Solutions
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I Logique - II Ensemble.
Exercice 1.
(1) C’est une assertion quantifiée. Pour montrer qu’elle est fausse, commencez par écrire
sa négation (en respectant scrupuleusement les règles énoncées en cours de M11 et de
méthodologie); montrez ensuite que cette négation est vraie.
(2) Comme pour le (1). Notez d’ailleurs que la méthode de preuve utilisée est un raison-
nement par contre-exemple.
(3) Pour cette question, on supposer connue (et bien définie) la notion de partie entière
d’un rel. Commencez d’ailleurs par (re)trouver la définition de partie entière.
(4) Commencez par comprendre ce que cette phrase mathématique veut dire. Puis essayez
de vous convaincre que c’est vrai.
Compréhension de l’assertion: On commence à lire cette phrase par la gauche:
∃n ∈ N, blablabla
On cherche donc à trouver (au moins) une valeur entière n qui va vérifier blablabla. Comme
on veut montrer que l’assertion est vraie, cela signifie qu’il va falloir donner une valeur de n
pour laquelle blablabla est vraie. Il faut maintenant regarder ce que blablabla veut dire:
∀p ∈ N, blabla
Ce morceau signifie que pour toutes les valeurs de p entières (0 y compris), on veut que la
propriété blabla soit vraie.
On récapitule pour l’instant notre lecture de l’assertion:
∃n ∈ N, ∀p ∈ N, blabla veut dire qu’il nous faut trouver une valeur de n ∈ N (qui sera
alors fixée une fois pour toute) et pour laquelle on va pouvoir affirmer que si je prends une
valeur quelconque de p ∈ N, je pourrais affirmer que blabla est vraie. Reste à savoir ce que
blabla veut dire:
n > p ⇒ n + p > 2p .
Ça c’est facile! si n est strictement plus grand que p (pour ce n qu’on va choisir et qui sera
fixé, et pour n’importe quel p entier) alors on aura nécessairement n + p > 2p.
Maintenant qu’on a compris l’énoncé, on peut montrer que c’est vrai.
On démontre que l’assertion est vraie: Comme il faut commencer par trouver n ∈ N qui
va faire le job blablabla, on peut tenter de prendre une valeur et voir si ça fonctionne. On va
éviter n = 0 qui va nous compliquer la tâche. Essayons plutôt avec n = 1. En avant! Pour
n = 1 montrez que
1
Jean-Marie Barbaroux, barbarou@[Link]
Ci-dessous la négation des énoncés (1) à (8) de l’exercice 1, et la valeur de vérité pour
cette négation.
(1) ∃x ∈ R, x ≤ 1 (V )
(2) ∃n ∈ N, n2 + n + 1 ≤ n3 (V )
(3) ∃x ∈ R, ∀n ∈ N, n < x (F )
(4) ∀n ∈ N, ∃p ∈ N, n > p et n + p ≤ 2p (F )
(5) ∃n ∈ N∗ , ∀p ∈ N∗ , ∃x ∈ R, |x − 3| < p1 et |x2 − 9| ≥ n1 (F )
(6) ∃n ∈ N∗ , ∀p ∈ N∗ , ∃(x, y) ∈ R2 , |y − x| < p1 et |y 2 − x2 | ≥ 1
n (V )
(7) ∀x ∈ R, ∃(n, p) ∈ N∗ × N∗ , n > p et p1 ≤ n1 (F )
(8) ∃(x, y) ∈ R2 , (x, y) 6= (0, 0) et x2 + xy + y 2 ≤ 0
ou x2 + xy + y 2 > 0 et (x, y) = (0, 0) (F )
Exercice 2. Commencez par relire les définitions de réunion et d’intersection.
Pour la première égalité. Aidez-vous d’un dessin. Tracez pour x = 0, puis x = 1/3, puis
x = 1/2, puis x = 1. Comme on parle de la réunion, regardez maintenant l’ensemble que
vous obtenez rien qu’en considérant ces quatre valeurs de x (attention à ce qui se passe au
bord). Vous avez deviné ce que cela devrait donner si on faisait la réunion pour tous les x?
Bien. Il reste à montrer que ce que vous avez pensé être la bonne réponse est vrai.
Comme il faut montrer une égalité entre deux ensembles, on va procéder comme 9 fois
sur 10 dans ce cas là: on montre deux inclusions.
Pour l’autre question, la réponse
T est ∅. Là aussi il faut montrer a priori deux inclusions.
Sauf que pour l’inclusion ∅ ⊂ x∈[0,1] ]x/2, 2x[, il n’y a rien à faire, puisque l’ensemble vide
est toujours inclus dans n’importe quel ensemble. Il n’y a donc qu’une inclusion à montrer
(rappel: A ∩ ∅ = ∅ et A ∪ ∅ = A).
Exercice 3. Commencez par considérer le cas simple où I = {1, 2}, et J = {1, 2}, c’est à
dire, montrez que
A1 ∪ A2 ∩ B1 ∪ B2 = (A1 ∩ B1 ) ∪ (A1 ∪ B2 ) ∪ (A2 ∪ B1 ) ∪ (A2 ∪ B2 ).
S
Notez en passant que c’est bien cela que signifie i,j∈{1,2}×{1,2} : on collecte tous les couples
(i, j) possibles avec i dans {1, 2} et j dans {1, 2}, et on fait la réunion sur tous ces couples
(i, j) des ensembles Ai ∪ Aj .
Pour montrer que c’est vrai on va bien entendu montrer deux inclusions. On va aussi
utiliser la définition d’intersection et de réunion. Ainsi, dire qu’un élement x est dans A1 ∪A2 ,
cela signifie qu’il est au moins dans une des deux ensembles. Pareil pour B1 ∪ B2 . Et comme
être dans une intersection d’ensemble, c’est dire qu’on est dans les deux à la fois, dire que
x ∈ A1 ∪A2 ∩ B1 ∪B2 c’est dire qu’il est au moins dans l’un des Ai et aussi (intersection)
dans l’un des Bj .
Exercice 5. Pour chacune des questions posées, faites un dessin pour comprendre ce qui
se passe.
Et souvenez vous que souvent, pour montrer une égalité d’ensemble, on montre deux
inclusions.
Pour l’équivalence, montrez deux implications.
Exercice 7. Là aussi, faites un dessin avec trois ensembles A1 , A2 et A3 pour voir ce qui
se passe.
Réponse. On verra plus tard comment répondre à cette question en utilisant un tableau
de variation et le théorème des valeurs intermédiaires. Pour l’instant, on résoud le problème
directement par le calcul.
• L’ensemble f −1 ([0, 1]) est par définition l’ensemble des x de l’ensemble de départ R,
qui vérifient f (x) ∈ [0, 1].
On résoud donc
f (x) ∈ [0, 1] ⇔ 0 ≤ 1 + x2 ≤ 1
⇔ −1 ≤ x2 ≤ 0
⇔ x=0,
car le carré d’un nombre réel est toujours positif ou nul.
On a donc
f −1 ([0, 1]) = {0}.
• On procède de même pour la question suivante:
et
(f ◦ g)(x) = f g(x) = f (7x2 − 2) = 2 7x2 − 2 + 1 = 14x2 − 3 .
u − u1
y= ⇔ 2yu = u2 − 1 ⇔ u2 − 2uy − 1 = 0.
2a
La dernière équation est une équation du second degré en u, de paramètre y. Le discrim-
inant vaut ∆ = b2 − 4ac = (−2y)2 + 4. Donc on a toujours ∆ > 0. L’équation admet donc
deux solutions distinctes:
√ p
−b ± ∆ 2y ± (2y)2 + 4 p
u= = = y ± y2 + 1
2 2
On ne conserve que la solution qui est positive (car on cherche u positif), ce qui donne
p
u = y + y2 + 1 .
En utilisant u = ex , on obtient donc
ex − e−x p p
y = f (x) ⇔ y = ⇔ ex = y + y 2 + 1 ⇔ x = ln y + y 2 + 1
2
p
Ainsi, y admet un antécedent et un seul x = ln y + y 2 + 1 par f dans R. Ceci montre
que f est inversible et f −1 est une application de R dans R définie par
p
f −1 (y) = ln y + y 2 + 1 .
V. Relations d’équivalence.
Réponse. On appelle a = max{sup A, sup B}. Le réel a est donc le maximum entre sup A
et sup B. Pour montrer que a est la borne supérieure de A ∪ B, on va montrer que a est un
majorant de A ∪ B, et on va montrer que c’est le plus petit.
Preuve de “a majorant de A ∪ B”: Soit x ∈ A∪B. Si x ∈ A, on a, par définition de la borne
supérieure de A: x ≤ sup A. De même, si x ∈ B, on obtient x ≤ sup B. Donc, dans tous les
cas, on obtient que x est inférieur ou égal au plus grand des deux réels sup A et sup B. Ceci
montre
x ≤ max{sup A, sup B} = a ,
et donc a est un majorant de A ∪ B, puisqu’il est plus grand que n’importe quel élément x
de A ∪ B.
Preuve de “a est le plus petit des majorants”: Soit a0 < a. On va montrer que a0 n’est pas
un majorant de A ∪ B. Si on a sup A ≤ sup B, l’inégalité a0 < a implique a0 < sup B. Par
définition de sup B, il existe toujours (au moins) un réel r dans B tel que a0 ≤ r < sup B.
On a donc trouvé un élement r ∈ A ∪ B tel que a0 < r. Cela montre que a0 n’est pas
majorant de A ∪ B. De même, si on a sup B < sup A, on arrive à la même conclusion. Cela
prouve que a est le plus petit des majorants.
où on a utilisé d’après la continuité de f en 0 que limn→∞ f (x/2n ) = limy→0 f (y) = f (0),
puis on a utilisé l’égalité (2).
X. Fonctions dérivables et développements limités.
Exercice. Soit f une application de R dans R. On suppose que f est deux fois dérivable
et f 00 est continue en tout point de R. Soit g l’application de R \ {0} dans R définie par:
f (x) − f (0) − x
g(x) = .
x
1) Montrer que g est prolongeable par continuité en 0 (le prolongement sera encore noté g).
2) Montrer que g est dérivable en tout point de R.
3) Montrer que g 0 est continue en tout point de R.
Réponse.
(1) On commence par écrire
f (x) − f (0)
g(x) = − 1.
x−0
On a donc, par définition de la dérivée de f en 0:
f (x) − f (0)
lim g(x) = lim − 1 = f 0 (0) − 1 .
x→0 x→0 x−0
(inutile ici de distinguer limite à droite et limiteà gauche) On prolonge donc par continuité
en 0 la fonction g en posant
g(0) = f 0 (0) − 1 .
π π
(2) Exercice. Calculer le développement limité à l’ordre 4 en 2 puis en 4 de la fonction cosinus.
Réponse. On peut utiliser plusieurs méthodes, selon, par exemple, que l’on suppose connu
ou pas le développement limité de sinus et cosinus en 0 à l’ordre 4.
• Si on connait les développements en u0 = 0 suivants:
u3
cos u = 1 − 6 + u4 (u)
u2 4
sin u = u − 2 + u24 + u4 (u) ,
on écrit, pour déterminer le développement limité en x0 = π2 de cosinus:
π π π π π π
cos x = cos((x − ) + ) = cos(x − ) cos( ) − sin(x − ) sin( )
2 2 2 2 2 2
π
= − sin(x − )
2
[où on a utilisé cos(a + b) = cos a cos b − sin a sin b, cos( π2 ) = 0 et sin( π2 ) = 1 ].
Comme u0 − π2 = 0, on utilise le développement limité de sinus en 0 en remplaçant u par
x − π2 . On obtient ainsi le développement limité en x0 = π2 à l’ordre 4 suivant:
(x − π2 )3
π π π 3 π
cos x = − sin(x − ) = − (x − ) − + (x − ) (x − )
2 2 6 2 2
π 3
π (x − 2 ) π π
− (x − ) + + (x − )3 (x − )
2 6 2 2
On procède de façon identique pour calculer le d.l. de cosinus en π4 :
π π π π π π
cos x = cos((x − ) + ) = cos(x − ) cos( ) − sin(x − ) sin( )
√ 4 4 4 4 4 4
2 π π
= cos(x − ) − sin(x − )
2
√ 4 4
(x − π4 )2 (x − π4 )3 (x − π4 )4
2 π π 4 π
= 1 + (x − ) − − + + (x − ) (x − )
2 4 2 6 24 4 4
• Si on ne suppose pas connu les d.l. en 0 de sinus et cosinus, on effectue le calcul à l’aide
de la formule de Taylor. On a cos(π/2) = 0, cos0 (π/2) = − sin(π/2) = −1, cos00 (π/2) =
− cos(π/2) = 0, cos(3) (π/2) = sin(π/2) = 1, cos(4) (π/2) = cos(π/2) = 0. Donc, le d.l. en
x0 = π/2 à l’ordre 4 de cosinus est
2 3 4
(x− π
2) (x− π
2) (x− π
2)
cos x = 0 + (−1)(x − π2 ) + 0 2 +1 6 + 0 24 + (x − π2 )4 (x − π2 )
3
(x− π
2)
= −(x − π2 ) + 6 + (x − π 4 π
2 ) (x − 2 ).
On retrouve bien le résultat précédent.
Le calcul du d.l. de cosinus à l’ordre 4 en π/4 à l’aide de la formule de Taylor est similaire.