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Défis de la croissance en Inde

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Défis de la croissance en Inde

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1.

La transition démographique en Inde induit une forte augmentation de la population et d’importants


déséquilibres.
1.1. L’Inde est confrontée aux défis du nombre : la transition démographique se traduit par une forte
augmentation de sa population
1.2. Le développement démographique de l’Inde est déséquilibré : l’impact de la croissance démo-
graphique sur la condition féminine
2. L’émergence économique de l’Inde est certaine, mais ne se traduit pas par une diminution signifi-
cative des inégalités.
2.1. L’Inde est un pays émergent grâce à sa forte croissance économique
2.2. Malgré la croissance les inégalités subsistent en Inde
2.3. Les acteurs du développement de l’Inde sont nombreux
3. La transition économique de l’Inde a permis son développement, mais le rôle de l’Etat est toujours
important
3.1. L’Inde connait une transition économique
3.2. L’intervention de l’Etat pour encourager le développement est toujours forte en Inde
Géographie, thème 3 : Territoires, populations et développe-
ment : quels défis
ETUDE DE CAS : LES MODALITÉS DU DÉVELOPPEMENT EN
INDE
Comment l’Inde fait face aux défis cumulés de la croissance démographique et de la croissance éco -
nomique ?

Etudes à réaliser Tâche à accomplir par les élèves


1. La transition démographique en Inde induit une forte augmentation de la population et d’im-
portants déséquilibres.
1.1. L’Inde est confrontée aux défis du nombre : la
transition démographique se traduit par une forte aug-
mentation de sa population

1.2. Le développement démographique de l’Inde est


déséquilibré : l’impact de la croissance démogra-
phique sur la condition féminine

2. L’émergence économique de l’Inde est certaine, mais ne se traduit pas par une diminution
significative des inégalités.
2.1. L’Inde est un pays émergent grâce à sa forte
croissance économique

2.2. Malgré la croissance les inégalités subsistent en


Inde

2.3. Les acteurs du développement de l’Inde sont


nombreux

3. La transition économique de l’Inde a permis son développement, mais le rôle de l’Etat est
toujours important
3.1. L’Inde connait une transition économique

3.2. L’intervention de l’Etat pour encourager le déve-


loppement est toujours forte en Inde
Géographie, thème 3 : Territoires, populations et développe-
ment : quels défis
ETUDE DE CAS : LES MODALITÉS DU DÉVELOPPEMENT EN
INDE : LE BILAN DE L’ETUDE DE CAS
Comment l’Inde fait face aux défis cumulés de la croissance démographique et de la croissance éco -
nomique ?

Etudes à réaliser Tâche à accomplir par les élèves


1. La transition démographique en Inde induit une forte augmentation de la population et d’im-
portants déséquilibres.
1.1. L’Inde est confrontée aux défis du nombre : la Explication et mise en place du vocabulaire de la tran-
transition démographique se traduit par une forte aug- sition démographique : transition démographique,
taux de mortalité, taux de natalité, densité, espé-
mentation de sa population rance de vie, croissance démographique.
1.2. Le développement démographique de l’Inde est Les populations de l’Inde répondent de manière diffé-
déséquilibré : l’impact de la croissance démogra- renciée à la croissance de la population. La popula-
tion est de 1,3 milliards mais la baisse de la fécondi-
phique sur la condition féminine té est rapide (2,9 à 2,3 enfants/femme entre 2006 et
2016). Une politique de planification des nais-
sances a été mise en place. Elle repose essentielle-
ment sur les femmes. L’avortement sélectif induit un
déséquilibre dans le sexe-ratio. Mais toutes les ré-
gions indiennes n’ont pas la même trajectoire : le
Nord-Ouest du pays manque de femmes.
2. L’émergence économique de l’Inde est certaine, mais ne se traduit pas par une diminution
significative des inégalités.
2.1. L’Inde est un pays émergent grâce à sa forte La croissance du PIB est très rapide, plus de 7 % par
croissance économique an. C’est pourquoi l’Inde entre dans la catégorie des
pays émergents. Des infrastructures notamment de
transport sont construites. Les littoraux et les
grandes villes (métropoles) se développent plus vite
que les campagnes.
Les atouts de l’Inde sont sa classe moyenne, son at-
tractivité pour les IDE, et son système politique démo-
cratique.
2.2. Malgré la croissance les inégalités subsistent en Les Inégalités se maintiennent. Le développement
Inde peu se mesurer par l’IDH. Mais il existe des situa-
tions très contrastées entre ville et campagne où
persistent analphabétisme, malnutrition. 10% des
plus riches possèdent plus que 55 % de la richesse
nationale. Cette part a doublé en 10 ans. Ces inégali-
tés sont bien moins importantes en Chine.
2.3. Les acteurs du développement de l’Inde sont Les Indiens sont les premiers acteurs de leur déve-
nombreux loppement. Les émigrés contribuent par leurs re-
mises au développement. L’Etat donne les grandes
orientations, mais peut déléguer la construction de
certaines infrastructures aux firmes transnatio-
nales. Enfin, l’Inde a pour atout son système d’édu-
cation supérieur, comme les écoles d’ingénieur.
3. La transition économique de l’Inde a permis son développement, mais le rôle de l’Etat est
toujours important
3.1. L’Inde connait une transition économique La transition économique est le passage d’une éco-
nomie protégée/planifiée à une économie ouverte
à la mondialisation. Dans un premier temps de son
développement, l’Inde a protégé son économie par
des droits de douanes pour encourager son industrie.
Depuis les années 1990 le rôle de l’Etat est moindre.
L’Inde s’est ouverte aux IDE et à construit une indus-
trie à l’exportation. La croissance est devenue forte.
L’Inde est devenue un pays Emergent.
Même trajectoire que la Chine.
3.2. L’intervention de l’Etat pour encourager le déve- Mais le rôle de l’Etat reste important. C’est un héri-
loppement est toujours forte en Inde tage des années 1980. L’Etat a pour objectif de ré-
équilibrer les écarts entre ville et campagne. Par
ailleurs, l’Etat a un rôle stratégique majeur dans la
construction des infrastructures (assainissement,
routes, train, etc.). Mais il en délègue la constructions
aux grandes FTN.
Géographie, thème 3 : Territoires, populations et développe-
ment : quels défis
ETUDE DE CAS : LES MODALITÉS DU DÉVELOPPEMENT EN
INDE
L’Inde est confrontée aux défis du nombre : la transition démographique se
traduit par une forte augmentation de sa population
Document 1 : la transition démographique et l’évolution de la population indienne
1. Comment évoluent le taux de
natalité et le taux de mortalité ?
2. Compléter la phrase par le
verbe qui convient : si le taux
de natalité est supérieur au
taux de mortalité, alors la
population ______________.
3. Décrivez puis expliquez la
courbe du nombre d’habitants.

Document 2 : En Inde, la population grandit… un peu moins vite que la Chine


L’Inde du président Modi aime souvent citer en exemple le grand voisin et rival chinois sauf sur un point : la
démographie. Chez les Indiens, pas de risque immédiat de vieillissement de la population ou de crainte sur le
paiement des retraites.
Dans ce géant d’Asie qui a franchi la barre de 1,2 milliard d’habitants et qui devrait devenir l’État le plus peu-
plé de la planète autour de 2030, la moitié des habitants a moins de 25 ans.
En un peu plus d’un siècle, les Indiens ont vu leur nombre multiplié par cinq sous l’effet des progrès de la mé-
decine, du recul des épidémies et de la disparition des famines.
La croissance démographique s’est ralentie, passant de 1,97 % par an en moyenne entre 1991-2001 à 1,64 %
pour la décennie suivante.
Chiffre intéressant, le taux de fécondité, c’est-à-dire le nombre moyen d’enfants par femme, est tombé sous la
barre des 3 pour atteindre aujourd’hui les 2,7.
Le sud de l’Inde a achevé sa transition démographique, c’est-à-dire le passage d’une population ayant
des taux de natalité et de mortalité élevés à une population ayant des taux de natalité et de mortalité
faibles.
Les familles à quatre enfants et plus sont encore nombreuses dans les États très peuplés du Nord.
Au Kerala par exemple, « la fécondité qui était de 5,6 enfants par femme dans les années 1950 est aujour-
d’hui inférieure à celle de la France (1,8 contre 2) », écrit Jacques Véron, chercheur à l’Institut national des
études démographiques (Ined).
La-croix.fr, 27 juillet 2015
1. D’après le document, quelles sont les causes de la croissance démographique de l’Inde ?
2. Situez le Kerala sur les cartes aux verso.
3. Que s’est-il passé au Kerala depuis 70 ans ?
4. Les Etats indiens ont-ils tous une situation démographique comparable ? Justifiez votre réponse.
5. Bonus : expliquez la deuxième phrase du texte qui s’applique à la situation démographique de la Chine.
Document 3 : la population indienne
1. Entourez les trois plus
grandes métroples indiennes.
2. Où se situent les plus fortes
densités ?
3. Expliquez la croissance des
villes en vous appuyant sur les
documents 1 et 3.

Document 4 : le taux de fécondité des femmes indiennes

1. Mettez en parallèle l’affirmation du document 2 signalée en gras et la carte.


2. Signalez sur la carte tous les Etats qui n’ont pas fini leur transition démographique.

Réponse rédigée et construite :


Montrez que la transition démographique se traduit par une forte augmentation de sa population mais que
cette augmentation est contrastée.

Vous pourrez prendre appui sur les notions suivantes : taux de mortalité, taux de natalité, densité, espérance
de vie, transition démographique, croissance démographique.
Géographie, thème 3 : Territoires, populations et développe-
ment : quels défis
ETUDE DE CAS : LES MODALITÉS DU DÉVELOPPEMENT EN
INDE
L’Inde est un pays émergent grâce à sa forte croissance économique

Document 0 : la croissance du PIB de l’Inde


1. Montrez que la croissance économique de
l’Inde permet l’émergence de l’Inde

Document 1 : L’émergence de l’Inde


Pour le géographe parcourant l’Inde depuis près de quarante ans, chaque séjour, année après année, offre
l’expérience d’un changement social rapide, allant s’accentuant, et modifiant jusqu’à l’organisation du territoire
et les pratiques spatiales. Les toutes dernières années apparaissent même, par bien des aspects, comme le
temps d’une mutation. Après une vingtaine d’années de croissance économique soutenue et qui ne fléchit
pas, l’enrichissement des couches moyennes se fait davantage visible, rendant plus criants encore les très
fortes inégalités sociales et le maintien d’une large fraction des populations dans la pauvreté. Dans le même
temps, l’introduction d’une gouvernance et d’une politique économique plus libérales, l’internationalisation de
la production et du commerce, la modernisation des infrastructures urbaines et des systèmes de transport et
de communication atteignent un niveau permettant à l’Inde d’accéder au statut de pays émergent.
Prudemment, à son rythme et selon ses propres termes, l’Inde s’engage dans la mondialisation. […]
Inégalement réparti sur le territoire, renforçant les inégalités territoriales et valorisant les littoraux, ce
dynamisme s’observe tout particulièrement dans les villes, dont plus de cinquante sont aujourd’hui
millionnaires et deux, Delhi et Mumbai, avoisinent les vingt millions d’habitants.
Philippe Cadène, « L’émergence de l’Inde : dynamiques métropolitaines, ouverture maritime », Bulletin de
l’association de géographes français, n°94-1, 2017.
1. Soulignez les mots qui caractérisent les changements qui permettent l’émergence de l’Inde.
2. Quels sont les espaces qui profitent de l’émergence indienne. Situez les sur la carte.
3. Quelles sont les limites de l’émergence de l’Inde.
4. Citez le nom de plusieurs pays classés comme émergents.
Document 2 : Développement et croissance démographique en Inde A REMPLACER PAR DOC P
11 LIVRE SCOLAIRE

Document 3 : L'Inde, l'économie la plus dynamique du monde


L’Inde est aujourd’hui le pays qui se développe le plus vite, le pays qui a la plus forte croissance au monde,
près de 8% au cours du premier trimestre 2016, et plus de 7 et demi % sur les douze derniers mois. Et c’est
un événement important, parce que c’est la première fois que l’Inde double la Chine, elle lui passe devant
pour lui ravir la première place en terme de croissance. Alors quand on remet cette ascension en perspective,
c’est encore plus spectaculaire : il y a vingt ans, l’Inde était certes déjà un géant démographique avec une
population de plus d’un milliard d’habitants, mais elle était surtout un nain économique, étouffé par la
pauvreté, et bien ce n’est plus le cas. Dans un contexte international très morose, l’Inde tire son épingle du
jeu, c’est un pays en pleine transformation.
Le Pib chinois, c’est à dire la somme totale de la richesse produite en une année, est presque quatre fois
supérieur au Pib indien. Mais l’Inde tourne aujourd’hui a plein régime alors que la Chine, elle, ralentit et vit une
crise de modèle. Le principal défi de l’Inde, c’est la maîtrise de son développement : la mondialisation a fait
émerger de grands centres urbains autour de Calcutta, Bombay, Delhi et Bengalore, où vit désormais une
puissante classe moyenne en pleine ascension, mais la pauvreté sévit encore dans d’immenses régions et
surtout les inégalités ont explosées. L’Inde souffre encore d’infrastructures totalement défaillantes et c’est
aussi pour ça que le premier ministre indien Modi, parcourt le monde pour attirer dans son pays les
investisseurs étrangers. Et ça marche d’ailleurs. Il faut ajouter qu’il y a un domaine où l’Inde surclasse la
Chine, c’est le système politique. L’Inde a pour elle d’être la plus grande démocratie du monde, imparfaite
certes, entravée par un système de castes, oui, mais une démocratie quand même.
Franceinfo.fr, Le décryptage éco de Fanny Guinochet, 3 juin 2016
1. Quelle est la croissance de l’Inde en 2016 ?
2. Quelles sont les classes sociales et les territoires qui profitent le plus de l’émergence de l’Inde ? Situez-les
sur la carte.
3. D’après la journaliste, quelles sont les forces et les faiblesses de l’Inde

Réponse rédigée et construite :


Montrez que la transition démographique se traduit par une forte augmentation de sa population mais
que cette augmentation est contrastée.

Vous pourrez prendre appui sur les notions suivantes : croissance, développement, émergence.
Géographie, thème 3 : Territoires, populations et développe-
ment : quels défis
ETUDE DE CAS : LES MODALITÉS DU DÉVELOPPEMENT EN
INDE
Malgré la croissance les inégalités subsistent en Inde

Document 1 : Un développement contrasté


En 20111, 23,6 % de la population indienne vivait sous le seuil de pauvreté (1,25 dollar par jour selon la
Banque mondiale), soit près de 290 millions de personnes. Nombre éloquent pour la sixième économie
mondiale (selon le PIB), qui cumule record du nombre de pauvres et troisième rang mondial pour le nombre
de milliardaires !
Même si la pauvreté recule (60 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté en 1981), cette baisse reste
insuffisante et relativise le succès de l’économie indienne dont la croissance ne suffit pas à entraîner toute la
population dans son sillage. Le maintien d’une tranche de la population dans la pauvreté contribue
vraisemblablement à la dynamique de croissance indienne, qui dépend aussi de la présence d’une main-
d’œuvre bon marché enrôlée de manière informelle, par exemple dans les chantiers de construction.
Néanmoins, la classe moyenne urbaine ne pourra sans doute pas assumer seule l’essor de la production et
de la consommation indiennes, et la pauvreté de la masse populaire constituera, à moyen terme, un frein au
développement économique. […]
L’Inde poursuit cependant son développement, cherchant encore dans l’ouverture au monde une voie de
croissance.
Lucie Dejouhanet, « L’Inde, puissance en construction », La Documentation photographique, © Dila n° 8109,
janvier-février 2016.
1
Année du dernier recensement de population en Inde qui a lieu tous les 10 ans. Le prochain est donc prévu en 2021.
1. Mettez en évidence le paradoxe évoqué dans le premier paragraphe du document.
2. En terme strictement économique, la population pauvre est-elle une force ou une faiblesse ?
Justifiez votre réponse.

Document 2 : un développement humain contrasté


1. Qu’est-ce que l’IDH
(recherche ou connaissance
personnelle) ?
2. Les états indiens sont-ils
également développés ?
Justifiez votre réponse.
Document 3 : L’Inde rurale à l’écart du développement
1. Quel est le pourcentage de la population qui
vit à la campagne ?
2. Quelle est la situation des campagnes
indiennes en termes de développement ?
3. Quels sont les freins au développement des
campagnes ?

Réponse rédigée et construite :


Montrez que malgré la croissance, les inégalités persistent : décrivez les inégalités (où et qui ?) et les
freins à leur résorption.

Vous pourrez prendre appui sur les notions suivantes : inégalités, développement, IDH, ville, campagne,
analphabétisme, malnutrition, analphabétisme.
Géographie, thème 3 : Territoires, populations et développe-
ment : quels défis
ETUDE DE CAS : LES MODALITÉS DU DÉVELOPPEMENT EN
INDE
L’intervention de l’Etat pour encourager le développement est toujours forte
en Inde

Document 1 : Des réformes pour les campagnes


Le gouvernement indien a présenté jeudi un budget annuel pour l’exercice 2018-2019 mettant l’accent sur les
zones rurales, où vivent deux Indiens sur trois. « Nous avons lancé des programmes pour diriger les bénéfices
des réformes structurelles et de la bonne croissance jusqu’aux fermiers, aux pauvres et d’autres sections vul -
nérables de nos sociétés pour tirer nos régions sous-développées », a déclaré le ministre des Finances Arun
Jaitley devant le Parlement.
Si le géant démographique d’Asie du Sud connaît une urbanisation impressionnante, les zones rurales restent
encore le berceau de la majeure partie de son 1,34 milliard d’habitants. L’agriculture, qui représente environ
15 % du PIB mais emploie la moitié de la population active, peine à suivre le train de la croissance.
Le pouvoir en place craint de voir ainsi s’accroître les disparités entre la campagne et les villes et d’essuyer
dans l’isoloir le mécontentement des villages.
Dévoilant une série d’initiatives visant différents secteurs agricoles, New Delhi a notamment annoncé qu’elle
consacrerait au total pour cette année 14 340 milliards de roupies (180 milliards d’euros) pour développer l’in-
frastructure des zones rurales.
« Les campagnes au cœur du budget », AFP, 1er février 2018.
1. Quelle est l’importance de l’agriculture en Inde ?
2. Quelle est la situation des zones rurales en Inde ?
3. Quel est l’objectif du gouvernement Indien par rapport aux campagnes en 2018 ?

Document 2 : La politique Urbain Renaissance


Urban renaissance est une politique publique de transformation urbaine mené par le gouvernement indien.

1. Sur quels types de territoires la politique urban renaissance s’applique-t-elle ?


2. Choisir trois domaines de la politique urban renaissance et expliquer leurs enjeux.
Doocument : Jusqu’en 1991, une économie planifiée
La " voie indienne " de développement a été construite sur un modèle de croissance autocentré organisé au-
tour d'un vaste secteur public.
Depuis les années cinquante, le Plan fixe les priorités économiques des pouvoirs publics et le budget de
l'Union met en oeuvre de nombreux mécanismes de subvention et d'incitation. Des orientations précises sont
données aux banques publiques et privées, ces dernières étant tenues administrativement d'affecter une frac-
tion de leurs prêts aux secteurs de l'économie déclarés prioritaires. […]
En Inde, les objectifs d'autosuffisance et d'indépendance, de justice sociale et d'équilibre géographique ont
toujours prévalu sur la recherche de la maximisation de la croissance. En conséquence, des politiques macro-
économiques prudentes et visant la stabilité, parfois au détriment de l'efficacité économique, ont été menées.
Le taux de croissance de l'économie s'est abaissé d'une moyenne de 3,5 % par an dans les années cinquante
et soixante, à 2,5 % seulement dans les années soixante-dix. La politique d'autocentrage et d'intervention-
nisme étatique avait conduit à des taux de retour sur investissement très faibles et à des goulets d'étrangle-
ment dans les infrastructures.
Au cours des années quatre-vingt, la croissance a été relancée par la déréglementation partielle des marchés,
la dépréciation de la roupie et la stimulation de la demande domestique. Ces réformes ont permis d'atteindre
une croissance de 5,5 % par an au cours de la décennie quatre-vingt, mais ont provoqué une déstabilisation
de l'économie.
Rapport d’information du Sénat, 30 juin 1999
1. Avant 1991, comment sont fixées les priorités économiques de l’Inde ?
2. Quels sont les objectifs prioritaires ? Est-ce la croissance du PIB ?
3. Quand des réformes de ce type d’économie ont été prises ? Pour quels résultats ?

Réponse rédigée et construite :


Montrez que le rôle de l’Etat est important dans l’économie indienne.

Vous pourrez prendre appui sur les notions suivantes : inégalités, développement, ville, campagne, économie
planifiée, interventionnisme, budget.
Géographie, thème 3 : Territoires, populations et développe-
ment : quels défis
ETUDE DE CAS : LES MODALITÉS DU DÉVELOPPEMENT EN
INDE
L’Inde connait une transition économique
Document 1 : L’Inde en transition économique

1. Quelle est l’évolution du modèle économique Indien ? Montrez que cette évolution passe par la diminution
de l’importance du rôle de l’Etat dans l’économie.
2. Prenez l’exemple de deux forces de l’économie indienne en justifiant leur importance.

Document 2 : Une politique d’ouverture


« Longtemps très protégée, l’économie indienne s’est libéralisée à petits pas à partir des années 1990. Pour
stimuler les exportations, l’État a mis en place, en 2000, une politique favorable aux Zones économiques spé-
ciales, qui accueillent surtout des entreprises indiennes tournées vers l’exportation de biens et de services.
L’Inde est entrée dans la course pour attirer les investissements directs étrangers (IDE). Ses longs efforts pour
séduire les investisseurs se révèlent payants: les IDE atteignent 40 milliards de dollars en 2015-2016. Les en-
treprises indiennes multiplient également les implantations à l’étranger depuis les années 1990.En 2014, le
Premier ministre a lancé sa grande campagne Make in India. Le gouvernement a identifié 25 industries, dont
l’automobile, le textile, la pharmacie et la chimie, censés devenir les fers de lance des exportations indiennes.
L’objectif prioritaire est de créer des emplois pour les millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le mar-
ché du travail. »
F.Tétart (dir.), Grand Atlas 2019, Autrement-Courrier International-France-Info, 2018
1. Quelle est l’idée principale du texte ?
2. Montrez que l’économie indienne est de plus en plus tournée à l’international (trois arguments attendus).

Document 3 : Qu’est-ce qui explique la transformation économique de l’Inde ?


Les réformes et l’ouverture au monde. Il y a vingt cinq ans, l’Inde était un pays à l’économie fermée, protec -
tionniste, aussi bureaucratique que l’étaient les pays communistes, et où les entreprises étaient contraintes de
demander une autorisation administrative pour la moindre décision. Et la date clé qui amorce ce retournement,
c’est 1991, un demi-siècle après la proclamation de son indépendance, l’Inde fait le choix d’entrer dans la
mondialisation. Quelques années seulement après la Chine, elle libéralise à tout va son économie, ouvre ses
frontières, et commerce enfin avec le monde. Et là, tout change, c’est une mutation radicale qui s’engage en
une génération. La croissance atteint rapidement un rythme très élevé, l’Inde grimpe très vite dans le classe -
ment des puissances économiques où elle est aujourd’hui au 8ème rang. Ce nouveau géant est déjà le pre-
mier exportateur mondial de services informatiques, de médicaments génériques, et de services aux entre-
prises. L’Inde est le "bureau du monde" quand la Chine de son côté s’est affirmée comme "l’atelier du
monde".
Franceinfo.fr, Le décryptage éco de Fanny Guinochet, 3 juin 2016
1. Pourquoi 1991 marque une rupture pour l’Inde ? Expliquer protectionnisme et libéralisation.
2. La libéralisation est-elle une réussite ? Justifiez votre point de vue.
Document 4 : Investissements à l’étranger et IDE et Zones économiques spéciales (ZES)

1. Document 2 et 4 : que sont les ZES ? Où sont-elles situées en majorité ?


2. Document 2 et 4 : que sont les IDE ?Quelles régions accueillent les plus d’IDE ?

Réponse rédigée et construite :


En quoi consiste la transition économique de l’Inde ?

Vous pourrez prendre appui sur les notions suivantes : protectionnisme, interventionnisme, économie
planifiée/protégée, ZES, exportations, importations, croissance, Brics, émergent.
Géographie, thème 3 : Territoires, populations et développe-
ment : quels défis
ETUDE DE CAS : LES MODALITÉS DU DÉVELOPPEMENT EN
INDE
Les acteurs du développement de l’Inde sont nombreux

Document 1 : l’importance des remises pour le développement de l’Inde


« Les circulations des 5 millions d’Indiens qui enchaînent des contrats pluriannuels dans les pays du Golfe
engendrent d’importantes mutations socio-économiques dans leurs territoires d’origine. Depuis une vingtaine
d’années, l’État du Kerala, principal pôle d’émigration indienne à destination du Moyen-Orient, voit ainsi
revenir chaque année entre 1 et 1,5 million de ses ressortissants.
Lorsqu’ils sont à l’étranger, ces émigrés indiens envoient en outre la majeure partie de leur paye au
Kerala. Toujours plus importants, ces transferts financiers ont modifié le paysage économique de l’État, en
particulier dans certaines zones (qualifiées de “Gulf pockets”) où s’observe une amélioration sensible de
l’habitat et des activités de service, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. »
D’après P.-Y. Trouillet, « Les populations d’origine indienne hors de l’Inde: fabrique et enjeux d’une diaspora
», geoconfluences.ens-lyon.fr, 18 septembre 2015.
1. Qu’appelle-t-on les « remises » ?
2. Justifiez l’affirmation selon laquelle les remises génèrent « d’importantes mutations socio-économiques
dans […] les territoires d’origines » des migrants Indiens.

Document 2 : La politique Urbain Renaissance pilotée par le gouvernement indien


Urban renaissance est une politique publique de transformation urbaine mené par le gouvernement indien.

1. Quelles infrastructures le gouvernement indien veut-il développer ?


Document 3 : les firmes transnationales construisent de grandes infrastructures : Suez s’attaque à la
distribution de l’eau en Inde
Le groupe va exploiter le système d’eau potable de la ville de Coimbatore. Dans un pays où les
réseaux sont en très mauvais état, le marché est en pleine croissance.
Suez continue d’investir le marché indien de l’eau. Le groupe a annoncé, jeudi 1er février, un contrat
d’exploitation de l’ensemble du système de distribution d’eau potable de Coimbatore, une ville du sud
de l’Inde, qui compte 1,6 million d’habitants.
D’un montant de 400 millions d’euros sur 26 ans, il s’agit du plus gros marché de ce type remporté
par Suez dans le pays. Le groupe va rénover les 1 200 kilomètres de réseau, avec pour objectif
d’assurer une distribution de l’eau en continu, contre quelques heures par jour actuellement, dans le
meilleur des cas. Il va également mettre en place un centre d'appels et assurera la gestion technique
de la facturation.
Suez pourrait annoncer d’autres contrats en Inde, lors de la visite présidentielle d’Emmanuel Macron,
prévue à la mi-mars.
La-croix.fr, 2 février 2018
1. Documents 2 et 3 : qui décide la construction de grandes infrastructures d’assainissement ? Qui
en est chargé ?
2. Justifiez le fait que « le marché de l’eau est en pleine croissance » (deux réponses attendues).
3. Pourquoi les marchés des pays émergents, comme l’Inde, sont importants pour les firmes
transnationales ?

Document 4 : L’Inde, champion mondial de la sous-traitance informatique grâce à ses écoles


d’ingénieurs
À Bangalore ou Hyderabad, quatre millions d’Indiens écrivent des lignes de code pour faire tourner les
ordinateurs du monde entier. Le pays est devenu, depuis trente ans, un géant des services informatiques. […
L’Inde, champion mondial de la sous-traitance informatique
Si la Chine est l’usine du monde, l’Inde est plutôt son département informatique. […] Cette activité emploie 4
millions de personnes dans le pays et génère un chiffre d’affaires de 123 milliards d’euros, quasi intégralement
gagnés à l’exportation.
Le pays abrite quelques-unes des plus grandes entreprises du secteur, au premier rang desquelles Infosys.
Créée en 1981 par sept jeunes entrepreneurs indiens, elle emploie aujourd’hui 200 000 salariés, dont 25 000
dans un campus ultramoderne à Bangalore. Elle a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 9 milliards
d’euros. L’entreprise travaille en sous-traitance pour les grands groupes américains ou européens : banques,
assurance, grande distribution…
Sur le même modèle, d’autres géants ont poussé : Tata Consultancy Service (TCS), Wipro ou Tech Mahindra.
Ces sociétés emploient des développeurs qui écrivent des lignes de code au kilomètre et font tourner les
ordinateurs du monde entier.
L’essor de ces grandes entreprises a participé à structurer le secteur. L’Inde forme aujourd’hui environ 400
000 nouveaux informaticiens chaque année et compte quelques-uns des instituts de technologie les plus
sélectifs au monde. […]
Attirés par ces ressources humaines, beaucoup de grands groupes occidentaux – Google, Microsoft,
Amazon… – s’implantent sur place, à Bangalore ou Hyderabad, plus au sud. La société de service
informatique française Cap Gemini compte désormais davantage de salariés en Inde qu’en Europe. […]
À en croire l’Association des entreprises indiennes des nouvelles technologies (Nasscom), le secteur devrait
continuer à croître dans les prochaines années. Cette organisation pronostique pour 2018 une hausse de
l’activité de 7 à 8 %, ce qui devrait nécessiter 130 000 embauches.
La-croix.com, Alain Guillemoles, 8 février 2018
1. Quel est le poids du secteur informatique en Inde ?
2. Soulignez la phrase qui montre que le secteur informatique repose sur un système de formation
universitaire.
3. Où sont implantées les entreprises informatiques et les écoles d’ingénieurs ?
4. Dans quels pays travaillent les ingénieurs indiens ?

Réponse rédigée et construite :


Quels sont les acteurs du développement de l’Inde ?

Vous pourrez prendre appui sur les notions suivantes : remises, Etat, écoles d’ingénieur, firmes
transnationales
Géographie, thème 3 : Territoires, populations et développe-
ment : quels défis
ETUDE DE CAS : LES MODALITÉS DU DÉVELOPPEMENT EN
INDE
Le développement démographique de l’Inde est déséquilibré : l’impact de la
croissance démographique sur la condition féminine

Document 1 : En Inde, les dérives de la politique de stérilisation la-croix.com, Vanessa


Vers 2028, l’Inde devrait être le pays le plus peuplé au monde. Dougnac, 2 mars 2015
Entre 2001 et 2011, la population indienne, estimée à 1,25
milliard d’habitants, a augmenté de 17,6 %. Pour contrôler les
naissances, les autorités continuent à encourager une méthode
qu’elles jugent efficace : la stérilisation. 1. Premier paragraphe :
Les vasectomies pour les hommes, plus faciles à réaliser que la pourquoi le gouvernement
stérilisation des femmes, sont très peu pratiquées car elles se veut-il encourager la
heurtent aux mentalités patriarcales. Mais 65 % des femmes, stérilisation ?
quant à elles moins habituées à protester, ont recours à la 2. En pratique, quels sont les
stérilisation pour contrôler leur fécondité. seuls individus stérilisés
En 2013-2014, le gouvernement a facilité 4 millions de (prendre appui sur le
procédures. L’intervention consiste en une ligature des trompes document annexe?
utérines par laparoscopie. Sur le papier, tout est simple : les 3. Comment les femmes
femmes sont libres de leur choix et la procédure est sans risque. sont-elles encouragées à
Dans la réalité, les faits dessinent un tout autre tableau, parfois recourir à la ligature des
bien plus sinistre. trompes (4 réponses
De récentes tragédies ont remis en lumière une dérive : la mise possibles, deux souhaitées).
en danger de la santé des villageoises pauvres. Le 8 novembre 4. Quelles sont les
2014, 13 d’entre elles sont mortes dans un camp de stérilisation conditions sanitaires de ces
dans le Chhattisgarh. Elles avaient été opérées par le même stérilisations ?
chirurgien, R.K. Gupta, qui a traité 83 femmes à la chaîne en
cinq heures. Document annexe : les
modes de contraception en
Les conditions sanitaires ont été mises en cause, ainsi que les
Inde
médicaments prescrits. L’affaire a suscité un tollé. «Ces femmes
sont traitées comme du bétail, dénonce l’avocat Colin
Gonsalves, directeur de l’ONG Human Rights Law Network. En
phase postopératoire, elles sont parfois laissées à même le sol,
dans le sang et la saleté.»
Leena Uppal dénonce la duplicité du gouvernement qui projette
l’image d’une action centrée sur le choix contraceptif : «La vérité
est que, dans le nord rural de l’Inde, les services de santé
continuent à ne fournir qu’une forme de contraception : la
stérilisation.» […]
Les mesures incitatives incluent des rétributions de 10 à 20 € par
candidate. En 2011, le Madhya Pradesh a offert des machines à
laver et des lecteurs DVD. Il y a aussi des mesures « punitives »,
les parents de plus de deux enfants se voyant interdire l’accès à
des subventions sociales. Mais officiellement, «la norme de deux
enfants par famille est illégale», souligne Colin Gonsalves.
Document 2 :L'Inde «manque» de 63 millions de femmes
L'Inde accuse un déficit de 63 millions de femmes, révèle un rapport concernant la situation
économique du pays pour l'année 2017-2018 présenté lundi devant le Parlement: c'est l'équivalent
de la population britannique.
Ainsi, bien qu'il ne soit pas autorisé, en Inde, de révéler le sexe du futur bébé, il est courant qu'il soit
annoncé lors de l'échographie, et qu'un avortement illégal le suive, quand il s'agit d'une fille. Selon
l'Institut américain Guttmacher, 15,6 millions d'avortements auraient eu lieu en 2015 dans le pays. De
même, nombre de familles décident de ne plus avoir d'enfants après la naissance d'un garçon.
Les filles bénéficient aussi de moins de soins et d'attention en matière de santé, d'alimentation et
d'éducation, ce qui nuit à leur espérance de vie. Elles sont traditionnellement considérées comme un
poids financier important, du fait de la dot dont les parents doivent s'acquitter lors du mariage. La
préférence allant au fils est encore largement répandue dans le pays, se retrouve jusque dans les
familles de la diaspora au Canada par exemple.
Lefigaro.fr, Shannah Mehidi, 31 janvier 2018
1. Pourquoi « manque-t-il 63 millions de femmes » en Inde ?
2. ¨Pourquoi les garçons sont-ils préférés aux filles ?

Document 3 : les traductions spatiales de la préférence aux filles

1. Qu’est-ce que le sex-ratio ?


2. Quelles sont les régions où les déséquilibres sont les plus grands ?
3. D’après vous, et les documents 2 et 3, quels sont les facteurs qui expliquent cette situation ?

Réponse rédigée et construite :


Quel est l’impact de la croissance démographique sur la condition féminine en Inde ?

Vous pourrez prendre appui sur les notions suivantes : croissance démographique, contraception, stérilisation,
sex ratio.
Les défis de la croissance indienne : une puissance émergente en trompe l’œil
L’économie indienne est la 7ème économie du monde. Mais en revenu par habitant, l’Inde reste un
pays pauvre. De plus à la différence des autres émergents, une grande partie de sa population n’as
pas accès aux services publics de base, comme un système scolaire convenable, des soins
primaires, ou le traitement des eaux. L’alphabétisation est loin d’être une réalité. La forte croissance
de l’économie indienne ne s’accompagne pas d’une amélioration équivalente du niveau de vie des
plus pauvres et ne parvient pas à créer suffisamment d’emplois, notamment pour ceux qui ont des
compétences limitées.
Sur le plan environnemental, le niveau des nappes phréatiques diminue, la population urbaine
augmente. Le pays dispose d’un fort potentiel d’énergie solaire. Ses coûts seront bientôt inférieurs à
ceux des énergies conventionnelles. Mais, en attendant, l’économie indienne dépend encore
largement du charbon, avec les coûts sociaux et environnementaux que l’on sait.
L’histoire n°437-438, juillet août 2017
Compléter le schéma fléché à partir des notions étudiées dans l’étude de cas

Des inégalités de genre


Les filles bénéficient de moins de soins et d’attention en matière de santé, d’alimentation et
d’éducation, ce qui nuit à leur espérance de vie. Elles sont traditionnellement considérées comme un
poids financier important, du fait de la dot dont les parents doivent s’acquitter lors du mariage. La
préférence allant au fils est encore largement répandue dans le pays.
Alors que la croissance économique, évaluée à 7 %, apporte une amélioration constante des
conditions de vie des Indiens, la population féminine n’en bénéficie que partiellement. Bien que de
nombreux points ont été améliorés, comme le recul de l’âge au premier enfant, l’écart se creuse
quand il est question de l’accès à l’emploi.
Le rapport1 préconise que « sur la question du genre, la société dans son ensemble – société civile,
communautés, cadre familial –, et non pas seulement le gouvernement, se reflète dans une
préférence sociétale pour les garçons, inhérente à la croissance ». C’est « un combat inégal entre les
forces irrésistibles du développement et les objets immuables que sont les normes culturelles », et
prône de se préoccuper autant de la croissance économique que des résultats liés à l’égalité entre
les genres.
Shannah Mehidi, « L’Inde “manque” de 63 millions de femmes », Le Figaro, 31 jan. 2018.
1
Rapport concernant la situation économique du pays présenté en 2018 devant le Parlement indien.

La contraception en Inde

A quand une Silicon Valley indienne ?


ENQUÊTE L'Inde s'est fixé comme objectif d'être l'une des premières puissances scientifiques
mondiales. Mais le pays manque cruellement de chercheurs et peine à créer un écosystème plus
favorable.

Lire plus tard


Asie & Pacifique
Par Marjorie Cessac

Publié le 22/06/18 à 18h44


Partant du principe que « personne n'a jamais vu un singe se transformer en homme », Satya Pal
Singh, ministre indien de l'Enseignement supérieur, en a conclu que la théorie de l'évolution n'avait
pas lieu d'être étudiée dans son pays. C'était en janvier dernier, et cette critique sur la découverte de
Charles Darwin déclenchait l'ire des chercheurs en Inde. En mars, c'était au tour du ministre de la
Science, de soutenir, peu après la disparition de Stephen Hawking , que ce dernier avait jugé la
théorie des Védas supérieure à celle de la relativité d'Einstein.

« Des personnalités au pouvoir et certains groupes d'intérêt propagent des idées non scientifiques.
Des affirmations sans fondements sont faites sur le passé de l'Inde, oubliant quelle a été sa véritable
contribution aux progrès de la science », s'inquiètent certains chercheurs. En avril dernier encore,
étudiants et chercheurs ont battu le pavé, à l'unisson avec leurs collègues étrangers dans le cadre
d'une marche internationale pour la science.

Un géant sans chercheurs


Leurs revendications ? Que cesse la propagation d'idées qui desservent la science. Et que le budget
de la recherche soit enfin digne de ce nom. « L'Inde n'investit pas assez, ses institutions sont trop
petites, elle ne forme pas les gens suffisamment rapidement », se plaignent les scientifiques,
rappelant que le pays ne consacre que 3 % de son PIB à l'enseignement supérieur et 0,72 % à la
R&D. « La Finlande qui n'est guère plus peuplée que Gurgaon ou Noida, des villes dans la périphérie
de New Delhi, compte 16 scientifiques pour 1.000 habitants, souligne un chercheur. L'Inde, avec son
1,3 milliard d'habitants, n'en recense pas même un seul… »

Infographie: Les pays contribuant le plus à faire avancer la science | Statista Vous trouverez plus de
infographies sur Statista
En dépit de ces contraintes, l'Inde a néanmoins intensifié sa présence sur la scène scientifique
mondiale. Elle est même encensée comme étant le « hub de l'innovation frugale », selon un rapport
de l'Unesco (2015). Une spécialité qui fait d'elle une référence dans la création de produits de haute
valeur ajoutée à bas coût. En 2014, par exemple, le sous-continent a su bluffer le monde en
envoyant une sonde autour de Mars pour seulement 74 millions de dollars ! « Un coût moins élevé
que celui du film Gravity », avait raillé Narendra Modi, le Premier ministre.

Pour s'affirmer, l'Inde a également densifié ses collaborations à l'international. Avec comme
principaux partenaires, les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Angleterre, le Japon et la France. Même si le
pays en compte « 80 au total, dont 44 particulièrement actives », selon Dr Harsh Vardhan, ministre
de la Science. Le pays est également plus conscient de la nécessité de faire exister ses universités
et écoles dans les classements internationaux.

Explosion des publications


L'état d'esprit change à ce sujet. Preuve en est l'explosion ces dernières années du volume de
publications scientifiques. En nombre, les Indiens publient encore moins que leurs rivaux chinois,
second après les Américains, mais désormais plus que les Français qu'ils devancent à la sixième
place.

>
Revues scientifiques : quand les chercheurs se rebiffent
« Il y a plein de raisons à ce phénomène. L'une d'elle est toute bête : depuis quelque temps, pour
être recruté (ou promu) dans le système universitaire en Inde, il faut être docteur et avoir publié.
Résultat, il y a une mécanique qui se met en place pour produire des articles sans intérêt qui
trouveront leur place dans des revues discutables », décrypte un expert. Il reconnaît cependant qu'il
s'agit d'un premier pas et que les conditions pour que la qualité suive viendront sans doute plus tard.

Nouveaux instituts de recherche


Cette montée en puissance manque néanmoins d'un élément essentiel : une masse critique de bons
chercheurs et d'enseignants. Afin d'y remédier, au cours des dix dernières années, un grand nombre
d'établissements d'enseignement supérieur ont vu le jour. Des universités privées, des écoles
publiques d'ingénieurs comme les Indian Institutes of Technology (IITs). Mais aussi, les IISERs,
instituts qui combinent l'enseignement et la recherche de haut niveau.
Car les nouvelles technologies, à la mode, avaient fini par aspirer les meilleurs étudiants au
détriment de cette discipline. Au point que « même les plus grands centres de recherche comme
ceux du CSIR (Council of Scientific and Industrial Research, comparable au CNRS en France) ont
fini par manquer de ressources humaines qualifiées dans le domaine des sciences fondamentales »,
rappelle l'Institut français en Inde, qui promeut notamment les échanges scientifiques.

Manque de professeurs
En réaction, sept IISERs ont été créés entre 2006 et 2016. Une avancée indéniable. Même si le
manque de professeurs reste flagrant : dans les 5 IISERs les plus anciens, seule la moitié des postes
ou un peu plus sont pourvus. Et on est en deçà de ce seuil pour les instituts les plus récents.

Pour suppléer aux besoins, le recrutement d'étrangers ou d'une élite s'étant formée ailleurs s'impose.
Des initiatives (« Global Initiative of Academic Networks », « Visiting Advanced Joint Research
Faculty ») visent à attirer des scientifiques de haut niveau afin qu'ils interagissent avec les locaux.
Mais elles sont encore très récentes.

Difficile aussi de mesurer la réelle ampleur du retour des cerveaux exilés. Alors que Pékin fait des
ponts d'or à ses « tortues de mer » comme on surnomme ces chercheurs partis aux Etats-Unis -
qu'elle paye parfois 10 fois plus que leurs collègues restés au pays -, l'Inde, elle, n'a pas les moyens
de suivre une telle voie. Ce que d'aucuns ne trouvent d'ailleurs pas forcément plus mal.

Faire revenir les cerveaux


New Delhi serait parvenu à faire revenir « un peu plus de 1.000 scientifiques au cours des deux-trois
dernières années », selon le ministre de la Science et des technologies, interrogé à ce sujet en 2017.
Une goutte d'eau qui pourrait, peut-être, se transformer en rivière d'ici à quelques années. Si l'on
tient compte des conditions d'obtention de visas pour étudier et travailler outre-atlantique plus
drastiques. Ou encore de la situation sur place qui, sans être mirobolante, s'est un peu améliorée.

Les jeunes formés - principalement aux Etats-Unis - sont en effet désormais un peu plus nombreux à
s'installer en Inde après un « post-doc » ou en tout début de carrière. Un changement sans doute
attribuable à de récentes augmentations de salaires.

Il est normal que beaucoup préfèrent un poste dans un bon département ici plutôt que dans un
collège de seconde zone aux Etats-Unis

« Les jeunes peuvent espérer commencer leur carrière autour de 80.000 roupies/mois (environ 1.000
euros). C'est beaucoup moins qu'en Europe, mais, si l'on tient compte du fait qu'en Inde le logement
ou une subvention à la location est fourni avec le poste, les offres commencent à devenir
comparables à celles d'un poste de jeune maître de conférences avec colocation à trouver à Paris. Il
est aussi normal que beaucoup préfèrent un poste dans un bon département ici plutôt que dans un
collège de seconde zone aux Etats-Unis », détaille Sinnou David.

Des années pour former


Ce professeur de mathématiques de Sorbonne Université enseigne plusieurs mois par an à Chennai,
mégalopole du sud-est de l'Inde. A la fois dans l'Institut de mathématiques de Chennai (CMI), une
unité mixte internationale, en lien avec l'université de Bordeaux et l'Ecole normale supérieure de
Paris-Saclay. Mais aussi dans un deuxième laboratoire international (IMSc).
Campus de l'Institute of Mathematical Science (IMS) à Chennai
Campus de l'Institute of Mathematical Science (IMS) à Chennai
« Il ne fait guère de doute que dans ces laboratoires, les chercheurs sont très bons. Les plus anciens
ont été formés en France, et eux-mêmes ont formé la génération d'après, reconnaît-il. Mais quand
bien même ils se dévoueraient à transmettre leur savoir au plus grand nombre, cela ne concernerait
au mieux pas plus de 300 docteurs tous les quatre ans ! Et il faudrait près de dix ans pour passer de
300 à 400 bons encadrants. Construire une école scientifique de haut niveau en comptant sur ses
propres forces peut prendre un demi-siècle minimum ! », estime-t-il.

En mathématiques, seules de 300 à 500 personnes environ en Inde auraient un niveau comparable
au gros des chercheurs français qui, selon les critères retenus, sont estimés entre 3.000 et 4.000 !

Un début d'écosystème
« Seul un écosystème dans lequel travaillent de concert les laboratoires d'universités avec les start-
up est en mesure de donner naissance aux premiers groupes mondiaux », insiste Varun Aggarwal,
auteur du livre « Leading Science and Technology : India Next ? ».

En l'absence de cette réelle alchimie, l'Inde n'a pas été en mesure, selon lui, de « créer les premières
compagnies d'Internet au monde, ni celles du mobile » et elle risque fort « de ne pas être dans les
premières en matière d'intelligence artificielle ». Et de citer l'exemple de Stanford aux Etats-Unis : les
retombées des recherches menées dans cette université généreraient, selon lui, 55 % du chiffre
d'affaires de 150 entreprises de la Silicon Valley.

Regardez qui est à l'origine de la plupart des incubateurs dans le pays, ce sont surtout les
multinationales

« En Inde, il n'y a pas d'environnement encore assez développé permettant aux innovations d'être
transformées en technologie ou produit commercialement viables », surenchérit Santosh Mehrotra,
professeur à l'université JNU de New Delhi, lors d'une conférence organisée par Global Development
Network, une ONG internationale qui promeut la recherche dans les pays du Sud. Et sur 0,72 % du
PIB investi en R&D, seul 0,2 % provient du secteur privé indien, rappelle-t-il.

Les multinationales en pointe


Regardez qui est à l'origine de la plupart des incubateurs dans le pays, ce sont surtout les
multinationales. Et de fait, celles-ci sont toujours plus nombreuses à installer leurs centres de
recherche dans le pays. On en recense aujourd'hui 1.150 environ, dont 35 % à Bangalore. Un
phénomène qui pose question sur la diffusion de l'innovation.

La start-up Hacklab.in à Bangalore


La start-up Hacklab.in à Bangalore
AFP/ Manjunath KIRAN
Même si des frémissements sont perceptibles. Entre 2016 et 2017, le nombre de brevets déposés a
augmenté de 10 %, selon l'office indien dédié. Les créateurs de jeunes sociétés commencent en
effet à prendre conscience de la nécessité de protéger leurs idées. Cela suffira-t-il à donner un jour
raison à la Banque mondiale ? Dans un rapport sur l'innovation dédié aux pays émergents,
l'institution écrit que l'émergence d'une véritable Silicon Valley indienne est plausible dans les cinq
ans à venir.
« Il faut un grand nombre de prérequis pour créer un écosystème, tempère néanmoins William
Maloney, un de ses chefs économistes : Attirer et constituer une masse critique d'entrepreneurs et
de chercheurs dynamiques constitue l'ingrédient le plus compliqué mais le plus nécessaire ». Aux
Etats-Unis, rappelle-t-il, « près de 60 % des entreprises high tech ont été créées par des immigrants
qui ont trouvé un écosystème supérieur à celui en place chez eux ». Et d'où viennent ces étrangers ?
En premier lieu d'Inde... Parmi les principales licornes américaines, quatorze ont en effet été fondées
par des entrepreneurs d'origine indienne.
L’Inde, champion mondial de la sous-traitance informatique
À Bangalore ou Hyderabad, quatre millions d’Indiens écrivent des lignes de code pour faire tourner
les ordinateurs du monde entier. Le pays est devenu, depuis trente ans, un géant des services
informatiques. […
L’Inde, champion mondial de la sous-traitance informatique
Si la Chine est l’usine du monde, l’Inde est plutôt son département informatique. […] Cette activité
emploie 4 millions de personnes dans le pays et génère un chiffre d’affaires de 123 milliards d’euros,
quasi intégralement gagnés à l’exportation.
Le pays abrite quelques-unes des plus grandes entreprises du secteur, au premier rang desquelles
Infosys. Créée en 1981 par sept jeunes entrepreneurs indiens, elle emploie aujourd’hui 200 000
salariés, dont 25 000 dans un campus ultramoderne à Bangalore. Elle a réalisé l’an dernier un chiffre
d’affaires de 9 milliards d’euros. L’entreprise travaille en sous-traitance pour les grands groupes
américains ou européens : banques, assurance, grande distribution…
Sur le même modèle, d’autres géants ont poussé : Tata Consultancy Service (TCS), Wipro ou Tech
Mahindra. Ces sociétés emploient des développeurs qui écrivent des lignes de code au kilomètre et
font tourner les ordinateurs du monde entier.
L’essor de ces grandes entreprises a participé à structurer le secteur. L’Inde forme aujourd’hui
environ 400 000 nouveaux informaticiens chaque année et compte quelques-uns des instituts de
technologie les plus sélectifs au monde. […]
Attirés par ces ressources humaines, beaucoup de grands groupes occidentaux – Google, Microsoft,
Amazon… – s’implantent sur place, à Bangalore ou Hyderabad, plus au sud. La société de service
informatique française Cap Gemini compte désormais davantage de salariés en Inde qu’en Europe.
[…]
À en croire l’Association des entreprises indiennes des nouvelles technologies (Nasscom), le secteur
devrait continuer à croître dans les prochaines années. Cette organisation pronostique pour 2018
une hausse de l’activité de 7 à 8 %, ce qui devrait nécessiter 130 000 embauches.
La-croix.com, Alain Guillemoles, 8 février 2008
1. Quel est le poids du secteur informatique en Inde ?
2. Soulignez la phrase qui montre que le secteur informatique repose sur un système de formation
universitaire.
3. Où sont implantées les entreprises informatiques et les écoles d’ingénieurs ?
4. Dans quels pays travaillent les ingénieurs indiens ?

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