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Diffusion des chlorures dans le béton

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République Algérienne Démocratique Et Populaire

Ministère De L’enseignement Supérieur Et De La Recherche


Université Abou Bekr Belkaid
-TLEMCEN-

FACULTE DES SCIENCES DE L’INGENIEUR

DEPARTEMENT : GENIE CIVIL

Projet de fin d’étude


En vue ddee l’obtention du diplôme master
Option: Ingénierie des structures

Thème :
ETUDES DE L
LAA DIFFUSION DES CHLORURES
AU SEIN DES BETONS LOCAUX

Présenté par :
 Mr : MEZOUAR Mohamed &  Mr : CHERIF Rachid

Soutenue
outenue le décembre 2013 devant la commission du jury

 Mr BAGHLI Professeur Président


 Examinateur
 Examinateur
 Professeur Encadreur

Année Universitaire 2011 - 2012


RÉSUMÉ

Actuellement le matériau de construction utilisé par excellence est le béton. Ce matériau est
considéré comme vivant,par conséquent on veille sur sa santéet son comportement dans le
temps vis-à-vis de son milieu d’exposition. Il s’agit en fait de l’approche performantielle qui a
trait à la durée de vie des bétons, en les caractérisant par des indicateurs mesurables au
laboratoire. Nous nous sommes intéressés dans le cadre de notre travail, à la pénétration des
ions chlores causant la corrosion des armatures dans les constructions en béton armé.

Le programme expérimental élaboré nous a permis de simuler l’effet des chlorures


surlesnouveaux bétons locauxévoluant en façade maritime, ainsi que l’incidence de l’ajout
pouzzolanique (5% et 10% du ciment) sur la résistance à la pénétration des chlorures de ces
bétons.

L’essai préconisé dans ce contexteestl’essai de migration sous champs électrique afin de


mesurer le coefficient de diffusion des bétons étudiés simulant le transport diffusif des
chlorures dans les milieux saturés. Les résultats obtenus, montrent que ce béton présente une
durabilité moyenne reflétant sa bonne compacité ; ils ont montré de surcroit que l’ajout de la
pouzzolane (>5%) n’est pas en faveur de sa durabilité.Néanmoins,le préserver dans des
conditions de cure favorables et prolongées permettent la diminution du coefficient de
diffusion.

Mots-clés :Béton, durabilité, chlorures, diffusion, porosité.

i
Remerciements

REMERCIEMENTS

Notre aventure expérimentale si pantagruélique en connaissances et notamment


d’expériences n’aurait jamais vu la lumière du jour au niveau des laboratoires du génie civil
de la faculté de la technologie de l’université d’AbouBekrBelkaid ; sans la grâce et l’aide des
professeurs à qui on adresse nos remerciements les plus respectueuses.

On tient à remercier tout particulièrement notre professeur et encadreur Pr. GHOMARI Fouad
qui lui revient principalement la naissance du thème étudié et qui nous a prêté si attentivement
son oreille ainsi que son précieux temps, on tientà vous faire part de reconnaissance pour le
tout que vous avez fait si cordialement.

On adresse également nos sincères remerciement a nos deux autres encadreurs ceux qui nous
ont accompagné au long de cette recherche Mr. TOUIL Brahim et Dr. BEZZAR Abdelillah
qui nous ont aiguillé corrigé et collaborer grandement a l’élaboration de ce mémoire, on tient
à leur avouer notre reconnaissance suite a leur disponibilité, leur conseils pertinents et leur
bon humeur.

Nos remerciements s’adressent chaleureusement au Pr. KHELIDJ Abdelhafid, professeur de


l’université de Nantes, qui nous a aussi orientés vers ce sujet et d’avoir répondu avec une telle
gentillesse a nos soucis.

Mes vifs remerciements sont adressés à MrBaghli Abdellatif Qui nous a honoré du fait
d’avoir pris la présidence de notre jury. On remercie également MrsBoukliHacene Sidi
Mohamedet Taleb Omar Pour l’intérêt d’avoir bien vouloir participer a ce travail en acceptant
de l’examiner et y figurer à notre jury de mémoire.

ii
Sommaire

SOMMAIRE

Liste des figures…………………………………………………………………..


Liste des tableaux…………………………………………………………………

INTRODUCTION GENERALE………………………………………………1
1. Contexte générale…………………………………………………………......2
2. Problématique ………………………………………………………………...3
3. Objectif………….……………………………………………………………3
4. Organisation générale du mémoire……………………………………………3

CHAPITRE 1 :MICROSTRUCTURES DU BETON………………………5


I.1Introduction…………………………………………………………………..6
I.2. Définition de la microstructure……………………………………………..6
I.3 Les caractéristiques chimiques générales des ciments(CEM I et CEM
V)..7I.4.
Hydratation……………………………………………………………...….11
I.4.1. Hydratation des matériaux à base du ciment CEM I……………….11
I.4.2. Hydratation des matériaux à base du ciment CEM V……………...12
I.5 La porosité et la structure poreuse………………………………………….13
I.5.1 Caractérisation de la porosité……………………………………….14
I.6 La compacité d’un béton G/S et son rôle dans la durabilité………………..16
I.7 Conclusion…………………………………………………………………..16

CHAPITRE 2 : DURABILITE ET PROPRIETES DE TRANSFERT DANS


LES BETONS…................................................................................................17

II.1 Introduction………………………………………………………………...18
II.2 Définition de la durabilité………………………………………………….18

v
Sommaire

II.3 Les indicateurs de la durabilité…………………………………………….19


II. 3.1 La carbonatation…………………………………………………...19
II.3.2 La porosité accessible a l’eau………………………………………19
II.3.3 La diffusion………………………………………………………....20
II.3.4 La perméabilité a gaz……………………………………………….20
II.4 La corrosion des armatures………………………………………………...22
II.4.1 Les étapes de la corrosion…………………………………………..23
II.5 Mesure en diffusion naturelle……………………………………………...27
II.5.1 Diffusion en régime stationnaire…………………………………...28
II.5.2 Diffusion en régime non stationnaire………………………………30
II.6 Mesure sous champ électrique……………………………………………..31
II.6.1 Migration en régime stationnaire…………………………………...32
II.6.2 La migration en régime non stationnaire…………………………...33
II.7 Définition deDapp et Deff...................................................................34
II.7.1 Méthodes de détermination de Dୣ୤୤ en régime stationnaire……….. 35
II.7.2 Méthodes de détermination de Dୣ୤୤ en régime transitoire………….36
II.8 Classification des bétons…………………………………………………...39
II.9 Techniques de réparation…………………………………………………..40
II.9.1 Projection par voie sèche…………………………………………..40
II.9.2 Projection par voie humide…………………………………………41
II.9.3 Projection manuelle du mortier…………………………………….42
II.9.4 Béton coffré………………………………………………………...42
II.10 Conclusion………………………………………………………………..43

CHAPITRE 3 : MÉTHODES ET EXPÉRIENCES………………………...44


III.1 Introduction……………………………………………………………….45
III.2 Les lois du transport au sein du béton…………………………………….45
III.2.1 Description phénoménologique de la pénétration des chlorures.....46
III.2.2 Récapitulatif…………………………………………………….....49
vi
Sommaire

III.2.3 Transport de la phase gazeuse…………………………………….49


III.2.4 Transport des chlorures dans la phase liquide…………………….49
III.3 Modélisation de la pénétration des chlorures…………………………….55
III.3.1 Modèles fondés sur la loi de FICK………………………………..56
III.3.2 Modèles érigés sur la loi de NERNST-PLANCK………………...56
III.4 L’impact de certains paramètres sur la diffusion…………………………57
III.4.1 Compacité…………………………………………………….……57
III.4.2 Rapport E/C, classe du ciment et durée de cure………..………….57
III.4.3 Additions minérales………………………………………………..58
III.4.4 La température………………………………………………….….59
III.4.5 L’endommagement (fissuration)............................................…...60
III.5 MOYENS…………………………………...…………………………….62

III.5.1 Description du banc d’essai de migration et principe de


l’essai….62III.6
Conclusion………………………………………………………………...63

CHAPITRE IV :PROGRAMME EXPERIMENTAL……………………..65


IV.1 Introduction………………………………………………………………66
IV.2 Les matériaux
utilisés…………………………………………………….66IV.2.1
Ciment……………………………………………………………..66IV.2.2
Granulats………………………………………………………….67
IV.2.3Pouzzolane………………………………………………………..67
IV.3 Le béton utilisé…………………………………………………………...68
IV.3.1 Préparation du béton………………………………………………68
IV.3.2 Confection des éprouvettes………………………………………..69
IV.3.3 Cure des bétons……………………………………………………69
IV.3.4 Caractéristiques mécaniques……………………………………...69
IV.3.5 Préparation des échantillons………………………………………69
vii
Sommaire

IV.4 Porosité accessible à l’eau………………………………………………...70


IV.4.1 Mode opératoire…………………………………………………...70
IV.5 Diffusion des ions Clି ……………………………………………….…...71
IV.5.1 Préparation des échantillons……………………………………….…....72
IV.5.2 Procédure ……………………………………………………………….72
IV.5.3 Tension appliquée………………………………………………………74
IV.5.4 Titration des solutions…………………………………………………..74
IV.5.5 Calcul de coefficient de diffusion………………………………………76

IV.6 Conclusion………………………………………………………………...77

CHAPITRE 5 : RESULTATS ET DISCUSSION…………………………..78


V.1 Introduction………………………………………………………………..79
V.3 Résultats et interprétations………………………………………………...79
V.2.1 Évaluation de la porosité accessible a l’eau……………………………..80
V.2.2 Évaluation des résultats de l’essai de migration…………………………82
V.3 Conclusion…………………………………………………………………84

CONCLUSION GENERALE………………………………………………...85

viii
Liste des figures

LISTE DES FIGURES

Figure I.1 : Microstructure du clinker…………………………………………..7


Figure I.2: Les grains de laitiers liés par le CSH et l’ettringite……………….9
Figure I.3: Lesgrains de cendres volantes au microscope optique……………10
Figure I.4 :Triangle des compositions principales des ciments………………11
Figure I.5 : Variation de la taille des pores dans une pâte de ciment
avecaddition des matériaux pouzzolaniques en fonction du
temps………………..13
Figure I.6 : Représentation schématique des différents constituants d’un milieu
poreux non-saturé………………………………………………………………14
Figure I.7 : Le chemin de l’écoulement par rapport à la longueur de
l’échantillon…………………………………………………………………….15

Figure II.1: Principe de la cellule de diffusion………………………………19


Figure II.2: Ecoulement laminaire dans un disque de béton……………….20
Figure II.3 : Exemple et interprétation d’un graphe kA = ƒ (1/Pm)obtenu à partir
de mesuresexpérimentales…………………………………………….21
Figure II.4 : Processus de corrosion dans le béton armé………………...……23
Figure II.5 : Processus électrochimique de corrosion par chlorures dans le
béton armé……………………………………………………………………...24
Figure II.6: Evolution du niveau de corrosion des armatures en fonction du
temps……………………………………………………………………………26
Figure II.7 :Loi de distribution de la concentration critique en chlorures totaux
pour un béton CEM I, en immersion avec E/C=0,5……………………………26
Figure II.8:Principe de la cellule de diffusion………………………………..28
Figure II.9:Evolution du flux de chlorures en aval…………………………...29
Figure II.10:Principe de l’essai d’immersion……...…………………………30
ix
Liste des figures

Figure II.11 Profil en chlorures dans le béton après immersion………………31


Figure II.12:Principe de la cellule de migration……………………………...32
Figure II.13:front d’avancement des chlorures en migration………………...33
Figure II.14 : Schéma de principe de la méthode CTH NT BUILB 492……...34
Figure II.15 : Illustration du point d’inflexion du front de chlorures…………37
Figure II.16 : Projection par voie sèche………………………………………..40
Figure II.17 : Projection par voie humide……………………………………...41
Figure II.18 : Projection par béton coffré……………………………………...43

Figure III.1 : Représentation d’un volume élémentaire du


béton………………45
Figure III.2 :les différentes phases de transport au niveau du
volumeélémentaire………………………………………………………………
……..46
Figure III.3 :Conditions d’exposition aux milieux marins…………………...46
Figure III.4 Allure classique d’une isotherme d’interactions............................53
Figure III.5 : Représentation du flux de chlorures dans le béton………… .….54
Figure III.6 :Variation du coefficient de diffusion en fonction de E/C ……..57
Figure III.7 :Profils expérimentauxde pénétrations des Cl- des immersions à 5°C
et un E/C=0,45…………………………………………………………...59
Figure III.8 :Profils expérimentauxde pénétration des Cl- des immersionsà 40°C
et un E/C=0,45…………………………………………………………59
FigureIII.9 :L’effet de la température sur le coefficient de diffusion………..59
Figure III.10 :Augmentation du coefficient de diffusion en fonction du taux de
chargement……………………………………………………………………..60
Figure III.11 : Variation de coefficient diffusif en fonction la largeur de la
fissure………………………………………………………………………..…61
Figure III.12 : Dispositif de migration… ..……………………………………62

x
Liste des figures

Figure IV.1 :Extraction des disques d’une éprouvette………………………70


Figure IV.2 :Disque de béton………….……………………………………70
Figure IV.3 :DESSICCATEUR…….……………………………………….71

Figure IV.4 :Saturation de l’échantillon……………………………………..72

Figure IV.5CELLULE……………………………………………………….73

Figure IV.6 Electrodes d’alimentation………………………………………73

Figure IV.7 Electrodes de référence………………………………………….74


Figure IV.8 : Titration des solutions…………………………………………..75

Figure V.2 : Influence de la durée de cure sur la porosité……………………..79


Figure V.3 : Influence de la pouzzolane sur la porosité……………………….80
Figure V.4 : Corrélationporosité accessible à l’eau et résistance à la
compression……………………………………………………………………80

Figure V.5 : Évolution de la concentration des ions chlorures en fonction du

temps des trois types du béton……………………………………………….81

Figure V.6 : Influence de la durée de cure sur le coefficient de diffusion…..82

Figure V.7 : Influence de la pouzzolane sur le coefficient de diffusion…….82

xi
Liste des figures

xii
Liste des tableaux

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I.1: Proportion des constituants des ciments CEM V/A et


CEMV/B…………………………………………………………………………
……8

Tableau I.2: Composition chimique principale moyenne d’un clinker………...8

Tableau I.3: Composition chimique principale moyenne d’un laitier………....8

Tableau I.4: Composition chimique principale de deux types de cendres


volantes…………………………………………………………………………..9

Tableau II.1 Tableau récapitulatif des caractéristiques de la durabilité……….39

Tableau III.1 Résultats relatifs aux indicateurs de durabilité de différents


bétons…………………………………………………………………………..58

Tableau IV.1: Composition chimique du ciment de Béni Saf CEMII/A


42.5……………………………………………………………………………..66

Tableau IV.2: Composition minéralogique du ciment de Béni Saf CEMII/A


42.5……………………………………………………………………………..67

Tableau IV.3 : Caractéristiques physiques de la pouzzolane nature ………….67

Tableau IV.4: Caractéristiques chimiques de la pouzzolane naturelle………..68

Tableau IV.5: Composition des bétons étudiés……………………………….68

Tableau IV.6 :Propriétés mécaniques et caractéristiques des bétons…………69

Tableau V.1 : Propriétés mécaniques et indicateurs de durabilité des bétons


étudiés…………………………………………………………………………..78

xii
Liste des tableaux

xiii
Introduction

INTRODUCTION GÉNÉRALE

1. Contexte général

Dans le domaine de la construction des ouvrages en béton armé, longtemps les ingénieurs
bâtisseurs s’intéressaient seulement à la résistance mécanique comme paramètre devant offrir
la sécurité en reprenant l’ensemble des sollicitations, sans pour autant se soucier de la durée
de vie de ces ouvrages évoluant dans des milieux d’agressivité diverses. Parmi les agents
agressifs pouvant nuire à l’intégrité des ouvrages construits, nous citons : la température
diurne, la carbonatation, l’alcali-réaction, la diffusion des ions chlores, etc. Ce sont autant de
maladies qui peuvent agir en synergie pour diminuer la basicité du béton dont le pH avoisine
13 et qui est à l’origine de la protection des armatures en acier contre la corrosion.

Photo 1 : ouvrages implantés en site maritime [1].

Cette notion relative à la durabilité des ouvrages est maintenant connue et de récentes normes
telle que la norme EN 206-1 met en revue des indicateurs qui permettent un meilleur
diagnostic des constructions soumises à l’agressivité de leur environnement immédiat.

Aux plans national et international, de nombreux chercheurs se sont intéressés à cette


problématique en vue de comprendre le comportement des bétons soumis aux différentes
agressions précitées. Le milieu marin et particulièrement les chlorures présents dans l’eau de
mer ou les embruns salins sont considérés comme une menace potentielle pour les
constructions en béton armé sur le littoral. Cependant, la majeure partie des travaux de
recherche se sont focalisés sur la partie des ouvrages complètement immergée, considérée
comme saturée en eau de mer.

2
Introduction

Au sein du laboratoire de recherche EOLE, un certain nombre de travaux consacrés à l’étude


de ces phénomènes ont été soutenus. TOUIL Brahim [TOU 2009] a étudié au laboratoire la
pénétration des chlorures en zone saturée dont le transfert est gouverné par la diffusion des
ions sous gradient de concentration. Dans un milieu partiellement saturé ou soumis aux cycles
d’humidification-séchage, telles que les parties d’ouvrages exposées aux marées, embruns et
sels de déverglaçage, les chlorures sont également susceptibles de migrer avec la phase
liquide interstitielle par convection.

Photo 2 : Ouvrages implantés en site maritime en NORMANDIE [2].

2. Problématique

La pénétration des chlorures d’origine marine ou issus des sels de déverglaçage est à l’origine
de la corrosion des armatures qui engendre la dégradation des structures en béton armé. À
l’heure actuelle, le diagnostic s’effectue par le biais de méthodes destructives qui ne
permettent pas de quantifier de manière fiable la teneur en chlorure dans l’enrobage du béton
durant la phase d’incubation de la corrosion. Or le pronostic de durée de vie des structures en
béton armé est essentiel pour leur surveillance et la programmation d’actions préventives
permettant d’anticiper l’amorce de corrosion.

3. Notre objectif

Dans le cadre de notre projet de fin d’études, nous mesurons au laboratoire le coefficient de
diffusion apparent des chlorures migrant dans des échantillons de béton ordinaire local avec
présence d’additions pouzzolaniques et différentes durée de cure.

4. Organisation du mémoire

Pour répondre à cet objectif, l’organisation suivante a été préconisée :

3
Introduction

 Dans la première partie, on a effectué une synthèse bibliographique, composée de


trois chapitres :
Le premier chapitre présente l’évolution de la microstructure du ciment et ainsi les
caractéristiques du réseau poreux et la porosité du béton.
Dans le deuxième chapitre, on s’intéresse aux indicateurs de durabilité notamment la porosité
accessible à l’eau et la diffusion des chlorures et quelque notions sur les essais de diffusion et
migration en régime stationnaire et transitoire.

Le troisième chapitre expose les différents essais de diffusion fais par les chlorures dans les
dernières années ainsi que les deux lois de Fick et Nernst Planck.

 Une partie expérimentale, ou on explique largement notre travail dans le laboratoire


pour obtenir les coefficients de diffusion et la porosité accessible a l’eau pour des bétons
locaux.

 A la fin une conclusion générale a été présentée dans laquelle on met en revue les
enseignements qu’on a pu tiré dans notre travail expérimental, ensuite on propose des
perspectives pour des futurs travaux.

4
Chapitre I Microstructure du béton

I.1 INTRODUCTION

Le béton est le matériau le plus utilisé dans le domaine de construction, il est composé de
ciment, eau, granulats et adjuvants. Le développement récent de ce matériau a permis la
confection de bétons composés de 18 constituants qu’on appelle BFUP (bétons fibrés ultra
performance).
Les granulats, considérés comme le squelette, sont des éléments inertes qui présentent un
comportement stable. En revanche, la pâte de ciment, qui assure les liaisons entre les
différents granulats, est un matériau dont la microstructure évolue dans le temps, améliorant
ainsi le comportement du béton.
Cependant, les bétons sont des matériaux poreux qui sont soumis dans un environnement
marin à la pénétration d’agents agressifs particulièrement les chlorures. Cette structure
poreuse de la matrice cimentaire est le résultat de l’avancement des réactions d’hydratation du
ciment au contact de l’eau.
Dans les paragraphes qui suivent, nous présentons un état de l’art relatif à l’évolution de la
microstructure du ciment hydraté, ainsi qu’une brève revue sur les caractéristiques du réseau
poreux et de la porosité du matériau béton.

I.2 DEFINITION DE LA MICROSTRUCTURE

La microstructure est définie comme la manière dont un matériau est construit, à l’échelle
microscopique, à partir de ses constituants élémentaires. Dans cette définition, on englobe les
notions souvent associées à la « structure » proprement dite et à la « texture ».
La microstructure se caractérise par [AFR 1997] :
 Les proportions des constituants amorphes ou cristallisés,
 Les faciès, la taille, la distribution granulométrique des « grains » (granulats,
anhydres, hydrates) ainsi que la façon dont ils sont agencés les uns par rapport aux
autres,
 L’orientation des constituants dans l’espace,
 Leur distribution dans la région examinée (homogénéité, hétérogénéité),
 Le degré de remplissage de l’espace (texture poreuse ou compacte).

Pour reprendre une définition qui a été souvent proposée pour la microfissuration des bétons,
AFREM a proposé une étude de la microstructure (progressive dans le sens des échelles
décroissantes) couvrant les aspects correspondant à une échelle maximale ne dépassant pas
celle du plus gros granulat. Cela signifie que la définition adoptée englobe les aspects du
béton allant du centimètre (échelle du gravillon) au nanomètre (échelle du cristal) et que les
observations microscopiques sont précédées d’un examen macroscopique à l’œil nu.

6
Chapitre I Microstructure du béton

I.3 LES CARACTERISTIQUES CHIMIQUES GENERALES DES CIMENTS CEM I


ET CEM V

Le ciment est un liant hydraulique se présentant sous la forme d’une poudre très fine,
largement utilisé dans la construction et dans d’autres domaines. Il est issu de la cuisson de
matières premières (calcaire, argile) sous forme de clinker.
Le ciment CEM I est obtenu à partir du clinker et d’autres constituants secondaires. Le clinker
est accompagné de gypse pour régulariser la prise. Le CEM I est composé de 95% de clinker
et 5% de constituants secondaires.
Le clinker se compose de 4 oxydes principaux : oxyde de calcium CaO, oxyde de silicium
SiO2, oxyde d’aluminium Al2O3 et oxyde de fer Fe2O3 dont l’évolution de la température dans
le four (900 à 1450° C) produit 4 phases principales : silicate tricalcique C3S (3CaO. SiO2 -
alite), silicate bicalcique C2S (2CaO. SiO2 - bélite), aluminate tricalcique C3A (3CaO. Al2O3-
célite) et aluminoferrite tétracalcique C4AF (4CaO. Al2O3. Fe2O3 - Ferrite).
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId8 n'a pas été trouv é dans le fichier.

C4AF et C3A

Figure I. 1 : Microstructure du clinker [BAR 1995].

Le ciment CEM V est obtenu en ajoutant une proportion normalisée d’additions minérales
(laitiers, cendres volantes) au clinker.

Il y a deux types de ciment CEM V : CEM V/A et CEM V/B (Tableau I.1)

7
Chapitre I Microstructure du béton

Tableau I.1: Proportion des constituants des ciments CEM V/A et CEM V/B [CEN 2001].

Clinker Laitier de haut Pouzzolane, Cendres Constituants


fourneau volantes siliceuses secondaires
(% en masse) (% en masse) (% en masse) (% en masse)

CEM V/A 40 à 64 18 à 30 18 à 30 0à5


CEM V/B 20 à 38 31 à 50 31 à 50 0à5

 Clinker portland
Le clinker Portland est un matériau hydraulique qui est un composant essentiel dans le ciment
Portland. Il contient au moins deux tiers en masse de silicates de calcium (C3S et C2S), le
rapport massique (CaO/SiO2) ne doit pas être inférieur à 2, la teneur en MgO ne doit pas
dépasser 5 % en masse.

Tableau I.2: Composition chimique principale moyenne d’un clinker [NGU 2006].

CaO SiO2 Al2O3 Fe2O3 MgO


60 à 69 % 18 à 24 % 4à8% 1à8% <5%

Dans les ciments CEM V, une partie du clinker est substituée par le laitier et les cendres
volantes ou les pouzzolanes.

 Laitiers
Les laitiers de haut fourneau (mélange de chaux, de silice et d’alumine), sont les sous-produits
de la transformation du minerai de fer en fonte brute. Leur composition en oxyde et leur
structure vitreuse varient en fonction des procédés de fabrication et de la méthode de
refroidissement.
Les laitiers existent sous forme de poudre fine sèche. Ils sont considérés comme un matériau
hydraulique latent, qui présente des propriétés hydrauliques après avoir subi une activation
convenable.

Tableau I.3 : Composition chimique principale moyenne d’un laitier [TAY 2003].

CaO SiO2 Al2O3 MgO


30 à 50 % 27 à 42 % 5 à 33 % 0 à 21 %

8
Chapitre I Microstructure du béton
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId9 n'a pas été trouv é dans le fichier.

Figure I. 2: Les grains de laitiers liés par le CSH et l’ettringite


(échelle : 500 fois) [BAR 1995].

Les laitiers doivent être constitués au minimum de deux tiers en masse de la somme de (CaO,
MgO et SiO2). Le restant contient de l’alumine (Al2O3) ainsi que de faibles quantités d’autres
composants. Le rapport massique entre la somme (CaO + MgO) et SiO2 doit être supérieur
à 1 [CEN 2001].

 Cendres volantes

Elles sont obtenues par la précipitation électrostatique ou mécanique des particules


pulvérulentes dans les fumées de centrales thermiques à charbon. Au microscope, elles
apparaissent sous forme de billes sphériques de diamètre très fin, entre 10 et 100 μm.

Un exemple de la composition chimique principale de deux types de cendres volantes :


 issues d’une centrale de puissance moyenne CV1 et,
 d’une centrale de forte puissance CV2 est donné dans le Tableau I.4.

Tableau I.4 : Composition chimique principale de deux types de cendres volantes


[CEN 2001].
Type SiO2 Al2O3 Fe2O3 CaO MgO
CV1 51,8 % 28,1 % 8,7 % 1,8 % 0,6 %
CV2 56,6 % 27,3 % 5,8 % 2,9 % 0,7 %

Les cendres volantes peuvent être de nature silico-alumineuse ou silico-calcaire et


possèdent des propriétés pouzzolaniques ou hydrauliques.

 Cendres volantes silico-alumineuses : leurs propriétés sont pouzzolaniques, elles sont


essentiellement constituées de silice (SiO2) réactive et d’alumine (Al2O3). Le restant
contient de l’oxyde de fer (Fe2O3) et d’autres composants. La proportion d’oxyde de

9
Chapitre I Microstructure du béton

calcium (CaO) réactif doit être inférieure à 10 % en masse, la teneur en oxyde de


calcium libre ne devant pas dépasser 1 % en masse. La teneur en silice (SiO2) réactive
ne doit pas être inférieure à 25 % en masse [CEN 2001].
 Cendres volantes silico-calcaires : leurs propriétés sont pouzzolanique et/ou
hydrauliques. Elles sont essentiellement constituées de calcium (CaO) réactif, de silice
(SiO2) réactive et d’alumine (Al2O3). Le restant contient de l’oxyde de fer (Fe2O3) et
d’autres composants. La proportion de calcium (CaO) réactif ne doit pas être
inférieure à 10 % en masse.

Les cendres de volantes calciques contenant entre 10 à 15 % en masse d’oxyde de calcium


(CaO) réactif, doit contenir au moins 25 % en masse de silice (SiO2) réactive [CEN 2001].

La partie de l'image av ec l'ID de relation rId10 n'a pas été trouv é dans le fichier.

Figure I. 3: Les grains de cendres volantes au microscope optique


(échelle 500 fois) [BAR 1995].

Les cendres possèdent des propriétés pouzzolaniques contribuant à diminuer la quantité de


portlandite Ca(OH)2 et à donner ensuite du silicate de calcium hydraté (CSH) [NGU 2006].
Le laitier, les pouzzolanes et les cendres volantes présentent une caractéristique commune : ils
contiennent les trois constituants fondamentaux du clinker (la chaux, la silice et l’alumine).
On peut les caractériser par la combinaison de ces trois oxydes sur le triangle de CaO, SiO2 et
Al2O3.

10
Chapitre I Microstructure du béton
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId11 n'a pas été trouv é dans le fichier.

Figure I. 4 : Triangle des compositions principales des ciments [CEN 2001].

I.4 HYDRATATION

La réaction chimique commence lorsque les grains de ciment sont mis au contact de l’eau de
gâchage. Il s’agit de multiples mécanismes entre les deux phases solide-liquide : l’adsorption,
l’hydrolyse, la dissolution, la solvatation et enfin la cristallisation.

I.4.1 Hydratation des matériaux à base du ciment CEM I

Les réactions chimiques d’hydratation du ciment se font essentiellement à partir des quatre
phases minérales du clinker C3S, C2S, C3A, C4AF.

I.4.1.1 Hydratation des silicates de calcium

Les C3S et C2S sont dissous dans l’eau, en libérant des ions Ca2+ et H2SiO42-.
Les réactions d’hydratation C2S sont semblables à celles du C3S et s’effectuent suivant les
réactions principales :
 Dissolution du C3S, C2S
 Précipitation des CSH
 Précipitation de la portlandite

C3S + (y + 3 - x) H2O → CxSHy + (3 - x) CH (I-1)


C2S + (y’ + 2 - x’) H2O → Cx’SHy’ + (2 – x’) CH (I-2)

Lorsque le ciment est au contact de l’eau, les réactions au cours du gâchage forment des CSH
en libérant des ions Ca2+ et OH-, ces deux espèces se combinent et forment la portlandite. La
portlandite (hydroxyde de calcium, Ca(OH)2) occupe 20-25 % du volume de la pâte hydratée
de ciment, c’est un produit soluble qui assure la stabilité du tampon basique des ciments
(pH ≈ 12,4).

11
Chapitre I Microstructure du béton

Les silicates de calcium hydratés assurent les caractéristiques de cohésion des matériaux
cimentaires et contribuent essentiellement à la résistance mécanique.
Selon le rapport de C/S (Ca2+, Si4+) et la concentration de Ca2+, les CSH formés sont
différents [NGU 06] : CSH (α), CSH (β), CSH (γ) avec différentes concentrations de
calcium et silicium.
Les ciments CEM I possèdent une teneur en Ca2+ plus grande et une teneur en Si4+ plus faible
que celle des ciments CEM V, les produits d’hydratation sont donc constitués par une solution
solide de portlandite avec des CSH riches en calcium.

I.4.1.2 Hydratation des aluminates

Dans les ciments, on ajoute du sulfate de calcium (0-5 % en masse du ciment) pour contrôler
la prise du C3A. Le sulfate de calcium se présente sous trois formes : le gypse (CaSO4.2H2O -
Cs.2H), l’hémihydrate (CaSO4. 0,5H2O - Cs.0,5H) et l’anhydrite (CaSO4 - Cs).
Au gâchage, l’aluminate tricalcique et le gypse se dissolvent rapidement, formant les ions
Ca2+, AlO22-, SO42-, OH-. A partir de ces ions, les C4AH13 et les aluminates tricalciques
cubiques hydratés (C3AH6) se forment :

C3A + CH + 12 H2O → C4AH13 → C3AH6 + CH + 6 H2O (I-3)


C3A + 9 H2O → C2AH8 + CH → C3AH6 + 3 H2O (I-4)
C3A + 3(Cs.2H) + 26 H2O → C3A.3Cs.H32 (TSA)1 (I-5)
C3A + Cs.2H + 10 H2O → C3A.Cs.H12 (MSA)2 (I-6)

I.4.2 Hydratation des matériaux à base du ciment CEM V

Les laitiers, les cendres volantes et les pouzzolanes constituent des ajouts pouzzolaniques et
hydrauliques actifs. Grâce à la présence de la portlandite produite par l’hydratation du clinker,
les laitiers et les cendres volantes réagissent avec l’eau pour donner des composés hydratés
semblables à ceux du clinker, en améliorant la capacité de résistance des matériaux contre les
agressions chimiques [DRO 1982].
Les réactions pouzzolaniques sont fonction du pourcentage des ajouts, elles dépendent de la
température, de la finesse de broyage et aussi de la composition chimique des ajouts.
Dans le ciment CEM V, la présence de cendres volantes et de laitier réduit la demande en eau
de gâchage et améliore la structure poreuse des matériaux, en diminuant la dimension des
pores [BIG 1994].

 La principale réaction d’hydratation des laitiers se fait à partir du C2AS contenu dans
les laitiers :

C2AS + 8 H → C2ASH8 (géhlénite hydratée) (I-7)

1
TSA : Trisulfo-aluminate de calcium hydraté,
2
MSA : Monosulfo-aluminates.

12
Chapitre I Microstructure du béton

En général, dans des ciments contenant du gypse, les laitiers sont activés par le gypse pour
donner du CSH, de l’ettringite et de l’hydroxyde d’aluminium comme la mellite
(Al2 [C6(COO)6]·16(H2O)) et la merwinite Ca3Mg(SiO4)2 [CEA 2004].

 La réaction pouzzolanique des cendres volantes et des pouzzolanes s’écrit :


CH + S → CSH (I-8)

Les CSH remplissent les pores capillaires et augmentent la résistance et l'imperméabilité des
matériaux (par affinage de ces pores capillaires et par transformation des gros cristaux de CH
en des CSH cristallisés) [NGU 2006].
La réaction pouzzolanique se déroule lentement, elle se manifeste essentiellement après
28 jours. Des chercheurs ont montré que cette réaction est pratiquement constante entre 2 et
28 jours, mais après 28 jours, l’activité pouzzolanique augmente, faisant croître la résistance
mécanique et la durabilité.
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId12 n'a pas été trouv é dans le fichier.

28 jours 90 jours 1 an

Figure I. 5 : Variation de la taille des pores dans une pâte de ciment avec addition des
matériaux pouzzolaniques en fonction du temps [NGU 2006].

I.5 LA POROSITE ET LA STRUCTURE POREUSE

Les propriétés de transfert en général et la diffusion en particulier sont des paramètres


essentiels pour la durabilité des matériaux cimentaires. Les caractéristiques du réseau poreux
(porosité, distribution des tailles de pores,…) déterminent les propriétés de transfert. Elles
sont donc des indicateurs de premier ordre dans la durabilité des structures en béton armé.
En général, de 20 à 50 % du volume de la pâte est constitué par des pores [NGU 2006].

13
Chapitre I Microstructure du béton

I.5.1 Caractérisation de la porosité

Dans cette partie, nous montrons quelques paramètres géométriques qui permettent de
quantifier un milieu poreux.

I.5.1.1 La porosité

Le paramètre le plus connu est certainement la porosité P qui est définie comme étant le
rapport entre le volume des vides Vv et le volume total Vt.

୚୴
P= I.1
୚୲

Avec : Vt = Vv + Vs I.2
Ce paramètre nous donne une information quantitative sur le volume des vides ; mais il ne
nous donne aucune information sur la répartition de la taille des pores en 3D.
La figure I.6 représente un milieu poreux non-saturé. Les zones noires représentent le solide,
les zones grises l’eau. La porosité est constituée des zones blanches et grises.

La partie de l'image av ec l'ID de relation rId13 n'a pas été trouv é dans le fichier.

Figure I.6 : Représentation schématique des différents constituants d’un milieu poreux non-
saturé [AFR 1997].

Nous constatons que l’utilisation des volumes n’est pas suffisante pour la description de la
répartition de la taille des pores dans les différentes phases (solide, eau, gaz).

La masse volumique sèche ρd (en g/cm3) et la porosité P (en %) sont obtenues par les
formules suivantes :
(ெ ೞ೐೎.ఘ೐ೌೠ )
ߩௗ = (ெ I.3
ೌ೔ೝିெ ೐ೌೠ )

ெ ೌ೔ೝିெ ೞ೐೎
ܲ=ቀ ቁ I.4
ெ ೌ೔ೝିெ ೐ೌೠ

Mair = masse initiale dans l’air (après saturation),

14
Chapitre I Microstructure du béton

Meau = masse initiale dans l’eau (pesée hydrostatique),


Msec = masse du corps d’épreuve séché à 80° C .

I.5.1.2 La tortuosité

Caractérise le chemin de l’écoulement d’un fluide à travers les pores. Elle est définie comme
étant le rapport entre le chemin effectif traversé par le fluide (Le) et la distance réelle entre les
deux points (L).
La partie de l'image av ec l'ID de relation rId14 n'a pas été trouv é dans le fichier.

Figure I.7 : Le chemin de l’écoulement par rapport à la longueur de l’échantillon


[MAH 2006].
Pour un type de configuration donné, la tortuosité peut être liée à la porosité :

௅ ଶ
߬= ቀ ೐ቁ I.5

I.5.1.3 La perte en masse

La perte en masse ∆M pour un échantillon de X jours est calculée par la formule suivante :

ெ ೌ೔ೝିெ ೉
∆‫= ܯ‬ I.6
ெ ೌ೔ೝ

Avec Mx : masse du corps d’épreuve pour une échéance de mesure X.

I.5.1.4 La teneur en eau

En présence d’un volume Ve de fluide contenu dans ce volume disponible que constitue la
porosité, nous introduisons le paramètre θ qui représente la teneur volumique en fluide
condensé :
௏೐
ߠ= I.7
௏೟

α = P-θ est par conséquent, le volume disponible pour la phase gazeuse.

La teneur en eau pondérale ω est définie de la manière suivante :

௠೐ ఘ೐.௏೐ ఏ
߱= = = I.8
௠ ೞ೐೎ ఘ೏ .௏೟ ௗ

15
Chapitre I Microstructure du béton

d : distance du matériau sec, ρe et ρs sont respectivement les masses volumiques de


l’eau et du matériau sec.

I.5.1.5 Le taux de saturation S


Il est défini par :

ܵ= → 0 < ܵ< 1 I.9

Le taux de saturation S est calculé par la formule suivante :

ெ ೉ ିெ ೞ೐೎
ܵ= I.10
ெ ೌ೔ೝିெ ೞ೐೎

X indique l’échéance en jours

Il est possible d’estimer le taux de saturation uniquement à partir de la perte en masse ∆M,
grâce à la formule suivante :
Δெ ×ெ ೞ೐೎
ܵ= 1 − I.11
ఘ೐ఌ௏೟

I.6 LA COMPACITE D’UN BETON ET SON ROLE DANS LA DURABILITE

Nous avons vu le rôle joué par la porosité du béton sur ses performances mécaniques et de
durabilité. De récents travaux [BOU 2012] ont été menés au laboratoire en vue d’optimiser le
squelette granulaire de nos bétons ordinaires. Cette approche devait agir sur la porosité de ces
derniers qui présentaient une porosité à l’eau plus ou moins élevée ; de l’ordre de 15 à 16%
[TOU 2012].

Dans le programme expérimental que nous avons réalisé au laboratoire, nous avons choisi
d’utiliser cette formulation optimisée.

I.7 CONCLUSION

Dans ce chapitre, on s’est intéressé à l’évolution de la microstructure du béton. La structure


poreuse des bétons ordinaires présente une porosité importante qui permet aux agents
extérieurs agressifs de pénétrer vers le cœur du matériau.
La durabilité du béton armé est liée à sa porosité et à la résistance à la pénétration des agents
agressifs dans le béton d’enrobage qui attaquent les armatures et engendrent la dégradation de
la structure.
L’étude de la microstructure du béton est la clef de la compréhension de beaucoup de
phénomènes liés au transport. Afin de mieux comprendre ces phénomènes, on va s’intéresser
aux mécanismes de transfert régissant la pénétration des agents agressifs. Ceci fera l’objet du
prochain chapitre.

16
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

II.1 INTRODUCTION

La durée de vie d’un ouvrage est devenue à la fois une exigence et un souci. On doit l’assurer
par une conception et une mise on œuvre adéquate, la prolonger, la quantifier d’où la création
de quelques indicateurs généraux de la durabilité que nous citons :

 La porosité accessible à l’eau.


 La perméabilité à l’eau liquide.
 La perméabilité à gaz.
 Le coefficient de diffusion des chlorures.
 La teneur en portlandite Ca(OH)2.

Parmi ces indicateurs on s’est intéressé à la diffusion des chlorures dans les ouvrages en béton
armé construits dans un milieu marin. Les ions chlore accélèrent la corrosion des armatures
qui engendre l’éclatement du béton d’enrobage.

Dans le présent chapitre, on présente tout d’abord, une définition de la durabilité et de ces
indicateurs notamment la porosité accessible à l’eau et la diffusion des chlorures qui reste
l’objectif de notre travail et quelques notions sur les essais de diffusion et migration en régime
stationnaire et transitoire. A la fin, on ouvre une fenêtre sur les techniques de réparation des
ouvrages qui ont déjà été contaminé par l’attaque des agents agressifs.

II.2 DEFINITION DE LA DURABILITE

La durabilité est définie par la norme NF X 50-501 (durée de vie et durabilité des biens)
comme « l'aptitude d’une entité à accomplir une fonction dans des conditions données
d’utilisation et de maintenance, jusqu’à ce qu’un état-limite soit atteint ».
Pour les matériaux et les ouvrages, on parlera plutôt de durabilité pour le matériau et de durée
de vie pour les ouvrages. La durée de vie d'un ouvrage étant le temps durant lequel l’ouvrage
remplit en toute sécurité les fonctions pour lesquelles il a été construit, compte tenu des
conditions de service et des exigences économiques. On emploie aussi le terme de durée de
service [KHE 2005].

La durée de vie d'un ouvrage de génie civil résulte de l’interaction de nombreux facteurs,
parmi lesquels [KHE 2005] :

 la durabilité des matériaux (ou qualité des matériaux),


 la durabilité de leur assemblage (association de plusieurs matériaux),
 le cumul des dégradations et d'actes pathologiques,
 l'évolution de l'environnement d'exploitation,
 l'évolution du contexte socio-économique et réglementaire (qui peut conduire à
vouloir prolonger la période d’exploitation d’un ouvrage ancien),
 la revue des fonctions assignées à l'ouvrage.

18
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

II.3 LES INDICATEURS DE LA DURABILITE

II. 3.1 La carbonatation

La carbonatation est la cause des différentes modifications dans la structure du matériau. Elle
provient de la pénétration du dioxyde de carbone (CO2) dans le béton, qui se dissous dans
l’eau et réagit avec l’hydroxyde de calcium (Ca(OH)2 - sous forme de silicates de calcium ou
de portlandite) pour former du carbonate de calcium (CaCO3). Ce phénomène est appelé la
carbonatation, il en résulte la diminution du pH de la solution interstitielle.
Lorsque la carbonatation atteint les armatures, elles sont dépassivées puisque la couche de
passivation est stable juste dans un milieu basique, donc on aura de la corrosion.
La carbonatation n’altère pas forcément les propriétés mécaniques du béton, elle les améliore
dans certains cas. Elle met uniquement les armatures en danger. La vitesse de la carbonatation
dépend de la teneur en humidité du béton, et aussi de la perméabilité au gaz du béton pour que
le CO2 pénètre au sein du réseau poreux.

Figure II.1 Pathologie due à la carbonatation [1].

II.3.2 La porosité accessible à l’eau

La porosité accessible à l’eau est un paramètre de premier ordre dans l’évaluation et la


prévision de la durabilité. C’est en effet un indicateur de durabilité au sens du document
publié par l’AFGC en 2004 [AFGC 2004]. Parmi les méthodes disponibles, la détermination
de la porosité accessible à l’eau par pesée hydrostatique selon le mode opératoire AFPC-
AFREM est une mesure simple et praticable sur une large variété de matériaux. On peut
déterminer aussi la densité sèche à partir de cette technique.

19
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

II.3.3 La diffusion
Est la propagation des ions chlores véhiculés par l’eau dans le réseau poreux du béton
d’enrobage. Lorsqu’ils atteignent les armatures en quantité suffisante appelée «concentration
critique», les aciers vont être dépassivés et la corrosion est amorcée pour se propager ensuite
en présence d’oxygène. Ce taux limite est fonction du rapport entre les ions chlores et les ions
hydroxydes présents dans la solution interstitielle [KAY 1995] et du traitement de la surface
des armatures [BUE 1995].

II.3.4 La perméabilité au gaz

La perméabilité définit la capacité d’un matériau à être traversé par un fluide sous gradient de
pression. La perméabilité d’un milieu poreux dépend, non seulement de sa porosité mais aussi
de la connectivité, la tortuosité et la constructivité du réseau poreux liée à la taille des pores
[SCR 2001]. Ce paramètre peut être déterminé selon deux façons.

II.3.4.1 Détermination de la perméabilité intrinsèque

II.3.4.1.1 Dans le cas d’un écoulement laminaire

Il existe deux types d’écoulements lors d’un écoulement laminaire du gaz à travers le béton :
le premier est un écoulement par glissement; le second est l’écoulement visqueux. Dans le cas
d’un écoulement dans un tube capillaire rectiligne, le profil de vitesse du fluide est modifié et
la vitesse n’est pas nulle aux parois (Figure II.2). La vitesse d’un écoulement par glissement
augmente lorsque le libre parcours moyen des molécules du gaz augmente, donc quand la
pression du fluide diminue [PIC 2001].

Figure II.2 : Ecoulement laminaire dans un disque de béton [AMO 2009].

La perméabilité intrinsèque kv est évaluée par l’approche de Klinkenberg [KLI 1941]. Elle est
calculée à partir de mesures de la perméabilité apparente kA pour différentes pressions
d’injection et est exprimée par la relation II.3 :

20
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons


‫ܭ‬஺ = ‫ܭ‬௏ ቀ1 + ௉ ೖ ቁ II.3

Avec : Pm et βk sont respectivement la pression moyenne (Pm = (P1 + P2)/2) et le coefficient de


Klinkenberg (Pa).

Le coefficient βk est fonction de la porosité du milieu et du gaz infiltré. Il augmente avec la


perméabilité du milieu.

Figure II.3 : Exemple et interprétation d’un graphe kA = ƒ (1/Pm) obtenu à partir de mesures
expérimentales [AMO 2009].

Par conséquent, la perméabilité intrinsèque du béton soumis à un écoulement laminaire d’un


gaz peut être déterminée par une extrapolation (régression linéaire) présentée sur la
figure II.3. La perméabilité intrinsèque kv correspond à la valeur limite de la perméabilité
apparente kA lorsque le gaz tend vers une phase liquide.

II.3.4.1.2 Dans le cas d’un écoulement turbulent

D’après Picandet [PIC 2001] la vitesse d’écoulement gazeux à travers un échantillon fissuré
est très élevée, l’écoulement peut devenir turbulent. L’équation du flux gazeux est de même
forme que l’équation de Forchheimer [DUL 1979], la contribution des écoulements par
glissement peut alors être négligée :

ௗ௉
− = ܽ௧ߤ‫ ݒ‬+ ߚ௧ߩ‫ݒ‬ଶ II.4
ௗ௫

21
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Où αt et βt sont des constantes.

Lorsque les vitesses d’écoulement sont faibles, le deuxième terme de l’équation peut être
négligé et l’équation II.4 se traduit alors par la relation de Darcy avec :


ܽ௧ = II.5
௄ೇ

En régime permanent le flux du gaz est constant, l’équation de conservation peut alors s’écrire :

ఘమ௩మ
‫=ݒ‬ II.6

En remplaçant les équations II.5 et II.6 dans II.4 on obtient la relation suivante :

ଵ ௗ௉
− ߩ = ܽ௧ߤ + ߚ௧ߩ‫ݒ‬ II.7
ఘమ௩మ ௗ௫

En supposant que le gaz a le comportement d’un gaz parfait, cette relation s’écrit

ଵ ௗ௉ ெ
− ߩ = ܽ௧ߤ + ߚ௧ ߩ‫ݒ‬ II.8
ఘమ௩మ ௗ௫ ோ்

En utilisant les conditions aux limites de la mesure de la perméabilité sur un disque, en


intégrant sur la longueur de l’échantillon traversée par le fluide selon x (de x = 0 à x = L), et
en considérant le débit de sortie Q2 = Sv2 la relation suivante est obtenue :

൫௉భమି௉మమ൯ ெ ௉మ
= ܽ௧ + ߚ௧ ቀ ቁܳଶ II.9
ଶఓ௅௉మ௩మ ோ் ఓௌ

Les perméabilités kV et kA peuvent alors êtres déterminées par superposition de l’équation II.3
et II.8, l’équation II.9 peut donc s’écrire :

ଵ ଵ ெ ௉మ
= + ቀߚ௧ ቁܳଶ II.10
௄ಲ ௄ೇ ோ் ఓௌ

L’inverse de kA est alors présenté comme une fonction affine de Q2 dont l’ordonnée à
l’origine est égale à l’inverse de kV. Cette fonction, 1/kA = ¦(Q2), peut être identifiée à partir de
plusieurs mesures de kA pour des débits d’écoulement turbulents différents. Ces débits sont
obtenus en faisant varier la pression d’injection.
II.4 LA CORROSION DES ARMATURES

La solution interstitielle du béton est fortement alcaline avec un pH voisin de 13. A une telle
alcalinité, dans le cas de structure en béton armé, l’acier est normalement protégé de la
corrosion par une fine pellicule d’oxyde. On dit que l’acier est passivé. Si les conditions de

22
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

stabilité de la couche protectrice sont modifiées, l’état de passivation cesse et la corrosion des
armatures s’amorce. Les produits de la corrosion étant expansifs ils provoqueront dans un
premier temps la fissuration du béton de peau puis son éclatement.
Deux autres effets nuisibles pour la sécurité de l’ouvrage se produisent : la perte de section
utile combinée à la perte d’adhérence. Deux agents extérieurs contribuent à la dépassivation
des aciers : le dioxyde de carbone et les ions chlorures.

Figure II.4 : Processus de corrosion dans le béton armé [cité par TOU 2009].

II.4.1 Les étapes de la corrosion

La corrosion se faits en trois étapes :

II.4.1.1 La pénétration des ions chlores

Les ions chlores présents dans le béton peuvent venir de deux sources différentes. Soit au
moment du gâchage : l’eau utilisé contient des chlorures ou parfois certains adjuvants. Soit de
l’environnement extérieur : milieu marin ou sels de déverglaçage, qui diffusent dans le béton.
Il existe des chlorures dans le béton sous deux formes: les chlorures libres qui sont dissous
dans la solution interstitielle ou des chlorures liés à des hydrates du ciment ou adsorbés sur les
parois des pores. Les chlorures libres peuvent migrer à travers les pores du béton, sous l’effet
de gradient de concentration entre l’intérieur et l’extérieur.
Le transport de ces ions est liée à la porosité du béton. Elle décroit avec le rapport E/C et en
fonction de la concentration en sels de la solution interstitielle.

II.4.1.2 La dépassivation :

L’immunité des armatures est assurée par une sorte de film passif, issu de la création à la
surface des aciers noyés dans béton, d’une oxydation rapide formée par l’action de la chaux
libérée par les silicates de calcium sur l’oxyde de fer.

23
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Le processus de la corrosion induit par les ions chlores, s’amorce après l’affranchissement du
béton d’enrobage par ces derniers, et l’atteinte d’un seuil critique de concentration en
chlorures qui dépassivera suite à cet effet le film passif.

Les méthodes de détermination de ce seuil critique de concentration en chlorures sont


diverses. Certains chercheurs ont exprimé cette phase à l’aide du rapport de la concentration
en chlorures libres et celle des ions d’hydroxydes protecteurs (OH-). Selon Hausmann (1976)
le rapport [Cl-]/[OH-] est approximatif de 0,6. En revanche, Raharinaivo (1986) montre que la
limite est atteinte lorsqu’on a égalité des deux concentrations sauf et à contrario à Hausmann,
cette théorie tient compte de la porosité ainsi que la distribution des tailles des pores. D’autres
ont considéré que la qualité et la nature des produits d’oxydations à la surface de l’acier
influencent fortement le seuil de concentration critique.
Enfin, il est difficile de préciser d’une manière crédible la concentration critique capable
d'amorcer la corrosion des armatures. L'influence de différents facteurs comme la composition
du béton, la teneur en C3A, le rapport E/C, l'humidité relative, la température, la
microstructure en contact avec l'acier et l'état de surface de l'acier sont autant de facteurs qui
présentent une incidence sur ce paramètre.
En présence de trop d’ions chlorures dans le béton, on observe la corrosion des aciers (figure
II.5). Ils modifient la morphologie de la couche passive en donnant des ions FeCl3- ou FeCl2 :

Fe + 3Cl - FeCl3- + 2e- et/ou (II.1)


Fe2+ +2Cl- FeCl2 (II.2)
qui consomme les ions OH- présents
FeCl3- + 2 OH- Fe(OH)2 + 3Cl- et/ou (II.3)
FeCl2 +2H2O Fe(OH)2 +2HCl (II.4)

Les électrons libérés par la réaction d’oxydation se déplacent à travers le métal jusqu’aux sites
cathodiques. D’après les réactions précédentes, le processus conduit à une diminution du pH
et à un recyclage des ions chlorures.

Figure II.5 : Processus électrochimique de corrosion par chlorures dans le béton armé
[BAR 1992].

24
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Les produits de corrosion occupent un volume plusieurs fois supérieur au volume initial de
l’acier. Leur formation lorsqu’elle atteint un volume suffisant, peut alors entrainer une
fissuration du béton (généralement, un faciès caractéristique est observé, parallèlement à la
direction du lit d’armatures) puis son éclatement ou son feuillage. En termes de
caractéristiques mécaniques, la corrosion crée une diminution de la section d’acier mais
surtout une perte d’adhérence acier-béton.

II.4.1.3 L’amorçage et la propagation

La dégradation du béton armé comporte deux phases successives :

Phase d’incubation ou d’amorçage : correspond au changement lent du béton, lié à des


modifications chimiques et physiques de l’enrobage du béton à l’échelle microscopique, elle
s’arrête lorsque les produits formés par les réactions internes du ciment atteignent un volume
critique qui fait gonfler le béton ou lorsque l’enrobage du béton ne protège plus les armatures.

Phase de propagation ou de développement : où la dégradation du matériau est visible.


L’enrobage est complètement modifié, donc l’acier sera recouvert par des produits
intermédiaires

D’un point de vue statique, un coefficient de variation de 30% est estimé [IZQ 2004] pour ce
critère. Des lois de distribution ont été également proposées pour les concentrations limites
en chlorures. En immersion, pour un béton CEM I d’un rapport E/C égale à 0,5, une loi
normale de valeur moyenne 1,5% (chlorures totaux en masse de ciment) et de coefficient de
variation 35% est présentée sur la figure II.7. Ces résultats ont été obtenus par simulation de
Monte-Carlo sur une loi empirique identifiée entre le potentiel électrochimique des armatures
et la concentration critique en chlorures totaux dans des mortiers [IZQ 2004].

25
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Figure II.6 : Evolution du niveau de corrosion des armatures en fonction du temps


[BAM 1987].

Figure II.7 : Loi de distribution de la concentration critique en chlorures totaux pour un béton
CEM I, en immersion avec E/C = 0,5 [IZQ 2004].

26
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

II.5 MESURE EN DIFFUSION NATURELLE

Avant d’entamer la diffusion naturelle, on peut définir de façon qualitative le mouvement


brownien comme étant le mouvement aléatoire, «perpétuel», dans les trois directions de
l’espace, de particules se trouvant en suspension dans un fluide. Il trouve son origine dans les
collisions des molécules du liquide, ce qui a pour conséquence visible le déplacement
aléatoire de la particule (mouvement brownien). En ce qui concerne le déplacement des
molécules, c’est l’agitation thermique qui en est responsable, chaque molécule collisionne
avec une énergie cinétique égale à 3/2 kbT [RUS 1989] répartie de façon égale entre les trois
axes de translation (donc ½ kbT le long d’un axe donné). Du mouvement brownien résulte la
diffusion Brownienne dont les effets peuvent être perçus au niveau macroscopique puisqu’elle
permet aux particules de rester dispersées et donc de ne pas s’agréger ou sédimenter sous
certaines conditions. La seconde loi de Fick permet de déterminer la concentration d’une
espèce en fonction du temps et de la position. Pour un cas unidimensionnel elle s’écrit [CAN
2009] :

డ௖ డమ஼
=‫ܦ‬ II.11
డ௧ డ௫మ

Où C représente la concentration de l’espèce en question, t le temps, x le déplacement et D le


coefficient de diffusion. En terme de concentration, on peut dire que la diffusion brownienne
se traduit par l’homogénéisation de la concentration des molécules. La solution de
l’équation II.11 dépend des conditions aux limites imposées ainsi que du coefficient de
diffusion dont l’ordre de grandeur pour des liquides ordinaires ayant des petites molécules, est
de 1.10−9 m .s−1.
Parmi les nombreuses études menées sur le mouvement brownien, ce sont les travaux
d’Einstein en 1905 [HAW 2002] qui marquent le début d’une nouvelle façon de percevoir la
matière en s’appuyant surtout sur la notion de mécanique statistique. Pour essayer de
comprendre le mouvement aléatoire des particules, au début les scientifiques cherchent à
caractériser le déplacement moyen <x> d’une seule particule, comme étant une fonction de
probabilité P(x,t) dépendante du temps et de l’espace. Pourtant on s’aperçoit que le
déplacement moyen n’est pas le meilleur paramètre pour décrire la trajectoire d’une particule
vu que la fonction de probabilité ou plutôt la courbe représentant la distribution normale
associée, est symétrique, ce qui implique un déplacement moyen égal à zéro. Il est alors plus
judicieux de moyenner les distances parcourues. Ainsi, en prenant la racine de la moyenne du
carré du déplacement, on trouve que le déplacement moyen d’une particule est proportionnel
à la racine carrée du temps, où le coefficient de proportionnalité n’est autre que le coefficient
de diffusion:

〈x ଶ〉 = (2Dt) II.12
௄ ್்
‫=ܦ‬ II.13
଺గఎோ

27
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Où η est la viscosité dynamique du fluide, Kb la constante de Boltzmann, et T la


température absolue. L’équation II.12 est connue sous le nom de l’équation d’Einstein –
Smoluchowski, tandis que l’équation II.13 est connue comme l’équation de Stokes – Einstein.
Par la suite, divers travaux expérimentaux ont permis de valider la formule d’Einstein, en
particulier une série d’expériences menées par Jean Perrin entre les années 1908-1911 [HAW
2002]. On notera que, grâce à ces expériences, Perrin a déterminé la valeur du nombre
d’Avogadro.

II.5.1 Diffusion en régime stationnaire

Dans les bétons saturés, le principal mode de pénétration des chlorures est la diffusion à
travers les pores qui contiennent la solution interstitielle. Dans le cas de la diffusion en régime
stationnaire, le flux devient constant. Alors, on peut obtenir le coefficient de diffusion effectif
en régime stationnaire De à partir de l’équation II.14 :


‫ܦ‬௘ = − ࣔ࡯ࢊࢌ II.14
ࣔ࢞

L’essai consiste tout d’abord à saturer l’échantillon puis on le dispose entre deux
compartiments de concentrations différentes en chlorures ; le plus souvent nulle dans le
compartiment aval. Sous l’effet du gradient de concentration de part et d’autre de
l’échantillon, les chlorures diffusent au travers de celui-ci d’amont vers l’aval. Cet essai est
appelé essai de diffusion. En renouvelant régulièrement les solutions dans les compartiments,
le gradient de concentration reste constant. Ce renouvellement nous permet de mesurer au
cours du temps, le flux de chlorures ayant traversé l’échantillon.

Figure II.8: Principe de cellule de diffusion [APP 2010].

Par différentes techniques expérimentales (la titration potentiométrique, l’absorption


atomique, la chromatographie ionique), le flux de chlorures au travers de l’échantillon est
mesuré. La technique la plus répandue est celle de la titration potentiométrique au nitrate
d’argent.

28
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Figure II.9: Evolution du flux de chlorures en aval [DJE 2007].

W : la quantité cumulée de chlorures ayant pénétré dans le compartiment aval (mol).


A : la surface exposée de l’échantillon (m2)
L : son épaisseur (m)
Cup : la concentration en chlorure à l’amont (mol /m3).

Le régime permanent apparaît au bout d’un certain temps et se traduit par la partie linéaire de
la courbe. Les mesures sont effectuées jusqu'à l’observation d’un régime stationnaire. Le
gradient de concentration devient alors constant dans le liquide interstitiel. Le coefficient de
diffusion effectif s’écrit à partir de la première loi de Fick :


‫ܦ‬௘ = ‫ܬ‬ II.15
஼బ ௗ

Avec : L et Jd sont respectivement l’épaisseur de l’échantillon et le flux de chlorures. Ce


dernier n’est que la quantité d’ions chlorure traversant la section apparente du matériau
pendant un intervalle de temps donné.

Avant d’atteindre le régime permanent, le temps passé est appelé le temps de retard. Sa
formule est la suivante :
ఈ௅మ
ܶ௥ = II.16
଺஽೐

Avec : α, le facteur de retard qui dépend des isothermes d’interaction.

Le coefficient de diffusion est la pente de la partie linéaire de la courbe présenté sur la


figure II.9. Il s’agit d’une simplification puisque l’expression du flux par la première loi de
Fick est incomplète. Il faudrait connaître le champ électrique local créé par les espèces

29
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

ioniques en présence pour l’exprimer avec l’équation de Nernst-Planck. Les valeurs obtenues
dépendent donc de la concentration Cup et du cation associé à Cl-.
La durée de cet essai dépend de l’épaisseur de l’échantillon et des caractéristiques du béton
comme le type de ciment (la capacité de fixation augmente la durée du régime transitoire), le
rapport E/C, la taille des granulats. Cependant, le délai d’obtention du régime permanent est
très long, plus d’un an pour un échantillon d’un béton ordinaire de 3 cm d’épaisseur.

II.5.2 Diffusion en régime non stationnaire

Pour diminuer la durée de l’essai de la diffusion, deux possibilités sont envisageables :


évaluer le coefficient de diffusion en régime transitoire et /ou augmenter le gradient de
concentration en augmentant Cup. Pour cela une éprouvette du béton est immergée dans une
solution à forte concentration en Cl- en l’exposant à la pénétration unidirectionnelle. La
différence fondamentale avec l’essai précédent est que : au lieu d’étudier le flux de Cl-, on
détermine la concentration en Cl- dans l’échantillon à un instant donné. Cet essai est appelé
l’essai d’immersion, dont le principe est décrit sur la figure II.10

Figure II.10: Principe de l’essai d’immersion [APP 2010].

La surface accessible est exposée à une solution salée pour une durée déterminée. La méthode
nordique NT Build 443 [NT BUILD 1995] recommande une immersion de 35 jours dans une
solution de Cl- de sodium à 165g /l, tandis que la procédure AASHTOO T 259 [NT BUILD
1999] prévoit une durée de 90 jours et une solution NaCl de 3% (30g/l). A la fin de la période
d’exposition, le profil de concentration est déterminé comme indiqué sur la figure II.11. De la
poudre de l’échantillon, à différentes profondeurs, est collectée par grignotage puis les Cl-
totaux sont mesurés par dosage titrémitrique de la solution.

30
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Figure II.11 Profil en chlorures dans le béton après immersion [APP 2010].

Les paramètres du profil expérimental sont déterminés par ajustement des points
expérimentaux au profil théorique.

‫ݔ(ܥ‬, ‫ܥ = )ݐ‬௜ + (‫ܥ‬௦ − ‫ܥ‬௜ )݁‫݂ܿݎ‬൬ ൰ II.17
ଶඥ஽ೌ (௧ି௧೐ೣ)

L’équation est une solution de la seconde loi de Fick, elle caractérise une diffusion pure sans
interaction chlorures/matrice. Le coefficient de diffusion ‫ܦ‬௔ doit être déterminé à partir des
concentrations en ions chlorures libres. Dans le cas où la concentration en chlorures libres n’a
pas pu être déterminé, le calcul se fait à partir des chlorures totaux [HEN 2000].
Avec ‫ݔ(ܥ‬, ‫ )ݐ‬la quantité de chlorures totaux (mol/kg de béton) au temps t(s) et à l’abscisse
x(m), ‫ܥ‬௦ la concentration en surface de l’échantillon (mol/kg de béton), ‫ܥ‬௜ la concentration
initiale dans l’échantillon (mol/kg de béton), Da le coefficient de diffusion apparent (m2/s), et
‫ݐ‬௘௫ la durée de l’immersion (s).
Donc le coefficient de diffusion mesuré n’est pas le même que dans l’essai précédent
(coefficient de diffusion effectif De) puisqu’il prend en compte non seulement la
microstructure du béton mais aussi la capacité de fixation des chlorures. De plus, le
coefficient de diffusion apparent est considéré comme constant ce qui est vrai seulement si
les matériaux sont homogènes, non évolutifs et l’isotherme de fixation linéaire [NT BUILD
1995].
L’avantage principal de cet essai est d’être une bonne simulation des conditions d’exposition
réelles avec une durée d’essai acceptable. Cependant, la procédure d’obtention du profil en
chlorures par grignotage et dosages chimiques est longue et fastidieuse.

II.6 MESURE SOUS CHAMP ELECTRIQUE

Le processus de diffusion des chlorures est un processus lent dont l’essai de diffusion et
d’immersion ne sont pas satisfaisants pour un béton au jeune âge ou encore en cas de besoin
de résultats rapides. Des essais de migrations ont été développés afin d’accélérer le transfert
des chlorures.

31
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

II.6.1 Migration en régime stationnaire

Le principe de l’essai et le même que pour la cellule de diffusion, avec la mise en place
d’électrodes fixées sur les deux faces de la cellule et reliées à un générateur de tension.
L’échantillon du béton saturé est placé entre les deux compartiments amont contenant la
solution salée (KOH+NaOH+NaCl) et la cathode, et aval contenant (KOH+NaOH) et l’anode.
Sous l’effet du gradient de concentration et du champ électrique, les chlorures migrent de la
cathode vers l’anode.

Figure II.12: Principe de la cellule de migration [APP 2010].

Dans ce type d’essai, le générateur est réglé toujours pour obtenir un champ électrique de 12V
entre les deux faces de l’échantillon. Cette valeur est suffisante pour obtenir une bonne
accélération du mouvement des chlorures. Mais n’est pas trop élevée afin d’éviter toute
augmentation de la température (effet de joule), et la perturbation au niveau des cathodes,
notamment la formation des hypochlorites [PRI 1999]. L’exploitation se fait aussi en régime
stationnaire.
Le dosage régulier du compartiment aval, les quantités de chlorures obtenues ayant le même
type que ceux de la figure II.9. Mais la durée est beaucoup plus courte puisque le régime
devient permanent au bout de quelques jours. Lorsqu’on atteint ce régime c'est-à-dire le flux
devient constant, on peut donc déterminer le coefficient de diffusion à partir de la relation
Nernst-Planck. On considère que le potentiel électrique local n’est du qu’à la différence de
potentiel appliquée à l’échantillon, le coefficient de diffusion s’écrit :

ோ.் ௅
‫ܦ‬௘ = ‫ܬ‬ II.18
ி௎ ஼ೠ೛ ௘

Où ‫ܬ‬௘ est le flux effectif en régime stationnaire mesuré dans le compartiment aval
(mol/m2.s), ‫ܦ‬௘ le coefficient de diffusion effectif (m2/s),‫ܥ‬௨௣ la concentration en chlorure en
amont (mol/m3), F la constante de Faraday (96500 J/V.mol), T la température (K), U la
différence de potentiel entre les deux surfaces de l’éprouvette (V), et L son épaisseur (m).

32
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

On peut aussi suivre l’appauvrissement en chlorures dans le compartiment amont. L’avantage


de cette méthode est de réduire encore plus la durée de l’essai puisque le régime permanent
est atteint plus rapidement dans le compartiment amont, et de rendre possible la mesure du
coefficient de diffusion sur les bétons déjà contaminés par les chlorures. Les deux
compartiments de la cellule ne sont pas renouvelés au cours de l’essai.
Andrade [BAR 1992] a proposé de suivre l’augmentation de la concentration en ions chlorure
dans le compartiment aval. La concentration est déterminée par titration potentiométrique au
nitrate d’argent à 0,01 M. Au cours de l’essai, les deux compartiments de la cellule sont
renouvelés régulièrement. Cette méthode est la plus utilisée.

II.6.2 Migration en régime non stationnaire

Cet essai est plus rapide puisqu’il combine à la fois l’utilisation d’un champ électrique et
l’exploitation en régime non permanent. L’avantage est de fournir un résultat au bout de
24 heures. On met en place une éprouvette de béton. Donc les chlorures se déplacent par
migration de la cathode à l’anode sous l’influence du champ électrique créé.
Pendant le régime transitoire, les chlorures traversant l’échantillon en formant un front
avancent à vitesse constante puis le régime permanent est atteint lorsque la concentration en
chlorures devient constante dans l’échantillon. La figure II.13 illustre le profil de
concentration en chlorures dans l’échantillon pendant l’essai de migration. L’essai a été
développé par Tang et Nilsson [TAN 1993] et fait l’objet de la norme NT Build 492
[NT Build 1992].

Figure II.13: Front d’avancement des chlorures en migration [APP 2010].

L’essai est réalisé sur un échantillon de 5 cm d’épaisseur, contenant une surface extérieure
recouverte d’une bande scellante de 15 cm de largeur. Cette dernière doit dépasser 10 cm de
part et d’autre de l’éprouvette pour retenir 150 ml de solution d’eau saturée en Ca(OH)2.
L’éprouvette scellée est d’abord immergée dans une solution contenant 3% de NaCl et
saturée en Ca(OH)2. La pénétration des chlorures dans l’éprouvette est accélérée par une
différence de potentiel de 30V.

33
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

A la fin de l’essai, l’échantillon est rompu par fendage. On mesure la profondeur de


pénétration par un révélateur coloré : le nitrate d’argent.

Figure II.14 : Schéma de principe de la méthode CTH NT BUILB 492 [TAN 1999].

Donc le coefficient de migration apparent Da est calculé par l’équation suivante :

ோ்௅ ೏ ௫ ିఈ௫೏ బ,ఱ


‫ܦ‬ୟ = ቀ ቁ II.19
௭಴೗ష
ி௎ ௧

Où ‫ݔ‬ௗ est la profondeur de la pénétration limite des chlorures et ߙ est une constante de l’essai.

ோ்௅ ଶ௖೏
ߙ = 2ට ݁‫ି݂ݎ‬ଵ ቀ1 − ቁ II.20
௭಴೗ష ி௎ ௖బ

II.7 DEFINITON DE Dapp et Deff

Le coefficient de diffusion effectif est obtenu en affectant le coefficient de diffusion


moléculaire des chlorures dans la solution interstitielle du matériau, supposé infiniment diluée
DCl d’un paramètre Q appelé diffusibilité ; l’inverse de la diffusibilité étant le facteur de
formation :

34
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Dୣ୤୤ = QDେ୪ II.21

La diffusibilité Q représente la synthèse de tous les paramètres qui influent sur le transfert des
ions chlorures dans le matériau cimentaire. Ces paramètres sont de deux types : la géométrie
de la structure poreuse et les interactions chimiques et électrochimiques qui se produisent à
l’interface parois pores/solution interstitielle [GDB 2007]. Dans la majorité des cas c’est la
géométrie des pores qui est prise en compte à travers la porosité (P), la tortuosité (τ) et la
connectivité (δ) pour déterminer la diffusibilité [VAN 1981].

ܳ = ܲߜ/߬ II.22

Et si on prend en considération les interactions chimiques entre les chlorures et la matrice


cimentaire, le coefficient de diffusion devient apparent sous forme de [BAR 2006] :
஽ ೐೑೑
ܳ௔௣௣ = ೏಴್ II.23
௣ାఘ
೏಴೑

Avec :

ρ : masse volumique de la phase solide ;


‫ܥ‬௙ : concentration en chlorures libres ;
‫ܥ‬௕: concentration en chlorures liés.

II.7.1 Méthodes de détermination de ۲ ‫ ܎܎܍‬en régime stationnaire

 Mesure du flux de chlorures à l’aval :

Dans l’hypothèse où la convection est négligée, le transfert des ions chlorures en régime
stationnaire est régi par l’équation traduisant le couplage migration+diffusion [GDB 2007] :
డమ஼ డ஼
‫ܦ‬ −ܸ =0 II.24
డ௑ మ డ௑

௓಴೗ி஽ ௎
Avec : ܸ= II.25
ோ் ௅

La solution de l’équation II.24 s’écrit [AMI 1997] :



ೇ ೞ೓[మವ (ಽషೣ)]

஼̅(௫) ௘మವ
= ೇ II.26
஼బ ௦௛( ௅)
మವ

Le flux de chlorures à travers l’échantillon s’écrit :


ௗ஼
‫ =ܬ‬−‫ܦ‬ + ܸ‫ܥ‬ II.27
ௗ௫

35
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

La combinaison des équations II.26 et II.27 donne l’expression du coefficient de diffusion


ೋಷೆ ೐
ோ் ௎ ௃ೌೡೌ೗
‫ܦ‬௔௩௔௟ = (1 − ݁ି ೃ೅ ) II.28
௓಴೗ி ௅ ஼ೌ೘ ೚೙೟

Notons que le coefficient de diffusion donné par II.28 est la solution exacte. Si le champ
électrique est suffisamment important pour pouvoir négliger la partie diffusion au profit de la
migration, on retrouve la formule approchée proposée par Andrade [AND 1993] :
ோ் ௅ ௃ೌೡೌ೗
‫=ܦ‬ II.29
௓಴೗ி ௎೐ ஼ೌ೘ ೚೙೟

 Mesure du flux de chlorures à l’amont :

C’est une démarche qui consiste à suivre l’évolution du flux de chlorures dans le
compartiment amont, le coefficient de diffusion est donné par l’équation II.29 en remplaçant
‫ܬ‬௔௩௔௟ par ‫ܬ‬௔௠ ௢௡௧ [GDB 2007].

II.7.2 Méthodes de détermination de ۲ ‫ ܎܎܍‬en régime transitoire

La théorie pour l’exploitation du résultat est un peu plus complexe, elle contient un certain
nombre d’hypothèses. Rappelons l’équation de conservation des chlorures dans le béton
saturé à l’échelle d’un volume élémentaire représentatif, où P, ߩௗ , c et ‫ܥ‬௕ sont respectivement
la porosité ouverte, la masse volumique sèche (kg/m 3), la concentration en chlorures libres
(mol/m 3) et la quantité de chlorures fixés (mol/kg de matériau sec) :
డ(ఘ೏ ௖್) డ(௉௖) డ௃೐
+ =− II.30
డ௧ డ௧ డ௫

Le flux de chlorures Jୣ (mol/m2.s) s’exprime par la relation de Nernst-Planck :


డ௖ ௭಴೗ష ி డ∅ డ ୪୬ ௬಴೗ష
‫ܬ‬஼௟ష = −‫ܦ‬௘( + ܿ +ܿ ) II.31
డ௫ ோ் డ௫ డ௫

Avec zେ୪ష et yେ୪ష la valence et le coefficient d’activité chimique des ions chlorures et ∅ le
potentiel électrique. On considère que les réactions chimiques et les chlorures fixés sont
négligées, ce qui se justifie par le fait que le champ électrique rend la vitesse de transport des
chlorures très rapide et diminue l’influence de ces réactions, donc il n’y a plus d’évolution de
la microstructure et par conséquence la porosité reste constante.

Par l’hypothèse du champ électrique est suffisamment fort, l’activité chimique et le couplage
électrochimique entre les ions soient négligés. Cette simplification nous permet de prendre en
compte une variation linéaire du potentiel électrique de telle sorte que son gradient soit
constant :

36
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

డ∅ ∆∅೐ೣ೟ ௎
= = − = −‫ܧ‬௘௫௧ = ܿ‫݁ݐݏ‬ II.32
డ௫ ௅ ௅

Où U est la tension appliquée dans l’échantillon (V), L l’épaisseur du béton (m) et


Eୣ୶୲ le champ électrique local correspondant (V/m). L’équation II.31 devient :
డ௖ డమ௖ ௭಴೗ష ிா೐ೣ೟ డ௖
= ‫ܦ‬௔௣௣ ( − ) II.33
డ௧ డ௫మ ோ் డ௫

Où Dୟ୮୮est le coefficient de diffusion apparent (m2/s) obtenu en migration et régime


ୈ౛
transitoire, égale à . En négligeant le flux diffusif, l’équation II.33 se résoud simplement et

s’écrit :
డ௖ ிா೐ೣ೟ డ௖
= ‫ܦ‬௔௣௣ ቀ ቁ II.34
డ௧ ோ் డ௫

La solution de l’équation II.34 est alors la suivante :


ோ் ௫೑
‫ܦ‬௔௣௣ = . II.35
ிா೐ೣ೟ ௧

Où x୤(m) est l’abscisse du point d’inflexion du font de chlorures en migration après un


essai de durée t(s). La profondeur de pénétration, ou position du front de chlorures que l’on
mesure, notée xୢ est égale à x୤ si l’on est en migration pure puisque le front théorique est
vertical. Or le profil expérimental obtenu, si la diffusion n’est pas négligée, est présenté sur la
figure II.15 :

Figure II.15 : Illustration du point d’inflexion du front de chlorures [APP 2010].

37
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Tang et Nilsson ont proposé un terme correctif empirique, obtenu par ajustement numérique
pour prendre en compte ces écarts :

x୤ = xୢ − 1,061xୢ଴,ହ଼଺ II.36

Pour une analyse complète, où le terme diffusif est négligé [30], la solution analytique à
l’équation II.33 est :
ࢠ࡯࢒ష ࡲࡱࢋ࢚࢞
ࢉ૙ ࢞ ࢠ࡯࢒ష ࡲࡱࢋ࢚࢞√ࡰ࢚ ࢞ ࢠ࡯࢒ష ࡲࡱࢋ࢚࢞√ࡰ࢚
ࢉ= [ࢋ࢘ࢌࢉቀ − ቁ+ ࢋቀ ࡾࢀ
࢞ቁ
ࢋ࢘ࢌࢉቀ + ቁ] II.37
૛ ૛√ࡰ࢚ ૛ࡾࢀ ૛√ࡰ࢚ ૛ࡾࢀ

Lorsque le champ électrique local Eୣ୶୲ et la profondeur de pénétration xୢ sont suffisamment


grands (600 V/m) le deuxième terme de l’équation II.37 tend vers 0 et l’expression au point
xୢ devient :
ୡబ ౚ ୶ ୞ిౢష୊୉౛౮౪√ీ ౪
cୢ = ൬erfc ቀଶ√ୈ୲ − ቁ൰ II.38
ଶ ଶୖ୘
Ou encore
୶ౚ ୞ిౢష୊୉౛౮౪√ీ ౪ ଶୡౚ
− = erf ିଵ ቀ1 − ቁ II.39
ଶ√ୈ୲ ଶୖ୘ ୡబ

Où Cୢ est la concentration correspondant à la mesure de xୢ par le révélateur coloré. La


valeur de Cୢ est très faible ; mais on ne peut pas faire l’hypothèse Cୢ=0 à ce niveau là puisque
l’équation II.31 ne permet pas de conclure comme erfc-1(1) ∞. Posons alors deux
ࢠ࡯࢒ష ࡲࡱࢋ࢚࢞ ି૚ ૛ࢉࢊ
constantes α = ࡾࢀ et ξ =ࢋ࢘ࢌ ቀ૚ − ࢉ ቁ, donc l’équation II.39 s’écrit :

ଶ ౚଶஞ ୶
൫√D൯ + ୟ ୲√D − ୟ୲ =0 II.40

La seule solution positive de cette équation du second degré :


ଵ ଶஞమ ଶஞ ஞమ
D= ቆ + xୢ − ට + xୢቇ II.41
ୟ୲ ୟ √ୟ ୟ
Après la titration des chlorures par nitrate d’argent, la concentration en chlorures libres
cୢ ≈ 0.07M est proposée. De ce fait, et dans les conditions de la procédure NT Build 492
(T=295K, U=30V, L=0.05m, c଴=2M), le paramètre a vaut 23600m-1 et ξ a une valeur de 1.28.
a étant largement supérieur à ξଶ, on peut donc écrire :
ଵ ଶஞ
D= ቀx − ඥ xୢቁ II.42
ୟ୲ ୢ √ୟ

L’équation II.42 peut être mise sous la forme :


ୖ୘୐ ୶ౚ ି஑୶ౚబ.ఱ
Dୟ୮୮ = ቀ ቁ II.43
୞ిౢష୊୙ ୲

Où, α est une constante de l’essai,

38
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

ୖ୘୐ ଶୡౚ
α = 2ට erf ିଵ ቀ1 − ቁ II.44
୞ిౢష୊୙ ୡబ

La forme finale de l’équation II.43 est utilisée dans la norme NT Build 492 pour évaluer, en
migration, le coefficient de diffusion apparent en régime transitoire.

II.8 CLASSIFICATION DES BETONS

En juillet 2004, l’AFGC a publié un document sur la maîtrise de la durabilité des ouvrages
[AFG 2004]. Dans ce document, on trouve un tableau qui donne une récapitulation des
caractéristiques de la durabilité d’un béton, et une idée sur le classement des bétons selon ses
caractéristiques. La classification est présentée dans le tableau II.1.

Tableau II.1 Tableau récapitulatif des caractéristiques de la durabilité [AFGC 2004].

CLASSES
Durabilité TRES FAIBLE MOYENNE ELEVEE TRES
FAIBLE ELEVEE
G Porosité accessible
14 à 16 12 à 14 9 à 12 6à9
à l’eau (%) P
S Porosité mesurée par > 16
intrusion de mercure 13 à 16 9 à 13 6à9 3à6
(%) PHg
S Résistivité électrique 250 à
< 50 50 à 100 100 à 250 > 1000
(Ω.m) ρ 1000
G Coefficient de
diffusion effectif des >8 2à8 1à2 0,1à1 < 0,1
chlorures De
(10-12 m2/s)
G Coefficient de
diffusion apparent des
chlorures-essai 1à5 <1
migration- Da
(10-12 m2/s)
> 50 10 à 50 5 à 10
G Coefficient de
diffusion apparent des
chlorures <5
-essai diffusion-
(10-12 m2/s)
G Perméabilité apparente
aux gaz > 1000 300 à 1000 100 à 300 10 à 100 < 10
(10-18 m2) Kgaz
G Perméabilité à l’eau
liquide > 10 1 à 10 0,1 à 1 0,01 à 0,1 < 0,01
-18 2
(10 m ) Keau

39
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

II.9 TECHNIQUES DE REPARATION DES OUVRAGES DEGRADES EN BETON


ARME

On s’intéresse aux quatre méthodes de réparation suivantes :

- Projection par voie sèche.


- Projection par voie humide.
- Projection manuelle de mortier.
- Béton coffré.

II.9.1 Projection par voie sèche

Cette technique utilise un matériau qui est le LANKOGUNITE 765, de granulométrie 0,8 mm
et de résistance mécanique à la compression à 28 jours de 55 MPa. Il est conditionné en sac de
25kg.
Le matériel utilisé pour la réparation est un compresseur et une machine à béton projeté à
barillet. La machine a besoin de deux opérateurs, un à la lance et l’autre à la machine, un pour
la manutention des sacs ainsi qu’un chef chantier pour le contrôle de l’exécution.
La projection doit se faire à une distance de 0,60 à 1,20 m d’une manière lente et
perpendiculaire à la surface afin d’éviter tout rebond de la matière.
A la fin de la projection, on vérifie que tous les aciers sont recouverts, pour assurer un bon
enrobage.

Figure II.16 : Projection par voie sèche [1].

40
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Avantages Inconvénients
- Le produit n’est pas coûteux - Aspect final irrégulier
- Prêt à l’emploi - Condition de travail pénible
- Un nombre limité d’ouvriers - Formation spécifique du projecteur
- Une bonne compacité puisque la force - Perte par rebond de 30%
d’impact est grande - Matériel peu courant
- Grand diamètre de tuyaux à cause du
matériau sec

II.9.2 Projection par voie humide

Cette technique utilise un matériau qui est le LANKOREP 735 d’une granulométrie 0,2 mm et
résistance à la compression à 28jours de 55MPa. Il est conditionné en sac de 25kg.
Pour la réparation, on a besoin d’une machine à béton projeté. Trois opérateurs de projection
un à la lance et deux à la machine : un pour la manutention des sacs ainsi qu’un chef du
chantier pour le contrôle.
La machine à projeter effectue automatiquement le mélange eau-produit suivant le réglage à
prédéfinir. Le taux de mouillage est de 3.5l pour un sac de 25kg de produit.
La projection par voie humide se fait à une distance plus courte, 20cm du support, elle
s’effectue en une ou plusieurs passes de 5cm d’épaisseur.
On doit contrôler aussi que tous les aciers sont recouverts pour respecter le critère d’enrobage.

Figure II.17 : Projection par voie humide [2].

41
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Avantages Inconvénients
- Bonne quantité du support - Utilisation compliquée par le dosage en eau
(aspect final satisfaisant) - Problème de prise rapide et de colmatage
- Très peu de pertes à la dans les tuyaux
projection. - Peu de puissance d’impact et passes limitées
- Coût élevé du produit
- Ouvriers nombreux
- Nettoyage régulier et précis du matériel
- Sensibilité du retrait

II.9.3 Projection manuelle du mortier

Cette technique utilise le même produit que celui de la projection par voie humide. Elle
nécessite la présence de deux maçons qualifiés pour la projection et un manœuvre pour la
fabrication du mortier. Et aussi un chef de chantier pour le contrôle.

Le dosage est le même que pour la précédente technique de projection (3.5l d’eau pour 25kg
de produit). La réparation manuelle s’effectue sous forme de plusieurs couches sans lisser le
produit avant la réalisation de la dernière couche afin d’assurer une bonne adhérence entre les
couches.

Avantages Inconvénients
- Aspect final satisfaisant - Utilisation compliqué par le dosage en eau
- Très peu de perte - Peu de compacité puisque la force de
- Nombre limité de personnel projection est faible
- Meilleur pour les petites surfaces - Rendement limité
- Epaisseur de passes limitée à 5 cm
- Coût du produit élevé
- Sensibilité au retrait
- Main d’œuvre qualifiée

II.9.4 Béton coffré

Cette technique consiste en la mise en place du béton dans un coffrage. Elle utilise un produit
désigné sous le nom de Technia S102 prêt à l’emploi, conditionné en sac de 35kg.
Le mélange se fait en respectant la fiche technique avec un taux de mouillage d’eau/produit de
7%. Le matériau a un comportement similaire à un béton auto plaçant, pour cela on doit
effectuer une densification à l’aide d’une aiguille vibrante.
Le matériel nécessaire pour cette réparation est une bétonnière pour faire le mélange et des
coffrages. Pour la main d’œuvre, on a besoin d’un maçon qualifié pour réaliser le coffrage et
deux manœuvres pour le mélange. L’aspect final extérieur est celui du béton coffré classique.

42
Chapitre II Durabilité et propriétés de transfert dans les bétons

Figure II.18 : Projection par béton coffré [GRO 2001].

Avantages Inconvénients
- Cout du produit réduit - Rendement limité pour cause de
- Matériel et Main d’œuvre classique manutention du coffrage
- Aspect final satisfaisant - Maintien et manipulation des coffrages

II.10 CONCLUSION

Un nombre important d’ouvrages en béton armé ont été construits dans des milieux et des
environnements marins dans le cadre d’opérations de développement industriel ou touristique.
Ces environnements salins ne sont pas des milieux où les ouvrages en béton accusent des
pathologies souvent graves dans le temps. En effet, les agents agressifs pénétrant dans le
béton d’enrobage corrodent les armatures et créent la rouille, dont le volume augmente
provoquant l’éclatement du béton.
Parmi les indicateurs de durabilité, on s’est intéressé surtout à la porosité accessible à l’eau, à
la diffusion des chlorures ainsi qu’à la migration des ions chlores sous champ électrique.
La diffusion des chlorures se fait en deux phases : un régime non stationnaire ou o, parle du
temps de retard et du coefficient de diffusion apparent, et un régime stationnaire qui se traduit
par la partie linéaire de la courbe. Sa pente nous permet de calculer le coefficient de diffusion
effectif.
Pour bien comprendre l’essai de diffusion et les méthodes de détermination du coefficient de
diffusion, on s’intéresse dans le chapitre suivant à la diffusion ainsi qu’aux deux lois de Fick
et de Nernst-Planck.

43
Chapitre III Méthodes et expérience

III.1 INTRODUCTION

L’estimation des propriétés de transport dans les bétons par la mesure d’un transfert de masse
est nécessaire dans le but d’évaluer la durabilité des ouvrages en béton armé. Les lois
régissant le transport de la matière et notamment celle visant la pénétration des chlorures en
l’occurrence, permettent d’en définir un paramètre fondamental caractérisant la diffusivité à
travers le matériau étudié. En outre, beaucoup de méthodes et expériences peuvent élucider le
comportement des matériaux cimentaires vis-à-vis des espèces agressives telles que les
chlorures.
Dans ce chapitre, on met en exergue les lois qui tiennent compte de cette problématique,
notamment : les lois de FICK et de NERNST-PLANCK.

III.2 LES LOIS DE TRANSPORT AU SEIN DU BÉTON

Souvent les matériaux cimentaires pour lesquels l’épaisseur peut être réduite tout en
conservant une bonne représentativité du matériau, on se sert de la méthode (V.E.R) qui est le
volume minimum à prendre en considération pour que, une fois appliquée la théorie
d'homogénéisation, le résultat obtenu soit représentatif du comportement macroscopique du
milieu hétérogène.
Le transport a lieu au niveau poral ; cela dit à l’échelle microscopique. Un passage à l’échelle
macroscopique est recherché en extrapolant convenablement les diverses grandeurs
microscopiques sur un volume bien défini afin d’avoir la grandeur macroscopique adéquate
pour expliquer mathématiquement le phénomène (voir figure III.1) :

Figure III.1 : Représentation d’un volume élémentaire du béton [KHE 2008].

En zoomant encore plus le volume élémentaire on s’aperçoit et en détail les moindres phases
de transport dans ce dernier. Comme le montre la figure III.2:

45
Chapitre III Méthodes et expérience

Figure III.2 : Différentes phases de transport au niveau du volume élémentaire [KHE 2008].

III.2.1 Description phénoménologique de la pénétration des chlorures

Les phénomènes de transport diffèrent selon les conditions d’exposition de l’ouvrage étudié
ou à ausculter comme représenté dans la figure III.3 :

Figure III.3 : Conditions d’exposition au milieu marin [KHE 2008].

46
Chapitre III Méthodes et expérience

Et on y trouve principalement les modes de transport décrits succinctement ci-dessous :

L’Adsorption
Est un phénomène de surface, réversible, durant le quel les molécules d’un fluide se fixent sur
les surfaces solides d’un adsorbant. L'adsorption physique se fait par des forces d'interactions
physiques. Elle se produit sans modification de la structure moléculaire et est parfaitement
réversible. Dans le cas de l'adsorption chimique, il y a réaction chimique entre l'adsorbant et
l'adsorbat. L'énergie mise en jeu est alors une énergie de liaison et le processus est alors
beaucoup moins réversible, voire souvent irréversible. Le phénomène d'absorption est parfois
répertorié sous le terme de sorption.

La convection
Mouvement vertical généré par des forces ascensionnelles dues à l’instabilité statique,
généralement provoqué par un refroidissement à proximité de la surface ou par un
accroissement de la salinité dans le cas d’un océan ou par un réchauffement à proximité de la
surface dans le cas de l’atmosphère. A l’endroit où se produit la convection, l’échelle
horizontale est presque la même que l’échelle verticale, par opposition au contraste prononcé
existant entre ces échelles dans la circulation générale. Le transfert de masse vertical net est
généralement très inférieur à l’échange vers le haut et vers le bas.

L’advection
Déplacement des propriétés d’une masse d’eau ou d’air (température, traceurs chimiques,
etc.) par suite du mouvement du fluide. Pour ce qui est de la distinction entre advection et
convection, le premier terme se réfère aux mouvements de grande amplitude, généralement
horizontaux, de l’atmosphère ou de l’océan, alors que la convection se rapporte à des
mouvements généralement verticaux, induits localement.

La diffusion
Est un phénomène irréversible, et un transport spontané de la matière suite à une agitation
thermique, qui tend à uniformiser la distribution, donc s’effectuant dans le sens des
concentrations décroissantes.

III.2.1.1 Les transports de chaque zone d’exposition

La zone des embruns salins

Dans cette zone, le matériau adsorbe l’humidité par condensation capillaire et par capillarité.
Le sel présent dans le matériau vient de la zone exposée aux marées. Il s’est propagé par
diffusion. Ce sel présent dans le réseau poreux va modifier les équilibres liquide/vapeur
existant au sein du matériau [BON 1999] cité par [KHE 2008].

La zone des marées

Dans ce cas de figure, l’aspect fluctuant des marées complique le transfert des chlorures. Lors
de la marée montante (mouillage) le matériau partiellement sec subit une imbibition. Le
mouvement des ions chlorures se décompose en deux phénomènes physiques:

47
Chapitre III Méthodes et expérience

 le mouvement dû au gradient de concentration en ions chlorure (diffusion liée à la loi de


Fick)
 le mouvement dû au mouvement du liquide interstitiel (animé d’une vitesse) dans le milieu
poreux.

Plusieurs auteurs dont Nielsen [NIE 1991] néglige la diffusion dans le transport des ions
chlorures lors d’une imbibition. Cette hypothèse au vu des vitesses de propagation, semble
satisfaisante.

Dans le cas ou cette marée est descendante (séchage) le phénomène est d’autant plus
complexe. Les chlorures se propagent par diffusion ou convection si la continuité de la phase
liquide est assurée. Or dans le cas du séchage, le mouvement de l’eau se fait d’abord sous
forme liquide puis à une certaine teneur en eau la phase liquide n’est plus continue et alors le
transfert se fait sous forme de vapeur. On peut constater une limite en teneur en humidité pour
laquelle il n’y a plus de continuité de la phase liquide. Le mouvement des ions chlorures par
convection et diffusion n’est alors plus possible. Cette limite en humidité relative est autour
de 75-80% dans le cas de l’eau pure [BUE 1995] cité par [KHE 2008].

La zone immergée

Dans cette partie totalement immergée, le béton est saturé en permanence et donc la diffusion
est pure suivant un gradient de concentration en chlorures. Le déplacement des ions est
unidirectionnel en régime stationnaire et sans la prise en compte des interactions avec la
matrice solide, on peut l’exprimer avec la première loi de Fick ainsi :
డ஼ᇲ಴೗
‫ =ܬ‬−‫ܦ‬஼௟ III.1
డ௑

En régime non stationnaire, en combinant avec la loi de conservation de la masse et en


considérant que le coefficient de diffusion est indépendant de la concentration en ions
chlorures, on obtient la seconde loi de Fick :
డఘ಴೗బ డమ஼ᇲ಴೗
= ‫ܦ‬஼௟ III.2
డ௧ డ௑ మ

Cependant, les processus diffusionnels peuvent être compliqués par la présence des
interactions physico-chimiques entre le matériau et l’espèce chimique diffusante. Si l’on
considère ces interactions la seconde loi de Fick devient :
డఘ಴೗బ డమ஼ᇲ೎೗ డ஼೎೑
= ‫ܦ‬஼௟ − ߩ଴ III.3
డ௧ డ௑ మ డ௧

Pour résoudre cette équation, il reste à déterminer expérimentalement le coefficient de


diffusion et la cinétique de fixation des ions chlorures [KHE 2008].

48
Chapitre III Méthodes et expérience

III.2.2 Récapitulatif

La pénétration des ions chlores nécessite la présence d’une phase liquide. En milieu saturé, ou
partiellement saturé mais avec interconnexion de la phase liquide du béton poreux, les ions
chlorures pénètrent dans le béton par diffusion. Cette dernière résulte de l’agitation aléatoire
d’espèces soumises à un gradient de potentiel chimique. Pour les parements soumis à des
cycles d’humidification et de séchage (zone de marnage ou sels de déverglaçage), les
chlorures pénètrent tout d’abord par absorption capillaire et migrent avec la phase liquide par
convection dans la zone concernée. La progression se fait par diffusion dans la partie à
saturation constante. La cinétique de diffusion est théoriquement indépendante de la taille des
vides (pores ou fissures) [AFGC 2004]. Les transports par diffusion peuvent intervenir sous
deux formes : en phase liquide ou en phase gazeuse.

III.2.3 Transport de la phase gazeuse

Il s’agit des parties supérieures de la figure III.3 là où les ouvrages subissent le marnage et
l’arrivée des embruns en leurs surfaces. Mais il faut tout d’abord transposer les lois de
transfert définies à l’échelle microscopique à une échelle macroscopique. Ce passage est
effectué en tenant compte de la section réelle de passage (eau condensée) et du cheminement
tortueux de la phase gazeuse à travers les pores. Ce dernier élément sera pris en compte à
l’aide d’un facteur de tortuosité inférieur à 1. Ainsi la loi de Fick devient à l’échelle
macroscopique [KHE 2008]:

‫ܬ‬௩ = −߬(ߝ− ߠ௟)‫ܦ‬௩∇ఘೡ III.4

Où :
θl : teneur volumique en liquide
Dv : diffusivité à la vapeur (m2/s)
τ : la tortuosité
ρv : la masse volumique

Et si on considère la vapeur d’au tel un gaz parfait dont la loi est la suivant :

ܲ௩ = ߩ௩ܴ௩ܶ
Ainsi :

‫ܬ‬௩ = −߬(ߝ− ߠ௟)‫ܦ‬௩ ∇ܲ௩ III.5
ோೡ்

III.2.4 Transport des chlorures dans la phase liquide

Notre problématique traite l’attaque chlorhydrique dans la phase liquide, et nous rappelons
que notre étude simule le transport en condition saturée, en présence uniquement d’ions
chlores.

49
Chapitre III Méthodes et expérience

III.2.4.1 Diffusion ionique

Il est largement reconnu maintenant que la loi de Fick est une simplification du transport des
chlorures puisque la solution interstitielle des bétons est fortement concentrée en diverses
espèces ioniques. Un champ électrique local se forme entre les différentes espèces ioniques.
La combinaison entre le potentiel chimique d’une espèce et le potentiel électrostatique formé
est appelée potentiel électrochimique, qui s’applique aux espèces électriquement formé est
appelée potentiel électrochimique, qui s’applique aux espèces électriquement chargées, et
s’écrit pour une espèce ἱ : [DEB 2008]

෥ἱ = ߤἱ + ࣴἱ ‫ߤ = ߮ܨ‬ἱ଴ + ܴ݈ܶ݊(ܽἱ ) + ࣴἱ ‫߮ܨ‬


ߤ III.6

Où µἱ est le potentiel chimique qui s’exprime par le potentiel chimique standard µἱ0 et
l’activité chimique aἱ, R la constante des gaz parfaits (8,314J/mol.K), T la température (K), ࣴ ἱ
la valence, F la constante de Faraday (96480J/mol.K), et φ le potentiel électrique (Volt). Le
flux de l’espèce ionique s’exprime par le gradient du potentiel électrochimique :

஽ἱ
‫ܬ‬ἱ = − ‫∇ ܥ‬μුἱ III.7
ோ் ἱ

Où Dἱ est son coefficient de diffusion et Cἱ sa concentration, dans le cas unidimensionnel


on obtient :

େἱୈἱ డ୪୬(ୟἱ ) డఝ େ ୈ ἱ பୟἱ ࣴἱ େἱ ୊ ப஦


‫ܬ‬ἱ = −
ோ்
ቀܴܶ డ௫
+ ࣴἱ ‫ܨ‬
డ௫
ቁ = −Dἱ ቀ ୟἱ ப୶
+
ୖ୘ ப୶
ቁ III.8

Or, l’activité aἱ est reliée à la concentration Cἱ par le coefficient d’activité γἱ (aἱ= γἱ Cἱ),
l’équation III.8 sera donc :

డୡἱ ப୪୬(ஓ )
ἱ ࣴ ி பఝ
‫ܬ‬ἱ = −Dἱ ቀ1 + ቁ− Cἱ Dἱ ἱ III.9
డ௫ ப୪୬(େ ) ἱୖ୘ ப୶

Où encore :

డୡἱ ப୪୬(ஓἱ ) ࣴἱ ி பఝ
‫ܬ‬ἱ = −Dἱ ቀ + Cἱ + Cἱ ቁ III.10
డ௫ డ௫ ୖ୘ ப୶

Dans l’équation III.10, le flux est lié à trois termes : le gradient de diffusion, l’activité
chimique et le gradient du potentiel électrique. Tous n’influent pas dans le même sens.
L’influence de l’activité chimique (solution non idéale) reste négligeable par rapport au flux
ionique [Tan 1999] et [Tru 2000]. En conservant cette dernière hypothèse, l’équation III.10,
plus connue sous le nom de relation de Nernst-Planck, peut s’écrire pour un milieu saturé :

50
Chapitre III Méthodes et expérience

డୡἱ ࣴἱ ி பఝ
‫ܬ‬௘,ἱ = −Dୣ,ἱ ቀ + Cἱ ቁ III.11
డ௫ ୖ୘ ப୶

La première loi de Fick est donc un cas particulier de l’équation de Nernst-Planck : elle
concerne les espèces non chargées seulement [7].

Où, Je,ἱ et le flux effectif de l’espèce ἱ et De,ἱ son coefficient de diffusion effectif.

On remarque que si le potentiel électrique est négligé, la première loi de Fick est retrouvée.
Le champ électrique local E (volt/m), créé par le mouvement des différentes espèces ioniques,
dérive du potentiel électrique φ :

డఝ
‫=ܧ‬ III.12
డ௫
L’équation de courant et la condition d’électroneutralité permettent de le calculer :
ങ೎ἱ
డఝ ோ் ∑ ࣴἱ ஽ ἱ ങೣ
=− III.13
డ௫ ி ∑ ࣴἱమ஽ ἱ ஼ἱ

D’une façon différente, en utilisant l’équation de Poisson grâce à la permittivité diélectrique ϵ


du béton (ne donnant à priori pas la même solution), le calcul devient :

డమఝ ி
+ (∑ ࣴἱ ‫ܥ‬ἱ ) = 0 III.14
డమ௫ ఢ

On écrit donc :

ோ்௅
‫ܦ‬௘ = ቀ ቁ‫ܬ‬ III.15
௓ாி஼బ

Où ,
J : Flux ionique,
R : Cste des gaz parfaits,
T : Température,
L : Épaisseur de l’échantillon,
Z : Valence d’un ion,
E : Potentiel électrique,
F : Cste de Faraday,
C0 : Concentration en Cl-.

III.2.4.2 Interaction des chlorures

La pénétration des chlorures dans le béton, sous l’effet du gradient de concentration, génère
leur diffusion au sein du matériau, et comme la fixation de l’espèce diffusante est partielle sur

51
Chapitre III Méthodes et expérience

les hydrates cimentaires, il est donc prévu que certaines résidus de ces espèces seront hors
réaction et en effet libre dans la solution interstitielle. On peut ainsi écrire :

‫ܥ‬௧ = ‫ܥ‬௕ + ‫ܥ‬ III.16

Où :
Ct : chlorures totaux
Cb : chlorures fixés
C : chlorures libres

La fixation de ces ions les emprisonne, et les rend inertes. Dans ce cas, l’activité concerne
seulement les chlorures libres, qui poursuivent leur rôle diffusif en dépassivant
progressivement la couche protectrice des armatures dans le béton et amorce leur corrosion
dès lors que le béton n’arrive plus à piéger les ions libres contaminants.
Les chlorures liés dans un matériau cimentaire sont soit adsorbés sur les parois solides dans
les pores (fixation physique), soit liés chimiquement dans la matrice cimentaire par réaction
avec certains composés (fixation chimique) [DEB 2008]. Parmi les principaux composants
d’un ciment portland, ce sont les aluminates tricalciques (C3A) et les aluminoferrites
tetracalciques (C4AF) qui sont responsables de la fixation chimique. Ils forment,
respectivement des monochloroaluminates de calcium hydratés (ou sel de Friedel
C3A.CaCl2.10H2O) et des monochloroferrites de calcium hydratés (C3F.CaCl2.10H2O) [TAY
2004]. La quantité de sulfates présents dans le ciment tend à réduire cette fixation chimique.
En réagissant avec les aluminates par formation de sulfoaluminates de calcium, la fixation des
chlorures est atténuée.
La fixation physique est caractérisée par la surface offerte par les pores et la nature des
hydrates, notamment les silicates de calcium hydratés (C-S-H, produits de l’hydratation des
silicates tricalciques et bicalciques C3S et C2S).
Ainsi, la capacité de fixation physique dépend du rapport CaO/SiO2 des C-S-H : un rapport
faible conduit à une plus faible fixation car la charge positive à la surface des pores est plus
petite [Bea 1990].
La capacité de fixation des chlorures par la matrice cimentaire dépend de plusieurs paramètres
(la température, la nature du liant, la durée d’exposition la concentration initiale en chlorures,
etc.). Pour quantifier ces interactions, des isothermes reliant la concentration en ions libres
dans la solution interstitielle (Cf), à la teneur en ions liés à l’équilibre (Cb), sont généralement
tracées (voir figure III.4) [Has 2012].

Les équations souvent convoitées dans l’approche de ce phénomène sont assez redondantes
dans la littérature : celles de Freundlich et de Langmuir qui s’écrivent respectivement :

‫ܥ‬௕ୀ ߙ‫ܥ‬௙ III.17
௖೘ ್௖೑
‫ܥ‬௕ୀ ܿ௠ ௔ III.18
ଵା௖೘ ್ ௖೑

Où α, β, Cma, Cmb sont des coefficients empiriques représentant des paramètres reflétant
la nature de l’espèce chimique et de la matrice absorbante.

52
Chapitre III Méthodes et expérience

Mathématiquement parlant, on a pu sommer les deux fonctions ; celle Langmuir sera corrigée
par une puissance de type Freundlich, ainsi :

ఈభఉభ௖
‫ܥ‬௕ୀ + ߙଶܿఉమ III.19
ଵାఉభ௖

Où : α1, α2, β1 et β2 sont des coefficients déterminés par calage aux résultats
expérimentaux.

Figure III.4 : Allure classique d’une isotherme d’interactions [TOU 2009].

III.2.4.3 Le transport convectif

Le gradient de concentration est le moteur qui régit la diffusion des ions. En convection le
déplacement d’une espèce, est assuré suite à un gradient thermique. Et on s’intéresse donc au
cycle séchage-mouillage, qui affecte une bonne partie de l’ouvrage et qui, en période de
mouillage incite l’arrivée pénétrante des espèces dans l’eau au sein du béton par succion
capillaire, pour ensuite migrer dans la phase liquide par convection, et plus profondément et
dépassant la zone concernée des cycles, les ions migrent dans des milieux relativement saturés
par diffusion. Quant à la période de séchage, à des températures notamment assez élevées,
l’eau chargée en ions s’évapore par les pores capillaires, dégageant uniquement l’eau pure,
laissant derrière l’espèce ionique qui demeure dans la phase aqueuse. Ainsi la concentration
en ions augmente proportionnellement avec la répétition de ces cycles.
Dans ce sens [KHE 2008] a mentionné l’ampleur en terme de profondeur de pénétration, plus
lors de l’humidification d’un matériau avec une solution de contaminants en ions pendant une
journée qu’une diffusion ne peut atteindre en plusieurs mois. Aussi, [NEV 2000] a montré que

53
Chapitre III Méthodes et expérience

la répétition des cycles mouillage-séchage avec une certaine fréquence, enrichit la pénétration
des ions même dans les bétons à haute performance.

Voici les équations qui traduisent mathématiquement le transport des ions à travers un milieu
isotrope par diffusion ou convection.

డ஼೔
‫ܬ‬௜ = ‫)ܥ(ܦ‬ + ܸ(‫ܥ)ܥ‬௜ III.20
డ௫

Où :
Ji : le flux des ions,
D : coefficient de diffusion apparent,
C : concentration en ions,
V : vitesse résultante de l’ion.

డ஼೔ డ௃
Aussi : = +‫ܨ‬
డ௧ డ௫

డ஼೔ డ డ஼೔ డ(௏஼೔)


− ቀ‫ܦ‬ ቁ− = ‫)ܥ(ܨ‬ III.21
డ௧ డ௫ డ௫ డ௫

A B C D
Avec : A correspond au terme temporal, B au terme de diffusion (la dérivée seconde), C au
terme de convection (la dérivée première).

III.2.4.4 Loi de conservation de masse en milieu saturé

Cnsidérant un volume élémentaire dV du béton, d’une section S, et d’une épaisseur dx (voir


figure III.5).

Figure III.5 : Représentation du flux de chlorures dans le béton [DEB 2008].

54
Chapitre III Méthodes et expérience

L’équation est exprimée en utilisant les chlorures libres ou totaux (l’une peut s’écrire en
fonction de l’autre), sauf si on tient compte des chlorures totaux, la variation de concentration
est égale à la différence des flux effectif entrant et sortant, et alors :

డ஼೟ᇲ
ܵ݀‫ܬ( = ݔ‬௘௫ − ‫ܬ‬௘௫ାௗ௫). ܵ III.22
డ௧

Où :
Ct’ est la concentration en chlorures totaux. Ce qui est opportun d’écrire ainsi :

డ஼೟ᇲ డ௃೐
=− III.23
డ௧ డ௫

A partir de la relation III.16 des chlorures, on peut écrire :

‫ܥ‬௧ᇱ = ‫ܥ‬஻ᇱ + ‫ܥ‬ᇱ = ߩௗ ‫ܥ‬஻ + ‫ܥ݌‬ III.24

Où :
CB’ concentration des chlorures liés, C’ celle des libres, ρd masse volumique sèche du béton et
p sa porosité. Et donc III.19 s’écrit :

డ௖ డ஼್ డ௃
ቀ‫ ݌‬+ ߩௗ ቁ =− ೐ III.25
డ௧ డ௖ డ௫

Dans le cas de la diffusion moléculaire, l’équation de Fick notée dans le chapitre III.3 s’écrit :

డ௖ ஽೐ డమ௖ డమ௖
= మ
= ‫ܦ‬௔ III.26
డ௧ ௣ାఘ ങ಴್ డ௫ డ௫మ

ങ೎

C’est ce qui est connu sous l’appellation de la seconde loi de Fick. Afin de la résoudre
expérimentalement, on détermine le coefficient de diffusion et ainsi la cinétique de fixation
des chlorures.

III.3 MODÉLISATION DE LA PÉNÉTRATION DES CHLORURES

Effleurer le seuil critique en ions chlores, induit éventuellement l’amorçage de la corrosion


des armatures suite à la pénétration des chlorures en fonction du temps ainsi que de sa
concentration et de l’exposition de l’ouvrage dans le milieu agressif environnant.
Modéliser ce phénomène revient à prédire l’état de pérennité du matériau en terme de
résistance aux agents agressifs, et par conséquent garantir la sécurité des aciers vis-à-vis de la
corrosion.
Nombreux sont les modèles qui ont été mis en place afin de simuler ce transfert ionique. Ils
sont fondés sur diverses lois de transport, notamment celle de Fick qui s’appuie sur la
neutralité chimique des ions dans un milieu très dilué, contrairement à celle de Nernst-Planck
qui tient compte de l’activité de diverses sortes d’espèces qui se situent et diffusent dans les
milieux poreux.

55
Chapitre III Méthodes et expérience

III.3.1 Modèles fondés sur la loi de FICK

C’est à [COL 1970] dont revient l’apanage, car c’était les premiers ayant pris l’initiative de
cette démarche décrivant le phénomène de transfert diffusif des chlorures au sein de la
solution interstitielle du béton. Fortement construit sur la considération constante de la
concentration en chlorures en surface, ainsi que le coefficient de diffusion apparent, le tout est
interprété par :

‫ݔ(ܥ‬, ‫ܥ = )ݐ‬ἱ + (‫ܥ‬௦ − ‫ܥ‬ἱ ) erf ܿ൬ ൰ III.27
ඥସ஽ೌ (௧ି௧೐ೣ)

Où :
C (x, t) : concentration en chlorures à la profondeur x de la surface exposée, Cἱ : concentration
en ions chlorures initiale dans la solution interstitielle, Da : coefficient de diffusion apparent,
Cs : concentration en ions chlorures à la surface exposée, t : âge du béton et tex : temps
pendant lequel le matériau était exposé aux chlorures, erf c est la fonction d’erreur.

Nombre de travaux a été mené a la grâce de ce modèle antérieur et grâce a sa simplicité,


seulement qu’il dépond de certaines hypothèses et cela peut limiter son application car [NGU
2007] a constaté que ces conjectures ont aptitude uniquement de mettre en exergue que les
ouvrages ancestraux, puisque le coefficient de diffusion s’attenue progressivement dans le
temps.
En outre, le retour d’expérience et l’historicité d’usage de cette approche a bien démontré que
le modèle surestime la pénétration des ions chlores puisque le coefficient de diffusion
apparent est pris tel une constante alors qu’il a tendance a varier au fil du temps. Alors malgré
cet optimisme, cela représente un sérieux désavantage pour le modèle. Sauf qu’il est toujours
aussi convoité par plusieurs chercheurs, suite à sa simplicité [Vu 2000], ou bien afin de le
coupler à d’autres phénomènes ; on cite [FRA 1998], [GRO 1999], [MAR 2003], etc.

III.3.2 MODÈLES ÉRIGÉS SUR LA LOI DE NERNST-PLANCK

Cette approche dite aussi multi-espèces, est moyennement plus réaliste que la précédente suite
à la considération d’autres ions autres que les chlorures. Ainsi, leurs charges qui génèrent une
accélération positive pour des espèces paresseuses (diffusivement parlant), et négative pour
des contaminants ioniques plus actifs. Et donc la création d’un champ électrique au sein de
leur milieu génère l’opposition de signes de certaines espèces ; cela est appelé champ de
diffusion électrique, qui en effet, permet d’assurer un mouvement concerté des ions lors des
phénomènes diffusifs imposé par le respect de la condition de l’électroneutralité [NGU 2007].
Le modèle semble opportun puisqu’il met en exergue la réelle simulation ou presque de l’état
de la solution interstitielle. Ce profil est acquis en résolvant numériquement l’équation de la
conservation de chacune des espèces, notamment : Cl-, Na+, K+ et OH- .peuvent être
également ajoutées les réactions de dissolution et précipitations des hydrates en présence en
utilisant leur constante d’équilibre pour rendre le problème encore plus complet [DEB 2008].
Considérant quatre espèces ioniques principales présentes dans la solution interstitielle, [MAS
1997] et [TRU 2000] ont utilisé cette approche pour décrire la pénétration des ions chlorures

56
Chapitre III Méthodes et expérience

dans le béton. [MAS 1997] considère la fixation des ions chlorures par une courbe
d’isotherme de type Langmuir. Le coefficient de diffusion effectif est identifié par la théorie
de la percolation. Par contre, [TRU 2000], utilise une isotherme de type Freundlich pour
modéliser les interactions ions-matrice et le coefficient de diffusion est déterminé
expérimentalement et considéré comme une fonction du temps cité par [DJE 2012]. Cette
approche reste malgré ses qualités, peu lacunaire car les mécanismes d’interactions ions-
matrice sont pas assez clarifiés car [DJE 2012] a cité que ces interactions sont décrites par une
courbe d’équilibre entre les ions en phase liquide et ceux en phase solide. Il est donc difficile
de tenir compte d’autres interactions chimiques telles que la sulfatation, la carbonatation ou la
lixiviation car ces phénomènes modifient aussi l’équilibre entre la phase solide et la phase
liquide [NGU 2007].Ce dernier l’a bien démontré dans une approche dite de type géochimie.

III.4 L’IMPACT DE CERTAINS PARAMÈTRES SUR LA DIFFUSION

La diffusion peut être influencée par divers paramètres pouvant affecter les mécanismes de
transport diffusif des chlorures au sein des bétons. On peut citer la nature des ciments utilisés,
la cure des bétons, la température, la concentration initiale des chlorures dans le béton, la
classe de l’exposition de l’ouvrage, la qualité du béton, etc.

III.4.1 Compacité

De nombreuses recherches ont validé l’effet du rapport E/C sur le coefficient de diffusion
effectif. Ce dernier diminue avec la diminution de E/C et inversement. On sait maintenant que
le transport des espèces se fait à travers la matrice cimentaire, donc pour un rapport E/C
dégressif, la quantité du ciment dans le mélange est moindre; ainsi on a moins de chance d’y
trouver des chemins préférentiels favorisant la mobilité des ions. Il reste aussi à déterminer la
compacité optimale afin d’atténuer au mieux la porosité du matériau. [HER 2008] a constaté
d’après ses résultats que les bétons hautement optimisés présentent une plus grande résistance
à la pénétration des chlorures.

III.4.2 Rapport E/C, classe du ciment et durée de cure

Récemment [GHO 2011], ont varié le rapport E/C, la classe du ciment et la durée de cure dans
leur étude.

57
Chapitre III Méthodes et expérience

Figure III.6 : Variation du coefficient de diffusion en fonction de E/C [GHO 2011].

Avec :
Béton1 : béton à base d’un ciment CEM II/A 42.5 de BéniSaf (≈ 01 mois de cure).
Béton2 : béton à base d’un ciment CEM II/A 32.5 de Zahana (≈ 01 mois de cure).
Béton3 : béton à base d’un ciment CEM II/A 42.5 de BéniSaf (≈ 08 mois de cure).

Ils ont constaté que l’influence du rapport E/C et la nature du ciment n’est pas très
significative vis-à-vis la fixation des ions chlores sur le béton, cependant une augmentation du
coefficient de diffusion des chlorures avec l’accroissement du rapport E/C (Figure III.6) pour
les bétons étudiés. En revanche, ce coefficient diminue avec l’augmentation de la classe de
résistance des ciments. De plus, une durée de cure plus longue favorise la diminution relative
du coefficient de diffusion.

III.4.3 Additions minérales

Il a été démontré que certains ajouts minéraux ont conduit à la diminution du coefficient de
diffusion. [MOU, 10] a montré que l’ajout de la pouzzolane conduit à la formation de gel de
deuxième génération résultant de la réaction de la pouzzolane avec la silice, l’alumine et les
produits d’hydratation du ciment. Ce gel contribue à la réduction de la perméabilité du béton,
de la taille des pores et de la teneur en portlandite Ca(OH)2 ; atténuant ainsi la pénétrabilité du
béton et par conséquent la vitesse de la corrosion des armatures.
D’autres recherches menées sur les pâtes contenant des laitiers ou des cendres volantes [PAG
1981], [FRE 1994], [THO 1998] et [TAN 2003], ont mis en évidence un coefficient de
diffusion plus faible que celui des pâtes sans ajouts ; ceci pouvant provenir de la modification
de la structure poreuse des pâtes par formation de CSH, CAH et CAFH, créant une
microstructure beaucoup plus fine.
[TOU 2012], a travaillé sur la durabilité des bétons aux ajouts de pouzzolane en mesurant
plusieurs indicateurs (voir tableau III.1).

58
Chapitre III Méthodes et expérience

Tableau III.1 : Résultats relatifs aux indicateurs de durabilité de différents


Bétons [TOU 2012].
Résistance à Porosité Perméabilité Coefficient
Échantillons Classe de durabilité
accessible à intrinsèque
la compression diffusion De
de béton 2 -17 (AFGC, 2004)
(MPa) à 28j l’eau P (%) Kv (m . E ) (m2/s. E-12)

BO 34,10 16,08 16 5,13 Très Faible

BP5 38,0 13,06 6,2 3,96 Moyenne

BP10 40,20 13,79 5,5 3,57 Moyenne

BP15 39,5 13,77 3,9 3,75 Moyenne

Sachant que BO : représente le béton de référence (béton ordinaire sans ajout)


et BP5, BP10 et BP15 sont les bétons avec additions respectives de 5, 10 et 15% pouzzolane.
III.4.4 La température

Le travail de Perreault [PER 2006] a révélé qu’une hausse de 35° C amplifie la pénétration
des chlorures de 70% ; d’ailleurs après six mois d’exposition aux chlorures, la profondeur de
pénétration est de 25 mm à 5° C et de 43 mm à 40° C (cf. figures III.7 et III.8).

Figure III.7 Profils expérimentaux Figure III.8 profils expérimentaux


de pénétration des Cl- à 5° C et E/C=0,45 de pénétration des Cl- à 40° C et E/C=0,45
[PER 2006]. [PER 2006].

[BEL 2011] a constaté qu’une variation du gradient thermique de 0 à 40° C, accroît le


coefficient de diffusion de 57% pour un béton ordinaire (figure III.9).

59
Chapitre III Méthodes et expérience

Figure III.9 : Effet de la température sur le coefficient de diffusion [BEL 2011].

III.4.5 L’endommagement (fissuration)

[BEN 2011] a montré suite à l’endommagement volontaire du matériau que l’apparition des
microfissures et leur connexions, donne naissance à des chemins préférentiels qui favorisent
le transport des chlorures ; de surcroît, cette connexion du réseau poreux abâtardit la capacité
de fixation des chlorures par le béton (figure III.10). Ce travail a illustré aussi une diminution
du coefficient de diffusion pour des bétons non saturés ; cela laisse à soupçonner un éventuel
compactage du au chargement qui semble alanguir la porosité du matériau.

60
Chapitre III Méthodes et expérience

Figure III.10 : Augmentation du coefficient de diffusion en fonction du taux de chargement


[BEN 2011].

Aussi, [DJE 2007], a montré que l’endommagement du matériau contribue à augmenter le


coefficient de diffusion des chlorures, suite à la création de microfissures connectées au sein
du béton, et a précisé que cet accroissement est proportionnel à la largeur de la fissure, jusqu'à
une largeur de 80µm. Au-delà, cette proportionnalité ne suit plus sa tendance puisque le
coefficient reste stable.

Pareillement, [4] a indiqué que la diffusivité du béton augmente linéairement avec l'ouverture
des fissures. Leurs résultats notent que les valeurs de diffusivité sont pratiquement constantes
jusqu'a une ouverture de 60 micromètres, ce qui suggère l'existence d'une valeur critique de
l'ouverture de fissures au-delà de laquelle la diffusivité commence à augmenter.

61
Chapitre III Méthodes et expérience

Figure III.11 : Variation du coefficient diffusif en fonction la largeur de la fissure


[DJE 2007].

III.5 MOYENS

Faisant suite aux travaux d’optimisation du squelette granulaire, offrant à nos bétons locaux la
porosité minimale, notre programme expérimental préconise l’étude de l’effet de la durée de
cure ainsi que le rôle de l’ajout de la pouzzolane vis-à-vis de la durabilité de ces bétons. Les
moyens utilisés pour ce faire sont décrits dans ce qui suit :

III.5.1 Description du banc d’essai de migration et principe de l’essai

Les bancs d’essais utilisés sont des cellules qui permettent de réaliser des tests sur des
échantillons de béton, en vue de déterminer le coefficient de diffusion des chlorures en régime
stationnaire ou non à partir d'essais de migration sous champ électrique. Ils permettent donc
de simuler au laboratoire les bétons qui sont en contact permanent avec l’eau de mer.

En régime stationnaire, un échantillon cylindrique de béton est placé au centre d'une cellule
constituée de deux compartiments qui contiennent, du côté aval, une solution exempte de
chlorures (solution basique), et du côté amont, une solution chargée en chlorures. On
provoque un champ électrique au moyen d’électrodes placées à chaque extrémité de la cellule
pour faire migrer les ions chlorures au travers de l’échantillon vers le compartiment aval.
L’essai consiste à mesurer la quantité d’ions chlore qui passe vers le compartiment aval.

62
Chapitre III Méthodes et expérience

En régime non stationnaire, l'essai consiste à mesurer la profondeur de pénétration des


chlorures induite par une différence de potentiel électrique pendant un certain temps entre les
deux faces de l'échantillon du béton placé entre les deux solutions [5].

Figure III.12 : Dispositif de migration en régime stationnaire [GRO 2010].

La concentration en chlorures peut être évaluée à partir du dosage des chlorures dans la
cellule aval par dosages (analyses chimiques) ou par l’intermédiaire de la conductivité
électrique. Cette dernière méthode rend la détermination plus simple et moins coûteuse, mais
nécessite l’utilisation d’eau distillée dans la cellule aval et peut s’avérer moins précise. Une
autre méthode proposée par [TRU 2000] consiste à évaluer les concentrations à partir de la
cellule amont au lieu de la cellule aval. Il présente comme principal avantage d’être rapide,
puisque l’on se trouve en régime stationnaire dès le démarrage de l’essai. Elle offre également
la possibilité de tester des échantillons déjà contaminés par les chlorures. Le dosage amont
peut toutefois se révéler délicat du fait d’une faible variation de la concentration en chlorures
en comparaison de la forte concentration initiale [AFGC 2004].

III.6 CONCLUSION

La diffusion des ions chlores dans le béton, est en effet un phénomène complexe à cerner à
cause du comportement aléatoire des ions et de sa dépendance de plusieurs paramètres
intrinsèques et extrinsèques. Certes, les lois actuelles traduisent tant bien que mal ce transport
ionique ; cependant elles demeurent toujours imprécises, résultats de nombreuses hypothèses.
Donc pour simuler la réalité des faits, seule l’expérience du chercheur appréhende le mieux
les résultats récoltés au laboratoire, pour ensuite les synthétiser adéquatement dans un
contexte réel.

63
Chapitre III Méthodes et expérience

Il est a constaté que ce phénomène est fortement influencé par certains paramètres, comme et
en premier lieu la compacité du matériau, aussi la diminution du rapport E/C atténue d’un
pourcentage important le coefficient de diffusion, et même l’ajout de quelques suppléments
minéraux comme la pouzzolane a de l’incidence sur le phénomène.

Après avoir décrit et définit le phénomène diffusif, ainsi que les lois qui le gouvernent, en
outre les modèles servant à la prédiction de la progression des agents agressifs, nous avons
défini le mode opératoire préconisé pour notre travail de recherche, afin d’évaluer le
comportement des bétons locaux au contact de l’eau de mer. Pour ce faire, le chapitre qui suit
est consacré à la mise en revue des différentes étapes de notre recherche, à partir de la
confection des bétons et de leur préparation, jusqu’à la détermination du coefficient de
diffusion en utilisant un essai de migration sous champ électrique.

64
Chapitre IV Programme expérimental

IV.1 INTRODUCTION

Durant ces dernières années, l'équipe « Matériaux granulaires » appartenant au laboratoire


EOLE (Eau et Ouvrages dans Leur Environnement) a diversifié ses recherches sur le matériau
béton qui reste encore un matériau moyennement maîtrisé dans notre pays.
Les travaux entamés par Mr Bouterfas (BOU 2012) ont permis l’optimisation du squelette
granulaire des bétons locaux dont la formulation prise en considération auparavant était issue
de la méthode de Dreux-Gorisse (BOU 2010) dont le mélange offrait une porosité plus ou
moins élevée de l’ordre de 15 à 16% (TOU 2009).
Dans le cadre de notre travail, nous avons choisi la confection d’un béton ordinaire avec un
squelette granulaire optimisé (considéré comme la référence) qui permet d’une part
l’augmentation de ses résistances mécaniques et d’autre part, l’amélioration de ses
performances vis-à-vis de la durabilité. De plus, nous avons substitué la pouzzolane naturelle
au ciment (à des taux de 5% et 10%) afin de déterminer son incidence sur les performances du
même béton.
Les indicateurs de durabilité que nous avons pu mesurer au laboratoire sont la porosité
accessible à l’eau pour tous les bétons confectionnés et le coefficient de diffusion effectif De
des chlorures en régime stationnaire pour les bétons testés à différentes échéances de cure en
utilisant une cellule de migration.
Dans ce chapitre, nous présentons d’abord les formulations et les phases de confection des
bétons testés. Ensuite, on décrit le programme expérimental de la porosité accessible à l’eau
d’une manière détaillée. A la fin, nous exposons la méthode pour déterminer le coefficient de
diffusion effectif De .

IV.2 LES MATERIAUX UTILISES

IV.2.1 Ciment

Le ciment utilisé pour la préparation des bétons est le ciment CEM II/A 42,5 fabriqué à la
cimentaire de Béni Saf « Ain Témouchent ». Sa composition chimique est présentée par le
tableau IV.1.

Tableau IV.1 : Composition chimique du ciment de Béni Saf CEM II/A CPJ 42.5
[ TOU 2009].

Composition CaO
SiO2 Al2O3 Fe2O 3 CaO MgO K2O Na2O SO3 R.I P.F.
chimique libre
Teneur en (%) 27,97 5,43 3,05 56,37 0,71 0,43 0,30 2,53 0,75 9,11 3,11

La composition minéralogique du ciment CEM II/A 42,5 de Béni Saf, déterminée par les
équations de Bogue, est présentée par le tableau IV.2.

66
Chapitre IV Programme expérimental

Tableau IV.2 : Composition minéralogique du ciment de Béni Saf CEM II/A CPJ 42.5 [CHI
2009].

Composition Teneur en
minéralogique (%)
C2 S 25,69
C3 S 47,15
C3 A 2,84
C4AF 16,78

IV.2.2 Granulats

Les granulats utilisés pour la confection des bétons sont :

 Sable de granulométrie 0-4 mm (avec une masse volumique apparente de 1752 kg/m3)
 Gravier de granulométrie 3-8 mm
 Gravier de granulométrie 8-16 mm
 Gravier de granulométrie 16-25 mm
Avec une masse volumique de 1369 kg/m3.

IV.2.3 Pouzzolane :

La pouzzolane utilisée pour substituer une proportion du ciment provient du gisement du


Bouhmidi (Béni-Saf), elle est homogénéisée, séchée, concassée et réduite en poudre (80µ),
ayant les caractéristiques physiques et chimiques présentées sur les tableaux 3 et 4 :

Tableau IV.3 : Caractéristiques physiques de la pouzzolane naturelle [ENSET-LTPO] cité


par [BEN 2009].

Caractéristiques Physiques Valeurs


Masse volumique apparente (g/cm3) 0,98
Masse volumique absolue (g/cm3) 2,75
Surface spécifique Blaine (cm²/g) 3560
Pouzzolanicité (%) 85
Absorption (%) 58,70
Porosité (%) 57,10
Humidité (%) 2,50
Perte au feu (%) 5,60

67
Chapitre IV Programme expérimental

Tableau IV.4 : Caractéristiques chimiques de la pouzzolane naturelle [BEN 2009].

Les composants SiO2 Al2O3 CaO Fe2O3 MgO SO4 Cl P,F Total
Les teneurs (%) 74,48 12,83 1,51 3,92 0,34 Nul Nul 0,21 100,29

IV.3 LE BETON UTILISE

Cette étude a été réalisée sur :

 une formulation issue des travaux de Mr Bouterfas [BOU 2012] ayant optimisé le
squelette granulaire du béton avec un rapport E/L égal à 0,55 pour différentes échéances de
cure notés : BR28 pour 30 jours de cure et BR90 pour 90 jours de cure tout en considérant les
deux précédents taux de substitution du ciment par la pouzzolane naturelle (BP5 et BP10).

IV.3.1 Préparation du béton

On introduit les constitutions dans un malaxeur par ordre décroissant de granulométrie, puis
on mélange à sec pendant 30 secondes. Après, on ajoute la quantité d’eau calculée et on
malaxe pendant deux minutes. La mise en place des bétons a été faite suivant les normes
françaises, en trois couches, chaque couche subit 25 coups selon les normes française
(NFP18-422 et NFP 18-404). Le détail des formulations sont résumés dans le tableau IV.3

Tableau IV.5 : Composition des bétons étudiés.

Constituants Béton de Référence Béton de pouzzolane Béton de pouzzolane


3
(kg/m ) BR BP5 BP10
Gravier 16/25 955 955 955
Gravier 8/16 80 80 80
Gravier 4/8 97 97 97
Sable 0/4 637 637 637
CEM II/A 42.5 350 332,5 315
Eau Totale 192,5 192,5 192,5
E/L 0,55 0,55 0,55
Pouzzolane 0 17,5 35

68
Chapitre IV Programme expérimental

IV.3.2 Confection des éprouvettes

On a utilisé des moules cylindriques métalliques 16 × 32cm pour les essais d’écrasement et
des moules cylindriques en PVC 11×22cm pour la mesure des indicateurs de durabilité
(diffusion et porosité).

IV.3.3 Cure des bétons

Toutes les éprouvettes ont subies la même cure conformément à la norme NFP18-404 et aux
recommandations de l’AFPC-AFREM (1997). Après 24 heures, ils ont été démoulées et
plongées dans l’eau à 20˚ C (bassin thermostaté) pendant 28 jours.

IV.3.4 Caractéristiques mécaniques

Deux éprouvettes de chaque composition ont été testées en compression à 28 jours en utilisant
le soufre pour le surfaçage afin d’assurer la répartition de la charge de compression sur les
surfaces latérales de chaque éprouvette. La machine utilisée est une presse automatique du
laboratoire de structures suivant la norme EN 206. Les caractéristiques mécaniques obtenues
à 28 jours sont présentées dans le tableau IV.4.

Tableau IV.6 : Propriétés mécaniques et caractéristiques des bétons.

Béton frais Béton durci


Affaissement Masse volumique Résistance à la compression
(cm) (kg/m3) (MPa) à 28j
BR 0,5 2395,02 36,1
BP5 1,4 2410,57 30,8
BP10 0,67 2348,36 40,6
IV.3.5 Préparation des échantillons

Pour les essais de diffusion et de porosité accessible à l’eau, on a utilisé les éprouvettes de
dimensions 11x22 cm. Après 28 jours dans l’eau, toutes les éprouvettes ont été découpées en
3 disques de 50 ± 1 mm d’épaisseur à l’aide d’une scie à béton. Chaque disque est numéroté
suivant son emplacement initial.

Puisque la somme des épaisseurs des trois disques vaut 15 cm et l’éprouvette fait 22 cm de
hauteur donc, en découpant les disques on évite les bords de l’échantillon pour ne pas tomber
dans le problème relatif à l’effet de bord. Tous les disques sont mis dans une étuve à 85° C
pour séchage afin d’atteindre une masse équivalente qui permet de les utiliser pour les essais
de porosité accessible à l’eau ou bien la diffusion après le résinage de leurs surfaces latérales
en vue d’assurer un transfert monodirectionnel.

69
Chapitre IV Programme expérimental

Figure IV.1 : Extraction des disques d’une éprouvette [DJE 2007].

BR BP5 BP10

Figure IV.2 Disques de béton.

IV.4 POROSITE ACCESSIBLE A L’EAU

La porosité accessible à l’eau est un paramètre de premier ordre dans l’évaluation et la


prévision de la durabilité. C’est en effet un indicateur de durabilité au sens du document
publié par l’AFGC en 2004. Parmi les méthodes à disposition, la détermination de la porosité
accessible à l’eau par pesée hydrostatique selon le mode opératoire AFPC-AFREM qui est
une mesure simple et praticable sur une large variété de matériaux. La masse volumique
apparente est généralement déterminée par cette technique.

IV.4.1 Mode opératoire

Le mode opératoire est le suivant [AFREM 97]:


 Saturation en eau sous vide pendant 24 heures. Le corps d’épreuve est placé dans un
récipient étanche dans lequel on fait le vide jusqu'à atteindre une pression de

70
Chapitre IV Programme expérimental

25 mbars. Ensuite, on remplit le dessiccateur avec de l’eau jusqu’à mi-hauteur de


l’échantillon. Après on recouvre le corps d’épreuve d’eau (~ 20mm) pendant 20 ± 1h
à pression réduite et à T = 20 ± 2° C.

Figure IV.3 DESSICCATEUR.

 Le corps d’épreuve est ensuite pesé immergé (pesée hydrostatique), puis pesé dès qu’il
est sorti du récipient (débarrassé toutefois du film superficiel d’eau et des gouttelettes à sa
surface).
 Séchage en étuve ventilée à T=60° C jusqu’à masse constante, c'est-à-dire lorsque deux
pesées successives, espacées de 24 heures, ne différent pas plus de 0,05%.
L’épaisseur de l’échantillon doit être égale au moins trois fois celle du plus grand granulat.

IV.5 DIFFUSION DES IONS ۱‫ିܔ‬

La diffusion des Clି est un des indicateur très pertinent de la durabilité des ouvrages en béton
armé évoluant en milieu marin ou en contact avec le sel de déverglaçage.

Les ions chlorures pénètrent dans le béton selon des processus qui font intervenir la diffusion.
La diffusion est étudiée par expérimentation qui tient compte d’un ion principal dans la
solution interstitielle (Cl-) à partir d’un essai de migration sous champ électrique en régime
stationnaire. Le transport de cet ion est décrit par l’équation de Nernst-Planck à l’échelle
macroscopique avec des paramètres calculés à la même échelle.

Nous avons effectué les essais de diffusion sur trois échantillons de béton, dont deux sont
issus de la formulation d’un béton ordinaire (BR28 et BR90) pour voir l’effet de l’âge sur le
coefficient de migration et un troisième échantillon issu d’un béton à 10 % de la pouzzolane
(BP10) à un âge de 90 jours pour pouvoir le comparer à la référence (BR90) pour voir l’effet
de la pouzzolane. La préparation des échantillons est décrite dans les paragraphes suivants.

71
Chapitre IV Programme expérimental

IV.5.1 Préparation des échantillons

Avant de commencer l’essai de migration, les échantillons doivent être complètement saturés.
Le principe consiste à placer un échantillon dans un dessiccateur étanche en le surélevant par
des cales afin d’optimiser la surface de contact.
Une fois le dessiccateur fermé, le vide est réalisé à l’aide d’une pompe à vide selon la
procédure AFPC-AFREM [AFR 1997]. On procède au dégazage du disque pendant
24 heures, ensuite, on introduit une solution basique (NaOH, KOH) à mi-hauteur de
l’échantillon pendant 24 heures ; enfin et afin d’assurer une saturation complète de
l’échantillon, le corps d’épreuve est immergé environ 2 cm sur sa génératrice supérieure
pendant 48 heures.

Figure IV.4 : Saturation de l’échantillon [DJE 2007].

IV.5.2 Procédure

Pour la réalisation des essais de diffusion sur les échantillons de béton préparés, on utilise une
cellule de migration sous champ électrique. Cette cellule est composée de deux
compartiments cylindriques en PVC et plexiglas transparent, avec une capacité de 1,82 l pour
chacun. Pour bien fixer les deux conteneurs contre l’éprouvette, on utilise du silicone marin
autour de la périphérie de l’échantillon pour assurer l’étanchéité de part et d’autre du corps
d’épreuve. Pendant les deux premiers jours, les deux compartiments de la cellule sont remplis
d’une solution basique à 1 g/l de NaOH et 4,65 g/l de KOH afin de compléter la saturation et
aussi de vérifier l’étanchéité du système. Par la suite, la solution du compartiment amont est
remplacée par une solution basique chargée de NaCl à 30 g/l, concentration proche de celle de
l’eau de mer méditerranéenne. Ce type de solution est choisi pour se rapprocher du pH de la
solution interstitielle du béton et ainsi limiter les effets de lixiviation.

72
Chapitre IV Programme expérimental

Figure IV.5 CELLULE.

Le champ électrique est apporté par l’intermédiaire de deux électrodes l’une sous forme de
disque en acier placé dans la partie amont (cathode) et l’autre sous forme de spirale en cuivre-
niobium dans la partie aval (anode), le tout est relié à un générateur de tension continue.

Figure IV.6 : Electrodes d’alimentation [DJE 2007].


A l’aide d’un générateur on applique un champ électrique pour accélérer le déplacement des
chlorures au sein du béton saturé, ce qu’on appelle la migration, et la diffusion se fait sous
l’effet du gradient de concentration. Les compartiments amont et aval sont régulièrement
vidangés, rincés et remplis de la solution initiale. Durant toute la période de l’essai, on change
la solution du compartiment aval chaque jour, et chaque semaine, on change la solution du
compartiment amont, en mesurant chaque fois la tension appliquée entre les bords de
l’échantillon pour la maintenir constante pendant la durée de l’essai.
Par le dosage des solutions prélevées dans le compartiment aval, on peut déterminer le
coefficient de diffusion effectif à partir de la mesure de la concentration en chlorures. La
durée de l’essai dépend du niveau de la microstructure et du type du béton. Le temps
maximal pour un béton ordinaire est d’environ 15 jours.

73
Chapitre IV Programme expérimental

En fait, l’arrêt de l’essai est conditionné par une évolution constante de la concentration
cumulée en fonction du temps.

IV.5.3 Tension appliquée

Dans le générateur, on applique une tension de 15V pour avoir un potentiel de 12V imposé à
l’échantillon. Cette tension est mesuré à l’aide d’un voltmètre en utilisant une électrode de
référence (fig. IV.7), elle ne peut pas être constante durant tout l’essai, donc on doit la régler à
chaque fois.
L’ordre de grandeur choisi (12V) est adopté dans la littérature afin d’éviter la production
d’hypochlorite [PRI 1999], la limitation de l’échauffement par effet de joule [ARS 1999] et
la durée de l’essai.

Figure IV.7 : Electrode de référence.

IV.5.4 Titration des solutions

La détermination des concentrations en chlorure est effectuée par dosage manuel en milieu
acide. La solution de titration est une solution de AgNO3 dont la concentration est de 0,05 M.
Le matériel utilisé pour ces titrations se compose d’une burette de 50 ml, un bécher de
100 ml, une balance analytique permettant de peser à 0,0001 g près, une microburette graduée
au 1/100ème du ml ainsi que des erlens meyer.

 Préparation des solutions


Solution de nitrate d’argent (AgNO3) à 0.05 M : dissoudre 8.4935 g de nitrate d’argent
dans 1 litre d’eau distillée ou déminéralisée. Homogénéiser et conserver en flacon teinté;
Chromate de Potassium (KCrO4) à 10 % : dissoudre 10 g de Chromate de potassium dans
100 ml d’eau distillée ou déminéralisée. Homogénéiser et conserver en flacon.

 Titration

74
Chapitre IV Programme expérimental

A chaque échéance, trois échantillons (par prélèvement) d’environ 5 ml sont dosés à


chaque fois afin de déterminer la concentration en chlorures. Les prélèvements sont
stockés dans des flacons en polyéthylène fermés et placés à la température de 20 ± 5° C
avant dosage. La solution prélevée est pesée pour déterminer son volume exact.
A l’issu du prélèvement effectué de la solution chlorurée en Cl- incolore et de
concentration molaire CCl-, (exprimé en mol/l), on note son volume VpCl- (exprimé en ml),
et on ajoute 2 ou 3 gouttes de solution de chromate neutre de potassium de couleur
jaunâtre servant d’indicateur de fin de réaction.
Pour doser notre solution, on commence à ajouter progressivement la solution de nitrate
d’argent (incolore) contenant l’ion Ag+ de concentration molaire CAg (exprimé en
mmol/l). Le dosage se termine lorsque la solution à titrer, vire vers une couleur rouge
brique (point d’équivalence), on note le volume Veq (exprimé en ml).

Photos IV.8 : Titration des solutions.

Le calcul de la concentration en chlorures s’appuie sur l’équation suivante :


஼ಲ೒ ௏೐೜
‫ܥ‬஼௟ష = 1000 (mmol/l) IV.1
௏ು಴೗ష

Où CCl- est la concentration en chlorure de la solution, Veq est le volume équivalent,


CAg est la concentration de nitrate d’argent et VpCl- le volume de prélèvement de la solution à
doser.
Ou encore :

ே ಲ೒ ௏೐೜
‫ܥ‬஼௟ష = 1000‫ ܯ‬஼௟ష (mg/l) IV.2
௏ು಴೗ష

Avec : NAg : normalité du nitrate d’argent = 0.05 M,


MCl- : masse molaire de Cl prise égale à 35.5 mol/l.

75
Chapitre IV Programme expérimental

La réalisation des dosages en chlorures par la méthode de titration manuelle peut mettre en
évidence des incertitudes de mesures d’autant plus grandes que les solutions à doser sont
concentrées et les volumes prélevés petits.
Pour cela, pour chacune des solutions à doser, 3 prélèvements au moins sont effectués. Le
résultat du prélèvement de la solution est obtenu en effectuant la moyenne des résultats de
chacun des dosages. Si l’un des échantillons présente une variation supérieure à 5 % par
rapport à la valeur moyenne des 3 échantillons, de nouveaux dosages sont effectués.
Cette expérience, nous permet de déterminer J, le flux d’ions chlorures passant à travers les
échantillons de béton. Connaissant J, il est ensuite possible de calculer Dmig, le coefficient de
diffusion des ions Cl-.

IV.5.5 Calcul du coefficient de diffusion


Lorsque la vitesse de déplacement des ions chlore est constante (figure II.9) la diffusion de
ces ions dans le béton est sous régime stationnaire.
Le coefficient de diffusion est obtenu en régime stationnaire à l’aide de l’équation IV.5 de
Nernst Planck simplifié :

ோ்௅
‫ܦ‬௠ ௜௚ = ‫ܬ‬ IV.3
௭ிா௖బ

Avec
J : Le flux des ions chlorures (mol/m2.s)
z : Valence de l’ion chlore égale à 1
E : Champs électrique mesuré (12 ± 1) V
L : Epaisseur de l’échantillon 0,48 ± 0,02 m
C0: La concentration du compartiment amont (0,513 mol/m3)
Dmig : le coefficient de diffusion de l’espèce ionique
F la constante de Faraday (96480 J/V.mol)
R la constante des gaz parfaits (8,314J/ (mol.K)),
T la température thermodynamique (293,15 ± 2) K
Le flux des ions chlorures est calculé à partir de l’équation suivante :

(∆௖)௏
‫=ܬ‬ IV.4
ௌ௧

Avec :
(∆c) : La différence de concentration dans le compartiment aval (mol/m3) pendant un
temps t (s).
V : Le volume du compartiment aval (1.82 10-3 m3).

76
Chapitre IV Programme expérimental

S : La section de l’échantillon (78.5 10-4 m2).

IV.6 CONCLUSION

Dans ce chapitre on a présenté tout le programme expérimental que nous avons réalisé au
niveau de notre laboratoire notamment les essais de la porosité accessible et la migration des
chlorures au sein du béton.
On a travaillé avec le squelette granulaire optimisé de Mr Bouterfas, avec un rapport E/L égal
à 0,55. Et pour quelques comparaisons, on a utilisé la même formulation avec des ajouts
pouzzolaniques (5% et 10%).
La titration a été faite manuellement, on utilisant les nitrates d’argent et les chromates de
potassium afin de bien voir le point de virage et la couleur rouge brique.
D’après ces essais, les résultats obtenus sont affichés d’une façon très claire dans le chapitre
suivant ainsi que leurs interprétations.

Très important :
Nos résultats sont comparés à ceux trouvés par Mr. Touil dans son travail de magistère qui
date de 2009 car il a testé le béton de référence noté ici BO suivant le même procédés
expérimental que nous avons cheminé aussi.

77
Chapitre V Résultats et interprétations

V.1 INTRODUCTION

En vue de prédire la durabilité du béton, sujet de notre étude [Bouterfas, 2010], nous avons
choisi dans le cadre de notre programme expérimental de déterminer, au laboratoire, le
coefficient de diffusion des chlorures en régime permanent et d’étudier à la fois, l’effet de la
durée de cure du béton et l’impact de la pouzzolane comme addition au ciment sur la
migration des chlorures.
Dans ce chapitre, nous présentons les différents résultats des essais effectués ainsi que leurs
interprétations. On abordera, dans un premier temps, les résultats relatifs à porosité ouverte
des différents bétons étudiés et nous discuterons ensuite, des résultats des essais de migration
obtenus. De plus, la validation de nos essais se fera en les comparants aux résultats de la
littérature.

V.2 RÉSULTATS ET INTERPRÉTATIONS

Au terme de cette compagne de caractérisation des bétons étudiés, le tableau V.1 récapitule
les propriétés mécaniques et les différents indicateurs de durabilité déterminés dans le cadre
de ce travail.

Tableau V.1: Propriétés mécaniques et indicateurs de durabilité des bétons étudiés.

Porosité
Fc 28 accessible à l’eau
Masse volumique
(%) Dmig 10-12 Temps de
Échantillons apparente (MPa) (m2/s) retard (h)
(kg/m3)
(85° C) (65° C)

BR 2332,60 36,1 12,41 12,02 1,84


60,63
(28 jours) 1,86[3]
BR _ _ 12, 30 _ 1,42
79,26
(90 jours) 1,20[3]
BP5 _ _
(28 jours) 2265,66 30,8 13,80 _
BP10 _
2266,04 30,1 13,99 13,16 _
(28 jours)
BP10 2,27
(90 jours) 2242,54 _ 13,89 _ 2,26[3] 40,71
BO (TOUIL) 2,89
(28 jours) 2383 34.50 15,16 _ 55,76
[TOU, 2009]

[3]
les coefficients de migration calculés après corrélation des courbes du régime stationnaire.

79
Chapitre V Résultats et interprétations

V.2.1 Évaluation de la porosité accessible à l’eau

La porosité est considérée comme un paramètre extrêmement important pour caractériser les
bétons à cause de son rôle majeur. En effet, la porosité gouverne d’une part, les
caractéristiques mécaniques des bétons et d’autre part, la résistance à la pénétration des agents
agressifs.

V.2.1.1 Influence de la durée de cure

Porosité accessible à l'eau


14,5

14

13,5

13
28J de cure
12,5
90J de cure
12

11,5

11
BR BP10

Figure V.1: Influence de la durée de cure sur la porosité.


La figure V.1 montre clairement que la porosité des bétons étudiés est en étroite relation avec
la durée de cure. En effet, le temps permet une plus grande hydratation de la matrice
cimentaire permettant la formation de plus d’hydrates responsables de la modification de la
structure des pores. Seulement, pour notre cas d’étude, la diminution n’a guère dépassé 1%
pour deux mois de cure supplémentaires. Il faudra attendre plus de temps, dans des conditions
favorables, pour avoir une atténuation des vides.

80
Chapitre V Résultats et interprétations

V.2.1.2 Influence de l’ajout pouzzolanique

porosité accessible à l'eau


16

14

12

10

8
porosité(%)
6

0
BR (28) BO (28) BP5 (28) BP10 (28) BP10 (90)

Figure V.2: Influence de la pouzzolane sur la porosité.


L’évolution de la porosité accessible à l’eau corrobore l’effet non-immédiat de la pouzzolane,
car la porosité la plus petite est celle du béton de référence (12,41%).
L’addition de la pouzzolane a induit une augmentation de la porosité, elle est d’autant plus
importante que le taux d’addition est plus grand. L’augmentation est respectivement de 11 et
13 % pour des taux d’addition de 5 et 10% de pouzzolane qui se substitue, en masse, au
ciment.

V.2.1.3 Relation porosité – résistance

Résistance/Porosité
37
36 BR28
compression(MPa)
Résistance à la

35
34
33
32 BP5
31
30 BP10
29
12 12,5 13 13,5 14 14,5
Porosité (%)

Figure V.3: Corrélation porosité accessible à l’eau et résistance à la compression.

La figure V.3 présente la relation linéaire qui existe entre la résistance à la compression et la
porosité accessible à l’eau des bétons étudiés. Il est clair que l’ajout de la pouzzolane n’est pas

81
Chapitre V Résultats et interprétations

favorable à l’amélioration de la porosité du béton local étudié. Ce résultat est en accord avec
les résultats obtenus par Touil dans son mémoire de magister [TOU 2009]) .

V.2.2 Évaluation des résultats de l’essai de migration

Après avoir discuté les résultats de la porosité, on présente les résultats de la diffusion des
chlorures au sein du béton.
Le coefficient de diffusion est calculé en condition saturée dans le compartiment aval en
régime permanant. Ceci permet d’éliminer en outre l’influence sur le coefficient de diffusion
des interactions des chlorures avec la matrice cimentaire. L’évolution en fonction du temps de
la concentration des chlorures traversant l’échantillon de béton et arrivant au compartiment
anodique, est déterminé par dosage titrimétrique manuel. La pente de la droite de cette
variation avec le temps permet de calculer le coefficient de diffusion effectif correspondant à
chaque type de béton testé et le temps de retard correspond à l’asymptote linéaire de la phase
du régime permanent, prolongée sur l’axe des abscisses de [TOU, 2009]. Les résultats sont
présentés sur la figure V.4.
Coefficient de migration
3,5
Concentration cumulée des chlorures (g/l)

3
y = 0,01x - 0,334
2,5

BP10 (90 jours)


1,5 y = 0,005x - 0,247
BR28
BR90
1

0,5 y = 0,004x - 0,395

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
Temps (h)

Figure V.4: Évolution de la concentration des ions chlorures en fonction du temps des trois
types du béton.

Le tracé des droites présentées sur la figure V.4 a été effectué à l’aide du logiciel Excel. Ces
droites nous ont permis de calculer les coefficients de diffusion de chaque béton ainsi que
leurs temps de retard (voir tableau V.1).

Les bétons avec additions présentant des porosités plus grandes vis-à-vis du béton de
référence montrent des coefficients de diffusion relativement plus importants et un temps de
retard moindre qui se traduit par une faible tortuosité facilitant le transport diffusif des

82
Chapitre V Résultats et interprétations

chlorures. Par rapport aux résultats de Touil [TOU, 2009], le béton que nous avons étudié,
présente de meilleures performances.

V.2.2.1 Influence de la durée de cure

Coefficient de migration
2
1,8
1,6
1,4
1,2
1
0,8 Dmig 10-12 (m2/s)

0,6
0,4
0,2
0
BR28 BR90

Figure V.5: Influence de la durée de cure sur le coefficient de diffusion.

La figure V.5 montre qu’une durée de cure plus longue va dans le sens d’une diminution du
coefficient de diffusion, et cela revient à une production nettement plus substantielle des
C-S-H, qui comblent les pores en rendant les chemins plus tortueux, et mieux affermir ainsi le
matériau en fractionnant sa porosité capillaire.

V.2.2.2Influence de l’ajout pouzzolanique

Coefficient de migration
3,5

2,5

1,5 Dmig(10-12m2/s)
1

0,5

0
BO (28) BR (28) BR (90) BP10 (90)

Figure V.6: Influence de la pouzzolane sur le coefficient de diffusion.

83
Chapitre V Résultats et interprétations

On remarque sur la figure V.6, une augmentation du coefficient de diffusion dans le béton
avec l’ajout pouzzolanique (10%), même pour une durée de cure de 90 jours, ce qui reflète
une modification de la microstructure du béton étudié.

On constate aussi que notre de béton de référence a présenté des coefficients de diffusion situé
dans l’intervalle : 10-12 et 2.10-12 m2/s, ce qui le caractérise -selon le tableau II.1- par une
durabilité moyenne. En revanche, le béton ordinaire formulé par Touil [TOU, 2009] et le
béton aux additions pouzzolaniques à 10% sont caractérisés par une durabilité médiocre
(Dmig > 2.10-12 m2/s).

V.3 CONCLUSION

L’étude expérimentale nous a révélé que les bétons sans additions que nous avons étudiés,
présentent une durabilité moyenne qui les prédestinent à la réalisation des ouvrages marins.

L’ajout pouzzolanique dépassant la proportion de 5% au ciment de Béni Saf, qui à l’origine


contient environ 12% de pouzzolane naturelle, peut être néfaste vis-à-vis des performances
des bétons dont ils sont formulés. La porosité et la diffusivité du béton s’en trouvent
augmentées, en revanche sa résistance à la compression diminue car cette quantité de
pouzzolane ajoutée au béton désordonne sa microstructure. Aussi, les résultats ont montré que
le coefficient de diffusion de notre matériau béton est légèrement atténué avec une durée de
cure plus longue.

84
Conclusion et Perspectives

CONCLUSION GÉNÉRALE

La résistance mécanique n’est plus le seul facteur pris en compte par l’ingénieur, dans le
calcul de la stabilité des structures en béton armé. La performance durabilité qui traduit le
vieillissement de ces structures dans des milieux agressifs, est d’actualité car elle peut être à
l’origine de la diminution de la durée de vie du béton armé soumis à des milieux d’agressivité
sévère. Nous nous sommes intéressés dans le cadre de ce travail expérimental à l’attaque des
chlorures des milieux marins sur les constructions en béton armé, qui reste un phénomène
complexe.

Notre recherche expérimentale s’est focalisée sur la détermination des coefficients de


diffusion d’un béton ordinaire dont le squelette a été récemment optimisé, simulant ainsi la
diffusion par gradient de concentration des chlorures dans un milieu saturé. Tout le long de
cette recherche, nous avons mesuré deux indicateurs de durabilité : la porosité accessible à
l’eau et le coefficient de diffusion effectif issu d’essais de migration en régime stationnaire à
l’aide d’une cellule réalisée dans le cadre des travaux de B. Touil. Aussi, nous avons étudié
l’influence d’un ajout pouzzolanique à diverses proportions : 5 et 10% sur ces indicateurs de
durabilité ainsi que la durée de cure du béton : 28 et 90 jours.

Nos résultats ont montré que le béton ordinaire testé présente une durabilité plutôt moyenne et
peut être préconisé dans la réalisation d’ouvrages marins, vu sa porosité relativement faible
qui traduit résistance à la compression supérieure à 30 MPa à 28 jours.

Aussi, nous avons montré que la pouzzolane avec un ajout supérieur à 5% au ciment composé
étudié, affecte négativement la structure granulaire du matériau en augmentant la porosité et
le coefficient de diffusion quand on passe d’un béton ordinaire (BR) à un béton à 10%
d’addition de pouzzolane (BP10). Néanmoins, une durée de cure plus longue est favorable à
l’amélioration du comportement de ce matériau car elle a contribué à la diminution du
coefficient de diffusion; où nous avons enregistré une réduction du coefficient de diffusion
d’un rapport de 77% quand on passe d’une cure de 1 à 3 mois.

 PERSPECTIVES :

 La recherche d’une meilleure compacité du béton ordinaire que nous avons étudié en
vue de voir passer sa durabilité de la classe moyenne à bonne.
 Tester d’autres ajouts minéraux, avec différents rapports E/L.
 Étudier l’effet d’adjuvants et son impact sur le phénomène de transport ionique.
 En plus des bétons de laboratoire, on peut examiner des bétons provenant de divers
ouvrages existants afin d’estimer leur durabilité.

85
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