Espaces Euclidiens et Produits Scalaires
Espaces Euclidiens et Produits Scalaires
Chapitre 3
Abdelhak ESSANHAJI
1
Sommaire
2
CPGE - Ibn Ghazi 2024/2025
Remarque 1.1:
u est linéaire par rapport à une variable et symétrique ⇒ u est bilinéaire.
1. Séparation (N.1) :
∀x ∈ E, ∥x∥ = 0 =⇒ x = 0E .
2. Homogénéité (N.2) :
2. Égalité du parallélogramme :
3. Identité de polarisation :
1
⟨x, y⟩ = (∥x + y∥2 − ∥x − y∥2 )
4
n 2 n
X X X
αi xi = αi2 ∥xi ∥2 + 2 αi αj ⟨xi , xj ⟩
i=1 i=1 1≤i<j≤n
Avec
x = 0
|⟨x, y⟩| = ∥x∥∥y∥ ⇔ ou
∃α ∈ R, y = αx
et
x = 0
⟨x, y⟩ = ∥x∥∥y∥ ⇔ ou
∃α ∈ R+ , y = αx
3. Un produit scalaire sur l’espace des fonctions continues sur [a, b], E =
C([a, b], R) : Si u, g ∈ E,
Z b
⟨u, g⟩ = u(t)g(t)dt
a
s
Z b
∥f ∥ = u(t)2 dt
a
s s
Z b Z b Z b
u(t)g(t)dt ≤ u(t)2 dt g(t)2 dt (Cauchy-Schwartz)
a a a
Exercice 1.1: 1
On note ℓ2 (R) = {(xn )n∈N ∈ RN / x2n converge}
P
n≥0
Exercice 1.2:
Soit a ∈ R un réel. Pour tout P, Q ∈ Rn [X], on pose
n
X
< P, Q >= P (k) (a)Q(k) (a)
k=0
1.2 Orthogonalité
On considère dans ce paragraphe un espace préhilbertien réel (E, ⟨·, ·⟩).
⟨x, y⟩ = 0.
∀i, j ∈ I, i ̸= j =⇒ ⟨xi , xj ⟩ = 0.
Remarque 1.2:
∀x ∈ E, on a : 0E ⊥ x
x ∈ E. x ⊥ x ssi x = 0E
Toute famille (xi )i∈I orthogonale de vecteurs non nuls de E est libre.
Corollaire 1.1:
Toute famille (xi )i∈I orthonormale de vecteurs de E est libre.
A⊥ = {x ∈ E | ∀a ∈ A, ⟨a, x⟩ = 0}.
Exemple 1.2:
1.
E⊥ = {0} et {0}⊥ = E.
F ⊥ = {x ∈ E, ∀1 ⩽ k ⩽ m, (ek | x) = 0}
1. A ⊂ B =⇒ B ⊥ ⊂ A⊥ .
2. A⊥ = (Vect(A))⊥ .
⊥
3. A ⊂ A⊥ .
Exercice 1.3:
1. Dans R3 déterminer l’orthogonal de :
F = {(x, y, z) ∈ R3 ; x − y + z = 0}
+∞ +∞
an X n et Q = bn X n on pose :
P P
2. Dans R[X] pour tout polynômes P =
n=0 n=0
+∞
X
(P |Q) = an bn
n=0
(a) Montrer que l’on définit ainsi un produit scalaire sur R[X]
(b) On considère :
F = {P ∈ R[X] ; P (0) = 0}
G = {P ∈ R[X] ; P (1) = 0}
F ⊥ = R0 [X]
G⊥ = {0}
⊥
(c) En déduire que l’inclusion A ⊂ A⊥ peut être stricte.
F = R(N) = u ∈ RN / ∃N ∈ N, ∀n ⩾ N, un = 0
∀(x, y) ∈ F × G, ⟨x, y⟩ = 0.
Remarque 1.4:
Exemple 1.3:
⟨A, B⟩ = Tr t AB .
L’espace des matrices réelles symétriques Sn (R) et l’espace des matrices réelles an-
tisymétriques An (R) sont orthogonaux.
Proposition 1.4:
On a équivalence entre :
1. F et G sont orthogonaux ;
2. F ⊂ G⊥ ;
3. G ⊂ F ⊥ .
Remarque 1.5:
x ∈ F ∩ G ⇒ (x | x) = 0.
Proposition 1.5:
Si F1 , . . . , Fm sont des sous-espaces vectoriels de E, deux à deux orthogonaux, alors
ceux-ci sont en somme directe.
Définition 1.7:
Lorsque les sous-espaces vectoriels F1 , . . . , Fm sont deux à deux orthogonaux, on dit
n
⊥
L
qu’ils sont en somme directe orthogonale et leur somme est notée Fk .
k=1
Exemple 1.4:
Supplémentaire orthogonal
Définition 1.8:
Deux sous-espaces vectoriels F et G sont dits supplémentaires orthogonaux s’ils
sont à la fois supplémentaires et orthogonaux, c’est-à-dire si :
E = F ⊕⊥ G.
Théorème 1.5:
Si F et G sont supplémentaires orthogonaux alors :
F ⊥ = G et G⊥ = F.
Corollaire 1.2:
Si F admet un supplémentaire orthogonal, celui-ci est unique et c’est F ⊥ . On dit
alors que F ⊥ est le supplémentaire orthogonal de F .
Danger 1.1:
Exemple 1.5:
Corollaire 1.3:
Si F admet un supplémentaire orthogonal, alors F ⊥⊥ = F .
2. Orthonormale si ∀i, j ∈ J1, nK, ⟨ei , ej ⟩ = δi,j , où δi,j est le symbole de
Kronecker.
Exemple 1.6:
1. La base canonique de Rn est orthonormale pour le produit scalaire canonique
de Rn .
n
P n
P
2. Si x = xk ek et y = yk ek , alors :
k=1 k=1
n
X
⟨x, y⟩ = xk yk .
k=1
n
P
3. Si x = xk ek , alors :
k=1 v
u n
uX
∥x∥ = t x2 . k
k=1
Exercice 1.4:
Soient a0 , . . . , an ∈ R des réels deux à deux distincts. Pour P, Q ∈ Rn [X], on pose :
n
X
⟨P, Q⟩ = P (ak ) Q (ak ) .
k=0
2. ⟨vk , ek ⟩ > 0.
Remarque 1.6:
Corollaire 1.4:
1. Existence d’une base orthonormale : Tout espace euclidien E non nul
admet au moins une base orthonormale.
1. On pose u1 = e1 .
(u1 | u3 ) = (u2 | u3 ) = 0.
4. .....
Exemple 1.7:
Soit (E, ⟨·, ·⟩) un espace préhilbertien réel et F un sous-espace vectoriel de dimension
finie. On a :
E = F ⊕ F⊥
.
Corollaire 1.5:
Si F et G sont des sous-espaces vectoriels d’un espace euclidien E, alors :
1. F ⊕⊥ F ⊥ = E et F ⊥⊥ = F .
3. (F + G)⊥ = F ⊥ ∩ G⊥ .
4. (F ∩ G)⊥ = F ⊥ + G⊥ .
Si H est un hyperplan d’un espace euclidien E, alors H ⊥ est une droite de E appelée
droite normale de H. Les vecteurs non nuls de cette droite sont appelés vecteurs
normaux à H.
Théorème 1.9:
Si a est un tel vecteur normal à l’hyperplan H, alors :
∀x ∈ E, x ∈ H ⇔ ⟨a, x⟩ = 0.
Exemple 1.8:
Dans Rn , muni du produit scalaire canonique, considérons l’hyperplan :
( n
)
X
H = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn | α k xk = 0 ,
k=1
H ⊥ = Vect(α).
Projecteurs orthogonaux
Soit p ∈ L(E).
E = F ⊕ G −→ E
f:
x = xF + xG 7−→ xF
Exemple 1.9:
Exercice 1.5:
Soit p ∈ L(E) un projecteur. Montrer que :
2. idE −pF = pF ⊥ .
3. Pour tout x ∈ E,
∥pF (x)∥2 + ∥pF ⊥ (x)∥2 = ∥x∥2 .
Corollaire 1.6:
Théorème 1.11:
Exemple 1.10:
⟨x, u⟩
∀x ∈ E, pF (x) = u.
∥u∥2
⟨x, v⟩
∀x ∈ E, pH (x) = x − v,
∥v∥2
Corollaire 1.7:
Si (e1 , . . . , en ) est une famille orthonormée de vecteurs de E alors
n
X
∀x ∈ E, |(ek | x)|2 ⩽ ∥x∥2
k=1
symétries orthogonales
Soit s ∈ L(E).
E = F ⊕ G −→ E
f:
x = xF + xG 7−→ xF − xG
Exemple 1.11:
Dans Mn (R) muni du produit scalaire canonique, la symétrie orthogonale par rap-
port à Sn (R) est donnée par :
1. sF = 2pF − idE et sF + sF ⊥ = 0.
Distance de x à A
Si A est une partie non vide de E et x ∈ E, on définit la distance de x à A, notée d(x, A)
par :
d(x, A) = inf ∥x − a∥
a∈A
d(x, F ) = ∥x − pF (x)∥.
Exemple 1.12:
(a | x)
d(x, D) = x − a
∥a∥2
Exemple 1.13:
Si H est un hyperplan de E, alors :
|⟨x, v⟩|
∀x ∈ E, d(x, H) = ,
∥v∥
Proposition 1.6:
a1 x 1 + · · · + an x n = 0
|a1 x1 + · · · + an xn |
d(x, H) = p
a21 + · · · + a2n
Remarque 1.8:
Exemple 1.14:
Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension 3 muni d’une base orthonormée
B = (i, j, k).
Soient P : x + 2y − 3z = 0 et D = Vect(u) avec u = i + k.
Soit x = i + 2j + 3k.
Calculons d(x, P ) et d(x, D).
Par les formules précédentes
4
d(x, P ) = √
14
et
√
d(x, D) = 6
±In ∈ On (R)
A ∈ On (R) ⇐⇒ t A ∈ On (R)
Corollaire 2.1:
Le groupe SO(2) (O2+ (R)) est abélien et de plus, l’application
cos(θ) − sin(θ)
R : θ ∈ R 7→ R(θ) =
sin(θ) cos(θ)
Dans tout ce qui suit, (E, <>) désigne un espace euclidien de dimension n.
1. ∀x ∈ E, ∥u(x)∥ = ∥x∥,
Si u vérifie l’une de ces propriétés équivalentes (1), (2), (3), on dit que u est un
endomorphisme orthogonal de E ou une isométrie vectorielle de E.
On note O(E) l’ensemble des endomorphismes orthogonaux de E.
Remarque 2.4:
Un endomorphisme orthogonal de E est un automorphisme de E.
de colonnes C1 , . . . , Cn . Alors
1. ∀i, j ∈ J1, nK, (Ci , Cj ) =< u (ei ) , u (ej ) > où (,) désigne le produit scalaire
canonique de Mn,1 (R).
2. u ∈ O(E) ⇐⇒ A ∈ On (R).
∈ N, p + q + 2r = n et
où p, q, r ∀i ∈ J1, rK, θi ̸= 0[π] et
cos (θi ) − sin (θi )
R (θi ) = .
sin (θi ) cos (θi )
et p, q, r ∈ N, p + q + 2r = n et ∀i ∈ J1, rK, θi ∈ R.
On dit alors que u est la rotation d’axe orienté vect (e1 ) et d’angle orienté θ.
Tr(u) = 1 + 2 cos(θ).
1 0 0
On a detB (e1 , e2 , u (e2 )) = 0 1 cos(θ) = sin(θ), donc le signe de θ est
0 0 sin(θ)
celui de detB (e1 , e2 , u (e2 )) où e1 est un vecteur unitaire de l’axe de rotation
et e2 est un vecteur unitaire orthogonal à e1 .
∀λ ∈ R, λIdE ∈ S(E).
alors
2. u ∈ S(E) ⇐⇒ A ∈ Sn (R).
Corollaire 3.1:
S(E) est un sous-espace vectoriel de L(E) isomorphe à Sn (R).
n(n + 1)
En particulier, dim(S(E)) = .
2
2. u est une symétrie orthogonale de E si, et seulement si, u est une symétrie
vectorielle de E et symétrique.
Exercice 3.1:
Soit u ∈ Rn un vecteur unitaire (∥u∥ = 1) et A = In − 2t uu et u l’endomorphisme
de Rn canoniquement associé à A. Montrer que u est une symétrie orthogonale de
Rn en déterminant ses éléments caractéristiques.
Proposition 3.3:
1. SpC (u) ⊂ R.
Tout endomorphisme u ∈ L(E) symétrique est diagonalisable dans une base or-
thonormée de E. Autrement dit, il existe B une b.o.n de E telle que MatB (u) est
diagonale.
2. Formes linéaires sur E = Mn (R): ∀φ ∈ (Mn (R))∗ , ∃!A ∈ Mn (R), telle que
∀M ∈ Mn (R), φ(M ) = Tr(AM ).
y 7→ φy
est un isomorphisme d’espaces vectoriels où ∀x ∈ E, φy (x) =< x, y > et E ∗ l’espace
vectoriel des formes linéaires sur E.
Remarque 4.1:
Dans ce cas, l’isomorphisme ne dépend pas des bases de E, on parle d’un isomor-
phisme canonique.
f ∈ S(E) ⇐⇒ f ∗ = f .
Exemple 4.3:
1. u ∈ O(E) ⇐⇒ f ∗ ◦ f = IdE .
Soient u, g ∈ L(E) et α, β ∈ R.
1. (αf + βg)∗ = αf ∗ + βg ∗ .
2. (g ◦ f )∗ = f ∗ ◦ g ∗ .
3. (f ∗ )∗ = u.
∗
4. u ∈ GL(E) ⇐⇒ f ∗ ∈ GL(E). Dans ce cas, (f ∗ )−1 = (f −1 ) .
Corollaire 4.2:
Exercice 4.1:
Soit u ∈ L(E). Démontrer que
2. Ker(u) = Ker (f ∗ ◦ f ) et Im (f ∗ ) = Im (f ∗ ◦ f ).
Remarque 4.2:
u est diagonalisable (resp. trigonalisable) si, et seulement si, u⋆ l’est également, car
u et u⋆ ont les mêmes polynômes annulateurs.
Propriétés de l’adjoint
Théorème 4.3:
Corollaire 4.3:
u et u⋆ ont les mêmes valeurs propres comptées avec multiplicité.
Proposition 4.3:
Un sous-espace vectoriel F est stable pour u si, et seulement si, F ⊥ est stable pour
u⋆ .
Corollaire 4.4:
Les hyperplans stables par u sont ceux possédant un vecteur normal qui est vecteur
propre de u⋆ .
∀X ∈ Mn,1 (R), X T AX ≥ 0.
L’ensemble des matrices symétriques positives est noté Sn+ (R), et celui des
matrices symétriques définies positives est noté Sn++ (R).
Proposition 4.4:
1. u ∈ S + (E) ⇔ sp(u) ⊂ R+ .