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Il serait judicieux voir primordial d’aborder, dans le cadre de notre analyse, les concepts clés qui
constitue notre thème. Il s’agit d’observer entre autres les concepts d’émergence (1) de
développement local (2) de décentralisation (3) et de collectivités territoriales (4).
1) Émergence
Promu par l’économiste néerlandais Antoine Van Agtmael au début des années 1990, le concept
d’émergence a fait une entrée fracassante dans le discours économique et politique en Afrique
depuis la fin des années 2000. En effet, il caractérise le processus par lequel un État s'intègre à
l'économie globalisée et au capitalisme mondial grâce à une croissance économique (c'est-à-dire une
augmentation du produit intérieur brut) forte pendant plusieurs années. Un pays émergent, ou
économie émergente, ou encore marché émergent est un pays dont le PIB par habitant est inférieur
à celui des pays développés, mais qui connaît une croissance économique rapide, et dont le niveau
de vie ainsi que les structures économiques et sociales convergent vers ceux des pays développés
avec une ouverture économique au reste du monde, des transformations structurelles et
institutionnelles de grande ampleur et un fort potentiel de croissance. Il convient de noter que le PIB
par habitant n'est qu'un critère partiel (et partial) de l'émergence : le Koweït, économie émergente, a
un PIB par habitant proche de la moyenne de l'Union européenne.
2) Développement Local
Le terme de développement local apparut en 1962 dans un plan intérimaire de l’État, puis en
1965 en Bretagne centrale (Houée, 2001) lors d’un mouvement de mobilisation des habitants
du pays du Mené(centre de la Bretagne). Le concept de développement local revêt à ce jour
plusieurs définitions liées aux perceptions des principaux aspects couverts par le concept.
Certaines définitions se concentrent davantage sur les aspects techniques, tandis que d'autres
collent aux souhaits des participants et se concentrent donc davantage sur les aspects
[Link] aux aspects techniques, Le développement local est un processus qui
vise à améliorer la situation d’un territoire des points de vue économique, social,
environnemental et culturel, à partir de l’analyse des intérêts, des besoins et des initiatives de
différents acteurs locaux (publics et privés), et par la mise en place concertée entre ces
différents acteurs d’actions cohérentes. Selon Michel Rocard, militant socialiste et ancien
premier ministre de France (dés le début des années 1970),le développement local est une
démarche fédérative visant à mobiliser durablement des acteurs d’un territoire autour d’un
projet à la fois économique, institutionnel, social et culturel. En ce qui concerne la perception
politique, Le développement local, c’est la volonté politique de certains acteurs de changer la
situation du territoire sur lequel ils vivent en entamant un processus et des actions en vue de
construire, par leurs efforts conjoints avec le reste de la population, un projet d’avenir du
territoire intégrant les différentes composantes économiques, sociales, culturelles et en
articulation avec les autres niveaux de décision et d’action. Ils existent quatres conditions clés
du développement local à savoir :
- l’ancrage territorial des démarches de développement local compris ici comme le
dépassement des logiques sectorielles plus que comme une circonscription spatiale de la
décision. Le territoire est ici un moyen et non une fin
- le processus d’intégration. C’est la question cruciale de la place du sujet au sein de la
société qui est posée ici. Elle revêt des formes multiples : mobilisation locale, implication,
citoyenneté
- la prise en compte des dimensions culturelles. Le développement local passe par le
repérage d’un système de valeurs, de croyances, de représentations qui doivent agir comme
des filtres pour la mise en place des actions sur le territoire.
- l’Adoption d’un mode de pensée [Link] s’agit ici de développer des modes
d’apprentissage.
3) Décentralisation
Le terme décentralisation est utilisé de manière générique pour désigner une série de
processus qui, selon les lieux présentent des traits relativement différents (déconcentration,
territorialisation, dévolution, communalisation, décentralisation, municipalisation, etc.). Elle
est décrite comme un système politico-administratif qui s'adapte et est capable de
constituer un équilibre avec les pratiques passées de souveraineté et de centralisation. Il vise
à promouvoir l'organisation et la participation de la société civile au développement,
notamment dans la prestation des services publics. Ainsi, les entités décentralisées,
notamment les collectivités territoriales, ont la responsabilité de contribuer à l'amélioration
du cadre et des conditions de vie des collectivités locales et à l'élaboration des politiques
publiques en lien avec l'administration centrale. Elle s’accorde à un système d’autonomie de
gestion et a pour objectifs majeurs de rapprocher l'administration des administrés et de
permettre le développement harmonieux d’un territoire.
Étant entendu que décentralisation rime avec autonomie, ses conditions sont au nombre de
trois :
Autonomie matérielle : la structure décentralisée jouit de la personnalité morale, elle
dispose d'un patrimoine et d'affaires propres (qualifiées le plus souvent d'affaires locales par
opposition aux affaires nationales gérées par l'État)
Autonomie organique : les affaires de la structure décentralisée sont gérées par des organes
qui sont propres à cette structure décentralisée ;
Autonomie fonctionnelle : la structure décentralisée gère ses affaires plus ou moins
librement.
Cette triple autonomie diffère de l'indépendance : la structure décentralisée reste sous la
surveillance de l'État, sous le nom de contrôle de légalité ou parfois de tutelle.
4) Collectivités Territoriales
Les Collectivités Territoriales sont des Institutions Politico-Administratives territoriales
décentralisées dans l’État Unitaire. Ce sont des divisions territoriales décentralisées
autonomes, d’essence participative concourant à l’exécution des politiques d’aménagement
du territoire et à la gestion des Affaires Publiques. La création de collectivités territoriales
s’inscrit dans une démarche de décentralisation du pouvoir de décision de l'État. L’État
transfère des compétences et des moyens (budget, personnel...) à des entités distinctes. Ces
entités possèdent une base territoriale et sont administrées par des conseils élus au suffrage
universel. Il s’agit entres-autres des communes, des régions, des départements, des sous-
préfecture et des villages. Elles sont créées en considération des critères suivants :
1- le poids démographique ;
2- le niveau d'infrastructure et d'équipement ;
3- l'existence réelle d'une cohésion sociale ;
4- le potentiel économique et financier ;
5- l'étendue et le nombre de localités devant composer l'entité décentralisée à créer.
Les Collectivités Territoriales détiennent en outre, des compétences qui leur sont attribuées
par la Constitution et par la loi et dont l’exercice peut être contesté en justice, notamment
en matière de responsabilité civile. Elles sont caractérisées notamment par les éléments
suivants :
1. une dénomination, une population, et une superficie bien délimitée du territoire national ;
2. un Conseil et une Assemblée élus ;
3. des ressources propres ;
4. des vocations et compétences spécifiques octroyées par la Constitution et par la loi
5. la personnalité morale, l’autonomie administrative et financière, la libre
administration ;
6. l’existence d’un lien de tutelle de l’Etat sur la collectivité.
Les collectivités territoriales s'administrent librement par des conseils élus au suffrage
universel direct (conseil municipal, conseil régional…) et par des organes exécutifs (maire,
président de conseil régional…).
Aucune collectivité territoriale ne peut exercer une tutelle sur une autre. Cependant, lorsque
le concours de plusieurs collectivités territoriales est nécessaire, la loi peut les autoriser à
organiser les modalités de leur action commune (ex : coopération intercommunale).