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M Salane Lycée de Mbacké

LE ROMAN
I. ESSAI DE DEFINITION

A l’origine, le roman était un écrit en langue romane, langue vulgaire qui s’opposait au latin. Au cours
de son évolution plus précisément à partir du 16ième siècle, il désigne un récit en prose qui relate une
histoire fictive mettant en scène des personnages donnés comme vraisemblables évoluant dans un
cadre spatial et temporel bien déterminé. Au delà de ces définitions, chaque écrivain en fonction de
son époque et de son école a tenté de dire ce qu’il entend par roman. A ce titre, si pour Claude Roy
dans Défense de la littérature : « Le roman est une leçon de conduire », pour Stendhal dans Le rouge
et noir « Le roman est un miroir que l’on promène le long d’un chemin ». Quand Marthe Robert dans
Roman des origines et origines du roman dit : « Le roman fournit des débouchés inépuisables puisqu’il
nya rien dont il ne puisse traiter », Louis Aragon- lui, dira : « Le roman est un mentir vrai ». En dépit de
cette pluralité de définition l’on peut retenir les caractères essentiels du roman.

II. LES CARACTERISTIQUES DU ROMAN


Le roman est écartelé entre la fiction et la réalité.

a) Roman et fiction
Le roman est avant tout une œuvre d’imagination c’est- à- dire de fiction. Il faut entendre par fiction
tout ce qui relève de la création, de l’invention, de la production du romancier. En effet, l’univers
romanesque est irréel. On y trouve un cadre spatio-temporel et des personnages. Ces derniers même
s’ils ressemblent à des personnes ne sont en réalité que des êtres de papiers qui n’existent que dans
l’univers du romancier. Aragon souligne à ce propos : « Il faut ici inventer, créer c’est à dire mentir.
L’art du roman est de savoir mentir ». Le roman détient donc une part belle de fiction.

b) Roman et réalité
Le roman est le reflet du vécu des peuples. Rappelons que le romancier est un artiste. Ainsi, il ne crée
pas ex nihilo. Il peut s’inspirer de la réalité de son temps pour témoigner et rendre compte. De ce
fait, l’histoire racontée, les thèmes abordés reflètent pour la plupart du temps l’image de la société.
On se rappelle du roman réaliste qui se veut une photographie de la société française du 19 ième siècle
mais aussi du roman africain qui est destiné à traduire la façon de vivre des africains. En résumé, le
roman est un moyen de peindre le réel.

III. TYPOLOGIE DU ROMAN


Classer les romans n’est pas une chose facile car il existe plusieurs types de roman. Parmi ces romans,
on peut citer
- le roman autobiographique
Dans ce roman, l’auteur parle de sa vie personnelle. Il est lui-même le narrateur. Ex : Les Mots de
Jean Paul Sartre, L’enfant noir, Camara Laye ; Les confessions, Jean Jacques Rousseau.
- Le roman historique
C’est un roman dans lequel l’essentiel relève des faits historiques d’un milieu déterminé. Ex :
Germinal, Emile Zola ; Les bouts de bois de Dieu, Ousmane Sembène.
- Le roman épistolaire
Ce roman est écrit sous forme de lettre. Ex : Une si longue lettre, Mariama Ba ; Les lettres persanes,
Montesquieu.
- Le roman d’aventure
Ce roman transporte le lecteur dans un univers différent du sien. Les lieux peuvent être imaginaires,
les rebondissements sont nombreux et le héros doit faire preuve de courage. Ex : Vol de nuit, Antoine
Saint Exupéry ; Voyage au centre de la terre, Jules Verne.
- Le roman de mœurs
C’est un roman qui décrit les modes de vie d’une communauté donnée. Ex : Le père Goriot, Balzac ;
Karim, Ousmane Socé Diop.

IV. LES FONCTIONS DU ROMAN


A l’image des autres genres littéraires, le roman remplit plusieurs missions parmi lesquelles il faut
citer : l’évasion, l’enseignement mais aussi la dénonciation.

1. Le roman, un moyen d’évasion


La lecture d’un roman peut plonger le lecteur de manière intense dans l’ambiance de l’histoire
racontée. A ce niveau, le lecteur se soulage des soucis quotidiens liés au travail, à la famille et de s’en
éloigner. L’univers romanesque concède au lecteur ce que le monde réel lui refuse. C’est pourquoi
ces propos de Julien Green : « Le roman est une fenêtre par laquelle on s’évade » sont largement
partagés. En effet, le roman est une évasion du quotidien familier grâce à un voyage hors du cadre
spatial et temporel du réel. Il apparait alors comme un récit d’aventure imaginaire, fictive et
merveilleuse. Les romans de François Rabelais Gargantua et Pantagruel au 16ième siècle sont des
exemples illustratifs. Dans ces romans, Rabelais nous transporte dans des univers féériques de ses
créatures fantastiques marquées par le gigantisme. A cet effet, le lecteur peut rêver de faire partie du
roman pour vivre les aventures et éprouver les mêmes sensations que les personnages. L’affirmation
de Jules Verne dans Voyage au centre de la terre : « Mon but a été de peindre la terre et pas
seulement la terre mais l’univers car j’ai quelquefois transporté mes lecteurs loin de la terre dans mes
romans » prend tout son sens. Le roman est donc doué d’un pouvoir d’enchantement. Toutefois, le
roman peut édifier le lecteur et lui donner une leçon de conduite.

2. Le roman, un moyen didactique


Le roman nous permet de connaitre le monde, la société et son mode de vie à une époque
donnée. D’ailleurs, quel est le roman que nous lisons et que ne nous apporte point de connaissance ?
Impossible est la réponse car il n’existe aucune lecture qui ne soit bénéfique à celui qui s’y ordonne.
En effet, le romancier qui peint la société de son temps est dans une logique d’informer son lecteur.
A ce titre, à travers le portrait réaliste de la société française que présente Balzac, dans Le père Goriot
il fait comprendre que cette société française est matérialiste. Emile Zola aussi dans Germinal par le
biais de la grève des mineurs qui ont longtemps trimé pour les bourgeois nous apprend que l’individu
marginalisé, l’homme traqué finit toujours par se révolter.
De même, dans la littérature africaine les romanciers n’ont cessé d’être des éveilleurs de leur
société. Ainsi, si Abdoulaye Sadji et Cheikh Hamidou Kane édifient le lecteur respectivement dans
leurs œuvres Nini et L’aventure ambiguë sur les dangers de l’aliénation culturelle, Ousmane Socé lui
dans Karim s’attèle à l’avertir sur l’aspect folklorique et chaotique des moeurs africaines. Ce dernier
laisse voir que le gaspillage dans les cérémonies lié à l’orgueil de l’africain est insensé. De ce fait,
derrière son jeune héros Karim qui se veut « Samba Linguère » menant une vie fantaisiste sans soucis
du lendemain et qui se confronte souvent à des difficultés financières, Ousmane Socé cherche à
éveiller et conscientiser le lecteur sur le caractère vain de la gabegie. En ce sens, nous comprenons
Guy de Maupassant dans Pierre et Jean quand il souligne : « Le but du roman est de nous forcer à
penser, à comprendre le sens profond et cache des événements ». Le roman est donc dépositaire de
leçon philosophique ou morale.

3. Le roman, un moyen de dénonciation


En tant que membre de la société, l’intellectuel écrivain a le devoir de dénoncer toute forme
attentatoire à la dignité de l’homme. De ce fait, le roman apparait comme une arme de combat
contre les délires et entraves à la liberté des populations. C’est ainsi que plusieurs romanciers
émergent au 19ième siècle pour donner leur opinion et dénoncer les abus d’une époque en pleine
révolution. Victor Hugo est un exemple probant. Engagé politiquement, il a toujours lutté contre les
fléaux sociaux de son siècle : la dégradation de l’homme par le prolétariat et l’ignorance des peuples.
Ainsi, dans Les misérables, animé par l’instinct grégaire il se plonge dans la tache de faire flamboyer
l’avenir en condamnant les disparités sociales et se désole du sort malheureux infligé aux pauvres.
Emile Zola lui emboite le pas dans Germinal. Il a dénoncé jusqu’à sa dernière énergie le système
d’exploitation ignoble entretenu par les bourgeois.
Egalement, dans la littérature africaine, les romanciers ont affiché leur engagement en faveur de
leur peuple. Sous ce rapport, lorsque le roman de contestation (roman qui dénonce le système
colonial) est une critique évidente du colonialisme, le roman de désenchantement (roman qui
dénonce le mal gouvernance et ses conséquences) sera une dénonciation de la gestion des pouvoirs
politiques en Afrique après les indépendances. On se rappelle de Batouala de René Maran, d’Une vie
de boy de Ferdinand Oyono mais aussi du Pleur et rire de Hari Lopes et Les Soleils des indépendances
de Ahmadou Kourouma.

4. Le roman, un moyen de d’explorer le romancier


L’écriture est souvent considérée comme une part de la personnalité de l’auteur. A cet effet,
certains romanciers se dévoilent dans leurs œuvres. Tantôt ils le font de façon explicite tantôt de
façon implicite. Le roman autobiographique est un exemple patent. Dans ce roman, l’auteur se livre
ouvertement. Ainsi, dans Les confessions, Jean Jacques Rousseau se confie au lecteur en ces termes
: « Ma naissance fut le premier de mes malheurs, je naquis infirme et malade, (…) j’étais presque
mourant ». De même Simone de Beauvoir dans Les mémoires d’une jeune fille rangée n’a pas
manqué à porter son vécu à la connaissance du public. En effet, l’autrice a raconté dans cette œuvre
sa vie personnelle de son enfance jusqu’à son agrégation en philosophie.
Par ailleurs, certains romanciers se laissent apparaitre dans leurs œuvres de façon implicite. C’est
l’exemple de Cheikh Hamidou Kane dans L’aventure ambiguë. En effet, même si ce roman est un
roman de formation il est évident que derrière le personnage principal Samba Diallo, c’est Cheikh
Hamidou qui apparait (le personnage et son auteur ont le même parcours,le même itinéraire). Toutes
ces idées développées ne font que conforter l’idée de François Mauriac dans Dieu et
Mammon : « Écrire c’est se livrer, c’est précisément l’écrivain lui-même que les lecteurs cherchent
dans son œuvre ».

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