Cours Math G
Cours Math G
FACULTÉ
Générales - 2021/2022 DES SCIENCES
FONDAMENTALES
—— ET APPLIQUÉES
Support de Cours UNIVERSITÉ DE POITIERS
Ce polycopié de cours est un résumé du cours qui sera donné au tableau. La lecture de celui-ci
n’est aucunement suffisante, une assiduité active aux cours en amphi et aux TD est
primordiale afin d’appréhender au mieux les nombreuses notions qui seront vues tout au long
du semestre.
Tous les énoncés de ce polycopié marqués d’une étoile (?) doivent être parfaitement
su et pourront donner lieu à des questions de cours lors des différents contrôles continus.
Lorsque cela est nécessaire, au début d’un chapitre, nous ferons une ou plusieurs sections de
pré-requis sur des notions de bases utilisées dans le chapitre : langage mathématique, logique
mathématique, écritures ou notations, rédaction, ...
Chapitres du cours :
Exemple 1.1. ABC est un triangle rectangle et isocèle en A. Donnons les mesures des angles
en B et C.
L’angle en A vaut 90◦ ("assertion vraie") puisque ABC est rectangle en A ("autre assertion
vraie"). On a aussi que les angles B et C sont égaux puisque ABC est isocèle en A. Par ailleurs,
la somme des angles d’un triangle vaut 180◦ (c’est une propriété usuelle). Donc on a Â+ B̂ + Ĉ =
90◦ + 2B̂ = 180◦ , on en déduit que B̂ = 45◦ .
Quand une assertion (affirmation) dépend d’une variable x, elle n’est pas en général satisfaite
pour toutes les valeurs possibles de cette variable. Par exemple, si x est un nombre réel, l’assertion
"x2 − 3x + 2 < 0" n’est vraie que lorsque le réel x appartient à l’intervalle ]1, 2[.
On appelle quantificateurs, des expressions qui permettent de parler de la "quantité" de x
vérifiant une assertion. En langage usuel, ces expressions sont nombreuses : pour tout x, pour
beaucoup de x, pour peu de x, pour presque tous les x, pour certains x, pour aucun x, pour au
moins douze x, ...
En langage mathématique, on peut exprimer toutes les quantifications qui sont utiles à l’aide de
deux quantificateurs seulement : "Quel que soit" , noté ∀ qui exprime la généralité, et "il existe
(au moins un )", noté ∃ qui précise la restriction.
Exemple 1.2. Pour exprimer de manière formalisé que l’on a x2 − 3x + 2 < 0 à chaque fois que
x est un élément de l’intervalle ]1, 2[, on écrira :
Pour exprimer de manière formalisée que l’équation x2 − 3x + 2 < 0 a (au moins) une solution
sur R, on écrira :
∃x ∈ R, x2 − 3x + 2 < 0.
2
Attention, par cette écriture on ne dit pas que la solution est unique.
Remarquons que dans les expressions ci-dessus la variable x est muette (ou locale), on aurait
donc aussi pu écrire ∀y ∈]1, 2[, y 2 − 3y + 2 < 0 et ∃α ∈ R, α2 − 3α + 2 < 0.
Pour démontrer une assertion qui commence par ∀x ∈]1, 2[, on écrit très souvent : “Soit x ∈]1, 2[.
(...) alors (...)”.
Pour démontrer une assertion qui commence par ∃x ∈ R on peut (si cela est possible) écrire :
“Posons x = · · · . On a alors (...)”.
Parfois, de façon abusive, lorsqu’on écrit “∃x ∈ R, . . . ” cela veut implicitement dire en plus
“Posons x tel que ...”.
Exercice 1 :
Démontrer en faisant attention à la rédaction : ∀n entier non nul , ∃x un nombre réel , n =
1
.
1+x
3
Remarque :
En raisonnant par équivalence, il faut bien faire attention à ne pas oublier une partie des cas
(par exemple ne pas oublier la valeur absolue dans le raisonnement ci-dessus).
Pour éviter ce genre d’oublis, il est parfois préférable de raisonner par double implication : pour
démontrer A ⇔ B, on peut écrire : “Supposons A (c’est-à-dire supposons que A est vraie).
Démontrons B. (...) Alors B. Supposons maintenant que B est vraie. Démontrons A. (...) Alors
A. On a bien démontré A ⇔ B.”
Exemple 1.4. Soit n un entier. On considère les assertions A : "n est pair" et B : "n2 est pair".
Alors A ⇔ B se montre par double implication.
Exercice 2 :
Résoudre |x − 3| = 4 dans R.
Chacun de ces ensembles est muni d’opérations. On note + l’opération addition (ou somme), −
l’opération soustraction, × l’opération multiplication (ou produit). L’inverse d’un nombre x est
4
1
notée ou bien x−1 , lorsqu’il est défini, l’inverse de x est le nombre y tel que xy = 1, et dans ce
x
cas on dit que x est inversible.
Les opérations dans ces ensembles ont plusieurs propriétés usuelles (associativité, commutativité,
distributivité, neutre,...) que nous utiliserons sans justification.
ATTENTION :
Définition 1.6. Un angle orienté est un couple ordonné de deux demi-droites de même origine.
Un angle orienté possède une infinité de mesures qui sont toutes égales modulo 2π.
Il est d’usage de confondre dans le langage un angle avec ses mesures d’angle, cette assimilation
reste toutefois abusive puisque la nature mathématique de ces objets est fondamentalement
différente et peut créer des problèmes de rédaction, voire de raisonnement.
5
Exemple 1.7. 1. Peut-on écrire 0 = 2π ?
Proposition 1.8. 1. Pour tout réels u et v, cos u = cos v si et seulement s’il existe k ∈ Z tel
que u = v + 2kπ ou u = −v + 2kπ.
2. Pour tout réels u et v, sin u = sin v si et seulement s’il existe k ∈ Z tel que u = v + 2kπ ou
u = π − v + 2kπ.
Exercice 3 :
5π
Représenter, sur le cercle trigonométrique ci-dessous, les angles orientés de mesures 4
, − π4 , 3π
8
,
− 17π
8
et 15π
8
. Parmi ces angles, trouver deux angles α et β tels que
— cos α = cos β ;
— sin α = sin β ;
— cos α = − cos β ;
— sin α = − sin β ;
— cos α = sin β ;
6
Le nombre x (resp. y) s’appelle la partie réelle (resp. imaginaire) de z et il est noté Re(z)
(resp. Im(z)).
L’ensemble R est naturellement inclus dans C, c’est l’ensemble des nombres complexes dont la
partie imaginaire est nulle.
• L’addition dans C est définie par : pour tous x + iy et x0 + iy 0 dans C, on a (x + iy) + (x0 + iy 0 ) :=
(x + x0 ) + i(y + y 0 ). La soustraction dans C est définie par : pour tous x + iy et x0 + iy 0 dans C,
on a (x + iy) − (x0 + iy 0 ) := (x − x0 ) + i(y − y 0 ).
La multiplication dans C est définie par : pour tous x+iy et x0 +iy 0 dans C, on a (x+iy)(x0 +iy 0 ) :=
(xx0 − yy 0 ) + i(xy 0 + x0 y). En particulier, i2 = −1.
Proposition 1.9.
Soient z et u deux nombres complexes, alors :
(i) z 2 − u2 = (z − u)(z + u)
(ii) z 2 + u2 = (z − iu)(z + iu)
(iii) (z + u)2 = z 2 + 2zu + u2
1 − z n+1
(iv) nk=0 z k =
P
, si z 6= 1
Pn 1−z
(v) k=0 nk z k un−k = (z + u)n
(vi) z − z̄ = 2iIm(z)
(vii) z + z̄ = 2Re(z)
(viii) zu = 0 ⇐⇒ z = 0 ou u = 0.
En particulier si z 6= 0, toute égalité zu1 = zu2 implique l’égalité u1 = u2
(ix) z = u ⇐⇒ Re(z) = Re(u) et Im(z) = Im(u)
7
• ATTENTION : contrairement à ce qui se passe dans R, il n’y a pas de relation d’ordre dans
C ( ≤ ou ≥) qui soit compatible avec l’addition et la multiplication, en particulier un nombre
complexe n’a pas de signe. Une écriture comme z1 ≤ z2 ou z1 < z2 entre nombres complexes
qui ne sont pas tous deux des réels est à proscrire !
Exercice 4 :
Mettre sous forme algébrique les nombres suivants :
8
Exercice 5 :
Soit z ∈ C. Montrer que z = 0 ⇐⇒ |z| = 0.
z |z|
(iii) Pour u 6= 0, on a =
u |u|
(iv) |z n | = |z|n
(v) ||z| − |u|| ≤ |z + u| ≤ |z| + |u| (Inégalité triangulaire)
Exercice 6 :
1 2+i
Écrire sous forme algébrique les nombres suivants : et .
1+i 3−i
9
Théorème/Définition 1.12. (?)
Pour chaque nombre complexe non nul z il existe un nombre réel θ (unique modulo 2π) tel que
z = |z|(cos θ + i sin θ)
Posons de plus la notation :
eiθ = cos θ + i sin θ
Alors z peut se mettre sous la forme :
z = reiθ , r = |z|
Cette écriture est appelée forme trigonométrique de z. Géométriquement, θ est une mesure
de l’angle formée par [O,~i) et [O, z), on dit que c’est un argument de z. De plus |z| est la
longueur de [O, z].
Exercice 7 :
Mettre (rapidement) sous forme trigonométrique les nombres complexes
√ suivants : √
z1 = 2 + 2i z2 = 21, z3 = −21, z4 = 1 + i, z5 = 3 − i, z6 = 1 + 3i.
Attention : L’écriture sous forme trigonométrique n’est pas unique, en particulier, on ne dira
pas «l’argument» de z mais «un argument» de z. Deux arguments de z diffèrent d’un multiple
entier de 2π, c’est dire d’un nombre de la forme 2kπ avec k dans Z.
En pratique on donnera souvent l’argument d’un nombre complexe non nul qui est
compris dans ] − π, π] ou bien [0, 2π[.
Exemple 1.13.
Si on a posé une notation exponentielle pour la quantité cos θ + i sin θ c’est que cela facilite les
calculs puisque les règles sur cette exponentielle sont identiques aux règles des puissances :
10
Les points (i) à (vi) sont admis.
ATTENTION : (eiα )n n’est pas autorisé quand n n’est pas un entier relatif, en particulier, écrire
1 α
(eiα ) 2 = ei 2 par exemple EST INCORRECT !
Exemple 1.16.
11
Corollaire 1.18. Tout équation polynomiale de degré 2 (par exemple az 2 +bz +c = 0 avec a 6= 0)
admet une ou 2 solutions dans C.
Exercice 8 :
Calculer les solutions de l’équation z 2 + iz + 2 = 0 dans C.
Exercice 9 :
a) Résoudre dans C l’équation z 5 = 1.
12
Chapitre 2
Systèmes linéaires
13
L’écriture : E ={forme spécifique de l’élément ; type des lettres utili-
sées}
Exemple 2.2. √ √
E = {a 2 + b 3 ; (a, b) ∈ Q2 }
F = {x 7→ λe12x + µe4x ; λ, µ ∈ R}
Exercice 1 :
Écrire sous les formes ensemblistes {type | condition } puis {forme spécifique de l’élément ; type
des lettres utilisées} l’ensemble des éléments de R3 tels que la première coordonnée égale la
troisième.
Égalité d’ensembles
• Les variables utilisées pour décrire mathématiquement les ensembles (entre les accolades) sont
muettes et ne dépendent que du choix du rédacteur, on a donc par exemple :
E = {(x, y) ∈ R2 | x − y = 0} = {(a, b) ∈ R2 | a − b = 0}
• Pour écrire une égalité entre deux ensembles, il faut qu’il y ait ÉQUIVALENCE des conditions
ou des formes (c’est à dire une double inclusion).
Parfois, l’équivalence est évidente et l’égalité peut s’écrire sans explication annexe :
Exemple 2.3.
E = {(x, y) ∈ R2 | x − y = 0} = {(x, x) ; x ∈ R}
D’autre fois, il faudra démontrer l’équivalence pour avoir le droit d’écrire l’égalité entre les en-
sembles ; et ainsi souvent il faudra démontrer une double implication (ou double inclusion E ⊂ F
et F ⊂ E) ...
Exercice 2 :
Soit E = {(a + b, a, a − b) ; a, b ∈ R} et F = {(2a, a + b, 2b) ; a, b ∈ R}. Montrer que E = F .
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2.2 Pré-requis : des ensembles à connaître et reconnaître
• Les droites de R2 .
Proposition 2.4. Soient a, b, α, β des réels tels que ~u = (α, β) soit non nul. L’ensemble E
défini par :
Exercice 3 :
Trouver une équation de E si (a, b, α, β) = (1, 2, 3, 4).
• Les droites de R3 .
Proposition 2.5. Soient a, b, c, α, β, γ des réels tels que ~u = (α, β, γ) soit non nul. L’ensemble
E défini par :
15
• Les plans de R3 .
Proposition 2.6. Soient a, b, c, α, β, γ, α0 , β 0 , γ 0 des réels tels que ~u = (α, β, γ) et ~v =
(α0 , β 0 , γ 0 ) ne soient pas colinéaires. L’ensemble E défini par :
E := {(a + αx + α0 y, b + βx + β 0 y, c + γx + γ 0 y) ; x, y ∈ R}
= {(a, b, c) + x(α, β, γ) + y(α0 , β 0 , γ 0 ) ; x, y ∈ R}
est le plan qui passe par A = (a, b, c), de base ~u = (α, β, γ) et ~v = (α0 , β 0 , γ 0 ).
Remarque : un plan P dans l’espace R3 peut aussi être défini par une équation du type ax + by +
cz = d où a, b, c sont des réels non tous nuls, et d un réel. Ici P est alors l’ensemble
{(x, y, z) ∈ R3 | ax + by + cz = d}.
Exercice 4 :
Décrire paramétriquement le plan de R3 d’équation y + 2z = 3.
a1 x 1 + a2 x 2 + · · · + ap x p = b
Les xi sont les inconnues, ce sont des éléments de type K à trouver, les ai ∈ K, b ∈ K sont les
coefficients de l’équation ( indépendants des xi bien sûr), en particulier b est appelé le second
membre de l’équation.
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Vocabulaire :
• Un p-uplet (x1 , . . . , xp ) de Kp qui vérifie l’égalité est une solution de l’équation
• Résoudre l’équation c’est trouver toutes les solutions de l’équation. L’ensemble des solutions
est donc un sous-ensemble (vide ou pas) de Kp .
Exemple 2.8.
Vocabulaire :
• Les nombres ai,j ∈ K sont appelés coefficients de (S), le n−uplet (b1 , . . . , bn ) ∈ Kn est le
second membre de (S)
• On note L1 , . . . , Ln les n lignes (équations), constituant (S)
• Une solution de (S) est un p−uplet (x1 , . . . , xp ) ∈ Kp qui vérifie les n égalités. L’ensemble
des solutions est donc un sous-ensemble (vide ou pas) de Kp .
• Résoudre (S) c’est déterminer toutes les solutions de (S)
• Le système (S) est dit compatible s’il admet au moins une solution ; sinon, (S) est dit in-
compatible
• Si (b1 , . . . , bp ) =
(0, . . . , 0) , le systèmeest dit homogène
a1,1 a1,2 . . . a1,p
a2,1 a2,2 . . . a2,p
• Le tableau A = s’appelle matrice du système (S).
..
.
an,1 an,2 . . . an,p
Exemple 2.10.
Il est bon de rappeler que les paramètres ne sont pas à confondre avec les inconnues.
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Le paramètre est une donnée formelle fixée par l’énoncé. Les inconnues sont des objets nommés
formellement eux aussi mais cherchés.
En résolvant un système à paramètres, on exprimera toujours les inconnues en fonction
des paramètres.
Exercice 5 :
x+y =0
Montrer que l’ensemble des solutions dans R3 du système est une droite de R3 .
−y + z = 0
En donner un point et un vecteur directeur.
Définition 2.12.
• Une matrice est dite échelonnée, si le nombre de zéros précédant le premier coefficient non
nul d’une ligne augmente (strictement) d’une ligne à la suivante jusqu’à ce qu’il ne reste plus
éventuellement que des zéros.
• On dit qu’un système est échelonné si sa matrice l’est.
Exemple 2.13.
Définition 2.14.
• On appelle pivot d’un système échelonné le premier coefficient non nul de chaque ligne de la
matrice du système. On observe qu’il n’y a un et un seul pivot par ligne non nulle et au plus un
par colonne.
• Le rang r du système échelonné est le nombre de lignes non nulles de la matrice du système.
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• Les r inconnues xj 1 , . . . , xj r "associées" aux pivots sont appelées inconnues principales, les
autres sont les inconnues secondaires
Compétence fondamentale :
Il faut être capable juste en observant un système linéaire échelonné de dire de quel type sont les
solutions.
Exercice 6 :
Observer chacun des systèmes suivants et préciser s’ils sont échelonnés ou pas. Pour chaque
système échelonné repéré, préciser sans calculs s’il y a zéro, une ou une infinité de solutions.
Dans le cas où le système possède une infinité de solutions, indiquer (toujours sans calculs) le
nombre d’inconnues secondaires qu’il faudrait utiliser pour expliciter les solutions.
x + 3z = 1 x + y + z + t = 0
x + y + z + t = 0
a) 3x − y + 2z = 1 b) −y + z = 2 c) −y + z − 2t = 2
4x + 2z = 1 t = 12 y = 12
x − y + z + t = 0
( (
5x + 3y + 2z = 0 x + 3y − 2z + 4t = 1
d) e) x−y+z =2 f)
y + 2z = 1 y−z =1
2x + 3y = 3
x + y − z = −1
g) 3x + 3y = 1 h) x + 3y + 2z + t = −2 i) x + 3y + 12z = −2
x + y − 2z = 4
x+y+z+t=0
−y + z = 2
j)
t = 12
0 = 12
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2.5 Résolution d’un système quelconque par la méthode du
pivot de Gauss
Opérations élémentaires sur les lignes d’un système linéaire
Définition 2.16. (?)
On appelle opération élémentaire sur les lignes d’un système linéaire, chacune des trois opé-
rations suivantes :
• Echange de deux lignes : Li ←→ Lj (i 6= j)
• Multiplication d’une ligne par k 6= 0 : Li ←− kLi
• Ajout d’un multiple d’une autre ligne : Li ←− Li + kLj , (i 6= j)
Remarques : Grâce au théorème ci-dessus, on pourra donc mettre des ⇐⇒ entre les différents
systèmes linéaires lorsqu’on transforme successivement un système lineaire par des opérations
élémentaires sur les lignes.
Le pivot de Gauss
Le principe du pivot de Gauss est d’effectuer des opérations élémentaires judicieuses pour trans-
former n’importe quel système en un système échelonné.
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x+y+z =0
On considère le système de l’exemple 2.10 (S) = 3x − y + z = 0
2x − 2y + βz = α
2x1 +4x2 −2x3 = −6
x1 +3x2 +x4 =0
Puis le système (S) =
3x1 −x2 +x3 +2x4 = 8
−x2 +2x3 +x4 =6
Pour être sûr d’obtenir un système avec le même ensemble de solutions on respecte les règles
suivantes : je peux échanger deux lignes, je peux multiplier la ligne i à modifier, par un scalaire
non nul et je peux ajouter à cette même ligne i, un multiple de la ligne j 6= i qui contient le
pivot.
Pour toute autre combinaison de ligne, il faudra justifier l’équivalence. ATTENTION en parti-
culier à ne pas faire 2 opérations en même temps qui donneraient un système un ensemble de
solutions différent.
21
Exercice 7 :
Résoudre le système linéaires suivant en utilisant l’algorithme de Gauss.
x + 3z = 1
3x − y + 2z = 1
4x + 2z = 1
22
Chapitre 3
Applications et fonctions
Par exemple, appelons E l’ensemble des élèves de L1. La relation qui associe à chaque élève sa
taille est une application de E dans R.
Exercice 1 :
Parmi les objets f suivants, lesquels définissent bien une application de {1, 2, 3} dans {a, b, c} ?
a) f (1) = a, f (b) = 2, f (3) = c.
b) f (1) = a, f (2) = a, f (3) = b.
c) f (1) = a, f (1) = a, f (3) = b.
d) f (3) = b, f (2) = a, f (1) = c.
Vocabulaire et notations
• Soit f une application dont E est l’ensemble de départ et F l’ensemble d’arrivée. On dit que
f est une application de E vers F (ou de E dans F ) et on note :
f : E→F
Si x est un élément de E, on note f (x) l’élément de F qui lui correspond par la relation f .
L’élément f (x) est ce que l’on appelle l’image de x par f .
• Si l’ensemble d’arrivée est R ou C alors on emploiera plutôt le terme de fonction au lieu
d’application.
• Soit f (x) une expression ou “formule” qui dépend d’une variable x ∈ E. Il se peut que l’ex-
pression f (x) ne soit pas définie pour certaines valeurs de x, on emploie alors là-aussi le terme
fonction pour parler de f .
23
Une fonction (au sens précédent) va naturellement induire une application (non unique) entre
l’ensemble de définition de f aussi appelé domaine de définition de f (i.e., le plus grand sous-
ensemble de E pour lequel l’expression f (x) a un sens, généralement noté Df ) et un ensemble
d’arrivée F naturel (non unique) qui "contient" les f (x).
√
Par exemple, f (x) = x − 12 est une fonction qui induit les applications suivantes :
√
f1 : [12, +∞[→ R, x 7→ x − 12 et
√
f2 : [12, +∞[→ R+ , x 7→ x − 12.
Exemple 3.2.
Exercice 2 :
1
Donner trois applications différentes associées à la fonction f (x) = .
x
Im f = {f (x) ; x ∈ E} = {y ∈ F | ∃x ∈ E, y = f (x)}
Autrement dit, pour être dans Im f il faut et il suffit de pouvoir s’écrire comme l’image d’un
élément de E.
L’image d’une fonction est l’image d’une application associée avec comme ensemble de départ le
domaine de définition de la fonction.
Par exemple :
Exercice 3 :
1
Donner l’image de la fonction f (x) = .
x
24
Définition 3.4. (?)
Soit f : E → F et g : F → G deux applications. L’application composée notée g ◦ f est
l’application de E dans G définie par :
Exemple 3.5.
Exercice 4 :
1
Écrire les deux fonctions composées f ◦ g et g ◦ f pour les fonctions f (x) = et g(x) = x + 1.
x
Sont-elles égales ? Donner leurs domaines de définition.
Remarques :
• Attention à la concordance des ensembles qui justifie la définition de f ◦ g ou pas.
• L’application g ◦ f peut être définie sans que f ◦ g ne le soit.
25
3.2 Fonctions continues
Définition 3.6. Soit f une fonction à valeurs dans R. Soit a ∈ R.
• Si f est définie sur tout un intervalle ouvert qui contient a, on dit que f est continue en a si
limx→a f (x) existe et égale à f (a).
• Si f est définie sur un intervalle de la forme [a, b[, on dit que f est continue à droite de a
si limx→a+ f (x) existe et égale à f (a).
• Si f est définie sur un intervalle de la forme ]b, a], on dit que f est continue à gauche de a
si limx→a− f (x) existe et égale à f (a).
• Si f est définie sur un intervalle I, on dit que f est continue sur l’intervalle I si elle est
continue en tout point de l’intérieur de I et continue à droite et à gauche des extrémités selon
qu’elles soient incluses ou pas dans I bien sûr.
• Si f est définie sur un intervalle I, on dit que f est dérivable sur l’intervalle I si elle est
dérivable en tout point de l’intérieur de I et dérivable à droite et à gauche des extrémités selon
qu’elles soient incluses ou pas dans I bien sûr.
Dans ce cas, on note f 0 la fonction ainsi définie sur I (par a 7−→ f 0 (a)) et on l’appelle fonction
dérivée de f sur I ou dérivée sur I.
26
Exemple 3.9. La fonction x 7→ |x| n’est pas dérivable en 0. Par contre, elle l’est sur [0, +∞[.
En effet,
√
La fonction x 7→ x n’est pas dérivable en 0, ni sur [0, +∞[. En effet,
Règles de calculs :
Fonction Dérivée
Linéarité αf + βg (α, β constantes) αf 0 + βg 0
Produit fg f 0g + f g0
f f 0g − f g0
Quotient
g g2
Composée f ◦g (f ◦ g)g 0
0
Les règles décrites ci-dessus s’appliquent sous réserve que l’expression considérée est bien définie
et sous réserve de la dérivabilité des fonctions f et g là ou il faut.
Par exemple, pour dériver f ◦ g en un point a ∈ I avec la formule du tableau, on s’assurera
d’abord que g est dérivable en a et f dérivable en g(a). Si ce n’est pas le cas, il faut revenir à
l’étude du taux de variation. De même, pour dériver avec le formulaire f ◦ g sur un intervalle
I sur lequel g est définie, on doit s’assurer d’abord que g est dérivable sur I et f est définie et
dérivable sur un intervalle contenant g(I).
Attention, ce n’est pas parce qu’on est pas dans les conditions du formulaire que l’on peut conclure
à la non dérivabilité d’une fonction en un point.
Exemple 3.11.
27
Exercice 5 :
1
Soit f la fonction définie sur R par f (x) = x sin si x 6= 0 et f (0) = 0. Montrer que f est
x
continue mais non dérivable sur R.
Tableau de variations :
Lorsqu’une fonction est dérivable, l’étude du signe de sa fonction dérivée permet de connaître les
variations de la fonction.
Théorème 3.13. (?) Soit f une fonction définie et dérivable sur un intervalle I.
Si f 0 est positive (resp. négative) sur I, alors f est croissante (resp. décroissante) sur I.
Si f 0 est strictement positive (resp. strictement négative) sur I, sauf éventuellement en un nombre
fini de points, alors f est strictement croissante (resp. strictement décroissante) sur I.
Exemple 3.14.
Exercice 6 :
Étudier les variations de la fonctions f (x) = x3 − 3x + 1 (c’est-à-dire donnera le tableau de
variations de f ).
28
3.4 La fonction tangente :
sin x
La fonction tangente est telle que tan x = . Elle est définie là où ne s’annule pas le cosinus,
cos x
π
c’est-à-dire sur R\( + πZ). Elle est impaire et périodique de période π :
2
π
tan(−x) = − tan x et tan(x + π) = tan x, ∀x ∈ R\( + πZ).
2
On a les valeurs remarquables
π 1 π π √
tan 0 = 0, tan = √ , tan = 1 et tan = 3.
6 3 4 3
On a également
lim tan x = +∞ et lim tan x = −∞.
x→ π2 − π+
x→ 2
Les fonctions sinus et cosinus étant dérivables sur R, elle est dérivable sur son domaine définition
et on a
1 π
tan0 x = 1 + tan2 x = 2
, ∀x ∈ R\( + πZ).
cos x 2
On en déduit que la fonction tangente est strictement croissante sur chaque intervalle
π π
] − + kπ, + kπ[, avec k ∈ Z. D’où son graphe :
2 2
29
Exercice 7 :
Montrer que
1 π
tan0 x = 1 + tan2 x = 2
, ∀x ∈ R\( + πZ).
cos x 2
3.5 La fonction xα , α ∈ R :
On rappelle que l’application exponentielle x 7→ ex définie sur R et à valeurs dans ]0, +∞[ vérifie
les relations ex+y = ex ey , ∀x, y ∈ R, ln(ex ) = x, x ∈ R et eln x = x, ∀x ∈]0, +∞[.
Soit x ∈]0, +∞[. De l’égalité x = eln x , on déduit xn = en ln x , ∀n ∈ Z. Ceci nous amène à poser
30
fα (x) − fα (0)
De plus, pour α > 0, on a = xα−1 , de sorte que fα est dérivable en 0 si et seulement
x
si α ≥ 1 et que dans ce cas fα0 (x) = αxα−1 , ∀x ∈ [0, +∞[.
Exercice 8 :
√
Montrer que la fonction f (x) = 3
x est croissante sur [0, +∞[ et la tangente en 0 au graphe de
f est verticale.
1 π
tan x 1 + tan2 x = R\( + πZ)
cos2 x 2
ex ex R
1
ln x ]0, +∞[
x
1
ln |x| R∗
x
31
Expression de la fonction Expression de la dérivée Domaine de dérivation
u0
ln u sur tout intervalle où u
u
est dérivable et
strictement positive
u0
ln |u| sur tout intervalle où u
u
est dérivable et
ne s’annule pas
32
Chapitre 4
Exercice 1 :
Montrer que f : R2 → R2 , (x, y) 7→ (x + 2y, 2x − 3y) est une application bijective.
33
Théorème/Définition 4.2. (?)
Soit f : E → F une application. Alors f est bijective si et seulement s’il existe une application
g : F → E telle que :
g ◦ f = IdE et f ◦ g = idF (4.1)
Dans ce cas, l’application g est unique, on l’appelle application réciproque de f et on la note
f −1 .
Les applications réciproques sont très utiles pour résoudre des équations (souvent il suffit "d’ap-
pliquer" f −1 sur l’égalité) ou aussi pour définir des fonctions.
R →]0, +∞[
Exemple 4.3. x 7→ ln x réalise une bijection, d’application réciproque de f : et
x 7→ ex
inversement.
Exercice 2 :
2 −20
Résoudre l’équation ex = ex d’inconnue x ∈ R.
34
4.2 Fonction réciproque d’une fonction réelle continue sur
un intervalle
Dans le cas d’une fonction réelle continue sur un intervalle, nous allons voir comment démontrer
facilement qu’une telle fonction est bijective.
ATTENTION : la notion de bijectivité d’une fonction n’a un sens que si on précise les 2 ensembles
entre lesquels la fonction réalise la bijection.
Proposition 4.4. Soit f une fonction de R dans R continue et strictement monotone sur un
intervalle I. Alors f (I) est de la forme suivante selon les cas.
• Cas d’une fonction f strictement croissante :
Exercice 3 :
Soient f (x) = x2 et g(x) = x1 . Calculer les images par f et g de [1, 2], ]0, 3] et ] − 2, − 21 ].
35
4.3 Théorème des fonctions réciproques
Théorème 4.5. (?)
Soit f une fonction de R dans R continue strictement monotone sur un intervalle I. On
note J = f (I) (voir Proposition 4.4). Alors :
1) La fonction f admet une fonction réciproque définie sur J ; plus précisément, f définit une
bijection de l’intervalle I sur l’intervalle J, donc il existe une fonction notée f −1 définie de J
dans I, telle que :
(f ◦ f −1 )(x) = x, ∀x ∈ J
(f −1 ◦ f )(x) = x, ∀x ∈ I
Exemple 4.6.
Exercice 4 :
Montrer
√ que la fonction x 7−→ x3 réalise une bijection de R dans R. En déduire que la fonction
x 7−→ x peut être définie sur R.
3
Cf = {(x, f (x)) ; x ∈ I}
Or, parce que f est bijective, on a l’équivalence suivante pour tout x ∈ I et tout y ∈ J :
y = f (x) ⇔ x = f −1 (y)
et donc
Cf = {(f −1 (y), y) ; y ∈ J}
36
Pour avoir la courbe de f −1 il suffit donc de permuter les coordonnées.
On en déduit la propriété suivante :
Proposition 4.7. Dans un repère orthonormé, la courbe de f −1 est la symétrique de la courbe
de f par rapport à la droite y = x.
Exemple 4.8.
Exercice 5 :
√
Dessiner l’allure du graphe sur [− 32 , 32 ] des fonctions x 7−→ x3 et x 7−→ 3
x
En résumé.
Pour prouver qu’une application f : E → F est bijective, on a trois moyens.
• On fixe un élément formel y de F et on cherche l’ensemble des solutions Sy de l’équation
f (x) = y où x ∈ E est l’inconnue cherchée. Attention aux choix des noms ”x” et ”y” qui seront
peut-être inappropriés selon le contexte !
L’application f est une bijection si Sy = {g(y)} est un singleton pour chaque valeur de y ∈ F
fixée. Dans ce cas, l’application g : F → E, y 7→ g(y) est la bijection réciproque de f .
• On exhibe la fonction réicproque de f .
• On utilise le théorème des fonctions réciproques après avoir montré que f est continue et stric-
tement monotone sur un intervalle.
Pour prouver qu’une application n’est pas bijective, il suffira, si on est observateur, de trouver
un élément de F qui est l’image d’au moins deux éléments distincts de E ou bien un élément de
F qui n’est l’image d’aucun élément de E.
Exercice 6 :
Parmi les applications suivantes, déterminer celles qui sont bijectives et calculer alors l’expression
de la bijection réciproque.
f1 : N → N, n 7→ n3 , f2 : R3 → R2 , (x, y, z) 7→ (x, y)
f3 : R2 → R2 , (x, y) 7→ (x + 2y, 3x − y) f4 : R → R, x 7→ x5
37
4.4 Fonctions réciproques de fonctions classiques
Fonction arctan
π π
Soit f la restriction de la fonction tangente à l’intervalle ] − , [. La fonction f est continue et
2 2
π π
strictement croissante sur l’intervalle ] − , [. (Cf cours précédent sur la fonction tangente.)
2 2
D’après le théorème des fonctions réciproques, on peut affirmer que
π π
f (] − , [) =] limπ + f (x), lim f (x)[=] − ∞, +∞[= R
2 2 x→− 2 x→ π2 −
π π
et que f établit une bijection de ] − , [ sur R :
2 2
π π
f :] − , [ → R
2 2
x 7→ tan x
π π
La fonction réciproque de f une bijection de R sur ] − , [ :
2 2
π π
Définition 4.9. (?) Soit f la restriction de la fonction tangente à l’intervalle ] − , [.
2 2
La fonction réciproque de f est appelée arctangente et notée
π π
arctan : R →] − , [
2 2 .
x 7→ arctan x
.
On en déduit aussi facilement l’allure du graphe de la fonction arctangente par symétrie par
rapport à la droite y = x :
38
Interprétation géométrique
−π π
Pour tout x réel, arctan x est un élément de ] , [ et sa tangente vaut x
2 2
On peut représenter la tangente d’un angle comme suit :
Exercice 7 :
a) Dessiner et donner les mesures de l’angle orienté aigu dont la tangente vaut 3.
b) Dessiner et donner les mesures de l’angle orienté obtus dont la tangente vaut −2.
c) Quels sont les x tels que tan(x) = 3/2 ?
39
Résolution d’équations trigonométriques simples
Proposition 4.11.
π π
1) ∀(x, y) ∈ R2 , ∀p ∈ Z, x 6= + pπ, y 6= + pπ
2 2
tan x = tan y ⇐⇒ ∃k ∈ Z, x = y + kπ
2) Soit y ∈ R alors l’équation tan x = y a une infinité de solutions qui forment l’ensemble :
S = {arctan(y) + kπ ; k ∈ Z}
tan(arctan x) = x, ∀x ∈ R
π π
arctan(tan x) = x, ∀x ∈] − , [.
2 2
Attention : l’expression tan(arctan x) est définie sur R et il y a égalité avec x sur R, en revanche,
π
l’expression arctan(tan x) est définie pour tout x réel différent de +kπ, k ∈ Z alors que l’égalité
2
π π
avec x n’est vérifiée que pour x ∈] − , [.
2 2
Exemple 4.13.
Exercice 8 :
8π
Calculer arctan(tan( )).
3
40
Fonction arcsin.
En complément de cours sur la page web de l’UE
Fonction arccos
En complément de cours sur la page web de l’UE
Racines n-ièmes
Définition 4.14. Soit n un entier naturel impair. La fonction f : x 7→ xn est alors continue et
strictement croissante sur R. D’après le théorème des fonctions réciproques, on peut affirmer que
f (R) =] limx→−∞ f (x), limx→∞ f (x)[= R et que f établit une bijection de R sur R.
√ La fonction
1/n
réciproque de f est appelée racine n-ième de f et notée x 7→ x ou encore x 7→ x. C’est une
n
bijection de R sur R.
Proposition 4.15. Soit n un entier naturel impair.
1
1) Soit a ∈ R. Alors l’équation xn = a possède comme unique solution x = a n .
1 1
2) ∀x ∈ R, (xn ) n = x = (x n )n
Démonstration. 1) Ce n’est qu’une autre façon de dire que f est bijective et d’utiliser la
notation donnée pour sa bijection réciproque !
2) f ◦ f −1 = Id = f −1 ◦ f sans problèmes de définition puisque f et f −1 sont définies sur R.
Définition 4.16. Soit n un entier naturel pair. La restriction de f : x 7→ xn sur [0, +∞[ est
alors continue et strictement croissante. D’après le théorème des fonctions réciproques, on peut
affirmer que f ([0, +∞[= [f (0), limx→+∞ f (x)[= [0, +∞[ et que f établit une bijection de R+ sur
R+ . La
√ fonction réciproque de f est appelée racine n-ième de f et notée x 7→ x1/n ou encore
x 7→ n x. C’est une bijection de R+ sur R+ .
Proposition 4.17. Soit n un entier naturel pair.
1) Soit a ∈ R.
(i) Pour a < 0, l’équation xn = a ne possède pas de solution.
(ii) Pour a = 0, l’équation xn = a possède x = 0 comme unique solution.
(iii) Pour a > 0, l’équation xn = a possède deux solutions exactement qui sont opposées :
1 1
S = {a n , −a n }
1
2) ∀x ∈ R, (xn ) n = |x|
1
∀x ∈ R+ , (x n )n = x
Exercice 9 :
Démontrer le 2) de la proposition précédente.
41
Chapitre 5
Primitives et intégrales
Remarque : si f est définie sur une union disjointe de plusieurs intervalles, il faudra faire intervenir
une constante différente pour chaque intervalle.
Exemple 5.3.
42
Exercice 1 :
Donner l’ensemble des primitives de x 7−→ x3 sur R, puis de la fonction f définie sur R∗ par
f (x) = 1 si x > 0 et f (x) = x3 si x < 0.
NotationR : R
On note f (x) dx (ou f (t) dt ou ...) un élément de l’ensemble des primitives de la fonction
f sous sa forme la plus générale, c’est à dire à une constante près. La notation (arbitraire) dx
indique que le résultat final est une fonction dont l’expression est décrite avec la variable x. Cette
écriture ne permet pas d’identifier l’intervalle I sur lequel on calcule une primitive, il faudra donc
le préciser avant le calcul.
Exemple 5.5.
Linéarité
Proposition 5.6. (?)
1) Si F est une primitive de f sur l’intervalle I et si G est une primitive de g sur I alors F + G
est une primitive de f + g sur I :
Z Z Z
(f + g)(x) dx = f (x) dx + g(x) dx + c avec c ∈ R.
2) Si F est une primitive de f sur l’intervalle I et si α est un réel fixé, alors αF est une primitive
de αf sur I. En particulier si α 6= 0, on peut écrire
Z Z
αf (x) dx = α f (x) dx + c avec c ∈ R.
43
Primitives usuelles :
Proposition 5.7. (?)
Si f est dérivable sur I, alors f 0 admet une primitive sur I et on a
Z
f 0 (x) dx = f (x) + c avec c ∈ R.
En utilisant la relation précédente et grâce aux dérivées usuelles, on obtient le tableau (?) suivant
où I est un intervalle maximal sur lequel les primitives sont définies :
R
α ∈ R fixé, α dx αx + c I=R
R xα+1
α ∈ R\{−1} xα dx +c I à déterminer selon α
α+1
R 1
dx ln(|x|) + c I =]0, +∞[ ou ] − ∞, 0[
x
R
cos x dx sin x + c I=R
R
sin x dx − cos x + c I=R
R π π
(1 + tan2 x) dx tan x + c I =] − + kπ, + kπ[, k ∈ Z
2 2
R
ex dx ex + c I=R
Exercice 2 :
R
Calculer (ex + 2x2 ) dx.
44
5.2 Calculs de primitives
Intégration "à vue" : lorsqu’on reconnait la dérivée d’une composée
Proposition 5.8. (?)
Si f est dérivable sur un intervalle I, si G est une primitive de g sur f (I), alors x 7→ G(f (x))
est une primitive de x 7→ g(f (x))f 0 (x) :
Z
g(f (x))f 0 (x) dx = G(f (x)) + c avec c ∈ R.
uα+1
u0 uα
R
α ∈ R\{−1} +c u doit être > 0 sauf pour des valeurs particulières de α
α+1
R u0
ln(|u|) + c si u ne s’annule pas sur I
u
u0 cos u
R
sin u + c
u0 sin u
R
− cos u + c
u0 eu
R
eu + c
(1 + tan2 u)u0
R
tan u + c si u prend ses valeurs
π
dans R\( + πZ)
2
Quand on reconnait l’une des formes ci-dessus, on peut donner sans calcul une primitive, on
dit que l’on fait de l’intégration à vue.
Exercice 3 :
sin x
a) Donner les intervalles sur lesquels la fonction f donnée par l’expression f (x) = admet
cos2 x
des primitives.
45
Puis déterminer l’expression des primitives de f sur chaque intervalle.
1
b) Déterminer l’expression des primitives de f (x) = √ (on n’oubliera pas de préciser sur
12x + 5
quel intervalle on se place)
R 2 R
c) Calculer xex dx et sin(12x) dx.
Exemple 5.10.
46
x3 sin3 x 1
F (x) = 12( + c1 ) − ( + c2 ) + 12( + c3 ).
3 3 −2(x + 1)2
Il est bien évident que l’expression finale peut s’écrire :
x3 sin3 x 1
F (x) = 12 − −6 +c
3 3 (x + 1)2
avec c ∈ R.
C’est tellement évident que lors des calculs on évitera d’écrire des constantes intermédiaires pour
n’écrire qu’une constante dans l’expression finale.
f 0 (x) = g(x), ∀x ∈ I.
On peut alors écrire :
Z
sur I, g(x) dx = f (x) + c , avec c ∈ R.
f 0 (x) = g(x), ∀x ∈ A.
Exercice 4 :
Soit f une fonction continue sur R, dérivable sur R\{20}, de dérivée f 0 (x) = |20 − x|, et f (20) =
21. Déterminer l’expression de f sur R.
47
5.3 Intégrales (de fonctions continues sur un intervalle)
Définition et propriétés
Proposition 5.11. Soient f une fonction continue (ou seulement admettant une primitive) sur
l’intervalle I et a, b deux éléments de I, alors la quantité F (b)−F (a) ne dépend pas de la primitive
choisie F de f .
Remarques : Rb Ra
1. L’ordre de a et b est important : a f (x) dx = − b f (x) dx
2. La variable x qui apparait dans l’intégrale est muette (contrairement aux primitives), on a
Rb Rb
donc a f (x) dx = a f (t) dt. R
a
3. En faisant a = b, on trouve a f (x) dx = 0.
Exercice 5 :
R3
Calculer 0 x dx.
48
Exercice 6 :
R2
Calculer −1 |x| dx.
Aire et intégrale
Soient a < b et C la courbe représentative de la fonction f dans un repère orthogonal. On appelle
D la région du plan délimitée par C, l’axe des abscisses, et les droites d’équation x = a, x = b :
D = {(x, y) ∈ R2 | x ∈ [a, b], y entre 0 et f (x)}.
L’unité d’aire est l’aire du rectangle engendré par le repère choisi.
Théorème 5.15. Si f est une fonction continue et positive sur [a, b], alors l’aire de D, mesurée
Rb
en unités d’aire, est égale à a f (t) dt.
Si f est une fonction continue et négative sur [a, b], alors l’aire de D, mesurée en unités d’aire,
Rb
est égale à − a f (t) dt.
Définition 5.16. Soit f une fonction continue sur l’intervalle [a, b] et soit D la portion du plan
Rb
définie par D = {(x, y) ∈ R2 |, x ∈ [a, b], y entre 0 et f (x)}. Le nombre a f (t) dt s’appelle l’aire
algébrique de D.
Corollaire 5.17. Si f est une fonction continue et de signe quelconque sur [a, b], alors l’aire
algébrique de D, mesurée en unités d’aire, est égale à l’aire de D+ diminué de l’aire de D− .
49
Exercice 7 :
Retrouver l’aire d’un triangle isocèle rectangle de côté 3 par un calcul d’intégrale.
Corollaire R5.19. Soit f une fonction continue sur un intervalle I et soit x0 ∈ I, alors l’appli-
x
cation x 7→ x0 f (t) dt est la primitive de f sur I qui s’annule en x0 .
Exemple 5.20. La primitive de x 7−→ x2 qui vaut 4 en 0 peut se calculer de 2 manières diffé-
rentes.
(où pour toute fonction h définie sur I, [h(x)]ba est défini par h(b) − h(a)).
Exercice 8 :
Donner la primitive de x 7−→ ln x qui s’annule en 1.
50
Chapitre 6
Fonctions polynomiales
La théorie des fonctions polynomiales découle de la théorie, beaucoup plus riche, des polynômes.
Dans ce cours, nous ne parlerons que de fonctions polynomiales, et nous cacherons la théorie des
polynômes, notamment en admettant de nombreux résultats.
L’étude des fonctions polynomiales (et polynômes) est d’un grand intérêt non seulement d’un
point de vue théorique mais aussi en mathématiques appliquées. Par exemple dans un problème
de nature "physique", il intervient souvent des fonctions compliquées. Un procédé fréquemment
utilisé consiste à remplacer une fonction donnée par une fonction polynomiale "proche" (en un
sens que l’on ne précisera pas ici), par exemple une fonction polynomiale d’interpolation. Cette
tendance s’est amplifiée avec le développement récent des moyens de calcul, qui traitent les
fonctions polynomiales beaucoup plus rapidement que les autres.
51
Exercice 1 :
Résoudre dans R les équations 2x2 + 3x + 1 = 0, x2 − 6x + 9 = 0 et 2x2 + 3x + 2 = 0.
Exercice 2 :
Résoudre dans C les équations 2x2 + 3x + 1 = 0, x2 − 6x + 9 = 0 et 2x2 + 3x + 2 = 0.
52
6.2 Définition et premiers résultats
Définition 6.1. (?)
On appelle fonction polynomiale à coefficients dans K, toute fonction P de K dans K qui
s’écrit sous la forme :
P (x) = a0 + a1 x + · · · + an xn
où n est un élément de N et a0 , a1 , . . . an sont des éléments de K, appelés coefficients de P .
Remarques :
Proposition 6.2. 1. Toute fonction polynomiale à coefficients dans R est continue, dérivable
autant de fois qu’on veut sur R et les dérivées successives sont toutes des fonctions polyno-
miales.
2. L’écriture d’une fonction polynomiale sous la forme P (x) = a0 + a1 x + . . . an xn est unique.
En particulier, une fonction polynomiale est nulle si et seulement si tous ses coefficients
sont nuls.
3. La somme, la différence de deux fonctions polynomiales est une fonction polynomiale.
4. La multiplication par un scalaire d’une fonction polynomiale est une fonction polynomiale.
5. Le produit de deux fonctions polynomiales est une fonction polynomiale.
Remarque : Dire qu’une fonction polynomiale est non nulle ne veut pas dire qu’elle ne s’annule
pas. Par exemple, P (x) = x est une fonction polynomiale non nulle, par contre elle s’annule en 0.
53
Notation : L’ensemble des fonctions polynomiales à coefficients dans K est noté K[x]. (ou
K[y], K[t], . . . en cohérence avec la notation de la variable).
Définition 6.3. (?)
Soit P (x) = a0 + a1 x + . . . an xn une fonction polynomiale non nulle. Le degré de P est le plus
grand entier k entre 0 et n tel que ak soit différent de 0.
On note deg(P ) = k et on dit que ak est le coefficient dominant de P . Quand le coefficient
dominant vaut 1, on dit que la fonction polynomiale P est unitaire.
Le degré de la fonction polynomiale nulle est par convention −∞.
On convient que −∞ < n, pour tout n ∈ N, et −∞ + n = −∞, pour tout n ∈ N ∪ {−∞}.
Exemple 6.4.
Attention : Écrire P (x) = a0 + a1 x + . . . an xn ne signifie pas que P est de degré n tant que
l’on a pas rajouté an 6= 0.
La notion de degré est extrêmement importante : un bon réflexe, dans les exercices, est de
commencer par considérer les degrés des fonctions polynomiales qui y figurent.
4) Si P est constante non nulle, alors P 0 est la fonction nulle, sinon on a deg P 0 = deg P − 1.
5) Si P est de degré n alors P (n+1) est la fonction nulle et, pour tout 1 ≤ k ≤ n, on a deg(P (k) ) =
n − k.
Remarque : Avec nos conventions, les assertions 1) 2) et 3) restent encore vraies lorsque P ou
Q est nulle.
54
Exercice 3 :
Sans les développer entièrement, donner les degrés, les coefficients dominants et les termes
constants des fonctions polynomiales suivantes :
a) P (x) = (2x − 3)(x + 12), b) P (x) = (x + 3)3 (x2 − 5), c) P (x) = (2x + 5)4 (3x3 − 1)
Déterminons, grâce à des considérations sur les degrés, les éléments inversibles de K[x] c’est-à-
dire les fonctions polynomiales P telles qu’il existe H ∈ K[x] vérifiant (P H)(x) = 1.
Remarque : Dans le cas ou deg(A) < deg(B) la division est immédiate : A = 0B +A (quotient
nul et reste égal à A).
55
Démonstration. Unicité :
Exercice 4 :
Faire la division euclidienne de A(x) = x5 − 2x4 − 3x3 + x2 − 2x + 1 par B(x) = x3 − x + 1.
56
Facteurs premiers de K[x]
La notion de facteurs premiers de K[x] est l’équivalent des nombres premiers dans Z.
Exemple 6.11. Les fonctions polynomiales de degré 1 sont des facteurs premiers de K[x].
Exercice 5 :
a) Montrer que x2 + 1 est un facteur premier de R[x].
Théorème 6.12. (?) Les facteurs premiers de C[x] sont exactement les fonctions polynomiales
de degré 1.
Les facteurs premiers de R[x] sont les fonctions polynomiales de degré 1 et les fonctions polyno-
miales de degré 2 de la forme ax2 + bx + c avec b2 − 4ac < 0.
57
Exemple 6.14.
pour K = R
Il résulte clairement de la définition que tout polynôme de degré 1 admet une racine (et une
seule).
Remarque : La terminologie «racine dans K» est essentielle. En effet, préciser K est fonda-
mental.
58
Théorème 6.16. Théorème de d’Alembert-Gauss (?)
Toute fonction polynomiale non constante de C[x] admet au moins une racine dans C.
Remarque : ce théorème apparait dans ce cours comme une conséquence du théorème de dé-
composition en facteurs premiers d’une fonction polynomiale à coefficients complexes, mais c’est
en fait le contraire ! En effet, le théorème de d’Alembert-Gauss est utilisé pour démontrer le théo-
rème de décomposition en facteurs premiers d’une fonction polynomiale à coefficients complexes
et aussi réels.
Proposition 6.17. Toute fonction polynomiale de R[x] de degré impair admet au moins une
racine dans R.
Vocabulaire :
Une racine d’ordre 1 est dite racine simple.
Une racine d’ordre 2 (respectivement 3) est dite racine double (respectivement racine triple).
59
Exercice 6 :
Soit P ∈ K[x], avec K = R ou C. Compléter les phrases suivantes.
a) Si 18 est une racine de P , alors P a au moins comme facteur premier . . .
b) Si 18 est racine double de P , alors dans la décomposition en facteurs premiers de P on trouve
...
c) Si 18 est racine de multiplicité m de P , alors dans la décomposition en facteurs premiers de
P on trouve . . .
d) Si 18 et −2 sont racines de P , alors P a au moins comme facteurs premiers . . .
e) Si x0 , x1 , . . . xn sont des racines distinctes de P dans K, alors P a au moins comme facteurs
premiers . . .
f) Si i est racine de P alors P a au moins comme facteur premier . . . dans C[x].
g) Si i est racine de P (dans C) et que P ∈ R[x] alors P a au moins comme facteur premier . . .
dans R[x].
h) Si 1 + i est racine de P et que P ∈ R[x] alors P a au moins comme facteur premier . . .
dans R[x].
i) Si z ∈ C est racine de P et que P ∈ R[x] alors P a au moins comme facteur premier . . .
dans R[x].
60
Exercice 7 :
Soit P ∈ K[x], avec K = R ou C. Compléter les phrases suivantes.
a) Si 3 est racine de P et P 0 , alors 3 est racine de P de multiplicité . . .
b) Si 2 est racine de P mais n’est pas racine de P 00 , alors 2 est racine de P de multiplicité . . .
Exercice 8 :
Soit la fonction polynomiale P (x) = x6 + x5 + 3x4 + 2x3 + 3x2 + x + 1. Montrer que i est racine
double de P et en déduire la décomposition en facteurs premiers de P dans R[x].
Le résultat suivant n’est pas au programme du cours, mais est suffisamment marquant pour le
citer ici.
61
Chapitre 7
Fonctions rationnelles
Exemple 7.3.
0 0
La fonction rationnelle est égale à la fonction rationnelle , pour toute fonction polynomiale
1 B
non nulle B. On l’appelle la fonction rationnelle nulle et on la note 0. On identifie toute fonction
P P
polynomiale P ∈ K[x] à la fonction rationnelle et on note = P.
1 1
62
Définition 7.4. (?)
On appelle forme réduite (ou irréductible) d’une fonction rationnelle F de K(x), tout couple
A
(A, B) ∈ K[x] × K[x] avec B 6= 0, tel que F = et, A et B ne possèdent pas de facteurs
B
premiers communs dans K[x].
Exemple 7.5.
Théorème 7.6. (?) Toute fonction rationnelle possède une forme réduite, laquelle est unique si
on impose au dénominateur d’être une fonction polynomiale unitaire.
Exercice 1 :
1+x 1 x4
Écrire sous forme d’un unique quotient la fraction rationelle + × .
x2 − 1 x x2 − x + 1
63
Remarque
Les notions de "zéro" et de "pôle" d’une fonction rationnelle dépendent de K.
Exemple 7.9.
Définition 7.10. Soit F ∈ K(x) sous forme réduite. Notons PF l’ensemble des pôles de F dans
K. Alors PF est un ensemble fini. Le domaine de définition de F est K\PF .
Exercice 2 :
Soit P, Q ∈ R[x] avec Q 6= 0, compléter les phrases suivantes :
P (x)
a) Si −3 est racine de P et Q, alors ∈ R(x) se réduit en simplifiant par . . .
Q(x)
P (x)
b) Si i est racine de P et Q alors ∈ R(x) se réduit en simplifiant par . . .
Q(x)
P (x)
c) La fonction ∈ R(x) est sous forme réduite si et seulement si P et Q n’ont pas de racine
Q(x)
. . . dans . . .
Exercice 3 :
x−1
Donner la partie entière de .
2x + 1
64
C
Un élément simple de K(X) est une fonction rationnellen
telle que D est un facteur premier
D
de K[x] avec deg C < deg D et n ∈ N∗ . Pour K = R ou C, on distingue les éléments simples
suivants.
65
Exemple 7.16.
Exemple 7.17.
Exercice 4 :
2x + 3
Décomposer en éléments simples en appliquant la méthode ci-dessus.
x2 − 5x + 4
66
Exemple 7.18.
Exemple 7.19.
Exemple 7.20.
67
La méthode des valeurs particulières
Une autre méthode consiste simplement à prendre des valeurs particulières (différentes des pôles)
afin d’obtenir un système linéaire qui permettra de déterminer les coefficients manquants.
Il faut au moins autant d’équations que d’inconnues, c’est pourquoi cette méthode ne s’applique
que pour 2 ou 3 coefficients manquants maximum.
Exemple 7.21.
Remarque :
Exercice 5 :
x3 + 3
Décomposer en éléments simples .
(x − 1)2
Exemple 7.22.
68
7.4 Application : calcul de primitives
Soit F ∈ R(x) une fonction rationnelle dont le domaine de définition est R privé des pôles réels de
F . Comme nous allons voir, la décomposition en éléments simples permet de calculer facilement
les primitives de F .
u0
Le premier terme de cette somme est, à une constante multiplicative près, de la forme , avec
un
u(x) = x2 + bx + c, forme qui s’intègre à vue.
b 4c − b2
Ecrivant x2 + bx + c = (x + )2 + , on voit que le deuxième terme se met, à une constante
2 4
1
multiplicative près, sous la forme avec p, q ∈ R et q non nul. Quitte à changer
((x − p)2 + q 2 )n
R dx
x en x − p, on se ramène donc à calculer où q est un réel non nul.
(x2 + q 2 )n
Si n = 1, on a assez facilement
Z
dx 1 x
2 2
= arctan + c
x +q q q
Dans le cas général, supposons q = 1 (le cas q quelconque se traite de manière similaire). Une
1
intégration par partie permet d’établir une relation entre les primitives de 2 et celles de
(x + 1)n
69
1
. En effet, si n ≥ 1, on a
(x2+ 1)n+1
x2 dx
Z Z Z Z
dx x x dx dx
2 n
= 2 n
+ 2n 2 n+1
= 2 n
+ 2n 2 n
− 2n
(x + 1) (x + 1) (x + 1) (x + 1) (x + 1) (x + 1)n+1
2
Cette relation permet en principe de calculer, pour tout entier naturel n, les primitives de
1
. Mais, quand n augmente, le calcul s’avère rapidement fastidieux...
(x + 1)n
2
Exercice 6 :
2x + 3 x3 + 3
Calculer les primitives de et .
x2 − 5x + 4 (x − 1)2
70