Avantages fiscaux = 2 formes
Incitations financières : A travers les primes, la participation au capital, les prêts, la prise en
charge des salaires (ou d’une partie) ou des charges sociales patronales.
Incitations fiscales : A travers les réinvestissements e ectuées dans des ZDR, Développement
Agricole, Start’up, etc …
Chapitre 1 : Introduction :
I. Cadre juridique de l’investissement :
1. Cadre général
A compter du 1er avril 2017 (abrogation du CII), les avantages fiscaux et financiers sont régis par
deux lois avec des décrets et des arrêtés d’application. Bien entendu, certains secteurs
d’activités disposent de leurs propres cadres juridiques qui demeurent d’application.
À partir de la date de la réforme précitée les avantages fiscaux ont été classés dans les codes
fiscaux du droit commun selon la nature de l’impôt (Code de l’IRPP et de l’IS). Toutefois, la Tunisie
a prévu plusieurs autres cadres incitatifs (avantages fiscaux et financiers) régis par des lois
spécifiques (notamment en ce qui concerne les Start’Up.
Les textes juridiques applicables sont notamment :
La loi n° 2016-71 du 30 septembre 2016, portant loi de l’investissement telle que modifiée et
complétée essentiellement par la loi n° 2019-47 du 29 mai 2019 relative à l’amélioration du climat
de l’investissement et les lois de finances pour les années 2022 et 2023.
Décret gouvernemental n° 2017-388 du 9 mars 2017, fixant la composition et les modalités
d’organisation du Conseil Supérieur de l’Investissement « CSI », l’organisation administrative et
financière de l’Instance Tunisienne de l’Investissement « ITI » et du Fonds Tunisien de
l’Investissement « FTI » et les règles de son fonctionnement.
Décret gouvernemental n° 2017-389 du 9 mars 2017, relatif aux incitations financières au profit
des investissements réalisés dans le cadre de la loi de l’investissement.
Décret gouvernemental n° 2017-390 du 9 mars 2017, portant création, organisation et
modalités de fonctionnement d’une unité de gestion par objectifs pour la réalisation du projet
de révision des autorisations de l’exercice des activités économiques et fixant la Nomenclature
d’Activités Tunisienne.
Décret gouvernemental n° 2018-417 du 11 mai 2018 relatif à la publication de la liste exclusive
des activités économiques soumises à autorisation et de la liste des autorisations
administratives requises pour la réalisation de projets, les dispositions y a érentes et leur
simplification.
Arrêté du ministre du développement, de l’investissement et de la coopération internationale, de
la ministre des finances, du ministre de l’industrie et du commerce, du ministre de l’agriculture,
des ressources hydrauliques et de la pêche et de la ministre du tourisme et de l’artisanat du 28
avril 2017, fixant la composition, les attributions et les modalités de fonctionnement des
commissions nationales et régionales chargées de l’examen des demandes d’obtention des
avantages financiers, des participations au capital ainsi que des prêts fonciers agricoles.
Loi n° 2017-8 du 14 février 2017, portant refonte du dispositif des avantages fiscaux.
Décret gouvernemental n° 2017-419 du 10 avril 2017, fixant les listes des équipements et les
conditions de bénéfice des incitations prévues par les articles 3, 4 et 5 de la loi n° 2017-8 du 14
février 2017, relative à la refonte du dispositif des avantages fiscaux.
Décret gouvernemental n° 2018-11 du 10 janvier 2018, fixant les procédures de réalisation des
ventes et des prestations de services sur le marché local par les entreprises totalement
exportatrices.
Décret gouvernemental n° 2019-937 du 16 octobre 2019, fixant la liste des services liés
directement à la production concernés par la définition des opérations d’exportation prévue
par l’article 11 du code de la taxe sur la valeur ajoutée et la liste des activités de soutien prévue
par l’article 70 du code de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les
sociétés.
Arrêté de la ministre des finances du 5 avril 2017, fixant la composition et les modalités de
fonctionnement de la commission chargée de la détermination de la nature des
investissements permettant le développement de la technologie ou sa maîtrise et les
investissements d’innovation.
2. Cadre spécifique : Notamment :
Loi n° 2018-20 du 17 avril 2018, relative à la promotion des startups. Il est à noter que les
conditions, les procédures et les délais d’octroi et de retrait du label startup et du bénéfice des
encouragements et des avantages au titre des startups et de l’organisation, des prérogatives et
des modalités de fonctionnement du comité de labélisation sont régies par le décret
gouvernemental n° 2018-840 du 11 octobre 2018.
Loi n° 94-42 du 7 mars 1994, fixant le régime applicable à l’exercice des activités des sociétés de
commerce international.
Loi n° 92-81 du 3 août 1992 portant création des parcs d’activités économiques (appelés Zones
franches).
Décret-loi n° 2020-33 du 10 juin 2020, relatif au régime de l'auto-entrepreneur.
II. Lexique de la loi sur les investissements :
Investissement : Tout emploi durable de capitaux e ectué par l’investisseur pour la réalisation
d’un projet permettant de contribuer au développement de l’économie tunisienne tout en
assumant ses risques, et ce, sous forme d’opérations d’investissement direct (Création) ou
d’opérations d’investissement par participation (financement).
Opération d’investissement direct : Toute création d’un projet nouveau et autonome en vue de
produire des biens ou de fournir des services ou toute opération d’extension ou de
renouvellement réalisée par une entreprise existante dans le cadre du même projet permettant
d’augmenter sa capacité productive, technologique ou sa compétitivité. Par conséquent, ne
sont pas considérées opérations d'extension ou de renouvellement, les opérations qui
n'entrainent pas une augmentation de la capacité productive, technologique ou de la
compétitivité d'une entreprise telle que la construction ou l'acquisition de dépôts de stockage ou
d'un siège social de l'entreprise.
Opération d’investissement par participation : La participation en numéraire ou en nature dans
le capital de sociétés établies en Tunisie, et ce, lors de leur constitution ou de l’augmentation de
leurs capitaux sociaux ou de l’acquisition d’une participation à leurs capitaux.
Investisseur : Toute personne physique ou morale, résidente ou non résidente, qui réalise un
investissement.
Entreprise : Toute unité qui a pour but de produire des biens ou de fournir des services et qui
prend la forme d’une société ou d’une entreprise individuelle.
Attestation de dépôt de déclaration d'investissement : Chaque projet d’investissement doit
faire l’objet d’une déclaration d’investissement préalablement à sa réalisation déclarée auprès
des organismes concernés par l’investissement (selon le domaine d’intervention de chacun) :
Agence de Promotion de l’Investissement et de l’innovation (APII) ;
Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA) ;
O ice National du Tourisme Tunisien (ONTT) ;
O ice National de l’Artisanat (ONA) ;
Centre de promotion des exportations (CEPEX) pour le commerce international ;
Tunisia Investment authority (TIA) pour les projets d’intérêt national.
Sont considérés comme projets d’intérêt national, les projets qui contribuent à la réalisation
de l'une des priorités de l'économie nationale et qui satisfait à l’un des critères suivants :
Un coût d’investissement supérieur ou égal à 50 millions de dinars,
La création d’au moins 500 postes d’emploi durant une période de trois ans à compter
de la date d'entrée en activité e ective.
Les attributs des organismes précités : L’octroi des attestations de dépôt de déclarations
d'investissement et la vérification avant la délivrance de ladite attestation du respect des
conditions exigibles relatives aux opérations d'investissement direct (cohérence de
l’investissement par rapport à l’activité, cahier des charges, autorisation, capital minimum, …).
Ces déclarations doivent respecter le Min de Capitaux propres.
L’octroi des avantages fiscaux et financiers est conditionné à la réalisation d'un schéma de
financement de l'investissement comportant un minimum de fonds propres fixé à 30% du
coût d’investissement. Ce taux est ramené à 10% pour les investissements de la catégorie
« A » dans le secteur de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture.
Catégorie « A » Catégorie « B »
Investissement dans l’agriculture dont le coût ne Investissement dans l’agriculture dont le coût
dépasse pas 200 mille dinars. dépasse 200 mille dinars.
Investissement dans la pêche dont le coût ne Investissement dans la pêche dont le coût
dépasse pas 300 mille dinars. dépasse 300 mille dinars.
Investissement dans l’aquaculture dont le coût Investissement dans l’aquaculture dont le coût
ne dépasse pas 500 mille dinars. dépasse 500 mille dinars.
Investissement réalisé par les sociétés Investissement réalisé dans les activités de
mutuelles de services agricoles et les services liés à l’agriculture et à la pêche et les
groupements de développement dans le activités de première transformation des
secteur de l'agriculture et de la pêche. produits agricoles et de la pêche.
Dans la pratique, l’octroi de l’attestation de dépôt de déclaration d’investissement de création
nécessite la mention d’un capital minimum (ou augmentation de capital pour les investissements
d’extension) de 30% du total des investissements déclarés (Fonds de roulement inclus).
III. Principe de la liberté de l’investissement :
Conformément à l’article 4 de la loi n° 2016-72 l’investissement est libre. Toutefois, ce principe
n’est pas absolu car certaines activités demeurent soumises à des autorisations ou à des cahiers
des charges selon la règlementation en vigueur (cahier des charges, autorisation, carte de
commerçant, étude impact sur l’environnement, etc…).
On cite à titre indicatif :
La fabrication et le commerce de l’alcool et du tabac ;
L’activité d’hydrocarbure et de télécommunication ;
Les institutions financières et les assurances ;
Les investissements en devises e ectués par les non-résidents en Tunisie. Au sens de la
circulaire aux intermédiaires agrées n° 2018-14 relative aux investissements en devises par des
non-résidents en Tunisie, les investissements en devises des non-résidents réalisés doivent être
déclarés à la Banque Centrale de Tunisie, par une Fiche d’Investissement ou une Attestation
Bancaire d’Investissement digitales.
La fiche d’investissement ou l’Attestation Bancaire d’Investissement serviront notamment
comme justificatif pour le transfert des dividendes revenant aux associés et actionnaires non-
résidents, du produit de cession et de liquidation de l’investissement objet de ces opérations.
La participation des étrangers est parfois limitée, voire même interdite. Enseignement supérieur
privé : Les détenteurs d'actions de la société promotrice doivent être de nationalité tunisienne
s'ils sont des personnes physiques. Toutefois, s'il existe parmi les détenteurs d'actions des
personnes morales, le capital de ladite société doit être détenu à hauteur de 65% au moins par
des personnes physiques ou par des personnes physiques et morales de nationalité tunisienne.
Toutefois, la réalisation des unités industrielles, agricoles et commerciales, dont l’activité est
génératrice de pollution ou de dégradation de l’environnement, est soumise, soit à
l'approbation préalable par l'agence nationale de la protection de l'environnement « ANPE », de
l'étude d'impact négatif éventuel sur l'environnement soit à l'engagement du promoteur de
l'unité d'appliquer les prescriptions d'un cahier des charges qui sera approuvé par arrêté du
ministre chargé de l'environnement, selon le type de l'unité, la nature de son activité et des
risques qu'elle présente pour l'environnement.
D’autres activités demeurent soumises à un capital minimum limitant ainsi l’entrée des petits
investisseurs. À titre indicatif :
SICAV : Un million de dinars ;
SICAR / SICAF : 500.000 dinars ;
Banque : 50 millions de dinars ;
Établissements financiers : 25 millions de dinars ;
Factoring / Assurance (deux catégories ou plus) : 10 millions de dinars (contre 3 MD pour
les assurance Mono-catégorie) ;
Société de commerce international : 150.000 dinars ;
Société de promotion immobilière : 150.000 dinars.
Chapitre 2 : Les avantages financiers :
La loi sur l’investissement a prévu plusieurs primes pour inciter à l’investissement.
I. Primes d’investissement dans les ZDR (Décret gouvernemental n° 2017-389 du 9
mars 2017 annexe 2 fixant la liste des ZDR) :
Les ZDR sont classées en 2 groupes
1. Avantages financiers pour les projets installés dans le premier groupe
Deux primes sont prévues pour ce groupe :
Dépenses des travaux d’infrastructures
Investissements approuvés
dans le secteur de l’industrie
Premier 15% du coût d’investissement 65% des dépenses et ce dans la limite de 10%
groupe avec un plafond de 1,5 million de du coût du projet avec un plafond de 1 million
dinars. de dinars.
Exemple 1 :
Un projet Industriel installé dans le groupe 1, dont le cout de l’investissement est de 12 millions
de dinars. Les travaux d’infrastructure sont évalués à 2 millions de dinars.
Prime 1 = 12 * 15% = 1,8 MDT (Plafonnée à 1,5 MDT) Donc la prime sera de 1,5 MDT
Prime 2 :
2 *0,65 = 1,3 MDT
12 * 10% = 1,2 MDT
Plafond = 1 MDT
D’où, on retient les 1 MDT Total des primes s’élève à 2,5 MDT
NB : Si le projet n’était pas industriel, il ne bénéficie que de la première prime.
Exemple 2 :
Reprenons le même exemple en supposant que les travaux d’infrastructure sont évalués à 1
millions de dinars.
Prime 2 :
1 *0,65 = 650.000 DT
12 * 10% = 1,2 MDT
Plafond = 1 MDT
D’où, on retient les 650.000DT Total des primes s’élève à 2,150 MDT
2. Avantages financiers pour les projets installés dans le deuxième groupe
Deux primes sont prévues pour ce groupe :
Dépenses des travaux d’infrastructures
Investissements approuvés
dans le secteur de l’industrie
Deuxième 30% du coût d’investissement 85% des dépenses et ce dans la limite de 10%
groupe avec un plafond de 3 millions de du coût du projet avec un plafond de 1 million
dinars. de dinars.
Exemple 1 :
Un projet Industriel installé dans le groupe 2, dont le cout de l’investissement est de 20 millions
de dinars. Les travaux d’infrastructure sont évalués à 2 millions de dinars.
Prime 1 = 20 * 30% = 6 MDT (Plafonnée à 3 MDT) Donc la prime sera de 3 MDT
Prime 2 :
2 *0,85 = 1,7 MDT
20 * 10% = 2 MDT
Plafond = 1 MDT
D’où, on retient les 1 MDT Total des primes s’élève à 4MDT
Remarques :
La participation de l’État dans la prise en charge des dépenses d’infrastructures est octroyée aux
projets réalisés à l’intérieur des zones aménagées à cet égard et conformément aux plans
d’aménagement ou des documents d’urbanisme approuvés ou les projets disposant des
autorisations nécessaires auprès des autorités concernées.
Ces dépenses ne comprennent pas les coûts des travaux d'infrastructure liés à l'activité normale
et les prérogatives des institutions nationales travaillant dans ces domaines.
Ces primes ne sont accordées que pour les activités éligibles aux avantages des ZDR.
Cependant, les activités suivantes sont exclues des incitations du développement régional
(Décret 2017-389 Annexe 1 – III) :
Extraction et mise en vente des matériaux extractives à leur état primaire ;
Les services financiers et assurances ;
Les opérateurs de communication et les fournisseurs des services d’internet ;
Le commerce en détail et de gros ;
Les services de restauration, cafés et les services de consommation sur place excepté
les restaurants touristiques classés ;
La production et la distribution de l’électricité et du gaz et du carburant excepté la
production des énergies renouvelables ;
La promotion immobilière, les travaux publics et les services liés ;
Les services immobiliers et les services de location ;
Les services des petits métiers ;
Les services de coi ure et d’esthétiques ;
Le transport ;
Les agences de voyages touristiques ;
L’agriculture, la pêche et l’aquaculture ;
Les métiers libres ;
Les services paramédicaux, les pharmacies et les laboratoires d’analyses médicaux ;
Les salles des fêtes ;
Les industries de boulangerie, de pâtisseries et de confiserie ;
L’industrie des di érentes épices et le meulage du café ;
L’artisanat non structuré (moins de cinq employés).
II. Prime de l’augmentation de la valeur ajoutée et de la compétitivité :
1. Investissement direct dans les secteurs prioritaire (Décret gouvernemental n° 2017-
389 du 9 mars 2017 annexe 1 fixant la liste des secteurs prioritaires)
Les investissements directs dans les secteurs prioritaires bénéficient d’une prime de 15% du
coût d’investissement approuvé avec un plafond de 1 000 000 dinars.
Sont considérés comme des secteurs prioritaires notamment (Décret 2017-389 Annexe 1 – I) :
1. L’agriculture, la pêche et l’aquaculture ;
2. Les services liés à l’agriculture (i.e Services de laboratoires d’analyses vétérinaires et
agricoles, Conseils agricoles, Collecte du lait, Collecte et stockage des céréales etc …) ;
3. Les services liés à la pêche (I.e Montage d’équipements et de matériel de pêche, Fabrique de
glace, Transport réfrigéré des produits de la pêche …) ;
4. Les activités de première transformation des produits de l’agriculture et de la pêche (i.e
Production de fromage à partir du lait frais local, Extraction d’huile d’olive, Conditionnement
de l'huile d’olive, Production de jus des fruits frais, Abattage industriel des animaux…) ;
Pour les points 2, 3 et 4 (Décret 2017-389 Annexe 1 – IV)
5. Industries automobiles, aéronautiques, maritimes et ferroviaires, et composantes ;
6. Textile et habillement ;
7. Industries électroniques ;
8. La production des énergies renouvelables ;
9. Les technologies de communication et de l’information ;
10. Les centres sportifs et de loisirs.
Ce taux est ramené à 30% pour les investissements de catégorie « A » dans le secteur de
l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture.
NB : La prime d’investissement octroyée au titre du secteur agricole est calculée sur la base du
coût d’investissement approuvé sans tenir compte de la valeur du terrain.
L’octroi de cet avantage n’est pas lié aux ZDR.
2. Investissement direct dans les filières économiques
Les filières économiques sont (Décret 2017-389 Annexe 1 – II) :
Filière des cultures géothermiques ;
Filière des plantes médicinales et aromatiques ;
Filière des matériaux extractives.
Les investissements directs dans ces filières économiques bénéficient d’une prime de 15% du
coût d’investissement approuvé avec un plafond de 1 000 000 dinars.
3. Primes au titre de la performance économique
a- Investissements matériels pour la maîtrise des nouvelles technologies
Les investissements matériels pour la maîtrise des nouvelles technologies bénéficient d’une
prime de 50% du coût des investissements approuvés avec un plafond de 500 000 dinars.
La liste des matériels pour la maîtrise des nouvelles technologies ((Décret 2017-389 Annexe 1 –
V) :
Matériel de conception : station de conception assistée par ordinateur et de dessin
assisté par ordinateur (CAO/DAO),
Station de gestion de la production assistée par ordinateur et de gestion de la
maintenance assistée par ordinateur (GPAO/GMAO),
Matériel de laboratoire à l’exclusion de l’outillage, du petit matériel tel que les verreries de
laboratoire, des produits consommables et du matériel de production.
b- Investissements immatériels
Les investissements immatériels bénéficient d’une prime de 50% du coût des investissements
immatériels approuvés avec un plafond de 500 000 dinars y compris la prime des études dont
le plafond est fixé à 20 000 dinars.
Exemples des investissements immatériels (Décret 2017-389 Annexe 1 – VI) :
Mise en place d’un système de traçabilité des produits agricoles
Les frais d’études
Les frais d’accompagnement et d’encadrement
Exploitation des brevets
Certification ISO
Accréditation de laboratoires
Sites web
Opérations de pilotage des projets
Systèmes de surveillance et de contrôle à distance
NB : Les prime des investissements matériels et immatériels pour la maîtrise des nouvelles
technologies ne sont octroyées qu’à la création. Ainsi, les investissements d’extension ou de
renouvellement ne peuvent bénéficier de ladite prime.
Exemple 1 :
Une société a réalisé un investissement immatériel au sens du décret 2017-389. Le cout de
l’investissement a été arrêté à 1,1 MDT dont 200.000 dinars des frais d’études.
Frais d’Etude = 200.000 * 50% = 100.000DT (Plafonnée à 20.000DT)
Investissement (Autre que les FE) : = 900.000 * 50% = 450.000DT (Plafonnée à 480.000DT)
D’où la prime totale s’élève à 470.000 dinars.
Exemple 2 :
Une société a réalisé un investissement immatériel au sens du décret 2017-389. Le cout de
l’investissement a été arrêté à 1,180 MDT dont 200.000 dinars des frais d’études.
Frais d’Etude = 200.000 * 50% = 100.000DT (Plafonnée à 20.000DT)
Investissement (Autre que les FE) : = 980.000 * 50% = 490.000DT (Plafonnée à 480.000DT)
D’où la prime totale s’élève à 500.000 dinars.
c- Investissements en recherche et développement
Les investissements en recherche et développement bénéficient d’une prime de 50% des
dépenses de recherche et développement approuvées avec un plafond de 300 000 dinars.
Liste des dépenses de recherche et développement (Décret 2017-389 Annexe 1 – VII)
- Les études préliminaires nécessaires pour développer de nouveaux produits ou de
nouveaux modèles de production
- La réalisation des modèles et des expériences techniques qui y sont liés, ainsi que des
essais sur le terrain
- L'acquisition d'équipements scientifiques nécessaires pour la réalisation de projets de
recherche de développement
- Acquisition des brevets
d- Formation des employés qui conduit à la certification des compétences
La formation des employés de nationalité tunisienne qui conduit à la certification des
compétences conformément aux normes internationales bénéficie d’une prime de 70% du coût
de formation avec un plafond annuel de 20 000 dinars au titre de chaque entreprise.
III. Prime de développement de la capacité d’employabilité :
1. La prise en charge par l’État de la contribution patronale au régime légal de la
sécurité sociale au titre des salaires versés aux employés de nationalité tunisienne
recrutés pour la première fois et d’une manière permanente (contrat CDI)
La prise en charge s’e ectue comme suit :
- Secteurs prioritaires : pour les trois premières années ;
- ZDR – Grp 1 : pour les cinq premières années ;
- ZDR – Grp 2 : pour les dix premières années ;
2. La prise en charge par l’État d’une partie des salaires versés aux employés tunisiens
en fonction du niveau d’encadrement dans toutes les activités excepté les activités
exclues des incitations au titre du développement régional (Annexe 2) comme suit :
La prise en charge s’élève à 50% du salaire versé avec un plafond de 250 dinars mensuellement
au titre de recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur ou disposant d’un brevet de
technicien supérieur :
1. Un taux d’encadrement variant entre 10% et 15% : la prise en charge par l’État sur une
période d’une année ;
2. Un taux d’encadrement supérieur à 15% : la prise en charge par l’État sur une période de
trois années.
IV. Prime de développement durable :
La prime de développement durable au titre de lutte contre la pollution et la protection de
l’environnement de 50% de la valeur des composantes d’investissement approuvée avec un
plafond de 300 000 dinars.
Bénéficient de cette prime, les investissements suivants :
- les projets de dépollution hydrique et atmosphérique, occasionnée par l’activité de l’entreprise
(Production du savon à base des déchets d’olives),
- les projets adoptant les technologies propres et non polluantes, permettant la réduction de la
pollution à la source ou la maîtrise de l’exploitation des ressources (Photovoltaïque),
- les équipements collectifs de dépollution réalisée par des opérateurs publics ou privés, pour le
compte de plusieurs entreprises exerçant la même activité ou dégageant la même nature de
pollution.
V. Cumul des Primes :
L’ensemble de ces primes ne peut pas dépasser un tiers du coût de l'investissement avec un
plafond de cinq millions de dinars et ce compte non tenu de la participation de l'État dans les
dépenses d'infrastructure, des primes au titre de la performance économique, de la prime de
développement de la capacité d’employabilité et de la prime de développement durable (Non
inclus dans le plafond).
Le coût des composantes d’investissement bénéficiant des primes au titre de la performance
économique et au titre du développement durable sont soustraites du coût des opérations
d’investissement direct réalisées (Ne font pas partie de la base de calcul du 1/3).
VI. Conditions et procédures de bénéfice des primes :
Le bénéfice des primes précitées prévues par la loi de l'investissement est subordonné au respect
des conditions suivantes :
Le dépôt de la déclaration de l’investissement avant d’entamer la réalisation de
l’opération d'investissement direct,
L’adoption d’un schéma de financement du projet comprenant un minimum de fonds
propres de 30% du coût d’investissement (Fonds de roulement inclut). Ce taux est ramené
à 10% pour les investissements de la catégorie « A » dans le secteur de l’agriculture, de la
pêche et de l’aquaculture,
La tenue d’une comptabilité régulière conformément au système comptable des
entreprises,
La réalisation des investissements en employant de nouveaux équipements ou des
équipements importés usagés (Encourager la délocalisation des activités de l'étranger
vers la Tunisie (Europe) à condition d’être évalués par les services techniques
compétents. Pour l'investissement agricole, seulement les nouveaux équipements sont
acceptés,
La situation fiscale de l’investisseur doit être en règle à la date de dépôt de la demande
de bénéfice de l'avantage et durant la période de bénéfice de l'avantage,
La régularisation de la situation à l’égard des caisses de sécurité sociale,
La création d’au moins dix emplois permanents pour les projets créés au titre des filières
économiques et des secteurs prioritaires à l’exception du secteur de l’agriculture, de la
pêche et de l’aquaculture, les activités de services liés à l’agriculture et la pèche et les
activités de première transformation des produits agricoles et de la pèche,
Soumettre une demande écrite auprès de l'instance tunisienne de l’investissement ou la
structure d’investissement concernée et territorialement compétente selon les cas, au
plus tard un an à compter de la date de dépôt de la déclaration de l’investissement
appuyée d’une étude de faisabilité du projet (Business Plan),
La présentation des pièces justificatives des investissements et de leurs moyens de
paiements.
NB : Les investissements payés en espèces n'ouvrent pas droit aux avantages.
VII. Participation au capital :
Le fonds tunisien de l’investissement peut, après approbation du conseil supérieur de
l’investissement souscrire à :
- des fonds régionaux de l'investissement dont l’objet est la participation, pour leur propre
compte ou pour le compte des tiers et en vue de sa rétrocession, au renforcement des
opportunités d’investissement et des fonds propres des investissements implantés dans les
zones de développement régional,
- des fonds sectoriels dont l’objet est la participation, pour leur propre compte ou pour le
compte des tiers et en vue de sa rétrocession, au renforcement des opportunités
d’investissement et des fonds propres des investissements réalisés dans les secteurs
prioritaires et les filières économiques.
Les entreprises bénéficient d’une participation au capital imputée sur les ressources du fonds
tunisien de l’investissement, conformément aux conditions cumulatives suivantes :
Les investissements réalisés dans les secteurs prioritaires et les activités concernées par
les primes de développement régional,
Les entreprises créées dont le volume de l'investissement ne dépasse pas 15 millions de
dinars y compris les fonds de roulement.
La participation des fonds d’investissement doit respecter les limites suivantes :
Cout d’investissement Cout d’investissement
Actionnaire
Inférieur à 2.000.000 dinars De 2.000.000 à 15.000.000 dinars
Fond Tunisien
Max 60% du Capital Max 60% du Capital
d’investissement (1)
SICAR ou FCPR Au moins 10% du Capital Min 20% du Capital
Investisseurs Au moins 10% du Capital Min 20% du Capital
(1) La rétrocession en faveur des bénéficiaires de la participation (imputée sur les ressources
du Fonds tunisien de l’investissement) est e ectuée a leur valeur nominale majorée de
1% (ou 3%) et ce dans un délai maximum de 12 ans.
VIII. Prêts fonciers agricoles :
Les article 23 à 26 du décret gouvernemental n° 2017-389 du 9 mars 2017, relatif aux incitations
financières au profit des investissements réalisés dans le cadre de la loi de l’investissement ont
donné la possibilité aux investisseurs dans le domaine agricole d’obtenir des prêts fonciers à des
conditions préférentielles.
1- Personnes éligibles :
- les jeunes dont l’âge ne dépasse pas quarante ans et disposant d’un certificat de confirmation
d’aptitude professionnelle ou une attestation de validation de compétence professionnelle
auprès d’un établissement de formation professionnelle agricole ou de pêche, ou tout autre
diplôme équivalent,
- les techniciens diplômés des établissements d’enseignement supérieur agricoles ou de
formation agricole ou de pêche,
2- Montant Maximum :
Le prêt foncier agricole peut être accordé aux promoteurs dans la limite d'un montant maximal
de 250 mille dinars. Cette limite est ramenée à 125 mille dinars dans le cas d’achat de la terre
agricole auprès des ascendants (Afin d’éviter le risque de détournement et de majoration du
prix). Les promoteurs susvisés ne peuvent bénéficier de ce prêt qu’une seule fois durant leur vie.
3- Conditions du crédit :
La durée de remboursement des prêts fonciers agricoles est fixée à 25 ans, dont 7 ans de grâce
(Principal et intérêts). Les montants des intérêts du capital pour les sept années de grâce seront
répartis sur les 18 annuités de remboursement du prêt.
Le crédit est accordé avec un taux d’intérêt de 3%.
4- Conditions pour l’octroi du crédit :
Le promoteur doit :
- Payer au moins de 5% du prix d'achat du terrain sur ses fonds propres,
- Présenter un schéma de financement qui respecte le minimum de FP,
- Entamer la réalisation du projet d'investissement agricole objet de son engagement, et sur la
base duquel le prêt foncier agricole a été attribué, et ce dans un délai ne dépassant pas un
an à compter de la date d'achat du terrain
- Ne pas exercer d’activité en tant qu’employé dans le secteur public ou privé durant toute la
durée prévue pour le remboursement du prêt
- Établir un contrat avec un accompagnateur spécialisé dans la création des projets et la
gestion des exploitations agricoles pendant une période de cinq ans à compter de la date
d'achat du terrain
- Inscrire une hypothèque (à 99% au profit de la BNA) sur le terrain objet d’acquisition, au
profit de l’organisme prêteur pour le montant du prêt.