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Signification de l'économie générale

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RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

Paix – Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland


****** ******
MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR MINISTRY OF HIGHER EDUCATION
******
******
DIAMARÉ HIGHER INSTITUTE
INSTITUT SUPÉRIEUR « LE DIAMARÉ »
******
ISD
******

Agrément N° 21-05211/L/MINESUP/DDES/ESUP/SDA/MF Du 19/08/2021


Tel : (Whatsapp) : [Link] / [Link]
E-mail : [Link]@[Link] Maroua-Cameroun

ECONOMIE GENERALE 1

INTRODUCTION GENERALE

L’économie au même titre que les autres sciences se caractérise par ses méthodes, son objet et ses
instruments.

Elle a pour objectif la recherche du bien-être de l’homme dans un environnement où les besoins sont
illimités (nombreux) et les ressources rares (limitées)

Elle a pour priorité d’apprendre à l’homme à ajuster ses besoins trop nombreux aux moyens
relativement rares. C’est dans cette logique que s’inscrit la continuité du cours d’économie générale afin de
concilier le conflit naturel entre les besoins et les ressources.

Le cours d’économie générale est segmenté ainsi qu’il suit :

LES ENTREPRISES ET LA PRODUCTION


LES MENAGES ET LA CONSOMMATION
LES MARCHES ET LES PRIX
FORMATION ET REPARTITION DES REVENUS
LA MONNAIE ET LE FINANCEMENT DE L’ECONOMIE
LES ELEMENT DE LA COMPTABILITE NATIONALE
L’EQUILIBRE MACROECONOMIQUE
LE SYSTEME SOCIALIATE
L’ECONOMIE CAPITALISTE
L’ETAT ET SES INTERVENTIONS
LES FONDEMENT DU COMMERCE INTERNATIONNAL
LES PAIEMENTS INTERNATIONAUX
LA BALANCE DE PAIEMENT
LE DEVRLOPPEMENT ECONOMIQUE ET SES INEGALITES
CROISSANCE ET SES INEGALITES
INFLATION, CHOMAGE, MUTATION INDUSTRIELLES
LES ENJEUX DU DEVELOPPEMENTET DE LA MONDIALISATIONDES PROBLEMES
LES STRATEGIES DE DEVELOPPEMENT
L’INTEGRATION ECONOMIQUE ET LES FORMES DE COOPERATION DANS LE MONDE
LES STRATEGIE D’ENDETTEMENT INTERNATIONAL
CHAPITRE I : LES ENTREPRISES ET LA PRODUCTION

La production est l’activité qui permet de créer les biens et les services assurant la satisfaction des
besoins individuels ou collectifs.
Objectifs du cours :
A la fin de ce cours, l’étudiant devra être capable de :
 Définir la production marchande et non marchande ;
 Définir économiquement la production ;
 Identifier les différents facteurs de production ;
 Déterminer l’équilibre du producteur national ;
 Identifier les différents coûts et calculer le profit.
INTRODUCTION
Les biens et les services sont produits à partir d’une fonction de production. La fonction de production
décrit les relations mathématiques qui existent entre les quantités de biens et services à produire et les facteurs
de production.
On distingue la production marchande et la production non marchande :
 La production marchande : concerne les biens et services qui s’échangent ou qui sont susceptibles de
s’échanger sur un marché à un prix qui vise au moins à couvrir les coûts de production ;
 La production non marchande : quant à elle est fournie gratuitement ou est vendue à un prix inférieur
à son coût de production. C’est le cas des services rendus par les administrations publiques.
De façon courante, la production désigne l’activité économique qui consiste à créer des biens et des services.
C’est aussi la création des biens et services appelés output à partir d’une combinaison de divers éléments appelés
facteurs de production ou encore input.
SECTION 1 : LES FACTEURS DE PRODUCTION
I- DEFINITION
Un facteur de production est tout moyen matériel et humain permettant de produire. On distingue
généralement les facteurs de production suivants : le travail, le capital, la nature, les progrès techniques, la
formation, l’information et le savoir…
II- LES TYPES DE FACTEURS DE PRODUCTION
II.1- Le travail (L)
L’importance du facteur travail dépend de la population active disponible. La production du travail est
un indice très important de l’efficacité économique. La productivité peut se définir comme le rapport entre la
production obtenue et les quantités des facteurs utilisés.
Le travail est l’ensemble des tâches accomplies par l’homme pour produire en contrepartie d’une
rémunération.
Il est utile d’une part pour le travailleur car il lui permet d’obtenir un revenu pour satisfaire ses besoins,
lutter contre l’oisiveté et d’autre part pour la société il améliore le niveau de vie des hommes, participe au
développement d’un pays.
L’inconvénient du travail est qu’il donne la fatigue et la peine (dépense d’énergie).
II.1.1- Les formes de travail
Selon la nature des tâches effectuées, le travail peut prendre quatre formes :
 Le travail de conception ;
 Le travail d’exécution, confié au personnel chargé d’effectuer les tâches manuelles ou intellectuelles, en
général à caractère répétitif (magasinier, vendeur, …) ;
 Le travail de direction consiste à prévoir, gérer, organiser, commander, contrôler… Il est assuré par le
responsable de l’entreprise (directeur, gérant,…) ;
 Le travail de création consiste à découvrir de nouveaux produits ou à améliorer les produits existants
(chercheurs, ingénieurs,…).
II.1.2- L’organisation du travail
L’efficacité du facteur travail dépend des méthodes d’organisation du travail dans les entreprises.
Plusieurs auteurs ont contribué à l’évolution de cette organisation.
1) ADAM SMITH : la division du travail
C’est la spécialisation des travailleurs dans des étapes du processus de production. Elle permet d’augmenter
les gains de productivité (profit obtenu grâce à une meilleure utilisation des facteurs de production).
L’augmentation de la production totale, la diminution des temps morts.
2) FREDERIC WINSLOW TAYLOR ou l’organisation scientifique du travail (OST)
L’OST ou taylorisme est un ensemble des principes énoncés par TAYLOR pour parvenir à une organisation
scientifique du travail. C’est une méthode de travail qui repose sur trois principes :
 Le découpage du travail en multiples tâches simples ;
 La spécialisation des ouvriers ;
 La séparation entre la conception, l’exécution et le contrôle.
Il a ajouté à ce principe le salaire aux pièces : ceci a permis dans l’industrie, l’augmentation des rendements
mais il a fini par aliéner l’homme de manière qu’on lui substitue aujourd’hui les méthodes d’élargissement des
tâches.
Les avantages de l’OST sont :
 Gains de productivité, création des grands ensembles industriels ;
 Baisse des coûts, production en grandes séries, consommation de masse.
Les inconvénients de l’OST sont :
 L’augmentation de l’absentéisme, accroissement du taux de rotation du personnel ;
 Manque de motivation, médiocrité de la qualité du travail…

3) Le fordisme (HENRI FORD)


C’est un système de production industrielle mis au point par HENRI FORD fondé sur le travail à la chaîne, la
standardisation (type, norme de fabrication) des produits et une politique de hauts salaires.
II.2- Le capital (K)
Le capital correspond à l’ensemble des biens destinés à produire d’autres biens et services. On distingue
généralement :
 Le capital technique : c’est l’ensemble des moyens matériels utilisés pour produire. Il se décompose
en :
 Capital circulant : ce sont des moyens utilisés pour produire et qui sont détruits lors de cette production,
ils ne servent qu’une fois. Exemple : les matières premières ;
 Le capital fixe : ce sont des biens utilisés pour produire et servant plusieurs fois sur une période donnée
et ne se détruisent que progressivement dans le temps. Exemple : les machines, les usines…
 Le capital financier : c’est l’argent déposé auprès d’un organisme financier ou investi directeur dans une
entreprise sous forme de parts sociales ou d’actions ;
 Le capital humain : c’est l’aptitude de l’individu à travailler. Exemple : santé, éducation, formation
professionnelle…
 Le capital comptable : c’est l’ensemble d’apports des associés.
II.2.1- La création du capital : l’investissement
1) Définition
L’investissement permet de renouveler et d’y incorporer les progrès techniques. C’est une opération par
laquelle une entreprise acquiert les biens de production. On distingue :
 L’investissement matériel (achat des machines, matériels, bâtiments…) ;
 L’investissement immatériel (dépense de formation du personnel, de recherche, publicité, étude de
marché…) ;
 L’investissement de capacité : il vise à augmenter la capacité de production de l’entreprise ; il est dit
induit ou endogène lorsqu’il dérive de l’augmentation de la demande, autonome quand il est décidé sans aucun
rapport avec l’évolution actuelle de la consommation ;
 L’investissement de productivité ou de modernisation : vise la réduction des coûts de production par
une meilleure utilisation des facteurs. C’est aussi un investissement destiné à remplacer les anciennes machines
par des nouvelles plus performantes ;
 L’investissement brut : c’est le montant total des investissements de l’entreprise ou d’une économie
comprenant les investissements nouveaux (Investissement net) et les investissements de remplacement
(amortissement = perte de la valeur d’un bien suite à son usure) ;
 L’investissement net : c’est l’investissement nouveau, celui qui permet une augmentation du capital
technique de l’entreprise (Investissement net = investissement brut – amortissement).
2) Le financement des investissements
Plusieurs possibilités se présentent :
 Le financement peut se faire en interne dans l’entreprise en faisant appel à ses fonds propres
(l’autofinancement constitué des amortissements et des bénéfices non distribués mis en réserve) ;
 Il peut également se faire en externe à l’entreprise en augmentant le capital (émissions des actions en
bourse), recourir à des emprunts à moyen et long termes, le crédit-bail (système de location avec option d’achat
à terme).
Un investissement financé par ses fonds propres comporte pour l’entreprise un « coût d’opportunité »
défini comme le manque à gagner à un placement financier. L’entreprise investit lorsque le profit de
l’investissement sera supérieur à ce coût d’opportunité. Si l’entreprise emprunte pour investir, elle va comparer
le taux de l’intérêt et le taux de rendement de l’investissement (Taux de rendement de l’investissement = profit
future lié à l’investissement / coût de l’investissement).
Si le T.R.I est supérieur au taux d’intérêt, l’entreprise réalisera l’investissement en empruntant.
Les déterminants de l’investissement sont :
 Le profit : les profits élevés constituent un indicateur de la rentabilité de l’investissement ;
 La structure financière des entreprises : importance des fonds propres et endettement réduit ;
 Le taux d’utilisation des capacités de production ;
 La demande : les entreprises investissent si elles prévoient des débouchés nouveaux pour la production
(effet accélérateur où la demande anticipée détermine l’investissement : c’est une relation entre la variation de
la demande et la variation de l’investissement).
 Le taux d’intérêt ;
 Le coût relatif des facteurs : une hausse du coût de travail supérieur à celle du coût du capital favorise
la substitution du capital au travail.
3) Le multiplicateur d’investissement
C’est un coefficient indiquant l’accroissement du revenu résultant d’une augmentation de l’investissement.
Il indique l’impact de l’investissement sur le revenu.
Mécanisme mis en relief par JOHN MEINARD KEYNES, le capital technique rend les autres facteurs plus
efficaces. Tout investissement doit donc permettre une augmentation des revenus plus que
proportionnellement. On peut donc écrire : ∆𝑅 = 𝑘∆𝐼 𝑒𝑡 𝐾 = ∆𝑅 ⁄∆𝐼 = 𝐼 ⁄𝑃𝑚𝑒.
Le multiplicateur d’investissement dépend de la propension à épargner (Pme).
 Plus celle-ci sera forte, plus l’accroissement de la production et du revenu national sera important ;
 Plus elle faible, plus réduit sera l’accroissement de la production et du revenu national.
La réduction des effets du multiplicateur de l’investissement dans les pays sous-développés est expliquée
par le remboursement des dettes, dépenses sur biens importés qui profitent aux producteurs des pays étrangers,
les « détournements ».
4) Le principe du multiplicateur d’investissement
Lorsqu’on décide de réaliser un investissement supplémentaire, on utilise le montant correspondant pour
acheter les biens d’équipement. Ces dépenses constituent pour les vendeurs leurs revenus et ceux-ci vont le
dépenser en tenant compte de la propension marginale à consommer (Pmc). Ces dépenses vont passer de mains
en mains et chaque étape constitue un revenu pour les vendeurs. A la fin, le revenu créé est de :

∆𝑅 = ∆𝐼 + 𝐶∆𝐼 + 𝐶 2 ∆𝐼 + ⋯ + 𝐶 𝑛−1 ∆𝐼 = ∆𝐼(1 + 𝐶 + 𝐶 2 + ⋯ + 𝐶 𝑛−1 )


Le facteur entre parenthèse est la somme d’une suite géométrique de premier terme 1 et de raison C.

Soit k cette somme, nous avons :


1−𝐶 𝑛−1
𝑘 = 1 + 𝐶 + 𝐶 2 + ⋯ + 𝐶 𝑛−1 = car ∆𝑅(1 − 𝑐) = ∆𝐼(1 − 𝑐 𝑛 )
1−𝐶
⇒∆𝑅⁄∆𝐼 = 1 − 𝑐 𝑛 ⁄1 − 𝑐 = 𝑘
1
Où n→∝ 𝑒𝑡 𝐶 𝑛−1 → 0 ⇒ 𝑘 = 𝑎𝑣𝑒𝑐 0 < 𝑐 < 1
1−𝐶
Application :
On introduit 10.000.000 de monnaie supplémentaire dans le circuit économique. Si la Pmc des ménages
est de 0,7 ; calculer par vagues successives:
 La somme totale des revenus que les 10.000.000 ont engendré sur une période de 5 ans et sur les n
périodes ;
 L’accroissement de la consommation dû à l’augmentation du revenu sur une période de 5 ans et sur les
n périodes ;
 Quel est l’accroissement de l’épargne et sur les n périodes ?
Solution :
∆𝐼 = 10.000.000 𝑃𝑚𝑐 = 𝑐 = 0,7 ∆𝑅 = 𝑘∆𝐼
1 1
1) 𝑘 = = = 3,33
1−𝑐 1−0,7
Somme totale des revenus sur les n périodes
∆𝑅 = 𝑘∆𝐼 = 3,33 ∗ 10.000.000
∆𝑅 = 33.300.000
∆𝐶 ∆𝐶
2) 𝑐 = ⇒ 0,7 = ⇒ ∆𝐶 = 0,7 ∗ 33.300.000
∆𝑅 33.300.000
∆𝐶 = 23.310.000
𝑠 = 1 − 𝑐 𝑜𝑢 𝑃𝑚𝑒 = 1 − 𝑃𝑚𝑐 = 1 − 0,7 = 0,3
∆𝐸 = 𝑠∆𝑅 = 0,3 ∗ 33.300.000
∆𝐸 = 9.990.000
Périodes ∆𝐼 ∆𝑅 ∆𝐶(0,7) ∆𝐸(0,3)
1 10.000.000 10.000.000 7.000.000 3.000.000
2 7.000.000 4.900.000 2.100.000
3 4.900.000 3.430.000 1.470.000
4 3.430.000 2.401.000 1.029.000
5 2.401.000 1.680.700 720.300

5) Les limites du multiplicateur de l’investissement


L’effet multiplicateur n’a pas d’influence si :
 Une partie des revenus est distribuée aux ménages non-résidents ;
 Les entreprises achètent les biens d’équipement ;
 Les ménages consomment les biens produits à l’étranger ;
 La Pmc ou c est faible ou à la limite égale à zéro.
Les effets du multiplicateur sont plus ou moins limités selon le type d’économie.
En économie sous-développée, le revenu des agents économiques est très faible ; c’est pourquoi l’effet
multiplicateur sera très élevé à cause de la faible Pme ; La politique d’investissement additionnel sera donc d’une
très grande efficacité.
En économie développée, le multiplicateur aura des effets très faibles à cause de l’importance de l’épargne.
II.3- Les facteurs naturels
La nature est la première richesse dont dispose l’homme. Elle joue un rôle très important non seulement en
ce qui concerne sa richesse, mais aussi et surtout de parts le rôle qu’elle joue dans l’activité économique.
Le facteur naturel regroupe la terre, les richesses du sol et du sous-sol, l’énergie, toutes ces forces naturelles
que l’homme peut utiliser en y appliquant sa force de travail.
Cette énergie provient de plusieurs sources :
 L’eau (l’énergie hydraulique) ;
 Le vent (l’énergie éolienne) ;
 L’uranium (l’énergie nucléaire) ;
 Le charbon et les hydrocarbures (l’énergie thermique) ;
 Le soleil (l’énergie solaire).
Le facteur travail est très important car la puissance économique d’un pays est liée à la possession des
richesses du sol et du sous-sol.
Mais le facteur naturel est inégalement réparti tant sur le plan national qu’international. Ainsi, certaines
régions bénéficient d’une surabondance ou souffrent d’une insuffisance de ce facteur. Cette insuffisance est
atténuée par les échanges internationaux.
II.4- Les progrès scientifiques et techniques
Développés par l’économiste autrichien J. SCHUMPETER (1883-1950). Il amis les progrès scientifiques
et techniques au centre de son analyse du développement du capitalisme.
II.4.1- Définition :
Les progrès techniques sont l’ensemble des modifications qui améliorent les procédés de production et la
nature des biens réalisés. C’est l’application des progrès scientifiques aux activités économiques, c’est-à-dire le
perfectionnement des machines, l’amélioration de l’organisation de la production, la meilleure qualification des
travailleurs. Ils se manifestent par des inventions et des innovations.
II.4.2- Mesures :
Les progrès techniques sont une notion qualitative qui affecte l’efficacité des facteurs de production. On la
mesure par l’accroissement de la production.
Les progrès techniques constituent un facteur essentiel du développement. Il suppose la mise en œuvre des
nouvelles méthodes de production et des nouvelles techniques qui améliorent la productivité, elle-même
conditionnée par :
 Un effet de recherche : qui peut conduire à une invention ou à une innovation ;
 La réunion des moyens financiers importants ;
 La formation du personnel.
II.4.3- Avantages et inconvénients des progrès techniques :
Les avantages des progrès techniques sont :
 L’augmentation de la productivité ;
 L’amélioration de la qualité des produits ;
 L’amélioration de l’efficacité des travailleurs ;
 La rapidité dans l’exécution du travail ;
 La diversification des produits.
Les inconvénients des progrès techniques sont :
 La pollution de l’environnement ;
 L’augmentation du niveau de chômage ;
 La surproduction ;
 La destruction de l’environnement ;
 L’exode rural ;
 Les nuisances (bruits odeurs…).
II.5- La formation :
Les progrès technologiques exigent aux entreprises de disposer d’un personnel de plus en plus qualifié
et performant d’où la nécessité d’assurer l’adéquation entre le système éducatif et les besoins des entreprises.
II.6- L’information :
Dans une entreprise le système d’information est un vecteur central des performances. L’information
du personnel sur l’environnement, sur les forces internes de l’entreprise et sur la concurrence est au cœur de la
réflexion stratégique.
I- LES CARACTERISTIQUES DES FACTEURS DE PRODUCTION :
Les facteurs de production sont complémentaires, c’est-à-dire qu’un facteur pris isolement ne peut fournir
un bon rendement, d’où la combinaison des facteurs.
Les facteurs de production sont substituables, il y a relation de substitution lorsqu’un même volume de
production peut être obtenu en utilisant indifféremment la quantité de l’un ou l’autre des facteurs. Ce qui signifie
que pour produire l’entrepreneur ne peut diminuer l’utilisation d’un facteur pendant qu’il augmente l’utilisation
de l’autre tout en maintenant le même niveau de production.
SECTION 2 : LA FONCTION DE PRODUCTION :
Un facteur pris seul ne peut produire. Il faut donc combiner plusieurs facteurs.
Elle exprime une relation qui existe entre les quantités de facteurs nécessaires à la production et le volume
de production qui en résulte.
Si K, L, N, PT sont les quatre facteurs pour produire le bien B, la fonction de production peut s’écrire : 𝐵 =
𝑓(𝐾, 𝐿, 𝑁, 𝑃𝑇)
Les facteurs étant nombreux, il appartient à l’entrepreneur de choisir ceux qui lui seront utiles pour sa
production.
I- CHOIX DES FACTEURS
L’entrepreneur face à une multiplicité de facteurs de production est guidé par certains critères qui sont
des choix :
 L’importance des débouchés ;
 La qualité des facteurs ;
 La quantité des facteurs ;
 Le prix ;
 Les conditions climatiques…
L’entrepreneur effectue un choix dans le but d’atteindre un objectif. La production de cet entrepreneur
sera : 𝑃 = 𝑓(𝐿, 𝐾, 𝑁, 𝑃𝑇)
En considérant que le facteur naturel est constant, et que le PT est incorporé dans le L et le K, c’est-à-
dire qu’il améliore leur productivité, on aura une fonction de production à deux facteurs (L et K) soit : 𝑃 = 𝑓(𝐿, 𝐾)
Combiner les facteurs de production c’est les associer dans une proportion déterminée dans le but
d’obtenir une production optimale. La stratégie du producteur consistera donc à adopter une méthode de
production qui lui procure le maximum de production, c’est-à-dire le plus grand profit possible au moindre coût.
La détermination de l’équilibre du producteur peut être analysée à l’aide des isoquants et des iso coûts.
I.1- La courbe d’indifférence du producteur ou iso produit ou isoquant :
Un isoquant est le « lieu géométrique de toutes les combinaisons des facteurs L et K qui permettent
d’obtenir le même niveau de production »
Propriétés :
 La courbe d’indifférence est convexe vers l’origine ;
 Deux courbes d’indifférence ne se coupent jamais parce qu’elles sont parallèles ;
 Les courbes d’indifférences sont décroissantes à cause de la substitution des facteurs ;
 Plus la courbe est éloignée de l’origine, plus le niveau de production est élevé.
Soit le graphique suivant représentant plusieurs combinaisons possibles :
La décroissance d’un isoquant signifie que l’abandon d’un facteur est compensé par l’ajout de l’autre pour
maintenir la production au même niveau. On peut ainsi déterminer le taux marginal de substitution qui est la
« quantité de facteurs nécessaire pour compenser l’abandon d’une certaine quantité de l’autre ».
∆𝐾 𝐾 −𝐾 ∆𝐿 𝐿 −𝐿
𝑇𝑚𝑠𝐿⁄𝐾 = − = − 1 0 𝑇𝑚𝑠𝐾⁄𝐿 = − = − 1 0
∆𝐿 𝐿1 −𝐿0 ∆𝐾 𝐾1 −𝐾0

Un producteur indifférent à toutes ces combinaisons doit se baser sur les coûts et utilisera l’isoquant
qui est situé le plus loin possible de l’origine et qu’il veut atteindre compte tenu de son budget.
I.2- La ligne des coûts ou iso coûts ou droite du budget :
Pour le producteur, les facteurs de production représentent un coût. Son objectif est d’utiliser la
combinaison des facteurs de production qui minimisent le coût.
Supposons PK le prix du facteur K et PL le prix du facteur L. Si le producteur dispose d’un revenu limité R,
la quantité totale des facteurs K et L qu’il doit acquérir doit être égale à R, de telle sorte qu’on puisse
écrire 𝑅 = 𝐿𝑃𝐿 + 𝐾𝑃𝐾
On appelle droite du budget ou iso coût la droite joignant les combinaisons des facteurs L et K qui
permettent d’épuiser tous les revenus ou budget du producteur.
Si le producteur consacre tout son revenu à l’achat du facteur K, on aura une droite de budget de la
𝑅
forme : 𝑅 = 𝐾𝑃𝐾 , la quantité totale de facteur capital sera donc 𝐾 = .
𝑃𝐾
Si au contraire, il consacre tout son budget à l’acquisition d’un seul facteur L, sa droite de budget sera
𝑅
égale à 𝑅 = 𝐿𝑃𝐿 la quantité totale du facteur travail sera : 𝐿 = .
𝑃𝐿
K

𝑅
𝐾=
𝑃𝐾

Isocoût

𝑅
𝐿= L
𝑃𝐿
Sur la droite d’iso coût, nous avons toutes les combinaisons des facteurs L et K obtenues avec le budget
R.
IV.1.3- L’équilibre du producteur
Il se situe au niveau du point de tangence entre l’isoquant et l’isocoût.
K

C0 (L0, K0)

K0
I1
I2
I3

L0 L

C0 est la combinaison optimale, c’est-à-dire le point de tangence entre l’isoquant et l’isocoût. A ce


point, le producteur maximise sa production tout en minimisant ses coûts.
Application : Pour produire 600 t d’arachide, un producteur combine les facteurs L et K. Les
combinaisons sont présentées dans le tableau ci-après :
L 1 2 4 8
K 8 4 2 1

Sachant que PK = 1.500 et PL = 2.000


T.A.F :
1) Représenter graphiquement les différentes combinaisons des facteurs K et L.
2) Calculer les coûts de production.
3) Déterminer les combinaisons qui permettent au producteur d’obtenir 600 t à moindre coût.
4) Déterminer graphiquement cette combinaison.
5) Ressortir l’équation de la droite du budget et la présenter.
Solution :
1- Calcul des coûts de production :
L LPL K KPK LPL + KPK
1 2000 8 12000 14000
2 4000 4 6000 10000
4 8000 2 3000 11000
8 16000 1 1500 17500

2- La combinaison qui permet d’obtenir les 600 t à moindre coût est L = 2 et K = 4 car C = 10000 est le coût le
plus bas.
3- Le budget du producteur est de 10000. C = LPL + KPK
10000 = 2000L + 1500K
10000
Si K = 0, alors on a : 10000 = 2000L ⇒ L = = 5
2000
10000
Si L = 0, alors on a : 10000 = 1500K ⇒ K = = 4,67
1500
4- Résolution de l’équation :
𝑅−𝐿𝑃𝐿 𝑅 𝐿𝑃 10000 2000𝐿
KPK = R – LPL ⇒ K = = – 𝐿= −
𝑃𝐾 𝑃𝐾 𝑃𝐾 1500 1500
20 4
K= − 𝐿
3 3

Remarque : la représentation sur un même graphique de plusieurs points optimum (ou d’équilibre)
permet de déterminer le sentier d’expansion de l’entreprise correspondant à des niveaux de production
différents.
Le sentier d’expansion est le lieu géométrique des points indiquant les combinaisons de moindre-coûts
permettant d’atteindre des niveaux de production différents.

Sentier d’expansion

SECTION 3: L’EFFICACITE D’UNE COMBINAISON DES FACTEURS DE PRODUCTION.

Elle peut être mesurée à partir de la productivité et du rendement.


I- LA PRODUCTIVITE.
I.1- Définition.
C’est le rapport entre la quantité produite d’un bien et les moyens mis en œuvre pour obtenir cette
production.
𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛
𝑃𝑟𝑜𝑑𝑢𝑐𝑡𝑖𝑣𝑖𝑡é =
𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑓𝑎𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟𝑠
I.2- Mesure de la productivité
La productivité peut être mesurée globalement ou pour chacun des facteurs étudiés. Ainsi, on peut
déterminer la productivité moyenne et marginale.
La productivité moyenne ou partielle est le rapport entre la production et le nombre d’unité de travail
ou de capital qui ont permis de l’obtenir.
𝑉 𝑉
𝑃𝑀𝐿 = 𝑃 𝑃𝑀𝐾 = 𝑃
𝑉𝐿 𝑉𝐾
Les facteurs qui influencent la productivité sont :
 L’organisation du travail ;
 L’amélioration des conditions de travail ;
 La modernisation des équipements.

II- LES RENDEMENTS.


Le rendement est la capacité d’une entreprise à produire une certaine quantité de biens avec une certaine
quantité de facteurs de production.
II.1- Les rendements d’échelle ou de dimension
L’échelle d’une entreprise est sa taille ou sa dimension. Les rendements d’échelle sont croissants
lorsque l’augmentation de la production est supérieure à celle des facteurs de production. Les rendements
d’échelle sont décroissants dans le cas contraire : on parle alors des déséconomies.
Les rendements d’échelle sont constants lorsque la production et les facteurs augmentent dans la même
proportion.
II.2- Les économies d’échelle
On parle d’économie d’échelle lorsque les coûts de production diminuent suite à une augmentation des
quantités produites.
Les causes peuvent être internes ou externes.
 Les économies internes d’échelle résultent de la meilleure organisation interne de l’entreprise
(meilleure organisation du travail à faire, meilleure organisation du personnel, des finances, innovations
technologiques) ;
 On parle des économies externes d’échelle lorsque les économies d’échelle proviennent de l’extérieur.
C’est le cas lorsque l’Etat améliore l’environnement des entreprises ou lorsque les grandes entreprises apportent
des innovations technologiques, les petites entreprises en tirent profit par un effet de contagion (imitation).

II.3- Les déséconomies d’échelle


On parle des déséconomies d’échelle lorsque les coûts unitaires augmentent avec les quantités
produites.
III- VARIATION DES FACTEURS ET RENDEMENT DANS UNE ENTREPRISE
III.1- Variation d’un seul facteur : loi des rendements non proportionnels ou décroissants.
Cette loi stipule que : « si la production d’un bien nécessite l’utilisation de deux facteurs de production,
et si l’on augmente progressivement la quantité employée d’un facteur tandis que l’autre ne change pas, on
constate que le rendement du facteur variable passe par trois phases ».
Cette loi concerne le produit marginal du facteur variable et non le produit total. Elle est parfois appelée
« loi de la décroissance du produit marginal ».
La productivité totale est l’ensemble des biens obtenus avec une certaine quantité de facteur variable.
Elle est donc de la forme : 𝑃𝑇 = 𝑎 = 𝑓(𝐿)
Pour déterminer le niveau de production, l’entreprise doit faire recours à la productivité moyenne.
𝑃𝑇
Celle-ci est « la quantité de produits obtenus par unité de facteur utilisé ». 𝑃𝑀 =
𝐿
C’est donc l’apport moyen de chaque ouvrier.
La productivité marginale est l’apport de chaque ouvrier supplémentaire. C’est la variation de la
productivité totale induite par la variation d’une unité du facteur L. On a donc :
∆𝑃𝑇 𝑃𝑇1 − 𝑃𝑇0
𝑃𝑚 = =
∆𝐿 𝐿1 − 𝐿0
La courbe de la productivité marginale est croissante au début, reste constante puis décroît. Elle a deux
parties : celle est au-dessus de la productivité moyenne, et celle qui est en dessous.
Lorsque la productivité marginale s’annule, la productivité totale est à son maximum ; et lorsqu’elle est
négative, la productivité totale décroît.
Lorsque 𝑃𝑚 = 𝑃𝑀, on se situe à l’optimum technique qui représente le « le niveau où l’entreprise
commence à réaliser les bénéfices ».
APPLICATION 1 :
La production totale d’un bien x est donnée dans le tableau ci-dessous en fonction du nombre de
travailleurs :
L PT PM Pm
1 14
2 30
3 48
4 68
5 88
6 108
7 127
8 144
9 158
10 167
11 167
12 160

T.A.F : Compléter le tableau et représenter sur le même graphique la productivité totale, la productivité moyenne
et la productivité marginale.

APPLICATION 2 :
Une entreprise spécialisée dans la culture du riz évolue en fonction des travailleurs.
L PT PM Pm
1 300
2 350
3 400
4 400
5 380
6 350
7 315
8 250
9 200
10 125

T.A.F :
1) Compléter le tableau ci-dessus.
2) Représenter la courbe de la productivité totale et déterminer graphiquement ses variations.
3) Représenter sur le même graphique la productivité moyenne, la productivité marginale et délimiter les zones
de rendement.
4) Indiquer sur ce graphique l’optimum technique de production et préciser le nombre d’ouvriers nécessaires
pour la production de cette entreprise.

III.2- Variation de deux facteurs : loi des rendements d’échelle.


Dans la phase des rendements décroissants où la productivité du facteur variable peut être négative,
l’entrepreneur fait appel au second facteur de production, ce qui donne lieu à des rendements d’échelle.
On distingue :
 Les rendements d’échelle croissant : ici, l’augmentation de la production est supérieure à celle des
facteurs ;
 Les rendements d’échelle constant : ici l’augmentation de la production est proportionnelle à celle des
facteurs ;
 Les rendements d’échelle décroissant : ici l’augmentation de la production est inférieure à
l’augmentation des facteurs. Dans ce dernier cas, la gérance de l’entreprise devient presque impossible.
SECTION 4 : LES COÛTS DE DISTRIBUTION
L’entreprise ayant choisi la combinaison optimale cherche le volume de production qui maximise son
profit compte tenu des coûts et de la demande qu’elle doit supporter.
Les coûts évoluent constamment et leur structure diffère selon qu’on se trouve en courte ou en longue
période.
I- L’ANALYSE DES COÛTS EN COURTE PERIODE
Un coût désigne une dépense (charge) de l’entreprise nécessaire à la réalisation de sa production.
Le coût/charge de production regroupe l’ensemble des dépenses qui ont servi à la réalisation d’un
produit destiné à la vente.
Pendant la courte période, les équipements mis en place ne varient pas.
I.1- Notion de coût global
Le coût global est la somme des frais engagés jusqu’à la réalisation des ventes. Il comprend les coûts
fixes et les coûts variables.
𝐶𝑇 = 𝐶𝐹 + 𝐶𝑉 = 𝑎 + 𝑓(𝑞)

I.1.1- Coûts fixes ou de structure.


Les coûts fixes sont des charges qui ne varient pas en fonction des quantités produites. Ils ne sont donc
pas liés à la production : 𝐶𝐹 = 𝑎
Exemples : le loyer, les frais d’entretien, le gardiennage, le salaire du personnel administratif…
I.1.2- Coûts variables ou d’activité
Les dépenses varient en fonction des quantités produites. Ils comprennent :
 Les coûts variables proportionnels : qui varient proportionnellement au volume de production.
Exemple : les matières premières…
 Les coûts variables non proportionnels : dont l’évolution n’est pas liée au volume de production.
Exemple : le salaire des ouvriers, les frais de recherche, les frais de publicité…
𝐶𝑉 = 𝑓(𝑞)
I.2- Notion de coût moyen ou coût unitaire
Le coût moyen est le coût d’une unité d’un bien produit.
𝐶𝐹
𝐶𝑀(𝐶𝑇𝑀) =
𝑄
On distingue :
𝐶𝐹 𝑎
 Le coût fixe moyen (CFM) : 𝐶𝐹𝑀 = =
𝑄 𝑄

𝐶𝑉 𝑓(𝑄)
 Le coût variable moyen (CVM) : 𝐶𝑉𝑀 = =
𝑄 𝑄
𝐶𝐹 𝐶𝑉 𝑎 𝑓(𝑄)
𝐶𝑇𝑀 = 𝐶𝐹𝑀 + 𝐶𝑉𝑀 = + = +
𝑄 𝑄 𝑄 𝑄

I.3- Notion de coût marginal


Le coût marginal est le supplément des coûts entrainés par une production supplémentaire.
∆𝐶𝑇 𝐶𝑇 −𝐶𝑇
𝐶𝑚 = = 1 0
∆𝑄 𝑄1 −𝑄0

Le coût marginal est également égal à la dérivée première du coût total, soit : 𝐶𝑚 = (𝐶𝑇)′
APPLICATION 1 :
Le comportement des différentes catégories des coûts en fonction des quantités produites d’une
entreprise s’exprime par le tableau ci-dessous :
Quantités CV CF CT CFM CVM CTM Cm
1 10
2 16
3 21
4 26
5 30
6 36
7 45,5
8 56
9 72
10 89
11 112
12 150

T.A.F :
1) Sachant que les frais d’électricité pour la production unitaire s’élèvent à 100 F, compléter le tableau ci-
dessus ;
2) Construire sur le même graphique la courbe de CT, CF et CV ;
3) Sur un autre graphique, construire les courbes de CM et Cm, interpréter ;
4) Déterminer graphiquement l’optimum technique.
APPLICATION 2 :
Soit la fonction du coût total : 𝐶𝑇 = 8𝑄2 + 2
T.A.F :
1) Calculer le CM et le Cm,
2) Déduire en fonction de Q le CF et le CV ;
3) Calculer les coûts pour Q ∈ [0; 5].
II- L’ANALYSE DES COÛTS EN LONGUE PERIODE
Le long terme est la période au cours de laquelle tous les facteurs de production varient. Les producteurs
réalisent les investissements nouveaux pour accroître la capacité de production afin de satisfaire la demande
nouvelle : donc l’entreprise change de dimension.
La courbe enveloppe ou courbe de coût moyen de long terme :
Au cours de la longue période, tous les facteurs varient ; ce qui entraine une augmentation de la taille
de l’entreprise. Ce comportement permet à l’entreprise de lutter constamment contre les rendements
décroissants constatés au cours de la courte période. L’entreprise va passer par plusieurs stades successifs ;
chaque stade représentant une échelle de production. Au fur et à mesure que l’on change d’échelle, on améliore
les rendements, ce qui entraine une baisse de coût moyen (CM).
Mais, au-delà d’une certaine dimension, le CM augmente, à ce niveau l’entreprise doit cesser
d’augmenter sa dimension.
En raisonnant seulement sur les coûts moyens, on constate qu’au cours d’une première période
correspondant à la taille, l’entreprise atteint une courbe de coût moyen CM 1. Pour la deuxième période, elle va
acquérir de nouvelles machines, de façon à améliorer ces coûts et obtenir une courbe de coût moyen CM 2 plus
basse, et ainsi de suite jusqu’au moment où elle constate qu’une augmentation de sa taille ne rapporte plus des
améliorations sur sa courbe de CM. En réunissant tous les minima de CM atteint en chaque courte période, on
obtient une courbe tangente aux diverses courbes de CM de courte période : c’est la courbe enveloppe.
La courbe enveloppe est la courbe obtenue en joignant les minima de plusieurs courbes de courte
période.

CM1
CM2 CM3 CM4

Courbe enveloppe

N.B : les courbes du milieu doivent être les plus basses.


CAPITRE II : LA FONCTION DE CONSOMMATION.

INTRODUCTION
Les relations d’échange s’établissent entre deux catégories d’agents dans la vie économique. D’un côté
ceux qui offrent les biens et services (producteurs) ; de l’autre ceux qui demandent ces biens et services
(consommateurs). Chacun de ces agents veut tirer le maximum de satisfaction possible au cours de ces échanges
en adoptant un comportement rationnel. Il s’agira donc dans ce chapitre d’effectuer le calcul économique du
consommateur.
I- DEFINITIONS, TYPES ET FACTEURS DE LA CONSOMMATION
I.1- Définition :
La consommation est la destruction totale ou partielle d’un bien par l’usage.
La fonction de consommation est la relation qui existe entre la consommation d’un individu et son
revenu. On a donc : C = f(R).
I.2- Les types de consommation :
On distingue :
 La consommation individuelle et la consommation collective :
 La consommation individuelle ou privée : est réalisée par un individu ou un tout petit groupe
d’individus pour satisfaire ses besoins personnels (s’habiller, manger…) ;
 La consommation collective : est réalisée par la collectivité à travers l’utilisation d’un bien
commun, c’est aussi l’utilisation des services publics ou d’équipements collectifs mis à la disposition des agents
économiques (l’utilisation d’une route, salle de classe…).
 La consommation intermédiaire et la consommation finale :
 La consommation intermédiaire : est la destruction d’un bien au cours du processus de
production en vue de produire un autre bien ;
 La consommation finale : est la destruction totale d’un bien en vue de satisfaire directement
un besoin (achat d’une voiture…).
 La consommation marchande et la consommation non marchande :
 La consommation marchande : est l’utilisation d’un bien acheté sur un marché ;
 La consommation non marchande : est l’utilisation d’un bien ne s’échangeant pas sur un
marché et dont le prix est inférieur au coût de production ou est nul. Elle peut prendre deux formes :
l’autoconsommation et les consommations collectives.
 La consommation volontaire et la consommation de contrainte :
 La consommation volontaire : est l’utilisation d’un bien par un individu de son propre gré ;
 La consommation de contrainte : est l’utilisation d’un bien sous l’effet d’une obligation
(consommation des produits pharmaceutiques).
 La consommation incompressible ou autonome : c’est la partie de la consommation fixe, indépendante
du revenu. Elle est notée C0 ;
 La consommation publique : c’est l’emploi des ressources par l’Etat et les collectivités pour assurer le
bon fonctionnement des services publics.
I.3- Les facteurs ou les déterminants de la consommation :
La consommation dépend de certains facteurs qui sont :
 Les facteurs économiques : il s’agit du prix du bien désiré, des revenus du consommateur, de l’offre ;
 Les facteurs psychologiques et sociaux : il s’agit du goût et des habitudes du consommateur, de l’âge
du consommateur, de son lieu de résidence, de la catégorie socio-professionnelle, de la publicité, de l’imitation…
II- ETUDE DU COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR EN TERMES DE SATISFACTION
Un consommateur qui dispose d’un revenu et qui veut acheter deux biens doit faire des calculs de sorte
que le partage de ce revenu entre les deux biens lui apporte le maximum de satisfaction. Pour y parvenir, il a
deux possibilités. On suppose que le consommateur est rationnel et qu’il ne subit pas l’influence de
l’environnement (publicité) :
 D’abord, il égalise ces utilités marginales pondérées par les prix ;
 Ensuite, il utilise les courbes d’indifférence.
QUELQUES CONCEPTS DE BASE
 L’utilité : l’utilité d’un bien est son aptitude à satisfaire un besoin.
 L’utilité totale (UT) : dans le cas d’un bien divisible, on appelle utilité totale la somme des utilités de
chaque dose du bien considéré.
 L’utilité moyenne (UM) : c’est la satisfaction par unité de bien consommée. UM = UT/Q.
Exemple : Nous disposons d’un sac de pommes de terre que nous pouvons répartir en cinq seaux, ou cinq parties :
l’utilité totale de ce sac est la somme des utilités de chacun des seaux.
 L’utilité marginale d’un bien : c’est l’accroissement de la satisfaction générale issue de la consommation
d’une unité supplémentaire de ce bien.
 L’utilité cardinale : l’utilité est dite cardinale si l’on suppose que le consommateur est capable de
mesurer le degré de satisfaction que lui procure la consommation des unités de bien. Exemple : la consommation
d’une tasse à café me donne une satisfaction égale à 5.
 L’utilité ordinale : l’utilité est dite ordinale si le consommateur n’est que capable de classer les quantités
de bien par ordre de préférence. Exemple : je préfère le pain aux beignets.
 Le consommateur rationnel : c’est celui qui cherche à maximiser sa satisfaction tout en minimisant ses
dépenses.
 La maximisation de l’utilité totale : le consommateur rationnel recherche la combinaison des biens et
des services qui lui procure l’utilité totale la plus grande.
II.1- L’utilité marginale :
L’utilité marginale (Um) est l’utilité de la dernière unité consommée. Un consommateur achètera un bien
∆𝑈𝑇
s’il a l’impression que celui-ci lui procurera de la satisfaction ou une utilité. 𝑈𝑚 = = (𝑈𝑇)′
∆𝑄
Examinons le cas d’un enfant en train de manger les croissants. Un premier croissant lui procurera une
certaine quantité d’utilité. Supposons maintenant qu’il en consomme un deuxième, sa satisfaction générale ou
son utilité totale augmentera en raison du fait que la consommation du deuxième croissant lui aura fourni un
supplément de satisfaction ou une utilité additionnelle c’est-à-dire supplémentaire.
Principe de la décroissance de l’utilité marginale : si un enfant a faim, le premier pain qu’il consomme lui apporte
une satisfaction (utilité) importante, le 2ème pain lui procure une satisfaction moins importante que le 1er pain car
sa faim est apaisée par ce 1er pain. Le 3ème pain présente un intérêt encore plus réduit que le 2ème pain et ainsi de
suite.
Un consommateur face à plusieurs biens ayant le même goût portera son choix sur le bien qui lui procure
le maximum de satisfaction ou l’utilité la plus élevée. Si x est ce bien considéré, son utilité marginale peut être
notée Umx.
Soient C1, C2 et C3 trois ensembles de biens :
 Si 𝑈1 > 𝑈2 , l’ensemble C1 sera préféré à C2 et vis- versa ;
 Si 𝑈1 < 𝑈2 , alors le consommateur sera indifférent à l’ensemble C 1 ;
Soient U1, U2 et U3 les utilités des trois ensembles de biens :
 Si 𝑈1 > 𝑈2 , C1 est préféré à C2 ;
 Si 𝑈2 > 𝑈3 , C2 est préféré à C3 ; donc C1 est préféré à C3 : c’est l’axiome de transitivité.
II.2- Les courbes d’indifférences
II.2.1- Définition :
La courbe d’indifférence est le lieu géométrique de toutes les combinaisons des biens X et Y qui
procurent au consommateur le même niveau de satisfaction. On les appelle encore les courbes d’isoutilité.
Propriétés :
 Deux ou plusieurs courbes d’indifférences ne se coupent pas ;
 Elles sont convexes par rapport à l’origine des axes ;
 Elles sont décroissantes car elles ont une pente négative ;
 La courbe d’indifférence la plus éloignée de l’origine correspond au niveau d’utilité le plus élevé.

II.2.2- Construction
Soit un revenu R consacré à l’achat de deux biens X et Y. On peut estimer les combinaisons suivantes
qui procurent le même niveau de satisfaction.
Combinaisons I II III IV
Biens

X 5 1 3 2

Y 1 5 2 3

Sur un système d’axes perpendiculaires, on représente les différentes combinaisons et la courbe


obtenue est la courbe d’indifférence.
6

3
Série1

0
0 1 2 3 4 5 6

II.2.3- Le taux marginal de substitution (Tms)


Soient X et Y deux biens. Le taux marginal de substitution de X à Y est la quantité de biens Y à laquelle
il faut renoncer pour une unité supplémentaire de bien X tout en maintenant le même niveau de satisfaction.
∆𝑌 𝑈𝑚𝑦
𝑇𝑚𝑠 𝑋⁄𝑌 = − =
∆𝑋 𝑈𝑚𝑥

II.2.4- La droite de budget :


La droite de budget est l’ensemble des couples de biens qui peuvent être achetés lorsque la totalité du
revenu du consommateur est dépensée.
Supposons qu’il y ait seulement deux biens X et Y avec R le revenu du consommateur ; Px et Py les prix
respectifs des biens X et Y. On aura :
𝑅 = 𝑋𝑃𝑥 + 𝑌𝑃𝑦

A partir de cette droite, on peut obtenir l’équation suivante :

𝑅 𝑋𝑃𝑥
𝑌= −
𝑃𝑦 𝑃𝑦
Y

𝑅 𝑅 𝑋𝑃𝑥
𝑌= −
𝑃𝑦 𝑃𝑦 𝑃𝑥

𝑅
𝑃𝑥
II.2.5- L’équilibre du consommateur
L’équilibre du consommateur est le point de tangence entre la courbe d’indifférence et la droite du
budget. C’est le niveau où le consommateur atteint sa satisfaction maximale compte tenu son revenu.
Y

X
APPLICATION :
Le tableau ci-dessous donne l’ensemble des combinaisons des biens X et Y qui procurent au
consommateur le même niveau de satisfaction.

Combinaisons I II III IV V
Biens
X 1 2 3 4 5
Y 8 6 4 3 1

T.A.F :
1) Tracer la courbe d’indifférence correspondante.
2) Si le prix de X est de 350 F et celui de Y de 800 F, écrire l’équation de la droite de budget de ce consommateur.
3) Si ce consommateur dispose d’un revenu de 3.700 F pour l’achat des deux biens, représenter l’équation de la
droite de budget et déduire la combinaison optimale.
4) Calculer le taux marginal de substitution lorsque Y passe de 6 à 4 et interpréter ce résultat.
III- ETUDE DU COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR EN TERMES DE PROPENSION
III.1- Définition :
On appelle propension la part de la dépense consacrée soit à la consommation, soit à l’épargne. On
distingue la propension moyenne et la propension marginale à consommer ou à épargner.
Soit R le revenu d’un ménage. Ce revenu est réparti entre la consommation (C) et l’épargne (E) de telle
sorte que l’on puisse écrire
R=C+E

III.2- Différents types de propension :


III.2.1- La propension moyenne :
 La propension moyenne à consommer (PMC) : c’est la fraction du revenu consacrée à la consommation.
D’où la formule : PMC = C/R
 La propension moyenne à épargner (PME) : c’est la fraction du revenu non affecté immédiatement aux
dépenses de consommation. PME = E/R
III.2.2- La propension marginale :
 La propension marginale à consommer (Pmc) : c’est la variation de la consommation dûe à une
∆𝐶
variation du revenu. 𝑃𝑚𝑐 = . La propension marginale à consommer est toujours comprise entre 0 et 1.
∆𝑅
 La propension marginale à épargner (Pme) : c’est la variation de l’épargne dûe à une variation du
∆𝐸
revenu. 𝑃𝑚𝑒 =
∆𝑅
N.B : R = C + E ; R/R = C/R + E/R ⇒ 1 = C/R + E/R ⇒ 1 = PMC + PME ;
1 = Pmc + Pme.
APPLICATION :
Le revenu d’un ménage s’élève à 300.000F et sa dépense à 220.000F.
T.A.F : 1) Calculer les propensions moyennes.
Lorsque le revenu de ce ménage augmente et se situe à 370.000F. Sa dépense est alors évaluée à
250.000F
T.A.F : 2) Calculer les propensions marginales de ce ménage.
IV- ETUDE DU COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR EN TERMES D’ELASTICITE
La mesure de la sensibilité de la demande face aux changements des prix ou du revenu s’effectue grâce
au coefficient d’élasticité.
Le coefficient d’élasticité est le rapport entre la variation relative de la demande et la variation relative
du prix ou du revenu. On distingue à cet effet : l’élasticité-prix de la demande et l’élasticité-revenu.
IV.1- L’élasticité de la demande par rapport au prix
C’est la sensibilité de la demande d’un produit à la variation du prix de celui-ci.
∆𝑄
𝑄 ∆𝑄 𝑃 ∆𝑄 𝑃
𝐸𝑝 = − ∆𝑃 =− × =− ×
𝑄 ∆𝑃 ∆𝑃 𝑄
𝑃
L’ampleur de la variation de la demande face à une variation des prix est différente selon les biens. Ainsi,
il existe plusieurs cas d’élasticité de la demande par rapport au prix :
 EP = 1 : cela signifie que la baisse du prix correspond à un accroissement de la demande dans les mêmes
proportions : ∆𝑃 = ∆𝑄 ;
 EP < 𝟏: cela signifie que la demande s’accroît moins que proportionnellement à la baisse des prix. On
dit que la demande est inélastique : ∆𝑃 > ∆𝑄 ;
 EP > 𝟏: ceci signifie que la demande s’accroît plus vite que la baisse des prix. On dit que la demande est
élastique : ∆𝑄 > ∆𝑃;
 EP = à l’infini : cela signifie qu’une variation des quantités n’a aucun effet sur le prix. On dit que la
demande est parfaitement élastique :
∀𝑸, 𝑬𝑷 = ∞ ;
 EP = 0 : cela signifie que la variation des prix n’a aucun effet sur la demande. On dira que la demande est
parfaitement inélastique : ∀𝑷, ∆𝑸 = 𝟎.
 L’élasticité prix croisé EC : Elle mesure la variation relative de la consommation d’un bien lorsque le prix
d’un autre bien change. Soient deux biens X et Y, supposons que
 ce soit le prix du bien X qui varie :
∆𝑪(𝒚)
𝑪(𝒚)
𝑬𝑪 = ∆𝑷(𝒙) = Variation de la consommation de Y/consommation initiale de Y/variation du prix de X/prix
𝑷(𝒙)
initial de X.
Lorsque EC < 𝟎, on dit que les deux biens X et Y sont complémentaires ;
Lorsque EC > 𝟎, on dit que les deux biens X et Y sont substituables.
IV.2- L’élasticité de la demande par rapport au revenu :
L’élasticité-revenu est la sensibilité de la demande d’un produit à la variation du revenu du ménage qui
le consomme.
∆𝑸
𝑸 ∆𝑸 𝑹 ∆𝑸 𝑹
𝑬𝑹 = ∆𝑹 = × = ×
𝑸 ∆𝑹 ∆𝑹 𝑸
𝑹
 ER > 𝟎, signifie qu’une augmentation de revenu induit une augmentation de la demande du produit :
cas plus général ;
 ER < 𝟎, correspond au cas d’une consommation qui diminue lors que le revenu augmente.
Cette notion d’élasticité-revenu permet alors de classer les biens :
 Biens inférieurs : ce sont des biens dont la consommation diminue avec l’augmentation du revenu. E R<
0, la consommation et le revenu varient en sens inverses ;
 Biens supérieurs : ce sont ceux pour lesquels une augmentation du revenu induit une augmentation de
la consommation plus que proportionnelle. ER > 1, dans ce cas, la consommation croît à un rythme supérieur à
celui du revenu. Exemple : loisirs, santé…
 Biens normaux : 0 < 𝐸𝑅 < 1, ce sont des biens pour lesquels l’augmentation du revenu entraine hausse
moins que proportionnelle de la demande. La consommation croît à rythme inférieur à celui du revenu.
N.B :
 ER = 1, la consommation croît à un rythme identique à celui du revenu.
 ER = Pmc/PMC (à démontrer).
V. LES LOIS DE LA CONSOMMATION
V.1- La structure de la consommation :
La structure de la consommation désigne la répartition des dépenses de l’ensemble des ménages ou
d’une certaine catégorie de ménages en fonction d’un certain nombre de postes.
Les principaux postes sont : le logement, le chauffage et éclairage, transport et communication, santé…
Le budget du ménage correspond à l’ensemble des dépenses de consommation.
La structure de la consommation ainsi que son évolution peuvent s’analyser à l’aide des coefficients
budgétaires. Le coefficient budgétaire mesure la part d’un type de dépense d’une personne ou d’une catégorie
de personnes dans l’ensemble de leur revenu ou la part de chaque dépense dans la dépense totale.
Coefficient budgétaire = type de dépense/dépense totale.
V.2- Les lois d’ENGEL
L’effet d’une hausse du revenu varie selon le type de bien consommé. Cette sensibilité différente de la
consommation aux variations du revenu a tét mise en évidence par ENGEL :
 1ère loi : quand le revenu s’accroît, la part consacrée aux dépenses d’alimentation diminue : ER < 1 ;
 2ème loi : quand le revenu s’accroît, la part affectée aux dépenses de vêtement, chauffage, logement
reste stable : ER = 1 ;
 3ème loi : la part des autres dépenses augmente avec le revenu : ER > 1 ;
Il a montré dès le milieu du XIXème siècle que la part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages
diminue avec l’augmentation du revenu.
V.3- La loi psychologique de KEYNES
Pour KEYNES, « la capacité d’acheter dans une économie dépend du niveau de revenu global disponible
et de sa répartition entre les consommateurs. Une répartition égalitaire tend à développer la demande, tandis
que les inégalités tendent à favoriser l’épargne ou la thésaurisation chez les titulaires des revenus élevés ».
V.4- Le revenu relatif de DUESENBERRY
Pour DUESENBERRY, la consommation d’un individu est influencée par son appartenance à un groupe
social. La catégorie sociale élevée exerçant un effet de démonstration sur les classes à revenu inférieur qui
imitent leur comportement de consommation (effet d’imitation).
V.5- L’effet de cliquet ou de crémaillère
Il est l’œuvre de deux économistes à savoir MODIGLIANI et DUESENBERRY : « Si le revenu augmente, la
consommation augmente aussi ; mais en cas de baisse du revenu, il y a une résistance à la baisse de la
consommation ».

Ceci s’explique par le fait qu’un sujet économique étant habitué à un niveau de consommation,
cherchera à le conserver en cas de baisse de son revenu et va plutôt sacrifier l’épargne.
V.6- La théorie du revenu permanent de MILTON FRIEDMAN
Selon MILTON FRIEDMAN, les décisions de consommation ne dépendent pas du revenu actuel du
ménage, mais des revenus dont il pense pouvoir bénéficier d’une manière permanente. La propension marginale
à consommer est alors stable sur le long terme. Une variation du revenu courant, par exemple à la suite d’une
mesure de politique économique, n’aura aucun effet sur la consommation, sauf si le consommateur estime que
cette variation de son revenu est durable. Il en découle pour FRIEDMAN, l’inefficacité des mesures de relance
économique par la consommation.
V.7- Le paradoxe de GIFFEN
La logique classique voudrait que les quantités achetées d’un bien baisse lorsque son prix augmente.
Mais GIFFEN a observé une réaction particulière pour certains biens. « Au fur et à mesure que le prix de certains
biens augmente, la demande augmente aussi ». D’où ce paradoxe. Ceci arrive lorsque le prix des biens concernés
augmente sans que le prix des autres biens ne change, de sorte que les pauvres ne puissent reporter la plupart
de leurs achats que sur ces biens, d’où l’augmentation de la demande malgré l’augmentation du prix.
V.8- L’effet de snobisme ou effet de démonstration ou effet VEBLEN
On a pu mettre en évidence que la consommation des biens considérés comme superflus est
abandonnée par les catégories sociales aux revenus les plus élevés lorsque leur prix les met à la portée des
bourses modestes. Ceci veut dire que certains agents économiques augmentent la demande pour certains biens
lorsque leur prix est en hausse, car pour eux, c’est le prix qui fait la qualité : c’est l’effet VEBLEN.
V.9- L’effet d’anticipation :
Dans la perspective d’une hausse des prix en situation d’inflation généralisée, les consommateurs sont
tentés d’acheter davantage et de constituer des stocks.
V.10- La théorie du cycle de vie :
MODIGLIANI estime que la consommation d’un ménage varie en fonction des périodes de sa vie, donc
elle dépend non seulement des revenus, mais aussi du patrimoine du ménage.
VI- LA FONCTION DE CONSOMMATION
La construction de la fonction s’appuie sur la loi psychologique fondamentale selon laquelle la
consommation croît avec le revenu, mais moins que proportionnellement.
La fonction de consommation s’écrit :
𝐶 = 𝑐𝑌 + 𝐶0
Avec : C = consommation globale ; Y = revenu disponible ; c = Pmc ;
C0 = consommation incompressible.

C = cY + C0

C0

L’hypothèse de KEYNES de décider à long terme de la propension moyenne à consommer n’a cependant pas été
vérifiée par l’observation statistique, ce qui a conduit réviser l’analyse.
LE PROLONGEMENT DES ANALYSES DE KEYNES : Propension moyenne à épargner (PME ou PMS) et
propension marginale à épargner (Pme ou Pms).
L’épargne est la fraction non consommée du revenu :
𝑬 = 𝑹𝒅 − 𝑪 = 𝒓𝒆𝒗𝒆𝒏𝒖 𝒅𝒊𝒔𝒑𝒐𝒏𝒊𝒃𝒍𝒆— 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒐𝒎𝒎𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏
𝑌 𝐶 𝑆
On peut ainsi écrire 𝑌 = 𝐶 + 𝑆 ⇒ = + ⇒ 1 = 𝑃𝑀𝐶 + 𝑃𝑀𝑆
𝑌 𝑌 𝑌
𝑃𝑀𝐶 + 𝑃𝑀𝑆 = 1
L’épargne étant la fraction du revenu non consommée, on peut la déterminer de la façon suivante :
𝑆 = 𝑌 − 𝐶 (1)
𝐶 = 𝐶0 + 𝑐𝑌 (2)
(2) dans (1) ⇒ 𝑆 = 𝑌 − (𝐶0 + 𝑐𝑌) = 𝑌 − 𝐶0 − 𝑐𝑌 = (1 − 2)𝑌 − 𝐶0
Or c =Pmc ⇒ 𝑆 = (1 − 𝑃𝑚𝑐)𝑌 − 𝐶0 = (𝑃𝑚𝑐 + 𝑃𝑚𝑠 − 𝑃𝑚𝑐)𝑌 − 𝐶0
𝑆 = 𝑃𝑚𝑠𝑌 − 𝐶0

CHAPITRE III : LES MARCHES ET LES PRIX

Objectifs généraux :
Ce cours vise à rendre l’étudiant capable de :
 Définir le prix et de distinguer ses différents types ;
 Calculer les indices de prix ;
 Définir le marché et donner ses différentes formes ;
 Déterminer l’équilibre des entreprises sur les différentes formes du marché.
INTRODUCTION :
Une fois le produit fabriqué, il doit être vendu sur le marché à un prix bien déterminé. Marché et prix
restent donc deux notions indissociables et à prendre en compte pour déterminer l’équilibre de l’entreprise.
SECTION 1 : NOTION DE PRIX
Le prix est l’expression monétaire de la valeur d’échange d’un bien ou d’un service.
I- LES TYPES DE PRIX
I.1- Le prix relatif :
Il exprime la quantité d’un bien ou service de x qu’il faut fournir pour obtenir une unité de bien ou service
de y et vis-versa.
2,30 1
Exemple : si un bien A coûte 2,30 F et B coûte 4,50 F. Le prix relatif est de = 0,51 ⇒ 𝑃𝐴 ≅ 0,5 ≅ 𝑃𝐵 ⇒
4,50 2
1
𝑃𝐴 ≅ 𝑃𝐵
2
I.2- Le prix absolu :
C’est la quantité de monnaie que l’on peut obtenir ou que l’on peut donner en échange d’une unité de bien
ou d’un service.
II- LES INDICES DE PRIX
L’indice de prix représente le rapport entre la valeur d’un bien et sa valeur à une date de référence.
II.1- L’utilité de l’indice de prix :
L’utilité de l’indice de prix est de :
 Mesurer l’évolution des prix des biens ;
 Permettre la comparaison des prix des biens dans le temps et dans l’espace ;
 Permettre de déterminer le pouvoir d’achat des revenus.
II.2- Les différents types d’indice de prix
A- L’indice simple :
L’indice est dit simple si la valeur correspond à un seul élément ou grandeur.
Soit P0 l’observation à l’époque 0, Pt l’observation à l’époque t. On appelle indice à l’époque t par rapport à
l’époque 0, le nombre It/0 tel que
𝐼𝑡/0 = 100 × 𝑃𝑡 /𝑃0
Par convention, l’indice de base est égal à 100.
B- L’indice synthétique :
Ce sont des indices qui font intervenir plusieurs grandeurs caractérisant un phénomène économique.
∑𝑘
𝑖=1 𝑃1−𝑖 ×𝑄𝑖
 L’indice valeur globale : 𝐼𝑉𝐺 = ∑𝑘
× 100
𝑖=1 𝑃𝑜𝑖 ×𝑄𝑖

 L’indice de Paasche : il est composé de deux indices à savoir :


∑𝑘
𝑖=1 𝑃1−𝑖 ×𝑄𝑖
 L’indice Paasche prix : 𝐼𝑃𝑃 = ∑𝑘
× 100
𝑖=1 𝑃0𝑖 ×𝑄1
 L’indice Paasche quantité :
∑𝑘𝑖=1 𝑄1 × 𝑃1𝑖
𝐼𝑃𝑄 = × 100
∑𝑘𝑖=1 𝑃1𝑖 × 𝑄0

 L’indice Paasche valeur globale :

∑𝑘𝑖=1 𝑄𝑖 × 𝑃1𝑖
𝐼𝑃𝑉𝐺 = × 100
∑𝑘𝑖=1 𝑄0 × 𝑃𝑜𝑖

 L’indice Laspeyres :
∑𝑘 𝑄0 ×𝑃1𝑖
 Laspeyres prix : 𝐼𝐿𝑃 = ∑𝑘𝑖=1 × 100
𝑖=1 𝑄0 ×𝑃𝑜𝑖
 Laspeyres quantité :

∑𝑘𝑖=1 𝑄0𝑖 × 𝑄1
𝐼𝐿𝑄 = × 100
∑𝑘𝑖=1 𝑄0 × 𝑃0𝑖
 Laspeyres valeur globale :

∑𝑘𝑖=1 𝑄1 × 𝑃1𝑖
𝐼𝐿𝑉𝐺 = × 100
∑𝑘𝑖=1 𝑄1 × 𝑄1𝑖
Application :
On dispose des prix de riz et de la viande pour les années 2013 et 2014 suivant le tableau ci-après :
Années Riz Viande
Prix Quantité Prix Quantité
2013 350 17 1500 19
2014 400 15 1700 16

T.A.F :
1) Calculer l’indice de prix du riz ;
2) Calculer l’indice valeur globale de la viande ;
3) Déterminer l’indice de Paasche et de Laspeyres.
Solution :
1) Calcul de l’indice de prix du riz

𝑃1 400
𝐼1/0 = × 100 ⇒ 𝐼1/0 = × 100 = 114,28%.
𝑃0 350

2) Calcul de l’indice valeur globale de la viande.


P1Q1 P0Q0 P1Q0 Q1P0
Riz 6.000 5.950 6.800 5.250
Viande 27.200 28.500 32.300 24.000
Total 33.200 34.450 39.100 29.250

∑𝑘𝑖=1 𝑃1 × 𝑄1 27.200
𝐼𝑉𝐺 = × 100 = × 100 = 95,44%
∑𝑘𝑖=1 𝑃0 × 𝑄0 28.500
𝐼𝑉𝐺 = 95,44%

SECTION 2 : LE MARCHE
La notion du marché devient complexe suite à l’évolution des nouvelles technologies. On peut conclure une
affaire sans se rencontrer, sans un espace géographique. Néanmoins, on considère le marché comme le lieu de
rencontre et de confrontation de l’offre et de la demande.
I- LES CONSTITUANTS DU MARCHE :
Il s’agit de l’offre et de la demande
I-1- L’offre :
Elle représente les quantités de biens et services que le producteur est susceptible de mettre sur le marché à un
prix bien déterminé. Elle sera plus grande que le prix sera élevé. On dit que l’offre est une fonction croissante du
prix (loi)
Quantités

Offre

Prix
I-2- La demande :
Elle représente la quantité de biens et de services que les consommateurs sont susceptibles d’acheter à un prix
bien déterminé. Elle est une fonction décroissante du prix
Quantités

I-3- Le prix d’équilibre :


C’est le prix qui résulte de la confrontation entre l’offre et la demande. Il est obtenu à l’intersection entre la
courbe de l’offre et celle de la demande.

De ce graphique résulte la loi de l’offre et de la demande : l’offre varie dans le même sens que le prix et la
demande d’un bien varie en sens inverse avec le prix.
Application :
On donne dans un tableau, la demande et l’offre d’un bien en fonction du prix
Prix 80 90 100 110 120 130
Demande 1.300 1.200 1.000 900 800 700
Offre 760 800 1.000 1.100 1.300 1.400

TAF : représentez sur un même graphique, la courbe de l’offre et de la demande en fonction du prix. Commentez
ensuite
SOLUTION :
La courbe de l’offre croit au fur et à mesure que le prix augmente. Par contre, celle de la demande décroit lorsque
le prix augmente. Leur point de rencontre détermine le prix d’équilibre (100F) et les quantités d’équilibre (1000).
Les quantités d’équilibre sont les quantités qui ressortent le point d’égalité entre l’offre et la demande.
II- LES TYPES DE MARCHES :
On distingue les marchés suivant la nature économique du bien échangé et suivant le nombre d’intervenants.
II-1- Les marchés suivant la nature économique :
D’après la nature économique, on peut avoir :
 le marché des biens de consommation fiscale : c’est un marché où se vendent les produits périssables
(tomates, poissons, viandes…) ou durables (téléviseur, voitures…)
 le marché des biens d’équipement : marché où on retrouve les outils, les machines
 le marché des matières premières ou de consommation : c’est le marché des biens destinés à être
transformés
 le marché monétaire : c’est un marché où s’échangent les titres de court terme (la monnaie)
II-2- Les marchés suivant le nombre d’intervenant
Offreurs Un seul offreur Quelques offreurs Plusieurs offreurs
Demandeurs
Un seul demandeur Monopole bilatéral monopsone partiel Monopsone simple (pur)
(contrarié)
Quelques demandeurs Monopole partiel Oligopole bilatéral Oligopsone pur (simple)
(contrarié)
Plusieurs demandeurs Monopole pur (simple) Oligopole Concurrence pure et
parfaite

a) la concurrence pure et parfaite (CPP) :


Cinq (05) caractéristiques permettent de distinguer les marchés CPP : celles relatives à la concurrence pure et
celles relatives à la concurrence parfaite.
 La concurrence pure :
La concurrence est dite pure lorsque les trois (03) propositions suivantes sont vérifiées simultanément :
- L’atomicité : c’est le cas où un très grand nombre d’agents économiques participent à l’offre et à la
demande sans que personne ne puisse à elle seule influencer le prix (marché)
- L’homogénéité du produit : les produits échangés ou mis sur le marché sont identiques et substituables,
homogène c’est-à-dire présentant les caractéristiques absolument identiques
- Libre entrée et sortie des concurrents sur le marché : c’est le cas où il n’existe aucune barrière juridique
ou institutionnelle ou financière à l’entrée des nouveaux producteurs concurrents dans la production du bien
considéré, et pas d’interdiction à la sortie
 La concurrence parfaite : la concurrence est dite parfaite lorsque les deux (02) conditions suivantes sont
réalisées simultanément :
- La parfaite transparence du marché : tous les intervenants sont parfaitement informés sur la qualité,
la nature des produits à vendre et les prix particuliers
- La parfaite mobilité des facteurs de production : cette condition suppose que le travail et le capital
peuvent se déplacer d’une activité à l’autre.
NB : la situation de CPP ne se retrouve que très rarement dans la réalité puisqu’il est difficile que les cinq (05)
hypothèses soient simultanément vérifiées.
QUESTION : montrer à partir des 05 caractéristiques des CPP que la baisse du prix d’un bien provenant d’un seul
vendeur ne peut durer.
b) Le monopole de l’offre :
Il se caractérise par la situation dans laquelle un producteur unique d’un bien homogène est en présence d’un
grand nombre d’acheteurs. On distingue le monopole naturel du monopole légal et du monopole discriminant
*le monopole naturel : Entreprise qui du fait de ses rendements, se retrouve naturellement sans concurrent
c’est-à-dire lorsque la production des biens ou service exige un important investissement de départ.
*le monopole légal : conféré par un texte législatif : au Cameroun ENEO est le seul vendeur d’électricité ; SITABAC
seul acheteur des feuilles de tabac aux cultivateurs (monopsone).
*le monopole discriminant : c’est la situation dans laquelle le monopoleur pratique au même moment des prix
différents pour le même produit. Il y a discrimination par le prix. La différenciation peut être géographique. Dans
ce cas le monopoleur vend plus cher dans les quartiers riches que dans les quartiers pauvres (populaires). La
location à usage commercial.
C) LA CONCURRENCE IMPARFAITE :
C’est un marché où un grand nombre d’offreurs et de demandeurs de tailles différentes se rencontrent
avec des produits hétérogènes. Elle s’identifie par : la différenciation des produits, la multiplicité des vendeurs.
III- FORMATION DES PRIX ET CONDITION D’EQUILIBRE
Il s’agit de déterminer la manière dont les prix se fixent sur le marché non réglementé et réglementé afin de
déterminer les contraintes de maximisation du profit.
III.1- Sur les marchés non réglementés :
A- Cas du monopole :
Le monopoleur est libre de fixer son prix. Cependant, il doit tenir compte de la sensibilité de la demande à
la variation du prix.
𝜋 = 𝑅𝑇 − 𝐶𝑇
La fonction atteint son maximum lorsque sa dérivée première est nulle.
𝜋 ′ = 𝑅𝑇 ′ − 𝐶𝑇 ′ ⇒ 𝑅𝑚 − 𝐶𝑚 = 0 ⇒ 𝑅𝑚 = 𝐶𝑚
L’égalité entre Rm et Cm détermine l’optimum.
Avec Q1 la quantité optimale.
APPLICATION :
Le tableau ci-dessous présente la recette moyenne et coût total correspondant aux quantités de
l’entreprise ZPT qui est en situation de monopole.
Q RM CT CM Cm Rm
1 200 200
2 180 260
3 160 315
4 140 360
5 120 400
6 100 480
7 80 630
8 60 840

T.A.F : 1) Représenter sur un même graphique les courbes et les demandes suivantes : CM, Cm, RM, et Rm ;
2) Hachurer la partie correspondant au profit ;
3) Déterminer l’optimum économique et technique de cette entreprise.
B- Cas de la concurrence pure et parfaite :
 Dans le court terme :
Ici, le nombre d’entreprise est fixé. La fixation du prix ne relève pas d’un seul offreur. Le prix est celui du
marché et il s’impose à tous. L’entreprise maximise son profit sur le marché lorsque : 𝐶𝑚 = 𝑅𝑚 = 𝑅𝑀 = 𝑃𝑀

CHAPITRE 4 : LA MONNAIE ET LE FINANCEMENT DE L’ECONOMIE

Il serait utopique de donner une définition claire et précise de la monnaie. Nous pouvons tout au plus
la cerner, par ses fonctions et par ses formes. Au-delà de toutes ces considérations, la monnaie peut
s’entendre comme « l’ensemble des moyens de paiement immédiatement utilisables, pour effectuer
les règlements et qui sont acceptés par tous dans une communauté donnée ».

Section I : LES FONCTIONS DE LA MONNAIE

La monnaie est censée remplir trois fonctions principales :

- La fonction d’étalon de mesure (unité de compte) : la monnaie permet d’exprimer en une


seule unité de mesure, tous les autres biens et services échangés. Elle permet à cet égard
d’évaluer et de comparer les valeurs des différents biens ;

- La fonction d’intermédiaire dans les échanges (moyens de paiement) : la monnaie sert


d’intermédiaire entre les agents économiques qui s’échangent les biens et services entre eux.
Ce qui réduit les coûts de transaction et la lenteur rencontrée dans le troc ;
- La fonction de réserve de valeurs : la monnaie fait partie du patrimoine de l’individu ; c’est un
moyen de conserver la richesse et de différer à plus tard le règlement de plusieurs
transactions. C’est donc un puissant instrument de précaution à l’égard de l’incertitude que
nous réserve parfois le futur.

Section II : LES FORMES DE LA MONNAIE

Au fil du temps, la monnaie a pris des formes diverses qui se sont succédées les unes aux autres.
Nous allons distinguer ici les formes suivantes.

II.1. Le troc

C’est un système les biens s’échangent contre d’autres biens. L’avantage du troc réside dans l’esprit
de solidarité et de communauté, parce que les acteurs qui le pratiquent appartiennent en général à
une même tribu. Par contre ses inconvénients sont nombreux :

- le système d’évaluation des biens entre eux n’est pas fiable ;

- la disponibilité des biens sollicités n’est pas toujours garantie ;

- le problème de la divisibilité et de la disponibilité des biens se pose lors des transactions.

II.2. La monnaie marchandise

C’est un bien quelconque, choisi conventionnellement par la communauté et qui sert d’étalon de
valeur, d’intermédiaire dans les échanges et de réserve de valeurs. Ce bien doit être identifiable et
accepté par les membres de la communauté. Par exemple, le riz a été utilisé comme monnaie au
Japon et les cauris en Afrique. Cependant, l’inconvénient réside dans la disponibilité de la
marchandise servant de monnaie, de même que la confiance des agents en cette marchandise.

II.3. La monnaie métallique

C’est une monnaie fabriquée à base de métaux non précieux tels que le cuivre. Ces métaux furent
remplacés par l’or et l’argent. Du fait des risques liés à la falsification et à l’insuffisance par rapport
aux besoins, la monnaie métallique est devenue la monnaie divisionnaire (la valeur de la monnaie
repose sur la couche de métal qui recouvre la pièce de monnaie).

Le souci de combler les insuffisances des ces formes anciennes de monnaies telles que
l’encombrement et l’indivisibilité d’une part, et l’entrée des banques dans le système monétaire,
d’autre part, ont donné naissance aux nouvelles formes de monnaie.

II.4. Le papier monnaie

Elle se présente sous deux formes :

- la monnaie fiduciaire, qui repose sur la confiance des agents et est composée de billets de
banque convertibles ou non ;

- la monnaie scripturale ou monnaie crédit, qui est l’ensemble des moyens de paiement se
traduisant par les écritures dans les livres des banques : cette monnaie circule par un jeu
d’écriture d’un compte bancaire à un autre par le biais des chèques, des virements…
II.5. La monnaie électronique
C’est l’ensemble des moyens de paiement se présentant sous forme de cartes électroniques (carte
de paiement, carte de crédit, porte monnaie électronique (Orange money, MTM mobile money) …).
La valeur d’acquisition de cette monnaie est déterminée par le pouvoir d’achat qu’on lui attribue lors
de sa fabrication. Elle est très utilisée dans les pays développés et offre une garantie de sécurité
assez élevée.

Section III : LA MASSE MONETAIRE

La masse monétaire se définit comme l’ensemble des moyens de paiements en circulation à un


moment donné dans un espace économique bien délimité.

Il ici s’agit d’analyser les agrégats monétaires (grandeurs et indicateurs de la masse monétaire) à
travers leur structure et leur rôle.

III.1. Les composantes de la masse monétaire

Elles diffèrent d’un pays à un autre et sont choisies en fonction des objectifs et des orientations de la
politique monétaire. Au niveau de la zone BEAC, les indicateurs retenus sont les suivants :

- la masse monétaire au sens M1 : elle est composée essentiellement des billets de banque, des
pièces de monnaies et des dépôts à vue i.e. à très CT dans les comptes bancaires. il s’agit donc
de l’ensemble des disponibilités monétaires immédiatement utilisables dans les transactions
courantes ;
- la masse monétaire au sens de M2 : M2=M1+quasi-monnaie de paiement, avec quasi-monnaie
de paiement=chèques +certificats de dépôts+bons de caisse+dépôts à terme ;
- la masse monétaire au sens de M3 : M3=M2+épargne contractuelle (ou épargne logement).

III.2. Les contreparties de la masse monétaire

La masse monétaire comprend globalement deux grandes contreparties : M=CE+RE, avec :

- M, la mase monétaire en circulation ;

- CE=Crédits à l’économie i.e. crédits accordés aux entreprises, aux ménages et des concours
financiers (prêts) de la BC en faveur des banques commerciales et en faveur des Etats ;
-

RE= Réserves de change i.e. ensemble des avoirs et des engagements des résidents sur les
non résidents, notamment les créances et les dettes libellées en devises que les nationaux
détiennent sur l’extérieur.

Par extension, M=Cb+Ce+Tb+AEX, avec,

- Cb, le concours de la BC en faveur des banques commerciales sous forme de refinancement ;


- Ce, les crédits à CMLT des banques en faveur des ménages, des entreprises et de l’Etat ;
- Tb, le concours de la BC en faveur de l’Etat par avances au Trésor public - AEX, les
avoirs et engagements sur l’extérieur.

Section IV : LA CREATION MONETAIRE

La création de la monnaie est le processus par lequel la masse monétaire d’un pays augmente. Elle
est strictement encadrée par le droit bancaire et les structures de contrôle. Au Cameroun, quatre
institutions détiennent légalement le pouvoir de créer de la monnaie : la banque centrale, les
banques commerciales, les EMF et le Trésor public.

IV.1. La création monétaire par la BC

- elle crée de la monnaie fiduciaire dont elle a le monopole d’émission ;

- elle crée de la monnaie scripturale lorsqu’elle achète les créances que les agents économiques
(banques commerciales, ménages, entreprises,
Trésor public) détiennent les uns sur les autres ;

- elle crée de la monnaie lorsqu’elle achète les devises ou des créances sur l’extérieur apportées
par les banques, les entreprises, l’Etat du fait de leurs relations économiques avec l’étranger ;

- elle crée de la monnaie lorsqu’elle refinance les banques commerciales par le réescompte et
les appels d’offres ;

- elle crée de la monnaie lorsqu’elle achète et vend les titres à CT sur le marché monétaire.

IV.2. La création de la monnaie par les banques secondaires

Elles créent de la monnaie lorsqu’elles accordent des crédits à CM ou LT aux agents non bancaires ou
achètent les titres publics (actions et obligations) à partir des dépôts de leurs clients ;

IV.3. La création monétaire par le Trésor public

Le TP en tant que caissier de l’Etat, crée de la monnaie scripturale :


lorsqu’il règle une dette intérieure contractée :
- auprès des fournisseurs de l’Etat : matières et fournitures diverses ;
- auprès des prestataires de services : construction des routes, entretien du matériel, sous-
traitance…
- auprès des fonctionnaires : paiement des salaires.
- lorsqu’il règle le service de la dette extérieure contractée :
-

- auprès des créanciers multilatéraux : FMI, BM…


- auprès de créanciers bilatéraux : Allemagne, France, Chine, USA… - auprès des
créanciers commerciaux : banques et institutions privées.

La création monétaire, lorsqu’elle n’est pas bien maîtrisée, peut entraîner des déséquilibres
monétaires et macroéconomiques préjudiciables pour les agents économiques, notamment
l’inflation, la détérioration du pouvoir d’achat, la dévaluation. Pour prévenir de pareils effets
négatifs, les autorités monétaires mettent en place une gamme variée de mesures (encadrement du
crédit, normes prudentielles, réserves obligatoires…).

LE SYSTEME MONETAIRE ET FINANCIER DU CAMEROUN

Section I : DEFINITIONS DES CONCEPTS

I.1. Finance directe et finance indirecte

On distingue deux circuits de financement : la finance directe et la finance indirecte. La finance


directe ou désintermédiation financière renvoie au marché financier et permet le contact direct
entre offreurs et demandeurs de capitaux. La finance indirecte ou intermédiation financière
renvoie au financement bancaire (marché monétaire) et concerne la transformation en crédit
des dépôts des épargnants par la banque.

I.2. Institution financière monétaire et institution financière non monétaire

Une institution financière monétaire est celle qui a le pouvoir de création monétaire : la BC, les
banques secondaires, les EMF et le Trésor public.

Une institution financière non monétaire est celle qui ne crée pas de la monnaie mais en détient : les
sociétés d’assurances, la CNPS, la SNI, le CFC.

I.3. Marché monétaire et marché financier

Le marché monétaire désigne le marché sur lequel se négocient les titres de court terme. Il peut
être ouvert ou fermé. Il est dit fermé lorsque l’accès est réservé exclusivement aux banques et
institutions financières non bancaires éligibles par la banque centrale (Trésor public, Caisse
d’épargne postale, la Caisse autonome d’amortissement, etc.). Il est dit ouvert si l’accès est élargi
aux grandes entreprises.

Le marché financier ou bourse des valeurs est un marché de capitaux à long terme où
s’échangent les valeurs mobilières telles que les actions et les obligations

La différence entre les deux, c’est que :

- Le marché monétaire est un marché de capitaux de CT alors que le marché financier est un
marché de capitaux de LT ;
- Le marché financier permet le contact direct (finance directe) entre offreurs et demandeurs
de capitaux alors que dans le marché monétaire, l’offreur de capital (l’épargnant) dépose son
argent sans savoir ce qui en sera fait après et le demandeur vient demander le crédit à sa
banque sans savoir d’où vient l’argent qu’on va lui donner à crédit.

Section II : LE SYSTEME BANCAIRE


-

C’est l’ensemble formé par la BC, les banques commerciales, les autres institutions financières
non bancaire et éventuellement les agents économiques non bancaires (ménages, entreprises,
Etats), ainsi que les relations financières que ces différents agents entretiennent entre eux.

II.1. Interaction du système bancaire

Le système bancaire se présente de la façon suivante :

Avoirs et engagements sur l’extérieur Reste du monde


Banque Centrale

- Refinancement Billets Avoirs et engagements


- Réserves & crédits sur l’extérieur

- Etat
Dépôts Agents non bancaires - Entreprise

Banques commerciales Crédits - Ménage

II.2. Les institutions financières

Elles sont de divers types et sont classées en fonction de leur statut et des opérations qu’elles
effectuent.

II.2.1. La BC

Elle a le statut d’autorité monétaire (conjointement avec le ministère en charge des finances). De
façon classique, la BC remplit les missions suivantes :

- le rôle d’institut d’émission : elle est seule habilitée à émettre les billets de banque et pièces
de monnaie, qui ont cours légal (valeur officielle fixée par les autorités monétaires) et pouvoir
libératoire (moyens de paiements reconnu et acceptés).
- la banque des banques : la BC joue le rôle de prêteur en dernier ressort i.e. elle est toujours
en excédent de financement et demeure capable de répondre aux besoins de liquidité des
banques commerciales lorsque celles-ci on épuisé toutes les voies de financement.

Aussi, toutes les banques commerciales (encore appelées banques secondaires ou banques de
2nd rang) disposent chacune d’un compte à la BC qui doit être provisionné en tout temps d’un
certain montant. Elle refinance aussi les autres banques (escompte des effets de commerce qui
lui sont présentés).

- la banque de l’Etat : la BC tient le compte courant du Trésor et peut éventuellement accorder


des avances (prêts) à l’Etat, pour lui permettre de faire face à des besoins temporaires de
liquidités.

- la gestion des réserves de change : la BC intervient sur le marché de change (marché sur lequel
s’achètent et se vendent les différentes monnaies), pour le compte des banques et de l’Etat
-

d’une part et d’autre part pour garantir la stabilité de la valeur de la monnaie nationale. C’est
elle qui centralise les avoirs extérieurs de l’économie nationale.

- l’élaboration de la politique monétaire : la BC, conjointement avec le ministère en charge des


finances, mettent en place la politique monétaire en choisissant les objectifs et les instruments
pour les atteindre. Au niveau de la CEMAC, la BC commune est la BEAC dont le siège est à
Yaoundé.

II.2.2. Les banques commerciales

Encore appelées établissements de crédits, elles sont directement en contact avec les ménages,
les entreprises et l’Etat. Ce sont des « agents économiques financiers, qui effectuent à titre
habituel des opérations de collecte d’épargne (dépôts) du public, d’octroi des crédits aux agents
économiques, de prestation de services financiers divers, dans les limites prévues par la
règlementation en vigueur dans le domaine ».

Ce sont les principaux acteurs du système bancaire et assurent le processus d’intermédiation


financière (finance indirecte) : elles reçoivent de l’épargne des agents en excédents de
financement (ménages, généralement) moyennant une rémunération à un taux créditeur.
Ensuite, elles transforment les échéances de ces dépôts (qui sont pour la plupart à CT) et les
redistribuent sous forme de crédits à CT, aux agents économiques en déficit de financement
(Etat, entreprise et ménages dans une certaine mesure), moyennant la perception d’un taux
d’intérêt débiteur.

Le système bancaire camerounais compte une dizaine de banque : AFB, ABC, BICEC, City Bank, CLC,
SGBC, CBC, EBC, SCBC, UBC.
II.2.3. Les banques d’investissement ou banques de développement

Ce sont des banques spécialisées dans le financement du développement


(grands projets tels que routes, hôpitaux, écoles…). Elles accordent des crédits à LT (échéance
allant au-delà de 07 ans). Nous pouvons citer : la BAD, la BOAD, la BM, la BDEAC…

II.2.4. Les banques d’affaires

Elles se chargent du placement des titres (actions et obligations) émis par les entreprises,
procèdent à des prises de participation (achats de parts de capital dans les entreprises ou dans
les autres banques) ; elles font aussi les métiers d’analystes financiers, d’ingénierie financière et
de conseillers des entreprises sollicitant s’introduire en bourse ou des Etats sollicitant s’endetter
au niveau international.

II.2.5. La banque universelle

Pour résister à la concurrence, les banques intègrent en leur sein en plus des activités classiques
de collecte d’épargne et d’octroi de crédit, divers autres types de métiers : assurance, analyse-
conseil, location de coffre-fort, gestion et émission de carte de paiement… d’où le terme de
banque universelle ou « banque à tout faire » pour traduire le caractère multidimensionnel des
opérations de ces banques.
-

II.2.6. Les compagnies d’assurance

Ce sont des institutions financières dont le rôle est de garantir les risques divers (accidents de la
circulation, incendie, vol, décès…) en contrepartie desquels elles perçoivent périodiquement des
primes versées par les assurés.

L’assurance est un instrument de mobilisation de l’épargne ; c’est pourquoi, les compagnies


d’assurance sont généralement considérées comme des agents en excédents de financement.
Ainsi elles contribuent au financement de l’économie en achetant des titres en bourse, par des
prises de participation dans le capital des entreprises, en investissant dans l’immobilier (achat et
location de bâtiments.)

Elles permettent aux entreprises d’assurer le renouvellement de leur matériel de production et


donc d’assurer la continuité de leurs activités de production de biens et services.

Enfin, elles sont un moyen de gestion et prévention des évènements imprévus pouvant survenir
à tout moment chez les ménages (maladies, accidents, incendies, décès…).
II.2.7. Les établissements de micro finance (EMF)

Il s’agit des institutions financières autrefois appelées COOPEC qui n’ont pas le statut de banque,
mais qui effectuent à titre habituel les opérations de banques (collecte d’épargne, octroi de
crédit, prestation des services divers).

Elles contribuent à la lutte contre la pauvreté en accordant des microcrédits (crédits de moyen
ou faible montant) aux populations en marge du système bancaire. Certaines d’entre elles
opèrent individuellement, tandis que d’autres sont constituées en réseau : c’est le cas du réseau
de MC2, du réseau CAMCCUL.

A la différence des banques, ils ne bénéficient pas directement du refinancement de la BC ; ils


sont obligés de s’adresser d’abord à un établissement de crédit éligible à la BC.

II.2.8. Les institutions financières diverses

Ce sont des organismes de gestion de portefeuille de titres. C’est le cas de la SNI chargée de gérer les
parts de l’Etat dans les sociétés parapubliques.

Certains sont spécialisés dans le financement des secteurs d’activités précis. Elles reçoivent ou
non les dépôts du publics : c’est le cas du Crédit Foncier du Cameroun qui s’occupe du
financement de l’achat de terrain et de l’habitat.

II.2.9. Le Trésor public

Il joue un rôle spécifique dans le financement des dépenses d’investissement et de


fonctionnement de l’Etat. Juridiquement, le Trésor est une direction du MINFI. Sa fonction
essentielle consiste à financer par les ressources diverses (recettes fiscales provenant des impôts
; émission des bons et des obligations du
Trésor ; emprunts auprès des banques commerciales, de la BC, des IFI (BM, FMI..), des Etats…), le
déficit budgétaire de l’Etat (construction des routes, des hôpitaux, paiement des salaires,
subventions versées aux entreprises publiques et privées…).

Section III : LE SYSTEME FINANCIER


-

C’est l’ensemble formé par la Commission des Marchés Financiers (CMF), l’entreprise de marché
(Douala Stock Exchange, DSX), le dépositaire central (Caisse Autonome d’Amortissement, CAA),
la banque des règlements (la SGBC), les prestataires de services d’investissement (PSI), les
émetteurs (Etat, entreprises, collectivités locales…), les propriétaires de titres qui sont des
donneurs d’ordres, ainsi que les relations financières que ces différents agents entretiennent
entre eux.
III.1. Organisation et fonctionnement de la DSX

La DSX est un marché centralisé qui dépend des donneurs d’ordres, lesquels agissent par
l’intermédiaire des PSI. De ce fait, les titres admis à la côte ne sont échangés qu’avec le
consentement de leurs propriétaires.

Le mode cotation en vigueur à la DSX est le fixing qui conduit à la formation d’un prix du marché
à la suite de la concentration des ordres pendant une période donnée. Il s’oppose à la cotation
en continu qui implique un ajustement du prix de marché à chaque nouvel enregistrement d’un
ordre boursier.

III.2. La BVMAC

III.3. La COSUMAF

CHAPITRE 5: L’ÉQUILIBRE DU MARCHÉ.


En économie, l’équilibre économique désigne généralement une situation d’égalité entre l’offre et la
demande sur un marché.

Sur le marché des biens et services ou des capitaux, l’équilibre est atteint lorsque :

- l’offre est égale à la demande des biens et services à un prix donné appelé prix d’équilibre ;

- l’offre est égale à la demande des capitaux à un taux d’intérêt donné appelé taux d’intérêt
d’équilibre.

Sur le marché du travail, l’équilibre devrait se réaliser à l’égalité entre l’offre et la demande du
travail mais, il est rarement atteint.

Section II : LES DÉFAILLANCES DU MARCHÉ.

Le marché ne fonctionne pas toujours parfaitement. Il connaît un certain nombre de défaillances.


On dit d’un marché qu’il est défaillant s’il ne permet pas de fixer un prix et permettre les
échanges de façon efficace, le marché échoue dans l'allocation optimale des ressources. La
poursuite des intérêts privés ne conduit toutefois pas toujours à la réalisation de l'intérêt de
tous.
-

La défaillance du marché est donc une situation dans laquelle, la régulation par le marché est
inadéquate ou impossible, c’est-à-dire qu’elle ne permet d’atteindre une situation optimale.

Ces défaillances se produisent dans plusieurs situations :

- Le marché ne permet pas la production de biens collectifs pourtant nécessaires ;


- L’information imparfaite sur le marché ne permet pas d’atteindre une situation optimale pour les
acteurs du marché ;
- Le marché ne guide pas toujours les agents vers des activités socialement optimales du fait de
l’existence d’externalités.

II.1. Le marché ne permet pas la production de biens collectifs pourtant nécessaires

Les biens collectifs sont des biens qui peuvent être consommés par plusieurs personnes à la fois.
Chacun des consommateurs consomme la totalité du bien.

Un bien collectif remplit les critères de non-rivalité et de non-exclusion. Les différents types de biens
peuvent se résumer dans le tableau suivant :

Rivalité Non rivalité

Biens privés (automobile, Biens de club (salle de cinéma,


Exclusion
vêtements…) lignes téléphoniques…)

Biens communs Biens collectifs purs ( défense


Non exclusion
(ressources naturelles) nationale, digue)

La non rivalité est l’utilisation du bien par une personne n’empêche pas l’utilisation du bien par une
autre personne.

La non exclusion est l’usage du bien ne peut pas être limités à ceux qui sont disposer à payer. Il est
donc impossible d’exclure ceux qui refusent de payer.

Un bien commun est un bien rival mais qui remplit le principe de nonexclusion.

Remarque: Le terme de bien public est parfois utilisé pour désigner un bien collectif. De façon stricte,
il faut mieux utiliser le terme de bien collectif et réserver le terme de biens publics pour les biens ou
services dont la production est financée par l’Etat et qui peuvent être ou non des biens collectifs.

Le marché échoue dans la prise en charge les biens collectifs du fait de leurs caractéristiques
(non exclusion, non rivalité) même s’ils sont très utiles, il n’y a pas de marché possible, donc il n'y
a aucun mécanisme permettant de fixer le prix.

En effet, personne ne sera prêt à payer pour consommer ce bien dans la mesure où il est possible
d’en profiter gratuitement, il est difficile d’interdire l’accès à ce bien à ceux qui ne paient pas
(comportement de "passager clandestin") ; par exemple, l'éclairage public. De même, aucun
-

producteur ne sera encouragé à produire ce bien s’il ne peut obtenir un paiement en


contrepartie (ex qui doit payer l’éclairage d’une route, qui acceptera de payer ?). Pour ce type de
bien, il n’y a donc pas de marché possible ou le marché serait inefficace (la production serait
insuffisante). Il y a donc une situation de défaillance du marché.

Les pouvoirs publics peuvent être amenés à intervenir pour corriger ces défaillances.

L’Etat peut prendre en charge la production des biens collectifs dans la mesure où ils sont
favorables à l’intérêt général et que le marché ne peut les prendre en charge. Les biens collectifs
seront financés collectivement, par le biais de l’impôt. Ex : l’éclairage public, la construction
d’une route…….

II.2. L’information imparfaite sur le marché ne permet pas d’atteindre une situation optimale pour
les acteurs du marché

Dans le modèle de concurrence pure et parfaite, on fait l’hypothèse que les agents économiques
sont parfaitement informés (sur la qualité, les prix….). Dans la réalité, sur les marchés,
l’information est imparfaite. Le marché ne fonctionne souvent qu’en situation d’asymétrie
d’information.

L’information est dite asymétrique lorsque l’un des participants à l’échange dispose
d’informations que l’autre n’a pas, ce qui va conduire à un dérèglement du marché car celui qui
détient l’information peut l’utiliser à son profit.

L’asymétrie d’information peut être :

- intentionnelle : par exemple, l’offreur peut vendre son produit à un prix plus cher parce
qu’il veut faire croire qu’il est de bonne qualité;
- ou pas : le producteur peut vendre son produit à un prix plus cher parce qu’il a des coûts
de production plus élevés, sans nécessairement proposer un produit de grande qualité.

Certains offreurs ou demandeurs, en situation d’incertitude, peuvent prendre de mauvaises


décisions ou se retirer du marché, ce qui conduit à un déséquilibre ou à une absence de marché.

Les conséquences négatives de l’asymétrie d’information sur le marché

Dans le cas d’une asymétrie d’information, on peut rencontrer deux grands types de risques :

- Le risque moral : c’est une situation où un agent mal informé ne peut pas contrôler
l’action d’un autre agent qui peut en profiter (par exemple, si l’acheteur n’est pas informé
sur la qualité d’un bien ou si l’offreur n’est pas informé, par exemple, dans un contrat
d’assurance, le client, une fois assuré, peut être incité à prendre plus de risque) ;
- La « sélection adverse » : dans une situation d’asymétrie d’information, les agents sont
amenés à prendre des décisions contraires à leurs intérêts initiaux : par exemple, en
achetant toujours au prix le plus bas, les consommateurs provoquent la disparition de
produits de qualité du marché ; en cherchant à vendre au plus bas prix, les producteurs
-

vont finir par faire moins de bénéfices car à force de vendre des produits de moindre
qualité, ils vont à long terme vendre moins.

A terme, le risque peut même être la disparition du marché.

Comment pallier à cette défaillance du marché ?

La production et la diffusion d’information permettent de réduire les incertitudes liés l’asymétrie


d’information; et de rétablir la confiance entre offreurs et demandeurs : par exemple grâce aux
labels de qualité, à la publicité, des garanties, des étoiles comme pour les restaurants, aux
comparateurs de prix, aux magasines de consommateurs, aux certifications ; l’Etat peut mettre
en place une réglementation pour protéger les consommateurs et s’assurer qu’il existe des
organismes pour la faire respecter (tels que la Direction Générale de la Concurrence, de la
Consommation et de la Répression des Fraudes).

II.3. Le marché ne guide pas toujours les agents vers des activités socialement optimales du fait de
l’existence d’externalités
On parle d'externalités lorsque les actions d'un agent économique ont un impact positif ou
négatif sur le bien-être et le comportement d'autres agents sans compensation monétaire (cet
impact n'est pas pris en compte dans les calculs de l'agent qui le génère). Les externalités
peuvent se révéler positives ou négatives :

- les externalités négatives : par exemple, lorsqu’une usine pollue l’environnement, le


voisinage en subit les désagréments (problèmes de santé, baisse du prix de l’immobilier,
hausse du coût de production….) sans indemnisation ;

- Les externalités positives : par exemple, l’implantation d’une usine crée des emplois ce
qui est favorable au voisinage (les commerçants voient leur clientèle augmenter) sans
que celui-ci participe d’aucune manière au financement de l’avantage dont il bénéficie.

L’existence d’externalités empêche une allocation optimale des ressources dans la mesure où :

- un agent créant une externalité positive, qui améliore l’intérêt général sans être
rémunéré ne sera pas encouragé à accroître son activité puisqu’il n’est pas récompensé.

- Un agent créant une externalité négative, qui nuit au bien être collectif, n’aura pas intérêt
à réduire son activité puisqu’il n’en subit pas le coût. Le marché ne l’incite en effet pas
spontanément à réduire ce coût.

Les externalités ne sont pas prises en compte dans le prix du produit, le prix est "faux".

Comment remédier aux externalités négatives ?

L’Etat dispose d’un grand nombre de solutions pour lutter contre les externalités négatives :

- Il peut mettre en place des réglementations (par exemple, pour interdire la pollution) ;
- Il peut mener une politique d’incitation (par des subventions ou un programme d’aide à
l’innovation) ;
-

- Il peut mettre en place des taxes, par exemple sur le principe du pollueurpayeur.

Exemple : taxer les entreprises polluantes ou subventionner les investissements dans les énergies
renouvelables.

CHAPITRE 6 : LA COMPTABILITE NATIONALE

A fin de ce chapitre, vous devez être capable de :

- Définir comptabilité nationale et donner ses objectifs ;

- Définir agrégat et donner les agrégats de la comptabilité nationale ;

- Définir et remplir un tableau d’entrées-sorties (T.E.S);

- Déterminer la matrice des coefficients techniques ;

- Définir tableau économique d’ensemble (T.E.E).

Section I : DEFINITION ET OBJECTIFS

La comptabilité nationale est une représentation quantifiée de l'économie d’un pays. Elle récence
toutes les opérations réalisées par les acteurs économiques pour une durée précise dans le but de
montrer les relations et les transactions qui existent entre les différentes branches ou secteurs de
l’économie nationale.

Elle est nécessaire à une réflexion sur le futur car va permettre des prévisions à court terme et à
moyen terme :

- A court terme, elle permet la prévision des budgets économiques. Ces budgets sont
indispensables à l'élaboration des politiques économiques et plus particulièrement à la
politique budgétaire.

- A moyen terme, elle est un éclairage à la planification : la planification est une prévision fondée
sur la détermination d'objectifs économiques et de moyens nécessaires pour les atteindre. Les
plans (triennaux) sont élaborés à partir de modèles développés par la comptabilité nationale.

Section II : UN LANGAGE SPECIFIQUE Les termes à


retenir sont les suivants :

- Le terme emploi recouvre l'utilisation qui est faite d'une ressource disponible ;
- L'investissement se nomme formation brute de capital fixe (FBCF). Il s'agit de toute chose qui,
qui grossit un stock de capital fixe (on ne compte pas les machines mises au rebut). Pour les
ménages, seul l'achat d'un logement est compté comme FBCF, l'épargne financière étant un
placement et non un investissement.
-

- Un même bien peut avoir un emploi différent selon son utilisateur : ainsi l'achat d'une
automobile est une consommation finale pour un ménage et une consommation intermédiaire
pour une entreprise

- Un secteur institutionnel est l'ensemble d’agents économiques qui ont un comportement


économique semblable.

- Une branche est au sens de la comptabilité nationale, un ensemble d'unités de production qui
produisent un seul type de biens ou de services. La notion de branche doit être distinguée de
celle de secteur économique, qui regroupe les entreprises ayant la même activité principale.
Par exemple, l'entreprise SODECOTON n'entre pas toute entière dans la branche textile, parce
qu'elle ne produit pas que du coton; en revanche, elle entre dans le secteur textile parce que
le coton est sa principale production.

Section III : LES OPERATIONS ECONOMIQUES

Il existe trois types d'opérations économiques :

III.1. Les opérations sur biens et services :

Il s'agit de l'ensemble des opérations qui concernent la création et l'utilisation des biens et des
services. Parmi elles on distingue :

- La production est l'activité économique socialement organisée consistant à créer des biens et
des services s'échangeant habituellement sur le marché et obtenus à partir de facteurs de
production s'échangeant sur le marché. On distingue généralement la production marchande,
de la production de services non marchands

- La consommation : elle se décompose en consommation intermédiaire et en consommation


finale.

o La consommation intermédiaire : l'ensemble des biens et services (généralement


achetés à d'autres entreprises), qui sont détruits ou transformés lors du processus de
production ou incorporés au produit. Elles sont très souvent nécessaires à la
production.
o La consommation finale qui correspond aux dépenses des ménages en biens de
consommation et d’équipement.

- La FBCF : elle mesure, en comptabilité nationale, l'investissement (acquisition de biens de


production) en capital fixe des différents agents économiques résidents.

- Les opérations avec l’extérieur i.e. opérations avec l'extérieur (c'est-à-dire les importations et
les exportations de biens et de services). Ces opérations sont regroupées dans le TRE (tableau
des ressources et des emplois).

- La variation de stocks : la différence entre les produits et les emplois qui sont faits desdits
produits.
-

NB : la consommation finale constitue avec la consommation intermédiaire et la formation brute de


capital fixe les trois destinations possibles de l'utilisation d'un bien. Seules la consommation
intermédiaire et la formation brute de capital fixe contribuent à l'augmentation de la production. La
consommation finale n'entraine - compte tenu de sa nature et de sa destination - aucune
augmentation de la production.

III.2. Les opérations de répartition

Ce sont les opérations par lesquelles la valeur ajoutée créée par la production est distribuée entre les
salariés, les propriétaires d'entreprises et les administrations publiques, puis redistribuée du fait de
l'action des administrations publiques (versements d'allocations financées par des prélèvements…)

III.3. Les opérations financières

Les opérations financières représentent les engagements pris par les agents économiques les uns
envers les autres, en contrepartie de monnaie ou de produits. Par exemple les prêts faits par certains
représentent des emprunts pour les autres.

Section IV : AGREGATS OU INSTRUMENTS DE MESURE DE LA CN

La comptabilité nationale prend en compte de nombreux indicateurs macroéconomiques, appelés


grandeurs agrégées ou agrégat. Un agrégat est une grandeur (ou instrument) utilisée pour mesurer
l’activité économique d’un pays.

L’agrégat le plus important est le PIB (produit intérieur brut), qui correspond à la somme des valeurs
ajoutées (auxquelles il faut ajouter les impôts et en déduire les subventions sur les produits) des
biens et services produits dans un pays donné au cours d'une année.

Trois (03) modes de calculs :

- L'approche par la production : PIB = somme des VAB + IP – SUBV, avec VAB la somme des
valeurs ajoutées brutes, IP l'impôt sur la production et SUBV les subventions ;

- L'approche par les revenu : PIB = RS + EBE + RMB - SUBV + IP, avec RS la rémunération des
salariés, EBE l'Excédent brut d'exploitation1, RMB les revenus mixtes bruts, SUBV les
subventions et IP les impôts sur la production (liés à la production et aux importations) ;

- L'approche par la demande (ou les emplois finals) : PIB = CF + FBCF + (X-M), avec CF la
consommation finale, FBCF la formation brute de capital fixe (l'investissement), X les
exportations et M les importations.

Le PIB (Produit intérieur brut) ne doit pas être confondu avec le PNB (produit national brut) qui est la
somme des revenus primaires reçus effectivement par les agents économiques d'une même
nationalité, qu'ils soient situés sur le territoire ou non. On a ainsi la relation PNB = PIB + revenus des
facteurs (travail et capital) en provenance de l'extérieur - revenus des facteurs versés à l'extérieur.
-

Section V : Le tableau entrées-sorties (TES) V.1.

Définition

Le tableau entrées-sorties ou tableau inputs-outputs traduit formellement la structure de l'appareil


productif : origine de la valeur ajoutée, relations entre les branches, coefficients techniques
exprimant le degré de dépendance des branches entre elles.

V.2. Représentation

Le TES se présente sous forme d’un tableau dont :

- les lignes représentent :

- dans la partie gauche, la ventilation des produits du secteur aux autres secteurs (leurs
consommations intermédiaires en produits du secteur) et le total ;

- et dans la partie droite, la CF (vente directe aux ménages), la FBCF, la VS, les X et le total des
emplois faits des produits du secteur ;

- les colonnes, représentent :

- dans la partie haute, les consommations intermédiaires du secteur en produits des autres
secteurs) et le total ;

- et en bas, la VA, la production totale, les M et le total des ressources du secteur ;

Le TES est toujours équilibré en ressources et en emplois car, une nation ne peut utiliser que ce dont
elle dispose (celles produites P ou celles importées M) : ressources = P + M. Tout ce dont la nation
dispose fait l'objet d'une utilisation sous la forme de consommation (C), d'investissement (FBCF),
d'exportations (X) ou d'augmentation de stocks (S) : Emplois = C + FBCF + X + S. Finalement, on doit
avoir : Ressources=Emplois i.e. P+M=C + FBCF + X + S.

NB :

- La consommation peut être intermédiaire ou finale ;

- L’équilibre global est obtenu à partir des équilibres ressources-emplois par produit.

V.3. Les coefficients techniques

Si l’on désigne par i, le produit et j la branche, le coefficient technique Aij du produit i dans la branche
j représente le rapport entre la consommation du produit i dans la branche j et la production totale la
branche j.

Aij=Consommation du produit i dans la branche j/Production effective de la branche J.

Ces coefficients sont souvent représentés sous forme de matrice.

Application :

Dans une économie simplifiée à trois (03) branches d’activités (Agriculture, Industrie et Services), on
dispose des données suivantes (en milliards de FCFA) :
-

Tableau 1 : Tableau des ressources

Produits Production Importations Exportations

Agricoles 128 25 24

Industriels 336 18 20

Services 103 12 15

Tableau 2 : Tableau des emplois

Consommation Produits Produits Services

Branches agricoles industriels

Agriculture 18 33 09

Industrie 45 134 12

Services 04 29 13

Consommations finales 56 119 66

FBCF 02 25 00

Travail à faire :

1- A partir de l’équilibre global, dresser le tableau des entrées-sorties (TES) ; 2- Construire la


matrice des coefficients techniques relatifs à ce TES ; 3- Quel est le solde de la BC de cette
économie ? 4- Calculer le PIB de cette économie ;

Eléments de réponse

1- Le TES

- VA d’un secteur = Production totale du secteur - Consommations intermédiaires du secteur ;

- Production totale (total ressources) d’un secteur =Production interne + Importations +


Impôts– Subventions ;

- Dépense totale d’un secteur (total emplois) = Consommations intermédiaires +


Consommations finales effectives + FBCF + ∆S + X.
-

- le PIB permet d’apprécier le niveau de vie de la population ;

- le PIB permet de faire des comparaisons de performances économiques de plusieurs pays ;


- le PIB permet de mesurer le niveau global de l’activité économique.

NB : A partir des coefficients techniques, il est aussi possible de reconstituer le TES. Dans ce cas, on
doit considérer les coefficients techniques des valeurs ajoutées par produit, sachant que la somme
des coefficients d’un produit est égale à 1.

Exercice : Soit une économie simplifiée à trois branches et dont les données sont consignées dans le
TES suivant :

Branche Total
Agricult. Indust. Serv. Total DF FBCF ∆S
Produits Emplois

Agricoles 275 300 200 775 400 110 -5 1280

Industriels 320 500 300 1120 2250 275 0 3645

Services 105 600 200 905 1500 75 10 2490

Total CI 700 1400 700 2800 4150 460 5 7415

VA 580 2245 1790 4615 0,21 0,08 0 ,


08

Production 1280 3645 2490 7415 0,25 0,14 0 ,


12
-

Total Ressources 1280 3645 2490 7415 0,08 0,16 0,08

Travail à faire :

1- Compléter les cases rouge du TES ;

2-Calculer la production totale de cette économie de deux manières différentes; 3- Déterminer la


matrice des coefficients techniques. Orientation

1-Complétons le TES

2-PIB = Somme des VA =580+2.245+1.790 =4.615FCFA ; = Somme des CFE =4.150+460+5


=4.615F CFA.

3-La matrice des coefficients techniques

CAPITRE6 LE DESEQUILIBRE ECONOMIQUE


Le déséquilibre économique désigne l’ensemble des dysfonctionnements de l’activité
économique qui perturbent la croissance économique et l’amélioration du niveau vie. De
manière générale, l’inflation, le chômage et le déséquilibre extérieur sont les manifestations
courantes du déséquilibre économique.

III.1. L’inflation : définition, types, causes, solutions

L’inflation est la hausse continue et généralisée du niveau des prix sur le marché.

III.1.1. Les causes et les types

L’inflation peut avoir plusieurs origines. Elle peut être causée par une augmentation du coût de
production. En effet, lorsque les salaires augmentent, les prix des biens et services suivent aussi
mais le profit des entreprises diminuent. Pour maintenir son profit, l’entreprise doit augmenter
le prix de vente de ses produits : c’est l’inflation par la production ;

Elle peut aussi être causée par un déséquilibre entre l’offre et la demande. En fait, lorsque les
quantités de biens et services augmentent plus rapidement que les quantités des biens et
services produits, les prix augmentent : c’est l’inflation par la demande ;

Elle peut encore être liée à une augmentation de la masse monétaire. Dans ce cas, une
augmentation de la production des biens et services entraine une augmentation plus que
proportionnelle de la masse monétaire en circulation, provoquant ainsi une hausse des prix :
c’est l’inflation par la monnaie.

III.1.2. Moyens de lutte contre l’inflation.

Le moyen de lutte contre l’inflation dépend de l’origine de cette dernière. En effet,


-

- si l’inflation est d’origine monétaire, le remède consiste à limiter la quantité de monnaie en


circulation à travers le contrôle du taux d’intérêt ;
- si l’inflation est due à un excès de la demande, il faut appliquer une politique budgétaire
restrictive ;
- si l’inflation provient du coût de production, il conviendrait de contrôler les prix.

III.2. Le chômage : définition, types, causes, solutions.

Selon le BIT, le chômage est la situation d’une personne de plus de 15 ans qui remplit les conditions
suivantes :

- Être sans travail rémunéré ;


- Être disponible pour travailler ;
- Rechercher activement un emploi, ou en avoir un qui commence ultérieurement.

Le taux de chômage se calcule en rapportant le nombre de chômeurs à la population active.

III.2.1. Les causes de chômage.

Elles sont nombreuses mais, on peut relever :

- le ralentissement de
l’activité économique ;
- le progrès technique ; -
le coût du
travail.

III.2.2. Les types de chômage

Le chômage revêt deux grandes formes selon son origine : le chômage conjoncturel et le chômage
structurel

Le chômage conjoncturel ou cyclique est lié au fonctionnement de l’économie. Il correspond à


une baisse passagère de l’activité économique, il est temporaire et surmontable ; il est
involontaire car le nombre de travailleurs qui désirent travailler à un moment donné est
supérieur à l’offre de travail sur le marché, quelle que soit la raison.

Le chômage structurel, par contre, est lié au refus du salarié de travailler dans les conditions
proposées par l’employeur (un salaire qui ne couvre pas par exemple les frais de transport pour
se rendre au travail et les frais de garde d'enfants…). Il est donc volontaire.

Le chômage structurel ou conjoncturel peut encore être :

- frictionnel : il caractérise la période d’inactivité qui sépare deux emplois ;


- déguisé : il est lié au surnombre des travailleurs dans les entreprises et les administrations ;
- saisonnier : il est lié à certaines activités saisonnières (tourisme, agriculture, etc.).
-

- technique, caractérisé par une inactivité imposée par une interruption du processus de
production suite à une grève, à une rupture des approvisionnements, à une panne de
machine, etc.

III.2.3. Moyens de lutte contre le chômage

- Améliorer le traitement social ;


- Organiser le marché du travail par le Fonds National de l’Emploi ;
- Contrôler l’immigration ;
- Développer la formation professionnelle des jeunes ;
- Rétablir le secteur informel ;
- Créer des conditions de vie favorables dans les campagnes.

III.3. Le déséquilibre extérieur

Le solde extérieur est la différence entre les BS achetés et vendus par les résidents d’un pays. Il
y’a déséquilibre ou déficit lorsque les résidents achètent plus qu’ils ne vendent à l’étranger. Pour
équilibrer le solde extérieur, il peut être important de :

- Libéraliser les échanges (lever les barrières tarifaires et non tarifaires) ;


- Investir dans les transports et télécommunications ;
- Promouvoir l’intégration économique ;
- Promouvoir la spécialisation internationale.

CHAPITRE LE SYSTEME SOCIALISTE OU SOCIALISME

Né en URSS aux environs de 1925, le socialisme est un système qui remet en cause les effets
inégalitaires et la lutte des classes occasionnée par le capitalisme.

1.) Définition

Le socialisme est système économique qui prône une société égalitaire et juste où l’Etat est le
principal agent économique.
2.) Fondements du système socialiste

a) Fondement idéologique
L’idéologie socialiste repose sur le refus de l’exploitation de l’homme par l’homme, l’individualisme
et des inégalités. Elle privilégie un mode de satisfaction collectif des besoins.

b) Fondements institutionnels
-

La propriété des moyens de production est collective. Elle a deux formes : la propriété d’Etat et la
propriété coopérative.

Les institutions économiques : elles portent sur le plan qui fixe le niveau de production,
les techniques de production, la répartition des revenus, les prix.

Les institutions politiques : l’Etat intervient ici pour éviter la domination d’une classe
sur les autres, protège les travailleurs, organise et développe l’économie.

c) Fondements techniques

Les progrès scientifiques et techniques améliorent le bien-être de la collectivité.

3.) Transition des anciens pays socialistes vers l’économie de marché

a) Les difficultés principales de leurs économies


La planification a engendré des lourdeurs bureaucratiques, de nombreux gaspillages et une
production de qualité médiocre.

Les économies socialistes ont été qualifiées d’économies de pénuries car les entreprises tout comme
les consommateurs étaient rationnés dans leurs achats.

b) L’échec des réformes économiques


L’arrivée au pouvoir de MIKHAÏL GORBATCHEV en 1985 s’est traduite par une nouvelle vague de
réformes placées sur le signe de la « glasnost politique » (transparence et liberté d’expression dans
tous les domaines) et de la « Perestroïka économique » (elle se traduit par un mouvement de
décentralisation des décisions, le développement du secteur privé, l’ouverture aux investissements
étrangers afin de bénéficier de la technologie occidentale, la possibilité pour les agriculteurs de louer
par crédit-bail les terres de l’Etat.

Malheureusement, ces réformes n’ont pas pu empêcher l’effondrement du système soviétique en


1991. L’échec de ces réformes peut-être imputable à l’attitude de position de la « Nomenklatura »
qui voyait fondre ses privilèges.
Quelques Définitions :

Perestroïka : Mouvement de réformes économiques lancé par M. GORBATCHEV, consistant à un


processus de transparence et de réorganisation structurelle.

Nomenklatura : Ensemble des personnes occupant dans l’économie et la société Soviétique des
postes de responsabilités leur accordant des privilèges particuliers. Le dirigisme : c’est un système
économique qui confère à l’Etat un rôle prééminent dans l’orientation et le contrôle de l’activité
économique.

4.) Avantages et difficultés du système socialiste


-

a) Avantages

Nous avons :

L’esprit de solidarité et d’entraide communautaire ;

l’intérêt collectif sur les intérêts individuels.

b) Difficultés/Inconvénients

Elles concernent les imperfections du système de planification. On peut citer :

Un nombre élevé d’informations à traiter à cause de la centralisation ;

La non fiabilité des données ;

Le manque de cohérence entre les différents secteurs et les différentes branches


d’activités ;

L’absence de concurrence entre les entreprises ;

L’insuffisance des stimulants (primes, bonus,…).

CHAPITRE LE CAPITALISME OU SYSTEME CAPITALISTE

1.) Définition

Le capitalisme est un système économique caractérisé par la propriété privée des moyens de
production, la recherche du profit et l’accumulation du capital.

2.) Fondements du système capitaliste

Le capitalisme repose sur 4 principes qui sont : - la libre entreprise – la libre


concurrence – la recherche du profit – l’individualisme.

a) Fondement idéologique
Le mobile essentiel du capitalisme est la recherche du profit. La grande partie de ce profit doit-être
réinvestie dans l’achat des biens de production, ce qui aboutit à l’accumulation du capital (qui
permet de développer les moyens de production et les profits futurs).

b) Fondements institutionnels
Institution juridique
-

La liberté de propriété s’accompagne du droit de gérer des biens et recevoir des revenus liés à cette
propriété.

Institution économique

L’entreprise constitue l’unité de base de l’activité économique.


Institution politique

Il s’agit de l’absence de réglementation ou d’intervention de l’Etat qui limite son rôle à


l’établissement de l’ordre (Etat gendarme).
c) Fondements techniques

Ils sont essentiellement constitués et caractérisés par la recherche du maximum de satisfaction au


moindre coût.

Remarque:

Le libéralisme : Doctrine qui affirme le caractère fondamental de la liberté individuelle


dans les domaines politiques et économiques et qui recherche à limiter l’action et
l’influence de l’Etat.

Economie de Marché : C’est un système économique qui accorde un rôle au mécanisme


de marché afin d’assurer la régulation des activités économiques.

3.) Avantages et critiques du système capitaliste

a) Avantages

Comme avantage on peut citer :

La forte concurrence qu’il soutend et qui est un facteur de bonne gestion et de


compétitivité ;

La limitation de l’intervention de l’Etat à ses missions essentielles lui permet de se


déployer convenablement et de satisfaire les attentes de la population.

b) Critiques/Inconvénients

C’est l’économiste KARL MAX qui a le plus critiqué le capitalisme. Pour lui, le capitalisme :

Est source d’aliénation de l’homme ;

Creuse l’écart entre les riches et les pauvres ;

Divise la société en deux classes : les prolétaires et les bourgeois ;

Est la cause des crises économiques fréquentes ; Accroît le chômage et l’inflation.


-

CHAPITRE : ETAT ET SES INTERVENTIONS

L’activité économique repose sur les trois rouages suivants : Production Répartition-
Consommation. Ce sont les trois moteurs de notre économie. Parfois ils se dérèglent et peuvent
être en panne. Très souvent il faut effectuer les régler. Mais qui peut faire ce réglage de l’activité
économique ?

Section I : QUI PEUT FAIRE LE REGLAGE DE L’ACTIVITE ECONOMIQUE ?

I.1. De l’avis des libéraux

Selon les économistes classiques et néoclassiques (qu’on appelle aussi les libéraux), en principe
l’Etat ne doit pas intervenir dans l’activité économique. Les trois rouages évoqués ci-dessus
s’autorégulent par une « main invisible » appelé « Marché ». Les déséquilibres finissent par se
corriger eux-mêmes grâce à la concurrence et à la flexibilité des prix. Une action de l’Etat ne
ferait alors que perturber ce bon fonctionnement.

Les libéraux qualifient d’Etat-providence tout Etat qui a la prétention à se substituer à « l’ordre
naturel » (le marché). L’État-providence désigne alors un État interventionniste dans le domaine
économique et social, par opposition à l’État-gendarme, cher aux libéraux, qui limite son activité
aux fonctions régaliennes traditionnelles : biens et services publics (défense nationale, justice,
police et ordre public, diplomatie).
I.2. De l’avis des keynésiens

La réalité économique nous démontre que la régulation par le marché n’est pas suffisante et
reste purement théorique. C’est dans ce sens que Robert Musgrave a distingué trois fonctions
fondamentales de l’Etat : la fonction d’affectation, la fonction de répartition, la fonction de
régulation. D’où l’intervention de l’Etat prônée par les économistes Keynésiens pour régler les
moteurs de notre économie. Et cette intervention se fait par la politique économique. I.3.
Pourquoi l’Etat est-il obligé d’intervenir sur le marché ?

L’Etat intervient pour corriger les défaillances du marché. Par exemple :

- Le marché ne peut pas bien produire certains biens ;


- Le marché peut avoir des maladies globales, celles qui provoquent le chômage important et
généralisé, et l’inflation ;
- Le marché peut parfaitement fonctionner avec certaines personnes mourant de faim : celles
dont les capacités ne trouvent pas preneur sur le marché ;
-

- Si l’État ne prend pas en charge la construction des routes ou des ports, il n’y en aura pas. Ou
ils seront de médiocre qualité comme l’avait constaté Adam Smith à son époque où s’étaient
multipliées en Grande-Bretagne les routes privées à péage. Les propriétaires bénéficiaient
d’un quasimonopole sur un tracé, aussi les routes étaient-elles mal entretenues et le poids
roulant autorisé était faible.

Section II : LA POLITIQUE ECONOMIQUE

La politique économique est l’ensemble des décisions, mesures prises par les pouvoirs publics
(Gouvernement) pour orienter, influencer l’activité économique en vue d’atteindre certains
objectifs. Ça peut être des objectifs économiques qui affectent les grands équilibres (chômage,
inflation, PIB, commerce extérieur) ou des objectifs sociaux qui affectent le bien-être individuel
et collectif (route, point d’eau, santé, école, justice, sécurité…).

La politique économique comporte une dimension conjoncturelle et une dimension structurelle.

II.1. La politique conjoncturelle

La conjoncture désigne l’état de santé de l’économie. Donc, une politique conjoncturelle est
l’ensemble des interventions de l’État susceptibles de modifier l’évolution à CT de l’économie.

La politique économique conjoncturelle a pour effet de corriger les déséquilibres macro-


économiques (définis par le carré magique de N. KALDOR) qui peuvent apparaître à court terme.
Le carré résume la situation conjoncturelle d’un pays à partir de quatre indicateurs : le taux de
croissance du PIB, le taux d’inflation, le taux de chômage et le solde de la balance des
transactions courantes en % du PIB (commerce extérieur). Ces quatre indicateurs dont la
représentation graphique constitue les quatre côtés d’un carré, correspondent aux quatre
objectifs fondamentaux de la politique conjoncturelle.

II.1.1. Le carré magique

Croissance
(Taux de
croissance en %)
-

Stabilité des prix

(Inflation en %)

Ce carré est réputé magique car l'expérience et les faits économiques prouvent qu'il est très
difficile d'atteindre à CT simultanément les quatre objectifs. Il montre que la santé économique
d’un pays est d’autant plus satisfaisante que le carré a une surface large et qu’il est régulier.
Chaque fois que les statistiques d’un pays à une période donnée s’éloignent de la surface
théorique du carré, la situation économique se détériore. De même, lorsque le carré se déforme
dans une direction particulière (voir ci-dessous), cela traduira une indication sur l’efficacité de la
politique économique.

Croissance
(Taux de
croissance en %)

Stabilité des prix


-

(Inflation en %)

La représentation des résultats de la politique économique conjoncturelle du Cameroun en 2015


est un carré magique déformé. Ce qui traduit une certaine efficacité des mesures de lutte contre
l’inflation (2%). Malheureusement, on doit remarquer que cette efficacité s’obtient au détriment
de l’emploi (12%), de la croissance (5,5%) et de la BC (-1%).

II.1.2. Les types de politique économique conjoncturelle

Il existe deux grands types de politique économique conjoncturelle : la politique budgétaire et la


politique monétaire.

A- La politique budgétaire de relance


L'Etat peut lancer une politique de grands travaux (hausse des investissements publics) qui vont
susciter un flux de dépenses et provoquer une accélération de la croissance de la production ; il
peut aussi augmenter les revenus sociaux des catégories défavorisées de la population car elles
ont une forte propension à consommer ; il peut aussi diminuer la fiscalité sur les revenus ou sur
la consommation afin de redonner du pouvoir d’achat aux consommateurs pour qu’ils
augmentent leur consommation ; il peut, enfin, subventionner ou défiscaliser les investissements
privés afin d’inciter les agents économiques à investir. L'augmentation des dépenses publiques
va donc accroître les activités économiques, l'embauche, la distribution de revenus et la baisse
du chômage.
Cette politique, d'inspiration Keynésienne, privilégie les objectifs de lutte contre le chômage et
de stimulation de la croissance. Cependant en voulant atteindre ces deux objectifs, elle déforme
le "carré" car elle favorise l'inflation et détériore le commerce extérieur.

B- La politique monétaire
L'Etat, pour relancer la demande, doit diminuer le taux d'intérêt afin d’inciter les agents
économiques à emprunter pour dépenser. Cela permet aussi d'accroître la profitabilité des
entreprises et les inciter à investir.

Encore appelée politique de rigueur, la politique monétaire dans ce cas privilégie la lutte contre
l'inflation (politique monétaire des Banques Centrales), l'équilibre budgétaire et la réduction du
déficit de la balance commerciale. En voulant atteindre ces deux objectifs, elle freine la
croissance ainsi que les emplois durables et donc modifie aussi le "carré".

Mais dans un contexte de mondialisation de l'économie les gouvernements ontils encore


suffisamment de marges de manœuvre pour conduire la politique
-

économique ?
Hausse des
dépenses
publiques
Politique Hausse de la Hausse de l a Création Baisse du
bubgétaire
budgétaire demande production d’emplois chômage
Baisse des
impôts

Politique Baisse Hausse des


monétaire des taux emprunts
d’intérêt

II.2. La politique structurelle

La politique structurelle est l’ensemble des interventions de l’État susceptibles de modifier


l’évolution à LT de l’économie.

C’est le cas notamment de la politique industrielle de l’État, c’est-à-dire de l’ensemble des


actions entreprises par l’État afin d’améliorer les performances et la compétitivité de l’appareil
productif.

Ces actions portent sur la structure (degré de concentration des entreprises, économies
d’échelle), la modernisation (investissements), et l’environnement national (coûts salariaux,
fiscaux, taux d’intérêt…) et international (accords de libre-échange, protectionnisme, taux de
change…).

L’intervention de l’État dans le domaine industriel est aujourd’hui contestée par la pensée
libérale. Cette remise en cause porte notamment sur les nationalisations et l’étendue du secteur
public.
Section III : L’OUTIL DE LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE : LE BUDGET DE L’ÉTAT

Le budget est un document dans lequel sont prévues et autorisées les dépenses et les recettes
de l’État pour une année civile. Il est présenté et défendu par le gouvernement et voté par le
Parlement sous forme d’une loi appelée loi des finances. La loi des finances détermine la nature,
le montant, l’affectation et l’utilisation des ressources de l’État.

Un budget est composé de deux parties : les recettes et les dépenses III.1. Recettes et
dépenses

Les deux éléments de base de tous les budgets sont les recettes et les dépenses. III.1.1. Recettes

Les revenus d'un État peuvent provenir de plusieurs sources :

- les recettes fiscales :

o Impôts des particuliers (IRPP, impôt libératoires…) ; o Taxes à la consommation


(TVA) ;
-

o Fonds des services de santés (Frais de consultation et d’examens divers, certificat


médical…) ;
o Droits et taxes diverses (timbres, enregistrement, licence d’exploitation, droits de
douane…);
o Prélèvements sociaux (contribution CNPS, CRTV, FNE…) ;
- les recettes exceptionnelles provenant des entreprises publiques ou parapubliques :
gisements miniers, portefeuille d’actifs publics, exploitation forestière, pétrole, etc.

- les dons provenant de l’Aide Publique au Développement (A.P.D) ;

- les emprunts intérieur et extérieur (crédit et émission de titres publics).

III.1.2. Dépenses

Les dépenses effectuées par l'État et les collectivités locales sont nommées dépenses publiques. Elles
sont divisées en quatre parties :

- Les dépenses de fonctionnement des services publics : paiement de salaire et


pension, services et fournitures pour le fonctionnement de l’administration…

- Les dépenses d'équipement ou d'investissement : barrages, ports, route, marchés,


prise de participation … ;
- Les dépenses d'intervention dans les domaines sociaux, économiques et
internationaux : éducation, santé, défense, justice, contribution au fonctionnement
des institutions internationales, subventions, prêts…

- Le remboursement du service de la dette publique : crédit + intérêts.

III.2. Le rôle économique et social du budget

III.2.1. Rôle économique

Le budget contribue à :

- la politique de relance économique et de lutte contre le chômage ; - la politique de


rigueur monétaire et de lutte contre l’inflation.

III.2.2. Rôle social

- les dépenses en faveur de l’amélioration de la qualité de la vie ; - les dépenses


publiques.

III.3. Équilibre budgétaire


-

Un budget est dit en équilibré si les recettes sont égales aux dépenses. Un déficit budgétaire est
la situation dans laquelle les recettes de l'État (hors remboursement d'emprunt) sont inférieures
à ses dépenses (hors emprunt) au cours d'une année. C'est donc un solde négatif. Ce déficit est
donc financé par des emprunts, ce qui peut augmenter la dette de l'État. Un excédent budgétaire
permet à l'inverse de rembourser une partie de la dette.

Section IV : DISTINCTION ENTRE ÉTAT-GENDARME ET ÉTAT-PROVIDENCE IV.1. L’Etat gendarme

C’est un Etat « neutre » qui rend essentiellement certains services collectifs, notamment :

- la sécurité des personnes et des biens à l’intérieur du pays à l’aide de la Police et de


la Justice ;
- la défense du territoire national contre toute agression extérieure, à l’aide de la
Diplomatie (Affaires étrangères) et de la Défense nationale ; - la production d’autres
services () :
- les services dont l’Etat assure lui-même la production : enseignement, sante, services
culturels (bibliothèques, musées…), recherche (CNRS), équipement, éclairage public,
etc.
- les services financés par l’Etat mais dont la production est assurée par le secteur privé
: ainsi, en ce qui concerne les écoles privées sous contrat ou les cliniques, l’Etat prend
en charge une partie du financement (principalement les dépenses de
fonctionnement).

IV.2. L’Etat providence

C’est un Etat qui, en plus de ses missions régaliennes, assure aussi la fonction de redistribution
qui consiste à prélever les cotisations sociales sur les revenus distribués et les redistribuer sous
forme de prestations sociales : retraites, frais médicaux, allocations familiales…

CHAPITRE : Croissance, développement, inégalités sociales et pauvreté

La croissance économique

Introduction

La croissance économique est, pour un pays, un enjeu de première importance car c'est elle qui
conditionne l'amélioration du niveau de vie de ses habitants. Elle représente, pour les pouvoirs publics, l'objectif
principal de la politique économique. Mais ses origines restent difficiles à préciser. On s’intéresse dans ce
chapitre sur la définition de la croissance, sur son explication et sa mesure.

I- Qu’est ce que la croissance ?


A- Définition
Selon François Perroux, la croissance économique correspond à « l’augmentation soutenue pendant une
ou plusieurs périodes longues d’unindicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en
termesréels ». Pour rendre compte du changement de dimension d’une économie, on a très souvent recours à
-

des agrégats permettant de mesurer l’évolution de l’ensemble des productions tels que le PIB (Produit Intérieur
Brut).
Les comptables nationaux utilisent deux variantes du PIB pour calculer la richesse créée dans une économie
: le PIB en volume et le PIB en valeur (résultat d’un effet quantitatif et d’un effet prix).
Soit :
La croissance est généralement assimilée au taux de variation du produit intérieur brut PIB), plus
précisément la variation relative du PIB en volumed’une année sur l’autre.
𝑃𝐼𝐵𝑡 − 𝑃𝐼𝐵𝑡_1
𝑇𝐶 =
𝑃𝐼𝐵𝑡_1

B- Quelques précisions de vocabulaire


Il ne faut pas confondre :
- La croissance économique ne veut pas dire forcément amélioration du bienêtre, la croissance peut en
effet s’accompagner d’un creusement des inégalités(exemple des Trente glorieuses).
- La croissance ne veut pas dire non plus économie saine, une croissance forteentraîne généralement un
regain d’inflation (une hausse des prix), elle peutégalement se traduire par une hausse des importations
et un déséquilibre de labalance commerciale (exemple d’un plan de relance).
- Quand l’augmentation de richesses enregistrée par le PIB est de courte durée(quelques trimestres), les
économistes préfèrent parler d’expansion (phase d’uncycle).
- Quand l’augmentation de richesses provient d’une simple hausse quantitativedes facteurs de
production (capital, travail), on parle de croissance extensive;quand cette augmentation de richesses a
pour origine une meilleure organisationdu travail (exemple du taylorisme, du fordisme ou du
toyotisme), on parle decroissance intensive.
- Il est généralement admis que les politiques macroéconomiques visent àrapprocher le niveau réel de
l’activité de ce que l’on pourrait appeler le niveaunormal du PIB. L’écart relatif (Output Gap) entre le PIB
observé et le PIB normalpermet de mesurer la distance qui sépare temporairement une économie de
ceniveau de référence. Pour mesurer le PIB normal, on détermine le niveau d’activitémaximal
compatible avec la stabilité du rythme de l’inflation. Il s’agit de lacroissance potentielle.
- Les économistes parlent encore de croissance autocentrée lorsqu’elle repose surdes dynamiques
internes (rôle de la consommation des ménages) et de croissanceextravertie lorsqu’elle découle de
l’ouverture de l’économie.

C- La croissance équilibrée
Les économistes parlent généralement de croissance équilibrée, c’est-à-dire d’une croissance telle que
le taux d’accroissement de l’offre soit égal à celui de la demande sur le marché des biens et services. Les
forces du marché seraient ainsi autorégulées, dès qu’une hausse des prix apparaît, la demande diminue, et
l’offre s’ajuste. Une croissance équilibrée satisfait les conditions du carré magique : création d’emplois, faible
niveau d’inflation, budget et balance commerciale équilibrés.

II- Comment expliquer la croissance économique


Les économistes s’interrogent depuis l’avènement de cette discipline en tant que science sur les causes de
la croissance.
A- Les théories de la croissance
1- Les précurseurs
- Adam Smith (1776, Recherches sur la nature et les causes de la Richesse des Nations), met en évidence
le rôle de la division du travail (surplus, marché, gains de productivité) comme facteur de croissance.
Cette division du travail se trouve renforcée par la participation du pays au commerce international
(théorie des avantages absolus). L’optimisme de Smith apparaît à travers les traits d’une croissance
illimitée (elle dure tant que l’on peut étendre la division du travail et le marché).
- Robert Malthus (1798, Essai sur le principe de population) considère que la croissance est limitée en
raison de la démographie galopante. Il attribue la misère en Angleterre au décalage entre deux lois : la
-

loi de progression arithmétique des subsistances et la loi de progression géométrique. La sortie de cet
état passe par la mortalité, la baisse de la natalité et le célibat.
- David Ricardo (1817, Des principes de l’économie politique et de l’impôt),souligne que la croissance est
limitée par la loi des rendements décroissants. Lavaleur ajoutée se répartit entre trois agents : les
propriétaires fonciers (rente foncière),salariés (salaire de subsistance) et le capitaliste (profit). Précisons
que le profit descapitalistes est résiduel, c’est-à-dire qu’il intervient une fois le salaire et la rentefoncière
payés. Lorsque la population s’accroît, il convient d’augmenter la productionagricole, or les nouvelles
terres mises en culture sont de moins en moins [Link] coût de production va donc s’élever,
entraînant inévitablement la hausse dessalaires et de la rente foncière. Les profits vont se réduire
jusqu’au moment lescapitalistes ne seront plus incités à investir. L’économie atteint la situation
d’étatstationnaire. Afin de retarder cette situation, Ricardo préconise d’augmenter les gainsde
productivité dans l’agriculture grâce au progrès technique et de s’ouvrir aucommerce international
(théorie des avantages comparatifs).
- Karl Marx (1867, Le Capital) a été le premier économiste à proposer un modèleformel de croissance, à
l’aide de ses schémas de reproduction élargie. Il considère quela croissance est limitée dans le mode de
production capitaliste en raison de la baissetendancielle des taux de profit. En effet, la recherche d’une
plus-value toujours plusimportante (notamment grâce à des salaires bas, que Marx appelle, Minimum
deSubsistance) et la concurrence entre capitalistes devraient provoquer une paupérisationdes ouvriers
et un blocage dans le développement du système capitaliste (crise).
- Joseph Schumpeter (1942, Capitalisme, Socialisme et démocratie) fait du progrèsindustriel la clé du
changement. : « L’impulsion fondamentale qui met et maintient enmouvement la machine capitaliste
est imprimée par les nouveaux objets de laconsommation, les nouvelles méthodes de production et de
transport, les nouveauxmarchés, les nouveaux types d’organisation industrielle – tous éléments créés
parl’initiative capitaliste ». En d’autres termes, le progrès industriel est porté par desinnovateurs qui
cherchent à emporter le gros lot (Schumpeter compare le jeu desaffaires au poker).L’analyse
schumpetérienne est intéressante car elle ne repose pas seulement sur leprogrès technique, sur
l’évolution des connaissances ou les grandes inventions (avec lecycle des révolutions industrielles
successives). Schumpeter y ajoute un héro – le chefd’entreprise qui prend le risque de lancer un
nouveau produit ou une nouvelle façon deproduire , et une structure (la concurrence monopolistique)
qui assure à celui qui aréussi son pari d’en percevoir une rétribution financière. Mais attention, il y aura
peud’élus pour beaucoup d’appelés. La « Destruction – créatrice » laissera certainsderrière elle,
cependant elle finira par être bénéfique pour tous. Le système tout entierproduira plus de richesse.

2- Les postkeynésiens
A la suite de la crise de 1929, de nombreux économistes inspirés par les travaux de J.M Keynes, vont
s’interroger sur les possibilités d’une croissance équilibrée.
Les modèles de Domar et Harrod vont chercher à rendre compte des conditions et caractéristiques
essentielles de l’équilibre d’une économie capitaliste en croissance.
Le point de départ de Domar est de considérer que l’investissement exerce une double influence sur
l’économie. Dans un premier temps, il s’agit de l’effet revenu. A court terme, l’investissement constitue une
demande supplémentaire et entraîne une hausse des revenus via le principe du multiplicateur (I Y R C et
S). L’effet revenu associé à une augmentation de l’investissement ∆I, est égal à ∆I [1/(1-c)] c’est-à-dire ∆I [1/s]
où s=(1-c) sachant que c et s représentent respectivement les PmC et PmE. Dans un second temps, il s’agit de
l’effet capacité. A long terme, l’investissement doit engendrer une stimulation de la capacité de production, via
le principe de l’accélérateur. L’investissement accroît les capacités de production dans une proportion égale à
1/v où v est le coefficient de capital et correspond à l’inverse de la productivité moyenne du capital soit v = K/Y
(où K est le stock de capital et Y la production). L’effet de capacité est donc égal I(1/v). Pour qu’il y ait croissance
équilibrée, il faut que les revenus supplémentaires engendrés par l’effet multiplicateur permettent d’absorber
la production supplémentaire obtenue. En d’autres termes, l’effet de revenu doit être égal à l’effet de capacité.
Cette condition est vérifiée si l’investissement augmente à un taux constat égal au rapport entre la propension
-

marginale à épargner et le coefficient de capital soit ∆I /I = s/v. Harrod montrera par la suite que la croissance
est par nature instable.

3- Le modèle néoclassique de R. Solow (1956)

III- Les irrégularités de la croissance : fluctuations et crises


1- Les cycles économiques
Les “cycles économiques” sont des périodes plus ou moins longues, caractérisées par une succession de
phases de hausse et de baisse de la production. Les cycles comportent ainsi une phase d'expansion économique
(augmentation de la production), une phase de crise (retournement brutal de la conjoncture), une phase de
dépression et une phase de reprise.

Quelques éléments de définitions :


Expansion : c’est l'augmentation de la production sans changement important dans les techniques, les
facteurs de production disponibles et l'agencement général de l'économie et de la société. Elle n'est, de ce fait,
qu'un phénomène à court terme.
Crise : Retournement brutal de la conjoncture économique qui marque la fin d'une période d'expansion.
Par extension, situation économique caractérisée par la faiblesse de la croissance du PIB et le développement du
chômage.
Dépression : Conjoncture économique caractérisée par la baisse de la production (PIB).
Récession : Conjoncture économique d'un pays caractérisée par une chute du taux de croissance ou par
son maintien a des niveaux faibles.
Stagflation : conjoncture économique caractérisée par la coexistence d'une stagnation de la production
et de l'inflation.

IV- Les facteurs de la croissance économique

Chapitre 8- Le développement et le sous-développement

Introduction

I- Les disparités économiques internationales


-

Pour comparer la situation économique de divers pays, on utilise habituellement le PIB par habitant. Il n'est
cependant pas satisfaisant parce qu’il conduit à une compétition inutile et parce que ses chiffres peuvent induire
en erreur :
 Ce sont des revenus nominaux : ils dépendent des quantités réelles mais aussi des niveaux des prix et
de l'inflation.
 Pour comparer, il faut convertir les monnaies nationales en une monnaie commune (fluctuations selon
les taux de change).
 Difficultés d'évaluation: Les produits nationaux nominaux ne sont en général pas calculés selon les
mêmes critères. Ils dépendent d'économies de nature et de structure différentes.
 On compare par exemple les produits nationaux "aux prix du marché". Cela ne signifie pas grand
chose pour des économies collectivistes aux prix fixés d'autorité par l'Etat.
 De même, les revenus des pays en voie de développement sont difficilement comparables, parce
que la part d'autoconsommation est beaucoup plus importante. Il y a donc une fraction non
commercialisée du produit national est beaucoup plus difficile à évaluer.
 Les besoins, les goûts et les préférences sont inégaux.
 On compare enfin les revenus moyens par habitant, mais cela renseigne mal sur la répartition du produit
social. En effet, un revenu moyen élevé peut cacher la pauvreté de larges couches de la population.
On a donc proposé d'autres procédés pour éviter les difficultés de la comparaison des produits sociaux par
habitant:
 On peut comparer les taux de croissance annuels de des produits sociaux réels ;
 On peut utiliser d'autres indicateurs du bien-être : espérance de vie, analphabétisme, densité médicale,
niveau de nutrition, mortalité, morbidité,…
 On peut comparer le nombre d'heures de travail nécessaire pour acquérir un bien ou un service
déterminé.
 …
II- Classification des différents pays du monde

On distingue généralement :
i- Les pays industrialisés :
Représentent les "anciens" pays industrialisés dont le niveau dedéveloppement (mesuré en termes de PIB
par habitant) est bien supérieur àla moyenne mondiale. Il regroupe principalement les pays occidentaux, àsavoir,
les Etats-Unis, le Canada, le Japon, les pays membres de l'UnionEuropéenne, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
Ces pays ont été les premiersà engager la révolution industrielle et concentrent l'essentiel des richessesproduites
au niveau mondial.
ii- Les Nouveaux Pays Industrialisés : (NPI)
Représentent les pays qui ont connu un développement économique très important depuis le milieu des
années 70 fondée sur une insertion rapidedans la division internationale du travail et dont le niveau de
développementse rapproche voir égal celui des pays industrialisés traditionnels. Ce groupecomprend
essentiellement des pays d'Asie appelés aussi les "dragons asiatiques" à savoir, la Crée du sud, Singapour,
Taiwan et Hong-kong. Onintègre de plus en plus dans ce groupe certains pays qui connaissent uneaccélération
récente de leur croissance économique (Malaisie, Thaïlande,Indonésie...).
iii- Les pays émergents
Cette notion qui concerne en partie les NPI, englobe un plus grand nombrede nations de part le monde. Un
pays sera considéré comme émergent s'ilremplit trois critères : un niveau de richesse (revenu par tête
moyeninférieur à 70% du niveau moyen des pays de l’OCDE), une insertion rapidedans la division internationale
du travail qui se traduit par une participationcroissante aux échanges internationaux de produits manufacturés
(croissancedes exportations de produits manufacturés y compris les industries agroalimentairessupérieure de
2% en moyenne par an à la croissance deséchanges mondiaux) et enfin, l’attraction que ce pays exercent sur les
fluxfinanciers internationaux (notamment en terme d'IDE). De ce point de vue,la Chine constitue indéniablement
un pays émergent même si son PIB parhabitant le classe plutôt du coté des PMA.
iv- Les Pays en voie de développement : (PVD)
Regroupent la plus grande partie des pays du Monde qui connaissent undéveloppement économique faible
mais constant. Il n'en demeure pas moinsque ce groupe présente encore des pays très différents puisqu'il
-

comprendpar exemple les trois géants mondiaux que sont la Chine, l'Inde et le Brésilainsi que la majorité des
pays d'Amérique du Sud et d'Asie qui ne connaissentpas tous le même degré de développement.
v- Les pays d’Europe Centrale et orientale : (PECO)
Ce nouveau groupe de pays est apparu après la chute du mur de Berlin en1989 et la fin du communisme et
rassemble les anciens pays européen dubloc communiste (Pologne, Roumanie, ex-Tchéquoslovaquie...) et qui
sonten phase de transition vers le passage à une économie de type [Link]ès presque une décennie de
récession, ces pays commencent à connaîtreun fort développement économique et ils cherchent en général à
rejoindreles pays membres de l'Union Européenne.
vi- Les Pays pétroliers : (PEP)
Ces pays, constitués en majorité par les monarchies pétrolières de lapéninsule arabique sont normalement
intégrés dans le groupe des PVD.Néanmoins, depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979, le niveau
dedéveloppement est proche, voir souvent supérieur à celui des paysindustrialisés. Ils se caractérisent par le fait
que le structure productive estpresque uniquement tournée sur la production et l'exportation de pétrole.
vii- Les Pays les Moins Avancés : (PMA)
Se caractérisent par un très faible niveau de développement (le PIB parhabitant y est inférieur à 900 dollars
par habitants), par un retard dans ledéveloppement du capital humain (alphabétisation et scolarisation
faible,espérance de vie limitée...) et par une très grande vulnérabilité économique(production agricole, mono-
produit, demande interne limitée...). Ces payssont au nombre de 49 actuellement et sont presque totalement
marginalisésdans les échanges internationaux.

La terminologie des instances internationales a évolué récemment afin de tenir compte des "susceptibilités
nationales" puisque le terme de Pays les Moins avancés sont de fait considérés comme étant en voie
d'avancement alors que leursituation économique s'est en fait dégradée au cours des dernières années. Lemême
constat peut-être dressé concernant les Pays en Voie de Développement quine sont pas tous sur le chemin du
développement économique.

III- Les indicateurs du développement


1- Définition
Un indicateur est une donnée quantitative ou qualitative qui sert à représenter une problématique
donnée. Ce ne sont que des instruments de mesure du degré de réalisation d’objectifs préalablement définis par
les [Link] indicateurs permettent de condenser l’information et de simplifier l’approche des phénomènes.
Les indicateurs n’ont d’intérêt que s’ils permettent un examen des résultats et aboutissent à des réorientations
politiques.
2- Différents types d’indicateurs du développement
 L’utilisation du PIB et du PNB
 L’Indice de Développement Humain (IDH)
Mesure le niveau moyen d’un pays en termes de potentialités humaines élémentaires. L’IDH permet
également des comparaisons internationales.
On utilise 3 variables retenues pour déterminer l’IDH d’un pays :
 l’espérance de vie à la naissance
 Le niveau d’éducation
 Le revenu par tête.
Cet classifie les pays en 3 catégories comme suit :
 Développement humain élevé : IDH > 0.800
 Développement humain moyen : 0.5 < IDH< 0.8
 Développement humain faible : IDH < 0.5
NB : La valeur maximale de l’IDH est 1.

Toutefois l’IDH présente des nombreuses limites :


- les inégalités de répartition entre les différents groupes sociaux sont invisibles. Si on veut provoquer
des changements et avoir un développement ciblé, il est important d’aller plus loin et de prendre en
compte les différences entre groupes sociaux, de genre,…
-

- absence des données fiables et mesure difficilement le changement à CT ;


- L’IDH ne prend pas en compte certaines notions comme l’environnement,…
- Les méthodes de calculs varient d’un pays à un autre (dans les PD on utilise le niveau d’éducation des
adultes qui n’est pas le cas dans les PED)
 L’Indicateur de Pauvreté Humaine (IPH) :
Il intègre les revenus mais aussi un indicateur de santé (probabilité de mourir avant 60 ans), difficulté
d’accès à l’enseignement (difficultés à comprendre un texte écrit) et le chômage de longue durée.
 L’Indicateur Sexo-spécifique du Développement Humain (ISDP) :
Il reflète les disparités entre les sexes en termes de potentialités humaines élémentaires (accès à
l’éducation,…). C’est donc un IDH pondéré en fonction des inégalités entre les sexes. L’ISDH classe 130 pays sur
une échelle mondiale. Attention, il porte sur la situation moyenne de l’ensemble des habitants d’un pays sans
rendre visibles les inégalités de répartition entre différents groupes sociaux. Il n’est pas nécessaire d’avoir un
revenu élevé pour pouvoir lutter contre les inégalités entre les sexes. L’égalité des sexes va nécessairement de
pair avec une croissance économique forte. Les processus sont complexes et il n’y a pas de relation de cause à
effet : des pays peuvent avoir un IDH élevé mais de très grandes inégalités.
 L’Indicateur de Participation des Femmes au niveau politique (IPF) :
L’IPF se concentre sur la question de savoir si les femmes et les hommes sont à même de participer
activement à la vie politique et économique et de prendre part aux décisions.
Trois grands types de variable :
 Le revenu
 La part de participation aux décisions économiques
 Les possibilités de carrière dans le politique et la part de participation aux décisions politiques.
IV- Les caractéristiques du sous-développement
 L’introuvable indicateur synthétique :
Habituellement, on mesurait le degré de sous-développement avec le revenu par habitant (mesure basé sur
des données économiques). Mais cet indicateur présente des difficultés. On a donc pris en compte d'autres
caractéristiques de retard économique, tels que :
 Des conditions naturelles défavorables: le climat paralysant pour l'activité humaine,
 Le manque de capitaux et de technique.
 Une démographie explosive due à une forte natalité et une baisse rapide de la mortalité (Population
très jeune).
 Une qualification professionnelle médiocre: analphabétisme encore répandu.
 Un secteur agricole prédominant utilisant des techniques rudimentaires.
 Une autoconsommation prépondérante un commerce insuffisant. Le circuit monétaire fonctionne
mal; les marchés sont cloisonnés.
 Le chômage déguisé: une même production peut être obtenue avec moins de main-d’œuvre.
 Les traditions et les convictions religieuses freinent souvent l'application de nouvelles techniques.
La différence fondamentale entre les pays en voie de développement et les pays industrialisés est claire:
questions qualitatives et pas seulement de degré.
Mais il y a aussi une grande diversité au sein même du groupe des pays du TM. Il est donc difficile de trouver
un indicateur unique pour faire la synthèse de tous les pays.
 L’insatisfaction des besoins fondamentaux :
Comme un indicateur synthétique n'existe pas, on recourt à la notion d'insatisfaction des besoins
fondamentaux (F. PERROUX, P. GUILLAUMONT). Les besoins fondamentaux sont des besoins dont la satisfaction est
indispensable à l'intégrité psychique et physique de l'homme. Si le minimum vital n'est pas couvert, il y a sous-
développement.
- Les besoins physiques : alimentation, santé (sous-alimentation : manque de calories, malnutrition:
alimentation déséquilibrée ; mortalité: décès ; morbidité: maladies)
- Les besoins psychiques : éducation (Alphabétisation et scolarisation), activité et participation
(Formation professionnelle, Emploi, Possibilités de participer à la vie sociale et politique).
- …
 Caractéristiques de leurs structures économiques :
-

Il est difficile de mesurer la couverture de certains besoins fondamentaux, on recourt donc à d'autres
caractéristiques socio-économiques telles que :
i- Ledegré d'industrialisation: il renseigne sur la présence ou l'absence d'activités motrices.
ii- La dépendance économique par rapport à l'extérieur: elle est politique, mais elle agit par le commerce,
le financement et la technologie.
iii- L'inarticulation: elle concerne les économies constituées d'éléments isolés (pas d'unité) et les sociétés
avec peu de contact extérieur (repli). Conséquence: il n'y a pas de système de prix uniforme; les flux se
propagent mal (marché sclérosé); l'information est mal diffusée (asymétrie d’information).
iv- Le dualisme: Les secteurs modernes (villes) coexistent avec les secteurs archaïques (campagne). Cette
juxtaposition du moderne et du traditionnel démontre une faible quantité de contacts entre ces 2
économies.
v- L'inégalité: Les richesses et les revenus sont partagés de manière inégale. Elle est plus marquée que
dans les pays industrialisés.

V- Les théories explicatives du sous-développement


1- Les théories relatives au cercle vicieux de la pauvreté
Le sous- développement est le résultat d'un enchaînement circulaire (cercle fermé) qui a pour conséquence
le maintien des revenus à un niveau bas. Peu de productivité du travail, peu de capitaux, des revenus très bas,
peu d'épargne possible, entrainant un niveau d’investissement très faible pour une productivité freinée
n’assurant pas un niveau de vie acceptable.
De nombreuses théories ont essayé de briser ce cercle vicieux pour placer les pays sur la voie de la
croissance.
a- Les théories du take-off
La phase de décollage est importante. Elle permet à une économie de s'engager de manière durable et
autonome sur le parcours du développement.
b- Les théories du big push
Le take off doit s'accompagne d'un investissement initial massif. C'est le seul moyen pour dégager des
économies externes et internes et pour créer un pouvoir d'achat et donc une demande suffisante.
c- La théorie de la croissance équilibrée
Les investissements ponctuels sont peu efficaces. Il faut lancer des grappes d'activités complémentaires
simultanément. Ces groupes d'activités bénéficient réciproquement des économies (faites au sein de
l'entreprise) et des demandes additionnelles grâce aux revenus distribués.
d- Les théories de la croissance déséquilibrée et les théories des pôles de croissance
Elles s'opposent à la théorie de la croissance équilibrée. Ce sont des approches plus réalistes: elles tiennent
compte des moyens limités disponibles. Il faut promouvoir quelques industries régionalement concentrées. Ces
activités initiales provoquent des demandes additionnelles (elles produisent, une demande est possible).
D'autres domaines en subissent les conséquences: il n'y a plus de demande. Donc, les entrepreneurs doivent
faire de nouveaux investissements pour reconquérir la demande.

2- Les théories du dualisme économique


On constate une dichotomie dans les économies sous-développées:
- secteur traditionnel de l'autoconsommation et ;
- le secteur moderne soumis aux lois du marché.

Le plus souvent, ce sont des capitaux étrangers investis qui favorisent l'exportation: ce secteur d'importation
est plutôt une enclave des pays industrialisés en territoire sous-développé. L'économie est cloisonnée: les effets
bénéfiques des activités industrielles et commerciales naissantes ne peuvent pas se répercuter. De plus, les
bénéfices sont souvent rapatriés. Il faut donc créer des ponts qui conduisent vers des structures économiques et
sociales intégrées.

3- Les théories du commerce extérieur


Il est essentiel de vendre à l'étranger pour accumuler des capitaux nécessaires aux investissements. Mais un
trop grand développement des exportations constitue un danger.
-

a- Les théories relatives aux économies


Les pays en voie de développement peuvent être relégués aux activités les moins lucratives: au lieu de garder
la matière première et de la transformer, ils l'exportent.
b- Les théories de la détérioration des termes de l'échange
Les fournisseurs de produits de base reçoivent de moins en moins de produits manufacturés en contrepartie
de leur exportation (parce que trop cher).
c- Les théories de la croissance paupérisante
Les revenus sont transférés en faveur des pays industrialisés (ils achètent sur place à très bas prix, prix
détériorés et revendent plus cher dans les pays industrialisés). Elément d'appauvrissement supplémentaire.

4- Les théories non économiques


a- Les théories démographiques
Pour Malthus, l'explosion démographique serait un obstacle à la croissance du revenu par personne.
b- Les théories basées sur le climat
Les conditions climatiques dans les régions retardées empêchent les activités économiques. Ces pays sont
en grande majorité dans les zones tropiques.
c- Les théories psychologiques et sociologiques
Elles se réfèrent aux conditions humaines du développement. L'essor des pays industrialisés dépend de
l'éthique du protestantisme qui incite à l'action économique efficace. L'absence de cet esprit serait la cause du
sous-développement (psycho) Il faut transformer les structures sociales (socio).

VI- Les stratégies du développement


Certes la croissance économique est nécessaire au développement, mais il faut d'autres
transformations. Il faut des changements mentaux et sociaux qui rendent une population apte à accroître le
produit réel global (F. PERROUX)
Des changements sont donc nécessaires pour que le pays puisse entamer un processus autonome et
durable de croissance irréversible.
Les stratégies du développement économique sont des actions globales ou ponctuelles de l'Etat, par
lesquelles sont déclenchées, maintenues ou accélérées les transformations économiques. Deux types de
stratégies sont reconnues :

- Les stratégies internes: les efforts propres sont nécessaires.


- Les stratégies externes: l'aide au développement et les relations internationales.

1- Les stratégies internes


Pour qu'un capital interne se forme, il faut dégager une épargne propre (personnelle) dans les économies
privées de revenus (entrepreneurs). Deux moyens sont possibles :

- Une politique de redistribution des revenus: on privilégie ceux dont la propension à épargne est élevée.
Résultat: l'offre interne de capitaux augmente (il y a plus de capitaux disponibles à l'intérieur du pays)
- La réforme agraire: les structures et la productivité de l'agriculture devient une source de dégagement
interne d'épargne.
Cependant, des moyens financiers disponibles ne sont pas suffisants pour garantir l'investissement. Il faut
aussi stimuler la demande de capitaux à des fins d'investissement (il faut encore que ces capitaux disponibles
soient investis: les gens doivent "sacrifier" leur épargne).

a- La théorie de la croissance équilibrée et diversifiée


Les pays sous-développés ne devraient pas s'aligner (suivre) une forte croissance de la demande mondiale
de matière première. Ils ne doivent pas non plus essayer de concurrencer les pays industrialisés dans le domaine
des produits manufacturés. Il faut par contre chercher une croissance rapide des marchés domestiques (que
demandent les ménages? Quels marchés ouvrent-ils?). Il faut dès lors créer simultanément de nombreuses
branches industrielles, notamment dans le domaine des biens de consommation.
-

b- La théorie de la croissance non proportionnelle et concentrée


Il faut tenir compte de la pénurie de moyens et focaliser les efforts sur quelques secteurs-clé. Se concentrer
sur les activités qui engendrent le plus d'interdépendances et d'effets qui entraînent les autres secteurs. Mais,
ce choix provoque des goulets d'étranglement dans les autres branches. Il faut donc des investissements
supplémentaires pour que le processus cumulatif soit engendré. Cette stratégie ne va pas à l'encontre de la
spécialisation internationale comme c'est le cas pour la croissance équilibrée.

Le développement des ressources humaines est lié à la notion de capital humain (savoir, formation, santé,
homme):

- L'éducation : Avant négligée. C'est un facteur fondamental du développement. Les effets se situent
surtout dans l'évolution des mentalités et des structures sociales.
- La santé : Place fondamentale dans le développement. Le nombre de personnes aptes au travail et la
productivité en dépendent.
- Les motivations : Elles sont liées a un système de valeurs qui se manifeste par les comportement envers
les phénomènes économiques.
- Propension à innover et esprit d'entreprise

c- La stratégie d’industrialisation par substitution aux importations


La mise en œuvre de cette stratégie va de l’aval vers l’amont, i.e que l’on doit commencer vers les plus légers
et finir par les secteurs les plus lourds. Les secteurs les plus légers sont ceux dont le processus de production est
le plus simple tel que l’économie nationale puisse le mettre en œuvre à moindre coût. On distingue ainsi deux
grandes phases dans la mise en œuvre de l’ISI.
- Premièrement c’est celle au cours de laquelle les biens de consommation sont produits sur places et
substituer aux importations à ceux jadis importés (industrie légère) ;
- Deuxièmement c’est celle où les biens d’équipements sont produits sur places (industrie lourde).
A chaque phase le gouvernement le gouvernement doit prendre des mesures pour orienter la demande
intérieure vers la production nationale et locale en limitant les importations (mesures tarifaires, dévaluation,
accorder des avantages fiscaux...).
Toutefois cette stratégie présente aussi des limites telles que :
- L’obstacle lié à la taille souvent réduite du marché intérieur ;
- Risque de goulet d’étranglement par les importations, car au fur et à mesure qu’on avance dans le
processus de substitution, la BC se détériore, les réserves extérieures se raréfient ;
- On reproche à l’ISI de créer le chômage et d’accroitre les inégalités sociales ;
- L’ISI est sur le banc des accusés en ce sens qu’elle crée des distorsions dans le tissu économique ;
- …
2- Les stratégies externes: l'aide au développement
Les apports extérieurs se font à travers le commerce international et les mouvements internationaux de
capitaux.

a- Stratégie d’ouverture ou d’intégration à l’économie mondiale


Les pays sous-développés peuvent acquérir les moyens nécessaires à l'acquisition des équipements à
l'étranger grâce au commerce extérieur. Cependant, les ressources (qu'ils obtiennent avec les pays étrangers)
sont aléatoires et la concurrence est difficile pour les pays en voie de développement.

b- Les mouvements privés de capitaux


Le problème de la dette. Des capitaux privés (volume beaucoup plus que le commerce extérieur?) sont
apportés aux conditions du marché (des gens investissent dans une entreprise selon l'offre et la demande, selon
sa valeur). Les pays s'endettent. Il leur est de plus en plus difficile de faire face.

c- L'aide au développement
-

Le Comité pour l'aide au développement de l’OCDE définit l’aide au développement comme le transfert qui
émane de pouvoirs publics, qui vise le progrès économique et s'opère à des conditions plus avantageuses que
les transactions commerciales ordinaires.

Elle se présente sous plusieurs formes :


Aide humanitaire : Pour les situations d'urgence: aide alimentaire et médicale destinée à une période de
transition due à une catastrophe ou une situation exceptionnelle.
Assistance technique : Mettre à disposition des pays en voie de développement des techniciens et des experts
pour organiser des projets ou former des indigènes. L'instruction peut aussi se faire directement dans un pays
industrialisé (bourse).
Aide financière : On procure des capitaux pour financer les investissements. Elle peut êtrepublique ou privée,
bilatérale ou multilatérale, à fonds perdu ou remboursable, àtaux d'intérêts très bas et durée de prêt très longue.

d- Le modèle du FMI : le Programme d’Ajustement Structurel (PAS)


Ensemble de mesures économiques destinées à résorber les balances déficitaires des pays membres du FMI
et de remettre ces pays sur une ligne ou trajectoire durable, i.e donner une chance aux économies de rester aussi
longtemps avec une BC équilibrée sans recours à d’autres politiques de stabilisation.
Deux grandes mesures sont utilisées à cet effet :
- La stabilisation : politique de CT ;
- La restructuration et ajustement : politique de LT

La stabilisation vise la résorption du déficit budgétaire, du déficit des comptes courants de la balance
des paiements et la stabilité des prix. La réduction du déficit budgétaire se fait par une réduction drastique des
dépenses publiques, tandis que d'autres mesures de compression de la demande, partant sur le blocage ou la
réduction des salaires, le plafonnement et le renchérissement du coût du crédit sont arrêtées. L'argument est
que les difficultés des économies africaines proviendraient d'un excès de la demande alimenté principalement
par le gonflement des dépenses publiques et d'un excès de création monétaire.

Dès lors, pour le FMI et la Banque Mondiale, la solution consiste à réduire sensiblement la demande et
la création monétaire.

L'ajustement structurel va consister à modifier la structure des incitations, la parité de la monnaie


(dévaluation) en vue de renforcer les capacités d'exportation et favoriser la production de biens échangeables
(exportables et/ou importables). Des mesures additionnelles telles que la libéralisation de certains marchés
domestiques, la privatisation ou la restructuration d'entreprises publiques, sont en général prises pour
améliorer la productivité et l'efficacité économique. Il est généralement postulé par les défenseurs de ces
mesures d'ajustement structurel, que la régulation par le marché est le plus efficace et que le secteur privé est
concurrentiel et plus dynamique que le secteur public. C'est pourquoi selon eux en modifiant l'allocation des
ressources au bénéfice des biens échangeables et du secteur privé, l'on accroîtrait l'efficacité et la
compétitivité des économies sous l'ajustement.

Les PAS ont eu des conséquences tant positives que négatives, tant sur le niveau économique et ses
politiques de développement que sur la population.

Au titre du niveau économique et des politiques de développement, les PAS n'ont pas pu apporter ou
du moins n'ont pas atteint les objectifs qu'ils s'étaient assignés. Dans la mesure où, les PED dépendant tout au
long de la crise économique, de l'aide et des appuis des institutions de BrettonWoods, s'est vu obliger
d'adapter sa politique de développement et de suivre continuellement les PAS. Ces programmes sont
caractérisés dans leur application par une crispation [Link]'augmentation de la répression syndicale et
politique et par la paupérisation d'une grande partie de la population. Cette paupérisation s'explique par le fait
du licenciement massif des travailleurs de certaines entreprises dû à la faillite et à la fermeture de certaines
entreprises, du refus d'investissements de certains bailleurs de fonds.
-

Après presque une décennie de crise économique provoquée par la baisse concomitante des cours des
produits tropicaux et du Dollar, certains pays ont retrouvé le chemin de la croissance depuis 1996 et cela est dû
à la dévaluation du franc CFA, et les mesures d'austérité qui l'ont accompagné. Ces éléments conjoncturels ont
permit une forte reprise de l'activité économique. En effet la dévaluation a permit le retour d'un dynamisme
interne. Trois ans après les changements de parité ; changement de parité qui permit de résoudre le manque
de compétition extérieur des produits sur les marchés internationaux, le développement de l'effort à
l'exportation et l'amélioration de la balance courante des cultures pérennes, l'effectivité élevé de la
dévaluation, satisfait la première condition du succès de l'opération monétaire. Il faut noter que la dévaluation
de 1994 est une conséquence des PAS du type nouveau qui est caractérisé par une sectorisation de ses
programmes. On a entre autre les PAS pour le secteur agricole, pour le secteur financier, sur ce point les PAS
ont permit à plusieurs établissement financiers de voir le jour tel que la COOPEC et bien d'autres, enfin les PAS
pour le secteur de l'éducation et la formation professionnelle, ce qui a permit aux Etats des PED de bénéficier
d'un concours financier international plus élevé et une annulation de 50% de sa dette et des arriérés de
paiement. Mais nous nous sommes rendus très vite compte que les PAS n'étaient que illusion dans la mesure
où les État ont rembourse en fait plus, puisque les PAS n'ont pas permit d'améliorer ou du moins de réduire le
remboursement des prêts des institutions de Brettons Woods, ce qui crée des relations orageuses entre ces
institutions et les Etats africains.

Constats : L'avènement des PAS visant à améliorer notre économie et surtout nos conditions de vie a plus
tôt échoué. Dans la mesure où, le problème de la dette extérieur persiste, le taux de chômage ne fait
qu'augmenter d'années en années, ce qui accroît certains vices tels que le banditisme, la prostitution,
l'alcoolisme, etc...Sur le plan de l'éducation, les PAS demandant au gouvernement de réduire les dépenses
publics hors éducation et santé, l'État voulant enrichir sa bourgeoisie politico administrative au lieu de respecter
les exigences du PAS vont plus tôt négligé le système éducatif et les structures qui y vont de paire, cela
s'explique par le manque d'équipements pédagogique de base, la demande dépasse à peine les capacités
d'offre, ce qui entraîne un effectif pléthorique des élèves dans les écoles publiques. De plus, on constate une
inadéquation entre la formation et le marché de l'emploi qui s'était par ailleurs rétréci.

3- Les étapes du développement et de la croissance économique


L’économiste W. Rostow propose 5 phases par lesquelles toute nation passe. Chaque étape est ensemble
de structure qui correspond à un certain mode de vie.

i- Société agricole et artisanale traditionnelle : Etat stationnaire. La structure de l'économie est


primitive. La technique est rudimentaire. Les activités agricoles sont prédominantes. Sans apport
avec l’extérieur, la croissance n'est pas possible.
ii- Préparation du développement : Phase transitoire: les conditions préalables au développement
sont réunies. L'économie doit s'ouvrir au progrès technique. Société dualiste: secteur primitif et
secteur moderne. Les premiers apports de capitaux souvent d'origine externe.
iii- Décollage « Take off » : Point de non-retour. La société engage définitivement le processus de la
croissance. Taux élevé d'investissements, industrialisation orientée vers des secteurs à forte
croissance mise en place des structures politiques et sociales. Le taux de croissance augmente.
iv- Marche vers la maturité : Phase de croissance rapide, avec taux très élevé d'investissements.
Application systématique du progrès technique. Diversification des activités industrielles et du
développement des activités tertiaires.
v- Société de consommation de masse : Situation ultime. Production en grandes quantités.
Importance des biens de consommation durable. Prédominance du secteur tertiaire.
-

Chapitre 9- Inégalités sociales

 Objectifs :Ce chapitre permet donc de répondre aux deux questions :Comment analyser les inégalités
? Comment les expliquer ?
Il s’agira de déterminer les principales formes d’inégalités en distinguant clairementinégalités
économiques (principalement celles des revenus et du patrimoine) et inégalitéssociales. Il s’agira ensuite de
prendre la mesure des grandes inégalités sociales :inégalités culturelles, inégalités scolaires et inégalités de santé
et d’effectuer une comparaison internationale desinégalités économiques et sociales. Enfin, il faudra souligner
le processus cumulatif des inégalités en montrant comment les inégalités font « système », c’est-à-dire comment
elless’entretiennent l’une l’autre ; puis démontrer que les facteurs économiques etsociaux d’inégalités sont
multiples.

Introduction

La théorie économique classique n’intègre pas la question des inégalités. Ni le modèle de la concurrence
pure et parfaite, ni le cadre d’analyse de l’optimum parétien n’examinent le cadre et les modalités des politiques
de redistribution. En effet, dans le premier cas, il appartient au marché et à lui seul de fixer le prix d’équilibre des
facteurs et des biens et des services. Dans le second cas, toute redistribution ayant pour objet d’augmenter
l’utilité marginale d’un agent ou d’une catégorie d’agents au prix d’une diminution de l’utilité marginale d’un
autre agent ou d’une autre catégorie d’agent est exclue par le principe de non comparaison des utilité[Link],
Musgrave inclut la redistribution dans les trois fonctions économiques qu’il attribue à l’État (allocation des
ressources, gestion de la conjoncture, redistribution). Cependant, les politiques d’allocation des ressources et
de correction des inégalités relèvent de deux dimensions différentes : elles sont orthogonales l’une à l’autre. De
fait, les politiques publiques de lutte contre les inégalités ont été pensées pour l’essentiel dans la sphère sociale
plus que dans la sphère économique. En outre, lorsqu’elles ont commencé d’être pensées dans la sphère
économique, ces politiques l’ont été jusqu’à ces dernières années de façon indépendante et non en relation avec
la question de l’allocation des facteurs.
L’économie s’est alors obligée de s’intéresser à l’étude des inégalités pour trois raisons :
 Premièrement, en présence d’inégalité importante la croissance économique est appelée à
Très important et
s’essouffler (ralentir) très rapidement faute d’une demande insuffisante ; les riches minoritaires
même capital pour
ce chapitre. ayant l’habitude d’épargner l’essentielle de leur économie et les pauvres majoritaires n’ayant
de moyens pour consommer ;
 Deuxièmement, l’inégalité réduit l’effet de la croissance sur la pauvreté, les plus riches
s’accaparant l’essentielle des richesses créées ;
 Troisièmement, l’inégalité expose les pays, particulièrement les PED surtout ceux qui ont une
forte dotation en ressources naturelles (comme le Soudan,..) aux guerres civiles permanentes.
C’est pourquoi nous nous donnons des instruments pour comprendre l’inégalité dans sa globalités à
travers sa mesure, son impact sur le développement et les moyens et politiques pour la supprimer.

I. Définition et mesure des inégalités.


1- La définition d’une inégalité.
L’ « inégalité » mesure une différence relative de situation entre individus au regard, soit de la dotation
d’un facteur (le capital physique, le capital humain), soit du revenu, soit de l’accès à certaines prestations
(qu’elles soient allouées par le marché ou par le secteur public).
2- La mesure des inégalités.
Pour donner une vision des inégalités existant dans une société, il est nécessaire de construire des
indicateurs les reflétant dans les sphères économique, sociale et politique. De nombreux indicateurs ont été
élaborés. Il ne peut s’agir ici de les étudier tous.
 exemples d’inégalités:
-

- Inégalités de revenu.
- Inégalités de patrimoine.
- Inégalités scolaires.
- Inégalités hommes / femmes.
- Inégalités d’accès au logement.
- Inégalités d’accès à l’emploi.
- Inégalités de santé.
- Inégalités de participation à la vie politique.
- Inégalités de consommation.
- Inégalités face à la justice.
- Inégalités écologiques.
- …
Pour chacune de ces inégalités, il faut ensuite choisir un ou plusieurs indicateurs.
1. Les inégalités économiques.
Ces inégalités concernent le revenu et le patrimoine. Toute inégalité doit pouvoir être mesurée mais cette
mesure est délicate. Ainsi, si on veut mesurer les inégalités de revenus, plusieurs questions se posent :
- Quelle population étudiée ? individus ou ménages.
- Quel indicateur faut-il retenir ? salaire, revenu avant impôt, revenu disponible brut…
- Ne faut-il prendre en compte que les revenus monétaires ?
- Quel outil statistique faut-il retenir ? A ce sujet, il faut connaitre les outils de dispersion et de
concentration et bien savoir les interpréter.
La manière d’étudier les inégalités peut donc fortement influencer la perception des inégalités.

II. Les causes des inégalités.


1- Des sources multiples.
L’explication des inégalités économiques, sociales et culturelles peut se fonder sur l’appartenance sociale
des individus, le genre, la génération ou l’origine ethnique.
L’appartenance sociale influence les inégalités économiques. En effet, le niveau des revenus du travail
(les salaires) dépend de la profession exercée, qui elle-même détermine le statut social. Ce niveau de revenu
détermine aussi les revenus du patrimoine. En effet, les inégalités de patrimoine sont liées aux revenus qui
permettent de l’acquérir. Ce patrimoine peut ensuite générer des revenus. Le niveau de vie est donc déterminé
par l’appartenance sociale, mais également par le montant des revenus de transfert lié à la situation financière
des individus ou des ménages.
L’origine socialea des conséquences sur les inégalités économiques, sociales et culturelles. Ainsi, P.
Bourdieu a montré que la transmission d’un capital économique et culturel était un atout majeur pour la réussite
scolaire des enfants. Les pratiques culturelles sont souvent corrélées à l’origine sociales des individus.
Nous avons également souligné que les inégalités hommes/femmes, de générationsexpliquaient en
partie les inégalités de revenus, les inégalités d’insertion sur le marché du travail ainsi que les inégalités quant à
l’utilisation du temps (partage des tâches domestiques).
Il convient ensuite de prendre en compte les inégalités entre générations. Les jeunes, en particulier ceux
issus des couches les moins favorisés de la société, ont été fortement touchés par les transformations de la
société salariale. Les générations qui sont entrées sur le marché du travail au cours des Trente Glorieuses ont
bénéficié, au contraire, de conditions de carrière exceptionnelles. Aujourd’hui, les jeunes en situation de
précarité durable se stabilisent beaucoup plus tardivement sur le marché du travail et certains n’atteignent
jamais les conditions d’une intégration professionnelle assurée.
Nous constatons aussi un accroissement des inégalités selon la nationalité et l’origine ethnique. Les
formes de discrimination à l’égard des immigrés et des personnes d’origine étrangère se sont développées ainsi
que les processus de ségrégation urbaine. Plusieurs causes peuvent expliquer cette situation. Tout d’abord la
situation économique est une première cause. Les jeunes de certaines banlieues sont au chômage et vivent dans
des foyers où la pauvreté est réelle. La concentration de la misère dans ces quartiers renforce le discrédit de ceux
-

qui y vivent. Un autre facteur tient au ressentiment et aux frustrations à l’égard d’un modèle d’intégration sociale
qui ne tient pas ses promesses à l’égard des populations issues de l’immigration. Les formes traditionnelles de
discrimination dans l’accès à l’emploi, au logement et à la santé se sont renforcées.
Le développement de la précarité parmi les salariés dans les années 1980 a fait émerger la
problématique des « nouvelles inégalités » : aux inégalités sociales traditionnelles, entre le haut et le bas de la
hiérarchie salariale, se superposent de nouveaux clivages liés à l’instabilité de l’emploi (cf. la précarité de
l’emploi).
Une inégalité peut donc résulter de causes multiples. Ainsi, les inégalités de santé peuvent s’expliquer
par les revenus, par les conditions mais aussi par un rapport au corps différents selon les milieux sociaux.

2- Des inégalités cumulatives.


Nous avons souligné que les inégalités étaient économiques mais aussi sociales. Souvent, ces différentes
inégalités se cumulent et ont alors tendance à former un cercle vicieux. Certaines inégalités sont donc fortement
explicatives d’autres inégalités. Ainsi, si les revenus sont peu élevés alors l’accès à une formation supérieure
devient plus difficile (conséquences sur le chômage et l’emploi), de même en ce qui concerne l’accès aux soins
et à une nourriture plus équilibrée (conséquences sur l’espérance de vie), l’accès au logement (surface habitable,
vétusté du logement, environnement plus ou moins pollué…)ou encore aux pratiques culturelles. Les inégalités
de revenus jouent donc un rôle essentiel dans les inégalités des pratiques (consommation, épargne, face à
l’école…).
Ce cumul des inégalités entraine alors un processus de renforcement des handicaps dans une
population donnée (par exemple, les ouvriers) ou au contraire des atouts (par exemple, les cadres).
Cet aspect cumulatif des inégalités est aussi renforcé, au Cameroun, par une certaine faiblesse de la
mixité sociale, mais aussi par le phénomène de l’homogamie. Ainsi, les groupes sociaux socialement et
culturellement proches vivent au sein des mêmes espaces géographiques et ont tendance à créer des familles
dans lesquelles les deux parents sont issus de milieux sociaux et culturels proches.

V- Quelles politiques économiques de gestion des inégalités ?


La théorie économique a longtemps considéré la question des inégalités comme un espace orthogonal à
celui de l’efficience dans lequel elle se situe. Toutefois, le développement des analyses en termes d’externalités
a fait progressivement rentrer les inégalités dans le champ de l’analyse économique.L’analyse économique des
inégalités doit être complétée par l’analyse de l’efficience des mesures de politique économiques qui visent à les
réduire.

1. Les inégalités engendrent des coûts économiques


Les inégalités ne sont pas seulement contestables d’un point de vue social ou politique. Elles sont également
à l’origine de coûts économiques.

a- Les inégalités engendrent des externalités négatives


La croissance des inégalités induit un certain nombre d’effets externes qui se répercutent de façon négative
sur la contribution de chacun des facteurs de production au niveau de croissance potentielle.
- Le facteur travail :
Dans la mesure où elles se traduisent par un très faible pouvoir d’achat des salaires les plus bas, les inégalités
salariales affectent la productivité de la main d’œuvre à travers d’une part l’augmentation des taux
d’absentéisme et, d’autre part, le faible développement du capital humain. On observe en effet une très forte
corrélation entre le niveau de salaire et le taux d’absentéisme.
Cette relation tient à plusieurs facteurs :la faible incitation à la rigueur professionnelle ; l’accroissement des
difficultés des salariés à résoudre rapidement les problèmes du quotidien (garde des enfants, aléas sur les temps
de transport…), la nécessité de développement d’autres sources de revenu, que ce soit sous forme monétaire
(travail au noir) ou non ; dans des cas extrêmes, la dégradation de l’état de santé liée à la misère et/ou aux
pathologies du comportement (alcoolisme etc.). De la même façon, des salaires réels trop faibles conduisent les
salariés à allonger leur horaire de travail et ne permettent pas aux salariés de développer leur capital humain.
-

- Le facteur capital :
Lorsqu’elles deviennent très importantes, les inégalités accroissent la délinquance et le niveau d’insécurité.
En termes économiques, l’augmentation des dépenses de sécurité, qu’elles soient privées ou publiques,
renchérissent les coûts de production (dans le cas des dépenses de fonctionnement) et abaissent la productivité
marginale du capital (dans le cas des dépenses d’investissement, puisque ces investissements ne permettent que
de maintenir constante la production).

b- Les inégalités ont également un effet négatif en termes d’efficience statique


Un niveau élevé d’inégalité réduit la mobilité sociale en enfermant les déciles inférieurs dans une trappe à
pauvreté. Une faible mobilité sociale conduit à une utilisation sous optimale du capital humain (les dons et les
aptitudes des individus bloqués dans la trappe se sont pas révélés et pas utilisés).
En outre, une trop faible mobilité sociale affecte le dynamisme de l’économie, en réduisant les incitations à
la création d’entreprise et à l’innovation. En définitive, des inégalités trop fortes pèsent sur l’allocation des
ressources en capital financier et humain.

c- Les mesures de correction des inégalités peuvent être à l’origine d’effets perversimportants.
Il existe deux leviers fondamentaux de réduction des inégalités : par la modification des mécanismes
d’allocation des ressources du marché par le biais de transferts et/ou de modification du système de prix et par
la fiscalité.
 les coûts de la redistribution directe
La redistribution directe n’est envisageable que dans un système où les facteurs ou les différentes catégories
de main d’œuvre ne sont que très imparfaitement substituables. Dans le cas contraire, la redistribution ne réduit
pas les inégalités mais transforme leur nature : la réduction des inégalités entre la rémunération du travail et du
capital ou entre travail qualifié et travail non qualifié se paie d’une augmentation du chômage (par substitution
du capital au travail ou/et du travail qualifié au travail non qualifié). Traditionnellement, la redistribution directe,
par exemple sous la forme d’une politique des revenus, jouissait d’une grande popularité, qu’elle soit pratiquée
par le biais des blocages des prix et des salaires ou par celui de la multiplication des revenus de transfert.

Certaines formes de redistribution directes, comme par exemple le système d’assurances sociales, jouent
parfois à l’envers en raison de certaines de leurs caractéristiques. Ainsi, les systèmes de couverture maladie
généreux profitent pour des raisons sociologiques aux catégories socioprofessionnelles qui, pour des raisons
sociologiques, sollicitent le plus le système de soin. L’assurance vieillesse (régime général) opère également une
redistribution implicite des travailleurs manuels, dont l’espérance de vie est la plus courte, vers les professions
intellectuelles (fonctionnaires et cadres), dont l’espérance de vie est la plus longue.

 Les coûts de la redistribution fiscale


Dans les configurations de substituabilité de facteurs, la redistribution fiscale est préférable. En effet, en
matière salariale par exemple, elle permet de séparer le prix payé par les entreprises du prix reçu par les salariés.
Toutefois, la redistribution fiscale peut induire des coûts désincitatifs qui se traduisent en coûts d’efficience
dynamique. Ces coûts apparaissent lorsque la fiscalité prétend réduire des inégalités qui reflètent des arbitrages
économiques antérieurs (par exemple entre le travail et le loisir) et non des rentes de situation. On parle alors
d’inégalités efficaces. La fiscalité du patrimoine décourage l’accumulation de l’épargne en diminuant son
rendement [Link] fiscalité pesant sur le travail qualifié décourage d’un point de vue quantitatif, l’offre de travail
et, d’un point de vue qualitatif, l’accumulation et l’entretien du capital humain.

3- Les politiques de réduction des inégalités


a- La gamme des politiques de redistribution du revenu
La palette des instruments à la disposition des pouvoirs publics n’est pas limitée à l’alternative
transfertsdirects / fiscalité, on dénombre entres autres :
- des politiques de lutte contre le chômage ;
- des politiques d’assurances sociales (le développement de système de retraites généreux dans les
années 1960 et 1970 a constitué un élément moteur dans la réduction des inégalités,France) ;
- les systèmes d’impôt négatif (earnedtaxcreditaméricain).
-

- …
b- Les politiques de redistribution efficaces
La correction des inégalités peut être inspirée par deux logiques redistributive distinctes :
- La redistribution efficace est fondée à la fois sur une logique économique et sociale. Elle vise à pallier
par une intervention directe une imperfection de marché. Elle permet donc à la fois de se rapprocher
de l’optimalité parétienne en matière d’allocation de ressources et de progresser sur la voie de l’équité.
- La redistribution pure, quant à elle, est fondée sur des considérations de pure justice sociale. Elle vise à
modifier une situation pourtant optimale sur le plan économique afin de redistribuer des richesses des
individus les mieux dotés aux individus les moins bien dotés.

CHAPITRE : - Inflation, Chômage, mutations industrielles : la situation contemporaine.

Section I- L’inflation
L'inflation se définit comme la hausse généralisée et continue des prix. Pour être plus précis, l'inflation
correspond à une augmentation excessive de la masse monétaire par rapport au volume de production.
Les causes de l'inflation sont multiples, les conséquences aussi et les moyens mis en œuvre pour lutter
contre l'inflation n'ont pas toujours été efficaces.

I - Les causes et les origines de l'inflation:


La première cause du phénomène inflationniste tient aux excès ponctuels de demande (DG) par
rapport à l'offre (Demande Globale = consommation + investissements + exportations). Le mode de financement
des investissements peut également être inflationniste (dans la mesure où les taux d'intérêt élevés sont
systématiquement intégrés dans les prix de vente). Ce phénomène est qualifié "d'inflation par la demande."
La deuxième cause d'inflation : l'excès de création monétaire. L'excès de monnaie ou de liquidité se
traduit par une augmentation des encaisses des agents économiques. Cette augmentation entraînera une
augmentation des prix et ce jusqu'à ce que la quantité de monnaie en circulation soit égale à celle de la demande,
c'est la raison pour laquelle les Banques Centrales (Reserve Fédérale ; BCE, BEAC, BECAO…) contrôlent la création
de monnaie par les banques secondaires.
Troisième cause d’inflation : l’augmentation des coûts de production (coût de la main d’œuvre, charges
sociales, matières premières, taux d’intérêts, la valeur de la monnaie). On qualifie ce phénomène "d'inflation
par les coûts."
Tant que les augmentations de salaire accompagnent une hausse de productivité, ce n’est pas
inflationniste.
On précise également d’autres facteurs tels que :
L’offre qui stagne car capacité productive limitée:
- Grève qui peut aussi une incidence.
- L’endettement qui peut provoquer des problèmes d’importation
Les facteurs structurels de l’inflation: cela signifie que les causes inflationnistes sont durables
- Déficit budgétaire: Il faut trouver le financement en augmentant les impôts.
- Les barrières douanières sont inflationnistes.
La spirale inflationniste: L'inflation entraîne une hausse des salaires qui accentue la hausse des prix etc...
Comment la casser?
- Blocage des salaires et des prix, mais au déblocage ça repart.
- Blocage et désindexer la hausse des salaires sur la hausse des prix.
-

- Déflation: baisse du niveau général des prix.


- Désinflation: Réduction de la hausse des prix.
- Stagflation: Situation où il y a une très forte inflation et fort taux de chômage. (caractéristique de la situation
du début des années 70 - 1973 après le premier choc pétrolier pour être plus précis). Le phénomène de
stagflation remet en cause les théories de PHILLIPS qui établissaient une relation entre le taux de chômage et le
taux d'inflation. Le chômage baisse lorsque l'inflation monte et vice versa. La courbe de Phillips est remise en
cause depuis les années 70 au cours desquelles il a été observé qu'un niveau élevé d'inflation n'était pas
incompatible avec une augmentation du taux de chômage.

Aujourd’hui, c’est la déflation qui nous fait peur et c’est vrai au niveau mondial. La déflation, c’est plus
grave que l’inflation.

I- Les conséquences de l’inflation:


Il faut mesurer les conséquences sur les ménages et sur les entreprises.
Pour les ménages :
Les ménages peuvent être perdants si les salaires ne suivent pas la hausse. En période inflationniste, il faut
emprunter car l'inflation allège les charges de remboursements des prêts. Une inflation modérée et soutenue
peut donc stimuler le crédit donc les investissements et la consommation des ménages. L'inflation n'est donc
pas toujours une "maladie ". D'ailleurs la période des 30 glorieuses se caractérisait par une inflation régulière.
Les plus touchés par l’inflation sont les ménages à faibles revenus et les rentiers.
Pour les entreprises:
- Conséquence sur les exportations des entreprises moins compétitives : dévaluation de la monnaie.
- Cela permet aux entreprises non rentables de subsister, mais cela es un peu dangereux à long terme car pouvant
entraîner potentiellement la disparition de certaines entreprises donc une augmentation du chômage.
- En période d’inflation, les entreprises négligent le progrès technique.
- L’inflation déforme la structure des prix.

II - Les moyens de lutte contre l’inflation


- La plus rapide à mettre en place, c’est la politique monétaire, qui va avoir pour objectif de limiter la création
monétaire (réduction des liquidités de l’économie)
* Moyens directs: politique de taux d’intérêt
* Moyens indirects: Encadrement du crédit.
Généralement, elle est relativement efficace contre l’inflation.

- Mise en œuvre d’une politique budgétaire (augmentation des impôts, diminution des dépenses de l’état). Il
s'agit ici de limiter la demande globale.
- Politique des prix, cela peut aller d’un contrôle des prix au blocage des prix. Une politique de blocage des prix
risque de manquer d'efficacité en raison de son action limitée aux effets mais inopérante sur les causes.
-

- Politique des revenus: Il s'agit d'une politique extrême consistant à bloquer les revenus. Notons la difficulté à
mettre en œuvre ce type de politique en raison de l'impopularité qu'elle implique.

Section II – Le chômage
On se pose la question de savoir comment expliquer le chômage ? Est-ce la population active qui augmente
trop vite ?
Le chômage : une population active supérieure à l'emploi.
Au niveau d’une économie nationale, le chômage apparaît lorsque la population active est supérieure à la
population active occupée ou au nombre d’emplois. En d’autres termes, il y a du chômage lorsque l’offre
d’emplois des entreprises est inférieure à la demande d’emplois des salariés.
Pour certains, c’est du côté de la population active qu’il faut trouver les causes du chômage. La population
active est un stock de personnes qui disposent d’un emploi ou en cherche un. Son augmentation dépend de trois
facteurs :
 Les flux démographiques : la population active augmente rapidement lorsque les générations « pleines
» du baby boom (1945-1965) sont entrées peu à peu sur le marché du travail pour remplacer les
générations « creuses » de l’entre-deux-guerres.
 Les flux migratoires : la population active augmente lorsque l’immigration (entrée de personnes nées
hors du Cameroun sur le territoire national) devient supérieure à l’émigration (sortie du territoire de
personnes résidentes au Cameroun).
 Les facteurs sociologiques : trois éléments ont joué en sens inverse sur les variations de la population
active :

L’activité féminine : à la fin des années 60, le modèle de la femme au foyer est devenu obsolète.
Etre à mesure de Les femmes se sont dirigées massivement vers le marché du travail ce qui a fait augmenter la
nuancer ces population active.
concepts L’activité des jeunes : en sens inverse, les jeunes ont retardé leur entrée dans l’emploi pour
poursuivre leurs études, ce qui a diminué l’augmentation de la population active.
L’activité des seniors : de même, l’abaissement de l’âge de la retraite en 1982 et le
développement des préretraites ont joué à la baisse de la population active.

I- Le concept de chômage :
A) La mesure du chômage :
L’INS comptabilise les demandes non satisfaites en fin de mois. Il faut être :
- sans emploi mais une activité réduite est admise
- être disponible pour travailler
- être inscrit sur les listes de l’INS comme demandeur d’emploi à temps plein et à durée
indéterminée.
Le Bureau International du Travail retient comme chômeurs les personnes qui répondent à trois critères :

- elles sont sans emploi et n’ont pas travaillé, ne serait-ce qu’une heure au cours de la semaine de
référence.
- elles sont disponibles dans les 15 jours
- elles cherchent activement un emploi.
B) Les différentes sortes de chômage :
Il existe plusieurs formes de chômage :

 Le chômage frictionnel : il est lié aux mouvements de la main d’œuvre changeant d’entreprise ou
de région (problèmes de mobilité professionnelle et géographique).
 Le chômage structurel : il résulte de l’inadéquation des qualifications recherchées par les
entreprises et de celles détenues par les chômeurs.
 Le chômage conjoncturel : il est lié à un ralentissement temporaire de l’activité. Le chômage
cyclique est un chômage qui augmente en période de ralentissement économique et qui diminue
en période de prospérité.
 Le chômage technologique : il résulte d’innovations permettant d’économiser de la main d’œuvre
(substitution du capital au travail).
-

 Le chômage cyclique : C'est un chômage qui fluctue avec les différentes périodes des cycles
économiques.
II- Les causes et les conséquences du chômage
A) Les causes du chômage :
1) Le volume de la population active :
Les facteurs influençant le volume de la population active sont :
- le nombre de jeunes arrivant sur le marché du travail ;
- le nombre de personnes qui partent à la retraite ;
- l’évolution du taux d’activité féminin ;
- le solde migratoire ;
- …
2) L’évolution de la technologie :
L’automatisation et l’informatisation entraînent des suppressions d’emplois dans certains secteurs (ex :
industrie automobile) mais créent des emplois hautement qualifiés dans d’autres secteurs (ex : informatique,
robotique).

3) L’impact de la croissance :
La croissance peut se réaliser avec des créations d’emplois mais également grâce à des gains de
productivité sans besoin de création d’emplois nouveaux.
4) Les rigidités et imperfections du marché du travail :
Pour Alain Greenspan, le manque de flexibilité du marché du travail expliquerait le niveau élevé du
chômage européen par rapport à celui des Etats-Unis.
Au Cameroun par exemple, on doit constater la rigidité des salaires à la baisse et le poids des contraintes
juridiques de la législation du travail.
B) Les conséquences du chômage :
1) l’inégalité devant le chômage :
- le chômage touche davantage les jeunes de moins de 25 ans
- il frappe davantage les non-diplômés et beaucoup moins les diplômés de l’enseignement
supérieur
- les ouvriers et les employés ont un taux de chômage deux fois plus élevé que les cadres et
professions intermédiaires.
2) les conséquences économiques et sociales du chômage :
Le chômage entraîne une baisse de la consommation qui fragilise les entreprises qui peuvent être
amenées à licencier.
Le chômage a tendance à dégrader les déficits publics (versement d’allocations aux chômeurs…).
Le chômage engendre l’exclusion, la précarité (difficulté de payer son loyer, de retrouver un emploi).
III- Les politiques de l’emploi
La politique de l’emploi agit sur le fonctionnement du marché du travail, c’est-à-dire sur l’offre et la demande
de travail.
A) Les politiques passives de lutte contre le chômage : (traitement social du chômage)
 La politique d’indemnisation du chômage
 Les mesures visant à réduire la population active (préretraites, stages de formation,).
B) Les politiques actives de lutte contre le chômage : (traitement économique du chômage)
 Le partage du travail (réduction de la durée du travail, départs anticipés à la retraite)
 La flexibilité du travail (annualisation du temps de travail, temps partiel, individualisation des
salaires…)
 La baisse du coût du travail (réduction des charges fiscales et sociales des entreprises)
 Les politiques de création d’emplois (contrats aidés : contrat d’avenir, contrat
d’accompagnement vers l’emploi, subventions à l’embauche, emplois publics, développement
des services à la personne…)
 La politique de formation professionnelle.

Synthèse :
1- Est-il plus dangereux d’avoir de l’inflation ou du chômage?
-

L’inflation amènera à terme le chômage et pas inversement. Donc il ne faut pas négliger la lutte de
l’inflation contre la lutte du chômage. Le chômage, c’est la résultante de l’économie. Attention : comme il a été
souligné plus haut - l'interactivité entre l'inflation et le chômage est aujourd'hui totalement remise en cause en
raison de l'apparition de la stagflation dans les années 1970.

2- Est-ce qu’il est possible de lutter efficacement à la fois contre l’inflation et contre le chômage?
On ne peut pas lutter contre l’inflation sans augmenter le chômage et inversement. Il est très difficile
de jouer sur les deux en même temps. On ne peut pas lutter efficacement contre l’un ou l’autre. Pour lutter
contre le chômage il faut une politique européenne. Or l'Europe sociale n'en est qu'à ses premiers pas.

Chapitre 12- Les enjeux du développement et de la mondialisation

I- Les stratégies internationales des entreprises.

Les entreprises sont un des acteurs essentiels de la mondialisation de l'économie. Ce n'est pas sans
poser des questions, nous le verrons, en particulier aux Etats nationaux. Mais il faut souligner que si les
firmes transnationales sont le vecteur principal de la mondialisation, elles ne la maîtrisent pas forcément. La
question qui va être posée dans cette partie du cours sera donc, finalement, celle de la régulation, comme on
vient déjà de le voir à la fin de la première partie du [Link] verrons d'abord ce que sont les firmes
transnationales (que l'on abrège souvent en FTN ou FMN) et comment elles contribuent au développement
des échanges internationaux. Nous présenterons ensuite quelles sont les stratégies que peuvent développer
les firmes transnationales pour profiter au mieux (de leur point de vue, évidemment, ce qui est normal) de la
mondialisation. Enfin, nous discuterons des questions qui se posent au niveau national du fait du
développement des firmes transnationales.

2.1 - Firmes transnationales et développement des échanges internationaux.

Avant de voir comment le développement des firmes transnationales suscite le développement des
échanges internationaux, nous allons définir ce que l'on appelle firme transnationale (ou aussi «
multinationale », mais on utilise de moins en moins cette appellation).

2.1.1 - Qu'est-ce qu'une firme transnationale ?

On peut dire que c'est une entreprise (pas forcément industrielle, mais aussi de services, par
exemple une banque) qui a le monde comme champ d'activité. Elle ne se limite jamais à un espace national
précis et délimité. Même si elle n'est pas forcément active dans toutes les parties du monde, elle ne s'interdit
jamais de le devenir, si cela correspond à sa stratégie.C'est une entreprise dont le produit est vendu dans
plusieurs pays, mais surtout fabriqué dans plusieurs pays: le processus de production est divisé, réparti,
entre les pays en fonction des avantages propres à chaque espace national de manière à ce que, au total,
l'entreprise fabrique son produit de manière avantageuse, en gardant la maîtrise de l'ensemble du
processus. C'est ce que l'on appelle la DIPP (division internationale du processus productif).

Une entreprise qui se contente d'exporter (même en grande quantité) ne peut être considérée
comme une firme transnationale. Il n'y a donc pas de taille minimale pour être considérée comme une firme
transnationale. L'essentiel est que le processus de production soit réparti sur plusieurs espaces nationaux.
C'est donc la logique de gestion de l'entreprise qui définit la firme transnationale. Cela ne signifie
cependant pas que les firmes transnationales soient « sans nationalité ». Toutes les firmes ont une histoire,
une culture d'entreprise, marquées par les origines nationales et elles ne peuvent les renier.

Une firme transnationale est en général constituée d'une maison mère et de filiales dont le capital
est détenu, en totalité ou en partie, par la maison mère. Le réseau de participations financières est en général
extrêmement complexe, parfois opaque. Il faut ajouter à ces entreprises reliées financièrement un ensemble
d'entreprises sous-traitantes, juridiquement indépendantes mais économiquement dépendantes.
-

Les plus grandes firmes transnationales sont américaines et vous en connaissez un certain nombre
(Google, Nike, par exemple) mais il y a aussi des firmes transnationales françaises, chinoise…

2.1.2 - Firmes transnationales et développement des échanges.

Par leurs activités, de manière presque mécanique, le développement des firmes transnationales
engendre le développement des échanges internationaux. Mais ce développement n'est pas sans
conséquence sur la lisibilité des échanges internationaux.

 Le mécanisme : le nombre et la taille des firmes transnationales se sont considérablement


développés depuis le début des années 60, et le mouvement continue grâce à de gigantesques
opérations de fusion-acquisition. Quels effets cela a-t-il sur les échanges internationaux ?

Les firmes transnationales vont beaucoup échanger au niveau international : soit elles entrent en relation
avec leurs clients et/ou leurs fournisseurs qui sont répartis dans le monde entier, soit elles s'échangent, entre
filiales de la même multinationale, des produits en cours de fabrication, ce sont les échanges intra-firmes. Par
exemple, Renault fabrique les moteurs de la Twingo en Espagne ; ensuite, l'entreprise les importe pour les
monter sur les châssis fabriqués en France ; enfin, elle exporte des Twingo pour satisfaire le marché espagnol.
Le moteur passe donc deux fois la frontière. Certains composants peuvent passer ainsi 4 ou 5 fois des frontières
avant que le produit ne soit finalement vendu.
Les échanges intra-firmes sont aujourd'hui extrêmement importants puisqu'on estime que le commerce
intra-firme (échanges entre filiales d'un même groupe ou entre les filiales et la maison-mère) représente au
moins le tiers environ du commerce mondial. On voit donc que l'activité des firmes transnationales gonfle le
volume du commerce mondial.

 En même temps, elle en sort une grosse partie de la logique marchande : en effet rien n'oblige les
firmes transnationales à pratiquer les prix du marché ou à accepter la concurrence pour leurs
échanges intra-firmes. Le prix d'échange résulte de calculs d'optimisation au niveau de la firme
globale. De ce fait, on ne sait pas très bien quelle signification donner aux flux résultant de ces
échanges intra-firmes.
 Si on ajoute aux échanges intra-firme les échanges où l'un des co-contractants au moins est une
firme multinationale, ce sont 92% des échanges mondiaux qui sont concernés. On voit que la
mondialisation ne saurait se passer des firmes [Link] observe également le
développement de réseaux d'entreprises : les firmes transnationales, au lieu de continuer à
augmenter le nombre de leurs filiales en rachetant ou en créant des entreprises à l'étranger, se
contentent de conclure des contrats avec des entreprises partenaires à l'étranger.

Constat : L'intérêt des firmes transnationales est qu'aucune règle n'entrave leurs échanges de
marchandises ou de capitaux, d'où la revendication d'un libre-échange total, même si, quand cela les arrange,
les firmes transnationales sauront très bien agir en groupes de pression sur les Etats pour obtenir des mesures
protectionnistes. On voit donc qu'à la fois les FMN ont profité du libre-échange pour se développer et
qu'elles en sont aussi le promoteur car elles y ont intérêt.

2.2 - Firmes transnationales et stratégie mondiale.

Les firmes transnationales ont une stratégie réfléchie à l'échelle du monde et non plus à l'échelle de
l'espace national, on l'a dit en les définissant. Qu'est-ce que cela change ? Comment cela se traduit-il dans la
réalité ? Répondre à ces questions va nous amener à présenter certains aspects de la mondialisation de
l'économie.

Les firmes transnationales sont, comme toutes les entreprises dans une économie de marché, à la
recherche du profit maximum. Elles construisent leur stratégie pour atteindre cet objectif à l'échelle
mondiale où elles se retrouvent en concurrence les unes avec les autres.
-

Elles sont confrontées à deux problèmes que doivent prendre en compte leurs stratégies :

 d'une part, une exigence de rentabilité de plus en plus pressante en provenance de leur
actionnariat de plus en plus internationalisé.
 d'autre part, une concurrence par les prix de plus en plus intense car toutes les firmes
exploitent au mieux les avantages comparatifs des différents pays et essaient de développer
leur taille pour bénéficier au maximum des économies d'échelle.

Face à ces deux exigences, il y a deux stratégies possibles. Soit affronter la concurrence par les prix
et donc chercher à comprimer les coûts de production, cela amène l'entreprise à investir à l'étranger. Soit
fuir, en quelque sorte, la concurrence par les prix, ce qui amène l'entreprise à rechercher la différenciation
des produits fabriqués. La concurrence impose donc aux firmes transnationales d'être compétitives. Avant de
présenter les deux sortes de stratégies possibles, nous présenterons ce que l'on appelle compétitivité.

2.2.1 - Qu'est-ce que la compétitivité ?

La compétitivité, c'est la capacité à résister à la concurrence. Cette compétitivité se construit sur


deux plans :

 La compétitivité-prix : les entreprises cherchent alors à agir sur leurs prix de manière à avoir un prix
inférieur à celui de leurs concurrents, espérant ainsi que les consommateurs achèteront leur
production de préférence à celle de leurs concurrents.
 La compétitivité structurelle ou hors-prix : les entreprises cherchent alors à agir sur les
caractéristiques du produit, caractéristiques capables de le faire vendre malgré un prix relativement
plus élevé que celui des concurrents. On peut penser par exemple à l'image de marque, à la fiabilité
(réelle ou supposée, cela n'a guère d'importance pourvu que les consommateurs y croient), au réseau
de service après-vente. La compétitivité structurelle peut dépendre aussi de la qualité de la main
d'œuvre, de la qualité des infrastructures collectives (communication, transports, etc).

2.2.2 - Améliorer la compétitivité-prix grâce aux Investissements directs à l'étranger (I.D.E.).

[Link] - Définition des I.D.E.

Les IDE sont des mouvements de capitaux qui permettent soit de créer une unité de production à
l'étranger, soit d'en acheter une, qui existe déjà, à l'étranger(acquisition).

On parlera des IDE si une entreprise détient au moins 10% des capitaux à l’étranger dans une autre
entreprise, ceci selon le F.M.I. Sinon les flux seront comptabilisés dans la BP comme investissements de
portefeuilleet on considèrera que ces capitaux ne correspondent pas à une logique de production mais à une
logique de placement.

[Link] - Les caractéristiques des I.D.E.

Nous allons parler ici d'abord de l'évolution du montant des I.D.E., ensuite de leur destination.

 Depuis le début des années 1980, on observe une explosion du montant des I.D.E. et donc du stock
de capital contrôlé par des firmes étrangères dans les pays. En montant, les I.D.E. ont été multipliés
par plus de 100 entre le début des années 1970 et 2000 (la source des chiffres donnés ici est la CNUCED
dans sa base de données sur les I.D.E.). Le stock des I.D.E. représentait 6.5% du P.I.B. mondial en 1985,
il en représente 17% en 2000, près de 3 fois plus. On peut vraiment parler d'explosion.
-

 Aujourd'hui, les I.D.E. sont pour l'essentiel des investissements croisés entre pays industrialisés,
c'est-à-dire que ceux-ci sont à la fois les investisseurs et les investis, si l'on peut dire ! A la fin des
années 1990, les pays industrialisés sont à l'origine de 95% des I.D.E. et en reçoivent plus de 70%.
C'est dire à quel point les autres pays sont laissés à l'écart. Il faut cependant encore noter que parmi
les pays destinataires autres que les pays industrialisés, les flux se concentrent sur quelques pays
seulement : essentiellement les pays asiatiques où la croissance économique est rapide et certains
pays latino-américains. Les pays africains par exemple sont complètement à l'écart de ces flux
d'I.D.E.
 Cette explosion des I.D.E., caractéristique des vingt dernières années, s'est fait dans un contexte
éminemment favorable, celui de la globalisation financière que nous avons déjà présentée. Ce n'est
évidemment pas un hasard si les deux phénomènes se passent en même temps. La libéralisation des
mouvements de capitaux a rendu possible l'explosion des I.D.E. et il est difficile de savoir la mesure
dans laquelle les firmes transnationales sont à l'origine du processus de globalisation financière. Il est
clair en tout cas qu'elles le réclamaient.

[Link] - I.D.E. et Division internationale du travail.

Les I.D.E. développent des entreprises dans certains pays et pas dans d'autres. Ils contribuent à
spécialiser les économies des pays dans certains types de production. Ainsi, si plusieurs firmes
transnationales viennent investir dans les industries manufacturières d'un pays parce que la main d'œuvre
est peu coûteuse et la législation favorable aux entreprises, on peut penser que ce pays va être spécialisé
dans ce type de production.

 Avantages et inconvénients de la présence des FMN

Du point de vue du pays accueillant les I.D.E., cela peut être considéré comme un avantage, au
moins à court terme. Mais il ne faut pas négliger les risques liés à ce type d'investissement : le pays peut
rester cantonné à certaines activités, il peut surtout être soumis à la volonté des firmes transnationales ayant
investi dans le pays, ce qui n'est pas non plus sans danger. Les pays asiatiques qui ont bénéficié des I.D.E. ont
su pour certains les mettre au service de leur développement intérieur. L'Etat a pour cela encadré très
strictement les I.D.E.

Du point de vue des pays à l'origine des I.D.E., ces investissements posent deux questions liées : la
désindustrialisation (car les industries sont transférées dans des pays où les conditions de production sont
moins coûteuses) et les effets des délocalisations sur l'emploi et le tissu productif. Globalement, on observe
donc une fragmentation de plus en plus poussée des processus productifs, pour l'industrie évidemment,
mais aujourd'hui de plus en plus pour certains services (banques ou assurances, services informatiques, etc.).

Au total, l'I.D.E. permet aux firmes transnationales de produire à moindre coût et d'aborder les
marchés nationaux dans de bonnes conditions. C'est évidemment un élément essentiel et c'est le premier
aspect de la stratégie des firmes transnationales face aux échanges internationaux et face à leurs
concurrents. Mais leur stratégie est en général composée d'un deuxième aspect visant à résister à la
concurrence en déplaçant le problème.

2.2.3 - Améliorer la compétitivité hors-prix par la différenciation des produits.

Les FTN pour résister à la concurrence par les prix vont développer leur compétitivité hors-prix.
Comment ?

 Les firmes transnationales vont chercher à différencier leurs produits de ceux de leurs concurrents. La
différenciation des produits permet à l'entreprise d'apparaître comme la seule fabriquant ce produit,
de détenir donc un monopole, limité certes (à un produit très précis et sur une période probablement
courte) mais un monopole quand même, qui permet donc à l'entreprise d'engranger des profits
substantiels. La stratégie de différenciation des produits impose des investissements en recherche-
-

développement importants : il faut innover, autant sur le plan des caractéristiques techniques des
produits que sur les méthodes de commercialisation et de présentation des produits.
 La différenciation des produits s'accompagne, sur le plan technique, de la nécessité d'une grande
souplesse des outils de production et des circuits de distribution, de manière à être le plus réactifs
possibles aux transformations du marché (effets de mode, par exemple). Elle répond aux désirs des
consommateurs de se différencier des autres consommateurs. Elle permet d'apporter une réponse
aux impératifs de la compétitivité en déplaçant le problème : si l'on fabrique un produit différent de
ceux fabriqués par les autres producteurs, on échappe (souvent très momentanément) aux impératifs
de la compétitivité.
2.3 - Firmes transnationales et Nations.

Les stratégies de développement des firmes transnationales posent de nombreuses questions. Nous
en avons retenues trois ici : la question des délocalisations et de leurs effets sur l'emploi dans les pays
développés, la question des effets des I.D.E. sur le développement dans les pays pauvres, enfin la question du
poids des firmes transnationales sur les politiques des Etats.

2.3.1 - Firmes transnationales, délocalisations et emploi dans les pays développés.

En menant leur stratégie de localisation en fonction de leurs intérêts (c'est-à-dire en maximisant leur
profit), les firmes transnationales menacent-elles l'emploi dans les pays développés ? C'est une affirmation
que vous avez sans doute souvent entendue et qui mérite un examen. La question posée ne porte pas que
sur le nombre des emplois, elle porte aussi sur le creusement des inégalités générées par les modifications
quantitatives et qualitatives des emplois dans les pays développés du fait des stratégies des firmes
transnationales.

 Délocalisations et nombre d'emplois.


On parle de délocalisation quand une entreprise décide de fermer un de ses établissements de
production dans un pays pour aller en ouvrir un autre, à peu près équivalent, dans un autre pays. On peut
également parler de délocalisation quand une entreprise abandonne un sous-traitant dans le pays en
s'adressant à un sous-traitant étranger.
Cette décision relève de la gestion de l'entreprise, dans une optique de maximisation du profit. Les éléments
qui vont entrer en ligne de compte dans la décision peuvent être multiples : les coûts de production (coût du
travail, coût du capital) peuvent être moindres dans le pays d'implantation, mais ce peut être aussi les frais
d'accès au marché (pour vendre des automobiles aux Etats-Unis, les entreprises japonaises auront moins de
frais en les fabriquant sur place qu'en les exportant, par exemple).

Les conséquences sur la vie économique et sociale du pays où la délocalisation se réalise peuvent être
considérables : montée du chômage, pression à la baisse sur le coût du travail, et en particulier sur la protection
sociale, effets indirects sur la demande, etc. Le pays semble " subir " la délocalisation, c'est une contrainte qui
paraît s'imposer à lui.

Cependant, il faut bien dire que les effets des délocalisations ne sont pas forcément aussi négatifs qu'ils
peuvent l'apparaître de prime abord : des emplois sont supprimés dans le pays mais d'autres sont créés ailleurs.
Les salariés du pays d'accueil vont donc recevoir davantage de pouvoir d'achat et cela permettra au pays
d'acheter davantage, en particulier au pays où s'était faite la délocalisation, ce qui permettra de créer des
emplois.
Le problème, c'est que ce ne sont pas les travailleurs qui ont été licenciés qui occuperont ces nouveaux emplois.
Il y a donc un réel problème social lié aux délocalisations.

 Mondialisation, transformation des emplois et montée des inégalités dans les pays développés.

Les stratégies des firmes transnationales face à la mondialisation ont des effets sur la qualification des
emplois proposés dans les pays développés. Dans le cas de la différenciation des produits, les produits
deviennent de plus en plus complexes, incorporant de plus en plus de technologies et les incorporant de plus
-

en plus rapidement. Cela nécessite une main d'œuvre de plus en plus qualifiée, excluant ainsi les travailleurs
les moins qualifiés de l'emploi dans les firmes transnationales mais aussi dans leurs sous-traitants qui ont les
mêmes exigences au niveau de la qualité. Les délocalisations aboutissent à peu près au même résultat : en
transférant les emplois les moins qualifiés dans d'autres pays, se développent dans le pays d'origine des
emplois de gestion, de contrôle, etc., tous emplois nécessitant des qualifications élevées.

Quels sont les effets de ces transformations des emplois sur les inégalités ? Au même titre que le progrès
technique, la mondialisation supprime dans les pays développés les emplois les moins qualifiés pour
développer d'une part les emplois en amont du processus productif lui-même et ceux qui gèrent la complexité
de la répartition des tâches entre les pays, d'autre part des emplois dans lesquels la flexibilité exigée des
travailleurs s'accroît pour permettre de varier l'offre quand la demande varie.

Constat :Les travailleurs ne pouvant présenter des qualités sur un de ces deux plans ne trouvent plus
d'emploi. Cela accroît donc les inégalités puisque un travailleur peu qualifié, désavantagé sur le plan du
salaire, sera de plus menacé sur le plan de l'emploi, avec peu de perspective de sortir du chômage s'il a été
licencié.

Les Etats sont évidemment interpellés par les conséquences sur l'emploi des stratégies des firmes face à
la mondialisation.

2.3.2 - I.D.E. et développement dans les P.E.D.

L'explosion des I.D.E. pose une question essentielle pour les pays les plus pauvres : ces
investissements peuvent-ils servir le développement du pays et à quelles conditions, étant entendu que
l'essentiel des I.D.E. concerne cependant les pays développés ?

 Il y a évidemment des effets positifs : d'une part, les I.D.E. créent des emplois, donc permettent la
distribution de revenus et la hausse du pouvoir d'achat. Ce sont des éléments qui semblent favorables
à la croissance économique et, donc, au développement. De plus, les I.D.E. permettent aux pays en
développement de bénéficier de la technologie moderne par le biais des transferts de technologie
entre la maison-mère et la filiale dans le pays. Ainsi, la Chine, par exemple, reçoit une masse
considérable d'I.D.E. qui expliquent pour une large part son taux de croissance exceptionnellement
élevé.
 Mais il y a aussi une grande incertitude sur les effets réels, à long terme. Certes les I.D.E. génèrent
des exportations et distribuent des revenus, mais ils génèrent aussi des importations, d'abord celles
correspondant aux échanges intra-firmes, ensuite celles correspondant à l'augmentation de la
consommation intérieure. Les transferts de technologie ne sont pas toujours très importants et
souvent, ils ne concernent pas le cœur même du produit, la firme transnationale souhaitant garder du
pouvoir sur le plan technologique. Enfin, les I.D.E. peuvent être réalisés dans des branches qui ne sont
pas les plus porteuses sur le plan de la croissance et maintenir une spécialisation peu avantageuse
pour le pays.
 Enfin, il faut redire que les I.D.E. ne se dirigent que très peu vers les pays les plus pauvres, comme
ceux d'Afrique, qui sont donc de plus en plus marginalisés. Les inégalités entre pays s'accroissent donc
puisque certains pays n'accueillent pratiquement aucun investissement extérieur.

On sent bien que, pour que les I.D.E. soient favorables au développement du pays d'accueil, il est
nécessaire qu'ils soient plus ou moins contrôlés, en tout cas encadrés, par les autorités politiques. C'est ce
qu'a bien compris la Corée, par exemple. On retrouve ici la nécessité d'une régulation dont nous reparlerons
par la suite.

2.3.3 - Firmes transnationales et autonomie des Etats.


-

Certains se demandent si les Etats ont encore du pouvoir face aux firmes transnationales : le poids
économique de ces entreprises est parfois énorme, leurs décisions stratégiques semblent ne pas pouvoir être
contrôlées, ce qui fait apparaître les Etats comme impuissants à exercer une quelconque activité de contrôle.

De plus, les politiques économiques ont un cadre national. Non seulement elles ne peuvent pas
s'imposer aux firmes transnationales mais elles sont parfois contrecarrées directement par les décisions des
firmes transnationales : quand un Etat décide de lutter contre le chômage dans une région spécialement
touchée et qu'une firme transnationale décide la délocalisation d'une de ses unités de production située dans
cette région, que peut faire l'Etat ?

Enfin, les exigences de compétitivité et de flexibilité sont parfois présentées, en particulier par le
patronat, comme des nécessités auxquelles les Etats doivent se plier sans discuter en les imposant à la nation
toute entière (par la modification de la législation du travail ou l'abaissement des charges sociales, par
exemple). Les pays du nord de l'Europe, dans lesquels le poids de la fiscalité est très lourd, montrent sans doute
que les choses ne sont pas si simples et qu'il y aurait matière à discussion.

Constat :On voit bien, finalement, que l'Etat national est mis en cause au travers de la mondialisation et
des stratégies des firmes transnationales. Mais les décisions politiques doivent-elles être des sous-produits
des nécessités économiques ? C'est normalement le contraire qui devrait se passer. Mais il n'y a pas de cadre
politique convenant au contrôle des firmes transnationales. Il faudrait qu'il soit mondial, comme les firmes
transnationales le sont. On retrouve ici la même question de la régulation de la mondialisation, question que
nous allons retrouver dans la dernière partie de ce chapitre.

III - Mondialisation, évolutions sociales et culturelles et régulation.

Nous avons déjà vu à quel point la mondialisation, phénomène a priori présenté comme
économique, était aussi de nature politique et sociale. Nous avons aussi vu son effet sur les inégalités à
l'intérieur des pays comme entre pays. Nous allons maintenant nous demander quels sont les effets de la
mondialisation sur les différences culturelles dans le monde : peut-on parler d'un processus d'uniformisation
culturelle ? Nous verrons ensuite, et cela peut être considéré comme une conclusion de ce chapitre sur la
mondialisation, pourquoi et comment la mondialisation pourrait être régulée, c'est-à-dire contrôlée.

3.1 - Vers une uniformisation culturelle mondiale ?

On rappelle que la culture, c'est ce qui cimente une société, ce qui permet aux hommes de vivre
ensemble, et cela se traduit par des valeurs et des manières de se comporter et de réfléchir communes. La
culture se construit dans une société au fil de l'histoire et des contacts avec les autres cultures, elle n'est pas
immuable, même si les changements peuvent être relativement lents, souvent. On peut donc penser que la
mondialisation, qui affecte les conditions de vie des hommes, va avoir des effets sur leur culture. Et comme
elle unifie les marchés et la vie économique, on peut se demander si ses effets sur la culture ne seront pas du
même ordre, c'est à dire une uniformisation des différentes cultures. C'est donc la question que nous allons
nous poser ici. Après avoir montré qu'il existe des éléments qui peuvent faire penser à une uniformisation
culturelle, nous montrerons que les spécificités socio-culturelles se maintiennent mais en se transformant.

3.1.1 - La tendance à l'uniformisation culturelle.

Un certain nombre d'éléments, que nous allons étudier, montrent que se répand à travers le monde
une certaine façon de vivre, et même de penser, qui est très largement marquée par la culture des pays
économiquement dominants, c'est à dire les pays occidentaux. On parle parfois d'occidentalisation de la
culture en même temps que de mondialisation.

[Link] - Pourquoi peut-on parler d'occidentalisation de la culture ?


-

On va voir que les différentes composantes de la culture (manières de sentir, de penser et d'agir qui
sont communes à une société et transmises par la socialisation) sont affectées par la mondialisation.

Certains biens et services sont consommés dans tous les pays du monde, comme le coca-cola, les
jeans ou les séries télévisées américaines. On se rappelle d'ailleurs que c'est un des intérêts de la
mondialisation que d'étendre les marchés, ce qui permet entre autres la réalisation d'économies d'échelle. Le
nombre de ces produits diffusés dans le monde entier ne cesse de s'accroître. Il est clair que cela transforme
la consommation dans tous les pays et, au fur et à mesure que le pouvoir d'achat augmente, les populations
consomment les mêmes biens issus du progrès technologique né dans les pays occidentaux (on peut penser
par exemple au plastique qui a très profondément bouleversé la façon de vivre des populations des pays en
développement).

Le modèle d'organisation de la production qui se répand sur la planète est celui qui a été conçu
dans les pays développés : système capitaliste, recherche du gain individuel maximum, intensification de la
production par la division du travail, développement de plus en plus capitalistique, salarisation croissante,
etc… Les relations de travail, fondamentales dans une société, sont de plus en plus souvent les mêmes, en
particulier sous l'influence des firmes multinationales. Ces relations véhiculent certaines valeurs, les mêmes
sur tout le globe. On comprend que les façons de penser, de sentir ou d'agir puissent s'en trouver modifiées.

Des valeurs, qui peuvent apparaître comme universelles, se diffusent malgré des résistances
parfois très fortes : affirmation des droits fondamentaux des êtres humains, du bien-fondé de la démocratie
en particulier. Ces valeurs se traduisent dans des normes qui, elles aussi, se diffusent : on peut citer les
réticences de plus en plus grandes vis-à-vis de la polygamie, la pratique généralisée d'élections (plus ou moins
libres, cependant …), les débuts de mise en pratique de l'égalité hommes-femmes, la réduction du nombre
d'enfants par famille. Ces valeurs comme ces normes viennent de la culture occidentale.

[Link] - Les vecteurs de l'occidentalisation.

La question est ici de savoir comment se passe ce phénomène de diffusion de la culture occidentale :
un vecteur est un moyen, un intermédiaire, de diffusion. On peut en citer au moins deux qui ont joué un
grand rôle, les firmes transnationales et les médias.

Les firmes transnationales ont contribué à répandre l'organisation et les méthodes de gestion
qu'elles pratiquaient dans leurs pays d'origine. Elles ont aussi bien sûr diffusé leurs produits, par des
campagnes publicitaires bien ciblées, aux quatre coins de la planète, autant qu'elles le pouvaient. Ainsi, les
règles d'organisation d'un MacDo sont-elles, dans le monde entier, les mêmes. Certains produits sont
strictement identiques, avec un cahier des charges très précis, imposant aux producteurs locaux des règles
très contraignantes.

Les médias ont également joué un rôle majeur. La télévision est aujourd'hui visible à peu près
partout dans le monde grâce aux satellites. Les informations sont donc connues dans le monde entier en
même temps et très rapidement. Mais il faut bien dire que les images retransmises proviennent pour
l'essentiel des pays développés, en particulier des Etats-Unis, en partie pour des raisons techniques. Or on
sait bien que les images ne sont jamais « neutres », elles véhiculent une façon de voir et des valeurs propres à
ceux qui font le reportage. On peut aussi dire la même chose des séries télévisées ou des films. Ainsi, certains
pensent que si la famille conjugale avec un nombre restreint d'enfants devient de plus en plus la norme
universelle, c'est au moins en partie du fait des modèles transmis par les films et les séries télévisées. Les
médias jouent aussi un grand rôle dans l'uniformisation des musiques. Enfin, le développement d'internet
renforce la dépendance technologique vis-à-vis de l'occident, en même temps qu'il contribue à généraliser
l'usage d'une langue, l'anglais, comme moyen de communication universel.

On peut donc penser qu'une culture mondiale se développe, très fortement marquée par la culture
occidentale, nord-américaine surtout. Cependant les spécificités, les particularités, socio-culturelles n'ont pas
disparu, on va le voir, même s'il est probable qu'elles sont transformées par le processus de mondialisation.
-

3.1.2 - Le maintien des spécificités socio-culturelles.

On observe cependant que les cultures sont encore loin d'être partout les mêmes et que le
mouvement de transformation d'une culture du fait de la rencontre avec une autre culture a toujours existé.
On peut également observer que se développe aujourd'hui un mouvement de différenciation, en tout cas
une revendication de la différence, qui montre aussi que la mondialisation ne débouchera pas
obligatoirement sur l'uniformisation culturelle.

[Link] - L'acculturation a toujours existé.

L'acculturation peut se définir comme l'ensemble des changements résultant des contacts entre
cultures diffé[Link] culture n'existe pas en tant que telle, isolée des autres cultures. Même dans les
temps plus anciens où les transports, et donc les échanges, demandaient plus de temps, il y a toujours eu des
contacts entre cultures. Et ce sont ces contacts qui contribuaient à transformer, et donc à construire, la
culture. C'est bien ainsi que se sont construites les langues, par exemple, et l'on sait l'importance de la langue
pour la culture.

Il y a donc d'abord des emprunts réciproques, même quand une culture est dominante et impose
certains de ses éléments. Les échanges ne sont jamais à sens unique. Ainsi les Italiens ont-ils réussi à imposer
aux Etats-Unis la pizza (alors qu'ils étaient loin d'y être dominants)

Si la mondialisation contribue bien à la diffusion de la culture occidentale, on peut donc penser que
les autres cultures vont petit à petit « acclimater » ces nouvelles caractéristiques culturelles en les
transformant, de manière à ce qu'elles fassent système avec leur propre culture sans que celle-ci disparaisse
réellement.

[Link] - La standardisation s'accompagne d'une revendication de différenciation.

Mais le mouvement de standardisation que l'on a observé dans le premier paragraphe déclenche en
retour une volonté marquée dans certains groupes de se différencier.
On peut distinguer deux niveaux dans cette volonté de différenciation, mais dans les deux cas il s'agit d'une
affirmation identitaire.

D'abord, dans des sociétés qui s'uniformisent sur certains aspects, des groupes vont revendiquer
leur différence. Les exemples en sont nombreux : on peut penser aux Noirs aux Etats-Unis, aux homosexuels,
aux Bretons ou aux Corses en France, les peuls et pygmées au Cameroun etc… En général, ces groupes
affirment à la fois leur respect des règles fondamentales en vigueur dans la société à laquelle ils
appartiennent et leur revendication de pouvoir être différents sur certains points, ce qui suppose souvent
une adaptation du droit. Le phénomène peut se comprendre : le sentiment d'appartenance est essentiel pour
la construction de l'identité de l'individu. Si « appartenir », c'est « ressembler », on peut penser que c'est tout
autant « se différencier ». Quand tout le monde se ressemble, par exemple parce que tout le monde s'habille
de la même manière, on peut avoir le désir de se différencier, à la fois pour montrer qu'on existe en tant
qu'individu et pour signifier qu'on se trouve des points communs avec ceux qui vont faire de même. C'est la
même chose qui se passe pour les groupes dont on a parlé plus haut.

Mais, poussé à son extrême, la volonté de différenciation peut déboucher sur le rejet de la société
dans laquelle on vit. On peut ainsi comprendre tous les intégrismes : devant une évolution de la culture qui
menace certaines valeurs, religieuses par exemple, des groupes vont se former qui rejettent ces évolutions et
proclament la nécessité du retour en arrière. Ces groupes sont en général très repliés sur eux-mêmes et sont
parfois violemment hostiles à la société qui les entoure.

En conclusion, si l'on voit bien qu'il y aujourd'hui une tendance à la mondialisation culturelle, on peut
dire que celle-ci n'est pas forcément synonyme d'uniformisation. Le poids des pays occidentaux, et des Etats-
Unis en particulier, peuvent laisser craindre un affaiblissement des autres cultures. Mais il ne faut pas
-

négliger le fait que les cultures ont toujours su intégrer des éléments d'autres cultures et que, parce qu'elles
sont le ciment de la société, elles ont une force qui leur permet de résister à certains changements.

Cependant, la montée de la contestation de la mondialisation et des conflits à son propos montre bien la
nécessité d'une régulation qui ne va pas sans poser de nombreux problèmes. C'est ce que nous allons voir
maintenant.

3.2 - Conflits et recherche d'une régulation de la mondialisation.

Après avoir montré la multiplication des conflits liés à la mondialisation et leurs enjeux, nous
présenterons les caractéristiques de la recherche de la régulation de la mondialisation.

3.2.1- La multiplication des conflits et leurs enjeux.

Après avoir montré la montée des conflits depuis une dizaine d'années, nous essaierons de cerner
les questions qui sont sous-jacentes à ces conflits.

[Link] - La multiplication des conflits.

On peut observer deux sortes de conflits :

Des différends internationaux non réglés : ainsi un certain nombre de négociations n'ont pas
débouché sur un accord, alors que c'était la règle avec le GATT, par exemple. Ainsi, l'A.M.I. (accord
multilatéral sur les investissements) n'a-t-il jamais été signé alors qu'il aurait dû l'être en 1998. De même, le
protocole de Kyoto sur la réduction de l'émission de gaz à effet de serre n'a pas été suivi d'effet du fait de
l'échec de la Conférence de La Haye en 2000. Enfin, on peut citer l'échec des négociations au sein de l'OMC à
Cancun en 2003. Ces échecs, qui ne sont pas les seuls, montrent que les pays n'arrivent plus à se mettre
d'accord dans un certain nombre de domaines. Il faudra essayer de comprendre pourquoi.

Une contestation de plus en plus organisée des effets de la mondialisation : tout le monde a
entendu parler des altermondialistes (que l'on appelait encore il y a peu les anti-mondialistes) qui sont le fer
de lance de cette contestation. Quelles sont les caractéristiques de ces mouvements de contestation ?

- Ils portent d'abord sur des thèmes extrêmement divers : protection de l'environnement, disparition
d'emplois dans les pays subissant les délocalisations, sécurité alimentaire, protection des traditions
culturelles, etc. On peut étendre la liste à l'infini.
- Ils se fédèrent internationalement en agissant ensemble contre, essentiellement, les organisations
internationales. Celles-ci sont remises en cause parce qu'elles ont privilégié la réalisation du libre-
échange, sans le subordonner aux nécessités du développement sur le long terme et en laissant le
terrain libre pour les firmes transnationales.
- Ils agissent de manière de plus en plus radicale : manifestations massives sur les lieux de réunion des
organisations internationales, par exemple.
[Link] - Les enjeux sous-jacents à ces conflits.

On peut en voir deux au moins : des enjeux de pouvoir, d'une part, et une discussion sur les limites
du fonctionnement de l'économie mondiale par le libre jeu du marché, d'autre part.

La question du pouvoir : le fonctionnement du libre-échange montre que la théorie économique


justifiant le libre-échange par le fait que tous les pays y gagnaient n'est que partiellement vraie. Toutes les
spécialisations ne sont pas également avantageuses et certains pays sont gagnants alors que d'autres n'y
gagnent pas grand chose. Résultat : les pays peu ou pas avantagés, en général les pays en développement,
vont vouloir modifier les règles du jeu et ne vont plus accepter aussi facilement de se laisser imposer un
fonctionnement de l'économie mondiale qui n'est pas favorable à leur développement.
-

Les limites du fonctionnement de l'économie mondiale par le marché : il est des domaines où le
libre jeu du marché ne peut pas régler les problèmes sur le long terme. Il s'agit en particulier de tout ce qui
touche à l'environnement, à la question de l'énergie et des matières premières. Sur un autre plan, l'absence
d'autorité politique mondiale rend très difficile l'adoption de règles sociales pour la protection des
personnes. Comme dans un pays, et pour les mêmes raisons, il est nécessaire de discuter, au niveau mondial,
des rapports entre marché et Etat.

3.2.2 - Vers une régulation de la mondialisation ?

Cette question peut être abordée en voyant d'abord quels sont ou pourraient être les acteurs de
cette régulation, puis en réfléchissant sur ce que pourrait être la gouvernance mondiale.

[Link] - L'émergence de nouveaux acteurs transforme les acteurs traditionnels.


- Les nouveaux acteurs : il s'agit d'une part des pays intervenant plus directement sur la scène
internationale pour fédérer les pays en développement, comme l'Inde et le Brésil ; il s'agit d'autre part
de très nombreuses O.N.G. (organisations non gouvernementales) qui portent les conflits dont on a
parlé dans le paragraphe précédent et/ou qui font pression sur les pouvoirs politiques nationaux ou
les organisations internationales.
- La transformation des acteurs traditionnels de la régulation que sont les organisations
internationales comme le F.M.I., la Banque mondiale ou l'O.M.C. : les succès engrangés par les
nouveaux acteurs sur la scène de la mondialisation obligent les acteurs traditionnels à tenir davantage
compte de leurs revendications. Le discours du F.M.I ou de la Banque mondiale vis à vis des pays en
développement s'est transformé, leurs préconisations aussi : on est passé d'une affirmation pure et
simple de la nécessité de s'intégrer aux échanges internationaux à des affirmations plus nuancées,
valorisant l'intervention de l'Etat, en particulier en matière d'éducation.
[Link] - La gouvernance mondiale.

La mondialisation se réalise dans un monde d'Etats nations politiquement autonomes mais


économiquement interdépendants. C'est bien tout le problème : comment maintenir l'indépendance
politique des Etats tout en adoptant des règles s'imposant à tous ?
L'objectif de la gouvernance mondiale est de se mettre d'accord sur des procédures diverses permettant
l'adoption de principes et de pratiques communs, concourant à la formation de normes collectives
s'imposant aux Etats.

Ces normes sont d'abord des normes environnementales qui visent à protéger notre planète sur le
long terme. L'adoption de ces normes environnementales pose un réel problème entre les pays du nord et les
pays du sud : les pays riches veulent que l'on édicte ces normes qui sont coûteuses et qui empêchent de faire
certaines choses que les pays riches ont fait dans le passé ; les pays pauvres n'ont pas les moyens financiers
de respecter ces normes et, en plus, ils n'auront pas les mêmes facilités que les pays aujourd'hui riches pour
se développer, ils résistent donc…

La question de l'adoption de normes sociales est également posée. On entend par là des normes
visant à protéger les personnes les plus fragiles. On peut penser par exemple à interdire le travail des enfants.

La question des procédures n'est pas facile non plus : est-ce l'O.M.C. qui doit intégrer ces normes,
extérieures au champ de l'échange, dans ses accords commerciaux ? Ou bien ces normes doivent-elles être
discutées et décidées par d'autres institutions ou par la coopération de ces institutions ? Mais quelles
institutions et qui fera respecter ces règles ?
Si les questions sont aujourd'hui posées, on ne peut pas dire qu'elles soient encore résolues.

Constat : La mondialisation n'est pas sans poser des problèmes. En même temps, c'est un processus
en marche, qui se poursuit et se poursuivra. Il faut donc parvenir à la réguler pour qu'elle produise les
-

meilleurs effets possibles, en particulier qu'elle soit au service du développement, et en particulier du


développement durable.

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