DROITS
DROITS
Et de l’Alphabétisation Unité-Progrès-Justice
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Direction Régionale des Enseignements
Post-Primaire et Secondaire
Des Hauts-Bassins
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LPR Guimbi Ouattara
COURS DE DROIT
Mr SAWADOGO Seydou
Professeur certifié de l’enseignement technique et
professionnel
PROGRAMME D’ETUDE
PREMIERE ANNEE
BIBLIOGRAPHIE :
Luc Marius IBRIGA, Introduction à l’étude du droit, SGE 2010
Jean-Claude TAHITA, Théorie générale des obligations, Tome1, UO2, 2012
T. FUCHS et A. GUIBE, Droit BTS1, HACHETTE 1987
Paul KIEMDE, Cours de droit du travail et de la sécurité sociale, UO2, 2013
Alfred BAMA, Précis de droit du travail
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TITRE1. DROIT CIVIL
I. DEFINITION DU PATRIMOINE
Le patrimoine est l’ensemble des droits et obligations (ou dettes) ayant une valeur pécuniaire (ou
économique) dont une personne est titulaire.
Les droits et les biens constituent l’actif du patrimoine pendant que les obligations ou dettes
constituent le passif.
Seuls les droits et obligations susceptibles d’une évaluation pécuniaire peuvent entrer dans le
patrimoine.
Les droits et les obligations constituent Un Tout Unique qu’on appelle patrimoine.
Les droits patrimoniaux sont subdivisés en droits réels et en droits personnels (et aussi en droits
intellectuels).
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I. LES DROITS REELS
Les droits réels sont les droits qui confèrent à leur titulaire un pouvoir sur une chose. Ils créent un
rapport juridique entre un sujet de droit et une chose corporelle. Exemple : le propriétaire d’une
voiture peut la conduire, la laisser au garage ou la vendre.
On distingue deux catégories de droits réels : les droits réels principaux et les droits réels
accessoires.
Ils permettent l’utilisation directe de la chose : ils sont constitués du droit de propriété et de ses
démembrements.
a. Le droit de propriété
Etant un pouvoir direct, immédiat et sans intermédiaire d’une personne sur une chose (meuble ou
immeuble), le droit de propriété entraîne les pouvoirs les plus complets au profit de la personne
sur la chose. En effet, le propriétaire a trois (3) prérogatives (ou pouvoirs) :
- L’USUS : qui est le droit d’utiliser la chose à sa convenance
- Le FRUCTUS : qui le droit de percevoir les fruits, c’est-à-dire les revenus de la chose
- L’ABUSUS : qui est le droit de disposer de la chose en la consommant, la vendant ou la
détruisant.
Les démembrements du droit de propriété ne confèrent à leur titulaire que certains des attributs
du droit de propriété. On a :
- L’USUFRUIT : qui est le droit conféré à un individu d’utiliser et de percevoir les revenus d’une
chose sans en être le propriétaire. L’Usufruitier (le titulaire de l’usufruit) détient une partie
seulement des prérogatives du droit de propriété : l’usus et le fructus. De ce fait, le propriétaire
devient un nu-propriétaire car il ne lui reste que l’abusus.
- La SERVITUDE : qui est un droit établi sur un immeuble (Fonds servant) au profit d’un autre
immeuble (Fonds dominant). Elle permet au propriétaire du Fonds dominant de retirer certains
services ou usages du Fonds servant. Exemple : le droit de passage, de vue, d’écoulement des
eaux, etc…
Il y a démembrement du droit de propriété portant sur le Fonds servant.
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2) LES DROITS REELS ACCESSOIRES
Les droits réels accessoires sont des droits qui s’exercent directement sur une chose, mais qui
sont accessoires à des droits personnels : ce sont des Sûretés. Il s’agit des meubles ou
d’immeubles affectés à la garantie du paiement d’une créance. On parle de Gage si le droit réel
accessoire s’exerce sur un meuble et d’Hypothèque s’il s’exerce sur un immeuble.
Alors que le droit réel confère au sujet de droit un pouvoir direct sur une chose, le droit personnel
s’exerce à l’encontre d’une autre personne.
Les droits personnels (ou droits de créance) permettent à une personne, le créancier, d’exiger
d’une autre personne, le débiteur, une prestation.
Cette prestation, évaluable en argent, consiste pour le débiteur à faire quelque chose (exple : un
travail), à ne pas faire quelque chose (exple : une clause de non concurrence) ou à donner
quelque chose (exple : la vente d’une chose).
Le droit de créance (à l’actif du patrimoine) correspond toujours à une obligation (au passif d’un
autre patrimoine) ; le droit personnel a donc un aspect actif (le droit de créance) et un aspect
passif (l’obligation ou dette).
1) LES MEUBLES
Ce sont des choses corporelles susceptibles de se déplacer ou d’être déplacées. Exple : animaux,
« meubles meublant », tableaux, machines, voitures.
Ce sont des meubles incorporels. Il s’agit des droits divers tels que les droits réels sur les meubles,
les droits de créance, les titres de société, etc…
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c. Les meubles par anticipation
Ce sont des immeubles par nature, mais traités par la jurisprudence comme des meubles (par
anticipation) parce qu’ils sont destinés à le devenir dans un avenir proche. Exple : une récolte
vendue sur pieds.
2) LES IMMEUBLES
Ils sont constitués par le sol, le sous-sol et tout ce qui en dépend : toutes les constructions qui ont
le sol pour assise avec leurs accessoires (canalisations, ascenseurs, etc…), ainsi que tous les
végétaux sauvages ou cultivés, plantes ou arbres. C’est le critère de fixité qui est appliqué.
Ce sont des choses mobilières que la loi traite fictivement comme des immeubles en raison des
liens qui les unissent à un immeuble par nature dont ils constituent l’accessoire.
Ainsi, un tracteur, meuble par nature, devient un immeuble par destination à partir du moment
où il est utilisé dans le cadre d’une exploitation agricole, tout comme les machines d’une usine ou
le mobilier d’un Hôtel.
Ce ne sont plus des choses, mais des droits incorporels qui s’exercent sur des immeubles. Exple :
un usufruit sur un immeuble, une hypothèque.
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2) LES BIENS CONSOMPTIBLES ET NON CONSOMPTIBLES
Les biens consomptibles sont des biens qui se détruisent par le premier usage qu’on en fait (les
denrées alimentaires, les combustibles, etc…).
Les biens non consomptibles sont des biens qui font l’objet d’une utilisation répétée (une
voiture, un livre, une maison, etc…), que leur valeur économique diminue ou augmente.
Les biens frugifères sont des biens qui produisent un revenu (fruit). Ils peuvent être des
immeubles (exple : le sol cultivé d’une exploitation agricole) ou des meubles (exple : un téléviseur
donné en location).
Les biens non frugifères sont des biens qui ne produisent aucun revenu (exple : une œuvre
d’art).
Les biens fongibles sont des biens qui peuvent être remplacés par d’autres biens identiques
(exple : un litre de lait, un billet de 1000F, une voiture neuve de tel modèle). Les biens fongibles
appartiennent à un genre : on les appelle aussi choses de genre ; ces choses sont
interchangeables.
Les biens non fongibles sont des biens qui ne peuvent être remplacés par quelque chose
d’identique (exple : une voiture d’occasion, une œuvre d’art). Les biens non fongibles ont une
individualité propre : on les appelle aussi corps certains.
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CHAP2. LES OBLIGATIONS
Les droits subjectifs sont constitués essentiellement des droits réels (droit d’une personne sur une
chose), des droits personnels (droit d’une personne à l’encontre d’une autre personne) et des droits
intellectuels (qui ne s’exercent ni sur une chose, ni à l’encontre d’une autre personne et dont l’objet
est immatériel).
Le droit personnel ou droit de créance est un rapport juridique entre un sujet actif (le créancier) et
un sujet passif (le débiteur) faisant naître entre eux une ou plusieurs obligations.
Mais, qu’est-ce qu’une obligation ?
L’obligation est un lien de droit entre deux personnes en vertu duquel l’une d’elles, le créancier,
peut exiger de l’autre, le débiteur, une prestation ou une abstention.
Exemple : Dans un contrat de prêt, le prêteur (ou créancier) peut exiger de l’emprunteur (ou
débiteur) le remboursement à une certaine échéance, de la somme empruntée : le débiteur a le
devoir de rembourser ; le créancier a le droit d’exiger le remboursement. Devoir et Droit sont les
deux aspects de la notion d’obligation.
- L’obligation de donner est celle par laquelle le débiteur s’engage à transférer au créancier la
propriété d’une chose. Exemple : il y a obligation de donner pour un vendeur qui transfère la
propriété d’un bien de son patrimoine à celui de l’acheteur.
- L’obligation de faire est celle par laquelle le débiteur s’engage à accomplir pour le créancier un
fait, à exécuter pour lui une prestation. Exemple : il y a obligation de faire pour un transporteur
qui s’engage à acheminer d’un endroit à un autre des voyageurs ou des marchandises.
- L’obligation de ne pas faire est celle par laquelle le débiteur est tenu de s’abstenir de tel ou tel
agissement vis-à-vis du créancier. Exemple : il y a obligation de ne pas faire pour le vendeur d’un
fonds de commerce qui s’engage à ne pas ouvrir un fonds faisant concurrence au fonds vendu
(clause de non rétablissement).
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TITRE2. DROIT DU TRAVAIL
I. LA LIBERTE SYNDICALE
Le droit syndical ou la liberté syndicale est l’un des droits fondamentaux de l’Homme. La
liberté syndicale est affirmée par le Préambule de la Constitution de l’Organisation
Internationale du Travail (OIT), par les Conventions sur les droits d’association, par la loi du
21 mars 1884 reconnaissant le droit syndical et par la plupart des Constitutions des pays
africains. Les législations nationales protègent cette liberté dans ses différents aspects :
- La liberté de choisir son syndicat
- La liberté de se retirer d’un syndicat
- La liberté de constituer un syndicat
- La liberté d’action du syndicat
Ces libertés doivent être protégées contre l’employeur, contre le syndicat lui-même et
contre l’Etat.
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2) La protection de la liberté syndical contre les syndicats
Cette protection consiste à dénoncer tout agissement ou toute mesure adoptée par l’Etat
tendant à porter atteinte à la liberté syndicale. Par exemple, interdire aux syndicats
nationaux de s’affilier aux centrales syndicales internationales, serait porté atteinte à la
liberté syndicale.
Pour la constitution d’un syndicat, des règles de fond et de forme doivent être
respectées.
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I. LES CONDITIONS DE FOND
Pour exister, le syndicat doit d’abord faire l’objet d’une déclaration préalable auprès du
ministère en charge de l’administration territoriale. Cette déclaration doit être accompagnée
du statut du syndicat, du règlement intérieur, du procès-verbal (PV) de la réunion
constitutive et de la liste nominative des dirigeants. Ces différentes pièces doivent être
déposées en plusieurs exemplaires à la mairie ou au chef-lieu de la circonscription
administrative où le syndicat est établi.
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2) Le contrôle des pouvoirs publics
La constitution du syndicat fait l’objet d’une vérification par les autorités compétentes.
Ainsi, avant de délivrer le récépissé, le ministre en charge de l’administration territoriale
recueille l’avis du ministre en charge du travail sur la conformité des statuts d’avec l’objet en
vue duquel le syndicat est formé d’une part et d’autre part, d’avec la législation et
règlementation en vigueur.
Lorsque les statuts ne sont pas conformes aux prescriptions légales ou règlementaires, le
ministre en charge de l’administration du territoire refuse la délivrance du récépissé et
demande les modifications nécessaires.
Le syndicat étant constitué, il peut agir non seulement pour défendre les intérêts individuels
des travailleurs, mais aussi l’intérêt collectif de la profession qu’il représente.
Les travailleurs peuvent se faire assister ou représenter devant le tribunal du travail par un
représentant des organisations syndicales auxquelles ils sont affiliés. De ce fait, le
syndicaliste n’agit pas au nom du syndicat, mais au nom du travailleur dont il a reçu mandat
écrit.
Les syndicats peuvent exercer toutes les actions qui relèvent du respect et de l’application
des recommandations des conventions collectives en faveur de leurs membres, sans
l’obligation d’un mandat écrit. Ils exercent les droits de la partie civile, pour les faits portant
préjudice direct ou indirect à l’intérêt collectif de la profession.
I. LE COMITE SYNDICAL
Tout syndicat professionnel régulièrement constitué peut créer un comité syndical dans tout
établissement ou entreprise employant au moins 11 salariés et une section syndicale dans
chaque zone où il compte des adhérents. Exemple : le comité CGTB de la SOFITEX.
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Le comité syndical représente le syndicat au niveau de l’entreprise et la section syndicale
au niveau de la zone.
II. LES UNIONS SYNDICALES
La dissolution d’un syndicat par décision administrative n’est pas autorisée parce qu’elle
constituerait une violation de la liberté syndicale.
Toutefois, il existe d’autres procédés valables de dissolution du syndicat :
- La dissolution volontaire : elle intervient sur décision des membres du syndicat qui
décident en même temps du sort des biens du syndicat
- La dissolution statutaire : elle est prévue et organisée par les dispositions des statuts
du syndicat
- La dissolution judiciaire : elle est prononcée par les juges lorsque par exemple l’objet
du contrat a été violé.
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Les Délégués du personnel sont élus au scrutin secret par l’ensemble du personnel, et
c’est le chef d’établissement qui est chargé d’organiser les élections.
Des Délégués suppléants doivent être élus en même temps que les titulaires. Le rôle du
Délégué suppléant est de remplacer le titulaire en cas d’absence motivée, de décès, de
démission, de révocation, etc…
La durée du mandat du Délégué du personnel est de 2 ans renouvelable.
Peuvent prendre part au vote les travailleurs ayant au moins 18 ans et 6 mois
d’ancienneté dans l’entreprise. Ne sont éligibles que les travailleurs n’ayant aucun lien de
parenté, ni aucune alliance avec l’employeur, et ayant au moins 12 mois de service dans
l’entreprise.
En principe, les listes des candidats sont établies par les organisations syndicales
représentées au sein de l’établissement.
Le nombre des Délégués du personnel est fixé en fonction du nombre des travailleurs dans
l’établissement de la manière suivante :
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CHAP 2 : LES CONVENTIONS COLLECTIVES ET
ACCORDS D’ETABLISSEMENT
I. DEFINITION
La convention collective est un accord relatif aux conditions de travail conclue entre les
représentants d’un ou plusieurs syndicats ou groupements professionnels des travailleurs
d’une part et d’autre part, une ou plusieurs organisations syndicales d’employeurs ou tout
autre groupement d’employeurs (Patronat) ou un ou plusieurs employeurs pris
individuellement.
II. RÔLE
I. CARACTERES
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II. NATURE JURIDIQUE
Toute convention collective a une double nature : une nature contractuelle et une
nature règlementaire.
En effet, elle est déterminée par le caractère contractuel au plan de son élaboration et de ses
effets, mais présente un caractère règlementaire dans la mesure où elle s’applique aux
travailleurs non adhérents et aux syndicats non signataires, suivant la catégorie des
conventions.
Les conventions collectives peuvent être regroupées en deux catégories : les conventions
collectives ordinaires et accords d’établissement d’une part et d’autre part, les conventions
collectives susceptibles d’extension et conventions collectives interprofessionnelles.
Cette catégorie de conventions ne s’applique qu’aux seules personnes qui les ont signées et
aux syndicats signataires. Autrement dit, si un employeur d’une branche professionnelle
donnée n’est pas signataire de la convention, il n’est pas tenu de l’appliquer. Elles
intéressent donc des branches professionnelles ou secteurs d’activités données. Exemple : La
convention collective des boulangers.
Les accords d’établissements ou d’entreprises, quant à eux, ne concernent qu’un ou
plusieurs établissements ou entreprises. Exemple : L’accord des établissements
d’enseignement catholique.
Aussi bien les conventions collectives ordinaires que les accords d’établisse-
ment ont un champ d’action limité.
Les conventions collectives extensibles sont celles qui peuvent, sous certaines
conditions, être étendues par l’autorité publique hors de leur champ d’application
initialement prévu par les parties signataires de celles-ci. Ainsi par exemple, une convention
collective régissant une branche professionnelle ou un secteur d’activité donné (la
boulangerie par exemple) peut être étendue à d’autres branches professionnelles ou
d’autres secteurs d’activités (la boucherie et charcuterie par exemple).
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Quant aux conventions collectives générales ou interprofessionnelles, elles
s’appliquent au niveau national. Elles sont généralement prises par les confédérations
syndicales de travailleurs et du patronat, et constituent de véritables textes à caractère
général et permanent. Pour cela, les conventions interprofessionnelles se rapprochent plus
des lois et règlements, et offrent des conditions et avantages égaux à tous les travailleurs de
la nation. Exemple : La convention collective interprofessionnelle de 1974.
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PROGRAMME D’ETUDE
DEUXIEME ANNEE
BIBLIOGRAPHIE :
Luc Marius IBRIGA, Introduction à l’étude du droit, SGE 2010
Jean-Claude TAHITA, Théorie générale des obligations, Tome1, UO2, 2012
T. FUCHS et A. GUIBE, Droit BTS1, HACHETTE 1987
M.L. BORDENANE et F. BERHO, Droit Terminale G, Edition Nathan Technique, 1988
H. ECOFFET et Y. JEANEAU, Le droit et l’entreprise, Tle G, Nathan Technique, 1983
Alfred BAMA, Droit commercial, Editions Faso Livres
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TITRE1. DROIT CIVIL
La responsabilité civile délictuelle est celle qui naît du dommage causé aux tiers. Son principe
général est contenu dans l’article 1382 du code civil qui dispose : « Tout fait quelconque de
l’homme qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le
réparer ».
La responsabilité civile délictuelle résulte d’un délit ou d’un quasi-délit :
- Le délit est tout fait dommageable intentionnel (volontaire). Exple : Porter des coups à une
personne dans le but de la blesser.
- Le quasi-délit est tout fait dommageable non intentionnel (involontaire). Exple : Le fait de
percuter un piéton avec son vélo, en voulant éviter un animal.
NB : Dans tous les cas, celui qui cause un dommage à autrui doit le réparer.
Pour que la responsabilité civile soit engagée, il faut la réunion des trois (3) éléments
suivants : le dommage (ou préjudice), la faute et le lien de causalité entre le dommage et la
faute.
1) LE DOMMAGE
Pour que le dommage soit réparable, il doit présenter les caractères suivants :
- Il doit être certain : c’est-à-dire qu’il doit être actuel et déjà réalisé.
- Il doit être direct : c’est-à-dire qu’il doit découler de la faute commise. Exple : Le créancier
impayé ne peut agir contre le responsable de la mort de son débiteur.
- Le dommage doit correspondre à un intérêt légitime. Exple : La victime d’un dommage
concernant un bien qu’elle ne devrait pas posséder (la drogue par exemple) ne peut
demander réparation du préjudice subi.
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b. Les différents types de dommage
Ce sont :
- Le dommage matériel (ou dommage patrimonial) : il est constitué par une atteinte aux
biens, au patrimoine d’une personne. Il est évaluable en argent, d’où le qualificatif de
dommage pécuniaire. Exple : La baisse du chiffre d’affaires d’un fonds de commerce à la
suite d’une concurrence déloyale.
- Le dommage moral : il est constitué par une atteinte aux droits de la personnalité (droits
extra-patrimoniaux) tels que le droit au nom, à l’image ou à la vie privée.
Exple : La diffamation constitue une atteinte au droit à l’honneur.
Le dommage moral est aussi constitué par une atteinte à des sentiments d’affection.
Exple : Le décès accidentel d’un proche parent cause un préjudice moral à ses proches.
- Le dommage corporel : il est constitué par une atteinte à l’intégrité physique de la victime
(blessures). Exple : A la suite d’un grave accident de la circulation, la victime, malgré une
intervention chirurgicale très douloureuse, reste gravement handicapée et ne peut
reprendre ses activités.
3) LE LIEN DE CAUSALITE
Le lien de causalité est le lien de cause à effet. La responsabilité ne pourra être établie que si
le dommage est relié à la faute de façon directe et certaine. Le préjudice doit être la
conséquence directe et immédiate de la faute.
En vertu de l’article 1383 du code civil : « chacun est responsable du dommage qu’il a causé,
non seulement par son fait, mais encore par sa négligence et par son imprudence ».
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Mais, il peut arriver des situations où la responsabilité d’un individu soit écartée, si celui-ci
apporte la preuve que c’est une cause étrangère qui est la source du dommage. Cette cause
étrangère peut être :
- La force majeure ou cas fortuit : c’est un évènement imprévisible, irrésistible et
insurmontable. Exple : Un accident de la circulation dû à un tremblement de terre.
- Le fait d’un tiers : c’est un acte émanant d’une autre personne et présentant un caractère
imprévisible et irrésistible. Exple : Un automobiliste qui renverse un étalage en voulant éviter
un cycliste imprudent.
- La faute de la victime elle même : au même titre que le fait d’un tiers, la faute de la victime
peut être une cause d’exonération. Exple : Un automobiliste qui renverse un piéton qui est
descendu brusquement du trottoir pour traverser la route.
Le principe de cette responsabilité est posé par les articles 1382 et 1383 du code civil. Trois
(3) conditions doivent être réunies pour que soit mise en jeu la responsabilité du fait
personnel : un dommage, une faute et un lien de causalité entre la faute et le dommage.
Mais ce qui caractérise la responsabilité du fait personnel est la faute, c’est-à-dire que celui
dont la responsabilité est engagée est celui-là même qui a posé l’acte répréhensible.
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3) LA RESPONSABILITE DU FAIT DES CHOSES
Le principe est posé par l’article 1384 du code civil qui dit qu’on est responsable des choses
qu’on a sous sa garde. Selon donc cet article, le gardien d’une chose est présumé
responsable du fait dommageable de cette chose.
Pour qu’il y ait responsabilité du fait des choses, il faut :
- Une chose : peu importe que la chose soit meuble ou immeuble, dangereuse ou non,
animée ou inanimée.
- Un fait dommageable de la chose : la chose doit avoir été la cause génératrice du dommage.
Exple : Un chien qui mord un passant ; Un pot de fleur qui tombe sur la tête de quelqu’un.
- Un gardien de la chose : la responsabilité du dommage causé par la chose incombe à celui
qui a la chose sous sa garde, c’est-à-dire celui qui en a l’usage, la direction et le contrôle de
manière indépendante.
1) LE PREJUDICE
Le préjudice subi par le créancier doit être la conséquence directe de la faute commise par le
débiteur.
1) LA MISE EN DEMEURE
Avant d’engager une action en justice, le créancier doit mettre son débiteur en demeure
d’exécuter son obligation. Tant que la mise en demeure n’a pas été effectuée, le débiteur
peut croire que le créancier lui a accordé un délai de grâce.
Cette mise en demeure résulte généralement d’un acte d’huissier appelé Sommation. Entre
commerçant, une Lettre recommandée suffit.
Lorsqu’un contractant n’a pas exécuté son obligation, l’autre partie dispose de plusieurs
possibilités :
- Elle peut demander au Tribunal l’exécution forcée :
Lorsque l’obligation porte sur le paiement d’une somme d’argent, le créancier pourra
faire saisir les biens du débiteur.
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Lorsque l’obligation a pour objet la livraison d’une marchandise, le créancier pourra
obtenir le recours à la force publique, ou la livraison par une autre personne, aux risques du
débiteur.
Lorsque l’obligation a pour objet une prestation personnelle du débiteur (exple : la
présentation d’un spectacle), le juge pourra condamner le débiteur à une astreinte, c’est-à-
dire au paiement d’une somme d’argent par jour ou par semaine, jusqu’à l’exécution de
l’obligation.
- Elle peut demander la résolution du contrat.
- Dans tous les cas, elle peut obtenir des Dommages-intérêts correspondant au préjudice
subi.
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CHAP2. LES GARANTIES DU CREDIT (LES SURETES)
Les sûretés sont des garanties accordées aux créanciers en vue d’assurer l’exécution, par les
débiteurs, des obligations qui pèsent sur eux. Il existe les sûretés personnelles et les sûretés
réelles.
Indépendamment de toute sûreté (au sens strict), le créancier bénéficie toujours d’un droit
sur l’ensemble du patrimoine de son débiteur ; ce droit est appelé Droit de gage général.
I. LE CAUTIONNEMENT
1) DEFINITION
Le cautionnement est un contrat par lequel un tiers, appelé caution, promet au créancier
d’exécuter une obligation au cas où le débiteur ne le ferait pas.
2) EFFETS DU CAUTIONNEMENT
La caution qui a payer la dette du débiteur principal a la possibilité de se retourner contre lui
pour se faire rembourser ; ce, en vertu de l’action du créancier auquel elle est subrogée
légalement du fait même du paiement.
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II. LA SOLIDARITE
1) DEFINITION
La solidarité ou obligation solidaire est le lien juridique qui existe entre plusieurs débiteurs
tenus de la même obligation (ou dette).
2) EFFETS DE LA SOLIDARITE
Le codébiteur qui a payé a un recours contre chaque codébiteur pour le montant de sa part.
Si l’un des codébiteurs est insolvable, sa part est repartie entre tous les autres.
Exple :
Débiteur B pour 250000F
A : Créancier de 500000F =˃ Débiteur C pour 150000F
Débiteur D pour 100000F
A peut réclamer les 500000F à B, C ou D sans distinction. Si B paie 500000F, B est subrogé à A
et peut réclamer 150000F à C et 100000F à D.
Ce sont celles par lesquelles un ou plusieurs biens du débiteur sont affectés, en garantie, au
paiement de sa dette. On a principalement le gage et l’hypothèque.
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I. LE GAGE
1) DEFINITION
Le gage est un contrat par lequel un débiteur remet une chose mobilière à son créancier en
garantie de l’exécution de son obligation. Il emporte dépossession du débiteur.
Celui qui remet la chose est appelé le constituant gagiste et celui qui la reçoit, le créancier
gagiste.
2) EFFETS DU GAGE
Le créancier gagiste :
- A un droit de rétention de la chose jusqu’à complet paiement : il peut refuser de la rendre
au constituant qui ne l’a pas intégralement payé.
- A le droit de faire vendre la chose aux enchères publiques, après autorisation du Tribunal,
et de se payer sur le prix.
- Peut demander à se faire attribuer la chose en pleine propriété, auprès du Tribunal.
b. Les effets dans les rapports entre le créancier gagiste et les autres créanciers du débiteur
Le créancier gagiste :
- Peut leur opposer son droit de rétention ; il n’est pas tenu de rendre la chose à un
acquéreur (acheteur) à qui le constituant l’aurait vendue.
- A un droit de préférence ; il est payé en priorité sur le prix de vente de la chose.
- A un droit de suite ; s’il a involontairement perdu la détention de la chose, il peut la
revendiquer entre les mains de celui qui la détient.
II. L’HYPOTHEQUE
1) DEFINITION
L’hypothèque est un contrat par lequel un débiteur affecte un bien immobilier à la garantie
d’une créance. L’hypothèque n’emporte pas dépossession du débiteur.
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2) EFFETS DE L’HYPOTHEQUE
b. Les effets dans les rapports entre le créancier hypothécaire et les tiers
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TITRE2. DROIT COMMERCIAL
PAR 1 : DEFINITION
Le contrat de vente est un contrat translatif de propriété par lequel une personne appelée
vendeur s’engage à livrer une marchandise à une autre personne appelée acheteur,
moyennant le paiement d’un prix.
Pour qu’une vente soit considérée comme commerciale, il faut :
qu’elle concerne des denrées ou des marchandises préalablement achetées dans
l’intention de les revendre,
qu’elle soit accomplie par un commerçant pour les besoins de son commerce.
PAR 2 : CARACTERES
La vente est :
un contrat consensuel : l’accord des parties suffit à sa formation
un contrat synallagmatique : les parties ont des obligations réciproques ; le vendeur
s’engage à livrer le bien et l’acheteur à payer le prix
un contrat à titre onéreux : chaque partie retire un avantage du contrat ; le vendeur
perçoit un prix, l’acheteur reçoit le bien
un contrat translatif de propriété : la formation du contrat entraîne un transfert de
la propriété du bien vendu à l’acheteur.
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L’offre de contracter : elle résulte de la manifestation de volonté de celui qui prend
l’initiative de la vente.
Pour être valable, l’offre doit être suffisamment précise et sans équivoque.
L’offre prend diverses formes :
l’offre écrite (proposition d’un devis)
l’offre verbale (vente aux enchères)
l’offre publique (exposition de marchandises en vitrine)
l’offre à personne dénommée (à un client habituel)
L’offre prend effet lorsqu’elle parvient au destinataire ; par conséquent elle peut être
révoquée, si la révocation parvient au destinataire avant que celui-ci n’ait expédié son
acceptation.
L’acceptation : elle résulte de la manifestation de volonté de celui qui désire acquérir
le bien. Une déclaration ou tout autre comportement du destinataire indiquant qu’il
acquiesce à une offre constitue une acceptation. L’acceptation peut être expresse ou
tacite.
L’acceptation d’une offre prend effet au moment où l’indication de l’acquiescement
parvient à l’auteur de l’offre dans le délai qu’il a stipulé ou dans un délai raisonnable.
NB : Le refus de vente est interdit par la loi, sauf dans les cas suivants : la mauvaise foi du
demandeur (acheteur) (achat de la totalité d’une denrée alimentaire en vue de créer une
pénurie), le demandeur présente un caractère anormal (achat d une arme à feu pour
commettre un crime ), une règlementation l’autorisant ( vente d’alcool aux mineurs ).
Le contrat de vente peut être écrit ou verbal ; il n’est soumis à aucune condition de forme. En
l’absence d’écrit, il peut être prouvé par tous les moyens, y compris par témoignage.
Toutefois, bien que l’écrit ne soit pas obligatoire, les ventes importantes sont souvent
rédigées en vue de ménager une preuve en cas de litige.
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SECT° 3 : LES EFFETS DU CONTRAT DE VENTE
Lorsque la chose vendue est un corps certains ( un ordinateur d’occasion par exemple ), la
propriété est acquise de droit à l’acheteur dès l’accord de volonté des parties sur la chose et
le prix.
Lorsque la chose vendue est une chose de genre (un kilo de riz brisures par exemple), le
transfert de propriété n’a lieu qu’au moment de l’individualisation, c’est-à-dire dès que la
marchandise a été déterminée en quantité et en qualité.
En conséquence, dans les deux cas, l’acheteur devenu propriétaire supporte les risques de
perte ou de détérioration de la chose, c’est-à-dire que cela ne le libère pas de son obligation
de payer le prix.
1. L’obligation de délivrance
2. L’obligation de conformité
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3. L’obligation de garantie
L’acheteur s’oblige, dans les conditions prévues au contrat, à payer le prix. Il doit le faire dans
l’établissement du vendeur ou au lieu prévu.
Si l’acheteur ne paie pas, le vendeur peut :
soit exercer son droit de rétention, c’est-à-dire ne pas livrer le bien
soit intenter une action en revendication pour récupérer le bien, s’il a déjà été livré
soit évoquer la clause résolutoire éventuelle figurant au contrat, ou demander en
justice la résolution de la vente, aux torts de l’acheteur fautif
soit exercer son privilège du vendeur de meuble ou d’immeubles
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2. L’obligation de prendre livraison de la chose
Elle consiste pour l’acheteur à accomplir tout acte qu’on peut raisonnablement attendre de
lui pour permettre au vendeur d’effectuer la livraison, c’est-à-dire, pour ce qui le concerne,
retirer la chose.
A défaut de retrait dans le délai prévu par le contrat ou fixé par les usages, le vendeur peut
considérer le contrat comme résolu et remettre la chose sur le marché. Si le prix résultant de
la nouvelle vente est inférieur au prix de la première, le vendeur peut exiger de l’acheteur (le
premier), le prix de la différence.
La chose vendue est déterminée par référence à un type déterminé ( des types officiels de
marchandises sont déposés dans les Bourses de commerce ).
Exemples : cotons, sucres, céréales.
I. LA VENTE A L’ESSAI
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II. LA VENTE A CONDITION
L’acheteur peut restituer la marchandise si elle ne lui convient pas. On remarque ici que le
contrat est déjà formé.
L’acheteur se réserve le droit de restituer les marchandises qu’il n’aurait pu réussir à vendre (
journaux ou revues invendus, par exemple ).
I. LA VENTE AU COMPTANT
Le prix de la chose vendue doit être acquitté par l’acheteur au moment de la délivrance par
le vendeur.
Elle se rattache à la vente à crédit. Le paiement a lieu par fraction du prix d’achat échelonnée
à diverses échéances. Exemple : tous les 15 ou 25 du mois.
IV. LA LOCATION-VENTE
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V. LE LEASING OU CREDIT-BAIL
C’est aussi un contrat de location, mais qui offre au locataire deux possibilités à l’expiration
du bail :
- Soit renouveler le bail
- Soit acquérir la chose louée, moyennant le versement de la valeur résiduelle de ce
produit.
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CHAP2. LE CONTRAT DE TRANSPORT DE MARCHANDISES
I. DEFINITION
II. CARACTERES
Bien que le contrat de transport de marchandises soit rangé dans la catégorie des contrats
d’adhésion, il demeure dans le principe, un contrat consensuel. En effet, ce contrat existe dès
que l’expéditeur et le transporteur sont d’accord pour le déplacement d’une marchandise
moyennant un prix convenu. Toutefois, le consentement doit être exempt de tous vices de
consentement tels que l’erreur, le dol et la violence.
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2. La capacité des parties
Le contrat est conclu entre l’expéditeur et le transporteur, qui doivent avoir la capacité de
contracter. Mais quoique n’intervenant pas en général dans la formation du contrat, une
tierce personne, le destinataire, en subi les effets. Il peut exiger du transporteur la remise de
la marchandise qui, à l’inverse, peut agir contre lui pour le paiement du prix du transport, par
exemple.
Le contrat de transport de marchandises peut se prouver par tous les moyens, mais il est
presque toujours constaté par écrit, cet écrit pouvant être :
- Un Récépissé dans le transport terrestre ferroviaire
- Un Connaissement ou Charte partie dans le transport maritime
- Une Lettre de transport aérien dans le transport aérien
- Une Lettre de voiture dans le transport terrestre routier
Quel que soit l’appellation, ce document doit comporter les mentions essentielles relatives
aux parties ( nom, prénom, domicile, etc… ), aux marchandises ( désignation, poids, marques,
etc… ) et aux conditions du transport ( prix, délai de route,… ).
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PAR 3 : EXECUTION DU CONTRAT
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3. Les obligations du destinataire
Il n’est pas partie au contrat, mais dans certains cas, il peut être tenu aux obligations
suivantes :
- Prendre livraison de la marchandise et libérer le transporteur de son obligation, par
une décharge. Toutefois, s’il estime que la marchandise présente des signes de
détérioration, il peut faire des réserves en vue d’une éventuelle action en justice
- Payer le prix de transport lorsque celui-ci est en port dû
1. Règles générales
FIN DU PROGRAMME
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