Est-ce qu’une personne physique continue de
bénéficier des mêmes avantages fiscaux
accordés aux promoteurs immobiliers pour la
réalisation de logements sociaux après sa
transformation en personne morale ?
Document élaboré en Janvier 2015
1- Problématique
Est-ce qu’une personne physique continue de bénéficier des mêmes avantages fiscaux
accordés aux promoteurs immobiliers pour la réalisation de logements sociaux après sa
transformation en personne morale ?
2- Cadre légal
En vertu de l’article 247-XVI-A du CGI, les promoteurs immobiliers, personnes morales ou
physiques relevant du régime du résultat net réel, sont exonérés de l’IS, l’IR, les droits
d’enregistrement et de timbre pour l’ensemble de leurs actes, activités et revenus afférents
à la réalisation de logements sociaux.
Néanmoins, ne peuvent bénéficier de ces exonérations que les promoteurs immobiliers qui
réalisent leurs opérations dans le cadre d’une convention conclue avec l’Etat, assortie d’un
cahier des charges, ayant pour objet la réalisation d’un programme de construction d’au
moins 500 logements sociaux, réparti sur une période maximum de 5 ans à compter de la
date de la délivrance de la première autorisation de construire.
Par ailleurs, l’article 247-XVII-A dispose que les personnes physiques exerçant à titre
individuel, en société de fait ou dans l’indivision au 31 décembre 2012, une activité
professionnelle passible de l’IR selon le régime du résultat net réel ou du résultat net
simplifié, ne sont pas imposées sur la plus-value nette réalisée à la suite de l’apport de
l’ensemble des éléments de l’actif et du passif de leur entreprise à une société soumise à
l’IS qu’elles créent entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2014.
L’acte constatant l’apport n’est passible que d’un droit d’enregistrement fixe de 1.000 DH.
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3- Position de l’Administration fiscale
La DGI précise dans sa réponse n° 160 du 8 mai 2014 que la société bénéficiaire de l’apport
continue à bénéficier du même avantage d’exonération ou de réduction pour la période
restante, du fait qu’elle est considérée comme la continuatrice de l’entreprise ayant effectué
ledit apport.
En effet, suivant le principe de continuité de l’exploitation, la personne morale peut
bénéficier des mêmes avantages fiscaux accordés aux promoteurs immobiliers, personnes
physiques, en vertu des conventions passées avec l’Etat pour la réalisation de logements
sociaux, sous réserve que ladite société s’engage dans l’acte d’apport à respecter les
obligations et engagements prévues par lesdites conventions.
4- Commentaire
Le fisc a pris en considération dans sa réponse un principe juridico-comptable fondamental,
en l’occurrence celui de la continuité de l’exploitation même en cas de changement de la
forme juridique de l‘entreprise, effectué conformément aux dispositions de l’article247-XVII-
A du CGI.
Ainsi, sur la base de ce principe, la législation fiscale en vigueur garantie et préserve les
mêmes avantages fiscaux dont bénéficie le promoteur immobilier pour la réalisation de
logements sociaux, tels que définis à l’article 92-I-28° du CGI.
Quelles sont les avantages dont bénéficie
une entreprise non-résidente qui fait
transiter des flux financiers vers l’étranger
par l’intermédiaire d’une banque offshore ?
Document élaboré en Décembre 2016
1- Problématique
Quelles sont les avantages dont bénéficie une entreprise non-résidente qui fait transiter des
flux financiers vers l’étranger par l’intermédiaire d’une banque offshore ?
2- Cadre légal
En vertu des dispositions de la loi n° 58-90 relative aux places financières offshore, est
considérée comme banque offshore toute personne morale qui a son siège dans une place
financière offshore et pour profession habituelle et principale de recevoir des dépôts en
monnaies étrangères convertibles et d'effectuer, en ces mêmes monnaies, pour son propre
compte ou pour le compte de ses clients toutes opérations financières, de crédit, de bourse
ou de change.
Ces banques peuvent, notamment :
collecter toute ressources en monnaies étrangères convertibles appartenant à
des non-résidents ;
effectuer, pour leur propre compte ou pour le compte de leur clientèle non-
résidente, toute opération de placement financier, d'arbitrage, de couverture et
de transfert en devises ou en or ;
Les banques offshore ne sont pas soumises à l’obligation de rapatriement des revenus ou
produits à l'étranger et bénéficient d'une liberté de change pour les opérations avec les non-
résidents.
Elles peuvent effectuer librement toutes opérations financières ou bancaires en monnaies
étrangères convertibles pour leur propre compte ou pour le compte de personnes non-
résidentes.
Néanmoins, ces banques doivent effectuer leurs règlements au Maroc au moyen de comptes
en devises ou de comptes étrangers en dirhams convertibles ouverts auprès des banques
marocaines intermédiaires agréées.
Sur le plan fiscal, l’article 6-I-C-2° du CGI, exonère de l'IS retenu à la source, les intérêts et
autres produits similaires servis aux titulaires des dépôts et tous autres placements
effectués en monnaies étrangères convertibles auprès des banques offshore régies par la loi
n° 58-90.
De même, l’article 92-I-27°-a) exonère de la TVA avec bénéfice du droit à déduction, les
opérations des banques offshore au titre :
des intérêts et commissions sur les opérations de prêt et de toutes autres
prestations de service ;
des intérêts des dépôts et autres placements effectués en monnaies étrangères
convertibles.
4- Commentaire
Si les opérations réalisées au profit des sociétés non résidentes par les banques offshore
bénéficient d’une exemption en matière fiscale et de règlementation de change, elles n’en
demeurent pas moins soumises aux règles de lutte anti-blanchement, puisque lesdites
sociétés peuvent à tout moment faire l’objet d’une demande de justification de la
provenance des fonds.