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Évolution du système partisan en France

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Séances 8_9. Les transformations du système partisan


Eric Perraudeau « Le système des partis sous la Ve République », Pouvoirs, 2001/4, n°99,
p.101/115. https://www.cairn.info/revue-pouvoirs-2001-4-page-101.htm?contenu=article
Hugues Portelli « Les partis et la Ve République », Pouvoirs, 2008/3, n°126, p. 61-70.
Frédéric Sawiki « Les partis sont-ils dépassés ? » Sciences Humaines, 2021/3 n°62, p.16
Mény Yves, Le système politique français, Paris, Montchrestien, collection « Clefs », 7ème
édition, 2019. https://www.nxtbook.com/lextenso-editions/LGDJ/978-2-275-06599-
1/index.php?ap=1#/p/2

- A l’origine, une Constitution pour libérer l’exécutif de l’emprise des partis.

La Vème République entretient des rapports marqués par une profonde ambiguïté :
d’une part, la volonté du Général de Gaulle est d’en restreindre le rôle ; d’autre part,
ce dernier est reconnu pour la première fois par la loi constitutionnelle. L’article 4
de la Constitution de 1958 leur reconnaît trois vocations principales : concourir à
l’expression des suffrages, garantir le pluralisme des opinions et participer à la vie
démocratique de la Nation.

Les partis politiques sont des organisations plus ou moins structurées, qui
contribuent à l’expression politique des citoyens, en vue de conquérir et d’exercer
le pouvoir. Pour des raisons historiques, ils n’ont pas « bonne presse » en France où
depuis la Révolution française, ils ont une connotation négative (parti = faction =
menace contre l’unité nationale). Contrairement à d’autres pays (Grande Bretagne
ou Allemagne), ils suscitent proportionnellement plus de méfiance et d’antipathie
(baromètres annuels du CEVIPOF et IFOP).

En tout état de cause, c’est la Ve République qui a renforcé le statut des partis en
leur donnant les moyens de devenir des organisations durables et solides, notamment
avec les lois de 11 mars 1988 et du 15 janvier 1990 qui posent des règles de
transparence de la vie politique, en plafonnant les dépenses électorales et en
établissant des normes d’égalité entre les partis politiques concurrents. En
contrepartie du respect de ces normes et selon leurs performances électorales, la loi
leur attribue des ressources financières.

En 2019, 66 M€ leur ont été alloués : 32 M€ selon les résultats des partis aux
élections législatives ; 34 M€ en fonction du nombre de parlementaires rattachés à
chaque groupe politique.

[Cf. ressources documentaires : Eric Perraudeau, 2001 + Hugues Portelli, 2008]

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- L’élection du président de la République au suffrage universel et le scrutin


majoritaire à deux tours, ont favorisé une bipolarisation du système partisan.

Par système partisan, on entend l’ensemble des interactions entre les partis
politiques dans un pays donné à un moment donné. Il se caractérise par trois
variables principales : le nombre de partis, leur dimension et leurs alliances.

Du multipartisme à la bipolarisation.
Si la Constitution n’a pas donné de statut propre aux partis jusqu’en 1988, la réforme
de l’élection présidentielle de 1962 et le choix du scrutin majoritaire à deux tours
ont profondément transformé le système partisan.

Les contraintes du mode de scrutin, notamment la dimension binaire du second tour,


provoquent un processus de bipolarisation partisane. Elles obligent des courants
différenciés à coexister au sein d’un même parti et des partis concurrents à former
des coalitions, sauf pour les uns comme pour les autres, à perdre séparément ce
qu’elles peuvent gagner ensemble.

Si le président a besoin d’un parti qui le soutienne, tisse des liens et encadre un
réseau d’élus, c’est néanmoins le présidentiable qui fait le parti bien plus que le parti
ne fait le présidentiable. Des « écuries » présidentielles apparaissent autour des
candidats « désignés » parfois au termes de « primaires ». Parmi d’autres exemples,
Emmanuel Macron et LREM, François Mitterrand et le PS, Jacques Chirac et le
RPR, Nicolas Sarkozy et l’UMP [Carcassonne, 2019, p.56].

Le quadrille bipolaire [RPR_UDF_PS_PCF]

Ce quadrille bipolaire est l’expression de la structure génétique (ADN) du système


partisan français. Il repose sur quatre courants politiques principaux :
- une droite composée d’une branche autoritaire, conservatrice voir
traditionnaliste, attachée aux valeurs de la loi et de l’ordre et d’une branche
libérale, modérée, monarchiste puis républicaine ;
- une gauche composée d’une branche radicale, révolutionnaire et
antisystème et d’une branche modérée, légaliste et réformée, attachée aux
valeurs du progrès ;
L’apogée du quadrille bipolaire est atteint en 1978 et en 1981. Il se caractérise par
une bipolarisation tranchée (clivage droite/gauche), dédoublée en deux forces de
poids égal :
- à droite, une branche plus autoritaire et étatiste (le RPR) et une branche plus
modérée et plus libérale (l’UDF) ;
- à gauche, une branche plus radicale et prônant la rupture avec le capitalisme
(le PC) et une branche plus modérée et réformiste (le PS) ;

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Ce quadrille magique (RPR, UDF, PS, PC) occupe alors une place hégémonique
dans la vie politique nationale. A leur tête, les quatre présidentiables potentiels,
Georges Marchais, François Mitterrand, Valéry Giscard d’Estaing et Jacques
Chirac. Il sera stigmatisé par les partis minoritaires : « la bande des quatre » Jean-
Marie Lepen que Marine Lepen reprendra à son compte dans les années 2 000 avec
« l’UMPS ».
Avec la succession des alternances, des cohabitations, ce quadrille bipolaire sera
remis en cause par l’émergence d’un nouveau système partisan. On assiste à la
décomposition du système partisan jusque-là dominant et à sa recomposition autour
d’un nouveau rapport de forces politiques. Celui-ci est le résultat de quatre
phénomènes cumulatifs :
- la mise en œuvre du scrutin proportionnel plurinominal aux législatives de
1986, qui conduit à l’érosion du fait majoritaire ;
- la montée en puissance de nouvelles forces politiques : le Front National et
le parti Les Verts ;
- l’affaiblissement des partis de gouvernement qui se traduit par leur déclin
électoral relatif ;
- la dissociation des majorités présidentielles et législatives qui provoquera
pour la première fois sous la Vème République, des périodes de cohabitation.

- Un système partisan soumis à rude concurrence

L’image des partis politiques se détériore tandis les baromètres d’opinion


enregistrent la montée d’une défiance à l’égard des institutions de la démocratie
représentative. Des partis sont vécus comme un « mal nécessaire » à la démocratie
mais souffrent d’un déficit de confiance dans l’opinion publique. [Subsistance d’un
courant antiparlementariste et renforcement du populisme anti-élite (« tous
pourris »)].

On passe insensiblement de la démocratie représentative, fondée sur les partis à une


démocratie d’opinion, rythmée par le choix des électeurs. Cette volatilité électorale
provoque une restructuration de l’offre partisane. Les élections présidentielles de
2017 consacrent l’éclatement de l’ancien système partisan :
- la LREM (24% au 1er et 66% au 2ème) + majorité absolue à l’AN ;
- le RN (21% au 1er et 34% au 2ème) ;
- les REP (20%) ;
- LFI (19,58%);
- PS (6%);

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Ce nouveau système partisan est conforté par les résultats des élections
présidentielles de 2022 et les législatives qui ont les ont suivies. L’effondrement
électoral des partis de gouvernement (REP et PS) ouvre la voie à une tripartition
politique. Le trio Macron-Lepen-Mélenchon capte plus de 70% des voix. Les autres
partis y compris les REP et le PS, sont littéralement effacés :
- REN (28% au 1er tour et 58,54% au 2ème tour) + 170 députés ;
- le RN (23,15% et 41,45%) + 88 députés ;
- LFI (21,95%) + 75 députés ;
- REP (7%) + 62 députés ;
- PC (2,3%) + 12 députés ;
- PS (1,75%) + 31 députés ;
- EELV (4,65%) + 23 députés ;
Le nouveau paysage politique français place quasiment à égalité parfaite l’extrême
droite (32%), la gauche extrémisée (32%), et le centre + les REP (32,6%). Il résulte de
l’effondrement brutal des deux grands partis de gouvernement (LR et PS) et d’une
progression simultanée du RN et du LFI.

- A quoi servent les partis politiques ?


Les principales fonctions des partis politiques sont :
- le recrutement des élites politiques et la sélection des candidats [écuries
présidentielles, investitures législatives] ;
- l’expression politique des citoyens et la structuration de l’opinion
publique. [Encadrement idéologique et programmatique des listes et
candidatures – gestion logistique et partisane des campagnes électorales –
Agrégation des intérêts subnationaux] ;
- définition d’une alternative politique et formation d’un Shadow cabinet.
Encadrement des parlementaires et élus locaux. Elaboration de politiques
publiques alternatives.
L’affaiblissement continu des partis politiques (déclin des effectifs militants, montée
de l’abstention, dégradation de leur image dans l’opinion publique, concurrence des
organisations « spontanées » de citoyens) relativise leur influence dans la société, en
cristallisant une défiance de la part des citoyens qui leur reprochent d’être davantage
préoccupés par leurs intérêts corporatifs que par les préoccupations des électeurs.
Cette situation inédite entretient un débat sur l’hypothèse d’une disparition prochaine
des partis : « Les partis sont-ils dépassés ? ». Voir Frédéric Sawiki en référence
documentaire.

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