Diffusion des chlorures dans le béton
Diffusion des chlorures dans le béton
Thème :
ETUDES DE L
LAA DIFFUSION DES CHLORURES
AU SEIN DES BETONS LOCAUX
Présenté par :
Mr : MEZOUAR Mohamed & Mr : CHERIF Rachid
Soutenue
outenue le décembre 2013 devant la commission du jury
Actuellement le matériau de construction utilisé par excellence est le béton. Ce matériau est
considéré comme vivant,par conséquent on veille sur sa santéet son comportement dans le
temps vis-à-vis de son milieu d’exposition. Il s’agit en fait de l’approche performantielle qui a
trait à la durée de vie des bétons, en les caractérisant par des indicateurs mesurables au
laboratoire. Nous nous sommes intéressés dans le cadre de notre travail, à la pénétration des
ions chlores causant la corrosion des armatures dans les constructions en béton armé.
i
Remerciements
REMERCIEMENTS
On tient à remercier tout particulièrement notre professeur et encadreur Pr. GHOMARI Fouad
qui lui revient principalement la naissance du thème étudié et qui nous a prêté si attentivement
son oreille ainsi que son précieux temps, on tientà vous faire part de reconnaissance pour le
tout que vous avez fait si cordialement.
On adresse également nos sincères remerciement a nos deux autres encadreurs ceux qui nous
ont accompagné au long de cette recherche Mr. TOUIL Brahim et Dr. BEZZAR Abdelillah
qui nous ont aiguillé corrigé et collaborer grandement a l’élaboration de ce mémoire, on tient
à leur avouer notre reconnaissance suite a leur disponibilité, leur conseils pertinents et leur
bon humeur.
Mes vifs remerciements sont adressés à MrBaghli Abdellatif Qui nous a honoré du fait
d’avoir pris la présidence de notre jury. On remercie également MrsBoukliHacene Sidi
Mohamedet Taleb Omar Pour l’intérêt d’avoir bien vouloir participer a ce travail en acceptant
de l’examiner et y figurer à notre jury de mémoire.
ii
Sommaire
SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE………………………………………………1
1. Contexte générale…………………………………………………………......2
2. Problématique ………………………………………………………………...3
3. Objectif………….……………………………………………………………3
4. Organisation générale du mémoire……………………………………………3
II.1 Introduction………………………………………………………………...18
II.2 Définition de la durabilité………………………………………………….18
v
Sommaire
IV.6 Conclusion………………………………………………………………...77
CONCLUSION GENERALE………………………………………………...85
viii
Liste des figures
x
Liste des figures
Figure IV.5CELLULE……………………………………………………….73
xi
Liste des figures
xii
Liste des tableaux
xii
Liste des tableaux
xiii
Introduction
INTRODUCTION GÉNÉRALE
1. Contexte général
Dans le domaine de la construction des ouvrages en béton armé, longtemps les ingénieurs
bâtisseurs s’intéressaient seulement à la résistance mécanique comme paramètre devant offrir
la sécurité en reprenant l’ensemble des sollicitations, sans pour autant se soucier de la durée
de vie de ces ouvrages évoluant dans des milieux d’agressivité diverses. Parmi les agents
agressifs pouvant nuire à l’intégrité des ouvrages construits, nous citons : la température
diurne, la carbonatation, l’alcali-réaction, la diffusion des ions chlores, etc. Ce sont autant de
maladies qui peuvent agir en synergie pour diminuer la basicité du béton dont le pH avoisine
13 et qui est à l’origine de la protection des armatures en acier contre la corrosion.
Cette notion relative à la durabilité des ouvrages est maintenant connue et de récentes normes
telle que la norme EN 206-1 met en revue des indicateurs qui permettent un meilleur
diagnostic des constructions soumises à l’agressivité de leur environnement immédiat.
2
Introduction
2. Problématique
La pénétration des chlorures d’origine marine ou issus des sels de déverglaçage est à l’origine
de la corrosion des armatures qui engendre la dégradation des structures en béton armé. À
l’heure actuelle, le diagnostic s’effectue par le biais de méthodes destructives qui ne
permettent pas de quantifier de manière fiable la teneur en chlorure dans l’enrobage du béton
durant la phase d’incubation de la corrosion. Or le pronostic de durée de vie des structures en
béton armé est essentiel pour leur surveillance et la programmation d’actions préventives
permettant d’anticiper l’amorce de corrosion.
3. Notre objectif
Dans le cadre de notre projet de fin d’études, nous mesurons au laboratoire le coefficient de
diffusion apparent des chlorures migrant dans des échantillons de béton ordinaire local avec
présence d’additions pouzzolaniques et différentes durée de cure.
4. Organisation du mémoire
3
Introduction
Le troisième chapitre expose les différents essais de diffusion fais par les chlorures dans les
dernières années ainsi que les deux lois de Fick et Nernst Planck.
A la fin une conclusion générale a été présentée dans laquelle on met en revue les
enseignements qu’on a pu tiré dans notre travail expérimental, ensuite on propose des
perspectives pour des futurs travaux.
4
Chapitre I Microstructure du béton
I.1 INTRODUCTION
Le béton est le matériau le plus utilisé dans le domaine de construction, il est composé de
ciment, eau, granulats et adjuvants. Le développement récent de ce matériau a permis la
confection de bétons composés de 18 constituants qu’on appelle BFUP (bétons fibrés ultra
performance).
Les granulats, considérés comme le squelette, sont des éléments inertes qui présentent un
comportement stable. En revanche, la pâte de ciment, qui assure les liaisons entre les
différents granulats, est un matériau dont la microstructure évolue dans le temps, améliorant
ainsi le comportement du béton.
Cependant, les bétons sont des matériaux poreux qui sont soumis dans un environnement
marin à la pénétration d’agents agressifs particulièrement les chlorures. Cette structure
poreuse de la matrice cimentaire est le résultat de l’avancement des réactions d’hydratation du
ciment au contact de l’eau.
Dans les paragraphes qui suivent, nous présentons un état de l’art relatif à l’évolution de la
microstructure du ciment hydraté, ainsi qu’une brève revue sur les caractéristiques du réseau
poreux et de la porosité du matériau béton.
La microstructure est définie comme la manière dont un matériau est construit, à l’échelle
microscopique, à partir de ses constituants élémentaires. Dans cette définition, on englobe les
notions souvent associées à la « structure » proprement dite et à la « texture ».
La microstructure se caractérise par [AFR 1997] :
Les proportions des constituants amorphes ou cristallisés,
Les faciès, la taille, la distribution granulométrique des « grains » (granulats,
anhydres, hydrates) ainsi que la façon dont ils sont agencés les uns par rapport aux
autres,
L’orientation des constituants dans l’espace,
Leur distribution dans la région examinée (homogénéité, hétérogénéité),
Le degré de remplissage de l’espace (texture poreuse ou compacte).
Pour reprendre une définition qui a été souvent proposée pour la microfissuration des bétons,
AFREM a proposé une étude de la microstructure (progressive dans le sens des échelles
décroissantes) couvrant les aspects correspondant à une échelle maximale ne dépassant pas
celle du plus gros granulat. Cela signifie que la définition adoptée englobe les aspects du
béton allant du centimètre (échelle du gravillon) au nanomètre (échelle du cristal) et que les
observations microscopiques sont précédées d’un examen macroscopique à l’œil nu.
6
Chapitre I Microstructure du béton
Le ciment est un liant hydraulique se présentant sous la forme d’une poudre très fine,
largement utilisé dans la construction et dans d’autres domaines. Il est issu de la cuisson de
matières premières (calcaire, argile) sous forme de clinker.
Le ciment CEM I est obtenu à partir du clinker et d’autres constituants secondaires. Le clinker
est accompagné de gypse pour régulariser la prise. Le CEM I est composé de 95% de clinker
et 5% de constituants secondaires.
Le clinker se compose de 4 oxydes principaux : oxyde de calcium CaO, oxyde de silicium
SiO2, oxyde d’aluminium Al2O3 et oxyde de fer Fe2O3 dont l’évolution de la température dans
le four (900 à 1450° C) produit 4 phases principales : silicate tricalcique C3S (3CaO. SiO2 -
alite), silicate bicalcique C2S (2CaO. SiO2 - bélite), aluminate tricalcique C3A (3CaO. Al2O3-
célite) et aluminoferrite tétracalcique C4AF (4CaO. Al2O3. Fe2O3 - Ferrite).
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId8 n'a pas été trouv é dans le fichier.
C4AF et C3A
Le ciment CEM V est obtenu en ajoutant une proportion normalisée d’additions minérales
(laitiers, cendres volantes) au clinker.
Il y a deux types de ciment CEM V : CEM V/A et CEM V/B (Tableau I.1)
7
Chapitre I Microstructure du béton
Tableau I.1: Proportion des constituants des ciments CEM V/A et CEM V/B [CEN 2001].
Clinker portland
Le clinker Portland est un matériau hydraulique qui est un composant essentiel dans le ciment
Portland. Il contient au moins deux tiers en masse de silicates de calcium (C3S et C2S), le
rapport massique (CaO/SiO2) ne doit pas être inférieur à 2, la teneur en MgO ne doit pas
dépasser 5 % en masse.
Tableau I.2: Composition chimique principale moyenne d’un clinker [NGU 2006].
Dans les ciments CEM V, une partie du clinker est substituée par le laitier et les cendres
volantes ou les pouzzolanes.
Laitiers
Les laitiers de haut fourneau (mélange de chaux, de silice et d’alumine), sont les sous-produits
de la transformation du minerai de fer en fonte brute. Leur composition en oxyde et leur
structure vitreuse varient en fonction des procédés de fabrication et de la méthode de
refroidissement.
Les laitiers existent sous forme de poudre fine sèche. Ils sont considérés comme un matériau
hydraulique latent, qui présente des propriétés hydrauliques après avoir subi une activation
convenable.
Tableau I.3 : Composition chimique principale moyenne d’un laitier [TAY 2003].
8
Chapitre I Microstructure du béton
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId9 n'a pas été trouv é dans le fichier.
Les laitiers doivent être constitués au minimum de deux tiers en masse de la somme de (CaO,
MgO et SiO2). Le restant contient de l’alumine (Al2O3) ainsi que de faibles quantités d’autres
composants. Le rapport massique entre la somme (CaO + MgO) et SiO2 doit être supérieur
à 1 [CEN 2001].
Cendres volantes
9
Chapitre I Microstructure du béton
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId10 n'a pas été trouv é dans le fichier.
10
Chapitre I Microstructure du béton
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId11 n'a pas été trouv é dans le fichier.
I.4 HYDRATATION
La réaction chimique commence lorsque les grains de ciment sont mis au contact de l’eau de
gâchage. Il s’agit de multiples mécanismes entre les deux phases solide-liquide : l’adsorption,
l’hydrolyse, la dissolution, la solvatation et enfin la cristallisation.
Les réactions chimiques d’hydratation du ciment se font essentiellement à partir des quatre
phases minérales du clinker C3S, C2S, C3A, C4AF.
Les C3S et C2S sont dissous dans l’eau, en libérant des ions Ca2+ et H2SiO42-.
Les réactions d’hydratation C2S sont semblables à celles du C3S et s’effectuent suivant les
réactions principales :
Dissolution du C3S, C2S
Précipitation des CSH
Précipitation de la portlandite
Lorsque le ciment est au contact de l’eau, les réactions au cours du gâchage forment des CSH
en libérant des ions Ca2+ et OH-, ces deux espèces se combinent et forment la portlandite. La
portlandite (hydroxyde de calcium, Ca(OH)2) occupe 20-25 % du volume de la pâte hydratée
de ciment, c’est un produit soluble qui assure la stabilité du tampon basique des ciments
(pH ≈ 12,4).
11
Chapitre I Microstructure du béton
Les silicates de calcium hydratés assurent les caractéristiques de cohésion des matériaux
cimentaires et contribuent essentiellement à la résistance mécanique.
Selon le rapport de C/S (Ca2+, Si4+) et la concentration de Ca2+, les CSH formés sont
différents [NGU 06] : CSH (α), CSH (β), CSH (γ) avec différentes concentrations de
calcium et silicium.
Les ciments CEM I possèdent une teneur en Ca2+ plus grande et une teneur en Si4+ plus faible
que celle des ciments CEM V, les produits d’hydratation sont donc constitués par une solution
solide de portlandite avec des CSH riches en calcium.
Dans les ciments, on ajoute du sulfate de calcium (0-5 % en masse du ciment) pour contrôler
la prise du C3A. Le sulfate de calcium se présente sous trois formes : le gypse (CaSO4.2H2O -
Cs.2H), l’hémihydrate (CaSO4. 0,5H2O - Cs.0,5H) et l’anhydrite (CaSO4 - Cs).
Au gâchage, l’aluminate tricalcique et le gypse se dissolvent rapidement, formant les ions
Ca2+, AlO22-, SO42-, OH-. A partir de ces ions, les C4AH13 et les aluminates tricalciques
cubiques hydratés (C3AH6) se forment :
Les laitiers, les cendres volantes et les pouzzolanes constituent des ajouts pouzzolaniques et
hydrauliques actifs. Grâce à la présence de la portlandite produite par l’hydratation du clinker,
les laitiers et les cendres volantes réagissent avec l’eau pour donner des composés hydratés
semblables à ceux du clinker, en améliorant la capacité de résistance des matériaux contre les
agressions chimiques [DRO 1982].
Les réactions pouzzolaniques sont fonction du pourcentage des ajouts, elles dépendent de la
température, de la finesse de broyage et aussi de la composition chimique des ajouts.
Dans le ciment CEM V, la présence de cendres volantes et de laitier réduit la demande en eau
de gâchage et améliore la structure poreuse des matériaux, en diminuant la dimension des
pores [BIG 1994].
La principale réaction d’hydratation des laitiers se fait à partir du C2AS contenu dans
les laitiers :
1
TSA : Trisulfo-aluminate de calcium hydraté,
2
MSA : Monosulfo-aluminates.
12
Chapitre I Microstructure du béton
En général, dans des ciments contenant du gypse, les laitiers sont activés par le gypse pour
donner du CSH, de l’ettringite et de l’hydroxyde d’aluminium comme la mellite
(Al2 [C6(COO)6]·16(H2O)) et la merwinite Ca3Mg(SiO4)2 [CEA 2004].
Les CSH remplissent les pores capillaires et augmentent la résistance et l'imperméabilité des
matériaux (par affinage de ces pores capillaires et par transformation des gros cristaux de CH
en des CSH cristallisés) [NGU 2006].
La réaction pouzzolanique se déroule lentement, elle se manifeste essentiellement après
28 jours. Des chercheurs ont montré que cette réaction est pratiquement constante entre 2 et
28 jours, mais après 28 jours, l’activité pouzzolanique augmente, faisant croître la résistance
mécanique et la durabilité.
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId12 n'a pas été trouv é dans le fichier.
28 jours 90 jours 1 an
Figure I. 5 : Variation de la taille des pores dans une pâte de ciment avec addition des
matériaux pouzzolaniques en fonction du temps [NGU 2006].
13
Chapitre I Microstructure du béton
Dans cette partie, nous montrons quelques paramètres géométriques qui permettent de
quantifier un milieu poreux.
I.5.1.1 La porosité
Le paramètre le plus connu est certainement la porosité P qui est définie comme étant le
rapport entre le volume des vides Vv et le volume total Vt.
୴
P= I.1
୲
Avec : Vt = Vv + Vs I.2
Ce paramètre nous donne une information quantitative sur le volume des vides ; mais il ne
nous donne aucune information sur la répartition de la taille des pores en 3D.
La figure I.6 représente un milieu poreux non-saturé. Les zones noires représentent le solide,
les zones grises l’eau. La porosité est constituée des zones blanches et grises.
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId13 n'a pas été trouv é dans le fichier.
Figure I.6 : Représentation schématique des différents constituants d’un milieu poreux non-
saturé [AFR 1997].
Nous constatons que l’utilisation des volumes n’est pas suffisante pour la description de la
répartition de la taille des pores dans les différentes phases (solide, eau, gaz).
La masse volumique sèche ρd (en g/cm3) et la porosité P (en %) sont obtenues par les
formules suivantes :
(ெ ೞ.ఘೌೠ )
ߩௗ = (ெ I.3
ೌೝିெ ೌೠ )
ெ ೌೝିெ ೞ
ܲ=ቀ ቁ I.4
ெ ೌೝିெ ೌೠ
14
Chapitre I Microstructure du béton
I.5.1.2 La tortuosité
Caractérise le chemin de l’écoulement d’un fluide à travers les pores. Elle est définie comme
étant le rapport entre le chemin effectif traversé par le fluide (Le) et la distance réelle entre les
deux points (L).
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId14 n'a pas été trouv é dans le fichier.
ଶ
߬= ቀ ቁ I.5
La perte en masse ∆M pour un échantillon de X jours est calculée par la formule suivante :
ெ ೌೝିெ
∆= ܯ I.6
ெ ೌೝ
En présence d’un volume Ve de fluide contenu dans ce volume disponible que constitue la
porosité, nous introduisons le paramètre θ qui représente la teneur volumique en fluide
condensé :
ߠ= I.7
ఘ. ఏ
߱= = = I.8
ೞ ఘ . ௗ
15
Chapitre I Microstructure du béton
ெ ିெ ೞ
ܵ= I.10
ெ ೌೝିெ ೞ
Il est possible d’estimer le taux de saturation uniquement à partir de la perte en masse ∆M,
grâce à la formule suivante :
Δெ ×ெ ೞ
ܵ= 1 − I.11
ఘఌ
Nous avons vu le rôle joué par la porosité du béton sur ses performances mécaniques et de
durabilité. De récents travaux [BOU 2012] ont été menés au laboratoire en vue d’optimiser le
squelette granulaire de nos bétons ordinaires. Cette approche devait agir sur la porosité de ces
derniers qui présentaient une porosité à l’eau plus ou moins élevée ; de l’ordre de 15 à 16%
[TOU 2012].
Dans le programme expérimental que nous avons réalisé au laboratoire, nous avons choisi
d’utiliser cette formulation optimisée.
I.7 CONCLUSION
16
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
II.1 INTRODUCTION
La durée de vie d’un ouvrage est devenue à la fois une exigence et un souci. On doit l’assurer
par une conception et une mise on œuvre adéquate, la prolonger, la quantifier d’où la création
de quelques indicateurs généraux de la durabilité que nous citons :
Parmi ces indicateurs on s’est intéressé à la diffusion des chlorures dans les ouvrages en béton
armé construits dans un milieu marin. Les ions chlore accélèrent la corrosion des armatures
qui engendre l’éclatement du béton d’enrobage.
Dans le présent chapitre, on présente tout d’abord, une définition de la durabilité et de ces
indicateurs notamment la porosité accessible à l’eau et la diffusion des chlorures qui reste
l’objectif de notre travail et quelques notions sur les essais de diffusion et migration en régime
stationnaire et transitoire. A la fin, on ouvre une fenêtre sur les techniques de réparation des
ouvrages qui ont déjà été contaminé par l’attaque des agents agressifs.
La durabilité est définie par la norme NF X 50-501 (durée de vie et durabilité des biens)
comme « l'aptitude d’une entité à accomplir une fonction dans des conditions données
d’utilisation et de maintenance, jusqu’à ce qu’un état-limite soit atteint ».
Pour les matériaux et les ouvrages, on parlera plutôt de durabilité pour le matériau et de durée
de vie pour les ouvrages. La durée de vie d'un ouvrage étant le temps durant lequel l’ouvrage
remplit en toute sécurité les fonctions pour lesquelles il a été construit, compte tenu des
conditions de service et des exigences économiques. On emploie aussi le terme de durée de
service [KHE 2005].
La durée de vie d'un ouvrage de génie civil résulte de l’interaction de nombreux facteurs,
parmi lesquels [KHE 2005] :
18
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
La carbonatation est la cause des différentes modifications dans la structure du matériau. Elle
provient de la pénétration du dioxyde de carbone (CO2) dans le béton, qui se dissous dans
l’eau et réagit avec l’hydroxyde de calcium (Ca(OH)2 - sous forme de silicates de calcium ou
de portlandite) pour former du carbonate de calcium (CaCO3). Ce phénomène est appelé la
carbonatation, il en résulte la diminution du pH de la solution interstitielle.
Lorsque la carbonatation atteint les armatures, elles sont dépassivées puisque la couche de
passivation est stable juste dans un milieu basique, donc on aura de la corrosion.
La carbonatation n’altère pas forcément les propriétés mécaniques du béton, elle les améliore
dans certains cas. Elle met uniquement les armatures en danger. La vitesse de la carbonatation
dépend de la teneur en humidité du béton, et aussi de la perméabilité au gaz du béton pour que
le CO2 pénètre au sein du réseau poreux.
19
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
II.3.3 La diffusion
Est la propagation des ions chlores véhiculés par l’eau dans le réseau poreux du béton
d’enrobage. Lorsqu’ils atteignent les armatures en quantité suffisante appelée «concentration
critique», les aciers vont être dépassivés et la corrosion est amorcée pour se propager ensuite
en présence d’oxygène. Ce taux limite est fonction du rapport entre les ions chlores et les ions
hydroxydes présents dans la solution interstitielle [KAY 1995] et du traitement de la surface
des armatures [BUE 1995].
La perméabilité définit la capacité d’un matériau à être traversé par un fluide sous gradient de
pression. La perméabilité d’un milieu poreux dépend, non seulement de sa porosité mais aussi
de la connectivité, la tortuosité et la constructivité du réseau poreux liée à la taille des pores
[SCR 2001]. Ce paramètre peut être déterminé selon deux façons.
Il existe deux types d’écoulements lors d’un écoulement laminaire du gaz à travers le béton :
le premier est un écoulement par glissement; le second est l’écoulement visqueux. Dans le cas
d’un écoulement dans un tube capillaire rectiligne, le profil de vitesse du fluide est modifié et
la vitesse n’est pas nulle aux parois (Figure II.2). La vitesse d’un écoulement par glissement
augmente lorsque le libre parcours moyen des molécules du gaz augmente, donc quand la
pression du fluide diminue [PIC 2001].
La perméabilité intrinsèque kv est évaluée par l’approche de Klinkenberg [KLI 1941]. Elle est
calculée à partir de mesures de la perméabilité apparente kA pour différentes pressions
d’injection et est exprimée par la relation II.3 :
20
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
ఉ
ܭ = ܭ ቀ1 + ೖ ቁ II.3
Figure II.3 : Exemple et interprétation d’un graphe kA = ƒ (1/Pm) obtenu à partir de mesures
expérimentales [AMO 2009].
D’après Picandet [PIC 2001] la vitesse d’écoulement gazeux à travers un échantillon fissuré
est très élevée, l’écoulement peut devenir turbulent. L’équation du flux gazeux est de même
forme que l’équation de Forchheimer [DUL 1979], la contribution des écoulements par
glissement peut alors être négligée :
ௗ
− = ܽ௧ߤ ݒ+ ߚ௧ߩݒଶ II.4
ௗ௫
21
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Lorsque les vitesses d’écoulement sont faibles, le deuxième terme de l’équation peut être
négligé et l’équation II.4 se traduit alors par la relation de Darcy avec :
ଵ
ܽ௧ = II.5
ೇ
En régime permanent le flux du gaz est constant, l’équation de conservation peut alors s’écrire :
ఘమ௩మ
=ݒ II.6
ఘ
En remplaçant les équations II.5 et II.6 dans II.4 on obtient la relation suivante :
ଵ ௗ
− ߩ = ܽ௧ߤ + ߚ௧ߩݒ II.7
ఘమ௩మ ௗ௫
En supposant que le gaz a le comportement d’un gaz parfait, cette relation s’écrit
ଵ ௗ ெ
− ߩ = ܽ௧ߤ + ߚ௧ ߩݒ II.8
ఘమ௩మ ௗ௫ ோ்
൫భమିమమ൯ ெ మ
= ܽ௧ + ߚ௧ ቀ ቁܳଶ II.9
ଶఓమ௩మ ோ் ఓௌ
Les perméabilités kV et kA peuvent alors êtres déterminées par superposition de l’équation II.3
et II.8, l’équation II.9 peut donc s’écrire :
ଵ ଵ ெ మ
= + ቀߚ௧ ቁܳଶ II.10
ಲ ೇ ோ் ఓௌ
L’inverse de kA est alors présenté comme une fonction affine de Q2 dont l’ordonnée à
l’origine est égale à l’inverse de kV. Cette fonction, 1/kA = ¦(Q2), peut être identifiée à partir de
plusieurs mesures de kA pour des débits d’écoulement turbulents différents. Ces débits sont
obtenus en faisant varier la pression d’injection.
II.4 LA CORROSION DES ARMATURES
La solution interstitielle du béton est fortement alcaline avec un pH voisin de 13. A une telle
alcalinité, dans le cas de structure en béton armé, l’acier est normalement protégé de la
corrosion par une fine pellicule d’oxyde. On dit que l’acier est passivé. Si les conditions de
22
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
stabilité de la couche protectrice sont modifiées, l’état de passivation cesse et la corrosion des
armatures s’amorce. Les produits de la corrosion étant expansifs ils provoqueront dans un
premier temps la fissuration du béton de peau puis son éclatement.
Deux autres effets nuisibles pour la sécurité de l’ouvrage se produisent : la perte de section
utile combinée à la perte d’adhérence. Deux agents extérieurs contribuent à la dépassivation
des aciers : le dioxyde de carbone et les ions chlorures.
Figure II.4 : Processus de corrosion dans le béton armé [cité par TOU 2009].
Les ions chlores présents dans le béton peuvent venir de deux sources différentes. Soit au
moment du gâchage : l’eau utilisé contient des chlorures ou parfois certains adjuvants. Soit de
l’environnement extérieur : milieu marin ou sels de déverglaçage, qui diffusent dans le béton.
Il existe des chlorures dans le béton sous deux formes: les chlorures libres qui sont dissous
dans la solution interstitielle ou des chlorures liés à des hydrates du ciment ou adsorbés sur les
parois des pores. Les chlorures libres peuvent migrer à travers les pores du béton, sous l’effet
de gradient de concentration entre l’intérieur et l’extérieur.
Le transport de ces ions est liée à la porosité du béton. Elle décroit avec le rapport E/C et en
fonction de la concentration en sels de la solution interstitielle.
II.4.1.2 La dépassivation :
L’immunité des armatures est assurée par une sorte de film passif, issu de la création à la
surface des aciers noyés dans béton, d’une oxydation rapide formée par l’action de la chaux
libérée par les silicates de calcium sur l’oxyde de fer.
23
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Le processus de la corrosion induit par les ions chlores, s’amorce après l’affranchissement du
béton d’enrobage par ces derniers, et l’atteinte d’un seuil critique de concentration en
chlorures qui dépassivera suite à cet effet le film passif.
Les électrons libérés par la réaction d’oxydation se déplacent à travers le métal jusqu’aux sites
cathodiques. D’après les réactions précédentes, le processus conduit à une diminution du pH
et à un recyclage des ions chlorures.
Figure II.5 : Processus électrochimique de corrosion par chlorures dans le béton armé
[BAR 1992].
24
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Les produits de corrosion occupent un volume plusieurs fois supérieur au volume initial de
l’acier. Leur formation lorsqu’elle atteint un volume suffisant, peut alors entrainer une
fissuration du béton (généralement, un faciès caractéristique est observé, parallèlement à la
direction du lit d’armatures) puis son éclatement ou son feuillage. En termes de
caractéristiques mécaniques, la corrosion crée une diminution de la section d’acier mais
surtout une perte d’adhérence acier-béton.
D’un point de vue statique, un coefficient de variation de 30% est estimé [IZQ 2004] pour ce
critère. Des lois de distribution ont été également proposées pour les concentrations limites
en chlorures. En immersion, pour un béton CEM I d’un rapport E/C égale à 0,5, une loi
normale de valeur moyenne 1,5% (chlorures totaux en masse de ciment) et de coefficient de
variation 35% est présentée sur la figure II.7. Ces résultats ont été obtenus par simulation de
Monte-Carlo sur une loi empirique identifiée entre le potentiel électrochimique des armatures
et la concentration critique en chlorures totaux dans des mortiers [IZQ 2004].
25
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Figure II.7 : Loi de distribution de la concentration critique en chlorures totaux pour un béton
CEM I, en immersion avec E/C = 0,5 [IZQ 2004].
26
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
డ డమ
=ܦ II.11
డ௧ డ௫మ
〈x ଶ〉 = (2Dt) II.12
್்
=ܦ II.13
గఎோ
27
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Dans les bétons saturés, le principal mode de pénétration des chlorures est la diffusion à
travers les pores qui contiennent la solution interstitielle. Dans le cas de la diffusion en régime
stationnaire, le flux devient constant. Alors, on peut obtenir le coefficient de diffusion effectif
en régime stationnaire De à partir de l’équation II.14 :
ࡶ
ܦ = − ࣔࢊࢌ II.14
ࣔ࢞
L’essai consiste tout d’abord à saturer l’échantillon puis on le dispose entre deux
compartiments de concentrations différentes en chlorures ; le plus souvent nulle dans le
compartiment aval. Sous l’effet du gradient de concentration de part et d’autre de
l’échantillon, les chlorures diffusent au travers de celui-ci d’amont vers l’aval. Cet essai est
appelé essai de diffusion. En renouvelant régulièrement les solutions dans les compartiments,
le gradient de concentration reste constant. Ce renouvellement nous permet de mesurer au
cours du temps, le flux de chlorures ayant traversé l’échantillon.
28
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Le régime permanent apparaît au bout d’un certain temps et se traduit par la partie linéaire de
la courbe. Les mesures sont effectuées jusqu'à l’observation d’un régime stationnaire. Le
gradient de concentration devient alors constant dans le liquide interstitiel. Le coefficient de
diffusion effectif s’écrit à partir de la première loi de Fick :
ܦ = ܬ II.15
బ ௗ
Avant d’atteindre le régime permanent, le temps passé est appelé le temps de retard. Sa
formule est la suivante :
ఈమ
ܶ = II.16
29
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
ioniques en présence pour l’exprimer avec l’équation de Nernst-Planck. Les valeurs obtenues
dépendent donc de la concentration Cup et du cation associé à Cl-.
La durée de cet essai dépend de l’épaisseur de l’échantillon et des caractéristiques du béton
comme le type de ciment (la capacité de fixation augmente la durée du régime transitoire), le
rapport E/C, la taille des granulats. Cependant, le délai d’obtention du régime permanent est
très long, plus d’un an pour un échantillon d’un béton ordinaire de 3 cm d’épaisseur.
La surface accessible est exposée à une solution salée pour une durée déterminée. La méthode
nordique NT Build 443 [NT BUILD 1995] recommande une immersion de 35 jours dans une
solution de Cl- de sodium à 165g /l, tandis que la procédure AASHTOO T 259 [NT BUILD
1999] prévoit une durée de 90 jours et une solution NaCl de 3% (30g/l). A la fin de la période
d’exposition, le profil de concentration est déterminé comme indiqué sur la figure II.11. De la
poudre de l’échantillon, à différentes profondeurs, est collectée par grignotage puis les Cl-
totaux sont mesurés par dosage titrémitrique de la solution.
30
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Figure II.11 Profil en chlorures dans le béton après immersion [APP 2010].
Les paramètres du profil expérimental sont déterminés par ajustement des points
expérimentaux au profil théorique.
௫
ݔ(ܥ, ܥ = )ݐ + (ܥ௦ − ܥ )݂݁ܿݎ൬ ൰ II.17
ଶඥೌ (௧ି௧ೣ)
L’équation est une solution de la seconde loi de Fick, elle caractérise une diffusion pure sans
interaction chlorures/matrice. Le coefficient de diffusion ܦ doit être déterminé à partir des
concentrations en ions chlorures libres. Dans le cas où la concentration en chlorures libres n’a
pas pu être déterminé, le calcul se fait à partir des chlorures totaux [HEN 2000].
Avec ݔ(ܥ, )ݐla quantité de chlorures totaux (mol/kg de béton) au temps t(s) et à l’abscisse
x(m), ܥ௦ la concentration en surface de l’échantillon (mol/kg de béton), ܥ la concentration
initiale dans l’échantillon (mol/kg de béton), Da le coefficient de diffusion apparent (m2/s), et
ݐ௫ la durée de l’immersion (s).
Donc le coefficient de diffusion mesuré n’est pas le même que dans l’essai précédent
(coefficient de diffusion effectif De) puisqu’il prend en compte non seulement la
microstructure du béton mais aussi la capacité de fixation des chlorures. De plus, le
coefficient de diffusion apparent est considéré comme constant ce qui est vrai seulement si
les matériaux sont homogènes, non évolutifs et l’isotherme de fixation linéaire [NT BUILD
1995].
L’avantage principal de cet essai est d’être une bonne simulation des conditions d’exposition
réelles avec une durée d’essai acceptable. Cependant, la procédure d’obtention du profil en
chlorures par grignotage et dosages chimiques est longue et fastidieuse.
Le processus de diffusion des chlorures est un processus lent dont l’essai de diffusion et
d’immersion ne sont pas satisfaisants pour un béton au jeune âge ou encore en cas de besoin
de résultats rapides. Des essais de migrations ont été développés afin d’accélérer le transfert
des chlorures.
31
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Le principe de l’essai et le même que pour la cellule de diffusion, avec la mise en place
d’électrodes fixées sur les deux faces de la cellule et reliées à un générateur de tension.
L’échantillon du béton saturé est placé entre les deux compartiments amont contenant la
solution salée (KOH+NaOH+NaCl) et la cathode, et aval contenant (KOH+NaOH) et l’anode.
Sous l’effet du gradient de concentration et du champ électrique, les chlorures migrent de la
cathode vers l’anode.
Dans ce type d’essai, le générateur est réglé toujours pour obtenir un champ électrique de 12V
entre les deux faces de l’échantillon. Cette valeur est suffisante pour obtenir une bonne
accélération du mouvement des chlorures. Mais n’est pas trop élevée afin d’éviter toute
augmentation de la température (effet de joule), et la perturbation au niveau des cathodes,
notamment la formation des hypochlorites [PRI 1999]. L’exploitation se fait aussi en régime
stationnaire.
Le dosage régulier du compartiment aval, les quantités de chlorures obtenues ayant le même
type que ceux de la figure II.9. Mais la durée est beaucoup plus courte puisque le régime
devient permanent au bout de quelques jours. Lorsqu’on atteint ce régime c'est-à-dire le flux
devient constant, on peut donc déterminer le coefficient de diffusion à partir de la relation
Nernst-Planck. On considère que le potentiel électrique local n’est du qu’à la différence de
potentiel appliquée à l’échantillon, le coefficient de diffusion s’écrit :
ோ.்
ܦ = ܬ II.18
ி ೠ
Où ܬ est le flux effectif en régime stationnaire mesuré dans le compartiment aval
(mol/m2.s), ܦ le coefficient de diffusion effectif (m2/s),ܥ௨ la concentration en chlorure en
amont (mol/m3), F la constante de Faraday (96500 J/V.mol), T la température (K), U la
différence de potentiel entre les deux surfaces de l’éprouvette (V), et L son épaisseur (m).
32
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Cet essai est plus rapide puisqu’il combine à la fois l’utilisation d’un champ électrique et
l’exploitation en régime non permanent. L’avantage est de fournir un résultat au bout de
24 heures. On met en place une éprouvette de béton. Donc les chlorures se déplacent par
migration de la cathode à l’anode sous l’influence du champ électrique créé.
Pendant le régime transitoire, les chlorures traversant l’échantillon en formant un front
avancent à vitesse constante puis le régime permanent est atteint lorsque la concentration en
chlorures devient constante dans l’échantillon. La figure II.13 illustre le profil de
concentration en chlorures dans l’échantillon pendant l’essai de migration. L’essai a été
développé par Tang et Nilsson [TAN 1993] et fait l’objet de la norme NT Build 492
[NT Build 1992].
L’essai est réalisé sur un échantillon de 5 cm d’épaisseur, contenant une surface extérieure
recouverte d’une bande scellante de 15 cm de largeur. Cette dernière doit dépasser 10 cm de
part et d’autre de l’éprouvette pour retenir 150 ml de solution d’eau saturée en Ca(OH)2.
L’éprouvette scellée est d’abord immergée dans une solution contenant 3% de NaCl et
saturée en Ca(OH)2. La pénétration des chlorures dans l’éprouvette est accélérée par une
différence de potentiel de 30V.
33
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Figure II.14 : Schéma de principe de la méthode CTH NT BUILB 492 [TAN 1999].
Où ݔௗ est la profondeur de la pénétration limite des chlorures et ߙ est une constante de l’essai.
ோ் ଶ
ߙ = 2ට ݁ି݂ݎଵ ቀ1 − ቁ II.20
௭ష ி బ
34
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
La diffusibilité Q représente la synthèse de tous les paramètres qui influent sur le transfert des
ions chlorures dans le matériau cimentaire. Ces paramètres sont de deux types : la géométrie
de la structure poreuse et les interactions chimiques et électrochimiques qui se produisent à
l’interface parois pores/solution interstitielle [GDB 2007]. Dans la majorité des cas c’est la
géométrie des pores qui est prise en compte à travers la porosité (P), la tortuosité (τ) et la
connectivité (δ) pour déterminer la diffusibilité [VAN 1981].
ܳ = ܲߜ/߬ II.22
Avec :
Dans l’hypothèse où la convection est négligée, le transfert des ions chlorures en régime
stationnaire est régi par l’équation traduisant le couplage migration+diffusion [GDB 2007] :
డమ డ
ܦ −ܸ =0 II.24
డ మ డ
ி
Avec : ܸ= II.25
ோ்
35
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Notons que le coefficient de diffusion donné par II.28 est la solution exacte. Si le champ
électrique est suffisamment important pour pouvoir négliger la partie diffusion au profit de la
migration, on retrouve la formule approchée proposée par Andrade [AND 1993] :
ோ் ೌೡೌ
=ܦ II.29
ி ೌ
C’est une démarche qui consiste à suivre l’évolution du flux de chlorures dans le
compartiment amont, le coefficient de diffusion est donné par l’équation II.29 en remplaçant
ܬ௩ par ܬ ௧ [GDB 2007].
La théorie pour l’exploitation du résultat est un peu plus complexe, elle contient un certain
nombre d’hypothèses. Rappelons l’équation de conservation des chlorures dans le béton
saturé à l’échelle d’un volume élémentaire représentatif, où P, ߩௗ , c et ܥ sont respectivement
la porosité ouverte, la masse volumique sèche (kg/m 3), la concentration en chlorures libres
(mol/m 3) et la quantité de chlorures fixés (mol/kg de matériau sec) :
డ(ఘ ್) డ() డ
+ =− II.30
డ௧ డ௧ డ௫
Avec zେ୪ష et yେ୪ష la valence et le coefficient d’activité chimique des ions chlorures et ∅ le
potentiel électrique. On considère que les réactions chimiques et les chlorures fixés sont
négligées, ce qui se justifie par le fait que le champ électrique rend la vitesse de transport des
chlorures très rapide et diminue l’influence de ces réactions, donc il n’y a plus d’évolution de
la microstructure et par conséquence la porosité reste constante.
Par l’hypothèse du champ électrique est suffisamment fort, l’activité chimique et le couplage
électrochimique entre les ions soient négligés. Cette simplification nous permet de prendre en
compte une variation linéaire du potentiel électrique de telle sorte que son gradient soit
constant :
36
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
డ∅ ∆∅ೣ
= = − = −ܧ௫௧ = ܿ݁ݐݏ II.32
డ௫
37
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Tang et Nilsson ont proposé un terme correctif empirique, obtenu par ajustement numérique
pour prendre en compte ces écarts :
x = xୢ − 1,061xୢ,ହ଼ II.36
Pour une analyse complète, où le terme diffusif est négligé [30], la solution analytique à
l’équation II.33 est :
ࢠష ࡲࡱࢋ࢚࢞
ࢉ ࢞ ࢠష ࡲࡱࢋ࢚࢞√ࡰ࢚ ࢞ ࢠష ࡲࡱࢋ࢚࢞√ࡰ࢚
ࢉ= [ࢋ࢘ࢌࢉቀ − ቁ+ ࢋቀ ࡾࢀ
࢞ቁ
ࢋ࢘ࢌࢉቀ + ቁ] II.37
√ࡰ࢚ ࡾࢀ √ࡰ࢚ ࡾࢀ
38
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
ୖ ଶୡౚ
α = 2ට erf ିଵ ቀ1 − ቁ II.44
ిౢష ୡబ
La forme finale de l’équation II.43 est utilisée dans la norme NT Build 492 pour évaluer, en
migration, le coefficient de diffusion apparent en régime transitoire.
En juillet 2004, l’AFGC a publié un document sur la maîtrise de la durabilité des ouvrages
[AFG 2004]. Dans ce document, on trouve un tableau qui donne une récapitulation des
caractéristiques de la durabilité d’un béton, et une idée sur le classement des bétons selon ses
caractéristiques. La classification est présentée dans le tableau II.1.
CLASSES
Durabilité TRES FAIBLE MOYENNE ELEVEE TRES
FAIBLE ELEVEE
G Porosité accessible
14 à 16 12 à 14 9 à 12 6à9
à l’eau (%) P
S Porosité mesurée par > 16
intrusion de mercure 13 à 16 9 à 13 6à9 3à6
(%) PHg
S Résistivité électrique 250 à
< 50 50 à 100 100 à 250 > 1000
(Ω.m) ρ 1000
G Coefficient de
diffusion effectif des >8 2à8 1à2 0,1à1 < 0,1
chlorures De
(10-12 m2/s)
G Coefficient de
diffusion apparent des
chlorures-essai 1à5 <1
migration- Da
(10-12 m2/s)
> 50 10 à 50 5 à 10
G Coefficient de
diffusion apparent des
chlorures <5
-essai diffusion-
(10-12 m2/s)
G Perméabilité apparente
aux gaz > 1000 300 à 1000 100 à 300 10 à 100 < 10
(10-18 m2) Kgaz
G Perméabilité à l’eau
liquide > 10 1 à 10 0,1 à 1 0,01 à 0,1 < 0,01
-18 2
(10 m ) Keau
39
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Cette technique utilise un matériau qui est le LANKOGUNITE 765, de granulométrie 0,8 mm
et de résistance mécanique à la compression à 28 jours de 55 MPa. Il est conditionné en sac de
25kg.
Le matériel utilisé pour la réparation est un compresseur et une machine à béton projeté à
barillet. La machine a besoin de deux opérateurs, un à la lance et l’autre à la machine, un pour
la manutention des sacs ainsi qu’un chef chantier pour le contrôle de l’exécution.
La projection doit se faire à une distance de 0,60 à 1,20 m d’une manière lente et
perpendiculaire à la surface afin d’éviter tout rebond de la matière.
A la fin de la projection, on vérifie que tous les aciers sont recouverts, pour assurer un bon
enrobage.
40
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Avantages Inconvénients
- Le produit n’est pas coûteux - Aspect final irrégulier
- Prêt à l’emploi - Condition de travail pénible
- Un nombre limité d’ouvriers - Formation spécifique du projecteur
- Une bonne compacité puisque la force - Perte par rebond de 30%
d’impact est grande - Matériel peu courant
- Grand diamètre de tuyaux à cause du
matériau sec
Cette technique utilise un matériau qui est le LANKOREP 735 d’une granulométrie 0,2 mm et
résistance à la compression à 28jours de 55MPa. Il est conditionné en sac de 25kg.
Pour la réparation, on a besoin d’une machine à béton projeté. Trois opérateurs de projection
un à la lance et deux à la machine : un pour la manutention des sacs ainsi qu’un chef du
chantier pour le contrôle.
La machine à projeter effectue automatiquement le mélange eau-produit suivant le réglage à
prédéfinir. Le taux de mouillage est de 3.5l pour un sac de 25kg de produit.
La projection par voie humide se fait à une distance plus courte, 20cm du support, elle
s’effectue en une ou plusieurs passes de 5cm d’épaisseur.
On doit contrôler aussi que tous les aciers sont recouverts pour respecter le critère d’enrobage.
41
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Avantages Inconvénients
- Bonne quantité du support - Utilisation compliquée par le dosage en eau
(aspect final satisfaisant) - Problème de prise rapide et de colmatage
- Très peu de pertes à la dans les tuyaux
projection. - Peu de puissance d’impact et passes limitées
- Coût élevé du produit
- Ouvriers nombreux
- Nettoyage régulier et précis du matériel
- Sensibilité du retrait
Cette technique utilise le même produit que celui de la projection par voie humide. Elle
nécessite la présence de deux maçons qualifiés pour la projection et un manœuvre pour la
fabrication du mortier. Et aussi un chef de chantier pour le contrôle.
Le dosage est le même que pour la précédente technique de projection (3.5l d’eau pour 25kg
de produit). La réparation manuelle s’effectue sous forme de plusieurs couches sans lisser le
produit avant la réalisation de la dernière couche afin d’assurer une bonne adhérence entre les
couches.
Avantages Inconvénients
- Aspect final satisfaisant - Utilisation compliqué par le dosage en eau
- Très peu de perte - Peu de compacité puisque la force de
- Nombre limité de personnel projection est faible
- Meilleur pour les petites surfaces - Rendement limité
- Epaisseur de passes limitée à 5 cm
- Coût du produit élevé
- Sensibilité au retrait
- Main d’œuvre qualifiée
Cette technique consiste en la mise en place du béton dans un coffrage. Elle utilise un produit
désigné sous le nom de Technia S102 prêt à l’emploi, conditionné en sac de 35kg.
Le mélange se fait en respectant la fiche technique avec un taux de mouillage d’eau/produit de
7%. Le matériau a un comportement similaire à un béton auto plaçant, pour cela on doit
effectuer une densification à l’aide d’une aiguille vibrante.
Le matériel nécessaire pour cette réparation est une bétonnière pour faire le mélange et des
coffrages. Pour la main d’œuvre, on a besoin d’un maçon qualifié pour réaliser le coffrage et
deux manœuvres pour le mélange. L’aspect final extérieur est celui du béton coffré classique.
42
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons
Avantages Inconvénients
- Cout du produit réduit - Rendement limité pour cause de
- Matériel et Main d’œuvre classique manutention du coffrage
- Aspect final satisfaisant - Maintien et manipulation des coffrages
II.10 CONCLUSION
Un nombre important d’ouvrages en béton armé ont été construits dans des milieux et des
environnements marins dans le cadre d’opérations de développement industriel ou touristique.
Ces environnements salins ne sont pas des milieux où les ouvrages en béton accusent des
pathologies souvent graves dans le temps. En effet, les agents agressifs pénétrant dans le
béton d’enrobage corrodent les armatures et créent la rouille, dont le volume augmente
provoquant l’éclatement du béton.
Parmi les indicateurs de durabilité, on s’est intéressé surtout à la porosité accessible à l’eau, à
la diffusion des chlorures ainsi qu’à la migration des ions chlores sous champ électrique.
La diffusion des chlorures se fait en deux phases : un régime non stationnaire ou o, parle du
temps de retard et du coefficient de diffusion apparent, et un régime stationnaire qui se traduit
par la partie linéaire de la courbe. Sa pente nous permet de calculer le coefficient de diffusion
effectif.
Pour bien comprendre l’essai de diffusion et les méthodes de détermination du coefficient de
diffusion, on s’intéresse dans le chapitre suivant à la diffusion ainsi qu’aux deux lois de Fick
et de Nernst-Planck.
43
Chapitre III Méthodes et expérience
III.1 INTRODUCTION
L’estimation des propriétés de transport dans les bétons par la mesure d’un transfert de masse
est nécessaire dans le but d’évaluer la durabilité des ouvrages en béton armé. Les lois
régissant le transport de la matière et notamment celle visant la pénétration des chlorures en
l’occurrence, permettent d’en définir un paramètre fondamental caractérisant la diffusivité à
travers le matériau étudié. En outre, beaucoup de méthodes et expériences peuvent élucider le
comportement des matériaux cimentaires vis-à-vis des espèces agressives telles que les
chlorures.
Dans ce chapitre, on met en exergue les lois qui tiennent compte de cette problématique,
notamment : les lois de FICK et de NERNST-PLANCK.
Souvent les matériaux cimentaires pour lesquels l’épaisseur peut être réduite tout en
conservant une bonne représentativité du matériau, on se sert de la méthode (V.E.R) qui est le
volume minimum à prendre en considération pour que, une fois appliquée la théorie
d'homogénéisation, le résultat obtenu soit représentatif du comportement macroscopique du
milieu hétérogène.
Le transport a lieu au niveau poral ; cela dit à l’échelle microscopique. Un passage à l’échelle
macroscopique est recherché en extrapolant convenablement les diverses grandeurs
microscopiques sur un volume bien défini afin d’avoir la grandeur macroscopique adéquate
pour expliquer mathématiquement le phénomène (voir figure III.1) :
En zoomant encore plus le volume élémentaire on s’aperçoit et en détail les moindres phases
de transport dans ce dernier. Comme le montre la figure III.2:
45
Chapitre III Méthodes et expérience
Figure III.2 : Différentes phases de transport au niveau du volume élémentaire [KHE 2008].
Les phénomènes de transport diffèrent selon les conditions d’exposition de l’ouvrage étudié
ou à ausculter comme représenté dans la figure III.3 :
46
Chapitre III Méthodes et expérience
L’Adsorption
Est un phénomène de surface, réversible, durant le quel les molécules d’un fluide se fixent sur
les surfaces solides d’un adsorbant. L'adsorption physique se fait par des forces d'interactions
physiques. Elle se produit sans modification de la structure moléculaire et est parfaitement
réversible. Dans le cas de l'adsorption chimique, il y a réaction chimique entre l'adsorbant et
l'adsorbat. L'énergie mise en jeu est alors une énergie de liaison et le processus est alors
beaucoup moins réversible, voire souvent irréversible. Le phénomène d'absorption est parfois
répertorié sous le terme de sorption.
La convection
Mouvement vertical généré par des forces ascensionnelles dues à l’instabilité statique,
généralement provoqué par un refroidissement à proximité de la surface ou par un
accroissement de la salinité dans le cas d’un océan ou par un réchauffement à proximité de la
surface dans le cas de l’atmosphère. A l’endroit où se produit la convection, l’échelle
horizontale est presque la même que l’échelle verticale, par opposition au contraste prononcé
existant entre ces échelles dans la circulation générale. Le transfert de masse vertical net est
généralement très inférieur à l’échange vers le haut et vers le bas.
L’advection
Déplacement des propriétés d’une masse d’eau ou d’air (température, traceurs chimiques,
etc.) par suite du mouvement du fluide. Pour ce qui est de la distinction entre advection et
convection, le premier terme se réfère aux mouvements de grande amplitude, généralement
horizontaux, de l’atmosphère ou de l’océan, alors que la convection se rapporte à des
mouvements généralement verticaux, induits localement.
La diffusion
Est un phénomène irréversible, et un transport spontané de la matière suite à une agitation
thermique, qui tend à uniformiser la distribution, donc s’effectuant dans le sens des
concentrations décroissantes.
Dans cette zone, le matériau adsorbe l’humidité par condensation capillaire et par capillarité.
Le sel présent dans le matériau vient de la zone exposée aux marées. Il s’est propagé par
diffusion. Ce sel présent dans le réseau poreux va modifier les équilibres liquide/vapeur
existant au sein du matériau [BON 1999] cité par [KHE 2008].
Dans ce cas de figure, l’aspect fluctuant des marées complique le transfert des chlorures. Lors
de la marée montante (mouillage) le matériau partiellement sec subit une imbibition. Le
mouvement des ions chlorures se décompose en deux phénomènes physiques:
47
Chapitre III Méthodes et expérience
Plusieurs auteurs dont Nielsen [NIE 1991] néglige la diffusion dans le transport des ions
chlorures lors d’une imbibition. Cette hypothèse au vu des vitesses de propagation, semble
satisfaisante.
Dans le cas ou cette marée est descendante (séchage) le phénomène est d’autant plus
complexe. Les chlorures se propagent par diffusion ou convection si la continuité de la phase
liquide est assurée. Or dans le cas du séchage, le mouvement de l’eau se fait d’abord sous
forme liquide puis à une certaine teneur en eau la phase liquide n’est plus continue et alors le
transfert se fait sous forme de vapeur. On peut constater une limite en teneur en humidité pour
laquelle il n’y a plus de continuité de la phase liquide. Le mouvement des ions chlorures par
convection et diffusion n’est alors plus possible. Cette limite en humidité relative est autour
de 75-80% dans le cas de l’eau pure [BUE 1995] cité par [KHE 2008].
La zone immergée
Dans cette partie totalement immergée, le béton est saturé en permanence et donc la diffusion
est pure suivant un gradient de concentration en chlorures. Le déplacement des ions est
unidirectionnel en régime stationnaire et sans la prise en compte des interactions avec la
matrice solide, on peut l’exprimer avec la première loi de Fick ainsi :
డᇲ
=ܬ−ܦ III.1
డ
Cependant, les processus diffusionnels peuvent être compliqués par la présence des
interactions physico-chimiques entre le matériau et l’espèce chimique diffusante. Si l’on
considère ces interactions la seconde loi de Fick devient :
డఘబ డమᇲ డ
= ܦ − ߩ III.3
డ௧ డ మ డ௧
48
Chapitre III Méthodes et expérience
III.2.2 Récapitulatif
La pénétration des ions chlores nécessite la présence d’une phase liquide. En milieu saturé, ou
partiellement saturé mais avec interconnexion de la phase liquide du béton poreux, les ions
chlorures pénètrent dans le béton par diffusion. Cette dernière résulte de l’agitation aléatoire
d’espèces soumises à un gradient de potentiel chimique. Pour les parements soumis à des
cycles d’humidification et de séchage (zone de marnage ou sels de déverglaçage), les
chlorures pénètrent tout d’abord par absorption capillaire et migrent avec la phase liquide par
convection dans la zone concernée. La progression se fait par diffusion dans la partie à
saturation constante. La cinétique de diffusion est théoriquement indépendante de la taille des
vides (pores ou fissures) [AFGC 2004]. Les transports par diffusion peuvent intervenir sous
deux formes : en phase liquide ou en phase gazeuse.
Il s’agit des parties supérieures de la figure III.3 là où les ouvrages subissent le marnage et
l’arrivée des embruns en leurs surfaces. Mais il faut tout d’abord transposer les lois de
transfert définies à l’échelle microscopique à une échelle macroscopique. Ce passage est
effectué en tenant compte de la section réelle de passage (eau condensée) et du cheminement
tortueux de la phase gazeuse à travers les pores. Ce dernier élément sera pris en compte à
l’aide d’un facteur de tortuosité inférieur à 1. Ainsi la loi de Fick devient à l’échelle
macroscopique [KHE 2008]:
Où :
θl : teneur volumique en liquide
Dv : diffusivité à la vapeur (m2/s)
τ : la tortuosité
ρv : la masse volumique
Et si on considère la vapeur d’au tel un gaz parfait dont la loi est la suivant :
ܲ௩ = ߩ௩ܴ௩ܶ
Ainsi :
ଵ
ܬ௩ = −߬(ߝ− ߠ)ܦ௩ ∇ܲ௩ III.5
ோೡ்
Notre problématique traite l’attaque chlorhydrique dans la phase liquide, et nous rappelons
que notre étude simule le transport en condition saturée, en présence uniquement d’ions
chlores.
49
Chapitre III Méthodes et expérience
Il est largement reconnu maintenant que la loi de Fick est une simplification du transport des
chlorures puisque la solution interstitielle des bétons est fortement concentrée en diverses
espèces ioniques. Un champ électrique local se forme entre les différentes espèces ioniques.
La combinaison entre le potentiel chimique d’une espèce et le potentiel électrostatique formé
est appelée potentiel électrochimique, qui s’applique aux espèces électriquement formé est
appelée potentiel électrochimique, qui s’applique aux espèces électriquement chargées, et
s’écrit pour une espèce ἱ : [DEB 2008]
Où µἱ est le potentiel chimique qui s’exprime par le potentiel chimique standard µἱ0 et
l’activité chimique aἱ, R la constante des gaz parfaits (8,314J/mol.K), T la température (K), ࣴ ἱ
la valence, F la constante de Faraday (96480J/mol.K), et φ le potentiel électrique (Volt). Le
flux de l’espèce ionique s’exprime par le gradient du potentiel électrochimique :
ἱ
ܬἱ = − ∇ ܥμුἱ III.7
ோ் ἱ
Or, l’activité aἱ est reliée à la concentration Cἱ par le coefficient d’activité γἱ (aἱ= γἱ Cἱ),
l’équation III.8 sera donc :
డୡἱ ப୪୬(ஓ )
ἱ ࣴ ி பఝ
ܬἱ = −Dἱ ቀ1 + ቁ− Cἱ Dἱ ἱ III.9
డ௫ ப୪୬(େ ) ἱୖ ப୶
Où encore :
డୡἱ ப୪୬(ஓἱ ) ࣴἱ ி பఝ
ܬἱ = −Dἱ ቀ + Cἱ + Cἱ ቁ III.10
డ௫ డ௫ ୖ ப୶
Dans l’équation III.10, le flux est lié à trois termes : le gradient de diffusion, l’activité
chimique et le gradient du potentiel électrique. Tous n’influent pas dans le même sens.
L’influence de l’activité chimique (solution non idéale) reste négligeable par rapport au flux
ionique [Tan 1999] et [Tru 2000]. En conservant cette dernière hypothèse, l’équation III.10,
plus connue sous le nom de relation de Nernst-Planck, peut s’écrire pour un milieu saturé :
50
Chapitre III Méthodes et expérience
డୡἱ ࣴἱ ி பఝ
ܬ,ἱ = −Dୣ,ἱ ቀ + Cἱ ቁ III.11
డ௫ ୖ ப୶
La première loi de Fick est donc un cas particulier de l’équation de Nernst-Planck : elle
concerne les espèces non chargées seulement [7].
Où, Je,ἱ et le flux effectif de l’espèce ἱ et De,ἱ son coefficient de diffusion effectif.
On remarque que si le potentiel électrique est négligé, la première loi de Fick est retrouvée.
Le champ électrique local E (volt/m), créé par le mouvement des différentes espèces ioniques,
dérive du potentiel électrique φ :
డఝ
=ܧ III.12
డ௫
L’équation de courant et la condition d’électroneutralité permettent de le calculer :
ങἱ
డఝ ோ் ∑ ࣴἱ ἱ ങೣ
=− III.13
డ௫ ி ∑ ࣴἱమ ἱ ἱ
డమఝ ி
+ (∑ ࣴἱ ܥἱ ) = 0 III.14
డమ௫ ఢ
On écrit donc :
ோ்
ܦ = ቀ ቁܬ III.15
ாிబ
Où ,
J : Flux ionique,
R : Cste des gaz parfaits,
T : Température,
L : Épaisseur de l’échantillon,
Z : Valence d’un ion,
E : Potentiel électrique,
F : Cste de Faraday,
C0 : Concentration en Cl-.
La pénétration des chlorures dans le béton, sous l’effet du gradient de concentration, génère
leur diffusion au sein du matériau, et comme la fixation de l’espèce diffusante est partielle sur
51
Chapitre III Méthodes et expérience
les hydrates cimentaires, il est donc prévu que certaines résidus de ces espèces seront hors
réaction et en effet libre dans la solution interstitielle. On peut ainsi écrire :
Où :
Ct : chlorures totaux
Cb : chlorures fixés
C : chlorures libres
La fixation de ces ions les emprisonne, et les rend inertes. Dans ce cas, l’activité concerne
seulement les chlorures libres, qui poursuivent leur rôle diffusif en dépassivant
progressivement la couche protectrice des armatures dans le béton et amorce leur corrosion
dès lors que le béton n’arrive plus à piéger les ions libres contaminants.
Les chlorures liés dans un matériau cimentaire sont soit adsorbés sur les parois solides dans
les pores (fixation physique), soit liés chimiquement dans la matrice cimentaire par réaction
avec certains composés (fixation chimique) [DEB 2008]. Parmi les principaux composants
d’un ciment portland, ce sont les aluminates tricalciques (C3A) et les aluminoferrites
tetracalciques (C4AF) qui sont responsables de la fixation chimique. Ils forment,
respectivement des monochloroaluminates de calcium hydratés (ou sel de Friedel
C3A.CaCl2.10H2O) et des monochloroferrites de calcium hydratés (C3F.CaCl2.10H2O) [TAY
2004]. La quantité de sulfates présents dans le ciment tend à réduire cette fixation chimique.
En réagissant avec les aluminates par formation de sulfoaluminates de calcium, la fixation des
chlorures est atténuée.
La fixation physique est caractérisée par la surface offerte par les pores et la nature des
hydrates, notamment les silicates de calcium hydratés (C-S-H, produits de l’hydratation des
silicates tricalciques et bicalciques C3S et C2S).
Ainsi, la capacité de fixation physique dépend du rapport CaO/SiO2 des C-S-H : un rapport
faible conduit à une plus faible fixation car la charge positive à la surface des pores est plus
petite [Bea 1990].
La capacité de fixation des chlorures par la matrice cimentaire dépend de plusieurs paramètres
(la température, la nature du liant, la durée d’exposition la concentration initiale en chlorures,
etc.). Pour quantifier ces interactions, des isothermes reliant la concentration en ions libres
dans la solution interstitielle (Cf), à la teneur en ions liés à l’équilibre (Cb), sont généralement
tracées (voir figure III.4) [Has 2012].
Les équations souvent convoitées dans l’approche de ce phénomène sont assez redondantes
dans la littérature : celles de Freundlich et de Langmuir qui s’écrivent respectivement :
ఉ
ܥୀ ߙܥ III.17
್
ܥୀ ܿ III.18
ଵା ್
Où α, β, Cma, Cmb sont des coefficients empiriques représentant des paramètres reflétant
la nature de l’espèce chimique et de la matrice absorbante.
52
Chapitre III Méthodes et expérience
Mathématiquement parlant, on a pu sommer les deux fonctions ; celle Langmuir sera corrigée
par une puissance de type Freundlich, ainsi :
ఈభఉభ
ܥୀ + ߙଶܿఉమ III.19
ଵାఉభ
Où : α1, α2, β1 et β2 sont des coefficients déterminés par calage aux résultats
expérimentaux.
Le gradient de concentration est le moteur qui régit la diffusion des ions. En convection le
déplacement d’une espèce, est assuré suite à un gradient thermique. Et on s’intéresse donc au
cycle séchage-mouillage, qui affecte une bonne partie de l’ouvrage et qui, en période de
mouillage incite l’arrivée pénétrante des espèces dans l’eau au sein du béton par succion
capillaire, pour ensuite migrer dans la phase liquide par convection, et plus profondément et
dépassant la zone concernée des cycles, les ions migrent dans des milieux relativement saturés
par diffusion. Quant à la période de séchage, à des températures notamment assez élevées,
l’eau chargée en ions s’évapore par les pores capillaires, dégageant uniquement l’eau pure,
laissant derrière l’espèce ionique qui demeure dans la phase aqueuse. Ainsi la concentration
en ions augmente proportionnellement avec la répétition de ces cycles.
Dans ce sens [KHE 2008] a mentionné l’ampleur en terme de profondeur de pénétration, plus
lors de l’humidification d’un matériau avec une solution de contaminants en ions pendant une
journée qu’une diffusion ne peut atteindre en plusieurs mois. Aussi, [NEV 2000] a montré que
53
Chapitre III Méthodes et expérience
la répétition des cycles mouillage-séchage avec une certaine fréquence, enrichit la pénétration
des ions même dans les bétons à haute performance.
Voici les équations qui traduisent mathématiquement le transport des ions à travers un milieu
isotrope par diffusion ou convection.
డ
ܬ = )ܥ(ܦ + ܸ(ܥ)ܥ III.20
డ௫
Où :
Ji : le flux des ions,
D : coefficient de diffusion apparent,
C : concentration en ions,
V : vitesse résultante de l’ion.
డ డ
Aussi : = +ܨ
డ௧ డ௫
A B C D
Avec : A correspond au terme temporal, B au terme de diffusion (la dérivée seconde), C au
terme de convection (la dérivée première).
54
Chapitre III Méthodes et expérience
L’équation est exprimée en utilisant les chlorures libres ou totaux (l’une peut s’écrire en
fonction de l’autre), sauf si on tient compte des chlorures totaux, la variation de concentration
est égale à la différence des flux effectif entrant et sortant, et alors :
డᇲ
ܵ݀ܬ( = ݔ௫ − ܬ௫ାௗ௫). ܵ III.22
డ௧
Où :
Ct’ est la concentration en chlorures totaux. Ce qui est opportun d’écrire ainsi :
డᇲ డ
=− III.23
డ௧ డ௫
Où :
CB’ concentration des chlorures liés, C’ celle des libres, ρd masse volumique sèche du béton et
p sa porosité. Et donc III.19 s’écrit :
డ డ್ డ
ቀ + ߩௗ ቁ =− III.25
డ௧ డ డ௫
Dans le cas de la diffusion moléculaire, l’équation de Fick notée dans le chapitre III.3 s’écrit :
డ డమ డమ
= మ
= ܦ III.26
డ௧ ାఘ ങ್ డ௫ డ௫మ
ങ
C’est ce qui est connu sous l’appellation de la seconde loi de Fick. Afin de la résoudre
expérimentalement, on détermine le coefficient de diffusion et ainsi la cinétique de fixation
des chlorures.
55
Chapitre III Méthodes et expérience
C’est à [COL 1970] dont revient l’apanage, car c’était les premiers ayant pris l’initiative de
cette démarche décrivant le phénomène de transfert diffusif des chlorures au sein de la
solution interstitielle du béton. Fortement construit sur la considération constante de la
concentration en chlorures en surface, ainsi que le coefficient de diffusion apparent, le tout est
interprété par :
ݔ(ܥ, ܥ = )ݐἱ + (ܥ௦ − ܥἱ ) erf ܿ൬ ൰ III.27
ඥସೌ (௧ି௧ೣ)
Où :
C (x, t) : concentration en chlorures à la profondeur x de la surface exposée, Cἱ : concentration
en ions chlorures initiale dans la solution interstitielle, Da : coefficient de diffusion apparent,
Cs : concentration en ions chlorures à la surface exposée, t : âge du béton et tex : temps
pendant lequel le matériau était exposé aux chlorures, erf c est la fonction d’erreur.
Cette approche dite aussi multi-espèces, est moyennement plus réaliste que la précédente suite
à la considération d’autres ions autres que les chlorures. Ainsi, leurs charges qui génèrent une
accélération positive pour des espèces paresseuses (diffusivement parlant), et négative pour
des contaminants ioniques plus actifs. Et donc la création d’un champ électrique au sein de
leur milieu génère l’opposition de signes de certaines espèces ; cela est appelé champ de
diffusion électrique, qui en effet, permet d’assurer un mouvement concerté des ions lors des
phénomènes diffusifs imposé par le respect de la condition de l’électroneutralité [NGU 2007].
Le modèle semble opportun puisqu’il met en exergue la réelle simulation ou presque de l’état
de la solution interstitielle. Ce profil est acquis en résolvant numériquement l’équation de la
conservation de chacune des espèces, notamment : Cl-, Na+, K+ et OH- .peuvent être
également ajoutées les réactions de dissolution et précipitations des hydrates en présence en
utilisant leur constante d’équilibre pour rendre le problème encore plus complet [DEB 2008].
Considérant quatre espèces ioniques principales présentes dans la solution interstitielle, [MAS
1997] et [TRU 2000] ont utilisé cette approche pour décrire la pénétration des ions chlorures
56
Chapitre III Méthodes et expérience
dans le béton. [MAS 1997] considère la fixation des ions chlorures par une courbe
d’isotherme de type Langmuir. Le coefficient de diffusion effectif est identifié par la théorie
de la percolation. Par contre, [TRU 2000], utilise une isotherme de type Freundlich pour
modéliser les interactions ions-matrice et le coefficient de diffusion est déterminé
expérimentalement et considéré comme une fonction du temps cité par [DJE 2012]. Cette
approche reste malgré ses qualités, peu lacunaire car les mécanismes d’interactions ions-
matrice sont pas assez clarifiés car [DJE 2012] a cité que ces interactions sont décrites par une
courbe d’équilibre entre les ions en phase liquide et ceux en phase solide. Il est donc difficile
de tenir compte d’autres interactions chimiques telles que la sulfatation, la carbonatation ou la
lixiviation car ces phénomènes modifient aussi l’équilibre entre la phase solide et la phase
liquide [NGU 2007].Ce dernier l’a bien démontré dans une approche dite de type géochimie.
La diffusion peut être influencée par divers paramètres pouvant affecter les mécanismes de
transport diffusif des chlorures au sein des bétons. On peut citer la nature des ciments utilisés,
la cure des bétons, la température, la concentration initiale des chlorures dans le béton, la
classe de l’exposition de l’ouvrage, la qualité du béton, etc.
III.4.1 Compacité
De nombreuses recherches ont validé l’effet du rapport E/C sur le coefficient de diffusion
effectif. Ce dernier diminue avec la diminution de E/C et inversement. On sait maintenant que
le transport des espèces se fait à travers la matrice cimentaire, donc pour un rapport E/C
dégressif, la quantité du ciment dans le mélange est moindre; ainsi on a moins de chance d’y
trouver des chemins préférentiels favorisant la mobilité des ions. Il reste aussi à déterminer la
compacité optimale afin d’atténuer au mieux la porosité du matériau. [HER 2008] a constaté
d’après ses résultats que les bétons hautement optimisés présentent une plus grande résistance
à la pénétration des chlorures.
Récemment [GHO 2011], ont varié le rapport E/C, la classe du ciment et la durée de cure dans
leur étude.
57
Chapitre III Méthodes et expérience
Avec :
Béton1 : béton à base d’un ciment CEM II/A 42.5 de BéniSaf (≈ 01 mois de cure).
Béton2 : béton à base d’un ciment CEM II/A 32.5 de Zahana (≈ 01 mois de cure).
Béton3 : béton à base d’un ciment CEM II/A 42.5 de BéniSaf (≈ 08 mois de cure).
Ils ont constaté que l’influence du rapport E/C et la nature du ciment n’est pas très
significative vis-à-vis la fixation des ions chlores sur le béton, cependant une augmentation du
coefficient de diffusion des chlorures avec l’accroissement du rapport E/C (Figure III.6) pour
les bétons étudiés. En revanche, ce coefficient diminue avec l’augmentation de la classe de
résistance des ciments. De plus, une durée de cure plus longue favorise la diminution relative
du coefficient de diffusion.
Il a été démontré que certains ajouts minéraux ont conduit à la diminution du coefficient de
diffusion. [MOU, 10] a montré que l’ajout de la pouzzolane conduit à la formation de gel de
deuxième génération résultant de la réaction de la pouzzolane avec la silice, l’alumine et les
produits d’hydratation du ciment. Ce gel contribue à la réduction de la perméabilité du béton,
de la taille des pores et de la teneur en portlandite Ca(OH)2 ; atténuant ainsi la pénétrabilité du
béton et par conséquent la vitesse de la corrosion des armatures.
D’autres recherches menées sur les pâtes contenant des laitiers ou des cendres volantes [PAG
1981], [FRE 1994], [THO 1998] et [TAN 2003], ont mis en évidence un coefficient de
diffusion plus faible que celui des pâtes sans ajouts ; ceci pouvant provenir de la modification
de la structure poreuse des pâtes par formation de CSH, CAH et CAFH, créant une
microstructure beaucoup plus fine.
[TOU 2012], a travaillé sur la durabilité des bétons aux ajouts de pouzzolane en mesurant
plusieurs indicateurs (voir tableau III.1).
58
Chapitre III Méthodes et expérience
Le travail de Perreault [PER 2006] a révélé qu’une hausse de 35° C amplifie la pénétration
des chlorures de 70% ; d’ailleurs après six mois d’exposition aux chlorures, la profondeur de
pénétration est de 25 mm à 5° C et de 43 mm à 40° C (cf. figures III.7 et III.8).
59
Chapitre III Méthodes et expérience
[BEN 2011] a montré suite à l’endommagement volontaire du matériau que l’apparition des
microfissures et leur connexions, donne naissance à des chemins préférentiels qui favorisent
le transport des chlorures ; de surcroît, cette connexion du réseau poreux abâtardit la capacité
de fixation des chlorures par le béton (figure III.10). Ce travail a illustré aussi une diminution
du coefficient de diffusion pour des bétons non saturés ; cela laisse à soupçonner un éventuel
compactage du au chargement qui semble alanguir la porosité du matériau.
60
Chapitre III Méthodes et expérience
Pareillement, [4] a indiqué que la diffusivité du béton augmente linéairement avec l'ouverture
des fissures. Leurs résultats notent que les valeurs de diffusivité sont pratiquement constantes
jusqu'a une ouverture de 60 micromètres, ce qui suggère l'existence d'une valeur critique de
l'ouverture de fissures au-delà de laquelle la diffusivité commence à augmenter.
61
Chapitre III Méthodes et expérience
III.5 MOYENS
Faisant suite aux travaux d’optimisation du squelette granulaire, offrant à nos bétons locaux la
porosité minimale, notre programme expérimental préconise l’étude de l’effet de la durée de
cure ainsi que le rôle de l’ajout de la pouzzolane vis-à-vis de la durabilité de ces bétons. Les
moyens utilisés pour ce faire sont décrits dans ce qui suit :
Les bancs d’essais utilisés sont des cellules qui permettent de réaliser des tests sur des
échantillons de béton, en vue de déterminer le coefficient de diffusion des chlorures en régime
stationnaire ou non à partir d'essais de migration sous champ électrique. Ils permettent donc
de simuler au laboratoire les bétons qui sont en contact permanent avec l’eau de mer.
En régime stationnaire, un échantillon cylindrique de béton est placé au centre d'une cellule
constituée de deux compartiments qui contiennent, du côté aval, une solution exempte de
chlorures (solution basique), et du côté amont, une solution chargée en chlorures. On
provoque un champ électrique au moyen d’électrodes placées à chaque extrémité de la cellule
pour faire migrer les ions chlorures au travers de l’échantillon vers le compartiment aval.
L’essai consiste à mesurer la quantité d’ions chlore qui passe vers le compartiment aval.
62
Chapitre III Méthodes et expérience
La concentration en chlorures peut être évaluée à partir du dosage des chlorures dans la
cellule aval par dosages (analyses chimiques) ou par l’intermédiaire de la conductivité
électrique. Cette dernière méthode rend la détermination plus simple et moins coûteuse, mais
nécessite l’utilisation d’eau distillée dans la cellule aval et peut s’avérer moins précise. Une
autre méthode proposée par [TRU 2000] consiste à évaluer les concentrations à partir de la
cellule amont au lieu de la cellule aval. Il présente comme principal avantage d’être rapide,
puisque l’on se trouve en régime stationnaire dès le démarrage de l’essai. Elle offre également
la possibilité de tester des échantillons déjà contaminés par les chlorures. Le dosage amont
peut toutefois se révéler délicat du fait d’une faible variation de la concentration en chlorures
en comparaison de la forte concentration initiale [AFGC 2004].
III.6 CONCLUSION
La diffusion des ions chlores dans le béton, est en effet un phénomène complexe à cerner à
cause du comportement aléatoire des ions et de sa dépendance de plusieurs paramètres
intrinsèques et extrinsèques. Certes, les lois actuelles traduisent tant bien que mal ce transport
ionique ; cependant elles demeurent toujours imprécises, résultats de nombreuses hypothèses.
Donc pour simuler la réalité des faits, seule l’expérience du chercheur appréhende le mieux
les résultats récoltés au laboratoire, pour ensuite les synthétiser adéquatement dans un
contexte réel.
63
Chapitre III Méthodes et expérience
Il est a constaté que ce phénomène est fortement influencé par certains paramètres, comme et
en premier lieu la compacité du matériau, aussi la diminution du rapport E/C atténue d’un
pourcentage important le coefficient de diffusion, et même l’ajout de quelques suppléments
minéraux comme la pouzzolane a de l’incidence sur le phénomène.
Après avoir décrit et définit le phénomène diffusif, ainsi que les lois qui le gouvernent, en
outre les modèles servant à la prédiction de la progression des agents agressifs, nous avons
défini le mode opératoire préconisé pour notre travail de recherche, afin d’évaluer le
comportement des bétons locaux au contact de l’eau de mer. Pour ce faire, le chapitre qui suit
est consacré à la mise en revue des différentes étapes de notre recherche, à partir de la
confection des bétons et de leur préparation, jusqu’à la détermination du coefficient de
diffusion en utilisant un essai de migration sous champ électrique.
64
Chapitre IV Programme expérimental
IV.1 INTRODUCTION
IV.2.1 Ciment
Le ciment utilisé pour la préparation des bétons est le ciment CEM II/A 42,5 fabriqué à la
cimentaire de Béni Saf « Ain Témouchent ». Sa composition chimique est présentée par le
tableau IV.1.
Tableau IV.1 : Composition chimique du ciment de Béni Saf CEM II/A CPJ 42.5
[ TOU 2009].
Composition CaO
SiO2 Al2O3 Fe2O 3 CaO MgO K2O Na2O SO3 R.I P.F.
chimique libre
Teneur en (%) 27,97 5,43 3,05 56,37 0,71 0,43 0,30 2,53 0,75 9,11 3,11
La composition minéralogique du ciment CEM II/A 42,5 de Béni Saf, déterminée par les
équations de Bogue, est présentée par le tableau IV.2.
66
Chapitre IV Programme expérimental
Tableau IV.2 : Composition minéralogique du ciment de Béni Saf CEM II/A CPJ 42.5 [CHI
2009].
Composition Teneur en
minéralogique (%)
C2 S 25,69
C3 S 47,15
C3 A 2,84
C4AF 16,78
IV.2.2 Granulats
Sable de granulométrie 0-4 mm (avec une masse volumique apparente de 1752 kg/m3)
Gravier de granulométrie 3-8 mm
Gravier de granulométrie 8-16 mm
Gravier de granulométrie 16-25 mm
Avec une masse volumique de 1369 kg/m3.
IV.2.3 Pouzzolane :
67
Chapitre IV Programme expérimental
Les composants SiO2 Al2O3 CaO Fe2O3 MgO SO4 Cl P,F Total
Les teneurs (%) 74,48 12,83 1,51 3,92 0,34 Nul Nul 0,21 100,29
une formulation issue des travaux de Mr Bouterfas [BOU 2012] ayant optimisé le
squelette granulaire du béton avec un rapport E/L égal à 0,55 pour différentes échéances de
cure notés : BR28 pour 30 jours de cure et BR90 pour 90 jours de cure tout en considérant les
deux précédents taux de substitution du ciment par la pouzzolane naturelle (BP5 et BP10).
On introduit les constitutions dans un malaxeur par ordre décroissant de granulométrie, puis
on mélange à sec pendant 30 secondes. Après, on ajoute la quantité d’eau calculée et on
malaxe pendant deux minutes. La mise en place des bétons a été faite suivant les normes
françaises, en trois couches, chaque couche subit 25 coups selon les normes française
(NFP18-422 et NFP 18-404). Le détail des formulations sont résumés dans le tableau IV.3
68
Chapitre IV Programme expérimental
On a utilisé des moules cylindriques métalliques 16 × 32cm pour les essais d’écrasement et
des moules cylindriques en PVC 11×22cm pour la mesure des indicateurs de durabilité
(diffusion et porosité).
Toutes les éprouvettes ont subies la même cure conformément à la norme NFP18-404 et aux
recommandations de l’AFPC-AFREM (1997). Après 24 heures, ils ont été démoulées et
plongées dans l’eau à 20˚ C (bassin thermostaté) pendant 28 jours.
Deux éprouvettes de chaque composition ont été testées en compression à 28 jours en utilisant
le soufre pour le surfaçage afin d’assurer la répartition de la charge de compression sur les
surfaces latérales de chaque éprouvette. La machine utilisée est une presse automatique du
laboratoire de structures suivant la norme EN 206. Les caractéristiques mécaniques obtenues
à 28 jours sont présentées dans le tableau IV.4.
Pour les essais de diffusion et de porosité accessible à l’eau, on a utilisé les éprouvettes de
dimensions 11x22 cm. Après 28 jours dans l’eau, toutes les éprouvettes ont été découpées en
3 disques de 50 ± 1 mm d’épaisseur à l’aide d’une scie à béton. Chaque disque est numéroté
suivant son emplacement initial.
Puisque la somme des épaisseurs des trois disques vaut 15 cm et l’éprouvette fait 22 cm de
hauteur donc, en découpant les disques on évite les bords de l’échantillon pour ne pas tomber
dans le problème relatif à l’effet de bord. Tous les disques sont mis dans une étuve à 85° C
pour séchage afin d’atteindre une masse équivalente qui permet de les utiliser pour les essais
de porosité accessible à l’eau ou bien la diffusion après le résinage de leurs surfaces latérales
en vue d’assurer un transfert monodirectionnel.
69
Chapitre IV Programme expérimental
BR BP5 BP10
70
Chapitre IV Programme expérimental
Le corps d’épreuve est ensuite pesé immergé (pesée hydrostatique), puis pesé dès qu’il
est sorti du récipient (débarrassé toutefois du film superficiel d’eau et des gouttelettes à sa
surface).
Séchage en étuve ventilée à T=60° C jusqu’à masse constante, c'est-à-dire lorsque deux
pesées successives, espacées de 24 heures, ne différent pas plus de 0,05%.
L’épaisseur de l’échantillon doit être égale au moins trois fois celle du plus grand granulat.
La diffusion des Clି est un des indicateur très pertinent de la durabilité des ouvrages en béton
armé évoluant en milieu marin ou en contact avec le sel de déverglaçage.
Les ions chlorures pénètrent dans le béton selon des processus qui font intervenir la diffusion.
La diffusion est étudiée par expérimentation qui tient compte d’un ion principal dans la
solution interstitielle (Cl-) à partir d’un essai de migration sous champ électrique en régime
stationnaire. Le transport de cet ion est décrit par l’équation de Nernst-Planck à l’échelle
macroscopique avec des paramètres calculés à la même échelle.
Nous avons effectué les essais de diffusion sur trois échantillons de béton, dont deux sont
issus de la formulation d’un béton ordinaire (BR28 et BR90) pour voir l’effet de l’âge sur le
coefficient de migration et un troisième échantillon issu d’un béton à 10 % de la pouzzolane
(BP10) à un âge de 90 jours pour pouvoir le comparer à la référence (BR90) pour voir l’effet
de la pouzzolane. La préparation des échantillons est décrite dans les paragraphes suivants.
71
Chapitre IV Programme expérimental
Avant de commencer l’essai de migration, les échantillons doivent être complètement saturés.
Le principe consiste à placer un échantillon dans un dessiccateur étanche en le surélevant par
des cales afin d’optimiser la surface de contact.
Une fois le dessiccateur fermé, le vide est réalisé à l’aide d’une pompe à vide selon la
procédure AFPC-AFREM [AFR 1997]. On procède au dégazage du disque pendant
24 heures, ensuite, on introduit une solution basique (NaOH, KOH) à mi-hauteur de
l’échantillon pendant 24 heures ; enfin et afin d’assurer une saturation complète de
l’échantillon, le corps d’épreuve est immergé environ 2 cm sur sa génératrice supérieure
pendant 48 heures.
IV.5.2 Procédure
Pour la réalisation des essais de diffusion sur les échantillons de béton préparés, on utilise une
cellule de migration sous champ électrique. Cette cellule est composée de deux
compartiments cylindriques en PVC et plexiglas transparent, avec une capacité de 1,82 l pour
chacun. Pour bien fixer les deux conteneurs contre l’éprouvette, on utilise du silicone marin
autour de la périphérie de l’échantillon pour assurer l’étanchéité de part et d’autre du corps
d’épreuve. Pendant les deux premiers jours, les deux compartiments de la cellule sont remplis
d’une solution basique à 1 g/l de NaOH et 4,65 g/l de KOH afin de compléter la saturation et
aussi de vérifier l’étanchéité du système. Par la suite, la solution du compartiment amont est
remplacée par une solution basique chargée de NaCl à 30 g/l, concentration proche de celle de
l’eau de mer méditerranéenne. Ce type de solution est choisi pour se rapprocher du pH de la
solution interstitielle du béton et ainsi limiter les effets de lixiviation.
72
Chapitre IV Programme expérimental
Le champ électrique est apporté par l’intermédiaire de deux électrodes l’une sous forme de
disque en acier placé dans la partie amont (cathode) et l’autre sous forme de spirale en cuivre-
niobium dans la partie aval (anode), le tout est relié à un générateur de tension continue.
73
Chapitre IV Programme expérimental
En fait, l’arrêt de l’essai est conditionné par une évolution constante de la concentration
cumulée en fonction du temps.
Dans le générateur, on applique une tension de 15V pour avoir un potentiel de 12V imposé à
l’échantillon. Cette tension est mesuré à l’aide d’un voltmètre en utilisant une électrode de
référence (fig. IV.7), elle ne peut pas être constante durant tout l’essai, donc on doit la régler à
chaque fois.
L’ordre de grandeur choisi (12V) est adopté dans la littérature afin d’éviter la production
d’hypochlorite [PRI 1999], la limitation de l’échauffement par effet de joule [ARS 1999] et
la durée de l’essai.
La détermination des concentrations en chlorure est effectuée par dosage manuel en milieu
acide. La solution de titration est une solution de AgNO3 dont la concentration est de 0,05 M.
Le matériel utilisé pour ces titrations se compose d’une burette de 50 ml, un bécher de
100 ml, une balance analytique permettant de peser à 0,0001 g près, une microburette graduée
au 1/100ème du ml ainsi que des erlens meyer.
Titration
74
Chapitre IV Programme expérimental
ே ಲ
ܥష = 1000 ܯష (mg/l) IV.2
ುష
75
Chapitre IV Programme expérimental
La réalisation des dosages en chlorures par la méthode de titration manuelle peut mettre en
évidence des incertitudes de mesures d’autant plus grandes que les solutions à doser sont
concentrées et les volumes prélevés petits.
Pour cela, pour chacune des solutions à doser, 3 prélèvements au moins sont effectués. Le
résultat du prélèvement de la solution est obtenu en effectuant la moyenne des résultats de
chacun des dosages. Si l’un des échantillons présente une variation supérieure à 5 % par
rapport à la valeur moyenne des 3 échantillons, de nouveaux dosages sont effectués.
Cette expérience, nous permet de déterminer J, le flux d’ions chlorures passant à travers les
échantillons de béton. Connaissant J, il est ensuite possible de calculer Dmig, le coefficient de
diffusion des ions Cl-.
ோ்
ܦ = ܬ IV.3
௭ிாబ
Avec
J : Le flux des ions chlorures (mol/m2.s)
z : Valence de l’ion chlore égale à 1
E : Champs électrique mesuré (12 ± 1) V
L : Epaisseur de l’échantillon 0,48 ± 0,02 m
C0: La concentration du compartiment amont (0,513 mol/m3)
Dmig : le coefficient de diffusion de l’espèce ionique
F la constante de Faraday (96480 J/V.mol)
R la constante des gaz parfaits (8,314J/ (mol.K)),
T la température thermodynamique (293,15 ± 2) K
Le flux des ions chlorures est calculé à partir de l’équation suivante :
(∆)
=ܬ IV.4
ௌ௧
Avec :
(∆c) : La différence de concentration dans le compartiment aval (mol/m3) pendant un
temps t (s).
V : Le volume du compartiment aval (1.82 10-3 m3).
76
Chapitre IV Programme expérimental
IV.6 CONCLUSION
Dans ce chapitre on a présenté tout le programme expérimental que nous avons réalisé au
niveau de notre laboratoire notamment les essais de la porosité accessible et la migration des
chlorures au sein du béton.
On a travaillé avec le squelette granulaire optimisé de Mr Bouterfas, avec un rapport E/L égal
à 0,55. Et pour quelques comparaisons, on a utilisé la même formulation avec des ajouts
pouzzolaniques (5% et 10%).
La titration a été faite manuellement, on utilisant les nitrates d’argent et les chromates de
potassium afin de bien voir le point de virage et la couleur rouge brique.
D’après ces essais, les résultats obtenus sont affichés d’une façon très claire dans le chapitre
suivant ainsi que leurs interprétations.
Très important :
Nos résultats sont comparés à ceux trouvés par Mr. Touil dans son travail de magistère qui
date de 2009 car il a testé le béton de référence noté ici BO suivant le même procédés
expérimental que nous avons cheminé aussi.
77
Chapitre V Résultats et interprétations
V.1 INTRODUCTION
En vue de prédire la durabilité du béton, sujet de notre étude [Bouterfas, 2010], nous avons
choisi dans le cadre de notre programme expérimental de déterminer, au laboratoire, le
coefficient de diffusion des chlorures en régime permanent et d’étudier à la fois, l’effet de la
durée de cure du béton et l’impact de la pouzzolane comme addition au ciment sur la
migration des chlorures.
Dans ce chapitre, nous présentons les différents résultats des essais effectués ainsi que leurs
interprétations. On abordera, dans un premier temps, les résultats relatifs à porosité ouverte
des différents bétons étudiés et nous discuterons ensuite, des résultats des essais de migration
obtenus. De plus, la validation de nos essais se fera en les comparants aux résultats de la
littérature.
Au terme de cette compagne de caractérisation des bétons étudiés, le tableau V.1 récapitule
les propriétés mécaniques et les différents indicateurs de durabilité déterminés dans le cadre
de ce travail.
Porosité
Fc 28 accessible à l’eau
Masse volumique
(%) Dmig 10-12 Temps de
Échantillons apparente (MPa) (m2/s) retard (h)
(kg/m3)
(85° C) (65° C)
[3]
les coefficients de migration calculés après corrélation des courbes du régime stationnaire.
79
Chapitre V Résultats et interprétations
La porosité est considérée comme un paramètre extrêmement important pour caractériser les
bétons à cause de son rôle majeur. En effet, la porosité gouverne d’une part, les
caractéristiques mécaniques des bétons et d’autre part, la résistance à la pénétration des agents
agressifs.
14
13,5
13
28J de cure
12,5
90J de cure
12
11,5
11
BR BP10
80
Chapitre V Résultats et interprétations
14
12
10
8
porosité(%)
6
0
BR (28) BO (28) BP5 (28) BP10 (28) BP10 (90)
Résistance/Porosité
37
36 BR28
compression(MPa)
Résistance à la
35
34
33
32 BP5
31
30 BP10
29
12 12,5 13 13,5 14 14,5
Porosité (%)
La figure V.3 présente la relation linéaire qui existe entre la résistance à la compression et la
porosité accessible à l’eau des bétons étudiés. Il est clair que l’ajout de la pouzzolane n’est pas
81
Chapitre V Résultats et interprétations
favorable à l’amélioration de la porosité du béton local étudié. Ce résultat est en accord avec
les résultats obtenus par Touil dans son mémoire de magister [TOU 2009]) .
Après avoir discuté les résultats de la porosité, on présente les résultats de la diffusion des
chlorures au sein du béton.
Le coefficient de diffusion est calculé en condition saturée dans le compartiment aval en
régime permanant. Ceci permet d’éliminer en outre l’influence sur le coefficient de diffusion
des interactions des chlorures avec la matrice cimentaire. L’évolution en fonction du temps de
la concentration des chlorures traversant l’échantillon de béton et arrivant au compartiment
anodique, est déterminé par dosage titrimétrique manuel. La pente de la droite de cette
variation avec le temps permet de calculer le coefficient de diffusion effectif correspondant à
chaque type de béton testé et le temps de retard correspond à l’asymptote linéaire de la phase
du régime permanent, prolongée sur l’axe des abscisses de [TOU, 2009]. Les résultats sont
présentés sur la figure V.4.
Coefficient de migration
3,5
Concentration cumulée des chlorures (g/l)
3
y = 0,01x - 0,334
2,5
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
Temps (h)
Figure V.4: Évolution de la concentration des ions chlorures en fonction du temps des trois
types du béton.
Le tracé des droites présentées sur la figure V.4 a été effectué à l’aide du logiciel Excel. Ces
droites nous ont permis de calculer les coefficients de diffusion de chaque béton ainsi que
leurs temps de retard (voir tableau V.1).
Les bétons avec additions présentant des porosités plus grandes vis-à-vis du béton de
référence montrent des coefficients de diffusion relativement plus importants et un temps de
retard moindre qui se traduit par une faible tortuosité facilitant le transport diffusif des
82
Chapitre V Résultats et interprétations
chlorures. Par rapport aux résultats de Touil [TOU, 2009], le béton que nous avons étudié,
présente de meilleures performances.
Coefficient de migration
2
1,8
1,6
1,4
1,2
1
0,8 Dmig 10-12 (m2/s)
0,6
0,4
0,2
0
BR28 BR90
La figure V.5 montre qu’une durée de cure plus longue va dans le sens d’une diminution du
coefficient de diffusion, et cela revient à une production nettement plus substantielle des
C-S-H, qui comblent les pores en rendant les chemins plus tortueux, et mieux affermir ainsi le
matériau en fractionnant sa porosité capillaire.
Coefficient de migration
3,5
2,5
1,5 Dmig(10-12m2/s)
1
0,5
0
BO (28) BR (28) BR (90) BP10 (90)
83
Chapitre V Résultats et interprétations
On remarque sur la figure V.6, une augmentation du coefficient de diffusion dans le béton
avec l’ajout pouzzolanique (10%), même pour une durée de cure de 90 jours, ce qui reflète
une modification de la microstructure du béton étudié.
On constate aussi que notre de béton de référence a présenté des coefficients de diffusion situé
dans l’intervalle : 10-12 et 2.10-12 m2/s, ce qui le caractérise -selon le tableau II.1- par une
durabilité moyenne. En revanche, le béton ordinaire formulé par Touil [TOU, 2009] et le
béton aux additions pouzzolaniques à 10% sont caractérisés par une durabilité médiocre
(Dmig > 2.10-12 m2/s).
V.3 CONCLUSION
L’étude expérimentale nous a révélé que les bétons sans additions que nous avons étudiés,
présentent une durabilité moyenne qui les prédestinent à la réalisation des ouvrages marins.
84
Conclusion et Perspectives
CONCLUSION GÉNÉRALE
La résistance mécanique n’est plus le seul facteur pris en compte par l’ingénieur, dans le
calcul de la stabilité des structures en béton armé. La performance durabilité qui traduit le
vieillissement de ces structures dans des milieux agressifs, est d’actualité car elle peut être à
l’origine de la diminution de la durée de vie du béton armé soumis à des milieux d’agressivité
sévère. Nous nous sommes intéressés dans le cadre de ce travail expérimental à l’attaque des
chlorures des milieux marins sur les constructions en béton armé, qui reste un phénomène
complexe.
Nos résultats ont montré que le béton ordinaire testé présente une durabilité plutôt moyenne et
peut être préconisé dans la réalisation d’ouvrages marins, vu sa porosité relativement faible
qui traduit résistance à la compression supérieure à 30 MPa à 28 jours.
Aussi, nous avons montré que la pouzzolane avec un ajout supérieur à 5% au ciment composé
étudié, affecte négativement la structure granulaire du matériau en augmentant la porosité et
le coefficient de diffusion quand on passe d’un béton ordinaire (BR) à un béton à 10%
d’addition de pouzzolane (BP10). Néanmoins, une durée de cure plus longue est favorable à
l’amélioration du comportement de ce matériau car elle a contribué à la diminution du
coefficient de diffusion; où nous avons enregistré une réduction du coefficient de diffusion
d’un rapport de 77% quand on passe d’une cure de 1 à 3 mois.
PERSPECTIVES :
La recherche d’une meilleure compacité du béton ordinaire que nous avons étudié en
vue de voir passer sa durabilité de la classe moyenne à bonne.
Tester d’autres ajouts minéraux, avec différents rapports E/L.
Étudier l’effet d’adjuvants et son impact sur le phénomène de transport ionique.
En plus des bétons de laboratoire, on peut examiner des bétons provenant de divers
ouvrages existants afin d’estimer leur durabilité.
85
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