Signification de l'économie générale
Signification de l'économie générale
ECONOMIE GENERALE 1
INTRODUCTION GENERALE
L’économie au même titre que les autres sciences se caractérise par ses méthodes, son objet et ses
instruments.
Elle a pour objectif la recherche du bien-être de l’homme dans un environnement où les besoins sont
illimités (nombreux) et les ressources rares (limitées)
Elle a pour priorité d’apprendre à l’homme à ajuster ses besoins trop nombreux aux moyens
relativement rares. C’est dans cette logique que s’inscrit la continuité du cours d’économie générale afin de
concilier le conflit naturel entre les besoins et les ressources.
La production est l’activité qui permet de créer les biens et les services assurant la satisfaction des
besoins individuels ou collectifs.
Objectifs du cours :
A la fin de ce cours, l’étudiant devra être capable de :
Définir la production marchande et non marchande ;
Définir économiquement la production ;
Identifier les différents facteurs de production ;
Déterminer l’équilibre du producteur national ;
Identifier les différents coûts et calculer le profit.
INTRODUCTION
Les biens et les services sont produits à partir d’une fonction de production. La fonction de production
décrit les relations mathématiques qui existent entre les quantités de biens et services à produire et les facteurs
de production.
On distingue la production marchande et la production non marchande :
La production marchande : concerne les biens et services qui s’échangent ou qui sont susceptibles de
s’échanger sur un marché à un prix qui vise au moins à couvrir les coûts de production ;
La production non marchande : quant à elle est fournie gratuitement ou est vendue à un prix inférieur
à son coût de production. C’est le cas des services rendus par les administrations publiques.
De façon courante, la production désigne l’activité économique qui consiste à créer des biens et des services.
C’est aussi la création des biens et services appelés output à partir d’une combinaison de divers éléments appelés
facteurs de production ou encore input.
SECTION 1 : LES FACTEURS DE PRODUCTION
I- DEFINITION
Un facteur de production est tout moyen matériel et humain permettant de produire. On distingue
généralement les facteurs de production suivants : le travail, le capital, la nature, les progrès techniques, la
formation, l’information et le savoir…
II- LES TYPES DE FACTEURS DE PRODUCTION
II.1- Le travail (L)
L’importance du facteur travail dépend de la population active disponible. La production du travail est
un indice très important de l’efficacité économique. La productivité peut se définir comme le rapport entre la
production obtenue et les quantités des facteurs utilisés.
Le travail est l’ensemble des tâches accomplies par l’homme pour produire en contrepartie d’une
rémunération.
Il est utile d’une part pour le travailleur car il lui permet d’obtenir un revenu pour satisfaire ses besoins,
lutter contre l’oisiveté et d’autre part pour la société il améliore le niveau de vie des hommes, participe au
développement d’un pays.
L’inconvénient du travail est qu’il donne la fatigue et la peine (dépense d’énergie).
II.1.1- Les formes de travail
Selon la nature des tâches effectuées, le travail peut prendre quatre formes :
Le travail de conception ;
Le travail d’exécution, confié au personnel chargé d’effectuer les tâches manuelles ou intellectuelles, en
général à caractère répétitif (magasinier, vendeur, …) ;
Le travail de direction consiste à prévoir, gérer, organiser, commander, contrôler… Il est assuré par le
responsable de l’entreprise (directeur, gérant,…) ;
Le travail de création consiste à découvrir de nouveaux produits ou à améliorer les produits existants
(chercheurs, ingénieurs,…).
II.1.2- L’organisation du travail
L’efficacité du facteur travail dépend des méthodes d’organisation du travail dans les entreprises.
Plusieurs auteurs ont contribué à l’évolution de cette organisation.
1) ADAM SMITH : la division du travail
C’est la spécialisation des travailleurs dans des étapes du processus de production. Elle permet d’augmenter
les gains de productivité (profit obtenu grâce à une meilleure utilisation des facteurs de production).
L’augmentation de la production totale, la diminution des temps morts.
2) FREDERIC WINSLOW TAYLOR ou l’organisation scientifique du travail (OST)
L’OST ou taylorisme est un ensemble des principes énoncés par TAYLOR pour parvenir à une organisation
scientifique du travail. C’est une méthode de travail qui repose sur trois principes :
Le découpage du travail en multiples tâches simples ;
La spécialisation des ouvriers ;
La séparation entre la conception, l’exécution et le contrôle.
Il a ajouté à ce principe le salaire aux pièces : ceci a permis dans l’industrie, l’augmentation des rendements
mais il a fini par aliéner l’homme de manière qu’on lui substitue aujourd’hui les méthodes d’élargissement des
tâches.
Les avantages de l’OST sont :
Gains de productivité, création des grands ensembles industriels ;
Baisse des coûts, production en grandes séries, consommation de masse.
Les inconvénients de l’OST sont :
L’augmentation de l’absentéisme, accroissement du taux de rotation du personnel ;
Manque de motivation, médiocrité de la qualité du travail…
Un producteur indifférent à toutes ces combinaisons doit se baser sur les coûts et utilisera l’isoquant
qui est situé le plus loin possible de l’origine et qu’il veut atteindre compte tenu de son budget.
I.2- La ligne des coûts ou iso coûts ou droite du budget :
Pour le producteur, les facteurs de production représentent un coût. Son objectif est d’utiliser la
combinaison des facteurs de production qui minimisent le coût.
Supposons PK le prix du facteur K et PL le prix du facteur L. Si le producteur dispose d’un revenu limité R,
la quantité totale des facteurs K et L qu’il doit acquérir doit être égale à R, de telle sorte qu’on puisse
écrire 𝑅 = 𝐿𝑃𝐿 + 𝐾𝑃𝐾
On appelle droite du budget ou iso coût la droite joignant les combinaisons des facteurs L et K qui
permettent d’épuiser tous les revenus ou budget du producteur.
Si le producteur consacre tout son revenu à l’achat du facteur K, on aura une droite de budget de la
𝑅
forme : 𝑅 = 𝐾𝑃𝐾 , la quantité totale de facteur capital sera donc 𝐾 = .
𝑃𝐾
Si au contraire, il consacre tout son budget à l’acquisition d’un seul facteur L, sa droite de budget sera
𝑅
égale à 𝑅 = 𝐿𝑃𝐿 la quantité totale du facteur travail sera : 𝐿 = .
𝑃𝐿
K
𝑅
𝐾=
𝑃𝐾
Isocoût
𝑅
𝐿= L
𝑃𝐿
Sur la droite d’iso coût, nous avons toutes les combinaisons des facteurs L et K obtenues avec le budget
R.
IV.1.3- L’équilibre du producteur
Il se situe au niveau du point de tangence entre l’isoquant et l’isocoût.
K
C0 (L0, K0)
K0
I1
I2
I3
L0 L
2- La combinaison qui permet d’obtenir les 600 t à moindre coût est L = 2 et K = 4 car C = 10000 est le coût le
plus bas.
3- Le budget du producteur est de 10000. C = LPL + KPK
10000 = 2000L + 1500K
10000
Si K = 0, alors on a : 10000 = 2000L ⇒ L = = 5
2000
10000
Si L = 0, alors on a : 10000 = 1500K ⇒ K = = 4,67
1500
4- Résolution de l’équation :
𝑅−𝐿𝑃𝐿 𝑅 𝐿𝑃 10000 2000𝐿
KPK = R – LPL ⇒ K = = – 𝐿= −
𝑃𝐾 𝑃𝐾 𝑃𝐾 1500 1500
20 4
K= − 𝐿
3 3
Remarque : la représentation sur un même graphique de plusieurs points optimum (ou d’équilibre)
permet de déterminer le sentier d’expansion de l’entreprise correspondant à des niveaux de production
différents.
Le sentier d’expansion est le lieu géométrique des points indiquant les combinaisons de moindre-coûts
permettant d’atteindre des niveaux de production différents.
Sentier d’expansion
T.A.F : Compléter le tableau et représenter sur le même graphique la productivité totale, la productivité moyenne
et la productivité marginale.
APPLICATION 2 :
Une entreprise spécialisée dans la culture du riz évolue en fonction des travailleurs.
L PT PM Pm
1 300
2 350
3 400
4 400
5 380
6 350
7 315
8 250
9 200
10 125
T.A.F :
1) Compléter le tableau ci-dessus.
2) Représenter la courbe de la productivité totale et déterminer graphiquement ses variations.
3) Représenter sur le même graphique la productivité moyenne, la productivité marginale et délimiter les zones
de rendement.
4) Indiquer sur ce graphique l’optimum technique de production et préciser le nombre d’ouvriers nécessaires
pour la production de cette entreprise.
𝐶𝑉 𝑓(𝑄)
Le coût variable moyen (CVM) : 𝐶𝑉𝑀 = =
𝑄 𝑄
𝐶𝐹 𝐶𝑉 𝑎 𝑓(𝑄)
𝐶𝑇𝑀 = 𝐶𝐹𝑀 + 𝐶𝑉𝑀 = + = +
𝑄 𝑄 𝑄 𝑄
Le coût marginal est également égal à la dérivée première du coût total, soit : 𝐶𝑚 = (𝐶𝑇)′
APPLICATION 1 :
Le comportement des différentes catégories des coûts en fonction des quantités produites d’une
entreprise s’exprime par le tableau ci-dessous :
Quantités CV CF CT CFM CVM CTM Cm
1 10
2 16
3 21
4 26
5 30
6 36
7 45,5
8 56
9 72
10 89
11 112
12 150
T.A.F :
1) Sachant que les frais d’électricité pour la production unitaire s’élèvent à 100 F, compléter le tableau ci-
dessus ;
2) Construire sur le même graphique la courbe de CT, CF et CV ;
3) Sur un autre graphique, construire les courbes de CM et Cm, interpréter ;
4) Déterminer graphiquement l’optimum technique.
APPLICATION 2 :
Soit la fonction du coût total : 𝐶𝑇 = 8𝑄2 + 2
T.A.F :
1) Calculer le CM et le Cm,
2) Déduire en fonction de Q le CF et le CV ;
3) Calculer les coûts pour Q ∈ [0; 5].
II- L’ANALYSE DES COÛTS EN LONGUE PERIODE
Le long terme est la période au cours de laquelle tous les facteurs de production varient. Les producteurs
réalisent les investissements nouveaux pour accroître la capacité de production afin de satisfaire la demande
nouvelle : donc l’entreprise change de dimension.
La courbe enveloppe ou courbe de coût moyen de long terme :
Au cours de la longue période, tous les facteurs varient ; ce qui entraine une augmentation de la taille
de l’entreprise. Ce comportement permet à l’entreprise de lutter constamment contre les rendements
décroissants constatés au cours de la courte période. L’entreprise va passer par plusieurs stades successifs ;
chaque stade représentant une échelle de production. Au fur et à mesure que l’on change d’échelle, on améliore
les rendements, ce qui entraine une baisse de coût moyen (CM).
Mais, au-delà d’une certaine dimension, le CM augmente, à ce niveau l’entreprise doit cesser
d’augmenter sa dimension.
En raisonnant seulement sur les coûts moyens, on constate qu’au cours d’une première période
correspondant à la taille, l’entreprise atteint une courbe de coût moyen CM 1. Pour la deuxième période, elle va
acquérir de nouvelles machines, de façon à améliorer ces coûts et obtenir une courbe de coût moyen CM 2 plus
basse, et ainsi de suite jusqu’au moment où elle constate qu’une augmentation de sa taille ne rapporte plus des
améliorations sur sa courbe de CM. En réunissant tous les minima de CM atteint en chaque courte période, on
obtient une courbe tangente aux diverses courbes de CM de courte période : c’est la courbe enveloppe.
La courbe enveloppe est la courbe obtenue en joignant les minima de plusieurs courbes de courte
période.
CM1
CM2 CM3 CM4
Courbe enveloppe
INTRODUCTION
Les relations d’échange s’établissent entre deux catégories d’agents dans la vie économique. D’un côté
ceux qui offrent les biens et services (producteurs) ; de l’autre ceux qui demandent ces biens et services
(consommateurs). Chacun de ces agents veut tirer le maximum de satisfaction possible au cours de ces échanges
en adoptant un comportement rationnel. Il s’agira donc dans ce chapitre d’effectuer le calcul économique du
consommateur.
I- DEFINITIONS, TYPES ET FACTEURS DE LA CONSOMMATION
I.1- Définition :
La consommation est la destruction totale ou partielle d’un bien par l’usage.
La fonction de consommation est la relation qui existe entre la consommation d’un individu et son
revenu. On a donc : C = f(R).
I.2- Les types de consommation :
On distingue :
La consommation individuelle et la consommation collective :
La consommation individuelle ou privée : est réalisée par un individu ou un tout petit groupe
d’individus pour satisfaire ses besoins personnels (s’habiller, manger…) ;
La consommation collective : est réalisée par la collectivité à travers l’utilisation d’un bien
commun, c’est aussi l’utilisation des services publics ou d’équipements collectifs mis à la disposition des agents
économiques (l’utilisation d’une route, salle de classe…).
La consommation intermédiaire et la consommation finale :
La consommation intermédiaire : est la destruction d’un bien au cours du processus de
production en vue de produire un autre bien ;
La consommation finale : est la destruction totale d’un bien en vue de satisfaire directement
un besoin (achat d’une voiture…).
La consommation marchande et la consommation non marchande :
La consommation marchande : est l’utilisation d’un bien acheté sur un marché ;
La consommation non marchande : est l’utilisation d’un bien ne s’échangeant pas sur un
marché et dont le prix est inférieur au coût de production ou est nul. Elle peut prendre deux formes :
l’autoconsommation et les consommations collectives.
La consommation volontaire et la consommation de contrainte :
La consommation volontaire : est l’utilisation d’un bien par un individu de son propre gré ;
La consommation de contrainte : est l’utilisation d’un bien sous l’effet d’une obligation
(consommation des produits pharmaceutiques).
La consommation incompressible ou autonome : c’est la partie de la consommation fixe, indépendante
du revenu. Elle est notée C0 ;
La consommation publique : c’est l’emploi des ressources par l’Etat et les collectivités pour assurer le
bon fonctionnement des services publics.
I.3- Les facteurs ou les déterminants de la consommation :
La consommation dépend de certains facteurs qui sont :
Les facteurs économiques : il s’agit du prix du bien désiré, des revenus du consommateur, de l’offre ;
Les facteurs psychologiques et sociaux : il s’agit du goût et des habitudes du consommateur, de l’âge
du consommateur, de son lieu de résidence, de la catégorie socio-professionnelle, de la publicité, de l’imitation…
II- ETUDE DU COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR EN TERMES DE SATISFACTION
Un consommateur qui dispose d’un revenu et qui veut acheter deux biens doit faire des calculs de sorte
que le partage de ce revenu entre les deux biens lui apporte le maximum de satisfaction. Pour y parvenir, il a
deux possibilités. On suppose que le consommateur est rationnel et qu’il ne subit pas l’influence de
l’environnement (publicité) :
D’abord, il égalise ces utilités marginales pondérées par les prix ;
Ensuite, il utilise les courbes d’indifférence.
QUELQUES CONCEPTS DE BASE
L’utilité : l’utilité d’un bien est son aptitude à satisfaire un besoin.
L’utilité totale (UT) : dans le cas d’un bien divisible, on appelle utilité totale la somme des utilités de
chaque dose du bien considéré.
L’utilité moyenne (UM) : c’est la satisfaction par unité de bien consommée. UM = UT/Q.
Exemple : Nous disposons d’un sac de pommes de terre que nous pouvons répartir en cinq seaux, ou cinq parties :
l’utilité totale de ce sac est la somme des utilités de chacun des seaux.
L’utilité marginale d’un bien : c’est l’accroissement de la satisfaction générale issue de la consommation
d’une unité supplémentaire de ce bien.
L’utilité cardinale : l’utilité est dite cardinale si l’on suppose que le consommateur est capable de
mesurer le degré de satisfaction que lui procure la consommation des unités de bien. Exemple : la consommation
d’une tasse à café me donne une satisfaction égale à 5.
L’utilité ordinale : l’utilité est dite ordinale si le consommateur n’est que capable de classer les quantités
de bien par ordre de préférence. Exemple : je préfère le pain aux beignets.
Le consommateur rationnel : c’est celui qui cherche à maximiser sa satisfaction tout en minimisant ses
dépenses.
La maximisation de l’utilité totale : le consommateur rationnel recherche la combinaison des biens et
des services qui lui procure l’utilité totale la plus grande.
II.1- L’utilité marginale :
L’utilité marginale (Um) est l’utilité de la dernière unité consommée. Un consommateur achètera un bien
∆𝑈𝑇
s’il a l’impression que celui-ci lui procurera de la satisfaction ou une utilité. 𝑈𝑚 = = (𝑈𝑇)′
∆𝑄
Examinons le cas d’un enfant en train de manger les croissants. Un premier croissant lui procurera une
certaine quantité d’utilité. Supposons maintenant qu’il en consomme un deuxième, sa satisfaction générale ou
son utilité totale augmentera en raison du fait que la consommation du deuxième croissant lui aura fourni un
supplément de satisfaction ou une utilité additionnelle c’est-à-dire supplémentaire.
Principe de la décroissance de l’utilité marginale : si un enfant a faim, le premier pain qu’il consomme lui apporte
une satisfaction (utilité) importante, le 2ème pain lui procure une satisfaction moins importante que le 1er pain car
sa faim est apaisée par ce 1er pain. Le 3ème pain présente un intérêt encore plus réduit que le 2ème pain et ainsi de
suite.
Un consommateur face à plusieurs biens ayant le même goût portera son choix sur le bien qui lui procure
le maximum de satisfaction ou l’utilité la plus élevée. Si x est ce bien considéré, son utilité marginale peut être
notée Umx.
Soient C1, C2 et C3 trois ensembles de biens :
Si 𝑈1 > 𝑈2 , l’ensemble C1 sera préféré à C2 et vis- versa ;
Si 𝑈1 < 𝑈2 , alors le consommateur sera indifférent à l’ensemble C 1 ;
Soient U1, U2 et U3 les utilités des trois ensembles de biens :
Si 𝑈1 > 𝑈2 , C1 est préféré à C2 ;
Si 𝑈2 > 𝑈3 , C2 est préféré à C3 ; donc C1 est préféré à C3 : c’est l’axiome de transitivité.
II.2- Les courbes d’indifférences
II.2.1- Définition :
La courbe d’indifférence est le lieu géométrique de toutes les combinaisons des biens X et Y qui
procurent au consommateur le même niveau de satisfaction. On les appelle encore les courbes d’isoutilité.
Propriétés :
Deux ou plusieurs courbes d’indifférences ne se coupent pas ;
Elles sont convexes par rapport à l’origine des axes ;
Elles sont décroissantes car elles ont une pente négative ;
La courbe d’indifférence la plus éloignée de l’origine correspond au niveau d’utilité le plus élevé.
II.2.2- Construction
Soit un revenu R consacré à l’achat de deux biens X et Y. On peut estimer les combinaisons suivantes
qui procurent le même niveau de satisfaction.
Combinaisons I II III IV
Biens
X 5 1 3 2
Y 1 5 2 3
3
Série1
0
0 1 2 3 4 5 6
𝑅 𝑋𝑃𝑥
𝑌= −
𝑃𝑦 𝑃𝑦
Y
𝑅 𝑅 𝑋𝑃𝑥
𝑌= −
𝑃𝑦 𝑃𝑦 𝑃𝑥
𝑅
𝑃𝑥
II.2.5- L’équilibre du consommateur
L’équilibre du consommateur est le point de tangence entre la courbe d’indifférence et la droite du
budget. C’est le niveau où le consommateur atteint sa satisfaction maximale compte tenu son revenu.
Y
X
APPLICATION :
Le tableau ci-dessous donne l’ensemble des combinaisons des biens X et Y qui procurent au
consommateur le même niveau de satisfaction.
Combinaisons I II III IV V
Biens
X 1 2 3 4 5
Y 8 6 4 3 1
T.A.F :
1) Tracer la courbe d’indifférence correspondante.
2) Si le prix de X est de 350 F et celui de Y de 800 F, écrire l’équation de la droite de budget de ce consommateur.
3) Si ce consommateur dispose d’un revenu de 3.700 F pour l’achat des deux biens, représenter l’équation de la
droite de budget et déduire la combinaison optimale.
4) Calculer le taux marginal de substitution lorsque Y passe de 6 à 4 et interpréter ce résultat.
III- ETUDE DU COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR EN TERMES DE PROPENSION
III.1- Définition :
On appelle propension la part de la dépense consacrée soit à la consommation, soit à l’épargne. On
distingue la propension moyenne et la propension marginale à consommer ou à épargner.
Soit R le revenu d’un ménage. Ce revenu est réparti entre la consommation (C) et l’épargne (E) de telle
sorte que l’on puisse écrire
R=C+E
Ceci s’explique par le fait qu’un sujet économique étant habitué à un niveau de consommation,
cherchera à le conserver en cas de baisse de son revenu et va plutôt sacrifier l’épargne.
V.6- La théorie du revenu permanent de MILTON FRIEDMAN
Selon MILTON FRIEDMAN, les décisions de consommation ne dépendent pas du revenu actuel du
ménage, mais des revenus dont il pense pouvoir bénéficier d’une manière permanente. La propension marginale
à consommer est alors stable sur le long terme. Une variation du revenu courant, par exemple à la suite d’une
mesure de politique économique, n’aura aucun effet sur la consommation, sauf si le consommateur estime que
cette variation de son revenu est durable. Il en découle pour FRIEDMAN, l’inefficacité des mesures de relance
économique par la consommation.
V.7- Le paradoxe de GIFFEN
La logique classique voudrait que les quantités achetées d’un bien baisse lorsque son prix augmente.
Mais GIFFEN a observé une réaction particulière pour certains biens. « Au fur et à mesure que le prix de certains
biens augmente, la demande augmente aussi ». D’où ce paradoxe. Ceci arrive lorsque le prix des biens concernés
augmente sans que le prix des autres biens ne change, de sorte que les pauvres ne puissent reporter la plupart
de leurs achats que sur ces biens, d’où l’augmentation de la demande malgré l’augmentation du prix.
V.8- L’effet de snobisme ou effet de démonstration ou effet VEBLEN
On a pu mettre en évidence que la consommation des biens considérés comme superflus est
abandonnée par les catégories sociales aux revenus les plus élevés lorsque leur prix les met à la portée des
bourses modestes. Ceci veut dire que certains agents économiques augmentent la demande pour certains biens
lorsque leur prix est en hausse, car pour eux, c’est le prix qui fait la qualité : c’est l’effet VEBLEN.
V.9- L’effet d’anticipation :
Dans la perspective d’une hausse des prix en situation d’inflation généralisée, les consommateurs sont
tentés d’acheter davantage et de constituer des stocks.
V.10- La théorie du cycle de vie :
MODIGLIANI estime que la consommation d’un ménage varie en fonction des périodes de sa vie, donc
elle dépend non seulement des revenus, mais aussi du patrimoine du ménage.
VI- LA FONCTION DE CONSOMMATION
La construction de la fonction s’appuie sur la loi psychologique fondamentale selon laquelle la
consommation croît avec le revenu, mais moins que proportionnellement.
La fonction de consommation s’écrit :
𝐶 = 𝑐𝑌 + 𝐶0
Avec : C = consommation globale ; Y = revenu disponible ; c = Pmc ;
C0 = consommation incompressible.
C = cY + C0
C0
L’hypothèse de KEYNES de décider à long terme de la propension moyenne à consommer n’a cependant pas été
vérifiée par l’observation statistique, ce qui a conduit réviser l’analyse.
LE PROLONGEMENT DES ANALYSES DE KEYNES : Propension moyenne à épargner (PME ou PMS) et
propension marginale à épargner (Pme ou Pms).
L’épargne est la fraction non consommée du revenu :
𝑬 = 𝑹𝒅 − 𝑪 = 𝒓𝒆𝒗𝒆𝒏𝒖 𝒅𝒊𝒔𝒑𝒐𝒏𝒊𝒃𝒍𝒆— 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒐𝒎𝒎𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏
𝑌 𝐶 𝑆
On peut ainsi écrire 𝑌 = 𝐶 + 𝑆 ⇒ = + ⇒ 1 = 𝑃𝑀𝐶 + 𝑃𝑀𝑆
𝑌 𝑌 𝑌
𝑃𝑀𝐶 + 𝑃𝑀𝑆 = 1
L’épargne étant la fraction du revenu non consommée, on peut la déterminer de la façon suivante :
𝑆 = 𝑌 − 𝐶 (1)
𝐶 = 𝐶0 + 𝑐𝑌 (2)
(2) dans (1) ⇒ 𝑆 = 𝑌 − (𝐶0 + 𝑐𝑌) = 𝑌 − 𝐶0 − 𝑐𝑌 = (1 − 2)𝑌 − 𝐶0
Or c =Pmc ⇒ 𝑆 = (1 − 𝑃𝑚𝑐)𝑌 − 𝐶0 = (𝑃𝑚𝑐 + 𝑃𝑚𝑠 − 𝑃𝑚𝑐)𝑌 − 𝐶0
𝑆 = 𝑃𝑚𝑠𝑌 − 𝐶0
Objectifs généraux :
Ce cours vise à rendre l’étudiant capable de :
Définir le prix et de distinguer ses différents types ;
Calculer les indices de prix ;
Définir le marché et donner ses différentes formes ;
Déterminer l’équilibre des entreprises sur les différentes formes du marché.
INTRODUCTION :
Une fois le produit fabriqué, il doit être vendu sur le marché à un prix bien déterminé. Marché et prix
restent donc deux notions indissociables et à prendre en compte pour déterminer l’équilibre de l’entreprise.
SECTION 1 : NOTION DE PRIX
Le prix est l’expression monétaire de la valeur d’échange d’un bien ou d’un service.
I- LES TYPES DE PRIX
I.1- Le prix relatif :
Il exprime la quantité d’un bien ou service de x qu’il faut fournir pour obtenir une unité de bien ou service
de y et vis-versa.
2,30 1
Exemple : si un bien A coûte 2,30 F et B coûte 4,50 F. Le prix relatif est de = 0,51 ⇒ 𝑃𝐴 ≅ 0,5 ≅ 𝑃𝐵 ⇒
4,50 2
1
𝑃𝐴 ≅ 𝑃𝐵
2
I.2- Le prix absolu :
C’est la quantité de monnaie que l’on peut obtenir ou que l’on peut donner en échange d’une unité de bien
ou d’un service.
II- LES INDICES DE PRIX
L’indice de prix représente le rapport entre la valeur d’un bien et sa valeur à une date de référence.
II.1- L’utilité de l’indice de prix :
L’utilité de l’indice de prix est de :
Mesurer l’évolution des prix des biens ;
Permettre la comparaison des prix des biens dans le temps et dans l’espace ;
Permettre de déterminer le pouvoir d’achat des revenus.
II.2- Les différents types d’indice de prix
A- L’indice simple :
L’indice est dit simple si la valeur correspond à un seul élément ou grandeur.
Soit P0 l’observation à l’époque 0, Pt l’observation à l’époque t. On appelle indice à l’époque t par rapport à
l’époque 0, le nombre It/0 tel que
𝐼𝑡/0 = 100 × 𝑃𝑡 /𝑃0
Par convention, l’indice de base est égal à 100.
B- L’indice synthétique :
Ce sont des indices qui font intervenir plusieurs grandeurs caractérisant un phénomène économique.
∑𝑘
𝑖=1 𝑃1−𝑖 ×𝑄𝑖
L’indice valeur globale : 𝐼𝑉𝐺 = ∑𝑘
× 100
𝑖=1 𝑃𝑜𝑖 ×𝑄𝑖
∑𝑘𝑖=1 𝑄𝑖 × 𝑃1𝑖
𝐼𝑃𝑉𝐺 = × 100
∑𝑘𝑖=1 𝑄0 × 𝑃𝑜𝑖
L’indice Laspeyres :
∑𝑘 𝑄0 ×𝑃1𝑖
Laspeyres prix : 𝐼𝐿𝑃 = ∑𝑘𝑖=1 × 100
𝑖=1 𝑄0 ×𝑃𝑜𝑖
Laspeyres quantité :
∑𝑘𝑖=1 𝑄0𝑖 × 𝑄1
𝐼𝐿𝑄 = × 100
∑𝑘𝑖=1 𝑄0 × 𝑃0𝑖
Laspeyres valeur globale :
∑𝑘𝑖=1 𝑄1 × 𝑃1𝑖
𝐼𝐿𝑉𝐺 = × 100
∑𝑘𝑖=1 𝑄1 × 𝑄1𝑖
Application :
On dispose des prix de riz et de la viande pour les années 2013 et 2014 suivant le tableau ci-après :
Années Riz Viande
Prix Quantité Prix Quantité
2013 350 17 1500 19
2014 400 15 1700 16
T.A.F :
1) Calculer l’indice de prix du riz ;
2) Calculer l’indice valeur globale de la viande ;
3) Déterminer l’indice de Paasche et de Laspeyres.
Solution :
1) Calcul de l’indice de prix du riz
𝑃1 400
𝐼1/0 = × 100 ⇒ 𝐼1/0 = × 100 = 114,28%.
𝑃0 350
∑𝑘𝑖=1 𝑃1 × 𝑄1 27.200
𝐼𝑉𝐺 = × 100 = × 100 = 95,44%
∑𝑘𝑖=1 𝑃0 × 𝑄0 28.500
𝐼𝑉𝐺 = 95,44%
SECTION 2 : LE MARCHE
La notion du marché devient complexe suite à l’évolution des nouvelles technologies. On peut conclure une
affaire sans se rencontrer, sans un espace géographique. Néanmoins, on considère le marché comme le lieu de
rencontre et de confrontation de l’offre et de la demande.
I- LES CONSTITUANTS DU MARCHE :
Il s’agit de l’offre et de la demande
I-1- L’offre :
Elle représente les quantités de biens et services que le producteur est susceptible de mettre sur le marché à un
prix bien déterminé. Elle sera plus grande que le prix sera élevé. On dit que l’offre est une fonction croissante du
prix (loi)
Quantités
Offre
Prix
I-2- La demande :
Elle représente la quantité de biens et de services que les consommateurs sont susceptibles d’acheter à un prix
bien déterminé. Elle est une fonction décroissante du prix
Quantités
De ce graphique résulte la loi de l’offre et de la demande : l’offre varie dans le même sens que le prix et la
demande d’un bien varie en sens inverse avec le prix.
Application :
On donne dans un tableau, la demande et l’offre d’un bien en fonction du prix
Prix 80 90 100 110 120 130
Demande 1.300 1.200 1.000 900 800 700
Offre 760 800 1.000 1.100 1.300 1.400
TAF : représentez sur un même graphique, la courbe de l’offre et de la demande en fonction du prix. Commentez
ensuite
SOLUTION :
La courbe de l’offre croit au fur et à mesure que le prix augmente. Par contre, celle de la demande décroit lorsque
le prix augmente. Leur point de rencontre détermine le prix d’équilibre (100F) et les quantités d’équilibre (1000).
Les quantités d’équilibre sont les quantités qui ressortent le point d’égalité entre l’offre et la demande.
II- LES TYPES DE MARCHES :
On distingue les marchés suivant la nature économique du bien échangé et suivant le nombre d’intervenants.
II-1- Les marchés suivant la nature économique :
D’après la nature économique, on peut avoir :
le marché des biens de consommation fiscale : c’est un marché où se vendent les produits périssables
(tomates, poissons, viandes…) ou durables (téléviseur, voitures…)
le marché des biens d’équipement : marché où on retrouve les outils, les machines
le marché des matières premières ou de consommation : c’est le marché des biens destinés à être
transformés
le marché monétaire : c’est un marché où s’échangent les titres de court terme (la monnaie)
II-2- Les marchés suivant le nombre d’intervenant
Offreurs Un seul offreur Quelques offreurs Plusieurs offreurs
Demandeurs
Un seul demandeur Monopole bilatéral monopsone partiel Monopsone simple (pur)
(contrarié)
Quelques demandeurs Monopole partiel Oligopole bilatéral Oligopsone pur (simple)
(contrarié)
Plusieurs demandeurs Monopole pur (simple) Oligopole Concurrence pure et
parfaite
T.A.F : 1) Représenter sur un même graphique les courbes et les demandes suivantes : CM, Cm, RM, et Rm ;
2) Hachurer la partie correspondant au profit ;
3) Déterminer l’optimum économique et technique de cette entreprise.
B- Cas de la concurrence pure et parfaite :
Dans le court terme :
Ici, le nombre d’entreprise est fixé. La fixation du prix ne relève pas d’un seul offreur. Le prix est celui du
marché et il s’impose à tous. L’entreprise maximise son profit sur le marché lorsque : 𝐶𝑚 = 𝑅𝑚 = 𝑅𝑀 = 𝑃𝑀
Il serait utopique de donner une définition claire et précise de la monnaie. Nous pouvons tout au plus
la cerner, par ses fonctions et par ses formes. Au-delà de toutes ces considérations, la monnaie peut
s’entendre comme « l’ensemble des moyens de paiement immédiatement utilisables, pour effectuer
les règlements et qui sont acceptés par tous dans une communauté donnée ».
Au fil du temps, la monnaie a pris des formes diverses qui se sont succédées les unes aux autres.
Nous allons distinguer ici les formes suivantes.
II.1. Le troc
C’est un système les biens s’échangent contre d’autres biens. L’avantage du troc réside dans l’esprit
de solidarité et de communauté, parce que les acteurs qui le pratiquent appartiennent en général à
une même tribu. Par contre ses inconvénients sont nombreux :
C’est un bien quelconque, choisi conventionnellement par la communauté et qui sert d’étalon de
valeur, d’intermédiaire dans les échanges et de réserve de valeurs. Ce bien doit être identifiable et
accepté par les membres de la communauté. Par exemple, le riz a été utilisé comme monnaie au
Japon et les cauris en Afrique. Cependant, l’inconvénient réside dans la disponibilité de la
marchandise servant de monnaie, de même que la confiance des agents en cette marchandise.
C’est une monnaie fabriquée à base de métaux non précieux tels que le cuivre. Ces métaux furent
remplacés par l’or et l’argent. Du fait des risques liés à la falsification et à l’insuffisance par rapport
aux besoins, la monnaie métallique est devenue la monnaie divisionnaire (la valeur de la monnaie
repose sur la couche de métal qui recouvre la pièce de monnaie).
Le souci de combler les insuffisances des ces formes anciennes de monnaies telles que
l’encombrement et l’indivisibilité d’une part, et l’entrée des banques dans le système monétaire,
d’autre part, ont donné naissance aux nouvelles formes de monnaie.
- la monnaie fiduciaire, qui repose sur la confiance des agents et est composée de billets de
banque convertibles ou non ;
- la monnaie scripturale ou monnaie crédit, qui est l’ensemble des moyens de paiement se
traduisant par les écritures dans les livres des banques : cette monnaie circule par un jeu
d’écriture d’un compte bancaire à un autre par le biais des chèques, des virements…
II.5. La monnaie électronique
C’est l’ensemble des moyens de paiement se présentant sous forme de cartes électroniques (carte
de paiement, carte de crédit, porte monnaie électronique (Orange money, MTM mobile money) …).
La valeur d’acquisition de cette monnaie est déterminée par le pouvoir d’achat qu’on lui attribue lors
de sa fabrication. Elle est très utilisée dans les pays développés et offre une garantie de sécurité
assez élevée.
Il ici s’agit d’analyser les agrégats monétaires (grandeurs et indicateurs de la masse monétaire) à
travers leur structure et leur rôle.
Elles diffèrent d’un pays à un autre et sont choisies en fonction des objectifs et des orientations de la
politique monétaire. Au niveau de la zone BEAC, les indicateurs retenus sont les suivants :
- la masse monétaire au sens M1 : elle est composée essentiellement des billets de banque, des
pièces de monnaies et des dépôts à vue i.e. à très CT dans les comptes bancaires. il s’agit donc
de l’ensemble des disponibilités monétaires immédiatement utilisables dans les transactions
courantes ;
- la masse monétaire au sens de M2 : M2=M1+quasi-monnaie de paiement, avec quasi-monnaie
de paiement=chèques +certificats de dépôts+bons de caisse+dépôts à terme ;
- la masse monétaire au sens de M3 : M3=M2+épargne contractuelle (ou épargne logement).
- CE=Crédits à l’économie i.e. crédits accordés aux entreprises, aux ménages et des concours
financiers (prêts) de la BC en faveur des banques commerciales et en faveur des Etats ;
-
RE= Réserves de change i.e. ensemble des avoirs et des engagements des résidents sur les
non résidents, notamment les créances et les dettes libellées en devises que les nationaux
détiennent sur l’extérieur.
La création de la monnaie est le processus par lequel la masse monétaire d’un pays augmente. Elle
est strictement encadrée par le droit bancaire et les structures de contrôle. Au Cameroun, quatre
institutions détiennent légalement le pouvoir de créer de la monnaie : la banque centrale, les
banques commerciales, les EMF et le Trésor public.
- elle crée de la monnaie scripturale lorsqu’elle achète les créances que les agents économiques
(banques commerciales, ménages, entreprises,
Trésor public) détiennent les uns sur les autres ;
- elle crée de la monnaie lorsqu’elle achète les devises ou des créances sur l’extérieur apportées
par les banques, les entreprises, l’Etat du fait de leurs relations économiques avec l’étranger ;
- elle crée de la monnaie lorsqu’elle refinance les banques commerciales par le réescompte et
les appels d’offres ;
- elle crée de la monnaie lorsqu’elle achète et vend les titres à CT sur le marché monétaire.
Elles créent de la monnaie lorsqu’elles accordent des crédits à CM ou LT aux agents non bancaires ou
achètent les titres publics (actions et obligations) à partir des dépôts de leurs clients ;
La création monétaire, lorsqu’elle n’est pas bien maîtrisée, peut entraîner des déséquilibres
monétaires et macroéconomiques préjudiciables pour les agents économiques, notamment
l’inflation, la détérioration du pouvoir d’achat, la dévaluation. Pour prévenir de pareils effets
négatifs, les autorités monétaires mettent en place une gamme variée de mesures (encadrement du
crédit, normes prudentielles, réserves obligatoires…).
Une institution financière monétaire est celle qui a le pouvoir de création monétaire : la BC, les
banques secondaires, les EMF et le Trésor public.
Une institution financière non monétaire est celle qui ne crée pas de la monnaie mais en détient : les
sociétés d’assurances, la CNPS, la SNI, le CFC.
Le marché monétaire désigne le marché sur lequel se négocient les titres de court terme. Il peut
être ouvert ou fermé. Il est dit fermé lorsque l’accès est réservé exclusivement aux banques et
institutions financières non bancaires éligibles par la banque centrale (Trésor public, Caisse
d’épargne postale, la Caisse autonome d’amortissement, etc.). Il est dit ouvert si l’accès est élargi
aux grandes entreprises.
Le marché financier ou bourse des valeurs est un marché de capitaux à long terme où
s’échangent les valeurs mobilières telles que les actions et les obligations
- Le marché monétaire est un marché de capitaux de CT alors que le marché financier est un
marché de capitaux de LT ;
- Le marché financier permet le contact direct (finance directe) entre offreurs et demandeurs
de capitaux alors que dans le marché monétaire, l’offreur de capital (l’épargnant) dépose son
argent sans savoir ce qui en sera fait après et le demandeur vient demander le crédit à sa
banque sans savoir d’où vient l’argent qu’on va lui donner à crédit.
C’est l’ensemble formé par la BC, les banques commerciales, les autres institutions financières
non bancaire et éventuellement les agents économiques non bancaires (ménages, entreprises,
Etats), ainsi que les relations financières que ces différents agents entretiennent entre eux.
- Etat
Dépôts Agents non bancaires - Entreprise
Elles sont de divers types et sont classées en fonction de leur statut et des opérations qu’elles
effectuent.
II.2.1. La BC
Elle a le statut d’autorité monétaire (conjointement avec le ministère en charge des finances). De
façon classique, la BC remplit les missions suivantes :
- le rôle d’institut d’émission : elle est seule habilitée à émettre les billets de banque et pièces
de monnaie, qui ont cours légal (valeur officielle fixée par les autorités monétaires) et pouvoir
libératoire (moyens de paiements reconnu et acceptés).
- la banque des banques : la BC joue le rôle de prêteur en dernier ressort i.e. elle est toujours
en excédent de financement et demeure capable de répondre aux besoins de liquidité des
banques commerciales lorsque celles-ci on épuisé toutes les voies de financement.
Aussi, toutes les banques commerciales (encore appelées banques secondaires ou banques de
2nd rang) disposent chacune d’un compte à la BC qui doit être provisionné en tout temps d’un
certain montant. Elle refinance aussi les autres banques (escompte des effets de commerce qui
lui sont présentés).
- la gestion des réserves de change : la BC intervient sur le marché de change (marché sur lequel
s’achètent et se vendent les différentes monnaies), pour le compte des banques et de l’Etat
-
d’une part et d’autre part pour garantir la stabilité de la valeur de la monnaie nationale. C’est
elle qui centralise les avoirs extérieurs de l’économie nationale.
Encore appelées établissements de crédits, elles sont directement en contact avec les ménages,
les entreprises et l’Etat. Ce sont des « agents économiques financiers, qui effectuent à titre
habituel des opérations de collecte d’épargne (dépôts) du public, d’octroi des crédits aux agents
économiques, de prestation de services financiers divers, dans les limites prévues par la
règlementation en vigueur dans le domaine ».
Le système bancaire camerounais compte une dizaine de banque : AFB, ABC, BICEC, City Bank, CLC,
SGBC, CBC, EBC, SCBC, UBC.
II.2.3. Les banques d’investissement ou banques de développement
Elles se chargent du placement des titres (actions et obligations) émis par les entreprises,
procèdent à des prises de participation (achats de parts de capital dans les entreprises ou dans
les autres banques) ; elles font aussi les métiers d’analystes financiers, d’ingénierie financière et
de conseillers des entreprises sollicitant s’introduire en bourse ou des Etats sollicitant s’endetter
au niveau international.
Pour résister à la concurrence, les banques intègrent en leur sein en plus des activités classiques
de collecte d’épargne et d’octroi de crédit, divers autres types de métiers : assurance, analyse-
conseil, location de coffre-fort, gestion et émission de carte de paiement… d’où le terme de
banque universelle ou « banque à tout faire » pour traduire le caractère multidimensionnel des
opérations de ces banques.
-
Ce sont des institutions financières dont le rôle est de garantir les risques divers (accidents de la
circulation, incendie, vol, décès…) en contrepartie desquels elles perçoivent périodiquement des
primes versées par les assurés.
Enfin, elles sont un moyen de gestion et prévention des évènements imprévus pouvant survenir
à tout moment chez les ménages (maladies, accidents, incendies, décès…).
II.2.7. Les établissements de micro finance (EMF)
Il s’agit des institutions financières autrefois appelées COOPEC qui n’ont pas le statut de banque,
mais qui effectuent à titre habituel les opérations de banques (collecte d’épargne, octroi de
crédit, prestation des services divers).
Elles contribuent à la lutte contre la pauvreté en accordant des microcrédits (crédits de moyen
ou faible montant) aux populations en marge du système bancaire. Certaines d’entre elles
opèrent individuellement, tandis que d’autres sont constituées en réseau : c’est le cas du réseau
de MC2, du réseau CAMCCUL.
Ce sont des organismes de gestion de portefeuille de titres. C’est le cas de la SNI chargée de gérer les
parts de l’Etat dans les sociétés parapubliques.
Certains sont spécialisés dans le financement des secteurs d’activités précis. Elles reçoivent ou
non les dépôts du publics : c’est le cas du Crédit Foncier du Cameroun qui s’occupe du
financement de l’achat de terrain et de l’habitat.
C’est l’ensemble formé par la Commission des Marchés Financiers (CMF), l’entreprise de marché
(Douala Stock Exchange, DSX), le dépositaire central (Caisse Autonome d’Amortissement, CAA),
la banque des règlements (la SGBC), les prestataires de services d’investissement (PSI), les
émetteurs (Etat, entreprises, collectivités locales…), les propriétaires de titres qui sont des
donneurs d’ordres, ainsi que les relations financières que ces différents agents entretiennent
entre eux.
III.1. Organisation et fonctionnement de la DSX
La DSX est un marché centralisé qui dépend des donneurs d’ordres, lesquels agissent par
l’intermédiaire des PSI. De ce fait, les titres admis à la côte ne sont échangés qu’avec le
consentement de leurs propriétaires.
Le mode cotation en vigueur à la DSX est le fixing qui conduit à la formation d’un prix du marché
à la suite de la concentration des ordres pendant une période donnée. Il s’oppose à la cotation
en continu qui implique un ajustement du prix de marché à chaque nouvel enregistrement d’un
ordre boursier.
III.2. La BVMAC
III.3. La COSUMAF
Sur le marché des biens et services ou des capitaux, l’équilibre est atteint lorsque :
- l’offre est égale à la demande des biens et services à un prix donné appelé prix d’équilibre ;
- l’offre est égale à la demande des capitaux à un taux d’intérêt donné appelé taux d’intérêt
d’équilibre.
Sur le marché du travail, l’équilibre devrait se réaliser à l’égalité entre l’offre et la demande du
travail mais, il est rarement atteint.
La défaillance du marché est donc une situation dans laquelle, la régulation par le marché est
inadéquate ou impossible, c’est-à-dire qu’elle ne permet d’atteindre une situation optimale.
Les biens collectifs sont des biens qui peuvent être consommés par plusieurs personnes à la fois.
Chacun des consommateurs consomme la totalité du bien.
Un bien collectif remplit les critères de non-rivalité et de non-exclusion. Les différents types de biens
peuvent se résumer dans le tableau suivant :
La non rivalité est l’utilisation du bien par une personne n’empêche pas l’utilisation du bien par une
autre personne.
La non exclusion est l’usage du bien ne peut pas être limités à ceux qui sont disposer à payer. Il est
donc impossible d’exclure ceux qui refusent de payer.
Un bien commun est un bien rival mais qui remplit le principe de nonexclusion.
Remarque: Le terme de bien public est parfois utilisé pour désigner un bien collectif. De façon stricte,
il faut mieux utiliser le terme de bien collectif et réserver le terme de biens publics pour les biens ou
services dont la production est financée par l’Etat et qui peuvent être ou non des biens collectifs.
Le marché échoue dans la prise en charge les biens collectifs du fait de leurs caractéristiques
(non exclusion, non rivalité) même s’ils sont très utiles, il n’y a pas de marché possible, donc il n'y
a aucun mécanisme permettant de fixer le prix.
En effet, personne ne sera prêt à payer pour consommer ce bien dans la mesure où il est possible
d’en profiter gratuitement, il est difficile d’interdire l’accès à ce bien à ceux qui ne paient pas
(comportement de "passager clandestin") ; par exemple, l'éclairage public. De même, aucun
-
Les pouvoirs publics peuvent être amenés à intervenir pour corriger ces défaillances.
L’Etat peut prendre en charge la production des biens collectifs dans la mesure où ils sont
favorables à l’intérêt général et que le marché ne peut les prendre en charge. Les biens collectifs
seront financés collectivement, par le biais de l’impôt. Ex : l’éclairage public, la construction
d’une route…….
II.2. L’information imparfaite sur le marché ne permet pas d’atteindre une situation optimale pour
les acteurs du marché
Dans le modèle de concurrence pure et parfaite, on fait l’hypothèse que les agents économiques
sont parfaitement informés (sur la qualité, les prix….). Dans la réalité, sur les marchés,
l’information est imparfaite. Le marché ne fonctionne souvent qu’en situation d’asymétrie
d’information.
L’information est dite asymétrique lorsque l’un des participants à l’échange dispose
d’informations que l’autre n’a pas, ce qui va conduire à un dérèglement du marché car celui qui
détient l’information peut l’utiliser à son profit.
- intentionnelle : par exemple, l’offreur peut vendre son produit à un prix plus cher parce
qu’il veut faire croire qu’il est de bonne qualité;
- ou pas : le producteur peut vendre son produit à un prix plus cher parce qu’il a des coûts
de production plus élevés, sans nécessairement proposer un produit de grande qualité.
Dans le cas d’une asymétrie d’information, on peut rencontrer deux grands types de risques :
- Le risque moral : c’est une situation où un agent mal informé ne peut pas contrôler
l’action d’un autre agent qui peut en profiter (par exemple, si l’acheteur n’est pas informé
sur la qualité d’un bien ou si l’offreur n’est pas informé, par exemple, dans un contrat
d’assurance, le client, une fois assuré, peut être incité à prendre plus de risque) ;
- La « sélection adverse » : dans une situation d’asymétrie d’information, les agents sont
amenés à prendre des décisions contraires à leurs intérêts initiaux : par exemple, en
achetant toujours au prix le plus bas, les consommateurs provoquent la disparition de
produits de qualité du marché ; en cherchant à vendre au plus bas prix, les producteurs
-
vont finir par faire moins de bénéfices car à force de vendre des produits de moindre
qualité, ils vont à long terme vendre moins.
II.3. Le marché ne guide pas toujours les agents vers des activités socialement optimales du fait de
l’existence d’externalités
On parle d'externalités lorsque les actions d'un agent économique ont un impact positif ou
négatif sur le bien-être et le comportement d'autres agents sans compensation monétaire (cet
impact n'est pas pris en compte dans les calculs de l'agent qui le génère). Les externalités
peuvent se révéler positives ou négatives :
- Les externalités positives : par exemple, l’implantation d’une usine crée des emplois ce
qui est favorable au voisinage (les commerçants voient leur clientèle augmenter) sans
que celui-ci participe d’aucune manière au financement de l’avantage dont il bénéficie.
L’existence d’externalités empêche une allocation optimale des ressources dans la mesure où :
- un agent créant une externalité positive, qui améliore l’intérêt général sans être
rémunéré ne sera pas encouragé à accroître son activité puisqu’il n’est pas récompensé.
- Un agent créant une externalité négative, qui nuit au bien être collectif, n’aura pas intérêt
à réduire son activité puisqu’il n’en subit pas le coût. Le marché ne l’incite en effet pas
spontanément à réduire ce coût.
Les externalités ne sont pas prises en compte dans le prix du produit, le prix est "faux".
L’Etat dispose d’un grand nombre de solutions pour lutter contre les externalités négatives :
- Il peut mettre en place des réglementations (par exemple, pour interdire la pollution) ;
- Il peut mener une politique d’incitation (par des subventions ou un programme d’aide à
l’innovation) ;
-
- Il peut mettre en place des taxes, par exemple sur le principe du pollueurpayeur.
Exemple : taxer les entreprises polluantes ou subventionner les investissements dans les énergies
renouvelables.
La comptabilité nationale est une représentation quantifiée de l'économie d’un pays. Elle récence
toutes les opérations réalisées par les acteurs économiques pour une durée précise dans le but de
montrer les relations et les transactions qui existent entre les différentes branches ou secteurs de
l’économie nationale.
Elle est nécessaire à une réflexion sur le futur car va permettre des prévisions à court terme et à
moyen terme :
- A court terme, elle permet la prévision des budgets économiques. Ces budgets sont
indispensables à l'élaboration des politiques économiques et plus particulièrement à la
politique budgétaire.
- A moyen terme, elle est un éclairage à la planification : la planification est une prévision fondée
sur la détermination d'objectifs économiques et de moyens nécessaires pour les atteindre. Les
plans (triennaux) sont élaborés à partir de modèles développés par la comptabilité nationale.
- Le terme emploi recouvre l'utilisation qui est faite d'une ressource disponible ;
- L'investissement se nomme formation brute de capital fixe (FBCF). Il s'agit de toute chose qui,
qui grossit un stock de capital fixe (on ne compte pas les machines mises au rebut). Pour les
ménages, seul l'achat d'un logement est compté comme FBCF, l'épargne financière étant un
placement et non un investissement.
-
- Un même bien peut avoir un emploi différent selon son utilisateur : ainsi l'achat d'une
automobile est une consommation finale pour un ménage et une consommation intermédiaire
pour une entreprise
- Une branche est au sens de la comptabilité nationale, un ensemble d'unités de production qui
produisent un seul type de biens ou de services. La notion de branche doit être distinguée de
celle de secteur économique, qui regroupe les entreprises ayant la même activité principale.
Par exemple, l'entreprise SODECOTON n'entre pas toute entière dans la branche textile, parce
qu'elle ne produit pas que du coton; en revanche, elle entre dans le secteur textile parce que
le coton est sa principale production.
Il s'agit de l'ensemble des opérations qui concernent la création et l'utilisation des biens et des
services. Parmi elles on distingue :
- La production est l'activité économique socialement organisée consistant à créer des biens et
des services s'échangeant habituellement sur le marché et obtenus à partir de facteurs de
production s'échangeant sur le marché. On distingue généralement la production marchande,
de la production de services non marchands
- Les opérations avec l’extérieur i.e. opérations avec l'extérieur (c'est-à-dire les importations et
les exportations de biens et de services). Ces opérations sont regroupées dans le TRE (tableau
des ressources et des emplois).
- La variation de stocks : la différence entre les produits et les emplois qui sont faits desdits
produits.
-
Ce sont les opérations par lesquelles la valeur ajoutée créée par la production est distribuée entre les
salariés, les propriétaires d'entreprises et les administrations publiques, puis redistribuée du fait de
l'action des administrations publiques (versements d'allocations financées par des prélèvements…)
Les opérations financières représentent les engagements pris par les agents économiques les uns
envers les autres, en contrepartie de monnaie ou de produits. Par exemple les prêts faits par certains
représentent des emprunts pour les autres.
L’agrégat le plus important est le PIB (produit intérieur brut), qui correspond à la somme des valeurs
ajoutées (auxquelles il faut ajouter les impôts et en déduire les subventions sur les produits) des
biens et services produits dans un pays donné au cours d'une année.
- L'approche par la production : PIB = somme des VAB + IP – SUBV, avec VAB la somme des
valeurs ajoutées brutes, IP l'impôt sur la production et SUBV les subventions ;
- L'approche par les revenu : PIB = RS + EBE + RMB - SUBV + IP, avec RS la rémunération des
salariés, EBE l'Excédent brut d'exploitation1, RMB les revenus mixtes bruts, SUBV les
subventions et IP les impôts sur la production (liés à la production et aux importations) ;
- L'approche par la demande (ou les emplois finals) : PIB = CF + FBCF + (X-M), avec CF la
consommation finale, FBCF la formation brute de capital fixe (l'investissement), X les
exportations et M les importations.
Le PIB (Produit intérieur brut) ne doit pas être confondu avec le PNB (produit national brut) qui est la
somme des revenus primaires reçus effectivement par les agents économiques d'une même
nationalité, qu'ils soient situés sur le territoire ou non. On a ainsi la relation PNB = PIB + revenus des
facteurs (travail et capital) en provenance de l'extérieur - revenus des facteurs versés à l'extérieur.
-
Définition
V.2. Représentation
- dans la partie gauche, la ventilation des produits du secteur aux autres secteurs (leurs
consommations intermédiaires en produits du secteur) et le total ;
- et dans la partie droite, la CF (vente directe aux ménages), la FBCF, la VS, les X et le total des
emplois faits des produits du secteur ;
- dans la partie haute, les consommations intermédiaires du secteur en produits des autres
secteurs) et le total ;
Le TES est toujours équilibré en ressources et en emplois car, une nation ne peut utiliser que ce dont
elle dispose (celles produites P ou celles importées M) : ressources = P + M. Tout ce dont la nation
dispose fait l'objet d'une utilisation sous la forme de consommation (C), d'investissement (FBCF),
d'exportations (X) ou d'augmentation de stocks (S) : Emplois = C + FBCF + X + S. Finalement, on doit
avoir : Ressources=Emplois i.e. P+M=C + FBCF + X + S.
NB :
- L’équilibre global est obtenu à partir des équilibres ressources-emplois par produit.
Si l’on désigne par i, le produit et j la branche, le coefficient technique Aij du produit i dans la branche
j représente le rapport entre la consommation du produit i dans la branche j et la production totale la
branche j.
Application :
Dans une économie simplifiée à trois (03) branches d’activités (Agriculture, Industrie et Services), on
dispose des données suivantes (en milliards de FCFA) :
-
Agricoles 128 25 24
Industriels 336 18 20
Services 103 12 15
Agriculture 18 33 09
Industrie 45 134 12
Services 04 29 13
FBCF 02 25 00
Travail à faire :
Eléments de réponse
1- Le TES
NB : A partir des coefficients techniques, il est aussi possible de reconstituer le TES. Dans ce cas, on
doit considérer les coefficients techniques des valeurs ajoutées par produit, sachant que la somme
des coefficients d’un produit est égale à 1.
Exercice : Soit une économie simplifiée à trois branches et dont les données sont consignées dans le
TES suivant :
Branche Total
Agricult. Indust. Serv. Total DF FBCF ∆S
Produits Emplois
Travail à faire :
1-Complétons le TES
L’inflation est la hausse continue et généralisée du niveau des prix sur le marché.
L’inflation peut avoir plusieurs origines. Elle peut être causée par une augmentation du coût de
production. En effet, lorsque les salaires augmentent, les prix des biens et services suivent aussi
mais le profit des entreprises diminuent. Pour maintenir son profit, l’entreprise doit augmenter
le prix de vente de ses produits : c’est l’inflation par la production ;
Elle peut aussi être causée par un déséquilibre entre l’offre et la demande. En fait, lorsque les
quantités de biens et services augmentent plus rapidement que les quantités des biens et
services produits, les prix augmentent : c’est l’inflation par la demande ;
Elle peut encore être liée à une augmentation de la masse monétaire. Dans ce cas, une
augmentation de la production des biens et services entraine une augmentation plus que
proportionnelle de la masse monétaire en circulation, provoquant ainsi une hausse des prix :
c’est l’inflation par la monnaie.
Selon le BIT, le chômage est la situation d’une personne de plus de 15 ans qui remplit les conditions
suivantes :
- le ralentissement de
l’activité économique ;
- le progrès technique ; -
le coût du
travail.
Le chômage revêt deux grandes formes selon son origine : le chômage conjoncturel et le chômage
structurel
Le chômage structurel, par contre, est lié au refus du salarié de travailler dans les conditions
proposées par l’employeur (un salaire qui ne couvre pas par exemple les frais de transport pour
se rendre au travail et les frais de garde d'enfants…). Il est donc volontaire.
- technique, caractérisé par une inactivité imposée par une interruption du processus de
production suite à une grève, à une rupture des approvisionnements, à une panne de
machine, etc.
Le solde extérieur est la différence entre les BS achetés et vendus par les résidents d’un pays. Il
y’a déséquilibre ou déficit lorsque les résidents achètent plus qu’ils ne vendent à l’étranger. Pour
équilibrer le solde extérieur, il peut être important de :
Né en URSS aux environs de 1925, le socialisme est un système qui remet en cause les effets
inégalitaires et la lutte des classes occasionnée par le capitalisme.
1.) Définition
Le socialisme est système économique qui prône une société égalitaire et juste où l’Etat est le
principal agent économique.
2.) Fondements du système socialiste
a) Fondement idéologique
L’idéologie socialiste repose sur le refus de l’exploitation de l’homme par l’homme, l’individualisme
et des inégalités. Elle privilégie un mode de satisfaction collectif des besoins.
b) Fondements institutionnels
-
La propriété des moyens de production est collective. Elle a deux formes : la propriété d’Etat et la
propriété coopérative.
Les institutions économiques : elles portent sur le plan qui fixe le niveau de production,
les techniques de production, la répartition des revenus, les prix.
Les institutions politiques : l’Etat intervient ici pour éviter la domination d’une classe
sur les autres, protège les travailleurs, organise et développe l’économie.
c) Fondements techniques
Les économies socialistes ont été qualifiées d’économies de pénuries car les entreprises tout comme
les consommateurs étaient rationnés dans leurs achats.
Nomenklatura : Ensemble des personnes occupant dans l’économie et la société Soviétique des
postes de responsabilités leur accordant des privilèges particuliers. Le dirigisme : c’est un système
économique qui confère à l’Etat un rôle prééminent dans l’orientation et le contrôle de l’activité
économique.
a) Avantages
Nous avons :
b) Difficultés/Inconvénients
1.) Définition
Le capitalisme est un système économique caractérisé par la propriété privée des moyens de
production, la recherche du profit et l’accumulation du capital.
a) Fondement idéologique
Le mobile essentiel du capitalisme est la recherche du profit. La grande partie de ce profit doit-être
réinvestie dans l’achat des biens de production, ce qui aboutit à l’accumulation du capital (qui
permet de développer les moyens de production et les profits futurs).
b) Fondements institutionnels
Institution juridique
-
La liberté de propriété s’accompagne du droit de gérer des biens et recevoir des revenus liés à cette
propriété.
Institution économique
Remarque:
a) Avantages
b) Critiques/Inconvénients
C’est l’économiste KARL MAX qui a le plus critiqué le capitalisme. Pour lui, le capitalisme :
L’activité économique repose sur les trois rouages suivants : Production Répartition-
Consommation. Ce sont les trois moteurs de notre économie. Parfois ils se dérèglent et peuvent
être en panne. Très souvent il faut effectuer les régler. Mais qui peut faire ce réglage de l’activité
économique ?
Selon les économistes classiques et néoclassiques (qu’on appelle aussi les libéraux), en principe
l’Etat ne doit pas intervenir dans l’activité économique. Les trois rouages évoqués ci-dessus
s’autorégulent par une « main invisible » appelé « Marché ». Les déséquilibres finissent par se
corriger eux-mêmes grâce à la concurrence et à la flexibilité des prix. Une action de l’Etat ne
ferait alors que perturber ce bon fonctionnement.
Les libéraux qualifient d’Etat-providence tout Etat qui a la prétention à se substituer à « l’ordre
naturel » (le marché). L’État-providence désigne alors un État interventionniste dans le domaine
économique et social, par opposition à l’État-gendarme, cher aux libéraux, qui limite son activité
aux fonctions régaliennes traditionnelles : biens et services publics (défense nationale, justice,
police et ordre public, diplomatie).
I.2. De l’avis des keynésiens
La réalité économique nous démontre que la régulation par le marché n’est pas suffisante et
reste purement théorique. C’est dans ce sens que Robert Musgrave a distingué trois fonctions
fondamentales de l’Etat : la fonction d’affectation, la fonction de répartition, la fonction de
régulation. D’où l’intervention de l’Etat prônée par les économistes Keynésiens pour régler les
moteurs de notre économie. Et cette intervention se fait par la politique économique. I.3.
Pourquoi l’Etat est-il obligé d’intervenir sur le marché ?
- Si l’État ne prend pas en charge la construction des routes ou des ports, il n’y en aura pas. Ou
ils seront de médiocre qualité comme l’avait constaté Adam Smith à son époque où s’étaient
multipliées en Grande-Bretagne les routes privées à péage. Les propriétaires bénéficiaient
d’un quasimonopole sur un tracé, aussi les routes étaient-elles mal entretenues et le poids
roulant autorisé était faible.
La politique économique est l’ensemble des décisions, mesures prises par les pouvoirs publics
(Gouvernement) pour orienter, influencer l’activité économique en vue d’atteindre certains
objectifs. Ça peut être des objectifs économiques qui affectent les grands équilibres (chômage,
inflation, PIB, commerce extérieur) ou des objectifs sociaux qui affectent le bien-être individuel
et collectif (route, point d’eau, santé, école, justice, sécurité…).
La conjoncture désigne l’état de santé de l’économie. Donc, une politique conjoncturelle est
l’ensemble des interventions de l’État susceptibles de modifier l’évolution à CT de l’économie.
Croissance
(Taux de
croissance en %)
-
(Inflation en %)
Ce carré est réputé magique car l'expérience et les faits économiques prouvent qu'il est très
difficile d'atteindre à CT simultanément les quatre objectifs. Il montre que la santé économique
d’un pays est d’autant plus satisfaisante que le carré a une surface large et qu’il est régulier.
Chaque fois que les statistiques d’un pays à une période donnée s’éloignent de la surface
théorique du carré, la situation économique se détériore. De même, lorsque le carré se déforme
dans une direction particulière (voir ci-dessous), cela traduira une indication sur l’efficacité de la
politique économique.
Croissance
(Taux de
croissance en %)
(Inflation en %)
B- La politique monétaire
L'Etat, pour relancer la demande, doit diminuer le taux d'intérêt afin d’inciter les agents
économiques à emprunter pour dépenser. Cela permet aussi d'accroître la profitabilité des
entreprises et les inciter à investir.
Encore appelée politique de rigueur, la politique monétaire dans ce cas privilégie la lutte contre
l'inflation (politique monétaire des Banques Centrales), l'équilibre budgétaire et la réduction du
déficit de la balance commerciale. En voulant atteindre ces deux objectifs, elle freine la
croissance ainsi que les emplois durables et donc modifie aussi le "carré".
économique ?
Hausse des
dépenses
publiques
Politique Hausse de la Hausse de l a Création Baisse du
bubgétaire
budgétaire demande production d’emplois chômage
Baisse des
impôts
Ces actions portent sur la structure (degré de concentration des entreprises, économies
d’échelle), la modernisation (investissements), et l’environnement national (coûts salariaux,
fiscaux, taux d’intérêt…) et international (accords de libre-échange, protectionnisme, taux de
change…).
L’intervention de l’État dans le domaine industriel est aujourd’hui contestée par la pensée
libérale. Cette remise en cause porte notamment sur les nationalisations et l’étendue du secteur
public.
Section III : L’OUTIL DE LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE : LE BUDGET DE L’ÉTAT
Le budget est un document dans lequel sont prévues et autorisées les dépenses et les recettes
de l’État pour une année civile. Il est présenté et défendu par le gouvernement et voté par le
Parlement sous forme d’une loi appelée loi des finances. La loi des finances détermine la nature,
le montant, l’affectation et l’utilisation des ressources de l’État.
Un budget est composé de deux parties : les recettes et les dépenses III.1. Recettes et
dépenses
Les deux éléments de base de tous les budgets sont les recettes et les dépenses. III.1.1. Recettes
III.1.2. Dépenses
Les dépenses effectuées par l'État et les collectivités locales sont nommées dépenses publiques. Elles
sont divisées en quatre parties :
Le budget contribue à :
Un budget est dit en équilibré si les recettes sont égales aux dépenses. Un déficit budgétaire est
la situation dans laquelle les recettes de l'État (hors remboursement d'emprunt) sont inférieures
à ses dépenses (hors emprunt) au cours d'une année. C'est donc un solde négatif. Ce déficit est
donc financé par des emprunts, ce qui peut augmenter la dette de l'État. Un excédent budgétaire
permet à l'inverse de rembourser une partie de la dette.
C’est un Etat « neutre » qui rend essentiellement certains services collectifs, notamment :
C’est un Etat qui, en plus de ses missions régaliennes, assure aussi la fonction de redistribution
qui consiste à prélever les cotisations sociales sur les revenus distribués et les redistribuer sous
forme de prestations sociales : retraites, frais médicaux, allocations familiales…
La croissance économique
Introduction
La croissance économique est, pour un pays, un enjeu de première importance car c'est elle qui
conditionne l'amélioration du niveau de vie de ses habitants. Elle représente, pour les pouvoirs publics, l'objectif
principal de la politique économique. Mais ses origines restent difficiles à préciser. On s’intéresse dans ce
chapitre sur la définition de la croissance, sur son explication et sa mesure.
des agrégats permettant de mesurer l’évolution de l’ensemble des productions tels que le PIB (Produit Intérieur
Brut).
Les comptables nationaux utilisent deux variantes du PIB pour calculer la richesse créée dans une économie
: le PIB en volume et le PIB en valeur (résultat d’un effet quantitatif et d’un effet prix).
Soit :
La croissance est généralement assimilée au taux de variation du produit intérieur brut PIB), plus
précisément la variation relative du PIB en volumed’une année sur l’autre.
𝑃𝐼𝐵𝑡 − 𝑃𝐼𝐵𝑡_1
𝑇𝐶 =
𝑃𝐼𝐵𝑡_1
C- La croissance équilibrée
Les économistes parlent généralement de croissance équilibrée, c’est-à-dire d’une croissance telle que
le taux d’accroissement de l’offre soit égal à celui de la demande sur le marché des biens et services. Les
forces du marché seraient ainsi autorégulées, dès qu’une hausse des prix apparaît, la demande diminue, et
l’offre s’ajuste. Une croissance équilibrée satisfait les conditions du carré magique : création d’emplois, faible
niveau d’inflation, budget et balance commerciale équilibrés.
loi de progression arithmétique des subsistances et la loi de progression géométrique. La sortie de cet
état passe par la mortalité, la baisse de la natalité et le célibat.
- David Ricardo (1817, Des principes de l’économie politique et de l’impôt),souligne que la croissance est
limitée par la loi des rendements décroissants. Lavaleur ajoutée se répartit entre trois agents : les
propriétaires fonciers (rente foncière),salariés (salaire de subsistance) et le capitaliste (profit). Précisons
que le profit descapitalistes est résiduel, c’est-à-dire qu’il intervient une fois le salaire et la rentefoncière
payés. Lorsque la population s’accroît, il convient d’augmenter la productionagricole, or les nouvelles
terres mises en culture sont de moins en moins [Link] coût de production va donc s’élever,
entraînant inévitablement la hausse dessalaires et de la rente foncière. Les profits vont se réduire
jusqu’au moment lescapitalistes ne seront plus incités à investir. L’économie atteint la situation
d’étatstationnaire. Afin de retarder cette situation, Ricardo préconise d’augmenter les gainsde
productivité dans l’agriculture grâce au progrès technique et de s’ouvrir aucommerce international
(théorie des avantages comparatifs).
- Karl Marx (1867, Le Capital) a été le premier économiste à proposer un modèleformel de croissance, à
l’aide de ses schémas de reproduction élargie. Il considère quela croissance est limitée dans le mode de
production capitaliste en raison de la baissetendancielle des taux de profit. En effet, la recherche d’une
plus-value toujours plusimportante (notamment grâce à des salaires bas, que Marx appelle, Minimum
deSubsistance) et la concurrence entre capitalistes devraient provoquer une paupérisationdes ouvriers
et un blocage dans le développement du système capitaliste (crise).
- Joseph Schumpeter (1942, Capitalisme, Socialisme et démocratie) fait du progrèsindustriel la clé du
changement. : « L’impulsion fondamentale qui met et maintient enmouvement la machine capitaliste
est imprimée par les nouveaux objets de laconsommation, les nouvelles méthodes de production et de
transport, les nouveauxmarchés, les nouveaux types d’organisation industrielle – tous éléments créés
parl’initiative capitaliste ». En d’autres termes, le progrès industriel est porté par desinnovateurs qui
cherchent à emporter le gros lot (Schumpeter compare le jeu desaffaires au poker).L’analyse
schumpetérienne est intéressante car elle ne repose pas seulement sur leprogrès technique, sur
l’évolution des connaissances ou les grandes inventions (avec lecycle des révolutions industrielles
successives). Schumpeter y ajoute un héro – le chefd’entreprise qui prend le risque de lancer un
nouveau produit ou une nouvelle façon deproduire , et une structure (la concurrence monopolistique)
qui assure à celui qui aréussi son pari d’en percevoir une rétribution financière. Mais attention, il y aura
peud’élus pour beaucoup d’appelés. La « Destruction – créatrice » laissera certainsderrière elle,
cependant elle finira par être bénéfique pour tous. Le système tout entierproduira plus de richesse.
2- Les postkeynésiens
A la suite de la crise de 1929, de nombreux économistes inspirés par les travaux de J.M Keynes, vont
s’interroger sur les possibilités d’une croissance équilibrée.
Les modèles de Domar et Harrod vont chercher à rendre compte des conditions et caractéristiques
essentielles de l’équilibre d’une économie capitaliste en croissance.
Le point de départ de Domar est de considérer que l’investissement exerce une double influence sur
l’économie. Dans un premier temps, il s’agit de l’effet revenu. A court terme, l’investissement constitue une
demande supplémentaire et entraîne une hausse des revenus via le principe du multiplicateur (I Y R C et
S). L’effet revenu associé à une augmentation de l’investissement ∆I, est égal à ∆I [1/(1-c)] c’est-à-dire ∆I [1/s]
où s=(1-c) sachant que c et s représentent respectivement les PmC et PmE. Dans un second temps, il s’agit de
l’effet capacité. A long terme, l’investissement doit engendrer une stimulation de la capacité de production, via
le principe de l’accélérateur. L’investissement accroît les capacités de production dans une proportion égale à
1/v où v est le coefficient de capital et correspond à l’inverse de la productivité moyenne du capital soit v = K/Y
(où K est le stock de capital et Y la production). L’effet de capacité est donc égal I(1/v). Pour qu’il y ait croissance
équilibrée, il faut que les revenus supplémentaires engendrés par l’effet multiplicateur permettent d’absorber
la production supplémentaire obtenue. En d’autres termes, l’effet de revenu doit être égal à l’effet de capacité.
Cette condition est vérifiée si l’investissement augmente à un taux constat égal au rapport entre la propension
-
marginale à épargner et le coefficient de capital soit ∆I /I = s/v. Harrod montrera par la suite que la croissance
est par nature instable.
Introduction
Pour comparer la situation économique de divers pays, on utilise habituellement le PIB par habitant. Il n'est
cependant pas satisfaisant parce qu’il conduit à une compétition inutile et parce que ses chiffres peuvent induire
en erreur :
Ce sont des revenus nominaux : ils dépendent des quantités réelles mais aussi des niveaux des prix et
de l'inflation.
Pour comparer, il faut convertir les monnaies nationales en une monnaie commune (fluctuations selon
les taux de change).
Difficultés d'évaluation: Les produits nationaux nominaux ne sont en général pas calculés selon les
mêmes critères. Ils dépendent d'économies de nature et de structure différentes.
On compare par exemple les produits nationaux "aux prix du marché". Cela ne signifie pas grand
chose pour des économies collectivistes aux prix fixés d'autorité par l'Etat.
De même, les revenus des pays en voie de développement sont difficilement comparables, parce
que la part d'autoconsommation est beaucoup plus importante. Il y a donc une fraction non
commercialisée du produit national est beaucoup plus difficile à évaluer.
Les besoins, les goûts et les préférences sont inégaux.
On compare enfin les revenus moyens par habitant, mais cela renseigne mal sur la répartition du produit
social. En effet, un revenu moyen élevé peut cacher la pauvreté de larges couches de la population.
On a donc proposé d'autres procédés pour éviter les difficultés de la comparaison des produits sociaux par
habitant:
On peut comparer les taux de croissance annuels de des produits sociaux réels ;
On peut utiliser d'autres indicateurs du bien-être : espérance de vie, analphabétisme, densité médicale,
niveau de nutrition, mortalité, morbidité,…
On peut comparer le nombre d'heures de travail nécessaire pour acquérir un bien ou un service
déterminé.
…
II- Classification des différents pays du monde
On distingue généralement :
i- Les pays industrialisés :
Représentent les "anciens" pays industrialisés dont le niveau dedéveloppement (mesuré en termes de PIB
par habitant) est bien supérieur àla moyenne mondiale. Il regroupe principalement les pays occidentaux, àsavoir,
les Etats-Unis, le Canada, le Japon, les pays membres de l'UnionEuropéenne, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
Ces pays ont été les premiersà engager la révolution industrielle et concentrent l'essentiel des richessesproduites
au niveau mondial.
ii- Les Nouveaux Pays Industrialisés : (NPI)
Représentent les pays qui ont connu un développement économique très important depuis le milieu des
années 70 fondée sur une insertion rapidedans la division internationale du travail et dont le niveau de
développementse rapproche voir égal celui des pays industrialisés traditionnels. Ce groupecomprend
essentiellement des pays d'Asie appelés aussi les "dragons asiatiques" à savoir, la Crée du sud, Singapour,
Taiwan et Hong-kong. Onintègre de plus en plus dans ce groupe certains pays qui connaissent uneaccélération
récente de leur croissance économique (Malaisie, Thaïlande,Indonésie...).
iii- Les pays émergents
Cette notion qui concerne en partie les NPI, englobe un plus grand nombrede nations de part le monde. Un
pays sera considéré comme émergent s'ilremplit trois critères : un niveau de richesse (revenu par tête
moyeninférieur à 70% du niveau moyen des pays de l’OCDE), une insertion rapidedans la division internationale
du travail qui se traduit par une participationcroissante aux échanges internationaux de produits manufacturés
(croissancedes exportations de produits manufacturés y compris les industries agroalimentairessupérieure de
2% en moyenne par an à la croissance deséchanges mondiaux) et enfin, l’attraction que ce pays exercent sur les
fluxfinanciers internationaux (notamment en terme d'IDE). De ce point de vue,la Chine constitue indéniablement
un pays émergent même si son PIB parhabitant le classe plutôt du coté des PMA.
iv- Les Pays en voie de développement : (PVD)
Regroupent la plus grande partie des pays du Monde qui connaissent undéveloppement économique faible
mais constant. Il n'en demeure pas moinsque ce groupe présente encore des pays très différents puisqu'il
-
comprendpar exemple les trois géants mondiaux que sont la Chine, l'Inde et le Brésilainsi que la majorité des
pays d'Amérique du Sud et d'Asie qui ne connaissentpas tous le même degré de développement.
v- Les pays d’Europe Centrale et orientale : (PECO)
Ce nouveau groupe de pays est apparu après la chute du mur de Berlin en1989 et la fin du communisme et
rassemble les anciens pays européen dubloc communiste (Pologne, Roumanie, ex-Tchéquoslovaquie...) et qui
sonten phase de transition vers le passage à une économie de type [Link]ès presque une décennie de
récession, ces pays commencent à connaîtreun fort développement économique et ils cherchent en général à
rejoindreles pays membres de l'Union Européenne.
vi- Les Pays pétroliers : (PEP)
Ces pays, constitués en majorité par les monarchies pétrolières de lapéninsule arabique sont normalement
intégrés dans le groupe des PVD.Néanmoins, depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979, le niveau
dedéveloppement est proche, voir souvent supérieur à celui des paysindustrialisés. Ils se caractérisent par le fait
que le structure productive estpresque uniquement tournée sur la production et l'exportation de pétrole.
vii- Les Pays les Moins Avancés : (PMA)
Se caractérisent par un très faible niveau de développement (le PIB parhabitant y est inférieur à 900 dollars
par habitants), par un retard dans ledéveloppement du capital humain (alphabétisation et scolarisation
faible,espérance de vie limitée...) et par une très grande vulnérabilité économique(production agricole, mono-
produit, demande interne limitée...). Ces payssont au nombre de 49 actuellement et sont presque totalement
marginalisésdans les échanges internationaux.
La terminologie des instances internationales a évolué récemment afin de tenir compte des "susceptibilités
nationales" puisque le terme de Pays les Moins avancés sont de fait considérés comme étant en voie
d'avancement alors que leursituation économique s'est en fait dégradée au cours des dernières années. Lemême
constat peut-être dressé concernant les Pays en Voie de Développement quine sont pas tous sur le chemin du
développement économique.
Il est difficile de mesurer la couverture de certains besoins fondamentaux, on recourt donc à d'autres
caractéristiques socio-économiques telles que :
i- Ledegré d'industrialisation: il renseigne sur la présence ou l'absence d'activités motrices.
ii- La dépendance économique par rapport à l'extérieur: elle est politique, mais elle agit par le commerce,
le financement et la technologie.
iii- L'inarticulation: elle concerne les économies constituées d'éléments isolés (pas d'unité) et les sociétés
avec peu de contact extérieur (repli). Conséquence: il n'y a pas de système de prix uniforme; les flux se
propagent mal (marché sclérosé); l'information est mal diffusée (asymétrie d’information).
iv- Le dualisme: Les secteurs modernes (villes) coexistent avec les secteurs archaïques (campagne). Cette
juxtaposition du moderne et du traditionnel démontre une faible quantité de contacts entre ces 2
économies.
v- L'inégalité: Les richesses et les revenus sont partagés de manière inégale. Elle est plus marquée que
dans les pays industrialisés.
Le plus souvent, ce sont des capitaux étrangers investis qui favorisent l'exportation: ce secteur d'importation
est plutôt une enclave des pays industrialisés en territoire sous-développé. L'économie est cloisonnée: les effets
bénéfiques des activités industrielles et commerciales naissantes ne peuvent pas se répercuter. De plus, les
bénéfices sont souvent rapatriés. Il faut donc créer des ponts qui conduisent vers des structures économiques et
sociales intégrées.
- Une politique de redistribution des revenus: on privilégie ceux dont la propension à épargne est élevée.
Résultat: l'offre interne de capitaux augmente (il y a plus de capitaux disponibles à l'intérieur du pays)
- La réforme agraire: les structures et la productivité de l'agriculture devient une source de dégagement
interne d'épargne.
Cependant, des moyens financiers disponibles ne sont pas suffisants pour garantir l'investissement. Il faut
aussi stimuler la demande de capitaux à des fins d'investissement (il faut encore que ces capitaux disponibles
soient investis: les gens doivent "sacrifier" leur épargne).
Le développement des ressources humaines est lié à la notion de capital humain (savoir, formation, santé,
homme):
- L'éducation : Avant négligée. C'est un facteur fondamental du développement. Les effets se situent
surtout dans l'évolution des mentalités et des structures sociales.
- La santé : Place fondamentale dans le développement. Le nombre de personnes aptes au travail et la
productivité en dépendent.
- Les motivations : Elles sont liées a un système de valeurs qui se manifeste par les comportement envers
les phénomènes économiques.
- Propension à innover et esprit d'entreprise
c- L'aide au développement
-
Le Comité pour l'aide au développement de l’OCDE définit l’aide au développement comme le transfert qui
émane de pouvoirs publics, qui vise le progrès économique et s'opère à des conditions plus avantageuses que
les transactions commerciales ordinaires.
La stabilisation vise la résorption du déficit budgétaire, du déficit des comptes courants de la balance
des paiements et la stabilité des prix. La réduction du déficit budgétaire se fait par une réduction drastique des
dépenses publiques, tandis que d'autres mesures de compression de la demande, partant sur le blocage ou la
réduction des salaires, le plafonnement et le renchérissement du coût du crédit sont arrêtées. L'argument est
que les difficultés des économies africaines proviendraient d'un excès de la demande alimenté principalement
par le gonflement des dépenses publiques et d'un excès de création monétaire.
Dès lors, pour le FMI et la Banque Mondiale, la solution consiste à réduire sensiblement la demande et
la création monétaire.
Les PAS ont eu des conséquences tant positives que négatives, tant sur le niveau économique et ses
politiques de développement que sur la population.
Au titre du niveau économique et des politiques de développement, les PAS n'ont pas pu apporter ou
du moins n'ont pas atteint les objectifs qu'ils s'étaient assignés. Dans la mesure où, les PED dépendant tout au
long de la crise économique, de l'aide et des appuis des institutions de BrettonWoods, s'est vu obliger
d'adapter sa politique de développement et de suivre continuellement les PAS. Ces programmes sont
caractérisés dans leur application par une crispation [Link]'augmentation de la répression syndicale et
politique et par la paupérisation d'une grande partie de la population. Cette paupérisation s'explique par le fait
du licenciement massif des travailleurs de certaines entreprises dû à la faillite et à la fermeture de certaines
entreprises, du refus d'investissements de certains bailleurs de fonds.
-
Après presque une décennie de crise économique provoquée par la baisse concomitante des cours des
produits tropicaux et du Dollar, certains pays ont retrouvé le chemin de la croissance depuis 1996 et cela est dû
à la dévaluation du franc CFA, et les mesures d'austérité qui l'ont accompagné. Ces éléments conjoncturels ont
permit une forte reprise de l'activité économique. En effet la dévaluation a permit le retour d'un dynamisme
interne. Trois ans après les changements de parité ; changement de parité qui permit de résoudre le manque
de compétition extérieur des produits sur les marchés internationaux, le développement de l'effort à
l'exportation et l'amélioration de la balance courante des cultures pérennes, l'effectivité élevé de la
dévaluation, satisfait la première condition du succès de l'opération monétaire. Il faut noter que la dévaluation
de 1994 est une conséquence des PAS du type nouveau qui est caractérisé par une sectorisation de ses
programmes. On a entre autre les PAS pour le secteur agricole, pour le secteur financier, sur ce point les PAS
ont permit à plusieurs établissement financiers de voir le jour tel que la COOPEC et bien d'autres, enfin les PAS
pour le secteur de l'éducation et la formation professionnelle, ce qui a permit aux Etats des PED de bénéficier
d'un concours financier international plus élevé et une annulation de 50% de sa dette et des arriérés de
paiement. Mais nous nous sommes rendus très vite compte que les PAS n'étaient que illusion dans la mesure
où les État ont rembourse en fait plus, puisque les PAS n'ont pas permit d'améliorer ou du moins de réduire le
remboursement des prêts des institutions de Brettons Woods, ce qui crée des relations orageuses entre ces
institutions et les Etats africains.
Constats : L'avènement des PAS visant à améliorer notre économie et surtout nos conditions de vie a plus
tôt échoué. Dans la mesure où, le problème de la dette extérieur persiste, le taux de chômage ne fait
qu'augmenter d'années en années, ce qui accroît certains vices tels que le banditisme, la prostitution,
l'alcoolisme, etc...Sur le plan de l'éducation, les PAS demandant au gouvernement de réduire les dépenses
publics hors éducation et santé, l'État voulant enrichir sa bourgeoisie politico administrative au lieu de respecter
les exigences du PAS vont plus tôt négligé le système éducatif et les structures qui y vont de paire, cela
s'explique par le manque d'équipements pédagogique de base, la demande dépasse à peine les capacités
d'offre, ce qui entraîne un effectif pléthorique des élèves dans les écoles publiques. De plus, on constate une
inadéquation entre la formation et le marché de l'emploi qui s'était par ailleurs rétréci.
Objectifs :Ce chapitre permet donc de répondre aux deux questions :Comment analyser les inégalités
? Comment les expliquer ?
Il s’agira de déterminer les principales formes d’inégalités en distinguant clairementinégalités
économiques (principalement celles des revenus et du patrimoine) et inégalitéssociales. Il s’agira ensuite de
prendre la mesure des grandes inégalités sociales :inégalités culturelles, inégalités scolaires et inégalités de santé
et d’effectuer une comparaison internationale desinégalités économiques et sociales. Enfin, il faudra souligner
le processus cumulatif des inégalités en montrant comment les inégalités font « système », c’est-à-dire comment
elless’entretiennent l’une l’autre ; puis démontrer que les facteurs économiques etsociaux d’inégalités sont
multiples.
Introduction
La théorie économique classique n’intègre pas la question des inégalités. Ni le modèle de la concurrence
pure et parfaite, ni le cadre d’analyse de l’optimum parétien n’examinent le cadre et les modalités des politiques
de redistribution. En effet, dans le premier cas, il appartient au marché et à lui seul de fixer le prix d’équilibre des
facteurs et des biens et des services. Dans le second cas, toute redistribution ayant pour objet d’augmenter
l’utilité marginale d’un agent ou d’une catégorie d’agents au prix d’une diminution de l’utilité marginale d’un
autre agent ou d’une autre catégorie d’agent est exclue par le principe de non comparaison des utilité[Link],
Musgrave inclut la redistribution dans les trois fonctions économiques qu’il attribue à l’État (allocation des
ressources, gestion de la conjoncture, redistribution). Cependant, les politiques d’allocation des ressources et
de correction des inégalités relèvent de deux dimensions différentes : elles sont orthogonales l’une à l’autre. De
fait, les politiques publiques de lutte contre les inégalités ont été pensées pour l’essentiel dans la sphère sociale
plus que dans la sphère économique. En outre, lorsqu’elles ont commencé d’être pensées dans la sphère
économique, ces politiques l’ont été jusqu’à ces dernières années de façon indépendante et non en relation avec
la question de l’allocation des facteurs.
L’économie s’est alors obligée de s’intéresser à l’étude des inégalités pour trois raisons :
Premièrement, en présence d’inégalité importante la croissance économique est appelée à
Très important et
s’essouffler (ralentir) très rapidement faute d’une demande insuffisante ; les riches minoritaires
même capital pour
ce chapitre. ayant l’habitude d’épargner l’essentielle de leur économie et les pauvres majoritaires n’ayant
de moyens pour consommer ;
Deuxièmement, l’inégalité réduit l’effet de la croissance sur la pauvreté, les plus riches
s’accaparant l’essentielle des richesses créées ;
Troisièmement, l’inégalité expose les pays, particulièrement les PED surtout ceux qui ont une
forte dotation en ressources naturelles (comme le Soudan,..) aux guerres civiles permanentes.
C’est pourquoi nous nous donnons des instruments pour comprendre l’inégalité dans sa globalités à
travers sa mesure, son impact sur le développement et les moyens et politiques pour la supprimer.
- Inégalités de revenu.
- Inégalités de patrimoine.
- Inégalités scolaires.
- Inégalités hommes / femmes.
- Inégalités d’accès au logement.
- Inégalités d’accès à l’emploi.
- Inégalités de santé.
- Inégalités de participation à la vie politique.
- Inégalités de consommation.
- Inégalités face à la justice.
- Inégalités écologiques.
- …
Pour chacune de ces inégalités, il faut ensuite choisir un ou plusieurs indicateurs.
1. Les inégalités économiques.
Ces inégalités concernent le revenu et le patrimoine. Toute inégalité doit pouvoir être mesurée mais cette
mesure est délicate. Ainsi, si on veut mesurer les inégalités de revenus, plusieurs questions se posent :
- Quelle population étudiée ? individus ou ménages.
- Quel indicateur faut-il retenir ? salaire, revenu avant impôt, revenu disponible brut…
- Ne faut-il prendre en compte que les revenus monétaires ?
- Quel outil statistique faut-il retenir ? A ce sujet, il faut connaitre les outils de dispersion et de
concentration et bien savoir les interpréter.
La manière d’étudier les inégalités peut donc fortement influencer la perception des inégalités.
qui y vivent. Un autre facteur tient au ressentiment et aux frustrations à l’égard d’un modèle d’intégration sociale
qui ne tient pas ses promesses à l’égard des populations issues de l’immigration. Les formes traditionnelles de
discrimination dans l’accès à l’emploi, au logement et à la santé se sont renforcées.
Le développement de la précarité parmi les salariés dans les années 1980 a fait émerger la
problématique des « nouvelles inégalités » : aux inégalités sociales traditionnelles, entre le haut et le bas de la
hiérarchie salariale, se superposent de nouveaux clivages liés à l’instabilité de l’emploi (cf. la précarité de
l’emploi).
Une inégalité peut donc résulter de causes multiples. Ainsi, les inégalités de santé peuvent s’expliquer
par les revenus, par les conditions mais aussi par un rapport au corps différents selon les milieux sociaux.
- Le facteur capital :
Lorsqu’elles deviennent très importantes, les inégalités accroissent la délinquance et le niveau d’insécurité.
En termes économiques, l’augmentation des dépenses de sécurité, qu’elles soient privées ou publiques,
renchérissent les coûts de production (dans le cas des dépenses de fonctionnement) et abaissent la productivité
marginale du capital (dans le cas des dépenses d’investissement, puisque ces investissements ne permettent que
de maintenir constante la production).
c- Les mesures de correction des inégalités peuvent être à l’origine d’effets perversimportants.
Il existe deux leviers fondamentaux de réduction des inégalités : par la modification des mécanismes
d’allocation des ressources du marché par le biais de transferts et/ou de modification du système de prix et par
la fiscalité.
les coûts de la redistribution directe
La redistribution directe n’est envisageable que dans un système où les facteurs ou les différentes catégories
de main d’œuvre ne sont que très imparfaitement substituables. Dans le cas contraire, la redistribution ne réduit
pas les inégalités mais transforme leur nature : la réduction des inégalités entre la rémunération du travail et du
capital ou entre travail qualifié et travail non qualifié se paie d’une augmentation du chômage (par substitution
du capital au travail ou/et du travail qualifié au travail non qualifié). Traditionnellement, la redistribution directe,
par exemple sous la forme d’une politique des revenus, jouissait d’une grande popularité, qu’elle soit pratiquée
par le biais des blocages des prix et des salaires ou par celui de la multiplication des revenus de transfert.
Certaines formes de redistribution directes, comme par exemple le système d’assurances sociales, jouent
parfois à l’envers en raison de certaines de leurs caractéristiques. Ainsi, les systèmes de couverture maladie
généreux profitent pour des raisons sociologiques aux catégories socioprofessionnelles qui, pour des raisons
sociologiques, sollicitent le plus le système de soin. L’assurance vieillesse (régime général) opère également une
redistribution implicite des travailleurs manuels, dont l’espérance de vie est la plus courte, vers les professions
intellectuelles (fonctionnaires et cadres), dont l’espérance de vie est la plus longue.
- …
b- Les politiques de redistribution efficaces
La correction des inégalités peut être inspirée par deux logiques redistributive distinctes :
- La redistribution efficace est fondée à la fois sur une logique économique et sociale. Elle vise à pallier
par une intervention directe une imperfection de marché. Elle permet donc à la fois de se rapprocher
de l’optimalité parétienne en matière d’allocation de ressources et de progresser sur la voie de l’équité.
- La redistribution pure, quant à elle, est fondée sur des considérations de pure justice sociale. Elle vise à
modifier une situation pourtant optimale sur le plan économique afin de redistribuer des richesses des
individus les mieux dotés aux individus les moins bien dotés.
Section I- L’inflation
L'inflation se définit comme la hausse généralisée et continue des prix. Pour être plus précis, l'inflation
correspond à une augmentation excessive de la masse monétaire par rapport au volume de production.
Les causes de l'inflation sont multiples, les conséquences aussi et les moyens mis en œuvre pour lutter
contre l'inflation n'ont pas toujours été efficaces.
Aujourd’hui, c’est la déflation qui nous fait peur et c’est vrai au niveau mondial. La déflation, c’est plus
grave que l’inflation.
- Mise en œuvre d’une politique budgétaire (augmentation des impôts, diminution des dépenses de l’état). Il
s'agit ici de limiter la demande globale.
- Politique des prix, cela peut aller d’un contrôle des prix au blocage des prix. Une politique de blocage des prix
risque de manquer d'efficacité en raison de son action limitée aux effets mais inopérante sur les causes.
-
- Politique des revenus: Il s'agit d'une politique extrême consistant à bloquer les revenus. Notons la difficulté à
mettre en œuvre ce type de politique en raison de l'impopularité qu'elle implique.
Section II – Le chômage
On se pose la question de savoir comment expliquer le chômage ? Est-ce la population active qui augmente
trop vite ?
Le chômage : une population active supérieure à l'emploi.
Au niveau d’une économie nationale, le chômage apparaît lorsque la population active est supérieure à la
population active occupée ou au nombre d’emplois. En d’autres termes, il y a du chômage lorsque l’offre
d’emplois des entreprises est inférieure à la demande d’emplois des salariés.
Pour certains, c’est du côté de la population active qu’il faut trouver les causes du chômage. La population
active est un stock de personnes qui disposent d’un emploi ou en cherche un. Son augmentation dépend de trois
facteurs :
Les flux démographiques : la population active augmente rapidement lorsque les générations « pleines
» du baby boom (1945-1965) sont entrées peu à peu sur le marché du travail pour remplacer les
générations « creuses » de l’entre-deux-guerres.
Les flux migratoires : la population active augmente lorsque l’immigration (entrée de personnes nées
hors du Cameroun sur le territoire national) devient supérieure à l’émigration (sortie du territoire de
personnes résidentes au Cameroun).
Les facteurs sociologiques : trois éléments ont joué en sens inverse sur les variations de la population
active :
L’activité féminine : à la fin des années 60, le modèle de la femme au foyer est devenu obsolète.
Etre à mesure de Les femmes se sont dirigées massivement vers le marché du travail ce qui a fait augmenter la
nuancer ces population active.
concepts L’activité des jeunes : en sens inverse, les jeunes ont retardé leur entrée dans l’emploi pour
poursuivre leurs études, ce qui a diminué l’augmentation de la population active.
L’activité des seniors : de même, l’abaissement de l’âge de la retraite en 1982 et le
développement des préretraites ont joué à la baisse de la population active.
I- Le concept de chômage :
A) La mesure du chômage :
L’INS comptabilise les demandes non satisfaites en fin de mois. Il faut être :
- sans emploi mais une activité réduite est admise
- être disponible pour travailler
- être inscrit sur les listes de l’INS comme demandeur d’emploi à temps plein et à durée
indéterminée.
Le Bureau International du Travail retient comme chômeurs les personnes qui répondent à trois critères :
- elles sont sans emploi et n’ont pas travaillé, ne serait-ce qu’une heure au cours de la semaine de
référence.
- elles sont disponibles dans les 15 jours
- elles cherchent activement un emploi.
B) Les différentes sortes de chômage :
Il existe plusieurs formes de chômage :
Le chômage frictionnel : il est lié aux mouvements de la main d’œuvre changeant d’entreprise ou
de région (problèmes de mobilité professionnelle et géographique).
Le chômage structurel : il résulte de l’inadéquation des qualifications recherchées par les
entreprises et de celles détenues par les chômeurs.
Le chômage conjoncturel : il est lié à un ralentissement temporaire de l’activité. Le chômage
cyclique est un chômage qui augmente en période de ralentissement économique et qui diminue
en période de prospérité.
Le chômage technologique : il résulte d’innovations permettant d’économiser de la main d’œuvre
(substitution du capital au travail).
-
Le chômage cyclique : C'est un chômage qui fluctue avec les différentes périodes des cycles
économiques.
II- Les causes et les conséquences du chômage
A) Les causes du chômage :
1) Le volume de la population active :
Les facteurs influençant le volume de la population active sont :
- le nombre de jeunes arrivant sur le marché du travail ;
- le nombre de personnes qui partent à la retraite ;
- l’évolution du taux d’activité féminin ;
- le solde migratoire ;
- …
2) L’évolution de la technologie :
L’automatisation et l’informatisation entraînent des suppressions d’emplois dans certains secteurs (ex :
industrie automobile) mais créent des emplois hautement qualifiés dans d’autres secteurs (ex : informatique,
robotique).
3) L’impact de la croissance :
La croissance peut se réaliser avec des créations d’emplois mais également grâce à des gains de
productivité sans besoin de création d’emplois nouveaux.
4) Les rigidités et imperfections du marché du travail :
Pour Alain Greenspan, le manque de flexibilité du marché du travail expliquerait le niveau élevé du
chômage européen par rapport à celui des Etats-Unis.
Au Cameroun par exemple, on doit constater la rigidité des salaires à la baisse et le poids des contraintes
juridiques de la législation du travail.
B) Les conséquences du chômage :
1) l’inégalité devant le chômage :
- le chômage touche davantage les jeunes de moins de 25 ans
- il frappe davantage les non-diplômés et beaucoup moins les diplômés de l’enseignement
supérieur
- les ouvriers et les employés ont un taux de chômage deux fois plus élevé que les cadres et
professions intermédiaires.
2) les conséquences économiques et sociales du chômage :
Le chômage entraîne une baisse de la consommation qui fragilise les entreprises qui peuvent être
amenées à licencier.
Le chômage a tendance à dégrader les déficits publics (versement d’allocations aux chômeurs…).
Le chômage engendre l’exclusion, la précarité (difficulté de payer son loyer, de retrouver un emploi).
III- Les politiques de l’emploi
La politique de l’emploi agit sur le fonctionnement du marché du travail, c’est-à-dire sur l’offre et la demande
de travail.
A) Les politiques passives de lutte contre le chômage : (traitement social du chômage)
La politique d’indemnisation du chômage
Les mesures visant à réduire la population active (préretraites, stages de formation,).
B) Les politiques actives de lutte contre le chômage : (traitement économique du chômage)
Le partage du travail (réduction de la durée du travail, départs anticipés à la retraite)
La flexibilité du travail (annualisation du temps de travail, temps partiel, individualisation des
salaires…)
La baisse du coût du travail (réduction des charges fiscales et sociales des entreprises)
Les politiques de création d’emplois (contrats aidés : contrat d’avenir, contrat
d’accompagnement vers l’emploi, subventions à l’embauche, emplois publics, développement
des services à la personne…)
La politique de formation professionnelle.
Synthèse :
1- Est-il plus dangereux d’avoir de l’inflation ou du chômage?
-
L’inflation amènera à terme le chômage et pas inversement. Donc il ne faut pas négliger la lutte de
l’inflation contre la lutte du chômage. Le chômage, c’est la résultante de l’économie. Attention : comme il a été
souligné plus haut - l'interactivité entre l'inflation et le chômage est aujourd'hui totalement remise en cause en
raison de l'apparition de la stagflation dans les années 1970.
2- Est-ce qu’il est possible de lutter efficacement à la fois contre l’inflation et contre le chômage?
On ne peut pas lutter contre l’inflation sans augmenter le chômage et inversement. Il est très difficile
de jouer sur les deux en même temps. On ne peut pas lutter efficacement contre l’un ou l’autre. Pour lutter
contre le chômage il faut une politique européenne. Or l'Europe sociale n'en est qu'à ses premiers pas.
Les entreprises sont un des acteurs essentiels de la mondialisation de l'économie. Ce n'est pas sans
poser des questions, nous le verrons, en particulier aux Etats nationaux. Mais il faut souligner que si les
firmes transnationales sont le vecteur principal de la mondialisation, elles ne la maîtrisent pas forcément. La
question qui va être posée dans cette partie du cours sera donc, finalement, celle de la régulation, comme on
vient déjà de le voir à la fin de la première partie du [Link] verrons d'abord ce que sont les firmes
transnationales (que l'on abrège souvent en FTN ou FMN) et comment elles contribuent au développement
des échanges internationaux. Nous présenterons ensuite quelles sont les stratégies que peuvent développer
les firmes transnationales pour profiter au mieux (de leur point de vue, évidemment, ce qui est normal) de la
mondialisation. Enfin, nous discuterons des questions qui se posent au niveau national du fait du
développement des firmes transnationales.
Avant de voir comment le développement des firmes transnationales suscite le développement des
échanges internationaux, nous allons définir ce que l'on appelle firme transnationale (ou aussi «
multinationale », mais on utilise de moins en moins cette appellation).
On peut dire que c'est une entreprise (pas forcément industrielle, mais aussi de services, par
exemple une banque) qui a le monde comme champ d'activité. Elle ne se limite jamais à un espace national
précis et délimité. Même si elle n'est pas forcément active dans toutes les parties du monde, elle ne s'interdit
jamais de le devenir, si cela correspond à sa stratégie.C'est une entreprise dont le produit est vendu dans
plusieurs pays, mais surtout fabriqué dans plusieurs pays: le processus de production est divisé, réparti,
entre les pays en fonction des avantages propres à chaque espace national de manière à ce que, au total,
l'entreprise fabrique son produit de manière avantageuse, en gardant la maîtrise de l'ensemble du
processus. C'est ce que l'on appelle la DIPP (division internationale du processus productif).
Une entreprise qui se contente d'exporter (même en grande quantité) ne peut être considérée
comme une firme transnationale. Il n'y a donc pas de taille minimale pour être considérée comme une firme
transnationale. L'essentiel est que le processus de production soit réparti sur plusieurs espaces nationaux.
C'est donc la logique de gestion de l'entreprise qui définit la firme transnationale. Cela ne signifie
cependant pas que les firmes transnationales soient « sans nationalité ». Toutes les firmes ont une histoire,
une culture d'entreprise, marquées par les origines nationales et elles ne peuvent les renier.
Une firme transnationale est en général constituée d'une maison mère et de filiales dont le capital
est détenu, en totalité ou en partie, par la maison mère. Le réseau de participations financières est en général
extrêmement complexe, parfois opaque. Il faut ajouter à ces entreprises reliées financièrement un ensemble
d'entreprises sous-traitantes, juridiquement indépendantes mais économiquement dépendantes.
-
Les plus grandes firmes transnationales sont américaines et vous en connaissez un certain nombre
(Google, Nike, par exemple) mais il y a aussi des firmes transnationales françaises, chinoise…
Par leurs activités, de manière presque mécanique, le développement des firmes transnationales
engendre le développement des échanges internationaux. Mais ce développement n'est pas sans
conséquence sur la lisibilité des échanges internationaux.
Les firmes transnationales vont beaucoup échanger au niveau international : soit elles entrent en relation
avec leurs clients et/ou leurs fournisseurs qui sont répartis dans le monde entier, soit elles s'échangent, entre
filiales de la même multinationale, des produits en cours de fabrication, ce sont les échanges intra-firmes. Par
exemple, Renault fabrique les moteurs de la Twingo en Espagne ; ensuite, l'entreprise les importe pour les
monter sur les châssis fabriqués en France ; enfin, elle exporte des Twingo pour satisfaire le marché espagnol.
Le moteur passe donc deux fois la frontière. Certains composants peuvent passer ainsi 4 ou 5 fois des frontières
avant que le produit ne soit finalement vendu.
Les échanges intra-firmes sont aujourd'hui extrêmement importants puisqu'on estime que le commerce
intra-firme (échanges entre filiales d'un même groupe ou entre les filiales et la maison-mère) représente au
moins le tiers environ du commerce mondial. On voit donc que l'activité des firmes transnationales gonfle le
volume du commerce mondial.
En même temps, elle en sort une grosse partie de la logique marchande : en effet rien n'oblige les
firmes transnationales à pratiquer les prix du marché ou à accepter la concurrence pour leurs
échanges intra-firmes. Le prix d'échange résulte de calculs d'optimisation au niveau de la firme
globale. De ce fait, on ne sait pas très bien quelle signification donner aux flux résultant de ces
échanges intra-firmes.
Si on ajoute aux échanges intra-firme les échanges où l'un des co-contractants au moins est une
firme multinationale, ce sont 92% des échanges mondiaux qui sont concernés. On voit que la
mondialisation ne saurait se passer des firmes [Link] observe également le
développement de réseaux d'entreprises : les firmes transnationales, au lieu de continuer à
augmenter le nombre de leurs filiales en rachetant ou en créant des entreprises à l'étranger, se
contentent de conclure des contrats avec des entreprises partenaires à l'étranger.
Constat : L'intérêt des firmes transnationales est qu'aucune règle n'entrave leurs échanges de
marchandises ou de capitaux, d'où la revendication d'un libre-échange total, même si, quand cela les arrange,
les firmes transnationales sauront très bien agir en groupes de pression sur les Etats pour obtenir des mesures
protectionnistes. On voit donc qu'à la fois les FMN ont profité du libre-échange pour se développer et
qu'elles en sont aussi le promoteur car elles y ont intérêt.
Les firmes transnationales ont une stratégie réfléchie à l'échelle du monde et non plus à l'échelle de
l'espace national, on l'a dit en les définissant. Qu'est-ce que cela change ? Comment cela se traduit-il dans la
réalité ? Répondre à ces questions va nous amener à présenter certains aspects de la mondialisation de
l'économie.
Les firmes transnationales sont, comme toutes les entreprises dans une économie de marché, à la
recherche du profit maximum. Elles construisent leur stratégie pour atteindre cet objectif à l'échelle
mondiale où elles se retrouvent en concurrence les unes avec les autres.
-
Elles sont confrontées à deux problèmes que doivent prendre en compte leurs stratégies :
d'une part, une exigence de rentabilité de plus en plus pressante en provenance de leur
actionnariat de plus en plus internationalisé.
d'autre part, une concurrence par les prix de plus en plus intense car toutes les firmes
exploitent au mieux les avantages comparatifs des différents pays et essaient de développer
leur taille pour bénéficier au maximum des économies d'échelle.
Face à ces deux exigences, il y a deux stratégies possibles. Soit affronter la concurrence par les prix
et donc chercher à comprimer les coûts de production, cela amène l'entreprise à investir à l'étranger. Soit
fuir, en quelque sorte, la concurrence par les prix, ce qui amène l'entreprise à rechercher la différenciation
des produits fabriqués. La concurrence impose donc aux firmes transnationales d'être compétitives. Avant de
présenter les deux sortes de stratégies possibles, nous présenterons ce que l'on appelle compétitivité.
La compétitivité-prix : les entreprises cherchent alors à agir sur leurs prix de manière à avoir un prix
inférieur à celui de leurs concurrents, espérant ainsi que les consommateurs achèteront leur
production de préférence à celle de leurs concurrents.
La compétitivité structurelle ou hors-prix : les entreprises cherchent alors à agir sur les
caractéristiques du produit, caractéristiques capables de le faire vendre malgré un prix relativement
plus élevé que celui des concurrents. On peut penser par exemple à l'image de marque, à la fiabilité
(réelle ou supposée, cela n'a guère d'importance pourvu que les consommateurs y croient), au réseau
de service après-vente. La compétitivité structurelle peut dépendre aussi de la qualité de la main
d'œuvre, de la qualité des infrastructures collectives (communication, transports, etc).
Les IDE sont des mouvements de capitaux qui permettent soit de créer une unité de production à
l'étranger, soit d'en acheter une, qui existe déjà, à l'étranger(acquisition).
On parlera des IDE si une entreprise détient au moins 10% des capitaux à l’étranger dans une autre
entreprise, ceci selon le F.M.I. Sinon les flux seront comptabilisés dans la BP comme investissements de
portefeuilleet on considèrera que ces capitaux ne correspondent pas à une logique de production mais à une
logique de placement.
Nous allons parler ici d'abord de l'évolution du montant des I.D.E., ensuite de leur destination.
Depuis le début des années 1980, on observe une explosion du montant des I.D.E. et donc du stock
de capital contrôlé par des firmes étrangères dans les pays. En montant, les I.D.E. ont été multipliés
par plus de 100 entre le début des années 1970 et 2000 (la source des chiffres donnés ici est la CNUCED
dans sa base de données sur les I.D.E.). Le stock des I.D.E. représentait 6.5% du P.I.B. mondial en 1985,
il en représente 17% en 2000, près de 3 fois plus. On peut vraiment parler d'explosion.
-
Aujourd'hui, les I.D.E. sont pour l'essentiel des investissements croisés entre pays industrialisés,
c'est-à-dire que ceux-ci sont à la fois les investisseurs et les investis, si l'on peut dire ! A la fin des
années 1990, les pays industrialisés sont à l'origine de 95% des I.D.E. et en reçoivent plus de 70%.
C'est dire à quel point les autres pays sont laissés à l'écart. Il faut cependant encore noter que parmi
les pays destinataires autres que les pays industrialisés, les flux se concentrent sur quelques pays
seulement : essentiellement les pays asiatiques où la croissance économique est rapide et certains
pays latino-américains. Les pays africains par exemple sont complètement à l'écart de ces flux
d'I.D.E.
Cette explosion des I.D.E., caractéristique des vingt dernières années, s'est fait dans un contexte
éminemment favorable, celui de la globalisation financière que nous avons déjà présentée. Ce n'est
évidemment pas un hasard si les deux phénomènes se passent en même temps. La libéralisation des
mouvements de capitaux a rendu possible l'explosion des I.D.E. et il est difficile de savoir la mesure
dans laquelle les firmes transnationales sont à l'origine du processus de globalisation financière. Il est
clair en tout cas qu'elles le réclamaient.
Les I.D.E. développent des entreprises dans certains pays et pas dans d'autres. Ils contribuent à
spécialiser les économies des pays dans certains types de production. Ainsi, si plusieurs firmes
transnationales viennent investir dans les industries manufacturières d'un pays parce que la main d'œuvre
est peu coûteuse et la législation favorable aux entreprises, on peut penser que ce pays va être spécialisé
dans ce type de production.
Du point de vue du pays accueillant les I.D.E., cela peut être considéré comme un avantage, au
moins à court terme. Mais il ne faut pas négliger les risques liés à ce type d'investissement : le pays peut
rester cantonné à certaines activités, il peut surtout être soumis à la volonté des firmes transnationales ayant
investi dans le pays, ce qui n'est pas non plus sans danger. Les pays asiatiques qui ont bénéficié des I.D.E. ont
su pour certains les mettre au service de leur développement intérieur. L'Etat a pour cela encadré très
strictement les I.D.E.
Du point de vue des pays à l'origine des I.D.E., ces investissements posent deux questions liées : la
désindustrialisation (car les industries sont transférées dans des pays où les conditions de production sont
moins coûteuses) et les effets des délocalisations sur l'emploi et le tissu productif. Globalement, on observe
donc une fragmentation de plus en plus poussée des processus productifs, pour l'industrie évidemment,
mais aujourd'hui de plus en plus pour certains services (banques ou assurances, services informatiques, etc.).
Au total, l'I.D.E. permet aux firmes transnationales de produire à moindre coût et d'aborder les
marchés nationaux dans de bonnes conditions. C'est évidemment un élément essentiel et c'est le premier
aspect de la stratégie des firmes transnationales face aux échanges internationaux et face à leurs
concurrents. Mais leur stratégie est en général composée d'un deuxième aspect visant à résister à la
concurrence en déplaçant le problème.
Les FTN pour résister à la concurrence par les prix vont développer leur compétitivité hors-prix.
Comment ?
Les firmes transnationales vont chercher à différencier leurs produits de ceux de leurs concurrents. La
différenciation des produits permet à l'entreprise d'apparaître comme la seule fabriquant ce produit,
de détenir donc un monopole, limité certes (à un produit très précis et sur une période probablement
courte) mais un monopole quand même, qui permet donc à l'entreprise d'engranger des profits
substantiels. La stratégie de différenciation des produits impose des investissements en recherche-
-
développement importants : il faut innover, autant sur le plan des caractéristiques techniques des
produits que sur les méthodes de commercialisation et de présentation des produits.
La différenciation des produits s'accompagne, sur le plan technique, de la nécessité d'une grande
souplesse des outils de production et des circuits de distribution, de manière à être le plus réactifs
possibles aux transformations du marché (effets de mode, par exemple). Elle répond aux désirs des
consommateurs de se différencier des autres consommateurs. Elle permet d'apporter une réponse
aux impératifs de la compétitivité en déplaçant le problème : si l'on fabrique un produit différent de
ceux fabriqués par les autres producteurs, on échappe (souvent très momentanément) aux impératifs
de la compétitivité.
2.3 - Firmes transnationales et Nations.
Les stratégies de développement des firmes transnationales posent de nombreuses questions. Nous
en avons retenues trois ici : la question des délocalisations et de leurs effets sur l'emploi dans les pays
développés, la question des effets des I.D.E. sur le développement dans les pays pauvres, enfin la question du
poids des firmes transnationales sur les politiques des Etats.
En menant leur stratégie de localisation en fonction de leurs intérêts (c'est-à-dire en maximisant leur
profit), les firmes transnationales menacent-elles l'emploi dans les pays développés ? C'est une affirmation
que vous avez sans doute souvent entendue et qui mérite un examen. La question posée ne porte pas que
sur le nombre des emplois, elle porte aussi sur le creusement des inégalités générées par les modifications
quantitatives et qualitatives des emplois dans les pays développés du fait des stratégies des firmes
transnationales.
Les conséquences sur la vie économique et sociale du pays où la délocalisation se réalise peuvent être
considérables : montée du chômage, pression à la baisse sur le coût du travail, et en particulier sur la protection
sociale, effets indirects sur la demande, etc. Le pays semble " subir " la délocalisation, c'est une contrainte qui
paraît s'imposer à lui.
Cependant, il faut bien dire que les effets des délocalisations ne sont pas forcément aussi négatifs qu'ils
peuvent l'apparaître de prime abord : des emplois sont supprimés dans le pays mais d'autres sont créés ailleurs.
Les salariés du pays d'accueil vont donc recevoir davantage de pouvoir d'achat et cela permettra au pays
d'acheter davantage, en particulier au pays où s'était faite la délocalisation, ce qui permettra de créer des
emplois.
Le problème, c'est que ce ne sont pas les travailleurs qui ont été licenciés qui occuperont ces nouveaux emplois.
Il y a donc un réel problème social lié aux délocalisations.
Mondialisation, transformation des emplois et montée des inégalités dans les pays développés.
Les stratégies des firmes transnationales face à la mondialisation ont des effets sur la qualification des
emplois proposés dans les pays développés. Dans le cas de la différenciation des produits, les produits
deviennent de plus en plus complexes, incorporant de plus en plus de technologies et les incorporant de plus
-
en plus rapidement. Cela nécessite une main d'œuvre de plus en plus qualifiée, excluant ainsi les travailleurs
les moins qualifiés de l'emploi dans les firmes transnationales mais aussi dans leurs sous-traitants qui ont les
mêmes exigences au niveau de la qualité. Les délocalisations aboutissent à peu près au même résultat : en
transférant les emplois les moins qualifiés dans d'autres pays, se développent dans le pays d'origine des
emplois de gestion, de contrôle, etc., tous emplois nécessitant des qualifications élevées.
Quels sont les effets de ces transformations des emplois sur les inégalités ? Au même titre que le progrès
technique, la mondialisation supprime dans les pays développés les emplois les moins qualifiés pour
développer d'une part les emplois en amont du processus productif lui-même et ceux qui gèrent la complexité
de la répartition des tâches entre les pays, d'autre part des emplois dans lesquels la flexibilité exigée des
travailleurs s'accroît pour permettre de varier l'offre quand la demande varie.
Constat :Les travailleurs ne pouvant présenter des qualités sur un de ces deux plans ne trouvent plus
d'emploi. Cela accroît donc les inégalités puisque un travailleur peu qualifié, désavantagé sur le plan du
salaire, sera de plus menacé sur le plan de l'emploi, avec peu de perspective de sortir du chômage s'il a été
licencié.
Les Etats sont évidemment interpellés par les conséquences sur l'emploi des stratégies des firmes face à
la mondialisation.
L'explosion des I.D.E. pose une question essentielle pour les pays les plus pauvres : ces
investissements peuvent-ils servir le développement du pays et à quelles conditions, étant entendu que
l'essentiel des I.D.E. concerne cependant les pays développés ?
Il y a évidemment des effets positifs : d'une part, les I.D.E. créent des emplois, donc permettent la
distribution de revenus et la hausse du pouvoir d'achat. Ce sont des éléments qui semblent favorables
à la croissance économique et, donc, au développement. De plus, les I.D.E. permettent aux pays en
développement de bénéficier de la technologie moderne par le biais des transferts de technologie
entre la maison-mère et la filiale dans le pays. Ainsi, la Chine, par exemple, reçoit une masse
considérable d'I.D.E. qui expliquent pour une large part son taux de croissance exceptionnellement
élevé.
Mais il y a aussi une grande incertitude sur les effets réels, à long terme. Certes les I.D.E. génèrent
des exportations et distribuent des revenus, mais ils génèrent aussi des importations, d'abord celles
correspondant aux échanges intra-firmes, ensuite celles correspondant à l'augmentation de la
consommation intérieure. Les transferts de technologie ne sont pas toujours très importants et
souvent, ils ne concernent pas le cœur même du produit, la firme transnationale souhaitant garder du
pouvoir sur le plan technologique. Enfin, les I.D.E. peuvent être réalisés dans des branches qui ne sont
pas les plus porteuses sur le plan de la croissance et maintenir une spécialisation peu avantageuse
pour le pays.
Enfin, il faut redire que les I.D.E. ne se dirigent que très peu vers les pays les plus pauvres, comme
ceux d'Afrique, qui sont donc de plus en plus marginalisés. Les inégalités entre pays s'accroissent donc
puisque certains pays n'accueillent pratiquement aucun investissement extérieur.
On sent bien que, pour que les I.D.E. soient favorables au développement du pays d'accueil, il est
nécessaire qu'ils soient plus ou moins contrôlés, en tout cas encadrés, par les autorités politiques. C'est ce
qu'a bien compris la Corée, par exemple. On retrouve ici la nécessité d'une régulation dont nous reparlerons
par la suite.
Certains se demandent si les Etats ont encore du pouvoir face aux firmes transnationales : le poids
économique de ces entreprises est parfois énorme, leurs décisions stratégiques semblent ne pas pouvoir être
contrôlées, ce qui fait apparaître les Etats comme impuissants à exercer une quelconque activité de contrôle.
De plus, les politiques économiques ont un cadre national. Non seulement elles ne peuvent pas
s'imposer aux firmes transnationales mais elles sont parfois contrecarrées directement par les décisions des
firmes transnationales : quand un Etat décide de lutter contre le chômage dans une région spécialement
touchée et qu'une firme transnationale décide la délocalisation d'une de ses unités de production située dans
cette région, que peut faire l'Etat ?
Enfin, les exigences de compétitivité et de flexibilité sont parfois présentées, en particulier par le
patronat, comme des nécessités auxquelles les Etats doivent se plier sans discuter en les imposant à la nation
toute entière (par la modification de la législation du travail ou l'abaissement des charges sociales, par
exemple). Les pays du nord de l'Europe, dans lesquels le poids de la fiscalité est très lourd, montrent sans doute
que les choses ne sont pas si simples et qu'il y aurait matière à discussion.
Constat :On voit bien, finalement, que l'Etat national est mis en cause au travers de la mondialisation et
des stratégies des firmes transnationales. Mais les décisions politiques doivent-elles être des sous-produits
des nécessités économiques ? C'est normalement le contraire qui devrait se passer. Mais il n'y a pas de cadre
politique convenant au contrôle des firmes transnationales. Il faudrait qu'il soit mondial, comme les firmes
transnationales le sont. On retrouve ici la même question de la régulation de la mondialisation, question que
nous allons retrouver dans la dernière partie de ce chapitre.
Nous avons déjà vu à quel point la mondialisation, phénomène a priori présenté comme
économique, était aussi de nature politique et sociale. Nous avons aussi vu son effet sur les inégalités à
l'intérieur des pays comme entre pays. Nous allons maintenant nous demander quels sont les effets de la
mondialisation sur les différences culturelles dans le monde : peut-on parler d'un processus d'uniformisation
culturelle ? Nous verrons ensuite, et cela peut être considéré comme une conclusion de ce chapitre sur la
mondialisation, pourquoi et comment la mondialisation pourrait être régulée, c'est-à-dire contrôlée.
On rappelle que la culture, c'est ce qui cimente une société, ce qui permet aux hommes de vivre
ensemble, et cela se traduit par des valeurs et des manières de se comporter et de réfléchir communes. La
culture se construit dans une société au fil de l'histoire et des contacts avec les autres cultures, elle n'est pas
immuable, même si les changements peuvent être relativement lents, souvent. On peut donc penser que la
mondialisation, qui affecte les conditions de vie des hommes, va avoir des effets sur leur culture. Et comme
elle unifie les marchés et la vie économique, on peut se demander si ses effets sur la culture ne seront pas du
même ordre, c'est à dire une uniformisation des différentes cultures. C'est donc la question que nous allons
nous poser ici. Après avoir montré qu'il existe des éléments qui peuvent faire penser à une uniformisation
culturelle, nous montrerons que les spécificités socio-culturelles se maintiennent mais en se transformant.
Un certain nombre d'éléments, que nous allons étudier, montrent que se répand à travers le monde
une certaine façon de vivre, et même de penser, qui est très largement marquée par la culture des pays
économiquement dominants, c'est à dire les pays occidentaux. On parle parfois d'occidentalisation de la
culture en même temps que de mondialisation.
On va voir que les différentes composantes de la culture (manières de sentir, de penser et d'agir qui
sont communes à une société et transmises par la socialisation) sont affectées par la mondialisation.
Certains biens et services sont consommés dans tous les pays du monde, comme le coca-cola, les
jeans ou les séries télévisées américaines. On se rappelle d'ailleurs que c'est un des intérêts de la
mondialisation que d'étendre les marchés, ce qui permet entre autres la réalisation d'économies d'échelle. Le
nombre de ces produits diffusés dans le monde entier ne cesse de s'accroître. Il est clair que cela transforme
la consommation dans tous les pays et, au fur et à mesure que le pouvoir d'achat augmente, les populations
consomment les mêmes biens issus du progrès technologique né dans les pays occidentaux (on peut penser
par exemple au plastique qui a très profondément bouleversé la façon de vivre des populations des pays en
développement).
Le modèle d'organisation de la production qui se répand sur la planète est celui qui a été conçu
dans les pays développés : système capitaliste, recherche du gain individuel maximum, intensification de la
production par la division du travail, développement de plus en plus capitalistique, salarisation croissante,
etc… Les relations de travail, fondamentales dans une société, sont de plus en plus souvent les mêmes, en
particulier sous l'influence des firmes multinationales. Ces relations véhiculent certaines valeurs, les mêmes
sur tout le globe. On comprend que les façons de penser, de sentir ou d'agir puissent s'en trouver modifiées.
Des valeurs, qui peuvent apparaître comme universelles, se diffusent malgré des résistances
parfois très fortes : affirmation des droits fondamentaux des êtres humains, du bien-fondé de la démocratie
en particulier. Ces valeurs se traduisent dans des normes qui, elles aussi, se diffusent : on peut citer les
réticences de plus en plus grandes vis-à-vis de la polygamie, la pratique généralisée d'élections (plus ou moins
libres, cependant …), les débuts de mise en pratique de l'égalité hommes-femmes, la réduction du nombre
d'enfants par famille. Ces valeurs comme ces normes viennent de la culture occidentale.
La question est ici de savoir comment se passe ce phénomène de diffusion de la culture occidentale :
un vecteur est un moyen, un intermédiaire, de diffusion. On peut en citer au moins deux qui ont joué un
grand rôle, les firmes transnationales et les médias.
Les firmes transnationales ont contribué à répandre l'organisation et les méthodes de gestion
qu'elles pratiquaient dans leurs pays d'origine. Elles ont aussi bien sûr diffusé leurs produits, par des
campagnes publicitaires bien ciblées, aux quatre coins de la planète, autant qu'elles le pouvaient. Ainsi, les
règles d'organisation d'un MacDo sont-elles, dans le monde entier, les mêmes. Certains produits sont
strictement identiques, avec un cahier des charges très précis, imposant aux producteurs locaux des règles
très contraignantes.
Les médias ont également joué un rôle majeur. La télévision est aujourd'hui visible à peu près
partout dans le monde grâce aux satellites. Les informations sont donc connues dans le monde entier en
même temps et très rapidement. Mais il faut bien dire que les images retransmises proviennent pour
l'essentiel des pays développés, en particulier des Etats-Unis, en partie pour des raisons techniques. Or on
sait bien que les images ne sont jamais « neutres », elles véhiculent une façon de voir et des valeurs propres à
ceux qui font le reportage. On peut aussi dire la même chose des séries télévisées ou des films. Ainsi, certains
pensent que si la famille conjugale avec un nombre restreint d'enfants devient de plus en plus la norme
universelle, c'est au moins en partie du fait des modèles transmis par les films et les séries télévisées. Les
médias jouent aussi un grand rôle dans l'uniformisation des musiques. Enfin, le développement d'internet
renforce la dépendance technologique vis-à-vis de l'occident, en même temps qu'il contribue à généraliser
l'usage d'une langue, l'anglais, comme moyen de communication universel.
On peut donc penser qu'une culture mondiale se développe, très fortement marquée par la culture
occidentale, nord-américaine surtout. Cependant les spécificités, les particularités, socio-culturelles n'ont pas
disparu, on va le voir, même s'il est probable qu'elles sont transformées par le processus de mondialisation.
-
On observe cependant que les cultures sont encore loin d'être partout les mêmes et que le
mouvement de transformation d'une culture du fait de la rencontre avec une autre culture a toujours existé.
On peut également observer que se développe aujourd'hui un mouvement de différenciation, en tout cas
une revendication de la différence, qui montre aussi que la mondialisation ne débouchera pas
obligatoirement sur l'uniformisation culturelle.
L'acculturation peut se définir comme l'ensemble des changements résultant des contacts entre
cultures diffé[Link] culture n'existe pas en tant que telle, isolée des autres cultures. Même dans les
temps plus anciens où les transports, et donc les échanges, demandaient plus de temps, il y a toujours eu des
contacts entre cultures. Et ce sont ces contacts qui contribuaient à transformer, et donc à construire, la
culture. C'est bien ainsi que se sont construites les langues, par exemple, et l'on sait l'importance de la langue
pour la culture.
Il y a donc d'abord des emprunts réciproques, même quand une culture est dominante et impose
certains de ses éléments. Les échanges ne sont jamais à sens unique. Ainsi les Italiens ont-ils réussi à imposer
aux Etats-Unis la pizza (alors qu'ils étaient loin d'y être dominants)
Si la mondialisation contribue bien à la diffusion de la culture occidentale, on peut donc penser que
les autres cultures vont petit à petit « acclimater » ces nouvelles caractéristiques culturelles en les
transformant, de manière à ce qu'elles fassent système avec leur propre culture sans que celle-ci disparaisse
réellement.
Mais le mouvement de standardisation que l'on a observé dans le premier paragraphe déclenche en
retour une volonté marquée dans certains groupes de se différencier.
On peut distinguer deux niveaux dans cette volonté de différenciation, mais dans les deux cas il s'agit d'une
affirmation identitaire.
D'abord, dans des sociétés qui s'uniformisent sur certains aspects, des groupes vont revendiquer
leur différence. Les exemples en sont nombreux : on peut penser aux Noirs aux Etats-Unis, aux homosexuels,
aux Bretons ou aux Corses en France, les peuls et pygmées au Cameroun etc… En général, ces groupes
affirment à la fois leur respect des règles fondamentales en vigueur dans la société à laquelle ils
appartiennent et leur revendication de pouvoir être différents sur certains points, ce qui suppose souvent
une adaptation du droit. Le phénomène peut se comprendre : le sentiment d'appartenance est essentiel pour
la construction de l'identité de l'individu. Si « appartenir », c'est « ressembler », on peut penser que c'est tout
autant « se différencier ». Quand tout le monde se ressemble, par exemple parce que tout le monde s'habille
de la même manière, on peut avoir le désir de se différencier, à la fois pour montrer qu'on existe en tant
qu'individu et pour signifier qu'on se trouve des points communs avec ceux qui vont faire de même. C'est la
même chose qui se passe pour les groupes dont on a parlé plus haut.
Mais, poussé à son extrême, la volonté de différenciation peut déboucher sur le rejet de la société
dans laquelle on vit. On peut ainsi comprendre tous les intégrismes : devant une évolution de la culture qui
menace certaines valeurs, religieuses par exemple, des groupes vont se former qui rejettent ces évolutions et
proclament la nécessité du retour en arrière. Ces groupes sont en général très repliés sur eux-mêmes et sont
parfois violemment hostiles à la société qui les entoure.
En conclusion, si l'on voit bien qu'il y aujourd'hui une tendance à la mondialisation culturelle, on peut
dire que celle-ci n'est pas forcément synonyme d'uniformisation. Le poids des pays occidentaux, et des Etats-
Unis en particulier, peuvent laisser craindre un affaiblissement des autres cultures. Mais il ne faut pas
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négliger le fait que les cultures ont toujours su intégrer des éléments d'autres cultures et que, parce qu'elles
sont le ciment de la société, elles ont une force qui leur permet de résister à certains changements.
Cependant, la montée de la contestation de la mondialisation et des conflits à son propos montre bien la
nécessité d'une régulation qui ne va pas sans poser de nombreux problèmes. C'est ce que nous allons voir
maintenant.
Après avoir montré la multiplication des conflits liés à la mondialisation et leurs enjeux, nous
présenterons les caractéristiques de la recherche de la régulation de la mondialisation.
Après avoir montré la montée des conflits depuis une dizaine d'années, nous essaierons de cerner
les questions qui sont sous-jacentes à ces conflits.
Des différends internationaux non réglés : ainsi un certain nombre de négociations n'ont pas
débouché sur un accord, alors que c'était la règle avec le GATT, par exemple. Ainsi, l'A.M.I. (accord
multilatéral sur les investissements) n'a-t-il jamais été signé alors qu'il aurait dû l'être en 1998. De même, le
protocole de Kyoto sur la réduction de l'émission de gaz à effet de serre n'a pas été suivi d'effet du fait de
l'échec de la Conférence de La Haye en 2000. Enfin, on peut citer l'échec des négociations au sein de l'OMC à
Cancun en 2003. Ces échecs, qui ne sont pas les seuls, montrent que les pays n'arrivent plus à se mettre
d'accord dans un certain nombre de domaines. Il faudra essayer de comprendre pourquoi.
Une contestation de plus en plus organisée des effets de la mondialisation : tout le monde a
entendu parler des altermondialistes (que l'on appelait encore il y a peu les anti-mondialistes) qui sont le fer
de lance de cette contestation. Quelles sont les caractéristiques de ces mouvements de contestation ?
- Ils portent d'abord sur des thèmes extrêmement divers : protection de l'environnement, disparition
d'emplois dans les pays subissant les délocalisations, sécurité alimentaire, protection des traditions
culturelles, etc. On peut étendre la liste à l'infini.
- Ils se fédèrent internationalement en agissant ensemble contre, essentiellement, les organisations
internationales. Celles-ci sont remises en cause parce qu'elles ont privilégié la réalisation du libre-
échange, sans le subordonner aux nécessités du développement sur le long terme et en laissant le
terrain libre pour les firmes transnationales.
- Ils agissent de manière de plus en plus radicale : manifestations massives sur les lieux de réunion des
organisations internationales, par exemple.
[Link] - Les enjeux sous-jacents à ces conflits.
On peut en voir deux au moins : des enjeux de pouvoir, d'une part, et une discussion sur les limites
du fonctionnement de l'économie mondiale par le libre jeu du marché, d'autre part.
Les limites du fonctionnement de l'économie mondiale par le marché : il est des domaines où le
libre jeu du marché ne peut pas régler les problèmes sur le long terme. Il s'agit en particulier de tout ce qui
touche à l'environnement, à la question de l'énergie et des matières premières. Sur un autre plan, l'absence
d'autorité politique mondiale rend très difficile l'adoption de règles sociales pour la protection des
personnes. Comme dans un pays, et pour les mêmes raisons, il est nécessaire de discuter, au niveau mondial,
des rapports entre marché et Etat.
Cette question peut être abordée en voyant d'abord quels sont ou pourraient être les acteurs de
cette régulation, puis en réfléchissant sur ce que pourrait être la gouvernance mondiale.
Ces normes sont d'abord des normes environnementales qui visent à protéger notre planète sur le
long terme. L'adoption de ces normes environnementales pose un réel problème entre les pays du nord et les
pays du sud : les pays riches veulent que l'on édicte ces normes qui sont coûteuses et qui empêchent de faire
certaines choses que les pays riches ont fait dans le passé ; les pays pauvres n'ont pas les moyens financiers
de respecter ces normes et, en plus, ils n'auront pas les mêmes facilités que les pays aujourd'hui riches pour
se développer, ils résistent donc…
La question de l'adoption de normes sociales est également posée. On entend par là des normes
visant à protéger les personnes les plus fragiles. On peut penser par exemple à interdire le travail des enfants.
La question des procédures n'est pas facile non plus : est-ce l'O.M.C. qui doit intégrer ces normes,
extérieures au champ de l'échange, dans ses accords commerciaux ? Ou bien ces normes doivent-elles être
discutées et décidées par d'autres institutions ou par la coopération de ces institutions ? Mais quelles
institutions et qui fera respecter ces règles ?
Si les questions sont aujourd'hui posées, on ne peut pas dire qu'elles soient encore résolues.
Constat : La mondialisation n'est pas sans poser des problèmes. En même temps, c'est un processus
en marche, qui se poursuit et se poursuivra. Il faut donc parvenir à la réguler pour qu'elle produise les
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