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Cours Math G

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L1 PCIT-IM-LAS - Mathématiques

FACULTÉ
Générales - 2021/2022 DES SCIENCES
FONDAMENTALES
—— ET APPLIQUÉES
Support de Cours UNIVERSITÉ DE POITIERS

Ce polycopié de cours est un résumé du cours qui sera donné au tableau. La lecture de celui-ci
n’est aucunement suffisante, une assiduité active aux cours en amphi et aux TD est
primordiale afin d’appréhender au mieux les nombreuses notions qui seront vues tout au long
du semestre.

Tous les énoncés de ce polycopié marqués d’une étoile (?) doivent être parfaitement
su et pourront donner lieu à des questions de cours lors des différents contrôles continus.

Lorsque cela est nécessaire, au début d’un chapitre, nous ferons une ou plusieurs sections de
pré-requis sur des notions de bases utilisées dans le chapitre : langage mathématique, logique
mathématique, écritures ou notations, rédaction, ...

Chapitres du cours :

1. Les nombres complexes


2. Systèmes linéaires
3. Applications et fonctions
4. Bijections, applications et fonctions réciproques
5. Primitives et intégrales
6. Fonctions polynomiales
7. Fonctions rationnelles
Chapitre 1

Les nombres complexes

1.1 Pré-requis : les quantificateurs


Une assertion mathématique est une phrase qui est, sans ambiguïté, soit vraie, soit fausse. Faire
une démonstration c’est enchainer des assertions vraies dans le bon ordre, en général on enchaine
ces assertions en sous-entendant le mot vrai dans la rédaction.

Exemple 1.1. ABC est un triangle rectangle et isocèle en A. Donnons les mesures des angles
en B et C.
L’angle en A vaut 90◦ ("assertion vraie") puisque ABC est rectangle en A ("autre assertion
vraie"). On a aussi que les angles B et C sont égaux puisque ABC est isocèle en A. Par ailleurs,
la somme des angles d’un triangle vaut 180◦ (c’est une propriété usuelle). Donc on a Â+ B̂ + Ĉ =
90◦ + 2B̂ = 180◦ , on en déduit que B̂ = 45◦ .

Quand une assertion (affirmation) dépend d’une variable x, elle n’est pas en général satisfaite
pour toutes les valeurs possibles de cette variable. Par exemple, si x est un nombre réel, l’assertion
"x2 − 3x + 2 < 0" n’est vraie que lorsque le réel x appartient à l’intervalle ]1, 2[.
On appelle quantificateurs, des expressions qui permettent de parler de la "quantité" de x
vérifiant une assertion. En langage usuel, ces expressions sont nombreuses : pour tout x, pour
beaucoup de x, pour peu de x, pour presque tous les x, pour certains x, pour aucun x, pour au
moins douze x, ...
En langage mathématique, on peut exprimer toutes les quantifications qui sont utiles à l’aide de
deux quantificateurs seulement : "Quel que soit" , noté ∀ qui exprime la généralité, et "il existe
(au moins un )", noté ∃ qui précise la restriction.

Exemple 1.2. Pour exprimer de manière formalisé que l’on a x2 − 3x + 2 < 0 à chaque fois que
x est un élément de l’intervalle ]1, 2[, on écrira :

∀x ∈]1, 2[, x2 − 3x + 2 < 0


que l’on peut lire de plusieurs manières :
- Pour tout nombre réel x appartenant à ]1, 2[, on a x2 − 3x + 2 < 0.
- Quel que soit le nombre réel x appartenant à ]1, 2[, on a x2 − 3x + 2 < 0.
- Quand on choisit x ∈]1, 2[ quelconque, on a x2 − 3x + 2 < 0.

Pour exprimer de manière formalisée que l’équation x2 − 3x + 2 < 0 a (au moins) une solution
sur R, on écrira :

∃x ∈ R, x2 − 3x + 2 < 0.

2
Attention, par cette écriture on ne dit pas que la solution est unique.

Remarquons que dans les expressions ci-dessus la variable x est muette (ou locale), on aurait
donc aussi pu écrire ∀y ∈]1, 2[, y 2 − 3y + 2 < 0 et ∃α ∈ R, α2 − 3α + 2 < 0.

Attention à l’ordre des quantificateurs : par exemple, “∀x ∈ R, ∃y ∈ R, y = x” et “∃y ∈ R, ∀x ∈


R, y = x” ne signifient pas la même chose !

Pour démontrer une assertion qui commence par ∀x ∈]1, 2[, on écrit très souvent : “Soit x ∈]1, 2[.
(...) alors (...)”.

Pour démontrer une assertion qui commence par ∃x ∈ R on peut (si cela est possible) écrire :
“Posons x = · · · . On a alors (...)”.

Parfois, de façon abusive, lorsqu’on écrit “∃x ∈ R, . . . ” cela veut implicitement dire en plus
“Posons x tel que ...”.

Exercice 1 :
Démontrer en faisant attention à la rédaction : ∀n entier non nul , ∃x un nombre réel , n =
1
.
1+x

1.2 Pré-requis : résoudre des équations par équivalence


Exemple 1.3. Pour démontrer ∀x ∈]1, 2[, x2 − 3x + 2 < 0 (c’est-à-dire que l’assertion ∀x ∈
]1, 2[, x2 − 3x + 2 < 0 est vraie) ou bien pour démontrer que ∀x ∈ R, x2 − 3x + 2 < 0 ⇔ x ∈]1, 2[,
on peut procéder comme suit.
“ Soit x ∈ R. On a x2 − 3x + 2 < 0 si et seulement si (x − 23 )2 − 14 < 0 si et seulement si
(x − 32 )2 < 41 si et seulement si |x − 23 | < 12 si et seulement si x − 32 < 12 et 23 − x < 12 si et
seulement si x < 2 et x > 1. En particulier, ∀x ∈]1, 2[, x2 − 3x + 2 < 0.”

3
Remarque :

En raisonnant par équivalence, il faut bien faire attention à ne pas oublier une partie des cas
(par exemple ne pas oublier la valeur absolue dans le raisonnement ci-dessus).
Pour éviter ce genre d’oublis, il est parfois préférable de raisonner par double implication : pour
démontrer A ⇔ B, on peut écrire : “Supposons A (c’est-à-dire supposons que A est vraie).
Démontrons B. (...) Alors B. Supposons maintenant que B est vraie. Démontrons A. (...) Alors
A. On a bien démontré A ⇔ B.”

Exemple 1.4. Soit n un entier. On considère les assertions A : "n est pair" et B : "n2 est pair".
Alors A ⇔ B se montre par double implication.

Exercice 2 :
Résoudre |x − 3| = 4 dans R.

1.3 Pré-requis : les ensembles usuels


Notations des ensembles de nombres usuels :
• N est l’ensemble des entiers naturels (c’est-à-dire entiers positifs ou nuls) ;
• Z est l’ensemble des entiers relatifs (c’est-à-dire entiers positifs, négatifs ou nuls) ;
• Q est l’ensemble des nombres rationnels, tout nombre rationnel peut s’écrire (de façon non
unique) sous la forme d’une fraction c’est-à-dire d’un quotient de deux entiers relatifs ;
• R est l’ensemble des nombres réels, tout nombre réel peut s’écrire sous forme décimale (avec
éventuellement un nombre infini de chiffre après la virgule) ou peut être défini de manière
√ π
plus théorique comme, par exemple, les nombres rationnels, 2, π, e ou cos( ) ;
7
• C est l’ensemble des nombres complexes, tout nombre complexe s’écrit de façon unique sous
la forme x + iy avec x et y dans R.

Chacun de ces ensembles est muni d’opérations. On note + l’opération addition (ou somme), −
l’opération soustraction, × l’opération multiplication (ou produit). L’inverse d’un nombre x est

4
1
notée ou bien x−1 , lorsqu’il est défini, l’inverse de x est le nombre y tel que xy = 1, et dans ce
x
cas on dit que x est inversible.

• N est muni de l’addition et de la multiplication (le seul élément inversible de N est 1) ;


• Z est muni de l’addition, de la soustraction et de la multiplication (les seuls éléments
inversibles de N sont −1 et 1) ;
• Q est muni de l’addition, de la soustraction et de la multiplication (tous les éléments de Q
sauf 0 sont inversibles) ;
• R est muni de l’addition, de la soustraction et de la multiplication (tous les éléments de R
sauf 0 sont inversibles) ;
• C est muni de l’addition, de la soustraction et de la multiplication (tous les éléments de C
sauf 0 sont inversibles).

Les opérations dans ces ensembles ont plusieurs propriétés usuelles (associativité, commutativité,
distributivité, neutre,...) que nous utiliserons sans justification.

ATTENTION :

1.4 Pré-requis : les angles orientés et non orientés


Définition 1.5. Un angle non orienté (ou encore secteur angulaire) est une partie du plan
délimitée par deux demi-droites de même origine, mathématiquement un angle non orienté est
donc une surface. Un angle non orienté possède une seule mesure qui est, en radian, la longueur
de l’arc de cercle de rayon 1 délimité par les deux demi-droites.

Définition 1.6. Un angle orienté est un couple ordonné de deux demi-droites de même origine.
Un angle orienté possède une infinité de mesures qui sont toutes égales modulo 2π.

Il est d’usage de confondre dans le langage un angle avec ses mesures d’angle, cette assimilation
reste toutefois abusive puisque la nature mathématique de ces objets est fondamentalement
différente et peut créer des problèmes de rédaction, voire de raisonnement.

5
Exemple 1.7. 1. Peut-on écrire 0 = 2π ?

2. Que dire de l’affirmation suivante : il y a deux angles solutions de l’équation cos x = 12 , ce


sont les angles π3 et − π3 ?

Proposition 1.8. 1. Pour tout réels u et v, cos u = cos v si et seulement s’il existe k ∈ Z tel
que u = v + 2kπ ou u = −v + 2kπ.
2. Pour tout réels u et v, sin u = sin v si et seulement s’il existe k ∈ Z tel que u = v + 2kπ ou
u = π − v + 2kπ.

Exercice 3 :

Représenter, sur le cercle trigonométrique ci-dessous, les angles orientés de mesures 4
, − π4 , 3π
8
,
− 17π
8
et 15π
8
. Parmi ces angles, trouver deux angles α et β tels que
— cos α = cos β ;
— sin α = sin β ;
— cos α = − cos β ;
— sin α = − sin β ;
— cos α = sin β ;

1.5 Écriture d’un nombre complexe et opérations


• Tout nombre complexe z s’écrit de manière unique sous la forme z = x + iy avec x et y réels.
Cette écriture est appelée la forme algébrique du nombre complexe z. Le nombre i est une des
deux racines de −1 dans C.

6
Le nombre x (resp. y) s’appelle la partie réelle (resp. imaginaire) de z et il est noté Re(z)
(resp. Im(z)).
L’ensemble R est naturellement inclus dans C, c’est l’ensemble des nombres complexes dont la
partie imaginaire est nulle.

• L’addition dans C est définie par : pour tous x + iy et x0 + iy 0 dans C, on a (x + iy) + (x0 + iy 0 ) :=
(x + x0 ) + i(y + y 0 ). La soustraction dans C est définie par : pour tous x + iy et x0 + iy 0 dans C,
on a (x + iy) − (x0 + iy 0 ) := (x − x0 ) + i(y − y 0 ).
La multiplication dans C est définie par : pour tous x+iy et x0 +iy 0 dans C, on a (x+iy)(x0 +iy 0 ) :=
(xx0 − yy 0 ) + i(xy 0 + x0 y). En particulier, i2 = −1.

Le conjugué z̄ d’un nombre complexe z = x + iy est le nombre complexe z̄ := x − iy.

Les calculs se font dans C de manière similaire aux calculs dans R.

Proposition 1.9.
Soient z et u deux nombres complexes, alors :
(i) z 2 − u2 = (z − u)(z + u)
(ii) z 2 + u2 = (z − iu)(z + iu)
(iii) (z + u)2 = z 2 + 2zu + u2
1 − z n+1
(iv) nk=0 z k =
P
, si z 6= 1
Pn 1−z
(v) k=0 nk z k un−k = (z + u)n


(vi) z − z̄ = 2iIm(z)
(vii) z + z̄ = 2Re(z)
(viii) zu = 0 ⇐⇒ z = 0 ou u = 0.
En particulier si z 6= 0, toute égalité zu1 = zu2 implique l’égalité u1 = u2
(ix) z = u ⇐⇒ Re(z) = Re(u) et Im(z) = Im(u)

• Géométriquement, on assimile souvent le nombre z avec le point M (x, y) du plan R2 muni


d’un repère orthonormé (0,~i, ~j), orienté dans le sens positif. On identifie alors C au plan que l’on
appelle le plan complexe.
Ainsi, pour tout z dans C, z̄ le symétrique de z par rapport à l’axe des abscisses.

7
• ATTENTION : contrairement à ce qui se passe dans R, il n’y a pas de relation d’ordre dans
C ( ≤ ou ≥) qui soit compatible avec l’addition et la multiplication, en particulier un nombre
complexe n’a pas de signe. Une écriture comme z1 ≤ z2 ou z1 < z2 entre nombres complexes
qui ne sont pas tous deux des réels est à proscrire !

Exercice 4 :
Mettre sous forme algébrique les nombres suivants :

z1 = (1 + i)(5 − 3i), z2 = (1 + i)3 .


Soit z ∈ C. Résoudre l’équation (z 2 + 4)(z 2 − 1) = 0.

1.6 Forme trigonométrique d’un nombre complexe et opé-


rations
L’écriture ou forme trigonométrique d’un nombre complexe s’identifie à l’écriture en coordonnées
polaires d’un point M du plan R2 , qui sont la distance à l’origine du point M et l’angle (modulo
2π) entre [O,~i) et [0, M ). Pour les nombres complexes, on parle de module et d’argument.

Définition 1.10. (?) p √


On appelle module de z = x + iy le nombre réel : |z| = x2 + y 2 = z z̄

Remarque : Si z est réel alors le module de z est égal à sa valeur absolue.

8
Exercice 5 :
Soit z ∈ C. Montrer que z = 0 ⇐⇒ |z| = 0.

Proposition 1.11. On a pour tous complexes z et u et tout entier n ∈ Z :


(i) |z̄| = |z|
(ii) |zu| = |z||u|

z |z|
(iii) Pour u 6= 0, on a =
u |u|

(iv) |z n | = |z|n
(v) ||z| − |u|| ≤ |z + u| ≤ |z| + |u| (Inégalité triangulaire)

(vi) |Re(z)| ≤ |z|


(vii) |Im(z)| ≤ |z|

Exercice 6 :
1 2+i
Écrire sous forme algébrique les nombres suivants : et .
1+i 3−i

9
Théorème/Définition 1.12. (?)
Pour chaque nombre complexe non nul z il existe un nombre réel θ (unique modulo 2π) tel que

z = |z|(cos θ + i sin θ)
Posons de plus la notation :
eiθ = cos θ + i sin θ
Alors z peut se mettre sous la forme :

z = reiθ , r = |z|
Cette écriture est appelée forme trigonométrique de z. Géométriquement, θ est une mesure
de l’angle formée par [O,~i) et [O, z), on dit que c’est un argument de z. De plus |z| est la
longueur de [O, z].

Exercice 7 :
Mettre (rapidement) sous forme trigonométrique les nombres complexes
√ suivants : √
z1 = 2 + 2i z2 = 21, z3 = −21, z4 = 1 + i, z5 = 3 − i, z6 = 1 + 3i.

Attention : L’écriture sous forme trigonométrique n’est pas unique, en particulier, on ne dira
pas «l’argument» de z mais «un argument» de z. Deux arguments de z diffèrent d’un multiple
entier de 2π, c’est dire d’un nombre de la forme 2kπ avec k dans Z.
En pratique on donnera souvent l’argument d’un nombre complexe non nul qui est
compris dans ] − π, π] ou bien [0, 2π[.

Exemple 1.13.

Si on a posé une notation exponentielle pour la quantité cos θ + i sin θ c’est que cela facilite les
calculs puisque les règles sur cette exponentielle sont identiques aux règles des puissances :

Proposition 1.14. (?)


Soient θ, θ1 , θ2 , r, r1 , r2 , r3 des réels , alors :
(i) r1 eiθ1 r2 eiθ2 = r1 r2 ei(θ1 +θ2 )
r1 eiθ1 r1 i(θ1 −θ2 )
(ii)Si r2 6= 0, on a = e
r2 eiθ2 r2
(iii) Soit n ∈ Z alors (reiθ )n = rn einθ
(iv) Si r < 0 et θ ∈ R, alors reiθ = |r|ei(θ+π) .
1
(v) eiθ = e−iθ = iθ
e
(vi) |reiθ | = |r| (valeur absolue de r)
(vii) Si r1 > 0 et r2 > 0, alors r1 eiθ1 = r2 eiθ2 ⇐⇒ r1 = r2 et ∃k ∈ Z, θ2 = θ1 + 2kπ

10
Les points (i) à (vi) sont admis.

ATTENTION : (eiα )n n’est pas autorisé quand n n’est pas un entier relatif, en particulier, écrire
1 α
(eiα ) 2 = ei 2 par exemple EST INCORRECT !

Proposition 1.15. (?)


Soit (a, b) ∈ R2 .
1
(i) cos a = (eia + e−ia )
2
1
(ii) sin a = (eia − e−ia )
2i

Exemple 1.16.

1.7 Racines dans C


Proposition 1.17. (?)
√ θ
Tout nombre complexe z = reiθ non nul admet exactement deux racines carrées dans C : rei 2
√ θ
et rei( 2 +π) .

11
Corollaire 1.18. Tout équation polynomiale de degré 2 (par exemple az 2 +bz +c = 0 avec a 6= 0)
admet une ou 2 solutions dans C.

Exercice 8 :
Calculer les solutions de l’équation z 2 + iz + 2 = 0 dans C.

1.8 Quelle forme utiliser ?

Exercice 9 :
a) Résoudre dans C l’équation z 5 = 1.

b) Résoudre dans C l’équation z 2 = 2 − 5i.

12
Chapitre 2

Systèmes linéaires

2.1 Pré-requis : notations ensemblistes


En mathématiques, on a très souvent besoin en math de décrire des sous-ensembles inclus dans
des ensembles de référence. Au chapitre précédent, nous avons déjà vu les ensembles de nombres
usuels N, Z, Q, R et C, auxquels nous pouvons ajouter les ensembles de référence suivants :
• l’ensemble des couples à coordonnées réelles (respectivement à coordonnées rationnelles ou
complexes), R2 (respectivement Q2 ou C2 ) ;
• l’ensemble des triplets à coordonnées réelles (respectivement à coordonnées rationnelles ou
complexes), R3 (respectivement Q3 ou C3 ) ;
• et plus généralement, pour tout n ∈ N∗ , l’ensemble des n-uplets à coordonnées réelles (respec-
tivement à coordonnées rationnelles ou complexes), Rn (respectivement Qn ou Cn ) ;

Trois notations sont utilisées pour décrire des sous-ensembles.

Par énumération des éléments


Lorsque l’ensemble est fini (et uniquement dans ce
√ cas), on peut décrire l’ensemble en énumérant
ses éléments. Par exemple, E = {4, 5} ou F = { 2, i}.

L’écriture : E ={type | condition }


Exemple 2.1.
E = {(x, y) ∈ R2 | x − 2y = 12}
√ √
F = {x ∈ R | ∃(a, b) ∈ Q2 , x = a 2 + b 3}

13
L’écriture : E ={forme spécifique de l’élément ; type des lettres utili-
sées}
Exemple 2.2. √ √
E = {a 2 + b 3 ; (a, b) ∈ Q2 }

F = {x 7→ λe12x + µe4x ; λ, µ ∈ R}

Cette écriture est aussi appelée écriture paramétrique.

Exercice 1 :
Écrire sous les formes ensemblistes {type | condition } puis {forme spécifique de l’élément ; type
des lettres utilisées} l’ensemble des éléments de R3 tels que la première coordonnée égale la
troisième.

Égalité d’ensembles
• Les variables utilisées pour décrire mathématiquement les ensembles (entre les accolades) sont
muettes et ne dépendent que du choix du rédacteur, on a donc par exemple :

E = {(x, y) ∈ R2 | x − y = 0} = {(a, b) ∈ R2 | a − b = 0}

• Pour écrire une égalité entre deux ensembles, il faut qu’il y ait ÉQUIVALENCE des conditions
ou des formes (c’est à dire une double inclusion).
Parfois, l’équivalence est évidente et l’égalité peut s’écrire sans explication annexe :

Exemple 2.3.
E = {(x, y) ∈ R2 | x − y = 0} = {(x, x) ; x ∈ R}

D’autre fois, il faudra démontrer l’équivalence pour avoir le droit d’écrire l’égalité entre les en-
sembles ; et ainsi souvent il faudra démontrer une double implication (ou double inclusion E ⊂ F
et F ⊂ E) ...

Exercice 2 :
Soit E = {(a + b, a, a − b) ; a, b ∈ R} et F = {(2a, a + b, 2b) ; a, b ∈ R}. Montrer que E = F .

14
2.2 Pré-requis : des ensembles à connaître et reconnaître
• Les droites de R2 .

Proposition 2.4. Soient a, b, α, β des réels tels que ~u = (α, β) soit non nul. L’ensemble E
défini par :

E := {(a + αx, b + βx) ; x ∈ R} = {(a, b) + x(α, β) ; x ∈ R}


est la droite du plan qui passe par A = (a, b) et de vecteur directeur ~u = (α, β).

Exercice 3 :
Trouver une équation de E si (a, b, α, β) = (1, 2, 3, 4).

• Les droites de R3 .

Proposition 2.5. Soient a, b, c, α, β, γ des réels tels que ~u = (α, β, γ) soit non nul. L’ensemble
E défini par :

E := {(a + αx, b + βx, c + γx) ; x ∈ R} = {(a, b, c) + x(α, β, γ) ; x ∈ R}


est la droite de l’espace qui passe par A = (a, b, c) et de vecteur directeur ~u = (α, β, γ).

15
• Les plans de R3 .
Proposition 2.6. Soient a, b, c, α, β, γ, α0 , β 0 , γ 0 des réels tels que ~u = (α, β, γ) et ~v =
(α0 , β 0 , γ 0 ) ne soient pas colinéaires. L’ensemble E défini par :

E := {(a + αx + α0 y, b + βx + β 0 y, c + γx + γ 0 y) ; x, y ∈ R}
= {(a, b, c) + x(α, β, γ) + y(α0 , β 0 , γ 0 ) ; x, y ∈ R}
est le plan qui passe par A = (a, b, c), de base ~u = (α, β, γ) et ~v = (α0 , β 0 , γ 0 ).

Remarque : un plan P dans l’espace R3 peut aussi être défini par une équation du type ax + by +
cz = d où a, b, c sont des réels non tous nuls, et d un réel. Ici P est alors l’ensemble
{(x, y, z) ∈ R3 | ax + by + cz = d}.

Exercice 4 :
Décrire paramétriquement le plan de R3 d’équation y + 2z = 3.

2.3 Généralités sur les systèmes linéaires


Dans le reste du chapitre K est un des trois ensembles Q, R ou C.
Définition 2.7. On appelle équation linéaire dans K toute équation de la forme :

a1 x 1 + a2 x 2 + · · · + ap x p = b
Les xi sont les inconnues, ce sont des éléments de type K à trouver, les ai ∈ K, b ∈ K sont les
coefficients de l’équation ( indépendants des xi bien sûr), en particulier b est appelé le second
membre de l’équation.

16
Vocabulaire :
• Un p-uplet (x1 , . . . , xp ) de Kp qui vérifie l’égalité est une solution de l’équation
• Résoudre l’équation c’est trouver toutes les solutions de l’équation. L’ensemble des solutions
est donc un sous-ensemble (vide ou pas) de Kp .

Exemple 2.8.

Définition 2.9. On appelle système linéaire (S) de n équations à p inconnues, (n ≥ 1,


p ≥ 1), un ensemble de n équations linéaires à p inconnues x1 , . . . xp :

 a1,1 x1 + a1,2 x2 + · · · + a1,p xp = b1
(S) . . .
an,1 x1 + an,2 x2 + · · · + an,p xp = bn

Vocabulaire :
• Les nombres ai,j ∈ K sont appelés coefficients de (S), le n−uplet (b1 , . . . , bn ) ∈ Kn est le
second membre de (S)
• On note L1 , . . . , Ln les n lignes (équations), constituant (S)
• Une solution de (S) est un p−uplet (x1 , . . . , xp ) ∈ Kp qui vérifie les n égalités. L’ensemble
des solutions est donc un sous-ensemble (vide ou pas) de Kp .
• Résoudre (S) c’est déterminer toutes les solutions de (S)
• Le système (S) est dit compatible s’il admet au moins une solution ; sinon, (S) est dit in-
compatible
• Si (b1 , . . . , bp ) = 
(0, . . . , 0) , le systèmeest dit homogène
a1,1 a1,2 . . . a1,p
 a2,1 a2,2 . . . a2,p 
• Le tableau A =   s’appelle matrice du système (S).
 
..
 . 
an,1 an,2 . . . an,p

Exemple 2.10.

Rappels sur la notion de paramètre

Il est bon de rappeler que les paramètres ne sont pas à confondre avec les inconnues.

17
Le paramètre est une donnée formelle fixée par l’énoncé. Les inconnues sont des objets nommés
formellement eux aussi mais cherchés.
En résolvant un système à paramètres, on exprimera toujours les inconnues en fonction
des paramètres.

Exercice 5 :

x+y =0
Montrer que l’ensemble des solutions dans R3 du système est une droite de R3 .
−y + z = 0
En donner un point et un vecteur directeur.

2.4 Résolution des systèmes échelonnés


Exemple 2.11.

Définition 2.12.
• Une matrice est dite échelonnée, si le nombre de zéros précédant le premier coefficient non
nul d’une ligne augmente (strictement) d’une ligne à la suivante jusqu’à ce qu’il ne reste plus
éventuellement que des zéros.
• On dit qu’un système est échelonné si sa matrice l’est.

Exemple 2.13.

Définition 2.14.
• On appelle pivot d’un système échelonné le premier coefficient non nul de chaque ligne de la
matrice du système. On observe qu’il n’y a un et un seul pivot par ligne non nulle et au plus un
par colonne.
• Le rang r du système échelonné est le nombre de lignes non nulles de la matrice du système.

18
• Les r inconnues xj 1 , . . . , xj r "associées" aux pivots sont appelées inconnues principales, les
autres sont les inconnues secondaires

Théorème 2.15. (?)


Il n’y a que trois cas de figure possibles pour les solutions d’un système linéaire échelonné :
1) Le système n’a pas de solutions (ce qui se voit par simple observation des n − r dernières
lignes)
2) Le système possède une et une seule solution.
3) Le système possède une infinité de solutions et ces solutions s’expriment en fonction des
inconnues secondaires.

Compétence fondamentale :

Il faut être capable juste en observant un système linéaire échelonné de dire de quel type sont les
solutions.

Exercice 6 :
Observer chacun des systèmes suivants et préciser s’ils sont échelonnés ou pas. Pour chaque
système échelonné repéré, préciser sans calculs s’il y a zéro, une ou une infinité de solutions.
Dans le cas où le système possède une infinité de solutions, indiquer (toujours sans calculs) le
nombre d’inconnues secondaires qu’il faudrait utiliser pour expliciter les solutions.
  

 x + 3z = 1 x + y + z + t = 0
 x + y + z + t = 0

a) 3x − y + 2z = 1 b) −y + z = 2 c) −y + z − 2t = 2
  
 4x + 2z = 1  t = 12  y = 12

x − y + z + t = 0
(  (
5x + 3y + 2z = 0 x + 3y − 2z + 4t = 1
d) e) x−y+z =2 f)
y + 2z = 1  y−z =1
2x + 3y = 3


 x + y − z = −1

g) 3x + 3y = 1 h) x + 3y + 2z + t = −2 i) x + 3y + 12z = −2

 x + y − 2z = 4


 x+y+z+t=0

 −y + z = 2
j)

 t = 12

0 = 12

19
2.5 Résolution d’un système quelconque par la méthode du
pivot de Gauss
Opérations élémentaires sur les lignes d’un système linéaire
Définition 2.16. (?)
On appelle opération élémentaire sur les lignes d’un système linéaire, chacune des trois opé-
rations suivantes :
• Echange de deux lignes : Li ←→ Lj (i 6= j)
• Multiplication d’une ligne par k 6= 0 : Li ←− kLi
• Ajout d’un multiple d’une autre ligne : Li ←− Li + kLj , (i 6= j)

Théorème 2.17. (?)


Soient (S) un système linéaire et (S 0 ) un système linéaire obtenu à partir de (S) par une ou
plusieurs opérations élémentaires sur les lignes. Alors les deux systèmes (S) et (S 0 ) ont le même
ensemble de solutions.

Remarques : Grâce au théorème ci-dessus, on pourra donc mettre des ⇐⇒ entre les différents
systèmes linéaires lorsqu’on transforme successivement un système lineaire par des opérations
élémentaires sur les lignes.

Le pivot de Gauss
Le principe du pivot de Gauss est d’effectuer des opérations élémentaires judicieuses pour trans-
former n’importe quel système en un système échelonné.

Théorème 2.18. (?)


Soit (S) un système linéaire quelconque de n équations à p inconnues. Alors (S) peut être trans-
formé en un système échelonné par une succession d’opérations élémentaires sur les lignes.

La preuve de ce théorème est admise.


Nous allons juste comprendre le fonctionnement de l’algorithme de Gauss en traitant deux
exemples :

20

 x+y+z =0
On considère le système de l’exemple 2.10 (S) = 3x − y + z = 0
2x − 2y + βz = α



 2x1 +4x2 −2x3 = −6
x1 +3x2 +x4 =0

Puis le système (S) =

 3x1 −x2 +x3 +2x4 = 8
−x2 +2x3 +x4 =6

Pour être sûr d’obtenir un système avec le même ensemble de solutions on respecte les règles
suivantes : je peux échanger deux lignes, je peux multiplier la ligne i à modifier, par un scalaire
non nul et je peux ajouter à cette même ligne i, un multiple de la ligne j 6= i qui contient le
pivot.
Pour toute autre combinaison de ligne, il faudra justifier l’équivalence. ATTENTION en parti-
culier à ne pas faire 2 opérations en même temps qui donneraient un système un ensemble de
solutions différent.

21
Exercice 7 :
Résoudre le système linéaires suivant en utilisant l’algorithme de Gauss.


 x + 3z = 1
3x − y + 2z = 1

 4x + 2z = 1

22
Chapitre 3

Applications et fonctions

3.1 Pré-requis : qu’est-ce qu’une application et qu’est-ce


qu’une fonction ?
Définition 3.1. Une application est une relation entre deux ensembles pour laquelle chaque
élément du premier (appelé ensemble de départ) est relié à un unique élément du second
(l’ensemble d’arrivée).

Par exemple, appelons E l’ensemble des élèves de L1. La relation qui associe à chaque élève sa
taille est une application de E dans R.

Exercice 1 :
Parmi les objets f suivants, lesquels définissent bien une application de {1, 2, 3} dans {a, b, c} ?
a) f (1) = a, f (b) = 2, f (3) = c.
b) f (1) = a, f (2) = a, f (3) = b.
c) f (1) = a, f (1) = a, f (3) = b.
d) f (3) = b, f (2) = a, f (1) = c.

Vocabulaire et notations
• Soit f une application dont E est l’ensemble de départ et F l’ensemble d’arrivée. On dit que
f est une application de E vers F (ou de E dans F ) et on note :

f : E→F
Si x est un élément de E, on note f (x) l’élément de F qui lui correspond par la relation f .
L’élément f (x) est ce que l’on appelle l’image de x par f .
• Si l’ensemble d’arrivée est R ou C alors on emploiera plutôt le terme de fonction au lieu
d’application.
• Soit f (x) une expression ou “formule” qui dépend d’une variable x ∈ E. Il se peut que l’ex-
pression f (x) ne soit pas définie pour certaines valeurs de x, on emploie alors là-aussi le terme
fonction pour parler de f .

23
Une fonction (au sens précédent) va naturellement induire une application (non unique) entre
l’ensemble de définition de f aussi appelé domaine de définition de f (i.e., le plus grand sous-
ensemble de E pour lequel l’expression f (x) a un sens, généralement noté Df ) et un ensemble
d’arrivée F naturel (non unique) qui "contient" les f (x).

Par exemple, f (x) = x − 12 est une fonction qui induit les applications suivantes :

f1 : [12, +∞[→ R, x 7→ x − 12 et

f2 : [12, +∞[→ R+ , x 7→ x − 12.

Exemple 3.2.

Exercice 2 :
1
Donner trois applications différentes associées à la fonction f (x) = .
x

Définition 3.3. (?)


Soit f : E → F une application, on appelle image de f et on note Im f le sous ensemble de
F défini par :

Im f = {f (x) ; x ∈ E} = {y ∈ F | ∃x ∈ E, y = f (x)}
Autrement dit, pour être dans Im f il faut et il suffit de pouvoir s’écrire comme l’image d’un
élément de E.

L’image d’une fonction est l’image d’une application associée avec comme ensemble de départ le
domaine de définition de la fonction.
Par exemple :

Exercice 3 :
1
Donner l’image de la fonction f (x) = .
x

24
Définition 3.4. (?)
Soit f : E → F et g : F → G deux applications. L’application composée notée g ◦ f est
l’application de E dans G définie par :

∀x ∈ E, (g ◦ f )(x) = g(f (x))

Remarque : si f : E → F 0 et g : F → G deux applications. On peut aussi définir g ◦ f si


l’image de f est explicitement incluse dans F (par exemple si F 0 ⊂ F ). On peut aussi définir la
composition de fonctions (mais dans ce cas, il faut être attentif aux domaines de définition).

Exemple 3.5.

Exercice 4 :
1
Écrire les deux fonctions composées f ◦ g et g ◦ f pour les fonctions f (x) = et g(x) = x + 1.
x
Sont-elles égales ? Donner leurs domaines de définition.

Remarques :
• Attention à la concordance des ensembles qui justifie la définition de f ◦ g ou pas.
• L’application g ◦ f peut être définie sans que f ◦ g ne le soit.

• Si les applications g ◦ f et f ◦ g sont définies, on a en général f ◦ g 6= g ◦ f .

• Si E, F , G et H sont des ensembles et f : E → F , g : F → G et h : G → H sont des


applications, h◦(g◦f ) et (h◦g)◦f sont deux applications de E dans H et on a h◦(g◦f ) = (h◦g)◦f .

25
3.2 Fonctions continues
Définition 3.6. Soit f une fonction à valeurs dans R. Soit a ∈ R.
• Si f est définie sur tout un intervalle ouvert qui contient a, on dit que f est continue en a si
limx→a f (x) existe et égale à f (a).
• Si f est définie sur un intervalle de la forme [a, b[, on dit que f est continue à droite de a
si limx→a+ f (x) existe et égale à f (a).
• Si f est définie sur un intervalle de la forme ]b, a], on dit que f est continue à gauche de a
si limx→a− f (x) existe et égale à f (a).
• Si f est définie sur un intervalle I, on dit que f est continue sur l’intervalle I si elle est
continue en tout point de l’intérieur de I et continue à droite et à gauche des extrémités selon
qu’elles soient incluses ou pas dans I bien sûr.

Exemple 3.7. La fonction x 7→ |x| est continue sur R.


La fonction caractéristique
√ de [0, +∞[⊂ R n’est pas continue en 0 mais elle l’est sur [0, +∞[ !
La fonction x 7→ x est continue à droite de 0. Comme elle n’est de toute façon pas définie à
gauche de 0, on dira même qu’elle est continue en 0.

3.3 Fonctions dérivables et dérivées


Définition 3.8. (?)
Soit f une fonction à valeurs dans R. Soit a ∈ R.
• Si f est définie sur tout un intervalle ouvert qui contient a, on dit que f est dérivable en a
f (x) − f (a)
si limx→a existe et est finie (c’est-à-dire est une valeur l ∈ R).
x−a
Dans ce cas, on note alors l = f 0 (a).
• Si f est définie sur un intervalle de la forme [a, b[, on dit que f est dérivable à droite de a
f (x) − f (a)
si limx→a+ existe et est finie (c’est-à-dire est une valeur l ∈ R).
x−a
• Si f est définie sur un intervalle de la forme ]b, a], on dit que f est dérivable à gauche de
f (x) − f (a)
a si limx→a− existe et est finie (c’est-à-dire est une valeur l ∈ R).
x−a

• Si f est définie sur un intervalle I, on dit que f est dérivable sur l’intervalle I si elle est
dérivable en tout point de l’intérieur de I et dérivable à droite et à gauche des extrémités selon
qu’elles soient incluses ou pas dans I bien sûr.
Dans ce cas, on note f 0 la fonction ainsi définie sur I (par a 7−→ f 0 (a)) et on l’appelle fonction
dérivée de f sur I ou dérivée sur I.

26
Exemple 3.9. La fonction x 7→ |x| n’est pas dérivable en 0. Par contre, elle l’est sur [0, +∞[.
En effet,


La fonction x 7→ x n’est pas dérivable en 0, ni sur [0, +∞[. En effet,

Proposition 3.10. (?)


Soit f : I → R, avec I un intervalle. Soit a ∈ I.
Si f est dérivable en a, alors f est continue en a.
Si f est dérivable sur I, alors f est continue sur I.

ATTENTION : les réciproques sont fausses !

Règles de calculs :
Fonction Dérivée
Linéarité αf + βg (α, β constantes) αf 0 + βg 0
Produit fg f 0g + f g0
f f 0g − f g0
Quotient
g g2
Composée f ◦g (f ◦ g)g 0
0

Les règles décrites ci-dessus s’appliquent sous réserve que l’expression considérée est bien définie
et sous réserve de la dérivabilité des fonctions f et g là ou il faut.
Par exemple, pour dériver f ◦ g en un point a ∈ I avec la formule du tableau, on s’assurera
d’abord que g est dérivable en a et f dérivable en g(a). Si ce n’est pas le cas, il faut revenir à
l’étude du taux de variation. De même, pour dériver avec le formulaire f ◦ g sur un intervalle
I sur lequel g est définie, on doit s’assurer d’abord que g est dérivable sur I et f est définie et
dérivable sur un intervalle contenant g(I).

Attention, ce n’est pas parce qu’on est pas dans les conditions du formulaire que l’on peut conclure
à la non dérivabilité d’une fonction en un point.

Exemple 3.11.

27
Exercice 5 :
1
Soit f la fonction définie sur R par f (x) = x sin si x 6= 0 et f (0) = 0. Montrer que f est
x
continue mais non dérivable sur R.

Tableau de variations :
Lorsqu’une fonction est dérivable, l’étude du signe de sa fonction dérivée permet de connaître les
variations de la fonction.

Définition 3.12. (?)


Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R et à valeurs réelles.
On dit que f est croissante (resp. décroissante) si pour tous x, y ∈ I tels que x ≤ y, on a
f (x) ≤ f (y) (resp. f (x) ≥ f (y)).
On dit que f est strictement croissante (resp. strictement décroissante) si pour tous x, y ∈ I tels
que x < y, on a f (x) < f (y) (resp. f (x) > f (y)).
On dit que f est montone (resp. strictement montone) si f est croissante ou décroissante (resp.
strictement croissante ou strictement décroissante).

Théorème 3.13. (?) Soit f une fonction définie et dérivable sur un intervalle I.
Si f 0 est positive (resp. négative) sur I, alors f est croissante (resp. décroissante) sur I.
Si f 0 est strictement positive (resp. strictement négative) sur I, sauf éventuellement en un nombre
fini de points, alors f est strictement croissante (resp. strictement décroissante) sur I.

La démonstration de ce résultat est admise.

Exemple 3.14.

Exercice 6 :
Étudier les variations de la fonctions f (x) = x3 − 3x + 1 (c’est-à-dire donnera le tableau de
variations de f ).

28
3.4 La fonction tangente :
sin x
La fonction tangente est telle que tan x = . Elle est définie là où ne s’annule pas le cosinus,
cos x
π
c’est-à-dire sur R\( + πZ). Elle est impaire et périodique de période π :
2
π
tan(−x) = − tan x et tan(x + π) = tan x, ∀x ∈ R\( + πZ).
2
On a les valeurs remarquables
π 1 π π √
tan 0 = 0, tan = √ , tan = 1 et tan = 3.
6 3 4 3

On a également
lim tan x = +∞ et lim tan x = −∞.
x→ π2 − π+
x→ 2

Elle vérifie l’équation


π 1 π
tan( − x) = , ∀x ∈ R\( + πZ).
2 tan x 2
Interprétation géométrique :

Les fonctions sinus et cosinus étant dérivables sur R, elle est dérivable sur son domaine définition
et on a
1 π
tan0 x = 1 + tan2 x = 2
, ∀x ∈ R\( + πZ).
cos x 2
On en déduit que la fonction tangente est strictement croissante sur chaque intervalle
π π
] − + kπ, + kπ[, avec k ∈ Z. D’où son graphe :
2 2

29
Exercice 7 :
Montrer que
1 π
tan0 x = 1 + tan2 x = 2
, ∀x ∈ R\( + πZ).
cos x 2

3.5 La fonction xα , α ∈ R :
On rappelle que l’application exponentielle x 7→ ex définie sur R et à valeurs dans ]0, +∞[ vérifie
les relations ex+y = ex ey , ∀x, y ∈ R, ln(ex ) = x, x ∈ R et eln x = x, ∀x ∈]0, +∞[.
Soit x ∈]0, +∞[. De l’égalité x = eln x , on déduit xn = en ln x , ∀n ∈ Z. Ceci nous amène à poser

(?) ∀x ∈]0, +∞[, ∀α ∈ R, xα := eα ln x .

On remarque qu’on a ln(xα ) = α ln x pour tous x ∈]0, +∞[ et α ∈ R.


On vérifie que pour tous x, y ∈]0, +∞[ et α, β ∈ R, on a les relations suivantes :

xα+β = xα xβ , (xα )β = xαβ ,


(xy)α = xα y α .
 
0
 si α > 0 +∞ si α > 0

On a limx→0+ xα = 1 si α = 0 et limx→+∞ xα = 1 si α = 0
 
+∞ si α < 0 0 si α < 0
 
α
En particulier, pour α > 0, la fonction fα : x 7→ x se prolonge par continuité à [0, ∞[ en posant
fα (0) = 0.
La fonction fα est toujours dérivable sur ]0, +∞[ et sa dérivée est donnée par
α α ln x
fα0 (x) = e = αx−1 xα = αxα−1
x

30
fα (x) − fα (0)
De plus, pour α > 0, on a = xα−1 , de sorte que fα est dérivable en 0 si et seulement
x
si α ≥ 1 et que dans ce cas fα0 (x) = αxα−1 , ∀x ∈ [0, +∞[.

Exercice 8 :

Montrer que la fonction f (x) = 3
x est croissante sur [0, +∞[ et la tangente en 0 au graphe de
f est verticale.

3.6 Tableau des dérivées usuelles (?) :


Expression de la fonction Expression de la dérivée Intervalle de dérivation
α (constante) 0 R
x 1 R
xα (α ∈ R) αxα−1 à déterminer selon la valeur de α
cos x − sin x R
sin x cos x R

1 π
tan x 1 + tan2 x = R\( + πZ)
cos2 x 2

ex ex R

1
ln x ]0, +∞[
x

1
ln |x| R∗
x

La formule de dérivation de la composée de deux fonctions donne en particulier beaucoup de


dérivées usuelles (là où elles sont définies) :

31
Expression de la fonction Expression de la dérivée Domaine de dérivation

uα (α ∈ R) αuα−1 u0 à déterminer selon α


et u

cos u −u0 sin u sur tout intervalle où u


est dérivable

sin u u0 cos u sur tout intervalle où u


est dérivable

sur tout intervalle où u


0 2
tan u u (1 + tan u) est dérivable
π
et à valeurs dans R\( + πZ)
2

eu u0 eu sur tout intervalle où u


est dérivable

u0
ln u sur tout intervalle où u
u
est dérivable et
strictement positive

u0
ln |u| sur tout intervalle où u
u
est dérivable et
ne s’annule pas

32
Chapitre 4

Bijections, applications et fonctions


réciproques

4.1 Les notions de bijections et d’applications réciproques


Problématique : soit f : E → F une application, soit y ∈ F (fixé). Que peut-on dire de l’ensemble
des solutions Sy de l’équation f (x) = y où x ∈ E est l’inconnue cherchée ?

Exemple : Considérons trois applications issues de la même fonction.


f: R → R f : R → [0, +∞[ f : ] − ∞, 0] → [0, +∞[
(i) (ii) (iii) .
x 7→ x2 x 7→ x2 x 7→ x2

Définition 4.1. (?)


Soit f : E → F une application. On dit que f est bijective (ou encore que c’est une bijection de
E sur F ) quand chaque élément de l’ensemble d’arrivée F est l’image d’un et un seul élément
de E.

Exercice 1 :
Montrer que f : R2 → R2 , (x, y) 7→ (x + 2y, 2x − 3y) est une application bijective.

33
Théorème/Définition 4.2. (?)
Soit f : E → F une application. Alors f est bijective si et seulement s’il existe une application
g : F → E telle que :
g ◦ f = IdE et f ◦ g = idF (4.1)
Dans ce cas, l’application g est unique, on l’appelle application réciproque de f et on la note
f −1 .

Les applications réciproques sont très utiles pour résoudre des équations (souvent il suffit "d’ap-
pliquer" f −1 sur l’égalité) ou aussi pour définir des fonctions.
R →]0, +∞[
Exemple 4.3. x 7→ ln x réalise une bijection, d’application réciproque de f : et
x 7→ ex
inversement.

Exercice 2 :
2 −20
Résoudre l’équation ex = ex d’inconnue x ∈ R.

34
4.2 Fonction réciproque d’une fonction réelle continue sur
un intervalle
Dans le cas d’une fonction réelle continue sur un intervalle, nous allons voir comment démontrer
facilement qu’une telle fonction est bijective.
ATTENTION : la notion de bijectivité d’une fonction n’a un sens que si on précise les 2 ensembles
entre lesquels la fonction réalise la bijection.

Proposition 4.4. Soit f une fonction de R dans R continue et strictement monotone sur un
intervalle I. Alors f (I) est de la forme suivante selon les cas.
• Cas d’une fonction f strictement croissante :

I [a, b] [a, b[ ]a, b] ]a, b[


f (I) [f (a), f (b)] [f (a), limx→b f (x)[ ] limx→a f (x), f (b)] ] limx→a f (x), limx→b f (x)[

• Cas d’une fonction f strictement décroissante :

I [a, b] [a, b[ ]a, b] ]a, b[


f (I) [f (b), f (a)] ] limx→b f (x), f (a)] [f (b), limx→a f (x)[ ] limx→b f (x), limx→a f (x)[

La preuve de cette proposition est admise.

Exercice 3 :
Soient f (x) = x2 et g(x) = x1 . Calculer les images par f et g de [1, 2], ]0, 3] et ] − 2, − 21 ].

35
4.3 Théorème des fonctions réciproques
Théorème 4.5. (?)
Soit f une fonction de R dans R continue strictement monotone sur un intervalle I. On
note J = f (I) (voir Proposition 4.4). Alors :
1) La fonction f admet une fonction réciproque définie sur J ; plus précisément, f définit une
bijection de l’intervalle I sur l’intervalle J, donc il existe une fonction notée f −1 définie de J
dans I, telle que :

(f ◦ f −1 )(x) = x, ∀x ∈ J
(f −1 ◦ f )(x) = x, ∀x ∈ I

2) La fonction réciproque f −1 est continue et strictement monotone sur J, de même sens de


monotonie que f .
3) Si f est dérivable en un point x0 de I et si f 0 (x0 ) est non nul, alors f −1 est dérivable au point
y0 = f (x0 ) et :
1 1
(f −1 )0 (y0 ) = 0 = 0 −1
f (x0 ) f (f (y0 ))
La preuve de ce théorème est admise.

Exemple 4.6.

Exercice 4 :
Montrer
√ que la fonction x 7−→ x3 réalise une bijection de R dans R. En déduire que la fonction
x 7−→ x peut être définie sur R.
3

Représentation graphique de la fonction réciproque


Notons Cf le graphe de f . C’est l’ensemble des couples de la forme (x, f (x)) avec x ∈ I :

Cf = {(x, f (x)) ; x ∈ I}
Or, parce que f est bijective, on a l’équivalence suivante pour tout x ∈ I et tout y ∈ J :

y = f (x) ⇔ x = f −1 (y)
et donc
Cf = {(f −1 (y), y) ; y ∈ J}

36
Pour avoir la courbe de f −1 il suffit donc de permuter les coordonnées.
On en déduit la propriété suivante :
Proposition 4.7. Dans un repère orthonormé, la courbe de f −1 est la symétrique de la courbe
de f par rapport à la droite y = x.
Exemple 4.8.

Exercice 5 :

Dessiner l’allure du graphe sur [− 32 , 32 ] des fonctions x 7−→ x3 et x 7−→ 3
x
En résumé.
 Pour prouver qu’une application f : E → F est bijective, on a trois moyens.
• On fixe un élément formel y de F et on cherche l’ensemble des solutions Sy de l’équation
f (x) = y où x ∈ E est l’inconnue cherchée. Attention aux choix des noms ”x” et ”y” qui seront
peut-être inappropriés selon le contexte !
L’application f est une bijection si Sy = {g(y)} est un singleton pour chaque valeur de y ∈ F
fixée. Dans ce cas, l’application g : F → E, y 7→ g(y) est la bijection réciproque de f .
• On exhibe la fonction réicproque de f .
• On utilise le théorème des fonctions réciproques après avoir montré que f est continue et stric-
tement monotone sur un intervalle.

 Pour prouver qu’une application n’est pas bijective, il suffira, si on est observateur, de trouver
un élément de F qui est l’image d’au moins deux éléments distincts de E ou bien un élément de
F qui n’est l’image d’aucun élément de E.

Exercice 6 :
Parmi les applications suivantes, déterminer celles qui sont bijectives et calculer alors l’expression
de la bijection réciproque.
f1 : N → N, n 7→ n3 , f2 : R3 → R2 , (x, y, z) 7→ (x, y)
f3 : R2 → R2 , (x, y) 7→ (x + 2y, 3x − y) f4 : R → R, x 7→ x5

37
4.4 Fonctions réciproques de fonctions classiques
Fonction arctan
π π
Soit f la restriction de la fonction tangente à l’intervalle ] − , [. La fonction f est continue et
2 2
π π
strictement croissante sur l’intervalle ] − , [. (Cf cours précédent sur la fonction tangente.)
2 2
D’après le théorème des fonctions réciproques, on peut affirmer que
π π
f (] − , [) =] limπ + f (x), lim f (x)[=] − ∞, +∞[= R
2 2 x→− 2 x→ π2 −

π π
et que f établit une bijection de ] − , [ sur R :
2 2
π π
f :] − , [ → R
2 2
x 7→ tan x
π π
La fonction réciproque de f une bijection de R sur ] − , [ :
2 2
π π
Définition 4.9. (?) Soit f la restriction de la fonction tangente à l’intervalle ] − , [.
2 2
La fonction réciproque de f est appelée arctangente et notée
π π
arctan : R →] − , [
2 2 .
x 7→ arctan x
.

Le théorème des fonctions réciproques permet aussi de démontrer le résultat suivant.

Proposition 4.10. (?)


1) La fonction arctan est continue et strictement croissante sur R.
2) La fonction arctan est une fonction impaire.
π π
3) limx→+∞ arctan x = et limx→−∞ arctan x = −
2 2
4) La fonction arctan est dérivable sur R et :
1
arctan0 (x) = =, ∀x ∈ R
1 + x2

On en déduit aussi facilement l’allure du graphe de la fonction arctangente par symétrie par
rapport à la droite y = x :

38
Interprétation géométrique
−π π
Pour tout x réel, arctan x est un élément de ] , [ et sa tangente vaut x
2 2
On peut représenter la tangente d’un angle comme suit :

Exercice 7 :
a) Dessiner et donner les mesures de l’angle orienté aigu dont la tangente vaut 3.
b) Dessiner et donner les mesures de l’angle orienté obtus dont la tangente vaut −2.
c) Quels sont les x tels que tan(x) = 3/2 ?

39
Résolution d’équations trigonométriques simples
Proposition 4.11.
π π
1) ∀(x, y) ∈ R2 , ∀p ∈ Z, x 6= + pπ, y 6= + pπ
2 2
tan x = tan y ⇐⇒ ∃k ∈ Z, x = y + kπ

2) Soit y ∈ R alors l’équation tan x = y a une infinité de solutions qui forment l’ensemble :

S = {arctan(y) + kπ ; k ∈ Z}

Opérations et valeurs remarquables


Quelques valeurs remarquables pour arctan :
1 π π √ π
arctan 0 = 0, arctan √ = , arctan 1 = , arctan 3 = .
3 6 4 3
Proposition 4.12. (?)

tan(arctan x) = x, ∀x ∈ R
π π
arctan(tan x) = x, ∀x ∈] − , [.
2 2
Attention : l’expression tan(arctan x) est définie sur R et il y a égalité avec x sur R, en revanche,
π
l’expression arctan(tan x) est définie pour tout x réel différent de +kπ, k ∈ Z alors que l’égalité
2
π π
avec x n’est vérifiée que pour x ∈] − , [.
2 2
Exemple 4.13.

Exercice 8 :

Calculer arctan(tan( )).
3

40
Fonction arcsin.
En complément de cours sur la page web de l’UE

Fonction arccos
En complément de cours sur la page web de l’UE

Racines n-ièmes
Définition 4.14. Soit n un entier naturel impair. La fonction f : x 7→ xn est alors continue et
strictement croissante sur R. D’après le théorème des fonctions réciproques, on peut affirmer que
f (R) =] limx→−∞ f (x), limx→∞ f (x)[= R et que f établit une bijection de R sur R.
√ La fonction
1/n
réciproque de f est appelée racine n-ième de f et notée x 7→ x ou encore x 7→ x. C’est une
n

bijection de R sur R.
Proposition 4.15. Soit n un entier naturel impair.
1
1) Soit a ∈ R. Alors l’équation xn = a possède comme unique solution x = a n .
1 1
2) ∀x ∈ R, (xn ) n = x = (x n )n
Démonstration. 1) Ce n’est qu’une autre façon de dire que f est bijective et d’utiliser la
notation donnée pour sa bijection réciproque !
2) f ◦ f −1 = Id = f −1 ◦ f sans problèmes de définition puisque f et f −1 sont définies sur R.

Définition 4.16. Soit n un entier naturel pair. La restriction de f : x 7→ xn sur [0, +∞[ est
alors continue et strictement croissante. D’après le théorème des fonctions réciproques, on peut
affirmer que f ([0, +∞[= [f (0), limx→+∞ f (x)[= [0, +∞[ et que f établit une bijection de R+ sur
R+ . La
√ fonction réciproque de f est appelée racine n-ième de f et notée x 7→ x1/n ou encore
x 7→ n x. C’est une bijection de R+ sur R+ .
Proposition 4.17. Soit n un entier naturel pair.
1) Soit a ∈ R.
(i) Pour a < 0, l’équation xn = a ne possède pas de solution.
(ii) Pour a = 0, l’équation xn = a possède x = 0 comme unique solution.
(iii) Pour a > 0, l’équation xn = a possède deux solutions exactement qui sont opposées :
1 1
S = {a n , −a n }
1
2) ∀x ∈ R, (xn ) n = |x|
1
∀x ∈ R+ , (x n )n = x

Exercice 9 :
Démontrer le 2) de la proposition précédente.

41
Chapitre 5

Primitives et intégrales

5.1 Primitives d’une fonction continue


Définition et existence
Définition 5.1. (?)
Soit f une fonction définie sur un intervalle I. Une fonction F est une primitive de f sur I
si elle est dérivable sur I et si ∀x ∈ I, F 0 (x) = f (x).
Théorème 5.2. (?)
Soit f une fonction définie sur un intervalle I. Supposons qu’il existe une primitive F de f
sur I. Alors les primitives de f sur I sont les fonctions de la forme F + c avec c ∈ R.

Remarque : si f est définie sur une union disjointe de plusieurs intervalles, il faudra faire intervenir
une constante différente pour chaque intervalle.
Exemple 5.3.

42
Exercice 1 :
Donner l’ensemble des primitives de x 7−→ x3 sur R, puis de la fonction f définie sur R∗ par
f (x) = 1 si x > 0 et f (x) = x3 si x < 0.

Théorème 5.4. (?)


Toute fonction continue sur un intervalle I admet des primitives sur I.

La preuve de ce théorème est admise.

NotationR : R
On note f (x) dx (ou f (t) dt ou ...) un élément de l’ensemble des primitives de la fonction
f sous sa forme la plus générale, c’est à dire à une constante près. La notation (arbitraire) dx
indique que le résultat final est une fonction dont l’expression est décrite avec la variable x. Cette
écriture ne permet pas d’identifier l’intervalle I sur lequel on calcule une primitive, il faudra donc
le préciser avant le calcul.

Exemple 5.5.

Linéarité
Proposition 5.6. (?)
1) Si F est une primitive de f sur l’intervalle I et si G est une primitive de g sur I alors F + G
est une primitive de f + g sur I :
Z Z Z
(f + g)(x) dx = f (x) dx + g(x) dx + c avec c ∈ R.

2) Si F est une primitive de f sur l’intervalle I et si α est un réel fixé, alors αF est une primitive
de αf sur I. En particulier si α 6= 0, on peut écrire
Z Z
αf (x) dx = α f (x) dx + c avec c ∈ R.

43
Primitives usuelles :
Proposition 5.7. (?)
Si f est dérivable sur I, alors f 0 admet une primitive sur I et on a
Z
f 0 (x) dx = f (x) + c avec c ∈ R.

En utilisant la relation précédente et grâce aux dérivées usuelles, on obtient le tableau (?) suivant
où I est un intervalle maximal sur lequel les primitives sont définies :

R
α ∈ R fixé, α dx αx + c I=R

R xα+1
α ∈ R\{−1} xα dx +c I à déterminer selon α
α+1

R 1
dx ln(|x|) + c I =]0, +∞[ ou ] − ∞, 0[
x

R
cos x dx sin x + c I=R

R
sin x dx − cos x + c I=R

R π π
(1 + tan2 x) dx tan x + c I =] − + kπ, + kπ[, k ∈ Z
2 2

R
ex dx ex + c I=R

Exercice 2 :
R
Calculer (ex + 2x2 ) dx.

44
5.2 Calculs de primitives
Intégration "à vue" : lorsqu’on reconnait la dérivée d’une composée
Proposition 5.8. (?)
Si f est dérivable sur un intervalle I, si G est une primitive de g sur f (I), alors x 7→ G(f (x))
est une primitive de x 7→ g(f (x))f 0 (x) :
Z
g(f (x))f 0 (x) dx = G(f (x)) + c avec c ∈ R.

On en déduit les primitives suivantes où u est supposée dérivable sur l’intervalle I :

uα+1
u0 uα
R
α ∈ R\{−1} +c u doit être > 0 sauf pour des valeurs particulières de α
α+1

R u0
ln(|u|) + c si u ne s’annule pas sur I
u

u0 cos u
R
sin u + c

u0 sin u
R
− cos u + c

u0 eu
R
eu + c

(1 + tan2 u)u0
R
tan u + c si u prend ses valeurs
π
dans R\( + πZ)
2

Quand on reconnait l’une des formes ci-dessus, on peut donner sans calcul une primitive, on
dit que l’on fait de l’intégration à vue.

Exercice 3 :
sin x
a) Donner les intervalles sur lesquels la fonction f donnée par l’expression f (x) = admet
cos2 x
des primitives.

45
Puis déterminer l’expression des primitives de f sur chaque intervalle.

1
b) Déterminer l’expression des primitives de f (x) = √ (on n’oubliera pas de préciser sur
12x + 5
quel intervalle on se place)

R 2 R
c) Calculer xex dx et sin(12x) dx.

Intégration par parties pour les primitives


Théorème 5.9. (?)
Soient f et g deux fonctions dérivables sur l’intervalle I. La fonction f g 0 admet une primitive si
et seulement si f 0 g admet une primitive ; et dans ce cas
Z Z
f (x)g(x) dx = f (x)g(x) − f (x)g 0 (x) dx + c.
0

Exemple 5.10.

Retour sur la gestion des constantes d’intégration


Les constantes et la linéarité

Considérons l’exemple suivant : sur ] − 1, +∞[,


Z
12
F (x) = (12x2 − cos x sin2 x + ) dx.
(x + 1)3

J’utilise la linéarité des primitives :


Z Z Z
2 2 1
F (x) = 12 x dx − cos x sin x dx + 12 dx.
(x + 1)3
Chaque primitive s’intègre à vue avec en principe pour chacune une constante d’intégration :

46
x3 sin3 x 1
F (x) = 12( + c1 ) − ( + c2 ) + 12( + c3 ).
3 3 −2(x + 1)2
Il est bien évident que l’expression finale peut s’écrire :

x3 sin3 x 1
F (x) = 12 − −6 +c
3 3 (x + 1)2
avec c ∈ R.
C’est tellement évident que lors des calculs on évitera d’écrire des constantes intermédiaires pour
n’écrire qu’une constante dans l’expression finale.

Intégration d’une égalité sur un intervalle I


Considérons une fonction f dérivable sur l’intervalle I et une fonction g continue sur I telles
qu’on ait :

f 0 (x) = g(x), ∀x ∈ I.
On peut alors écrire :
Z
sur I, g(x) dx = f (x) + c , avec c ∈ R.

Pour toute primitive G de g sur I, on aura alors :

f (x) = G(x) + c, ∀x ∈ I, avec c ∈ R.


Il est fondamental de ne pas oublier la constante d’intégration c. On risque sinon d’aboutir à une
égalité fausse.
Pour déterminer la valeur de cette constante c il suffit de connaître les valeurs de f et de G en
un point x0 de I, on aura alors c = f (x0 ) − G(x0 ).

Intégration d’une égalité sur plusieurs intervalles


Soit A = I1 ∪ I2 · · · ∪ In une union d’intervalles deux à deux disjoints. Considérons une fonction
f dérivable sur A et une fonction g continue sur A telles qu’on ait :

f 0 (x) = g(x), ∀x ∈ A.

Soit G une primitive de g sur A.


Les résultats de la partie précédente s’appliquent sur chaque intervalle Ik , 1 ≤ k ≤ n : il existe
une constante réelle ck sur chacun de ces intervalles telle que f (x) = G(x) + ck sur Ik .

Exercice 4 :
Soit f une fonction continue sur R, dérivable sur R\{20}, de dérivée f 0 (x) = |20 − x|, et f (20) =
21. Déterminer l’expression de f sur R.

47
5.3 Intégrales (de fonctions continues sur un intervalle)
Définition et propriétés
Proposition 5.11. Soient f une fonction continue (ou seulement admettant une primitive) sur
l’intervalle I et a, b deux éléments de I, alors la quantité F (b)−F (a) ne dépend pas de la primitive
choisie F de f .

Définition 5.12. (?)


Soit f une fonction continue sur l’intervalle I, F une de ses primitives sur I, a et b deux éléments
de I, alors la quantité F (b) − F (a) (aussi notée [F (x)]ba ) est appelée intégrale de f entre a et
Rb
b et notée a f (x) dx.

Remarques : Rb Ra
1. L’ordre de a et b est important : a f (x) dx = − b f (x) dx
2. La variable x qui apparait dans l’intégrale est muette (contrairement aux primitives), on a
Rb Rb
donc a f (x) dx = a f (t) dt. R
a
3. En faisant a = b, on trouve a f (x) dx = 0.

Exercice 5 :
R3
Calculer 0 x dx.

Proposition 5.13. (?)


Soient f, g des fonctions continues sur l’intervalle I, soit α ∈ R et soient a, b et c trois éléments
de RI :
b Rb Rb
1) a (f (x) + g(x)) dx = a f (x) dx + a g(x) dx.
Rb Rb
2) a αf (x) dx = α a f (x) dx.
Rb Rc Rb
3) a f (x) dx = a f (x) dx + c f (x) dx (Relation de Chasles).

48
Exercice 6 :
R2
Calculer −1 |x| dx.

Proposition 5.14 (Positivité de l’intégrale). (?)


Soit f une fonction continue sur l’intervalle I et positive sur I ( c’est à dire ∀x ∈ I, f (x) ≥ 0 ),
R b a et b deux éléments de I tels que a < b, alors :
soient
1) a f (x) dx ≥ 0.
Rb
2) a f (x) dx = 0 si et seulement si f (x) = 0 ∀x ∈ [a, b].

Aire et intégrale
Soient a < b et C la courbe représentative de la fonction f dans un repère orthogonal. On appelle
D la région du plan délimitée par C, l’axe des abscisses, et les droites d’équation x = a, x = b :
D = {(x, y) ∈ R2 | x ∈ [a, b], y entre 0 et f (x)}.
L’unité d’aire est l’aire du rectangle engendré par le repère choisi.

Théorème 5.15. Si f est une fonction continue et positive sur [a, b], alors l’aire de D, mesurée
Rb
en unités d’aire, est égale à a f (t) dt.
Si f est une fonction continue et négative sur [a, b], alors l’aire de D, mesurée en unités d’aire,
Rb
est égale à − a f (t) dt.

La démonstration de ce théorème est admise.


Nous sommes alors amenés à poser la définition suivante.

Définition 5.16. Soit f une fonction continue sur l’intervalle [a, b] et soit D la portion du plan
Rb
définie par D = {(x, y) ∈ R2 |, x ∈ [a, b], y entre 0 et f (x)}. Le nombre a f (t) dt s’appelle l’aire
algébrique de D.

Posons D+ = {(x, y) ∈ R2 | x ∈ [a, b], 0 ≤ y ≤ f (x)}


et D− = {(x, y) ∈ R2 | x ∈ [a, b], f (x) ≤ y ≤ 0}.

Corollaire 5.17. Si f est une fonction continue et de signe quelconque sur [a, b], alors l’aire
algébrique de D, mesurée en unités d’aire, est égale à l’aire de D+ diminué de l’aire de D− .

49
Exercice 7 :
Retrouver l’aire d’un triangle isocèle rectangle de côté 3 par un calcul d’intégrale.

Écrire une primitive avec une intégrale


Théorème 5.18. (?)
Soit f une fonction continue sur un intervalle I, soient x0 ∈ I et y0 ∈ R fixés, alors ilRexiste une
x
primitive et une seule F de f sur I telle que F (x0 ) = y0 . Elle vérifie F (x) = y0 + x0 f (t) dt,
x ∈ I.

Corollaire R5.19. Soit f une fonction continue sur un intervalle I et soit x0 ∈ I, alors l’appli-
x
cation x 7→ x0 f (t) dt est la primitive de f sur I qui s’annule en x0 .

Exemple 5.20. La primitive de x 7−→ x2 qui vaut 4 en 0 peut se calculer de 2 manières diffé-
rentes.

Les techniques de calcul de primitives s’appliquent aussi au calcul d’intégrales, en particulier


l’intégration par parties.

Proposition 5.21. (?)


Soient f et g deux fonctions dérivables et de dérivées continues sur l’intervalle I. Soient a et b
deux points de I, on a alors :
Z b Z b
0 b
f (x)g(x) dx = [f (x)g(x)]a − f (x)g 0 (x) dx,
a a

(où pour toute fonction h définie sur I, [h(x)]ba est défini par h(b) − h(a)).

Exercice 8 :
Donner la primitive de x 7−→ ln x qui s’annule en 1.

50
Chapitre 6

Fonctions polynomiales

Dans tout ce chapitre, K = R ou C.

La théorie des fonctions polynomiales découle de la théorie, beaucoup plus riche, des polynômes.
Dans ce cours, nous ne parlerons que de fonctions polynomiales, et nous cacherons la théorie des
polynômes, notamment en admettant de nombreux résultats.
L’étude des fonctions polynomiales (et polynômes) est d’un grand intérêt non seulement d’un
point de vue théorique mais aussi en mathématiques appliquées. Par exemple dans un problème
de nature "physique", il intervient souvent des fonctions compliquées. Un procédé fréquemment
utilisé consiste à remplacer une fonction donnée par une fonction polynomiale "proche" (en un
sens que l’on ne précisera pas ici), par exemple une fonction polynomiale d’interpolation. Cette
tendance s’est amplifiée avec le développement récent des moyens de calcul, qui traitent les
fonctions polynomiales beaucoup plus rapidement que les autres.

6.1 Pré-requis : ax2 + bx + c


Soient a, b, c dans R. Notons ∆ = b2 − 4ac, on l’appelle discriminant de la fonction ax2 + bx + c
(ou de l’équation ax2 + bx + c = 0).

• L’ensemble des solutions dans R de l’équation ax2 + bx + c = 0 est :


• l’ensemble vide ∅ si ∆ < 0 ;
−b
• le singleton { } si ∆ = 0 ;
2a √ √
−b + ∆ −b − ∆
• l’ensemble { , } si ∆ > 0.
2a 2a
En particulier, la fonction ax2 + bx + c se factorise en une fonction de la forme a(x − α1 )(x − α2 )
avec α1 , α2 dans R si et seulement si ∆ ≥ 0.

51
Exercice 1 :
Résoudre dans R les équations 2x2 + 3x + 1 = 0, x2 − 6x + 9 = 0 et 2x2 + 3x + 2 = 0.

• L’ensemble des solutions dans C de l’équation ax2 + bx + c = 0 est :


√ √
−b + i −∆ −b − i −∆
• l’ensemble { , } si ∆ < 0 ;
2a 2a
−b
• le singleton { } si ∆ = 0 ;
2a
√ √
−b + ∆ −b − ∆
• l’ensemble { , } si ∆ > 0.
2a 2a

En particulier, la fonction ax2 + bx + c se factorise toujours en une fonction de la forme a(x −


α1 )(x − α2 ) avec α1 , α2 dans C.
Si a, b, c dans C, le résultat ci-dessus reste vrai.

Exercice 2 :
Résoudre dans C les équations 2x2 + 3x + 1 = 0, x2 − 6x + 9 = 0 et 2x2 + 3x + 2 = 0.

52
6.2 Définition et premiers résultats
Définition 6.1. (?)
On appelle fonction polynomiale à coefficients dans K, toute fonction P de K dans K qui
s’écrit sous la forme :
P (x) = a0 + a1 x + · · · + an xn
où n est un élément de N et a0 , a1 , . . . an sont des éléments de K, appelés coefficients de P .

Remarques :

Proposition 6.2. 1. Toute fonction polynomiale à coefficients dans R est continue, dérivable
autant de fois qu’on veut sur R et les dérivées successives sont toutes des fonctions polyno-
miales.
2. L’écriture d’une fonction polynomiale sous la forme P (x) = a0 + a1 x + . . . an xn est unique.
En particulier, une fonction polynomiale est nulle si et seulement si tous ses coefficients
sont nuls.
3. La somme, la différence de deux fonctions polynomiales est une fonction polynomiale.
4. La multiplication par un scalaire d’une fonction polynomiale est une fonction polynomiale.
5. Le produit de deux fonctions polynomiales est une fonction polynomiale.

Remarque : Dire qu’une fonction polynomiale est non nulle ne veut pas dire qu’elle ne s’annule
pas. Par exemple, P (x) = x est une fonction polynomiale non nulle, par contre elle s’annule en 0.

53
Notation : L’ensemble des fonctions polynomiales à coefficients dans K est noté K[x]. (ou
K[y], K[t], . . . en cohérence avec la notation de la variable).
Définition 6.3. (?)
Soit P (x) = a0 + a1 x + . . . an xn une fonction polynomiale non nulle. Le degré de P est le plus
grand entier k entre 0 et n tel que ak soit différent de 0.
On note deg(P ) = k et on dit que ak est le coefficient dominant de P . Quand le coefficient
dominant vaut 1, on dit que la fonction polynomiale P est unitaire.
Le degré de la fonction polynomiale nulle est par convention −∞.
On convient que −∞ < n, pour tout n ∈ N, et −∞ + n = −∞, pour tout n ∈ N ∪ {−∞}.
Exemple 6.4.

Attention : Écrire P (x) = a0 + a1 x + . . . an xn ne signifie pas que P est de degré n tant que
l’on a pas rajouté an 6= 0.
La notion de degré est extrêmement importante : un bon réflexe, dans les exercices, est de
commencer par considérer les degrés des fonctions polynomiales qui y figurent.

Règles sur les degrés des fonctions polynomiales


Proposition 6.5. (?)
Soient P et Q deux éléments non nuls de K[x] (on peut donc parler de leur degré dans N) et soit
λ ∈ K, alors :
1) deg(P + Q) ≤ max(deg(P ), deg(Q)) et il y a égalité si les degrés de P et Q sont distincts

2) Si λ 6= 0, on aura deg(λP ) = deg P .

3)La fonction polynomiale P Q est non nulle et deg(P Q) = deg P + deg Q.

4) Si P est constante non nulle, alors P 0 est la fonction nulle, sinon on a deg P 0 = deg P − 1.

5) Si P est de degré n alors P (n+1) est la fonction nulle et, pour tout 1 ≤ k ≤ n, on a deg(P (k) ) =
n − k.

Remarque : Avec nos conventions, les assertions 1) 2) et 3) restent encore vraies lorsque P ou
Q est nulle.

Corollaire 6.6. Si P, Q ∈ K[x] sont tels que P Q = 0, alors P = 0 ou Q = 0.

54
Exercice 3 :
Sans les développer entièrement, donner les degrés, les coefficients dominants et les termes
constants des fonctions polynomiales suivantes :
a) P (x) = (2x − 3)(x + 12), b) P (x) = (x + 3)3 (x2 − 5), c) P (x) = (2x + 5)4 (3x3 − 1)

Exemple 6.7. (Exemples d’utilisation du degré)


Montrons qu’il existe une fonction polynomiale P telle que x4 + x2 + 1 = (x2 + x + 1)P (x).

Déterminons, grâce à des considérations sur les degrés, les éléments inversibles de K[x] c’est-à-
dire les fonctions polynomiales P telles qu’il existe H ∈ K[x] vérifiant (P H)(x) = 1.

6.3 Arithmétique dans K[x]


Division euclidienne des fonctions polynomiales
La théorie des polynômes met en évidence une ressemblance entre K[x] et Z. La clé de ce paral-
lélisme est l’existence dans K[x] comme dans Z d’une division dite euclidienne. Comme dans Z,
cette division sera à la base de la plupart des propriétés arithmétiques de K[x].

Théorème 6.8. Division euclidienne des fonctions polynomiales. (?)


Soient A et B deux fonctions polynomiales de K[x], avec B non nulle. Alors il existe deux
fonctions polynomiales de K[x], Q et R uniques, telles que :

A = QB + R et deg(R) < deg(B)

Vocabulaire : La fonction polynomiale Q est appelée quotient de la division euclidienne. La


fonction polynomiale R est appelée reste de la division.

Remarque : Dans le cas ou deg(A) < deg(B) la division est immédiate : A = 0B +A (quotient
nul et reste égal à A).

55
Démonstration. Unicité :

L’existence de Q et R se démontre de façon algorithmique et est admise dans ce cours. En


pratique, c’est cet algorithmique qu’on utilise pour faire la division euclidienne d’une fonction
polynomiale par une autre. Nous détaillons cet algorithme dans l’exemple suivant.

Exemple 6.9. Faisons la division euclidienne de A(x) = x5 − x4 − x3 + 3x2 − 2x par B(x) =


x2 − x + 1.
Une rédaction possible :

Une 2ème rédaction possible :

Exercice 4 :
Faire la division euclidienne de A(x) = x5 − 2x4 − 3x3 + x2 − 2x + 1 par B(x) = x3 − x + 1.

56
Facteurs premiers de K[x]
La notion de facteurs premiers de K[x] est l’équivalent des nombres premiers dans Z.

Définition 6.10. (?)


Une fonction polynomiale P de K[x] est dite facteur premier de K[x] (ou irréductible sur K)
quand elle est de degré supérieur ou égal à 1 et quand elle ne peut pas s’écrire comme produit de
deux fonctions polynomiales de degrés supérieurs ou égaux à 1.

Exemple 6.11. Les fonctions polynomiales de degré 1 sont des facteurs premiers de K[x].

Exercice 5 :
a) Montrer que x2 + 1 est un facteur premier de R[x].

b) Montrer que x2 + 1 n’est pas un facteur premier de C[x].

Théorème 6.12. (?) Les facteurs premiers de C[x] sont exactement les fonctions polynomiales
de degré 1.
Les facteurs premiers de R[x] sont les fonctions polynomiales de degré 1 et les fonctions polyno-
miales de degré 2 de la forme ax2 + bx + c avec b2 − 4ac < 0.

La preuve de ce théorème est admise.

Théorème 6.13. Décomposition en facteurs premiers (?)


Soit P une fonction polynomiale non constante de K[x]. Alors il existe un scalaire λ non nul, des
facteurs premiers P1 , P2 , . . . , Pk de K[x], unitaires, distincts deux à deux et des entiers positifs
non nuls n1 , n2 , . . . nk , uniques à l’ordre près tels que :

P = λP1n1 P2n2 . . . Pknk (appelée décomposition en facteurs premiers de P dans K[x]).

Les facteurs premiers P1 , P2 , . . . , Pk sont appelés facteurs premiers de P dans K[x].

La preuve de ce théorème est admise.

57
Exemple 6.14.

On peut réécrire le dernier théorème de la façon suivante :


pour K = C

pour K = R

6.4 Fonctions polynomiales et racines


Racine dans K d’une fonction polynomiale
Théorème/Définition 6.15. (?)
Soit a un élément de K et P un élément de K[x]. Les deux conditions suivantes sont équivalentes :
(i) P (a) = 0
(ii) x − a est un facteur premier de P dans K[x].
Si l’une de ces conditions est vérifiée, on dit que a est racine de P (ou est un "zéro" de P ) dans
K.

Il résulte clairement de la définition que tout polynôme de degré 1 admet une racine (et une
seule).

Remarque : La terminologie «racine dans K» est essentielle. En effet, préciser K est fonda-
mental.

58
Théorème 6.16. Théorème de d’Alembert-Gauss (?)
Toute fonction polynomiale non constante de C[x] admet au moins une racine dans C.
Remarque : ce théorème apparait dans ce cours comme une conséquence du théorème de dé-
composition en facteurs premiers d’une fonction polynomiale à coefficients complexes, mais c’est
en fait le contraire ! En effet, le théorème de d’Alembert-Gauss est utilisé pour démontrer le théo-
rème de décomposition en facteurs premiers d’une fonction polynomiale à coefficients complexes
et aussi réels.

Proposition 6.17. Toute fonction polynomiale de R[x] de degré impair admet au moins une
racine dans R.

Ordre de multiplicité d’une racine


On sait d’avance que si a est une racine dans K d’une fonction polynomiale P de K[x], x − a est
un facteur premier de P , mais dans la décomposition de P en facteurs premiers, le facteur x − a
apparait à une certaine puissance ≥ 1.
Cela nous conduit à l’introduction de la notion d’ordre de multiplicité d’une racine d’une fonction
polynomiale.
Définition 6.18. (?)
Soit a une racine dans K d’une fonction polynomiale P non nulle de K[x]. L’entier n associé
au facteur premier x − a dans la décomposition de P en facteurs premiers dans K[x] est appelé
l’ordre de multiplicité de la racine a dans P .
Cela équivaut à pouvoir écrire P sous la forme P (x) = (x − a)n Q(x) avec Q(a) 6= 0.

Vocabulaire :
Une racine d’ordre 1 est dite racine simple.
Une racine d’ordre 2 (respectivement 3) est dite racine double (respectivement racine triple).

Proposition 6.19. (?)


1. Une fonction polynomiale non nulle de K[x], de degré n > 0, a au plus n racines dans K.
2. Toute fonction polynomiale qui admet une infinité de racines est nulle.

59
Exercice 6 :
Soit P ∈ K[x], avec K = R ou C. Compléter les phrases suivantes.
a) Si 18 est une racine de P , alors P a au moins comme facteur premier . . .
b) Si 18 est racine double de P , alors dans la décomposition en facteurs premiers de P on trouve
...
c) Si 18 est racine de multiplicité m de P , alors dans la décomposition en facteurs premiers de
P on trouve . . .
d) Si 18 et −2 sont racines de P , alors P a au moins comme facteurs premiers . . .
e) Si x0 , x1 , . . . xn sont des racines distinctes de P dans K, alors P a au moins comme facteurs
premiers . . .
f) Si i est racine de P alors P a au moins comme facteur premier . . . dans C[x].
g) Si i est racine de P (dans C) et que P ∈ R[x] alors P a au moins comme facteur premier . . .
dans R[x].
h) Si 1 + i est racine de P et que P ∈ R[x] alors P a au moins comme facteur premier . . .
dans R[x].
i) Si z ∈ C est racine de P et que P ∈ R[x] alors P a au moins comme facteur premier . . .
dans R[x].

Théorème 6.20. Caractérisation de l’ordre d’une racine (?)


Un élément a de K est racine d’ordre k d’une fonction polynomiale P de K[x] si et seulement si

P (a) = P 0 (a) = · · · = P (k−1) (a) = 0


et
P (k) (a) 6= 0.

60
Exercice 7 :
Soit P ∈ K[x], avec K = R ou C. Compléter les phrases suivantes.
a) Si 3 est racine de P et P 0 , alors 3 est racine de P de multiplicité . . .
b) Si 2 est racine de P mais n’est pas racine de P 00 , alors 2 est racine de P de multiplicité . . .

Exercice 8 :
Soit la fonction polynomiale P (x) = x6 + x5 + 3x4 + 2x3 + 3x2 + x + 1. Montrer que i est racine
double de P et en déduire la décomposition en facteurs premiers de P dans R[x].

Le résultat suivant n’est pas au programme du cours, mais est suffisamment marquant pour le
citer ici.

Théorème 6.21. Formule de Taylor pour un polynôme


Soit P une fonction polynomiale de degré n et soit a ∈ K. Alors on a :

P 0 (a) P 00 (a) P (n) (a)


P (x) = P (a) + (x − a) + (x − a)2 + · · · + (x − a)n .
1! 2! n!

61
Chapitre 7

Fonctions rationnelles

Dans ce chapitre, K est R ou C.


(De manière similaire au chapitre précédent, la théorie des fonctions rationnelles découle de la
théorie, plus générale, des fractions rationnelles ; mais nous ne parlerons ici que de fonctions
rationnelles.)

7.1 L’ensemble des fonctions rationnelles


Définition 7.1. (?)
A
Une fonction rationnelle sur K est une fonction F de K dans K de la forme où (A, B) ∈
B
K[x] × K[x] avec B 6= 0. (La fonction polynomiale A est appelée numérateur et la fonction
polynomiale B est appelée dénominateur.) L’ensemble des fonctions rationnelles est noté K(x)
A C
Proposition 7.2. (?) Deux fonctions rationnelles et de K(x) sont égales en tout x où elles
B D
sont toutes les deux définies si et seulement si les fonctions polynomiales AD et BC sont égales.
A PA
En particulier, pour toute fonction polynomiale non nulle P , les fonctions rationnelles et
B PB
sont égales (en tout x où elles sont toutes les deux définies).

Exemple 7.3.

0 0
La fonction rationnelle est égale à la fonction rationnelle , pour toute fonction polynomiale
1 B
non nulle B. On l’appelle la fonction rationnelle nulle et on la note 0. On identifie toute fonction
P P
polynomiale P ∈ K[x] à la fonction rationnelle et on note = P.
1 1

62
Définition 7.4. (?)
On appelle forme réduite (ou irréductible) d’une fonction rationnelle F de K(x), tout couple
A
(A, B) ∈ K[x] × K[x] avec B 6= 0, tel que F = et, A et B ne possèdent pas de facteurs
B
premiers communs dans K[x].

Exemple 7.5.

Théorème 7.6. (?) Toute fonction rationnelle possède une forme réduite, laquelle est unique si
on impose au dénominateur d’être une fonction polynomiale unitaire.

La preuve de ce théorème est admise.

Proposition 7.7. (?)


A1 A2
La somme de deux fonctions rationnelles est une fonction rationnelle : si F1 = et F2 =
B1 B2
sont deux éléments de K(X), on a
A1 B2 + A2 B1
F1 + F2 = .
B1 B2
A1 A2
La produit de deux fonctions rationnelles est une fonction rationnelle : si F1 = et F2 =
B1 B2
sont deux éléments de K(X), on a
A1 A2
F1 F2 = .
B1 B2
La multiplication d’une fonction rationnelle par un scalaire est une fonction rationnelle : si
A λA
F = et λ ∈ K, on a λF = .
B B

Exercice 1 :
1+x 1 x4
Écrire sous forme d’un unique quotient la fraction rationelle + × .
x2 − 1 x x2 − x + 1

Définition 7.8. (?)


A
Soit ∈ K(x) une fonction rationnelle non nulle sous forme réduite.
B
A
1. On appelle zéro dans K de la fonction rationnelle toute racine de la fonction polynomiale
B
A
A dans K. On appelle alors ordre de multiplicité du zéro α de l’ordre de multiplicité de
B
α en tant que racine de A dans K.
A
2. On appelle pôle dans K de toute racine de la fonction polynomiale B dans K. L’ordre
B
A
de multiplicité du pôle β de est l’ordre de multiplicité de β en tant que racine de B dans
B
K.

63
Remarque
Les notions de "zéro" et de "pôle" d’une fonction rationnelle dépendent de K.
Exemple 7.9.

Définition 7.10. Soit F ∈ K(x) sous forme réduite. Notons PF l’ensemble des pôles de F dans
K. Alors PF est un ensemble fini. Le domaine de définition de F est K\PF .

Exercice 2 :
Soit P, Q ∈ R[x] avec Q 6= 0, compléter les phrases suivantes :
P (x)
a) Si −3 est racine de P et Q, alors ∈ R(x) se réduit en simplifiant par . . .
Q(x)
P (x)
b) Si i est racine de P et Q alors ∈ R(x) se réduit en simplifiant par . . .
Q(x)
P (x)
c) La fonction ∈ R(x) est sous forme réduite si et seulement si P et Q n’ont pas de racine
Q(x)
. . . dans . . .

7.2 Décomposition en éléments simples : la forme


Définition 7.11. Partie entière d’une fonction rationnelle (?)
A
Soit ∈ K(x) une fonction rationnelle. Soit Q le quotient de la division euclidienne de A par
B
B et R le reste, on peut écrire dans K(x) l’égalité suivante :
A R
=Q+
B B
avec deg R < deg B.
Dans ce contexte, la fonction polynomiale Q se nomme partie entière de la fonction ration-
A
nelle .
B
A
Remarquons en particulier que la partie entière d’une fonction rationnelle telle que deg A <
B
deg B est nulle.
x5 − x4 − x3 + 3x2 − 2x x−1
Exemple 7.12. On a 2
= x3 − 2x + 1 + 2 .
x −x+1 x −x+1

Exercice 3 :
x−1
Donner la partie entière de .
2x + 1

64
C
Un élément simple de K(X) est une fonction rationnellen
telle que D est un facteur premier
D
de K[x] avec deg C < deg D et n ∈ N∗ . Pour K = R ou C, on distingue les éléments simples
suivants.

Définition 7.13. Éléments simples (?)


1. On appelle élément simple de R(x) de première espèce toute fonction rationnelle de la
α
forme avec (α, a) ∈ R2 et n ∈ N∗ . (α 6= 0)
(x − a)n
2. On appelle élément simple de R(x) de deuxième espèce toute fonction rationnelle de
αx + β
la forme 2 avec (α, β, b, c) ∈ R4 , n ∈ N∗ et b2 − 4c < 0. ((α, β) 6= (0, 0))
(x + bx + c)n
α
3. On appelle élément simple de C(x) toute fonction rationnelle de la forme avec
(x − a)n
(α, a) ∈ C2 et n ∈ N∗ . (α 6= 0)
A
Soit une fonction rationnelle non nulle sous forme réduite . Des éléments simples sont dit
B
A C
"relatifs" à s’ils sont de la forme n où D est un facteur premier de B d’ordre au moins n.
B D
x−1
Exemple 7.14. Pour F (x) = a les éléments simples relatifs sont de la
(x + 1)3 (x− 2)(x2 + 1)2
forme :

Théorème 7.15. Décomposition en éléments simples (?)


A
Soit F = une fonction rationnelle sous forme réduite dans K(x), alors on peut écrire F comme
B
la somme d’une fonction polynomiale de K[x] (sa partie entière) et d’éléments simples de K(x)
A
(relatifs à la décomposition ). Cette écriture est unique à l’ordre près.
B
Quand on écrit la fonction rationnelle F sous la forme décrite ci-dessus on dit que l’on décompose
F en éléments simples dans K(x).

La preuve de ce théorème est admise.

65
Exemple 7.16.

7.3 Décomposition en éléments simples : le calcul


A
Soit F = ∈ K(x), une fonction rationnelle non nulle écrite sous forme réduite.
B

Calcul du coefficient αm d’un pôle a de multiplicité m


Fixons a un pôle de F d’ordre m. On calcule αm en multipliant par (x − a)m et en évaluant en a.

Exemple 7.17.

Exercice 4 :
2x + 3
Décomposer en éléments simples en appliquant la méthode ci-dessus.
x2 − 5x + 4

Les coefficients γm et δm du terme quadratique (x2 + bx + c)m (sur R)


Supposons que la fonction polynomiale x2 + bx + c (b2 − 4c < 0) intervient à la puissance m dans
la décomposition en facteurs premiers de B dans R[x].
Soit ω une racine complexe de x2 + bx + c. (La 2ème racine est alors ω̄.)
Les coefficients réels γm et δm s’obtiennent alors en multipliant par (x2 + px + q)m , en évaluant
en ω puis en identifiant parties réelles et imaginaires.

66
Exemple 7.18.

Itérer les méthodes précédentes


Pour obtenir les coefficients αm−1 (respectivement les coefficients γm−1 et δm−1 ) on peut appliquer
αm
les méthodes précédentes à la fonction rationnelle G(x) = F (x) − (respectivement
(x − a)m
γm x + δm C
G(x) = F (x) − 2 m
). Alors G peut s’écrire où D est tel que B = D(x − a)
(x + bx + c) D
(respectivement B = D(x2 + bx + c)).

Exemple 7.19.

La méthode des limites


Cette méthode s’applique pour une fonction rationnelle où la partie entière est nulle (par exemple
R
la fonction rationnelle obtenue après division euclidienne). Elle consiste à multiplier F (x) par
B
la plus basse puissance de x qui intervient dans la décomposition en éléments simples (en général
x), et de calculer la limite quand x → ∞ de la fonction rationnelle ainsi obtenue.

Exemple 7.20.

67
La méthode des valeurs particulières
Une autre méthode consiste simplement à prendre des valeurs particulières (différentes des pôles)
afin d’obtenir un système linéaire qui permettra de déterminer les coefficients manquants.
Il faut au moins autant d’équations que d’inconnues, c’est pourquoi cette méthode ne s’applique
que pour 2 ou 3 coefficients manquants maximum.

Exemple 7.21.

Remarque :

Exercice 5 :
x3 + 3
Décomposer en éléments simples .
(x − 1)2

Remarque : si F est paire ou impaire, sa décomposition en éléments simples le sera aussi. On


peut alors en déduire des relations entre les coefficients cherchés.

Exemple 7.22.

68
7.4 Application : calcul de primitives
Soit F ∈ R(x) une fonction rationnelle dont le domaine de définition est R privé des pôles réels de
F . Comme nous allons voir, la décomposition en éléments simples permet de calculer facilement
les primitives de F .

Primitives d’un élément simple de première espèce


Les éléments simples de première espèce qui sont, à une constante multipliecative près, de la
1
forme avec a ∈ R et n ≥ 1 entier, s’intègrent aisément :
(x − a)n

Z
1 ln |x − a| + c si n = 1
dx = 1
(x − a)n + c si n > 1.
(1 − n)(x − a)n−1

Primitives d’un élément simple de deuxième espèce


γx + δ
Considérons un élément simple du type avec b, c ∈ R tels que b2 − 4c < 0 et n ≥ 1
(x2+ bx + c)n
entier. Alors on peut écrire cette fonction rationnelle sous la forme
γ 2x + b γb 1
2 n
+ (δ − ) 2 .
2 (x + bx + c) 2 (x + bx + c)n

u0
Le premier terme de cette somme est, à une constante multiplicative près, de la forme , avec
un
u(x) = x2 + bx + c, forme qui s’intègre à vue.

b 4c − b2
Ecrivant x2 + bx + c = (x + )2 + , on voit que le deuxième terme se met, à une constante
2 4
1
multiplicative près, sous la forme avec p, q ∈ R et q non nul. Quitte à changer
((x − p)2 + q 2 )n
R dx
x en x − p, on se ramène donc à calculer où q est un réel non nul.
(x2 + q 2 )n
Si n = 1, on a assez facilement
Z
dx 1 x
2 2
= arctan + c
x +q q q

Dans le cas général, supposons q = 1 (le cas q quelconque se traite de manière similaire). Une
1
intégration par partie permet d’établir une relation entre les primitives de 2 et celles de
(x + 1)n

69
1
. En effet, si n ≥ 1, on a
(x2+ 1)n+1

x2 dx
Z Z Z Z
dx x x dx dx
2 n
= 2 n
+ 2n 2 n+1
= 2 n
+ 2n 2 n
− 2n
(x + 1) (x + 1) (x + 1) (x + 1) (x + 1) (x + 1)n+1
2

d’où on tire la relation


2n − 1
Z Z
dx x dx
2 n+1
= 2 n
+
(x + 1) 2n(x + 1) 2n (x2 + 1)n

Cette relation permet en principe de calculer, pour tout entier naturel n, les primitives de
1
. Mais, quand n augmente, le calcul s’avère rapidement fastidieux...
(x + 1)n
2

Exercice 6 :
2x + 3 x3 + 3
Calculer les primitives de et .
x2 − 5x + 4 (x − 1)2

70

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