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Enjeux et principes des relations internationales

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LES GRANDS PRINCIPES ET ENJEUX DES RELATIONS

INTERNATIONALES

INTRODUCTION

Qu’est-ce que l’étude des “relations internationales” ?

Ce sont les relations entre les pays, les États.

Trois concepts de base :


- les États
- les “relations” (interdépendances, interactions)
- autres acteurs que les États

Les autres acteurs que les États jouent un rôle important et interagissent.

Définition de l’État :

Un État correspond à la fixation d’un groupe humain sur un territoire, dans le but de
s’auto-administrer.

L’État a une dimension physique et territoriale limitée par des frontières.


À l’intérieur des frontières de l’Etat on a un groupe humain qui s’auto-administre.
Cela implique pleins de dimensions et d'aspects. Ils ont des choses en commun comme le
mode de vie, la langue … Mais ils présentent quand même des différences.
Il y a aussi une dimension politique car il y a un système de prise de décision qui permet de
déterminer comment le groupe humain va s’auto-administrer.
Les gens qui sont dans le système de décision font partie du groupe, se trouvent à l’intérieur
des frontières.

On peut choisir d’appliquer les règles décidées par quelqu’un d’autres ou avec d’autres pays
comme les accords entre des pays par exemple.

Un État se défini par ces 4 dimensions :

● Dimension spatiale : frontières

● Dimension sociale : résidents

● Dimension politique : gouvernement souverain

1
● Dimension socio-économique : rapports de production, d’échanges, politiques
économiques

Quels rapports entretiennent les États entre eux ?

Les États vont avoir comme objet de relations par exemple la gestion des frontières en
matière de conflit. Ils vont aussi échanger des ressources, de la marchandise, des capitaux
et les résidents vont circuler d’un pays à l’autre.

Différents rapports :

● Rapports économiques

● Dimension juridique (droit internationale)

● Politique étrangère et diplomatie

● La guerre

Les politiques étrangères sont comment un pays envisage ses relations avec les autres.

Diplomatie = ensemble des actes qui vont permettre de réaliser les principes des politiques
étrangères.

Parfois, les États ont un rapport conflictuel ce qui peut entraîner une guerre ou des rapports
distants entre les chefs d’État.

Les autres acteurs des relations relations internationales (autre que l’État) :

● Acteurs “organiques” : États et organisations internationales.

● Acteurs privés :

- les firmes multinationales (90 dans le monde entier)

- les organisations non-gouvernementales (ONG, NGO) : ONG sportives, ONG


d’urgence, ONG environnementalistes, …

● Acteurs “subversifs” : organisations criminelles et terroristes.

Organisation internationale = association d’États

2
Par exemple, l’ONU, l’OMC …

RÉSUMÉ

Concepts de base

➔ Les RI comme rapports économiques, juridiques, militaires institués principalement


par des relations inter-étatiques …

➔ … mais avec des nombreux acteurs non-étatiques : ONG, organisations


internationales, firmes

Discours de Obama devant la Communauté nationale

Lors de son discours, il se met dans le collectif en disant “nous”, “ensemble”.


Il les encourage et parle de collaboration, d’interdépendance, d’effort collectif.
Il veut la paix, la fin de certaines guerres grâce à la progression due à une coopération.
=> Doctrine libérale

Discours de Trump devant la Communauté nationale

Il parle de beaucoup d’indépendance et de puissance et parle surtout des USA, de son


pays. Il expose ce que les USA pensent sans penser aux autres pays.
Il ne parle pas de collectif mais fait part de leadership et veut montrer l’exemple.
=> Doctrine réaliste

La doctrine réaliste et la doctrine libérale : leur ancrage philosophique (en Occident)

Chapitre 1.1 : La doctrine réaliste :les relations internationales , c’est “la guerre de tous
contre tous”.

Le discours de Biden à l’ONU

● Champ lexical très proche d’Obama : "we", "together", "collective", "international


system", "common cause", "shared future", "partners", "alliance"

Plusieurs moments proches du discours de Trump :

3
Make no mistake: The United States will continue to defend ourselves, our Allies, and our
interests against attack [...] as we prepare to use force if any is necessary, but — to defend
our vital U.S. national interests, including against ongoing and imminent threats.

The United States will compete, and will compete vigorously, and lead with our values and
our strength. We’ll stand up for our allies and our friends and oppose attempts by stronger
countries to dominate weaker ones [...]

Question : Qu’est-ce qui fait que les individus vivent ensemble, coexistent pacifiquement en
société ?

➔ Théologie chrétienne : l’Homme est bon, à l’image de Dieu et est fait pour vivre avec
les autres en paix.

➔ Philosophie politique (17e et 18e siècle) : l’Homme est guidé par la Raison, la Nature
(Descartes, Hobbes, Smith, Voltaire…)

La rupture avec la pensée médiévale

De Principatibus (Le Prince) de 1513 est un livre écrit par Machiavel sur comment le prince
doit gouverner.

4
● Dans l’imaginaire populaire : “la fin justifie les moyens” par là Machiavel veut dire que
pour atteindre un but tous les moyens pour y arriver sont admis.

● Hypothèse centrale de l’ouvrage : le but des Hommes et des Princes est le pouvoir
(= le moyen de “faire, ne pas faire, faire faire”).

● En relations internationales : le but des États est le pouvoir (ou la puissance), le


moyen de poursuivre leur intérêt national.
● Pas de morale, de justice et de coopération selon Machiavel qui a donné son nom à
“machiavélique”.
=> “Laissons donc de côté les choses que l’on imagine au sujet (de ce que le Prince
doit faire), et discutons plutôt des choses telles qu’elles sont, les choses vraies”.

=> Machiavel explique comment les choses sont et ne jugent pas, il expose les faits.

Thomas Hobbes a écrit le Léviathan en 1651.

Il dit que les gens sont réunis uniquement quand les gens sont sous une autorité commune.
Selon lui, on va donc vivre en société et respecter les règles car il y a une sanction sinon.

En bref => le moteur de l’action humaine est le conatus (élan vital) - la peur de la mort, la
recherche de la vie. On ne veut pas mourir.

En l’absence d’un pouvoir central autoritaire, unique détenteur du pouvoir de vie et de mort
(l’État Léviathan), c’est impossible car il n’y a pas quelqu’un qui a un pouvoir de vie et de
mort sur la société.

Thèses de Hobbes

Démonstration : “l’état de nature”

État où il n’y avait pas de société, ni de gouvernement.

❖ Hypothèse 0 : l’Homme veut vivre et non mourir

❖ Hypothèse 1 : les Hommes sont égaux : ils peuvent tous être tués (par la force ou la
ruse)

5
❖ Hypothèse 2 : les Hommes sont rationnels et stratégiques (mais cette rationalité est
limitée par la nature du monde et par les passions = se comportent de façon
cohérente par rapport à ses objectifs (rationnels), choisir de se comporter de la
meilleur manière pour atteindre ses propres objectifs et anticiper quelles sont les
conséquences sur les autres de mes actes (stratégiques).
=> Parfois, on ne se comporte pas de manière rationnel et stratégique à cause des
passions.
❖ Hypothèse 3 : tout le monde sait que tout le monde sait que tout le monde sait etc.
(“common knowledge”). Tout le monde sait que tout le monde sait qu’ils sont tous
dans la même situation, dans les 2 autres hypothèses.

Implication :Hobbes dit que l’état de nature, c’est “la guerre de tous contre tous”, “l’Homme
est un loup pour l’Homme”.

La solution de Hobbes à cette situation :

● Une autorité centrale (le souverain)

● Chaque individu abandonne une partie de ses prérogatives à l’autorité (contrat


sociale)

● L’autorité centrale fait respecter les contrats, protège la vie et les biens des individus

● L’autorité du souverain est absolue (sans partage, sans accountability)

Application aux relations internationales des idées de Hobbes

Principes

- Les États recherchent leur “intérêt national”

- La puissance (militaire, technologique, politique, culturelle, économique…) est le


moyen de réaliser cet intérêt : hard power, soft power, smart power.

Hard power = on va faire rallier les autres à nous par la force.

Soft power = on va convaincre les autres intérêts de s’allier à nous à travers par exemple
d’intérêts ou valeurs communes.

Smart power = on va manipuler les autres états pour nous rallier (par exemple : espionnage,
fake news...)

6
- Les États sont des entités rationnelles et stratégiques, mais leur rationalité est limitée
:

La scène internationale correspond à l’état de nature (pas d’autorité centrale) : guerre de


tous contre tous. La violence est beaucoup plus légitime qu’à l’intérieur des sociétés.
Pourquoi le monde n’est pas constamment à feu et à sang ?

=> Ces choses là existent en permanence, la guerre existe en permanence.

Situation dans laquelle deux états ont une puissance égale et dont un conflit se finit par des
morts des deux côtés et une destruction mutuelle.

7
DEUX VISIONS DES RELATIONS INTERNATIONALES

LA DOCTRINE RÉALISTE ET LA DOCTRINE LIBÉRALE

Questions de départ :

Qu’est-ce qui fait que les individus vivent ensemble, coexistent pacifiquement en société ?

Qu’est-ce qui fait que les États vont constituer une “communauté internationale” ?

8
Résumé jusqu’ici :

Contre Hobbes et le Léviathan

Les philosophes des Lumières et les penseurs “libéraux”

● Lumières françaises : Rousseau, Voltaire…


● Lumières écossaises : David Hume, Adam Smith
● Adam Smith (1723-1790) :
- La théorie des sentiments moraux (1759)
- La richesse des Nations (An inquiry into the Nature and the Causes of the
Wealth of Nations, 1776)

La finalité de l’Homme selon Smith

Hypothèses :

1) Les Hommes cherchent à se procurer des “choses nécessaires et agréables à la


vie”.
2) Ces choses sont produites par le travail de l’Homme.

Trois moyens pour se procurer les choses utiles à la vie :

● Produire par soi-même tout ce dont on a besoin (autarcie)


● Piller les autres
● Échanger avec d’autres (acheter et vendre)

Hypothèses :

9
- Échanger est plus profitable que produire soi-même (productivité de la division du
travail).
- Le pillage est incompatible avec la nature de l’Homme (la sympathie, la parole, la
raison).

Smith et les relations internationales

De l’échange entre individus au commerce international

● Les pays seront plus riches s’ils se spécialisent (dans la production pour laquelle ils
ont un avantage absolu de productivité) et échangent leurs surplus.
● L’échange est mutuellement avantageux.

La doctrine libérale aujourd’hui

10
Hypothèses :

● Les États recherchent la prospérité (matérielle, économique)


● Cette recherche implique l’échange marchand (commerce international)
● L’échange implique la paix et la coopération
● L’échange et la paix sont mutuellement avantageux pour tous les États : la paix est
dans l’intérêt (égoïste) de chaque État.

La doctrine libérale

La coopération et l’échange nécessitent des institutions

● L’existence d’un droit international (règles fixes, transparentes, respectées) et son


respect (dont besoin de juridictions)
● La démocratie / État de droit est la condition interne pour la coopération
internationale.

État de droit = État dans lequel la puissance publique est soumise aux règles de droit.

Exemple de doctrine libérale : Robert Schuman (1886-1963), auteur de la “Déclaration


de Schuman” (9 mai 1950)

11
RÉSUMÉ

La doctrine libérale

● La recherche de la prospérité matérielle est le moteur de l’action internationale

● La coopération et l’échange sont nécessaires pour atteindre ce but (intéressé !)

● La coopération nécessite des institutions internationales (donc un abandon de


souveraineté au droit international ou aux organisations internationales)

● Exemple : le projet européen (dans la déclaration de Schuman où il propose la


création d'une Communauté européenne du charbon et de l'acier, dont les pays
membres mettraient en commun leur production de charbon et d'acier)

12
LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES : TYPOLOGIES, RÔLES,
ENJEUX.

Exemples d’organisations internationales

Qu’est-ce qu’une organisation internationale ?

Tentative de définition

● une organisation internationale est une association d’États (aussi “organisation


inter-gouvernementale")

● elle est constituée via un traité international lui donnant une existence juridique
propre et distincte de celle des États signataires

● Le traité dote l’organisation d’une “charte fondamentale” (ou “constitution”) qui en


régit les principes de fonctionnement, ainsi que des organes communs de décision,
d’arbitrage et de pilotage

Quelques distinctions importantes

● Organisations internationales VS Organisations non-gouvernementales (ONG)

● indépendance juridique VS dépendance politique

● organisations internationales VS organisations internationales non-conventionalisées


(forums, sommets, réunions, …)

● une organisation internationale peut adhérer à une autre organisation internationale

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Exemple : La diversité des organisations internationales

La diversité des organisations internationales (OI) : typologie générale

Trois critères

1) OI universelles VS OI non universelles (régionales)

2) domaine d’action / fonction :


- sécuritaire (ONU, OTAN…)
- normative (OMC, FMI, UE…)
- juridictionnelle (TPI, TIDM…)
- sectorielle (OIAC; OMS, UNICEF…)

3) pouvoir décisionnaire : coopération VS intégration

Organisations internationales : à quoi servent-elles ?

La doctrine réaliste

● Les États toujours au centre des relations internationales

● des organisations internationales peuvent émerger (alliances défensives, intérêts


communs) comme par ex OTAN, OPEP…

● les organisations internationales sont dépendantes des États

● leur existence est toujours fragile et leur efficacité faible comme par ex guerre en Irak
en 2003, crise du coronavirus…

Selon la doctrine libérale : trois fonctions des organisations internationales

14
● actes publiques : transparence des rapports inter-étatiques
● rencontres régulières : stabilité et dialogue

● normativité (juridique ou autre) : légitimation et mise en œuvre des accords


inter-étatiques

Organisations internationales : à quoi servent-elles VRAIMENT ?

Un point partout ?

● Croissance exponentielle des organisations internationales (un point pour la


doctrine libérale) :
- dans tous les domaines : universelles et régionales
- longévité
- coopération économique très poussée (OMC-FMI-BM)

● Échecs des organisations internationales dans leurs missions (un point pour la
doctrine réaliste) :
- guerres et conflits persistent (Irak, Syrie, Palestine, Ukraine..)
- la participation aux organisations internationales en question (US, UK..)

RÉSUMÉ

➔ Qu’est-ce qu’une organisation internationale ?


➔ Quels sont les différents types d’organisation internationale ?
➔ Quel est le rôle des organisations internationales ?

PLONGÉE AU COEUR D’UNE ORGANISATION INTERNATIONALE :

LA BANQUE MONDIALE ET LES POLITIQUES DE DÉVELOPPEMENT

La Banque Mondiale (BM)

15
● Plongée dans une organisation internationale

● Le concept de “développement”

● L’action de la BM : comment cette organisation intervient dans les politiques de


développement ?

La naissance de la BM

Un nouvel ordre économique mondial : Bretton Woods, 1944.

“Banque internationale pour la reconstruction et le développement” (BIRD)

● 12 pays membres

● Premier prêt de la BIRD à la France (environ 2,6 milliard USD)

16
● L’objectif du “développement” était controversée à l’époque :
Aujourd'hui, c’est la “reconstruction” qui est devenue une mission marginale.

La BM aujourd’hui

Le “groupe” Banque mondiale

● BIRD
● Agence internationale pour le développement (AID, 1960)
● Société financière internationale (SFI, 1956)
● Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI, 1986)
● Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements
(CIRDI, 1965)

Rôles et missions

1) Banque (institution financière) : prêts aux États et aux entreprises dans les pays en
développement.

2) Banque du développement : aide au pilotage des politiques de développement des


États membres.

3) Banque des savoirs : recherches, statistiques…

Organigramme

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➔ Conseil des gouverneurs : ministres des finances des 189 États membres ; réunit
une fois par an pour fixer les grandes orientations.

➔ Conseil d’administration : 25 membres en charge de la gestion courante et de


l’examen des demandes de prêt :

● 8 membres fixes (US, UK, Japon, Danemark, Espagne, France, Chine,


Russie, Arabie Saoudite)

● 16 administrateurs représentant des groupes de pays

● Droit de vote en fonction de ses parts dans la BM (actionnariat) :


- Vote des USA = 15.56%
- Vote de la France = 3,84%
- Vote du Sénégal = 0,14%

➔ Président de la BM (David Malpass) : en charge de la BM en tant qu’organisation


(10 000 employés).

L’action de la BM

L’action en tant que “institution financière”

● La Banque mondiale possède un capital social (fonds propres), apportés par les
États membres.

● Sur la base de ces fonds propres, la Banque mondiale emprunte des fonds sur les
marchés financiers (privés), à taux très favorable.

● Avec ses fonds propres et les fonds empruntés, la Banque mondiale prête aux pays
en développement qui en font la demande.

Plusieurs types de prêts

● La BIRD prête à des pays en développement à revenu intermédiaire (1025 USD <
PIB/tête < 5825 USD)

18
- Le prêt se fait au taux de marché : la BIRD ne fait pas de bénéfices sur le
prêt.

- Principaux bénéficiaires (2016, 42% des emprunts totaux) : Chine, Brésil,


Turquie, Indonésie, Inde.

● L’ AID prête à des pays en développement à faible revenu (PIB/tête < 1025 USD)
- Le prêt se fait à un taux “concessionnel” (< taux de marché) ; l’AID prête “à
perte”
- 80 pays bénéficiaires
- principaux bénéficiaires (2015, 55% des emprunts totaux) : Inde, Chine,
Bangladesh, Pakistan, Vietnam.

● La SFI prête aux entreprises de pays développement qui en font la demande.


Ici, obligation de rentabilité.

La notion de développement : premières intuitions

Qu’est-ce que le “développement” ?


Quels sont les pays “développés” ?
Quels sont les pays “en développement” ?

Dans le langage commun

● “pays en développement” VS “pays développés”


● “pays pauvres” VS “pays riches”
● “tiers monde” VS “premier monde”
● “pays à faible revenu” VS “pays à haut revenu”

Derrière cette notion, une mesure très répandue : le PIB par tête (ou PIB par habitant)

PIB / tête = PIB divisé par le nombre d’habitants du pays

Les inégalités de revenu par tête dans le monde

19
Intermezzo : comment comparer les revenus dans des pays différents ?

La notion de “parité de pouvoir d’achat” (PPA ; purchasing power parity, PPP)

Pour comparer le pouvoir d’achat d’une même devise (l’euro ou le dollar) dans des pays
différents (c à d avec des niveaux de prix différents) on compare le prix de biens
identiques ou similaires.

Exemple simple : Indice Big Mac (The Economist)


Prix du Big Mac aux USA : 1 USD (= dollar américain)
Prix du Big Mac au Japon : 2 USD
=> 2 USD de revenu au Japon correspondent à 1 USD de revenu aux USA.
Généralisation : si le niveau des prix est deux fois plus élevé dans le pays A comparé au
pays B, alors :

20
- Revenu Y dans le pays B
- Revenu en PPA dans le pays B : Y/2

L’augmentation du revenu par tête : le phénomène de “croissance”

Est-ce que le PIB par tête est une “bonne mesure” du développement ?

Les limites du PIB par tête

● C’est une moyenne : cela ne rend pas compte des inégalités au sein de la
population.

● Nombreux phénomènes non meusrés : productions non-marchandes (travail


domestique, auto-consommation), activités informelles (“au noir”)...

● Problèmes de mesure : par exemple, le dénominateur (recensements tous les dix


ans VS démographies dynamiques ou migrations),...

● Implications de politique économique : est-ce qu’il suffit d’augmenter le PIB par


tête pour se “développer” ? Est-ce raisonnable (dimension écologique) ?

Au-delà du PIB par tête

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Croissance VS développement

● La croissance : une augmentation durable et prolongée du revenu par tête.

● Le développement : un phénomène qui associe la croissance à des changements


dans d’autres domaines de la société :

- la satisfaction de besoins essentiels (éducation, santé, …) pour une partie


croissante de la population

- le changement de la structure productive de l’économie (industrialisation,


tertiarisation)

- la hausse puis la baisse des inégalités (courbe de Kuznet)

- la baisse du niveau de pauvreté

- l’empreinte écologique (développement “durable”)

Comment mesurer le développement ?

Un phénomène multi-dimensionnel => des indices composé d’indicateurs

➔ L’Indice du développement humain (IDH)


➔ L’Indicateur de pauvreté humaine (IPH)
➔ …

L’IDH

Un indice composite, compris entre 0 (plus faible niveau de développement)


et 1 (plus haut niveau)

Indicateur 1 : Dimension “niveau de vie” : PIB par habitant ÿ

Indicateur 2 : Dimension “connaissance” : moyenne (Ē) de :


● années moyennes de scolarisation

22
● taux d’alphabétisation

Indicateur 3 Dimension “santé” : espérance de vie à la naissance (S)

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IDH ET PIB par tête : corrélation

La notion de pauvreté

Rappel

Le développement est un phénomène qui associe la croissance à des changements dans


d’autres domaines de la société dont le niveau de pauvreté.

De quoi parle-t-on ?

● Pauvreté monétaire
● Pauvreté non-monétaire

24
Pauvreté monétaire

Pauvreté absolue

On considère un individu comme “pauvre” si son revenu le situe en-dessous d’un seuil fixé
(poverty line).

Standards internationaux :

● extrême pauvreté : revenu < 1 USD PPA par jour


● pauvreté : revenu < 2 USD PPA par jour

Pauvreté relative

On considère un individu comme “pauvre” en comparant son niveau de vie (revenu net /
membres du foyer) à celui de la médiane de la population.

Seuil de pauvreté relative : 20% du niveau de vie médian (en France : 1041 euros par
mois pour une personne seule).

Pauvreté non-monétaire

L'approche par les capabilités (Amartya Sen)

La pauvreté est une condition personnelle de manque de possibilités ; l’impossibilité de


mener la vie qu’on souhaite.

➔ Chaque individu dispose de certaines dotations (revenu, éducation, patrimoine,


santé,...) et droits.

➔ Les dotations et les droits confèrent à l’individu des capabilités (la capacité à faire
ou à être).

➔ Les capabilités permettent donc un ensemble de possibilités et de libertés.

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Une mesure de pauvreté non-monétaire : l’Indice de pauvreté humaine (IPH)

Construction de l’IPH

Indicateur 1 : Longévité => Part des individus dépassant l’âge de 40 ans.

Indicateur 2 : Éducation => Part des adultes non-alphabétisés

Indicateur 3 : Conditions de vie


● Part de la population avec accès à l’eau potable
● Part de la population avec accès à des soins de base
● Incidence de la malnutrition enfantine

Le développement : objectif et moyen

Rappel : objectif et activité de la Banque Mondiale

Causes et mécanismes du développement

Trois théories économiques sur les causes du développement

➔ Théories classiques (ex : Adam Smith) : l’accumulation de capital physique génère


la croissance et le développement.

26
➔ Théorie de la croissance néoclassique (Solow, 1956) : le progrès technologique
génère la croissance et le développement.

➔ Théories de la croissance endogène (Schumpeter, 1911 ; Schulz, 1956 ; Romer,


1986) : la création de services de santé, d’éducation, de formation et etc génèrent la
croissance et le développement.

● Théorie classique

Causes du développement

Politiques de développement

● Incitation à l’épargne et à l’investissement en capital physique

● Théorie néoclassique

Causes du développement

Politiques de développement

● Politiques de soutien à l’innovation technique et technologique

27
● Théories de la croissance endogène

Causes du développement

Politiques de développement

● Développer l’éducation, la santé, l’accès aux droits et à la justice, etc.


=> plus de détail plus bas dans le cours

Des théories aux politiques de développement

Trois “phases” historiques dans les politiques de développement

● 1945 - 1980 : politiques d’investissement et d'industrialisation


centrées sur l’accumulation du capital physique et le transfert de technologies.
Principal acteur : l’État.

● 1980 - 2000 : politiques de “stabilisation et d’ouverture”


centrées sur l’investissement et l’innovation privée.
Principal acteur : les individus et le marché.

● 2000 - mtn : politiques de “lutte contre la pauvreté”


centrées sur l’investissement en “capital humain” et les capabilités.
Principal acteur : États et individus.

28
Première phase de politiques de développement (1945 - 1980)

En Bref

● Conception du développement : accumulation de capital physique

● Politiques mises en place : investissement étatique, concentré dans les


infrastructures, l'industrialisation et la “modernisation”

● Type de coopération internationale : interétatique ou avec les organisations


internationales, très verticales.

Les politiques de développement (1945 - 1980)

Les mécanismes et les causes du développement

● La “croissance” avant le “développement”

● Mécanismes centraux : l’accumulation de capital physique (=> industrialisation) et la


hausse de la productivité

● Pourquoi les pays “pauvres” ne s’industrialisent pas ?


=> Manque d’investissement => Manque d’épargne

● Nota bene : diagnostique établi par les pays développés et par les organisations
internationales… rarement en consultation avec les pays concernés…
(=> “politiques (néo)coloniales” ?)

Infrastructures et industrialisation

● Financement en provence des pays développés, directement ou via les organisations


internationales

● Financement de grands projets d’infrastructures et d’industrie lourde :


télécommunications, transports (routes, réseaux ferrés, autoroutes, aéroports, ports,
pôles logistiques), électricité (barrages, réseaux, centrales à charbon,...), travaux de
bonification, de déforestation…

29
● Mise en place par les États, seul partenaire “de taille” sur place, plus efficace (?) …
mais fortement encadré par du personnel étranger (économistes et ingénieurs des
pays développés).

Effets attendus :

➔ “big push” (effet d’entraînement)

➔ externalités positives pour les entreprises privées

➔ création des conditions pour l’apparition d’industries lourdes

➔ création des conditions pour la “substitution des importations”

La “révolution verte” et la productivité de l’agriculture

● “Modernisation” de l’agriculture (=> accroître la productivité)

● Outils :
- nouvelles cultures
- systèmes d’irrigations
- engrais
- équipement lourd
- marge extensive (économies d’échelle)

Le bilan des politiques de développement (1945 - 1980)

● “Cathédrales dans le désert”

● “Grands projets inutiles” : inadaptés aux besoins de populations locales, à la


structure économique du pays,...

● Dettes colossales qui plombent le secteur publique (=> crises des dettes des années
1980)

● Dégâts environnementaux et sociaux

● Rejet politique (mouvements de libération et d’indépendance)

30
Nouveau changement d’approche : la “lutte contre la pauvreté” (2000 - mtn)

Une approche centrée sur les individus

● Le capital humain comme facteur central du développement

● Ce sont des individus éduqués, formés, en bonne santé, … qui peuvent être
inventifs, productifs ; épargner, investir, diriger…

● Pour développer ces capabilités, il faut des conditions favorables :

- système de santé, d’éducation, réseau d'électricité, de télécom …


- garantir la mobilité sociale, “l’inclusivité”

● Cependant, il faut sortir d’une coopération exclusivement interétatique (=> ONG,


fondations, entreprises,...)

Un exemple : les “objectifs du millénaire”

Objectifs adoptés en 2000 par l’ONU

“La lutte contre la pauvreté” (2000 - mtn)

31
Mesures concrètes

● Recentrage des dépenses publiques sur la santé et l’éducation (“dépenses


réductrices de pauvreté”)

● Développement du micro-crédit

● Améliorer la gouvernance

Coopération internationale

● Les prêts des organisations internationales, conditionnels à la mise en place de


politiques de “lutte contre la pauvreté”

● Coopération plus “horizontale” avec d’autres États, des entreprises, fondations et


ONG.

Bilan des politiques de “lutte contre la pauvreté” (2000 - mtn)

➔ La pauvreté extrême a significativement reculé partout

➔ L’accès à l’éducation et à la santé s’est significativement amélioré dans certaines


régions du monde

➔ Et ceci malgré :
● un environnement économique fortement instable depuis 2008
● un environnement politique fortement instable depuis 2001 (invasion de
l’Afghanistan)

Le rôle de la Banque Mondiale dans les politiques de développement

32
Des prêts, pour quoi faire ?

Finalités des prêts de la BIRD / AID

● 1950 - 1970 : 2/3 des prêts accordés destinés à financer des infrastructures ;
- la Banque refusait d’octroyer des prêts pour financer la “dépense sociale”

● 2015 :

➔ infrastructures (1/6 des prêts accordés)

➔ organisation et réforme de la justice, de l’administration, du fonctionnement


des administrations publiques (1/6 des prêts accordés)

➔ dépenses d’éducation, de santé, d’accès à l’eau potable, etc. (1/3 des prêts
accordés)

➔ dépenses de reconstruction (suite à un conflit), de formation


(administrations), et divers (⅓ des prêts accordés)

La conditionnalité des prêts

● réduction des déficits budgétaires via la baisse des dépenses publiques

● contrôle de l’inflation

● libéralisation des échanges internationaux (biens, services, capitaux)

● libéralisation du marché du travail

● privatisation des services publics

33
La conditionnalité des prêts après 2000

● Batterie d’indicateurs chiffrés (par ex : taux de pauvreté, taux de scolarisation,...)

● Objectifs fixés mais pas les politiques à mettre en place pour y parvenir

Pour conclure

Autres acteurs dans les politiques du développement

● Les États jouent encore un rôle important (par exemple ; Agence France
Développement)

● Plusieurs organisations internationales jouent un rôle important :


➔ Banque mondiale
➔ Fonds monétaire international
➔ Organisation des Nations Unies (Commission pour le développement

● Les ONG agissent

CONCLUSION

Résumé

● La Banque mondiale : origine et fonctionnement

● Finalités et conditionnalité des prêts octroyés par la Banque mondiale

● Deux éléments généraux :

➔ évolution de l’action de cette organisation et évolution des conceptions sur le


développement

➔ la coopération internationale aux dépens de la souveraineté (conditionnalité


des prêts)

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