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Suites et séries de fonctions

Table des matières

1 Séries réelles ou complexes 3


1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Série à termes positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Règle de Cauchy et de D’Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Série semi-convergente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

2 Suites de fonctions 12
2.1 Convergence simple et convergence uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Critères de convergence uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3 Convergence uniforme et continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.4 Convergence uniforme et dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.5 Convergence uniforme et intégrale de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

3 Séries de fonction à une variable réelles - Série entière 18


3.1 Série de fonction à une variable réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.2 Séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.2.1 Rayon de convergences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.2.2 Règle pratique pour déterminer le rayon de convergence . . . . . . . . . . . . 21
3.2.3 Série entière dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.2.4 Propriétés de la fonction somme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

4 Séries de Fourier 24
4.1 L’espace préhilbertien C2π (R, C) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.1.1 L’espace vectoriel C2π (R, C) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.1.2 Notion d’espace préhilbertien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.1.3 Produit scalaire et semi-norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
4.1.4 Système exponentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.2 Série de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.2.1 Coefficients de Fourier d’un élément de CM2π (R, C) . . . . . . . . . . . . . 28
4.2.2 Séries et sommes de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
4.2.3 Propriétés des coefficients de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
4.2.4 Inégalité de Bessel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.2.5 Formule de Parseval . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.2.6 Théorème de Dirichlet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

1
Objectif du cours : familiariser l’étudiant avec les notions de suites et séries de fonctions
Durée des chapitres
Chapitres Durée
Séries réelles ou complexes 3 heures
Suites de fonctions 3 heures
Série de fonction à une variable réelles - Série entière 4 heures
Séries de Fourier 5 heures

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 2


Chapitre 1

Séries réelles ou complexes

La théorie des séries numériques est l’étude des sommes comportant une infinité dénombrable
de nombres réels ou complexes. Plus précisément, étant donné une suite (un )n∈N ,quel sens peut-on
attribuer à l’expression u0 + u2 + . . . ? Le but de ce chapitre est l’étude partielle de ce problème.

1.1 Généralités
Soit (un )n∈N une suite de nombre réels ou complexes. Considérons les sommes partielles
n
X
Sn = u0 + u1 + · · · + un = uk .
k=0

Ces sommes forment la suite (Sn ),n∈N dont nous proposons d’étudier la convergence ou la
divergence.
Définition 1. On appelle série de terme général un , la suite (Sn )n∈N définie par
∀n ∈ N, Sn = u0 + u1 + · · · + un .
P
On note la série de terme générale un par {un } ou un . Pour tout n ∈ N, un s’appelle le terme
d’ordre ( ou d’indice) n de la série, et Sn s’appelle la somme partielle d’ordre ( ou d’indice) n de
la série {un } .
Définition 2. Si la suite (Sn ) converge, et a pour limite S, fini ou non, on dit que la série {un } a
pour somme S , et l’ on écrit
+∞
X
S= un .
n=0

Si de plus S est finie, la série est dite convergente.


Une série non convergente est dite divergente.
Théorème 3. Si la série de terme général un est convergente, alors lim un = 0.
n→+∞

Démonstration. Supposons que la série {un } converge vers converge vers S. Alors la suite de somme
partielle (Sn )n∈N converge vers S. On a aussi la suite (Sn−1 ) qui converge vers S, donc
∀n ∈ N, n ≥ 1, un = Sn − Sn−1 ,
et (un ) converge vers S − S = 0, lorsque n tend vers +∞.

3
Remarque 4. La condition (un ) converge ver 0 est nécessaire, mais n’est pas suffisante. Par exemple,
pour
 
1
un = ln 1 + , (n ≥ 1)
n
la suite (un ) converge vers 0, mais
n
X n
X
uk = (ln (k + 1) − ln (k)) = ln (n + 1)
k=1 k=1

converge vers +∞ lorsque n tend vers +∞. Donc la série {un } diverge.
Théorème 5. Soit x un nombre réel ou complexe.
Si |x| ≥ 1, la série 1 + x + x2 + . . . xn + . . . est divergente.
1
Si |x| < 1, la série 1 + x + x2 + . . . xn + . . . est convergente de somme 1−x
.
Démonstration. Si |x| ≥ 1,on a |xn | = |x|n ≥ 1, pour tout n, donc la suite (xn ) ne converge pas
vers 0, par conséquent la série 1 + x + x2 + . . . xn + . . . diverge d’après le théorème 3.
Supposons que |x| < 1. Pour n ∈ N, on a

1 + x + x2 + . . . xn (1 − x) = 1 − xn+1 ,


donc
1 − xn+1
1 + x + x 2 + . . . xn = .
1−x
Or limn→+∞ |xn+1 | = lim |x|n+1 = 0,puisque |x| < 1. Donc
1
1 + x + x 2 + . . . xn + · · · = .
1−x

Définition 6. Soit {un } une série convergente de somme S, le nombre

Rn = S − Sn

est appelé le reste d’ordre (ou d’indice) n de la série.


Remarque 7. Le reste Rn d’ordre n n’est définie que pour les séries convergente, et comme dans ce
cas la suite (Sn ) converge vers S,on en déduit que (Rn ) converge vers 0. On a aussi
+∞
X
Rn = uk
k=n+1

et

Sn + Rn = S.

Proposition 8. On ne change pas la nature d’une série {un } en modifiant un ensemble fini des
termes de la suite (un ) .

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 4


Démonstration. Soit (vn )n≥0 une suite, et supposons qu’il existe n0 ∈ N tel que

∀n ∈ N, n > n0 ⇒ vn = un .
+∞
X +∞
X
En notant Un = uk et Vn = vk , on obtient
k=0 k=0

n0
X
∀n ∈ N, n > n0 ⇒ Un − Vn = (uk − vk ) .
k=0

La différence Un − Vn étant constante à partir d’un certain rang, la suite (Un ) est convergente si
et seulement si il en est de même de la suite (Vn ). En cas de convergence, on a
+∞
X +∞
X n0
X n0
X
uk − vk = uk − vk .
k=0 k=0 k=0 k=0

D’où la proposition.
Définition 9. Etant donné deux séries {un } et {vn } et un nombre réel ou complexe α,on définit :
a) la série somme comme étant la série de terme général un + vn . Cette nouvelle série est notée
{un + vn } ,
b) la série produit par α de la série {un } est la série de terme général αun . On la note {αun } .
Avec ces deux lois et les propriétés établies pour les suites numériques, on déduit le résultat
suivants.
Proposition 10. Muni des opérations définies ci-dessus, l’ensemble des séries numériques est un
K-espace vectoriel, donc l’ensemble des séries convergentes est un K-espace vectoriel.
K = R ou K = C.
Définition 11. On appelle série télescopique associée à une suite (an ) ,la série {un }où un =
an − an−1 .
Proposition 12. Soit {un } une série télescopique associée à une suite (an )n≥0 . Alors la série {un }
et la suite (an ) sont la même nature, et en cas de convergence, on a
+∞
X
uk = lim an − a0 .
k→+∞
k=1

Démonstration. Pour tout entier n ≥ 1,on a


n
X n
X
un = (ak − ak−1 ) = an − a0 ,
k=1 k=1

et on conclut en faisant tendre n vers l’infini.


Exemple 13. Considérons la série de terme général
1
un = , n ≥ 1.
n (n + 1)

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 5


Puisque
1 1 1
= − ,
n (n + 1) n n+1
on en déduit que la série {un } est télescopique. Elle est donc convergente, et de plus , on a
n
X 1
uk = 1 − ,
k=1
n+1
d’où la somme de la série considérée :
+∞
X 1
= 1.
n=1
n (n + 1)
Le résultat suivant est fondamental, car il permet d’établir si une série est convergente (ou
divergente) sans en connaitre à priori la somme.
Théorème 14 (Critère de cauchy). Une série {un } converge si et seulement si elle satisfait le
critère de Cauchy
n+p
X

∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, ∀p ∈ N ⇒ uk ≤ ε.
k=n+1

Démonstration. Une suite est convergente si et seulement si elle est une suite de Cauchy. La suite
des sommes partielles (Sn ) est par conséquent
Pn+pconvergente si et seulement si elle est une suite de
Cauchy. Partant du fait que Sn+p − Sn = k=n+1 uk , l’entier N est obtenu en se servant du fait la
suite (Sn ) est une suite de Cauchy si les sommes partielles convergent.
1
Exemple 15 (Série harmonique). La série de terme général n
avec n ≥ 1 est telle que
2n 2n
X 1 X 1 1 1
≥ =n× = .
k=n+1
k k=n+1 2n 2n 2
Le critère de Cauchy n’étant pas vérifié, on en conclut que la série harmonique est divergente.
Définition 16. Une série {un } est dite absolument convergente si la série {|un |} est convergente.
Le résultat suivant est important en pratique.
Théorème 17. Toute série absolument convergent est convergente.
Démonstration. Soit ε > 0 et {|un |}une série convergente. Alors il existe N ∈ N tel que
n+p
X
|uk | ≤ ε.
k=n+1

D’après l’inégalité triangulaire, on en déduit que


n+p n+p
X X
uk ≤ |uk | ≤ ε.
k=n+1 k=n+1

Donc la série {un } est une série de Cauchy, par conséquent est une série convergente.
Remarque 18. La réciproque de ce résultat est faux.
Définition 19. Une série qui converge mais qui ne converge pas absolument est dite semi-
convergente.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 6


1.2 Série à termes positifs
Dans cette section, nous nous intéressons aux séries {un } à termes positifs. Tous les résultats
établis pour de tels séries sont vrais pour des séries à termes négatifs.

Lemme 20. Une série à termes positifs converge si et seulement si la suite des sommes partielles
(Sn )n≥0 est majorée.
Si la série diverge, alors la suite (Sn )n≥0 tend vers +∞.

Démonstration. Il est établi qu’une suite croissante est convergent si et seulement si elle est ma-
jorée.
Pour tout n ∈ N, on a Sn+1 − Sn = un ≥ 0,donc la suite (Sn )n≥0 est croissante. Par conséquent
la série {un } est convergente si et seulement si la suite {Sn } est convergente, ce qui l’ait si et
seulement la suite {Sn } est majorée. Et par conséquent, la série {un } est divergente si et seulement
si la suite (Sn ) tend vers +∞.

Théorème 21 (Règle de comparaison). Soient {un } et {vn } deux séries à termes positifs tels que
un ≤ vn pour tout n ≥ 0. Alors

1. si la série {vn } converge, il en est de même de la série {un }, et on



X ∞
X
un ≤ vn ,
n=0 n=0

2. si la série {un }diverge, il en est de même de la série {vn }.


Démonstration. 1. Notons (Sn ) et (Tn )les suites des sommes partielles associées respectivement
aux séries {un } et {vn } . Par hypothèse, on a un ≤ vn pour tout n ≥ 0, donc

∀n ∈ N, Sn ≤ Tn . (1.1)

Comme la suite (Tn ) est majorée, car convergente, il en résulte que la suite (Sn ) majorée, donc
converge. Donc la série {un } converge.
2. C’est la contraposée de la proposition 1.

Exemple 22. 1. Pour tout n ≥ 2,on a 0 ≤ n12 ≤ n(n−1) 1 1


; comme la série de terme général n(n−1)
est convergente, la règle de comparaison permet d’en déduire que la série de terme général n12 est
convergente.
2.Pour tout n ≥ 1, on 0 ≤ n1 ≤ √1n . comme la série de terme général n1 est divergente, la règle
de comparaison permet d’en déduire que la série de terme général √1n est divergente.

Remarque 23. Si la comparaison un ≤ vn n’est vérifiée qu’à partir d’un certain rang, la règle de
comparaison reste valable. Cependant la règle (1.1) peut être fausse.
La règle de comparaison permet d’établir un critère important.

Théorème 24 (Règle d’équivalence). Soient {un } et {vn } deux séries à termes positifs tels que
un ∼ vn lorsque n → +∞. Alors les deux séries sont de même nature.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 7


un
Démonstration. L’équivalence un ∼ vn équivaut à limn→+∞ vn
= 1 ce qui peut s’écrire

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 ⇒ (1 − ε) vn ≤ un ≤ (1 + ε) un , (1.2)

ce qui implique que pour n assez grand, vn > 0, lorsque un > 0.


Si {vn } converge, il en est de même de (1 + ε) {vn } et donc de {un } . Si {vn } diverge, il en est
de même de (1 − ε) {vn } et donc de {un } .
Le résultat qui suit traite des séries qui serviront de référence pour appliquer les règles de
comparaison et d’équivalence.
+∞
X 1
Théorème 25 (Séries de Riemann). La série de Riemann α
(α ∈ R) converge si et seulement
n=1
n
si α > 1.
−1
P+∞ 1 Cette série diverge pour α = 1( Exemple 15). Pour α < 1, on a n P
Démonstration. < n−α ,
donc n=1 nα diverge d’après la règle de comparaison. Par ailleurs, on a vu que la série +∞ 1
n=1 n2
P+∞ 1
converge (Exemple 22), donc par majoration, on a la convergence de n=1 nα pour tout α ≥ 2. Il
reste le cas α ∈]1, 2[. Pour le faire, considérons la série de terme général
1 1
un = − . (1.3)
nα−1 (n − 1)α−1

On a
n
X 1
up = 1 − ,
p=1
(n + 1)α−1

et comme α − 1 > 0,on en déduit que


p=1 +∞
X X
lim un = un = 1.
p→+∞
n=1 n=1

D’après 1.3, on a alors, pour tout n suffisamment grand,


 1−α !    
1 1 1 1−α 1
un = α−1 1 − 1 + = α−1 1 − 1 + +o .
n n n n n

D’où
 
α−1 1 α−1
un = +o = (1 + o (1)) ,
nα nα nα

ce qui implique
α−1
un ∼ .
n→+∞ nα
Les deuxPséries étant à termes positifs, la règle d’équivalence permet de conclure pour tout α ∈]1, 2[,
la série +∞ 1
n=1 nα est convergente.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 8


1.3 Règle de Cauchy et de D’Alembert
Définition 26. Soit (un ) une suite réelle. On appelle limite supérieur (resp. limite inférieure) de
(un ), la plus grande (resp. la plus petite) de ses valeurs d’adhérence dans R.
On utilise les notations lim sup un et lim inf un .
n→+∞ n→+∞

Théorème 27 p (Règle de Cauchy). Soit {un } une série à termes réels ou complexes et soit L =
lim supn→+∞ |un | ( L éventuellement infini). Alors
n

1. si L < 1, la série {un } converge absolument,


2. si L > 1, le série {un } diverge.

Démonstration. 1) Supposons
p L < 1 et soit α tel que L < α < 1. Il n’existe qu’un nombre fini
d’entiers n tels que |un | > α. On peut donc trouver un entier N (dépendant de α) tel que
n

p
n ≥ N ⇒ n |un | ≤ α.

A partir de ce rang N, on a alors |un | ≤ αn , ce qui permetp de conclure.


2) Si L > 1,il existe une infinité d’entiers n tels que n |un | > 1, donc |un | > 1. Le terme général
de la série ne tend pas vers 0, donc la série {un } diverge.

Corollaire 28 (Règle de Cauchy


p usuelle). Soit {un } une série à termes réels ou complexes. On
suppose que L = limn→+∞ n |un | existe. Alors

1. si L < 1, la série {un } converge absolument,


2. si L > 1, le série {un } diverge.
 2
1 n
Exemple 29. Pour la série de terme général un = 1 − n
, on a pour tout n ≥ 1 :
 n   
√ 1 1
n
un = 1 − = exp n ln 1 − ,
n n

et pour tout n suffisamment grand :


   
1 1 1
ln 1 − =− +o ,
n n n

donc n ln 1 − n1 = −1 + o (1) . Pa r continuité de l’exponentielle, lim n un = e−1 .Comme e−1 <

n→+∞
n2
1 − n1
P
1, on conclut que la série converge.

Théorème 30 (Règle de D’Alembert ). Soit {un } une série à termes réels ou complexes non nuls
à partir d’un certain rang. On note

un+1 un+1
L = lim sup et l = lim inf .
n→+∞ un n→+∞ un

Alors
1. si L < 1, la série {un } converge absolument,
2. si l > 1, le série {un } diverge.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 9


Théorème 31 (Règle de D’Alembert usuelle). Soit {un } une série à termes réels ou complexes
non nuls à partir d’un certain rang. On note
un+1 un+1
L = lim sup et l = lim inf .
n→+∞ un n→+∞ un
Alors
1. si L < 1, la série {un } converge absolument,
2. si l > 1, le série {un } diverge.
un+1
p
Démonstration. Elle analogue à celle de la règle de Cauchy, en remplaçant n
|un | par un
.
Théorème 32 (Règle de D’Alembert). Soit {un } une série à termes réels ou complexes non nuls
à partir d’un certain rang. On suppose que
un+1
λ = lim .
n→+∞ un
Alors
1. si λ < 1, la série {un } converge absolument,
2. si λ > 1, le série {un } diverge.
an
Exemple 33. Pour la série de terme général un = n
où n ∈ N∗ et a ∈ R∗ , on a
un+1 n un+1
=a , donc lim = a.
un n+1 n→+∞ un
Il en résulte que la série {un } converge si a < 1 et diverge si a > 1. Si a = 1;on a un = n1 et on sait
que la série harmonique diverge.

1.4 Série semi-convergente


Définition 34. Une série qui converge mais qui ne converge pas absolument est dite semi-
convergente.
Définition 35. On appelle série alternée toute série de terme général (−1)n an où ann est une
suite réelle de signe constant.
Théorème 36 (Critère de Leibniz P ). Soit (an ) une suite à termes positifs, décroissante et tendant
n
vers 0. Alors la séries alternée (−1) an est convergente. De plus, sa somme S vérifie S2n+1 ≤
S ≤ S2n pour tout n, et son reste Rn d’ordre n vérifie |Rn | ≤ an+1 .
Démonstration. On va montrer que les suites (S2n ) et (S2n+1 ) sont adjacentes. Partant du fait que
(an )est décroissante, on S2n+1 − S2n = a2n+2 − a2n+1 ≤ 0 et S2n+3 − S2n+1 = a2n+2 − a2n+3 ≥ 0.
En plus S2n − S2n−1 = a2n tend vers 0. Les deux suites P(S2n ) net (S2n+1 ) étant adjacentes, elles
sont donc convergentes et ont la même limite. La série (−1) an est donc convergente et, on a
S2n+1 ≤ S ≤ S2n. 0n en déduit que
|R2n | = |S − S2n | ≤ S2n − S2n+1 = a2n+1 ,

|R2n+1 | = |S − S2n+1 | ≤ S2n+2 − S2n+1 = a2n+2 .


Donc |Rn | ≤ an+1 pour tout entier naturel n.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 10


Exemple 37. Pour tout α ∈ R∗+ , la série de (−1)n−1 n−α est alternée et la suite de termes
P
1
(−1)n−1 n−α
P
général α est décroissante, et tend vers 0. D’après le critère de Leibniz, la série
n
est donc convergente et de plus on a
+∞
X (−1)p−1 1
α
≤ α.
p=n+1
p (n + 1)

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 11


Chapitre 2

Suites de fonctions

Ce chapitre se veut introductif pour la notion de convergence d’une suite de fonctions, thème
cruciale en analyse. En plus de leur importance propre, elle joue un rôle fondamental dans la plupart
des thèmes abordés en analyse. Dans ce chapitre, X désigne un ensemble non vide quelconque et E
un espace vectoriel muni d’une norme ||·|| . Les cas pratiques que nous aurons à considérer seront
ceux pour lesquels l’ensemble E est pris pour R ou C.

2.1 Convergence simple et convergence uniforme


Définition 38. Soit (fn ) une suite d’applications de l’ensemble X dans l’espace vectoriel normé
E, et soit f une application de X dans E. On dit que (fn ) converge simplement vers f sur X si,
pour chaque x ∈ X, la suite (fn (x)) converge dans E vers f (x) .En d’autre termes,

∀x ∈ X, ∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N ⇒ ||fn (x) − f (x)|| ≤ ε.

On dit alors que f est la limite simple sur X de la suite d’applications (fn ).

Remarque 39. Il est claire que la fonction f est unique, puisque pour tout x ∈ X,la suite (fn (x))
a une limite unique.

Exemple 40. La suite des fonction définies par fn (x) = xn converge simplement vers la fonction
f définie par
(
0 si x ∈ [0, 1[
f (x) =
1 si x = 1.

On observe sur cet exemple que toutes les fonction fn sont de classe C ∞ sur [0, 1], alors que f
n’est pas continue sur [0, 1] .

Définition 41. On dit que la suite (fn ) converge uniformément vers f sur X si,

∀x ∈ X, ∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N ⇒ (∀x ∈ X, ||fn (x) − f (x)|| ≤ ε) .

On dit alors que f est la limite uniforme sur X de la suite d’application (fn ) .

Proposition 42. Si la suite (fn ) converge uniformément sur X vers f , alors elle converge simple-
ment sur X vers f .

12
Démonstration. Elle découle directement des définitions.
Remarque 43. 1) La réciproque de cette proposition n’est pas vraie.
2) Cette proposition nous dit que pour chercher une éventuelle limite uniforme, on pourra
d’abord étudier l’existence d’une limite simple, et si la convergence simple est vérifiée, la limite
simple est alors la seule application candidate à être la limite uniforme.

2.2 Critères de convergence uniforme


Proposition 44. Soit (fn ) une suite d’applications de l’ensemble X dans l’espace vectorielle E, et
soit f une application de X dans E. Pour chaque n ∈ N,notons

µn = sup ||fn (x) − f (x)|| .


x∈X

Pour que la suite (fn ) converge uniformément vers f sur X, il faut et il suffit que la suite numérique
(µn ) tende vers 0.
Démonstration. La condition (∀x ∈ X, ||fn (x) − f (x)|| ≤ ε) équivaut à : µn ≤ ε. Le résultat en
découle immédiatement.
Exemple 45. La suite de fonctions donnée sur [0, 1] par fn (x) = xn converge simplement vers la
fonction f (x) = 0 si x ∈ [0, 1[ et f (1) = 1. Mais (fn ) ne converge pas uniformément vers f puisque

µn = sup ||xn − f (x)|| = 1


x∈[0,1]

ne tend pas vers zéro.


Proposition 46. Soit (fn ) une suite de d’applications de l’ensemble X dans l’espace vectoriel E,
et soit f une application de X dans E.
1) Pour que la suite (fn ) converge uniformément vers f sur X, il suffit qu’il existe une suite
(εn ) de nombres positifs, convergeant vers zéro, telle que

∀x ∈ X, ||fn (x) − f (x)|| ≤ εn .

2) Pour que la suite (fn ) ne converge pas uniformément vers f sur X, il suffit qu’il existe une
suite (xn ) de points de X telle que (fn (xn ) − f (xn )) ne tende pas vers zéro.
Démonstration. En exercice, se servir de la proposition 44.
Exemple 47. Considérons la suite de fonctions définie sur R par
sin nx
fn (x) = .
1 + n 2 x2
Pour tout x fixé dans R, la suite numérique (fn (x)) converge vers 0. Donc la suite converge
simplement vers la fonction nulle sur R. Or, pour tout n ≥ 1, on a
π 1
fn = 2 6→ 0 lorsque n → +∞.
2n 1 + π4
L’assertion 2) de la proposition précédente permet de conclure que la suite (fn ) ne converge pas
uniformément vers f sur R.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 13


La définition de la convergence uniforme suppose connue la fonction limite de la suite (fn ) .
Lorsqu’on ne connaît f , on peut utiliser le très important critère suivant.
Théorème 48 (Critère de Cauchy uniforme). Soit (fn ) une suite d’applications de l’ensemble X
dans l’espace vectoriel normé E. Pour que la suite (fn ) soit uniformément convergente, il faut qu’à
chaque nombre ε > 0,on puisse associer une entier N tel que les inégalités p ≥ N et n ≥ N
entrainent
∀x ∈ X, ||fn (x) − fp (x)|| ≤ ε.
Démonstration. admise

2.3 Convergence uniforme et continuité


Le théorème suivant est fondamental.
Théorème 49. Soit E un espace vectoriel normé, soit X une partie non vide d’un espace vectoriel
de dimension finie F, et soit (fn ) une suite uniformément convergente d’application de X dans E.
Si les fonctions fn sont toutes continues en un point a de X, alors leur limite f est continue au
point a.
Démonstration. Soit ε > 0. Puisque (fn ) converge uniformément vers f sur X, il existe N ∈ N tel
que
 ε
∀n ∈ N, N ≥ N ⇒ ∀x ∈ X, ||fn (x) − f (x)|| ≤ .
3
Comme fN est continue en a, il existe un voisinage V de a dans F tel que
ε
∀x ∈ X ∩ V, ||fN (x) − fN (a)|| ≤ .
3
Pour tout x de X ∩ V , on a alors l’inégalité triangulaire :
||f (x) − f (x)|| ≤ ||f (x) − fN (x)|| + ||fN (x) − fN (a)|| + ||fN (a) − f (a)||
ε ε ε
≤ + + .
3 3 3
Donc f est continue au point a.
Corollaire 50. Soit E un espace vectoriel normé, soit X une partie non vide d’un espace vectoriel
de dimension finie F, et soit (fn ) une suite uniformément convergente d’applications continues de
X dans E. Alors leur limite est continue sur X.
Démonstration. La continuité est une propriété locale, la fonction f est continue sue X si est
seulement si elle est continue en chaque point de X. On peut donc conclure grâce au théorème
précédent.
Remarque 51. Ce théorème est important du fait que beaucoup de fonctions usuelles sont définies
comme limites uniformes de fonctions continues. Cependant ce théorème donne une condition
suffisante, mais non nécessaire, pour assure la continuité d’une de fonction limite simple d’une
suite de fonctions continues.
D’autre part, dans certaines situations, ce théorème permet aussi de montrer que la convergence
d’une suite n’est pas uniforme, du fait de non continuité de la limite de la suite.
Exemple 52. La suite (fn ) donnée par fn (x) = e−nx converge simple sur R+ vers la fonction f
définie par f (x) = 0 pour x > 0 et f (0) = 1. Les fonctions fn sont continues sur R+ , et leur limite
ne l’est pas. La convergent de (fn ) vers f n’est donc pas uniforme sur R+ .

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 14


2.4 Convergence uniforme et dérivation
Théorème 53. Soient E un espace vectoriel normé, I un intervalle de R, et soit (fn ) une suite
d’applications dérivables de I dans E, convergeant simplement vers une application f. Pour que f
soit dérivable sur I, il suffit que la suite des dérivées (fn0 ) soit uniformément convergente sur I ; et
pour tout x ∈ I,on a alors

f 0 (x) = lim fn0 (x) .


n→+∞

Démonstration. Fixons un point x0 dans I, et posons


(
fn (x)−fn (x0 )
x−x0
si x 6= x0
ϕn (x) =
fn0 (x0 ) si x = x0,

et
(
f (x)−f (x0 )
x−x0
si x 6= x0
ϕ (x) =
limn→+∞ fn0 (x0 ) si x = x0.

Les fonctions ϕn ainsi définies sont continues au point x0 et converge simplement vers ϕ sur I.
Pour prouver que la fonction f admet ϕ(x0 ) pour dérivée au point x0 , il suffit de prouver que
la fonction limite, elle aussi, est continue en x0 . Cela résultera immédiatement du théorème 49
lorsqu’on aura prouvé que la suite (ϕn ) converge uniformément vers ϕ sur I, et le résultat annoncé
en découlera.
Montrons que donc la convergence uniforme de (ϕn ) sur I.
Par hypothèse, la suite (fn0 ) est uniformément convergent sur I,donc uniformément de Cauchy.
Pour chaque ε > 0, il existe donc un entier N tel que les inégalités nN ≥ n et p ≥ N impliquent

∀x ∈ I, fn0 (x) − fp0 (x) ≤ ε.

En appliquant à fn − fp la formule des accroissements finis, on obtient pour tout x ∈ I :

||fn (x) − fp (x) − (fn (x0 ) − fp (x0 ))|| ≤ |x − x0 | , (2.1)

ou encore, après division par |x − x0 | (en supposant x 6= x0 ) :

||ϕn (x) − ϕp (x)|| ≤ ε. (2.2)

Mais l’inégalité (2.1), vraie pour x 6= x0 , reste vrai au point x0 par passage à la limite ( puisque les
fonctions ϕn sont continues en ce point ). Faisons maintenant tendre p vers +∞ dans la relation
(2.2). A la limite, on a pour tout n ≥ N et tout x ∈ I :

||ϕn (x) − ϕ (x)|| ≤ ε.

Cela prouve la convergence uniforme de (ϕn ) vers ϕ sur I.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 15


2.5 Convergence uniforme et intégrale de Riemann
Théorème 54. Soit (fn ) une suite de fonctions complexes continues dans une intervalle fermé
[a, b], tendant uniformément vers une fonction f ( qui est alorsR continu). Soit x0 un point de [a, b].
x
Soit Fn la primitive de fn nulle pour x = x0 , c’est-à-dire x 7→ x0 fn (t) dt. Soit F la primitive de f
Rx
nulle pour x = x0, c’est-à-dire la fonction x 7→ x0 f (t) dt. Alors la suite (Fn ) tend uniformément
vers F sur [a, b] .
Démonstration. Soit ε > 0, il existe un entier N tel que

∀n ∈ N, n ≥ N ⇒ |fn (t) − f (t)| ≤ ε pour tout t ∈ [a, b] .

Soit n ≥ N ; on a si x0 ≤ x ≤ b :
Z x Z x Z x
fn (t) dt − f (t) dt = (fn (t) − f (t)) dt
x0 x0 x0
Z x
≤ |fn (t) − f (t)| dt
x0
Z x
≤ εdt = ε (x − x0 )
x0
≤ ε (b − a) ;

et si on a x ≤ x0 ,l’inégalité
Z x Z x
fn (t) dt − f (t) dt ≤ ε (b − a)
x0 x0

reste encore valable ( en changeant les rôles de x0 et x). Ce qui permet d’établir le théorème, car
cette inégalité est valable pour tout x ∈ [a, b] .
Corollaire 55. Soit (fn ) une suite de fonctions complexe continues dans [a, b] , tendant uniformé-
ment vers f. Alors
Z b Z b
fn (t) dt → f (t) dt.
a a

Démonstration. En exercice
Théorème 56. Soit (fn ) une suite de fonctions complexes sur [a, b] admettant des dérivées conti-
nues sur [a, b]. On suppose que la suite (fn ) tend uniformément sur [a, b] vers une fonction f, et
que la suite (fn0 ) des dérivées tend uniformément sur [a, b] vers une fonction g. Alors f admet une
dérivée continue égale à g.
Démonstration. Pour tout x ∈ [a, b], on a
Z x
fn (x) = fn (a) + fn0 (t) dt.
a

Or fn (x) → f (x) , fn (a) → f (a), quand n → +∞ :d’autre part


Z x Z x
fn (t) dt → g (t) dt
a a

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 16


d’après le théorème 54. Donc
Z x
f (x) = f (a) + f 0 (t) dt. (2.3)
a

Or g est continue comme limite uniforme de fonctions continues. L’égalité (2.3) prouve que f est
dérivable et f 0 = g dans [a, b] .

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 17


Chapitre 3

Séries de fonction à une variable réelles -


Série entière

Au chapitre 1, nous avons étudier les séries réelles ou complexes, celle-ci entrent dans une famille
plus grande, les série de fonctions d’une variable réelle. Dans ce chapitre, nous allons étudier les
séries de fonctions d’une variable réelle ou complexe en mettant en action les concepts du chapitre
2.

3.1 Série de fonction à une variable réelles


Définition 57. Soit (fn )n∈N une suite d’applications d’une variable réelle P
ou complexe définies sur
une intervalle I de R. On appelle série des fonctions fn et on note {fn }ou fn la suite (Sn ) où Sn
désigne l’application d’une variable réelle ou complexe de I définie par
n
X
Sn (x) = fk (x) ,
k=0
P
et appelée la n-ième somme partielle de la série fn .

Définition 58. Lorsque la suite dePfonctions (Sn )n≥0 définie ci-dessus converge simplement sur
I, on dit que la série de fonctions fn converge simplement
P sur I. Dans ce cas, la fonction limite
S de (Sn ) s’appelle la fonction somme de la série fn , et on note
+∞
X
S= fn .
n=0
P P
Remarque 59. Si fn converge simplement sur I, alors, pour chaque x ∈ I, la série fn (x) est
convergente dans R ou C, et l’on a
+∞
! +∞
X X
∀x ∈ I, S (x) = fn (x) = fn (x) .
n=0 n=0

Exemple 60. Considérons la série de fonctions définie sur R+ par fn (x) = xe−nx . Pour chaque x
∗ −xn
= o (1/n2 ), donc la série numérique
P
fixée dans RP+ , on a xe fn (x) converge, ce qui montre
que la série fn converge simplement sur R+ ( pour x = 0, la convergence est évidente). Sur cette

18
P
exemple, on peut même déterminer la fonction somme de la série fn puisque, pour tout x dans
R∗+ , on a
n n
X X 1 − e−(n+1)x x
xe−kx = x e−x k = x

→ .
k=0 k=0
1 − e−x n→+∞ 1 − e−x

Donc
+∞
X x
xe−kx = pour x > 0, et 0 pour x = 0.
k=0
1 − e−x

Définition 61. Lorsque la suite de fonctions


P (Sn )n≥0 définie ci-dessus converge uniformément
sur I, on dit que la série de fonctions fn converge uniformément sur I.
P
Remarque 62. De la proposition 42, on déduit que si la série fn converge uniformément sur I,
alors elle y converge simplement.
P
Proposition 63. Si la série fn converge uniformément sir I, la la suite des fonctions (fn )
converge uniformément vers zéro (zéro désignant la fonction nulle) dans I.
P
Définition 64. On dit que la série fn converge uniformément sur tout compact inclus
dans I si la suite (Sn ) de sommes partielles converge uniformément sur tout compact inclus dans I.

Théorème 65. Soient I un intervalle de R, et {fn }une série de fonction complexes uniformément
convergentes dans I vers une fonction f. Si chaque fn est une fonction continue dans I, alors la
fonction f est continue dans I.

Démonstration. Posons Sn = f1 + f2 + . . . fn . Alors les Sn sont continues dans I et tendent unifor-


mément vers f dans I. D’après le théorème 49, on déduit que f est continue sur I.

Théorème 66. Soit {fn } une série de fonctions complexes continues uniformément Rconvergente
x
dans [a, b] vers une fonction f. Soit x0 un point de [a, b]. Alors la série de primitives x0 fn (t) dt
Rx
converge uniformément dans [a, b] vers la primitives x0 f (t) dt.

Démonstration. Posons Sn = f1 + f2 + · · · + fn . Alors la primitive de Sn qui s’annule pour x = x0


est
Z x Z x Z x Z x
(f1 (t) + f2 (t) + · · · + fn (t)) dt = f1 (t) dt + f2 (t) dt + · · · + fn (t) dt.
x0 x0 x0 x0

Il suffit d’appliquer le théorème 54.

Théorème 67. Soit {fn } une série de fonctions complexes admettant des dérivées continues dans
[a, b] . On suppose que les séries {fn } et {fn0 } sont uniformément convergentes dans [a, b] ,de sommes
f et g. Alors f admet une dérivée continue égale à g.

Démonstration. Posons Sn = f1 + f2 + · · · + fn . Comme Sn0 = f10 + f20 + · · · + fn0 . Alors le résultat


découle du théorème 56

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 19


3.2 Séries entières
Les séries entiers sont des séries de fonctions fonctions d’une variable réel ou complexes, par
lesquelles les fonctions sont des monômes ordonnés suivant les puissances croissantes. Nous verrons
ici une étude plus approfondie des ces séries de fonctions.

3.2.1 Rayon de convergences


Lemme 68 (Lemme d’Abel). Soit a0 + a1 z + a2 z 2 + · · · + an z n + . . . une série entière. Si elle
converge vers z = z0 , elle est absolument convergente pour tout z tel que |z| < |z0 | .

Démonstration. Comme la série a0 + a1 z0 + a2 z02 + · · · + an z0n + . . . converge, on a lim an z0n = 0,


n→+∞
il existe K ≥ 0 tel que |an z0n | ≤ K pour tout entier n. Soit alors z un nombre complexe tel que
|z| < |z0 | (ce qui suppose que z0 6= 0). On a

zn zn
|an z n | = |an z0n | ≤ K .
z0n z0n
n zn
Or la série de terme général zzn est convergent, car z0n
< 1, donc la série de terme général |an z n |
0
est convergente par la règle de comparaison.

Théorème 69. Soit a0 + a1 z + a2 z 2 + · · · + an z n + . . . une série entière. Il existe un nombre réel


R unique dans [0, +∞] possédant les propriétés suivantes
1. si |z| < R, la série est absolument convergente :
2. si |z| > R, la série est divergente.

Démonstration. :
(a) Existence de R. Soit E l’ensemble des nombres complexes z tels que la série a0 + a1 z +
a2 z 2 + · · · + an z n + . . . converge. Soit E 0 l’ensemble des module des nombres de E. On a 0 ∈ E,
donc 0 ∈ E 0 . Soit R la borne supérieur fini ou non de E 0 . Montrons que R possède les propriétés
1. et 2. du théorème. Soit z un nombre complexe tel que |z| < R ; alors |z| ne majore pas E 0 , donc
il existe z0 dans E 0 tel que |z| < |z0 | , d’après le théorème 68, la série converge absolument au point
z. Soit maintenant un nombre complexe tel |z| > R ; si la série était convergente au point z on
aurait z ∈ E,donc |z| ∈ E 0 , et R ne serait pas un majorant de E 0 ; donc la série est divergente au
point z.
(b) Unicité Supposons qu’il existe deux nombres R et R0 qui vérifient les propriétés du théorème
avec R > R0 . Alors, pour tout nombre complexes z tel que R > |z| > R0 , la série serait à la fois
convergente et divergente au point z, ce qui est absurde.
Remarque 70. On peut avoir R = 0 ou bien R = +∞. Si R = +∞, la série a0 + a1 z + a2 z 2 +
· · · + an z n + . . . converge pour tout nombre complexe z dans C, la somme de cette série définie
une fonction de C dans C dite fonction entière.

Définition 71. Le nombre réel R du théorème 69 s’appelle le rayon de convergence de la série


entière.
Le disque ouvert {z ∈ C, |z| < R} est le disque de convergence de la série. Il est vide si
R = 0 et coïncide avec C tout entier si R = ∞. En variable réelle l’ensemble {z ∈ R, −R < z < R}
est l’intervalle de convergence de la série.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 20


Remarque 72. Le cercle {z ∈ C, |z| = R} est appelé cercle d’incertitude de la série. Si R est est
fini, on ne peut prévoir le comportement de la série sur ce cercle. En effet, on peut constater que
P n
— La série z , donc le rayon de convergence est 1, diverge pour tout nombre complexe z
tel que |z|
P=zn1,
— La série n2
, donc le rayon de convergence est 1, converge pour tout tout nombre complexe
z tel que |z| = 1.

3.2.2 Règle pratique pour déterminer le rayon de convergence


Dans ce paragraphe, nous noterons
1 1
= 0 si R = +∞ et = +∞ si R = 0.
R R
an z n est telle que an 6=0 à partir d’un certain rang, alors on a le résultat suivant
P
Si la série
qui découle de la règle de D’Alembert (théorème 30) pour les séries numériques.
an z n une série entière, et notons R son rayon de convergence. Si la suite
P
Proposition 73. Soit
de terme général an+1an
converge vers L ∈ R+, alors R = L1 .
P zn
Exemple 74. Pour la série n!
, on a

an+1 n!
lim = lim = 0.
n→+∞ an n→+∞ (n + 1)!

Le rayon de convergence est donc égal à +∞.


Le résultat suivant découle de la règle de Cauchy (théorème 27).
an z n
P
Théorème 75 (Formule de Hadamard). Le rayon de convergence R de la série entière
est donné par
1 1
R= avec L = lim sup |an | n .
L n→+∞

2n z 2n . On a
P
Exemple 76. Calculons le rayon de convergence de
( 1
1 2 2 si n est pair
|an | n =
0 si n est impair.
1 √
On en déduit que lim sup |an | n = 2, donc R = √1 .
2
n→+∞

an z n une série entière. Si la suite de terme général


P
Corollaire 77 (Règle de Cauchy). Soit
1
|an | n converge vers L ∈ R+ , alors R = L1 .
P n n
Exemple 78. Pour la série entière 2n
z , on a
1 ln n
1 nn e n 1
lim |an | = lim
n = lim = .
n→+∞ n→+∞ 2 n→+∞ 2 2
n n
P
On en déduit que le rayon de convergence de la série 2n
z est 2.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 21


3.2.3 Série entière dérivée
an z n la série entière
P
Définition 79. On appelle série entière dérivée d’une série entière
(n + 1) an+1 z n .
P

Proposition 80. La série entière dérivée d’une série entière a le même rayon de convergence que
celle-ci.
Démonstration. Notons R et R’ les rayons de convergence des séries entières an z n et (n + 1) an z n
P P
respectivement.
Si |z| > R, la suite (an z n ) n’est pas bornée donc à fortiori la suite ((n + 1) an+1 z n ) n’est pas
bornée, d’où |z| ≥ R0 . Donc R ≥ R0 .
Si |z| > R0 , choisissons un nombre ρ tel que |z| > ρ > R0 . La suite
 n
n n−1 ρ |z|
|an z | = n |an | ρ ×
n ρ
est le produit de deux suites à termes positifs dont l’une n’est pas bornée ( car ρ > R0 ) et l’autre
tend vers +∞ ( car |z| > ρ). La suite (|an z n |) n’est donc pas bornée, d’où |z| ≥ R. Donc R0 ≥ R.

3.2.4 Propriétés de la fonction somme


an z n converge uniformément sur toute partie compacte
P
Théorème 81. Toute série entière
incluse dans son disque de convergence.
Démonstration. admise
an z n une série entière, R son rayon
P
Théorème 82 (continuité de la fonction somme). Soient
de convergence, et S sa somme. Alors la fonction S est continue sur le disque ouvert D (0, R) .
an z n converge uniformément sur toute partie compacte
P
Démonstration. La série de fonctions
incluse dans le disque de convergence D (0, R) ,et toutes les fonctions z 7→ an z n sont continues sur
D (0, R, ) . On conclut par le théorème 49.
P zn
Exemple 83. La série de fonctions n!
converge uniformément sur toute partie compacte Pincluse
zn
dans le disque de convergence de rayon de convergence +∞. Sa fonction somme z 7→ n!
est
donc continue sur C tout entier .
an z n une série entière complexe de variable
P
Théorème 84 (intégration de la somme). Soit
réelle, de rayon de convergence R > 0. Si [a, b] est un segment inclus dans l’intervalle de convergence
] − R, R[, alors
Z b +∞
X Z b
S (x) dx = an xn dx.
a n=0 a

an z n converge uniformément sur [a, b] . On conclut par le


P
Démonstration. La série de fonctions
théorème 54.
an z n est continue sur l’intervalle de
P
Corollaire 85. La fonction somme S de la série entière
convergence ] − R, R[, et ses primitives sont de la forme
+∞
X an n+1
x 7→ α + x où α ∈ C.
n=0
n + 1

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 22


Démonstration. On applique le théorème précédent sur un segment [0, x] pour x > 0, et sur [x, 0]
pour x < 0.

an xn une série entière complexe de variable réelle, de rayon de convergence


P
Théorème 86. Soit
R > 0. Alors la fonction somme S définie sur ] − R, R[ à valeur dans C est de classe C 1 et sa
dérivée S’ est la fonction somme de la série entière dérivée.

an xn sont de classe C 1 , la série an xn converge simplement


P
Démonstration. Les fonction fn : x 7→P
sur ] − R, R[,et la série des dérivées fn0 converge uniformément sur toute P partie compacte de
] − R, R[. Le théorème 56 permet de conclure que S’ est la somme de la série fn0 .

Corollaire 87. Sous les hypothèses du théorème ci-dessus, la fonction S est de classe C ∞ sur
] − R, R[, et
+∞
(k)
X k!
∀k ∈ N, ∀x ∈] − R, R[, S (x) = an xn−k .
n=k
(n − k)!

S (k) (0)
En particulier, on a pour tout k ∈ N :ak = k!
.

xn est de rayon de convergence 1 et que


P
Exemple 88. On a vu que la série géométrique
+∞
X 1
∀x ∈] − 1, 1[, xn = .
n=0
1−x

Par dérivation, on a pour tout x ∈] − 1, 1[,


  +∞ +∞
1 d 1 X
n−1
X
2 = = nx = (n + 1) xn .
(1 − x) dx 1−x n=1 n=0

Par une récurrence sur k, on obtient que


+∞
!
1 dk 1 dk
 
1 1 X
k+1
= = xn
(1 − x) k! dxk 1−x k! dxk n=0
+∞
1 X
= (n + k) . . . (n + 1) xn
k!n=0
+∞
X (n + k)! n
= x .
n=0
k!n!

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 23


Chapitre 4

Séries de Fourier

Les séries de Fourier sont un outil fondamental dans l’étude des fonctions périodiques. Elles ont
été introduites par Joseph Fourier en 1822, même si leur étude systématique et approfondie n’a
réellement démarré qu’avec l’apparition de l’intégrale de Lebesgue en 1902. Les séries de Fourier
sont encore aujourd’hui l’objet de recherches actives pour elles-mêmes.

4.1 L’espace préhilbertien C2π (R, C)


4.1.1 L’espace vectoriel C2π (R, C)
Une application f : R → C est dite périodique s’il existe un nombre réel T > 0 tel que

∀x ∈ R, f (x + T ) = f (x) . (4.1)

On dit que f est périodique de période T (ou simplement T-périodique) si T est le plus petit
des nombres réels strictement positifs vérifiant la relation (4.1). De façon générale, l’étude d’une
fonction T-périodique peut toujours se ramener à l’étude d’une fonction 2π−périodique g donnée
pour tout x réel par
 
T
g (x) = f x .

C’est pourquoi nous avons choisi pour cadre naturel de ce chapitre celui des fonctions 2π−périodiques.
Nous nous intéressons plus précisément aux applications de R dans C, 2π−périodiques et continues
par morceaux. On note CM2π (R, C) l’espace vectoriel de telles applications, et on note C2π (R, C)
le sous-espace vectoriel formé des applications continues. Une fonction f appartient à CM2π (R, C)
si et seulement si elle est périodique de période 2π et si sa restriction à [0, 2π] est continue par
morceaux.

Proposition 89. Soit f ∈ CM2π (R, C) . On a


Z a+2π Z 2π
f (t) dt = f (t) dt
a 0

pour tout a ∈ R. Cette valeur commune s’appelle l’intégrale de f sur une période.

24
Démonstration. On a
Z a Z a Z a+2π
f (t) dt = f (t − 2π) dt = f (t) dt (par changement de variable) .
a 0 2π

A l’aide de la relation de Chasles, on a alors


Z a+2π Z 0 Z 2π Z a+2π
f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt + f (t) dt
a a 0 2π
Z 0 Z 2π Z a
= f (t) dt + f (t) dt + f (t) dt
a 0 0
Z 2π
= f (t) dt.
0

D’où la proposition.
Remarque R90. Ce résultat dit que, pour tout a ∈ Ret pour tout f élément de CM2π (R, C),
a+2π
l’intégrale a f (t) dt ne dépend pas de a.

4.1.2 Notion d’espace préhilbertien


On note K le corps R ou C.

Définition 91. Soit E un K−espacevectoriel. On dit qu’une application ϕ : E × E → K est


sesquilinéaire si, pour tout x, y, z dans E et tout α dans K, on a


 ϕ (x + y, z) = ϕ (x, z) + ϕ (x, z)

ϕ (x, y + z) = ϕ (x, y) + ϕ (x, z)


 ϕ (αx, z) = αϕ (x, y)

ϕ (x, αy) = αϕ (x, y) .

Définition 92. Une forme sesquilinéaire ϕ sur E × E est dite hermitienne si

∀x, y ∈ E, ϕ (x, y) = ϕ (y, x).

Définition 93. Une forme sesquilinéaire hermitienne ϕ sur E × E est dit positive si ϕ (x, x) pour
tout x dans E.

Définition 94. Une forme sesquilinéaire hermitienne ϕ sur E × E est dit définie positive (ou
positive et non dégénérée) si elle est positive et si de plus on a

ϕ (x, x) = 0 ⇒ x = 0 (= 0E ) .

On dit alors que ϕ est un produit scalaire hermitien sur E, ou plus simplement un produit
scalaire sur E.

Définition 95. On appelle espace préhilbertien sur K, tout K−espace vectoriel muni d’un
produit scalaire h., .i . On note alors (E, h., .i) ou simplement E lorsqu’aucun risque de confusion
n’est à craindre.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 25


4.1.3 Produit scalaire et semi-norme
Définition 96. On appelle produit scalaire de deux fonctions f et g de CM2π (R, C) , le nombre
complexe
Z 2π
1
hf, gi = f (t)g (t) dt. (4.2)
2π 0
Remarque 97. L’application (f, g) 7→ hf, gi est une forme sesquilinéaire hermitienne positive. Mais
elle n’est pas définie positive sur CM2π (R, C) . L’appellation produit scalaire est donc abusive,
mais néanmoins adoptée.
Définition 98. On appelle semi-norme sur une K−espace vectoriel E, toute application N :
E → R vérifiant :
— ∀x ∈ E, N (x) ≥ 0,
— ∀x ∈ E, ∀α ∈ K, N (αx) = |α| N (x) ,
— ∀x, y ∈ E, N (x + y) ≤ N (x) + N (y) .
Si, de plus, on a
— N (x) = 0 ⇒ x = 0 (= 0E ) , alors on dit que N est une norme sur E.
Définition 99. On appelle semi-norme de la convergence en moyenne quadratique d’une
fonction f de CM2π (R, C), le nombre réel positif
p
||f ||2 = hf, f i.
La proposition suivante montre que l’application f → ||f ||2 n’est pas une norme sur CM2π (R, C)
et précise qu’elles sont les fonctions de semi-norme nulle.
Proposition 100. Une fonction de CM2π (R, C) vérifie ||f ||2 = 0 si est seulement si elle est nulle
sauf peut-être en un nombre fini de points de [0, 2π] .
Démonstration. admise
On dira que deux fonctions f et g de CM2π (R, C) sont orthogonales, et on écrira f ⊥ g,
lorsque hf, gi = 0. On obtient dans ces conditions la formule de Pythagore :
||f + g||22 = ||f ||22 + ||g||22 .
Le produit scalaire hf, gi donne une structure d’espace préhilbertien à tout sous( espace de
CM2π (R, C) sur lequel la relation ||f ||2 = 0 implique f = 0. Voici deux exemples très importants.
Corollaire 101. Muni de h., .i donné par 4.2, C2π (R, C) est un espace préhilbertien.
Démonstration. Avec les notations de la démonstrations de la proposition précédente, la restriction
de f à [0, 2π] est f1 . La relation ||f ||2 = 0 entraîne donc f = 0 sur [0, 2π], et finalement f = 0 sur
R par périodicité.
Remarque 102. Pour une fonction continue par morceaux sur R,l’ensemble des points de disconti-
nuité est fini, et en chacun de ces points ti , les limites
lim f (t) et lim+ f (t) existent et sont finies
t→t−
i t→ti

et sont souvent notées respectivement f t− et f t+


 
i i .

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 26


Définition 103. On dit que f ∈ CM2π (R, C) vérifie la condition de Dirichlet en t0 ∈ R si on
1 −
f t+
 
f (t0 ) = 0 + f t0 .
2
L’ensemble des fonctions 2π−périodiques continues par morceaux et vérifiant la condition de
Dirichlet en tout point, est une sous-espace vectoriel de CM2π (R, C), que l’on note D2π (R, C) .

Corollaire 104. (D2π (R, C) , h., .i) est un espace préhilbertien.

Démonstration. admise
On dispose dans CM2π (R, C) et D2π (R, C) de deux inégalités très importantes.

Proposition 105. Pour tout f et g dans CM2π (R, C) ou D2π (R, C) , on a

— l’égalité de Cauchy-Schwarz : |hf, gi| ≤ ||f ||2 ||g||2 .


— l’inégalité triangulaire : ||f + g||2 ≤ ||f ||2 + ||g||2 .

4.1.4 Système exponentiel


Pour tout n ∈ Z, on note en la fonction exponentielle : t → eint . la famille (en )n∈Z est souvent
appelée système exponentiel et son importance est due, en partie à la proposition suivante.

Proposition 106. La famille (en )n∈Z est orthonormée dans CM2π (R, C).

Démonstration. Pour tout n ∈ Z, on a M


Z 2π
1
hen , en i = e−int eint dt = 1.
2π 0
De même, pour tous n, m ∈ Z, vérifiant m 6= n, on a

2π 2π
e(m−n)it
Z 
1 −int imt
hen , em i = e e dt = = 0.
2π 0 i (m − n) 0

D’où la proposition.
On utilise aussi la famille des fonctions trigonométriques :

(1, cos nt, sin nt)n∈N∗ = (1, cos t, sin t, cos 2t, sin 2t, . . . ) .

Proposition 107. La famille (1, cos nt, sin nt)n∈N∗ est orthogonale dans C2π (R, C) . La norme de
ses éléments est donnée par ||1||2 = 1 et
√ √
∗ 2 2
∀n ∈ N , ||cos nt||2 = et ||sin nt||2 = .
2 2
Démonstration. En exercice servir de la formule de Euler.
Remarque 108. Les familles (en )n∈Z et (1, cos nt, sin nt)n∈N∗ sont orthogonales dans l’espace préhil-
bertien C2π (R, C) , elles sont donc libres.

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 27


4.2 Série de Fourier
4.2.1 Coefficients de Fourier d’un élément de CM2π (R, C)
Coefficients de Fourier exponentiels
Définition 109. Soit f ∈ CM2π (R, C) . On appelle coefficients de Fourier exponentiels de
f, les produits scalaires
Z 2π
1
cn (f ) = hen , f i = f (t) e−int dt (n ∈ Z) (4.3)
2π 0
Remarque 110. Pour chaque n ∈ Z,l’application cn : f 7→ cn (f ) est une forme linéaire sur
CM2π (R, C). On note habituelle fˆ la fonction Z → C, n 7→ cn (f ) . L’application f 7→ fˆ est
donc une application linéaire de CM2π (R, C) vers l’espace vectoriel des applications linéaires de
Z dans C.

Coefficients de Fourier trigonométriques


Définition 111. Soit f ∈ CM2π (R, C). On appelle coefficients de Fourier trigonométriques
de f , les produits scalaires
1 2π
Z
∀n ∈ N, an (f ) = 2 hcos nt, f (t)i = f (t) cos nt dt
π 0

Z 2π
1
∀n ∈ N, bn (f ) = 2 hsin nt, f (t)i = f (t) sin nt dt.
π 0

La proposition suivante donne les formules de passage entre les coefficients de Fourier exponen-
tiels et trigonométriques.
Proposition 112. En posant b0 (f ) = 0, on a pour tout n ∈ N :
(
cn (f ) = an (f )−ib
2
n (f )

et
c−n (f ) = an (f )+ib
2
n (f )

(
an (f ) = cn (f ) + c−n (f )
bn (f ) = i (cn (f ) − c−n (f )) .

Démonstration. en exercice, se servir de la formule de Euler.


Remarque 113. Tout ce qui précède et tout ce qui suit reste valable pour les fonctions T −périodiques,
à la seule condition de remplacer les formules (4.3) par
1 T
Z  x
cn (f ) = f (x) exp −2iπn dx.
T 0 T
Théorème 114. Soit f ∈ D2π (R, C). Si tous les coefficients de Fourier de f sont nuls, alors f est
la fonction nulle.
Démonstration. admise

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 28


4.2.2 Séries et sommes de Fourier
Les relations entre coefficients de Fourier exponentiels et trigonométriques montrent que l’on a
c0 = a0 /2 et, pour tout n ≥ 1,

c−n (f ) e−int + cn (f ) eint = an (f ) cos nt + bn (f ) sin nt.

Cela conduit à la définition suivante.

Définition 115. Soit f ∈ CM2π (R, C) . On appelle série de Fourier de f la série trigonomé-
trique :
+∞ +∞
X a0 (f ) X
S (f ) = cn (f ) en (t) = + (an (f ) cos nt + bn (f ) sin nt) .
n=−∞
2 n=1

Pour tout N ∈ N, on appelle somme de Fourier d’ordre N de f, et on note SN (f ) , la N −ième


somme partielle symétrique de la série de Fourier de f . C’est donc le polynôme trigonométrique
donné par
N N
X a0 (f ) X
SN (f ) = cn (f )en (t) = + (an (f ) cos nt + bn (f ) sin nt) .
n=−N
2 n=1

4.2.3 Propriétés des coefficients de Fourier


Proposition 116. Soient f ∈ CM2π (R, C) , a ∈ R, (k, n) ∈ Z2 . Alors

a) cn (fσ ) = c−n (f ) (où fσ (x) = f (−x)) ,



b) cn f = c−n (f ),
c) cn (τa f ) = e−ina cn (f ) (où (τa f ) (x) = f (x − a)) ,

d) cn (ek f ) = cn−k (f ) en où ek (t) = eikt .
Démonstration. en exercice
Soit f une fonction continue et de classe C 1 par morceaux sur [0, 2π] . Sa dérivée f 0 existe donc
dur [0, 2π] \E où E est un ensemble fini sur lequel on peut prolonger f 0 arbitrairement. On a ainsi
une nouvelle fonction continue par morceaux sur [0, 2π] ,2π−périodique, que nous noterons encore
f 0 ( abusivement mais c’est bien commode...). On a alors le résultat important suivant.

Proposition 117. Soit f une fonction continue et de classe C 1 par morceaux sur [0, 2π] . Alors f 0
est continue par morceaux et 2π−périodique, et on a

∀n ∈ Z, cn (f 0 ) = incn (f ) .

Démonstration. admise
Remarque 118. Lorsque f est de classe C k−1 sur [0, 2π] et de classe C k par morceaux sur ce segment,
on obtient par itérations

cn f (k) = (in)k cn (f ) .


Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 29


Pour les coefficients de Fourier trigonométriques, on a le résultats suivant, très utile en pratiques.
Proposition 119. Soit f ∈ CM2π (R, C). On a
2 π
Z
f paire ⇒ an (f ) = f (t) cos nt dt et bn (f ) = 0.
π 0
Z π
2
f impaire ⇒ an (f ) = 0 et bn (f ) = f (t) sin nt dt.
π 0

Théorème 120. Si une série trigonométrique


+∞
X
c0 + (c−n e−n + cn en )
n=1

est uniformément convergente sur R et de somme f , alors


∀n ∈ Z, cn (f ) = cn .
Démonstration. admise
Le résultat précédent dit qu’une série trigonométrique uniformément convergente sur R est la
série de Fourier de sa somme.
Remarque 121. Le théorème ci-dessous se formule aussi en disant que si la série trigonométrique
+∞
a0 X
+ (an cos nt + bn sin nt) converge uniformément sur R, alors
2 n=1

∀n ∈ N, an (f ) = an , et ∀n ∈ N∗ , bn (f ) = bn .

4.2.4 Inégalité de Bessel


Théorème 122 (Inégalité de Bessel). Soit f ∈ CM2π (R, C). On a
N Z 2π
X 2 1
∀N ∈ N, |cn (f )| ≤ |f (t)|2 dt = ||f ||22 .
n=−N
2π 0

Démonstration. admise
Proposition 123. Si f ∈ CM2π (R, C), alors
+∞
X
1) la série |cn (f )|2 est convergente et on a
n=−∞

+∞
X
|cn (f )|2 ≤ ||f ||22 .
n=−∞

+∞
1 1X
2) la série |a0 |2 + |an (f )|2 + |bn (f )|2 est convergente, et on a

4 2 n=1
+∞
1 1X
|a0 |2 + |an (f )|2 + |bn (f )|2 ≤ ||f ||22 .

4 2 n=1
Démonstration. admise

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 30


4.2.5 Formule de Parseval
Théorème 124 (Formule de Parseval). Pour toute fonction f, 2π−périodique et continue par
morceaux sur [0, 2π] ,on a la formule
+∞ Z 2π
X 1
2
|cn (f )| = |f (t)|2 dt
n=−∞
2π 0

qui s’écrit aussi


+∞ Z 2π
1 1X 1
|a0 |2 + |an (f )|2 + |bn (f )|2 = |f (t)|2 dt.

4 2 n=1 2π 0

Démonstration. admise

4.2.6 Théorème de Dirichlet


Rappelons que D2π (R, C) d »signe l’ensemble des fonctions de CM2π (R, C) qui vérifie

f (t− ) + f (t+ )
∀t ∈ R, f (t) = .
2

Si f ∈ CM2π (R, C), on peut lui associé f˜ ∈ D2π (R, C) e, posant, pour tout réel t :

f (t− ) + f (t+ )
f˜ (t) = .
2

La fonction f˜ est appelée la régularité de f . Sur tout segment [a, b] les fonction f et f˜ ne diffèrent
qu’en un nombre fini de points et coïncident en tout point où f est continue.
Le résultat qui suit est particulièrement utile en pratique

Théorème 125 (Dirichlet). Soit f une fonction 2π-périodique, de clause C 1 par morceaux sur le
segment [0, 2π] . Alors la série de Fourier de f converge simplement sur R avec pour somme la
régularité f˜ de f.

Démonstration. admise
Voici à présent un critère de convergence normale.

Théorème 126. Soit f une fonction 2π-périodique, de clause C 1 par morceaux sur le segment
[0, 2π] . On suppose de plus que f est continue sur R. Alors la série de Fourier de f converge
uniformément sur R avec pour somme la fonction f.

Démonstration. admise

Recherche opérationnelle, statistiques et économétrie II 31

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