Enjeux 9
Enjeux 9
Transversale
Dossier
Activités criminelles et blanchiment des capitaux en Afrique centrale, par Abissama ONONA
Tendances
Les conditions d’un fonctionnement efficient de la bourse des valeurs d’Afrique centrale
(incomplet)
Humeur
Homéomorphe
Biblio
2
Transversale
La Guerre de l’Information
1
Yves Eudes, « Mutation de l’industrie des programmes aux Etats-Unis : des chaînes de télévision par
centaines, » Le Monde diplomatique, mars 1996.
2
Joseph S. Nye, « America’s Information Edge, » Foreign Affairs (Mars-avril 1996), pp.20.
3
Philippe Barbet, « Les nouvelles technologies au service de la guerre commerciale. Les Etats-Unis et
l’ « hégémonisme numérique », La Revue internationale et stratégique, n° 42 (été 2001) pp.59-63.
3
En outre, la régulation de l’information à travers son vecteur mondial Internet est
un enjeu stratégique pour les Etats, une expression de leur identité et souveraineté. C’est ce
qui explique la grande divergence entre la vision « libérale et libertaire » américaine et la
vision de « l’Etat protecteur » européen 4 . La diplomatie numérique américaine veut créer une
vaste zone de libre-échange à l’échelle planétaire afin d’asseoir l’hégémonisme numérique
des Etats-Unis. Pour cela, elle s’appuie sur deux piliers : l’Information Technology
Agreement (ITA) de l’OMC et l’Accord sur les télécommunications de base de l’OMC. Le
premier élimine toutes les barrières douanières dans les domaines des échanges de semi
conducteurs, d’ordinateurs et d ‘équipements informatiques, ce qui profite aux industries de
haute technologique américaines ; et la deuxième déréglemente le secteur mondial des
télécommunications 5 .
Pour faire face au rouleau compresseur de la diplomatie numérique américaine,
l’Europe a adopté en octobre 1998 la Directive européenne sur la protection des données
personnelles qui impose aux pays membres un contrôle étatique sur les données personnelles.
C’est ce même souci qui a plus ou moins guidé l’Europe dans le choix de la norme
« troisième génération » UMTS, évolution de la norme « deuxième génération » GSM, malgré
la forte campagne de lobbying des industriels et membres du gouvernement américains qui
craignaient une éventuelle incompatibilité avec leurs normes de téléphonie mobile et une
concurrence accrue pour le contrôle de l’immense marché chinois 6 . Bien évidemment
l’Afrique assiste en spectateur passif à cette nouvelle guerre de l’information.
4
Thomas Marten, « Y a-il une fracture numérique transatlantique? » Géoéconomie, n° 16 ( hiver 2000/2001),
pp.30-35.
5
Barbet, Ibid.
6
Marten, Ibid., pp.33-34.
7
Alain Woodrow, Les médias. Quatrième pouvoir ou cinquième colonne ? Paris : éditions du Félin, 1996.
4
de l’ennemi sont contrôlés, détruits ou désorganisés. Ce qui compte avant tout désormais,
c’est de connaître les intentions de l’adversaire, afin d’anticiper ses actions, le neutraliser et le
mettre hors d’état de nuire.
Dans ce nouveau contexte géostratégique, le renseignement, qui repose sur
l’information, acquiert une dimension nouvelle. Il s’inscrit au cœur de la stratégie militaire et
apparaît comme l’arme décisive dans le conflit 8 . Toutefois, avec le flux croissant de
l’information, le véritable problème n’est plus où trouver l’information, mais comment trier
dans cet écheveau l’information utile et sensible, celle qui fera la différence. La solution à ce
problème semble être dans l’amélioration des techniques en matière de collecte, de traitement
et de diffusion de l’information, mais aussi dans la formation efficiente des hommes chargés
du renseignement
Pour André Krepinevich, « l’élément déterminant du succès dans les conflits du futur
pourrait de plus en plus résider dans la faculté de créer et d’accroître le décalage
d’information entre amis et ennemis 9 . » Les stratèges militaires et les thinks tanks américains
ont bien perçu cet enjeu nouveau et mènent depuis quelques années une intense réflexion sur
le concept de « la guerre de l’information » dans le cadre de la Revolution in the Military
Affairs (RMA) 10
D’une façon générale, écrit Paul-Yvan de Saint germain, pour les Américains,
« l’ensemble du théâtre d’opérations doit être conçu comme un unique système intégré,
innervé par des réseaux d’information de toutes sortes, y compris des réseaux commerciaux et
le téléphone public, et assurant diverses fonctions (observations, feux, logistiques,etc…) qui,
bien qu’étant différents, ne peuvent plus être considérées isolément les uns des autres ou
réalisés de manière séquentielle. 11 » Ainsi, l’information apparaît à la fois comme un « moyen
de faire la guerre », un « milieu », un « environnement », et un « enjeu ».
Concept central de la RMA, l’ « Information Walfare » -la guerre de l’information-
se déploie tout azimuts. Elle est guerre pour la recherche, la collecte, le traitement, l’analyse
et la diffusion de l’information. Mais elle est aussi guerre électronique, à la fois offensive et
défensive. Elle consiste en effet à « attaquer » les circuits électroniques de l’adversaire pour
les brouiller, les désorganiser, les détruire à l’aide de « virus », de « bombes logiques » ou de
« bogues ». Il s’agit aussi de sécuriser son système informatique contre les agressions
extérieures. Les « cyber-criminels » sont au service des grandes entreprises et des Etats. Les
Américains ont déjà mis sur pied leurs premiers bataillons de « guerriers de l’information »
(les I-Warriors) chargés de protéger leur cyber espace informatique et porter la guerre chez
l’ennemi 12 . Ces I-Warriors déclenchent de temps en temps leur signal d’alerte maximale
contre une éventuelle attaque virale, histoire de tester leur système de défense informatique.
La guerre de l’information ne fait que commencer.
8
Francis Beau, Renseignement et société de l’information. Paris : Fondation pour les études de défense, 1997.
9
Stratégies, Paris, n°65, janvier 1997.
10
Lire Lt. Cl. B. Richet, « L’approche américaine en matière d’évolution de stratégie, » Enjeux, n° 7 et 8 (Avril-
juin et juillet-septembre 2001) ; Maurice Najman, « Du maintien de l’ordre aux guerres de haute technologie.
Les Américains préparent les armes du XXIème siècle, » Le Monde diplomatique, février 1998.
11
Paul-Yvan de Saint-Germain, « La prospective de défense, » Perspectives stratégiques, n°33 (Décembre
1997).
12
Najman, Ibid.
5
LA PROLIFERATION DES SOURCES CRIMINELLES : EFFET DE CONTAGION,
INTERNALISATION ET TRANSNALISATION DU CRIME
Jusqu’au début des années 90, le mythe de l’Italie et des Etats-Unis comme berceau de la
mafia, et de ce fait toutes les formes de crimes organisés étaient toujours prédominantes.
Aujourd’hui, l’ex union soviétique, l’Australie, l’ensemble du continent africain, tous les pays
de l’Europe de l’ouest…. sont victimes de la criminalité mafieuse.
La renaissance mondiale de ce phénomène a coïncidé avec le fait qu’il est devenu impossible
de contrôler la criminalité internationale. Ainsi, longtemps négligée, voire sous estimée, la
menace d’un crime international organisé dévoile dans toute son ampleur en même temps que
l’effet mondialisation. Ce qui se met en place actuellement est un monde sous-terrain, en plein
développement, n’épargnant ni l’économie, ni les Etats Unis, ni les politiques, mettant en péril
la survie des réformes politiques, économiques en cours, avec pour corollaires des
conséquences sur notre sécurité.
Les mafias se nourrissent du désordre, développent des politiques criminelles et s’installent ou
peuvent facilement faire d’énormes profits. Elles n’ont ni allégeance nationale, ni loi, ni
frontière, si ce n’est celles qui s’imposent à elles mêmes.
Tout bien pensé, l’Afrique Centrale avec la conjoncture actuelle, semble tout désigner, pour
être un terrain de prédilection.
Les mafias dont nous parlons aujourd’hui ne sont pas seulement new-yorkaises ou sicilienne,
d’autres grands malfaiteurs pourraient être également considérés. Parmi ceux-ci citons : les
yakuzas japonais, les triades chinoises, les mafias russes, les cartels colombiens, les groupes
criminels nigérians, etc. Toutes ces organisations étaient déjà opérationnelles au de là de
frontières nationales, mais la conjoncture actuelle leur procure des conditions tellement
favorables pour opérer en toute quiétude.
La mondialisation des échanges engendre des ramifications de ces organismes dans la sous
région qui opèrent en réseaux, ou tout simplement des mini « pieuvres » locales, appelés
encore « feymania ».
Les mafias rassemblent de multiples services et des millions de personnes. Elles dirigent de
réseaux de trafic de drogues dont les bénéfices sont estimés en millions de dollar et procèdent
au blanchiment en réinvestissant une partie de cette somme dans les entreprises légales.
Il n’y a pas de trafic de drogue qui procure des revenus à ces organismes, il faut compter avec
la multiplication des conflits dans la sous-région, le trafic d’armes, les revenus de la fraude,
du jeu, du vol, de l’extorsion, de la contrebande, de la prostitution (trafic de jeunes filles) de la
pornographie et des contrats d’assassinat.
Aujourd’hui, des syndicats de crime peuvent pénétrer des entreprises géantes et même des
économies d’Etat et acheter des pays entiers « acheter l’économie d’un pays n’est pas un
crime sanctionné parla loi » a déclaré un juge d’Etat en Russie.
L’Afrique centrale est perçue par les analyses géopolitiques comme une région désorganisée
et chaotique, les sociétés mafieuses l’ont, quant à elles immédiatement appréhendé comme
une source potentielle de richesse inimaginable. La sous-région détient l’un des sous-sols le
plus riche du monde si ce n’est le premier. On y trouve principalement : le pétrole, de l’or, du
diamant, le cuivre, le fer, le charbon, le nickel, le zinc, la bauxite. Elle détient aussi d’énormes
quantités d’uranium, de plutonium, de manganèse de cobalt, d’argent, de chrome de carbone
et d’autres métaux précieux recherchés et utilisés dans la haute technologie, sans oublier de
réserves de bois.
Tout ceci est à prendre dans un espace handicapé et en plein chaos, gangrené par la corruption
et totalement ruiné économiquement.
Conçue comme un pont magique vers le capitalisme la « joint venture » est supposé
transformer l’économie par la mise en place d’entreprises modèles ayant recours à la
technologie et à l’argent de l’ouest. Alors que les investisseurs occidentaux, sérieux,
découragés par l’instabilité de la sous-région, hésitent, les investisseurs véreux, eux, se
précipitent. C’est ainsi que le pont magique vers le capitalisme est devenu un monde infamant
de corruption rampante et de manipulation financière, visant principalement à obtenir des
autorisations pour exporter à bas prix des matières premières avec la clef des profits énormes.
Les « joint venture » sont devenus ainsi l’instrument principal de la pénétration criminelle de
l’économie. Tandis que quelques « joint « venture saines contribuent marginalement au
développement de l’économie, celles qui sont sous influence criminelle n’y contribuent pas,
ne produisent rien, ne prennent aucun risque et ne créent aucune richesse pour les pays, sauf
quelques « feymens » qui volent tout ce qu’ils trouvent. C’est grâce à eux que les malfaiteurs
locaux et leurs collègues étrangers travaillent main dans la main. On les trouve dans divers
secteurs : bois, pétrole, cacao café, jeux etc. sans compter les exportations illégales des
produits précieux et stratégiques rendus possibles par pots de vins.
Les organisations criminelles transnationales exercent toutes sortes d’activités illicites dont il
serait impossible de dresser une liste complète. Certaines activités sont importantes et doivent
être l’objet d’une très grande attention.
- le trafic de drogues
Dans le panel des activités illicites des organisations criminelles, citons l’augmentation de la
contre bande de personnes. Celle-ci revêt plusieurs dimensions :
- le trafic d’immigrants illégaux. Selon les estimations fondées, le transport illégal de
personnes de nos pays vers les pays riches se chiffre à des dizaines de milliers des immigrants
à de graves dangers ; à l’exemple des vexations.
- Les femmes particulièrement sont très vulnérables. Elles sont souvent l’objet d’une
exploitation sexuelle. Souvent endettées vis à vis des passeurs, elles sont forcées de se livrer à
des activités criminelles pour rembourser leurs dettes.
Da différence entre l’offre licite et illicite d’armes n’est pas toujours claire. La différence
réside davantage dans la nature de l’utilisateur final, plutôt que dans la nature de produit.
L’utilisateur peut-être un Etat peu scrupuleux que la communauté internationale s’efforce
d’isoler ou un groupe ethnique qui cherche à contourner un embargo. En tout cas, le trafic
d’armes au marché noir présente plusieurs caractéristiques :
- l’opération revêt toujours une forme clandestine dont les revenus sont souvent
blanchis : des bénéfices considérables qu’elles procurent peuvent avoir des
répercutions importantes sur les conflits locaux et sur la capacité de ces groupes de
poursuivre leurs objectifs de menacer la paix et la sécurité. En outre, le trafic de
drogues et d’armes semble de plus en plus lier, du fait que certains groupes
ethniques se livrent au trafic de drogue.
De nombreux indices permettent de conclure que la criminalité organisée contribue au
désordre et aux bouleversements politiques dans la sous-région. Certains accords ignobles
sont devenus monnaie courante et par ce fait, un grand nombre de conflits ethniques et
politiques se trouvent aggravés par des alliances malsaines.
le crime transnational et le terrorisme ont des objectifs très différents. Des organisations
criminelles transnationales utilisent la terreur uniquement pour créer uniquement un climat
favorable à leur entreprise. Elles sont généralement prêtes à travailler à l’intérieur du système
existant aussi longtemps que celui-ci est malléable. Leurs objectifs politiques quant à elles,
visent certaines politiques de répression, mais elles ne cherchent pas à bouleverser la structure
politique existante (qu’elles ont peut-être déjà corrompu). En revanche, les groupes terroristes
poursuivent les objectifs politiques qu’ils veulent renverser le statut-quo. Ils peuvent se lancer
dans les trafics (armes, drogues) pour se procurer des ressources pour atteindre leurs objectifs
politiques.
la prostitution constitue depuis longtemps un élément majeur des activités des organisations
criminelles en réduisant les femmes à l’état d’esclaves. Ce trafic traite les femmes comme des
« marchandises ayant une valeur marchande, l’industrie du sexe n’est pas accidentelle, elle
joue un grand rôle dans l’économie monde où les femmes pourraient au plaisir et au besoin du
monde développé. Une variante qui intéresse le crime transnational, c’est la filière de
mariages par correspondance (via internet) les agences matrimoniales de placement et de
mannequins Sidons prolifèrent localement à quête de jeunes filles naïves dont l’exploitation
sexuelle est au bout de la chaîne dans les pays d’accueil. De même l’adoption des enfants
mérite une surveillance particulière.
- Le trafic d’organe
Un des motifs pour lesquels les enlèvements et les partitions sont fréquents de nos jours est le
voie de trafic d’organe voir ossements. Il est bien connu que le marché noir des organes
humains est un commerce lucratif. Cette activité intéresse aussi le crime organisé. C’est un
domaine où les possibilités de corruption du milieu médical sont énormes.
Un autre problème important est celui du vol de véhicules, (en général de haute gamme). La
proportion de véhicules volés qui ne sont pas retrouvés actuellement (près de 40%) est un
indicateur du nombre de véhicules noirs de frontières des Etats. La mafia locale (feymania)
est particulièrement efficace dans ce domaine. C’est une industrie florissante qui rapporte
beaucoup et présente de faibles risques, car les taux d’arrestation et de condamnation des
voleurs de voitures sont très faibles. Bien que moins grave que les autres activités de
criminalités organisées, le vol de voiture est une source de revenus illicites qui peut aider les
groupes de criminels à consolider leur position dans certains pays.
Les multinationales du crime, qui mêlent activités licites et illicites profitent aussi de ce
climat, pour mener leurs besognes en toute quiétude. C’est le terrain de prédilection de pots de
voir,
La corruption règne en maître avec ses préjudices qu’elle porte au fonctionnement de
l’administration publique.
La criminalité internationale se présente aujourd’hui comme l’un des grands défis auxquels,
les Etats de la sous-région doivent faire face. Les risques les plus importants ne découlent pas
de la délinquance individuelle ou occasionnelle, mais proviennent directement de l’activité
des organisations criminelles. Ces dernières tendent à adopter le modèle des sociétés
multinationales. Les énormes possibilités d’enrichissement licite et illicite et les potentialités
qu’offrent les pays d’Afrique Centrale sont de terrains de prédilection pour les sociétés
mafieuses. Champs ouverts à tous les trafics possibles et imaginables ; ajoutées à cela les
tragédies passées et présents qui empêchent que les ressources, déjà limitées et par
conséquent, presque la totalité de pays de cet espace se retrouvent sans défense.
Ainsi ces sources criminelles mettent en danger, voire détruisent la stabilité de
gouvernements, les progrès de la démocratie, la viabilité des économies et la sécurité des
citoyens.
CRIMINALITE ORGANISEE ET INSECURITE AU CAMEROUN
INTRODUCTION
Les réseaux criminels désignent les acteurs malfrats qui coalisent leurs actions et
mettent en commun leurs ressources dans la visée de la défense, de la stabilisation et de la
maximisation de leurs intérêts et profits. A l’instar des gangs urbains, les réseaux criminels
transnationaux se déclinent sous la figure de « prédateurs collectifs ». Les réseaux de la
criminalité transnationale sont principalement formés au Cameroun par les « coupeurs de
routes » ou « zarguinas ». Les « coupeurs de routes » désignent dans la terminologie
sécuritaire camerounaise, tchadienne et centrafricaine, des groupes de bandits armés opérant à
la lisière des territoires frontaliers et spécialisés dans l’attaque des véhicules de transport
public ou privé, des villages, des troupeaux. Leurs cibles intègrent également les hommes
d’affaires, les postes de douane, de police, et de gendarmerie. Les « coupeurs de routes »
procèdent en quelque sorte à une unification criminelle des territoires camerounais, tchadien
et centrafricain. Entre 1995 et 1998, on a dénombré dans l’Extrême-nord camerounais,
environ 200 attaques de coupeurs de route avec comme bilan : 49 morts, 88 blessés, 167
bœufs volés, une somme de 45.457.355FCFA emportée, plus de 16 armes et 20 obus ramassés
(CHOUALA, forthcoming).
CONCLUSION
En définitive, la démonopolisation étatique de la violence organisée nourrit les
dynamiques de la criminalité en cours au Cameroun et a pour effet le processus de
privatisation de la sécurité publique. Cette transformation de la scène sécuritaire nationale
affecte de plein fouet le pouvoir politique dans sa prérogative régalienne du maintien de
l’ordre public et de la sécurisation des hommes et des biens. L’heure est à l’ouverture du
champ sécuritaire national qui voit l’apparition, en son sein, de nouveaux acteurs qui
remettent en cause le monopole sécuritaire de l’Etat notamment les sociétés de gardiennage et
les groupes d’autodéfense. Pour endiguer la grande criminalité, l’Etat a réagi par la mise sur
pied de structures d’exception à l’instar du « commandement opérationnel » et de l’opération
« Vautour » tandis que réponses sociales se sont se sont organisées autour des « comités de
vigilance » et des groupes d’autodéfense. Il s’agit, dans un cas comme dans l’autre,
d’encadrements sécuritaires de crise qui traduisent une crise des dispositifs étatiques de
maintien de l’ordre et de sécurisation des hommes et des biens. Ceux-ci vont, à leur tour,
s’avérer comme des vecteurs supplémentaires d’insécurité au regard de leurs procédés et
méthodes de lutte contre la grande criminalité au demeurant peu compatibles avec les
exigences des droits de l’homme.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES