0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues14 pages

Enjeux 9

Transféré par

koaluc21
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues14 pages

Enjeux 9

Transféré par

koaluc21
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ENJEUX n°9

Octobre - Décembre 2001

LE CRIME ORGANISE EN AFRIQUE CENTRALE


Sommaire

Transversale

La Guerre de l’Information, Jean Lucien Ewangue

Dossier

La régionalisation africaine de la criminalité : un phénomène nouveau ? par Olivier VALLEE

La prolifération des sources criminelles, par Jean Bosco OYONO

Criminalité organisée et insécurité au Cameroun, Yves Alexandre CHOUALA

Flux d’armes vers le Congo-Kinshasa, Par Georges BERGHEZAN

Activités criminelles et blanchiment des capitaux en Afrique centrale, par Abissama ONONA

Tendances

L’hyperpuissance américaine face au défi de l’hyperterrorisme islamiste : l’onde de choc des


attentats du 11 septembre 2001

Les conditions d’un fonctionnement efficient de la bourse des valeurs d’Afrique centrale
(incomplet)

République centrafricaine : entre putsh(s), déliquescence politique et désespérance sociale,


ADO

Humeur

Homéomorphe

Biblio

Atlas mondial des drogues

Les chemins de la guerre et de la paix

2
Transversale

La Guerre de l’Information

Jean Lucien Ewangue/ Journaliste Principal-MINCOM

L’avènement de la société informationnelle et communicationnelle s’est accompagné


d’une véritable explosion médiatique. Celle-ci a été rendue possible grâce au développement
prodigieux de la technologie des réseaux interconnectés. Les entreprises de communication se
livrent aujourd’hui à une véritable guerre informationnelle. L’offre de l’image, du son et de
l’écrit s’est multipliée à l’infini. Dans cet univers concurrentiel, les téléspectateurs du monde
entier sont les premiers bénéficiaires. Ils ont désormais la possibilité de choisir dans un vaste
éventail de programmes 1 . Cependant, cette surabondance de l’information représente un enjeu
à bien des égards stratégiques. Elle est en effet au cœur de nouvelles stratégies de pouvoir,
d’influence et de conquête. Dans un article célèbre paru dans Foreign Affairs en 1996, Joseph
Nye affirmait que : « Le pays qui gérera le mieux la révolution de l’information sera plus
puissant que tout autre. Et dans l’avenir prévisible, ce pays, ce sont les Etats-Unis.,» car
seuls à disposer « d’un subtil avantage comparatif : leur capacité de collecte, de traitement et
de diffusion de l’information, qui, sans nul doute, s’accentuera encore au cours de la
prochaine décennie. 2 » Propos à relent prophétique et teinté de chauvinisme, certes, mais non
dénoués d’une certaine pertinence, au regard de l’impact des technologies informatiques sur
les stratégies économico-diplomatiques et militaires.

¾ Société de l’information et stratégies économico-diplomatiques

Dans la nouvelle économie du savoir, l’accès à l’information, et son nouveau


vecteur mondial, Internet, devient la clé de la réussite économique, l’information stratégique
est le pilier de la compétitivité économique. Les performances d’une entreprise tiennent à sa
capacité à gérer les informations, aussi bien celles qui concernent son environnement (le
marché) que son fonctionnement interne. L’information joue un rôle essentiel dans le
processus de production des entreprises qui recherchent la performance. C’est elle qui
détermine le lancement d’un nouveau produit sur le marché par exemple. Le développement
du phénomène d’externalisation qu’on observe actuellement à l’échelle mondiale est lié à
l’inflation informationnelle et à sa facilité d’acquisition. De même il existe une étroite relation
entre l’informatisation et la productivité.
Bien plus, il existe actuellement un large consensus pour considérer les NTIC
comme un puissant moteur de la croissance économique. Les économistes américains
attribuent par exemple le tiers de la croissance économique soutenue de leur pays ces dix
dernières années au boom des NTIC et des activités et services qui s’y greffent. Tout est donc
mis en œuvre pour consolider les positions acquises sur le marché et trouver de nouveaux
débouchés pour les firmes technologiques. Sur ce terrain, les Américains apparaissent comme
les plus agressifs. Ils multiplient des stratégies pour conquérir de nouveaux marchés. Celles-ci
vont de l’abaissement des coûts de communication aux offres forfaitaires d’accès à Internet,
en passant par, l’amélioration des services et la production des contenus 3 .

1
Yves Eudes, « Mutation de l’industrie des programmes aux Etats-Unis : des chaînes de télévision par
centaines, » Le Monde diplomatique, mars 1996.
2
Joseph S. Nye, « America’s Information Edge, » Foreign Affairs (Mars-avril 1996), pp.20.
3
Philippe Barbet, « Les nouvelles technologies au service de la guerre commerciale. Les Etats-Unis et
l’ « hégémonisme numérique », La Revue internationale et stratégique, n° 42 (été 2001) pp.59-63.

3
En outre, la régulation de l’information à travers son vecteur mondial Internet est
un enjeu stratégique pour les Etats, une expression de leur identité et souveraineté. C’est ce
qui explique la grande divergence entre la vision « libérale et libertaire » américaine et la
vision de « l’Etat protecteur » européen 4 . La diplomatie numérique américaine veut créer une
vaste zone de libre-échange à l’échelle planétaire afin d’asseoir l’hégémonisme numérique
des Etats-Unis. Pour cela, elle s’appuie sur deux piliers : l’Information Technology
Agreement (ITA) de l’OMC et l’Accord sur les télécommunications de base de l’OMC. Le
premier élimine toutes les barrières douanières dans les domaines des échanges de semi
conducteurs, d’ordinateurs et d ‘équipements informatiques, ce qui profite aux industries de
haute technologique américaines ; et la deuxième déréglemente le secteur mondial des
télécommunications 5 .
Pour faire face au rouleau compresseur de la diplomatie numérique américaine,
l’Europe a adopté en octobre 1998 la Directive européenne sur la protection des données
personnelles qui impose aux pays membres un contrôle étatique sur les données personnelles.
C’est ce même souci qui a plus ou moins guidé l’Europe dans le choix de la norme
« troisième génération » UMTS, évolution de la norme « deuxième génération » GSM, malgré
la forte campagne de lobbying des industriels et membres du gouvernement américains qui
craignaient une éventuelle incompatibilité avec leurs normes de téléphonie mobile et une
concurrence accrue pour le contrôle de l’immense marché chinois 6 . Bien évidemment
l’Afrique assiste en spectateur passif à cette nouvelle guerre de l’information.

¾ Société de l’information et stratégies militaires.

Dans un ouvrage retentissant, Alain Woodrow posait une question fondamentale :


Les médias. Quatrième pouvoir ou cinquième colonne ? 7 Cette interrogation a toute sa
pertinence aujourd’hui, car on observe qu’avec l’explosion médiatique, la guerre de
l’information pénètre les sphères économiques et affectent nos manières de voir, de penser et
d’agir. Dans l’histoire de la communication, les médias n’ont jamais été aussi autant utilisés
comme outil à la fois instrumental et conceptuel. Ils permettent de remplacer la contrainte
physique de l’Etat ou des puissances économiques par la violence symbolique. A l’ère de
l’information, la manipulation médiatique est devenue une redoutable arme de guerre. Lors
des conflits, l’utilisation des images joue un rôle essentiel sur le moral des troupes et dans
la réaction des opinions publiques. La manipulation programmée des médias justifie les
attaques et les bombardements. La guerre du Golfe ou le conflit israëlo-palestinien sont des
parfaites illustration de la « manœuvre médiatique » ou le « viol des foules. »
Dans un monde qui est devenu un cyber espace où les frontières naturelles sont
abolies, l’information est devenue un enjeu stratégique qui éclaire les décisions des hommes
politiques, des chefs militaires ou des leaders d’entreprises. La maîtrise de l’information
donne un avantage décisif à celui qui la détient.
Avec la montée croissante de l’incertitude, les scénarios de guerre sont devenus à la
fois complexes et nombreux. Les militaires doivent désormais apprendre à travailler dans le
flou. La recherche de l’information exacte et utile devient une préoccupation constante dans
l’élaboration de toute stratégie militaire. Dans un contexte où la puissance se mesure de plus
en plus en termes de savoir, la victoire est acquise dès lors que les réseaux de communication

4
Thomas Marten, « Y a-il une fracture numérique transatlantique? » Géoéconomie, n° 16 ( hiver 2000/2001),
pp.30-35.
5
Barbet, Ibid.
6
Marten, Ibid., pp.33-34.
7
Alain Woodrow, Les médias. Quatrième pouvoir ou cinquième colonne ? Paris : éditions du Félin, 1996.

4
de l’ennemi sont contrôlés, détruits ou désorganisés. Ce qui compte avant tout désormais,
c’est de connaître les intentions de l’adversaire, afin d’anticiper ses actions, le neutraliser et le
mettre hors d’état de nuire.
Dans ce nouveau contexte géostratégique, le renseignement, qui repose sur
l’information, acquiert une dimension nouvelle. Il s’inscrit au cœur de la stratégie militaire et
apparaît comme l’arme décisive dans le conflit 8 . Toutefois, avec le flux croissant de
l’information, le véritable problème n’est plus où trouver l’information, mais comment trier
dans cet écheveau l’information utile et sensible, celle qui fera la différence. La solution à ce
problème semble être dans l’amélioration des techniques en matière de collecte, de traitement
et de diffusion de l’information, mais aussi dans la formation efficiente des hommes chargés
du renseignement

Pour André Krepinevich, « l’élément déterminant du succès dans les conflits du futur
pourrait de plus en plus résider dans la faculté de créer et d’accroître le décalage
d’information entre amis et ennemis 9 . » Les stratèges militaires et les thinks tanks américains
ont bien perçu cet enjeu nouveau et mènent depuis quelques années une intense réflexion sur
le concept de « la guerre de l’information » dans le cadre de la Revolution in the Military
Affairs (RMA) 10
D’une façon générale, écrit Paul-Yvan de Saint germain, pour les Américains,
« l’ensemble du théâtre d’opérations doit être conçu comme un unique système intégré,
innervé par des réseaux d’information de toutes sortes, y compris des réseaux commerciaux et
le téléphone public, et assurant diverses fonctions (observations, feux, logistiques,etc…) qui,
bien qu’étant différents, ne peuvent plus être considérées isolément les uns des autres ou
réalisés de manière séquentielle. 11 » Ainsi, l’information apparaît à la fois comme un « moyen
de faire la guerre », un « milieu », un « environnement », et un « enjeu ».
Concept central de la RMA, l’ « Information Walfare » -la guerre de l’information-
se déploie tout azimuts. Elle est guerre pour la recherche, la collecte, le traitement, l’analyse
et la diffusion de l’information. Mais elle est aussi guerre électronique, à la fois offensive et
défensive. Elle consiste en effet à « attaquer » les circuits électroniques de l’adversaire pour
les brouiller, les désorganiser, les détruire à l’aide de « virus », de « bombes logiques » ou de
« bogues ». Il s’agit aussi de sécuriser son système informatique contre les agressions
extérieures. Les « cyber-criminels » sont au service des grandes entreprises et des Etats. Les
Américains ont déjà mis sur pied leurs premiers bataillons de « guerriers de l’information »
(les I-Warriors) chargés de protéger leur cyber espace informatique et porter la guerre chez
l’ennemi 12 . Ces I-Warriors déclenchent de temps en temps leur signal d’alerte maximale
contre une éventuelle attaque virale, histoire de tester leur système de défense informatique.
La guerre de l’information ne fait que commencer.

8
Francis Beau, Renseignement et société de l’information. Paris : Fondation pour les études de défense, 1997.
9
Stratégies, Paris, n°65, janvier 1997.
10
Lire Lt. Cl. B. Richet, « L’approche américaine en matière d’évolution de stratégie, » Enjeux, n° 7 et 8 (Avril-
juin et juillet-septembre 2001) ; Maurice Najman, « Du maintien de l’ordre aux guerres de haute technologie.
Les Américains préparent les armes du XXIème siècle, » Le Monde diplomatique, février 1998.
11
Paul-Yvan de Saint-Germain, « La prospective de défense, » Perspectives stratégiques, n°33 (Décembre
1997).
12
Najman, Ibid.

5
LA PROLIFERATION DES SOURCES CRIMINELLES : EFFET DE CONTAGION,
INTERNALISATION ET TRANSNALISATION DU CRIME

Par Jean Bosco OYONO

Jusqu’au début des années 90, le mythe de l’Italie et des Etats-Unis comme berceau de la
mafia, et de ce fait toutes les formes de crimes organisés étaient toujours prédominantes.

Aujourd’hui, l’ex union soviétique, l’Australie, l’ensemble du continent africain, tous les pays
de l’Europe de l’ouest…. sont victimes de la criminalité mafieuse.

La renaissance mondiale de ce phénomène a coïncidé avec le fait qu’il est devenu impossible
de contrôler la criminalité internationale. Ainsi, longtemps négligée, voire sous estimée, la
menace d’un crime international organisé dévoile dans toute son ampleur en même temps que
l’effet mondialisation. Ce qui se met en place actuellement est un monde sous-terrain, en plein
développement, n’épargnant ni l’économie, ni les Etats Unis, ni les politiques, mettant en péril
la survie des réformes politiques, économiques en cours, avec pour corollaires des
conséquences sur notre sécurité.
Les mafias se nourrissent du désordre, développent des politiques criminelles et s’installent ou
peuvent facilement faire d’énormes profits. Elles n’ont ni allégeance nationale, ni loi, ni
frontière, si ce n’est celles qui s’imposent à elles mêmes.
Tout bien pensé, l’Afrique Centrale avec la conjoncture actuelle, semble tout désigner, pour
être un terrain de prédilection.

I UN PACTE A L’ECHELLE INTERNATIONALE

Les mafias dont nous parlons aujourd’hui ne sont pas seulement new-yorkaises ou sicilienne,
d’autres grands malfaiteurs pourraient être également considérés. Parmi ceux-ci citons : les
yakuzas japonais, les triades chinoises, les mafias russes, les cartels colombiens, les groupes
criminels nigérians, etc. Toutes ces organisations étaient déjà opérationnelles au de là de
frontières nationales, mais la conjoncture actuelle leur procure des conditions tellement
favorables pour opérer en toute quiétude.
La mondialisation des échanges engendre des ramifications de ces organismes dans la sous
région qui opèrent en réseaux, ou tout simplement des mini « pieuvres » locales, appelés
encore « feymania ».
Les mafias rassemblent de multiples services et des millions de personnes. Elles dirigent de
réseaux de trafic de drogues dont les bénéfices sont estimés en millions de dollar et procèdent
au blanchiment en réinvestissant une partie de cette somme dans les entreprises légales.
Il n’y a pas de trafic de drogue qui procure des revenus à ces organismes, il faut compter avec
la multiplication des conflits dans la sous-région, le trafic d’armes, les revenus de la fraude,
du jeu, du vol, de l’extorsion, de la contrebande, de la prostitution (trafic de jeunes filles) de la
pornographie et des contrats d’assassinat.
Aujourd’hui, des syndicats de crime peuvent pénétrer des entreprises géantes et même des
économies d’Etat et acheter des pays entiers « acheter l’économie d’un pays n’est pas un
crime sanctionné parla loi » a déclaré un juge d’Etat en Russie.

- main basse sur la sous-région

L’Afrique centrale est perçue par les analyses géopolitiques comme une région désorganisée
et chaotique, les sociétés mafieuses l’ont, quant à elles immédiatement appréhendé comme
une source potentielle de richesse inimaginable. La sous-région détient l’un des sous-sols le
plus riche du monde si ce n’est le premier. On y trouve principalement : le pétrole, de l’or, du
diamant, le cuivre, le fer, le charbon, le nickel, le zinc, la bauxite. Elle détient aussi d’énormes
quantités d’uranium, de plutonium, de manganèse de cobalt, d’argent, de chrome de carbone
et d’autres métaux précieux recherchés et utilisés dans la haute technologie, sans oublier de
réserves de bois.
Tout ceci est à prendre dans un espace handicapé et en plein chaos, gangrené par la corruption
et totalement ruiné économiquement.

- Mafia et joint venture

Conçue comme un pont magique vers le capitalisme la « joint venture » est supposé
transformer l’économie par la mise en place d’entreprises modèles ayant recours à la
technologie et à l’argent de l’ouest. Alors que les investisseurs occidentaux, sérieux,
découragés par l’instabilité de la sous-région, hésitent, les investisseurs véreux, eux, se
précipitent. C’est ainsi que le pont magique vers le capitalisme est devenu un monde infamant
de corruption rampante et de manipulation financière, visant principalement à obtenir des
autorisations pour exporter à bas prix des matières premières avec la clef des profits énormes.
Les « joint venture » sont devenus ainsi l’instrument principal de la pénétration criminelle de
l’économie. Tandis que quelques « joint « venture saines contribuent marginalement au
développement de l’économie, celles qui sont sous influence criminelle n’y contribuent pas,
ne produisent rien, ne prennent aucun risque et ne créent aucune richesse pour les pays, sauf
quelques « feymens » qui volent tout ce qu’ils trouvent. C’est grâce à eux que les malfaiteurs
locaux et leurs collègues étrangers travaillent main dans la main. On les trouve dans divers
secteurs : bois, pétrole, cacao café, jeux etc. sans compter les exportations illégales des
produits précieux et stratégiques rendus possibles par pots de vins.

II ACTIVITES DES ORGANISATIONS CRIMINELLES DANS LA SOUS REGION


AFRIQUE CENTRALE

Les organisations criminelles transnationales exercent toutes sortes d’activités illicites dont il
serait impossible de dresser une liste complète. Certaines activités sont importantes et doivent
être l’objet d’une très grande attention.

- le trafic de drogues

L’observatoire géopolitique de drogue souligne l’importance croissante de la zone comme


plaque tournante à la fois de la production et de la consommation de stupéfiants. Parmi eux, le
canabis semble le produit le plus prisé dans la sous-région. C’est une industrie très lucrative.
Le trafic rapporte de milliards de dollars, naturellement avec des conséquences négatives sur
le plan de la santé publique. En outre cette activité à profit élevé contribue en grande partie à
corrompre les pouvoirs publics, et procure aux organisations criminelles une certaine
quiétude.
- la filière de l’immigration illégale et prostitution

Dans le panel des activités illicites des organisations criminelles, citons l’augmentation de la
contre bande de personnes. Celle-ci revêt plusieurs dimensions :
- le trafic d’immigrants illégaux. Selon les estimations fondées, le transport illégal de
personnes de nos pays vers les pays riches se chiffre à des dizaines de milliers des immigrants
à de graves dangers ; à l’exemple des vexations.
- Les femmes particulièrement sont très vulnérables. Elles sont souvent l’objet d’une
exploitation sexuelle. Souvent endettées vis à vis des passeurs, elles sont forcées de se livrer à
des activités criminelles pour rembourser leurs dettes.

- le trafic des armes

Da différence entre l’offre licite et illicite d’armes n’est pas toujours claire. La différence
réside davantage dans la nature de l’utilisateur final, plutôt que dans la nature de produit.
L’utilisateur peut-être un Etat peu scrupuleux que la communauté internationale s’efforce
d’isoler ou un groupe ethnique qui cherche à contourner un embargo. En tout cas, le trafic
d’armes au marché noir présente plusieurs caractéristiques :
- l’opération revêt toujours une forme clandestine dont les revenus sont souvent
blanchis : des bénéfices considérables qu’elles procurent peuvent avoir des
répercutions importantes sur les conflits locaux et sur la capacité de ces groupes de
poursuivre leurs objectifs de menacer la paix et la sécurité. En outre, le trafic de
drogues et d’armes semble de plus en plus lier, du fait que certains groupes
ethniques se livrent au trafic de drogue.
De nombreux indices permettent de conclure que la criminalité organisée contribue au
désordre et aux bouleversements politiques dans la sous-région. Certains accords ignobles
sont devenus monnaie courante et par ce fait, un grand nombre de conflits ethniques et
politiques se trouvent aggravés par des alliances malsaines.

- le terrorisme et organisation criminelle

le crime transnational et le terrorisme ont des objectifs très différents. Des organisations
criminelles transnationales utilisent la terreur uniquement pour créer uniquement un climat
favorable à leur entreprise. Elles sont généralement prêtes à travailler à l’intérieur du système
existant aussi longtemps que celui-ci est malléable. Leurs objectifs politiques quant à elles,
visent certaines politiques de répression, mais elles ne cherchent pas à bouleverser la structure
politique existante (qu’elles ont peut-être déjà corrompu). En revanche, les groupes terroristes
poursuivent les objectifs politiques qu’ils veulent renverser le statut-quo. Ils peuvent se lancer
dans les trafics (armes, drogues) pour se procurer des ressources pour atteindre leurs objectifs
politiques.

Cependant, certaines organisations criminelles peuvent adopter la tactique de la terreur en


organisation des attaques terroristes contre l’Etat et ses représentants dans le but
d’interrompre les enquêtes, d’empêcher l’adoption de mesures énergétiques par des pouvoirs
publiques (certaines lois), en supprimant certains fonctionnaires ou de pousser certains juges à
prononcer des peines plus cléments.
En tout cas, les liens entre mafia et terrorisme sont souvent les « relations d’affaires » dans
lesquelles chaque partie utilise l’autre pour atteindre ses objectifs respectifs. Il y en a eu de
telles alliances sous d’autres cieux. En Colombie, les cartels et les mouvements
révolutionnaires comme le FARC et le M-19 qui ont développé de relations de coopération
complexes, malgré des divergences idéologiques.

- le trafic des femmes

la prostitution constitue depuis longtemps un élément majeur des activités des organisations
criminelles en réduisant les femmes à l’état d’esclaves. Ce trafic traite les femmes comme des
« marchandises ayant une valeur marchande, l’industrie du sexe n’est pas accidentelle, elle
joue un grand rôle dans l’économie monde où les femmes pourraient au plaisir et au besoin du
monde développé. Une variante qui intéresse le crime transnational, c’est la filière de
mariages par correspondance (via internet) les agences matrimoniales de placement et de
mannequins Sidons prolifèrent localement à quête de jeunes filles naïves dont l’exploitation
sexuelle est au bout de la chaîne dans les pays d’accueil. De même l’adoption des enfants
mérite une surveillance particulière.

- Le trafic d’organe

Un des motifs pour lesquels les enlèvements et les partitions sont fréquents de nos jours est le
voie de trafic d’organe voir ossements. Il est bien connu que le marché noir des organes
humains est un commerce lucratif. Cette activité intéresse aussi le crime organisé. C’est un
domaine où les possibilités de corruption du milieu médical sont énormes.

- Le vol et contre bande de véhicules

Un autre problème important est celui du vol de véhicules, (en général de haute gamme). La
proportion de véhicules volés qui ne sont pas retrouvés actuellement (près de 40%) est un
indicateur du nombre de véhicules noirs de frontières des Etats. La mafia locale (feymania)
est particulièrement efficace dans ce domaine. C’est une industrie florissante qui rapporte
beaucoup et présente de faibles risques, car les taux d’arrestation et de condamnation des
voleurs de voitures sont très faibles. Bien que moins grave que les autres activités de
criminalités organisées, le vol de voiture est une source de revenus illicites qui peut aider les
groupes de criminels à consolider leur position dans certains pays.

- globalisation des échanges et crime économique

La globalisation des échanges entraîne de plus larges opportunités de profit. Ce facteur


concerne le système économique et financier dans sa totalité, dans son côté légal aussi bien
que dans son côté illégal. L’internationalisation des échanges étant à son tour le résultat d’une
pluralité de facteurs. L’instauration de biens économiques et politiques plus étroits entre pays
géographiquement et culturellement proches a eu comme conséquence l’atténuation des
contrôles aux frontières et une accélération importante des échanges. Toujours sur le plan
économique, la mise en concurrence des opérateurs économiques sur le marché international a
ouvert la voie à de nouvelles possibilités d’enrichissement surtout dans des pays en voie de
développement comme ceux d’Afrique Centrale qui sont en majorité en phase de transition
économique et politique.
A cela s’ajoute le cas particulier du chaos politique de cette sous-région, ceci se traduit par
une plus large circulation des délinquants économiques, des marchandises illicites et des
capitaux d’origine illégale.

Les multinationales du crime, qui mêlent activités licites et illicites profitent aussi de ce
climat, pour mener leurs besognes en toute quiétude. C’est le terrain de prédilection de pots de
voir,
La corruption règne en maître avec ses préjudices qu’elle porte au fonctionnement de
l’administration publique.
La criminalité internationale se présente aujourd’hui comme l’un des grands défis auxquels,
les Etats de la sous-région doivent faire face. Les risques les plus importants ne découlent pas
de la délinquance individuelle ou occasionnelle, mais proviennent directement de l’activité
des organisations criminelles. Ces dernières tendent à adopter le modèle des sociétés
multinationales. Les énormes possibilités d’enrichissement licite et illicite et les potentialités
qu’offrent les pays d’Afrique Centrale sont de terrains de prédilection pour les sociétés
mafieuses. Champs ouverts à tous les trafics possibles et imaginables ; ajoutées à cela les
tragédies passées et présents qui empêchent que les ressources, déjà limitées et par
conséquent, presque la totalité de pays de cet espace se retrouvent sans défense.
Ainsi ces sources criminelles mettent en danger, voire détruisent la stabilité de
gouvernements, les progrès de la démocratie, la viabilité des économies et la sécurité des
citoyens.
CRIMINALITE ORGANISEE ET INSECURITE AU CAMEROUN

Yves Alexandre CHOUALA (Dr)


Chercheur, GRAPS, YAOUNDE

INTRODUCTION

Au cours de la dernière décennie, le Cameroun, s’inscrivant en cela dans une


dynamique sociétale globale, a connu une profonde transformation de sa scène criminelle
ayant conduit à l’émergence de nouvelles formes d’expression de l’insécurité. Deux tendances
lourdes ont notamment marqué cette transformation : la démultiplication des centres
d’exercice de la violence organisée et la professionnalisation progressive du métier de
criminel. Plus précisément, l’heure est à l’émancipation extra-étatique des groupes d’acteurs
sociaux vivant par et pour le crime ; à l’inscription de l’assistanat, du vol, du viol, du hold-up
dans les répertoires de constitution des patrimoines privés et d’ascension sociale. Aussi la
criminalité et l’insécurité qui en est le corollaire relève, dans le contexte camerounais, de
l’ « ordre de la banalité » ; c’est-à-dire de l’ordre d’une expérience existentielle générale que
vit, aussi bien plus dans la sphère publique que dans l’espace domestique/privé, la majorité
sociale.
LES FIGURES DOMINANTES DE LA CRIMINALITE ORGANISEE
AU CAMEROUN

Dans le contexte socio-politique camerounais, la criminalité relève du phénomène global de la


privatisation de la violence organisée. Elle traduit en outre l’émergence sociale de « nouvelles
arènes » du pouvoir qui s’approprient les instruments d’exercice de la coercition et des
prélèvements des individus autrefois entre les seules mains de l’Etat. La criminalité prend au
Cameroun une pluralité de formes.

1- Les gangs (urbains)

Les gangs, entendus dans le sens péjoratif d’associations de malfaiteurs, d’organisations


criminelles structurées chacune autour d’un « patron » et fonctionnant sur la base d’une
division sociale des tâches à l’intérieur, sont les principaux vecteurs du grand banditisme et de
la grande criminalité urbaine au Cameroun. Il s’agit d’associations de malfrats qui se dotent
de moyens propres d’administration de la violence et qui disposent de répertoires propres de
sanctions des « faux types » - la liquidation physique notamment. La prolifération de gangs
est la forme dominante de la dynamique de la criminalité organisée dans la société
camerounaise. Des rapineries par lesquels lesquelles elle s’exprimait naguère, le grand
banditisme s’est très vite transformé pour prendre la forme de cartels et/ou de réseaux
solidement structurés sous le modèle de ce que A et H. TOFFLER appelle l’« empire du
souterrain » (TOFFLER, 1991). Les gangs possèdent chacun une armée, des agences de
renseignements, des relais sociaux et bureaucratico-politiques qui rivalisent parfois les
services d’intelligence étatique. On comprend pourquoi ils attaquent les édifices publics ainsi
que les symboles de la sécurité étatique : Délégation générale à la sûreté nationale, Ministère
de la Défense, de l’Education nationale, des Finances, de la Culture, de la Communication etc.

2- Les réseaux criminels transnationaux

Les réseaux criminels désignent les acteurs malfrats qui coalisent leurs actions et
mettent en commun leurs ressources dans la visée de la défense, de la stabilisation et de la
maximisation de leurs intérêts et profits. A l’instar des gangs urbains, les réseaux criminels
transnationaux se déclinent sous la figure de « prédateurs collectifs ». Les réseaux de la
criminalité transnationale sont principalement formés au Cameroun par les « coupeurs de
routes » ou « zarguinas ». Les « coupeurs de routes » désignent dans la terminologie
sécuritaire camerounaise, tchadienne et centrafricaine, des groupes de bandits armés opérant à
la lisière des territoires frontaliers et spécialisés dans l’attaque des véhicules de transport
public ou privé, des villages, des troupeaux. Leurs cibles intègrent également les hommes
d’affaires, les postes de douane, de police, et de gendarmerie. Les « coupeurs de routes »
procèdent en quelque sorte à une unification criminelle des territoires camerounais, tchadien
et centrafricain. Entre 1995 et 1998, on a dénombré dans l’Extrême-nord camerounais,
environ 200 attaques de coupeurs de route avec comme bilan : 49 morts, 88 blessés, 167
bœufs volés, une somme de 45.457.355FCFA emportée, plus de 16 armes et 20 obus ramassés
(CHOUALA, forthcoming).

3- La violence privée indirecte

S’inspirant de Achille MBEMBE décrivant un phénomène relativement proche


(MBEMBE, 1999), la violence privée indirecte pourrait renvoyer au détournement des
moyens légitimes de violence ou des instruments et des moyens de la coercition étatique à des
fins privées. C’est en quelque sorte, la privatisation de la violence légitime d’Etat ou plutôt la
transformation des positions officielles, des moyens et instruments officiels d’administration
de la violence en rentes d’accumulation privée. La violence privée indirecte est, au Cameroun,
le fait de « certains éléments véreux des forces de l’ordre » qui s’associent, lorsqu’ils ne les
patronnent pas, les groupes de malfrats. Nombre de policiers, gendarmes, militaires aussi bien
de rang que gradés patronnent et couvrent des gangs qui, par la médiation de ce patronage et
de cette couverture, s’alimentent à bon compte dans les poudrières d’Etat.

4- Les activistes nationalitaires

La montée en signification des groupes nationalitaires sur la scène de l’insécurité


nationale a été considérable ces derniers temps. Les activités nationalitaires se sont auto-
construites en mouvement d’émancipation politique par le moyen de la lutte armée. Le
principal cadre de lutte pour cette émancipation politique est constitué au Cameroun par la
Southern Cameroon National Council (SCNC). Celle-ci comporte de nombreuses fractions
notamment le Cameroon Anglophone Movement, le Free West Cameroon Movement et
l’Ambazonia Movement. Ces acteurs nationalitaires ont inauguré en 1997 une guérilla
procédant par l’attaque armée des symboles de l’Etat dans la partie anglophone du pays.
L’attaque des activistes nationalitaires et la contre-attaque, mieux la répression légitime des
forces nationales de sécurité ont contribué à l’instauration d’une instabilité sociale lourde de
menaces sur la sécurité des individus.

CRIMINALITE ET MAINTIEN DE L’ORDRE

La montée de la grande criminalité au Cameroun a conduit à une restructuration des


technologies étatiques de sécurisation des hommes et des biens. Face aux déperditions de
légitimité étatique ainsi qu’à la précarité sociale à laquelle a conduit la montée en
professionnalisation de la criminalité organisée, des réponses officielles et populaires se sont
élaborées. D’un côté l’Etat réagit par des encadrements sécuritaires de crise mis en œuvre par
le biais de structures d’exception tandis que de l’autre, la société va procéder par la
constitution des dispositifs privés de vigilance et d’autodéfense.
Encadrements sécuritaires étatiques de crise et crise sécuritaire

La diffusion sociale de la violence criminelle a eu pour effet la réorganisation du


maintien de l’ordre autour des structures d’exception dont « le commandement opérationnel »
dans la ville de Douala et l’opération Vautour » à Yaoundé. Encadrement sécuritaire de crise,
le commandement opérationnel est aussi en même temps une crise de l’encadrement
sécuritaire en ceci qu’il traduit l’incapacité des « forces de sécurité » de mener à bien la tâche
sécuritaire qui leur est dévolue. Les « forces de l’ordre » s’avèrent peu aptes à contenir des
formes de menaces non militaires qu’accompagne la complexité criminelle. Dans ce contexte,
le « commandement opérationnel » s’institue comme une conjoncture sécuritaire ; c’est-à-dire
comme un encadrement sécuritaire conjoncturel qui laisse inchangée la nature structurelle de
la crise qui affecte les dispositifs étatiques de contention de la violence, de disciplinarisation
des comportements et de sécurisation des hommes et des biens. Par ailleurs de par ses
méthodes d’action le commandement opérationnel est paradoxalement apparu à certains
égards comme un facteur d’insécurité urbaine. En effet les « procédures curatives » et
« répressives » de « traitement de l’insécurité » (OYONO et OWONA NGUINI, 2000 : 16)
appliquées par le commandement opérationnel et qui ont pour l’essentiel reposées sur les
traques, les arrestations, « voire l’élimination des bandits », sont loin de mettre les populations
à l’abri des formes de liquidation physique clandestine à l’instar de celles administrées par les
bandes criminelles. En tout cas tout se passe comme si « la reconquête citoyenne des
quartiers » qui a été le leitmotiv de la mise sur pied du « commandement opérationnel » et
des autres opérations de choc de même nature à l’instar de « Vautour » semble aujourd’hui
reposer sur le démantèlement de ces structures sécuritaires d’exception.

Les réponses populaires à la criminalité

La multiplication des coalitions extra-étatiques d’exercice de la violence organisée a


eu pour effet la privatisation de la sécurité. Dans un contexte où l’Etat apparaît de plus en plus
comme « désarmé », défait par les professionnels du crime, les individus procèdent à la mise
sur pied de dispositifs privés de surveillance et de sécurisation ; d’où une prolifération des
comités de vigilance et des groupes d’auto-défense. Le « temps national » de l’auto-défense,
c’est la reprise en main, par des coalitions d’individus, de la tâche de sécurisation que l’Etat
s’avère de plus en plus incapable d’assurer tout seul. La géographie sécuritaire du Cameroun
fait ainsi ressortir un monde sécuritaire éclaté en de multiples territoires sécuritaires : groupes
d’autodéfense, vigiles des sociétés de gardiennage, milices des partis politiques et des
hommes d’affaires. En tout cas, la sécurité ne fait plus l’objet d’une prérogative exclusive des
pouvoirs publics, elle s’affirme désormais sinon comme un « bien commun » du moins
comme un service public admettant l’intervention des acteurs privés.

Cependant, tout comme le caractère exceptionnel des structures sécuritaires de crise


mises en place par le gouvernement a conduit à la dérive des exécutions extra-judiciaires, la
justice populaire qui est aussi apparue comme la modalité populaire de la vengeance contre
les malfrats n’a pas été sans risque sur la sécurité des individus. La bastonnade, la flagellation,
la mise à mort qui sont les méthodes de gestion de l’insécurité criminelle par la justice
populaire s’avèrent peu compatibles avec l’exigence du respect des droits de l’homme.

CONCLUSION
En définitive, la démonopolisation étatique de la violence organisée nourrit les
dynamiques de la criminalité en cours au Cameroun et a pour effet le processus de
privatisation de la sécurité publique. Cette transformation de la scène sécuritaire nationale
affecte de plein fouet le pouvoir politique dans sa prérogative régalienne du maintien de
l’ordre public et de la sécurisation des hommes et des biens. L’heure est à l’ouverture du
champ sécuritaire national qui voit l’apparition, en son sein, de nouveaux acteurs qui
remettent en cause le monopole sécuritaire de l’Etat notamment les sociétés de gardiennage et
les groupes d’autodéfense. Pour endiguer la grande criminalité, l’Etat a réagi par la mise sur
pied de structures d’exception à l’instar du « commandement opérationnel » et de l’opération
« Vautour » tandis que réponses sociales se sont se sont organisées autour des « comités de
vigilance » et des groupes d’autodéfense. Il s’agit, dans un cas comme dans l’autre,
d’encadrements sécuritaires de crise qui traduisent une crise des dispositifs étatiques de
maintien de l’ordre et de sécurisation des hommes et des biens. Ceux-ci vont, à leur tour,
s’avérer comme des vecteurs supplémentaires d’insécurité au regard de leurs procédés et
méthodes de lutte contre la grande criminalité au demeurant peu compatibles avec les
exigences des droits de l’homme.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

CHOUALA, Yves Alexandre, « Conjoncture sécuritaire, champ étatique et ordre politique au


Cameroun : éléments d’analyse anthropo-politiste d’une crise de l’encadrement
sécuritaire et d’un encadrement sécuritaire de crise », POLIS, REVUE
CAMEROUNAISE DE SCIENCE POLITIQUE, vol. 8, numéro spécial,
2001, pp. 19-64.
MBEMBE, Achille, DU GOUVERNEMENT PRIVE INDIRECT, Dakar, CODESRIA, 1999

MONJARDET, Dominique et THOENIG, Jean Claude (Etudes réunies et présentés par),


« Police, ordre et sécurité », REVUE FRANÇAISE DE SOCIOLOGIE,
XXXV-3, Juillet-septembre 1994

OYONO, Jean Bosco et OWONA NGUINI, Mathias Eric, « Le commandement


opérationnel : solution durable à l’insécurité ou régulation passagère ? », ENJEUX.
BULLETIN D’ANALYSES GEOPOLITIQUES POUR L’AFRIQUE CENTRALE, N° 03,
Avril-Juin 2000, pp.12-16

TOFFLER, A et H., LES NOUVEAUX POUVOIRS (POWERSHIFT). SAVOIR,


RICHESSE ET VIOLENCE A LA VEILLE DU XXIe SIECLE, Paris, Fayard,
1991.
« Violences par temps de paix », ESPRIT, N°248, décembre 1998

Vous aimerez peut-être aussi