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Thème : Retentissement de la mutilation génitale avant et pendant

l’accouchement

PREMIERE PARTIE
CHAPITRE I : PROBLÉMATIQUE DE L’ETUDE
1.1 Énoncé du problème
Lors de nos différents stages, nous avons pu constater que les femmes souffraient pendant
et après les accouchements à cause des MGF. Souvent, au cours de mon encadrement
auprès des patientes, les sages-femmes qui parvenaient à dépister une MSF nous en
faisaient la remarque des complications graves pour les femmes lors de l’accouchement et
un taux de mortalité plus élevé pour leurs bébés. Par la suite, il arrivait qu’elles le notent sur
le dossier sans en parler à la patiente risque de césariennes et d’épisiotomies
pendant l’accouchement, forte hémorragie prolongée après la naissance. Dans d’autres
situations, les sages-femmes nous demandaient toujours avec discrétion si nous avons
relevé dans le dossier des patientes la présence d’un MGF. Nous en profitons pour avoir plus
d’informations sur les conduites à tenir. Peu de suites étaient données à notre
questionnement. Nous nous sommes alors projetées en tant que futures praticiennes
notamment sur les complications des mutilations génitales.

1.2 Justification du choix du sujet de recherche

Notre choix d’étude est centré sur les retentissements des mutilations génitales du fait de son
caractère récurrent, de ses particularités (population adolescente, lien avec la sexualité…) et
de l’intérêt qu’elle présente dans la prévention de la mortalité maternelle. Ayant fait le constat
de la progression du phénomène, et comme énoncé précédemment que la mutilation constitue
un handicap, nous avons jugé important d’identifier les freins à cette problématique.

Questions de recherche
Durant l’étude, nous cherchons à déterminer :

• Pourquoi avons-nous dans les maternités de DIORGA de Rufisque , CS


Dahra Jolof et la Clinique 18 Safar de Sékotane un nombre important de
femmes mutilées ?
• Quels sont les retentissements des MGF
• Quelles peuvent être les solutions à proposer pour réduire ce phénomène ?

Propositions théoriques / Hypothèses de recherche


 Nous supposons que les facteurs à l’origine des cas élevés de MGF
sont liés aux croyances mythiques et culturelles
 Il se pourrait que la persistance de la pratique des MGF dans la zone
soit due à l’insuffisance de sensibilisation et de mesures répressives
de la population.
 Les freins à l’abolition de cette pratique peuvent être liés à
l’attachement à certaines croyances archaïques et à l’obligation
pour certains de les perpétuer
1.3 But de l’étude
A la fin de cette étude il est attendu les résultats suivants :
Les perceptions ; connaissances ; attitudes et pratiques des hommes et des femmes en
matière de MGF sont appréhendés ;
-Les conséquences de la mutilation génitale avant et pendant l’accouchement connues
- Des solutions contre le phénomène sont proposées

Objectif général de l’étude


Contribuer à la régression de la prévalence des MGF à hauteur de 50% dans les maternités de
DIORGA de Rufisque, CS Dahra Jolof et la Clinique 18 Safar de Sékotane d’ici Mars 2030.

Objectifs spécifiques de l’étude


- Montrer l’impact de la MGF sur la santé des femmes avant et pendant l’accouchement

Réduire de 33,33% à 10% la prévalence des MGF dans la localité de Rufisque, Sébikotane
et Dahra Jolof.
-Réduire le taux de morbi-mortalité lié à la pratique
-Réussir à convaincre les chefs coutumiers et les exciseuses dans l’abolition de la MGF
Méthodologie

Devis de recherche

L’étude a été réalisée dans les maternité de la Poste de Santé de DIORGA , de la Clinique 18
Safar et du CS Dahra Jolof qui se situe dans la région de Dakar et de Louga qui détient l’un
des taux les plus élevés de MGF .
Cette étude transversale descriptive et analytique s’est déroulée du 12 Avril 2023 au 16
octobre 2023.
Population d’étude

Le recueil des données a été effectué par enquêteurs recrutés dans la maternité. Ces enquêteurs
comprenaient les sages-femmes, accoucheuses auxiliaires, et infirmières brevetées au total de 25
personnes. Ils ont été formés à l’utilisation du questionnaire testé et corrigé. L’étude comprenait un
entretien en français ou en langue locale parlée par les enquêteurs, une analyse d’archives
(partogramme).

Echantillonnage et taille de l’échantillon


L’échantillonnage a été exhaustif. Étaient inclues toutes les femmes reçues pour consultations
prénatales et accouchements à la maternité durant la période d’étude. Cependant, les cas de
refus après information éclairée, de hors zone (autre nationalité) et/ou d’impossibilité de
communication par le français ou par les langues locales, n’étaient pas inclus. Avec un total
613 patientes examinées.
Stratégie et critère de recrutement
L’entretien s’est déroulé à l’aide d’un questionnaire comportant des questions fermées et
semi-ouvertes, après la consultation et l’accouchement, par les enquêteurs précités. Le
questionnaire était axé sur les caractéristiques sociodémographiques : adresse, âge ,pays
d’origine…
L’examen clinique vérifiait l’existence de MGF alors classée en trois types : 1, 2 et 3.
Le type 1 est l’ablation du capuchon avec l’ablation partielle ou totale du clitoris
(clitoridectomie).
Le type 2 comprend la clitoridectomie plus l’ablation partielle ou totale des petites lèvres.
Le type 3 est constitué de la clitoridectomie, de l’ablation des petites et grandes lèvres, et la
suture/ rétrécissement de l’orifice vaginal (infibulation)
L’analyse d’archives portait sur le déroulement de l’accouchement (dystocie, déchirure,
césarienne, épisiotomie, hémorragie), l’état du nouveau-né (vivant, réanimé ou décédé), et le
devenir de la parturiente (sortie, transfert, décès).
Les données ont été saisies sur Excel.
CHAPITRE II : Cadre conceptuel de l’étude
Ce chapitre comporte deux points essentiels. Le premier point est consacré à la justification
du cadre conceptuel de l’étude ; et la deuxième sur la définition de quelques concepts
fondamentaux.
2.1. Justification du cadre conceptuel
Pour bâtir le cadre conceptuel de la présente et étude, nous avons retenu plusieurs concepts
regroupes en 03 axes principaux permettant de mieux comprendre le retentissement de la
mutilation génitale avant et pendant l’accouchement.
Ce sont : la mutilation génitale, avant l’accouchement, pendant l’accouchement
2.2. Définitions des concepts clés de l’étude
✓ La mutilation génitale :
Les mutilations génitales féminines (MGF), ou excision (MGF/E), désignent l'ablation
totale ou partielle des organes génitaux féminins externes. Généralement réalisée par un
exciseur traditionnel avec un couteau ou une lame de rasoir avec ou sans anesthésie.
✓ avant l’accouchement : signifie dans ce cas le vécu de la femme excisée avant et durant
l’activité sexuelle
✓ pendant l’accouchement : désigne l’ensemble des complications à l’accouchement et liées à
la MGF.

Rappel
Anatomie fonctionnelle de l'appareil génital féminin

Définition
L’appareil génital féminin se compose de deux glandes, les ovaires, qui produisent
les ovules ; de deux trompes utérines qui conduisent les ovules jusqu’à dans l’utérus ; de
l’utérus, dans lequel se développe l’œuf fécondé ; du vagin et de la vulve qui constituent les
organes de la copulation.
La vulve est la partie externe de l'appareil genital féminin. Elle comprend des replis, les
grandes lèvres et les petites lèvres, qui se rejoignent au niveau du clitoris, organe érectile
sensible à l'excitation.

L’appareil génital féminin a comme fonction la reproduction de l’espèce humaine. Il peut être
à l’origine de nombreuses pathologies gynécologiques :

 Mutilation génitale
 stérilité et fertilité ;
 cancers génitaux ;
 maladies sexuellement transmissibles ;
 problèmes de règles ;
 problèmes de saignements ;
 troubles de la sexualité ;
 problèmes de douleurs ;
 pathologies liées à la grossesse.
Organes génitaux féminins externes

Les structures génitales externes sont constituées du mont de Vénus, des grandes lèvres, des
petites lèvres et du clitoris. La région qui contient ces structures est appelée vulve.

Les structures génitales externes jouent trois rôles principaux :

 Permettre aux spermatozoïdes de pénétrer dans l’organisme


 Protéger les organes génitaux internes des agents infectieux
 Gérer la lubrification et le plaisir sexuel

Le mont de Vénus est une protubérance arrondie formée de tissus adipeux qui recouvre l’os
pubien et qui, à la puberté, se recouvre de poils. Il contient des glandes (sébacées) qui
sécrètent les substances impliquées dans l’attirance sexuelle (phéromones).
Les grandes lèvres sont des replis de tissus relativement grands et charnus, qui enferment et
protègent les autres organes génitaux externes. Elles contiennent des glandes sudorales et
sébacées, qui produisent des sécrétions lubrifiantes. Après la puberté, elles se recouvrent de
poils.
Les petites lèvres sont de taille très variable, de très petites jusqu’à une largeur maximale
de 5 centimètres. Elles se trouvent à l’intérieur des grandes lèvres et entourent l’ouverture
du vagin et de l’urètre. Une riche vascularisation donne aux petites lèvres une couleur rose.
Au cours de la stimulation sexuelle, ces vaisseaux sanguins s’engorgent de sang et
provoquent le gonflement et l’augmentation de la sensibilité des petites lèvres.
La zone comprise entre l’orifice vaginal et l’anus, derrière les grandes lèvres, est appelée
périnée. Sa longueur varie de 2 centimètres, à plus de 5 centimètres.

Les grandes lèvres et le périnée sont recouverts de peau semblable à celle du reste de
l’organisme. Les petites lèvres, en revanche, sont recouvertes d’une muqueuse dont la
surface est maintenue humide par le liquide sécrété par des cellules spécialisées.

L’orifice vaginal est appelé vestibule. Il permet la pénétration du pénis pendant le rapport
sexuel et la sortie du sang menstruel et de l’enfant pendant l’accouchement.

Quand elles sont stimulées, les glandes de Bartholin (situées à l’intérieur des tissus
adjacents à l’orifice vaginal) sécrètent un liquide épais qui permet la lubrification pendant le
rapport sexuel.
L’orifice de l’urètre, qui véhicule l’urine de la vessie à l’extérieur, se trouve au-dessus et
en avant de l’orifice vaginal.
Le clitoris, situé entre les petites lèvres, vers l’extrémité antérieure, est une petite saillie qui
correspond au pénis de l’homme. Comme ce dernier, il est très sensible à la stimulation
sexuelle et peut être en érection. Sa stimulation peut induire un orgasme.

Rôles des organes génitaux dans la reproduction


La zone comprise entre l’orifice vaginal et l’anus, derrière les grandes lèvres, est appelée
périnée. Sa longueur varie de 2 centimètres, à plus de 5 centimètres.

Les grandes lèvres et le périnée sont recouverts de peau semblable à celle du reste de
l’organisme. Les petites lèvres, en revanche, sont recouvertes d’une muqueuse dont la
surface est maintenue humide par le liquide sécrété par des cellules spécialisées.

L’orifice vaginal est appelé vestibule. Il permet la pénétration du pénis pendant le rapport
sexuel et la sortie du sang menstruel et de l’enfant pendant l’accouchement.

Quand elles sont stimulées, les glandes de Bartholin (situées à l’intérieur des tissus
adjacents à l’orifice vaginal) sécrètent un liquide épais qui permet la lubrification pendant le
rapport sexuel.
L’orifice de l’urètre, qui véhicule l’urine de la vessie à l’extérieur, se trouve au-dessus et
en avant de l’orifice vaginal.
Le clitoris, situé entre les petites lèvres, vers l’extrémité antérieure, est une petite saillie qui
correspond au pénis de l’homme. Comme ce dernier, il est très sensible à la stimulation
sexuelle et peut être en érection. Sa stimulation peut induire un orgasme.

Vulve

La vulve est l’organe sexuel externe qui s’ouvre sur le vagin. Elle protège les organes sexuels
internes et procure du plaisir sexuel.

La vulve est composée de plusieurs organes.

Les grandes lèvres sont les 2 replis de peau externes qui ressemblent à des lèvres. Elles
couvrent et protègent les autres organes externes. Au moment de la stimulation sexuelle, les
grandes lèvres peuvent se gonfler de sang.

Les petites lèvres sont les 2 plus petits replis de peau qui se trouvent juste à l’intérieur des
grandes lèvres. Elles couvrent l'ouverture du vagin et celle de l'urètre.

Le clitoris est un petit organe situé devant les petites lèvres. Il possède de nombreuses
terminaisons nerveuses. Lorsque vous êtes excitée sexuellement, le clitoris devient gorgé de
sang (érection).

L’orifice urétral est l’ouverture de l’urètre. L’urètre est le tube qui quitte la vessie et qui
permet à l’urine d’être évacuée du corps. L’orifice urétral se situe juste sous le clitoris.

L’orifice vaginal est l’ouverture du vagin. Le vagin est le canal musculaire qui mène au col
de l’utérus.

Les glandes de Bartholin se trouvent juste à l’intérieur de la vulve. Elles produisent un


liquide épais servant de lubrifiant lors des relations sexuelles.

Le périnée est l’espace qui se trouve entre la vulve et l’anus.


L’anus est l’ouverture qui se trouve à l’extrémité inférieure du rectum (dernier segment du
gros intestin) par laquelle les déchets (selles, ou matières fécales) sont évacués du corps.

Lorsque vous éprouvez une excitation sexuelle, votre vulve devient sensible à la stimulation
et votre système nerveux envoie des signaux de plaisir à votre cerveau. Ces signaux peuvent
produire un orgasme. Au moment de l’orgasme, les muscles entourant les organes sexuels se
contractent. Les sources de plaisir diffèrent pour chaque personne. Vous pouvez avoir un
orgasme pendant un rapport sexuel, mais vous pouvez aussi en avoir un en touchant vos
organes sexuels, comme le clitoris et les lèvres internes.

Vulve

Fonction

La vulve correspond à l’ensemble des organes génitaux externes de la femme. C’est un organe
érectile participant à la copulation.

Dimensions

Les grandes lèvres qui délimitent latéralement la vulve mesurent 8 centimètres de longueur.
L’orifice vulvaire mesure environ 2 centimètres de diamètre.

Division

La vulve est constituée de différentes parties :

Les grandes lèvres : deux grands replis cutanés allongés d’avant (mont de Vénus) en
arrière (périnée). Leur face externe est recouverte de poils et leur face interne est lisse.
Le mont de Vénus : saillie médiane situé en avant de la vulve, dans la partie inférieure
de l’abdomen.
Les petites lèvres : deux replis cutanés d’apparence muqueuse. Elles sont situées en
dedans des grandes lèvres.
Le clitoris : organe fortement érectile. Il est constitué par les corps caverneux et par des
enveloppes.
Les bulbes vestibulaires : deux organes érectiles situés de chaque coté de l’orifice
inférieur du vagin.
Les glandes de Bartholin : deux glandes situées de chaque coté de la partie postérieure
de l’orifice vaginal inférieur. Elles s’abouchent par un petit canal dans l’orifice vulvaire.
Le vestibule : région délimitée par les petites lèvres, le clitoris et la fourchette
postérieure.

Pathologies
Mutilation sexuelle (excision, infibulation) ;

Vulvite ;

Herpès génital ;

Bartholinite, kyste de la glande de Bartholin ;

Cancer de la vulve ;

Dyspareunie ;

Vaginisme ;

Hypertrophie des petites lèvres ;

Vestibulite.

Les causes de la MGF

Les causes

Si de nombreuses hypotheses ont été formulées pour expliquer la pratique des


MGF, deux sont plus récurrentes que les autres.

Tout d’abord, beaucoup pensent à tort que l’Islam prescript cette pratique, or
l’excision n’est pas un commandement du prophète MOUHAMMAD psl
préconisait seulement la plus grande prudence dans la réalisation de cet acte. En
effet, il estr apporté qu’un jour, passant près d’une femme en train d’opérer sa fille,
il l’exhorta à la modération, «n’enlève pas tout» lui demanda-t-il. Lui-même n’a
jamais fait exciser ses filles, et rien dans le Coran n’impose ce rituel. Aucune
cérémonie religieuse n’accompagne cet acte, seul un épais silence l’entoure.
La deuxième raison la plus retrouvée réside dans le fait qu’une femme non excise
est soi-disant impure et incapable de maîtriser ses pulsions sexuelles, car frustrée
par la polygamie.
D’autres ethnies pensent que le clitoris rend la femme moins fertile, qu’il peut
empoisonner l’enfant à la naissance ou encore que c’est un organe masculine qu’il
convient de couper afin que la fillette devienne une femme à part entière. Beaucoup
d’autres également pensent que le pénis est retenu prisonnier lors du rapport sexuel
si la femme n’est pas «coupée». La pression sociale, le risque de se faire exclure de
la communauté et le fait
qu’aucun homme ne veuille épouser une femme non excisée, font qu’il est
quasiment impossible pour ces dernières de se rebeller contre les traditions. On peut
se demander pourquoi ces femmes qui ont subi cette torture la perpétuent chez leur
propre enfant. La réponse à cette question réside dans le fait que pour ces parents,
cette mutilation n’est pas vécue comme une maltraitance, mais bel et bien comme
un rite de passage, c’est un marqueur symbolique d’identité. Ce ritual est le passage
d’un enfant bisexuel et indifférencié à l’état d’adulte, appartenant à la communauté.
C’est l’excision ou l’exclusion.
Le rituel

Ce rituel s’exécute en général, sur des fillettes âgées de quatre à


douze ans, mais il peut s’effectuer à tout âge, à la naissance, dans
l’enfance, à l’adolescence, juste avant le marriage ou même après
la naissance du premier enfant. Cela dépend de l’ethnie d’origine
de la jeune fille. Cette operation est pratiquée par une exciseuse,
matronne ou tradi-praticienne dont le métier est lucratif. Cette dernière occupe la
function d’accoucheuse, dans les pays où la
profession de sage-femme n’est pas réglementée. Les ceremonies peuvent être
longues, importantes, accompagnées d’un ritual complexe ou au contraire,
expéditives et limitées à quelques personnes. On fait miroiter à ces petites filles la
perspective d’une journée de joie, de cadeaux, de chant et de fête, le jour où enfin
ells intégreront la communauté. Cet acte, exclusivement réalisé entre femmes, de
manière individuelle ou collective, est le plus souvent accompagné de chants qui
servent à couvrir les hurlements de la jeune fille, qui est fermement maintenue par
plusieurs femmes adultes. L’exciseuse pour ce faire, utilise des couteaux spéciaux,
des lames de rasoirs ou encore des tessons de bouteilles.
Ière PARTIE
Retentissement de la mutilation génitale avant l’accouchement
Les mutilations génitales féminines (MGF) consistent en l’ablation partielle ou totale des
organes génitaux externes ou toute autre lésion pratiquée pour des raisons non médicales.
Entre 100 et 140 millions de jeunes filles et de femmes ont subi ces MGF, essentiellement en
Afrique et en Asie, et trois millions de jeunes filles sont à risque chaque année.
L’Organisation Mondiale de la Santé a classée les mutilations sexuelles féminines en quatre
catégories :
- Type I : ablation partielle ou totale du clitoris et/ou du prépuce
(le type Ia, l’ablation du capuchon du clitoris/prépuce seulement, semble rare et est
généralement effectué dans un contexte médical plutôt que traditionnel).
- Type Ib : ablation du clitoris et du prépuce.
- Type II : ablation totale ou partielle du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision
des grandes lèvres
(typeIIa : ablation des petites lèvres seulement ;
typeIIb : ablation totale ou partielle du clitoris et des petites lèvres ;
typeIIc : ablation totale ou partielle du clitoris, des petites lèvres et des grandes lèvres).
- Type III : rétrécissement de l’orifice vaginal par la création d’une fermeture, réalisée en
coupant et en repositionnant les lèvres intérieures
(typeIIIa) ou les lèvres extérieures
(typeIIIb), ou encore les deux, avec ou sans ablation du clitoris (infibulation).
- Type IV, non classifié : toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes
génitaux, réalisées à des fins non médicales.

Les MGF entraînent de nombreuses complications immédiates : douleur violente,


hémorragies, difficultés à la miction et à l’exonération en raison de l’œdème, douleurs,
infections. Une étude réalisée au Yémen, dans laquelle 600 femmes ont été interrogées sur les
complications observées chez leur fille après MGF (types I et II), a rapporté un taux de décès
de 2,3 %. Les complications à long terme sont les kystes dermoïdes et les abcès, les infections
pelviennes chroniques, responsables de douleurs chroniques, et les infections urinaires à
répétition. Les MGF ont aussi des conséquences psychologiques : syndrome de stress post-
traumatique, dépression, anxiété. Un volet important est celui des complications lors de
l’accouchement et des coûts humains et financiers, qui commencent maintenant à être chiffrés
(6, 7, 8). Enfin, dans ce chapitre, seront abordées les conséquences des MGF sur la sexualité.
I. Complications immédiates
- Les douleurs intenses sont au premier plan : l’ablation des terminaisons nerveuses et des
tissus des organes génitaux cause des douleurs extrêmes. L’anesthésie est rarement utilisée et
elle pose le problème de la médicalisation des MSF. La période de cicatrisation est également
douloureuse. Les MSF de type III représentent une intervention plus importante qui dure plus
longtemps, avec une intensité et une durée de la douleur plus importantes. La période de
cicatrisation est d’autant plus longue et difficile.
- Les conséquences psychologiques, également au premier plan, résultent de la douleur, du
choc et de l’utilisation de la force physique par celles qui pratiquent l’intervention. C’est
pourquoi de nombreuses femmes décrivent les mutilations sexuelles féminines comme un
traumatisme. - Fréquemment observés également : des saignements, des infections, une
rétention urinaire : en général, on observe moins de complications précoces de ce type dans
les MGF de typeI que dans celles de types II et III. Elles sont souvent traitées par les sages-
femmes locales ou le personnel non médical réalisant la mutilation. L’enfant est parfois référé
sur le plan médical seulement en cas de complications sévères ou si le traitement proposé par
le praticien local a échoué.
Les complications hémorragiques peuvent résulter d’une blessure de l’artère honteuse interne,
de l’artère du clitoris ou du plexus veineux de Kobelt. Ces saignements peuvent parfois
conduire à un choc, à la nécessité d’une transfusion, voire au décès. Les infections localisées
sont documentées : elles concernent jusqu’à 15 % des cas d’excision et sont liées à
l’utilisation d’instruments souillés. Les infections sévères peuvent conduire à une septicémie
dans environ 1% des cas ; le tétanos après MGF a aussi été rapporté chez près de 1% des
femmes subissant la mutilation. La rétention urinaire réflexe, liée à la douleur, est présente
dans 4 % à 12 % des cas. De plus, des blessures du méat urétral, du vagin, de la vessie ou du
rectum sont possibles.
- Une contamination par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est parfois
observée : l’utilisation du même instrument sans stérilisation est susceptible d’accroître le
risque de transmission du VIH entre les filles qui subissent ensemble les mutilations sexuelles
féminines. Une étude a montré une association indirecte mais aucune donnée ne permet
d’établir une association directe, peut-être du fait de la rareté des excisions collectives
réalisées avec le même instrument, et de la faible prévalence du VIH parmi les filles à l’âge
auquel l’intervention est pratiquée. Si les modes de transmission du VIH en lien avec les
MGF semblent logiques sur le plan scientifique à la fois sur le mode direct et indirect, les
études disponibles présentent encore des limites.
- L’accolement non voulu des lèvres : plusieurs études ont montré que, dans certains cas, ce
qui devait être une mutilation sexuelle féminine de typeII peut, du fait de l’adhérence des
lèvres, aboutir à une pseudo infibulation . Enfin, les mutilations sexuelles féminines répétées
semblent être relativement fréquentes dans les types III, généralement du fait de l’échec de la
cicatrisation.
II. Les complications tardives
Les complications tardives des MGF peuvent être classées selon le type de symptômes, la
plupart étant urinaires, cicatricielles, douloureuses, infectieuses, à retentissement sur la
fertilité ou la sexualité.
1. Les complications urinaires
Elles incluent les sténoses de l’urètre, les infections urinaires récidivantes, la présence de
cristaux urinaires, les méatites et obstructions méatiques. Elles représentent 29 % des
complications en lien avec les MGF. Les patientes se plaignent de rétention urinaire, de
dysurie. Ces complications requièrent des cystoscopies, une dilatation de l’urètre, voire des
urétroplasties. Les femmes ayant eu des MGF de type III ont plus particulièrement des
infections urinaires récidivantes et peuvent bénéficier, outre de la défibulation, de traitements
antibiotiques prolongés. Les cristaux et calculs urinaires sont liés à la stagnation des urines et
peuvent entraîner des douleurs intermittentes, même en dehors des mictions. Leur ablation
nécessite la désinfibulation.
2. Les cicatrices
Les complications en lien avec la cicatrisation sont typiquement : chéloïdes, fibroses, kystes
dermoïdes, abcès de la vulve, hématocolpos et fusion partielle ou totale des lèvres. Les
chéloïdes sont observées chez environ 3 % des patientes ayant subi une MGF, sauf dans une
série de type II où la fréquence était de 62 %. Les chéloïdes et fibroses peuvent conduire à des
douleurs et à des préjudices esthétiques. La fusion labiale requiert une séparation
chirurgicale ; elle peut être responsable d’hématocolpos, observé dans une étude chez 7 % des
femmes. Les kystes dermoïdes sont également fréquents et peuvent entraîner des douleurs et
un inconfort par recouvrement de l’introitus. Ils peuvent être enlevés chirurgicalement.
[Link] douleurs
Les douleurs vaginales et vulvaires sont fréquentes, de même que les douleurs pelviennes et
les dysménorrhées . Les dysménorrhées peuvent être traitées par des anti-inflammatoires non
stéroïdiens et des contraceptifs oraux si c’est culturellement acceptable par la patiente. Les
névromes du clitoris, qui peuvent entraîner de sévères douleurs, peuvent être enlevés.
[Link]é/sexualité
Les relations entre la fertilité et les MGF peuvent être la résultante de barrières physiques
(sténose vaginale, infibulation), des infections, des barrières psychologiques liées aux
rapports douloureux associés aux éventuelles dysfonctions sexuelles. Même si
l’association entre infertilité et MGF est suspectée, elle n’est actuellement pas retrouvée
dans toutes les études. Les troubles de la sexualité font l’objet d’un paragraphe spécifique.
[Link]
Les MGF augmentent la fréquence des mycoses et des vaginoses bactériennes. Pour les
cliniciens, il est préférable de les traiter par voie orale lorsque les patientes ont des MGF
de type III qui rendent difficile la mise en place d’ovules. L’augmentation de l’incidence
des infections à herpès de type II chez les femmes excisées est formellement objectivée,
ce n’est pas le cas pour les infections à Chlamydia, les gonorrhées, les infections à
Trichomonas et la syphilis où l’association n’est actuellement que suspectée, comme c’est
le cas pour le VIH.
6. Complications psychologiques
Une étude a montré que 80 % des femmes ayant subi une MGF de type II ou III avaient
des flash back, 58 % avaient un trouble affectif, 38 % des troubles anxieux autres et 30 %
un stress post-traumatique. Une autre étude comparative a montré que les femmes ayant
subi une MGF avaient significativement plus de somatisations, d’anxiété, de phobies et de
stress post-traumatique.

Retentissement des mutilations génitales sur la sexualité


Sur le plan anatomique : dans les mutilations de type III, le clitoris est laissé intact sous la
cicatrice de l’infibulation dans environ 50 % des cas. Ce n’est pas le cas des mutilations
de types Ib, IIb et IIc qui altèrent le clitoris. L’excision du clitoris peut donc entraîner une
diminution de l’expérience du plaisir sexuel et de l’orgasme ; des douleurs lors des
relations peuvent être également présentes. Cependant, le clitoris étant perçu par de
nombreuses femmes comme important pour le plaisir, les MGF peuvent altérer
indirectement le désir ainsi que l’excitation et la satisfaction sexuelles. Enfin, les MGF
étant presque toujours effectuées avant que les jeunes filles n’aient atteint la maturité
sexuelle, les femmes ne possèdent aucun cadre de référence personnel de ce qu’est un
fonctionnement sexuel normal, elles n’éprouvent pas obligatoirement un sentiment de
déficit subjectif, et c’est souvent lorsqu’elles partent vivre dans des centres urbains ou
dans des pays occidentaux que survient le questionnement. L’impact des mutilations
génitales féminines sur la sexualité est donc potentiellement complexe, car il fait
intervenir :
- une réduction anatomique du clitoris avec son rôle direct sur l’orgasme, mais également
sur le désir, l’excitation et indirectement la lubrification ;
- une réduction symbolique avec un impact sur l’identité féminine, l’image du corps, de la
féminité, et de soi ;
- une composante de violence susceptible d’engendrer un stress post-traumatique : il s’agit
d’une agression sexuelle ;
- et les femmes subissent également plus fréquemment d’autres agressions sexuelles par la
suite ;
- une douleur possible lors des relations sexuelles, liée à la cicatrice.
v- La MGF du point de vue de l'OMS : un frein économique ?

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les mutilations sexuelles féminines ne sont
pas seulement coûteuses en souffrances humaines, elles le sont aussi pour l’économie.

« Les mutilations sexuelles féminines ne sont pas seulement une violation catastrophique des
droits humains qui nuit gravement à la santé physique et mentale de millions de filles et de
femmes ; elles prélèvent aussi un lourd tribu sur les ressources économiques vitales d’un
pays », a déclaré le Dr Ian Askew, Directeur du Département de l’OMS Santé sexuelle et
reproductive et recherche. « Il est urgent d’investir davantage pour mettre fin à ces mutilations
et aux souffrances qu’elles causent. »
D’après de nouvelles modélisations, le traitement des conséquences des mutilations sexuelles
féminines sur la santé coûterait au total US $1,4 milliard par an dans le monde si tous les
besoins médicaux qui en résultent étaient couverts. Dans les pays, leur coût avoisinerait en
moyenne 10 % des dépenses de santé annuelles totales ; dans certains d’entre eux, ce chiffre
atteindrait 30 %.

Le logiciel de modélisation interactif avec lequel ces estimations ont été calculées a été
présenté lors de la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations
génitales féminines.

Des conséquences graves sur la santé physique et mentale des femmes et des filles

Les mutilations sexuelles dont les femmes et les filles sont victimes les exposent à des risques
graves pour leur santé et leur bien-être, notamment à des conséquences immédiates de
l’excision telles qu’infection, hémorragie et traumatisme psychologique, et à des affections
chroniques pouvant survenir à tout moment de leur existence.

Les femmes mutilées sont exposées à un plus grand risque de complications potentiellement
mortelles à l’accouchement. Elles risquent aussi de souffrir de troubles mentaux et
d’infections chroniques. Des douleurs lors des règles et des rapports sexuels ainsi que des
problèmes urinaires sont également possibles.

Toutes ces pathologies nécessitent des soins médicaux.


« Les coûts médicaux augmentent dans les pays à cause des conséquences tragiques de ces
mutilations pour les femmes et les filles. Les autorités ont l’obligation morale de contribuer à
mettre fin à cette pratique néfaste », estime le Dr Prosper Tumusiime, Directeur par intérim du
Département Couverture sanitaire universelle et parcours de vie au Bureau régional OMS de
l’Afrique. « Les mutilations sexuelles féminines font du tort aux filles, exposent les femmes
qu’elles deviennent à un risque médical permanent et font peser une lourde charge sur les
systèmes de santé qui sont contraints de les soigner. »

La prévention des mutilations sexuelles féminines présente des avantages considérables pour
les femmes, les filles, les communautés et l’économie

Sur la base des données provenant de 27 pays à forte prévalence, le calculateur des coûts
montre que l’élimination des mutilations sexuelles féminines a des avantages indéniables pour
l’économie. S’il était mis un terme à ces pratiques aujourd’hui, les économies réalisées sur les
coûts de santé dépasseraient 60 % en 2050.

À l’inverse, si rien n’est fait, on estime que ces coûts grimperont de 50 % dans le même laps
de temps, car davantage de filles subiront des mutilations à mesure que la population
augmentera.

Depuis 1997, de grands efforts ont été faits pour mettre fin aux mutilations sexuelles
féminines : collaboration avec les communautés, travaux de recherche et changements de la
législation et de la ligne d’action. Vingt-six pays d’Afrique et du Moyen-Orient ont
clairement légiféré contre ces mutilations, ainsi que 33 autres pays qui accueillent des
migrants venant de pays où elles sont pratiquées.

L’OMS collabore également avec les pays pour sensibiliser les agents de santé aux effets
préjudiciables de ces pratiques et les associer aux efforts de prévention.

« Beaucoup de pays et de communautés montrent qu’il est possible de renoncer aux


mutilations sexuelles féminines », affirme la Dre Christina Pallitto, scientifique à l’OMS. « Si
les pays investissent pour mettre fin aux mutilations sexuelles féminines, ils peuvent éviter
aux filles d’être victimes de ces pratiques néfastes et promouvoir la santé, les droits et le bien-
être des femmes et des filles ».

Les mutilations sexuelles féminines sont reconnues au niveau international comme une
violation des droits humains. Elles ne présentent aucun avantage médical et n’ont que des
effets préjudiciables. La position de l’OMS est qu’elles ne doivent jamais être pratiquées.
À propos des mutilations sexuelles féminines

Les mutilations sexuelles féminines sont des interventions qui altèrent ou lèsent
intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales.
On estime que plus de 200 millions de jeunes filles et de femmes qui vivent aujourd’hui ont
été victimes de mutilations sexuelles pratiquées dans 30 pays d’Afrique, du Moyen Orient et
d'Asie où ces pratiques sont concentrées.

Ces mutilations sont pratiquées le plus souvent sur des jeunes filles entre la petite enfance et
l'âge de 15 ans.

À propos du calculateur du coût des mutilations sexuelles féminines

Le calculateur de coût mis au point par l’OMS indique le coût économique du traitement des
complications médicales des mutilations sexuelles féminines dans 27 pays à forte prévalence.
Ce coût a été calculé à l’aide des ensembles de données du One Health Tool de l’OMS et
d’autres données scientifiques disponibles.

Les utilisateurs peuvent calculer les coûts par pays selon un scénario de statu quo,
d’élimination partielle ou d’élimination totale de ces pratiques sur une période de 30 ans. Le
logiciel indique en outre la répartition des coûts par type de complications médicales et par
pays.

Le logiciel ne tient pas compte d’autres coûts indirects pour les familles et les communautés,
ni des répercussions socio-économiques, chiffres qui seraient nettement plus élevés encore.

Les 27 pays modélisés sont les suivants : Sénégal, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte
d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Iraq,
Kenya, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, République centrafricaine, République-Unie de
Tanzanie, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tchad, Togo, Yémen.

Les conséquences de la MGF pendant l'accouchement


Les Mutilations sexuelles féminines (MSF), dont la plus courante est l'excision du clitoris,
entraînent des complications graves pour les femmes lors de l'accouchement et un taux de
mortalité plus élevé pour leurs bébés, démontre pour la première fois une étude de
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publiée le 02 juin 2006. Risques de césarienne et
d'épisiotomies pendant l'accouchement, fortes hémorragies et hospitalizations prolongées
après la naissance, figurant parmi les principales complications pour les femmes qui ont subi
des mutilations génitales, indique un communiqué de l'OMS publié à Genève, à l'occasion du
lancement du rapport.
L'étude montre que la gravité des complications augmente avec l'étendue de la mutilation.

Chez les femmes qui ont subi la forme la plus extrême de mutilation (MSF III : excision
partielle ou totale des organs génitaux externes et suture/rétrécissement de l'orifice vaginal
appelé infibulation), le risque de césarienne est de 30 % supérieur à celles qui n'ont subi
aucune mutilation. De même, le risqué d'hémorragie après la naissance est de 70 % plus élevé.
Le risqué d'épisiotomie (incision volontaire faite lors de l'accouchement pour prévenir une
déchirure du périnée) est également plus élevé.

« Grâce à cette étude, nous avons pour la première fois la preuve que, chez les femmes qui ont
subi une mutilation génitale, l'accouchement risque d'être plus compliqué et plus dangereux »,
a déclaré Joy Phumaphi, sous-directeur à l'OMS.

L'étude a également montré que les MSF font courir un risque important aux bébés. Les bébés
dont la mère a subi une mutilation ont plus souvent besoin d'être réanimés. Le taux est de 66
% plus élevé chez les femmes ayant subi une mutilation de type III.

De même, le taux de mortalité des bébés pendant et immédiatement après l'accouchement est
beaucoup plus élevé lorsque la mère a subiune mutilation. La surmortalité est de 15 % dans le
cas des mutilations de type I (excision du prépuce, avec ou sans excision partielle ou totale du
clitoris), de 32 % dans le cas des mutilations de type II (excision du clitoris, avec excision
partielle ou totale des petites lèvres), et de 55 % dans le cas des mutilations de type III.

L'étude a porté sur 28 393 femmes dans 28 centres de soins obstétricaux de six pays où les
mutilations genitals sont courantes : Burkina Faso, Ghana, Kenya, Nigeria, Sénégal et
Soudan.

L'OMS estime à plus de 100 millions le nombre de femmes et de fillettesayantsubiune


mutilation génitale dans le monde. Les mutilations sontgénéralementpratiquées sur des
fillettes de moins de 10 ans.
PRISE EN CHARGE DES MGF
Une prise en charge pluridisciplinaire est nécessaire: anatomique (sage-femme et médecin),
psychologique et sexologique.

Réparation des excisions génitales


Il s’agit de :
dépister
informer
accompagner
réparer
La chirurgie réparatrice nécessite une hospitalisation de 24h et une anesthesia générale.

Les suites opératoires associent une prise en charge de la douleur et un encadrement en


sexologie. Bien évidemment, la confidentialité de votre démarche est respectée par l’équipe.
A) Buts
Le but de la prise en soin visera à pallier les conséquences et à prévenir les complications
physiques et psychologiques de l’excision sur la jeune fille ou la femme. Les objectifs de cette
prise en soins sont notamment :
Lutter contre le saignement, et les infections ;
Gérer la douleur physique ;
Soulager la souffrance psychologique ;
Éduquer la personne soignée et sa famille ;
Initier un plaidoyer en faveur de la santé des populations dans ce contexte, notamment
l'éradication de la pratique des MGF.
Plus concrètement, la prise en soin infirmière consistera à :

collecter des données pertinentes englobant non seulement l’aspect physique de la personne,
mais ses aspects socio culturels et psychologiques.
poser un diagnostic infirmier pertinent selon la situation.
Mettre en pratique des interventions infirmières.
Évaluer ces interventions par la suite.
B) La conduite à tenir
Une opération de reconstruction est souvent possible dans certains pays occidentaux et peut
être proposée, si vous le voulez !

Elle permet de faire « ressortir » la partie interne et intacte du clitoris de la femme et de


reformer un organe fonctionnel sexuellement (après un délai après opération de 6 mois à 1 an)
et de restaurer l’image de soi.
a. L'hémorragie

Allonger la victime.
Réaliser l’hémostase par compression des vaisseaux saignant, si nécessaire.
Ouvrir une voie veineuse pour prévenir un éventuel choc hypovolémique.
Prendre et surveiller les parametres vitaux : TA, fréquence cardiaque, température.
Prélever du sang pour numération de formule sanguine (NFS), taux d’hémoglobine,
groupage sanguin et facteurrhésus (GSRH).
Arrêter le traitement anticoagulant s’ilestencours.
Administrer des bains du siège à l’eau tiède salée.
Administrer le traitement médicamenteux prescrit et surveiller les effets non désirables.
Expliquer leurs effets secondaires des médicaments et les interventions de soin à la
personne soignée et à safamille

La douleur et l'inflammation

Évaluer la douleur selon l’échelle disponible, ainsi que le degré d’inflammation


Utiliser le chaud et le froid :
le chaud : bouillottes, compresses chaudes, bains de siège à l’eau tiède salée;
le froid : appliquer des compresses froides, la vessie de glace ou le brumisateur.
Recommander la position antalgique: celleoùelle sent le moins mal.
Éviter les mobilisations brutales et inutiles qui peuvent exacerber la douleur.
Administrer le traitementmédicamenteuxtels que prescrit, et surveiller les effets non désirés
des médicaments.
Expliquer à la personne soignée et à sa famille les effets secondaires des médicaments et les
interventions de soin.
Favoriser la relaxation: éviter le bruit et les lumières trop vives.
Conseiller d’éviter de longs trajets en voiture, surtout en saison chaude, ainsi que la
position assise prolongée sans mobilisation, avant guérison complète.
RESULTATS DES ETUDES
Première enquête : étude quantitative par exploitation des dossiers obstétricaux
LIEUX D’ENQUÊTE :

Femme mutilées Femmes non mutilées


Diorga 62 70
Clinique 18 safar 98 120
Daara jolof 41 60
Total 201 250

ORIGINE ETHNIQUE

Femme mutilées
PEULH
Toucouleur
N
N

AGE

Femme mutilées
Moins de 15 ans
16 à 20 ans
21à 25 ans
26 à 30 ans
31 à 35 ans
36 à 40 ans
Plus de 40 ans

PARITE ET GESTITE :

Femme mutilées
TYPE DE MUTILATION

Femme mutilées
TYPE 1
TYPE 2
TYPE 3
TYPE 2+3
TYPE 4
201

TYPE 1 : ablation du prépuce et d’une partie ou de la totalité du gland du clitoris.

TYPE 2 : excision du clitoris avec excision partielle ou totale des petites lèvres.

TYPE 3 : infibulation avec fermeture quasi-complète de l’orifice vulvaire.

TYPE 4 : tous les autres procédés de mutilation sexuelle féminin

Accouchements antérieurs

Femme mutilées Femmes non


mutilées
Souffrance fœtale
Accouchement par
voie basse
Interruption
volontaire de
grossesse
Césarienne
Ventouse
Forceps
Délivrance
normale complète
Délivrance
Artificielle/Révision
Utérine
Déchirure Motif 1a
1b
1c
2

*Type de déchirure : (à préciser dans le tableau)

1 = simple : situation : a. périnée postérieur b. périnée antérieur c. autre (à indiquer)

2 = complète
3 3 = complète compliquée
Accouchement

MODE D’ACCOUCHEMENT

MODE D'ACCOUCHEMENT
160
140
120
100
80
60
40
20
0
VOIE BASSE VENTOUSE FORCEPS CESARIENNE MANŒUVRE
OBSTETRICALE

FEMMES MUTILEES FEMMES NON MUTILEES

PERINEE

FEMMES MUTILEES

PERINEE INTACT DECHIRURE SIMPLE DU PERINEE ANTERIEUR


DECHIRURE SIMPLE DU PERINEE POSTERIEUR DECHIRURE COMPLETE
DECHIRURE COMPLETE COMPLIQUEE EPISIOTOMIE
FEMMES NON MUTILEES
160
120
80
40
0

Seconde enquête : enquête qualitative auprès de X femmes mutilées


Retentissement avant l’accouchement
Psychologique

Stress post traumatique NOMBRE


OUI 44
NON 157

Avez -vous le Sentiment d’infériorité face aux autres femmes

NOMBRE
OUI 159
NON 42

Ressentez-vous de la douleur à la cicatrice ?

NOMBRE
OUI 186
NON 15

Souffrez-vous de dyspareunie ?

NOMBRE
OUI 162
NON 39

Ressentez-vous du plaisir sexuel ?

NOMBRE
OUI 72
NON 129

Chopez-vous des IST facilement ?

NOMBRE
OUI 170
NON 31

Troisième enquête : enquête qualitative auprès de X sage-femmes et gynécologues


obstétriciens
N=
Quel est votre profession

Sage-femme
Gynécologues obstétriciens
Femme de salle

Avez-vous dans votre carrière souvent été confronté (e) à la prise en charge de patientes
mutilées

< 5 fois
Entre 5 et 10 fois
>10 fois

Difficulté a abordé le sujet avec la femme

Barrière de la langue
Femmes qui ignorent qu’elles sont excisées
Vécu difficile, donc difficulté à aborder sujet
Patiente ne veut pas en parler

Prise en charge particulière au niveau du discours

Prévenir des risques de déchirure et


d’épisiotomie plus fréquents
Si fille à naître, on parle de la pratique de
l’excision afin de la prévenir
Rechercher le désir de reproduire l’acte
Enquête socio-familiale pour prévention
Savoir si elle a conscience de la mutilation
Se renseigner pour les filles de la famille

Orientation des patientes vers des associations particulières

Oui
Non

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