Quelles sont les conditions d’éligibilité aux
avantages accordés aux exportateurs de
services ?
Document élaboré en septembre 2017
1- Problématique
Quel est le traitement fiscal applicable aux prestations de conseils fournies par une société
marocaine au profit des étudiants marocains admis aux écoles étrangères sachant que ces
prestations sont facturées auxdites écoles ?
2- Cadre légal
Conformément aux dispositions des articles 6-I-B-1° et 19-II-C-1° du CGI, les entreprises
exportatrices de produits ou de services à l’exclusion des entreprises exportatrices des
métaux de récupération, qui réalisent dans l’année un chiffre d’affaires à l’exportation,
bénéficient pour le montant dudit chiffre d’affaires :
de l’exonération totale de l’IS pendant une période de 5 ans consécutifs qui court à
compter de l’exercice au cours duquel la première opération d’exportation a été
réalisée ; et
de l’imposition au taux réduit de 17,5% au-delà de cette période.
Ces mesures sont accordées dans les conditions prévues à l’article 7-IV-1° du CGI qui stipule
que l’exonération et le taux spécifique ci-dessus s’appliquent, aux entreprises exportatrices,
au titre de leur dernière vente effectuée et leur dernière prestation de service rendue sur le
territoire du Maroc et ayant pour effet direct et immédiat de réaliser l’exportation elle-
même.
Toutefois, en ce qui concerne les entreprises de services visées ci-dessus, l’exonération et le
taux spécifique susvisés ne s’appliquent qu’au chiffre d’affaires réalisé en devises. Par
exportation de services, on entend toute opération exploitée ou utilisée à l’étranger.
A noter que, l’inobservation des conditions précitées entraîne la déchéance du droit à
l’exonération et à l’application du taux spécifique susvisés, sans préjudice de l’application
de la pénalité et des majorations prévues par les articles 186 et 208 du CGI.
3- Eléments de réponse
En vue d’encourager l’exportation, le législateur a prévu un dispositif d’incitations fiscales
qui se matérialise par :
l’exonération totale de l’IS pendant une période de 5 ans consécutifs qui court à
compter de l’exercice au cours duquel la première opération d’exportation a été
réalisée ; et
l’imposition au taux réduit de 17,5% au-delà de cette période.
Ces mesures fiscales accordées aux entreprises exportatrices s’appliquent au titre de leur
dernière vente effectuée et de leur dernière prestation de service rendue sur le territoire du
Maroc et ayant pour effet et immédiat de réaliser l’exportation elle-même.
En ce qui concerne les entreprises exportatrices de services, il convient de noter que le
dispositif précité ne s’applique qu’au chiffre d’affaires réalisé en devises.
Par exportation de services, on entend les prestations de services réalisées au Maroc mais
exploitées ou utilisées à l'étranger, tels que :
les travaux d'étude ou d'expertise ;
les travaux d'édition et de traitement de textes ; et
la réalisation de films publicitaires ou autres.
Dans le cas d’espèce, il été demandé à savoir si les prestations de conseil académique,
d’encadrement, d’accompagnement et d’assistance facturées en devises par une société
marocaine aux écoles internationales situés à l’étranger en rémunération des services
rendus aux étudiants marocains admis auxdites écoles, sont éligibles aux avantages fiscaux
réservés aux exportateurs en matière d’IS. Ces prestations fournies par cette société aux
étudiants marocains permettent à ceux-ci de bénéficier d’un service réalisé et utilisé au
Maroc et dont l’aboutissement final est une inscription à l’étranger faite à partir du Maroc.
D’un point de vue fiscal, le chiffre d’affaires réalisé en devises par la société marocaine au
titre des prestations de services facturées aux écoles internationales situées à l’étranger
n’est pas considéré comme une exportation de services dès lors que le service rendu par
ladite société est réalisé et utilisé au Maroc.
Par conséquent, la société marocaine ne peut prétendre au bénéfice des avantages fiscaux
accordés aux exportateurs au titre de l’IS.
4- Position de l’administration fiscale
Par le biais de la réponse du 30 septembre 2016, l’administration fiscale a rappelé les
conditions d’éligibilité aux avantages fiscaux accordés aux sociétés exportatrices de
services au titre de l’IS dans la mesure où elle se base dans sa doctrine sur les dispositions
de l’article 7-IV du CGI en vertu desquelles une exportation de services est définie comme
une prestation de services réalisée au Maroc mais exploitée ou utilisée à l’étranger.
Quel est le régime fiscal applicable à la vente
d’un terrain situé à l’intérieur d’une zone
franche d’exportation ?
Document élaboré en septembre 2017
1- Problématique
Quel est le taux de l’IS à appliquer à une opération de vente d’un terrain nu réalisée entre
deux sociétés installées à l’intérieur d’une même zone franche d’exportation ?
2- Cadre légal
Conformément aux dispositions de l’article 6-II-A-1° du CGI, les entreprises qui exercent
leurs activités dans les zones franches d’exportation bénéficient de :
de l’exonération totale durant les 5 premiers exercices consécutifs à compter de la
date du début de leur exploitation ; et
de l’imposition au taux de 8,75% prévu à l’article 19-II-A du CGI, pour les 20
exercices consécutifs suivants.
L’exonération et l’imposition au taux réduit précitées s’appliquent également, dans les
conditions prévues à l’article 7-IX du CGI, aux opérations réalisées :
entre les entreprises installées dans la même zone franche d’exportation ; et
entre les entreprises installées dans les différentes zones franches d’exportation.
L'exonération et l'imposition au taux réduit précitées s'appliquent également dans les
conditions prévues à l'article 7-X du CGI, au chiffre d'affaires réalisé par les entreprises
installées dans les zones franches d'exportation au titre de leurs ventes de produits aux
entreprises installées en dehors desdites zones.(CATDR 2017)
Toutefois, sont soumises à l’IS dans les conditions de droit commun, les sociétés qui
exercent leurs activités dans lesdites zones dans le cadre d’un chantier de travaux de
construction ou de montage.
3- Eléments de réponse
En matière d’IS, la loi de finances 2012 a instauré une mesure visant l’encouragement des
opérations inter et intra zones franches d’exportation qui se traduit par :
l’exonération totale durant les 5 premiers exercices consécutifs à compter de la date
du début de leur exploitation ; et
l’imposition au taux réduit de 8,75% durant les 20 exercices consécutifs suivant le
5ème exercice d’exonération totale.
Cette mesure accorde, sous certaines conditions, le bénéfice des avantages précités aux
opérations réalisées :
entre les entreprises installées dans la même zone franche d’exportation ; et
entre les entreprises installées dans différentes zones franches d’exportation.
Pour bénéficier de ces dispositions, l’article 7-IX du CGI édicte les conditions d’octroi de cet
avantage qui sont au nombre de deux :
le produit final doit être destiné à l’exportation ; et
le transfert des marchandises entre les entreprises installées dans différentes zones
franches d’exportation doit être effectué conformément à la législation et la
réglementation douanières en vigueur.
S’agissant de l’opération de vente d’un terrain nu situé dans ces zones réalisée entre deux
sociétés installées à l’intérieur d’une même zone franche d’exportation, celle-ci n’est pas
qualifiée comme une opération dont le produit final est destiné à l’exportation.
Par conséquent, cette opération n’est pas éligible aux avantages fiscaux accordés en faveur
des opérations inter zones franches d’exportation conformément aux dispositions des
articles 6-II-A-1° et 7-IX du CGI.
Ainsi, la plus-value réalisée à l’occasion de cette opération est soumise au taux d’IS en
vigueur dans les conditions de droit commun.
4- Position de l’administration fiscale
A travers la réponse de l’administration fiscale du 1er juin 2016, il convient de conclure que la
position adoptée ne soulève aucune difficulté d’interprétation puisqu’elle ne fait que
confirmer le dispositif fiscal en vigueur applicable aux opérations inter et intra zones
franches d’exportation dans la mesure où l’octroi des avantages fiscaux prévus par l’article
6-II-A-1° du CGI est subordonné au respect des conditions visées à l’article 7-IX du CGI.
Quelles sont les exonérations fiscales
prévues pour les fédérations et associations
sportives ?
Document élaboré en Mars 2018
1- Problématique
Quelles sont les exonérations fiscales prévues pour les fédérations et associations
sportives ?
2- Cadre légal
Conformément aux dispositions de l’article 6-I-A-34° du CGI, tel qu’il a été modifié par la LF
2018, sont totalement et de manière permanente exonérées de l'impôt les fédérations
sportives et les associations sportives reconnues d'utilité publique, et ce pour l’ensemble de
leurs activités ou opérations ainsi que pour les revenus éventuels y afférents.
3- Position de l’administration fiscale
La DGI signale dans la note circulaire n° 728 relatives aux mesures fiscales de la LF 2018que
les fédérations et associations sportives demeurent néanmoins exclues du bénéfice :
de l’abattement de 100% sur les produits des actions, parts sociales et revenus
assimilés ;
et de l’exonération des plus-values sur cession de valeurs mobilières.
Ces organismes restent également soumis à la retenue à la source sur les produits de
placements à revenu fixe, sans droit à restitution.
Le nouveau régime d’imposition est applicable au titre des exercices ouverts à compter du
1er janvier 2018.
4- Commentaire
Avant le 1er janvier 2018, les fédérations et associations sportives bénéficiaient de
l'exonération d'IS, en tant qu'associations à but non lucratif, pour les opérations conformes à
l'objet défini dans leurs statuts. Toutefois, cette exonération ne s'appliquait pas aux
établissements de ventes ou de services leur appartenant.
L’avantage fiscal institué au profit de ces organismes vise à leur permettre d’assurer leur
mission de développement social et de promotion des activités sportives à l’échelle
nationale et internationale.
Néanmoins, il convient de préciser qu’en matière de TVA, seules les fédérations sportives
reconnues d’utilité publique bénéficient de l’exonération sans droit à déduction, et ce sur
l’ensemble des activités et opérations qu’elles réalisent (article 91-IV-3° du CGI).
Application du nouveau régime fiscal
applicable aux sociétés ayant le statut CFC
Document élaboré en juin 2020
1- Problématique
Est-ce que le nouveau régime fiscal (institué par la LF 2020) applicable aux sociétés ayant le
statut CFC est applicable à la déclaration du résultat fiscal de l'exercice 2019 qui devrait
être déposée en 2020 ?
2- Cadre légal
Article 6 du Code Général Des Impôts
3- Position de l’administration fiscale
Réponse n° D633/20/DGI du 16 juin 2020
Par courriel cité en référence, vous avez demandé l’avis de la DGI concernant le cas d’une
société ayant obtenu le statut CFC en 2019, qui a opté pour le nouveau régime fiscal institué
par la LF n° 70-19 pour l’année budgétaire 2020 et qui demande à savoir si les nouvelles
dispositions prévues par ce nouveau régime sont applicables à la déclaration du résultat
fiscal de l’exercice 2019 qui devait être déposée en 2020.
En réponse, j'ai l'honneur de vous informer que le nouveau régime CFC institué par la loi de
finances 2020 s'applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2020 et par
conséquent, la société en question, ayant obtenu le statut CFC avant le 1er janvier 2020, ne
peut opter pour ce nouveau régime au titre de l'exercice 2019.
En effet, les sociétés ayant obtenu le statut CFC avant le 1er janvier 2020 et n’ayant pas
encore épuisé la période d’exonération quinquennale ont le droit d’opter pour le
nouveaurégime CFC au titre des exercices ouverts à compter du 1er janvier 2020 et de
bénéficier des avantages fiscaux suivants :
continuer à bénéficier de l’exonération d’IS pour la période restante de
l’exonération quinquennale, au titre de leur chiffre d’affaires à l’exportation
et et des plus-values mobilières nettes de source étrangère réalisées au
cours d’un exercice ;
l’application du taux spécifique de 15% pour l’ensemble de leur chiffre
d’affaires local et à l’export, au-delà de la période restante de l’exonération
quinquennale précitée ;
l’application de l’exonération de l’impôt retenu à la source prévue à l’article
6(I-C-1°) du CGI, au titre des dividendes et produits similaires distribués se
rapportant aux bénéfices des exercices ouverts à compter du 1er janvier
2020.