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Inobservance Traitement Tuberculose Bouaké

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR

LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE

FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU


TRAITEMENT PAR LES CLIENTS RECUS AU
CENTRE ANTITUBERCULEUX DU CHU DE
TREICHVILLE , ABIDJAN, COTE D’IVOIRE

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
INTRODUCTION

Le besoin d’être en bonne santé est sans aucun doute l’une des
principales aspirations légitimes de l’être humain. Malheureusement,
depuis des siècles, la lutte contre la maladie n’a cessé de remettre en
cause cette aspiration au bien-être. Aujourd’hui, plus que par le passé,
grâce aux progrès de la médecine l’homme vit plus longtemps et la
victoire contre la maladie semble à portée de main.

Cependant, en attendant ce jour où l’on aura trouvé la solution miracle, le


quotidien de l’homme est agrémenté par diverses maladies, parmi
lesquelles la tuberculose. Cette maladie transmissible est selon le rapport
sur la tuberculose dans le monde 2019 de l’OMS, une cause importante
de mauvaise santé, l’une des premières causes de décès dans le monde et
la première cause de décès lie à un agent infectieux et elle touche toutes
les couches de la population. Ce constat résulte de plusieurs facteurs. Ils
se traduisent généralement par la non maitrise de la prise des
médicaments qui est soit liées à la mauvaise perception du message du
praticien par le client ou le manque de connaissance du fait de
l’analphabétisme. Par ailleurs, on constate aussi que certains clients non
pas un accès facile au centre parce qu’ils manquent de moyens financiers
et de déplacement pour honorer leurs rendez-vous. La médecine
traditionnelle est l’une des causes de la résistance aux traitements
antituberculeux car les clients préfèrent parfois aller vers ces personnes
croyant que leurs maux sont d’ordre spirituelles.

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
Une catégorie de la population qui ne vient pas chercher son
médicament parce qu’elle est en déplacement comprend des patients
relativement aisés qui voyagent fréquemment, des commerçants, ou des
professionnels des transports. Pour certains d’entre eux, il faut parfois
choisir entre un voyage et le rendez-vous au Centre Antituberculeux, et
ce choix risque de mettre leurs revenus, voire leur emploi, en danger. La
plupart des programmes d’accès aux traitements antituberculeux
reçoivent une population majoritairement urbaine, le plus souvent
masculine, appartenant à des catégories socioprofessionnelles
défavorisées. Pour cette population, les mesures d’appui à l’observance
basées sur une dispensation très fréquente ou sur une supervision des
prises, telles que les suppose la stratégie DOTS, ne sont pas toujours
pertinentes : de telles mesures risquent, à l’inverse, de réduire
l’observance du fait des difficultés à respecter ces rendez-vous.

Les mesures d’appui, quelle que soit leur validité intrinsèque, ne doivent

pas représenter une contrainte supplémentaire lourde pour les patients :


comme tout programme de santé, il est important d’assurer leur
accessibilité géographique, temporelle, sociale, physique et linguistique.

Aussi pour certains religieux, se rendre au centre antituberculeux


chercher leurs médicaments est considéré comme un signe de non
croyance. Selon eux, la personnalité divine qu’est DIEU peut leur faire
retrouver la guérison.

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
Au plan mondial, J.L. Ecobichon et Z. Berki-Benhaddad : Service des
maladies infectieuses et tropicales du Pr J.P. Vildé, hôpital Bichat-Claude
Bernard, Paris– Le Courrier de l’Observance thérapeutique 2000 ; 1, 2 :
4-5, rapporte que, la persistance de la tuberculose est prévisible pour
vingt ans au moins car, quelle que soit l’efficacité des mesures qui seront
mises en place, les cas qui vont survenir dans les vingt prochaines années
sont déjà programmés (parmi les 2 milliards de personnes infectées), en
dehors même de toute survenue d’une aggravation de la situation
socioéconomique mondiale (crise économique, guerres, famines). Les
causes de la persistance dans le monde sont bien identifiées.

L’accroissement démographique dans les pays pauvres est le facteur


principal qui explique l’augmentation attendue du nombre de cas.

Les réfugiés, les personnes déplacées constituent des groupes à risque


importants. Dans les pays riches, une proportion très élevée de
tuberculose survient chez les travailleurs migrants venant des pays à
haute prévalence.

L’infection VIH est actuellement, sur le plan individuel, le facteur de


risque le plus important de tuberculose. Les sujets coinfectés par le VIH
et la tuberculose représentent 15 millions d’adultes. Cette co-infection
agit comme facteur aggravant, surtout dans les régions à haute prévalence
de tuberculose. La proportion des cas de tuberculose attribuables à
l’infection VIH a augmenté de façon considérable depuis 1990. Dans la
période 2010-2020, époque à laquelle l’épidémie de VIH-sida sera à son
acmé, il est prévu au niveau mondial que 15 % des décès de tuberculose

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
et 10 % des cas de tuberculose lui seront imputables, avec évidemment
des inégalités selon les différentes parties du monde.

Le traitement, même de “courte durée”, est un traitement contraignant


qui nécessite la prise quotidienne de plusieurs médicaments et dure au
moins six mois. Dans la majorité des cas, après moins d’un mois de
traitement, le malade ne présente presque plus de symptômes et ne
ressent plus de besoin thérapeutique, ce qui explique les risques accrus
d’abandon du traitement. Dans le plus grand nombre de cas, les malades
abandonnent leur traitement en raison d’une mauvaise accessibilité aux
structures et de leur organisation insuffisante, ou encore de l’incapacité
des personnels à identifier les difficultés du malade et à y répondre de
manière appropriée.

En Côte d’ivoire, selon le Plan Stratégique National de Lutte contre la


tuberculose (2016-2020), page 41-42 plusieurs facteurs expliquent
l’inobservance des clients tuberculeux à leurs traitements. Ce sont des
facteurs tels que les problèmes d’accessibilité géographique : malgré la
mise en place des services, certaines zones sont d’accès difficiles
(enclavées, routes dégradées, moyens de transport inexistants,) peuvent
limiter l’accès aux services et favoriser le retard de l’appropriation des
médicaments.

Le problème d’accessibilité financière : il existe une forte proportion


(42,7%, PNUD 2013) de la population vivant avec moins de 1,25
$US/jour. Ainsi, les suspects peuvent ne pas avoir les moyens de payer
les frais de transport pour se rendre dans les formations sanitaires, les

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
frais de consultation et des examens (recherche des BAAR, radiographie
du thorax et autres examens connexes). Par ailleurs, on note qu’environ
56,5% des dépenses en santé sont supportées par les ménages en Côte
d’ivoire (Compte Nationaux de Santé 2009-2010). Il est aussi noté une
Insuffisance de système fonctionnel d'assurance maladie et les structures
de mutuelle de santé existant n'ont ni l'organisation ni les ressources
financières pour couvrir les besoins sur le terrain.

Barrières socioculturelles : malgré toutes les campagnes de


sensibilisation et les résultats du programme, certains suspects continuent
de faire recours en première intention à la médecine traditionnelle. Ce qui
induit une perte de temps et aussi de ressources, retardant ainsi le
diagnostic et compromettant leur chance de guérison. La tuberculose est
encore assimilée parfois à l’envoutement et à la sorcellerie entraînant
ainsi un caractère hautement stigmatisant.

Barrières liées aux droits Humains :

La Tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire en Côte


d’Ivoire. Elle est également une maladie professionnelle indemnisable
pour les professionnels de santé (décret N°2013-554 du 05 août 2013).

Dans le milieu carcéral, le droit à la santé est aléatoire, ceci est dû d’une
part aux budgets insuffisants, et d’autre part à la surpopulation. La
stigmatisation et la discrimination liées à la Tuberculose sont largement
répandues dans les communautés, et les organisations communautaires
peinent à fournir un soutien pertinent aux personnes infectées et
affectées. La majorité des patients a des connaissances insuffisantes sur

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
les notions élémentaires de droit et un accès limité aux services
juridiques.

Barrières liées aux inégalités de genre :

Le dispositif sanitaire du pays facilite l’égal accès des hommes et des


femmes aux services de santé. Les statistiques nationales révèlent la
proportion plus élevée des cas de TPM+ chez les hommes
comparativement aux femmes à l’instar des autres pays du monde. Très
peu de données restent cependant disponibles sur les inégalités liées au
genre en matière de lutte anti tuberculeuse en Côte d’Ivoire. Pour ne pas
méconnaître ces inégalités qui pourraient être préjudiciables à la lutte
contre cette affection, la réalisation d’études s’avère nécessaire.

En Côte-d’Ivoire, malgré les efforts conjugués des organismes


internationaux d’avec ceux du pays et avec les stratégies et programmes
élaborés, la tuberculose continue de faire des victimes avec une incidence
de 103 cas pour 100.000 habitants toutes formes confondues. Cette
incidence de la tuberculose est due à plusieurs facteurs notamment la
situation de grande précarité associant de nombreux facteurs médico-
sociaux, de vulnérabilité compliquant la prise régulière d’un traitement.
Notre travail dont le thème est intitulé: << les facteurs favorisants
l’inobservance du traitement par les malades reçus au centre
antituberculeux de Bouaké>>. Se déroulera selon le plan suivant :

- PREMIERE PARTIE: La revue de littérature

- DEUXIEME PARTIE: NOTRE ETUDE

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
I.1 BUT ET OBJECTIFS DE L’ETUDE

I.1.1 BUTS DE L’ETUDE

Identifier les facteurs favorisants l’inobservance au traitement


antituberculeux en vue de proposer des solutions pour améliorer la
situation.

I.1.2 OBJECTIFS DE L’ETUDE

− Décrire les caractéristiques sociodémographiques des tuberculeux ;


− Identifier les difficultés liées à l’observance du traitement
antituberculeux ;
− Recueillir les suggestions des tuberculeux en vue d’améliorer leurs
conditions de vie.

I.2. JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET D’ETUDE

I.2.1. Motivation et intérêt pour le sujet

La question de la tuberculose en côte d’ivoire demeure un problème de


santé publique et l’inobservance au traitement est un facteur
d’aggravation de cette maladie. Nous constatons que malgré les efforts de
l’OMS et de nos structures nationales à travers la politique de gratuité
des médicaments antituberculeux qu’elle est toujours existante dans nos
communautés. Pour nous agent de santé qui sommes les garants de la
santé des individus il est préjudiciable de déceler les causes liées à cette
inobservance au traitement en vue d’aider l’état à assurer sa mission et
atteindre ses objectifs.

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
I.2.2. Pertinence scientifique du sujet

La question de l’inobservance est de plus en plus observées dans tous les


domaines en générale parmi lesquelles la religion, le droit.

En effet, selon les religieux, l’inobservance est l’action de ne pas


observer ou respecter les pratiques religieuses d’où le péché (Dupuis,
Orig. Cultes, 1976, p.212). Pour les juristes, l’inobservance c’est allé à
l’encontre de la morale.

I.2.3. Pertinence sociale du sujet

L’inobservance vient du latin inobservantia qui signifie << manque


d’observation, négligence >>. Etymologiquement et historiquement,
l’inobservance signifie le fait de ne pas se conformer à des lois (papiers
de granvelle, I, 220 d’apr. FEW t. 7, p. 248b).

On pourrait dire que l’inobservance est le fait de ne pas respecter les


prescriptions médicamenteuses telles qu’expliquées par les prescripteur.
Ce problème est d’autant plus important pour la société car son impact
constitue un facteur de propagation de certaines maladies occasionnant
les pertes en vie humaine, et un cout financier élevés pour nos autorités
nationales et internationales.

I.3. DEFINITION OPERATIONNELLE DES TERMES ET


CONCEPTS

-FACTEUR FAVORISANTS : éléments qui influencent une situation, un


comportement.

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
-INOBSERVANCE : c’est le fait de ne pas respecter le protocole de
traitement prescrit par l’agent de santé.

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
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PARTIE I :
REVUE DE
LITTERATURE

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE

Notre revue de la littérature s’articule autour de quatre points qui sont :

- Facteurs culturels liés à l’inobservance du traitement


antituberculeux.

- Facteurs physiologiques liés à l’inobservance du traitement


antituberculeux.

- Avantages liés à l’observance du traitement antituberculeux.

- Inconvénients liés à l’observance du traitement antituberculeux.

II-1. Facteurs culturels liés à l’inobservance du traitement


antituberculeux

L’Union internationale contre la tuberculose et les maladies


respiratoires, 75006 Paris affirme que les problèmes d’accessibilité se
posent surtout pour des groupes à risques particuliers comme les
migrants, les sans domicile-fixe et les clandestins. Ces groupes à risque
élevé de tuberculose ont pour la plupart un non-accès ou une faible
accessibilité aux soins.

Au Mali selon une étude menée par M. Balla Guindo sur l’observance
du traitement antituberculeux dans le district de yanfolila, La cause
culturelle a représenté 36,4% des causes d’irrégularités du traitement,
suivi des décès avec 18,2% pendant la phase intensive

Pendant la phase de continuation nous avons enregistré une cause de

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
mauvais fonctionnement des structures sanitaires 14,3% ; les causes

culturelles ont représenté 28,6%. Parmi ces causes, nous avons le

déplacement (14,3%), la croyance à la guérison (14,3%) ; le décès

33,3% et le transfert 23,8% des causes d’irrégularités du traitement. Nos


résultats sont similaires de cette Etude réalisée à Brazzaville [19] qui
avait trouvé un taux plus élevé de cause culturelle et ceux de SAMAKE
L [20] trouvait que les déplacements temporaires pour résoudre certains
problèmes coutumiers de famille (mariage, décès, activités agricoles,
festivités) ont été la principale cause d’irrégularité du traitement (54,5%).

Taylor NTUMBA dans son étude mené dans la ville de Mbujimayi sur
la prévalence de la tuberculose multi résistante sur la ville de Mbujimayi
et avec un échantillon de trente et un (31) patients dit que la longue
distance est la raison la plus évoquée par les patients pour la non
observance. Mohamed BADI dans son mémoire de fin de cycle en
épidémiologie de santé publique sur les Facteurs associés à l’échec du
traitement de la tuberculose pulmonaire à microscopie positive.

On estime, tant aux États-Unis [CDC, 1994] qu’au Brésil [MS, 1999],
qu’environ 25 % des malades interrompent le traitement avant la fin. Ces
données sont probablement sous-estimées au Brésil en raison de la
précarité des services de soins dans certaines régions (absence
notamment de supervision du malade en régime ambulatoire,
particulièrement dans les territoires indigènes). Les problèmes
d’accessibilité géographique

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
ainsi que les difficultés de transport conséquentes, le coût des remèdes,
l’approvisionnement irrégulier des services de santé en médicaments…
sont quelques uns des problèmes auxquels peuvent se confronter les
malades. Dans de nombreux pays, les médicaments qui intègrent le
régime thérapeutique de courte durée ne sont pas toujours disponibles
auprès des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose. C’est
d’ailleurs ce qui s’est passé en 1991-1992 au Brésil lors de l’interruption
de la campagne nationale de contrôle de la tuberculose (CNCT) pour des
raisons diverses (décentralisations des services de soins, désengagement
financier de l’État fédéral, perception de l’inutilité de la CNCT…)
[Kritski, Ruffino-Netto, 2000]. Dans les cas où il reçoit gratuitement les
médicaments, comme au Brésil, le malade en régime ambulatoire devra
revenir régulièrement au centre de soins pour recevoir la suite du
traitement et effectuer un contrôle clinique et bactériologique, d’où des
problèmes d’accessibilité et de coût additionnel. Dans la majorité des cas,
il interrompra le traitement ou prendra de manière irrégulière les
médicaments. Dans de nombreux territoires indigènes, la situation est
encore plus critique. Dans le rio Negro, par exemple, seuls deux hôpitaux
sont habilités à diagnostiquer et à traiter les cas de tuberculose. Cette
région a une superficie de plus de 8 millions d’hectares et les
communautés indiennes, qui se distribuent de manière dispersée sur les
rives des principaux fleuves ou dans les zones d’interfluve, en sont
distantes de quelques minutes à plusieurs jours ou semaines de marche ou
de voyage en pirogue. Il n’existe en effet aucune route : on circule en
pirogue ou à pied à travers la forêt. Quelques bateaux de commerçants

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
itinérants ou d’associations indigènes locales sillonnent régulièrement la
région, mais leurs déplacements sont souvent gênés par le niveau des
eaux en saison sèche ou des pluies. En outre, le cours des rivières est
entravé de nombreux rapides, cascades et pierres immergées qui rendent
difficile, voire impossible dans certains endroits, la navigation aux
bateaux de tonnage moyen. Difficultés d’accès physique et coûts
indirects (de transport, d’essence…) augmentent ainsi le délai entre
l’apparition des premiers symptômes et le recours aux soins occidentaux.

Les patients tuberculeux sont généralement hospitalisés pendant la phase


d’attaque du traitement (deux mois). Nombre d’entre eux s’enfuient à
cette occasion 3. À la fin de cette phase, les patients retournent en régime
ambulatoire dans leur communauté d’origine, soit avec un mois de
traitement

S’ils vivent à une distance raisonnable de l’hôpital, soit avec le reste du


traitement (quatre mois) si leur village en est éloigné. Ils sont donc
censés revenir régulièrement au centre de soins pour recevoir la suite de
leur traitement ou à la fin de celui-ci pour un contrôle clinique et
bactériologique. Ce qui pose pour eux les problèmes d’accessibilité
géographique et de coût énoncés plus haut. De son côté, la structure
sanitaire locale n’a pas les moyens matériels de superviser le traitement
des malades dans les communautés indiennes qui sont très dispersées
dans la région et d’accès souvent difficile. Les agents de santé
communautaire sont en outre trop

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
peu nombreux pour pouvoir s’en charger, la majorité d’entre eux n’ayant
d’ailleurs pas les moyens matériels d’effectuer des visites régulières dans
les communautés distantes de leur juridiction (absence de moteur hors
bord ou d’essence). Ainsi, une fois revenus dans leurs communautés
d’origine, les patients tuberculeux sont livrés à eux-mêmes, sans
surveillance aucune du traitement ni contrôle des effets secondaires
potentiels des médicaments. Des difficultés de même ordre ont été
signalées dans d’autres territoires indigènes, notamment dans le Parc
indigène du Xingu [Hugh-Jones, Hugh-Jones, 1995]. L’accessibilité
(géographique, économique), on le voit, peut affecter tant le recours aux
soins que l’adhésion au traitement. Certaines notions importantes en
matière de tuberculose – comme la rechute, par exemple – peuvent être
étrangères aux patients non-occidentaux pour qui il est impossible de
tomber une seconde fois malade de la même maladie. Pour les Desana,
un groupe indigène de la famille linguistique tukano orientale du rio
Negro, toute rechute (dans le sens occidental) est inévitablement perçue
comme nouvelle maladie, devant, pour cette raison, faire l’objet d’un
autre traitement [Buchillet, 1991, 1997]. Dans le cas de la tuberculose,
cette conception rend difficile pour le patient la compréhension de
l’explication médicale sur l’importance de suivre le traitement jusqu’à la
fin pour éviter une rechute. Chez les Desana, l’apparente absence de
réaction immédiate de la maladie au traitement entrepris est
essentiellement l’indice d’une erreur de diagnostic et, a fortiori, de
traitement. La cure chamanique est en effet fondée sur la récitation
d’incantations thérapeutiques au-dessus de liquides ou de plantes qui leur

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
servent de supports matériels et de véhicules jusqu’au patient. Ces
incantations, qui sont récitées plusieurs fois de suite par le chamane,

sont perçues par les Desana comme ayant un effet quasi instantané sur la
maladie. Répétition et effet immédiat des incantations sont d’ailleurs
deux éléments clés de l’efficacité thérapeutique selon la conception
indigène. En ce sens, la non réaction immédiate d’une maladie au
traitement entrepris, son évolution chronique ou encore la persistance ou
l’aggravation des symptômes seront l’indice d’une autre maladie
[Buchillet, 1988]. La notion de chronicité est ainsi une impossibilité
conceptuelle pour ces Indiens. Cette conception peut éventuellement
remettre en cause la validité du traitement prolongé pour certaines
maladies à évolution lente ou chronique, comme la tuberculose, par
exemple. Il convient de rappeler que le traitement de la tuberculose dure
au minimum six mois et que l’amélioration nette de l’état du malade
(c’est-à-dire la disparition des symptômes qui l’ont conduit à consulter)
survient seulement après trois ou quatre semaines de traitement. Les
différences linguistiques et culturelles entre les patients et les
professionnels de santé peuvent, on le voit, affecter leur relation, la
compréhension par les premiers des explications qui leur sont transmises
au cours de la consultation médicale et, a fortiori, leur degré potentiel
d’adhésion au traitement. Toutefois, il n’est pas inutile de le souligner,
malgré l’importance pour les patients d’être renseignés sur la nature de
leur maladie, la durée du traitement, les effets collatéraux potentiels

des antituberculeux, l’importance de prendre les médicaments selon la


prescription médicale ainsi que sur les conséquences de l’interruption

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
temporaire ou de l’abandon du traitement, les professionnels de santé ne
leur donnent pas toujours les explications suffisantes qui pourraient
faciliter leur adhésion au traitement. En outre, le peu de temps dédié au
patient au cours de la consultation médicale invalide généralement toute
tentative de ce dernier de discuter des aspects socioculturels et
économiques éventuellement associés à sa maladie, ou de l’impact
psychologique du diagnostic de tuberculose dans sa propre vie et dans
celle de sa famille. En réalité, dans ce dernier cas, il n’est pas simplement
question du temps disponible du médecin mais également de ses propres
perceptions sur son rôle et de son appréciation sur l’importance ou non
de transmettre certaines informations à son patient compte tenu du niveau
de compréhension supposé de ce dernier. Il s’agit aussi, en d’autres
termes, des représentations des professionnels de santé relatives à leurs
malades et aux comportements éventuels de ces derniers, un problème
particulièrement aigu lorsque les patients sont indigènes, qu’ils
perçoivent généralement comme ignorants, vivant dans une certaine
promiscuité, sans notions minimales d’hygiène, ne respectant pas les
indications thérapeutiques et, enfin, se comportant de manière
incohérente dans le recours aux soins.

En côte d’ivoire, selon plan stratégique nationale de lutte contre la


tuberculose 2016-2020, au regard de l’épidémiologie de la TB en Côte
d’ivoire et de la réponse nationale actuelle et les insuffisances décrites ci-
dessus, des lacunes et des contraintes existent et sont souvent hors de la
ligne d’intervention du Programme. Il s’agit du problème d’accessibilité
géographique : malgré la mise en place des services, certaines zones sont

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
d’accès difficiles (enclavées, routes dégradées, moyens de transport
inexistants,) peuvent limiter l’accès aux services et favoriser le retard au
diagnostic.

Le Problème d’accessibilité financière : il existe une forte proportion


(42,7%, PNUD 2013) de la population vivant avec moins de 1,25
$US/jour. Ainsi, les suspects peuvent ne pas avoir les moyens de payer
les frais de transport pour se rendre dans les formations sanitaires, les
frais de consultation et des examens (recherche des BAAR, radiographie
du thorax et autres examens connexes). Par ailleurs, on note qu’environ
56,5% des dépenses en santé sont supportées par les ménages en Côte
d’ivoire (Compte Nationaux de Santé 2009-2010). Il est aussi noté une
Insuffisance de système fonctionnel d'assurance maladie et les structures
de mutuelle de santé existant n'ont ni l'organisation ni les ressources
financières pour couvrir les besoins sur le terrain. Les Barrières
socioculturelles : malgré toutes les campagnes de sensibilisation et les
résultats du programme, certains suspects continuent de faire recours en
première intention à la médecine traditionnelle. Ce qui induit une perte
de temps et aussi de ressources, retardant ainsi le diagnostic et
compromettant leur chance de guérison. La tuberculose est encore
assimilée parfois à l’envoutement et à la sorcellerie entraînant ainsi un
caractère hautement stigmatisant. Aussi, les barrières liées aux droits
Humains,

la Tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire en Côte d’Ivoire.


Elle est également une maladie professionnelle indemnisable pour les
professionnels de santé (décret N°2013-554 du 05 août 2013). Dans le

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
milieu carcéral, le droit à la santé est aléatoire, ceci est dû d’une part aux
budgets insuffisants, et d’autre part à la surpopulation. La stigmatisation
et la discrimination liées à la Tuberculose sont largement répandues dans
les communautés, et les organisations communautaires peinent à fournir
un soutien pertinent aux personnes infectées et affectées. La majorité des
patients a des connaissances insuffisantes sur les notions élémentaires de
droit et un accès limité aux services juridiques. Enfin, les barrières liées
aux inégalités de genre le dispositif sanitaire du pays facilite l’égal accès
des hommes et des femmes aux services de santé. Les statistiques
nationales révèlent la proportion plus élevée des cas de TPM+ chez les
hommes comparativement aux femmes à l’instar des autres pays du
monde. Très peu de données restent cependant disponibles sur les
inégalités liées au genre en matière de lutte anti tuberculeuse en Côte
d’Ivoire. On note aussi que Le taux élevé de perdus de vue peut être en
rapport avec plusieurs facteurs mutuellement non exclusifs, représentés
par le recours aux tradipraticiens, la durée du traitement antituberculeux
(6 mois), dont les résultats ne semblent pas immédiats aux patients
souhaitant une guérison rapide et les difficultés des malades pour se
rendre au centre de traitement, T. Daix, K. Domoua, G. Coulibaly, H.
Kissi, L. Beugre-Sy & A. Yapi, Service de pneumo-phtisiologie, CHU
de Treichville.

II-2. Facteurs physiologiques liés à l’inobservance du traitement du


traitement antituberculeux

La durée relativement longue du traitement ainsi que les effets


secondaires des antituberculeux peuvent également influencer de manière

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
négative l’adhésion au traitement, bien que ces derniers ne semblent pas
conduire automatiquement à une faible adhérence comme certains
travaux l’ont démontré [Etkin, 1992 ; Earnest, Sbarbaro, 1996]. Dans
la majorité des cas, ils sont supportables, voire transitoires. Néanmoins,
ils peuvent parfois mettre en danger la vie du malade, particulièrement
chez les individus porteurs d’une lésion hépatique ou rénale antérieure,
obligeant de la sorte le médecin à modifier le traitement [MS, 1995].
Toutefois, même considérés du point de vue médical comme mineurs ou
passagers, certains effets collatéraux des médicaments peuvent avoir un
impact négatif sur l’adhésion au traitement, dépendant en particulier de la
signification que le malade leur a attribuée. Nachman [1993] a ainsi
montré que les immigrants haïtiens aux États-Unis atteints de tuberculose
pulmonaire interprétaient la coloration sombre de l’urine due à
l’Isoniazide comme un signe de diminution de leur puissance sexuelle.
Certains symptômes, bien qu’indésirables, peuvent, en outre, être perçus
par les patients comme liés de manière fonctionnelle à l’efficacité du
traitement, comme une phase nécessaire de celui-ci, alors que d’autres en
seraient plutôt vus comme indépendants [Nichter, 1989]. Selon cet ordre
d’idée, les vomissements, les manifestations cutanées ou encore
l’obscurcissement de l’urine déjà cité peuvent, par exemple, symboliser
pour le patient l’expulsion hors de son corps de la maladie [Etkin, 1988].
Les effets secondaires des médicaments peuvent parfois aussi être perçus
comme les signes d’une autre maladie. Les effets secondaires des
médicaments, on le voit, sont susceptibles de confirmer, ou au contraire
d’infirmer, le diagnostic et donc le traitement. Parmi les autres facteurs à

21
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
considérer, on peut citer la disparition (généralement en un mois) des
symptômes qui ont conduit le patient à consulter, ce qui remet en cause
l’objectif du traitement et indirectement la nécessité de le suivre jusqu’à
la fin dans la mesure où le patient peut s’estimer guéri [Bergman,
Werner, 1963, cité par Earnest et Sbarbaro, 1996]. Enfin, le fait que
les individus infectés soient soumis à un traitement préventif de six mois
est un autre facteur aggravant : en l’absence de symptômes, il est difficile
de convaincre quelqu’un qui n’est – ni ne se sent – pas malade de la
nécessité et des bénéfices potentiels de la chimio prophylaxie, de lui faire
comprendre, en d’autres termes, qu’elle préviendra l’évolution de son
infection en maladie [Earnest, Sbarbaro, 1996].

Dans certains pays ou continents (Afrique, Philippines, Haïti ou


Mexique, par exemple), la tuberculose est une maladie associée à la
stigmatisation et au rejet social. D’où la tendance des patients à nier le
diagnostic de tuberculose et le traitement prescrit [Mata, 1985 ; Farmer
et alii, 1991 ; Barnhoorn, Adriaanse, 1992 ; Nichter, Nichter, 1994].
En Inde ou au Pakistan, la tuberculose est un motif de divorce de la
femme. Dans ce contexte, il est tout à fait compréhensible que cette
dernière refuse ce diagnostic [Barnhoorn, Adriaanse, 1992]. Ces
conceptions ont des implications évidentes pour les professionnels de
santé en ce qui concerne le diagnostic de la tuberculose, la détection des
cas infectieux et le traitement des malades contagieux. Outre le fait de
rendre plus difficile l’adhésion des malades aux recommandations
médicales, elles peuvent constituer un obstacle au dépistage des sujets-
contact dans la famille d’un patient tuberculeux, ce dernier se refusant, en

22
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
effet, à divulguer aux autres le diagnostic de sa maladie [Kwan-Gett,
1998].

Dans une étude menée au Madagascar sur les facteurs déterminants


l’observance du traitement antituberculeux en milieu urbain à
tamatave par T. M. Comolet, R. Rakotomalala, H. Rajaonarioa, il
ressort que les problèmes de tolérance subjective, la peur des injections et
les effets secondaires sont sensiblement aussi fréquents chez les perdus
de vue que chez les témoins réguliers. Ces effets secondaires sont
rapportés avec une fréquence élevée, entre 40% et 50.

L’OMS, selon son document WHO/TB/97.220, LE TRAITEMENT


DE LA TUBERCULOSE: PRINCIPES À L’INTENTION DES
PROGRAMMES NATIONAUX, DEUXIÈME ÉDITION 1997, la
plupart des malades terminent leur traitement sans que leurs médicaments
aient des effets secondaires graves. Cela arrive cependant dans certains
cas, peu nombreux, et le suivi clinique de tous les malades tuberculeux
est donc important durant le traitement. Certains effets secondaires
d’origine médicamenteuse, comme la neuropathie périphérique sont
causés par l’isoniazide. Celle-ci se présente habituellement sous la forme
d’une sensation de brûlure aux pieds et apparaît plus souvent chez la
femme enceinte et dans les cas suivants: infection par le VIH,
consommation abusive d’alcool, malnutrition, diabète, maladie hépatique
chronique. Le malade qui développe des effets secondaires mineurs doit
en général poursuivre son traitement, habituellement selon la même
posologie mais on réduit parfois les doses et on lui donne également un
traitement symptomatique. Lorsqu’il s’agit d’un effet indésirable grave,

23
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
on arrête le traitement ou le médicament en cause. La prise en charge
ultérieure dépendra de la nature de l’effet secondaire. Comme exemple,
nous pouvons citer entre autres : L’isoniazide qui est en général bien
toléré aux doses recommandées. Des réactions d’hypersensibilité
générale ou cutanée se produisent parfois au cours des premières
semaines de traitement et le risque de neuropathie périphérique peut être
éliminé si les malades à risque reçoivent quotidiennement des
suppléments de pyridoxine. D’autres troubles neurologiques moins
courants, comme la névrite optique, la psychose toxique et les
convulsions généralisées, peuvent survenir chez les sujets sensibles, en
particulier en fin de traitement, et obligent parfois à retirer l’isoniazide.

L’hépatite est une réaction peu courante mais potentiellement grave que
l’on peut généralement éviter en arrêtant le traitement. On observe
cependant plus souvent une élévation brutale des transaminases
hépatiques au début du traitement, mais elle n’a aucune signification
clinique et disparaît habituellement d’elle-même lorsque le traitement est
poursuivi. Le surdosage est aussi une cause de l’abandon de
l’inobservance du traitement antituberculeux car, en cas de surdosage,
des nausées, des vomissements, des vertiges, des troubles de la vision et
de l’élocution surviennent dans un délai de 30 minutes à trois heures
après l’administration. L’intoxication massive provoque une dépression
respiratoire et un état de stupeur suivis d’un coma. Des convulsions
violentes et réfractaires à tout traitement peuvent survenir.

La rifampicine est bien tolérée par la plupart des patients aux doses
actuellement recommandées, bien qu’une intolérance digestive grave

24
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
oblige parfois à interrompre le traitement. Les autres effets indésirables
(rash cutané, fièvre, syndrome grippal et thrombopénie) surviennent
plutôt en cas d’administration intermittente. Avec l’ethambutol, Une
névrite optique liée à la dose peut facilement entraîner une baisse de
l’acuité visuelle et de la vision des couleurs. Au début, ces troubles sont
en général réversibles, mais le malade peut devenir aveugle si le
traitement n’est pas interrompu rapidement.

Les effets attribuables à l’isoniazide sont indiqués plus haut provoque


fréquemment des nausées, des vomissements, de la diarrhée et des rashs
cutanés. De rares cas d’érythrodermie mortelle et d’insuffisance
hépatique aiguë ont été signalés, de même que des cas d’agranulocytose,
de thrombopénie et d’anémie aplasique. Ces effets indésirables sont plus
fréquents chez les patients tuberculeux séropositifs pour le VIH.
L’ototoxicité liée à la dose est rare, mais une surveillance attentive
s’impose lorsque l’isoniazide est utilisé en association avec la
streptomycine.

Organisation mondiale de la Santé 2003, Programme mondial de


lutte contre la tuberculose, Les troubles de la digestion, des dermites
généralisées ou d’autres réactions d’hypersensibilité, comme un
dérèglement de la fonction hépatique, comptent parmi les principaux
effets indésirables. On observe parfois des hypokaliémies. L’anorexie, les
nausées, les vomissements et les douleurs abdominales sont plus
fréquents que la diarrhée. Aussi, Les troubles de la digestion, des
dermites généralisées ou d’autres réactions d’hypersensibilité, comme un

25
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
dérèglement de la fonction hépatique, comptent parmi les principaux
effets indésirables.

II-3. Avantages liés à l’observance du traitement antituberculeux

L’observance du traitement antituberculeux est bénéfique pour le monde


en général et pour la Cote d’ivoire en particulier. En effet, selon le
résumé d’orientation 2019 de l’OMS, rapport de la tuberculose dans le
monde, la bonne nouvelle est que la Région européenne de l’OMS est en
voie d’atteindre les objectifs intermédiaires pour 2020 de réduction du
nombre de cas et de décès. Entre 2015 et 2018, le taux d’incidence a
chuté de 15 % et le nombre de décès dus à la tuberculose a baissé de 24
%. L’incidence et le nombre de décès diminuent également relativement
rapidement dans la Région africaine de l’OMS (4,1 % et 5,6 %,
respectivement, par an), avec des réductions cumulées de 12 % pour
l’incidence et de 16 % pour les décès entre 2015 et 2018.

Sept pays où la charge de la tuberculose est importante sont en voie


d’atteindre les objectifs intermédiaires pour 2020 : Afrique du Sud,
Fédération de Russie, Kenya, Lesotho, Myanmar, République-Unie de
Tanzanie et Zimbabwe.

L’OMS, selon son document WHO/TB/97.220, LE TRAITEMENT


DE LA TUBERCULOSE: PRINCIPES À L’INTENTION DES
PROGRAMMES NATIONAUX, DEUXIÈME ÉDITION 1997,
Lorsqu’un programme utilise une ADF, les fournisseurs et les malades
emploient moins de médicaments antituberculeux isolés. Cela réduit le

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
risque d’apparition de bacilles résistants, de nombreux problèmes
logistiques provoquant des pénuries sont éliminés.

(Les pénuries de médicaments simples ont pour conséquence des malades


qui soit reçoivent une monothérapie, soit changent de schéma
thérapeutique, ce qui accroît le risque de résistance dans les deux cas).
Aussi, L’approvisionnement, la gestion et la manutention des
médicaments sont simplifiés. De nombreux programmes au niveau
national ou à celui des districts connaissent de gros problèmes liés à un
approvisionnement en médicaments inadapté et manquant de
coordination. Les commandes, le transport et la conservation entraînent
d’énormes frais supplémentaires. Lorsqu’on utilise des associations de
principes actifs, il n’y a qu’un ou deux produits à commander, à livrer et
à conserver, ce qui permet des économies et accroît l’efficacité.

Le traitement est plus simple pour le malade, qui doit avaler moins de
comprimés et cela favorise son observance.

La fourniture de rifampicine seulement sous la forme d’ADF peut


entraîner une diminution du marché noir concernant ce principe actif,
utilisé alors pour traiter d’autres infections que la tuberculose.

II-4. Inconvénients liés à l’observance du traitement antituberculeux

Les médicaments antituberculeux sont utilisés depuis des décennies et


l’existence de souches résistantes à un ou plusieurs médicaments a été
constatée dans tous les pays étudiés. Cette pharmaco résistance apparaît
quand les médicaments antituberculeux ne sont pas utilisés
convenablement, du fait de prescriptions incorrectes de la part des

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
professionnels de la santé, de médicaments de mauvaise qualité ou de
l’arrêt prématuré du traitement par certains patients. On parle de
tuberculose multirésistante lorsque le bacille responsable de la maladie
n’est pas sensible à l’isoniazide et à la rifampicine, les deux médicaments
antituberculeux de première intention les plus efficaces.

En 2019, la tuberculose multirésistante demeure une crise de santé


publique et une menace pour la sécurité sanitaire. En 2019, 206 030 cas
de tuberculose multirésistante ou de tuberculose résistante à la
rifampicine ont été détectés et notifiés dans le monde, soit une
augmentation de 10 % par rapport aux 186 883 cas enregistrés en 2018.
Trois pays enregistrent à eux seuls près de la moitié des cas de
tuberculose multirésistante dans le monde : l’Inde, la Chine et la
Fédération de Russie, Rapport OMS sur la tuberculose, 14 Octobre
2020.

L’Union internationale contre la tuberculose et les maladies


respiratoires, 75006 Paris., affirme que La mauvaise observance d'un
traitement a des conséquences désastreuses, non seulement au niveau
individuel, pour le malade qui ne va pas guérir, mais au niveau collectif,
par l'émergence de souches avec une résistance acquise aux médicaments
utilisés. Ces malades vont contaminer des sujets sains et seront la source
de cas de tuberculose avec des bacilles présentant une résistance
primaire.

L’OMS ne recommande pas les schémas thérapeutiques reposant sur


deux prises hebdomadaires. Si le patient qui suit une telle posologie

28
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
manque une prise, celle-ci représentera une plus grande fraction de
l’ensemble que s’il prend son médicament trois fois par semaine ou tous
les jours. Il y a alors un plus grand risque d’échec thérapeutique. En
outre, les patients VIH positifs recevant une thérapie basée sur des prises
bihebdomadaires ou moins fréquentes risquent davantage un échec
thérapeutique ou une rechute avec une TB résistante à la rifampicine et
l’utilisation de la thioacétazone en raison d’un risque de toxicité grave,
notamment chez les personnes infectées par le VIH. Il convient de la
remplacer par l’éthambutol, surtout dans les zones où l’infection à VIH
est répandue.

En France, selon le document Feuille de route de la tuberculose du


Ministère des solidarités et de la Santé, La non observance du
traitement et/ou des précautions d’hygiène respiratoires afférentes par
certains patients porteurs de TB-MDR pose aux équipes de soins des
difficultés de prise en charge et les exposent à des risques difficiles à
résoudre. D’autre part, cela soumet la collectivité à des risques de
dissémination imperceptibles, qui concernent la population dans son
ensemble. On pourrait ajouter d’après document WHO/TB/97.220, LE
TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE: PRINCIPES À
L’INTENTION DES PROGRAMMES NATIONAUX, DEUXIÈME
ÉDITION 1997 le fait que la biodisponibilité des principes actifs,
notamment celle de la rifampicine, peut baisser dans ces associations. Ce
problème se pose particulièrement lorsque l’on associe la rifampicine à
deux autres médicaments. De nombreuses ADF actuellement disponibles
peuvent entraîner des concentrations sanguines de rifampicine

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FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
insuffisantes pour le traitement. La biodisponibilité varie parfois avec les
lots de médicaments et à la suite de changements mineurs dans le
processus de fabrication. Les programmes devront donc surveiller
régulièrement la biodisponibilité des principes actifs dans les ADF, et
notamment celles de l’isoniazide et de la rifampicine. L’OMS et
l’UICTMR ne recommandent l’utilisation de ces associations que si des
études chez l’homme ont fait la preuve d’une biodisponibilité
satisfaisante de la rifampicine. Les chimiothérapies utilisant actuellement
des ADF sont plus coûteuses. Néanmoins, dans la perspective plus
générale du programme, il y aura des économies à long terme car moins
de malades développeront des tuberculoses à bacilles résistants et auront
besoin des schémas de retraitement plus chers. Il se pourrait que les prix
des ADF baissent à mesure que leur utilisation se répandra. Il arrive
parfois qu’il faille ajuster la posologie en fonction du malade, ou
modifier le traitement lorsque de graves effets secondaires apparaissent.
Les programmes ayant recours aux ADF auront donc besoin d’une
quantité limitée de médicaments isolés pour que les médecins
responsables puissent alors adapter leurs prescriptions aux cas
particuliers. Notons que, les médicaments de réserve sont un dernier
recours pour le traitement des cas de TB chronique ou multirésistante.
Les schémas thérapeutiques sont toujours beaucoup plus coûteux avec les
médicaments de réserve qu’avec les antituberculeux essentiels. Dans les
pays qui souffrent de pénuries, au niveau des ressources financières, des
établissements de soins ou des personnels de santé, le traitement des

30
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
personnes atteintes de tuberculose avec des médicaments de réserve peut
grever le budget de la santé de façon inacceptable.

31
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE

DEUXIEME PARTIE :
NOTRE ETUDE

32
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
I. MATERIEL ET METHODE

I.1.MATERIEL

I.1.1 TYPE D’ETUDE

Notre étude est de type transversale ; il s’agit d’identifier les facteurs


favorisant l’inobservance du traitement antituberculeux par les clients
souffrant de cette maladie en vue d’apporter notre contribution à
l’amélioration de la situation.

I.1.2. MILIEU DE L’ETUDE

Notre étude s’est déroulée à bouaké.

I.2.1. PRESENTATION DE LA COMMUNE DE BOUAKE

Selon les informations de la base de données ‘‘Atlas Bouaké’’ du service


technique de la mairie de Bouaké, cette commune présente les
caractéristiques suivantes :

I.2.1.1 Végétation

La végétation est constituée de savane et de forêt. On y trouve des zones


boisées de forte densité sur les versants et des forêts galeries le long des
cours d'eau.

I.2.1.2. Climat

Le Département jouit du climat dit " baouléen ". Il est du type


subéquatorial de transition caractérisé par deux ou trois saisons selon les
années. La première saison des pluies va d'Avril à Juin.

33
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
La seconde de saison des pluies va de Septembre à Octobre. La saison
sèche commence en novembre et dure cinq mois. C'est durant cette
saison que souffle l'harmattan, vent sec et froid le matin, provenant du
Sahel. La pluviométrie moyenne annuelle est de 1 200 millimètres. Les
écarts à cette moyenne peuvent être extrêmement importants. Les pluies
tombent sous forme d'orages avec une forte intensité ; ce qui favorise une
érosion brutale à laquelle sont sensibles les terrains dénudés.

Au niveau de la pluviométrie, le fait le plus significatif est la baisse


progressive de la pluviométrie depuis 1958.

La température moyenne annuelle oscille autour de 26°C et elle varie peu


au cours de l'année.

I.2.1.3. Hydrographie

Le réseau hydrographique est relativement dense. Il est drainé par le


Bandama Blanc et ses affluents que sont le Kan et le N'zi et des marigots.
Ils constituent un plan d'eau susceptible de jouer un rôle important dans
le développement des activités agropastorales du Département.

I.3. Caractéristiques sociodémographiques

I.3.1. Peuplement

- Le peuplement autochtone du Département de Bouaké est les


baoulé appartenant au grand groupe Akan. Ils sont venus du Ghana
depuis le 18è siècle à la suite de la crise de succession dans le Royaume
Ashanti. Sous la conduite d'une reine nommée Abla Pokou, ils transitent
par Sakassou où ils fondent le Royaume de Walébo avant de migrer dans

34
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
le centre du pays entre le fleuve Bandama et le N'zi (affluent du
Bandama) à la recherche de terres fertiles. Ils sont constitués de plusieurs
tribus. La tribu composée de Fafouè, de Sah, de Satikan Fani Bro
Dohoum et de Ahali est celle qui occupe le périmètre départemental de
Bouaké.

I.3.2. Population

Le Département de Bouaké est une région d'émigration. En 1965, le


Département avait 115 600 habitants avec une densité moyenne de 28
habitants au km2. En 1975, cette population chute à 86 464 habitants
pour remonter légèrement à 112 492 habitants en 1988.

La structure par sexe révèle une population à égalité féminine et


masculine (49,8 %).

Cette population est composée à majorité de jeunes. Les moins de 20 ans


représentent 57 % de la population. La pyramide des âges fait apparaître
que dans les moins de 20 ans, les hommes sont majoritaires, alors que
dans les plus de 20 ans, les femmes dominent ; ce qui traduit une
émigration principalement masculine.

La structure par ethnie et nationalité révèle que les ivoiriens sont


largement majoritaires avec en tête les Akan.

Au niveau des non ivoiriens, les Maliens sont les plus nombreux, suivis
des Burkinabè et des Guinéens.

- Le profil de l'emploi montre la part prépondérante de l'agriculture


dans l'ensemble de la population active puisque ce secteur occupe 37,8 %

35
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
des actifs. Il est suivi des ouvriers et des commerçants ; les sans-emplois
sont toutefois plus nombreux que les actifs.

I.3.3. Caractéristiques économiques

Bouaké doit sa prospérité d'antan et son développement économique à sa


situation de carrefour et à sa position de relais desservant deux régions
économiques différentes (forêt-savane). Le site a contribué à valoriser
cette situation car, fortuitement choisi pour la surveillance d'une chefferie
Baoulé et en fonction de soucis défensifs, il s'est finalement révélé
parfaitement adapté à une fonction commerciale.

Bouaké est un pôle économique constitué qui vit au rythme du textile


dont elle tire une partie de sa renommée. En effet, le destin de Bouaké se
confond avec Gonfreville, l'Usine Textile créée en 1921. A elle seule,
elle fournit la majorité des emplois salariés de la ville. Les autres
entreprises viennent loin derrière Gonfreville par le nombre d'ouvriers.

Le secteur tertiaire est celui qui a fait véritablement la renommée de la


ville. Bouaké grouille d'un nombre impressionnant de métiers relevant de
l'artisanat. Ensuite le commerce est l'une de ses plus anciennes activités.
L'essentiel de ce commerce est traditionnel. Le foisonnement des
activités informelles donne au voyageur arrivant pour la première fois à
Bouaké, l'impression d'une ville débordante d'activités. Aujourd'hui, avec
la crise, le secteur tertiaire s'est hypertrophié. La ville est devenue le lieu
de tous les trafics.

36
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
La circulation monétaire y est particulièrement rapide, ce qui permet à
quiconque de se livrer à un petit commerce et d’en dégager un peu
d'argent.

Bouaké est la deuxième ville industrielle du pays. Bien que peu variée et
d’envergure modeste, cette industrie couvre les domaines du textile, de
l'agroalimentaire et de la chimie.

La politique de décentralisation a contribué à l'implantation de nombreux


services dans les centres urbains. Bouaké, la seconde ville du pays
possède la majorité de ces infrastructures.

Le commerce est le principal facteur d'animation de la ville avec un


secteur informel très développé.

Les lieux privilégiés des échanges demeurent les marchés.

Au plan des infrastructures économiques, la ville de Bouaké est dotée de


:

-Deux zones industrielles

-Un quartier commercial

-Un marché de gros de norme internationale

-Des usines telles que : CIDT, SITAB, FIBAKO, TRTURAF

I.3.5. Infrastructures éducatives

Au plan éducatif, on note que la ville de Bouaké est dotée de nombreuses


infrastructures privées et publiques d’enseignement général et
professionnel. Parmi ces infrastructures on peut citer :

37
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
-l’université Alassane Ouattara ;

-Plusieurs lycées, collèges et écoles primaires publics et privés ;

-le CET

-Le CETF

-Le Lycée Technique

-le CAFOP 1

-le CAFOP 2

I.3.4. Infrastructures sanitaires

Au plan sanitaire, la ville de Bouaké vient en deuxième position en


matière de dotation en structures d’administration, de soins de santé et de
formation du personnel soignant. Parmi ces structures l’on peut citer :

-la Direction régionale de la santé de Gbêkê ;

-trois directions départementales de santé ;

-Le CHU de Bouaké ;

- le CNTS

-L’INHP

-La PSP

-les formations sanitaires urbaines privées et publiques

-l’hôpital psychiatrique

-les ONG de promotion de la santé

38
FACTEURS FAVORISANTS L’INOBSERVANCE DU TRAITEMENT PAR
LES CLIENTS REÇUS AU CAT DE BOUAKE
-La faculté des sciences médicales de Bouaké ;

-l’INFAS

I.4. CHAMP DE L’ETUDE

Notre champ d’étude est le Centre Antituberculeux de bouaké.

I.4.1. Historique de la création du centre Antituberculeux

Le centre antituberculeux a été créé en 1972 et fut dirigé par Dr


DAGORE. C’est après plusieurs changement que Dr docteur
OUATTARA devient l’actuel médecin en chef de ce dit centre.

I.4.2. Situation géographique

Le Centre Antituberculeux de Bouaké est situé dans le centre de la ville


de Bouaké au quartier Odiénnekourani entre le CHU et l'INSP sur l’axe
cathédrale – aéroport.

I.4.3. Organisation structurelle

Le CAT que pour le bon fonctionnement de son programme englobe en


son sein :

Un service de pharmacie

Un service de laboratoire

Un service de radiologie

Un service de tri

Un service de CDV

39
Un service de distribution Un service d'assistance social Un
service de mis en traitement

Ainsi, de par la symbiose de ses différents services le CAT est prompte à


relever le défi de sa mission et de son objectif fixé.

I.4.4. Les ressources humaines

Le CAT pour assurer ses missions compte en son sein :

- 02médecins pneumologue

- 04 infirmiers

- 02 biologistes

- 01 technicien d'imagerie

- 02aides-soignantes

- 01conseiller clinique

- 01assistant social

- 05 agents de terrains

- 03techniciens de surface

Les agents de terrain comme l'a été spécifié un peu plus haut œuvrent
pour le bon suivi du traitement en effectuant des visites à domicile(VAD)
pour s'assurer du respect des procédures du traitement et par la même
occasion faire des sensibilisations

I.5. POPULATION D’ETUDE, ECHANTILLONNAGE,


ECHANTILLON

40
I.5.1. Population de l’étude

Il s’agit des clients atteints de tuberculose venant chercher leurs


médicaments au centre Antituberculeux.

I.5.2. Echantillonnage

C’est un échantillonnage probabiliste de type accidentel qui a consisté à


interroger les clients âgés d’au moins 15 ans, rencontrées dans le Centre
Antituberculeux au cours de notre enquête.

I.5.3. Echantillon

L’échantillon de notre étude est composé de 60 clients atteints de la


maladie de la tuberculose.

I.5.4. Critères d’inclusion et de non inclusion

I.5.4.1. Critères d’inclusion

Tous les clients âgés d’au moins 15 ans atteints de tuberculose et venant
chercher ses médicaments au Centre Antituberculeux de Bouaké
pendant la période de l’enquête sont inclues dans notre étude.

I.5.4.2. Critères de non inclusion

Ne sont pas inclues dans notre étude :

-les personnes de moins de 15 ans ;

-les personnes non atteintes par la maladie

- le personnel soignant.

41
I.6. INSTRUMENTS DE RECUEIL DES DONNEES ET
VALIDATION DES INSTRUMENTS DE COLLECTE DES
DONNEES

I.6.1. Instruments de recueil des données de l’étude

Pour recueillir nos données, nous avons eu recours à un questionnaire


adressé aux clients venants chercher leurs médicaments au CAT.

I.6.2. Validation des instruments de collecte des données

Elle s’est faite en deux étapes :

- la mise en forme du questionnaire;

- le pré-test

I.6.2.1. Mise en forme des instruments de collecte

Le questionnaire a été soumis à l’appréciation de notre encadreur, en vue


de corriger les imperfections en tenant compte de l’adéquation entre les
questions et les objectifs de l’étude ainsi que de leur formulation.

I.6.2.2. Pré-test

Dans le but de vérifier la compréhension des questions auprès de


personnes ayant les mêmes caractéristiques que celles de notre
échantillon d’étude, et de nous assurer qu’elles permettent de recueillir
les données utiles à notre étude, nous avons organisé un pré-test auprès
de quelques personnes atteintes d’autres pathologies au centre de santé
urbain de Diezoukouamékro.

42
Au terme de ce pré-test nous avons procédé à la reformulation de
certaines questions et à la réorganisation de notre outil de collecte pour
permettre la même compréhension par les différents répondants.

I.6. METHODE DE COLLECTE DES DONNEES

L’entretien est fait avec chaque client remplissant les critères d’inclusion
dans l’échantillon préalablement définis.

Chaque entretien a duré en moyenne dix minutes.

I.8. TRAITEMENT ET ANALYSE DES DONNEES

La saisie des données et l’élaboration des graphiques ont été réalisées à


l’aide du logiciel Microsoft Word 2010.

I.9. CONSIDERATIONS ETHIQUES

Pour mener à bien notre étude, une note d’autorisation de collecte des
données nous a été délivrée par la direction de l’antenne de l’Institut
National de Formation des agents de la Santé (INFAS) de Bouaké.

Des ampliations de cette note d’autorisation ont été déposées au CAT ce


qui nous a permis de mener à bien notre enquête.

C’est après l’obtention de l’accord des différents responsables de service


que nous avons entrepris notre étude.

Nous avons par ailleurs rassuré chaque participant à l’enquête que


l’anonymat serait strictement préservé au cours de toutes les étapes de la
gestion des données relatives à leurs opinions sur les questions posées,
conformément à la loi du 07 juin 1957 sur l’obligation de répondre et le

43
secret statistique qui stipule que les renseignements recueillis au cours
d’un recensement, d’une enquête, notamment ceux ayant trait à la vie
privée des personnes recensées ou enquêtées, sont confidentiels et ne
peuvent en aucun cas être divulgués ou utilisés à des fins politiques, de
contrôle fiscal, de répression économique ou de poursuite judiciaires.

I.10. DUREE DE L’ETUDE

Notre étude s’est déroulée du 13 au 16 Octobre 2020 et cela tous les jours
soient au total 04 jours.

I.11. DIFFICULTES RENCONTREES PENDANT L’ETUDE

Quelques barrières linguistiques entre nous et certains clients nous ont


contraints à recourir à des interprètes pendant l’enquête. Certaines
personnes ont refusé de répondre à nos questions. Le déroulement de
l’enquête à couter de l’argent, le refus de certaines personnes de répondre
aux questionnaires, la méfiance et enfin les difficultés de préserver la
confidentialité.

I.12. LIMITES DE L’ETUDE

Au cours de nos activités de recherche nous avons été confrontés à une


contrainte à savoir l’insuffisance de temps compte tenu de la coïncidence
de la période de l’enquête avec la période de préparation de l’examen de
certification.

II. ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS

Nos analyses et interprétations s’articulent autour des objectifs définis au


début de notre étude.

44
II.1. CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES DES
HABITANTS

TABLEAU I : répartition des malades tuberculeux selon leurs


tranches d’âge

Tranches d’age Effectif Pourcentage


N=60 %
moins de 15 ans 07 11,66
20-30 16 26,66

31-40 19 31,66

41-50 13 21,66
05 08,33
51 et plus

Source : Données de l’enquête

Nous constatons que la population la plus touchée par la maladie de la


tuberculose est celle se situant respectivement dans les tranches de : [20-
30] et [31-40] qui représente les jeunes et la plus active du pays et la
population cible de cette maladie.

45
GRAPHIQUE I : répartition des malades tuberculeux en fonction du
sexe

45
55
sexe masculin
sexe feminin

Sources : données de l’enquête

La majorité de personnes interrogées nous montre que 55% d’hommes


contre 45% de femmes sont atteints de cette maladie. Cela pourrait
s’expliquer par le fait que la population de sexe masculin est celle qui a
une attirance pour les déboires (les attroupements, l’alcoolisme, le
tabagisme et les grins etc.).

46
Répartition des malades tuberculeux selon leurs catégories
socioprofessionnelles

SOURCE : donnés de l’enquête

D’après le graphique nous remarquons que la population à la profession


la plus touchée est celle des autres métiers car, ils sont confrontés un bon
nombre de personnes que sont les clients et le personnel employé lui-
même. Ces métiers sont entre autres ceux de chauffeurs, maçons,
mécaniciens, vendeuses, etc.

47
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
supérieur secondaire primaire analphabète

Série 1

Répartition des malades tuberculeux en fonction du niveau d’instruction

SOURCE : Données de l’enquête

Le diagramme nous présente une population analphabète qui est la plus


touchée et cela pourrait s’expliquer par leur ignorance vis-à-vis de la
maladie.

48
TABLEAU II: Réparation des malades en fonction des difficultés rencontrées
Les difficultés Nombre de personnes Nombre de personnes ne
rencontrées Rencontrant des rencontrant pas de
difficultés difficultés

Diarrhées 12 0

Acouphènes 5 0

Vomissements 8 0

Céphalées 10 0

Vertiges 5 0

Somnolences 12 0

Total 52 8

Pourcentages 88% 12%

Source : données de l’enquête

La majorité des malades tuberculeux (88 %) interrogé affirment


rencontrer des difficultés lors de la prise des médicaments. Par contre
l’autre partie, la minorité (12 %) admet ne pas avoir de difficultés dans la
prises des médicaments. Cette différence de problème constaté emmène à
s’accorder sur le fait que les médicaments antituberculeux sont une cause
de l’inobservance de leur traitement.

49
❖ SUGGESTIONS DES CLIENTS

SUGGESTIONS EFFECTI POURCENTA


F GE

N=60 %

Implication du personnel de santé au suivi du 06 10


traitement

Sensibiliser l’entourage 15 25

Autres à
préciser

La réduction de la durée du traitement 15 25

Plus de visite des agents de santé à domicile 08 13

Faire plus de sensibilisation à travers les guides 10 2


religieux

Récompenser ceux qui sont observant au 06 10


traitement

Total 60 100

SOURCE : Données de l’enquête

50
Il ressort des données du tableau ci-dessus que les clients interrogés au
CAT de Bouaké ont évoqué plusieurs suggestions en vue d’améliorer
leur traitement. Les suggestions les plus citées sont la réduction de la
durée du traitement, la sensibilisation.

SYNTHESE GENERALE

Au terme de l’analyse et de l’interprétation de nos données nous pouvons retenir


que la population atteinte de tuberculose est relativement jeune avec une
prédominance de sexe masculin. Il faut ajouter le faible niveau d’instruction de
cette population qui augmente le taux morbidité.

Par ailleurs nous avons pu recueillir quelques suggestions en vue d’améliorer le


traitement des malades.

La synthèse des résultats de notre étude s’articulera autour des différents points qui
ont été analysées.

❖ Au niveau des caractéristiques sociodémographiques des clients.

Les malades se caractérisent par :

− Leur jeunesse ;

− Leur majorité qui est masculine.

❖ Au niveau socioprofessionnel

La majorité est constituée par les sans emploi et les employés à faible revenu.

❖ Au niveau de l’instruction

Elle est dominée par les analphabètes d’où leur ignorance sur la maladie.

51
❖ Au niveau des difficultés rencontrées

Près de la totalité des patients affirment avoir rencontrés des difficultés dans la
prise des médicaments.

❖ Au niveau des suggestions des malades

Les principales suggestions citées par les clients :

− La réduction de la durée du traitement ;

Faire la sensibilisation de l’entourage et de par les guides religieux.

III. DISCUSSION

Au terme de notre étude, il en est ressorti que la population la plus


touchée par la maladie de la tuberculose est celle se situant
respectivement dans les tranches de : [20-30] et [31-40] totalisant 35
personnes soit 58,33% qui représente les jeunes et la plus active du pays
et la population cible de cette maladie. DANYOGO S [18] au Mali a
rapporté une prédominance dans la tranche d’âge de 25-34 et de
DEMBELE Jean P [16] au Mali qui avait aussi trouvé une prédominance
dans la tranche d’âge de 25-44 ans. La tranche d’âge la plus représentée
est celle de 25-34 ans avec un pourcentage de 30,1 % .ceci pourrait
s’expliquer par la promiscuité professionnelle avec le manque de la
notion du mode de transmission. Cette tranche d’âge représente la couche
de la population active et productive.

Mohamed Badi, Facteurs associés à l’échec du traitement de la


tuberculose pulmonaire à microscopie positive à la préfecture d’Oujda

52
Angads entre 2003 et 2012 Étude cas-témoins, 128 patients on été inclus
dans l’étude. 32 patients on été des cas d’échec thérapeutique. L’âge
moyen des cas et des témoins a été de 42 ans. Taylor NTUMBA,
intervient pour dire dans son étude menée au cameroun que L'âge moyen
était de 34,5 ans aux taux d’echec au traitement étant du à une mauvaise
observance du traitement antituberculeux. Dans l’étude des Facteurs
associés à l’échec du traitement initial de la tuberculose pulmonaire dans
les Centres de Santé de Diagnostic et Traitement de Kinshasa, RD
Congo, dix mille cent quarante-six nouveaux patients tuberculeux ont été
enregistrés à Kinshasa pendant la période étudiée Selon Les
caractéristiques générales des patients. Dans l’ensemble de la population
d’étude, les patients étaient âgés de 16 à 68 ans avec une moyenne d’âge
de 32,0 ans. L’âge moyen des cas était de 33,9 ans et celui des témoins
de 31,0 ans. Dans les deux groupes, les tranches d’âge majoritaires
étaient de 16 à 34 ans et de 35 à 49 ans.

Concernant le sexe, selon des etudes menés sur les Facteurs associés à
l’échec du traitement initial de la tuberculose pulmonaire dans les
Centres de Santé de Diagnostic et Traitement de Kinshasa, RD Congo
La majorité de personnes interrogées nous montre que 55% d’hommes
contre 45% de femmes sont atteints de cette maladie. Cela pourrait
s’expliquer par le fait que la population de sexe masculin est celle qui a
une attirance pour les déboires, Dix mille cent quarante-six nouveaux
patients tuberculeux ont été enregistrés à Kinshasa pendant la période
étudiée. Parmi ces patients, 154 (1,5%) ont présenté un échec de
traitement antituberculeux initial. De ce groupe, seuls 87 patients

53
remplissant les critères d’inclusion ont été appariés à 174 témoins. Près
de 68% de cas et 61% de témoins étaient de sexe masculin. Au Mali, Les
deux sexes sont touchés avec une prédominance masculine, 63% de sexe
masculin contre 37% de sexe féminin soit un ratio H/F qui est de 1,7 en
faveur du sexe masculin.

DEMBELE Jean P [16] au Mali et BERCION et COLL à Yaoundé [17]


ont rapporté une prédominance masculine. Pour Mohamed Badi, Facteurs
associés à l’échec du traitement de la tuberculose pulmonaire à
microscopie positive à la préfecture d’Oujda Angads entre 2003 et 2012
Étude cas-témoins le sex-ratio M/F a été respectivement de 31 et 2,4 chez
les cas et les témoins. Le sexe masculin était le plus touché par le
phénomène demultirésistance aux antituberculeux avec une fréquence de
90,30%, le sex ratio est de 9,3 en faveur des hommes. Ceci peut être un
fait du hasard faisant que les hommes soient nombreux que les femmes.
Ces résultats rencontrés dans notre étude sont proches d'autres études
africaines (Domond F., 1996; Braun E. et al, 2012 ; Pablos M. et al,
1997), Prévalence de la tuberculose multiresistante sur la ville de
Mbujimayi.

Les repartitions professionnels nous montrent que la population à la


profession la plus touchée est celle des autres métiers car, ils sont
confrontés un bon nombre de personnes que sont les clients et le
personnel employé lui-même. Ces métiers sont entre autres ceux de
chauffeurs, maçons, mécaniciens, vendeuses, etc. selon le document, les
Facteurs associés à l’échec du traitement initial de la tuberculose
pulmonaire dans les Centres de Santé de Diagnostic et Traitement de

54
Kinshasa, RD Congo, Concernant le type de profession, 61 cas sur 87
(70%) et 104 témoins sur 174 (60%) avaient une profession non
rémunérée.

Selon le niveau d’instruction, l’observation faite nous une population


analphabète qui est la plus touchée et cela pourrait s’expliquer par leur
ignorance vis-à-vis de la maladie. Les analphabètes ont représenté 62,5%
des patients. Ce résultat est inférieure à celui de DANYOGO S [18] au
Mali a trouvé 70,5% des analphabètes dans sa population d’étude.

Des difficultés rencontrées par les païens lors des prises des médicaments
emmènent une grande partie à être inobservant au traitement. Selon le
résultat de nos études, La majorité des malades tuberculeux (88 %)
interrogé affirment rencontrer des difficultés lors de la prise des
médicaments. Par contre l’autre partie, la minorité (12 %) admet ne pas
avoir de difficultés dans la prises des médicaments. Cette différence de
problème constaté emmène à s’accorder sur le fait que les médicaments
antituberculeux sont une cause de l’inobservance de leur traitement. En
effet, Certains symptômes, bien qu’indésirables, peuvent, en outre, être
perçus par les patients comme liés de manière fonctionnelle à l’efficacité
du traitement, comme une phase nécessaire de celui-ci, alors que d’autres
en seraient plutôt vus comme indépendants [Nichter, 1989]. Selon cet
ordre d’idée, les vomissements, les manifestations cutanées ou encore
l’obscurcissement de l’urine déjà cité peuvent, par exemple, symboliser
pour le patient l’expulsion hors de son corps de la maladie [Etkin, 1988].
Les effets secondaires des médicaments peuvent parfois aussi être perçus
comme les signes d’une autre maladie. Les effets secondaires des

55
médicaments, on le voit, sont susceptibles de confirmer, ou au contraire
d’infirmer, le diagnostic et donc le traitement. Parmi les autres facteurs à
considérer, on peut citer la disparition (généralement en un mois) des
symptômes qui ont conduit le patient à consulter, ce qui remet en cause
l’objectif du traitement et indirectement la nécessité de le suivre jusqu’à
la fin dans la mesure où le patient peut s’estimer guéri [Bergman,
Werner, 1963, cité par Earnest et Sbarbaro, 1996]. Aussi, l Organisation
mondiale de la Santé 2003, Programme mondial de lutte contre la
tuberculose, Les troubles de la digestion, des dermites généralisées ou
d’autres réactions d’hypersensibilité, comme un dérèglement de la
fonction hépatique, comptent parmi les principaux effets indésirables. On
observe parfois des hypokaliémies. L’anorexie, les nausées, les
vomissements et les douleurs abdominales sont plus fréquents que la
diarrhée. Aussi, Les troubles de la digestion, des dermites généralisées ou
d’autres réactions d’hypersensibilité, comme un dérèglement de la
fonction hépatique, comptent parmi les principaux effets indésirables.

Au vu des résultats énoncés ci-dessus, il faut noter qu’ils constituent des


facteurs d’inobservance du traitement des clients reçus au CAT.
Toutefois, d’autres facteurs peuvent en être la cause.

L’inobservance au traitement antituberculeux peut être due à plusieurs


autres facteurs. En effet, l'âge moyen dans notre étude est de 34,5 ans. La
tranche d'âge comprise entre 22 et 28 ans était la plus touché avec
38,71%. Cela peut s'expliquer par le fait que la population de notre étude
était à majoritairement jeune. Ces résultats de notre étude sont
légèrement supérieurs à ceux trouvés par Souad E.(2013)au Maroc qui

56
montraient que l'âge moyen était de 31 ans. La tranche d'âge la plus
concernée était celle comprise entre 15 et 45 ans (67,4%).Une étude
réalisée par Lompo B. (2007) au Burkina-Faso révèle une prédominance
des cas de TB-MR dans la tranche d'âge comprise entre 25 à 34 ans avec
34,4% des cas. Le sexe masculin était le plus touché par le phénomène de
multirésistance aux antituberculeux avec une fréquence de 90,30%, le sex
ratio est de 9,3 en faveur des hommes. Ceci peut être un fait du hasard
faisant que les hommes soient nombreux que les femmes. Ces résultats
rencontrés dans notre étude sont proches d'autres études africaines
(Domond F., 1996; Braun E. et al, 2012 ; Pablos M. et al, 1997).

Quant au niveau d’instruction, Prévalence de la tuberculose


multirésistante sur la ville de Mbujimayi par Taylor NTUMBA, Les
patients non instruits représentaient 16,1% contre 89,9% des patients
instruits. Ces résultats sont similaires à ceux de Braun E. (2012) en
France où les patients non instruit représentaient 14,4%. En rapport avec
la connaissance sur la tuberculose, nous avons noté que les patients de
niveau secondaire avaient une bonne connaissance sur la tuberculose par
rapport aux autres. Cependant, le khi-deux utilisé révèle que la différence
est significative.

Concernant les difficultés rencontrées dans la prise des médicaments,


Actuellement dans le monde, seuls 57 % des cas de tuberculose
multirésistante sont traités avec succès. En 2020, l’OMS a recommandé
que les patients atteints de tuberculose multirésistante soient traités selon
un nouveau schéma thérapeutique, qui est plus court (9 à 11 mois) et

57
administré exclusivement par voie orale. Les études ont montré que les
patients parviennent plus facilement à suivre ce traitement jusqu’au bout,
par rapport aux autres traitements dont la durée peut aller jusqu’à 20
mois. Avant de commencer ce traitement, il faut exclure toute résistance
aux fluoroquinolones.

OMS, tuberculose, 14 octobre 2020, principaux fait, Conformément aux


lignes directrices de l’OMS, le diagnostic d’une tuberculose
multirésistante ou résistante à la rifampicine doit reposer sur une
confirmation bactériologique de la tuberculose et sur une mise en
évidence de la pharmacorésistance à l’aide de tests moléculaires rapides,
de méthodes de culture ou de techniques de séquençage. Le traitement
consiste en l’administration de médicaments de deuxième intention
pendant une période comprise entre 9 et 20 mois, doublé d’un service de
conseil aux patients et d’une surveillance des effets indésirables. L’OMS
préconise d’élargir l’accès aux traitements administrés exclusivement par
voie orale.

Au Mali, A la fin de cette étude les résultats obtenus ont été de 61,64%
de guérison ; 20,55 % de traitement termine, soit 82,19% de succès au
traitement ; 9,59% de décès ; 5,48% de transfert ; 1,37% d’échec de
traitement ;1,37 d’abandon de traitement pour les malades TPM+ les
résultats ont été de 72,9% de guérison ; 6,80% de traitement terminé ;
soit 79,7% de succès du traitement ; 10,2% de décès ; 6,8% de transfert ;
1,7% d’échec de traitement et 1,7% d’abandon de traitement.

58
CONCLUSION

Au terme de notre étude traitant des facteurs favorisant l’inobservance du


traitement par les clients reçus au CAT, il convient de noter que cette
attitude est un facteur d’augmentation exponentiel de la maladie de la
tuberculose tant à l’échelle mondiale que nationale créant des dommages
irréversibles à nos états et à la population. Certains facteurs favorisants
étant énoncés plus haut, il incombe à l’Etat, aux autorités, au personnel
agent.

59
RECOMMANDATIONS

60
Au terme de cette étude que nous avons conduite au sein du CAT, et au regard des
résultats enregistrés, nous faisons quelques suggestions à court et moyen terme, qui
prises en compte, permettront selon nos espérances de réduire l’inobservance du
traitement antituberculeux des malades reçus au CAT.
V.1. A COURT TERME

- Aux clients inobservants

✓ S’informer sur les effets néfastes que pourrait entrainer la tuberculose sur
leur vie ;
✓ Mettre en application les conseils et prescriptions prodigués par les
professionnels de soins ;
✓ Former des comités de sensibilisation et d’information des populations
principalement les tuberculeux et leur entourage de la nécessité du suivi du
traitement des clients et leur encouragement vis-à-vis de ceux ci.
- Au Professionnel de santé

✓ Augmenter la communication avec le client dans le cadre de l’éducation


sanitaire;
✓ Organiser le suivi du traitement tuberculeux ;
✓ Recevoir les clients à leur demande ;
✓ Relancer les malades irréguliers ;
✓ S’approvisionner régulièrement en stock de sorte à ce qu’il n’y ait pas
de pénuries ;
✓ Encourager les clients à la prise régulière et quotidienne des
médicaments.
- Au Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique

61
✓ Recrutement et formation des agents de santé pour la prise en charge des
clients tuberculeux au niveau des CSR ;
✓ Renforcer la lutte contre la stigmatisation d la tuberculose ;
✓ Décentraliser la stratégie DOTS au niveau des CSR.
V.2. A MOYEN TERME

- A la population

✓ Accompagner les clients au début et pendant la prise en charge;


✓ Soutenir les malades tuberculeux ;
✓ Interdire aux patients leurs irrégularités dans le traitement.
V.3. A LONG TERME

- Au Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique

✓ Assurer le suivi et l’évaluation des activités relatives à la prise en charge des


clients tuberculeux ;
✓ Organiser et exécuter des missions de vérification et de suivi de la prise en
charge effective du traitement antituberculeux ;
✓ Sensibiliser le personnel agent de santé sur la communication avec les clients
en vue de favoriser un climat adéquat.
✓ Encourager le Traitement directement observé (TDO) par une chimiothérapie
de courte durée.
✓ Dans le cadre de la stratégie DOTS , le traitement doit être pris pendant deux
mois au moins devant le personnel de santé.

62
REFERENCES

63
- WHO/TB/97.2 LE TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE:
PRINCIPES À L’INTENTION DES PROGRAMMES NATIONAUX
DEUXIÈME ÉDITION 1997.

- OMS, tuberculose, 14 octobre 2020, principaux


fait,Conformémentaux lignes directrices de l’OMS.

- ETUDE DE L’OBSERVANCE DU TRAITEMENT


ANTITUBERCULEUX DANS LE DISTRICT SANITAIRE DE
YANFOLILA DU 1er janvier 2007 au 30 septembre 2008.

- Antituberculosis drug resistance in the World. The WHO/IUATLD


global project on antituberculosis drug resistance surveillance 1994-
1997, Geneva, 1997 (WHO/TB/97 229).

- J.L. Ecobichon et Z. Berki-Benhaddad : Service des maladies


infectieuses et tropicales du Pr J.P. Vildé, hôpital Bichat-Claude Bernard,
Paris Le Courrier de l’Observance thérapeutique 2000 ; 1, 2 : 4-5.

- FICHE D’INFO – La tuberculose en Côte d’Ivoire : chiffres et


acteurs de la lutte.

- Côte d’Ivoire | Lutte contre la coïnfection tuberculose/VIH : les


indicateurs de dépistage et de prise en charge en nette progression

- Échec du traitement antituberculeux et infection due au VIH à


Abidjan (Côte d’Ivoire).

64
- PLAN STRATEGIQUE NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA
TUBERCULOSE 2016-2020

- Prévalence de la tuberculose multiresistante sur la ville de


Mbujimayi par Taylor NTUMBA,Université de Mbujimayi

- Mémoire online.com

- BADI MOHAMED, Facteurs associés à l’échec du traitement de la


tuberculose pulmonaire à microscopie positive à la préfecture d’Oujda
Angads entre 2003 et 2012 Étude cas-témoins.

- Tuberculose et santé publique : les multiples facteurs impliqués


dans l’adhésion au traitement.

- Facteurs associés à l’échec du traitement initial de la tuberculose


pulmonaire dans les Centres de Santé de Diagnostic et Traitement de
Kinshasa, RD Congo : étude cas – témoins

- Anthropologie et Sociétés Violence structurelle, mondialisation et


tuberculose multirésistante, Arachu Castro and Paul Farmer.

- https://id.erudit.org/iderudit/007444ar

- https://doi.org/10.7202/007444ar

65
- FAVORISER L’OBSERVANCE THÉRAPEUTIQUE DES
PATIENTS EN SITUATION DE GRANDE PRÉCARITÉ ATTEINTS
DE TUBERCULOSE-MALADIE : L’EXPÉRIENCE DE L’ÉQUIPE
MOBILE DE LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE DU
SAMUSOCIAL DE PARIS, 2015-2018.

- Organisation mondiale de la Santé. Mise en oeuvre de la stratégie


pour mettre fin à la tuberculose .Points essentiels. Genève: OMS; 2016.
130 p.

-
https://www.who.int/tb/publications/2015/The_Essentials_to_End_TB/fr.

- OMS, tuberculose, principaux faits, 14 octobre 2020

- Feuille de route tuberculose 2019-2020, Ministère des Solidarités


et de la santé, France.

- Evaluation de la prise en charge de la Tuberculose dans le district


Sanitaire de segou, M. Issouf TRAORE.

- OMS, Rapport sur la tuberculose dans le monde

2019.

- Les facteurs déterminant l'observance du traitement

antituberculeux en milieu urbain à Tamatave, Madagascar

66
T. M. Comolet, R. Rakotomalala, H. Rajaonarioa.

- Dupuis, Orig. Cultes, 1976, p.212

- papiers de granvelle, I, 220 d’apr. FEW t. 7, p. 248b.

67
ANNEXES

68
ANNEXE I : Note d’autorisation d’enquête

69
Questionnaire d’enquête

I. LES CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES DES


TUBERCULEUX
1. Quel âge avez-vous ?
2. Sexe : Masculin Féminin
3. Quelle est votre profession ?
Elève Etudiant Fonctionnaire

Sans emploi
4. Quel est votre niveau d’instruction ?
Universitaire Secondaire analphabète
Primaire
5. Quelle est votre situation matrimoniale ?
Célibataire En couple Divorcée
6. Avez –vous des enfants ?
Oui Non
II. LES DIFFICULTES LIEES A L’OBSERVANCE DU TRAITEMENT
ANTITUBERCULEUX
7. Rencontrez-vous des difficultés pendant la prise des médicaments ?
Oui Non
Si oui, lesquels
Diarrhée Vomissement Vertiges
Acouphènes Céphalées Somnolence
8. Avez-vous des difficultés d’accès au CAT ?
Oui Non
Autres à préciser
SUGGESTIONS
9. Que suggérez-vous pour améliorer observance du traitement ?
− Implication du personnel de santé au suivi du traitement
− Sensibilisation de l’entourage
− Autres à préciser ……………………………………….

70
71

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