, alors le juge du procès (juge ordinaire) surseoit à
statuer et porte l’affaire de l’inconstitutionnalité de la loi devant le conseil
constitutionnel pour que celui-ci se prononce dans un délai bien déterminé.
Après analyse du conseil constitutionnel, si la loi est déclarée conforme à

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[Link] M. ABY ZIRIGNON [Link]

la constitution, elle s’applique dans le procès en cours ; dans le cas contraire


(si elle est déclarée inconstitutionnelle), alors elle est annulée (soit abrogée
soit retirée).
 Le contrôle est concentré : cela signifie que le contrôle ne peut être fait que
par la juridiction constitutionnelle en l’occurrence le conseil ou la cour
constitutionnelle.
 Les effets sont « erga omnes » : lorsque le conseil constitutionnel opère le
contrôle et prend la décision, cela s’applique à tout le monde.

II- LE MODELE AMERICAIN

 Les auteurs de la saisine : dans le modèle américain, n’importe peut saisir


le juge afin que celui-ci puisse opérer un contrôle de constitutionnalité.
 Le moment de la saisine : à l’occasion d’un procès, lorsque l’une des parties
au litige soulève l’inconstitutionnalité d’une loi au moyen de l’exception
d’inconstitutionnalité, alors le juge du procès (juge ordinaire) sursoit à
statuer sur l’affaire en cours et statue sur la question de constitutionnalité
de la loi. Si la loi est déclarée conforme à la constitution, alors elle sera
appliquée au procès ; dans le cas contraire, elle sera annulée (soit abrogée
soit retirée). De même, le juge ordinaire peut se référer à la juridiction
constitutionnelle pour analyse et contrôle.
 Le contrôle est diffus : signifie que le contrôle peut être fait n’importe quel
juge ordinaire.
 Les effets sont « inter partes » : signifie que lorsque le juge opère le contrôle
et prend la décision, cela s’applique d’abord au cas d’espèce c’est-à-dire
entre les parties avant d’avoir une résonnance beaucoup plus large (donc
devient « erga omnes » pour finir).

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