ENSEIGNEMENT DU MODULE D’ANATOMIE PATHOLOGIQUE GENERALE
Responsable: Pr N.TERKI
Coordinateur: Pr N.CHAHER
ETIOPATHOGENIE DES CANCERS
N. CHAHER, N. TERKI
Plan
1. Introduction
2. Epidémiologie
3. Facteurs étiopathogéniques
4. Différents agents de l’environnement conduisent au
développement d’un cancer
5. Différents stades de la cancérogenèse
6. Les cibles moléculaires de la cancérogenèse
7. Rôle de l’épigénétique
8. Impact de l’étude des gènes
9. Conclusion
1. Introduction
Le cancer est un processus cellulaire: c'est l'apparition, à partir d'une
cellule normale, de cellules de morphologie et de comportement
anormaux.
Les mécanismes de développement des tumeurs sont complexes et
restent encore mal compris.
Les études expérimentales ont pu prouver le rôle de certains facteurs
(virus, substances chimiques, radiations ionisantes) dans la
carcinogénèse.
En général, l’émergence d’un cancer nécessite le concours de plusieurs
facteurs.
2. Epidémiologie
Le cancer représente la 2ème cause de décès après les maladie cardio-
vasculaires
L’incidence augmente avec l'âge avec pic après 60 ans.
De nombreux facteurs de risque sont connus
L’incidence des cancers varient selon le sexe:
3. Facteurs etiopathogéniques
3.1. L’'âge
La fréquence globale du cancer augmente avec l'âge. L'âge influence
l'incidence des différents types de cancers.
• Pic de fréquence dans l'enfance: cancers dérivant de cellules
du développement embryonnaire: (néphroblastome, neuroblastome,
rétinoblastome...). En dehors des formes familiales, le mécanisme d'apparition
de ces cancers: carcinogenèse transplacentaire ?
Nephroblastome: Grosse masse occupant tout le Nephroblastome: Prolifération maligne
rein, d’aspect encéphaloide. blastémateuse avec rare différenciation épithéliale.
3. Facteurs etiopathogéniques
3.1. L’'âge
• Cancers chez le jeune adulte: relativement rares (ostéosarcomes,
maladie de Hodgkin, cancers testiculaires). Peuvent être en relation avec
une stimulation hormonale ou un développement tissulaire intense ou
une origine infectieuse.
Ostéosarcome Maladie de Hodgkin
3. Facteurs etiopathogéniques
3.1. L’'âge
• Les cancers de l'adulte augmentent de fréquence avec l'âge: en raison
du temps d'exposition plus prolongé aux agents carcinogènes.
La baisse d'efficacité des systèmes de réparation de l'ADN et du système
immunitaire est incriminée (Cancer de la prostate, Lymphomes...).
Cancer de la prostate LMNH à grandes cellules
3.2. Facteurs génétiques
3.2.1. Facteurs génétiques et type de cancer:
Les facteurs génétiques ont un rôle très variable selon le type de cancer :
• Rôle mineur dans certains cancers induits par des carcinogènes
chimiques (ex: cancer de vessie, après exposition aux amines
aromatiques)
• Rôle prépondérant dans certains cancers familiaux, transmis sur un
mode dominant (ex: rétinoblastome, polypose colique familiale).
• Rôle intermédiaire probable dans de nombreux cancers, avec
interaction complexe entre les facteurs d'environnement et les facteurs
génétiques. (ex: cancers cutanés, après exposition aux UV, plus fréquents
dans la race blanche et chez les roux).
3.2.2. Les mécanismes de la susceptibililté génétique au cancer: Ils sont en
partie connus:
• Variabilité génétique de la pigmentation cutanée (sensibilité aux UV)
• Variabilité génétique du métabolisme des agents carcinogènes chimiques,
qui doivent souvent être activés (oxydation par cytochromes P450).
• Transmission familiale d'une mutation ou d'une micro-délétion d'un gène de
susceptibilité, responsable du stade initial de la carcinogenèse. Ex:
. polypose adénomateuse familiale : multiples polypes adénomateux coliques
apparaissant dans l'enfance. développement d'un cancer colique à un âge
jeune → gène de susceptibilité APC
. rétinoblastome: tumeur oculaire de l'enfant; transmise sur un mode
autosomique dominant → gène de susceptibilité Rb1
Rétinoblastome
. cancers familiaux :
- Colon: gènes de prédisposition hMSH2, hMLH1, hPMS1, Hpms2...
- Sein: gènes de prédisposition BRCA1, BRCA2...
Polypose colique: Aspect en « tapis de laine » Cancer du sein
• Transmission familiale d'une anomalie des mécanimes de réparation de
l'ADN
. xeroderma pigmentosum: lésions et cancers cutanés, dûs à un déficit de la
réparation des lésions de l'ADN dûes aux UV.
. ataxie-télangiectasie: grande sensibilité aux irradiations, (lymphomes++)
• Sensibilité génétique à certains virus oncogènes:
Ex: carcinome du naso-pharynx, associé à une infection par le virus d'Epstein-
Barr.
Mélanome Malin sur XP Xeroderma pigmentosum
Exemples de prédispositions familiales aux tumeurs chez l’Homme
3.3. Facteurs hormonaux
L'état hormonal a probablement une importance sur la croissance de
certains cancers, mais il n'est pas certain que les hormones aient un rôle
au stade initial d'apparition du cancer.
. chez l'animal, certains cancers induits par des carcinogènes chimiques
se développent préférentiellement dans un sexe ou dans l'autre.
. chez l‘Homme, l'hormonodépendance du cancer du sein est bien
établie. Elle est utilisée à titre thérapeutique: antagoniste des
oestrogènes (tamoxifène), qui bloque les récepteurs oestrogéniques,
et/ou l'ablation des ovaires.
Autre exemple: cancer de la prostate chez l’homme.
3.4. Les virus
L'étiologie virale de nombreux cancers animaux est connue depuis longtemps:
virus du sarcome du poulet : Rous 1910
virus du cancer du sein de la souris : Bittner 1930
virus de la leucémie de la souris : Gross 1951....
Chez l'homme, on connait l'implication de virus dans l'apparition de certains
cancers, les mécanismes exacts de la carcinogenèse restent mal connus.
Les altérations génétiques des cellules cancéreuses peuvent être secondaires
à l’incorporartion (intégration) du génome viral dans le génome cellulaire.
Mais cette intégration n'est pas démontrée pour tous les virus oncogènes.
On trouve des virus oncogènes :
• Parmi différents groupes de virus à ADN
• Parmi les virus à ARN, seuls les rétrovirus sont oncogènes: au cours de leur
cycle de vie dans la cellule-hôte, un ADN est copié à partir de leur ARN, grâce à
une reverse transcriptase virale.
Virus oncogènes à ADN
Plusieurs cycles de vie dans la cellule-hôte sont possibles :
.avec intégration de la totalité du génome viral
.avec intégration d'une partie du génome viral
.sans intégration du génome viral, qui persiste dans la cellule sous une
forme "épisomale".
Dans tous les cas, des gènes viraux jouent probablement un rôle actif
dans la transformation cellulaire (mécanismes encore mal élucidés).
Virus du groupe Herpès
. Virus d'Epstein-Barr (EBV): lymphome de Burkitt, carcinome du naso-
pharynx.
. virus HHV-8 à l'origine du sarcome de Kaposi
Lymphome de Burkitt.
Papovavirus
Human papillomavirus: incriminés dans le cancer du col utérin: les types
16 et 18+++.
Cancer du col utérin. Carcinome épidermoïde.
Virus de l’hépatite
• Virus hépatite B : responsable d'un grand nombre d'hépatites chroniques et
Incriminé dans le cancer du foie, très fréquent chez les porteurs chroniques du virus.
La vaccination contre l'hépatite B pourrait réduire le taux des cancers du foie.
• Le virus de l'hépatite C : participe également à l'apparition de certains cancers
hépatiques.
Carcinome hépatocellulaire sur foie de cirrhose post hépatite B
Virus oncogènes à ARN (rétrovirus)
Chez l'homme, le seul rétrovirus actuellement connu est le virus HTLV-I, à
l'origine de leucémies-lymphomes T. Ce virus transforme les lymphocytes T
humains, stimulés par l'interleukine 2.
3.5. Autres agents infectieux
• Schistosomiase et cancer de la vessie.
• Hélicobacter Pylori et cancer de l’estomac
Nombreux bacilles sous forme de batonnets dans Cancer de l’estomac ulcériforme
la lumiére des glandes
3.6. Facteurs environnementaux
• Niveaux socio-économique: Manque d’informations, mauvaise
alimentation, promiscuité, risque de contamination (cancer du col)...
• Facteurs alimentaires
- Régime alimentaire pauvre en fibres et riches en graisses animales: cancer
du colon+++.
- Régime riche en fumaison et salaisons: cancer de l’estomac.
- Carence en vitamine D: cancer du sein+++.
• Tabac (tabagisme actif ou passif): sont incriminés dans de nombreux
cancers poumons+++, col utérin.
Cancer du poumon
Alcool: Associé au tabac, il augmente le risque des cancers de la bouche,
œsophage et larynx.
Cancers de la cavité buccale Cancer du larynx
3.7. Agents chimiques
• Médicaments
- Les alkylants (chimiothérapie): cisplatin, chlorambucil ...
- Les agents immunosuppresseurs: augmentent la fréquence des lymphomes
viro-induits.
• Chlorure de vinyle (plastique industriel) → sarcome du foie
• Aflatoxine B : produite par un champignon, dans les arachides ou le riz
moisis.
Le plus puissant des carcinogènes, en raison d'une forte capacité de fixation à
l'ADN associé au cancer du foie, en Afrique, en association au virus de
l'hépatite B.
• Pesticides organochlorés (lindane, dioxine ..) : stimuleraient directement la
prolifération cellulaire, sans action sur l'ADN
• Autres agents: formaldéhydes, benzène, phorbol esters, phénol...
3.8. Agents physiques
-Radiations ionisantes :
Sont incriminées dans de nombreux cancers:
Cancers des mains des radiologues
Sarcome du foie après radiographies avec du thorotrast
Leucémies et cancers chez les survivants après les explosions nucléaires de Nagasaki et
Hiroshima.
Cancers du poumon chez les mineurs, dans les mines d'uranium.
Expérimentalement: Leucémies et tumeurs solides induite après irradiation.
Les radiations ionisantes causent différents types de lésions de l'ADN (cassures,
lésions des bases) entraînant :
la mort cellulaire des mutations, par réparation incorrecte de l'ADN parfois des
anomalies chromosomiques.
- Les rayons Ultraviolets :
Cancers de la peau plus fréquents chez les blancs, dans les zones exposées au soleil,
chez les agriculteurs...
- Brulures: cancer de la peau sur cicatrice de brulure
Remarque
Certains facteurs tels que l’irradiation ionisante peuvent être à l’origine de
différents types de cancers (voir tableau).
3.9. Métaux et fibres minérales
Leur rôle dans la carcinogénèse est lié à leurs propriétés physiques. Métaux:
Plusieurs métaux responsables de cancers chez l'homme:
. Arsenic: cancer cutané et bronchique
. Beryllium, chrome et nickel, aluminium: cancer du poumon, du nez
Fibres minérales:
. Amiante (asbestose): mésothéliome (cancer de la plèvre) et du poumon.
Fibre d’amiante dans le poumon Mésothéliome pleural
3.9.1. Notion de cancers professionnels
L’exposition a des métaux dans l’industrie d’extraction et de transformation
peut être à l’origine du développement de nombreux cancers.
4. Différents agents de l’environnement conduisent au
développement d’un cancer
· Agents initiateurs : ils induisent une lésion définitive de l’ADN (ex :
mutation, cassure). Souvent, ces carcinogènes sont activés par des
réactions métaboliques.
Exemples :
· carcinogènes chimiques : hydrocarbures polycycliques aromatiques
(pétrole, tabac), amines aromatiques (colorants, industrie du
caoutchouc), 2-naphtylamine, agents alkylants, aflatoxine b1 ;
· virus (hépatite B, d’Epstein-Barr, etc...);
· radiations.
4. Différents agents de l’environnement conduisent au
développement d’un cancer
· Agents promoteurs: ils favorisent l’expression d’une lésion génétique,
préalablement induite par un agent initiateur. Ils n’induisent pas de lésions de
l’ADN. Le temps écoulé entre l’initiation et l’apparition des tumeurs est réduit
en présence d’agents promoteurs.
Exemples :
· esters de phorbol (TPA) (huile de croton);
· hormones : oestrogènes (cancer du sein);
· nutrition : alcool (tumeurs ORL), graisses alimentaires (cancers coliques);
· schistosomiase et cancer de la vessie.
5. Différents stades de la cancérogenèse
La transformation cellulaire se produit en plusieurs étapes :
5.1. Initiation :
L'agent carcinogène initial entraine des lésions génétiques cellulaires
irréversibles, mais insuffisantes pour entainer la transformation. Les cellules
sont cependant
devenues plus sensibles à la survenue d'autres altérations. Il est probable que
de nombreuses cellules "initiées" présentes dans l'organisme restent stables et
n'évoluent pas vers les stades ultérieurs de la carcinogenèse.
5.2. Notion de période de latence
Une période de latence, généralement assez longue, est observée chez
l'animal et chez l'homme après exposition à un agent carcinogène. Ex:
leucémies secondaires à une irradiation chez l'homme: latence minimale de 18
mois, en moyenne de 5 ans, parfois de 15 à 20 ans.
5.3. Promotion :
Stade réversible, qui ne comporte pas de modifications de structure du génome
caractérisé par une expression anormale de gènes, due à l'interaction :
. des altérations génétiques survenues pendant le stade d'initiation et
. de facteurs d'environnement, appelés "agents promoteurs".
C'est à ce stade qu'interviennent les facteurs de type âge, alimentation,
hormone et état immunitaire. Les agents promoteurs agissent souvent au
niveau de molécules ayant une fonction de récepteur. Les complexes
"promoteur-récepteur" se lient à l'ADN et modifient l'expression de gènes de
voisinage, dans les cellules initiées.
Ex: hormones (oestrogènes et androgènes)→ agents promoteurs des cancers du
sein et prostate: Interactions avec des récepteurs spécifiques (oestrogéniques
et androgéniques).
5.4. Progression :
Stade irréversible, au cours duquel le cancer devient apparent. Il Comporte
des altérations génétiques majeures, avec des anomalies du caryotype, qui
évoluent constamment en raison d'une instabilité chromosomique.
Les cellules tumorales ont perdu le contrôle de la conservation de la structure
de leur génome au cours des divisions cellulaires.
Ces anomalies croissantes vont de pair avec l'acquisition des différentes
caractéristiques du cancer: (Chapitre abordé ultérieurement)
• Dédifférenciation
• Invasion
• Capacité de donner des métastases
• Résistance à la chimiothérapie
• Echappement aux mécanismes du contrôle immunitaire de l'hôte
• Expression anormale de gènes (fœtaux, par exemple).
6. Les cibles moléculaires de la cancérogenèse
3 types de gènes sont atteints par les altérations génétiques observées pendant
les différents stades de la carcinogenèse:
. Proto-oncogènes et oncogènes cellulaires
. Gènes suppresseurs de tumeurs ou anti-prolifératifs
. Gènes contrôlant la mort cellulaire programmée (apoptose).
Dans les cellules normales, l'action conjuguée de ces 3 types de gènes
maintient "l'homéostasie", en contrôlant la division, la différenciation, la mort
cellulaire et la réparation de l'ADN.
C'est l'accumulation d'anomalies génétiques successives qui aboutit au cancer:
Soit des anomalies acquises, localisées au niveau des cellules somatiques.
Soit des anomalies transmises par les cellules germinales (mutations de gènes
de susceptibilité) dans certains cancers familiaux.
Au delà d'un certain seuil, la prolifération cellulaire échappe à tout contrôle.
6.1. Proto-oncogènes (ou pro-oncogène) et oncogènes cellulaires :
Ces 2 types d'oncogènes interviennent dans la carcinogenèse: par activation
entraînant leur surexpression (gain de fonction) sur un mode dominant positif
(la mutation d'un seul allèle suffit). Leur activation survient à tous les stades de
la carcinogenèse.
Les proto-oncogènes codent pour des protéines jouant un rôle dans la
transmission des signaux qui contrôlent la prolifération cellulaire: (Facteurs
de croissance , Facteurs de transcription etc...
Les oncogènes sont schématiquement classés en:
· gènes immortalisants (ex : c-myc) codant pour des protéines nucléaires se liant à
l’ADN;
· gènes transformants (ex : KRAS, RET, KIT)
Remarque
L'accumulation des mutations au niveau des oncogènes potentialisent
leurs effets transformants et aboutit à l'apparition d'une tumeur :
coopération oncogénique.
ex: c-myc + c-ras chez la souris (l'expression d'un seul gène est
insuffisante)
Dans de nombreux cancers, une ou plusieurs altérations géniques
supplémentaires sont nécessaires, en particulier l'inactivation de gènes
suppresseurs de tumeurs.
Remarque
Un même proto-oncogène peut être impliqué dans plusieurs cancers
(voir tableau).
6.2. Gènes suppresseurs de tumeurs ou anti-prolifératifs
Interviennent dans la carcinogenèse par perte de fonction généralement sur
un mode récessif : leur inactivation complète nécessite l'inactivation des 2
allèles.
Dans les cancers familiaux, il y a transmission d'un allèle muté (dans toutes les
cellules), responsable de la prédisposition et l'autre allèle est inactivé s. Dans
les cancers sporadiques, les mutations sont somatiques.
ex: gène Rb : gène de susceptibilité au rétinoblastome, dont il existe des
formes familiales (bilatérales et précoces) et des formes sporadiques
(unilatérales et tardives). Des mutations de RB sont retrouvées dans d’autres
cancers.
gène P53, ayant une fonction complexe :
rôle anti-prolifératif
rôle dans le contrôle du cycle cellulaire et l'apoptose muté dans plus de 50%
des cancers humains
. gène WT1: néphroblastome (tumeur de Wilms)
. gène NF1: neurofibromatose
. gènes DCC, MCC et APC: cancer du colon
6.3. Gènes contrôlant la mort cellulaire programmée (apoptose)
La découverte de ces gènes a modifié la conception du mécanisme de la
tumorogénèse, pour certains cancers liés plus à une accumulation de cellules
(par inhibition de la mort cellulaire programmée) qu'à une prolifération
cellulaire .
• Gènes contrôlant négativement l'apoptose:
ex: BCL2 impliqué dans la t(14;18) des lymphomes folliculaires de faible
malignité.
• Gènes favorisant l'apoptose :
la protéine P53 induit l'apoptose, en cas d'échec de la réparation de l'ADN
le proto-oncogène MYC peut, dans certaines conditions, induire l'apoptose (en
cas de surexpression de MYC, en l'absence de signaux mitogéniques).
6.4. Rôle d'autres familles de protéines:
• Protéines du cytosquelette
• Protéines d'adhérence
• Facteurs de régulation de la traduction....
Rôle de facteurs quantitatifs et cinétiques encore très mal connus
Rôle majeur des interactions entre ces différents "acteurs moléculaires" :
notion de réseaux de régulation cellulaire multiples et enchevêtrés,
probablement variables selon le contexte cellulaire.
7. Rôle de l’épigénétique
L'épigénétique correspond au domaine se focalisant sur toutes les
modifications (ou facteurs) qui ne sont pas codées par la séquence
d’ADN (méthylation...)
Elle régule l'activité des gènes en facilitant ou en empêchant leur
expression.
L’hypo- ou l’hyper-méthylation de gènes ou de leurs séquences
régulatrices peut moduler leur transcription, alors que la séquence
d’ADN est normale. On parle de mécanismes épigénétiques par
opposition aux mécanismes génétiques c’est-à-dire avec altération de
l’ADN.
8. Impact de l’étude des gènes
• Enquête familiale: BRCA1 et cancer du sein
• Dépistage chez les sujet à risque (polypose)
• Traitement prophylactique: mastectomie prophylactique chez patiente
BRCA1+
• Traitement ciblé (Kras dans CCR, Her2 dans cancer du sein.)
• Classification moléculaire pour identifier des groupes de tumeurs
présentant des pronostiques différents.
Classification moléculaire basée sur l’étude des gènes (ADN)
9. Conclusion
La maladie cancéreuse se caractérise par une prolifération de cellules
devenues peu sensibles ou insensibles aux mécanismes d’homéostasie.
Ces cellules tumorales dérivent dans la grande majorité des cas d’une seule
cellule (monoclonale).
Les particularités des cellules tumorales sont liées à l’accumulation
d’altérations de leur génome.
Ces altérations sont le plus souvent acquises au cours de la genèse tumorale,
mais certaines peuvent être d’origine héréditaire (prédispositions familiales).
Ces modifications vont s’inscrire à la fois dans le noyau, dans le cytoplasme et
sur la membrane des cellules pathologiques.
Modes d’action des carcinogènes ou carcinogènèse
3.3c Carcinogènes chimiques
Les études épidémiologiques ont démontré de certains cancers à des produits
chimiques : cancers chez les ramoneurs (goudron). Cancer bronchique et tabac ....
La définition d'une substance carcinogène est difficile: certains produits (promoteurs)
augmentent l'efficacité d'autres produits, mais n'ont pas d'action carcinogène directe.
Le pouvoir carcinogène est très variable: il est très faible pour le trichloréthylène et
très élevé pour l'aflatoxine.
Mode d'action des substances carcinogènes: variable, parfois inconnu. Le carcinogène
entraine généralement des lésions de l'ADN. Les erreurs des systèmes de réparation
de l'ADN peuvent entrainer: la mort cellulaire ou des mutations, à l'origine de la
carcinogenèse.
Il existe différents types de substances carcinogènes.
3.3c2 : Classement selon leur origine
• Moisissures des plantes
• Alimentation
• Exposition professionnelle
Prolifération cellulaire illimitée
autonome, capable de dissémination
•
à distance.
1. 1 - Différents agents de l’environnement conduisent au développement
• d’un cancer
• · Agents initiateurs : ils induisent une lésion définitive de l’ADN (ex : mutation,
• cassure). Souvent, ces carcinogènes sont activés par des réactions métaboliques.
• Exemples :
• · carcinogènes chimiques : hydrocarbures polycycliques aromatiques (pétrole, tabac),
• amines aromatiques (colorants, industrie du caoutchouc), 2-naphtylamine, agents
• alkylants, aflatoxine b1 ;
• · virus (hépatite B, d’Epstein-Barr, etc.) ;
• · radiations.
• · Agents promoteurs : ils favorisent l’expression d’une lésion génétique, préalablement
• induite par un agent initiateur. Ils n’induisent pas de lésions de l’ADN. Le temps
• écoulé entre l’initiation et l’apparition des tumeurs est réduit en présence d’agents
• promoteurs.
• Exemples :
• · esters de phorbol (TPA) (huile de croton) ;
• · hormones : oestrogènes (cancer du sein) ;
• · nutrition : alcool (tumeurs ORL), graisses alimentaires (cancers coliques) ;
• · schistosomiase et cancer de la vessie.
Carcinogènèse
3.3c3 Classement selon leur nature chimique :
• Carcinogènes aromatiques : dérivés du goudron. (Exemple : benzopyrène). Ils
provoquent de nombreux cancers expérimentaux chez l'animal. Chez l'homme, ils
entraînent des cancers dûs au tabac. Ils n'ont pas une action carcinogène directe,
mais doivent subir une activation métabolique, par des enzymes d'oxydation. IIs
sont capables de se lier à l'ADN.
Une activation métabolique est nécessaire à l'action carcinogène. Les métabolites
agissent directement sur l'ADN
Ex : Amines aromatiques : le cancer de vessie chez l'homme exposé à l'aniline
(colorant) est connu depuis le début du siècle. Du même groupe: 2-naphtylamine,
benzidine...
• Carcinogènes azoïques : trouvés dans l'alimentation, les médicaments, l'industrie.
ex: jaune de beurre (colorant) → cancer du foie chez le rat.
.Agents alcoylants : Action carcinogène directe, sans activation métabolique,
par action mutagène. Ex: moutarde azotée
Adénocarcinome
Pulmonaire invasif
avec volumineuses Méta.
Ganglionnaires hilaires
«Cicatrice» pleurale
Carcinome medullaire
• Susceptibilité génétique : xeroderma pigmentosum : anomalie autosomique
récessive, avec importantes lésions et cancers cutanés, liés à l'exposition au soleil.
• • Mécanismes : Les UV entrainent des lésions de l'ADN, qui ne sont pas des
cassures
• : induction de dimères thymine T-T.
• Des anomalies de réparation de l'ADN (contrôlée par différents gènes), de
différents types, démontrées dans le xeroderma pigmentosum, sont à l'origine des
étapes initiales de la carcinogenèse.
Asbestose
Technique FISH : Mise en évidence de la
t(11;14)(q13;q32)
High-power detail of an asbestos body, revealing the typical beading and knobbed
ends (arrow).
Stroma endocrinoïde
Carcinome médullaire de la thyroide :Stroma
amyloide
Cytoponction d'un ganglion
Agents chimiques
Médicaments (chimiothérapie): cisplatin, chlorambucil ...
. Chlorure de vinyle (plastique industriel) → sarcome du foie
. Aflatoxine B : produite par un champignon, dans les arachides ou le riz moisis.
Le plus puissant des carcinogènes, en raison d'une forte capacité de fixation à l'ADN associé au cancer du foie, en
Afrique, en association au virus de l'hépatite B.
• Métaux et fibres minérales : Leur action carcinogène serait due à leurs propriétés
physiques. Plusieurs métaux responsables de cancers chez l'homme :
. Arsenic: cancer cutané et bronchique
. Beryllium, chrome et nickel : cancer du poumon, du nez fibres minérales :
. Amiante (asbestose): mésothéliome (cancer de la plèvre) et du poumon.
• Carcinogènes non génotoxiques :
. Pesticides organochlorés (lindane, dioxine ..) : stimuleraient directement la prolifération cellulaire, sans action sur
l'ADN
. Agents promoteurs : augmentent l'action d'autres classes de carcinogènes :
phorbol esters, phénol, acides biliaires...
. Hormones : agiraient par stimulation de la prolifération cellulaire.
. Agents immunosuppresseurs: augmentent la fréquence des lymphomes viro-induits.
• Susceptibilité génétique : xeroderma pigmentosum : anomalie autosomique
récessive, avec importantes lésions et cancers cutanés, liés à l'exposition au soleil.
• • Mécanismes : Les UV entrainent des lésions de l'ADN, qui ne sont pas des
cassures
• : induction de dimères thymine T-T.
• Des anomalies de réparation de l'ADN (contrôlée par différents gènes), de
différents types, démontrées dans le xeroderma pigmentosum, sont à l'origine des
étapes initiales de la carcinogenèse.
Mécanismes : Les UV entrainent des lésions de
l'ADN, qui ne sont pas des cassures
: induction de dimères thymine T-T.
Des anomalies de réparation de l'ADN
(contrôlée par différents gènes), de différents