Chapitre 2
Chapitre 2
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Plan du chapitre II
Introduction au chapitre II
Conclusion au chapitre II
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Introduction au chapitre II
L’objet du présent chapitre est d’apprendre à l’étudiant comment présenter les données
statistiques collectées et ordonnées auparavant. Les tableaux et les graphiques sont les principales
formes de présentation des données privilégiées en Statistique. Cependant, ces derniers relèvent
d’un certain nombre de règles et de normes que l’étudiant doit impérativement connaitre dans la
perspective de son cursus universitaire.
- permettre au lecteur une lecture aussi facile et aussi rapide que possible.
Les tableaux statistiques permettent de répondre au premier objectif. C’est ce que nous étudions
dans la première section. Au-delà des tableaux, les graphiques offrent une lecture schématisée
encore plus simple et plus rapide. Ils permettent de répondre au deuxième objectif. C’est ce que
nous étudions dans la deuxième section.
Une fois ordonnées et classifiées, les données sont présentées, de manière résumée, dans un
tableau statistique. Par définition, un tableau statistique a pour objet, dans un souci de synthèse et
de clarté, de montrer le caractère étudié, ses modalités (généralement présentées dans la première
colonne du tableau) et les effectifs et fréquences correspondants : c'est-à-dire faire apparaitre les
couples { xi ; ni } ou { xi ; fi }.
Dans certains cas, les données brutes collectées sont présentées dans un tableau élémentaire
dans lequel les individus statistique sont identifiés individuellement chacun par sa modalité. C’est ce
qu’on appelle le tableau des données ponctuelles ou tableau des données élémentaires ou brutes,
qui n’est pas encore un tableau statistique à proprement dit. Si on reprend l’exemple du chapitre I,
sur l’âge des 35 étudiants du groupe enquêtés, nous pouvons dire que les 35 chiffres (modalités)
donnés représentent ce tableau de données élémentaires. En procédant, comme nous l’avons fait, à
l’ordonnancement et à la classification (individualisation) de ces données, nous avons aboutit au
tableau statistique proprement dit. On appelle cette opération du passage des données brutes au
tableau statistique le tri à plat.
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1.2- Structure d’un tableau statistique
Quelque soit le type de caractère et la nature de la variable, le tableau statistique se présente
toujours de la même manière et suivant le même principe. La structure d’un tableau statistique de
base se présente généralement comme suit :
(Unité de mesure)
Caractère Effectifs Fréquences Effectifs cumulés
(xi) (ni) (fi) (Ni)
x1 n1 f1 N1
x2 n2 f2 N2
. . . .
. . . .
xi ni fi ni
. . . .
. . . .
xk nk fk nk
Total N 1 -
Source :
Tout tableau statistique établi dans le cadre d’une recherche scientifique doit
obligatoirement être présenté selon la structure définie ci-dessus et doit contenir les indications
suivantes :
Le numéro du tableau
Dans tout travail de recherche, la présentation des tableaux doit être numérotée, ce
qui facilite les renvois et facilite la lecture du manuscrit.
L’unité de mesure
Elle offre un renseignement supplémentaire en indiquant au lecteur dans quelle
unité sont mesurées les modalités étudiées (kilogramme, milligramme, gramme,...).
La date
Elle renseigne le lecteur sur la période ou la date à laquelle sont collectées les
données présentées dans le tableau. L’obligation de préciser la date des données, répond au
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souci que certaines données sont très variables dans le temps, la date permet d’apporter une
certaine consistance et une certaine pertinence aux données présentées par le chercheur. En
méthodologie, cela reflète l’honnêteté intellectuelle du chercheur (ex ; on ne peut pas parler
de la situation de la population algérienne en 2013, en s’appuyant sur des données de
1965 !).
La source
Elle indique d’où proviennent les données présentées. Cette indication obligatoire
permet, selon le cas, de confirmer ou d’infirmer la pertinence de ces données. Elle reflète
aussi l’honnêteté intellectuelle du chercheur. Par exemple, certaines sources sont réputées
pour la non fiabilité de leurs données, des données constituées par le chercheur lui-même
ne sont pas forcément acceptables par la communauté scientifique,…
Remarque :
L ’étudiant doit, dès maintenant, assimiler ces indications qu’il est appelé à appliquer à
l’avenir, notamment lors de la rédaction de son mémoire de fin d’études.
Total 143 1
Source : Groupe industriel «X», Direction générale, Mars 2013.
S’agissant d’un caractère qualitatif, il faut ordonner les modalités à l’intérieur du tableau soit :
- par ordre d’importance ou hiérarchique s’il s’agit d’un caractère qualitatif ordinal, ce qui
facilite encore davantage leur ordonnancement.
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On peut également codifier les modalités, suivant la nomenclature officielle en cours si elle existe
comme suit :
Le plus souvent aussi le tableau d’un caractère qualitatif ne comporte pas de colonne d’effectifs
cumulés.
Comment faire des lectures à partir d’un tableau statistique d’un caractère qualitatif ?
Voici quelques exemples à partir du tableau n°1 :
- 3,5 % des employés de l’entreprise X sont des cadres supérieurs (f1 = 0,035 = 3,5%).
- La majorité (ou 59,4 %) des employés de l’entreprise X sont des ouvriers professionnels.
- 14 % ((15 + 5)/143) des employés de l’entreprise X sont des cadres dont 3,5 % sont des cadres
supérieurs.
Selon qu’il s’agisse de variable statistique discrète ou de variable continue, le tableau diffère
légèrement.
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Tableau n°2 : « Répartition des ménages de la cité X selon le nombre d’enfants » au 31-12- 2012»
Comment faire des lectures à partir du tableau d’une variable statistique discrète ?
- 660 ménages, soit 33 %, ont moins de 3 enfants, ou au plus 2 enfants.
- 1980 ménages, soit 99 %, ont moins de 6 enfants, ou au plus 5.
- 1340 ménages, 67%, ont plus de 2 enfants, ou au moins 3 enfants.
- 120 ménages, soit 6%, ont plus de 4 enfants, ou au moins 5 enfants.
Le tableau d’une variable statistique continue, où les données sont présentées de manière
groupée, sous forme de classes ou d’intervalles, se présente comme indiqué dans le tableau n° 3, ci-
dessous. A la différence du tableau de la variable statistique discrète, dans ce cas on ajoute la
colonne des « centres de classes » (xi). Cependant, les modalités doivent impérativement être
ordonnées par ordre croissant de la borne inférieure de la première classe jusqu’à la borne
supérieure de la dernière classe.
Tableau n° 3 : « Répartition des salaires des employés dans l’entreprise «X» au 31-12-2012 »
(Unité : 103 DZ)
Classes Centres de ni fi Ni Fi Ni Fi
classes (xi)
[20 ; 40[ 30 42 0,420 42 0,420 100 1
[40 ; 60[ 50 30 0,300 72 0,720 58 0,580
[60 ; 80[ 70 18 0,180 90 0,900 28 0,280
[80 ; 100[ 90 6 0,060 96 0,960 10 0,100
[100 ; 200[ 150 4 0,040 100 1 4 0,040
Total - 100 1 - - - -
Source : Enquête auprès la Direction générale de l’entreprise «X», Avril 2013.
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Comment faire des lectures à partir du tableau d’une variable statistique continue ?
- 42 employés, soit 42%, touchent moins de 40.000DZ de salaire.
- 96 employés, 96%, touchent moins de 100.000DZ de salaire.
- 58 employés, 58%, touchent plus de 40.000DZ (ou 40.000DZ et plus).
- Tous les employés, soit 100%, touchent plus de 20.000DZ (ou 20.000DZ ou plus).
Remarque
Les tableaux présentés ici représentent la structure de base d’un tableau statistique.
Cependant, en pratique, le nombre de colonnes à ajouter, au-delà de ce qui est présenté ici, dépend
du phénomène étudié et des paramètres statistiques que le chercheur prévoit de déterminer.
En statistique la classe désigne un intervalle borné de modalités susceptibles d’être prises par
« ni » parmi les « N » individus de la population étudiée. Cet intervalle est délimité par des
extrémités qu’on appelle « bornes » ou « limites » de classes selon le cas.
Par convention, en statistique, on considère des intervalles semi-ouverts ou ouverts à droite, afin
d’éviter le chevauchement des classes.
La distance entre les deux extrémités de l’intervalle, mesurée par la différence « borne supérieure
moins la borne inférieure », s’appelle l’amplitude de classe et notée « ai ».
Selon que l’intervalle soit ouvert ou fermé, l’amplitude de classe se calcule différemment :
valable que lorsque les extrémités des classes sont des nombres entiers) . Ou bien, ai est
égale au nombre de valeurs entières qu’il ya entre bi et bi+1 ou de bi jusqu’à bi+1.
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Ou bien encore ; à la différence entre la borne inférieure de la classe suivante (bi+2) moins la
borne inférieure de la classe, soit : ai = (bi+2 – bi).
Le choix du nombre de classes, noté (Z), relève, en générale, des intensions et des
compétences du chercheur. Cependant, il est recommandé en statistique de choisir un nombre
raisonnable de classes, entre 5 et 20, et une amplitude de classes de préférence constante.
Le nombre de classes doit ainsi être assez grand pour refléter le phénomène étudié, et assez réduit
pour permettre des lectures et des opérations aisées. Le mieux serait alors de prendre un nombre
de classes entre 6 et 12.
Toutefois, il faut veiller à ce que la plus petite valeur (modalité) observée de la série appartienne à la
première classe, et que la plus grande valeur (modalité) observée de la série appartienne à la
dernière classe, ce qui éviterait de construire des classes inutiles ou fictives.
Remarque
Lorsque l’amplitude des classes est constante, on peut établir une relation entre le nombre
de classes (Z), l’étendue de la série (e) et l’amplitude constante des classes (ai) comme suit :
ai = e/Z ⇒ Z = e / ai
Le nombre d’individus composant une classe s’appelle effectif, noté ni , déjà défini plus haut.
Cependant, le nombre d’individus par unité d’amplitude (pour chaque ai = 1) désigne la densité
de la classe, notée « di », que l’on peut définir de deux manières :
En termes absolus :
di = ni / ai
En termes relatifs :
di = fi / ai
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[Link]- Notions de bornes, limites et limites réelles
Comme nous l’avons souligné plus haut, les constructions de classes utilisées en statistique
sont généralement faites par convention ou de manière arbitraire, voire pas tout à fait réelle (c'est-à-
dire simplifiée ou personnelle). Cependant, il arrive dans certaines études d’être contraint de
construire des classes bornées par des valeurs réelles. Dans ce cas l’attention de l’étudiant est attirée
par quelques renseignements supplémentaires et certaines règles de prudence qu’il doit observer.
Il ya en générale, en statistique descriptive, trois manières de présenter ou de borner les classes :
Dans cet exemple, on est passé des bornes conventionnelles vers les limites, puis, vers les limites
réelles.
Nous avons des bornes conventionnelles formées par des nombres entiers, alors automatiquement,
les limites seront aussi des entiers. Pour construire les limites, il faut fermer les intervalles tout en
gardant des bornes avec des nombres entiers. Dans ce cas, pour fermer l’intervalle de la première
classe, la limite supérieure de classe à choisir doit être un nombre entier immédiatement inférieure
à 20 (20 ne faisant pas partie de la première classe puisque l’intervalle est ouvert à droite). Ensuite,
la première classe étant fermée, la limite inférieure de la deuxième classe ne doit pas être la même
que la limite supérieure de la première classe (la classe précédente). Donc la limite inférieure de la
deuxième classe restera telle qu’elle 20. On applique le même raisonnement pour toutes les classes.
Ensuite, une fois les limites constituées, on détermine les limites réelles. Celles-ci doivent
obligatoirement être plus précises que les limites et les bornes conventionnelles. Puisque nous
avons des entiers, nous aurons donc des nombres décimaux à un chiffre après la virgule. On
détermine ces derniers de deux manières comme suit :
- Soit on fait la moyenne de la limite supérieur d’une classe et de la limite inférieure de la
classe suivante. (19 + 20)/2 = 19,5 ; (29 + 30)/2 = 29,5 ; …..
- Soit en récupérant le degré d’erreur causé par les limites. Dans cet exemple, en passant
d’une classe à une autre on perd 1 (ex ; on passant de 19 à 20 on perd 1 ; en passant de 29 à 30 on
perd 1 ; ….). Nous allons récupérer ce 1, en le répartissant équitablement (1/2 ; 1/2) de part et
d’autre de l’intervalle, sachant que le sens positif va dans le sens croissant de la borne inférieure vers
la borne supérieure. On aura :
1
(-½) (+½)
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Remarque :
En passant des bornes conventionnelles, aux limites et limites réelles, l’amplitude de classes
ne change jamais et demeure constante.
On dit souvent chez les statisticiens qu’ « un beau graphique vaut mieux qu’un long discours ».
- Deux systèmes de coordonnées : cartésien, où le point M(x ; y) est représenté par le point
M(xi ; ni), et polaire, où le point M(xi ; ni) est remplacé par l’angle par rapport à l’axe horizontal
et le rayon ou le vecteur OM par rapport au centre du cercle.
- Deux types d’échelles : arithmétique pour les caractères quantitatif et ordinal pour le
caractère qualitatif.
Remarque
Comme pour les tableaux statistiques, les graphiques doivent comporter, en plus du titre, de
la source et de la date ; l’échelle de mesure indiquant ce que représente chaque centimètre sur le
schéma et une légende qui définit toutes les nuances ou les couleurs utilisées.
25
2.1 La représentation graphique des caractères qualitatifs
Ils existe en pratique plusieurs types de graphiques pour représenter les caractères
qualitatifs : le diagramme circulaire, les diagrammes à barres ou tuyaux d’orgue, le cartogramme, le
diagramme figuratif, etc.
Cependant, pour des raisons de facilité, nous n’étudions ici que les plus courants et les plus faciles à
confectionner sur papier. Aussi, on étudiera le diagramme circulaire et les diagrammes à barres ou
tuyaux d’orgue.
Chaque secteur ou portion est ensuite singularisée par une couleur ou une nuance propre. Une
légende, indiquant la signification de chaque nuance, facilitera la lecture du graphique.
Exemple 1
La répartition des employés d’une entreprise, au 31-12-2012, selon la catégorie
socioprofessionnelle se présentait comme suit : catégorie Nombre
socioprofessionnelle d’employés
- Représenter graphiquement cette distribution Ouvrier 50
Employé 25
statistique par un diagramme circulaire.
Cadre moyen 20
Cadre supérieur 5
Total 100
Pour représenter graphiquement cette distribution, il faut d’abord compléter le tableau en calculant
les fréquences et les angles ( i), comme suit :
26
Catégorie Nombre Fréquences Angles ( i)
socioprofessionnelle d’employés (ni) (fi)
Ouvrier 50 0,50 180
Employé 25 0,25 90
Représentation graphique
Nombre d’employés
Ouvriers
Employés
Cadre moyens
Cadres supérieurs
Nombre d’employés
Ouvriers
Employés
Cadre moyens
Cadres supérieurs
27
On remarquera qu’il existe aujourd’hui, grâce à l’outil informatique, plusieurs variétés de
diagrammes circulaires.
Ce type de graphique repose sur un système de coordonnées cartésiennes avec une échelle
ordinale. Sur un plan orthonormé, on représente chaque modalité du caractère par une barre ou
bande dont la hauteur est proportionnelle (ou indique) à l’effectif ou à la fréquence, représentée par
l’axe vertical yy’, et la largeur de dimension arbitraire,
arbitraire puisqu’il s’agit
’agit d’un caractère qualitatif qui ne
reflète pas une mesure, et de préférence constante pour des raisons d’esthétique.
Reprenant
eprenant l’exemple 1 précédent, on aura graphiquement :
Nombre d’employés
60
50
40
30
20 Nombre d’employés
10
0
Ouvriers Employés Cadre Cadres
moyens supérieurs
Nombre d’employés
50
40
30
20
10
Nombre d’employés
0
28
Nombre d’employés
Cadres supérieurs
Cadre moyens
Nombre d’employés
Employés
Ouvriers
0 10 20 30 40 50 60
On remarquera que les bandes de ce diagramme peuvent être verticales ( {xx’ modalités ;
yy’ ni } ou horizontales, il suffit pour cela d’inverser le plan : {xx ’ ni ; yy’ modalités}.
La représentation diffère selon qu’il s’agisse d’une variables statistique discrète (VSD) ou
de variable statistique continue (VSC).
Dans ce cas, la fonction de distribution {xi ; ni} ou {xi ; fi} est représentée par un
diagramme en bâtons et la fonction de répartition ou cumulative {xi ; Ni} ou {xi ; Fi} est représentée
par la courbe cumulative en escaliers.
Exemple 2a
Le tableau suivant donne la répartition du nombre de terminaux de connexion internet par
bureau dans un établissement public.
29
Nombre de terminaux Nombre de bureaux
(xi) (ni)
0 10
1 8
2 6
3 4
4 2
Total 30
Il s’agit dune variable statistique discrète puisque c’est un dénombrement (le nombre de terminaux
par bureau). Ce type de variable est représenté par un diagramme en bâtons, comme suit :
ni ou fi
12
10
0 1 2 3 4 5 xi
« Diagramme en bâtons »
Ce graphique est utilisé pour représenter la fonction de répartition {xi ; Ni} ou {xi ; Fi}. Dans
le cas d’un cumul croissant (Ni ou Fi), il représente la proportion ou l’effectif d’individus pour
lesquels la valeur de la variable est strictement inférieure ( < ) à xi (Moins de). Ces derniers
apparaissent alors sous forme de paliers horizontaux, ouverts à gauche et fermés à droite, donnant à
la courbe son allure en escaliers.
30
La fonction cumulative est nulle pour toute valeur xi inférieure à la plus petite modalité observée, ce
qui fait que le premier palier se confond toujours avec l’axe horizontal ou l’axe des abscisses, et
reste ouvert vers (- ∞).
La fonction cumulative est égale à 1 ou N (effectif total) pour toute valeur supérieure à la plus
grande modalité xi observée, ce qui fait que le dernier palier a pour coordonnées Ni = N ou Fi = 1
et stagne à 1 ou N jusqu’à +∞.
Exemple 2b
Reprenant l’exemple 2a précédent, et représentant graphiquement sa fonction de
répartition.
Avant de tracer la courbe cumulative, nous devons d’abord construire la colonne des effectifs
(fréquences) cumulés (Ni ou Fi).
Ni ou Fi
40
20
10
Dans ce cas les données sont regroupées sous forme de classes. La fonction de
distribution {xi ; ni } ou {xi ; fi} est représentée par un histogramme (à partir duquel on peut déduire
le polygone), et la fonction cumulative {xi ; Ni} ou {xi ; Fi} est représentée par la courbe cumulative
en « S ».
31
[Link]- L’histogramme
C’est la surface de l’histogramme (des rectangles) qui intéresse le chercheur. Elle doit être
proportionnelle aux effectifs. Cette proportionnalité se vérifie suivant deux situations :
Dans ce cas tous les rectangles ont la même largeur (ai = Cte). Donc les surfaces sont
proportionnelles aux seules longueurs (ni ou fi). Alors, l’histogramme peut être tracé directement
avec les ni ou les fi.
Exemple 3a
Soit la distribution suivante des salaires horaires (en euro) dans une entreprise donnée :
Il s’agit d’une variable statistique continue et les données sont aussi présentées sous forme de
classes. Donc la représentation graphique correspondante c’est automatiquement l’histogramme.
32
ni ou fi
14
12
10
0 5 10 15 20 25 30 Classes
« Histogramme »
- soit on ramène tous les effectifs (ou fréquences ) de classes à une même et commune
amplitude, appelée amplitude de base, notée « a0 ». Celle-ci n’est autre que la plus petite amplitude
de classe observée dans la distribution (parfois, c’est aussi le plus grand diviseur commun). On
construit dans ce cas un histogramme avec les effectifs (ou fréquences) corrigés, notés « nic » ou
« fic », où les surfaces sont proportionnelles à ces « nic «.
La correction des effectifs se fait suivant une méthode en trois étapes comme suit :
- Etape 1
Repérer l’amplitude de base « a0 », qui correspond à la plus petite amplitude de
classe dans la distribution.
33
- Etape 2
Calculer les « ai/a0 », c'est-à-dire ramener toutes les amplitudes à l’amplitude de base.
- Etape 3
Calculer les effectifs corrigés « nic » ou « fic », c’est dire :
Classes Effectifs
[5 ; 10[ 4
[10 ; 15[ 6
[15 ; 20[ 12
[20 ; 30[ 8
Il s’agit d’une distribution sous forme de classes (forme continue), donc la représentation
graphique correspondante est l’histogramme. Cependant, avant de tracer celui-ci, il faut d’abord
vérifier si les amplitudes de classes sont constantes ou pas. C'est-à-dire vérifier le principe de la
proportionnalité des surfaces aux effectifs ou fréquences.
On remarque dans cet exemple que l’amplitude de classe n’est pas constante : ex ; les première,
deuxième et troisième classes ont une même amplitude (ai = 5), alors que la quatrième classe a
une amplitude ai = 10. Autrement dit, ai ≠ Cte. Il faudrait donc, avant de tracer l’histogramme,
corriger les effectifs ou calculer les densités.
Les densités (ni/ai ou fi/ai) sont faciles à calculer et sont données dans le tableau. Par contre, pour
les effectifs corrigés, on doit les calculer. On précisera que l’amplitude de base « a0 », qui est la
plus petite amplitude de classe, est a0 = 5. On aura donc le tableau suivant :
1,4
1,2…………………………………………..
0,8…………………………..
0,6………………………..
0,4 ……………………………………………………………………..
0, 2…………………………………………………………
0 5 10 15 20 25 30 Classes
Remarque
Etant donné le principe de la proportionnalité des effectifs sux surfaces des rectangles, on
en déduit que la surface totale de l’histogramme (la somme des surfaces des rectangles) est égale à
la somme ( ∑ ) des ni, soit N, ou à la somme ( ∑ ) des fi, soit 1.
[Link]. Le polygone
Parfois l’histogramme, aussi parfait soit-il, ne permet pas des comparaisons entre
différentes distributions. Aussi, dans ce cas, on a recours au « polygone », construit à partir de
l’histogramme lui-même. Le polygone est un ensemble de segments qui relient les centres des
sommets des rectangles, à distance égale à « ai/2 » si l’amplitude de classe est constante, ou à
« a0/2 » si l’amplitude de classe n’est pas constante ; tout en ajoutant deux classes fictives
d’amplitude ai ou a0 selon les cas ; l’une avant la première classe, l’autre après la dernière
classe. Le polygone nous donne une courbe continue dont la surface délimitée avec l’axe des
abscisses représente la même surface que celle de l’histogramme, celle-ci étant égale à N ou 1, et
ce, conformément au principe de compensation des aires1 (voir les différentes couleurs sur le graphique
de l’exemple 3c, ci-dessous).
Exemple 3c
Reprenant les deux histogrammes des exemples 3a. Le polygone correspondant sera
comme suit :
1
Voir pour cela le cours magistral.
35
ni ou fi
1,2
1,0 Polygone
0,6
0,4
0,2
0 5 10 15 20 25 30 Classes
La fonction de répartition d’une variable statistique continue est représentée par deux
courbes cumulatives en « s ». L’une croissante, pour les fréquences ou effectifs cumulés croissants.
L’autre décroissante, pour les fréquences ou effectifs cumulés décroissants. Les deux courbes sont
représentées sur un même graphique (même plan). La courbe croissante relie les bornes
supérieures des classes (Moins de), la courbe décroissante relie les bornes inférieures des classes
(Plus de).
On peut reprendre l’exemple 3a précédent dont nous avons déjà calculé les effectifs cumulés, et
tracer sa courbe cumulative.
Remarque
- Quelque soit l’amplitude de classe, constante ou non, cela n’a aucune incidence sur les
courbes cumulatives. Les effectifs cumulés étant des rangs, des positions, des numéros de modalités,
pas des densités.
- La courbe cumulative croissante stagne à N, pour toute valeur xi supérieure (>) à la borne
supérieure de la dernière classe. Elle stagne aussi à 0 pour toute valeur xi inférieure(<) à la borne
inférieure de la première classe.
36
Ni ou Fi
40………………………………………………………………………………………………………………
20…………………………………………………………………………………………………………….
10……………………………………………………………………………………………………………..
0 5 10 15 20 25 30 35 Classes
Ni = 0, ∀ xi < 5 Ni = 0, ∀ > 30
Conclusion au chapitre II
A l’issue de ce deuxième chapitre, l’étudiant aura pris connaissance et est ainsi initié aux
deux principales manières de présentation synthétique des données statistiques, à savoir les tableaux
et les graphiques.
L’usage fréquent de ces derniers en statistique, tant durant le cursus universitaire que professionnel,
impose à l’étudiant la nécessaire maitrise des techniques, principes et normes de leur construction.
C’est dans cet esprit que s’inscrit le présent chapitre.
Au-delà de la conception des graphiques et des tableaux, le chapitre a également comme objet et
souci d’initier et de rappeler à l’étudiant la nécessité de savoir lire et interpréter ces représentations.
Ainsi, au terme du présent chapitre, l’étudiant est désormais apte à réaliser seul les quatre
premières étapes de l’analyse statistique. Il doit, cependant, découvrir et s’initier à la cinquième et
dernière étape, à savoir ; le calcul des paramètres pertinents et leur interprétation. C’est l’objet des
trois chapitres suivants.
37