Mesure de rentabilités en comptabilité analytique
Mesure de rentabilités en comptabilité analytique
La première étape dans cette architecture du système de calcul des coûts consiste
à identifier le périmètre de la comptabilité analytique. Celle-ci n’obéit pas aux
mêmes objectifs que la comptabilité générale. On peut considérer que la compta-
bilité analytique utilise sélectivement la base de données de la comptabilité géné-
rale. La majorité des charges de cette dernière transite en effet directement dans
la comptabilité analytique, mais certaines charges sont écartées ou sont retraitées
tandis que d’autres charges, qui n’ont pas d’existence légale ou fiscale, peuvent être
introduites en comptabilité analytique.
73
80
Ainsi, certaines charges à caractère exceptionnel comme les pénalités ou les charges
52
43
de restructuration ne sont pas « incorporées » dans le calcul des coûts, car elles
:15
ne sont pas pertinentes à prendre en compte pour calculer des coûts « normaux »
5
8.9
d’opérations et identifier des rentabilités pluriannuelles sur une base homogène. De
1.6
6 .8
même, certaines charges liées à l’activité du siège, comme les charges de direction
:19
générale, peuvent être considérées comme non incorporables dans le calcul des coûts
37
69
analytiques. Enfin, des charges considérées comme des investissements, mais qui ne
83
sont pas amorties, comme les charges de développement informatique, peuvent être
:88
0
étalées sur plusieurs années, reportant ainsi les charges encourues pendant la période
14
56
sur plusieurs exercices. Ce traitement assimile alors les charges reportées sur les autres
69
97
À l’opposé, certaines charges n’existant pas en tant que telles en comptabilité géné-
G
rale peuvent être incorporées en comptabilité analytique pour des raisons de perti-
NC
:E
nence. Leur prise en compte permet en effet d’affiner la perception des coûts et
om
des rentabilités des différents centres de profit. Ainsi, certains établissements incor-
x.c
vo
porent un coût conventionnel des fonds propres dans leurs calculs analytiques.
lar
Un système de calcul des coûts sera d’autant plus performant qu’il aura été établi
sur la base du découpage de l’entreprise en centres de responsabilité, tel que défini
par le contrôle de gestion.
150
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
Pour que ce découpage soit pertinent sur le plan du contrôle de gestion, il doit
couvrir l’ensemble de l’entreprise et un responsable doit être nommément désigné
pour chaque centre de responsabilité. Il faut toutefois prendre garde à ne pas définir
73
de centres de responsabilité en trop grand nombre, de façon à ce que le système
80
de contrôle de gestion reste bien connecté à la délégation réelle d’autorité conférée
52
43
aux responsables. De même, il faut éviter de définir un faux centre de responsabi-
:15
5
lité, c’est-à-dire sans responsable, du type « autres activités », « entités maison » ou
8.9
encore « produits et charges annexes », qui soit utilisé pour concentrer les produits
1.6
6 .8
et les charges considérés comme délicats à répartir entre les « vrais » centres de
:19
responsabilité.
37
69
83
Les charges affectées à un centre de responsabilité doivent pouvoir être maîtrisées
:88
0
par le responsable ou, au minimum, être différenciées par ce dernier suivant le
14
56
niveau de maîtrise qu’il a sur ces charges. Cette notion de « maîtrise » est en
69
97
souvent décider, pour une part importante de leurs charges, que sur accord et
nit
Ke
ne peuvent pas augmenter ou réduire leurs effectifs comme ils le désirent, sans
:E
logistique, peuvent leur être imputées sans qu’ils aient une véritable influence sur
vo
le fait générateur de ces charges. Il s’agit donc, pour le contrôle de gestion, d’être
lar
ho
vigilant sur les contradictions potentielles qui peuvent être portées par l’architec-
sc
w.
ture du système d’affectation des charges et de calcul des coûts mis en place. Il faut
ww
éviter le plus possible d’affecter des charges à un centre de responsabilité sans que
son responsable n’en ait une maîtrise minimale. Les décisions en la matière sont
souvent des compromis entre des exigences contradictoires. Comment répartir
analytiquement les charges pour avoir une connaissance fine des coûts et des
rentabilités sans toutefois démobiliser les responsables de centres par une excessive
répartition de charges non contrôlées ?
151
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
À l’issue de cette deuxième phase, on dispose ainsi d’une affectation des charges
directes aux centres de responsabilités. Cette affectation des charges directes aux
centres de responsabilité constitue un élément clé du contrôle de gestion. C’est,
en effet, sur ces bases que peuvent être bâtis la procédure budgétaire et le suivi de
performances des centres de responsabilité.
73
80
est de parvenir à concentrer l’analyse de la rentabilité et de la performance sur les
52
deux centres de responsabilité qui permettent le suivi de gestion le plus fin : les
43
:15
centres opérationnels et les centres de profit.
5
8.9
1.6
Suivant cette méthode classique, il est nécessaire de répartir les charges des centres
6 .8
de support et de structure sur les centres opérationnels et les centres de profit. Par
:19
37
conséquent, cette troisième phase consiste essentiellement à mettre au point des
69
clés de répartition.
83
:88
0
Pour les centres de support, des « unités d’œuvre » peuvent en principe être déter-
14
56
minées. Ce sont des clés issues d’un comptage de type économique qui représente
69
97
l’activité du centre. Elles sont, de ce fait, moins discutables que les clés de répar-
ra:
du nombre de mètres carrés gérés ou entretenus, peut être considérée comme une
:E
être plus complexes, comme dans le cas des charges d’un service informatique.
vo
Celles-ci peuvent en effet être ventilées en deux catégories : d’une part, les charges
lar
ho
(« temps CPU ») et d’autre part, les charges des services d’études, d’analyse ou
ww
152
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
À ce stade, ne subsistent plus que des centres opérationnels et des centres de profit
possédant à la fois des charges directes et une quote-part de charges indirectes
de structure et de support.
L’objectif de cette phase est de parvenir à calculer les coûts des opérations effectuées
par les centres opérationnels. Ces coûts pourront alors servir de base de facturation
aux centres utilisateurs des opérations réalisées : les centres de profit.
73
80
52
Les centres opérationnels peuvent traiter plusieurs types d’opérations. Par exemple,
43
:15
un service administratif de traitement d’ordres de bourse peut traiter des opéra-
5
tions de bourse en France ou à l’étranger ; des opérations portant sur des titres au
8.9
1.6
porteur ou nominatifs ; ou encore des opérations portant sur des actions ou des
6 .8
obligations. Une opération peut être définie comme une « prestation » de base
:19
37
fournie à un client, interne ou externe à l’entreprise. Ainsi un retrait d’espèces est
69
une opération bancaire, tout comme le traitement d’un ordre d’action française sur
83
le marché de Paris est une opération financière. :88
0
14
56
qui peuvent être assez différentes. La méthode la plus précise consiste à mesurer
ra:
nit
physiquement les temps d’opérations comme nous le verrons pour la méthode des
Ke
coûts standards développée plus loin. Une autre méthode, plus sommaire, consiste
G
NC
à calculer le coût moyen d’une opération. Celui-ci peut être défini comme étant le
:E
om
Exemple. Si le total des charges affectées au back-office bourse est de 10 000 000 d’euros
w.
ww
et que le nombre d’ordres de bourse a été de 100 000 sur la période, le coût unitaire
moyen d’un ordre de bourse traité au back-office sera alors de 10 euros.
Dans cet exemple, le coût d’une opération de bourse est global, il est calculé au
niveau du « produit » ordre de bourse. Mais l’on peut calculer d’autres coûts de
l’ordre de bourse, plus précis comme, par exemple, l’ordre de bourse « action
France », « action étranger », « obligation France », « obligation étranger ». Il est
donc nécessaire de statuer sur le niveau de précision du calcul. D’une façon géné-
rale, plus on descend dans le calcul du coût d’une opération, plus les calculs incor-
porent des éléments conventionnels de répartition, diminuant du même coup leur
fiabilité et donc leur pertinence éventuelle pour l’appréciation des rentabilités.
153
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
Il est possible d’affiner le calcul des coûts d’opérations d’un centre opérationnel
en analysant les étapes du traitement qui conduisent à la mise à disposition des
prestations fournies par ce centre. La méthode la plus simple consiste à établir
une pondération de traitement par type d’opération. Cette pondération peut être
établie par les opérationnels suivant le degré de difficulté rencontré et le temps
estimé pour le traitement d’une opération.
73
80
sur la base suivante :
52
43
1 pour la bourse action France
:15
5
(quantité d’ordres de 50 000)
8.9
1.6
2 pour la bourse action étrangère
6 .8
:19
(quantité d’ordres de 20 000)
37
69
2,5 pour les obligations françaises
83
(quantité d’ordres de 20 000)
:88
0
14
Si les charges du centre opérationnel affectées à ce type d’opération s’élèvent à 10 000 000
nit
Ke
€, la quantité d’ordres pondérée est de : (50 000 x 1) + (20 000 x 2) + (20 000 x 2,5) + (10 000
G
Les coûts unitaires moyens de traitement administratif d’un ordre de bourse sont donc de :
x.c
vo
1.5 Cinquième phase : facturation des coûts d’opération aux centres de profit
initiateurs des opérations
Cette étape consiste à mettre au point des méthodes de facturation des opérations
traitées par les centres opérationnels, mais qui sont générées par les centres de profit.
Par exemple, lorsqu’un centre de profit « gestion des valeurs mobilières » passe des
ordres de bourse pour alimenter ses Opcvm, il génère, en interne, des opérations
et, par conséquent, des coûts de traitement. Le centre opérationnel « gestion admi-
nistrative des ordres de bourse » peut donc « facturer » analytiquement des charges
au centre de profit « gestion de valeurs mobilières ». Ces charges seront égales au
154
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
nombre d’ordres de bourse généré par le centre de profit, multiplié par le coût d’un
ordre de bourse.
Ainsi, la facturation des opérations aux centres de profit sur la base du nombre
d’opérations va « vider » le centre opérationnel pour ne laisser, à l’issue de cette
cinquième phase, que des coûts affectés aux centres de profit.
Cette facturation des opérations aux centres de profit peut se faire sur la base du
coût moyen réel des opérations, plus ou moins affiné, comme nous l’avons vu,
sur un exemple, en phase 4. Mais il peut se faire suivant d’autres méthodes que
le contrôle de gestion peut être amené à développer pour améliorer la perception
de la performance des centres de profit et des centres opérationnels et aussi, pour
73
80
stimuler la logique de l’instauration d’un rapport clients-fournisseurs, en interne.
52
À ce stade, c’est l’architecture du système des prix de cession interne des opérations
43
:15
qu’il s’agit de mettre en place.
5
8.9
1.6
6 .8
:19
37
2. La détermination des prix de cession interne des opérations
69
83
:88
Le système de facturation basé sur le coût moyen réel des opérations, tel qu’il a été
0
14
gestion. La première de ces difficultés tient à l’impact des variations d’activité sur
97
ra:
le coût moyen d’une opération. Cet impact peut nuire à la perception des perfor-
nit
sable de son niveau d’activité, au moins à court ou moyen terme, et où ses charges
NC
:E
Ainsi, le coût moyen réel d’un ordre de bourse peut considérablement varier pour
vo
lar
ordre de bourse peut être particulièrement bas, dans le cas où le niveau d’activité
w.
ww
est élevé. En revanche, à la suite d’un krach boursier, le nombre d’ordres peut dimi-
nuer brutalement sans que les charges – notamment les effectifs de traitement – ne
diminuent en proportion. Les coûts unitaires risquent donc d’augmenter forte-
ment, passant parfois du simple au double, sans que les responsables de centres de
traitement et, encore plus, les responsables de centres de profit ne puissent avoir la
maîtrise de ces évolutions et donc des coûts unitaires réels d’opération.
Pour cette raison, des prix de cession internes fondés sur le calcul d’un coût moyen
réel d’opération, même si ceux-ci ont une signification économique fondamen-
tale – ils reflètent les conditions globales de fonctionnement de l’entité pendant
la période – ne sont pas suffisants sur le plan du contrôle de gestion, car ils ne
permettent pas de conduire un suivi fin et réaliste des performances internes obte-
nues sur le plan de la gestion des moyens et des ressources.
D’autres familles de méthode (v. Figure 5.2) ont été développées en contrôle de
gestion pour affiner la détermination des prix de cession interne des opérations
facturées aux centres de profit : la méthode des coûts standards, la plus répandue ;
la méthode des coûts de marché, plus délicate à mettre en œuvre mais qui peut
155
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
Les coûts standards peuvent être définis comme des coûts prévisionnels, déterminés
dans un contexte de fonctionnement « normal » du centre de responsabilité, en
particulier de son niveau d’activité mais aussi des prix d’acquisition des ressources
73
80
et du niveau de productivité du centre. Ils constituent une norme à respecter pour
52
43
une période donnée.
:15
5
8.9
La technique la plus courante de détermination des standards consiste à
1.6
établir, lors de la mise en place du budget annuel, des prévisions de volume d’opé-
6 .8
rations par centre opérationnel, en accord avec toutes les entités « clientes » de
:19
37
ces centres. Chaque responsable de centre opérationnel établit alors un budget de
69
fonctionnement, incluant les frais de personnel, adapté au niveau prévisionnel de
83
:88
production d’opérations qui lui est demandé. Le coût unitaire standard d’opéra-
0
14
tion est alors obtenu en divisant les charges globales du centre opérationnel par le
56
69
Ke
les années précédentes avec le coût standard obtenu par division entre les charges et
G
NC
coût standard « ajusté ». Cette méthode peut cependant ne pas donner des chiffres
om
x.c
très significatifs si les coûts opératoires constatés sont très différents d’une année
vo
sur l’autre.
lar
ho
sc
ww
temps réels d’opération. Cela nécessite que soit établie une « gamme opératoire »
qui formalise l’enchaînement des tâches élémentaires nécessaires au traitement
d’une opération. Un temps d’exécution est déterminé pour chaque tâche élémen-
taire. La mesure de ces temps peut être faite à partir de chronométrages, souvent
mal perçus par le personnel des banques et des établissements financiers, qui leur
préfèrent des méthodes plus participatives, à base d’entretiens et d’estimations
directs sur les tâches concernées par la mesure. Un coût de l’heure effective de
travail, tenant compte des congés, maladies et autres indisponibilités, est ensuite
calculé au niveau de chaque centre de responsabilité. Le coût standard des tâches
élémentaires peut alors être obtenu en multipliant les temps élémentaires par le
coût effectif de l’heure. L’agrégation du coût des tâches élémentaires donne ensuite
le coût global standard de l’opération. La détermination des prix de cession peut
alors être plus précise.
156
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
souvent plus diffuses, plus liées entre elles et donc moins décomposables en tâches
élémentaires systématiques, que ce n’est le cas dans l’industrie.
Quelle que soit la technique d’élaboration des standards qui aura été retenue, cette
méthode permet au contrôle de gestion de réaliser un certain nombre d’analyses
pertinentes. La méthode des coûts standards permet en effet, dans une industrie
marquée par des charges fixes très élevées, de pouvoir suivre les performances de
gestion – productivité, efficience – sans que celles-ci ne soient brouillées par les
effets mécaniques induits sur les coûts par les variations d’activité. D’autre part,
l’analyse des écarts entre coûts réels et coûts standards permet de fixer en perma-
nence un cadre de référence pour les actions correctives à conduire par le respon-
sable du centre d’activité.
73
80
52
43
:15
5
8.9
1.6
6 .8
:19
37
69
83
:88
0
14
56
69
97
ra:
nit
Ke
G
NC
:E
om
x.c
vo
lar
ho
sc
w.
ww
157
« Fournisseurs » « Clients »
d’opération du centre opérationnel
Centre Centre
opérationnel Facturation de profit
Base possible
w
de tarification
Traitement Quel est lewwprincipe
.sc
retenu « Consommateurs » des clients finaux
158
ho
pour la détermination
des opérations lar du prix et initiateurs
de cession interne desvoopérations
x.c des opérations
om
1. Coût réel ? :E
NC
G
2. Coût standard ? Ke
nit
3. Coût de marché ? ra:
97
69
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
4. Coût marginal ? 56
14
5. Coût partiel ? 0:8
88
36
6. Coût variable / fixe ? 93
7:1
7. Coût cible ? 96
81 .
.68
.95
Exemple. Un centre de traitement des chèques prévoit de traiter 1 000 000 de chèques
pour des charges prévisionnelles de 1 000 000 d’euros, soit un coût standard de 1 euro
par chèque pour la période considérée.
À l’issue de la période, les charges globales du centre s’élèvent à 900 000 euros pour un
traitement de 800 000 chèques, ce qui établit le coût réel de traitement du chèque à
1,125 euro pour la période.
Le centre de traitement des chèques va facturer aux centres de profit, conformément à
la méthode des coûts standards, un total de : 1 € x 800 000 = 800 000 € pour la période
considérée.
Il va, sur le plan comptable, rester à la charge du centre de traitement une charge de :
73
+ charges réelles 900 000 €
80
52
43
– charges facturées 800 000 €
:15
5
8.9
= coût de sous-activité 100 000 €
1.6
Cette charge de 100 000 euros correspond en effet à la sous-activité du centre de traitement
6 .8
:19
qui n’a pas travaillé suivant le niveau d’activité prévisionnel. Cependant, la baisse de 20 % du
37
nombre de chèques par rapport à ce qui avait été projeté ne s’est traduite que par une baisse
69
83
de 10 % seulement des charges globales. Cela signifie donc que la productivité du centre
:88
s’est détériorée. Les raisons de cette détérioration devront être justifiées par le responsable
0
14
(par exemple : impossibilité de réduire les effectifs permanents pour des raisons de seuil de
56
69
L’utilisation de cette méthode des coûts standards permet également de ne pas faire
NC
ce qui permet de mieux cerner la performance des centres de profit et d’éviter ainsi
x.c
vo
des frictions entre ces derniers et les centres de traitement des opérations. En négo-
lar
ciant les volumes de production d’un commun accord, les responsables des centres
ho
sc
Enfin, la méthode des coûts standards permet d’accélérer la sortie des résultats par
centre de profit en cours d’année. En effet, les standards étant fixés en principe
pour une période annuelle, ils autorisent des valorisations rapides de l’activité enre-
gistrée en cours d’année. En fin d’année, le rapprochement avec les coûts réels peut
être utilisé pour réactualiser les standards s’il y a lieu.
Il faut veiller également, en cours d’année, à ce que les écarts entre charges réelles et
charges facturées aux centres de profit sur la base du coût standard d’opération, ne
soient pas affectés à un centre de frais neutralisé du type « autres charges ». Pour que
la méthode des coûts standards de cession soit pleinement efficace sur le plan du
contrôle de gestion, elle doit en effet permettre de conduire des analyses d’écart. Par
conséquent, la différence entre les charges réelles du centre opérationnel et les charges
réparties sur les centres de profit à l’aide des coûts d’opération doit être réintroduite
soit en l’imputant au centre de traitement concerné dont la performance se verra ainsi
mesurée par un « résultat », positif ou négatif ; soit en la répartissant en fin d’année
sur les centres de profit en une sorte de « coût additionnel », s’il s’agit d’un coût de
sous- activité ou de « recettes additionnelles » s’il s’agit d’un boni de suractivité.
159
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
La fixation d’un prix de cession interne des opérations peut également se faire par
rapport à un « prix de marché », c’est-à-dire par rapport aux références de coûts prati-
qués dans les autres établissements du secteur d’activité. Cette méthode a l’avantage
d’être très dynamisante pour les centres de responsabilité qui sont ainsi confrontés
en interne aux données de la concurrence. La limite de la méthode tient, bien sûr,
aux possibilités d’obtention d’informations permettant des comparaisons de coûts
qui soient pertinentes entre établissements, tant les principes de calcul, de découpage
analytique et les conventions de répartition peuvent différer d’une banque à l’autre.
Cette méthode de fixation des prix de cession interne, sur la base des prix du
73
80
marché, est fréquemment utilisée dans l’industrie et pourrait se diffuser dans les
52
43
banques et les établissements financiers.
:15
5
8.9
Une variante de cette méthode, d’ores et déjà utilisée par certains établissements,
1.6
consiste à aligner les prix de cession interne sur ceux de sous-traitants potentiels
6 .8
pour certains types d’activité. Mais là encore, une certaine prudence est néces-
:19
37
saire dans l’interprétation des propositions qui sont faites par les sous-traitants, le
69
facteur coût n’étant pas toujours l’élément déterminant d’une prestation.
83
:88
0
14
56
69
97
Les coûts marginaux peuvent être définis comme les coûts additionnels déclenchés
G
NC
On peut illustrer le mécanisme des coûts marginaux à partir d’un exemple simple :
160
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
soit 5 % dans cet exemple. Cet accroissement du nombre de dossiers n’aura donc probablement
pas d’effet significatif en vitesse de croisière, sur la structure du centre administratif. Cela signifie
que cette activité supplémentaire ne va pas générer de charges fixes supplémentaires. La
structure en place : personnel, locaux, équipements, permet de faire face sans problèmes à
cette nouvelle activité. Les seules charges nouvelles qui seront générées seront des charges
variables comme les charges de traitement informatique, les coûts d’envoi et de timbrage.
Sous ces hypothèses, on peut considérer que le coût de traitement des 50 000 dossiers
supplémentaires sera égal à l’accroissement des charges spécifiques occasionnées par cette
nouvelle activité. La limite basse de la négociation pour la prise en charge de cette activité
par la banque X peut donc être, dans le cas présent, ramenée à une estimation des charges
variables supplémentaires déclenchées par cette activité.
73
80
52
43
L’utilisation de cette méthode doit être très prudente. Jusqu’à quel pourcentage de
:15
5
l’utilisation de la capacité d’un centre de responsabilité peut-on en effet considérer
8.9
qu’une activité est marginale ? Aucune réponse générale ne peut être apportée, tout
1.6
6 .8
dépend des perspectives de conjoncture du centre de responsabilité à un instant
:19
donné. Saturer trop vite un centre de responsabilité avec des commandes prises en
37
69
marginal peut conduire à la perte d’une commande plus intéressante ou plus stra-
83
tégique quelque temps plus tard. À l’inverse, faire « tourner » un centre en accep- :88
0
tant pendant un certain temps un pourcentage significatif d’activités marginales,
14
56
Dans une industrie où la plupart des coûts sont fixes, le raisonnement en marginal
Ke
G
peut être très pertinent si les éléments concernant la capacité du centre de respon-
NC
Suivant cette méthode, une partie des coûts indirects, notamment ceux de structure,
ne sont pas pris en compte dans le calcul des coûts. L’avantage de la méthode est son
caractère dynamique : le responsable d’un centre a la main sur l’ensemble des charges
qui concourent au calcul de ses coûts unitaires, y compris sur les charges de support,
qu’il doit, en toute logique, pouvoir négocier en prix et en volume. La lisibilité de la
performance s’en trouve accrue et les calculs relatifs au classement des rentabilités des
activités ou des produits sont plus « objectifs » que lorsque ces calculs sont réalisés
en coût complet. Néanmoins, les mesures en coût complet, qu’ils soient standards
ou réels, restent nécessaires, ne serait-ce que pour les besoins de la tarification, de la
consolidation comptable ou du benchmarking avec la concurrence : les coûts partiels
ne peuvent se substituer entièrement aux coûts complets.
161
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
variables) des charges liées à la capacité et à la période (les charges fixes). Cette
méthode est particulièrement utile pour appréhender les effets de variation de
volumes d’activité sur les coûts unitaires. Or, la connaissance de ces effets sur les
coûts unitaires est très pertinente pour la prise de décision. Par exemple, en cas
de sous-activité, un service peut faire des offres de prestations à des coûts plus bas
afin de saturer ses capacités et de parvenir ainsi à un meilleur coût unitaire fixe, ce
qui améliore ses performances1. Dans une logique de coût complet réel, le service
aurait au contraire répercuté la sous-activité en une hausse des prix unitaires, ce
qui, en retour, aurait contribué à diminuer la demande adressée et, par conséquent,
contribué à augmenter à nouveau le prix unitaire, dans une spirale négative.
Cette distinction entre coûts fixes et coûts variables correspond au plus près de la
73
80
modélisation économique et est très utilisée dans l’industrie. Ce n’est pas encore le
52
43
cas dans le secteur bancaire, en raison de difficultés techniques d’appréhension des
:15
critères de variabilité des charges.
5
8.9
1.6
6 .8
:19
37
2.6 Méthode des coûts cibles
69
83
Il ne s’agit pas là véritablement d’une méthode de calcul des coûts. C’est en fait :88
0
14
en est le suivant :
97
ra:
est une donnée issue des études de marketing. Le coût cible est déduit par soustrac-
x.c
vo
tion des deux données. Les opérations doivent alors être organisées ou réorganisées
lar
ho
pour tenir l’objectif de coût. Ce type d’approche accompagne de plus en plus les
sc
w.
Cette méthode consiste à utiliser les activités d’un centre de responsabilité comme
interfaces entre les ressources et les objets de coût, tel que représenté dans la
figure 5.3. On crée ainsi un nouvel objet en comptabilité analytique : l’activité.
162
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
Inducteurs Inducteurs
de ressources de coût
73
80
L’activité est définie comme une combinaison de personnes, de technologies et
52
de méthodes permettant la réalisation d’un produit ou d’une prestation donnée.
43
:15
Les ressources consommées par un service (personnel, équipements, locaux) sont
5
8.9
allouées par des « inducteurs de ressources » aux différentes activités réalisées par
1.6
ce service. Enfin, des « inducteurs de coûts » sont déterminés pour pouvoir allouer
6 .8
:19
les coûts des activités aux objets de coûts (produits, entités). Ces deux types d’in-
37
ducteurs se substituent aux unités d’œuvre ou aux clés de répartition utilisées dans
69
83
la comptabilité analytique conventionnelle. Cette méthode ABC est encore peu
diffusée dans le secteur bancaire : elle est particulièrement complexe à mettre en :88
0
14
œuvre et doit être couplée avec une approche de management faisant une large
56
69
Les méthodes les plus utilisées restent cependant celle du coût standard et celle du
coût moyen complet réel. Le choix de la méthode s’impose en fonction des objec-
tifs recherchés, des contraintes d’organisation de la banque et de son système d’in-
formation. Mais, de plus en plus, il est possible de recourir à plusieurs méthodes
en fonction des besoins d’analyse et de décision des différents interlocuteurs. Ainsi,
(2) Cette formalisation est issue de l’article « Connaître les coûts opérationnels : de la théorie à la pratique »,
M. Rouach, Revue Banque, n° 596, oct. 1998.
163
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
en matière de tarification, la méthode des coûts variables / coûts fixes, voire, quand
cela est possible, celle des coûts de marché ou des coûts cibles, peut s’avérer plus
pertinente que celle des coûts standards. De même, la méthode des coûts margi-
naux peut être utile dans certaines circonstances ce qui n’exclut pas de disposer d’un
suivi permanent en coût complet. La limite à cette diversité réside dans les possibi-
lités de traitement de l’information et les coûts induits par leur mise en place. Elle
réside aussi dans la compréhension des informations restituées aux responsables
d’entité : ces derniers doivent être en mesure d’interpréter les nuances issues des
différents calculs, ce qui nécessite un certain apprentissage.
73
80
52
43
:15
5
8.9
1.6
6 .8
:19
37
69
83
:88
0
14
56
69
97
ra:
nit
Ke
G
NC
:E
om
x.c
vo
lar
ho
sc
w.
ww
164
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
Annexe 1
Étude de cas n° 3
sur la détermination des charges
par centre de responsabilité
et le calcul des coûts d’opération
73
80
52
La Banque ABC possède un « centre de traitement des titres » qui traite toutes les
43
:15
opérations sur titres initiées par le réseau ou les salles de marché situées au siège.
5
8.9
Nous allons procéder à la détermination des charges du centre et au calcul des
1.6
coûts d’opération.
6 .8
:19
Le centre de traitement est organisé en cinq services, qui ont été identifiés comme
37
69
cinq centres de responsabilité :
83
:88
un service de « conservation », chargé de la tenue des comptes titres de la
0
14
56
clientèle ;
69
ra:
vo
ho
165
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
• Centres de structure
73
80
– Direction 25 2 500
52
43
– Comptabilité / contrôle de gestion /
:15
administration 25 4 000
5
8.9
1.6
Sous-total 50 6 500
6 .8
:19
• Centres de support
37
69
– Informatique 50 5 000
83
– Services généraux 50 6 000
:88
0
(y compris loyer)
14
56
69
c) Répartition des charges des centres de structure et de support sur les centres
:E
om
opérationnels
x.c
vo
Suivant le manuel des conventions analytiques, les clés de répartition entre centres
lar
ho
166
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
On peut alors obtenir le tableau des charges affectées aux centres opérationnels :
73
80
– Opcvm 2 000 + 361 + 636 + 600 3 597
52
– OST 12 000 + 1 805 + 954 + 1 499 16 258
43
5 :15
8.9
Sous-total 39 500 + 5 778 + 5 725 + 5 997 57 000
1.6
6 .8
• Centres
:19
de structure
37
69
– Direction 2 500 - 2 500 0 0 0
83
– Comptabilité / 4 000 - 4 000 0 0 0
:88
0
contrôle de gestion
14
56
/ administration
69
97
ra:
• Centres
G
NC
de support
:E
0
om
(y compris loyer)
lar
ho
sc
167
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
73
80
• Bourse :
52
43
Coût d’une ligne de traitement de bourse 10 155 2 000 000 5,077
:15
(réception / livraison / comptabilisation)
5
8.9
1.6
• Opcvm :
6 .8
Coût d’une ligne d’Opcvm 3 597 1 500 000 2,398
:19
37
• OST :
69
83
Coût d’une ligne OST 16 258 10 000 000 1,626
:88
0
14
56
e) Coûts de « sous-opération »
69
97
ra:
Les coûts unitaires ci-dessus ne sont pas tous homogènes. En effet, une opération
nit
Coefficient Coût
Coût Nombre
de unitaire
total de lignes
pondération en euros
• Coût moyen d’une ligne de bourse 10 155 2 000 000 5,077
• Coût moyen d’une ligne :
– de bourse France
action au porteur 800 000 1 2,094
– de bourse France
action au nominatif 200 000 3 6,282
– de bourse France
obligation au porteur 500 000 2 4,188
– de bourse France
obligation au nominatif 50 000 4 8,376
– de bourse actions
ou obligations internationales 450 000 5 10,47
168
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
73
80
Coupons 12 000 3,983 47 796
52
43
Bourse 6 000 5,077 30 462
:15
Opcvm 3 000 2,398 7 194
5
8.9
OST 3 000 1,626 4 878
1.6
6 .8
Charges totales 103 596
:19
37
69
83
Les recettes correspondant à ces coûts d’opération seront, bien entendu, attri-
:88
buées également à l’agence X : les droits de garde, qui rémunèrent la conservation
0
14
56
des titres, les commissions de bourse, les droits d’entrée et / ou de sortie pour les
69
169
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
Annexe 2
Étude de cas n° 4
sur le calcul des charges de l’agence
de la Banque MaRGeN
73
80
1. Cette agence, dont nous avons calculé le PNB en annexe 2 du chapitre 4, est
52
l’un des centres de profit de la Banque MaRGeN qui a un centre de traitement
43
:15
des dossiers d’engagement composé de trois centres opérationnels :
5
8.9
1.6
1. Service des crédits de fonctionnement.
6 .8
:19
2. Service des crédits d’investissement.
37
69
83
3. Service des engagements hors bilan (cautions).
:88
0
14
tariat général.
ra:
nit
Ke
1. Centres opérationnels
ho
170
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
Le secrétariat général se répartit au prorata des surfaces utiles soit 40 % pour les
crédits de fonctionnement, 30 % pour les crédits d’investissement, 10 % pour les
engagements hors bilan et 20 % pour l’informatique.
Quelles sont les charges des centres opérationnels après répartition
des centres de support et de structure ?
73
80
Crédits d’investissement : 14 187.
52
43
Cautions : 112 030.
:15
5
8.9
Quel est le coût unitaire moyen complet de chaque type de dossier ?
1.6
6 .8
3. Ces coûts unitaires servent à valoriser les prestations entre les centres
:19
37
opérationnels et les centres de profit : les centres opérationnels sont rémunérés
69
83
sur la base de ces coûts réels et du nombre de dossiers réellement traités alors
:88
que les centres de profit enregistrent les charges correspondantes en frais géné-
0
14
L’agence a également des frais généraux directs de 10 000 000 euros pour l’année.
G
NC
:E
et s’en étonne.
Le contrôleur de gestion du centre propose alors de modifier la clef de répartition :
10 % des charges du secrétariat général sont imputées à la direction du centre, les
90 % restants étant répartis selon l’ancienne clef.
Comment évoluent les charges des centres opérationnels après cette nouvelle
répartition des centres de support et de structure ?
171
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
Répartition Répartition
Charges Répartition
centre de secrétariat Total
directes informatique
structure général
1. Centres opérationnels
73
• Crédits de
80
52
fonctionnement 72 000 + 5 250 + 5 100 + 18 700 101 050
43
:15
• Crédits
5
d’investissement 57 000 + 4 500 + 3 825 + 5 610 70 935
8.9
1.6
• Engagements
6 .8
hors bilan 48 000 + 3 000 + 1 275 + 3 740 56 015
:19
37
Sous-total 177 000 + 12 750 + 10 200 + 28 050 228 000
69
83
:88
2. Centres de support 14
0
• Informatique
24 000 + 1 500 + 2 550 - 28 050
56
• Secrétariat général
69
3. Centres de structure
G
NC
• Direction du centre
:E
des engagements
vo
lar
a) Crédits de fonctionnement
Nombre de dossiers : 101 050
Coût global du centre : 101 050 000 €
Coût unitaire moyen complet = 101 050 000 / 101 050 = 1 000 €
b) Crédits d’investissement
Nombre de dossiers : 14 187
Coût global du centre : 70 935 000 €
172
5 – Le caLcuL deS chargeS Par centre de Profit et deS coûtS d’oPération
c) Cautions
Nombre de dossiers : 112 030
Coût global du centre : 56 015 000 €
73
a) Coûts opérationnels (frais généraux indirects)
80
52
= Nombre de dossiers x coût standard par dossier.
43
:15
5
8.9
Coût réel Nombre Coût opérationnel
1.6
6 .8
unitaire de dossiers global
:19
• Crédits de fonctionnement 1 000 1 500 1 500 000
37
69
• Crédits d’investissement 5 000 400 2 000 000
83
:88
• Cautions 500 1 250 14
0 625 000
Total 3 150 4 125 000
56
69
97
ra:
nit
10 000 000 €
:E
om
x.c
= 14 125 000 €
w.
ww
173
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
x = 16 281 407 €
y = 12 814 070 €
73
de support.
80
52
43
:15
5
8.9
1.6
6 .8
:19
37
69
83
:88
0
14
56
69
97
ra:
nit
Ke
G
NC
:E
om
x.c
vo
lar
ho
sc
w.
ww
174
(en milliers d’euros)
175
Total général 228 000 000 ho 0 0 0 228 000 000
lar
vo
x.c
om
:E
NC
G
Ke
nit
ra:
97
69
56
14
0:88
83
69
37
:19
6 .8
1.6
8.9
5 :15
43
52
80
73
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
73
80
52
43
:15
5
8.9
1.6
6 .8
:19
37
69
83
:88
0
14
56
69
97
ra:
nit
Ke
G
NC
:E
om
x.c
vo
lar
ho
sc
w.
ww
176
Chapitre 6
73
80
52
43
:15
5
8.9
1. Calcul des résultats par centre de profit ................................................... 178
1.6
6 .8
2. Exemple de présentation de résultats par centre de profit ......................... 180
:19
37
69
3. Précautions à prendre en matière de rentabilité par centre de profit ......... 182
83
3.1 Simplicité et adaptabilité du système de suivi des rentabilités :88
0
14
177
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
Dès lors qu’un PNB et des charges spécifiques ont pu être déterminés par centre
de profit, il devient possible de produire un résultat ainsi que des niveaux de marge
par centre de profit. Un suivi de gestion et des analyses de rentabilité peuvent alors
être effectués au niveau de ces centres.
73
80
tion des responsables, que ceux-ci puissent bien distinguer les charges et les recettes
52
43
qui sont sous leur maîtrise de celles qui leur sont affectées par le jeu des répartitions
:15
analytiques, en particulier celles issues de répartitions conventionnelles, comme les
5
8.9
charges de structure.
1.6
6 .8
La figure 6.1 permet de bien séparer les éléments maîtrisables au niveau du centre
:19
37
de profit, des éléments qui ne sont pas maîtrisables.
69
83
:88
0
14
PNB Charges
56
69
Produit Charges
97
ra:
net propres
nit
bancaire
Ke
Coûts
G
NC
d’opérations
:E
om
x.c
Charges
• Marges
vo
de
lar
sur
support
ho
intérêt
sc
w.
ww
Charges
de
• Commissions (a) structure
Provisions
• Autres éléments (b)
Éléments divers
(c)
Impôts
Légende :
( a ) Contribution sur charges propres ( c ) Résultat brut d’exploitation
( b ) Contribution sur charges propres et sur coûts d’opérations ( d ) Résultat net
178
6 – réSuLtatS Par centre de Profit et ratioS de geStion
Ce schéma met en évidence plusieurs niveaux de marge liés au degré de maîtrise des
charges par le responsable du centre.
73
- Charges propres du centre de profit
80
52
43
= Contribution sur charges propres du centre
:15
5
8.9
1.6
b) La contribution sur charges propres et sur coûts d’opération
6 .8
:19
Les coûts d’opération facturés par les centres opérationnels sont retranchés du
37
69
niveau de marge précédent. Ces coûts d’opération peuvent être facturés suivant des
83
coûts réels moyens, des coûts standards ou des coûts de marché. La formation de:88
0
ces coûts, issus des centres opérationnels, n’est pas maîtrisable au niveau des centres
14
56
un système de prix standard a été mis en place, le centre de profit ne subira pas les
nit
Ke
effets des variations d’activité sur la formation des coûts issus des centres opération-
G
NC
179
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
d) Résultat net
Enfin, un certain nombre de postes comptables et fiscaux, en général non maîtrisés
73
au niveau de la gestion du centre de profit, sont retranchés du RBE pour parvenir
80
52
au résultat net. Ces postes sont des dotations et reprises de provisions, des pertes
43
et profits divers, et des impôts. Pour ces différents postes, l’affectation peut être
:15
5
soit directe – cas des pertes et profits ou, le plus souvent, des dotations et reprises
8.9
1.6
de provisions – soit issue d’une répartition conventionnelle – cas des impôts en
6 .8
général.
:19
37
+ Produit net bancaire
69
83
- Charges propres du centre
:88
0
- Coûts d’opération facturés
14
56
Le compte d’exploitation analytique ainsi obtenu peut être comparé avec celui de la
:E
même période de l’année précédente ainsi qu’avec les objectifs de l’année en cours,
om
x.c
La somme de tous les résultats des centres de profit de la banque pourra égale-
sc
ment être comparée avec le résultat comptable. Les écarts entre les deux résul-
w.
ww
tats devront être retrouvés par le biais des différences d’incorporation des charges,
issues de la prise en compte de charges « supplétives », de l’exclusion de charges
« non incorporables », et des abonnements de charges qui ont pu être pratiqués.
180
6 – réSuLtatS Par centre de Profit et ratioS de geStion
73
80
52
Le compte de résultat analytique de l’agence peut alors être présenté de la façon
43
:15
suivante :
5
8.9
1.6
6 .8
Cumul Cumul année Variation Variation
:19
année en précédente en montant en %
37
cours (1) (2) (1) – (2) = (3) (3) / (2) = (4)
69
83
:88
Produit net et bancaire
267,5 250 + 17,5 +7
0
• Marge sur capitaux euros
14
56
• Commissions
97
ra:
Ce compte de résultat montre une nette amélioration des marges entre les deux
périodes. Le résultat net est passé de 11,4 millions d’euros à 27,9 millions d’euros
par rapport à la même période de l’année précédente, soit une progression de près
de 145 %. Cette amélioration est due à la bonne progression du PNB (+ 11,03 %)
et notamment des commissions (+ 22,22 %) ainsi qu’à une progression limitée des
181
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
73
3. Précautions à prendre en matière de rentabilité
80
52
par centre de profit
43
:15
5
8.9
La mise en place d’un système de production de résultats par centre de profit constitue
1.6
un élément primordial du suivi de la décentralisation et de la motivation des respon-
6 .8
sables opérationnels. Un certain nombre de précautions doivent cependant être prises
:19
37
pour éviter les effets pervers qui peuvent limiter l’intérêt de la méthode.
69
83
:88
0
14
très lourd et très complexe. C’est le cas lorsqu’un nombre exagéré de centres
G
NC
Calculer des résultats de plus en plus précis génère des lourdeurs importantes dans
lar
ho
détail souhaitable compte tenu des objectifs poursuivis, mais aussi des contraintes
de traitement et de présentation, primordiales pour l’usage du système par les
opérationnels.
La complexité de traitement peut également retarder les délais de sortie des états
comptables analytiques, ce qui est préjudiciable à l’analyse et au suivi de la gestion
des centres de responsabilité. Des comptes de résultat trimestriels par centre de
profit qui sont diffusés deux mois, voire trois mois après la fin du trimestre, ont
perdu leur pertinence aux yeux du responsable de centre. Enfin, la complexité rend
plus difficile l’adaptation des méthodes de calcul et de traitement aux changements
de structure de l’entreprise.
Les résultats par centre de profit agrègent les conséquences de décisions à la fois
passées et présentes. Comment peut-on démêler les conséquences des décisions
182
6 – réSuLtatS Par centre de Profit et ratioS de geStion
73
80
à la durée moyenne des crédits octroyés. La marge sur encours, représentée par les
52
43
intérêts reçus de la clientèle auxquels sont retranchés les agios liés au refinancement,
:15
sera donc constituée en grande majorité par les marges sur productions anciennes et,
5
8.9
de façon très minoritaire, par les marges sur production nouvelle.
1.6
6 .8
Si les marges anciennes étaient fortes alors que celles de la nouvelle production
:19
37
sont faibles, la marge sur encours va néanmoins rester bonne pendant la période
69
considérée et masquer ainsi la mauvaise performance actuelle. Selon ce système, un
83
directeur d’agence fraîchement nommé peut donc prendre de mauvaises décisions:88
0
14
tout en montrant une bonne performance si les décisions de ses prédécesseurs ont
56
69
plus faibles que celles de la nouvelle production, il faudra un temps assez long pour
ra:
nit
Ainsi, pour une activité de crédit à moyen et long terme, l’inertie d’une marge sur
om
x.c
encours est telle que l’appréciation actuelle de la performance d’un centre de profit
vo
est délicate. Pour pallier cette difficulté, il est donc souhaitable de compléter la
lar
ho
crédit du centre de profit. Pour un crédit donné, sera prise en compte la marge de
ww
l’année de production, mais aussi la marge générée pendant toute la durée de vie de
ce crédit ainsi que tous les coûts – mise en place, gestion, amortissement, etc. – y
afférents. Cette technique sera étudiée plus en détail dans le chapitre traitant de la
« rentabilité par produit ».
Le résultat brut d’exploitation d’un centre de profit dépend, pour une partie signi-
ficative, des modes de répartitions des charges indirectes qui ont été adoptés. Ces
répartitions peuvent compter pour près de la moitié du total des charges retenues
dans le compte de résultat d’un centre de profit. Aussi, ce résultat est-il particuliè-
rement sensible aux conventions analytiques qui sont employées pour répartir les
charges indirectes, en particulier les charges de structure et de support.
De même, la détermination du PNB est liée au choix d’une méthodologie de calcul
qui influence fortement le résultat.
183
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
Aussi, pour que les résultats déterminés par centre de profit soient bien compris
par les opérationnels et utilisés par eux comme élément de suivi et d’analyse de
leur gestion, il est important que toutes les conventions de répartition, de traite-
ment et de calcul fassent l’objet de discussions entre les parties intéressées. À l’issue
de ces discussions, un manuel récapitulatif des principes retenus, le manuel des
conventions analytiques, doit être établi pour être diffusé et retenu comme base
contractuelle du fonctionnement de la comptabilité de gestion interne. Il est
en effet vital que celle-ci ne fasse pas l’objet d’une contestation permanente par
les utilisateurs, détruisant ainsi tout l’intérêt du système mis en place. Enfin, pour
tenir compte des changements de structure, de stratégie ou de produit, ce manuel
des procédures analytiques doit être mis à jour régulièrement, de façon concertée.
73
80
52
43
3.4 Relativiser les chiffres diffusés
:15
5
8.9
Un résultat de gestion n’a de signification que relative. Ce n’est que par les compa-
1.6
6 .8
raisons qui sont faites dans la durée, au niveau d’un centre, ou avec d’autres centres,
:19
que les chiffres diffusés acquièrent une véritable signification. La présentation des
37
résultats doit tenir compte de cette dynamique, et pour cela, être reliée à des données
69
83
passées – les résultats de la même période de l’année précédente – et à des données
:88
0
prévisionnelles – les objectifs retenus pour la période considérée. Le cas échéant,
14
56
la diffusion des résultats obtenus par des centres de profit comparables – peuvent
97
ra:
Enfin, le résultat de gestion ne doit pas être le seul critère d’appréciation de la performance
NC
d’un centre de profit. D’autres critères, aussi bien quantitatifs – volume de production
:E
om
de la performance tirée d’un compte de résultat. C’est là le rôle des tableaux de bord qui
w.
ww
Ces ratios sont suivis de façon très attentive par les directions générales. Le ratio
principal s’exprime sous la forme du rapport : résultat net / fonds propres. Il traduit
(1) Une étude plus complète de ces ratios est présentée au chapitre 11.
184
6 – réSuLtatS Par centre de Profit et ratioS de geStion
73
80
propres supplémentaires accordés à un centre de profit ou à une activité donnée.
52
43
:15
Le calcul de ce ratio de rentabilité est complexe quand on souhaite l’appliquer aux
5
8.9
centres de profit. On se heurte en effet au problème de la détermination des fonds
1.6
propres qui leur sont affectés. Seuls sont connus, de façon réelle, les fonds propres
6 .8
:19
globaux de l’entreprise. L’allocation de fonds propres par centre de profit ne peut
37
donc se dérouler que par une répartition, à l’aide de conventions, des fonds propres
69
83
globaux de l’entreprise.
:88
0
14
Dans la pratique, des besoins en fonds propres peuvent être calculés par centre de
56
profit de manière à couvrir les risques engendrés par l’activité du centre. L’un des
69
97
principaux risques lié à l’activité bancaire et financière est le risque de crédit. Les
ra:
nit
fonds propres couvrant ce risque peuvent être mesurés à l’aide du ratio de solva-
Ke
bilité qui a le mérite d’être universellement connu et appliqué. Les autres risques
G
NC
doivent aussi être suivis pour être couverts par des fonds propres, tels que le risque
:E
om
L’addition des besoins en fonds propres, nécessaires pour couvrir tous les risques
lar
ho
de tous les centres de profit, peut parfois être supérieure aux fonds propres globaux
sc
w.
réels de la banque. Dans ce cas, un coefficient de réduction des fonds propres peut
ww
être appliqué aux centres de profit afin de tenir compte de cette « insuffisance » en
fonds propres réels.
Parallèlement au suivi synthétique des besoins en fonds propres, des ratios plus
proches des opérations peuvent être suivis par centre de profit : les ratios de
rentabilité, les ratios de productivité et les ratios de suivi des risques crédit.
Ils peuvent prendre plusieurs formes suivant les priorités stratégiques du moment.
Les plus courants sont :
Le ratio de profitabilité, résultat net / PNB, mesure la capacité relative du
centre de responsabilité à générer du profit par les caractéristiques de son activité
courante (niveau de l’activité, conditions de négociation commerciale, niveau des
charges).
185
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
73
au PNB divisé par les actifs gérés. C’est un ratio très utilisé dans les métiers de
80
banque privée ou de gestion d’actifs.
52
43
:15
Enfin, le ratio de marge nette globale, résultat net / total du bilan ou résultat
5
8.9
net / encours moyen de crédit, mesure le niveau de marge atteint par la banque ou
1.6
par le centre de profit après la prise en compte des frais généraux et des provisions.
6 .8
:19
37
69
83
4.3 Les ratios de productivité
:88
0
14
56
Ces ratios permettent un suivi rapproché des conditions d’obtention des recettes
69
97
et du PNB.
ra:
nit
On peut ainsi calculer le ratio de charges sur encours moyen de crédit qui donne
Ke
G
une indication générale du niveau des charges « consommées » par une entité
NC
:E
– centre de profit, banque – pour générer le niveau d’activité obtenu. Ce ratio peut
om
être complété par le calcul du PNB / effectif moyen qui mesure l’équivalent du
x.c
vo
chiffre d’affaires généré par salarié, ainsi que par le calcul de l’encours moyen de
lar
La mesure du risque crédit est cruciale dans l’activité bancaire car son niveau
affecte considérablement la rentabilité des opérations. De bonnes marges à court
terme, négociées sur des projets ou des clientèles à forte probabilité de contentieux,
peuvent se révéler désastreuses à moyen et long terme !
Parmi les ratios les plus utilisés par la profession, on peut mentionner le ratio des
encours contentieux sur l’encours global de crédit qui est une mesure instantanée
de la part des clients « à problème » par rapport à l’ensemble du portefeuille d’encours
géré par l’entité (centre de profit ou banque dans son ensemble). Sont également
utilisés les ratios de dotations aux provisions sur l’encours moyen global de crédit
ou sur l’encours moyen de crédits contentieux qui fournissent une indication de
l’effort de provisionnement réalisé par l’entité sur la période de calcul considérée.
Enfin, le ratio stock (ou encours) de provisions / encours de contentieux mesure
le niveau global de couverture par des provisions des « actifs compromis ».
186
6 – réSuLtatS Par centre de Profit et ratioS de geStion
Annexe
73
80
résultat de l’année après prise en compte des éléments calculés dans les études de
52
43
cas n° 2 (v. Chapitre 4) et n° 4 (avant prestations réciproques) (v. Chapitre 5), ainsi
:15
que des éléments suivants :
5
8.9
1.6
la dotation nette aux provisions est égale à 0,2 % de l’encours des crédits de
6 .8
:19
37
aucune dotation n’est prévue pour les engagements hors bilan ;
69
le taux d’imposition sur les sociétés est de 30 % ;
83
le rendement des fonds propres promis par le président de MaRGeN à ses :88
0
14
a) Coefficient d’exploitation.
sc
w.
ww
187
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
73
80
52
Coût du risque - 3 603 000 €
43
:15
(= 0,2 % x 3 000 x 100 000
5
8.9
+ 0 ,3 % x 2 002 x 500 000)
1.6
6 .8
Résultat net avant impôt 13 279 500 €
:19
37
69
Impôt (= 30% x 13 279 500) - 3 983 850 €
83
:88
0
14
2. Ratios de gestion
G
NC
:E
om
a) Coefficient d’exploitation
x.c
vo
lar
sc
b) Ratio de profitabilité
Résultat net 9 295 650 €
PNB 31 007 500 €
Ratio de profitabilité 30 %
(= Résultat net / PNB)
188
d) Ratio de marge nette globale
Résultat net 9 295 650 €
Encours moyen de crédit 1 301 000 000 €
Ratio de marge nette 0,71 %
(= Résultat net / Encours de crédit)
73
80
52
43
:15
3. Analyse de la rentabilité de l’agence
5
8.9
1.6
• En termes de profitabilité, cette agence apparaît largement bénéficiaire (près de
6 .8
:19
9,3 millions d’euros). Sa marge brute globale (2,4 %) et sa marge nette (0,7 %)
37
semblent plutôt confortables et sa productivité particulièrement élevée, comme le
69
83
montre son coefficient d’exploitation relativement bas (près de 46 %).
:88
On ne peut cependant pas tirer de conclusions sur l’évolution dans le temps de
0
14
• Sa rentabilité sur fonds propres est de 11,8 %, mais reste inférieure au niveau
nit
Ke
189
ww
w.
sc
ho
lar
vo
x.c
om
:E
NC
G
Ke
nit
ra:
97
69
56
14
0:88
83
69
37
:19
6 .8
1.6
8.9
5 :15
43
52
80
73
Chapitre 7
73
80
52
43
1. La rentabilité par produit........................................................................ 192
:15
5
1.1 L’établissement de la nomenclature des produits ..................................... 192
8.9
1.6
1.2 Détermination des charges et des recettes par produit ou service
6 .8
:19
et le calcul des marges............................................................................. 193
37
69
1.3 Marges par produit et analyse de la rentabilité ........................................ 195
83
1.4 L’utilisation des rentabilités produit pour la mise au point :88
0
14
191
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
73
80
52
Pour compléter la méthodologie d’analyse exposée aux chapitres précédents, nous
43
:15
présenterons dans ce chapitre les principes de détermination de la rentabilité des
5
8.9
produits et des clients ainsi que quelques-uns de leurs contextes d’application.
1.6
6 .8
:19
37
69
1. La rentabilité par produit
83
:88
0
14
précis sur les marges dégagées par les produits et les services commercialisés par
G
NC
l’entreprise, elle permet à cette dernière de se concentrer sur les éléments les plus
:E
om
rentables de son portefeuille d’activités. Cette connaissance des coûts de revient des
x.c
et des prestations.
sc
w.
ww
Identifier, de façon précise, les produits et les prestations commercialisés par une
banque ou un établissement financier, pose un certain nombre de difficultés. Dans
l’activité bancaire et financière, les produits sont en effet souvent liés et les
frontières entre eux sont difficiles à cerner.
(1) D’autres approches sont possibles, en particulier, la mesure des rentabilités fondée sur une prise en
compte de la valeur ajoutée par produit et par segment de clientèle (v. Chap. 12).
192
7 – LeS autreS axeS d’anaLySe deS rentabiLitéS
Ainsi, un crédit accordé à un nouveau client peut entraîner une opération de dépôt
par ce même client, puis se traduire par l’émission de chèques ainsi que par des vire-
ments de compte à compte. La banque aura alors quatre produits différents, mais
qui dépendent les uns des autres pour leur fonctionnement. L’émission de chèques
et de virements nécessite au préalable l’existence d’un dépôt. Le non-octroi du
crédit n’aurait donc pas déclenché la commercialisation des trois autres produits.
Mais l’octroi du crédit ne peut être considéré comme déclenchant nécessairement
les trois autres produits. Dès lors, comment individualiser des produits qui, mani-
festement, ne sont pas indépendants les uns des autres ? Et comment, dans ces
conditions, répartir un certain nombre de coûts, comme ceux de la publicité qui
aurait pu être engagée pour le produit de crédit spécifique, mais qui a permis de
73
vendre les autres produits ?
80
52
Pour parvenir à calculer des coûts sur des bases suffisamment homogènes, le
43
:15
contrôle de gestion a cependant besoin de repères précis lui définissant les diffé-
5
8.9
rents produits et prestations qui sont commercialisés par l’établissement et dont
1.6
on entend suivre la rentabilité au sein de l’entreprise. Le préalable à l’établissement
6 .8
:19
d’une méthodologie de calcul d’une rentabilité produit est donc la mise à jour d’une
37
nomenclature des produits et services vendus par la banque. Cette nomenclature
69
83
doit répertorier tous les produits et services commercialisés en indiquant claire-
:88
ment le niveau de regroupement que l’on retient pour le suivi des rentabilités. Par
0
14
peuvent être considérés comme deux produits distincts. Dans cette hypothèse, il est
97
ra:
Celle-ci est plus ou moins complexe suivant la nature des produits. Dans les cas
où des coûts d’opération bien identifiés sont attachés à l’existence d’un produit,
comme le coût du traitement administratif pour un chèque ou pour un ordre de
bourse action, alors la détermination des charges à affecter à ce produit est simple.
Elle consiste à multiplier le volume d’opérations induites par le produit par le
coût unitaire de chacune des opérations, suivant la méthodologie présentée au
chapitre précédent.
Cependant, dans de nombreuses situations, les coûts induits par un produit ou par
une prestation ne sont pas des coûts d’opération bien identifiés. C’est le cas de la
plupart des activités de conseil ou de service, comme l’ingénierie financière où les
prestations sont très hétérogènes (OPA, introductions en bourse, conseil) et où les
temps consacrés à ces opérations varient fortement. Deux méthodes-types peuvent
alors être utilisées pour parvenir à affecter des charges à ces prestations :
un suivi précis des temps passés par les intervenants est effectué sur
chacune de leurs prestations. Le coût de l’heure étant connu, il est alors possible de
193
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
Exemple. Au cours du mois M, trois opérations d’ingénierie financière ont été menées
par le service spécialisé de la banque. Il s’agit d’une OPA, d’une introduction en bourse
73
80
et d’une augmentation de capital. Les collaborateurs du service d’ingénierie financière
52
ne suivent pas précisément les temps passés pour chaque opération. À la fin du mois,
43
:15
le responsable du service procède alors à une estimation : l’OPA et l’augmentation
5
8.9
de capital ont été respectivement trois fois et deux fois plus mobilisantes que
1.6
l’introduction en bourse.
6 .8
Les charges affectées au service s’élèvent à 2 M€. Soit X le coût de l’introduction en bourse,
:19
37
on a donc 3 X + 2 X + X = 2 M€, d’où X = 0,33 M€
69
Coût de l’OPA : 1 M€
83
Remarque. Comme ce type de prestation est généralement identifié par client, ce calcul
69
97
Celle-ci est immédiate lorsque les recettes peuvent être individualisées par produit,
vo
lar
trée et de sortie, pour les Sicav, par exemple – sont liées à des prestations bien
ww
identifiées. Pour l’activité bancaire, c’est le cas des frais de dossiers prélevés sur les
crédits accordés à la clientèle ou des commissions prélevées sur les comptes à vue
– commissions sur virements émis, sur chèques certifiés, sur rejets de chèques,
etc. – et qui sont directement appréhendés par produit. De même, les intérêts
perçus sur les crédits distribués à la clientèle sont également bien appréhendés.
Dans les autres situations, l’affectation des recettes aux produits n’est pas immé-
diate. C’est le cas de l’utilisation des moyens de paiement que les banques ne font
pas payer directement et systématiquement à leurs clients. Elles se rémunèrent indi-
rectement par l’utilisation des dépôts à vue non rémunérés ainsi que par les recettes
tirées du « float », c’est-à-dire de la différence entre les dates de valeur imputées
à la clientèle et les dates de disponibilité effectives des fonds par la banque. Il est
alors nécessaire de procéder à des calculs complexes de répartition analytique pour
affecter les recettes aux produits. On peut donc être amené à utiliser des éléments
de méthodologie de détermination du PNB : capitaux moyens en date d’opéra-
tion, capitaux à la fin d’une période donnée (« valeur instantanée des capitaux »),
capitaux moyens en date de valeur ou capitaux moyens en date de trésorerie.
194
7 – LeS autreS axeS d’anaLySe deS rentabiLitéS
73
80
52
Ces calculs de rentabilité doivent être utilisés avec prudence. Une marge négative
43
:15
ne doit pas être interprétée immédiatement comme devant induire la suppression
5
8.9
d’un produit. Les produits bancaires et financiers sont souvent liés entre eux, et
1.6
l’abandon de l’un peut avoir des répercussions commerciales importantes sur les
6 .8
:19
autres. D’autre part, l’abandon d’un produit sans réduction concomitante de frais
37
de structure, se traduit par un alourdissement de la répartition de ces frais sur les
69
83
autres produits, ce qui détériore immédiatement leur rentabilité.
:88
0
14
produit, bien maniée par une direction générale, doit permettre de resserrer la
x.c
La connaissance des prix de revient et des marges permet aussi de mettre en œuvre
des politiques plus performantes et plus cohérentes de tarification des produits et
services.
Celle-ci pose deux types de problèmes, d’abord celui de l’acceptation du principe
par le public, et ensuite celui de la mise au point technique de la tarification. C’est
sur ce dernier point que le contrôle de gestion est sollicité.
195
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
73
80
52
43
Le coût de revient du crédit =
:15
5
coût de refinancement standard (ou « notionnel »)
8.9
1.6
+ coût de mise en place
6 .8
:19
+ coût de gestion
37
+ coût du risque (remboursement anticipé, impayé, contentieux, perte finale)
69
83
+ coût en fonds propres :88
14
0
56
69
Des exemples chiffrés de détermination du coût de revient d’un crédit sont présentés
97
ainsi qu’au chapitre 11. Concernant les moyens de paiement ou les activités sur
Ke
au chapitre 5.
:E
om
x.c
La tarification à partir du coût de revient peut être réalisée à partir d’un coût de
vo
revient complet ou d’un coût de revient direct. Rappelons qu’un coût de revient
lar
ho
complet inclut toutes les charges, y compris les charges de structure. Ainsi, dans
sc
w.
(2) En cas de diminution de l’activité, l’application mécanique d’un tel calcul conduit à augmenter le prix de
facturation, ce qui risque de diminuer encore plus les volumes !
196
7 – LeS autreS axeS d’anaLySe deS rentabiLitéS
73
prix de vente. Dans notre hypothèse, celui-ci se trouve en effet être inférieur de plus
80
de 0,8 euro au coût complet de la ligne de conservation, tel que calculé plus haut.
52
43
Une solution intermédiaire consiste à inclure le coût des centres de support dans le
:15
coût de revient ce qui conduirait à retenir le chiffre de 3,988 euros (3 € + 0,988 €),
5
8.9
comme base de calcul, le prix de facturation, à taux de marge maintenu constant
1.6
6 .8
(20 %), s’établissant alors à 4,786 euros. Notons qu’il peut être pertinent de relever
:19
le taux de marge bénéficiaire appliqué à ce calcul, ce taux de marge incluant alors
37
69
un taux forfaitaire destiné à couvrir les frais de structure.
83
Enfin, la tarification d’un produit ou service bancaire peut s’établir à partir de la :88
0
14
prise en compte des composantes fixes et variables de son coût de revient. Celle-ci
56
69
prendrait en compte :
97
ra:
nit
le coût fixe de « tenue de compte », qui est stable quel que soit le nombre
Ke
d’opérations ;
G
NC
om
Par exemple, pour la conservation des titres, le coût fixe inclurait le coût de l’envoi
x.c
vo
coût d’envoi de l’imprimé fiscal unique. Ces différents éléments sont indépendants
ww
(3) Ce dernier peut également être qualifié de coût de revient partiel, cette appellation étant plus appropriée
dans la mesure où des coûts « semi-directs » (les coûts de services généraux) sont inclus dans le calcul du
coût de revient. Pour plus de détail, v. chap. 5, sect. 2.4, « Méthode des coûts partiels », et sect. 2.5, « Coûts
variables et coûts fixes ».
197
Partie ii – La meSure deS rentabiLitéS
73
– temps commercial difficile à calculer, charges de support et de structure difficiles
80
52
à affecter avec précision à un produit ou une activité – que, selon les analyses de cet
43
:15
auteur, le coût de revient complet dans la banque serait issu à 50 % de répartitions
5
8.9
analytiques conventionnelles qui, par définition, peuvent être discutables.
1.6
6 .8
Aussi, toujours selon Schrambach, la recherche du meilleur résultat d’exploita-
:19
tion à partir de la prise en compte du coût complet des produits comme critère
37
69
d’orientation commerciale paraît limitée dans l’industrie bancaire. Cette difficulté
83
de connaissance précise des rentabilités s’ajoute à d’autres difficultés spécifiques
:88
0
qui rendent les activités bancaires et financières plus délicates à soumettre à un
14
56
véritable calcul économique et comptable par produit, comparable à celui qui est
69
97
pas la pratique du brevet, ce qui se traduit par la diffusion très rapide des innova-
NC
tions dans l’ensemble des entreprises et, d’autre part, par le fait que beaucoup de
:E
om
Ces différents facteurs se combinent pour limiter l’utilisation des coûts de revient
ho
comme base de la tarification. Dans une approche par les prix de marché, la
sc
w.
(4) G. Schrambach, « Coût de revient plus bénéfice ou prix de marché ? », Revue Banque, n° 504, avr. 1990.
198
7 – LeS autreS axeS d’anaLySe deS rentabiLitéS
Les calculs habituels en matière de rentabilité par centre de profit ou par produit
se font à partir des encours moyens de crédits ou de ressources (v. Chapitre 4,
notamment, « Le PNB par centre de profit »). Cette approche permet de se « boucler »
avec les résultats comptables de l’entité : la somme des résultats de tous les centres
de profit d’une banque doit en effet donner le résultat comptable de cette banque.
Tout écart éventuel doit donc être identifié et expliqué.
Cependant, l’approche classique de détermination de la rentabilité, à partir des
encours, a une limite importante : ces marges sur encours agrègent principalement
73
des marges sur productions anciennes et, pour une part plus faible, la marge sur la
80
nouvelle production de l’année en cours. Il existe donc un décalage parfois impor-
52
43
tant entre l’action commerciale et ses retombées financières. De plus, l’inertie d’une
:15
5
marge sur encours ne permet pas d’apprécier correctement la marge actuelle d’un
8.9
centre de profit ou d’un produit.
1.6
6 .8
:19
Le calcul de la rentabilité de la nouvelle production de crédits et de ressources est
37
utile pour plusieurs raisons :
69
83
:88
elle permet de mieux appréhender les performances actuelles des centres de
0
14
elle permet d’établir un lien plus immédiat entre l’action commerciale et ses
nit
Ke
simulation.
ww
199