Cas pratique n°1
Madame Jeanne PIGERIEN, votre vieille voisine un peu excentrique, vient sonner
chez vous en ce soir d’automne pour solliciter vos lumières en droit (mais pourquoi diable lui
avoir dit que vous suiviez des cours de droit à l’Université ?). En étudiant(e) consciencieux
(se), vous avez terminé toutes vos préparations pour le lendemain, aussi disposez-vous d’un
peu de temps avant votre émission préférée pour tenter de l’aider. Vous la faites entrer et
voici ce qu’elle vous raconte.
Désireuse de rénover sa salle de bain, elle a fait faire un devis à un artisan. Elle a reçu en
double exemplaire - et signé par l’artisan - un devis très précis sur les rénovations envisagées
(plomberie, électricité, carrelage, peinture, robinetterie, etc.) d’un montant de 4000 euros.
D’abord séduite par cette proposition, elle a retourné le devis signé il y a une semaine mais
elle se demande maintenant si elle a bien fait « car 4000 euros, c’est une belle somme tout de
même ». Elle vous demande d’abord si un contrat la lie maintenant à l’artisan sollicité
(« parce qu’un devis, ce n’est pas un contrat tout de même ? »).
Dans l’hypothèse où, « par extraordinaire » (c’est l’expression qu’elle emploie), un contrat se
serait formé, existe-t-il ensuite des moyens juridiques pour l’anéantir, parce que « voyez-vous,
je pensais que 4000 euros cela faisait environ 2 millions d’anciens francs (et oui, votre
voisine est passée directement de l’ancien franc à l’euro sans jamais utiliser les nouveaux
francs) et ma nièce m’a dit que cela en représentait plus de 2 millions six cents mille… Je
crois que je commence à perdre la tête ». Vous vous empressez de démentir, ne serait-ce que
par politesse, cette dernière affirmation et vous vous efforcez de renseigner cette charmante
vieille dame en explorant les différentes pistes qu’elle vient de vous ouvrir par ses propos.
Cas pratique n° 2
Agathe ZEBLUES, dynamique dirigeante d’une petite entreprise fabriquant des objets
en pâte de verre sollicite votre avis au sujet de « petits problèmes » (c’est son expression)
qu’elle rencontre actuellement.
1) Elle s’est engagée par un contrat conclu l’été dernier à livrer à un client japonais une
première série de 10 lampes de chevet façon « Gallé » au prix unitaire de 1000 !. Or, du
fait de la hausse récente du prix du gaz (nécessaire au fonctionnement des fours à verre),
sa marge commerciale a pratiquement disparu. Pourrait-elle obtenir d’un tribunal qu’il
modifie le prix prévu au contrat (soumis au droit français) pour le réadapter aux nouvelles
circonstances économiques ? Dans la négative, existe-t-il un (ou plusieurs) mécanisme(s)
contractuel(s) qu’elle pourrait utiliser dans un éventuel second contrat avec son client
japonais pour que pareille mésaventure ne se reproduise plus ?
2) Par ailleurs, n’ayant pas reçu le 1er octobre dernier (date limite prévue au contrat) les
nouveaux colorants spéciaux qu’elle avait commandé, Agathe n’a pu produire le spécimen
de lustre qu’elle entendait présenter à l’appel d’offre (clos le 13 octobre) lancé par le
Conseil général de son département pour l’équipement de son nouveau siège (marché de
20 lustres à 2000 ! pièce). Agathe fondait pourtant de nombreux espoirs dans ce marché
qu’elle espérait obtenir grâce au nouveau design mis au point à l’aide de son chef de
projet. Contacté pour savoir comment il entendait réagir à ce manquement, le fournisseur
défaillant a répondu d’abord qu’il avait été victime d’une grève dans sa propre entreprise,
ensuite qu’il n’avait pas été mis en demeure et que de toute façon l’entreprise d’Agathe
n’a souffert aucun préjudice.
3) Enfin, Agathe a reçu la facture d’un réparateur pour son intervention sur un four à verre
de son usine. Le contrat signé prévoyait la réparation et la remise du four dans son état
opérationnel, or celui-ci ne fonctionne pas mieux et ne peut notamment toujours pas
atteindre la température minimale requise pour la liquéfaction du verre. Le réparateur
prétend qu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir et qu’Agathe doit payer. Est-ce vrai ?