TECHNIQIES DE PRODUCTION DES SEMENCES
Présentation :
BATAMOUSSI H. Michel
- Docteur Ingénieur Agronome
- Maître-Assistant/FA/UP
- Cel: 00229/97261252
Mail: [email protected]
Public cible :
Cours destiné aux étudiants de troisième année de licence option Production Végétale
Pré-requis :
• Génétique
• Amélioration variétale
• Phytotechnie générale
• Horticulture générale
Bibliographie :
Christian PESSEY., Le jardin potager, Bordas, 1982
H. DUPRIEZ et P. DE LEENER. Jardins et vergers d’Afrique, 1987
N. AHO et D.K. KOSSOU., Précis d’agriculture tropicale, 1997
Jean- Michel CLEMENT., Larousse Agricole, 1981
Objectif général :
Donner aux apprenants les notions techniques de production des semences des principales
cultures du Bénin
Objectifs spécifiques :
A la fin de ce cours l’apprenant doit être capable de:
- De caractériser une semence en général
- De distinguer une semence issue de la reproduction sexuée et une semence issue de
la reproduction asexuée
- De tester les qualités d’une semence
- Représenté les différentes phases d’une sélection conservatrice
- De décrire les phases techniques pour produire les semences des cultures telles que :
Le maïs ; le cotonnier ; l’anacardier ; le palmier à huile…..
Plan d’étude :
Introduction :
Chapitre-1 : Généralités
1.1 Définitions
1.2 Origine des semences
Chapitre-2 : Production des semences issues de la reproduction asexuée :
2.1 Bouturage
2.2 Greffage
2.3 Marcottage
Chapitre-3 : Production des semences issues de la reproduction sexuée
3.1 Environnement indispensable à la semence pour sa germination
3.2 Multiplication des semences
Chapitre-4 : Expériences béninoise
4.1 Le cotonnier
4. 2 Le maïs
4.3 Le palmier à huile
4.4 L’anacardier
Exercices de maison (à traiter et ramener au cours prochain)
Contenu du cours :
Introduction: La semence agricole c’est une graine ou autre partie d’un végétal
apte à former une plante complète après semis ou enfouissement. On distingue
les semences sèches dont le taux d’humidité est 15-16% (céréales) ; les
semences aqueuses dont le taux d’humidité est 70-80% (tubercules, racines,
boutures…)
Les semences sèches sont généralement issues de la reproduction sexuée et les
aqueuses de la reproduction asexuée (végétative)
Ainsi donc, dans un petit volume de semence se renferme en puissance la plante
entière qui en interaction avec le milieu écologique parvient à la réalisation des
rendements.
Chapitre-1 : généralités
1. Origine des semences :
En agriculture tropicale traditionnelle, les semences nécessaires à une
campagne agricole sont prélevées sur la récolte de la campagne précédente.
Cette pratique a fait ses preuves dans le passé, lorsque la diversité biologique
entretenue par un grand nombre d’espèces et de variétés sauvages limitait
l’impact de la flore et de la faune parasites sur les variétés cultivées.
Aujourd’hui, la destruction massive de la flore sauvage a entraîné la disparition
des plantes aux dépens desquelles vivaient les parasites.
Chapitre-2 : Production des semences issues de la reproduction asexuée.
La reproduction végétative ou asexuée permet à partir d’1 fragment d’organe ou
de partie de la plante (tiges, feuilles racines…) d’obtenir une plante entière ayant
les mêmes caractéristiques que la plante mère (conservation du génome). Les
semences qui en résultent sont :
1. Les boutures : on distingue
Les boutures de tige ( manioc, patate)
Les boutures de feuilles (bégonier, légume)
Les boutures de racine ( chiendants)
Les boutures de la tige souterraine : gingembre
1 . Les greffes : on distingue
a- La greffe par approche :
b- Greffe en écusson :
c- La greffe en fente :
d- La greffe en couronne :
3. Les marcotte : on distingue :
- Le marcottage simple
- Le marcottage en serpenteau
Le marcottage chinois
4. Environnements de production et qualité des boutures des greffes et des
marcottes
4.1 Environnement de production et qualité des boutures:
4.1.1 Environnement :
Les boutures sont prélevées sur des tiges saines, dans un parc à bois de
préférence. Le parc à bois est entretenu en champ propre débarrassé de tout
germe pathogène et bien traité contre les ravageurs
4.1.2 Qualité des boutures des greffes et des marcottes
Le degré de lignification ou aoûtement, la partie prélevée et la nature du fragment
conditionnent la qualité de la bouture. Une bouture de qualité doit avoir 3 à 4 yeux et
être prélevée sur la partie moyenne de la tige
Pour accélérer la reprise de la bouture on peut la traiter chimiquement aux hormones par
exemple, l’utilisation de phytohormone ou hormone synthétique : A I A (Acide Indylle
Acétique) : Auxine ; AIB – Exuberon, AMA- Rootor
Les boutures de feuille ne s’appliquent que pour certaines espèces dont les feuilles
comportent des zones de persistantes activités méristématiques génératrices d’organes.
Pour ces espèces lorsque les feuilles sont en contact avec le sol, elles développent les
racines pour donner alors une nouvelle plante.
Dans le cas des boutures des racines, on utilise la faculté des bourgeons. Ces
bourgeons peuvent être des bulbilles (fragment de bulbes) ou des drageons (Bourgeons
feuillé). Ce bouturage naturel des racines est appelé le drageonnage.
Toute fois l’agriculteur ne sépare pas la bouture du pied mère que lorsque la jeune tige
feuillée aura émit suffisamment de racines
4.2 Environnement de production et qualité des greffes
Généralement le greffage s’effectue en pépinière. Comme toute pépinière celle du
greffage doit se situer à proximité d’un point d’eau et sous ombrage.
Pour que la greffe puisse réussir il faut :
a- que le sujet et le greffon soient de même espèce : citronnier, manguier ou kapokier
ne vont pas ensemble ;
b- Que l’aubier du sujet soit très uni à l’aubier du greffon ;
c- Que la soudure des deux plantes soit à l’abri de l’air qui risquerait de la dessécher ; la
soudure est recouverte par un mastic spécial : deux parties d’argile, une bouse de
vache, et un peu de paille hachée ;
d- Que la greffe soit faite lorsque la circulation de la sève est la plus active (saison des
pluies)
e- Tenir compte du stade végétatif des deux plantes. Il est recommandé de faire le
greffage au moment où les deux plantes sont au stade actif de végétation, de faire le
greffage de préférence pendant la les saisons sèches.
g- La réussite du greffage dépend de l’habileté du greffeur.(moins de parasites et
maladies)
4.3 Production des boutures, greffes et marcottes
4.3.1 Production des boutures
La production des boutures respecte les étapes suivantes :
Choix du site : Sols meubles bien drainés
Choix de la variété : choisir une variété parmi celles qui sont en vulgarisation ou en
pré vulgarisation
Préparation du sol : défrichement, essouchage, labour en billons ou en buttes
Prélèvement des tiges et préparation des boutures : choisir les tiges robustes, saines,
préparer les boutures
Le bouturage : mettre les boutures en terre dès l’installation des pluies
Sarclage : 3 à 4 sarclages dès qu’on constate l’envahissement des mauvaises herbes
Fumure minérale : 1er épandage en début plantation ou juste après le 1er sarclage. Le
2e épandage juste après le 2è sarclage
Fumure organique : au moment du labour de préférence
Protection contre les feux de brousse : pare-feux et feux de renvoi
Récolte des boutures : à 7 ou 8 mois.
3.3.2Production des greffes ou greffage
Le greffage, C’est le mode de reproduction par voie végétative qui
consiste à associer deux plantes pour en faire une. On distingue la
partie apportée qui est le greffon que l’on va implanter sur une autre
appelé porte greffe.
a - La greffe par approche :
- Le sujet et le greffon sont entaillés jusqu’à l’aubier,
- on les met en contact l’aubier contre l’aubier,
- les parties entaillées sont ligaturées,
- on protège la fente avec du mastic.
Lorsque la greffe est prise, on sépare le greffon de son support primitif. Ce genre de
greffe convient très bien pour le manguier et pour le mangotier
b- Greffe en écusson :
Elle consiste à souder un bourgeon qu’on appelle écusson.
Le mode de réalisation consiste en ceci :
- Débarrasser le sujet de ses branches
- Pratiquer sur le sujet une incision en forme de T.
- Prendre sur le greffon un œil appelé écusson, muni d’une partie d’écorce de 3
cm de longueur environ.
- Insérer aussitôt l’écusson dans la fente en T.
- Ligaturer et mastiquer.
- Lorsque l’écusson donne une pousse, couper le sujet à dix centimètres au
dessus de la greffe
c- La greffe en fente :
On procède de la façon suivante :
- Le sujet est coupé à la hauteur voulue suivant un diamètre.
- Le greffon est un rameau qui mesure 10 à 15 cm et qui a un ou plusieurs
bourgeons. On le taille en biseau.
- Ce greffon est introduit dans la fente du sujet de manière que son aubier soit en
contact avec l’aubier du sujet. On peut donc disposer deux greffons
- On ligature et on mastique.
d- La greffe en couronne :
Lorsque la tige du sujet st trop grosse on peut entailler et soulever l’écorce en
plusieurs points du pourtour. Cette disposition permet de disposer plusieurs
greffons en biseau, et de préférence épaulé.
On ligature et on mastique.
3.3.3. Production des marcottes ou marcottage :
Le marcottage est le mode de multiplication des végétaux par voie asexuée qui
consiste à faire émettre des racines à une portion de tige avant de la détacher du
pied mère.
Les différents types de marcottage sont le marcottage par buttage, le marcottage
par couchage et le marcottage aérien ou par enrobage.
3.3.3.1- Le marcottage par buttage :
Dans le marcottage par buttage, le pied mère à multiplier est recépé à 30 – 40 cm
au dessus du niveau du sol, de manière à favoriser la formation de plusieurs
rameaux gourmands. Lorsque ces gourmands atteignent la taille de 1 m environ,
une incision annulaire est pratiquée à la base de chacun d’eux et l’ensemble est
recouvert de terre jusqu’à 30 à 40 cm au dessus du point d’insertion des
gourmands sur la cépée. Au bout de 3 à 5 mois, les marcottes sont bien
enracinées, le dé buttage est pratiqué et le sevrage intervient par simple
sectionnement de celle- ci sur la tête de la cépée.
3.3.3.2 Le marcottage par couchage :
Il est pratiquement appliqué aux plants à tiges flexibles, on distingue :
- Le marcottage simple : les tiges sont recourbées et enterrées par leur partie
moyenne dans une fosse de 20 à 30 cm de profondeur, leur extrémité étant
maintenues redressées par des tuteurs,
- Le marcottage en serpenteau : les extrémités de rameaux laissées libres en
marcottage simple sont recourbées encore en terre,
- Le marcottage chinois : les rameaux sont enterrés sur toute la longueur sous 5
à 10 cm de terre meuble.
Dans tous les cas du marcottage par couchage, les rameaux sont fixés au fond
des tranchées par des crochets et les marcottes enracinées sevrées sont
transplantées ou mises en jauge en attendant le moment de plantation.
3.3.3.3 - Le marcottage aérien :
Il est pratiqué lorsque le rameau est éloigné du sol. La marcotte est un jeune
gourmand sain et lignifié dont le diamètre est de l’ordre du centimètre. Une
incision annulaire de 3 à 4 cm de largeur pratiquée à la base du rameau favorise
l’émission des racines adventives dans un substrat contenu dans un sac de
polyéthylène et appliqué à cette base. Le substrat d’enracinement doit avoir une
bonne capacité de rétention en eau. Les meilleurs substrats d’enracinement
sont :
- La sciure de bois préalablement lavée à grande eau pour en éliminer le tanin qui
peut limiter le développement des racines adventives ;
- Le terreau de palmier et divers terreaux végétaux ;
- La mousse et tout revêtement plastique spongieux
L’enracinement demande 2 à 3 semaines chez le ficus, 5 à 6 semaines chez le
cacaoyer, 10 à 15 semaines chez le colatier.
Chapitre-3 :
2. Production des semences issues de la reproduction sexuées
La reproduction des plantes par graines est beaucoup plus facile que la reproduction
par voie végétative, mais elle n’offre pas toutes les garanties en matière de
conservation des caractères variétaux, en raison des possibilités d’allogamies.
Pour la multiplication des semences par reproduction sexuée, on utilise les graines
capables de germer et rencontrer dans le milieu un certain nombre de conditions
favorables à la germination et à la croissance de la plantule.
5.1 Environnement indispensable à la semence pour sa germination
5.1.1. Germination des semences :
La germination est l’ensemble des phénomènes qui conduisent la semence de
l’état de repos à l’état de vie active débouchant sur le développement de l’embryon
en une plantule capable de vivre des ressources du milieu ambiant.
Pour donner naissance à une plantule viable, la graine doit satisfaire certaines
conditions internes (conditions intrinsèques) et trouver dans le milieu un certain
nombre de conditions favorables (conditions extrinsèques)
5.1.2. Conditions intrinsèques :
- La maturité physiologique : C’est la première condition que doit remplir la graine
pour pouvoir germer. C’est une maturité à ne pas confondre avec la maturité
apparente du fruit. De nombreuses graines de légumineuse et de céréales peuvent
germer avant d’avoir atteint leur développement complet (arachide, soja).
- L’intégrité de l’embryon : elle conditionne l’aptitude de la graine à germer. Pour
germer l’embryon ne doit être ni mutilé, ni altéré notamment en ce qui concerne ses
parties vitales (radicule, tigelle, gemmule).
- L’intégrité et la perméabilité du tégument à l’eau : C’est une condition sans laquelle
l’embryon ne peut absorber le volume d’eau nécessaire à l’entrée en vie active.
- La vitalité de la graine : Elle conditionne l’aptitude de l’embryon à digérer les
réserves contenues dans l’albumen, les cotylédons ou le périsperme et à donner
naissance à une plantule vigoureuse, capable de s’alimenter pleinement sur les
ressources du sol et de l’air.
1-2: Conditions externes :
La reprise de la vie active est en dépendance étroite de l’absorption d’une
certaines quantité d’eau. Pour ce faire le milieu doit être aéré et la température
suffisante.
1.2 .1 - Rôle de l’eau dans la germination
De façon générale l’absorption de l’eau par la semence s’effectue par
Osmose par le tégument qui lui –même en retient une quantité.
Ultérieurement les diastases interviennent pour hydrolyser les réserves
(phénomène chimique et biologique de la germination).
Les semences riches en glucides ont les besoins en eau élevée. Le taux
d’imbibition est plus élevée pour les graines non mures que pour les normales.
L’absorption de l’eau par les semences est d’autant plus rapide que la
température est élevée.
En milieu liquide la semence absorbe toute l’eau nécessaire en 24-36h.
Dans le sol, la vitesse du phénomène dépend de la quantité d’eau libre compte
tenu des propriétés physiques du sol et de la surface de contacte entre les
semences et les particules du sol.
Après l’imbibition, il s’écoule un temps plus ou moins long avant le
déclanchement de la germination proprement dite. Ce temps de repos varie avec
la maturité et le degré de maturité de la semence.
Chez les semences aqueuses la germination peut se faire hors du sol
mais les tubercules germés placés dans le sol doivent trouver une quantité
suffisante d’eau.
3 - Rôle de la température
Par phase de développement il existe des températures minimales,
optimales et maximales.
La reproduction pratique de l’eau, des minéraux de température
réside dans la détermination des dates de semis.
4 - Rôle de l’oxygène
Le rôle de l’oxygène se traduit par le fait qu’au moment de la
germination la semence a besoin de l’énergie, et cette énergie ne peut être
entretenue que par l’apport d’oxygène.
Dans le sol, l’excès d’eau ou les tassements par les pluies peuvent
empêcher ou ralentir la germination parce que favorisant l’absence
d’oxygène.
5 - Action de la lumière
Ce facteur est général indifférent. Cependant certaines semences
germent moins à la lumière. Exemple : Le tabac et les petites graminées.
Mais est il y a un cas particulier de la pomme de terre qui ne germe qu’à
l’obscurité.
6 - Influence de la nature du sol
Une terre male préparée comportant de grosses mottes ou
d’importants espaces lacunaires constitue un milieu défavorable pour la
semence qui réclame de nombreux points de contact avec le sol. L’humidité
à une importance d’autant plus grande que le sol est riche en éléments
colloïdaux.
7 - Facteurs accidentels
C’est des phénomènes de toxicités pouvant intervenir à la suite
dépendage d’engrais. Exemple : Le Nitrat de Soude entrave la germination,
la cyanamide calcique tue les germiers à une concentration de 0,6%. Le
Nacl arrête la germination à 2%.....
La chaux elle même devient toxique à partir des doses variables.
Lorsqu’on prend les produits insecticides et de désinfection ceux à la
base de HCH et de SPC sans interdire la germination peuvent tuer les
jeunes plantules en s’attaquant aux racines. Alors semer au moins 15 jours
après toute opération insecticide est recommandé.
5.1.4. Les tests de germination :
La capacité d’un lot de semence à germer s’évalue par la détermination de sa
faculté germinative ou énergie germinative.
La faculté germinative (FG)
La faculté germinative des graines s’exprime par le nombre de graines aptes à
germer au bout d’un temps donné, sur 100 graines placées dans des conditions
favorables. Elle est appréhendée à travers un essai de germination.
La durée du test de germination est de 6 jours pour le maïs, 10 jours pour la
laitue, le choux, le radis, la chicorée, 14 jours pour la betterave, 21 jours pour
l’épinard, le poireau, la carotte, le persil.
Pour chaque espèce cultivée il existe un taux au-dessous duquel la semence est
considérée comme de qualité insuffisante. Ce taux est de 97% pour le blé, 80%
pour le maïs, 75% pour la betterave par exemple.
L’énergie germinative (EG)
La notion d’énergie germinative est utilisée pour caractériser la vitesse avec
laquelle les semences accomplissent le cycle de germination. L’énergie
germinative est considérée bonne lorsque la moitié au moins des semences
mises à l’essai germe durant le premier tiers de la durée normale de germination
L’identité des semences
L’identité est la conformité avec les noms d’espèces, de variétés et de provenance
.indiquée par le vendeur. L’identification peut se faire à l’œuil nu à la loupe ou
après coloration. Un essai cultural est souvent le seul recours pour apprécier
l’identité et la pureté vériétale.
La pureté des semences
La pureté est la proportion exprimée en poids ou en nombre des semences
conformes à ces indications d’identité.
Etat sanitaire
Les semences peuvent être porteuses de germes de diverses maladies
successibles de se transmettre à la désinfection des semences.
Valeur culturale
La valeur culturale V s’exprime en fonction de la pureté de spécificité (P) et
de la faculté germinative (FG)
P x FG
V = 100
Les valeurs minimales varient de 4% à plus de 85 % selon les normes retenues
par chaque pays et en fonction des espèces.
5.2. Multiplication des semences :
5.2.1 Conditions préalables à la multiplication
Pour obtenir de bons rendements, les agriculteurs doivent utiliser des semences
et des plants sains et sélectionnés en tenant compte de la valeur agricole et de la
faculté germinative des semences.
Avant le semis les semences peuvent subir des traitements ayant pour objet la
destruction des germes de maladies parasitaires ou la protection contre les
parasites animaux, notamment contre les insectes
On peut aussi faire subir aux semences traitements destinés à faciliter le semis
(enrobage des semences dans une gangue inerte) pour la germination.
Pour satisfaire les demandes toujours croissantes des agriculteurs soucieux
d’améliorer leur rendement, on doit produire en assez grand nombre des
semences ou des plants de variétés homogènes et productives, résistantes aux
maladies et adaptées aux divers climats.
Le développement du secteur semencier a entraîné la création d’un certain
nombre de techniques qui on pour objet de vérifier l’amélioration apportée par
toute nouvelle variété, et de plusieurs règlements destinés à garantir aux
utilisateurs les qualités génétiques, sanitaires et technologiques des semences
ou des plants (V certification)
Pour être inscrit au catalogue officiel, les espèces et les variétés doivent subir des
tests de distinction, d’homogénéité, et de stabilité afin de prouver qu’elles
apportent de façon permanente une innovation positive ; Elles pourront être
commercialisées.
Une convention internationale assimile une variété nouvelle à une découverte et
la protège comme telle en donnant à son créateur un droit d’exploitation exclusive
pendant une période de 20 à 25 ans.
Produire les qualités de semences ou de plants nécessaires à la production à
partir de quelques spécimens obtenus en laboratoire, sans modifier la qualité
génétique des variétés exige un contrôle permanent.
Pour éviter les déviations dues principalement aux mutations naturelles, aux
hybridations incontrôlables et aux dégénérescences sanitaires, chaque
génération doit être comparée au noyau génétique initial et tous les descendants
suspects doivent être éliminés.
De plus on doit isoler les variétés allogames pour limiter les risques de
fécondation par du pollen étranger.
5.2.2 La sélection conservatrice des variétés lignée pures.
Les variétés lignées pures n’existent que chez les plantes autogames ou
fortement auto fertiles (blé, riz, tabac, pois haricot etc).
L’auto fertilité naturelle explique la conservation excellente de la pureté variétale.
Les agriculteurs peuvent alors ressemer les graines récoltées sur l’exploitation,
mais, à la longue, cependant, la pureté variétale risque de s’atténuer.
La production des semences allogames procède d’une sélection généalogique
conservatrice et comporte trois étapes.
La première étape consiste à choisir des épis dans la pépinière de la variété à
multiplier.
Les graines prélevées sur chaque inflorescence sont cultivées sur une seule ligne
(méthode «épi-ligne») De ces lignées de départ (lignées G0) sont exclues, au fur
et à mesure de la croissance, toutes les plantes dont les caractères botaniques
ne correspondent pas à ceux de la variété. A maturité on choisit 1000 plantes
environ que l’on récolte individuellement dans des sachets. Ces plantes
continuent les nouvelles lignées de départ G0. Le reste des lignes récoltées en
mélange, constitue la semence G1.
La deuxième étape correspond à la première multiplication. Les nouvelles
semences G0 des sachets sont semées en lignes au centre d’une parcelle et les
semences G1 sur le pourtour de celle-ci. A maturité, 1000 plantes environ,
choisies sur les lignes du milieu de la parcelle, sont récoltées individuellement
dans des sachets et sont destinées aux lignées de départ G0 de l’année suivante.
Le reste des lignes donne les nouvelles semences G1. Le pourtour du champ
donne les semences de première multiplication, ou semences G2.
La troisième étape est constituée par les multiplications suivantes. Tout en
assurant comme chaque année, de nouvelles lignées de départ G0, on multiplie
les semences G2, qui donnent les semences G3, puis, l’année suivante, les
semences G4, ou semence de base. Les semences de base sont distribuées aux
agriculteurs – multiplicateurs, qui récoltent des semences qui après contrôle,
deviennent les semences certifiées, ou R1. De ces semences R1, vendues aux
agriculteurs sortira la récolte consommable.
5.2.3 Sélection conservatrice des variétés hybrides
Les variétés hybrides doivent être recréées chaque année. Elles sont reproduites
à partir de leurs parents (lignées de base) maintenues stables par
autofécondations successives. Les agriculteurs ne pourront pas ressemer les
graines qu’ils récoltent.
L’obtention des semences commerciales de maïs hybrides, par exemple
comporte trois étapes.
La première étape correspond à la multiplication des lignées pures (lignées
parentales).
La deuxième étape est l’obtention des hybrides simples. On cultive alors les
parents des hybrides simples en alternant des bandes du parent femelle et des
bandes du parent mâle. Seuls les épis des plantes femelles sont récoltés comme
semences. Les semences d’un hybride simple, malgré leur prix élevé, dû au
faible rendement des lignées pures dont elles sont issues, apportent aux
agriculteurs qui possèdent bien les techniques culturales des suppléments de
rendement très appréciables. Mais le prix de revient élevé de ces hybrides
explique le recours à un second croisement.
La troisième étape consiste en l’obtention des hybrides doubles et des hybrides
«trois voies». Pour obtenir un hybride double on croise deux hybrides simples. Le
rendement est alors élevé. Le grain récolté sur les parents femelles constitue la
semence hybride double, vendues aux agriculteurs pour la production du maïs de
consommation.
On vend des semences hybrides trois voies résultant du croisement d’un hybride
simple (servant de femelle) avec une lignée pure (servant de mâle)
Chapitre-4 : Expérience béninoise
Expérience béninoise en production semencière
Au Bénin la production des semences est essentiellement gérée par l’état par
l’intermédiaire de ses institutions agricole que sont : la DAGRI, l’INRAB et les
CeRPA. Au niveau INRAB, les souches ou plantes mères sélectionnées ou
améliorées sont multipliées pour donner les semences-pré-bases, les semences
pré-bases parviennent à la DAGRI qui par l’intermédiaire de ses services
semenciers les multiplie pour produire les semences de base et les semences
certifiées. C’est les semences certifiées qui seront mises à la disposition des
producteurs pour la production.
La production des semences au bénin ne concerne pour le moment que quelques
cultures à savoir : le cotonnier, le maïs, le riz l’anacardier le palmier à huile et le
manioc.
5.2.4.1. Semences du cotonnier
Trois structures occupent la chaîne de la production semencière du cotonnier
(INRAB ; DAGRI ; CeRPA)
Au niveau INRAB, c’est le Centre de Recherche Agricole- Coton et Fibre
(CRA-CF) qui sélectionne ou améliore la souche nécessaire à la production.
Dans le même Centre on procède à la multiplication de la semence-souche ou
semence mère par deux générations pour obtenir à l’issu de la première
multiplication les semences (Z000) ou triple zéro et à la deuxième les
semences (Z00) ou double zéro. Les semences (Z00) sont appelées
semences de pré base et Ici prend fin l’étape de l’INRAB soit la première
étape.
La deuxième étape a lieu à la DAGRI par l’intermédiaire de la Ferme
d’Alafiarou dans le Borgou
Ici dans la ferme d’Alafiarou, les semences (Z00) sont multipliées pour donner
les semences de Base (Z0) qui met fin à l’étape de la DAGRI
La troisième étape est celle des CeRPA et spécifiquement pour le coton c’est
le CeRPA/BORGOU-ALIBORI. Le CeRPA reçoit la Z0 qu’il envoie à Sèkèrè
dans la commune de sinendé pour une première multiplication pour obtenir la
Z1. Pour une deuxième multiplication la Z1 est envoyée l’année suivante à
Gogounou (Alibori) et autres villages de sinendé pour produire la la Z2
(semence certifiée) à distribuer les années suivantes aux producteurs pour
leurs besoins agricoles
NB toutes les parcelles de multiplication sont isolées pour garantir la pureté
des semences.
5.2.4.2. Le maïs
La semence souche est produite par sélection ou amélioration par le Centre de
Recherche Agricole Nord (CRA-Nord) à Ina dans le Borgou. Ensuite la souche est
multipliée en une seule génération par le même Centre pour donner la semence
de pré-base.(première étape)
En deuxième étape la DAGRI par l’intermédiaire des fermes semencières de
Alafiarou et de Kétou (plataux) produit en une seule multiplication les semences
de base
En troisième étape, les semences de base vont directement aux paysans
multiplicateurs qu’on trouve dans toutes les communes du pays. Ces paysans se
chargent par une seule multiplication et sous le contrôle strict de l’encadrement
technique des CeRPA, de produire les semences certifiées destinées aux
producteurs.
5.2.4.3. Le manioc
C’est La même procédure que le maïs seulement, c’est aux CRA-Sud) à niaouli et
CRA-Nord) à Ina qu’on produit les boutures de pré-base.
Les fermes semencières de Kétou et d’Alafioarou produisent les boutures de
base
Les multiplicateurs sous le contrôle des CeCPA produisent les boutures certifiées
5.2.4.4. L’anacardier
Quatre étapes sont nécessaires pour une production de semences de qualité
La sélection de vergers âgés d’au moins 8 à 10 ans ;
La sélection d’au moins 5 à 10 meilleurs arbres par verger ;
La récolte arbre par de des noix ;
Les traitements des noix pour l’obtention des semences.
1- Sélection de vergers homogènes
Cette étape consiste à choisir des vergers propres et aérés dont les arbres ont
les caractéristiques suivantes :
Croissance normale;
Bonne forme avec un houppier dense ;
Tronc relativement droit ;
Sans attaques parasitaires ;
Individus bien isolés les uns des autres
2- Sélection des meilleurs arbres semenciers et leur confirmation
Elle consiste à choisir dans les vergers retenus au moins 5 ou 10 arbres
semenciers jugés meilleurs producteurs de noix. Ces arbres sont marqués
pour permettre une reconnaissance ultérieure et un suivi continu. Un bon
semencier doit produire en quantité (au moins 10kg/an) et en qualité (noix de
taille supérieure à 6 grammes et bien remplie). Le taux de remplissage doit
être d’au moins 25% en amande. La sélection définitive d’un arbre pour la
production de semences peut prendre deux années (deux campagnes de
production) pour permettre de disposer de données fiables sur les individus
retenus.
La récolte des noix destinées à la production de semences et même pour la
consommation se fait arbre par arbre par ramassage des fruits tombés à
maturité. La chute des fruits de l’anacarde est un indicateur de maturité
physiologique optimale de la noix. Après ramassage, la pomme est séparée
délicatement de la noix par simple arrachage de cette dernière.
3- Traitement des noix :
Après récolte, les noix sont nettoyées et débarrassées du reste de la pomme.
Elles sont ensuite étalées à l’air libre pour permettre le séchage qui est une
opération indispensable pour l’obtention d’une semence de bonne qualité. Ce
séchage dure 72 heures au moins pour ramener le taux d’humidité de la noix
dans la norme de 12%.
Un tri visuel se fait par classification des noix en deux groupes :
Le premier groupe est destiné à la semence et est composé de noix de bonne
forme, bien remplies et de taille d’au moins 6 gramme
Le deuxième groupe est destiné à la consommation et est constitué de noix
mal formées, mal remplies et trop petites.
La qualité des semences peut être évaluée par tests de flottage, de coupe ou
de germination. La bonne semence doit avoir au moins 85% de taux de
germination
La durée de conservation des semences après récolte est de quatre mois
environ ; après quoi, il y a des pertes de la viabilité (pouvoir germinatif des
semences). Il n’est pas conseiller de conserver des semences pour la
multiplication des plants l’année suivante.
5.2.4.5. : Le palmier à huile :
Les semences de palmier à huile résultent de la fécondation artificielle opérée dans
la station de recherches agricoles de Pobè. La fécondation concerne trois variétés de
palmier à huile que sont : Dura, Tenera et Pissifera.
La variété Dura a une coque épaisse et par conséquent donne plus d’huile que la
variété Ténéra à coque fine, Tenera étant issue du croisement entre Dura et Piss
ifera (variété sans coque)
Dura (coque épaisse, 35% - 70% de pulpe) x Pissifera (sans coque, 90% de pulpe,
fleure femelle stérile) = Ténéra (hybride)
La fécondation :
L’hybride Ténéra est considéré comme femelle avec des inflorescences femelles
allogames. Il est planté en quinconce dans un champ isolé aux écartements 7 x 8,5m
Avant la fécondation on procède à l’ouverture de la fleure femelle par enlèvement
des enveloppes externes, puis on protège l’inflorescence avec un sac préalablement
enrobé d’insecticide (propoxur) pour éviter l’arrivée d’insectes avec du pollen
étranger.
On récolte le pollen de la variété Pissiféra qu’on stocke dans des casiers désinfectés
à 150°c, puis on procède au teste de variabilité des pollens qui doit être supérieur à
70% avant conservation à 18°c pour utilisation plus tard.
Dix jours après l’ouverture de la fleure on passe à l’observation :
- Si elle est fécondée, on la détruit
- Si elle n’est pas fécondée, on passe à la fécondation artificielle avec les pollen
es déjà récoltés et conservés.
Les graines obtenues de cette fécondation constitueront la semence de palmier à
huile après traitement.
Traitement des graines :
Après la récolte les régimes sont étiquetés et transportés au magasin pour :
- Le pesage régime par régime
- L’égrappage régime par régime
- La pré-fermentation (3 jours),
- L’épiage graine par graine,
- La fermentation (3-4 jours),
- Le dépulpage (mécanique pour la variété Dura et par fermentation pour
Ténéra),
- L’essuyage suivi de séchage à l’ombre,
- Le triage :
Petites graines sont éliminées (par criblage)
Graines perforées et cassées sont éliminées
Graines normales conservées
Teste de contrôle d’embryons normaux (échantillons de 50 à 100 graines par
régime)
- Concassage de cinquante graines pour éliminer celles à coques vides, à
amande pourrie et conserver celles à amandes normales
- Extraction d’embryons (les embryons normaux ont deux couleurs : jaune
verdâtre et blanche vers le bas,)
- Test de germination (on retient les graines qui ont un taux de germination =
90%). Seuls les lots concernés sont retenus comme semences.
Désinfection des semences :
La désinfection est faite avec du Dithane M à la dose de 5g pour 1000 graines
mouillées avec un peu d’eau
Stockage : le stockage des semences est fait dans une salle dans des conditions
de température de 22°c et d’une hygrométrie supérieure ou égale à 70%. La
durée de stockage est de un an
Exercices de maison :
1- Prenez chacun 3 petits récipients, remplir chacun de sable stérilisé
(chauffé et refroidi). Après avoir arrosé le contenu, y ensemencer 100
graines de maïs ; 100 graines de haricot ; 100 graines de riz. c'est-à-dire
une culture par récipient. Déposer les récipients en milieu ambiant et
surveiller quotidiennement. Au bout du temps limite de germination de
chacune des cultures (voir monographie et autres document), calculer le
nombre total de graines germées par récipient et noter.
2- Rendez vous chez un pépiniériste de la localité, observer et suivre
comment se fait le greffage sur les manguiers ou autre fruitier pour
rapporter au cours prochain les différentes étapes du processus de
greffage.