SERIES
SERIES
2 Suites de fonctions 12
2.1 Convergence simple et convergence uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Critères de convergence uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3 Convergence uniforme et continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.4 Convergence uniforme et dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.5 Convergence uniforme et intégrale de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
4 Séries de Fourier 24
4.1 L’espace préhilbertien C2π (R, C) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.1.1 L’espace vectoriel C2π (R, C) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.1.2 Notion d’espace préhilbertien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.1.3 Produit scalaire et semi-norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
4.1.4 Système exponentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.2 Série de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.2.1 Coefficients de Fourier d’un élément de CM2π (R, C) . . . . . . . . . . . . . 28
4.2.2 Séries et sommes de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
4.2.3 Propriétés des coefficients de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
4.2.4 Inégalité de Bessel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.2.5 Formule de Parseval . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.2.6 Théorème de Dirichlet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
1
Objectif du cours : familiariser l’étudiant avec les notions de suites et séries de fonctions
Durée des chapitres
Chapitres Durée
Séries réelles ou complexes 3 heures
Suites de fonctions 3 heures
Série de fonction à une variable réelles - Série entière 4 heures
Séries de Fourier 5 heures
La théorie des séries numériques est l’étude des sommes comportant une infinité dénombrable
de nombres réels ou complexes. Plus précisément, étant donné une suite (un )n∈N ,quel sens peut-on
attribuer à l’expression u0 + u2 + . . . ? Le but de ce chapitre est l’étude partielle de ce problème.
1.1 Généralités
Soit (un )n∈N une suite de nombre réels ou complexes. Considérons les sommes partielles
n
X
Sn = u0 + u1 + · · · + un = uk .
k=0
Ces sommes forment la suite (Sn ),n∈N dont nous proposons d’étudier la convergence ou la
divergence.
Définition 1. On appelle série de terme général un , la suite (Sn )n∈N définie par
∀n ∈ N, Sn = u0 + u1 + · · · + un .
P
On note la série de terme générale un par {un } ou un . Pour tout n ∈ N, un s’appelle le terme
d’ordre ( ou d’indice) n de la série, et Sn s’appelle la somme partielle d’ordre ( ou d’indice) n de
la série {un } .
Définition 2. Si la suite (Sn ) converge, et a pour limite S, fini ou non, on dit que la série {un } a
pour somme S , et l’ on écrit
+∞
X
S= un .
n=0
Démonstration. Supposons que la série {un } converge vers converge vers S. Alors la suite de somme
partielle (Sn )n∈N converge vers S. On a aussi la suite (Sn−1 ) qui converge vers S, donc
∀n ∈ N, n ≥ 1, un = Sn − Sn−1 ,
et (un ) converge vers S − S = 0, lorsque n tend vers +∞.
3
Remarque 4. La condition (un ) converge ver 0 est nécessaire, mais n’est pas suffisante. Par exemple,
pour
1
un = ln 1 + , (n ≥ 1)
n
la suite (un ) converge vers 0, mais
n
X n
X
uk = (ln (k + 1) − ln (k)) = ln (n + 1)
k=1 k=1
converge vers +∞ lorsque n tend vers +∞. Donc la série {un } diverge.
Théorème 5. Soit x un nombre réel ou complexe.
Si |x| ≥ 1, la série 1 + x + x2 + . . . xn + . . . est divergente.
1
Si |x| < 1, la série 1 + x + x2 + . . . xn + . . . est convergente de somme 1−x
.
Démonstration. Si |x| ≥ 1,on a |xn | = |x|n ≥ 1, pour tout n, donc la suite (xn ) ne converge pas
vers 0, par conséquent la série 1 + x + x2 + . . . xn + . . . diverge d’après le théorème 3.
Supposons que |x| < 1. Pour n ∈ N, on a
1 + x + x2 + . . . xn (1 − x) = 1 − xn+1 ,
donc
1 − xn+1
1 + x + x 2 + . . . xn = .
1−x
Or limn→+∞ |xn+1 | = lim |x|n+1 = 0,puisque |x| < 1. Donc
1
1 + x + x 2 + . . . xn + · · · = .
1−x
Rn = S − Sn
et
Sn + Rn = S.
Proposition 8. On ne change pas la nature d’une série {un } en modifiant un ensemble fini des
termes de la suite (un ) .
∀n ∈ N, n > n0 ⇒ vn = un .
+∞
X +∞
X
En notant Un = uk et Vn = vk , on obtient
k=0 k=0
n0
X
∀n ∈ N, n > n0 ⇒ Un − Vn = (uk − vk ) .
k=0
La différence Un − Vn étant constante à partir d’un certain rang, la suite (Un ) est convergente si
et seulement si il en est de même de la suite (Vn ). En cas de convergence, on a
+∞
X +∞
X n0
X n0
X
uk − vk = uk − vk .
k=0 k=0 k=0 k=0
D’où la proposition.
Définition 9. Etant donné deux séries {un } et {vn } et un nombre réel ou complexe α,on définit :
a) la série somme comme étant la série de terme général un + vn . Cette nouvelle série est notée
{un + vn } ,
b) la série produit par α de la série {un } est la série de terme général αun . On la note {αun } .
Avec ces deux lois et les propriétés établies pour les suites numériques, on déduit le résultat
suivants.
Proposition 10. Muni des opérations définies ci-dessus, l’ensemble des séries numériques est un
K-espace vectoriel, donc l’ensemble des séries convergentes est un K-espace vectoriel.
K = R ou K = C.
Définition 11. On appelle série télescopique associée à une suite (an ) ,la série {un }où un =
an − an−1 .
Proposition 12. Soit {un } une série télescopique associée à une suite (an )n≥0 . Alors la série {un }
et la suite (an ) sont la même nature, et en cas de convergence, on a
+∞
X
uk = lim an − a0 .
k→+∞
k=1
Démonstration. Une suite est convergente si et seulement si elle est une suite de Cauchy. La suite
des sommes partielles (Sn ) est par conséquent
Pn+pconvergente si et seulement si elle est une suite de
Cauchy. Partant du fait que Sn+p − Sn = k=n+1 uk , l’entier N est obtenu en se servant du fait la
suite (Sn ) est une suite de Cauchy si les sommes partielles convergent.
1
Exemple 15 (Série harmonique). La série de terme général n
avec n ≥ 1 est telle que
2n 2n
X 1 X 1 1 1
≥ =n× = .
k=n+1
k k=n+1 2n 2n 2
Le critère de Cauchy n’étant pas vérifié, on en conclut que la série harmonique est divergente.
Définition 16. Une série {un } est dite absolument convergente si la série {|un |} est convergente.
Le résultat suivant est important en pratique.
Théorème 17. Toute série absolument convergent est convergente.
Démonstration. Soit ε > 0 et {|un |}une série convergente. Alors il existe N ∈ N tel que
n+p
X
|uk | ≤ ε.
k=n+1
Donc la série {un } est une série de Cauchy, par conséquent est une série convergente.
Remarque 18. La réciproque de ce résultat est faux.
Définition 19. Une série qui converge mais qui ne converge pas absolument est dite semi-
convergente.
Lemme 20. Une série à termes positifs converge si et seulement si la suite des sommes partielles
(Sn )n≥0 est majorée.
Si la série diverge, alors la suite (Sn )n≥0 tend vers +∞.
Démonstration. Il est établi qu’une suite croissante est convergent si et seulement si elle est ma-
jorée.
Pour tout n ∈ N, on a Sn+1 − Sn = un ≥ 0,donc la suite (Sn )n≥0 est croissante. Par conséquent
la série {un } est convergente si et seulement si la suite {Sn } est convergente, ce qui l’ait si et
seulement la suite {Sn } est majorée. Et par conséquent, la série {un } est divergente si et seulement
si la suite (Sn ) tend vers +∞.
Théorème 21 (Règle de comparaison). Soient {un } et {vn } deux séries à termes positifs tels que
un ≤ vn pour tout n ≥ 0. Alors
∀n ∈ N, Sn ≤ Tn . (1.1)
Comme la suite (Tn ) est majorée, car convergente, il en résulte que la suite (Sn ) majorée, donc
converge. Donc la série {un } converge.
2. C’est la contraposée de la proposition 1.
Remarque 23. Si la comparaison un ≤ vn n’est vérifiée qu’à partir d’un certain rang, la règle de
comparaison reste valable. Cependant la règle (1.1) peut être fausse.
La règle de comparaison permet d’établir un critère important.
Théorème 24 (Règle d’équivalence). Soient {un } et {vn } deux séries à termes positifs tels que
un ∼ vn lorsque n → +∞. Alors les deux séries sont de même nature.
On a
n
X 1
up = 1 − ,
p=1
(n + 1)α−1
D’où
α−1 1 α−1
un = +o = (1 + o (1)) ,
nα nα nα
ce qui implique
α−1
un ∼ .
n→+∞ nα
Les deuxPséries étant à termes positifs, la règle d’équivalence permet de conclure pour tout α ∈]1, 2[,
la série +∞ 1
n=1 nα est convergente.
Théorème 27 p (Règle de Cauchy). Soit {un } une série à termes réels ou complexes et soit L =
lim supn→+∞ |un | ( L éventuellement infini). Alors
n
Démonstration. 1) Supposons
p L < 1 et soit α tel que L < α < 1. Il n’existe qu’un nombre fini
d’entiers n tels que |un | > α. On peut donc trouver un entier N (dépendant de α) tel que
n
p
n ≥ N ⇒ n |un | ≤ α.
Théorème 30 (Règle de D’Alembert ). Soit {un } une série à termes réels ou complexes non nuls
à partir d’un certain rang. On note
un+1 un+1
L = lim sup et l = lim inf .
n→+∞ un n→+∞ un
Alors
1. si L < 1, la série {un } converge absolument,
2. si l > 1, le série {un } diverge.
Suites de fonctions
Ce chapitre se veut introductif pour la notion de convergence d’une suite de fonctions, thème
cruciale en analyse. En plus de leur importance propre, elle joue un rôle fondamental dans la plupart
des thèmes abordés en analyse. Dans ce chapitre, X désigne un ensemble non vide quelconque et E
un espace vectoriel muni d’une norme ||·|| . Les cas pratiques que nous aurons à considérer seront
ceux pour lesquels l’ensemble E est pris pour R ou C.
On dit alors que f est la limite simple sur X de la suite d’applications (fn ).
Remarque 39. Il est claire que la fonction f est unique, puisque pour tout x ∈ X,la suite (fn (x))
a une limite unique.
Exemple 40. La suite des fonction définies par fn (x) = xn converge simplement vers la fonction
f définie par
(
0 si x ∈ [0, 1[
f (x) =
1 si x = 1.
On observe sur cet exemple que toutes les fonction fn sont de classe C ∞ sur [0, 1], alors que f
n’est pas continue sur [0, 1] .
Définition 41. On dit que la suite (fn ) converge uniformément vers f sur X si,
On dit alors que f est la limite uniforme sur X de la suite d’application (fn ) .
Proposition 42. Si la suite (fn ) converge uniformément sur X vers f , alors elle converge simple-
ment sur X vers f .
12
Démonstration. Elle découle directement des définitions.
Remarque 43. 1) La réciproque de cette proposition n’est pas vraie.
2) Cette proposition nous dit que pour chercher une éventuelle limite uniforme, on pourra
d’abord étudier l’existence d’une limite simple, et si la convergence simple est vérifiée, la limite
simple est alors la seule application candidate à être la limite uniforme.
Pour que la suite (fn ) converge uniformément vers f sur X, il faut et il suffit que la suite numérique
(µn ) tende vers 0.
Démonstration. La condition (∀x ∈ X, ||fn (x) − f (x)|| ≤ ε) équivaut à : µn ≤ ε. Le résultat en
découle immédiatement.
Exemple 45. La suite de fonctions donnée sur [0, 1] par fn (x) = xn converge simplement vers la
fonction f (x) = 0 si x ∈ [0, 1[ et f (1) = 1. Mais (fn ) ne converge pas uniformément vers f puisque
2) Pour que la suite (fn ) ne converge pas uniformément vers f sur X, il suffit qu’il existe une
suite (xn ) de points de X telle que (fn (xn ) − f (xn )) ne tende pas vers zéro.
Démonstration. En exercice, se servir de la proposition 44.
Exemple 47. Considérons la suite de fonctions définie sur R par
sin nx
fn (x) = .
1 + n 2 x2
Pour tout x fixé dans R, la suite numérique (fn (x)) converge vers 0. Donc la suite converge
simplement vers la fonction nulle sur R. Or, pour tout n ≥ 1, on a
π 1
fn = 2 6→ 0 lorsque n → +∞.
2n 1 + π4
L’assertion 2) de la proposition précédente permet de conclure que la suite (fn ) ne converge pas
uniformément vers f sur R.
et
(
f (x)−f (x0 )
x−x0
si x 6= x0
ϕ (x) =
limn→+∞ fn0 (x0 ) si x = x0.
Les fonctions ϕn ainsi définies sont continues au point x0 et converge simplement vers ϕ sur I.
Pour prouver que la fonction f admet ϕ(x0 ) pour dérivée au point x0 , il suffit de prouver que
la fonction limite, elle aussi, est continue en x0 . Cela résultera immédiatement du théorème 49
lorsqu’on aura prouvé que la suite (ϕn ) converge uniformément vers ϕ sur I, et le résultat annoncé
en découlera.
Montrons que donc la convergence uniforme de (ϕn ) sur I.
Par hypothèse, la suite (fn0 ) est uniformément convergent sur I,donc uniformément de Cauchy.
Pour chaque ε > 0, il existe donc un entier N tel que les inégalités nN ≥ n et p ≥ N impliquent
Mais l’inégalité (2.1), vraie pour x 6= x0 , reste vrai au point x0 par passage à la limite ( puisque les
fonctions ϕn sont continues en ce point ). Faisons maintenant tendre p vers +∞ dans la relation
(2.2). A la limite, on a pour tout n ≥ N et tout x ∈ I :
Soit n ≥ N ; on a si x0 ≤ x ≤ b :
Z x Z x Z x
fn (t) dt − f (t) dt = (fn (t) − f (t)) dt
x0 x0 x0
Z x
≤ |fn (t) − f (t)| dt
x0
Z x
≤ εdt = ε (x − x0 )
x0
≤ ε (b − a) ;
et si on a x ≤ x0 ,l’inégalité
Z x Z x
fn (t) dt − f (t) dt ≤ ε (b − a)
x0 x0
reste encore valable ( en changeant les rôles de x0 et x). Ce qui permet d’établir le théorème, car
cette inégalité est valable pour tout x ∈ [a, b] .
Corollaire 55. Soit (fn ) une suite de fonctions complexe continues dans [a, b] , tendant uniformé-
ment vers f. Alors
Z b Z b
fn (t) dt → f (t) dt.
a a
Démonstration. En exercice
Théorème 56. Soit (fn ) une suite de fonctions complexes sur [a, b] admettant des dérivées conti-
nues sur [a, b]. On suppose que la suite (fn ) tend uniformément sur [a, b] vers une fonction f, et
que la suite (fn0 ) des dérivées tend uniformément sur [a, b] vers une fonction g. Alors f admet une
dérivée continue égale à g.
Démonstration. Pour tout x ∈ [a, b], on a
Z x
fn (x) = fn (a) + fn0 (t) dt.
a
Or g est continue comme limite uniforme de fonctions continues. L’égalité (2.3) prouve que f est
dérivable et f 0 = g dans [a, b] .
Au chapitre 1, nous avons étudier les séries réelles ou complexes, celle-ci entrent dans une famille
plus grande, les série de fonctions d’une variable réelle. Dans ce chapitre, nous allons étudier les
séries de fonctions d’une variable réelle ou complexe en mettant en action les concepts du chapitre
2.
Définition 58. Lorsque la suite dePfonctions (Sn )n≥0 définie ci-dessus converge simplement sur
I, on dit que la série de fonctions fn converge simplement
P sur I. Dans ce cas, la fonction limite
S de (Sn ) s’appelle la fonction somme de la série fn , et on note
+∞
X
S= fn .
n=0
P P
Remarque 59. Si fn converge simplement sur I, alors, pour chaque x ∈ I, la série fn (x) est
convergente dans R ou C, et l’on a
+∞
! +∞
X X
∀x ∈ I, S (x) = fn (x) = fn (x) .
n=0 n=0
Exemple 60. Considérons la série de fonctions définie sur R+ par fn (x) = xe−nx . Pour chaque x
∗ −xn
= o (1/n2 ), donc la série numérique
P
fixée dans RP+ , on a xe fn (x) converge, ce qui montre
que la série fn converge simplement sur R+ ( pour x = 0, la convergence est évidente). Sur cette
18
P
exemple, on peut même déterminer la fonction somme de la série fn puisque, pour tout x dans
R∗+ , on a
n n
X X 1 − e−(n+1)x x
xe−kx = x e−x k = x
→ .
k=0 k=0
1 − e−x n→+∞ 1 − e−x
Donc
+∞
X x
xe−kx = pour x > 0, et 0 pour x = 0.
k=0
1 − e−x
Théorème 65. Soient I un intervalle de R, et {fn }une série de fonction complexes uniformément
convergentes dans I vers une fonction f. Si chaque fn est une fonction continue dans I, alors la
fonction f est continue dans I.
Théorème 66. Soit {fn } une série de fonctions complexes continues uniformément Rconvergente
x
dans [a, b] vers une fonction f. Soit x0 un point de [a, b]. Alors la série de primitives x0 fn (t) dt
Rx
converge uniformément dans [a, b] vers la primitives x0 f (t) dt.
Théorème 67. Soit {fn } une série de fonctions complexes admettant des dérivées continues dans
[a, b] . On suppose que les séries {fn } et {fn0 } sont uniformément convergentes dans [a, b] ,de sommes
f et g. Alors f admet une dérivée continue égale à g.
zn zn
|an z n | = |an z0n | ≤ K .
z0n z0n
n zn
Or la série de terme général zzn est convergent, car z0n
< 1, donc la série de terme général |an z n |
0
est convergente par la règle de comparaison.
Démonstration. :
(a) Existence de R. Soit E l’ensemble des nombres complexes z tels que la série a0 + a1 z +
a2 z 2 + · · · + an z n + . . . converge. Soit E 0 l’ensemble des module des nombres de E. On a 0 ∈ E,
donc 0 ∈ E 0 . Soit R la borne supérieur fini ou non de E 0 . Montrons que R possède les propriétés
1. et 2. du théorème. Soit z un nombre complexe tel que |z| < R ; alors |z| ne majore pas E 0 , donc
il existe z0 dans E 0 tel que |z| < |z0 | , d’après le théorème 68, la série converge absolument au point
z. Soit maintenant un nombre complexe tel |z| > R ; si la série était convergente au point z on
aurait z ∈ E,donc |z| ∈ E 0 , et R ne serait pas un majorant de E 0 ; donc la série est divergente au
point z.
(b) Unicité Supposons qu’il existe deux nombres R et R0 qui vérifient les propriétés du théorème
avec R > R0 . Alors, pour tout nombre complexes z tel que R > |z| > R0 , la série serait à la fois
convergente et divergente au point z, ce qui est absurde.
Remarque 70. On peut avoir R = 0 ou bien R = +∞. Si R = +∞, la série a0 + a1 z + a2 z 2 +
· · · + an z n + . . . converge pour tout nombre complexe z dans C, la somme de cette série définie
une fonction de C dans C dite fonction entière.
an+1 n!
lim = lim = 0.
n→+∞ an n→+∞ (n + 1)!
2n z 2n . On a
P
Exemple 76. Calculons le rayon de convergence de
( 1
1 2 2 si n est pair
|an | n =
0 si n est impair.
1 √
On en déduit que lim sup |an | n = 2, donc R = √1 .
2
n→+∞
Proposition 80. La série entière dérivée d’une série entière a le même rayon de convergence que
celle-ci.
Démonstration. Notons R et R’ les rayons de convergence des séries entières an z n et (n + 1) an z n
P P
respectivement.
Si |z| > R, la suite (an z n ) n’est pas bornée donc à fortiori la suite ((n + 1) an+1 z n ) n’est pas
bornée, d’où |z| ≥ R0 . Donc R ≥ R0 .
Si |z| > R0 , choisissons un nombre ρ tel que |z| > ρ > R0 . La suite
n
n n−1 ρ |z|
|an z | = n |an | ρ ×
n ρ
est le produit de deux suites à termes positifs dont l’une n’est pas bornée ( car ρ > R0 ) et l’autre
tend vers +∞ ( car |z| > ρ). La suite (|an z n |) n’est donc pas bornée, d’où |z| ≥ R. Donc R0 ≥ R.
Corollaire 87. Sous les hypothèses du théorème ci-dessus, la fonction S est de classe C ∞ sur
] − R, R[, et
+∞
(k)
X k!
∀k ∈ N, ∀x ∈] − R, R[, S (x) = an xn−k .
n=k
(n − k)!
S (k) (0)
En particulier, on a pour tout k ∈ N :ak = k!
.
Séries de Fourier
Les séries de Fourier sont un outil fondamental dans l’étude des fonctions périodiques. Elles ont
été introduites par Joseph Fourier en 1822, même si leur étude systématique et approfondie n’a
réellement démarré qu’avec l’apparition de l’intégrale de Lebesgue en 1902. Les séries de Fourier
sont encore aujourd’hui l’objet de recherches actives pour elles-mêmes.
∀x ∈ R, f (x + T ) = f (x) . (4.1)
On dit que f est périodique de période T (ou simplement T-périodique) si T est le plus petit
des nombres réels strictement positifs vérifiant la relation (4.1). De façon générale, l’étude d’une
fonction T-périodique peut toujours se ramener à l’étude d’une fonction 2π−périodique g donnée
pour tout x réel par
T
g (x) = f x .
2π
C’est pourquoi nous avons choisi pour cadre naturel de ce chapitre celui des fonctions 2π−périodiques.
Nous nous intéressons plus précisément aux applications de R dans C, 2π−périodiques et continues
par morceaux. On note CM2π (R, C) l’espace vectoriel de telles applications, et on note C2π (R, C)
le sous-espace vectoriel formé des applications continues. Une fonction f appartient à CM2π (R, C)
si et seulement si elle est périodique de période 2π et si sa restriction à [0, 2π] est continue par
morceaux.
pour tout a ∈ R. Cette valeur commune s’appelle l’intégrale de f sur une période.
24
Démonstration. On a
Z a Z a Z a+2π
f (t) dt = f (t − 2π) dt = f (t) dt (par changement de variable) .
a 0 2π
D’où la proposition.
Remarque R90. Ce résultat dit que, pour tout a ∈ Ret pour tout f élément de CM2π (R, C),
a+2π
l’intégrale a f (t) dt ne dépend pas de a.
Définition 93. Une forme sesquilinéaire hermitienne ϕ sur E × E est dit positive si ϕ (x, x) pour
tout x dans E.
Définition 94. Une forme sesquilinéaire hermitienne ϕ sur E × E est dit définie positive (ou
positive et non dégénérée) si elle est positive et si de plus on a
ϕ (x, x) = 0 ⇒ x = 0 (= 0E ) .
On dit alors que ϕ est un produit scalaire hermitien sur E, ou plus simplement un produit
scalaire sur E.
Définition 95. On appelle espace préhilbertien sur K, tout K−espace vectoriel muni d’un
produit scalaire h., .i . On note alors (E, h., .i) ou simplement E lorsqu’aucun risque de confusion
n’est à craindre.
Démonstration. admise
On dispose dans CM2π (R, C) et D2π (R, C) de deux inégalités très importantes.
Proposition 106. La famille (en )n∈Z est orthonormée dans CM2π (R, C).
2π 2π
e(m−n)it
Z
1 −int imt
hen , em i = e e dt = = 0.
2π 0 i (m − n) 0
D’où la proposition.
On utilise aussi la famille des fonctions trigonométriques :
(1, cos nt, sin nt)n∈N∗ = (1, cos t, sin t, cos 2t, sin 2t, . . . ) .
Proposition 107. La famille (1, cos nt, sin nt)n∈N∗ est orthogonale dans C2π (R, C) . La norme de
ses éléments est donnée par ||1||2 = 1 et
√ √
∗ 2 2
∀n ∈ N , ||cos nt||2 = et ||sin nt||2 = .
2 2
Démonstration. En exercice servir de la formule de Euler.
Remarque 108. Les familles (en )n∈Z et (1, cos nt, sin nt)n∈N∗ sont orthogonales dans l’espace préhil-
bertien C2π (R, C) , elles sont donc libres.
Z 2π
1
∀n ∈ N, bn (f ) = 2 hsin nt, f (t)i = f (t) sin nt dt.
π 0
La proposition suivante donne les formules de passage entre les coefficients de Fourier exponen-
tiels et trigonométriques.
Proposition 112. En posant b0 (f ) = 0, on a pour tout n ∈ N :
(
cn (f ) = an (f )−ib
2
n (f )
et
c−n (f ) = an (f )+ib
2
n (f )
(
an (f ) = cn (f ) + c−n (f )
bn (f ) = i (cn (f ) − c−n (f )) .
Définition 115. Soit f ∈ CM2π (R, C) . On appelle série de Fourier de f la série trigonomé-
trique :
+∞ +∞
X a0 (f ) X
S (f ) = cn (f ) en (t) = + (an (f ) cos nt + bn (f ) sin nt) .
n=−∞
2 n=1
Proposition 117. Soit f une fonction continue et de classe C 1 par morceaux sur [0, 2π] . Alors f 0
est continue par morceaux et 2π−périodique, et on a
∀n ∈ Z, cn (f 0 ) = incn (f ) .
Démonstration. admise
Remarque 118. Lorsque f est de classe C k−1 sur [0, 2π] et de classe C k par morceaux sur ce segment,
on obtient par itérations
cn f (k) = (in)k cn (f ) .
∀n ∈ N, an (f ) = an , et ∀n ∈ N∗ , bn (f ) = bn .
Démonstration. admise
Proposition 123. Si f ∈ CM2π (R, C), alors
+∞
X
1) la série |cn (f )|2 est convergente et on a
n=−∞
+∞
X
|cn (f )|2 ≤ ||f ||22 .
n=−∞
+∞
1 1X
2) la série |a0 |2 + |an (f )|2 + |bn (f )|2 est convergente, et on a
4 2 n=1
+∞
1 1X
|a0 |2 + |an (f )|2 + |bn (f )|2 ≤ ||f ||22 .
4 2 n=1
Démonstration. admise
Démonstration. admise
f (t− ) + f (t+ )
∀t ∈ R, f (t) = .
2
Si f ∈ CM2π (R, C), on peut lui associé f˜ ∈ D2π (R, C) e, posant, pour tout réel t :
f (t− ) + f (t+ )
f˜ (t) = .
2
La fonction f˜ est appelée la régularité de f . Sur tout segment [a, b] les fonction f et f˜ ne diffèrent
qu’en un nombre fini de points et coïncident en tout point où f est continue.
Le résultat qui suit est particulièrement utile en pratique
Théorème 125 (Dirichlet). Soit f une fonction 2π-périodique, de clause C 1 par morceaux sur le
segment [0, 2π] . Alors la série de Fourier de f converge simplement sur R avec pour somme la
régularité f˜ de f.
Démonstration. admise
Voici à présent un critère de convergence normale.
Théorème 126. Soit f une fonction 2π-périodique, de clause C 1 par morceaux sur le segment
[0, 2π] . On suppose de plus que f est continue sur R. Alors la série de Fourier de f converge
uniformément sur R avec pour somme la fonction f.
Démonstration. admise