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DROITS

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Ministère de l’Education Nationale BURKINA-FASO

Et de l’Alphabétisation Unité-Progrès-Justice
----------------------
Direction Régionale des Enseignements
Post-Primaire et Secondaire
Des Hauts-Bassins
-----------------------
LPR Guimbi Ouattara

COURS DE DROIT

BACCALAUREAT PROFESSIONNEL INDUSTRIEL


(MAINTENANCE INDUSTRIELLE(MI))
(STRUCTURE METALLIQUE(SM))
(GENIE CIVIL(GC))
(AGROALIMENTAIRE(AA))
(MAINTENANCE AUDIOVISUELLE-ELECTRONIQUE(MAVELEC))

Mr SAWADOGO Seydou
Professeur certifié de l’enseignement technique et
professionnel
PROGRAMME D’ETUDE

PREMIERE ANNEE

TITRE 1 : DROIT CIVIL

CHAPITRE 1 : Les droits et les biens


CHAPITRE 2 : Les obligations

TITRE 2 : DROIT DU TRAVAIL

CHAPITRE 1 : Les syndicats et les délégués du personnel


CHAPITRE 2 : Les conventions collectives et les accords d’établissement

BIBLIOGRAPHIE :
Luc Marius IBRIGA, Introduction à l’étude du droit, SGE 2010
Jean-Claude TAHITA, Théorie générale des obligations, Tome1, UO2, 2012
T. FUCHS et A. GUIBE, Droit BTS1, HACHETTE 1987
Paul KIEMDE, Cours de droit du travail et de la sécurité sociale, UO2, 2013
Alfred BAMA, Précis de droit du travail

2
TITRE1. DROIT CIVIL

CHAP1. LES DROITS ET LES BIENS

PAR1. NOTION DE PATRIMOINE

Si les droits extrapatrimoniaux sont attachés à la personne, la personnalité juridique confère la


possibilité de recevoir ou d’acquérir des droits qui sont de nature économique : ce sont les droits
patrimoniaux qui composent le Patrimoine de la personne.

I. DEFINITION DU PATRIMOINE

Le patrimoine est l’ensemble des droits et obligations (ou dettes) ayant une valeur pécuniaire (ou
économique) dont une personne est titulaire.
Les droits et les biens constituent l’actif du patrimoine pendant que les obligations ou dettes
constituent le passif.
Seuls les droits et obligations susceptibles d’une évaluation pécuniaire peuvent entrer dans le
patrimoine.
Les droits et les obligations constituent Un Tout Unique qu’on appelle patrimoine.

II. CARACTERES DU PATRIMOINE

Le patrimoine est un attribut de la personnalité juridique, d’où les caractères suivants :


- Seule une personne physique ou morale a un patrimoine.
- Toute personne a un patrimoine, peu importe qu’il soit vide de tout droit et n’être composé que
d’obligations. Le patrimoine est comme un sac destiné à se vider ou se remplir, de la naissance
au décès de la personne. Le décès de la personne entraîne la transmission du patrimoine aux
héritiers ou légataires.
- Toute personne n’a qu’un seul patrimoine parce qu’elle n’a qu’une seule personnalité juridique.

PAR2. LES DROITS PATRIMONIAUX

Les droits patrimoniaux sont subdivisés en droits réels et en droits personnels (et aussi en droits
intellectuels).

3
I. LES DROITS REELS

Les droits réels sont les droits qui confèrent à leur titulaire un pouvoir sur une chose. Ils créent un
rapport juridique entre un sujet de droit et une chose corporelle. Exemple : le propriétaire d’une
voiture peut la conduire, la laisser au garage ou la vendre.
On distingue deux catégories de droits réels : les droits réels principaux et les droits réels
accessoires.

1) LES DROITS REELS PRINCIPAUX

Ils permettent l’utilisation directe de la chose : ils sont constitués du droit de propriété et de ses
démembrements.

a. Le droit de propriété

Etant un pouvoir direct, immédiat et sans intermédiaire d’une personne sur une chose (meuble ou
immeuble), le droit de propriété entraîne les pouvoirs les plus complets au profit de la personne
sur la chose. En effet, le propriétaire a trois (3) prérogatives (ou pouvoirs) :
- L’USUS : qui est le droit d’utiliser la chose à sa convenance
- Le FRUCTUS : qui le droit de percevoir les fruits, c’est-à-dire les revenus de la chose
- L’ABUSUS : qui est le droit de disposer de la chose en la consommant, la vendant ou la
détruisant.

b. Les démembrements du droit de propriété

Les démembrements du droit de propriété ne confèrent à leur titulaire que certains des attributs
du droit de propriété. On a :
- L’USUFRUIT : qui est le droit conféré à un individu d’utiliser et de percevoir les revenus d’une
chose sans en être le propriétaire. L’Usufruitier (le titulaire de l’usufruit) détient une partie
seulement des prérogatives du droit de propriété : l’usus et le fructus. De ce fait, le propriétaire
devient un nu-propriétaire car il ne lui reste que l’abusus.
- La SERVITUDE : qui est un droit établi sur un immeuble (Fonds servant) au profit d’un autre
immeuble (Fonds dominant). Elle permet au propriétaire du Fonds dominant de retirer certains
services ou usages du Fonds servant. Exemple : le droit de passage, de vue, d’écoulement des
eaux, etc…
Il y a démembrement du droit de propriété portant sur le Fonds servant.

4
2) LES DROITS REELS ACCESSOIRES

Les droits réels accessoires sont des droits qui s’exercent directement sur une chose, mais qui
sont accessoires à des droits personnels : ce sont des Sûretés. Il s’agit des meubles ou
d’immeubles affectés à la garantie du paiement d’une créance. On parle de Gage si le droit réel
accessoire s’exerce sur un meuble et d’Hypothèque s’il s’exerce sur un immeuble.

II. LES DROITS PERSONNELS

Alors que le droit réel confère au sujet de droit un pouvoir direct sur une chose, le droit personnel
s’exerce à l’encontre d’une autre personne.
Les droits personnels (ou droits de créance) permettent à une personne, le créancier, d’exiger
d’une autre personne, le débiteur, une prestation.
Cette prestation, évaluable en argent, consiste pour le débiteur à faire quelque chose (exple : un
travail), à ne pas faire quelque chose (exple : une clause de non concurrence) ou à donner
quelque chose (exple : la vente d’une chose).
Le droit de créance (à l’actif du patrimoine) correspond toujours à une obligation (au passif d’un
autre patrimoine) ; le droit personnel a donc un aspect actif (le droit de créance) et un aspect
passif (l’obligation ou dette).

PAR3. CLASSIFICATION DES BIENS

I. CLASSIFICATION TRADITIONNELLE DES BIENS : DISTINCTION DES MEUBLES ET DES


IMMEUBLES

1) LES MEUBLES

a. Les meubles par leur nature

Ce sont des choses corporelles susceptibles de se déplacer ou d’être déplacées. Exple : animaux,
« meubles meublant », tableaux, machines, voitures.

b. Les meubles par détermination de la loi

Ce sont des meubles incorporels. Il s’agit des droits divers tels que les droits réels sur les meubles,
les droits de créance, les titres de société, etc…

5
c. Les meubles par anticipation

Ce sont des immeubles par nature, mais traités par la jurisprudence comme des meubles (par
anticipation) parce qu’ils sont destinés à le devenir dans un avenir proche. Exple : une récolte
vendue sur pieds.

2) LES IMMEUBLES

a. Les immeubles par nature

Ils sont constitués par le sol, le sous-sol et tout ce qui en dépend : toutes les constructions qui ont
le sol pour assise avec leurs accessoires (canalisations, ascenseurs, etc…), ainsi que tous les
végétaux sauvages ou cultivés, plantes ou arbres. C’est le critère de fixité qui est appliqué.

b. Les immeubles par destination

Ce sont des choses mobilières que la loi traite fictivement comme des immeubles en raison des
liens qui les unissent à un immeuble par nature dont ils constituent l’accessoire.
Ainsi, un tracteur, meuble par nature, devient un immeuble par destination à partir du moment
où il est utilisé dans le cadre d’une exploitation agricole, tout comme les machines d’une usine ou
le mobilier d’un Hôtel.

c. Les immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent

Ce ne sont plus des choses, mais des droits incorporels qui s’exercent sur des immeubles. Exple :
un usufruit sur un immeuble, une hypothèque.

II. CLASSIFICATION SECONDAIRE DES BIENS

1) LES BIENS CORPORELS ET INCORPORELS


Les biens corporels sont ceux qui ont une existence physique : ce sont des choses matérielles.
Dans cette catégorie, on trouve aussi bien des meubles que des immeubles (maisons, voitures,
etc…).
Les biens incorporels n’ont pas d’existence physique : ce sont des droits.

6
2) LES BIENS CONSOMPTIBLES ET NON CONSOMPTIBLES

Les biens consomptibles sont des biens qui se détruisent par le premier usage qu’on en fait (les
denrées alimentaires, les combustibles, etc…).
Les biens non consomptibles sont des biens qui font l’objet d’une utilisation répétée (une
voiture, un livre, une maison, etc…), que leur valeur économique diminue ou augmente.

3) LES BIENS FRUGIFERES ET NON FRUGIFERES

Les biens frugifères sont des biens qui produisent un revenu (fruit). Ils peuvent être des
immeubles (exple : le sol cultivé d’une exploitation agricole) ou des meubles (exple : un téléviseur
donné en location).
Les biens non frugifères sont des biens qui ne produisent aucun revenu (exple : une œuvre
d’art).

4) LES BIENS FONGIBLES ET NON FONGIBLES

Les biens fongibles sont des biens qui peuvent être remplacés par d’autres biens identiques
(exple : un litre de lait, un billet de 1000F, une voiture neuve de tel modèle). Les biens fongibles
appartiennent à un genre : on les appelle aussi choses de genre ; ces choses sont
interchangeables.
Les biens non fongibles sont des biens qui ne peuvent être remplacés par quelque chose
d’identique (exple : une voiture d’occasion, une œuvre d’art). Les biens non fongibles ont une
individualité propre : on les appelle aussi corps certains.

7
CHAP2. LES OBLIGATIONS

PAR1. LA NOTION D’OBLIGATION

Les droits subjectifs sont constitués essentiellement des droits réels (droit d’une personne sur une
chose), des droits personnels (droit d’une personne à l’encontre d’une autre personne) et des droits
intellectuels (qui ne s’exercent ni sur une chose, ni à l’encontre d’une autre personne et dont l’objet
est immatériel).
Le droit personnel ou droit de créance est un rapport juridique entre un sujet actif (le créancier) et
un sujet passif (le débiteur) faisant naître entre eux une ou plusieurs obligations.
Mais, qu’est-ce qu’une obligation ?
L’obligation est un lien de droit entre deux personnes en vertu duquel l’une d’elles, le créancier,
peut exiger de l’autre, le débiteur, une prestation ou une abstention.
Exemple : Dans un contrat de prêt, le prêteur (ou créancier) peut exiger de l’emprunteur (ou
débiteur) le remboursement à une certaine échéance, de la somme empruntée : le débiteur a le
devoir de rembourser ; le créancier a le droit d’exiger le remboursement. Devoir et Droit sont les
deux aspects de la notion d’obligation.

PAR2. LES CLASSIFICATIONS DES OBLIGATIONS

I. CLASSIFICATIONS DES OBLIGATIONS SELON LEUR OBJET

1) LES OBLIGATIONS DE DONNER, DE FAIRE, OU DE NE PAS FAIRE

- L’obligation de donner est celle par laquelle le débiteur s’engage à transférer au créancier la
propriété d’une chose. Exemple : il y a obligation de donner pour un vendeur qui transfère la
propriété d’un bien de son patrimoine à celui de l’acheteur.
- L’obligation de faire est celle par laquelle le débiteur s’engage à accomplir pour le créancier un
fait, à exécuter pour lui une prestation. Exemple : il y a obligation de faire pour un transporteur
qui s’engage à acheminer d’un endroit à un autre des voyageurs ou des marchandises.
- L’obligation de ne pas faire est celle par laquelle le débiteur est tenu de s’abstenir de tel ou tel
agissement vis-à-vis du créancier. Exemple : il y a obligation de ne pas faire pour le vendeur d’un
fonds de commerce qui s’engage à ne pas ouvrir un fonds faisant concurrence au fonds vendu
(clause de non rétablissement).

2) LES OBLIGATIONS DE RESULTAT OU LES OBLIGATIONS DE MOYEN


8
- L’obligation de résultat ou obligation déterminée est celle par laquelle le débiteur doit en tout
état de cause atteindre le résultat recherché par le créancier. Exemple : il y a obligation de
résultat pour un transporteur qui s’engage à conduire le voyageur sain et sauf, ou la marchandise
en bon état, à destination.
- L’obligation de moyen ou obligation de prudence et de diligence est celle par laquelle le
débiteur doit mettre tout en œuvre, avec les connaissances et moyens techniques nécessaires,
pour procurer le résultat recherché par le créancier, sans lui en garantir l’obtention. Exemple : il y
a obligation de moyen pour un médecin qui s’engage, non pas à guérir son malade, mais à mettre
en œuvre tous les moyens propres à améliorer son état.

II. CLASSIFICATIONS DES OBLIGATIONS SELON LEUR SOURCE

1) CLASSIFICATION SELON LE CODE CIVIL

- Le contrat (ou obligation contractuelle) : il résulte de la volonté commune du créancier et du


débiteur de faire naître l’obligation. Exemple : Dans le contrat de vente, le vendeur s’engage à
livrer la marchandise et l’acheteur, à payer le prix.
- Le délit (ou obligation délictuelle) : il est le fait de causer volontairement un dommage à autrui.
Exemple : Un commerçant qui dénigre les produits vendus par son concurrent a l’obligation de
réparer ce préjudice.
- La loi (ou obligation légale) : la loi, dans certaines situations, fait naître une obligation en
dehors de toute volonté privée ou de toute faute du débiteur. Exemple : La loi impose à tout
propriétaire de voiture, l’obligation de souscrire un contrat d’assurance.
2) CLASSIFICATION FONDEE SUR LA DISTINCTION DES ACTES ET DES FAITS JURIDIQUES
- Les actes juridiques : ce sont des manifestations de volonté, émanant d’une ou plusieurs
personnes, destinées à produire des effets juridiques. Exemple : le contrat.
- Les faits juridiques : ce sont des évènements ou des agissements d’où découlent des effets de
droit, sans que ces effets aient été directement recherchés. Exemple : le délit.

9
TITRE2. DROIT DU TRAVAIL

CHAP 1 : LES SYNDICATS ET LES DELEGUES DU


PERSONNEL

SECT°1 : LES SYNDICATS

PAR 1 : NOTION DE SYNDICAT

I. LA LIBERTE SYNDICALE

Le droit syndical ou la liberté syndicale est l’un des droits fondamentaux de l’Homme. La
liberté syndicale est affirmée par le Préambule de la Constitution de l’Organisation
Internationale du Travail (OIT), par les Conventions sur les droits d’association, par la loi du
21 mars 1884 reconnaissant le droit syndical et par la plupart des Constitutions des pays
africains. Les législations nationales protègent cette liberté dans ses différents aspects :
- La liberté de choisir son syndicat
- La liberté de se retirer d’un syndicat
- La liberté de constituer un syndicat
- La liberté d’action du syndicat
Ces libertés doivent être protégées contre l’employeur, contre le syndicat lui-même et
contre l’Etat.

1) La protection de la liberté syndicale contre l’employeur

Il est interdit à tout employeur de prendre en considération l’appartenance ou non à un


syndicat ou à l’exercice d’une activité syndicale pour prendre des décisions en ce qui
concerne l’embauchage, la conduite et la répartition du travail, la formation professionnelle,
l’avancement, la rémunération et l’octroi d’avantages sociaux, les mesures disciplinaires et
de congédiement.
D’autre part, il est interdit à l’employeur d’utiliser un moyen quelconque de pression en
faveur ou à l’encontre d’une organisation syndicale et cela, pour éviter, par exemple, que
l’employeur soutienne financièrement un syndicat, ou qu’il subordonne l’octroi de certains
avantages au maintien de la paix sociale, ou encore qu’il s’engage à embaucher des salariés
présentés par tel ou tel syndicat.

10
2) La protection de la liberté syndical contre les syndicats

Il s’agit essentiellement de garantir la liberté de choisir son syndicat, la liberté de ne pas


se syndiquer et la liberté de se retirer d’un syndicat, ceci dans le but d’éviter la pratique qui
consiste pour certains syndicats à passer des accords avec certains employeurs, obligeant ces
derniers à conserver ou à prendre à leur service que les adhérents de ce syndicat.

3) La protection de la liberté syndicale contre l’Etat

Cette protection consiste à dénoncer tout agissement ou toute mesure adoptée par l’Etat
tendant à porter atteinte à la liberté syndicale. Par exemple, interdire aux syndicats
nationaux de s’affilier aux centrales syndicales internationales, serait porté atteinte à la
liberté syndicale.

II. DEFINITION DU SYNDICAT

Le syndicat est un groupement de personnes exerçant la même profession, ou des


professions similaires ou connexes, ayant pour objectif la promotion et la défense des
intérêts matériels, moraux et professionnels de ses membres.
Le syndicat a la personnalité juridique qui lui permet d’agir dans l’intérêt de ses membres.
Cette personnalité juridique lui confère des droits et des devoirs.
Remarque : Le pluralisme syndical a pour conséquence l’existence de plusieurs syndicats
qui prétendent défendre les intérêts des travailleurs. Cependant seuls les syndicats les plus
représentatifs sont reconnus aptes à servir de porte-parole aux travailleurs et à participer à
la négociation des conventions collectives. La désignation de ces syndicats repose en général
sur des critères tels que le nombre d’adhérents, l’ancienneté du syndicat, les cotisations des
membres.

PAR 2 : CONSTITUTION DU SYNDICAT

Pour la constitution d’un syndicat, des règles de fond et de forme doivent être
respectées.

11
I. LES CONDITIONS DE FOND

1) Les conditions relatives aux membres

Les membres du syndicat doivent exercer la même profession, ou des professions


similaires ou connexes.
En général, les travailleurs étrangers peuvent adhérer à un syndicat dans les mêmes
conditions que les nationaux. Les mineurs d’au moins 16 ans peuvent adhérer aux syndicats,
sauf opposition de leur père, mère ou tuteur. Les travailleurs ou les employeurs qui ont cessé
l’exercice de leurs activités peuvent continuer à faire partie d’un syndicat professionnel.

2) Les conditions relatives aux administrateurs et dirigeants du syndicat

En principe, les administrateurs et dirigeants d’un syndicat doivent être de nationalité


burkinabé ou ressortissants d’un pays avec lequel ont été conclus des accords de réciprocité
en matière de droit syndical.
Les administrateurs et dirigeants doivent jouir de leurs droits civils ou civiques et n’avoir
fait l’objet d’aucune condamnation entraînant la suppression du droit de vote ou des peines
qui empêchent l’exercice des dites fonctions.
Les dirigeants syndicaux bénéficient de la protection contre les mutations et les
licenciements arbitraires.

II. LES CONDITIONS DE FORME

Le dépôt de certaines pièces constitue la principale procédure de constitution d’un


syndicat, mais il n’est véritablement constitué qu’après l’intervention des pouvoirs publics.

1) Le dépôt des pièces par les fondateurs

Pour exister, le syndicat doit d’abord faire l’objet d’une déclaration préalable auprès du
ministère en charge de l’administration territoriale. Cette déclaration doit être accompagnée
du statut du syndicat, du règlement intérieur, du procès-verbal (PV) de la réunion
constitutive et de la liste nominative des dirigeants. Ces différentes pièces doivent être
déposées en plusieurs exemplaires à la mairie ou au chef-lieu de la circonscription
administrative où le syndicat est établi.

12
2) Le contrôle des pouvoirs publics

La constitution du syndicat fait l’objet d’une vérification par les autorités compétentes.
Ainsi, avant de délivrer le récépissé, le ministre en charge de l’administration territoriale
recueille l’avis du ministre en charge du travail sur la conformité des statuts d’avec l’objet en
vue duquel le syndicat est formé d’une part et d’autre part, d’avec la législation et
règlementation en vigueur.
Lorsque les statuts ne sont pas conformes aux prescriptions légales ou règlementaires, le
ministre en charge de l’administration du territoire refuse la délivrance du récépissé et
demande les modifications nécessaires.

PAR 3 : LES DROITS ET LES OBLIGATIONS DES


SYNDICATS

Les syndicats professionnels légalement constitués sont dotés de la personnalité juridique.


Cette personnalité juridique engendre des droits et des obligations.

I. LES DROITS DU SYNDICAT

Le législateur burkinabé reconnaît au syndicat plusieurs droits dans le cadre de l’exercice de


ses activités et pour l’accomplissement de sa mission. Parmi ces droits on peut citer :
- Le droit d’agir en justice
- Le droit d’acquérir, gratuitement ou moyennant paiement, des biens meubles ou
immeubles
- Le droit de passer des contrats ou des conventions avec tout autre syndicat, société,
entreprise ou personne physique
- Le droit d’affecter une partie de ses ressources à la création de logements de travailleurs, à
l’acquisition de terrain de culture ou de terrain d’éducation physique à l’usage de ses
membres
- Le droit de créer, administrer ou subventionner des œuvres telles que : institution de
prévoyance (caisse de retraite), caisse de solidarité, laboratoire, champs d’expérience,
œuvre d’éducation scientifique, agricole ou sociale, cours et publications intéressant la
profession
- Le droit d’acheter pour louer, prêter ou repartir entre ses membres tout ce qui est
nécessaire à l’exercice de la profession qu’il représente
- Le droit de déposer ses marques ou labels qui sont apposés sur tous les produits ou les
objets de commerce pour en certifier l’origine et les conditions de fabrication.
13
II. LES OBLIGATIONS DES SYNDICATS

Le syndicat est soumis aux obligations suivantes :


- Porter à la connaissance des autorités compétentes, les modifications apportées aux statuts
et les changements dans la composition de sa direction ou de son administration.
- Tenir certains registres spéciaux tels que les PV de décisions, des livres de comptabilité, un
registre d’inscription des membres.
- Communiquer au ministre en charge du travail, un rapport sur ses effectifs, cotisations,
situations financières, activités syndicales.

PAR 4 : L’ACTION SYNDICALE

Le syndicat étant constitué, il peut agir non seulement pour défendre les intérêts individuels
des travailleurs, mais aussi l’intérêt collectif de la profession qu’il représente.

I. LA DEFENSE DES INTERÊTS INDIVIDUELS DES TRAVAILLEURS

Les travailleurs peuvent se faire assister ou représenter devant le tribunal du travail par un
représentant des organisations syndicales auxquelles ils sont affiliés. De ce fait, le
syndicaliste n’agit pas au nom du syndicat, mais au nom du travailleur dont il a reçu mandat
écrit.

II. LA DEFENSE DES INTERÊTS COLLECTIFS DE LA PROFESSION

Les syndicats peuvent exercer toutes les actions qui relèvent du respect et de l’application
des recommandations des conventions collectives en faveur de leurs membres, sans
l’obligation d’un mandat écrit. Ils exercent les droits de la partie civile, pour les faits portant
préjudice direct ou indirect à l’intérêt collectif de la profession.

PAR 5 : LE COMITE SYNDICAL ET LES UNIONS SYNDICALES

I. LE COMITE SYNDICAL

Tout syndicat professionnel régulièrement constitué peut créer un comité syndical dans tout
établissement ou entreprise employant au moins 11 salariés et une section syndicale dans
chaque zone où il compte des adhérents. Exemple : le comité CGTB de la SOFITEX.
14
Le comité syndical représente le syndicat au niveau de l’entreprise et la section syndicale
au niveau de la zone.
II. LES UNIONS SYNDICALES

On appelle union de syndicat le regroupement de plusieurs syndicats, appartenant à une


même profession dans le cadre d’une ville ou d’un département ; ce type d’union de
syndicats existe aussi au sein d’une même entreprise ou établissement.
Il existe des unions interprofessionnelles qui regroupent des syndicats de diverses
professions dans le cadre d’un même lieu géographique, et des unions professionnelles qui
regroupent les syndicats d’une même profession implantés sur un territoire géographique
donné. Ces dernières sont appelées Fédération (exple : FNTB). Ces deux types d’unions
peuvent être réunies pour former une Confédération nationale interprofessionnelle (exple :
CGTB).

PAR 6 : LA DISSOLUTION DU SYNDICAT

La dissolution d’un syndicat par décision administrative n’est pas autorisée parce qu’elle
constituerait une violation de la liberté syndicale.
Toutefois, il existe d’autres procédés valables de dissolution du syndicat :
- La dissolution volontaire : elle intervient sur décision des membres du syndicat qui
décident en même temps du sort des biens du syndicat
- La dissolution statutaire : elle est prévue et organisée par les dispositions des statuts
du syndicat
- La dissolution judiciaire : elle est prononcée par les juges lorsque par exemple l’objet
du contrat a été violé.

SECT°2 : LES DELEGUES DU PERSONNEL

Les Délégués du personnel sont les représentants ou porte-parole de l’ensemble des


travailleurs auprès de l’employeur.

PAR 1 : L’ELECTION DES DELEGUES DU PERSONNEL

Tout établissement employant au moins 11 travailleurs doit procéder à l’élection de


Délégués du personnel.

15
Les Délégués du personnel sont élus au scrutin secret par l’ensemble du personnel, et
c’est le chef d’établissement qui est chargé d’organiser les élections.
Des Délégués suppléants doivent être élus en même temps que les titulaires. Le rôle du
Délégué suppléant est de remplacer le titulaire en cas d’absence motivée, de décès, de
démission, de révocation, etc…
La durée du mandat du Délégué du personnel est de 2 ans renouvelable.
Peuvent prendre part au vote les travailleurs ayant au moins 18 ans et 6 mois
d’ancienneté dans l’entreprise. Ne sont éligibles que les travailleurs n’ayant aucun lien de
parenté, ni aucune alliance avec l’employeur, et ayant au moins 12 mois de service dans
l’entreprise.
En principe, les listes des candidats sont établies par les organisations syndicales
représentées au sein de l’établissement.
Le nombre des Délégués du personnel est fixé en fonction du nombre des travailleurs dans
l’établissement de la manière suivante :

EFFECTIF 11 26 51 101 251 501 Plus


DES A A A A A A De
TRAVAILLEURS 25 50 100 250 500 1000 1000
1 DP de plus
NOMBRE DE par tranche
DELEGUES DU 1 2 3 5 7 9 supplémentaire
PERSONNEL de 500
travailleurs

PAR 2 : LES ATTRIBUTIONS ET LES PREROGATIVES


DES DELEGUES DU PERSONNEL

I. LES ATTRIBUTIONS DES DELEGUES DU PERSONNEL

Le Délégué du personnel a les attributions essentielles suivantes :


- Présenter à l’employeur les revendications individuelles et collectives concernant les
conditions de travail telles que les taux des salaires, les horaires de travail,…
- Saisir l’Inspection du travail de toute plainte ou observation concernant l’application
des prescriptions légales et règlementaires dont elle doit assurer le contrôle
- Proposer à l’employeur des mesures utiles en matière d’hygiène et de sécurité
- Communiquer à l’employeur toutes suggestions utiles d’ordre technique ou
économique tendant à l’amélioration de l’organisation et du rendement de l’entreprise.
Pour assumer correctement sa mission, le Délégué du personnel doit tenir un cahier de
registre dans lequel sont consignés chronologiquement les requêtes des travailleurs et les
16
réponses de l’employeur, ensuite, il doit disposer d’une salle de réunion et un tableau
d’affichage pour les informations, enfin il coopère avec les représentants syndicaux du
personnel.

II. LES PREROGATIVES DES DELEGUES DU PERSONNEL

Ces prérogatives se situent à plusieurs niveaux :


- La rémunération des heures consacrées à leur fonction :
La loi fait obligation à l’employeur de laisser aux Délégués du personnel le temps nécessaire
à l’exercice de leurs fonctions (15 heures de délégation par mois). Ces heures consacrées à
cette tâche sont payées comme heures de travail ordinaires.
- La liberté de déplacement :
Dans le cadre de leurs fonctions, les déplacements des Délégués du personnel ne peuvent
être soumis à une autorisation préalable de l’employeur ; néanmoins, ils doivent l’en
informer.
- La protection du mandat des Délégués du personnel :
En raison du caractère délicat de leurs missions qui les exposent à d’éventuels mesures
arbitraires de l’employeur, le code du travail a organisé la protection des Délégués du
personnel. C’est pour cela que la loi dispose qu’ils ne peuvent être mutés contre leur gré
pendant la durée de leur mandat. Aussi, tout licenciement d’un Délégué du personnel
(titulaire ou suppléant, candidat déclaré au poste de Délégué, ancien délégué) envisagé par
l’employeur devra être soumis à l’autorisation préalable de l’Inspecteur du travail, qui doit
intervenir dans un délai de 15 jours. En cas de faute lourde ou grave, l’employeur peut
prononcer la mise à pied immédiate du Délégué en attendant la décision de l’Inspecteur du
travail.

17
CHAP 2 : LES CONVENTIONS COLLECTIVES ET
ACCORDS D’ETABLISSEMENT

Les accords ou conventions collectives tendent essentiellement à l’amélioration des


conditions des travailleurs, de la paix et du progrès social initialement ignorés. Les
conventions collectives constituent aujourd’hui, une véritable loi contractuelle grâce à
l’intervention étatique.

PAR 1 : DEFINITION ET RÔLE DE LA CONVENTION


COLLECTIVE

I. DEFINITION

La convention collective est un accord relatif aux conditions de travail conclue entre les
représentants d’un ou plusieurs syndicats ou groupements professionnels des travailleurs
d’une part et d’autre part, une ou plusieurs organisations syndicales d’employeurs ou tout
autre groupement d’employeurs (Patronat) ou un ou plusieurs employeurs pris
individuellement.

II. RÔLE

La convention collective vise à suppléer et à améliorer les conditions des travailleurs


fixées par la règlementation étatique. Les dispositions de la convention collective doivent
toujours être avantageuses pour les travailleurs que celles prévues par les lois étatiques.

PAR 2 : CARACTERES ET NATURE JURIDIQUE


DES CONVENTIONS COLLECTIVES

I. CARACTERES

La convention collective à un caractère professionnel et collectif dans la mesure où elle


réalise une uniformisation des conditions de travail et une adaptation à la diversité des
situations.

18
II. NATURE JURIDIQUE

Toute convention collective a une double nature : une nature contractuelle et une
nature règlementaire.
En effet, elle est déterminée par le caractère contractuel au plan de son élaboration et de ses
effets, mais présente un caractère règlementaire dans la mesure où elle s’applique aux
travailleurs non adhérents et aux syndicats non signataires, suivant la catégorie des
conventions.

PAR 3 : LES DIFFERENTES CATEGORIES DE CONVENTIONS


COLLECTIVES

Les conventions collectives peuvent être regroupées en deux catégories : les conventions
collectives ordinaires et accords d’établissement d’une part et d’autre part, les conventions
collectives susceptibles d’extension et conventions collectives interprofessionnelles.

I. LES CONVENTIONS COLLECTIVES ORDINAIRES ET ACCORDS D’ETABLISSEMENT

Cette catégorie de conventions ne s’applique qu’aux seules personnes qui les ont signées et
aux syndicats signataires. Autrement dit, si un employeur d’une branche professionnelle
donnée n’est pas signataire de la convention, il n’est pas tenu de l’appliquer. Elles
intéressent donc des branches professionnelles ou secteurs d’activités données. Exemple : La
convention collective des boulangers.
Les accords d’établissements ou d’entreprises, quant à eux, ne concernent qu’un ou
plusieurs établissements ou entreprises. Exemple : L’accord des établissements
d’enseignement catholique.
Aussi bien les conventions collectives ordinaires que les accords d’établisse-
ment ont un champ d’action limité.

II. LES CONVENTIONS COLLECTIVES EXTENSIBLES ET INTERPROFESSIONNELLES

Les conventions collectives extensibles sont celles qui peuvent, sous certaines
conditions, être étendues par l’autorité publique hors de leur champ d’application
initialement prévu par les parties signataires de celles-ci. Ainsi par exemple, une convention
collective régissant une branche professionnelle ou un secteur d’activité donné (la
boulangerie par exemple) peut être étendue à d’autres branches professionnelles ou
d’autres secteurs d’activités (la boucherie et charcuterie par exemple).
19
Quant aux conventions collectives générales ou interprofessionnelles, elles
s’appliquent au niveau national. Elles sont généralement prises par les confédérations
syndicales de travailleurs et du patronat, et constituent de véritables textes à caractère
général et permanent. Pour cela, les conventions interprofessionnelles se rapprochent plus
des lois et règlements, et offrent des conditions et avantages égaux à tous les travailleurs de
la nation. Exemple : La convention collective interprofessionnelle de 1974.

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PROGRAMME D’ETUDE

DEUXIEME ANNEE

TITRE 1 : DROIT CIVIL

CHAPITRE 1 : La responsabilité civile


CHAPITRE 2 : Les garanties du crédit

TITRE 2 : DROIT COMMERCIAL

CHAPITRE 1 : La vente commerciale


CHAPITRE 2 : Le contrat de transport de marchandises

BIBLIOGRAPHIE :
Luc Marius IBRIGA, Introduction à l’étude du droit, SGE 2010
Jean-Claude TAHITA, Théorie générale des obligations, Tome1, UO2, 2012
T. FUCHS et A. GUIBE, Droit BTS1, HACHETTE 1987
M.L. BORDENANE et F. BERHO, Droit Terminale G, Edition Nathan Technique, 1988
H. ECOFFET et Y. JEANEAU, Le droit et l’entreprise, Tle G, Nathan Technique, 1983
Alfred BAMA, Droit commercial, Editions Faso Livres

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TITRE1. DROIT CIVIL

CHAP1. LA RESPONSABILITE CIVILE

PAR1. LA RESPONSABILITE CIVILE DELICTUELLE

La responsabilité civile délictuelle est celle qui naît du dommage causé aux tiers. Son principe
général est contenu dans l’article 1382 du code civil qui dispose : « Tout fait quelconque de
l’homme qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le
réparer ».
La responsabilité civile délictuelle résulte d’un délit ou d’un quasi-délit :
- Le délit est tout fait dommageable intentionnel (volontaire). Exple : Porter des coups à une
personne dans le but de la blesser.
- Le quasi-délit est tout fait dommageable non intentionnel (involontaire). Exple : Le fait de
percuter un piéton avec son vélo, en voulant éviter un animal.
NB : Dans tous les cas, celui qui cause un dommage à autrui doit le réparer.

I. LES ELEMENTS CONSTITUTIFS

Pour que la responsabilité civile soit engagée, il faut la réunion des trois (3) éléments
suivants : le dommage (ou préjudice), la faute et le lien de causalité entre le dommage et la
faute.

1) LE DOMMAGE

a. Les caractères du dommage

Pour que le dommage soit réparable, il doit présenter les caractères suivants :
- Il doit être certain : c’est-à-dire qu’il doit être actuel et déjà réalisé.
- Il doit être direct : c’est-à-dire qu’il doit découler de la faute commise. Exple : Le créancier
impayé ne peut agir contre le responsable de la mort de son débiteur.
- Le dommage doit correspondre à un intérêt légitime. Exple : La victime d’un dommage
concernant un bien qu’elle ne devrait pas posséder (la drogue par exemple) ne peut
demander réparation du préjudice subi.

22
b. Les différents types de dommage

Ce sont :
- Le dommage matériel (ou dommage patrimonial) : il est constitué par une atteinte aux
biens, au patrimoine d’une personne. Il est évaluable en argent, d’où le qualificatif de
dommage pécuniaire. Exple : La baisse du chiffre d’affaires d’un fonds de commerce à la
suite d’une concurrence déloyale.
- Le dommage moral : il est constitué par une atteinte aux droits de la personnalité (droits
extra-patrimoniaux) tels que le droit au nom, à l’image ou à la vie privée.
Exple : La diffamation constitue une atteinte au droit à l’honneur.
Le dommage moral est aussi constitué par une atteinte à des sentiments d’affection.
Exple : Le décès accidentel d’un proche parent cause un préjudice moral à ses proches.
- Le dommage corporel : il est constitué par une atteinte à l’intégrité physique de la victime
(blessures). Exple : A la suite d’un grave accident de la circulation, la victime, malgré une
intervention chirurgicale très douloureuse, reste gravement handicapée et ne peut
reprendre ses activités.

2) LA FAUTE (OU FAIT GENERATEUR)

La faute peut être considérée comme le comportement répréhensible qui a engendré le


dommage. L’élément matériel de la faute est la violation d’une règle de conduite imposée
par la loi.
La faute est quasi-délictuelle quand il s’agit de la simple faute de négligence ou
d’imprudence ; par contre, la faute délictuelle est celle commise dans le but de nuire à
autrui.

3) LE LIEN DE CAUSALITE

Le lien de causalité est le lien de cause à effet. La responsabilité ne pourra être établie que si
le dommage est relié à la faute de façon directe et certaine. Le préjudice doit être la
conséquence directe et immédiate de la faute.

II. LES CAUSES D’EXONERATION

En vertu de l’article 1383 du code civil : « chacun est responsable du dommage qu’il a causé,
non seulement par son fait, mais encore par sa négligence et par son imprudence ».

23
Mais, il peut arriver des situations où la responsabilité d’un individu soit écartée, si celui-ci
apporte la preuve que c’est une cause étrangère qui est la source du dommage. Cette cause
étrangère peut être :
- La force majeure ou cas fortuit : c’est un évènement imprévisible, irrésistible et
insurmontable. Exple : Un accident de la circulation dû à un tremblement de terre.
- Le fait d’un tiers : c’est un acte émanant d’une autre personne et présentant un caractère
imprévisible et irrésistible. Exple : Un automobiliste qui renverse un étalage en voulant éviter
un cycliste imprudent.
- La faute de la victime elle même : au même titre que le fait d’un tiers, la faute de la victime
peut être une cause d’exonération. Exple : Un automobiliste qui renverse un piéton qui est
descendu brusquement du trottoir pour traverser la route.

III. LES DIFFERENTS REGIMES DE RESPONSABILITE CIVILE DELICTUELLE

1) LA RESPONSABILITE DU FAIT PERSONNEL

Le principe de cette responsabilité est posé par les articles 1382 et 1383 du code civil. Trois
(3) conditions doivent être réunies pour que soit mise en jeu la responsabilité du fait
personnel : un dommage, une faute et un lien de causalité entre la faute et le dommage.
Mais ce qui caractérise la responsabilité du fait personnel est la faute, c’est-à-dire que celui
dont la responsabilité est engagée est celui-là même qui a posé l’acte répréhensible.

2) LA RESPONSABILITE DU FAIT D’AUTRUI

Le code civil énonce quatre (4) cas de responsabilité du fait d’autrui :


- La responsabilité des père et mère (parents) en tant qu’ils exercent leur droit de garde. Ils
sont solidairement responsables du dommage causé par leurs enfants mineurs habitant avec
eux.
- La responsabilité des enseignants quant au dommage causé par leurs élèves pendant le
temps qu’ils sont sous leur surveillance.
- La responsabilité des maîtres, du dommage causé par leurs apprentis pendant le temps
qu’ils sont sous leur surveillance.
- La responsabilité des employeurs, du dommage causé par leurs préposés (employés) dans
les fonctions auxquelles ils les ont employés.

24
3) LA RESPONSABILITE DU FAIT DES CHOSES

Le principe est posé par l’article 1384 du code civil qui dit qu’on est responsable des choses
qu’on a sous sa garde. Selon donc cet article, le gardien d’une chose est présumé
responsable du fait dommageable de cette chose.
Pour qu’il y ait responsabilité du fait des choses, il faut :
- Une chose : peu importe que la chose soit meuble ou immeuble, dangereuse ou non,
animée ou inanimée.
- Un fait dommageable de la chose : la chose doit avoir été la cause génératrice du dommage.
Exple : Un chien qui mord un passant ; Un pot de fleur qui tombe sur la tête de quelqu’un.
- Un gardien de la chose : la responsabilité du dommage causé par la chose incombe à celui
qui a la chose sous sa garde, c’est-à-dire celui qui en a l’usage, la direction et le contrôle de
manière indépendante.

PAR2. LA RESPONSABILITE CIVILE CONTRACTUELLE

La responsabilité civile contractuelle résulte d’un dommage causé par l’inexécution,


l’exécution tardive ou l’exécution défectueuse d’une obligation née d’un contrat.

I. LES CONDITIONS DE LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE

1) LE PREJUDICE

C’est le dommage subi par le créancier. Il peut résulter :


- Soit du défaut d’exécution totale ou partielle de la prestation, ou encore de l’exécution
défectueuse de cette prestation. Exple : Une machine non livrée ; Une réparation mal faite.
Les dommages-intérêts dûs pour réparer le préjudice subi par le créancier sont appelés
Dommages-intérêts compensatoires.
- Soit du retard dans l’exécution de la prestation. Exple : Une livraison tardive.
Les dommages-intérêts dûs au créancier du fait de ce retard sont appelés Dommages-
intérêts moratoires.
Métaphore : le dommage à réparer peut être moral, matériel ou corporel.
Exple : Une affaire ratée qui se traduit par un manque à gagner.

2) LE FAIT IMPUTABLE AU DEBITEUR (LA FAUTE CONTRACTUELLE)


Selon l’article 1147 du code civil, le débiteur est responsable de l’inexécution de son
obligation. La faute :
25
- Doit être imputable au débiteur : cette imputabilité est fonction de la nature de
l’obligation :
 Dans les obligations de résultat, lorsque le résultat n’est pas atteint, le débiteur est
présumé fautif.
 Dans les obligations de moyen, il ne suffit pas au créancier de démontrer que le résultat
recherché n’a pas été atteint, il doit prouver que le débiteur n’a pas apporté toute la
diligence et toute la prudence nécessaire à l’exécution de son obligation et qu’il a ainsi
commis une faute.
- Ne doit pas être étrangère (ou cause d’exonération) : il existe trois (3) causes d’exonération
de la responsabilité du débiteur :
 La force majeure
 Le fait d’un tiers
 La faute du créancier. Exple : Un voyageur qui descend un train en marche et se blesse ;
son imprudence exonère la compagnie de chemin de fer de toute responsabilité.

3) LE LIEN DE CAUSALITE ENTRE LA FAUTE ET LE DOMMAGE

Le préjudice subi par le créancier doit être la conséquence directe de la faute commise par le
débiteur.

II. LA MISE EN ŒUVRE DE LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE

1) LA MISE EN DEMEURE

Avant d’engager une action en justice, le créancier doit mettre son débiteur en demeure
d’exécuter son obligation. Tant que la mise en demeure n’a pas été effectuée, le débiteur
peut croire que le créancier lui a accordé un délai de grâce.
Cette mise en demeure résulte généralement d’un acte d’huissier appelé Sommation. Entre
commerçant, une Lettre recommandée suffit.

2) LA CONDAMNATION A DES DOMMAGES-INTERETS

Lorsqu’un contractant n’a pas exécuté son obligation, l’autre partie dispose de plusieurs
possibilités :
- Elle peut demander au Tribunal l’exécution forcée :
 Lorsque l’obligation porte sur le paiement d’une somme d’argent, le créancier pourra
faire saisir les biens du débiteur.
26
 Lorsque l’obligation a pour objet la livraison d’une marchandise, le créancier pourra
obtenir le recours à la force publique, ou la livraison par une autre personne, aux risques du
débiteur.
 Lorsque l’obligation a pour objet une prestation personnelle du débiteur (exple : la
présentation d’un spectacle), le juge pourra condamner le débiteur à une astreinte, c’est-à-
dire au paiement d’une somme d’argent par jour ou par semaine, jusqu’à l’exécution de
l’obligation.
- Elle peut demander la résolution du contrat.
- Dans tous les cas, elle peut obtenir des Dommages-intérêts correspondant au préjudice
subi.

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CHAP2. LES GARANTIES DU CREDIT (LES SURETES)

Les sûretés sont des garanties accordées aux créanciers en vue d’assurer l’exécution, par les
débiteurs, des obligations qui pèsent sur eux. Il existe les sûretés personnelles et les sûretés
réelles.
Indépendamment de toute sûreté (au sens strict), le créancier bénéficie toujours d’un droit
sur l’ensemble du patrimoine de son débiteur ; ce droit est appelé Droit de gage général.

PAR1. LES SURETES PERSONNELLES

Elle consiste dans l’adjonction au débiteur principal d’un ou plusieurs débiteurs


supplémentaires : ce sont le cautionnement et la solidarité.

I. LE CAUTIONNEMENT

1) DEFINITION

Le cautionnement est un contrat par lequel un tiers, appelé caution, promet au créancier
d’exécuter une obligation au cas où le débiteur ne le ferait pas.

2) EFFETS DU CAUTIONNEMENT

a. Les effets dans les rapports entre le créancier et la caution

Les effets sont les suivants :


- Si le débiteur s’acquitte de son obligation vis-à-vis du créancier, à l’échéance, le contrat de
cautionnement devient caduc, c’est-à-dire nul.
- Si par contre, le débiteur ne s’exécute pas, la caution doit payer la dette de celui-ci et tous
ses accessoires (principal, intérêts, frais et dommages-intérêts)

b. Les effets dans les rapports entre la caution et le débiteur

La caution qui a payer la dette du débiteur principal a la possibilité de se retourner contre lui
pour se faire rembourser ; ce, en vertu de l’action du créancier auquel elle est subrogée
légalement du fait même du paiement.

28
II. LA SOLIDARITE

1) DEFINITION

La solidarité ou obligation solidaire est le lien juridique qui existe entre plusieurs débiteurs
tenus de la même obligation (ou dette).

2) EFFETS DE LA SOLIDARITE

a. Les effets dans les rapports entre le créancier et les codébiteurs

Les effets sont les suivants :


- Le créancier peut réclamer l’intégralité de la dette à l’un quelconque des débiteurs ; le plus
souvent, il choisit le plus solvable.
- Le paiement effectué par l’un des débiteurs libère tous les autres.
- Le créancier qui ne peut obtenir paiement intégral de l’un des débiteurs, peut poursuivre
les autres jusqu’à satisfaction complète.

b. Les effets dans les rapports entre les codébiteurs eux-mêmes

Le codébiteur qui a payé a un recours contre chaque codébiteur pour le montant de sa part.
Si l’un des codébiteurs est insolvable, sa part est repartie entre tous les autres.
Exple :
Débiteur B pour 250000F
A : Créancier de 500000F =˃ Débiteur C pour 150000F
Débiteur D pour 100000F
A peut réclamer les 500000F à B, C ou D sans distinction. Si B paie 500000F, B est subrogé à A
et peut réclamer 150000F à C et 100000F à D.

PAR2. LES SURETES REELLES

Ce sont celles par lesquelles un ou plusieurs biens du débiteur sont affectés, en garantie, au
paiement de sa dette. On a principalement le gage et l’hypothèque.

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I. LE GAGE

1) DEFINITION

Le gage est un contrat par lequel un débiteur remet une chose mobilière à son créancier en
garantie de l’exécution de son obligation. Il emporte dépossession du débiteur.
Celui qui remet la chose est appelé le constituant gagiste et celui qui la reçoit, le créancier
gagiste.

2) EFFETS DU GAGE

a. Les effets dans les rapports entre le constituant et le créancier gagiste

Le créancier gagiste :
- A un droit de rétention de la chose jusqu’à complet paiement : il peut refuser de la rendre
au constituant qui ne l’a pas intégralement payé.
- A le droit de faire vendre la chose aux enchères publiques, après autorisation du Tribunal,
et de se payer sur le prix.
- Peut demander à se faire attribuer la chose en pleine propriété, auprès du Tribunal.

b. Les effets dans les rapports entre le créancier gagiste et les autres créanciers du débiteur

Le créancier gagiste :
- Peut leur opposer son droit de rétention ; il n’est pas tenu de rendre la chose à un
acquéreur (acheteur) à qui le constituant l’aurait vendue.
- A un droit de préférence ; il est payé en priorité sur le prix de vente de la chose.
- A un droit de suite ; s’il a involontairement perdu la détention de la chose, il peut la
revendiquer entre les mains de celui qui la détient.

II. L’HYPOTHEQUE

1) DEFINITION

L’hypothèque est un contrat par lequel un débiteur affecte un bien immobilier à la garantie
d’une créance. L’hypothèque n’emporte pas dépossession du débiteur.

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2) EFFETS DE L’HYPOTHEQUE

a. Les effets dans les rapports entre le créancier hypothécaire et le débiteur

Les effets sont les suivants :


- Le débiteur reste en possession de l’immeuble ; il conserve tous les attributs du droit de
propriété :
 Il peut effectuer les actes d’administration
 Il peut exercer son droit de jouissance (habiter l’immeuble, le louer, percevoir les fruits)
 Il peut disposer de l’immeuble (le vendre, le donner)
- Le créancier hypothécaire non payé à l’échéance peut demander la saisie et la vente aux
enchères de l’immeuble. La saisie entraîne pour le débiteur, la perte du droit d’administrer,
de jouir et de disposer de l’immeuble.

b. Les effets dans les rapports entre le créancier hypothécaire et les tiers

Les effets sont les suivants :


- Le créancier hypothécaire exerce son droit de préférence ; il constitue l’un des créanciers à
se faire payer prioritairement sur le prix de la vente de l’immeuble, après saisie
- Le créancier hypothécaire exerce son droit de suite à l’encontre des acquéreurs éventuels
de l’immeuble.

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TITRE2. DROIT COMMERCIAL

CHAP1. LA VENTE COMMERCIALE

SECT° 1 : DEFINITION ET CARACTERES DU CONTRAT DE VENTE

PAR 1 : DEFINITION

Le contrat de vente est un contrat translatif de propriété par lequel une personne appelée
vendeur s’engage à livrer une marchandise à une autre personne appelée acheteur,
moyennant le paiement d’un prix.
Pour qu’une vente soit considérée comme commerciale, il faut :
 qu’elle concerne des denrées ou des marchandises préalablement achetées dans
l’intention de les revendre,
 qu’elle soit accomplie par un commerçant pour les besoins de son commerce.

PAR 2 : CARACTERES

La vente est :
 un contrat consensuel : l’accord des parties suffit à sa formation
 un contrat synallagmatique : les parties ont des obligations réciproques ; le vendeur
s’engage à livrer le bien et l’acheteur à payer le prix
 un contrat à titre onéreux : chaque partie retire un avantage du contrat ; le vendeur
perçoit un prix, l’acheteur reçoit le bien
 un contrat translatif de propriété : la formation du contrat entraîne un transfert de
la propriété du bien vendu à l’acheteur.

SECT° 2 : LES CONDITIONS DE FORMATION ET DE VALIDITE DU CONTRAT

PAR 1 : LES CONDITIONS DE FOND

I. LE CONSENTEMENT DES PARTIES


Le consentement des parties doit être libre et éclairé, c’est-à-dire exempt de vices (erreur,
dol, violence). Ce consentement se matérialise par la rencontre de l’offre et de l’acceptation :

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 L’offre de contracter : elle résulte de la manifestation de volonté de celui qui prend
l’initiative de la vente.
Pour être valable, l’offre doit être suffisamment précise et sans équivoque.
L’offre prend diverses formes :
 l’offre écrite (proposition d’un devis)
 l’offre verbale (vente aux enchères)
 l’offre publique (exposition de marchandises en vitrine)
 l’offre à personne dénommée (à un client habituel)
L’offre prend effet lorsqu’elle parvient au destinataire ; par conséquent elle peut être
révoquée, si la révocation parvient au destinataire avant que celui-ci n’ait expédié son
acceptation.
 L’acceptation : elle résulte de la manifestation de volonté de celui qui désire acquérir
le bien. Une déclaration ou tout autre comportement du destinataire indiquant qu’il
acquiesce à une offre constitue une acceptation. L’acceptation peut être expresse ou
tacite.
L’acceptation d’une offre prend effet au moment où l’indication de l’acquiescement
parvient à l’auteur de l’offre dans le délai qu’il a stipulé ou dans un délai raisonnable.
NB : Le refus de vente est interdit par la loi, sauf dans les cas suivants : la mauvaise foi du
demandeur (acheteur) (achat de la totalité d’une denrée alimentaire en vue de créer une
pénurie), le demandeur présente un caractère anormal (achat d une arme à feu pour
commettre un crime ), une règlementation l’autorisant ( vente d’alcool aux mineurs ).

II. L’OBJET, LA CAUSE ET LA CAPACITE

Pour que le contrat soit valable, il faut aussi :


 un objet qui est possible ( être dans le commerce et être la propriété du vendeur ),
déterminé et licite
 une cause qui existe et qui est licite
 la capacité pleine et entière de celui qui s’oblige ( le vendeur doit avoir la capacité
d’aliéner la chose et l’acheteur, la capacité d’acquérir et de faire un paiement )

PAR 2 : LES CONDITIONS DE FORME

Le contrat de vente peut être écrit ou verbal ; il n’est soumis à aucune condition de forme. En
l’absence d’écrit, il peut être prouvé par tous les moyens, y compris par témoignage.
Toutefois, bien que l’écrit ne soit pas obligatoire, les ventes importantes sont souvent
rédigées en vue de ménager une preuve en cas de litige.
33
SECT° 3 : LES EFFETS DU CONTRAT DE VENTE

Le contrat de vente a pour objet essentiel de transférer la propriété du bien vendu.


Toutefois, il est générateur également d’obligations pour le vendeur et l’acheteur.

PAR 1 : LE TRANSFERT DE PROPRIETE DU BIEN VENDU

Lorsque la chose vendue est un corps certains ( un ordinateur d’occasion par exemple ), la
propriété est acquise de droit à l’acheteur dès l’accord de volonté des parties sur la chose et
le prix.
Lorsque la chose vendue est une chose de genre (un kilo de riz brisures par exemple), le
transfert de propriété n’a lieu qu’au moment de l’individualisation, c’est-à-dire dès que la
marchandise a été déterminée en quantité et en qualité.
En conséquence, dans les deux cas, l’acheteur devenu propriétaire supporte les risques de
perte ou de détérioration de la chose, c’est-à-dire que cela ne le libère pas de son obligation
de payer le prix.

PAR 2 : LES OBLIGATIONS DES PARTIES

I. LES OBLIGATIONS DU VENDEUR

1. L’obligation de délivrance

Le vendeur doit mettre à la disposition de l’acheteur, à la date convenue et au lieu convenu,


la chose vendue.
La délivrance peut être réelle ( livraison de la marchandise ) ou symbolique ( remise des
documents représentant la marchandise tel que le récépissé ).
Si le vendeur ne livre pas la chose convenue, l’acheteur peut agir en justice, soit en exécution
forcée, soit en résolution de la vente.

2. L’obligation de conformité

Le vendeur doit livrer des marchandises dans la quantité, la qualité, la spécification, le


conditionnement et l’emballage correspondants à ceux prévus au contrat.

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3. L’obligation de garantie

Elle se présente sous deux aspects :


 La garantie contre l’éviction : elle consiste pour l’acheteur à posséder paisiblement le
bien acheté, et de ce fait, le vendeur engage sa responsabilité si un tiers réclame et
obtient la propriété de ce bien.
 La garantie contre les vices cachés : elle porte sur les défauts de la chose qui la rendent
impropre à l’usage auquel on la destine, ou qui diminue tellement cet usage, que
l’acheteur ne l’aurait pas acquise, ou en aurait donné un moindre prix s’il les avait
connus.
Le vendeur est tenu si et seulement si le vice présente les caractères suivants :
 Il existait antérieurement à l’achat
 Il est non apparent, c’est-à-dire que l’acheteur ne doit pas avoir eu la possibilité
de le déceler par un examen sommaire
 Il présente une certaine gravité qui empêche l’usage de la chose
Lorsque les conditions sont réunies, l’acheteur victime peut, dans un bref délai :
 Soit exercer une action rédhibitoire ( action résolutoire ) pour récupérer le prix
et rendre la chose
 Soit exercer une action estimatoire par laquelle il demande à conserver la chose
livrée, mais pour un prix inférieur au prix convenu
 Soit obtenir le remplacement de la chose par une autre équivalente

II. LES OBLIGATIONS DE L’ACHETEUR

1. L’obligation de payer le prix

L’acheteur s’oblige, dans les conditions prévues au contrat, à payer le prix. Il doit le faire dans
l’établissement du vendeur ou au lieu prévu.
Si l’acheteur ne paie pas, le vendeur peut :
 soit exercer son droit de rétention, c’est-à-dire ne pas livrer le bien
 soit intenter une action en revendication pour récupérer le bien, s’il a déjà été livré
 soit évoquer la clause résolutoire éventuelle figurant au contrat, ou demander en
justice la résolution de la vente, aux torts de l’acheteur fautif
 soit exercer son privilège du vendeur de meuble ou d’immeubles

35
2. L’obligation de prendre livraison de la chose
Elle consiste pour l’acheteur à accomplir tout acte qu’on peut raisonnablement attendre de
lui pour permettre au vendeur d’effectuer la livraison, c’est-à-dire, pour ce qui le concerne,
retirer la chose.
A défaut de retrait dans le délai prévu par le contrat ou fixé par les usages, le vendeur peut
considérer le contrat comme résolu et remettre la chose sur le marché. Si le prix résultant de
la nouvelle vente est inférieur au prix de la première, le vendeur peut exiger de l’acheteur (le
premier), le prix de la différence.

SECT° 4 : LES MODALITES DE LA VENTE

PAR 1 : LES DIVERSES FORMES DE LA VENTE EN FONCTION DE


L’OFFRE DU VENDEUR

I. LA VENTE SUR ECHANTILLON

Le vendeur s’engage à livrer des marchandises conformes à l’échantillon remis à l’acheteur.


Exemples : tissus, vins, parfums.

II. LA VENTE SUR TYPE

La chose vendue est déterminée par référence à un type déterminé ( des types officiels de
marchandises sont déposés dans les Bourses de commerce ).
Exemples : cotons, sucres, céréales.

III. LA VENTE SUR MARQUE

Le vendeur appose sa marque sur la marchandise dont il garantit ainsi la qualité.


Exemples : le caïman de de Lacoste, le lion de Peugeot.

PAR 2 : LES DIVERSES FORMES DE LA VENTE EN FONCTION DE


L’ACCEPTATION DE L’ACHETEUR

I. LA VENTE A L’ESSAI

La conclusion du contrat est soumise à la vérification des qualités de la chose vendue.

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II. LA VENTE A CONDITION

L’acheteur peut restituer la marchandise si elle ne lui convient pas. On remarque ici que le
contrat est déjà formé.

III. LA VENTE ESTIMATOIRE

L’acheteur se réserve le droit de restituer les marchandises qu’il n’aurait pu réussir à vendre (
journaux ou revues invendus, par exemple ).

PAR 3 : LES DIVERSES FORMES DE LA VENTE EN FONCTION DU


MODE DE PAIEMENT

I. LA VENTE AU COMPTANT

Le prix de la chose vendue doit être acquitté par l’acheteur au moment de la délivrance par
le vendeur.

II. LA VENTE A CREDIT

Le paiement est fixé à une date plus ou moins éloignée de la livraison :


- 30 jours
- 60 jours
- 90 jours

III. LA VENTE A TEMPERAMENT

Elle se rattache à la vente à crédit. Le paiement a lieu par fraction du prix d’achat échelonnée
à diverses échéances. Exemple : tous les 15 ou 25 du mois.

IV. LA LOCATION-VENTE

L’acheteur peut devenir propriétaire d’une marchandise en versant pendant un certain


temps un loyer convenu qui comporte le montant de la location et une partie du prix.

37
V. LE LEASING OU CREDIT-BAIL

C’est aussi un contrat de location, mais qui offre au locataire deux possibilités à l’expiration
du bail :
- Soit renouveler le bail
- Soit acquérir la chose louée, moyennant le versement de la valeur résiduelle de ce
produit.

38
CHAP2. LE CONTRAT DE TRANSPORT DE MARCHANDISES

PAR 1 : DEFINITION ET CARACTERES

I. DEFINITION

Le contrat de transport de marchandises est celui par lequel un transporteur professionnel


s’engage, principalement et moyennant rémunération, à déplacer par route, d’un lieu à un
autre et par le moyen d’un véhicule, la marchandise qui lui est remise par un expéditeur.
Rque : L’acte uniforme relatif aux contrats de transport de marchandises par route
(AUCTMR) ne s’applique pas aux transports funéraires, des marchandises dangereuses, aux
déménagements, ni à ceux effectués en vertu des conventions postales internationales, ainsi
qu’au transport à titre gratuit ou bénévole.

II. CARACTERES

Le contrat de transport de marchandises présente les caractères suivants :


- C’est un contrat consensuel : le seul consentement des parties suffit à sa formation
- C’est un contrat synallagmatique : il crée des obligations à la charge des deux parties
- C’est un contrat à titre onéreux : chacune des parties en retire un avantage
- C’est le plus souvent un contrat d’adhésion : le prix et les conditions du déplacement
ne sont pas librement discutés par les parties et résultent du cahier de charge sous la
forme d’un imprimé pré-rédigé par le transporteur, sous le contrôle de l’Etat.
- C’est un contrat commercial pour le transporteur : il s’inscrit dans une activité ou une
entreprise commerciale

PAR 2 : CONDITIONS DE FORMATION ET DE VALIDITE

I. LES CONDITIONS DE FOND

1. Le consentement des parties

Bien que le contrat de transport de marchandises soit rangé dans la catégorie des contrats
d’adhésion, il demeure dans le principe, un contrat consensuel. En effet, ce contrat existe dès
que l’expéditeur et le transporteur sont d’accord pour le déplacement d’une marchandise
moyennant un prix convenu. Toutefois, le consentement doit être exempt de tous vices de
consentement tels que l’erreur, le dol et la violence.
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2. La capacité des parties

Le contrat est conclu entre l’expéditeur et le transporteur, qui doivent avoir la capacité de
contracter. Mais quoique n’intervenant pas en général dans la formation du contrat, une
tierce personne, le destinataire, en subi les effets. Il peut exiger du transporteur la remise de
la marchandise qui, à l’inverse, peut agir contre lui pour le paiement du prix du transport, par
exemple.

3. L’objet et la cause du contrat

L’objet principal du contrat de transport de marchandises est le déplacement des


marchandises. Cependant, les marchandises transportées doivent être autorisées par la loi.
Ainsi, on peut retenir les exemples suivants :
- Marchandises dont le transport est interdit : marchandises interdites à la vente ou à la
consommation ( stupéfiants, drogues, etc… ), le gibier en temps de fermeture de la
chasse, etc…
- Marchandises dont le transport est règlementé : les hydrocarbures, les produits
périssables tel que la viande abattue, etc…
La cause du contrat est le motif qui a poussé l’une ou l’autre des parties à s’engager dans le
contrat de transport de marchandises. Ce motif doit être conforme à l’ordre public et les
bonnes mœurs. Exemple : le contrat de transport d’une cargaison de machettes en vue
d’armer une rébellion ( objet licite, mais cause illicite ).

II. LES CONDITIONS DE FORME

Le contrat de transport de marchandises peut se prouver par tous les moyens, mais il est
presque toujours constaté par écrit, cet écrit pouvant être :
- Un Récépissé dans le transport terrestre ferroviaire
- Un Connaissement ou Charte partie dans le transport maritime
- Une Lettre de transport aérien dans le transport aérien
- Une Lettre de voiture dans le transport terrestre routier
Quel que soit l’appellation, ce document doit comporter les mentions essentielles relatives
aux parties ( nom, prénom, domicile, etc… ), aux marchandises ( désignation, poids, marques,
etc… ) et aux conditions du transport ( prix, délai de route,… ).

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PAR 3 : EXECUTION DU CONTRAT

I. LES OBLIGATIONS DES PARTIES

1. Les obligations de l’expéditeur

Dans le contrat de transport de marchandises, l’expéditeur est soumis aux obligations


suivantes :
- Emballer les marchandises de manière adéquate
- Payer le prix de transport lorsque celui-ci est en port payé : si le transporteur n’est pas
payé, il dispose des garanties suivantes :
 Le droit de rétention qui lui permet de retenir la marchandise jusqu’au paiement
 Le privilège du transporteur qui lui permet, au cas où les marchandises sont
vendues, d’être payé le premier avant les autres créanciers du destinataire
 L’ « exception d’inexécution » qui lui permet de refuser d’exécuter son
obligation ( c’est-à-dire ne pas déplacer la marchandise ) parce que l’expéditeur
a refusé d’exécuter la sienne ( c’est-à-dire payer le prix du transport )
- Mettre à la disposition du transporteur, les documents nécessaires ( pour
l’accomplissement des formalités de douane et autres ) et lui fournir toutes les
informations utiles sur la marchandise ( marchandise dangereuse, colis de grande
valeur, etc… )

2. Les obligations du transporteur

Dans le contrat de transport de marchandises, le transporteur est soumis aux obligations


suivantes :
- Prendre en charge la marchandise, c’est-à-dire qu’il doit vérifier l’exactitude des
mentions de la lettre de voiture et l’état apparent de la marchandise et de son
emballage
- Déplacer la marchandise selon l’itinéraire prévue, en veillant à sa bonne conservation
- Livrer la marchandise à destination dans l’état où il l’a reçu, dans le délai prévu
NB : l’expéditeur peut disposer de la marchandise en cours de route, en autorisant le
transporteur à la vendre :
- En cas de péril tenant à la nature périssable de la marchandise
- Lorsque les frais de garde dépassent la valeur de la marchandise

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3. Les obligations du destinataire

Il n’est pas partie au contrat, mais dans certains cas, il peut être tenu aux obligations
suivantes :
- Prendre livraison de la marchandise et libérer le transporteur de son obligation, par
une décharge. Toutefois, s’il estime que la marchandise présente des signes de
détérioration, il peut faire des réserves en vue d’une éventuelle action en justice
- Payer le prix de transport lorsque celui-ci est en port dû

II. LA RESPONSABILITE DU TRANSPORTEUR

1. Règles générales

La responsabilité du transporteur est une responsabilité contractuelle. Elle est engagée du


seul fait de l’inexécution du contrat, c’est-à-dire que la marchandise n’est pas livrée au
destinataire en bon état dans le délai prévu.
Le transporteur est donc présumé en faute dans les cas suivants :
- La perte totale ou partielle de marchandise ( manquants, insuffisance en poids ou en
nombre )
- L’avarie ( détérioration de la marchandise due à une mauvaise conservation )
- Le retard dans la livraison, lorsqu’il cause un préjudice au destinataire

2. Causes d’exonération de la responsabilité du transporteur

La responsabilité du transporteur est levée pour l’un des cas suivants :


- La faute de l’expéditeur ou du destinataire. Exemple : marchandise insuffisamment
emballée.
- Le vice propre à la marchandise. Exemple : la maladie pour un animal transporté.
- Le cas de force majeure. Exemple : une inondation entraînant la destruction de la
route, ce qui a pour conséquence de bloquer le véhicule pendant plusieurs jours.

FIN DU PROGRAMME

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