i
Épigraphe
Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la
disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.
Montesquieu
ii
In Memoriam
À celle qui a été là depuis les débuts de ma scolarité, tes sacrifices
et ta rigueur ont fait de moi la femme exceptionnelle que je deviens,
cher amie et grande mère LUSAMBA ROSA. À travers ce projet, je
lui exprime ma reconnaissance pour tout ce qu’elle m’a appris et le
courage qu’elle m’a donné pour tout le long de ma vie.
Rest in Peace Rosa wani.
iii
Dédicace
Tout d’abord, je dédie ce travail de fin de cycle à mes très chers
parents, KABALA TSHIPEMBULA Guy ainsi que ma tendre mère
MTONGU TSHITENGE Hélène. Pour tous les sacrifices consentis et
l’amour donné pendant ce parcours estudiantin. Ils ont été un réel
soutient et ont pris leurs responsabilités en main sans plaignant.
Merci pour tout.
Secundo, je le dédie à mes petits frères et mes petites sœurs,
notamment Joyce, Bijoux, Daniel, Victor, Christelle et Exaudi, tous
KABALA, appelés affectueusement mes bébés, que ce travail leur
serve de remparts et repère afin de faire mieux que moi.
iv
REMERCIEMENTS
Aujourd'hui, grâce à ce travail de fin de cycle de
troisième licence, nous pouvons exprimer notre reconnaissance
envers ceux qui ont consacré leur temps, leur énergie, leurs
ressources financières, leurs conseils et leurs enseignements pour
notre formation.
D’abord, je remercie l’Éternel Dieu Tout Puissant
manifesté en Jésus Christ pour la vie et les capacités intellectuelles
qu’Il m’a donné ainsi que tout ce qui m’entoure. Pour cette finalité,
je lui dis vivement Merci !
Nos remerciements à tout le corps académique pour la
formation et le beau cadre qui a construit la juriste en formation
que je suis.
À mon directeur de travail, le professeur YANGONZELA
Didier et mon codirecteur BAMANA Péguy pour leurs disponibilités,
leurs enseignements ainsi que leurs rigueurs dans le souci de
produire un travail de qualité.
En sus, à mon grand-père KABALA Bruno et mon oncle
TSHITENGE Mbelu, pour leur soutien financier, moral et leur
amour.
À SONGI Merveil, pour son soutien pendant toutes ces
épreuves et son amour qui ont été un apaisement.
À mes proches non cités, notamment, Bony Tshitenge,
Purcherie Mbiya, René Losongo, Ciel Sabana, Marithé Matamba, à
tous mes frères et sœurs Thsitenge, à la team UCC, Reziel
Mandiangu, Tata Fanny, a tous les Kabala ; je dis un grand merci.
v
À tous ceux qui de près ou de loin, ont contribué à mon
parcours académique mais n’ayant pas retrouvé leurs noms ci-haut,
je vous dis un grand merci!
1
INTRODUCTION
Dans tout travail scientifique, l’introduction joue le rôle d’un appas
important de la recherche, car elle permet de cerner ce dont il est question dans le
tréfonds du travail.
De ce fait, notre introduction comprendra : la problématique (1), les
hypothèses (2), l’intérêt du sujet (3), les méthodes de recherche (4), la délimitation du
sujet (5), et énoncé du plan (6).
1. PROBLEMATIQUE
La recherche naît toujours de l’existence d’un problème à résoudre, à
clarifier. Il y a problème lorsqu’on ressent la nécessité de combler un écart conscient
entre ce qu’on sait et ce qu’on devrait savoir 1. Et résoudre un problème, c’est trouver
les moyens d’annuler cet écart, de répondre à une question.2
La problématique est définie comme étant l’ensemble des idées
cohérentes qui constituent la formulation des problèmes posés dans notre recherche.
Elle réside dans l’effort de construction, d’agitation d’idées, de pensées, de théories sur
ce qui fait problème dans le sujet. Elle concerne un objet de préoccupation identifié,
passé au crible des questions, des objectifs, des hypothèses de recherche, de la
recherche des indicateurs des variables, en jeu, objet autour duquel s’articulent des
lignes d’analyses rendant compte de la spécificité, du sujet et permettant de le traiter
correctement.3
En effet, le droit électoral congolais qui a pour mission l’établissement
des règles qui organisent les élections politiques desquelles sont désignées les
représentants du peuple, qui régit les opérations préparatoires à l’exercice du vote et
les modalités de contestation de l’élection 4, se trouve butter à un problème de violation
intelligente de règles qui en découlent. Ces mécanismes qui lui rendent inefficace dans
son système constituent la fraude en Droit électoral. C’est-à-dire un système qui
conduit à la modification illégale de résultats des élections.
1 ASSIE GUY ROGER, KOUASSI ROLAND RAOUL, « Cours d’initiation à la méthodologie de recherche », École
pratique de la chambre de commerce et d’industrie, Abidjan, 2019, p. 19. Inédit
2 Idem, p20
3 PINTO R. et GRAWITZ M., Méthode de sciences sociales, Paris, éd, Dalloz, 1986.
4 ESAMBO KANGASHE J-L, le Droit électoral, congolais 2014, p.9.
2
De ce fait, plusieurs questions nous surviennent notamment celle de savoir
qu’est ce qui favorise la fraude électorale et la corruption en RDC ? Qui sont les
acteurs qui favorisent la fraude électorale en RDC ? Et comment le juge
constitutionnel congolais exerce son pouvoir de lutter contre cette fraude électorale ?
Ces manipulations conduisent à la modification, voire à la déformation
de la volonté des électeurs. Elles favorisent la fraude électorale, phénomène souvent
difficile à dissocier de l’élection et des enjeux qu’elle procure.5
Toutes ces questions posées feront objet de débats en long et en large qui
fonde ainsi notre réflexion. Et cela dans les lignes qui suivent.
2. HYPOTHESES DE TRAVAIL
En République Démocratique du Congo, il faut signaler que prise en
vertu de la constitution6, la loi N° 75-009 du 02 avril 1975 portant organisation des
élections législatives, interdisait déjà la tenue, en dehors du mouvement populaire de la
révolution, toute propagande électorale.7 Une hypothèse de la fraude en droit électoral.
Et d’ailleurs, cette prohibition de ladite loi était censurée au cas où elle ne comportait
pas des messages et des déclarations politiques vantant les idéaux du parti politique le
MPR et de son fondateur le Président Mobutu Sese Seko.
Une autre hypothèse consiste au changement du système électoral qu’a
connu la RDC en 2011 où l’on quitta l'élection présidentielle à deux tours pour celle à
un seul tour. Et ce qui était plus grave est que cette modification avait eu lieu pendant
l’année électorale, une violation de la règle de jeux qu’on qualifie aussi de la fraude en
droit électoral congolais.
5 ESAMBO KANGASHE J-L., le Droit électoral congolais, 2014, [Link]., p.147.
6 Aux termes de l’article 19 de la loi N° 70-001 du 23 décembre 1970 modifiant la constitution du 24 juin 1967,
le mouvement populaire de la révolution est érigé comme première institution de la République avant le
président de la République, l’assemblée nationale, le gouvernement, la cour constitutionnelle et les cours et
tribunaux. Il deviendra, en vertu de la modification constitutionnelle organisée par la loi N° 74-020 du 15 aout
1974, la nation zaïroise organisée politiquement (art.29) et la seule institution de la République (art.28), les
autres n’étant que ses organes.
7 L’article 22 de cette loi indique que la propagande électorale est faite par le mouvement populaire de la
révolution.
3
Nous avons donc pu confirmer que si les violations sont fréquentes, c'est
parce que le citoyen, principale source du pouvoir des différents auteurs de ces
violations, est indifférent face à cette problématique qu'est la fraude en Droit électoral
congolais. Cette indifférence que nous avons assimilée à un « sommeil » dans notre
travail, est donc une cause à part entière de la carence de la consolidation de L'État de
Droit en République Démocratique du Congo.
Toutefois, la fraude en droit électoral doit être combattue par les moyens
rationnels pour en réduire les effets nocifs. Pour ce, le dispositif juridique doit être
conçu et réajusté pour atteindre cet objectif. Le droit électoral congolais doit s’investir
à la fois par le dispositif juridique mis en place et la référence au droit comparé dont
les recettes paraissent, de toute évidence, insuffisantes
3. INTERETS DU SUJET
Comment ne pas s’intéresser à cette recherche d’autant plus que le destin de
la République Démocratique du Congo est lié à l’organisation, aux intervalles
réguliers, d’élections et sa rationnelle gestion pour que soit ordonnancée, à différents
niveaux, la distribution du pouvoir politique ?
De ce fait, notre étude présente un double intérêt à savoir : Un intérêt
théorique d’un côté et un intérêt pratique de l’autre.
Du point de vue théorique, notre recherche renferme naturellement un
intérêt pour la science lorsqu’elle tente de tabler sur la pertinence d’une étude en Droit
électoral, « LE JUGE CONSTITUTIONNEL CONGOLAIS FACE AUX EXIGENCES
DE LA MORALISATION DE LA VIE POLITIQUE : POUVOIR D’ANNULATION
POUR CORRUPTION ET FRAUDES ELECTORALES D’UN ELU EN RDC ».
L’intérêt à ce point est d’expliquer, autant que faire se peut, à quel
niveau le droit électoral congolais connait les mécanismes de fraude. Il est question de
détecter le dysfonctionnement des organes chargés d’assurer les bonnes élections en
RDC.
4
Du point de vue pratique, notre étude vise à éveiller la conscience des
acteurs tant politiques que judiciaires sur la manière d’organiser et de gérer les
élections sans pour autant faire appel à des manœuvres frauduleuses qui freinent la
bonne tenue du scrutin en République Démocratique du Congo, car cela est un
obstacle à la vraie démocratie.
Il est donc question dans notre travail de contribuer à l’efficacité des
règles relatives à l’organisation des élections et de veiller à leur protection effective
dans le chef des acteurs politiques et judiciaires congolais. Car nous aurons à constater
les pratiques qui violent intelligemment les règles de Droit électoral qu’il faut
combattre.
4. MÉTHODES DE RECHERCHE
La méthode étant indispensable pour l'élaboration d'un travail
scientifique, il est de notre devoir de les présenter et décortiquer chacune d'entre elles.
L’essentiel dans un travail juridique réside dans la pertinence des idées. L’utilisation
d’une bonne méthode a pour objet de mettre en valeur la qualité de la réflexion.8
Le professeur Ambroise Kamukuny a affirmé9 que la méthode dans une
étude est un moyen et non une fin, un instrument devant permettre à l'esprit de
s'épanouir, à la réflexion de s'élargir et à l'expression de s'éclaircir. Kaplan 10 également
y émet son avis en affirmant que le propre de la méthode est d'aider à comprendre au
sens le plus large non les résultats de sa recherche scientifique; mais le processus de la
recherche lui-même.
Les attitudes concernant les problèmes de la connaissance dépendent des
positions philosophiques beaucoup plus que des difficultés rencontrées dans la
recherche scientifique elle-même. Les difficultés rencontrées dans la recherche
relèvent elles aussi de la méthode. L'utilisation d'une bonne méthode a pour objet de
mettre en valeur la qualité de la réflexion. En termes méthodologiques, les approches
8 MULUMBA TSHITOKO M., la conception de la fonction présidentielle en République Démocratique du Congo,
thèse de doctorat en Droit Public, université paris 1 Panthéon-Sorbonne, 5 décembre 2018, p.41.
9 KAMUKUNY MUKINAY A., Contribution à l’étude de la fraude en droit constitutionnel congolais, [Link]., p. 49.
10KAPLAN cite par GRAWITZ M., Méthodes des sciences sociales, 11ème éd., Paris, Dalloz, 2001, p. 15.
5
utilisées dans notre travail ne sont pas nouvelles ni inventées par nous. Elles sont
inspirées par celles généralement utilisées par les chercheurs dans les recherches
similaires. Nous retiendrons celles qui nous paraissent adaptées aux objets de notre
travail. Chaque discipline à ses impératifs méthodologiques. Les méthodes de
recherche sont liées à la discipline dans laquelle l'étude est faite et à la catégorie des
chercheurs concernés par la démarche.
Notre première méthode sera naturellement normative. Un accent sera
donc mis sur la constitution, la loi, les règles juridiques qui réglementent les
institutions dont il est question dans notre travail. Sans préjudice de se faire compléter
par les méthodes empiriques, historiques et comparatives.
a. Méthode juridique
Elle est une méthode dogmatique, casuistique : elle expose et analyse le
droit en vigueur dans un État. La méthode juridique n’ignore pas les faits, mais elle
part du texte et confronte les faits et le droit. Cette méthode s’attache aux problèmes de
conformité d’un événement donné à la constitution.11
En droit, la méthode revêt plusieurs aspects. Notre objectif donc en tant
que juriste en formation est de démontrer une solution juridique. La méthode que nous
utilisons doit être entendue comme la manière dont les juristes organisent leur
raisonnement pour parvenir à ce résultat. Il faut également entendre de cette méthode
des différentes techniques permettant de travailler efficacement.
COHENDET pense donc, de ce fait, qu'une méthode de travail en droit
public en particulier n'existe pas; mais qu'il existe multiples méthodes variant selon la
personnalité et les conceptions de chaque juriste, et selon le type d'exercice. Afin de
comprendre les raisonnements de ceux qui sont chargés de prendre ou d'appliquer les
textes juridiques, il parait indispensable au juriste d'avoir une idée claire sur les grands
types d'interprétation juridique.12
La théorie d'interprétation fait intervenir notamment des considérations
linguistiques et épistémologiques. Selon que l'on se sert du langage dans lequel est
11 MIDAGU B., introduction à la méthodologie juridique, éd, crédit, 2021-2022. P.13
12 COHENDET M-A., Droit public, Méthodes de travail, 3ème édition, Paris, Montchrestien, 1998, p. 13
6
exprimé, du contexte de sa création, de l'objectif poursuivi par son auteur, de la
fonction que doit objectivement remplir le texte ou de l'ensemble des dispositions d'un
texte; l'interprétation peut être sémiotique ou exégétique, téléologique ou contextuelle,
génétique, fonctionnelle et systématique ou holistique.
1. Interprétation sémiotique ou exégétique
Plusieurs chercheurs réduisent cette interprétation à l'unique méthode
juridique, qui consiste à faire une interprétation presque littérale ou simplement
grammaticale de la règle, de la norme juridique. Cependant, elle est très importante
car permettant de comprendre en lisant une loi, quelle serait la volonté du législateur
du texte afférent. Et au regard de notre travail, elle nous aide à dénicher le souci du
constituant en prônant l'idée selon laquelle le citoyen serait le destinataire de toutes les
prérogatives incluses dans la constitution et même le souverain originaire d'où découle
les pouvoirs des acteurs placés au sommet de l'État pour le représenter.
2. Interprétation téléologique ou contextuelle
Il est vrai qu'une disposition légale ou constitutionnelle dans sa création a
pour but la compréhension de son ratio régis par ses destinataires. Cette approche
téléologique qui permet : à celui qui veut comprendre une disposition légale ou
constitutionnelle de la situer dans le contexte de son élaboration, de son adoption dans
la finalité poursuivie.
3. Interprétation génétique
Cette interprétation sous-entend qu'on peut comprendre une disposition en
se référant à la genèse du texte, en recherchant l'intention de ses auteurs généralement
dans les travaux préparatoires ou les débats parlementaires qui ont précédé son
adoption. Et Cohendet estime que les déclarations de l'auteur du texte peuvent servir
de guide à l'interprète surtout lorsque la volonté de ce dernier est sans équivoque.
4. Interprétation fonctionnelle
7
Dans cette interprétation on se demande non pas de ce que l'auteur a
réellement voulu, mais maintenant que la règle doit être appliquée dans une situation
historique différente, quel sens il convient de lui donner si l'on veut obtenir un résultat
satisfaisant. Le risque de pareille méthode réside dans l'éventuelle erreur des diverses
possibilités d'interprétations auxquelles ouvre le sens normalement subjectif de la
«fonction objective». De cet aperçu, cette dernière nous aide en ce qui concerne notre
travail, à mieux saisir l'essence d'un texte et à le relier avec notre étude, qui nécessite le
recours à une subtilité assez particulière pour interpréter un texte et le rallier à notre
étude.
5. Interprétation systématique ou holistique
Pour mieux appréhender une norme relative au droit électoral, il est
loisible de l'analyser du point de vue de l'intégralité du texte.
Cette interprétation consiste donc à prendre en considération d'autres
articles d'un texte ou même éventuellement d'autres règles de droit pour qu'ils
s'éclairent les uns les autres. Pour interpréter la norme, on se réfère cette fois au
système auquel elle appartient. Cette interprétation permet donc une approche
holistique. C'est de cette manière qu'il est alors possible de s'interroger sur l'esprit des
dispositions relatives au Droit électoral tirées de la nature du régime et de comprendre
avec plus de bonheur les objectifs poursuivis par le législateur.
En appréhendant ces cinq approches juridiques ci-dessus, le chercheur
peut être sûr de comprendre avec bonheur la règle étudiée. Il peut même en être
suffisamment satisfait.
b. Méthode empirique ou sociologique
Cette méthode, dans le cadre de notre travail, nous permettra de
confronter le droit et le fait en observant les réalités, en vue de décrire le phénomène
concret avec toutes les manifestations, en tenant compte des implications qu’en
découlent. Par ailleurs, la méthode sociologique nous aidera également à saisir la
conformité des prévisions textuelles de la constitution et des lois électorales qui la
8
régissent à ce que les acteurs du Droit électoral posent comme actes dans la pratique.
Cette méthode « consiste à faire appel à l'observation pure et simple. L'origine de la
connaissance se trouvant dans l'expérience pour le sociologue, il croit en la valeur de
l'observation et en celle de la sensation. Le concret se trouve ainsi appréhendé par le
sensible.
Cette méthode privilégie naturellement les actes, les comportements,
l'expérience vécue qu'elles substituent à la règle juridique faisant ainsi de l'empirisme.
Leur analyse comme le disent POIRMEUR ET BERNARD 13, nous
permet de mieux apprécier le sens en vue d'une meilleure perception pour en suggérer
une bonne application. Poirmeur et Bernard conseillent aux juristes constitutionnalistes
de se garder contre un triomphant juridisme et fétichisme de l'approche juridique.
Afin d'éviter ce que Mahiou14 appelait «Juridisme», il faut considérer
également les faits cachés et les idées qui sous-entendent un régime politique.
C'est pour cette raison que nous juristes en formation ne pouvons sous-
estimer dans notre travail, l'apport d'autres sciences. L'incohérence qui découle de
l'application des textes par les gouvernants politiques par rapport à leur véritable sens,
faisant demeurer le peuple loin de son aspect indispensable au sein de l'État congolais
sera mieux appréhendé.
Et, Francis Delperé15 appuie cela en affirmant que dans un État dit de
droit seules les actions comptent et non les discours sans accomplissements. Il a
également conseillé, le recours à l'apport des sciences sociales telles que la sociologie,
l'histoire, sans lesquelles nos recherches se peuvent refléter la réalité effective.
13POIRMEUR Y. et BERNARD A., La doctrine juridique, Paris, PUF, 1993, pp. 5-12.
14MAHIOU A., L’avènement du parti unique en Afrique noire : l’expérience des États d’expression française,
Paris, LGDJ, 1969, pp. 12-13.
15DELPEREE F., L’élaboration du droit disciplinaire de la fonction publique, Paris, LGDJ, 1969, p. 10.
9
La méthode sociologique a donc pratiquement deux piliers dont la
description de fait et l’explication. Ceci pour dire qu’elle consiste d’abord à décrire le
phénomène et en suite y proposer une explication.16
c. Méthode historique ou Diachronique
Il s'agira donc de faire l'historique depuis la promulgation de la
constitution du 18 février 2006, passant par sa révision en 2011 jusqu'à nos jours, et ce
face à la prédominance du citoyen qui n'est restée qu'une abstraction constatée.
L'apport de l'histoire sera donc important en ce sens que ces différentes
périodes qu’a connues l'État congolais seront mises à l'évidence.
d. Méthode comparative
La méthode comparative est définie par REUCHELIN 17 comme: une
démarche cognitive par laquelle on s'efforce à comprendre un phénomène par la
confrontation des situations différentes. Comme nous l'avons dit ci-haut, ce travail se
penchera essentiellement sur le droit électoral congolais. Mais cette méthode nous sera
importante pour faire recours au droit comparé afin d'étayer la tendance discordante en
ce qui concerne la conformité à la norme constitutionnelle et aux règles prévues par le
Droit électoral.
e. Méthode interdisciplinaire
La méthode interdisciplinaire est un processus dans lequel on développe
une capacité d’analyse et de synthèse à partir des perspectives de plusieurs disciplines.
Son objectif est de traiter une problématique dans son ensemble, en identifiant et en
intégrant toutes les relations entre les différents éléments impliqués. Il tente de
synthétiser et de relier le savoir disciplinaire et de le replacer dans un cadre systémique
plus large."
6. DELIMITATION DU SUJET
16 KALUBA DIBWA D., méthodes de la science politique, leçon magistrale, Kinshasa, Edition eucalyptus, 2017,
p.43.
17 REUCHLIN M., les Méthodes en psychologie, 3ème édition, P.U.F, Paris, 1973, p.25.
10
Restreindre le champ d'application d'un travail est de rigueur dans la
démarche scientifique. Selon REZSOHAZY18, toute démarche scientifique procède
fatalement par un découpage de la réalité, Il n'est donc pas possible d'étudier tout à la
fois ou, à partir d'un fait étudié, de parcourir tous les éléments influents jusqu'aux
extrêmes limites de la terre et jusqu'au début des temps. A KAYUNSA et SHOMBA 19
d'ajouter qu'un sujet est bien délimité, qualifie l'auteur pour mener sa recherche avec
suffisamment d'efficacité et de lucidité.
Une mise au point important sur la délimitation du travail dans l'espace.
a. Dans l’espace
L’espace sur lequel notre recherche est fournie est la République
Démocratique du Congo. C’est-à-dire qu’il s’agit de la lutte contre la fraude dans le
territoire congolais.
Il est ensuite important de délimiter notre travail dans le temps.
b. Dans le temps
Notre travail, en vue de démontrer les différentes manières qui ont
enfoncé le Citoyen pour ainsi détourner son regard de la place qu'il doit occuper et des
prérogatives lui reconnues ; partira de la constitution du 18 février 2006 jusqu’à nos
jours ; Sans toutefois avoir l'intention d'épuiser une notion aussi vaste que complexe.
7. ENONCE DU PLAN
Notre recherche scientifique en droit électoral congolais comprend :
l'introduction, deux chapitres dont chacun de chapitres contient deux sections et la
conclusion.
CHAPITRE I. GENERALITES
18REZSOHAZY R., Théorie et critique des faits sociaux, Bruxelles, La Renaissance du livre, 1971, p. 24.
19KAYUNSA BIDUM G. et SHOMBA KINYAMBA S., Initiation aux méthodes de recherche en sciences sociales,
Kinshasa, PUZ, 1995, p. 39.
11
Dans ce chapitre, il sera question de dégager d’abord le rôle du juge
constitutionnel congolais (section I), mais aussi les mesures et impactes des décisions
prises par celui -ci en matière électorale (section II).
SECTION I. LE ROLE DU JUGE CONSTITUTIONNEL CONGOLAIS
§1. Compétences et responsabilité du juge constitutionnel en matière électorale.
Dans ses racines, il avait déjà été préparé une cour constitutionnelle
depuis la loi fondamentale du 19 mai 1960 20, cependant, il n’avait pas été installé
depuis cette élaboration et a pu voir le jour que le 11 avril 2015. Pendant l’ineffectivité
de cette cour, l’intérim avait été joué par le conseil d’État belge jusqu’en 1964 ou le
relais a été pris par la cour d’appel de Gombe mais faute de matérialisation, cette
résolution a été un échec ; ensuite, le législateur a eu l’idée d’établir une Cour
Suprême de Justice en 1967. C’est après plusieurs lois sur sa composition, notamment
l’ordonnance n°07/001 du 05 février 200721, qui, de 2006 à 2007, a été dans
l’incapacité d’initier un projet de loi allant dans ce sens, promulguant la cour
constitutionnelle sauf que la copie de cette ordonnance a été rendue disponible
qu’après une année et un mois22
D’emblée, retenons que la compétence des autres Cours est reconnue
dans les Constitutions et est, en règle générale, prévue dans les lois relatives aux
juridictions constitutionnelles et éventuellement dans les législations électorales.
20 Art. 226 de la loi fondamentale du 19 mai 1960 relative aux Structures du Congo stipulait que la Cour
Constitutionnelle est composée d’une chambre de constitutionnalité, d’une chambre des conflits et d’une
chambre d’administration. Sauf que, telle que le précise l’article 253 de la même loi, qu’en attendant que la
cour constitutionnelle soit installée, c’est le conseil d’État de Belgique qui exerce, selon la procédure qu’il
détermine les compétences de la cour constitutionnelle telle qu’elle résulte des articles 229 à 235 (19 mars
2024, 09 : 03)
21 Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, numéro spécial du 06 février 2007, col.1 (19 mars
2024, 10 : 00)
22 Préalablement établi par la commission des reformes du droit congolais, ce projet de loi a été enrôlé a la
direction des séances de l’Assemblée Nationale le 26 mars 2008 sous le n°081. (19 mars 2024, 10 : 10)
12
On pourrait en déduire que parmi les États dont les Cours
constitutionnelles sont membres de l’A.C.C.P.U.F., le juge constitutionnel est garant
du contentieux électoral. Néanmoins, la complexité du processus électoral fait recours
à une pluralité de contentieux, à laquelle les États ont apporté diverses réponses.
Et, dans les pays habitués à la tenue régulière d’élections, l’organisation
du contentieux offre au juge l’occasion de participer à la légitimation des suffrages et,
conséquemment, la désignation des gouvernants.
Par elle, le juge s’autorise à vérifier la conformité des actes et procédures
électoraux, la régularité des opérations et l’intégrité du vote, ainsi que la sincérité des
résultats.
Il est, quoiqu’on dise, un acteur principal dans l’évaluation de la
légitimité des gouvernants et de leurs politiques publiques23. Riche, le contentieux
électoral couvre, en Afrique comme ailleurs, plusieurs aspects, allant des actes
préparatoires24 jusqu’aux résultats. Rares sont, en effet, les systèmes juridiques
africains qui ne reconnaissent pas au juge électoral le pouvoir de sanctionner toute
irrégularité constatée lors de la préparation et l’organisation d’un scrutin.
Diverse et variée, la réglementation africaine indique que la Cour
constitutionnelle est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de
l’activité des pouvoirs publics. Elle juge de la régularité des consultations
référendaires, des élections présidentielle et législatives.
23 ESAMBO KANGASHE J.-L, Le Droit électoral congolais, Louvain-la-Neuve, Academia-l ’Harmattan, Coll. «
Bibliothèque de droit africain » 11, 2014, p.157.
24 Tels que l’inscription sur les listes électorales, la réception et le traitement de candidatures, ou encore
l’organisation de la campagne électorale.
13
Le juge constitutionnel se voit ainsi reconnaitre le pouvoir de réguler la
vie politique25, même si l’imprécision sur la nature de la fonction peut faire craindre,
en cas d’abus26, des dérives. La nature imprécise de la fonction régulatrice aurait
persuadé certains esprits à émettre un doute sur le bien-fondé, dans un régime
démocratique, arguant, quelque fois, le spectre de l’autonomie du juge27.
Le juge constitutionnel congolais est revêtu de nombreuses compétences.
Il en est ainsi de la compétence électorale28 qui lui permet de connaitre des recours en
contestation de la régularité et la sincérité des élections présidentielle et législatives
nationales29, avant, pendant et après le scrutin. Et, cette compétence électorale lui
conférée remonte à la fin des années 1990, période caractérisée par des élections
multipartites et compétitives en Afrique30.
Dans ces conditions, et au lieu de s’accrocher à la conjoncture et la
contingence des répercutions émotionnelles, on devrait admettre, même avec quelques
voix discordantes, l’évidence qu’il faut situer, non pas dans l’imaginaire individuel,
mais bien dans l’activité prétorienne du juge. Réguler, n’est rien d’autre qu’ajuster une
attitude afin d’assurer la conformité à la norme ou à une exigence préétablie.
La régulation indique la voie idoine et prendre part, de ce fait, à une
stabilité institutionnelle sans lequel l’harmonisation d’un exercice d’une fonction
publique ne serait qu’une utopie. Prévenant tout risque de dérapage, la régulation
n’admet pas de désordre, ni d’anarchie dans l’accomplissement d’une tâche ou d’une
mission, mais assurée par le juge, elle peut être perçue comme une technique de lutte
contre tout abus, dans le fonctionnement d’une institution de l'État ou un contrôle de
certains comportements politiques déviants.
La question de vote étant ainsi replacée au centre de la politique
africaine, elle a emporté avec elle celle du contentieux électoral, caractéristique d’une
25 On cite en exemple les articles 114 de la Constitution de la République du Bénin du 11 décembre 1990, 88
de la Constitution de la République de Côte d’Ivoire du 8 novembre 2016, 165 de la Constitution de la
République du Congo du 6 novembre 2015, 83 de la Constitution de la République du Gabon du 12 janvier
2011, 85 de la Constitution de la République du Mali du 12 janvier 1992, 99, al 2 et 104, al. 2 de la Constitution
de la République du Togo du 27 septembre 1992, telle révisée par la Loi n°2002-09 du 31 décembre 2002.
26 ECK. I, L’abus de droit en droit constitutionnel, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 32
27 Aucune législation n’indique avec précision qu’en régulant le fonctionnement des institutions et l’activité
des pouvoirs publics, le juge est autorisé à donner des injonctions.
28 Symphorien KAPINGA, « Autres compétences de la Cour constitutionnelle », ACJC, vol.1, 2016, pp. 29–39.
29 Article 81 de la Loi organique n°13/026 du 15 octobre 2013 portant organisation et fonctionnement de la
Cour constitutionnelle, JORDC, 59e année, Numéro spécial 7, juin 2018.
30 DJEDJRO Francisco MELEDJE, « Le contentieux électoral en Afrique », Pouvoirs, Le Seuil, n° 129, 2009/2, p.
143.
14
élection disputée31 et des sociétés démocratiques32, plaçant ainsi ce juge au centre de
l’organisation des élections nationales33.
Et, dans la mesure où la « validité des résultats » et la qualité des élus en
dépendent, le contentieux électoral est une technique qui assure, autant que possible,
l’équité et la régularité de la représentation dans la démocratie électorale.
C’est cette régularité qui est vérifiée en matière du contentieux de
candidature, alors qu’en matière du contentieux des résultats, le juge focalise son
raisonnement sur l’authenticité ou l’exactitude des résultats34.
Le droit constitutionnel a l’occurrence, le droit électoral a eu tardivement
connaissance de la justesse de la fonction régulatrice. Et pour cause, la doctrine semble
perplexe à lui attribuer une définition extraite des appréhensions approximatives des
uns et des autres. On ne peut espérer mieux tant la simple évocation donne l’air d’une
innovation que l’on découvre à peine.
Si la juridisation autorise l'incursion de la règle du droit dans le domaine
politique auquel il n'avait naguère accès, la justiciarisation offre la garantie du bénéfice
égal que chaque citoyen est en droit d’attendre de l’administration de la justice
cantonnant, du coup, la politique dans le droit, pour mieux le domestiquer. La
judiciarisation évoque, quant à elle, l’idée d’un contrôle juridictionnel des actes des
gouvernants.
31 Ousmane KHOUMA, « La sincérité du scrutin présidentiel devant les juridictions constitutionnelles africaines
(les exemples du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Sénégal », pp. 10–11, [Link] [Link]/wp-
content/uploads/2021/03/la_sincerite_du_scrutin_presidentiel_devant_les_jur
idictions_constitutionnelles_africaines.pdf, consulté le 13/10/2021.
32 DJEDJRO Francisco MELEDJE, « Le contentieux électoral en Afrique », [Link]., p. 141 ; Ousmane KHOUMA «
La sincérité du scrutin présidentiel devant les juridictions constitutionnelles africaines (les exemples du Bénin,
de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Sénégal », [Link]., p. 11.
33 M. Mamadou SENE, La juridictionnalisation des élections nationales en Afrique noire francophone : les
exemples du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Analyse politico-juridique. 12.
34 Ousmane KHOUMA « La sincérité du scrutin présidentiel devant les juridictions constitutionnelles africaines
(les exemples du Bénin, de la Côte d’ivoire, du Mali et du Sénégal), [Link]., p. 11.
15
§2. Contexte des élections en RDC
Selon les pays, deux éléments permettent de se faire une idée sur
l’environnement électoral, à savoir, la configuration politique et le cadre institutionnel.
A. La configuration politique
Technique, par excellence, de distribution démocratique du pouvoir, les
élections sont, pour chaque pays, redevables de la configuration politique, celle-ci
déclinant la situation d’un pays stable, en crise ou sorti de crise35.
Tenues à échéances régulières, les élections participent à la vitalité
démocratique et à la normalisation de la vie politique. Appelées à être organisées dans
un pays en crise ou sorti de crise, les élections ressemblent, en raison des contraintes
de nature diverse, à une épreuve de rallye ou un chemin de la croix qu’il faut parcourir
jusqu’au bout.
Pour la République démocratique du Congo, on retiendra que ce pays a,
depuis son accession à l’indépendance, le 30 juin 1960, permanemment fait le lit
d’instabilité politique avec des épisodes de crises, d’accalmies et de résurgence de
crises dont l’une des causes fondamentales repose sur la contestation de la légitimité
des institutions politiques et de leurs animateurs36.
Alors que l’on croyait définitivement résolu, le problème de légitimité
institutionnelle, avec la tenue, en 2006 et 2011, d’une partie d’élections générales 37, la
non organisation, en 2016, de l’élection présidentielle et celle des députés nationaux et
provinciaux, ainsi que des sénateurs et gouverneurs de provinces, plongea le pays dans
une crise de légitimité des institutions à mandat électif et de leurs animateurs.
35 On note que, dans un pays qui connaît une stabilité politique et institutionnelle, l’organisation d’une
élection relève de l’activité ordinaire de l’administration territoriale et n’exige aucune formalité particulière.
36 Exposé des motifs de la Constitution du 18 février 2006, telle que révisée à ce jour, Journal officiel de la
République démocratique du Congo, numéro spécial du 5 février 2011, p. 79.
37 Il s’agit de l’élection présidentielle couplée au scrutin des députés nationaux.
16
Aussi, pour tenter de trouver une solution politique à une question
d’essence constitutionnelle, les négociations politiques sont-elles été initiées et
organisées, d’abord, à la Cité de l’Union africaine, ensuite, au Centre interdiocésain de
Kinshasa ; elles aboutirent à la signature, pour les premières, de l’Accord politique
global du 18 octobre 2016, pour l’organisation d’élections crédibles, apaisées et
transparentes en République démocratique du Congo et, pour les secondes, de
l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 dit Accord de la Saint
Sylvestre.
Prévu dans ce dernier Accord38, l’Arrangement particulier dont la
signature intervint le 27 avril 2017 était voulu comme une somme de mécanismes
consensuels de mise en œuvre ; mais en raison de son application partielle et sélective,
on assista à l’amplification, déjà perceptible, de la méfiance entre acteurs concernés
et/ou impliqués39.
B. Le cadre institutionnel
Comme ailleurs, la République démocratique du Congo est,
constamment, confrontée à la crédibilité d’une élection gérée par le gouvernement ou
un organe indépendant. L’idée de confier l’organisation de l’élection à une institution
indépendante détachée du gouvernement, remonte à l’Accord global et inclusif sur la
transition signée, à Sun City, en Afrique du Sud, le 17 décembre 2002, qui autorisa la
création de la Commission électorale indépendante.
Prévue par la Constitution de la transition, cette institution d’appui à la
démocratie exercera les attributions jadis assurées par le gouvernement, dans le
domaine de l’organisation et la gestion des élections. C’est à elle qu’il revenait de
superviser l’ensemble du processus électoral, notamment, l’enrôlement des électeurs,
la tenue du fichier électoral, les opérations de vote et de dépouillement, ainsi que le
référendum. Le droit électoral congolais place donc la Commission électorale
nationale indépendante au centre du dispositif d’organisation et de gestion des
élections40.
38 Point 1.11. 3, 4, de l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016.
39 Dans ce contexte, seule la bonne foi, dans le respect et l’application des règles de jeu mises de commun
accord, pouvait permettre la tenue des scrutins véritablement crédibles, transparents, démocratiques et
surtout apaisés.
40 Prise en conformité avec la Constitution, la Loi organique n° 13/012 du 19 avril 2013 modifiant et
complétant celle n° 10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la Commission
électorale nationale indépendante en fixe la composition, les attributions et le fonctionnement.
17
Dotée des pouvoirs énormes, la Commission électorale nationale
indépendante assure la conduite de l’ensemble du processus électoral et référendaire.
Pour accomplir cette tâche, il importe que soit établie une bonne et rationnelle
collaboration avec des juridictions compétentes et d’autres institutions concernées,
telles que le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication, la Commission
nationale des droits de l’homme ou encore le Conseil national de suivi de l’accord du
31 décembre 2016 et du processus électoral.
C. Le système des partis politiques
L’évaluation objective d’une élection est, pour chaque pays, tributaire de
la connaissance du système des partis politiques. Et les règles de jeu sont, dans ce cas,
déterminées dans un cadre juridique, lui-même, dicté par la nécessité d’assurer ou non
la pluralité d’opinions politiques. On observe également que, plutôt d’être une
question essentiellement juridique, l’élection fait appel à la connaissance du système
politique en vigueur41.
Dans chaque pays, le dispositif normatif des élections est souvent dicté
par les réformes, dont les finalités sont fondamentalement politiques. Sont notamment
répertoriés, dans le viseur du constituant et du législateur, le système électoral, le mode
de scrutin et les conditions d’éligibilité.
On note à ce sujet que, prévu pour se dérouler à deux tours, en 2006, le
mode de scrutin pour l’élection du président de la République, a été ramené, avec la
réforme constitutionnelle du 11 février 2011, à un seul tour42.
41 Dans le domaine électoral, les règles de jeu sont constituées d’une somme d’indicateurs indispensables au
déroulement d’un scrutin et dont la connaissance préjuge de la victoire finale. Au nombre de ces indicateurs, la
maîtrise du dispositif normatif et la connaissance du cadre institutionnel jouent un rôle déterminant.
42 Dans ce système, la victoire électorale se dessine autour de la recherche, non pas de la majorité absolue,
mais plutôt la majorité relative. Il importe, à chaque compétiteur, d’adapter les stratégies politiques à cette
réalité. Aux conditions d’éligibilité, s’ajoute le système électoral qu’il faut connaître.
18
SECTION II. LE JUGE CONSTITUTIONNEL CONGOLAIS FACE AUX
EXIGENCES DE LA MORALISATION DE LA VIE POLITIQUE.
§1. Les exigences de la moralisation de la vie politique
La moralisation de la vie politique renforce la juridicisation du politique.
L’hypothèse de « la politique saisie par le droit » posée par le doyen Favoreu 43 se
justifie ici sous une forme idéologique et contraignante. Il n’empêche, l’adoption d’un
arsenal juridique en faveur de la moralisation de la vie politique ne permettra ni
d’éradiquer les comportements délictueux ni de rétablir la confiance des citoyens dans
les responsables politiques. L’étude de l’exigence de moralisation par le juge
constitutionnel congolais se traduit par le fait l’office du juge se trouve mué et se
convertit en siège de moralisation de la vie politique 44, toutefois il faut une précision
des limites de l’office du juge qui se prescrit face à la décadence de la vie politique
annexée aujourd’hui par une implication des acteurs politiques dans des épisodes de
scandales politico-financiers.
La moralisation est une visière sur le souci de « renouer la confiance »,
tel que l’a souligné Jean Louis Nadal dans son rapport au président français François
Hollande.45 La moralisation sous-entend la transparence afin d’aboutir à la confiance
au sein d’une démocratie. Elle contribue à l’émergence de celle-ci. Elle consiste
notamment à assainir la vie publique.
Étymologiquement, la moralisation est l’action de moraliser quelqu’un
ou quelque chose, de le rendre plus conforme à la morale, à l’éthique, de le soumettre à
des principes moraux. La moralisation dans un sens littéraire, peut avoir plusieurs
effets selon son contexte et ses circonstances, notamment dans l’amélioration de la
conduite individuelle en inculquant des bases morales ; l’adoption de ces bases dans le
comportement généralisé, dans un renforcement de la vie sociale émanant du caractère
43 Louis Favoreu, La Politique saisie par le droit. Alternances, cohabitation et Conseil constitutionnel, Paris,
Economica, 1988.
44 Lawson, « la morale dans l’office du juge constitutionnel » revu in Africa. Droit en Afrique 22 (2019), P. 49-
50 (13 mars 2024)
45 Jean Louis Nadal, Renouer la confiance publique. Rapport au président des républiques l’exemplarité des
responsables publics, Paris, la documentation française, 2015. Le 08 mars 2024, 07h56
19
aligné à une morale afin d’amener la réduction de la corruption. Le mot « morale »
quant à lui, à son étymologie du latin « Moralis », traduit par Cicéron du grec Ta
ethica qui intronise ce qui se rapporte aux bonnes mœurs et en globalité, aux règles de
conduite. La morale est une présentation d’ensemble d’idées à un « caractère
normatif » éclairant et justifiant les actions humaines en les coalisant à une recherche
du bien ainsi que du juste46. L’impact sur les relations impersonnelles est que la
moralisation préconise une bonne qualité de relations entre les individus ; et enfin,
cette moralisation entraine les changements socio-culturels significatifs, apporte un
éclairage dans nos sociétés, une lucidité.
Il existe cependant une distinction avec le Droit mais d’une manière
implicite, elle se voit être non ignorée par celui-ci, car il a pour fondement les
considérations de justice et de bien social. Néanmoins, il demeure une controverse
entre les règles morales et juridique, ainsi quelques chercheurs ont pu s’exprimer sur le
sujet a l’occurrence Dabin qui dit que les règles juridiques devrait être interprété
strictement au sens de règles du droit positif et que seul ce droit est indubitablement
juridique47 mais aussi pour Ripert qui stipule qu’il n’y aurait de contrariété de nature
ou de but entre la règle de droit et la règle morale 48. Aussi, Aristote a eu à mentionner
que « la justice est un juste milieu si du moins le juge en est un », c’est le contexte que
la personne appelé à juger selon la société n’ait aucune cessation de la qualité
d’individu des lors qu’il octroie les attributs de la fonction49.
46 Elle est censée orienter les comportements des individus dans leur vie personnelle comme dans leur vie
sociale. La morale est habituellement valorisée dans les idéologies conservatrices qui y voient un ferment de
l’unité de la société.
47 Par règle morale, il entend celle qui prétend diriger les êtres humains dans le sens d'un certain idéal de vie.
DABIN (J.), « La technique de l'élaboration du droit positif ». In: Revue néo-scolastique de philosophie. 40ᵉ
année, Deuxième série, n°54, 1937, p.288, 01 juin 2024, 07 : 52
48 RIPERT (G.), La règle morale dans les obligations civiles, LGDJ, 1949, n°13*18. Il soutenait que le droit,
même dans ses parties les plus techniques, est toujours dominé par la loi morale. 03 juin 2024, 08 : 10
49 Assier-Andrieu (L.), « le juge, la loi et le citoyen », la qualité de décisions de justice, Études réunies par
MBONGO (P.), Éditions du conseil de l’Europe, P.13 (13 mars 2024, 07 : 28)
20
La juridicisation n’est pas une solution en soi : le législateur sera toujours
retardateur sur une loi portant sur le comportement individuel des responsables
politiques. Le rapprochement entre l’acte de juger et la morale engendrent tout un
schéma de difficulté réitérée. La moralisation comme la confiance politique dépend
d’éléments au premier chef d’ordre métajuridique et a besoin d’un temps
d’acculturation. Aucun dispositif de contrôle – même a priori – ne remplacera la
culture déontologique constitutive d’une « constitution morale » 50 complémentaire des
constitutions politique et sociale théorisées par le doyen Hauriou51.
L’enjeu de la transparence en politique est néanmoins plus large et
s’inscrit dans l’onction du développement d’une démocratie plus participative. Le
principe de transparence contribue en effet à expérimenter un ensemble de pratiques de
surveillance, d’empêchement, de jugement, au travers duquel les citoyens exercent un
droit de savoir, des pouvoirs de correction et de pression : « À côté du peuple électeur
monte ainsi en puissance un peuple vigilant, un peuple veto et un peuple juge52. »
Cette forme de contre-pouvoir traduit l’affirmation d’une société civile
de contrôle fondée sur le principe de transparence. En cela, l’exigence de «
transparence » va bien au-delà du droit d’accès des citoyens à l’information. Elle
implique des impératifs non seulement administratifs mais également morales pour les
autorités publiques et politiques : respecter des obligations de vérité, d’honnêteté, de
sincérité, voire de vertu53. Reste que l’État de droit fixe lui-même les limites d’une
telle exigence de transparence.
Certes, le Conseil constitutionnel français a vu un motif d’intérêt général
aux limitations législatives axées à certaines libertés fondamentales comme le droit à
la vie privée en vue de renforcer les garanties de probité et d’intégrité, de prévention
de lutte contre les conflits d’intérêts et de lutte contre ceux-ci. Le juge constitutionnel
a néanmoins considéré que la transparence ne saurait justifier des atteintes
50 Louis Favoreu, La Politique saisie par le droit. Alternances, cohabitation et Conseil constitutionnel, Paris,
Economica, 1988.
51 Maurice Hauriou, Précis de droit constitutionnel, 2e éd., Paris, Sirey, 1929, p. 611 et suiv.
52 Pierre Rosanvallon, « Qu’est-ce qu’une société démocratique ? » (Cours au Collège de France, 2009-2010),
[Link], p. 835
53 Élisabeth Zoller, « Transparence et démocratie : généalogie d’un succès », chap. cité.
21
disproportionnées au droit à la vie privée pour les élus ou leur entourage familial 54.
Dans un registre moins juridique que philosophique, d’aucuns contestent « la dictature
de la transparence, érigée en vertu suprême de la vie politique et même de la vie en
société55.
Une République exemplaire ne saurait s’apaiser sur une évidence
despotique commandée par la tyrannie des valeurs 56. La République exemplaire doit
éviter l’écueil des dérives suspicieuse, intrusive et voyeuriste qui ont inspiré
l’expression de démocratie paparazzi57, et la suppression de tout secret, de tous les
secrets, qu’ils soient d’intérêt public ou d’intérêt privé 58. D’autant que, si c’est au nom
de la transparence qu’a été justifié un renforcement de la prévention contre les conflits
d’intérêts, d’un point de vue pratique, celle-ci apparaît comme un vecteur insuffisant
d’assainissement de la vie publique59. Si un régime juridique essentiellement répressif
s’engouffre à punir les manquements avérés à la règle, un régime préventif tend vers
le soupçon et l’inquisition.
Par là même, il n’est pas particulièrement apte à établir un lien de
confiance60. La Terreur a du reste montré combien les valeurs de vertu ou de
transparence érigées en dogmes absolus peuvent faire basculer un régime dans une
suspicion généralisée, confinant davantage à une logique totalitaire que démocratique.
Pour ce faire, il faut l’application de la transparence à l’endroit des responsables
politiques. Mais aussi la protection du secret par le droit recule face à la montée de
l’exigence de transparence comme expression d’un désir démocratique de vérité, ou du
moins d’un « droit de savoir », d’un droit à l’information.
La transparence administrative de l’accès aux documents administratifs à
la motivation des décisions administratives s’est progressivement imposée, y compris
54 Conseil constitutionnel, décision 2013-675 DC, 9 octobre 2013, cons. 29.
55 Renaud Denoix de Saint Marc, « La moralisation de la vie politique » (communication à l’Académie des
sciences morales et politiques), [Link], 20 janvier 2014.
56 L’expression de Carl Schmitt est une mise en garde contre l’« hyper moralisme » (« Die Tyrannei der Werte
», in Säkularisation und Utopie. Ebracher Studien. Ernst Forsthoff zum 65. Geburtstag, Stuttgart-Berlin,
Kohlhammer Verlag, 1967, p. 37).
57 Selon la formule de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale
58 Guy Carcassonne, « Le trouble de la transparence », Pouvoirs, n° 97, avril 2001, p. 17
59 Olivia Bui-Xuan, « La moralisation de la vie publique », Droit administratif, n° 1, janvier 2014, p. 10.
60 Renaud Denoix de Saint Marc, « La moralisation de la vie politique », communication citée.
22
sous l’influence du droit européen61. Un modèle français62 qui contraste avec une
vacuité juridique et une sourdine politique rhétorique qui a longtemps caractérisé la
question de la transparence dans la vie publique. Pourtant, l’idéal de transparence,
c’est-à-dire de vérité et d’honnêteté – a été clairement promu par Jean-Jacques
Rousseau63 pour lequel la transparence est la vertu des belles âmes et par la théorie du
gouvernement représentatif de Jeremy Bentham, qui charrie également l’idée suivant
laquelle le représentant doit disposer de cette qualité morale consistant à respecter la
plus grande transparence et, donc, la plus grande simplicité possible64.
Par opposition à l’opacité, la transparence est définie par Le Robert
comme « la qualité de ce qui laisse paraître la réalité tout entière, une qualité distincte
de la publicité, modalité qui doit permettre aux citoyens d’exercer leur contrôle (de la
transparence comme finalité). Or la transparence et la publicité se sont peu à peu
confondues, un glissement qui contribue à la réflexion sur la restauration de la
gouvernance démocratique/citoyenne65.
L’exigence de transparence investit lentement mais sûrement l’ordre
politico- institutionnel de la 3e République en RDC. Même si elle ne bénéficie pas de
valeur constitutionnelle66, la transparence est un objectif que le législateur peut
légitimement poursuivre67, y compris dans la vie politique et publique 68. Le terme de
moralisation a du reste laissé place à celui de transparence. Réputée propre à garantir
le reprise de la confiance, la transparence participerait de la création d’un système
61 Ariane Vidal-Naquet, « La transparence », in Jean-Bernard Auby (dir.), L’Influence du droit européen sur les
catégories juridiques du droit public français, Paris, Dalloz, 2010, p. 639.
62 Roseline Letteron, « Le modèle français de transparence administrative à l’épreuve du droit communautaire
», Revue française de droit administratif, vol. 11, n° 1, 1995, p. 183 et suiv.
63 Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions (1782, 1789), in Œuvres complètes, t. 1, Paris, Gallimard, coll. «
Bibliothèque de la Pleiades », 1959, p. 3 et 5.
64 Jeremy Bentham, Constitutional Code II (1830), in The Works of Jeremy Bentham, t. 9, Édimbourg, William
Tait, 1843, p. 203.
65 Cf. Élisabeth Zoller, « Transparence et démocratie : généalogie d’un succès », in Gilles J. Guglielmi et
Élisabeth Zoller (dir.), Transparence, démocratie et gouvernance citoyenne, Paris, éditions Panthéon-Assas,
2014, p. 12.
66 Conseil constitutionnel, décision 93-335 DC, 21 janvier 1994, cons. 27
67 Dans la décision 84-181 DC du 11 octobre 1984, l’objectif de valeur constitutionnelle de transparence
financière des entreprises de presse a été déduit des dispositions de l’article 11 de la Déclaration de 1789.
68 Le Conseil avait aussi évoqué les « objectifs de transparence et de concurrence » poursuivis par la loi
relative à la prévention de la corruption et à la transparence de la vie économique et des procédures publiques
(décision 92-316 DC, 20 janvier 1993, cons. 14 et 19).
23
vertueux où chacun autorité de contrôle, citoyens, élus contribue à prévenir les conflits
d’intérêts, y compris par le contrôle des patrimoines.
Conçue comme un instrument légitime et légal dans la lutte contre la
corruption, la transparence peut permettre aux citoyens « de s’assurer, par [eux-
mêmes], de la mise en œuvre des garanties de probité et d’intégrité de leurs élus.
L’enjeu de la transparence en politique est néanmoins plus large et s’inscrit dans la
perspective de l’évolution d’une démocratie plus participative.
Le principe de transparence contribue en effet à expérimenter un
ensemble de pratiques de surveillance d’empêchement, de jugement, au travers duquel
les citoyens exercent un droit de savoir, des pouvoirs de correction et de pression : « À
côté du peuple électeur monte ainsi en puissance un peuple vigilant, un peuple veto et
un peuple juge69. »
Cette forme de contre-pouvoir traduit l’affirmation d’une société civile
de contrôle fondée sur le principe de transparence. En cela, l’exigence de «
transparence » va bien au-delà du droit d’accès des citoyens à l’information. Elle
induit des obligations non seulement administratives mais également morales pour les
autorités publiques et politiques : respecter des obligations de vérité, d’honnêteté, de
sincérité, voire de vertu70.
Reste que l’État de droit fixe lui-même les limites d’une telle exigence de
transparence. Certes, le Conseil constitutionnel a vu un motif d’intérêt général aux
limitations législatives fixées à certaines libertés fondamentales comme le droit à la vie
privée en vue de renforcer les garanties de probité et d’intégrité, de prévention de lutte
contre les conflits d’intérêts et de lutte contre ceux-ci.
Le juge constitutionnel a néanmoins considéré que la transparence ne
saurait fonder des atteintes démesurées au droit à la vie privée pour les élus ou leur
entourage familial71. Dans un registre moins juridique que philosophique, d’aucuns
69 Pierre Rosanvallon, « Qu’est-ce qu’une société démocratique ? » (Cours au Collège de France, 2009-2010),
[Link], p. 835.
70 Élisabeth Zoller, « Transparence et démocratie : généalogie d’un succès », chap. cité.
71 Conseil constitutionnel, décision 2013-675 DC, 9 octobre 2013, cons. 29.
24
contestent « la dictature de la transparence, érigée en vertu suprême de la vie politique
et même de la vie en société72 ».
§2. Les défis rencontrés par le juge constitutionnel congolais en matière électorale
Depuis l’apparition du droit électoral en République Démocratique du
Congo à partir du 08 décembre 1957, date à laquelle les premières élections
municipales étaient organisées dans certaines villes du pays 73, l’intérêt que la matière
suscite découle essentiellement du fait que celui-ci établit les règles d’organisation des
élections desquelles sont désignées les représentants du peuple. Son intérêt est alors
incontournable en ce sens qu’il a pour objet principal les élections.
Si le Droit électoral a été appréhendé dans sa mission d’établir les règles
relatives à l’organisation des élections, l’apparition de la justice électorale marque un
tournant décisif dans l’étude de cette discipline, car cette dernière a offert au premier
une dimension juridique, en tant que corps des règles et principes juridiques
obligatoires s’imposant à tous les acteurs du jeu électoral. Cela traduit l’idée qu’une loi
ne peut être automatiquement efficace ; un dispositif de contrôle est nécessaire pour
garantir l’obéissance aux prescriptions contenues dans les textes qui organisent les
élections. En d’autre terme, les règles juridiques relatives à l’organisation des élections
bénéficient d’une garantie juridictionnelle grâce à laquelle elles s’imposent à tous.
72 Renaud Denoix de Saint Marc, « La moralisation de la vie politique » (communication à l’Académie des
sciences morales et politiques), [Link], 20 janvier 2014.
73 Il s’agit des villes de Léopoldville (Commune de Kintambo, Saint-Jean Bandalungwa, Kinshasa, Dendale,
Ngiri-Ngiri, Kalamu, Barumbu, Ngaliema et Kalina), d’Élisabethville (commune Albert, Katuba, Kinga et kwashi)
et de Jadotville (commune blanche et la commune africaine) lire dans ce sens, NDAYWEL è NZIEM (I), Nouvelle
histoire du Congo, des origines à la République démocratique du Congo, Bruxelles, le cri-Buku Histoire, 2012,
pp.428-429.
25
Nous sommes parvenus à comprendre que la justice électorale constitue
l’ensemble des moyens et mécanismes garantissant la conformité aux normes
juridiques des actions et procédures employées dans le processus électoral mais aussi
la vérification de la sincérité du scrutin. Elle est alors considérée comme un problème
de sécurité électorale car les mécanismes de règlement des différends d’une manière
équitable et transparente sont nécessaires pour statuer sur les griefs.
Notons également que la justice électorale est plus importante que les
légalités générales dans un État dit de Droit car elle offre aux citoyens un
environnement politique sain dans lequel ils peuvent non seulement exercer leurs
droits, mais aussi croire et sentir qu’ils peuvent le faire de la plus belle manière. Son
importance est de faire respecter les textes qui régissent les élections et de garantir la
pleine application du principe de la démocratie par le biais des élections libres,
équitables et transparentes.
Ce système est développé dans le monde pour prévenir et identifier les
irrégularités lors des élections. En RDC, la justice électorale est rendue par le système
de contentieux électoraux selon l’ordre juridique déjà établi en Droit positif congolais.
À cet effet, la constitution de la RDC du 18 février 2006 pose les règles
et principes permettant de recourir à la justice en cas des actes frauduleux découverts
au cours du processus électoral. Elle détermine alors les organes juridictionnels
charges de connaitre les litiges découlant des élections politiques. Elle régit à cet effet
les opérations préparatoires à l’exercice du vote et les modalités de contestation à
l’élection.74 La Cour Constitutionnelle n’est juge du contentieux électoral que pour les
élections du président de la République et de députés nationaux.
Cependant, cette compétence attribuée à la cour constitutionnelle de
connaitre du contentieux des élections politiques n’a pas résolu le problème de la
célérité suite à la multiplicité de contestations après la publication des résultats
provisoires par la Commission Électorale Nationale Indépendante, mais également le
problème de la fraude électorale qui demeure difficile à dissocier du processus
électoral.
74 Idem
26
Ce qui fait que les juges constitutionnels siégeant en matière électorale
ont toujours eu du mal à satisfaire le peuple congolais, qui, exerçant son droit de vote,
les a toujours désavoué, puisse ce que ceux-ci rendent souvent leurs arrêts au-delà du
délai fixé par le Constituant congolais.75 Et cela était justifié sur le fait qu’il y avait
plus de deux milles contestations devant neufs juges seulement, d’où il était
impossible de rendre les bons arrêts dans les 60 jours.
Face à cette situation, le pays avait connu des crises politiques
persistantes car nous avons assisté à des invalidations, revalidations et ré-invalidations
mettant ainsi en doute la légitimité de certains candidats proclamés vainqueurs après
rectification d’erreur matérielle par la cour constitutionnelle. Et les cris de la vérité des
urnes ne cessaient de prendre de l’ampleur dans les bouches de certains candidats
malheureux.76
La question électorale est très sensible car elle touche à la souveraineté
de tout un peuple et détermine le destin de toute une nation. Raison pour laquelle elle
doit avoir une considération particulière et soutenue tant dans la règlementation des
règles qui l’organisent que dans l’appareil judiciaire de son contrôle.
Il est également nécessaire et important de signaler que ce problème de
la cour constitutionnelle trouve aussi sa source dans la question liée à la spécialisation.
Cela s’explique sur le fait qu’à la cour constitutionnelle par exemple, il n’y a pas que
des juristes ; non seulement cela, ce n’est pas tout juriste membre de cour qui a de la
maitrise sur les questions de Droit électoral. Or, cette question ne doit être réservée
qu’aux spécialistes en la matière.
Fort malheureux de constater que même les politologues, les
sociologues, voire les philosophes et autres traitent également les litiges découlant des
élections en Droit positif congolais. Le même problème touche aussi les conseillers
référendaires car dans ceux-ci, il n’est pas non plus interdit de recruter les non juristes
dans une institution judiciaire.
75 Cas des arrêts rendus par la Cour constitutionnelle siégeant en matière électorale en contestations des
résultats provisoires proclamés par la CENI pour les élections de députes nationaux au scrutin de 2018 : selon le
rapport du greffier de la cour, il avait plus de 2000 contestations pour 9 juges seulement.
76 Notamment les candidats du parti politique Ecidé et de leur autorité de référence Martin FAYULU.
27
CHAPITRE II : LE JUGE CONSTITUTIONNEL CONGOLAIS ET LA LUTTE
CONTRE LA FRAUDE ELECTORALE
Au cours de l’organisation d’une élection, plusieurs manipulations de
natures diverses peuvent être constatées au point d’affecter la crédibilité et la
transparence du scrutin. Ces manipulations conduisent à la modification, voire la
déformation de la volonté des électeurs. Elles favorisent la fraude, phénomène souvent
difficile à dissocier de l’élection et des enjeux qu’elle procure. Et, les législations
électorales en RDC, notamment la constitution de la RDC du 18fevrier 2006 et la loi
électorale de la RDC du 29 juin 2022, ont pris le sens d’organiser le régime de recours
juridictionnels tendant à l’annulation ou à la reformation des résultats électoraux.
L’originalité du droit électoral découle de son versant procédural et
contentieux indispensable à la légitimation du pouvoir, et, donc, de l’action des
gouvernants. Il est, pour ainsi dire, un droit au service de la démocratie politique 77. Le
contentieux électoral a, à cet effet, pour objet de vérifier la régularité des actes et la
validité des résultats des élections. 78 C’est rare, affirme un auteur, de trouver, dans le
continent africain des individus qui ne se plaignent pas des irrégularités constatées
dans l’administration et la gestion d’une élection 79. Ce qui donne au droit électoral
toute sa vitalité.
Pour ce, la constitution de la RDC du 18 février 2006 pose les règles et
principes permettant de recourir à la justice en cas des actes frauduleux découverts au
cours du processus électoral. Elle détermine alors les organes juridictionnels charges
de connaitre les litiges découlant des élections politiques. Elle régit à cet effet les
opérations préparatoires à l’exercice du vote et les modalités de contestation à
l’élection.80De cette répartition, la cour Constitutionnelle n’est juge du contentieux
électoral que pour les élections du Président de la République et de députés nationaux.
77 MASCLET J-L., Droit électoral, [Link]., pp.18-19.
78 MASCLET J-L., le droit des élections politiques, Paris, PUF, Coll. Que sais-je ?
79 MELEDJE D-F., « Le contentieux électoral en Afrique », la démocratie en Afrique, Pouvoirs, n°129, Paris, PUF,
2009, p.147.
80 Idem
28
Il est alors important dans ce chapitre d’expliquer le pouvoir
d’annulation du scrutin pour fraude et corruption (section 1), et de révéler les défis que
la cour constitutionnelle rencontre en matière électorale tout en donnant quelques
perspectives (section 2).
SECTION I : POUVOIR D’ANNULATION DU SCRUTIN POUR FRAUDE ET
CORRUPTION.
§.1. fondement juridique et conséquences d’annulation du scrutin
D’emblée, le règlement du contentieux des résultats peut, selon le cas,
aboutir à la recevabilité ou non de la requête ou à son fondement. Une fois rendue,
cette décision est notifiée aux parties et à la Commission électorale nationale
indépendante, en vue de la préparation des dossiers des élus, dont les mandats doivent
être validés par chaque assemblée parlementaire respective81.
La loi électorale congolaise donne pouvoir au juge constitutionnel
d’ordonner, en cas d’irrégularités ayant une influence déterminante sur les résultats du
scrutin, l’annulation partielle ou totale du vote. L’idée de performance électorale peut
conduire à la validation des résultats et légitimer le processus lui-même.
Les irrégularités qui peuvent entraîner l’annulation d’un vote sont
d’origines diverses et variées. Elles résultent des bourrages d’urnes, des violences à
l’égard des électeurs, de l’obstruction faite aux délégués des candidats ou partis,
régulièrement accrédités, d’accomplir leurs missions82. Ces irrégularités apparaissent,
également, dans l’interdiction faite aux témoins des candidats, partis ou regroupements
politiques de convoyer, avec les membres des Bureaux de vote et de dépouillement ou
des Centres de votes, les résultats aux Centres locaux de compilation des résultats.
Constituent des irrégularités électorales, le refus pour les membres des
Bureaux de vote et de dépouillement, ceux des Centres locaux de compilation des
81 ESAMBO KANGASHE J-L., Le Droit électoral congolais, Louvain-la-Neuve, Academia-Brulant, Bibliothèque
Droit Africain, 2021, p.272.
82 CSJ, 6 février 2007, RCE/DN/KN/200, Aff. Mouvement de libération du Congo, MLC, en sigle, et Okitodihe
Okodi Lopango André contre Forces novatrices pour l’union et la solidarité, FONUS, en sigle, et Okundji Ndjovu
Emery.
29
résultats de remettre aux délégués des candidats, partis et regroupements politiques les
copies des procès-verbaux de dépouillement des bulletins ou de compilation des
résultats, le sabotage des lieux de vote et de dépouillement, la poursuite de la
campagne électorale le jour du vote, les fraudes massives occasionnées par la
circulation irrégulière et parallèle des bulletins de vote ou le fait, pour le garde de
corps d’un candidat, d’extorquer les cartes d’accréditation des témoins d’un autre
candidat, pour les remplacer par les personnes non accréditées83.
Saisi de ces cas, le juge peut ordonner l’annulation partielle 84 ou totale du
vote85. Il peut aussi annuler les résultats d’un candidat, avant de proclamer ceux des
autres86 ou l’ensemble des résultats d’une circonscription électorale 87. Tout en
reconnaissant l’influence déterminante des irrégularités sur l’issue du scrutin, le juge
peut ordonner l’annulation partielle de l’élection, sans indiquer les bureaux et centres
de vote concernés par ces irrégularités. Il se contente de procéder au redressement des
résultats électoraux par ordre d’arrivée, selon les suffrages exprimés, tout en excluant
les bénéficiaires des résultats falsifiés88.
L’invalidation est une reconnaissance par une autorité administrative ou
une assemblée délibérante des irrégularités d’un acte ou d’une opération 89. Dans le
domaine électoral, elle n’a lieu qu’après le règlement juridictionnel du contentieux. À
la différence de l’invalidation, qui autorise une assemblée parlementaire à vérifier ou à
contrôler, selon sa procédure, la régularité de l’élection de ses membres, l’annulation
83 CSJ, 2 novembre 2006, RCE/DN/KN 024, Aff. Lumbala Mbuyi Joseph contre Lumbala Tshitenga Roger et la
Commission électorale indépendante.
84 CSJ, 25 avril 2012, RCE 517/DN, Aff. Parti chrétien-démocrate pour le développement intégral, PCDI, en
sigle, contre Baende Jean-Claude et la Commission électorale nationale indépendante
85 CSJ, 25 avril 2012, RCE 463/DN, Aff. Parti démocrate-chrétien, PDC, en sigle, contre Isekemanga et consorts
et la Commission électorale nationale indépendante.
86 CSJ, 25 avril 2012, RCE 440/DN, Aff. Ligue pour la défense des intérêts des Congolais, LDIC, en sigle, contre
Kabuya.
87 CSJ, 24 avril 2012, RCE 725/DN, Aff. Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, PPRD, en sigle
contre Kabwe Mwewu et consorts, CSJ, 25 avril 2012, Aff. Convention pour la renaissance et le progrès, CRP, en
sigle, et consorts contre Balaya et consorts.
88 CSJ, 25 avril 2012, RCE 426/428/625/631/DN, Aff. Union nationale des fédéralistes congolais, UNAFEC, en
sigle, Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, PPRD, en sigle, Avenir du Congo, ACO, en sigle,
Mwepu Kanzama Bilonda contre Mulunda Numbi Kabange Shadrack, Katandula Kawinisha, Kiluba Longo,
Mwamba Mushikonke et la Commission électorale nationale indépendante.
89 CORNU G., Vocabulaire juridique, Paris, 8e éd. PUF, p. 57
30
est prononcée par la juridiction électorale compétente. C’est l’acte par lequel l’organe
compétent dont l’autorité administrative ou judiciaire, décide du rejet d’une élection.
L’annulation rend, donc, nuls et sans effet les résultats d’une élection,
pour cause d’irrégularités. Elle aboutit à la suppression d’une élection entachée
d’irrégularités90. Lorsque le juge décide de l’annulation partielle ou totale du vote, il
ordonne la tenue, dans le délai légal, d’un nouveau scrutin. En droit ivoirien, on
observe non, sans étonnement, qu’après avoir décidé de l’annulation partielle de
l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, le juge électoral s’est, curieusement,
refusé, comme le veut le Code électoral, d’ordonner, à la Commission électorale
indépendante, l’organisation de l’élection partielle, dans les zones concernées par les
irrégularités et violences.
I l ne lui restait plus qu’à se dédire avec une autre décision, tout aussi
critiquable, par ses motivations, en ce qu’elle proclame, pour la même élection, un
candidat, dont le recours a été rejeté, mais devenu, par la force de choses, nouveau
président de la République, dont l’élection a été officiellement reconnue. Plus qu’une
question d’agencement légal, la pratique des élections offre une gamme de cas
spécifiques qui sollicitent, chaque jour, l’intervention du juge91.
§.2 : Procédure de recours en cas de corruption ou fraudes électorales
Dans l’examen de la demande en contestation des résultats, la cour
constitutionnelle prend en compte un certain nombre d’éléments, notamment la qualité
du requérant, le contenu et les mentions de la requête, le délai de sa saisine, sa
compétence, l’identité des parties et les pièces à conviction92.
90 Idem. p. 478.
91 ESAMBO KANGASHE J-L., Le Droit électoral congolais, [Link]., p.281.
92 Idem
31
A. La qualité du requérant
Comme tout juge, celui du contentieux des résultats ne peut être saisi que
par une personne ayant qualité93 d’agir en justice. Sont seuls autorisés à saisir la
juridiction compétente, le candidat indépendant ou son mandataire, le parti ou
regroupement politique ayant présenté une candidature, dans une circonscription, ou
son mandataire. En droit, le défaut de qualité est susceptible de couvrir la situation du
candidat, parti ou regroupement politiques ou de leur mandataire.
Le recours en annulation des élections législatives introduit par le
candidat présenté par un parti politique, mais agissant en son nom propre est, tout
simplement, irrecevable94. Il en est, également, de celui initié par le candidat membre
d’un parti politique, mais qui n’a pas été autorisé à contester les résultats provisoires
d’une élection95. N’est pas recevable non plus, la requête en contestation des résultats
provisoires signée par le président ou le secrétaire général d’un parti politique, qui n’a
déposé au dossier aucune procuration spéciale, ni acte de leur désignation, par les
organes statutaires du parti politique, pour agir en justice96.
Et pour les élections de 2023, Monsieur Theodore Ngoy, candidat
malheureux des élections du 20 décembre a pu avoir la capacité de saisir la Cour
Constitutionnelle pour contestation des élections pour plusieurs entraves observées
lors de la tenue du processus électif. Le candidat susmentionné a soulevé le
prolongement des scrutins, ‘cependant par manque de preuves tangible, la requête a été
déclarée recevable et la Cour s’est déclarée compétente mais les faits non fondée. Et le
citoyen Eetshe David quand à lui avait soulevé les mêmes faits afin de demander
l’annulation des élections mais sa requête a été déclarée irrecevable et non fondé pour
cause de défaut de qualité car celui-ci n’était pas candidat président lors des
élections.97
93 Art.73 de la Loi électorale, telle que modifiée et complétée à ce jour.
94 CSJ, 4 septembre 2006, RCE/DN/KN/001, Aff. Mbu ne Letang Ntwa Mezo contre la Commission électorale
indépendante : Bulletin des arrêts de la Cour suprême de justice. Contentieux électoraux 2006-2007, p. 111.
95 CSJ, 17 octobre 2006, RCE/259/DN, Aff. Mulumba Katchy Vincent de Paul contre la Commission électorale
indépendante530).
96 CSJ, 14 janvier 2012, RCE 778/DN, Aff. Michel Mbuluku Kinua et le Parti socialiste congolais, PSC, en sigle,
contre la Commission électorale nationale indépendante.
97 RC 014/PR 13CR Monsieur Theodore Ngoy, contentieux électoraux présidentiels,Journée télévisée, le 01
septembre 2024, 11h00
32
B. Le contenu et les mentions de la requête
Pour espérer obtenir la décision du juge, la requête en contestation des
résultats doit comporter tous les éléments exigés par la loi, en l’espèce, la date et la
signature, les noms, prénoms, qualité, demeure ou siège du requérant, l’objet de la
demande et l’inventaire des pièces formant le dossier 98. La requête indique,
également, les griefs allégués et comporte les éléments de preuve sur lesquels elle
s’appuie99.
Chacun de ces éléments comportant, dans la pratique, des conséquences
juridiques importantes qu’il importe d’analyser séparément. Sous peine
d’irrecevabilité, la requête doit être datée et signée par son ou ses auteurs ou, à défaut,
par leurs mandataires. Plusieurs cas peuvent se produire, le premier tenant à la requête
non datée, mais signée de son auteur ou son mandataire et introduite dans le délai ; le
second, à une demande datée et introduite dans le délai, mais non signée de son auteur
ou son mandataire ; et le troisième, à la contestation portée séparément, devant une
juridiction compétente par le candidat et son mandataire.
La première requête n’est recevable que dans la mesure où elle a été
régulièrement inscrite par le greffier dans un rôle, la date qui saisit la juridiction n’est
pas celle portée dans la demande, mais plutôt, de l’inscription de l’affaire au rôle.
Ressemblant à un écrit anonyme, la deuxième demande est tout simplement
irrecevable, parce qu’elle ne permet pas d’identifier son ou ses auteurs. Pour le
troisième cas, seul le recours daté et signé du requérant est pris en considération, le
mandataire n’intervenant, dans ce cas, qu’à défaut de l’auteur. Le juge s’assurera que
le mandataire a agi en vertu du mandat ou de l’autorisation du candidat, du parti ou
regroupement politique100.
98 Art. 74, ter, al. 1er de la Loi électorale, telle que modifiée et complétée à ce jour.
99 Art. 74, ter, al. 2 de la même Loi.
100 ESAMBO KANGASHE J-L., Le Droit électoral congolais, [Link]., p.281.
33
Toujours en rapport avec la validité de la demande, celle qui est
partiellement ou pas du tout signifiée aux parties n’est recevable que pour les parties
notifiées, les autres étant considérées comme tiers, dans l’instance en cours 101. Est,
également, irrecevable, le recours déposé dans le délai légal au secrétariat du président
de la juridiction, mais réceptionné, après expiration dudit délai, au greffe. L’est,
davantage, la requête qui omet d’indiquer les noms, prénoms, qualité, demeure ou
siège du requérant, l’objet de la demande, l’inventaire des pièces du dossier, les griefs
allégués, ainsi que l’absence ou l’obscurité de l’objet102.
C. Le délai de saisine de la cour constitutionnelle.
a. Le délai dans le règlement du contentieux d’éligibilité.
L’inscription sur les listes électorales conduit à la constitution du fichier
électoral, opération qui autorise l’administration électorale à accomplir d’autres tâches,
telles que la réception de candidatures, l’impression et la distribution des bulletins de
vote, ainsi que l’organisation de la campagne électorale103. Et dans ce contentieux, les
contestations des listes de candidatures sont portées, dans un délai de cinq jours, qui
suivent leur publication, par la Commission électorale nationale indépendante, devant
la Cour constitutionnelle, pour les élections présidentielles et législatives.
Il sied de rappeler que seuls sont autorisés à se pourvoir, le candidat,
parti ou regroupement politique lésés ou leurs mandataires. La cour constitutionnelle
dispose de dix jours ouvrables, à compter de sa saisine, pour rendre sa décision. Passé
ce délai, le recours est réputé fondé, sauf si la décision de la Commission électorale
nationale indépendante est justifiée par les causes d’inéligibilité prévues par la loi
électorale104. Insusceptible de recours, le dispositif de l’arrêt de la cour
constitutionnelle est notifié à la Commission électorale nationale indépendante et aux
parties concernées105.
101 Idem
102 Ibidem
103 ESAMBO KANGASHE J-L., Le Droit électoral congolais, 2e édition, [Link]., 2021, p.229.
104 Art. 26 de la Loi électorale, telle que modifiée et complétée à ce jour.
105 Art. 27, al. 1er à 4 de la Loi électorale, telle que modifiée et complétée à ce jour.
34
Et devant la cour constitutionnelle, l’objet du recours n’est pas,
limitativement, fixé par la loi. Il peut s’agir de la demande ne relevant pas de la
compétence du juge, du non-respect du délai du recours, du défaut de qualité du
requérant, du non-paiement du cautionnement électoral, de l’erreur matérielle, du
conflit interne, au sein du parti ou regroupement politique, de l’écart observé, dans une
circonscription, entre le nombre de candidats, sur une liste et celui de sièges à pourvoir
ou de l’inéligibilité d’un suppléant106.
Au regard de la jurisprudence, jusque-là disponible, la cour
constitutionnelle, en contentieux de l’élection présidentielle, s’est prononcée sur la
qualité du demandeur, la sollicitation d’un délai supplémentaire, pour introduire une
candidature, le recouvrement de la nationalité congolaise d’origine, l’inéligibilité, pour
conflit d’intérêts, au sein d’un parti politique et la condamnation d’un candidat par une
décision pénale irrévocable.
Eu égard à la qualité du demandeur, le juge a rejeté la requête introduite
par le président d’un parti politique, qui n’a pas, personnellement, fait acte de
candidature à l’élection présidentielle107 ; CSJ, 13 avril 2006, RCDC 015/KN, Aff. La
Convention pour la démocratie et la République, CDR, en sigle et André Alain Atundu
Liongo contre la Commission électorale indépendante 108 ; CSJ, 13 avril 2006, RCD
003/KIN, Aff. Mouvement de solidarité pour le développement, en sigle, MSD contre
la Commission électorale indépendante109.
Le même juge s’est déclaré incompétent, pour statuer sur une demande
tendant à obtenir un délai supplémentaire, afin de permettre l’introduction d’une
candidature à l’élection présidentielle, après la publication, par la Commission
électorale nationale indépendante, de la liste provisoire des candidats à ladite
élection110. Introduit au-delà du délai légal, le recours en contestation de candidature à
l’élection des députés nationaux a été également jugé tardif et, partant, rejeté111.
106 ESAMBO KANGASHE J-L., Le Droit électoral congolais, 2e édition, [Link]., 2021, p.331.
107 CSJ, 13 avril 2006, RCDC 012/KN, Aff. La Convention chrétienne pour la démocratie, CCD, en sigle et Jean-
Pierre Lisanga Bonganga contre la Commission électorale indépendante.
108 Bulletin des arrêts de la Cour suprême de justice. Contentieux électoraux, 2006-2007, p. 8.
109 Bulletin des arrêts de la Cour suprême de justice. Contentieux électoraux, 2006-2007, op. Cit., p. 3.
110 CC, 3 septembre 2018, RCE 007bis/PR, Aff. Mavungu Mboko Innocent contre la Commission électorale
nationale indépendante ; CC, 4 septembre 2018, RCE008/PR, Aff. Malutama Kayeye Hilaire contre la
Commission électorale nationale indépendante.
111 CSJ, 13 avril 2006, RCDC 028/KI IN, Aff. Kapinga Mubiayi Marie-José contre la Commission électorale
indépendante.
35
Il est de principe que la décision rendue, en matière de contentieux de
candidatures, soit revêtue de la force de la chose jugée et, donc, insusceptible de
recours112. La raison est que, même si la régularité et la permanence de certaines
opérations préélectorales peuvent justifier l’usage des voies de recours, celles-ci ne
sauraient être un moyen, pour retarder ou différer la tenue du scrutin déjà programmé.
Il importe de noter qu’en cas de saisine du juge, la Commission
électorale nationale indépendante puisse attendre le règlement du contentieux, pour
publier la liste définitive de candidatures. En droit malien, la Cour constitutionnelle a,
par son arrêt n° 2013-09/CC-EL du 31 octobre 2013 portant proclamation définitive
des candidatures à l’élection des députés à l’Assemblée nationale, indiqué
l’irrévocabilité de sa décision et sa publication au Journal officiel de la République113.
b. Le délai dans le règlement du contentieux des résultats.
L’organisation acceptable des élections est fonction de divers
paramètres, dont le traitement par le juge des différends, qui peuvent en résulter. Ce
contentieux a, notamment pour objet de vérifier la régularité des actes et la validité des
résultats des électeurs114. On reconnaît, à ce sujet, l’absence de recettes uniformes à la
disposition du juge, dans la résolution des différends électoraux, pour qu’à la variété
de problèmes posés, corresponde diverses solutions.
La notion de délai est importante, dans le domaine du droit électoral,
pour que l’on se permette de lui accorder un bref commentaire. En règle générale, le
délai est un laps de temps à l’écoulement duquel s’attache un effet de droit. Il impose à
l’autorité compétente et au juge une action ou une attente. Le délai d’action ou
impératif est celui avant l’expiration duquel un acte ou une formalité doit, à peine
d’irrecevabilité ou de forclusion, être accompli 115. Le délai d’attente est un espace de
temps avant l’expiration duquel un acte ou une formalité ne peut, sous diverses
sanctions de nullité, d’empêchement, d’exception dilatoire, avoir la force obligatoire et
contraignante116.
112 Art. 27 de la Loi électorale, telle que modifiée et complétée à ce jour.
113 Arrêt n° 2013-09/CC-EL, inédit, p. 11
114 MASCLET J.-C., Droit électoral, op. Cit., p. 309.
115 ESAMBO KANGASHE J-L., Le Droit électoral congolais, 2e édition, [Link]., 2021, p.268.
116 Idem
36
Dans le domaine électoral, le législateur congolais a, minutieusement,
réglementé le délai de saisine de la juridiction et celui de la décision du juge. Le délai
pour saisir la juridiction compétente diffère, selon le type d’élection. Pour l’élection
présidentielle, la juridiction est saisie dans un délai de deux jours, qui suivent la
proclamation des résultats provisoires. Il est, pour les autres scrutins, porté à huit
jours117. Introduit, six jours après l’annonce des résultats provisoires, le recours en
contestation desdits résultats a été rejeté, pour tardiveté 118. Est, également, irrecevable,
pour prématurité, le recours contestant, avant la mise en mouvement du délai légal, les
résultats provisoires des élections législatives119.
S’agissant du délai de règlement des contestations électorales, il est de
sept jours à compter de la saisine de la Cour constitutionnelle, pour l’élection
présidentielle, et deux mois, à partir de la saisine de la juridiction compétente, pour les
autres élections120.
Une question est posée en rapport avec la régularité de la décision
intervenue en dehors du délai exigé. On rappelle qu’en l’absence de toute précision
légale organisée, comme c’est le cas actuellement, on ne saurait souscrire à une
illégalité d’office121.
La loi électorale oblige donc la cour constitutionnelle de délibérer, dans
le délai de sept jours, pour l’élection présidentielle et, de deux mois, pour les autres
scrutins122. Faute de la sanction organisée, la décision rendue, au-delà du délai légal,
est valable, sauf appel, là où s’est autorisé. Le règlement du contentieux des résultats
peut, selon le cas, aboutir à la recevabilité ou non de la requête ou à son fondement.
Une fois rendue, cette décision est notifiée aux parties et à la Commission électorale
nationale indépendante, en vue de la préparation des dossiers des élus, dont les
mandats doivent être validés par chaque assemblée parlementaire respective.
À l’issue d’un scrutin, il peut se commettre certains actes susceptibles
d’être sanctionnés par le juge électoral, lorsqu’au moment de leur survenance, il est
117 Art.74, al. 1er de la Loi électorale, telle que modifiée et complétée à ce jour.
118 Bulletin des arrêts de la Cour suprême de justice. Contentieux électoraux 2006-2007, op. Cit., p. 261 : CSJ,
25 octobre 2006, RCE 232/DN, Aff. Union du peuple pour la République et le développement intégral, UPRDI,
en sigle contre la Commission électorale indépendante.
119 CSJ, 20 octobre 2006, RCE/DN/KN/016, Aff. Parti démocratique socialiste, PDS, en sigle contre la
Commission électorale indépendante.
120 Art.74, al. 2 de la Loi électorale, telle que modifiée et complétée à ce jour.
121 ESAMBO KANGASHE J-L., Le Droit électoral congolais, 2e édition, [Link]., 2021, p.268.
122 Art. 74 quater al. 5 de la Loi électorale, telle que modifiée et complétée à ce jour.
37
apparu une erreur matérielle, notamment le changement ou la permutation des noms
des candidats dans un bulletin de vote, l’affichage des résultats erronés, la discordance
des voix entre les suffrages affichés par le Centre local de compilation des résultats et
ceux rendus publics par la Commission électorale nationale indépendante123.
Pour tous ces cas, la loi électorale autorise la cour constitutionnelle à
opérer, une fois saisie, la correction nécessaire en ordonnant la rectification des
résultats erronés. Celle-ci est faite, à la demande des parties ou du ministère public. Il
ne peut s’agir que de l’erreur matérielle commise, au moment de la publication des
résultats provisoires d’une élection ou celle contenue dans la décision rendue en
matière de contestation électorale124. Cependant, aucun délai n’a été fixé concernant la
rectification des erreurs matérielles par la cour constitutionnelle.
D. La compétence de la cour constitutionnelle
La constitution de la RDC du 18 février 2006 pose les règles et principes
permettant de recourir à la justice en cas de fraude électorale ou corruption. Et en
RDC, la Cour Constitutionnelle est juge du contentieux électoral pour les élections du
président de la République et de députés nationaux125.
E. Les parties au procès
La loi électorale organise la comparution des parties et la procédure à
suivre devant la juridiction contentieuse. Y sont conviés, le candidat et la liste qui a
concouru, dans une circonscription, objet de contestation ou encore le mandataire
désigné. À l’un ou l’autre, une notification régulière de l’instance doit être faite, pour
permettre la présentation de ses moyens de défense. En organisant la procédure de
notification des actes de procédure et des pièces, faite à la diligence du requérant, le
législateur entend obliger celui-ci à les communiquer à toutes les parties, même à
celles qui n’ont manifesté aucun intérêt ; le but poursuivi étant d’éviter que la décision
à intervenir préjudicie les droits des tiers intéressés
123 ESAMBO KANGASHE J-L., Le Droit électoral congolais, 2e édition, [Link]., 2021, p.259.
124 Idem
125 Art.74 de la Loi électorale, telle que modifiée et complétée à ce jour.
38
F. Les moyens de preuve
Devant les juridictions contentieuses, les moyens de preuve sont, pour
rappel, constitués des procès-verbaux de vote et de dépouillement, des fiches des
résultats, des observations des membres du bureau de vote ou des témoins des
candidats, des constats des irrégularités relevées par la juridiction elle-même et des
réclamations des électeurs annexés auxdits procès-verbaux126. Ont été, également,
admis comme moyen de preuve, les supports amovibles de stockage des données
informatiques produites par la Commission électorale nationale indépendance127.
Quoique crédités d’assurer une transmission rapide et sécurisée des
résultats électoraux, les supports amovibles de stockage des données informatiques
sont, en raison de leur accessibilité au seul personnel électoral, une chasse gardée,
n’offrant que très peu de garantie de neutralité et de transparence. Sollicitée, lors de
la gestion du contentieux des résultats aux scrutins présidentiels, législatifs et
provinciaux de 2018 et 2019, la pratique n’a été qu’illusoire, les parties à qui ce mode
de preuve avait été exigé n’étaient pas capables de les offrir aux fins de les opposer,
éventuellement, à ceux contenus dans les clés USB de la Commission électorale
nationale indépendante128.
126 CSJ, 16 décembre 2011, RCE 011/PR, Aff. Kamerhe Lwa Kanyinginyi Vital et Union pour la nation
congolaise, UNC, en sigle, contre Kabila Kabange Joseph et la Commission électorale nationale indépendante :
Bulletin des arrêts de la Cour suprême de justice, Contentieux électoraux de 2011-2012, op. cit., p. 101.
127 CC, 19 janvier 2019, RCE 001/PR/CR, Aff. La Dynamique de l’opposition congolaise, en sigle D.O et Martin
Fayulu Madidi contre l’Union pour la démocratie et le progrès social, en abrégé UDPS/Tshisekedi et Félix
Antoine Tshisekedi Tshilombo.
128 ESAMBO KANGASHE J-L., Le Droit électoral congolais, 2e édition, [Link]., 2021, p.272.
39
§ 1 : Les critiques et controverses autour du juge constitutionnel congolais dans la
lutte contre la fraude électorale.
A. Notion sur la fraude électorale
Au cours de l’organisation d’une élection, plusieurs manipulations de
natures diverses peuvent être constatées au point d’affecter la crédibilité et la
transparence du scrutin. Ces manipulations conduisent à la modification, voire la
déformation de la volonté des électeurs. Elles favorisent la fraude, phénomène souvent
difficile à dissocier de l’élection et des enjeux qu’elle procure. La fraude est une réalité
complexe à être expérimentée d’une manière ou d’une autre par plusieurs pays du
monde.
La fraude est un acte malhonnête fait dans l’intention de tromper en
contrevenant la loi ou aux règlements.129 Elle est comprise comme une attitude qui
consiste à esquiver ou à se soustraire volontairement du respect d’une disposition
légale impérative. En République Démocratique du Congo, il s’agit notamment de la
loi électorale, elle est le texte qui organise les élections. En matière électorale, la
fraude est constituée d’un ensemble d’actes intentionnellement commis dans le but,
soit d’altérer la sincérité du scrutin, soit de fausser les résultats électoraux.130
La fraude trouve sa naissance de l’intention de tricher ou de contourner
les textes juridiques auxquels on est pourtant obligatoirement lié. Elle inclut toute
manœuvre ou toute irrégularité susceptible de se commettre pendant le processus de
votation dans le seul but d’influencer ou de déformer à l’avance les résultats
électoraux. Pour autant que le jeu électoral se cristallise sur la conquête de la
conservation du pouvoir, la fraude semble relever d’une donnée, qui, à défaut, d’être
congénitale, est en tout cas structurelle.
129 Dictionnaire français LAROUSSE.
130 MALIGNER B., Droit électoral, [Link]., p.276.
40
Aussi, en vue d’affronter cette réalité, les acteurs politiques s’appuyant
chacun sur ses stratégies minutieusement préparées et se regardant en chiens de
faïence, n’attendent que le moment venu pour en découdre ; celui-ci intervenant à
l’issus du scrutin. L’observation permet de noter qu’avant même la publication
officielle des résultats électoraux, et lorsque les stratégies arrêtées apparaissent moins
concluantes ou inefficaces, les suspicions de fraude naissent, les rumeurs de la
tricherie gagnent du terrain et la recherche du bouc émissaire à l’ordre du jour.
La mauvaise prise en charge conduit inévitablement à des tensions 131
préfigurant des conflits postélectoraux dont la gestion peut se révéler difficile. Dans
cette perspective, la question ne porte plus sur l’existence de la fraude électorale, mais
plutôt sur ses motivations en vue de réduire, autant que faire se peut, ses effets et
assurer, du coût, la liberté des électeurs et l’honnêteté des suffrages.
Dans le domaine électoral, la fraude couvre plusieurs réalités découlant,
soit de la mauvaise interprétation et/ou application de la loi électorale, soit des actes
posés enfreignant ladite loi. On la retrouve tout au long du processus, à l’occasion des
opérations préparatoires au scrutin, pendant le vote ou la gestion du contentieux
électoral. Le soupçon de fraude organisée peut résulter de la mauvaise interprétation
et/ou application d’une disposition de la loi électorale ou des actes posés dans la
pratique de la gestion électorale.
B. Les critiques et controverses autour du juge constitutionnel congolais
Le Professeur MELEDJE affirme que dans une démocratie , le
contentieux électoral apparait comme la technique la mieux indiquée pour assurer,
autant que possible, l’équité et la représentation démocratique, d’où il n’y a pas de
véritable élection démocratique et crédible sans contentieux électoral. 132 L’existence
du contentieux électoral en RDC et sa fiabilité constituent des outils indispensables qui
approuvent la légitimité é des gouvernants en acceptation de leurs modes de gestions
des affaires publiques. C’est dans ce contexte qu’est née la question du contentieux
électoral chargé de la mission de vérifier la conformité à la loi des actes qui se
rapportent aux élections afin de valider la sincérité des résultats électoraux par la cour
constitutionnelle.
131 Amplifiés notamment par la diffusion irrégulière des résultats électoraux et le phénomène d’auto
proclamation auquel pourront se livrer les adversaires politiques.
132 MELEDJE D-F., le contentieux électoral en Afrique, la démocratie en Afrique, pouvoirs, n129, Paris, PUF,
2009, p.147.
41
Cependant, la cour constitutionnelle congolaise n’a pas résolu le
problème de la célérité en traitant les litiges découlant des élections suite à la
multiplicité de contestations après la publication des résultats provisoires par la
Commission Électorale Nationale Indépendante, mais également le problème de la
fraude électorale qui demeure difficile à dissocier du processus électoral a souvent mal
départagé les parties en procès après les arrêts de la cour.
Ce qui fait que cette cour ait toujours eu du mal à satisfaire le peuple
congolais, qui, exerçant son droit de vote, a toujours désavoué les juges électoraux,
puisse ce que ceux-ci rendent souvent leurs arrêts au-delà du délai fixé par le
Constituant congolais.133 Et cela était justifié sur le fait qu’il y avait plus de deux
milles contestations devant neufs juges seulement, d’où il était impossible de rendre
les bons arrêts dans les 60 jours.
Face à cette situation, le pays avait connu des crises politiques
persistantes car nous avons assisté à des invalidations, revalidations et ré-invalidations
mettant ainsi en doute la légitimité de certains candidats proclamés vainqueurs après
rectification d’erreur matérielle par la cour constitutionnelle. Et les cris de la vérité des
urnes ne cessaient de prendre de l’ampleur dans les bouches de certains candidats
malheureux.134 La cour constitutionnelle congolaise est aussi touchée par le dictat des
acteurs politique. Ce qui lui rend inefficace dans son fonctionnement et conduit à la
paralysie totale du droit. Pour ainsi dire que la politique tient le droit en état.
Il y a lieu de retenir également que la question électorale est très sensible
car elle touche à la souveraineté de tout un peuple et détermine le destin de toute une
nation. Raison pour laquelle elle doit avoir une considération particulière et soutenue
tant dans la règlementation des règles qui l’organisent que dans l’appareil judiciaire de
son contrôle. Il est également nécessaire et important de signaler que ce problème de la
justice électorale trouve aussi sa source dans la question liée à la spécialisation.
133 Cas des arrêts rendus par la Cour constitutionnelle siégeant en matière électorale en contestations des
résultats provisoires proclamés par la CENI pour les élections de députes nationaux au scrutin de 2018 : selon le
rapport du greffier de la cour, il avait plus de 2000 contestations pour 9 juges seulement.
134 Notamment les candidats du parti politique Ecidé et de leur autorité de référence Martin FAYULU.
42
Cela s’explique sur le fait qu’à la cour constitutionnelle par exemple, il
n’y a pas que des juristes ; non seulement cela, ce n’est pas tout juriste membre de
cour qui a de la maitrise sur les questions de Droit électoral. Or, cette question ne doit
être réservée qu’aux spécialistes en la matière. Fort malheureux de constater que même
les politologues, les sociologues, voire les philosophes et autres traitent également les
litiges découlant des élections en Droit positif congolais. Le même problème touche
aussi les conseillers référendaires car dans ceux-ci, il n’est pas non plus interdit de
recruter les non juristes dans une institution judiciaire.
§2 : Les perspectives d’évolution pour la cour constitutionnelle
Pour pouvoir lutter contre la fraude électorale, nous avons pensé au
départ à la création d’une chambre d’appel à la cour constitutionnelle (A). Cependant,
pour le professeur Crispin KANKONDE, spécialiste de droit électoral, il est
nécessaire, plutôt que de créer une chambre d’appel à la cour constitutionnelle, de
créer une juridiction spécialisée chargée uniquement des traiter la matière électorale
(B).
A. La création d’une chambre d’appel à la Cour Constitutionnelle
Au terme de l’article 168 de la Constitution du 18 février 2006,135 les
recours aux arrêts de la cour constitutionnelle sont prohibés du fait que c’est la
dernière juridiction au sommet de toutes les juridictions selon la pyramide des normes
en Droit positif congolais. Toutefois, la même constitution garanti le droit de former
un recours contre un jugement dans les conditions fixées par la loi.136
Pour ce faire, dans le respect du droit au recours garanti par la
Constitution, nous proposons la création d’une chambre d’appel à la Cour
Constitutionnelle, à la manière de la Cour pénale internationale et d’autres juridictions
internationales. Cette chambre d’appel permettra aux citoyens laissés par les arrêts de
la cour constitutionnelle de pouvoir introduire un recours. Ainsi seront résolus les
problèmes validation, invalidation et ré-invalidation connus en 2019 devant la cour
constitutionnelle sans respect du principe constitutionnel de l’autorité de la chose
jugée.
135 L’article 168 de la Constitution de la RDC du 18 février 2006 qui dispose : « les arrêts de la cour
constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours et sont immédiatement exécutoires. Ils sont obligatoires
et s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, civiles et militaires
ainsi qu’aux particuliers. Tout acte déclaré nul à la constitution est nul de plein droit.
136 Article 21 de la Constitution de la RDC du 18 février 2006.
43
B. La création d’une juridiction spécialisée
Le professeur Crispin KANKONDE, spécialiste de droit électoral pense
que la création d’une juridiction chargé uniquement de traiter la matière électorale en
un remède efficace au problème de la fraude électorale en RDC.137
En effet, le professeur Crispin KANKONDE a démontré dans sa thèse
que plusieurs juridictions interviennent dans le traitement du contentieux électoral en
cas de fraude électorale. Il a rappelé qu’il s’agit de la Cour Constitutionnelle, les
juridictions de l’ordre administratif et les juridictions de l’ordre judiciaire. Pour ainsi
dire que parmi elles, il y a celles qui relèvent du droit public et d’autres du droit privé.
Il est alors important de dire que si toutes les juridictions sont
compétentes pour connaitre du contentieux électoral pour fraude, du moins en ce qui
les concerne, aucune de toutes les juridictions pré rappelées ne peut connaitre du
contentieux de l’ensemble de toutes les élections. En d’autres termes, aucune
juridiction n’est éligible pour à elle seule, procéder des aptitudes pour connaitre de
tous les litiges émanant de l’ensemble de toutes les décisions quelles que soient leurs
natures.
Le professeur Crispin KANKONDE approfondi encore en disant que si
aucune juridiction ne peut connaitre à elle seule, l’ensemble des contentieux émanant
de toutes les élections, ceci suppose que l’institution et l’exercice de la démocratie
n’est pas la seule affaire d’un et unique ordre juridictionnel. À l’exemple de l’article
74 alinéa 1 de la loi électorale de la RDC N°22/029 du 29 Juin 2022 modifiant et
complétant la loi n°22/006 du 09 Mars 2006 portant organisation des élections
présidentielle, législative, provinciale, urbaine, municipale et locale telle que modifiée
par la loi n°11/003 du 25 Juin 2011, la loi n°15/001 du 12 Février 2015 et la loi
n°17/013 du 24 Décembre 2017, le législateur attribue uniquement et exclusivement la
compétence à la cour constitutionnelle pour connaitre du contentieux électoral en ce
qui concerne les élections présidentielle et législatives138 qui sont par excellence des
élections politiques nationales.
137 KANKONDE KANKONDE C., Contribution à l’unification des contentieux des élections politiques et socio-
professionnelles en République Démocratique du Congo, thèse envie de l’obtention de grade de Docteur en
Droit, Kinshasa UNIKIN, Décembre 2020, p.399
138 Les juridictions compétentes pour connaitre du contentieux des élections sont : la cour constitutionnelle,
pour les élections présidentielle et législatives.
44
Il convient de noter que la création de la juridiction spécialisée des
élections pourrait bien pallier à l’inaptitude du juge constitutionnel à ne pas connaitre
du contentieux de l’ensemble des élections prévues par la loi électorale. Nous pouvons
toutefois signaler que l’établissement de cette juridiction spécialisée est capable de
perturber le système juridique déjà établi en la matière.
45
CONCLUSION
La cour constitutionnelle congolaise doit être une forte garantie
juridictionnelle des textes juridiques électoraux, elle est chargée de faire respecter la
constitution, autorité suprême du pays139139. Pour ainsi dire que seule elle peut faire de
ces textes des normes juridiquement obligatoires, des véritables règles de Droit en y
attachant des sanctions. Sans la une efficacité et sérosité, la loi électorale n’est qu’un
programme politique, à la rigueur obligatoire moralement, un recueil de bons conseils
à usage du législateur, mais dont il est juridiquement libre de tenir ou de ne pas tenir
compte, puis ce que ses actes, même faits en violation de ses préceptes, seront en tout
état de cause valables. Elle doit permettre de transformer en normes véritablement
juridiques ce qui seulement se voulait tel.
En République démocratique du Congo (RDC), le juge constitutionnel
joue un rôle essentiel dans la moralisation de la vie politique, notamment lorsqu'il
s'agit d'annuler un scrutin pour fraudes et corruption, comme cela pourrait être le cas
lors des élections du 20 décembre 2023. L'annulation de ce pouvoir est un outil
essentiel pour préserver la démocratie et l'intégrité du processus électoral. Dans un
environnement où les élections en République démocratique du Congo sont
fréquemment accusées de fraudes, de corruption et de manipulations électorales, le
juge constitutionnel a pour mission de s'assurer que le vote du peuple est respecté.
La cour constitutionnelle doit également fonctionner comme un
indicateur permettant l’identification et l’édification de l’État de droit démocratique en
ce sens qu’elle constitue un élément central de la manifestation de l’expression
planétaire par la vérification de la sincérité des élections libres et transparentes. Il ne
peut alors avoir des élections crédibles sans une bonne justice électorale rendue par
elle car elle a toujours apparu comme un bouclier contre l’arbitraire aux élections. La
cour constitutionnelle est d’office le miroir de l’Etat de droit au sein du pays et au
niveau international. Cependant depuis les derniers contentieux, la cour a fait preuve
d’une certaine évolution de par le traitement de toutes les requêtes, tous ces
événements marquants peu à peu une évolution dans la sauvegarde de l’Etat de Droit.
139 Journal Télévisé, VOA Afrique, exclusif : Dieudonne Kamuleta, Président de la Cour Constitutionnelle de la
RDC, le 01 septembre 2024, 13h30
46
Nous sommes parvenus à comprendre que la justice électorale rendue par
la cour constitutionnelle doit constituer l’ensemble des moyens et mécanismes
garantissant la conformité aux normes juridiques des actions et procédures employées
dans le processus électoral mais aussi la vérification de la sincérité du scrutin. Elle doit
alors être considérée comme un problème de sécurité électorale car les mécanismes de
règlement des différends d’une manière équitable et transparente sont nécessaires pour
statuer sur les griefs. Pour une plus grande effectivité de la justice en matière
électorale, il faut un isolement du pouvoir judiciaire par rapport aux influences
d’autres pouvoirs. La caricature de la justice notamment en ce qui concerne les
élections a connu beaucoup d’ambiguïtés au fil du temps qui a poussé plus d’une
personne à douter de son applicabilité dans la lumière de chaque processus émanant
des élections. L'annulation d'une élection en raison de fraude ou de corruption
constitue un avertissement puissant contre les pratiques déloyales, ce qui renforce la
transparence et la crédibilité du système électoral. Toutefois, afin que ce pouvoir
d'annulation soit pleinement opérationnel, il est primordial que le juge constitutionnel
exerce ses pouvoirs de manière autonome, impartiale et prompte. Le processus est
intègre en raison de sa capacité à prendre des décisions qui ne sont pas seulement
conformes au droit, mais qui sont aussi considérées comme justes par la population et
les acteurs politiques. Pour renforcer la légitimité des institutions électorales, il est
essentiel de prendre des mesures décisives pour lutter contre les irrégularités.
Notons également que la bonne justice électorale rendue par la cour
constitutionnelle est plus importante que les légalités générales dans un État dit de
Droit car elle offre aux citoyens un environnement politique sain dans lequel ils
peuvent non seulement exercer leurs droits, mais aussi croire et sentir qu’ils peuvent le
faire de la plus belle manière. Son importance est de faire respecter les textes qui
régissent les élections et de garantir la pleine application du principe de la démocratie
par le biais des élections libres, équitables et transparentes140.
140 Ce système est développé dans le monde pour prévenir et identifier les irrégularités lors des élections. En
RDC, la justice électorale est rendue par le système de contentieux électoraux selon l’ordre juridique déjà établi
en Droit positif congolais.
47
En résumé, face aux difficultés actuelles de rendre la vie politique en
RDC plus éthique, le pouvoir d'annuler les élections en cas de fraude et de corruption
lors des élections du 20 décembre 2023 constitue un défi majeur pour le juge
compétent. Ce pouvoir est un moyen essentiel de garantir le respect des principes
démocratiques et la préservation de la souveraineté populaire dans un environnement
politique fragile.
48
BIBLIOGRAPHIE
A. Les textes juridiques
Les textes constitutionnels
1. La loi fondamentale du 19 mai 1960 relative aux structures du Congo
2. La Constitution du 24 juin 1967.
3. La Loi n° 70-001 du 23 décembre 1970 portant modification de la Constitution
du 24 juin 1967.
4. La Loi n° 74-020 du 15 août 1974 portant révision de la Constitution du 24 juin
1967.
5. La Constitution congolaise du 18 février 2006 telle que modifiée par la Loi du
20 janvier 2011.
Les textes législatifs
1. La Loi organique n° 13/026 du 15 octobre 2013 portant organisation et
fonctionnement de la Cour Constitutionnelle.
2. La Loi organique n° 13/012 du 19 avril 2013 modifiant et complétant la Loi n°
10/013 du 8 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la
Commission Électorale Nationale Indépendante.
3. La Loi n° 11/003 du 25 juin 2011 modifiant et complétant la Loi n° 06/006 du
09 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives,
provinciales, urbaines, municipales et locales.
4. La Loi n° 08/ 005 du 10 juin 2008 portant financement public des partis
politiques.
5. La Loi n° 06/020 du 10 juillet 2006 modifiant et complétant le Décret du 30
juin 1930 portant Code pénal Livre 11.
6. La Loi n° 04/028 du 24 décembre 2004 portant identification et enrôlement
des électeurs en République Démocratique du Congo.
7. La Loi n° 04/016 du 18 juillet 2004 portant lutte contre le blanchiment des
capitaux et financement du terrorisme.
49
8. La Loi n° 04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des
partis politiques en République Démocratique du Congo.
9. La Loi n° 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code minier.
10. La Loi du 23 mars 1960 relative aux élections législatives et provinciales au
Congo.
11. L’Ordonnance-Loi n° 70-027 du 17 avril 1970 portant organisation de
l’élection présidentielle en République du Zaïre.
12. L’Ordonnance-Loi n° 70-026 du 17 avril 1970 portant organisation des
élections législatives.
13. L’Ordonnance-Loi n° 70- 026 du 17 avril 1970 portant organisation des
élections législatives en République du Zaïre.
14. L’Ordonnance-Loi n° 67-223 du 03 mai 1967 portant organisation du
référendum en République Démocratique du Congo.
15. L’Ordonnance Législative n° 25/554 du 6 novembre 1959 relative au droit de
vote etd’éligibilité aux élections, communales, municipales et législatives.
16. L’ordonnance n°07/001 du 05 février 2007 portant nomination des Ministres
d’État, Ministres et Vice-Ministres. Col. 1.
17. Décret du 26 mars 1957 relatif aux élections des conseillers des communes de
Léopoldville, d’Élisabethville et de Jadotville.
B. La doctrine
1. Les ouvrages
1. ESAMBO KANGASHE J-L, Le Droit constitutionnel, Louva-la-Neuve,
Academia- L’Harmattan, 2013.
2. ESAMBO KANGASHE, J.-L., La Constitution congolaise du 18 février 2006 à
l’épreuve du constitutionnalisme. Contraintes pratique et perspectives,
Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, Bibliothèque de droit africain, 7, 2010.
3. ∙KOUTOUZIS M et THONY J.-F, Le blanchiment, Paris, PUF, Coll. Que sais-
je ? , 2005.
50
4. LUKOMBE GHENDA R, Droit commercial congolais. Faillite, Concordat et
Banqueroute. Kinshasa, Publication des Facultés de Droit, Université du
Congo, 2011.
5. MABIALA MANTUBA-NGOMA P, Les élections dans l’histoire politique de
la 364 République Démocratique du Congo (1957-2011), Kinshasa, FKA,
2013.
6. MALIGNER B, Droit électoral, Paris, Ellipses, 2007.
7. MARTIN P, Les systèmes électoraux et les modes de scrutin, Paris, 3e éd.
Montchrestien, Coll. Clefs Politique, 2006.
8. MASCLET, J.-C, Droit des élections politiques, Paris, PUF, Coll. Que sais-je ?,
1992.
9. MASCLET, J.-C, Droit électoral, Paris, PUF, 1989.
10. MASIKA KATSUVA et all, Régimes électoraux en République du Zaïre :
Textes Législatifs d’organisation, Kinshasa, Co-Édition ISE-Consult, 1994.
11. MATHIEU B et VERPEAUX M, Contentieux constitutionnel des droits
fondamentaux, Paris, L.G.D.J, 2002.
12. MBOKOLO E (dir.), Élections démocratiques en République Démocratique du
Congo. Dynamiques et perspectives, Kinshasa, AGB, 2010.
13. NDAYIWEL è NZIEM, I, Nouvelle histoire du Congo des origines à la
République
Démocratique du Congo, Bruxelles, Le Cri-Buku Histoire, 2012.
14. NYABIRUNGU mwene SONGA, Droit international pénal, Kinshasa, éd.
Droit et Société, 2013.
15. TOUVET L, DOUBLET, Y M, Droit des élections, Paris, Economica, 2007.
365
16. WETSH’OKONDA KOSO M et BALINGENE KAHOMBO, Le pari du
respect de la vérité des urnes en Afrique. Analyse des élections présidentielles
et législatives du 28 novembre 2011 en République Démocratique du Congo,
Bruxelles, 11.11.11, 2014.
51
C. Thèse
• KANKONDE KANKONDE Crispin, contribution à l’unification des contentieux
des élections politiques et socioprofessionnelles en République Démocratique du
Congo
• MULUMBA TSHITOKO M., la conception de la fonction présidentielle en
République Démocratique du Congo, thèse de doctorat en Droit Public, université
paris 1 Panthéon-Sorbonne, 5 décembre 2018, p.41.
D. Revus
• Jean Louis Nadal, Renouer la confiance publique. Rapport au président des
républiques l’exemplarité des responsables publics, Paris, la documentation
française
• Lawson, « la morale dans l’office du juge constitutionnel » revu in Africa. Droit
en Afrique 22 (2019), P. 49-50
• RIPERT (G.), La règle morale dans les obligations civiles, LGDJ, 1949,
n°13*18. Il soutenait que le droit, même dans ses parties les plus techniques, est
toujours dominé par la loi morale.
• DABIN (J.), « La technique de l'élaboration du droit positif ». In: Revue néo-
scolastique de philosophie. 40ᵉ année, Deuxième série, n°54, 1937
• Assier-Andrieu (L.), « le juge, la loi et le citoyen », la qualité de décisions de
justice, Études réunies par MBONGO (P.), Éditions du conseil de l’Europe
E. Journal Télévisé
● Journal Télévisé, Rtnc, Cour constitutionnelle contentieux électoral du 08
janvier 2024
52
● Journal Télévisé, VOA Afrique, Exclusif : Dieudonne Kamuleta, Président de la
Cour constitutionnelle de la RDC