0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
42 vues6 pages

CoursEDO 2

Cours equa diff saclay

Transféré par

camasdavid2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
42 vues6 pages

CoursEDO 2

Cours equa diff saclay

Transféré par

camasdavid2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

M62. 2.

EXEMPLES DE MÉTHODES DE RÉSOLUTION

O. GOUBET

1. Equations différentielles linéaires à coefficients constants

Rappelons le résultats suivant. Soit A une matrice d × d à coecients


réels. Soit b une fonction continue à valeurs dans Rd . On cherche un vecteur
Y dans Rd solution de

(1.1) Ẏ = AY + b(t).
Proposition 1.1. L'ensemble des solutions de (1.1) est un espace ane de
dimension d inclus dans l'ensemble des fonctions continues du R à valeurs
dans Rd . Si b = 0 l'ensemble des solutions de (1.1) est un espace vectoriel
de dimension d.
Dans le cas b = 0 on dit que l'équation est homogène.
1.1. Equations homogènes. On va donner une méthode abstraite de ré-
solution de (1.1). Rappelons que l'ensemble des matrices réelles d × d est
un espace vectoriel de dimension nie donc peut être considéré comme un
espace de Banach réel.
Dénition 1.2. On appelle exponentielle de matrice eA la série normale-
ment convergente ∞ Ak
P
n=0 k! .

Proposition 1.3. L'ensemble des solutions de Ẏ = AY est l'ensemble des


Z(t) = exp(tA)Y0 où Y0 est un vecteur de Rd .
Démonstration. L'ensemble des fonctions qui s'écrivent exp(tA)Y0 est
clairement un espace vectoriel réel. De plus Y0 7→ exp(tA)Y0 est une bijection
dans cet espace est de dimension d.
Il reste à vérier qu'une fonction de la forme exp(tA)Y0 est solution de
l'équation Ẏ = AY . On commence par le calcul suivant

X (tA)k (sA)j ∞ X m!tk sj Am


(1.2)
X
tA sA
e e = = ( ) = e(t+s)A .
k!j! k!j! m!
j,k m=0 j+k=m

Par conséquent

(1.3) (e(t+s)A − etA )Y0 = (esA − Id)etA Y0 = setA Y0 + o(s).


1
2 O. GOUBET

On en déduit que dtd exp(tA)Y0 = A exp(tA)Y0 ce qui conclut. 


Exemple de calcul 1. On cherche à résoudre le système diérentiel

ẋ = 2x + y,

ẏ = −4x − 2y.
 
2 1
Soit la matrice A = . La matrice A est de rang 1 donc admet
−4 −2
0 comme valeur propre l'autre valeur propre étant égale à sa trace donc 0
aussi. On en déduit que A2 = 0. Par conséquent
 
tA 1 + 2t t
e = Id + tA = .
−4t 1 − 2t

L'ensemble des solutions s'écrit alors

x(t) = (1 + 2t)x0 + ty0 ; y(t) = −4tx0 + (1 − 2t)y0 .


Plus généralement on peut s'appuyer sur le résultat suivant
Proposition 1.4 (Décomposition de Dunford). Toute matrice A sécrit de
manière unique A = D + N avec D diagonalisable dans C et N nilpotente
k=0 k! ) où q est le plus petit
vériant DN = N D. Dès lors etA = etD ( q−1 tk N k
P
entier tel que N q = 0.
Pour calculer la solution sous "forme d'exponentielle-polynôme" on peut
être conduit à trigonaliser la matrice A vue comme matrice à coecients
complexes.
Exemple de calcul 2. on cherche
 à résoudre ẍ + 2ẋ + x = 0.
x
Introduisons Y = . Posons y = ẋ. Alors on cherche à résoudre

 
0 1
Ẏ = Y = AY.
−1 −2
La matrice A admet −1 comme valeur propre double. Sa décomposition de
Dunford s'écrit alors A = −Id + (A + Id), avec (A + Id)2 = 0. Donc
 
1+t t
exp(tA) = (Id + t(A + Id)) exp(−t) = exp(−t) .
−t −1 − t

On en déduit x(t) = exp(−t)(x0 + t(x0 + y0 )).


Donnons une méthode alternative de résolution. On sait que la solution
sécrit sous la forme d'une exponentielle -polynôme. On résoud l'équation
caractéristique ert (r2 + 2r + 1) = 0 ce qui donne r = −1 racine double. On
a alors l'ensemble des solutions s'écrit x(t) = ae−t + bte−t .
EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ORDINAIRES 3

1.2. Equation inhomogène. On va chercher à calculer une solution parti-


culière de (1.1) par la méthode de variation des constantes.
L'idée est de chercher une solution sous la forme etA Y0 (t) où on fait varier
le vecteur constant Y0 . Il vient alors

d
(1.4) etA Y0 (t) = AetA Y0 (t) + etA Ẏ0 (t).
dt
,
Il sut alors de résoudre Ẏ0 (t) = e−tA b(t) soit par exemple Y0 (t) = 0t e−sA b(s)ds+
R
Y0 . L'ensemble des solutions est alors
Z t
Y (t) = e(t−s)A b(s)ds + etA Y0 .
0
Donnons un exemple de résolution. On cherche les solutions à ẍ+2ẋ+x =
sin(ωt). On réécrit cette équation d'ordre 2 comme un système d'ordre 1 en
   
0 1 0
Ẏ = Y + .
−1 −2 sin(ωt)
La méthode de variation des constantes nous conduit à résoudre
    
−tA 0 1−t −t 0
Ẏ0 (t) = e = exp(t) .
sin(ωt) t −1 + t sin(ωt)
 
a
En posant Y = on résout alors
b
ȧ = −tet sin(ωt),

ḃ = et (t − 1) sin(ωt).
Par exemple
t t
eiω+1)s
Z  Z
a(t) = −Im se(iω+1)s ds = Im ds+
0 0 iω + 1
tet
− (sin(ωt) − ω cos(ωt)).
1 + ω2
On nit le calcul aisément.
1.3. Exemple d'équation à coecients variables. On illustre ici sur un
exemple la résolution de

tÿ + 2ẏ + ω 2 ty = 0,
sous la forme d'une série entière. Notons que respectivement sur le do-
maine {t > 0} où {t < 0} il s'agit d'une équation entrant dans le cadre du
théorème de Cauchy-Lipschitz (diviser par t).
L'idée est de cherche une solution sous la forme
4 O. GOUBET


X
y(t) = an tn .
n=0
Ceci conduit à résoudre le système inni d'équations sur les coecients

a1 = 0,

(n + 1)nan+1 + 2(n + 1)an+1 + ω 2 an−1 = 0.


n 2n
Il vient a2n+1 = 0 et a2n = a0 (−1)
(2n+1)! soit y(t) =
ω
ωt . Une fois que
sin(ωt)

l'on a cette solution particulière on cherche une seconde solution (sans doute
pas dénie en t = 0) sous la forme z(t) = a0 (t)y(t). Il vient alors

tz̈ = t2 a0 ÿ + 2tȧ0 ẏ + tä0 y,

2ż = 2a0 ẏ + 2ȧ0 y,

ω 2 tz = ω 2 ta0 y.
On est donc amené à résoudre avec ẏ = cos(ωt)
t − 1t y

tä0 y + ȧ0 (2tẏ + 2y) = 0.


En posant w = ȧ0 il vient
1 1 ωcos(ωt)
ẇ + 2w( − + ).
t t sin(ωt)
Il vient alors log |w(t)| = −2log| sin(ωt)| + C et donc a0 (t) = − ωcos(ωt)
sin(ωt) .
On a une deuxième solution qui s'écrit cos(ωt)
ωt .

2. Exemples de résolution d'équations non linéaires

2.1. Equations à variables séparées. On cherche ici l'ensemble des solu-


tions de l'équation

(2.1) ẏ = f (t)g(y),
où f, g sont deux fonctions continues sur R. Supposons de plus que g est
de classe C 1 . On est ainsi dans le cadre de Cauchy-Lipschitz. On joint une
donnée de Cauchy y(0) = y0 .
On va alors discuter suivant la position de y0 par rapport à l'ensemble des
zéros de g , Zg = {x ∈ R; g(x) = 0}, qui est un sous-ensemble fermé de R.
Premier cas: y0 ∈ Zg . Alors y(t) = y0 est la solution maximale du problème
de Cauchy.
EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ORDINAIRES 5

Second cas: y0 ∈/ Zg . Nécessairement il existe a et b deux zéros de g tels que


a < y0 < b. Au voisinage de 0, la fonction t 7→ g(y(t)) ne s'annule pas. On
résout alors l'équation intégrale (au voisinage de 0)

Z t Z t Z y(t)
ẏ(s) dx
(2.2) ds = f (s)ds = .
0 g(y(s)) 0 y0 g(x)

Exemple: résoudre ẏ = yt + yt2 avec y(1) = 1 en posant z = yt .


2

Il vient alors une équation à variables séparées

ẏ = z + tż = z + z 2 .
On résout z(1) = 1 et 1t dss = 1z(t) dx . Par conséquent log t = 1 − z(t) .
1
R R
x2
On conclut aisément.

2.2. équations de Bernouilli et Riccati. Soit α strictement plus grand


que 1. On cherche à résoudre l'EDO où p, q sont des fonctions continues.
On se limite à chercher des solutions positives ou nulles de l'équation de
Bernoulli.

ẏ = p(t)y + q(t)y α .
On vérie que nous sommes dans le cadre du théorème de Cauchy-Lipschitz.
On a alors l'alternative suivante: soit y(t) est identiquement nulle, soit elle
ne s'annule jamais. Supposons y > 0. On divise alors l'équation par y α ce
qui donne

doty p(t)
α
= α−1 + q(t).
y y
On pose alors z(t) = y −α+1 . Il vient
1
ż = p(t)z + q(t).
1−α
Les solutions de l'équation homogènes s'écrivent a exp(− 0t (α − 1)p(s)ds.
R
Il reste à trouver une solution particulière.
Une équation de Riccati s'écrit

ẏ = a(t)y 2 + b(t)y + c(t).


Si on connait une solution particulière ỹ alors z = y − ỹ est solution de
l'équation de Bernoulli

ż = (b(t) + 2a(t)ỹ(t))z + a(t)z 2 .


6 O. GOUBET

References

[1] M. Artigue, V. Gautheron Systèmes diérentiels, étude graphique, Cedic/Fernand


Nathan, 1983.
[2] S. Benzoni-Gavage, Calcul diérentiel et équations diérentielles, Dunod Paris 2010
[3] J-P. Demaily, Analyse numérique et équations diérentielles, Presses Universitaires
de Grenoble, 1996
(Olivier Goubet) Laboratoire Paul Painlevé CNRS UMR 8524, et équipe pro-
jet INRIA PARADYSE, Université de Lille, 59 655 Villeneuve d'Ascq cedex.

Vous aimerez peut-être aussi